Intégrale de Dirichlet et méthodes de calcul
Intégrale de Dirichlet et méthodes de calcul
2021/2022
Préparation 01
Problème 1 : Calculs de l’intégrale de Dirichlet
R +∞ sin(t)
Partie 0 : Convergence et intégrabilité de 0 t dt
1. C’est un exemple du cours : soient ε et X tels que 0 < ε < X; j’intègre par parties :
Z X X Z X
sin t 1 1 − cos t
dt = (1 − cos t) + dt
ε t t ε ε t2
Comme les fonctions intégrées se prolongent par continuité en 0 , j’obtiens lorsque ε tend vers 0
Z X Z X
sin t 1 − cos X 1 − cos t
dt = + dt
0 t X 0 t2
1−cos X 1−cos t
Or X −→ 0 et la fonction t 7→ (prolongée par continuité en 0 ) est intégrable sur R+ (car
t2
X→+∞
continue par morceaux sur R+ , à valeurs positives, et O t12 au voisinage de +∞ ). En conclusion
Z X
1 − cos t
Z
sin t
lim dt = dt,
X→+∞ 0 t R+ t2
ce qui donne un sens à l’intégrale impropre
Z +∞
sin t
F = dt
0 t
∗
2. a) Soit n ∈ N Pour t ∈ [nπ, (n + 1)π], on a
1 1
>
t (n + 1)π
Intégrant cette inégalité et utilisant la π-périodicité de | sin t|, on en déduit que
Z (n+1)π Z (n+1)π Z π
| sin t| | sin t| 1 2
dt > dt = | sin t|dt =
nπ t nπ (n + 1)π (n + 1)π 0 (n + 1)π
donc Z (n+1)π
2
un = |ϕ(t)|dt >
nπ (n + 1)π
b) En sommant ces intégrales pour k allant de 1 à n, et par la relation de Chasles, on trouve
Z (n+1)π n
| sin t| X 2
dt >
1 t (k + 1)π
k=0
n
X 2 X 2
Puisque la suite diverge vers +∞ car la série diverge, on en déduit que
(k + 1)π (n + 1)π
k=1
(n+1)π
| sin t|
Z
dt → +∞
1 t
+∞
| sin t|
Z
Ceci reprouve la divergence de l’intégrale dt . par suite ϕ n’est pas intégrable sur [0, +∞[.
1 t
1
Partie 1 : 1er méthode par Lemme de Riemann-Lebesgue
1 1 t − sin(t) t3 /6 t
− =
ψ(t) = ∼ 2 = .
sin(t) t t sin(t) t 6
π
Il en résulte que lim ψ(t) = 0. Ainsi, la fonction ϕ est continue sur 0, 2 en posant ψ(0) = 0.
t→0
π
d) Compte tenu de l’égalité In = 2, puis en posant u = (2n + 1)t, il vient maintenant :
Z π/2 Z π/2
1 1
ψ(t) sin((2n + 1)t)dt = − sin((2n + 1)t)dt
0 0 sin(t) t
Z π/2 Z π/2
sin((2n + 1)t) sin((2n + 1)t)
= dt − dt
0 sin(t) 0 t
Z (2n+1)π/2
π sin(u)
= − du
2 0 u
2. Lemme de
Riemann-Lebesgue pour les fonctions de classe C 1 : On considère une fonction g de classe C 1 du
π
segment 0, 2 dans R. À tout entier naturel n, on associe l’intégrale suivante :
Z π/2
un = g(t) sin((2n + 1)t)dt
0
a) Puisque g est de classe C 1 sur le segment 0, π2 , une intégration par parties donne :
Z π/2 π Z π/2
cos((2n + 1)t) 2 cos((2n + 1)t)
g(t) sin((2n + 1)t)dt = −g(t) + g 0 (t) dt
0 2n + 1 0 0 2n + 1
Il en résulte que :
Z π/2
g(0) 1
un = + g 0 (t) cos((2n + 1)t)dt
2n + 1 2n + 1 0
D’après cette majoration, cette intégrale tend donc vers 0 quand n tend vers +∞. Ainsi, un est somme
de deux termes qui tendent vers 0 , et tend vers 0 .
c) En
πadmettant
(ce qu’un calcul simple permettrait de vérifier) que la fonction ψ est C 1 sur le segment
0, 2 , on obtient donc :
Z π/2
lim un = lim ψ(t) sin((2n + 1)t)dt = 0.
n→+∞ n→+∞ 0
2
En remplaçant un par son expression obtenue, on a donc :
Z (2n+1)π/2
π sin(u)
− lim du = 0.
2 n→+∞ 0 u
sin(xt) 1 |x| a
|f (x, t)| = · 2 6 2 6 2 ∈ L1 (R+ )
t t +1 t +1 t +1
vu la régularité de f le théorème de continuité des intégrales à paramètres assure que F ∈ C 0 ([−a, a]), et ceci
pour tout a > 0 : F est donc continue sur R.
cos(xt)
de plus ∂x f (x, t) = 2 , on a donc pour tout x ∈ R et t ∈ R+
t +1
cos(xt) 1
|∂x f (x, t)| = 6 2 ∈ L(R),
t2 + 1 t +1
R +∞ cos(xt)
par le théorème de dérivation des intégrales à paramètres, F ∈ C 1 (R) et F 0 (x) = 0 t2 +1 dt.
4. a) Par une intégration par parties, on a pour tout x ∈ R? :
Z +∞ ∞ Z +∞
cos(xt) sin(xt) 2t sin(xt)
F 0 (x) = 2
dt = 2
+ 2 dt
0 t +1 x (t + 1) 0 0 x (t2 + 1)
Z +∞
2t sin(xt)
= 2 dt.
0 x (t2 + 1)
Ainsi, pour x 6= 0 on a Z +∞ Z +∞
cos(xt) 2t sin(xt)
F 0 (x) = dt = 2 dt
0 t2 + 1 0 x (t2 + 1)
b) Sous cette seconde forme de F 0 , on va pouvoir appliquer le théorème de dérivation des intégrales à
paramètres, en effet soit a > 0, pour x > a
!
∂ 2t sin(xt) 2t sin(xt) 2t2 cos(xt)
· 2 6 2· 2 + 2
∂x x (t2 + 1) x (t2 + 1) x (t2 + 1)
|2t| 2t2
6 2 + 2 ∈ L1 (R)
a2 (t2 + 1) a (t2 + 1)
on peut donc dériver sous l’intégrale : F est deux fois dérivable sur R? et
Z +∞ !
00 2t sin(xt) 2t2 cos(xt)
F (x) = − 2· + dt, ∀x ∈ R?
0 x (t2 + 1)2 x (t2 + 1)
2
3
c) Par une intégration par parties :
!
Z +∞ 2
2t sin(xt) 2t cos(xt)
F 00 (x) = − 2 · + 2 dt
0 (t2 + 1) x2 x (t2 + 1)
∞ Z +∞
sin(xt) t cos(xt) x cos(xt) cos(xt) − xt sin(xt)
= 2 2 − − − dt
x (t + 1) x (t2 + 1) 0 0 x 2 (t2 + 1) x (t2 + 1)
Z +∞
t sin(xt)
=− dt
0 t2 + 1
Il est intéressant à ce stade d’observer que nous retrouvons finalement la formule
Z +∞ 2
00 ∂
F (x) = 2
f (x, t)dt, x ∈ R?
0 ∂x
mais pour justifier une dérivation sous l’intégrale une transformation de F 0 à été nécessaire
5. Nous avons donc: Z +∞
cos(xt)
F 0 (x) = dt, ∀x ∈ R
0 t2 + 1
Z +∞
t sin(xt)
F 00 (x) = − 2+1
dt, ∀x ∈ R?
0 t
Ainsi, pour tout x ∈ R? ,
Z +∞ Z +∞
sin(xt) t sin(xt)
F (x) − F 00 (x) = dt + dt
0 t (t2 + 1) x (t2 + 1)
( 0
+∞
∀x ∈ R?+
Z
sin(xt) C,
= dt =
0 t −C, ∀x ∈ R?−
soit a + b = −C; de même, F 0 continue à l’origine avec F 0 (0) = π/2 donne a − b = π/2 i.e. 2a = π/2 − C, 2b =
−C − π/2 et finalement
π
F (x) = sh(x) − C ch(x) + C, ∀x ∈ R?+
2
7. Montrons que lim F (x) = C. Soit x > 0,
x→+∞
!
+∞
2t2 cos(xt)
Z
00 2t sin(xt)
F (x) − C = F (x) = − 2· 2 + 2 dt
0 x (t2 + 1) x (t2 + 1)
(on a encore ici besoin de la première expression de F 00 pour conclure facilement) pour x > a > 0, on a la
domination
2t sin(xt) 2t2 cos(xt) 2t 2t2 1
− 2· + 6 + 2 ∈ L (R+ ) .
x (t2 + 1)2 x (t2 + 1)
2
a2 (t2 + 1)
2
a (t2 + 1)
4
Donc par le théorème de la convergence dominée
Z +∞ !
2t sin(xt) 2t2 cos(xt)
lim (F (x) − C) = lim − 2· + dt = 0
x→+∞ 0 x→+∞ x (t2 + 1)2 x (t2 + 1)
2
d’où
lim F (x) = C
x→+∞
8. On a π
lim F (x) = C et F (x) ∼ − C ex + C
x→+∞ +∞ 2
qui donnent Z +∞
sin(t) π
C= dt =
0 t 2
ème
Partie 3 : 3 méthode par la transforme de Laplace
Z +∞
sin(t) −xt
On considère l’application f (x) := e dt.
0 t
Z +∞ Z +∞
−xt sin(t) sin(t)
1. Écrivons f (x) = g(x, t)dt où g(x, t) = e . Pour x = 0, f (0) = dt et nous retrouvons
0 t 0 t
t
l’intégrale de Dirichlet; pour x > 0, comme |g(x, t)| 6 e−xt ∈ L1 (R+ ) , f est encore bien définie : f est
finalement définie sur R+ .
Soit a > 0, nous avons
∂g
|g(x, t)| 6 e−at ∈ L1 (R+ ) et (x, t) = − sin(t)e−xt 6 e−at ∈ L1 (R+ ) .
∂x
De ces deux inégalités, le théorème de continuité et dérivabilité des intégrales à paramètres assure que
f ∈ C 1 R?+ et
Z +∞
∀x ∈ R?+ , f 0 (x) = − sin(t)e−xt dt
0
Limite de f en +∞: pour tout x > 0
Z +∞
1
|f (x)| 6 e−xt dt = → 0
0 x x→+∞
5
Z ∞
sin(u)
3. a) On va faire une intégration par parties : considérons pour t > 0, G(t) = du. G est dérivable
t u
sin(t) R +∞ sin(t)
et G0 (t) = − , en outre la convergence de 0 t dt implique limt→∞ G(t) = 0. Ainsi
t
Z +∞
sin(t) −xt
f (x) − f (0) = e −1
0 t
Z +∞
G0 (t) e−xt − 1
=−
0
Z +∞
∞
= G(t) e−xt − 1 0 − G(t)xe−xt dt
0
Z +∞
=− G(t)xe−xt dt
0
et la fonction (
u
e−u
G x si x 6= 0,
H(x, u) =
0 si x = 0.
est continue sur R+ × R?+ (la continuité en (0, u) découle de limt→∞ G(t) = 0); elle est aussi dominée
par
|H(x, u)| 6 e−u ∈ L1 (R+ ) .
Donc par convergence dominée
Z +∞ Z +∞
lim |f (x) − f (0)| = lim − H(x, u)du = − lim H(x, u)du = 0
x→0+ x→0 0 0 x→0
assurent par convergence dominée que g est continue sur R+ et de classe C 2 sur R?+ avec
∞ ∞ 2 −xt
te−xt
Z Z
0 t e
g (x) = − dt, g 00 (x) = dt, ∀x ∈ R?+
0 t2 + 1 0 t2 + 1
6
On en déduit immédiatement que g 00 (x)+g(x) = 1/x sur R?+ . Pour f c’est un peu plus délicat car l’application
t 7→ f (x, t) est notoirement non absolument intégrable sur R+ et toute domination est veine, on commence
donc par une intégration par parties pour obtenir une expression plus exploitable de f .
Z ∞ ∞ Z ∞ Z ∞
sin(t) 1 − cos(t) 1 − cos(t) 1 − cos(t)
f (x) = dt = + 2
dt = dt
0 t+x t+x 0 0 (t + x) 0 (t + x)2
(afin d’alléger les calculs on a choisi 1 − cos(t) comme primitive de sin(t) choix qui annule le terme entre
crochets ). De là, si h(x, t) = 1 − cos(t)/(t + x)2 et pour x > a > 0
Pour g, on procède de même encore plus simplement. Sur R?+ , f − g est continue 2π-périodique et tends vers
0 en +∞ : elle est donc identiquement nulle et on a
Z ∞ Z ∞ −xt
sin(t) e
dt = dt, ∀x ∈ R?+ .
0 t+x 0 t2 + 1