Module 1
Introduction à la prévention et à
la lutte contre les IST
Catalogage à la source : Bibliothèque de l’OMS
Module de formation pour la prise en charge syndromique des infections sexuellement transmissibles.-- 2e
ed.
8 v.
Contenu: Guide du formateur -- Module 1. Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST -- Module
2. Initiation à la prise en charge syndromique des infections sexuellement transmissibles -- Module 3. Le
questionnement et l’examen -- Module 4. Le diagnostic et le traitement -- Module 5. L’éducation et le conseil
auprès des patients -- Module 6. La prise en charge des partenaires -- Module 7. Enregistrement des
données et plan de développement.
1.Maladies sexuellement transmissibles - thérapeutique 2.Gestion maladie 3.Programme clinique
4.Matériel enseignement I.Organisation mondiale de la Santé
ISBN 978 92 4 259340 2 (Classification NLM: WC 142)
© Organisation mondiale de la Santé 2008
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Imprimé en
Table des matières
Module 1: Introduction à la prévention et à la lutte contre
les IST
Introduction 1
Vos objectifs généraux de formation 3
La structure du programme 3
Votre rôle dans le processus de prise en charge des IST 5
Au sujet de ce programme 7
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST 11
Vos objectifs d’apprentissage 11
1 : La transmission des IST 12
Comment se transmettent-elles ? 12
Quels sont les facteurs qui augmentent le risque
de transmission ? 12
Quels sont les groupes de population particulièrement
vulnérables ? 15
2 : IST - Le problème 17
La fréquence et la répartition des IST 17
Les complications liées aux IST 22
L’épidémie de VIH/SIDA 29
Résumé 35
3 : IST - Le défi que représente la lutte contre les IST 37
Pourquoi est-il si difficile de lutter contre la propagation
des IST ? 39
Qu’est ce qui peut donc être fait pour lutter contre les IST ? 42
Récapitulatif 46
Projet 1 : Présentation des données statistiques 47
Projet 2 : Collecte des données statistiques 48
Réponses 50
Annexe 1 53
Bibliographie 54
Glossaire 55
Acronymes 57
Organisation mondiale de la Santé 3
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Introduction au programme
Nous vous accueillons dans le programme de formation sur la prise en charge
syndromique de patients atteints d’infection sexuellement transmissibles
(IST).
Ce programme a été conçu pour une formation continue de personnels
responsables de la prise en charge des IST dans les centres de soins de
santé primaires, comme les dispensaires, les hôpitaux de district, les hôpitaux
de mission ou les cliniques spécialisées. Il a pour but de doter tous les
cliniciens et les prestataires de service concernés de toutes les compétences
nécessaires au traitement des IST suivant la méthode de la prise en charge
syndromique.
Les IST, très répandues, sont un très grave problème mondial. Les plus
connues sont la gonorrhée, la syphilis et le syndrome de l’immunodéficience
acquise (SIDA) – mais il en existe plus d’une vingtaine d’autres. Beaucoup
sont guérissables par un traitement efficace, mais constituent néanmoins un
problème majeur de santé publique à la fois dans les pays industrialisés et
dans les pays en développement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS)
estime à plus de 340 millions les nouveaux cas de gonorrhée, d’infection à
chlamydia et de trichomonase qui surviennent chaque année dans le monde,
chez les hommes et les femmes de 15 à 49 ans.
Comme vous le verrez, les liens étroits qui existent entre le virus de
l’immunodéfience humaine (VIH, le virus qui provoque le SIDA) et les autres
IST rendent prioritaire la lutte et la prévention des IST guérissables.
Dans cette lutte, la prise en charge syndromique offre de nombreux
avantages. Elle permet aux prestataires de soins de santé primaires de
diagnostiquer un syndrome d’IST et de traiter les patients sur place, sans
attendre les résultats des tests de laboratoire, onéreux et qui font perdre du
temps. En offrant un traitement dès la première visite du patient, on évite la
propagation de l’IST. Elle comprend également l’éducation du patient (sur
l’infection, le mode de transmission des IST, les comportements sexuels à
risque et le moyen de réduire ce risque), la prise en charge des partenaires et
la fourniture de préservatifs.
La prise en charge syndromique des IST se fonde sur un groupe de
symptômes et de signes cliniques présentés par le patient qui nous aide
à décider du traitement approprié. Les traitements antimicrobiens sont
choisis pour couvrir les principaux agents pathogènes responsables de ces
syndromes dans une région donnée. Pour pouvoir faire ce choix, on effectue
des analyses de laboratoire de ces syndromes et on identifie les agents
pathogènes de chacun d’entre eux. Il en résulte que, par la suite, la prise en
charge de chaque patient ne dépendra plus des analyses de laboratoire.
Organisation mondiale de la Santé 1
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Les syndromes sont ré-éxaminés périodiquement. Et cela pour deux
raisons : pour s’assurer que le traitement antimicrobien choisi est toujours
efficace et pour modifier le choix thérapeutique en cas de résistance aux
antimicrobiens. On peut donc affirmer que la méthode syndromique a une
base scientifique et qu’elle n’est pas une médecine au rabais.
Les buts de la prévention et du traitement des IST
La prévention et le traitement des IST ont pour but de :
1. interrompre la transmission des infections sexuellement
transmissibles ;
2. éviter le développement des maladies, des complications et des
séquelles ;
3. réduire les risques d’infection par le VIH.
Le programme couvre sept syndromes :
l’écoulement urétral chez les hommes ;
l’ulcère génital ;
le bubon inguinal ;
la tuméfaction du scrotum ;
l’écoulement vaginal ;
les douleurs abdominales basses chez les femmes ;
la conjonctivite du nouveau-né.
Liste complète
des IST en
Annexe 1,
Ce programme n’étudie pas d’autres syndromes d’IST comme les lésions
page 53. vésiculaires et les condylomes acuminés.
Pour chaque syndrome, on peut élaborer un algorithme qui amène
facilement le prestataire de services, palier par palier, a établir un diagnostic
et à choisir le meilleur traitement. Comme le diagnostic ne dépend ni
d’examens internes ni d’examens microscopiques, tous les agents de
santé pourront traiter les patients atteints d’IST, et non pas seulement les
spécialistes.
2 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Vos objectifs généraux de formation
Quel que soit ou sera votre rôle dans la prise en charge des IST, ce
programme de formation vous fournira toutes les informations et les
compétences dont vous aurez besoin. Il vous aidera à :
saisir l’ampleur du problème que posent les IST au monde entier ;
identifier les caractéristiques de l’approche syndromique du diagnostic
et du traitement des IST ;
développer vos compétences en questionnement, recueil de l’anamnèse
et énoncé de diagnostic ;
utiliser les algorithmes syndromiques pour parvenir à un diagnostic et à
choisir un traitement pour le patient ;
éduquer et conseiller les patients sur la prévention et la réussite du
traitement des IST, y compris l’importance de suivre les indications de
traitement et d’opter pour un comportement sexuel sans risque ;
traiter les partenaires des patients en cours de traitement au centre de
santé ;
expliquer, si besoin est, l’importance de l’enregistrement du nombre de
syndromes d’IST que vous remarquez au cours de votre travail, ainsi
que la façon dont on peut utiliser ces informations.
Dans cette introduction, nous vous donnons une idée générale des modules
et nous vous aidons à identifier vos besoins de formation, en fonction du rôle
que vous allez jouer dans la prise en charge des IST. Nous vous suggérons
également comment organiser votre étude, selon que vous travaillez en
groupe ou individuellement.
La structure du programme
La prise en charge des IST se fait en cinq étapes détaillées dans les autres
modules de la série.
1. Le questionnement et l’examen
2. Le diagnostic et le traitement, en utilisant les algorithmes
3. L’éducation et le conseil auprès des patients sur le comportement
sexuel à moindre risque y compris la promotion des préservatifs et leur
fourniture
4. La prise en charge des partenaires
5. La collecte des données (enregistrement).
Organisation mondiale de la Santé 3
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Le programme de formation comprend sept modules.
1. L’introduction à la prévention et à la lutte contre les IST présente l’ampleur de
l’épidémie des IST, leur mode de transmission, le fardeau qu’elles représentent pour
les individus, la société, les services de santé du pays et l’économie nationale.
2. L’initiation à la prise en charge syndromique des IST présente l’approche
syndromique de la prise en charge des IST. Vous apprendrez en quoi cette démarche
s’avère efficace dans le traitement et la prévention des IST. Le module présente
également les algorithmes et la façon de les utiliser.
3. Le questionnement et l’examen vous présente point par point les questions qu’il
faut poser, comment les poser, et comment examiner les patients.
4. Le diagnostic et le traitement vous présente chaque algorithme en détail,
expliquant les signes et symptômes spécifiques qui vous aideront à établir un
diagnostic. Il propose aussi une liste de médicaments recommandés par l’OMS pour
chacune des conditions identifiées.
5. L’éducation et le conseil auprès des patients traite des moyens d’éduquer et de
motiver les patients en ce qui concerne la prévention et le traitement des IST en se
servant de techniques pédagogiques et de questionnement efficaces.
6. La prise en charge des partenaires se rapporte à la prise en charge et au
traitement des partenaires du patient. On explique pourquoi le traitement des
partenaires est si important et examine les avantages respectifs de deux méthodes
de prise en charge des partenaires.
7. L’enregistrement des données et le plan de développement traite des avantages
de la collecte d’informations sur les IST, aux plans national, régional et local.
On a toujours besoin de statistiques précises pour dresser le tableau réel de
l’épidémiologie des IST dans n’importe quel pays.
4 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Votre rôle dans le processus de prise en charge des IST
Certains centres de santé ont un personnel spécialisé qui travaille sur des
aspects spécifiques de la santé des patients – par exemple, les éducateurs.
Dans d’autres centres, chaque prestataire de service suit le patient à chaque
étape du traitement. Si vous n’êtes pas sûr du rôle qui vous incombe dans la
prise en charge syndromique, essayez de vous le faire préciser.
Activité 1
Pour obtenir des précisions sur votre rôle dans la prise en charge syndromique des IST,
consultez votre superviseur ou votre formateur pour savoir quelles responsabilités au cours
des cinq étapes de la prise en charge, énumérées en page 3, vous incombent. Notez les
ci-dessous.
Inscrivez les aptitudes ou l’expérience que vous avez déjà qui pourraient vous aider à
accomplir vos tâches dans la prise en charge syndromique des IST (comme le recueil de
l’anamnèse ou l’éducation des patients par exemple).
Organisation mondiale de la Santé 5
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Si vous estimez que vous ne possédez aucune des compétences ou
expérience nécessaires à la prise en charge syndromique, ne vous inquiétez
pas – les modules vont vous aider à acquérir les compétences et les
connaissances et vous demanderont de vous exercer chaque fois qu’il sera
possible.
Même si vous êtes très expérimenté – peut être dans la prise en charge
classique des IST ou dans une tâche spécifique comme l’éducation des
patients – il est important que vous étudiiez les modules appropriés avec
attention car vous devrez mettre en pratique vos compétences et vos
connaissances dans le contexte de la prise en charge syndromique.
Adopter une attitude respectueuse envers le patient
Si notre rôle technique dans la prise en charge des IST est important, notre
relation avec les patients est aussi très importante.
Vous allez jouer un rôle très important dans l’effort mondial entrepris
pour la prévention et la guérison des infections sexuellement
transmissibles.
Activité 2
Pour l’instant, imaginez l’influence que vous pouvez avoir en permettant aux autres de
vivre sans IST : qu’est ce que cela peut représenter pour eux ?
De temps à autre, le contenu du programme pourra remettre en question
les attitudes et les comportements conventionnels des prestataires qui
sont, après tout, des êtres humains. Nous avons tous des opinions et des
certitudes qui nous aident à comprendre et à gérer notre entourage et notre
environnement.
Ce processus de remise en question des idées peut parfois être déstabilisant,
mais il est essentiel pour faire face et résoudre les problèmes qui se posent.
6 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 3
Notez toutes les pensées ou préoccupations que vous pouvez avoir au début de ce
processus.
Comment allez-vous dissiper ces préoccupations ? Vous pourriez, par exemple, en discuter
avec un collègue ou avec les autres apprenants.
Au sujet de ce programme
Ce que vous en attendez
Après avoir lu un bref exposé des grandes lignes du programme sur la prise
en charge syndromique des IST et ses objectifs généraux, vous pouvez
réfléchir à ce que sont vos aspirations personnelles.
Activité 4
Notez ce que vous attendez du programme. Qu’espérez-vous être capable de réaliser à la
fin du programme ?
Organisation mondiale de la Santé 7
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Aucun module ni aucun cours ne pourra répondre à toutes les attentes. Seule
votre détermination à réussir pourra vous y aider, particulièrement si vous
pouvez vous inspirer des idées de vos collègues et partager vos réflexions et
votre expérience avec eux.
Les différentes façons d’étudier le programme
Comme vous pouvez le constater en feuilletant celui-ci, chaque module
vous propose un certain nombre d’éléments qui vous aideront à apprendre
rapidement. Si vous étudiez en groupe, lors d’un atelier ou dans un cours,
votre tuteur vous indiquera les activités appropriées. Si vous étudiez seul, il
vous sera utile de savoir comment utiliser ces éléments.
Les composantes du module
Les modules sont conçus pour que vous ayez plusieurs autres activités
en dehors de la lecture : réfléchir sur votre expérience, prendre des notes,
répondre aux questions, mettre en pratique les compétences et ainsi de suite.
Le but de ces activités est de vous aider à réfléchir sur votre étude et
à vérifier votre compréhension des points essentiels au cours de votre
formation. En d’autres termes, elles vous aident à progresser.
Tout au long de chaque module, vous trouverez des symboles de questions et
d’activités comme on vous le montre ci-dessous.
Question
Ce symbole indique que vous devez répondre à une question, le plus souvent par écrit.
Si la question est numérotée, vous en trouverez la réponse à la fin du module – mais
résistez à la tentation de lire la réponse avant d’avoir essayé de répondre vous-même
à la question.
Activité
Vous avez déjà rencontré quatre activités, vous avez vu que l’on peut vous demander
de noter quels sont vos besoins d’apprentissage ou votre expérience ou se référer à
votre pays ou région, dont vous ne trouverez pas la réponse dans le module. On vous
demandera à la place de :
discuter d’un sujet avec vos collègues ou camarades d’apprentissage ; ou
exposer les idées et les exemples de situations locales ou votre propre expérience.
Votre tuteur ou votre animateur pourra vous y aider si nécessaire.
8 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
A la fin de chaque module, vous trouverez un Récapitulatif et un Plan
d’action ou un Projet. Le Plan d’action vous suggère différentes manières de
développer un savoir-faire pratique avant de traiter réellement les patients.
Un Glossaire, à la fin de chaque module, vous permettra de vérifier la
signification des termes qui ne vous sont pas familiers.
Etudier en groupe
Si vous étudiez les modules dans le déroulement d’un atelier ou d’un cours
organisé, votre tuteur ou l’animateur du groupe pourra vous guider et vous
expliquer comment les utiliser. Il ou elle animera les discussions portant sur
les nombreuses activités et questions posées dans les modules.
Par exemple, on peut vous demander de lire une partie ou la totalité d’un
module tout seul, avant de rencontrer votre groupe ou votre tuteur pour
discuter des problèmes ou pour mettre en pratique les compétences
essentielles. Le module est un outil de travail flexible ; il vous permet d’y
inscrire vos notes quand vous le désirez. Si vous lisez rapidement, vous
pouvez passer plus de temps aux activités ; si vous lisez plus lentement,
vous ne perdez rien car vous pouvez lire le reste de la « leçon » à votre
convenance.
Etudier seul(e)
S’il vous faut étudier un ou plusieurs module seul(e), il est essentiel de
maintenir votre rythme d’apprentissage. Vous y trouverez de nombreuses
idées de réflexion – et vous pouvez vérifier vos réponses en lisant le chapitre
Réponses à la fin du module.
Cependant, pour plus d’efficacité, il est important que vous travailliez de
temps en temps avec d’autres personnes. Par exemple :
Il est important que vous mettiez en pratique certaines compétences
avec une ou deux personnes étudiant en même temps que vous
ou ayant l’expérience d’une étape appropriée de la prise en charge
syndromique des IST. En particulier, dans les Plans d’action des
Modules 3, 5 et 6, on vous propose de pratiquer les jeux de rôles
correspondants aux savoir-faire.
Il est aussi utile de discuter de vos progrès avec une personne qui peut
vous soutenir. Demandez à votre superviseur ou à un collègue ayant
l’expérience de la prise en charge syndromique s’il serait prêt à vous
aider.
Organisation mondiale de la Santé 9
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 5
Si vous étudiez principalement seul(e), notez le nom de la personne avec qui vous pourrez
mettre en pratique les compétences essentielles et discuter des problèmes.
Conseils supplémentaires si vous étudiez seul(e)
Identifiez le module que vous devez étudier et fixez-vous des objectifs à
atteindre.
Si possible, préparez vous un endroit confortable pour étudier : de
préférence un endroit au calme où vous ne serez pas interrompu(e). Si
cela est difficile à organiser, votre tuteur ou votre superviseur peut vous
y aider.
Il peut être utile de vous fixer un calendrier d’étude : organisez de
courtes séances d’étude que vous pourrez glisser dans votre journée
de travail. Essayez d’étudier quand vous vous sentez en forme et alerte.
Pour ce faire, trois ou quatre courtes séances sont préférables à une
journée d’étude entière.
Notez les questions et les problèmes au fur et à mesure que vous
étudiez, et essayez d’obtenir des réponses et de les résoudre aussitôt
que possible.
N’hésitez pas à faire appel à votre tuteur et vos collègues – ils sont là
pour vous aider.
10 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Introduction à la prévention et à la lutte contre
les IST
Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont très répandues. Les
plus connues sont la gonorrhée, la syphilis et le VIH mais il en existe plus
d’une vingtaine d’autres.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 1999, évaluait à plus de
340 millions le nombre de nouveaux cas d’IST guérissables. En d’autres
termes, un million de nouveaux cas apparaissent chaque jour.
Selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
(ONUSIDA) et l’OMS, 4.9 millions de personnes furent infectées par le
VIH en 2005, s’ajoutant aux 40.3 millions qui vivaient déjà avec le VIH.
Le premier module vous sensibilisera à l’ampleur et à l’impact de l’épidémie
des IST. Vous étudierez leurs modes de transmission, les facteurs biologiques
et sociaux qui en influencent la propagation, l’épidémiologie des IST, l’impact
sur la société et le comportement des individus, et sur les liens entre les
IST et le VIH. Enfin, vous apprendrez pourquoi la lutte contre les IST est si
difficile, et ce qui doit être fait pour l’améliorer.
Vos objectifs d’apprentissage
Ce module vous permettra :
d’identifier le mode de transmission des IST et les facteurs qui
l’influencent ;
d’expliquer :
– l’ampleur des IST, y compris les facteurs qui peuvent en
masquer l’importance véritable ;
– les complications sérieuses que peuvent entraîner les IST non
traitées ;
– les liens entre les IST et la propagation du VIH ;
– la difficulté de lutter contre les IST et ce qui doit être fait pour
améliorer nos capacités de lutte.
Organisation mondiale de la Santé 11
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
1 : La transmission des IST
Cette première section vous aidera à répondre à trois questions.
Comment les IST se transmettent-elles ?
Quels sont les facteurs qui augmentent le risque de transmission ?
Quels sont les groupes de population particulièrement vulnérables ?
Comment les IST se transmettent-elles ?
Le mode de transmission le plus fréquent est, de loin, par des relations
sexuelles avec pénétration (vaginale ou anale) non protégées.
Les autres modes de transmission, plus rares, sont :
la transmission de la mère à l’enfant :
– pendant la grossesse (par ex. le VIH et la syphilis) ;
– pendant l’accouchement (par ex. la gonorrhée, l’infection à
chlamydia et le VIH) ;
– après la naissance (par ex. le VIH) ;
– par l’allaitement au sein (par ex. le VIH).
par l’utilisation dangereuse (non stérile) des aiguilles et seringues ou
tout autre contact avec le sang ou les produits sanguins (par ex. la
syphilis, le VIH et l’hépatite).
Il est important de se souvenir que le VIH se transmet de la même manière
que les autres IST.
Quels sont les facteurs qui augmentent le risque de
transmission ?
Les rapports sexuels non protégés n’ont pas tous pour conséquence la
transmission d’une IST d’un partenaire infecté à l’autre. La propagation de
l’infection d’une personne à l’autre dépend de nombreux facteurs, à la fois
biologiques et comportementaux.
Facteurs biologiques
Certains facteurs biologiques influencent la transmission des IST : l’âge, le
sexe, le statut immunitaire de la personne hôte et la virulence de l’organisme.
12 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
L’âge
La muqueuse vaginale et le tissu cervical des jeunes femmes sont immatures
ce qui les rend plus vulnérables aux IST que les femmes plus âgées. Cela est
dû à l’ectopie cervicale, condition normale chez les jeunes femmes, lorsque
les cellules superficielles cervicales laissent plus facilement les infections
s’installer.
Les jeunes femmes dans les sociétés où le mariage est précoce et où
l’activité sexuelle commence au début de l’adolescence, sont particulièrement
exposées aux risques. En général, les femmes sont infectées plus tôt que les
hommes.
Le sexe
Les infections pénètrent dans le corps très facilement par les muqueuses
superficielles telle la muqueuse vaginale. Comme la surface des muqueuses
qui entre en contact avec l’agent infectieux est plus grande chez les femmes
que chez les hommes, les femmes sont plus facilement infectées que les
hommes.
Statut immunitaire
Le statut immunitaire de l’hôte et la virulence de l’agent infectieux influencent
la transmission des IST. Comme nous l’étudierons plus tard dans ce
module, certaines IST augmentent le risque de transmission du VIH – lui-
même infection sexuellement transmissible. Le VIH, à son tour, facilite la
transmission de certaines IST et aggrave les complications causées par les
IST en affaiblissant le système immunitaire.
Facteurs comportementaux
De nombreux facteurs comportementaux peuvent augmenter le risque
d’infection. Ces comportements sont définis comme « à risque ». Les
comportements à risque comprennent les comportements suivants.
Les comportements sexuels personnels à risque comprennent :
le changement fréquent de partenaires sexuels ;
avoir plus d’un partenaire sexuel ;
avoir des rapports sexuels avec des partenaires « occasionnels », avec
des professionnel(le)s du sexe ou leurs clients ;
– avoir un nouveau partenaire ou changer fréquemment,
avoir plus d’un partenaire ou avoir des rapports avec des
professionnel(le)s du sexe ou leurs clients rend plus probable le
risque de rentrer en contact avec une personne atteinte d’une
IST ;
Organisation mondiale de la Santé 13
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
avoir des rapports sexuels avec pénétration non protégés quand l’un
des partenaires est infecté ;
avoir eu une IST grave l’année précédente :
– les personnes ayant eu une IST l’année précédente courent le
risque d’être de nouveau infectées si elles n’ont pas changé de
comportement sexuel.
Facteurs sociaux
Un certain nombre de facteurs sociaux établissent un lien entre les problèmes
sexo-spécifiques et comportementaux et peuvent augmenter les risques de
contracter une IST par exemple :
dans la plupart des cultures les femmes n’ont que peu de pouvoir de
décider des pratiques sexuelles, comme l’utilisation de préservatifs ;
les femmes dépendent souvent de leurs partenaires masculins et
toléreront donc la conduite sexuelle à risque des hommes ayant
plusieurs partenaires sexuelles, les exposant ainsi au risque d’infection ;
la violence sexuelle est plus souvent exercée par les hommes à
l’encontre des femmes, celles-ci ont donc beaucoup de difficultés à
discuter des IST avec leurs partenaires masculins ;
dans certaines sociétés, on a tendance à marier la fillette très jeune à
un homme adulte, l’exposant ainsi au risque d’infection ;
dans certaines sociétés, on adopte souvent une attitude permissive
envers les hommes ce qui les encourage à avoir plusieurs partenaires
sexuelles.
D’autres comportements individuels peuvent être associés au risque,
dont :
le piercing ; terme qui désigne une grande variété de pratiques
comprenant l’utilisation d’aiguilles non stériles pour pratiquer des
injections, des tatouages, des scarifications ou des piercing corporels,
et des circoncisions utilisant la même lame.
l’absorption d’alcool ou de drogues avant et pendant les rapports ; la
consommation d’alcool et de drogues peut compromettre l’utilisation de
préservatifs. L’alcool peut diminuer la perception du risque amenant la
personne à ne pas utiliser de préservatif ou si elle l’utilise, à ne pas le
faire correctement.
14 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Le comportement à risque du ou des partenaire(s) comprend :
avoir des partenaires multiples ;
être atteint d’une IST ;
se droguer par injections ;
le partenaire masculin à des relations avec d’autres hommes.
Un partenaire ayant un ou plusieurs de ces comportements est plus exposé
à la transmission des IST, et donc risque davantage de propager l’infection à
son tour.
Quels sont les groupes de population particulièrement
vulnérables ?
Dans la plupart des pays, certains groupes de personnes sont plus exposés
que d’autres. Peut-être parce qu’ils sont plus souvent en contact avec des
partenaires infectés, ou parce qu’ils sont plus susceptibles de développer
une infection à chaque fois qu’ils sont exposés. De tels groupes se composent
de :
adolescentes sexuellement actives ;
professionnel(le)s du sexe et leurs partenaires ;
hommes et femmes ayant des partenaires multiples ; hommes et
femmes qui sont, de par leur travail, séparés de leur partenaire régulier
pendant de longues périodes, comme les chauffeurs routiers, les soldats
et les travailleurs migrants.
Pour différentes raisons, ces personnes peuvent hésiter à se rendre dans un
centre de santé pour se faire soigner. Des efforts spécifiques doivent être faits
pour les atteindre et pour qu’ils acceptent ces services.
Organisation mondiale de la Santé 15
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 6
Ces facteurs biologiques et comportementaux influençant la transmission vous ont-ils
étonné ?
Retrouvez-vous certains de ces facteurs et certains des groupes vulnérables dans votre
région ? Si oui, quels sont-ils ?
Existe-t-il, dans votre région, des facteurs qui ne se trouvent pas sur la liste ?
Veuillez discutez de ces questions avec vos collègues.
16 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
2 : IST – Le problème
Dans cette section, nous étudierons l’ampleur des IST, les complications
et les séquelles qu’elles entraînent lorsqu’elles ne sont pas traitées, ou de
façon inefficace, et les liens qui existent entre les IST et le VIH, raisons pour
lesquelles il est si important de lutter contre leur propagation.
Cette section vous permettra de :
discuter de la fréquence et de la répartition des IST ;
identifier les diverses complications graves que peuvent causer
certaines IST ;
d’expliquer les liens qui existent entre les IST et le VIH.
La fréquence et la répartition des IST
L’épidémiologie est la fréquence et la répartition d’une maladie dans la
population. Nous commencerons par réfléchir sur des questions comme les
suivantes.
Quelle est la répartition des IST dans les différentes parties du
monde ?
Quelle est la répartition des IST en fonction de l’âge, du sexe et de la
profession ?
Les statistiques actuelles donnent-elles une image exacte de l’ampleur
des IST parmi les groupes de population vulnérables ou dans la
population en général ? Pourquoi oui pourquoi non ?
Quelle est la répartition des IST ?
En 1999, l’OMS évaluait à 340 millions le nombre de nouveaux cas d’IST
guérissables. La figure 1, ci-dessous, illustre la propagation mondiale des
nouveaux cas chez les adultes. On remarque que la majorité des nouveaux
cas d’infection apparaissent dans l’Asie du Sud et du Sud-Est, vient ensuite
l’Afrique sub-saharienne, puis l’Amérique latine et les Caraïbes.
La figure 2 représente l’estimation de la prévalence des IST guérissables
chez les adultes en 1999.
Organisation mondiale de la Santé 17
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
22 MILLIONS
EUROPE DE L’EST ET
ASIE CENTRALE
14 MILLIONS
AMERIQUE DU NORD
17 MILLIONS
EUROPE DE L’OUEST
18 MILLIONS
ASIA DE L’EST ET PACIFIQUE
10 MILLIONS
AFRIQUE DU NORD ET
MOYEN-ORIENT
151 MILLIONS
ASIA DU SUD ET DU
SUD-EST
38 MILLIONS
AMERIQUE LATINE &
LES CARAIBES
69 MILLIONS
AFRIQUE SUB-SAHARIENNE
1 MILLION
AUSTRALIE ET
NOUVELLE ZELANDE
Total mondial : 340 millions
Figure 1 : Estimation du nombre de nouveaux cas d’IST guérissables chez les adultes en 1999*
6 MILLIONS
EUROPE DE L’EST ET
ASIE CENTRALE
3 MILLIONS
AMERIQUE DU NORD
4 MILLIONS
EUROPE DE L’OUEST
6 MILLIONS
ASIE DE L’EST ET
PACIFIQUE
3.5 MILLIONS
NORTH AFRICA &
THE MIDDLE EAST
48 MILLIONS
ASIE DU SUD ET DU
SUD-EST
18.5 MILLIONS
AMERIQUE LATINE &
LES CARAIBES
32 MILLIONS
AFRIQUE SUB-SAHARIENNE
250 000
AUSTRALIE ET
NOUVELLE ZELANDE
Total mondial : 116,5 millions
Figure 2 : Estimation de la prévalence des IST guérissables chez les adultes en 1999*
* Les différentes couleurs montrent quels sont les pays concernés par les calculs régionaux.
18 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
La prévalence et l’incidence des IST sont toutes les deux plus élevées dans
les pays en développement que dans les pays industrialisés.
« Les MST causées par des agents bactériens, mycologiques et
protozoaires ….ont continué de poser un problème de santé publique
à la fois dans les pays industrialisés et dans les pays en voie de
développement. Un équilibre a été toutefois atteint dans la plupart des
pays développés qui connaissent des taux d’infection faibles (et qui
continuent souvent à baisser). En revanche, l’équilibre atteint dans de
nombreux pays en développement l’a été avec des niveaux de maladies
très endémiques. Dans de nombreux pays en voie de développement,
les MST figurent, depuis plusieurs décennies, parmi les cinq premières
maladies qui amènent les adultes à consulter des services de santé. »
Les maladies sexuellement transmissibles : politiques et principes de
prévention des soins, ONUSIDA/OMS 1999.
Les variations des incidences et des prévalences dans les différents pays
et régions seront grandement masquées par les estimations mondiales. A
l’intérieur même des pays, la prévalence pourra être importante parmi les
groupes à haut risque ou pour l’ensemble de la population.
La répartition des IST
En général, la prévalence des IST a tendance à être plus élevée dans les
zones urbaines que dans les zones rurales, chez les célibataires et les
jeunes adultes. Les IST, y compris le VIH, atteignent à la fois les hommes et
les femmes. Cependant, les statistiques font rarement état d’une distribution
égale entre hommes et femmes, ou entre les différentes tranches d’âge.
Répartition par tranche d’âge
La plupart des enfants de moins de 14 ans ne sont pas contaminés par
les IST, sauf pour ce qui est de la syphilis congénitale, la conjonctivite du
nouveau-né et l’infection par le VIH.
Les nouveaux cas d’IST surviennent pendant l’adolescence et semblent être
plus fréquents parmi la tranche d’âge de 15 à 44 ans, pour diminuer chez les
adultes plus âgés.
Répartition en fonction du sexe
A première vue, on pourrait raisonnablement penser que les hommes et
les femmes sont vulnérables de la même façon. Cependant, les cas d’IST
apparaissent :
plus fréquemment chez les femmes entre 14 et 19 ans ;
un peu plus souvent chez les hommes que chez les femmes après
19 ans.
Organisation mondiale de la Santé 19
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Pourquoi ces différences ?
La plus grande fréquence chez les femmes de 14 à 19 ans pourrait
s’expliquer par plusieurs facteurs :
les filles deviennent sexuellement actives plus tôt que les garçons ;
elles ont tendance à avoir des relations sexuelles avec des hommes
plus âgés qu’elles, qui ont plus d’expérience sexuelle et qui sont plus
susceptibles d’être porteurs d’infections ;
les caractéristiques de l’appareil génital des jeunes filles les rendent
plus vulnérables aux IST.
Après 19 ans, la légère supériorité numérique chez les hommes pourrait
s’expliquer par une ou plusieurs des raisons suivantes.
Les IST ne produisent souvent aucun symptôme ou seulement des
symptômes bénins chez les femmes. Par exemple, plus de femmes que
d’hommes n’ont aucun symptôme :
– 70 % des femmes et 30 % des hommes atteints d’infection à
chlamydia peuvent n’avoir aucun symptôme ;
– 80 % des femmes et 10 % des hommes atteints de gonorrhée
peuvent également n’avoir aucun symptôme (des études
menées en Afrique ont montré des gonorrhées et infections
à chlamydia asymptomatiques plus nombreuses chez les
hommes que celles citées ci-dessus. En clair, des études
complémentaires devront quantifier l’ampleur des infections
asymptomatiques chez les hommes).
Cela signifie que les femmes contaminées qui viendront se faire
soigner ne seront que 20 %. Le reste des femmes n’apparaîtra pas dans
les statistiques.
Les services peuvent être souvent plus accessibles aux hommes qu’aux
femmes. Par exemple, lorsque les hommes migrent vers les zones
urbaines pour chercher du travail, ils ont accès aux services urbains – et
par conséquent ont plus de chance d’apparaître dans les statistiques.
Les contraintes culturelles et économiques peuvent aussi empêcher un
certaine nombre de femmes de se présenter pour se faire
soigner.
Un nombre important d’hommes peuvent avoir été contaminés
après des rapports sexuels non protégés avec un petit nombre de
professionnelles du sexe.
20 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Les hommes d’un certain âge peuvent être sexuellement plus actifs que
les femmes au même âge.
Les hommes ont plus tendance à changer de partenaire que les
femmes.
Dans de nombreux pays en développement, les meilleurs indicateurs
disponibles des niveaux d’IST chez les femmes sont les enquêtes effectuées
dans les centres de santé prénatals, de planification familiale ou de
gynécologie.
Dans quelle mesure les chiffres reflètent-ils la réalité ?
Les estimations du nombre d’IST ont tendance à être supérieures aux chiffres
suggérés dans les rapports nationaux parce que ces rapports sous-estiment
souvent le nombre réel de personnes atteintes d’IST.
Les statistiques portent sur le nombre de personnes qui se rendent dans un
centre de santé pour se faire soigner. En procédant ainsi, on a tendance à
sous-estimer la véritable ampleur des IST dans la population en général pour
un certain nombre de raisons :
les personnes atteintes d’infection asymptomatique ne se font pas
soigner ;
pour de nombreuses personnes, les centres de santé qui offrent un
traitement des IST peuvent être trop éloignés du domicile ;
des patients consultant un autre service de santé comme les services
prénatals ne sont pas systématiquement dépistés ;
de nombreux patients ressentent une certaine réprobation du fait qu’ils
se rendent dans des centres spécialisés dans le traitement traditionnel
des IST, où tout le monde peut être considéré comme susceptible d’être
infecté ;
de nombreuses personnes peuvent préférer se faire soigner par des
agents de santé alternatifs à la fois dans le secteur formel et le secteur
informel qui ne signalent pas le nombre de cas. L’aspect financier peut
être un facteur important de la décision du patient :
« La demande de services de santé dans les pays en développement,
y compris pour le traitement des IST, dépend en grande partie de leur
coût. Bien que ces services soient très appréciés, une dépense, même
modeste, peut être dissuasive. Comme le coût des soins dans le secteur
public est en augmentation (les prélèvements des usagers étant relevés
pour réduire les dépenses de santé publique du gouvernement), les
Organisation mondiale de la Santé 21
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
clients se tourneront inévitablement vers le secteur privé. Parce que les
coûts des services de santé du secteur privé sont souvent prohibitifs, le
secteur informel pourrait être la seule ressource qui s’offre à eux. »
Moses, S.
Sexually transmitted disease care services in developing
countries. Improving quality and access.
Sexually Transmitted Diseases, 2000.
27(8) : p.465–7.
Les complications liées aux IST
Les infections sexuellement transmissibles constituent une préoccupation
majeure de santé publique non seulement à cause de leur importante
prévalence dans le monde, mais parce qu’elles peuvent entraîner des
complications graves et permanentes chez les gens contaminés qui ne sont
pas soignés à temps et de façon efficace. De plus, elles contribuent à la
propagation du VIH.
Une mise à jour de l’ONUSIDA en mai 1998 expose que :
“Qu’elles soient symptomatiques ou asymptomatiques, les MST peuvent
avoir de graves complications.
En l’absence de traitement, c’est généralement chez la femme et chez
le nouveau-né que les complications et les séquelles ( conséquences à
long terme) sont les plus graves : cancer du col, syndrome inflammatoire
pelvien (salpingite), douleurs pelviennes chroniques, résorption du fétus,
grossesse extra-utérine, et décès maternel associé.
Les chlamydioses et la blennoragie sont des causes majeures de
stérilité, en particulier chez la femme, avec toutes les conséquences
sociales que cela implique. Les chlamydioses sont une cause
importante de pneumonie chez le nourrisson. Chez le nouveau-né,
l’infection de l’œil par les gonocoques peut entraîner la cécité.
La syphilis congénitale est une cause majeure et fréquente de mortalité
et de morbidité infantiles. Chez l’adulte, elle peut avoir des graves
conséquences cardiaques, neurologiques etc., éventuellement fatales.”
Lutte contre les MST : mesures de santé publique,
ONUSIDA/OMS, Actualisation, mai 1998.
22 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Les complications liées sont résumées dans le tableau ci-dessous.
Tableau 1 : Complications pouvant être causées par une IST
Cause Complication
Infections gonococcique et Stérilité chez les hommes et les femmes
à chlamydia Epididymite
Grossesse extra-utérine due à une lésion
des trompes
Gonorrhée Cécité chez les enfants
Infections gonococcique, Pelvipéritonite ou péritonite généralisée
à chlamydia et à germes
anaérobies
Syphilis acquise Maladies cérébrales et cardiaques
permanentes
Syphilis congénitale Détérioration des organes et des tissus chez
les enfants
Virus du papillome humain Cancer génital
Organisation mondiale de la Santé 23
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Renseignements complémentaires sur les complications liées aux IST
Le syndrome inflammatoire pelvien (SIP),
causé par la gonorrhée et la chlamydia, h é e c hez les
or r er
est une inflammation de la paroi utérine La gon peut entraîn s
e s t de
(endométrite), des trompes de Fallope, et homm a tions e
p li c ction
des ovaires. des co
m
g r a v e s. L’infe tre
es urè
La douleur occasionnée par le SIP est le séquell ropager de l’ le
p s
premier symptôme que la femme remarque. peut se c o n nue sou yme
ion id
(condit étrite) à l’épid user
Si les trompes de Fallope sont déjà atteintes
nom d ’u r t ca
lorsque la femme ressent les premières m it e ) qui peu é.
y it
(épidid e de la fer til
douleurs, les lésions sont irréversibles. a is s
une b
Le SIP blesse et atrophie les trompes de
Fallope, multipliant par 7 à 10 fois le risque
de grossesse extra-utérine. Cette condition
peut être fatale, la rupture des trompes SIP et
provoquant une hémorragie importante. stérilit
é
Sans t
ra
On estime de 1 à 5 % les décès maternels des fe itement, de 5
dus aux grossesses extra-utérines mmes 5 à 85
peuve so %
nt deve uffrant de S
nombr nir sté IP
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même ses femmes s. De
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rendre venir stérile euvent
compt s sans
e qu’e
de SIP
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uffrent
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u v e au-n
o ns
Pendant la grossesse, la syphilis
i t e du n -nés da
peut contaminer le fœtus à travers ctiv eau nt.
c o njon des nouv loppeme
le placenta. La e
u c h e 5 % s en dév eut
t o y p
Jusqu’à 40 % des grossesses r t a i ns pa ent, elle e 1 à 6 %
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vue d
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Sans mager la infectés. r
avor tement spontané, fœtus mor t- m
endo urrisson
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né ou décès du nourrisson. C’est
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o eau-
particulièrement grave lorsque y d ia pe du nouv hie à
hlam ons at
l’infection maternelle n’est pas La c es poum n e u mop
l ep
soignée pendant les 20 premières dans oquer un
o v
semaines de grossesse. et pr ydia.
chlam
Toutes ces complications peuvent être évitées si
on traite correctement et avant que la maladie
ne se développe.
24 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
L’impact sur la société
Le fardeau socio-économique des IST peut être énorme. Non traitées, les
IST peuvent entraîner une perte d’emploi ou briser un mariage. Par exemple,
l’une des conséquences biologiques du syndrome inflammatoire pelvien
(SIP) est la stérilité – le fait de ne pas pouvoir avoir d’enfant peut signifier un
divorce et une dislocation de la famille. Voir ce simple exemple ci-dessous.
Dans une famille de deux adultes et trois enfants, l’un des parents perd
le premier son emploi, puis le deuxième à cause de complications liées
aux IST non traitées. La fille aînée abandonne son poste d’enseignante
pour s’occuper de ses parents : le plus jeune fils abandonne l’école
pour raisons financières. Pour rapporter un peu d’argent à la famille, il
accepte des travaux mal payés et non qualifiés chaque fois qu’il le peut.
L’Etat a non seulement perdu deux travailleurs qualifiés, mais il a
également perdu l’investissement qu’il avait consacré à la formation
d’un travailleur qualifié.
Les IST pèsent lourdement sur les budgets des familles, des communautés
et des services de santé. Si on ne peut contrôler une épidémie d’IST, la perte
de revenus nationaux peut être remarquable. Par exemple, dans un pays
africain, plus de 70 % du budget alloué aux antibiotiques furent utilisés pour
le traitement des IST.
Les deux cas suivants traitent des impacts socio-économiques des IST.
Lisez-les puis répondez aux questions qui suivent.
Histoire du Cas N°1 : Flora
Flora est une fillette de 9 ans que sa mère a amenée à la clinique parce que
celle-ci avait remarqué la veille chez sa fille des lésions génitales.
Ni la mère, ni l’enfant ne furent capables de donner d’explications
satisfaisantes sur l’origine de ces lésions. On ne constata aucun traumatisme.
Une infirmière examina Flora derrière un écran, la mère étant assise dans
la même pièce. Elle constata que l’enfant présentait une méchante lésion
vulvaire rouge, boursouflée qui évoquait fortement le condylome de la
syphilis secondaire.
Avant d’administrer un traitement, l’infirmière de service qui avait l’habitude
de parler aux enfants, pris la fillette à part. Après 20 minutes de conversation,
elle découvrit qu’un oncle (le frère de son père) avait régulièrement « joué
» avec elle et avait pratiqué des attouchements sur ses parties génitales, la
faisant asseoir sur ses genoux, même lorsqu’il était à demi nu. Il lui avait dit
que ce n’était qu’un jeu entre elle et lui et qu’il ne fallait en parler à personne.
Organisation mondiale de la Santé 25
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
La mère fut informée de ce « jeu ». Elle se montra très réservée et ne sembla
pas surprise. On administra à Flora un traitement contre la syphilis et une
semaine plus tard les lésions avaient disparu.
L’infirmière discuta de la situation avec la mère, l’informant que cet acte était
un crime d’abus sexuel et qu’elle devait le signaler à un travailleur social ou
à la police. La mère refusa arguant que dans sa culture il était mal vu de
dénoncer un parent aussi proche à la police car il pourrait aller en prison. La
réputation de la famille en pâtirait !
Question 1
Quel est le rôle de l’agent de santé dans un cas aussi évident d’abus sexuel sur enfant ?
Quelles sont les contraintes légales dans votre environnement ? L’agent de santé peut-il
informer la police de la situation si les parents refusent de porter plainte ?
Si vous étiez la mère de Flora, quelles seraient les répercussions sociales dans votre
environnement, si vous aviez décidé de dénoncer l’oncle à la police ?
Quel message important avez-vous retiré de cette étude de cas ?
Voir page 50 notre réponse et comparez-la avec la votre.
26 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Histoire du Cas N°2 : Yaksha
Yaksha, une jeune asiatique de 15 ans, est venue dans une clinique de
vénéréologie privée pour se faire soigner. Elle se plaignait d’écoulement
vaginal persistant d’une odeur « bizarre ».
La jeune fille admit être sexuellement active et ne pas utiliser de préservatif
avec son partenaire régulier. Elle nia avoir plusieurs partenaires sexuels.
A l’examen externe de sa vulve, le seul examen qu’elle accepta car elle
refusa l’examen au spéculum, le médecin constata un léger écoulement
et son odeur de « poisson ». L’écoulement n’était pas suffisant pour lui
permettre d’identifier sa couleur.
Yaksha ne pouvait payer les frais de laboratoire et le docteur n’a même pas
pu faire de prélèvement pour l’examiner au microscope.
Il suggéra à Yaksha d’acheter des médicaments pour soigner une IST
appelée trichomonase. Le traitement dure cinq jours et peut lui donner des
nausées. Elle n’avait pas d’argent pour acheter ces médicaments onéreux,
mais elle pensait que son ami pourrait l’aider. Cependant, comme elle vivait
avec ses parents et ses sœurs, elle ne pouvait prendre aucun traitement qui
durait une semaine parce qu’elle ne pouvait pas cacher les médicaments
chez elle. Elle ne pouvait pas dire à sa mère qu’elle prenait des comprimés
car celle-ci ignorait qu’elle allait voir un médecin. Yaksha refusait d’admettre
qu’elle pouvait être atteinte d’IST car elle n’était pas supposée avoir des
relations sexuelles à son âge. De plus, suivant sa religion, elle n’était pas
supposée avoir des rapports sexuels avant son mariage.
Question 2
Le médecin pense à une infection à Trichomonas vaginalis et veut prescrire des
comprimés de métronidazole. Que pensez-vous de cette décision ? Yaksha refuse
à cause de la durée du traitement, des nausées et a peur de se trahir chez elle.
Que devrait faire le médecin ? Les parents devraient-il être avertis car Yaksha est
mineure ? De façon syndromique, le docteur devrait traiter comme un écoulement
vaginal, et traiter également pour la gonorrhée et l’infection à chlamydia dans
certains contextes. La jeune fille ne pouvait même pas acheter les comprimés de
métronidazole. Comment le médecin peut-il gérer ce cas ?
Voir pages 50–51 la réponse et comparez-la avec la votre.
Organisation mondiale de la Santé 27
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 7
Pouvez–vous penser à d’autres exemples de conséquences socio-économiques des IST ?
N’oubliez pas que les taux les plus importants d’IST se trouvent parmi les 15–30 ans – une
période de la vie où on crée une famille et élève des enfants.
Résumé
L’ampleur de ces complications engendrées par les IST bactériennes non
traitées est très étendue et grave – cependant tout pourrait être évité si un
traitement était administré suffisamment tôt. Plus important encore, une
prévention primaire éviterait toute transmission d’IST.
Jusqu’ici, nous avons centré notre attention sur toutes les IST excepté,
le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et le SIDA. Cela sera notre
prochain et dernier sujet.
28 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 8
Imaginez que l’on vous demande de parler à un groupe de personnes du fardeau et de
la transmission des IST. Le groupe pourrait être composé de prestataires de services de
votre centre de santé local, de professeurs de collège ou de joueurs de football de l’équipe
locale – ou un groupe de votre choix.
Que voudriez-vous qu’ils sachent ?
Quels sont les points essentiels dont vous voudriez qu’ils se souviennent ?
Votre exposé devrait durer 5 à 10 minutes.
L’épidémie de VIH/SIDA
L’infection par le VIH qui cause le SIDA, est propagée par le même
comportement que les autres IST. Contrairement à la plupart des virus, le
VIH agit très lentement, et la maladie met des années à se déclarer. Pendant
plus de 10 ans, les défenses immunitaires d’une personne infectée par le VIH
se détériorent progressivement. Différentes bactéries, virus, champignons
et parasites – connus sous le nom d’agent pathogènes “opportunistes” – en
profitent pour provoquer des maladies.
Les besoins des personnes infectées par le VIH ou le SIDA sont nombreux.
Ils comprennent les thérapies pour traiter les infections opportunistes aussi
bien que les médicaments antirétroviraux qui combattent le VIH lui-même. Ils
ont aussi besoin de soutien pour lutter contre la peur de la stigmatisation, de
soutien psychologique pour gérer ce qu’implique une maladie mettant la vie
en danger, de soutien social et de conseil.
La fourniture de thérapies efficaces pour traiter le VIH et les infections
opportunistes varie beaucoup entre les pays développés et les pays en voie
de développement.
« Dans les pays nantis ... les médicaments antirétroviraux, qui attaquent
directement le virus et améliorent la santé et la survie, sont en général
accessibles. Les personnes vivant avec le VIH ou avec le SIDA et
leurs organisations y ont contribué, en insistant, par exemple, auprès
de l’industrie pharmaceutique pour que celle-ci diminue le prix des
médicaments ...
Les pays en développement ont dû affronter une situation tout à fait
différente. Au moment où est survenu le terrifiant défi du SIDA, les
services de santé et leurs ressources en peau de chagrin avaient déjà
bien du mal à faire face à une multitude d’autres maladies ...
Organisation mondiale de la Santé 29
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Le coût élevé des médicaments antirétroviraux, et la nécessité de
disposer d’un équipement de haut niveau pour suivre l’évolution des
malades et surveiller les effets secondaires éventuels constituent des
obstacles majeurs à la généralisation de l’accès pour l’immense majorité
des personnes infectées par le VIH dans les pays en développement. »
Report on the Global HIV/VIH Epidemic. ONUSIDA, 2000, p.85.
La Figure 3 ci-dessous ne laisse aucun doute sur la gravité de l’épidémie
de VIH.
A la date du mois de décembre 2005, 40,3 millions de personnes adultes
et enfants vivaient avec le VIH/SIDA. La même année, 4,9 millions de
personnes furent nouvellement infectés par le VIH.
1.6 MILLIONS
EUROPE DE L’EST ET
ASIE CENTRALE
1.2 MILLIONS
AMERIQUE DU NORD
720 000
EUROPE DE L’OUEST ET
EUROPE CENTRALE
870 000
ASIE DE L’EST
510 000
AFRIQUE DU NORD ET
MOYEN-ORIENT
300 000
CARAIBES
7,4 MILLIONS
ASIE DE SUD ET DU SU-EST
1.8 MILLIONS
AMERIQUE LATINE
25.8 MILLIONS
AFRIQUE SUB-SAHARIENNE
74 000
OCEANIE
Total mondiale : 40,3 millions
Figure 3 : Estimation de la prévalence du VIH/SIDA dans le monde, en 2005*
* Les différentes couleurs montrent quels sont les pays concernés par les calculs régionaux.
30 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Les liens entre les IST et le VIH/SIDA
Nous avons mentionné plus haut le fait que certaines IST favorisent la
propagation du VIH. En fait, l’interaction IST et VIH est beaucoup plus
complexe que cela :
certaines IST favorisent la transmission du VIH ;
la présence du VIH peut rendre les personnes plus sensibles
aux IST ;
la présence du VIH aggrave certaines IST et augmente leur résistance
au traitement.
Quelles sont les IST qui semblent faciliter la transmission du VIH ?
Une personne ayant des lésions ouvertes dans la région génitale est plus
exposée à la fois à contracter et à transmettre le VIH. Le chancre mou et la
syphilis sont les causes bactériennes principales : en diagnostiquant et en
traitant rapidement, on peut réduire cette interaction.
L’herpès génital favorise également la transmission du VIH :
« Il y a des raisons de penser que l’herpès génital – une infection virale
incurable dans laquelle les malades ont des ulcères génitaux à répétition
- pourrait jouer un rôle plus important dans la propagation du VIH qu’on
ne le pensait jusqu’ici ...
Dans les pays nantis, l’herpès génital – infection par le virus de l’
herpès simplex de type 2 (HSV-2) – est la principale cause d’ulcères
génitaux bien que les taux soient faibles. Le HSV-2 se trouve dorénavant
dans la même position en Afrique sub-saharienne ….. Un ulcère dans
la région génitale est la « porte ouverte » à l’infection par le VIH…
Malheureusement, l’infection à HSV-2 dure toute la vie et n’est pas
guérissable. .. La meilleure manière de réduire les risques de VIH et
de HSV-2, qui augmentent de manière exponentielle, est d’intensifier
les efforts consentis pour les éviter tous les deux, notamment en
augmentant l’utilisation du préservatif. »
Rapport sur l’épidémie mondiale du SIDA. ONUSIDA, juin 2000,
p. 71–72
Organisation mondiale de la Santé 31
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
L’infection à chlamydia, la gonorrhée et la trichomonase peuvent également
faciliter la transmission du VIH pour l’une ou plusieurs des raisons suivantes :
ces maladies qui ne causent pas d’ulcères, stimulent le système
immunitaire qui produit plus de globules blancs, lesquels constituent à la
fois une cible et une source du VIH ;
l’inflammation génitale associée à ces IST peut causer des coupures
microscopiques dans les tissus génitaux permettant au VIH de pénétrer
dans le corps.
Le VIH augmente la probabilité de contracter d’autres IST
Il est aussi vrai que les personnes infectées par le VIH sont plus vulnérables
à d’autres infections multiples. Les modifications dans leur corps les rendent
plus vulnérables aux infections en général.
Le VIH aggrave les IST et augmente leur résistance aux traitements
L’ampleur et la résistance des IST aux traitements sont accrues par la
présence d’une infection par le VIH.
« Il existe une autre relation entre le VIH et les autres MST … à savoir
la modification de l’histoire naturelle d’une IST chez un individu qui
présente également l’immuno-déficience associée au VIH. La gravité
des manifestations peut s’en trouver accrue, l’infectuosité prolongée et
augmentée, et la réaction aux traitements classiques diminuée. »
Les maladies sexuellement transmissibles : politiques et principes
de prévention des soins, ONUSIDA/OMS 1999.
32 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Les liens entre le VIH et les autres IST sont resumés dans la Figure 4
ci-dessous.
Immunité diminuée
Fréquence, histoire
naturelle et susceptibilité
modifiées
Co-facteur-HIV
STI HIV
Rapports sexuels
non protégés
Figure 4 : l’interaction IST et infection par le VIH
Le lien supplémentaire et évident entre les IST et le VIH est
comportemental : des relations sexuelles non protégées exposent les
individus à la fois au VIH et aux autres IST.
De même, l’utilisation régulière de préservatifs peut PRÉVENIR les deux
types d’infections.
Organisation mondiale de la Santé 33
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Veuillez revoir cette section importante en répondant aux questions
suivantes.
Questions
3. Etant donné que de nombreux individus présentent des infections
asymptomatiques, comment pouvez-vous, vous et vos collègues, les atteindre et
les traiter si vous voulez soigner les IST efficacement ?
4. Quelles sont les IST qui facilitent le plus la transmission du VIH ?
5. Même les IST qui ne causent pas d’ulcère peuvent augmenter le risque de
transmission du VIH. Comment est-ce possible ?
6. Comment l’infection par le VIH affecte-t-elle la transmission d’autres IST ?
Voir page 51 et comparez vos réponses aux nôtres.
34 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Résumé
Ayant terminé cette longue section, vous admettrez que les IST font peser un
lourd fardeau, non seulement sur les individus et leur famille, mais aussi sur
les services de santé et la société elle-même, pour les raisons suivantes :
chez les personnes souffrant d’une IST non traitée, les complications et
les séquelles peuvent être dévastatrices ;
dans la plupart des pays, on ne signale pas tous les cas d’IST, pour un
certain nombre de raisons. Le nombre de cas est peut-être de beaucoup
supérieur à celui qu’on enregistre ;
les IST se propagent rapidement parmi les individus qui ont des
rapports sexuels non protégés avec de nombreux partenaires. Dans
les pays où les rapports sexuels tarifés sont l’une des seules activités
économiques accessibles aux femmes, un nombre encore plus grand
d’entre elles est exposé au risque d’infection ;
les IST ont des répercussions sur la grossesse et sur l’accouchement et
peuvent entraîner une mortalité et une morbidité néonatale
accrues ;
les IST sont liées à la propagation du VIH/SIDA. Il existe un lien étroit
entre le fait d’avoir une IST et de devenir séro-positif au VIH. L’infection
par le VIH peut rendre les individus plus vulnérables aux autres IST – et
augmenter la résistance d’autres IST aux traitements.
Organisation mondiale de la Santé 35
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 9
A la fin de ce module, on vous demandera de présenter les données statistiques de votre
région à vos collègues. En attendant, vous pouvez étudier les questions
ci-dessous. Notez vos idées et discutez-les avec vos collègues.
D’après vos connaissances, quelles sont les répercussions des IST sur les individus et leur
famille dans votre région ?
Quelles sont les attitudes des personnels soignants et de la communauté envers les
personnes atteintes d’IST ?
A quels services, modernes ou traditionnels, les gens de votre région auront-ils
recours ? Pourquoi ?
Qu’arrive-t-il aux femmes devenues stériles à cause d’une IST ?
Dans quelle mesure les gens de votre région sont-ils sensibles au plaidoyer en faveur d’un
comportement sexuel sans risque et connaissent-ils les causes des IST, y compris le VIH ?
36 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
3 : Le défi que représente la lutte contre
les IST
Les objectifs de la prévention et du traitement des IST sont de réduire la
prévalence des IST en stoppant leur transmission, réduisant la durée de
l’infection et évitant le développement des complications chez les individus
infectés.
Un grand nombre de facteurs rendent la lutte contre les IST difficile.
Cette section vous permettra de :
résumer les nombreux facteurs biologiques, comportementaux, et ceux
inhérents au système de santé, qui rendent la lutte contre la propagation
des IST si difficile ;
identifier un certain nombre de moyens de prévention à la fois primaires
et secondaires qui permettent d’éviter la transmission des IST ;
énumérer les six composantes des soins de santé généraux concernant
les IST.
Organisation mondiale de la Santé 37
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 10
Qu’est ce qui rend la lutte contre les IST si difficile ? Revoyez ce que vous avez lu jusqu’ici
et énumérez autant de facteurs que vous le pourrez.
Comparez vos notes avec ce qui suit.
38 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Pourquoi est-il si difficile de lutter contre la propagation des
IST ?
En fait, on doit relever de nombreux défis :
les facteurs inhérents au système de santé ;
les facteurs biologiques ;
les facteurs sociaux et comportementaux.
Les défis posés par le système de santé
Ils peuvent comprendre plusieurs facteurs tels que les suivants.
Les services de santé capables de poser un diagnostic et de traiter les
IST peuvent être :
– indisponibles ou trop éloignés ;
– trop chers ;
– considérés comme stigmatisant pour ceux qui s’y rendent.
On ne met peut-être pas assez l’accent sur les efforts pédagogiques et
autres pour prévenir l’infection ;
Les services spécialisés dans le traitement des IST ne sont peut-
être pas accessibles au patient lors de sa première visite. Une moitié
seulement des patients venus consulter une première fois reçoit un
traitement ;1
Les services de santé peuvent ne pas être en mesure de fournir les
médicaments efficaces, souvent à cause de leur prix. En raison d’une
résistance accrue aux médicaments dans de nombreuses régions, on
doit utiliser des médicaments toujours plus onéreux pour continuer à
lutter efficacement.
Le problème du coût peut être déterminant et tourner les patients vers des
prestataires de soins alternatifs. Même les services de santé privés peuvent
être considérés comme onéreux :
« La demande de nombreux services de soins de santé dans les pays
en voie de développement, y compris le traitement des IST, dépend
de façon significative, de leur coût. Bien que ces services soient très
appréciés, la dépense même minime peut être dissuasive ...
1.
Moses S, Ngugi EN, Bradley JE, et al. Health care seeking behaviour related to the transmission of
sexually transmitted diseases in Kenya. American Journal of Public Health, 1994, 84:1947–1951.
Organisation mondiale de la Santé 39
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Parce que les coûts des services de santé du secteur privé sont souvent
prohibitifs, le secteur privé informel peut être la seule ressource qui
s’offre à eux ».
Moses, S. Sexually transmitted disease care services in developing
countries. Improving quality and access. Sexually Transmitted
Diseases, 2000. 27(8): p.465–467.
Facteurs biologiques
Nous avons vu plus haut que 70 à 80 % des femmes infectées ne
présentent pas de symptôme et de ce fait, ne se font pas soigner. Cela
concerne également une minorité non négligeable d’hommes. Ces individus
continueront à être infectés, risqueront des complications et peut-être
infecteront d’autres personnes.
Facteurs sociaux
Les facteurs sociaux à considérer sont nombreux.
Un manque d’empressement à se faire soigner. A cela plusieurs raisons
dont l’ignorance, l’embarras ou la culpabilité ;
L’ignorance ou la mauvaise information. On retrouve ces obstacles
puissants dans toutes les tranches d’âge et toutes les classes sociales
et sont très répandus chez les adolescents et les jeunes – ceux-là
mêmes qui sont sensés être les plus sexuellement actifs ;
Les pratiques sexuelles enracinées dans la vie quotidienne des
individus et de leur communauté ;
Une préférence pour les prestataires de soins alternatifs comme les
guérisseurs traditionnels ;
Une réticence à adopter un comportement sexuel sans risque pour
toute une variété de raisons dont :
– la méconnaissance des pratiques sexuelles sans risque ;
– l’aversion pour les préservatifs.
La stigmatisation sociale associée aux IST. Ce qui entraîne les gens à
cacher ce qu’ils pensent honteux, et ainsi ne pas se faire soigner ;
L’échec de l’observance du traitement prescrit pour un certain nombre
de raisons dont :
40 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
- le traitement complet s’étend sur de trop nombreux jours ;
- la disparition des symptômes faisant croire à l’individu que
l’infection est guérie et qu’il peut économiser les médicaments
pour une autre occasion ou une autre personne.
La difficulté de prévenir son partenaire par peur, embarras ou
méconnaissance des conséquences.
Activité 11
Veuillez noter;
a) Tous les facteurs rendant la lutte contre les IST difficile, qui s’appliquent aux
patients de votre région.
b) Tout autre facteur existant dans votre région et que nous n’avons pas inclus
dans notre liste.
Organisation mondiale de la Santé 41
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Qu’est ce qui peut donc être fait pour lutter contre les IST ?
Activité 12
Que pouvons-nous faire pour lutter contre les IST ? Lisez la liste des facteurs que vous
avez énumérés et essayez de trouver comment les surmonter.
Toutes les IST, y compris le VIH sont évitables. La prévention peut être
primaire ou secondaire :
la prévention primaire consiste à éviter que les individus soient
infectés par une IST ou par le VIH ;
la prévention secondaire consiste en la fourniture de traitement et
de soins aux personnes infectées pour éviter toute transmission de
l’infection aux autres.
Prévention primaire
Adopter un comportement sexuel plus sûr et ne s’engager que dans des
actes sexuels à moindre risque.
Un comportement sexuel plus sûr implique de :
s’abstenir de toute relation sexuelle ;
retarder l’âge du premier rapport ;
rester réciproquement monogame toute sa vie.
Des actes sexuels à moindre risque impliquent de :
ne s’engager que dans des rapports sexuels sans pénétration :
masturbation mutuelle et caresses corporelles ;
42 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
ne s’engager dans des rapports sexuels avec pénétration que si l’on
utilise des préservatifs (masculins ou féminins). Les actes sexuels avec
pénétration incluent les rapports sexuels vaginaux, oraux et anaux.
Prévention secondaire
Elle peut se faire par :
la promotion d’une attitude de recherche de soins par :
– des campagnes d’éducation du public ;
– l’ouverture d’établissements de santé non stigmatisants ni
discriminatoires ;
– la fourniture de soins de qualité ;
– l’assurance d’un réapprovisionnement régulier en médicaments
efficaces ;
– l’assurance d’un réapprovisionnement régulier en préservatifs ;
le traitement rapide et efficace des individus atteints d’IST :
– la prise en charge générale des syndromes des IST ;
– la formation des prestataires de services pour la prise en
charge des cas ;
le dépistage des cas :
– l’examen des femmes présentant de légers symptômes
lorsqu’elles viennent au centre de santé dans les services de
santé maternelle et infantile et de planification familiale ;
– la notification au partenaire et son traitement ;
– l’éducation, le dépistage et le traitement des groupes de
population cibles qui peuvent s’exposer aux risques d’infection,
comme les professionnel(le)s du sexe, les chauffeurs routiers,
les militaires, et les jeunes, à la fois scolarisés et déscolarisés.
Intégration des services prenant en charge les IST dans les soins de
santé primaires
Pour améliorer l’accessibilité des soins, les personnes atteintes d’IST ne
devraient pas avoir besoin de se rendre dans un centre spécialisé dans le
traitement des IST. On devrait pouvoir traiter les IST dans tous les centres de
santé du pays.
Il est possible d’intégrer le traitement des IST dans le système de santé
primaire – les centres de soins de santé primaires, de soins maternels et
infantiles et les centres de planification familiale – par une prise en charge
syndromique des IST. Cela signifie que les prestataires de santé sont formés
à reconnaître les syndromes des IST et à offrir aux patients des soins de
santé complets.
Organisation mondiale de la Santé 43
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Pour prendre en charge des infections sexuellement transmissibles et les
infections de l’appareil reproducteur (IST/IAR) dans des services de santé
génésique (par ex. de santé prénatale et de planification familiale, etc …),
il faudra adapter ces derniers de façon appropriée. Pour ce faire, on pourra
consulter des outils comme les Guides des pratiques essentielles pour le
traitement des IAR, la planification familiale, etc.
Voici les six grandes composantes des soins complets dans la prise en
charge des IST :
poser un diagnostic correct ;
fournir le traitement antimicrobien correct correspondant au syndrome
d’IST ;
informer sur la nature de l’infection, et éduquer en ce qui concerne les
comportements sexuels à moindre risque, les pratiques sexuelles sans
risque et la réduction des risques afin de prévenir et de diminuer les
comportements futurs dangereux ;
s’expliquer sur l’observance du traitement ;
démontrer une utilisation correcte des préservatifs et les mettre à
disposition ;
conseiller sur le traitement des partenaires et donner au patient une
fiche d’orientation du partenaire pour qu’il la transmette à son, sa ou ses
partenaire(s).
La prise en charge syndromique des IST rassemble toutes ces
composantes pour offrir des soins complets et intégrés pour le
traitement des IST.
Important
Intégrer les services de prise en charge des IST ne veut pas dire se
passer des cliniques spécialisées dans le traitement des IST. Ces cliniques
spécialisées (ou centre de santé génito-urinaire, CGU) devraient être
utilisées comme centre de référence pour le traitement de cas difficiles
où des personnels particulièrement qualifiés pourraient consacrer plus
de temps aux patients transférés. L’autre spécialité des CGU serait la
formation des personnels de santé et la recherche en laboratoire sur les
schémas de résistance et la répartition des pathologies, etc. Bien sûr,
dans certaines circonstances, s’il est le centre de santé le plus proche
par exemple, le CGU peut fonctionner comme centre de soins de santé
primaires pour certains patients.
44 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Activité 13
Réfléchissez à ces questions :
Quels services sont actuellement disponibles dans votre centre de santé,
ou pas trop éloignés ?
Quand les patients atteints d’IST peuvent-ils se rendre dans ces services ?
Quelles composantes de la prise en charge des IST votre centre de santé
offre-t-il actuellement aux patients infectés ?
Organisation mondiale de la Santé 45
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Récapitulatif
Ce premier module vous a sensibilisé à l’ampleur du problème que posent
les IST, à la fois dans le monde entier et peut-être dans votre région ou votre
pays. Vous avez certainement appris ce qui caractérise tout programme
efficace de prise en charge des IST.
Vous devriez maintenant être en mesure de :
identifier le mode de transmission des IST et les facteurs qui en
influencent la transmission ;
expliquer :
– l’ampleur des IST, y compris les aspects qui peuvent masquer
le poids réel du fardeau ;
– les complications graves qui peuvent être provoquées par des
IST non traitées ;
– la relation entre les IST et la propagation du VIH ;
de récapituler les nombreux facteurs biologiques, comportementaux,
ceux inhérents au système de santé, qui rendent la lutte contre les IST
si difficile ;
identifier certaines façons de prévenir la transmission des IST,
concernant à la fois la prévention primaire et la prévention
secondaire ;
énumérer les six composantes des soins de santé complets dans la
prise en charge des IST.
Pour terminer ce premier module, veuillez travailler l’un des projets des
deux pages suivantes. Dans le premier projet vous présenterez les données
statistiques de votre centre de santé/région à vos collègues ou à un groupe
de votre choix. Si vous ne disposez que de peu de données, vous pouvez
choisir le deuxième projet, qui porte sur la collecte de données statistiques.
46 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Projet 1 : Présentation des données statistiques
Si vous disposez de données statistiques concernant votre centre de santé,
votre région ou votre pays, préparez les et présentez les à vos collègues.
Votre présentation devrait durer 5 à 10 minutes.
En préparant votre présentation, réfléchissez aux questions suivantes.
Si des données de même catégorie ont été collectées pendant plusieurs
années, pouvez-vous distinguer certaines tendances ?
Si vous disposez de données concernant des zones géographiques
différentes, quelles comparaisons pouvez-vous faire ?
Dans quelle mesure les données disponibles reflètent-elles l’ampleur
réelle des IST parmi la population ou les groupes d’hommes, de
femmes, d’adolescents ou par tranche d’âge et statut social ?
Organisation mondiale de la Santé 47
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Projet 2 : Collecte de données statistiques
Après avoir étudié un certain nombre de statistiques mondiales sur les IST et
le VIH (leur fréquence et leur répartition), il serait utile d’en apprendre un peu
plus sur les statistiques disponibles concernant votre pays, votre région ou
votre communauté.
Votre formateur peut vous demander de vous joindre à un groupe d’étude
pour travailler à ce projet.
Si vous ne pouvez pas le faire, veuillez discuter de vos conclusions avec vos
collègues et votre superviseur. Celui-ci peut être en mesure de vous faciliter
l’accès à tous les rapports et statistiques disponibles.
Le projet se compose de trois activités : recueillir l’information, l’interpréter, et
en tirer des conclusions.
Recueillir l’information
Réfléchissez au type d’information qui serait utile d’avoir au sujet des
IST dans votre pays, votre région, et pour quelle raison.
Recueillez les informations disponibles sur les IST et le VIH dans votre
pays, région ou communauté. Contactez votre service de santé local
pour connaître les statistiques qu’il possède sur les individus qui s’y
font soigner pour une IST, et demandez si des enquêtes spéciales
utilisant des tests de laboratoire, ont été effectuées (votre tuteur ou
superviseur peut vous aider pour ce qui est des statistiques ou autre
type d’information).
Rassemblez toutes les estimations concernant les IST ou le VIH en plus
des statistiques ou peut-être en l’absence de statistiques.
Interpréter l’information
Selon les informations que vous avez collectées, qui court le plus grand
risque de contracter une IST ? Y a-t-il des groupes plus exposés que
d’autres ?
Dans quelle mesure ces informations sont-elles utiles ?
Dans quelle mesure pouvez-vous considérer ces statistiques (ou
estimations) comme exactes ?
Dans quelle mesure ces statistiques pourraient ne pas tenir compte des
femmes, et pourquoi ?
48 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Tirer des conclusions
Présenter les informations recueillies sous forme de graphiques ou de
tableaux simples.
Faire une liste des conclusions que vous pouvez tirer des informations
recueillies.
Organisation mondiale de la Santé 49
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Réponses
1. Il n’y a pas de réponses simples à ces questions. Le rôle premier
du prestataire de services de santé est d’assurer une bonne santé.
Obligation lui est faite de soigner Flora. Le fait que l’enfant a été abusée
sexuellement est préoccupant et on doit y faire face, mais l’infirmière ne
peut pas avertir la police. Elle pourrait cependant, témoigner que Flora
souffre d’une infection sexuellement transmissible. Une autre personne
doit porter plainte. Cela devrait être les parents. Si vous êtes confronté
à un cas similaire dans votre travail quotidien, efforcez-vous de vous
renseigner sur les dispositions juridiques vous permettant de gérer une
telle situation.
Dans ce cas présent, l’infirmière a adressé à la fois la mère et l’enfant à
un travailleur social pour une discussion et un conseil plus approfondis.
Cette étude de cas nous enseigne plusieurs leçons. Premièrement,
l’abus sexuel peut avoir lieu au domicile de l’enfant, et est souvent
perpétré par un proche parent. Vous devez garder ce fait à l’esprit.
Deuxièmement, la communication, la confidentialité et la formation
jouent un rôle important pour connaître toute la vérité, même avec
de très jeunes enfants. Troisièmement, l’abus sexuel et les infections
sexuellement transmissibles soulèvent des problèmes culturels,
juridiques, et de droit de la personne. Plus encore, l’infection peut être le
seul révélateur d’un abus sexuel qui, peut-être, dure depuis un certain
temps. Nous sommes persuadés que ce cas peut encore enseigner
d’autres leçons.
2. Le médecin a diagnostiqué une infection à T. vaginalis. Suivant la
méthode syndromique, on devrait traiter l’écoulement vaginal comme un
syndrome et le traitement devrait couvrir les organismes qui pourraient
être la cause de ce syndrome. Il varie d’un endroit à l’autre en fonction
de la situation épidémiologique. Dans la situation qui vous concerne, le
médecin s’est-il conformé à l’algorithme recommandé pour ce
syndrome ?
Le médecin pourrait donner une dose unique de métronidazole
à prendre immédiatement, mais cette dose de 2 g provoquera
probablement des nausées et des vomissements. On peut aussi
traiter la gonorrhée et l’infection à chlamydia en administrant de la
ciprofloxacine et de l’azithromycine, mais ce traitement risque d’être trop
cher pour Yaksha.
La question de l’implication parentale ou de celle d’un tuteur quand
on soigne un mineur revient régulièrement. Légalement, les mineurs
50 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
doivent être accompagnés d’un tuteur qui prendra les décisions en
leur nom. Cependant, en raison de la nature des IST et de leurs
conséquences néfastes, les médecins décident souvent de soigner leurs
patients pour leur éviter des séquelles et des souffrances à long terme.
Quelle est la situation autour de vous ?
En fait, dans ce cas, le médecin prit facilement sa décision. Le petit
ami accepta de se faire examiner et il n’avait ni gonorrhée ni infection
à chlamydia. Il aida également Yaksha à acheter la dose unique de
métronidazole. Yaksha a eu vraisemblablement une infection cervicale,
si toutefois elle a dit la vérité sur ses activités sexuelles.
3. Confronter le problème des IST asymptomatiques est peut-être le plus
grand défi posé par le traitement des IST. On a essayé ou envisagé
plusieurs méthodes selon les différents contextes :
a) améliorer les capacités des patients à détecter des symptômes
anormaux qui pourraient suggérer une IST, et les amener à se
faire contrôler plus rapidement ;
b) leur faire prendre plus amplement conscience des risques
comportementaux et les encourager à venir effectuer un
contrôle quand ils pensent avoir été infectés (même si certains
peuvent s’affoler et venir se faire soigner lorsque cela n’est pas
nécessaire) ;
c) administrer des soins réguliers et périodiques aux groupes
à haut risque pour les amener à utiliser plus volontiers
les services de prévention des IST. Par exemple, les
professionnel(le)s du sexe se rendant deux fois par mois dans
un centre de santé qu’ils ou elles aient ou non des symptômes
d’IST ;
d) administrer des traitements prophylactiques sélectifs de
masse des IST aux groupes de population à haut risque
comportemental. Par exemple, la fourniture régulière et
périodique de traitements contre la syphilis, le chancre mou
et l’infection à chlamydia. Cette approche expérimentale,
essayée dans quelques pays comme la Zambie, le Zimbabwe,
l’Afrique du Sud et la Côte d’Ivoire, est connue sous le nom de
Traitement Périodique de Présomption (TPP) ;
e) étant donné que la prise en charge syndromique ne fait pas
appel aux laboratoires, traiter préventivement les partenaires
féminines d’hommes souffrant d’urétrite ou d’ulcères génitaux,
même si elles ne présentent aucun symptôme. De cette
façon, renforcer la notification au partenaire en impliquant les
hommes peut être une stratégie pour lutter contre les infections
asymptomatiques.
Organisation mondiale de la Santé 51
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
4. Bravo si vous vous souvenez que les IST provoquant des ulcérations
– la syphilis et le chancre mou – facilitent la transmission du VIH. A
cette liste, vous pouvez ajouter l’herpès génital et pour des raisons
différentes, la gonorrhée, l’infection à chlamydia et la trichomonase.
Souvenez-vous que ce programme syndromique ne couvre pas
l’herpès, qui comme virus, ne peut être guéri. Cependant, vous devez
toujours encourager les patients infectés par ce virus, à éviter tout
rapport sexuel lorsqu’ils présentent des signes de lésion cutanée liés au
virus.
5. Nous avons suggéré deux raisons possibles qui expliquent pourquoi
certaines IST, ne provoquant pas d’ulcère (gonorrhée, infection à
chlamydia et trichomonase) augmentent, le risque de transmission du
VIH :
a) la présence de virus ou de bactéries des IST dans le conduit
vaginal stimule le système immunitaire du corps et augmente
le nombre de globules blancs – qui sont à la fois la cible et la
source du VIH ;
b) l’inflammation génitale peut causer de microscopiques
coupures qui permettent au VIH de pénétrer dans le corps.
6. L’infection par le VIH peut influencer la transmission des IST de deux
façons : en rendant les individus plus vulnérables aux IST et en
renforçant la résistance des IST aux traitements.
52 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Annexe 1
Agents pathogènes sexuellement transmissibles les plus courants
et leur présentation clinique
Maladie Agent pathogène Symptômes et signes
Infections bactériennes
Gonorrhée Neisseria Gonorrhoeae Ecoulement urétral : cervicite et douleurs
abdominales basses chez les femmes ;
conjonctivite du nouveau-né. Peut être
asymptomatique
Infection à chlamydia Chlamydia trachomatis Ecoulement urétral : cervicite et douleurs
abdominales basses chez les femmes ;
conjonctivite du nouveau-né. Peut être
asymptomatique
Syphilis Treponema pallidum Ulcères ano-génitaux (chancre) ;
tuméfaction inguinale ; prurit généralisé
Chancre mou Haemophilis ducreyi Ulcères génitaux avec tuméfaction
inguinale (bubon) dans la plupart des cas
Granulome inguinal ou Klebsiella *RQÀHPHQWVQRGXODLUHVHWOpVLRQV
donovanose (Calymmatobacterium) ulcératives dans les régions inguinale et
granulomatis ano-génitale
Infections virales
Syndrome de 9LUXVGHO¶LPPXQRGp¿FLHQFH Asymptomatique : tuméfaction des
O¶LPPXQRGp¿FLHQFH humaine (VIH) JDQJOLRQVO\PSKDWLTXHV¿qYUHSHUVLVWDQWH
acquise (SIDA) éruption cutanée, perte de poids, etc.
Herpès génital Virus de l’herpès simplex type Lésions vésiculaires et ulcérations ano-
2 (HSV-2) génitales
Condylomes génitaux Virus du papillome humain &RQG\ORPHVERXUVRXÀpVDQRJpQLWDX[
(VPH) condylomes cervicaux ; cancer du col chez
les femmes
Hépatite virale Virus de l’hépatite B (VHB) Principalement asymptomatique ; nausées
et malaise ; hypertrophie du foie ; jaunisse
Infection à Cytomégalovirus (CMV) Fièvre infraclinique ; tuméfaction diffuse
cytomégalovirus des ganglions lymphatiques ; maladies
hépatiques
Molluscum contagiosum Virus du molluscum Nodules cutanés génitaux ou ombiliqués
contagiosum (MCV) généralisés
Autres
Trichomonase Trichomonas vaginalis Asymptomatique ; écoulement vaginal
mousseux abondant
Candidose Candida albicans Ecoulement vaginal épais ; démangeaisons
et brûlures vulvaires
Organisation mondiale de la Santé 53
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Bibliographie
Page
18 (Figures 1 et 2) Global prevalence and incidence of selected curable
STI, Overview and Estimates. OMS, Genève, 2001.
19 Les maladies sexuellement transmissibles : politiques et principes de
prévention et de soins, ONUSIDA/OMS, Genève, 1999.
21 Moses, S. Sexually transmitted disease care services in developing
countries. Improving quality and access. Sexually Transmitted
Diseases, 2000, 27(8) : 465–467.
22 Lutte contre les MST : mesures de santé publique. Actualisation.
ONUSIDA, mai 1998.
29 Rapport sur l’épidemie mondiale du SIDA. ONUSIDA.
Genève, 2000.
29 (Figure 3) AIDS Epidemic Update. ONUSIDA/OMS, Gèneve, 2005.
31 Rapport sur l’épidemie mondiale du SIDA. ONUSIDA.
Genève, 2000.
32 Les maladies sexuellement transmissibles : politiques et principes de
prévention et de soins. ONUSIDA/OMS, Genève, 1999.
39 Moses, S. Sexually transmitted disease care services in developing
countries. Improving quality and access. Sexually Transmitted
Diseases, 2000, 27(8) : 465–467.
54 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Glossaire
Algorithme Schéma illustrant les différentes étapes à franchir pour
accomplir une tâche
Antibiotique Substance produite par un micro-organisme et qui en
neutralise ou détruit un autre
Antimicrobien Agent qui détruit les micro-organismes ou bloque leur
développement et leur multiplication
Col Partie inférieure de l’utérus qui dépasse dans le vagin
Complication Maladie secondaire ou condition pouvant survenir si la
maladie primaire n’est pas traitée
Conjonctivite du Conjonctivite se manifestant chez des nourrissons de moins
nouveau-né d’un mois, généralement causée par la gonorrhée ou
l’infection à chlamydia
Conjonctivite Inflammation de la muqueuse des yeux et des paupières
Epidémie Déclenchement d’une maladie qui touche une grande partie
de la population au même moment
Epidémiologie Etude de l’incidence, de la répartition et des causes d’une
infection ou d’une maladie dans une population
Epydidyme Canal mince et allongé, situé sur la bordure postérieure des
testicules, où les spermatozoïdes s’agglomèrent, transitent et
arrivent à maturité
Grossesse extra-utérine Condition potentiellement mortelle causée par une grossesse
qui se développe hors de l’utérus (habituellement dans les
trompes de Fallope)
Histoire naturelle d’une Cours que suit une maladie si elle n’est pas traitée
maladie (l’histoire naturelle des IST varie d’une maladie à l’autre
par exemple, le chancre mou finit par guérir tout seul,
tandis que la syphilis non traitée peut se propager à d’autres
organes et provoquer des complications, même après des
années)
Prénatal Période comprise entre la date de la conception et la
naissance
Organisation mondiale de la Santé 55
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Prise en charge Prise en charge d’un patient en utilisant un syndrome
syndromique (groupe consistant de symptômes et de signes facilement
identifiables) comme base du traitement des organismes
responsables de la maladie
Sac amniotique (amnios) Membranes qui renferment le liquide amniotique et le fœtus
dans l’utérus
SIDA Syndrome de l’immunodéficience acquise provoqué par le
virus de l’immunodéficience humaine
Signe(s) Indication de la présence d’une maladie ou toute
manifestation d’une maladie qui peut être observée à
l’examen par un prestataire de soins
Susceptibilité à l’infection Degré de résistance que le corps oppose à une infection
(par ex. une faible résistance signifie que le patient est très
susceptible)
Symptôme(s) Toute observation subjective ou toute perception d’une
maladie ou d’une condition chez un patient
Syndrome Ensemble de signes et symptômes attestant de la présence
d’une maladie identifiable, par ex. un écoulement urétral
Syphilis congénitale Syphilis transmise de la mère à l’enfant pendant la grossesse
Traitement périodique Traitement administré régulièrement fondé sur une opinion
présomptif plutôt que sur une certitude absolue
Transmission verticale Infection allant de la mère au foetus (ou à l’enfant) pendant la
grossesse, l’accouchement ou l’allaitement au sein
Trompes de Fallope Conduits qui permettent le passage des ovules, des ovaires
vers l’utérus
Urètre Canal permettant le passage de l’urine s’écoulant de la
vessie
56 Organisation mondiale de la Santé
Introduction à la prévention et à la lutte contre les IST
Acronymes
CGU centre de santé génito-urinaire
CMV cytomégalovirus
CSP centre de soins de santé primaires
HSV2 virus de l’herpès simplex type 2
IAR infection de l’appareil reproducteur
IST infection sexuellement transmissible
MST maladie sexuellement transmissible
MSV molluscum contagiosum virus
OMS Organisation mondiale de la Santé
ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
SIP syndrome inflammatoire pelvien
TPP traitement périodique présomptif
VHB virus de l’hépatite B
VPH virus du papillome humain
Organisation mondiale de la Santé 57
ISBN 978 92 4 259340 2