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Évaluation D'impact Des Politiques de Santé:: Université Ibn Toufail - Kenitra

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Université IBN TOUFAIL - KENITRA

Projet de recherche pour la candidature aux études doctorales

Laboratoire : sciences économiques et politiques publiques

Professeur. Aziz BANSBAHOU

Nom et Prénom du candidat : AMKADI Mohammed

Évaluation d’impact des politiques de santé :

analyse comparative Maroc et pays du MENA

PLAN :

A. Introduction

B. Etat des connaissances

C. Objectifs du projet :

D. Méthodologie

E. Plan de travail
A. INTRODUCTION :

L’état de santé d’une population ne dépend pas uniquement du système de soins même si ce
dernier joue un rôle important. En effet, les déterminants de santé sont multiples : facteurs
intrinsèques à l’individu (sexe, âge, patrimoine génétique...), liés à ses comportements
(alimentation, activité physique, consommation d’alcool, de tabac…), à sa situation et son
environnement social (niveau d’éducation, emploi, revenus, support et réseau social…), à son
environnement physique personnel et professionnel (habitat, bruit, exposition aux
polluants…), au système de santé (accès à la prévention et aux soins, qualité des soins...). Ces
facteurs, qui sont susceptibles d’impacter la santé de façon positive ou négative, interagissent
entre eux et ce, tout au long de la vie.

La région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) est diverse. Affectée par des
transformations économiques et politiques, elle garde un potentiel de croissance plus élevée et
meilleure. Elle bénéficie d'une situation géographique privilégiée avec l’accès à de grands
marchés ; une population jeune et de plus en plus éduquée ; et des avantages comparatifs dans
plusieurs secteurs tels que l’industrie, les énergies renouvelables et le tourisme.

Près de deux ans après le début de la pandémie de COVID-19, la reprise économique au


Moyen-Orient et en Afrique du Nord reste timide et inégale. La performance de chacune des
20 économies qui composent la région dépend de son exposition aux fluctuations des prix
pétroliers et de sa gestion de la pandémie. De ce fait, alors que les prévisions indiquent une
croissance du PIB régional de 2,8 % en 2021, puis une accélération à 4,2 % en 2022 en tablant
sur le reflux de la pandémie, ces moyennes dissimulent d’importants écarts entre les pays.

En plus d’un bilan humain tragique, la crise sanitaire mondiale de 2020‑2021 a montré toute
l’importance d’une lutte efficace contre les risques épidémiques pour la performance
économique, les pays de la région MENA faisant partie de ceux qui payent aujourd’hui les
conséquences de plusieurs décennies de sous-investissement dans la santé publique. Victimes
d’un excès de confiance, la plupart des pays de la région ont dû faire face à la pandémie en y
étant en réalité mal préparés. Les taux de vaccination pèsent également lourdement sur leur
redressement économique. Sur ce plan, la situation est tout aussi inégale, au bénéfice des
nations les plus riches. Au mois de décembre, les Émirats arabes unis affichaient le plus fort
taux de vaccination au monde (90 %), alors qu’au Yémen, seulement 1 % de la population
avait reçu les deux doses. Le déploiement plus équitable des vaccins dans l’ensemble de la
région constitue un facteur déterminant de la reprise.

Les emprunts considérables que les gouvernements de la région MENA ont dû contracter pour
financer en urgence des dépenses de santé et de protection sociale ont considérablement
alourdi la dette publique. Celle-ci devrait baisser en moyenne de 56,3 à 53,6 % du PIB à
l’échelle régionale, mais elle se creusera dans les pays importateurs de pétrole, pour passer de
90,4 à 92,3 % en 2021, avec des niveaux de déficits budgétaires encore importants.

Le programme de réforme de la santé au Maroc (P179014) : pour l’appui a la refonte du


système de sante au Maroc. Cette opération du Programme pour les résultats (PPR) vise à
soutenir le gouvernement du Maroc (GoM) dans le renforcement de la capacité
institutionnelle et de la gouvernance pour une meilleure prestation de services publics de santé
de qualité dans la Zone du Programme. Cet objectif sera atteint en soutenant la mise en œuvre
des trois premiers piliers du programme gouvernemental de la refonte du système de santé,
chacun d'entre eux correspondant à des domaines de résultats du Programme :

 Le renforcement des capacités institutionnelles par le biais du nouveau système de

gouvernance déconcentrée.

 Le Programme cherche à améliorer la disponibilité, la motivation et la compétence des

ressources humaines de la santé (RHS).

 La réorganisation des services de santé par la réhabilitation des établissements de

soins de santé primaires (ESSP).

À travers trois domaines de résultats, le programme encourage les résultats catalytiques afin
de bâtir les bases d'un système de santé qui mesurera et améliorera en permanence la qualité
des soins et les résultats en matière de santé, tout en améliorant sa résilience face au
changement climatique et en réduisant les écarts entre les hommes et les femmes,
conformément aux données probantes internationales.
D’après la Politique d’évaluation de l’OMS (2018), « une évaluation a pour objet d’apprécier,
de manière aussi systématique et impartiale que possible, une activité, un projet, un
programme, une stratégie, une politique, un sujet, un thème, un secteur, un domaine
opérationnel ou une performance institutionnelle ». Elle analyse « le niveau de réussite, à la
fois en termes de résultats escomptés et inattendus, en examinant la chaîne des résultats, les
processus, les facteurs contextuels et le lien de causalité. Elle s’appuie pour cela sur des
critères tels que la pertinence, l’efficacité, l’efficience, l’impact et la durabilité. Une
évaluation doit fournir, à partir d’éléments démontrables, des renseignements crédibles et
utiles, qui permettent d’intégrer en temps voulu les conclusions, recommandations et
enseignements dans le processus décisionnel des organisations et des parties prenantes ».

L’évaluation d’impact sur la santé est « une Combinaison de procédures, de méthodes et


d’outils par lesquels une mesure ( une politique, un programme ou un projet) peut être évaluée
selon ses effets potentiels sur la santé de la population ( positifs ou négatifs, directs ou
indirects) et la distribution de ces effets à l’intérieur de la population. » (OMS, Gothenburg
consesus Paper, 1999).

Comporte les éléments suivants :

 Appui sur des preuves avérées concernant les relations prévisibles d’une politique
d’un programme ou d’un projet sur la santé de la population

 Prise en compte des opinions, expériences, attentes de ceux qui peuvent être touchés
par la politique, programme ou projet proposé.

 Apport par les des décideurs et du public d’une interprétation mieux informée vis à
vis des effets possibles sur la santé d’une politique, d’un programme ou projet.

 Propositions d’ajustements/options nouvelles pour augmenter les effets positifs et


diminuer les aspects négatifs sur la santé.
B. ETAT DES CONNAISSANCES :

Une stratégie de santé qui répond aux besoins variés des pays de la région MENA afin d’aider
les gouvernements à répondre aux besoins de santé de la population de façon juste et
redevable.

la Banque mondiale , dans sa Stratégie en Matière de Santé, Nutrition et Population dans la


Région Moyen-Orient et Afrique du Nord (2013-2018), souligne les défis suivants posés à la
santé et aux systèmes de santé :

 Vivre plus longtemps et en meilleure santé.

La longévité et la santé humaines ont enregistré des gains impressionnants depuis un siècle.
Une meilleure hygiène, l’accès amélioré à l’eau potable et à l’assainissement et les progrès
enregistrés dans la science médicale, les technologies et les systèmes d’innovation ont
contribué à l’allongement de la durée de la vie. Au cours des cinquante dernières années,
l’espérance de vie moyenne à la naissance dans la région MENA a augmenté de plus de 25
années (Banque mondiale, 2012).

 Atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (omd).

La mortalité infantile a rapidement reculé au cours des trente dernières années, mais elle reste
élevée au Yémen et à Djibouti avec respectivement 78,5 et 91,2 décès pour 1.000 naissances
avant l’âge de cinq ans (Banque mondiale, 2012). Alors que la mortalité maternelle constitue
un indicateur important de l’efficacité globale des systèmes de santé et de l’accès des mères
aux services de santé de la reproduction, l’incapacité des mères à prendre des décisions en
matière de santé de la reproduction demeure forte dans certains pays : pour 100 000
naissances vivantes, on compte 97 décès en Algérie, 100 décès en Egypte, 100 au Yémen et
200 à Djibouti (Banque mondiale, 2012).

 Le fardeau croissant des maladies non transmissibles.

Les pays de la région MENA connaissent une croissance rapide de la part des maladies non
transmissibles (MNT) et des accidents dans la charge totale des maladies. Ces pays
connaissent en effet un phénomène de transition d’un modèle de risques sanitaires
traditionnels vers des formes de risques modernes . Les trois premières causes de morbidité et
de mortalité dans la région MENA sont les cardiopathies ischémiques (7,4 millions d’années
de vie corrigées de l’incapacité - AVCI), les douleurs lombaires ou de la nuque (6,2 millions
d’AVCI) et les troubles dépressifs unipolaires (5,3 millions d’AVCI) (Lozano et al., 2013;
Murray et al., 2013; Wang et al., 2013).

 Le fardeau double et croissant de la malnutrition: sous-nutrition et obésité.

Les pays de la région MENA souffrent à la fois de sous-nutrition et d’obésité. Plusieurs


s’inscrivent parmi les vingt premiers du monde en termes d’obésité féminine - le Koweit
(55,2%), l’Egypte (48%), les Emirats Arabes Unis (42%)…etc. Etant donné le lien qui existe
entre l’obésité et le diabète, l’hypertension, les maladies cardiaques, les accidents vasculaires
cérébraux et de nombreuses maladies chroniques, cette situation a de sérieuses conséquences
pour l’avenir des dépenses de santé et de la productivité au travail. Un niveau élevé de sous-
nutrition infantile qui reste un problème à Djibouti, en Egypte, en Irak, au Koweit, en Libye,
au Maroc, en Syrie et au Yémen peut handicaper le développement cognitif dans la petite
enfance et entraver les performances, la productivité et les revenus, plus tard, dans la vie
adulte. Des retards de développement, de modérés à sévères, sont signalés chez plus de 53%
des enfants au Yémen, plus de 30% en Irak et à Djibouti et 28% en Egypte (UNICEF, 2008).

 Des inégalités persistantes devant la santé liées au revenu.

Des inégalités liées au revenu, au sexe, au degré d’urbanisation et à l’âge persistent dans la
région MENA. Elles contribuent potentiellement à l’instabilité politique et sociale. Les taux
de mortalité maternelle et de malnutrition sont élevés, particulièrement au sein des
populations pauvres, avec des différences pouvant aller de deux à six fois plus pour les taux
de mortalité et d’accès aux soins anténataux entre les quintiles les plus pauvres et les plus
riches. Il existe de fortes disparités parmi les indicateurs de développement dans la petite
enfance entre les enfants favorisés et défavorisés de la région MENA.

 L’échec de la réponse aux besoins de santé des jeunes.

Les jeunes de la région MENA ont des besoins de santé particuliers qui ne sont pas satisfaits.
Les taux de tabagisme sont élevés parmi les jeunes: au Liban, 65,8% des garçons et 54,1% des
filles âgés de 13 à 15 ans fument. Les blessures et les décès dus aux accidents de la circulation
affectent les jeunes de manière disproportionnée et figurent parmi les plus élevés dans le
monde. Eu égard à la part croissante de cette population jeune, il est urgent de pouvoir
répondre à ses besoins.

 Répondre aux besoins de santé des femmes.

Le diabète et les maladies cardiovasculaires sont en augmentation dans la région MENA,


particulièrement parmi les femmes. Celles-ci sont également davantage frappées par les
maladies mentales: la dépression est la première cause d’AVCI et l’anxiété figure parmi les
dix premières causes. Des valeurs élevées pour l’indice de masse corporelle, la pression
artérielle et le glucose figurent parmi les principaux facteurs de risques pouvant conduire au
décès ou au handicap, suivis de près par l’inactivité physique et la carence en fer (Murray et
al., 2013). Des régimes alimentaires inappropriés combinés avec la difficulté à pratiquer
l’exercice physique en raison du contexte socio-culturel font courir aux femmes des risques
accrus vis-à-vis des MNT.

 Des financements publics restreints pour la santé qui compromettent l’accès et la


qualité.

La plupart des pays de la région MENA sont classés parmi les pays à revenu intermédiaire,
mais leurs systèmes de santé ne fournissent pas des résultats proportionnels au niveau de
richesse. Les financements consentis par les gouvernements à la santé sont limités et la région
constitue un cas tout à fait particulier au niveau mondial pour ce qui est de la faiblesse de ses
dépenses de la santé rapportée à son revenu.

 Des dépenses à la charge des ménages pour la santé qui sont élevées et causes
d’appauvrissement.

Malgré le niveau des richesses, la couverture de l’assurance-santé et la protection financière


sont limitées. Les niveaux nominaux de couverture sont relativement élevés, par le biais de
services subventionnés par le gouvernement ou via des systèmes de sécurité sociale, mais les
dépenses restant à la charge des ménages sont également élevées, ce qui est cause
d’appauvrissement financier. Selon les estimations pour le monde arabe (hors Conseil de
Coopération du Golfe/CCG), 5,5 à 13 millions d’individus doivent faire face à des dépenses
de santé catastrophiques chaque année (MPH et al, 2012, pp317). Cette situation conduit les
individus à renoncer aux soins de santé en raison de leur coût, comme l’ont déclaré 12% des
personnes interrogées en Egypte, 20% au Liban et 37% au Yémen (Elgazzar et al, 2010).
 Des réponses insatisfaisantes aux besoins des malades.

L’expérience que vivent les malades dans les services de santé de la région se caractérise par
de longues files d’attente, professionnels de santé absents, un manque d’intimité et de
confidentialité et des paiements informels. Le niveau de satisfaction vis-à-vis des services de
santé est faible dans toute la région. Selon un récent rapport de la Banque mondiale sur les
droits de la santé de la reproduction en Egypte (Rabie et al, 2012), les centres souffrent d’une
intimité restreinte pour l’examen des patientes, d’un manque de médecins femmes dans près
de la moitié d’entre eux et d’un important taux de renouvellement des médecins.

 Des soins compromis par les faiblesses techniques.

La plupart des pays de la région ont des taux relativement élevés de vaccination. Mais les
services de santé maternelle et infantile, les soins et la gestion des maladies chroniques, les
modes de prescription, l’éducation à la santé ou les systèmes de référence des patients sont
rarement à la hauteur des normes internationales et des attentes de la population. Souvent, les
pratiques de santé réelles ne correspondent pas à une médecine fondée sur les faits, par
négligence et par manque de responsabilité.

 Une capacité faible à mesurer et évaluer les activités de santé et identifier les
menaces potentielles.

Il existe peu d’évaluations en matière de sécurité du patient et du fournisseur de soins. Le


dossier électronique du patient est quasi-inexistant, ce qui compromet la continuité en matière
d’information médicale. Dans la région, la surveillance nationale et les systèmes d’alerte
précoce sont faibles. Dans les zones rurales, le peu de données existantes concernant les
maladies et les causes de décès sont le plus souvent incomplètes et pas fables.

 Des variations dans les ressources humaines dévolues à la santé qui provoquent
des pénuries.

Dans les pays de la région MENA, on recense un tiers d’infirmier(e)s et une moitié de
médecins comme dans les pays de l’OCDE. Mais ces chiffres recouvrent de fortes variations.
Les pays pauvres de la région MENA souffrent de l’absence de stratégies en matière de
recrutement, de répartition et de rétention tandis que l’émigration du personnel de santé
qualifié compromet l’amélioration de l’élaboration des politique et la prise de décision. La
force de travail existante est souvent mal répartie en termes de spécialités, de régions et de
secteurs: la plupart des spécialistes sont concentrés dans les zones urbaines. Les autres
ressources humaines en matière de santé sont également concentrées dans les zones urbaines,
ce qui ne correspond pas toujours aux besoins de la population. Au Yémen, près de 70% de
l’ensemble des personnels de santé sont concentrés dans les trois principales villes (Sanaa,
Aden et Taez) où ne vit que 35% de la population du pays.

Il faut entendre par politiques de santé: ... des modes d’action (et d’inaction) qui affectent les
séries d’institutions, d’organisations, de services et d’accords de financement du système de
santé. Elles comprennent aussi bien les politiques élaborées dans le secteur public (par les
autorités) que les politiques du secteur privé. La santé étant influencée par de nombreux
déterminants extérieurs au système de la santé, les analystes des politiques de santé
s’intéressent aussi aux mesures que prennent ou ont l’intention de prendre les organisations
extérieures au système qui ont une incidence sur la santé (par exemple l’industrie alimentaire
ou pharmaceutique ou l’industrie du tabac (Buse, Mays & Walt, 2005:6)).

Généralement, on entend par politiques de santé les documents, règles et directives officiels et
écrits qui présentent les décisions prises par les responsables de leur élaboration sur les actes
jugés légitimes et nécessaires pour renforcer le système de santé et améliorer la santé. Ces
documents officiels sont toutefois interprétés par les décisions des acteurs (par exemple les
cadres moyens, les agents de santé, les patients et les particuliers) dans les pratiques au
quotidien (par exemple en matière de gestion, de prestation de services, d’interaction avec
autrui). En dernière analyse, ces pratiques deviennent les politiques de santé telles qu’elles
sont ressenties et il est possible qu’elles s’écartent des intentions contenues dans les
documents officiels (Lipksy, 1980). Les politiques ne sont donc pas seulement constituées par
les déclarations d’intention officielles mais aussi par les pratiques informelles et non écrites
(Buse, Mays & Walt, 2005).

L’analyse des politiques de santé représente un élément central de la RPSS. Elle s’entend
parfois des activités techniques qui sous-tendent l’élaboration de politiques nouvelles ou
l’élément central de leur évaluation. Elle comprend par exemple l’analyse épidémiologique
qui définit les facteurs de risque de maladies déterminées et les cibles importantes pour les
interventions sanitaires; ou l’analyse coût/efficacité qui définit parmi les différentes
interventions possibles celle qui offre la meilleure rentabilité dans la lutte contre un problème
de santé déterminé. Une approche plus politique et institutionnelle de l’analyse des politiques
envisage cependant les politiques elles-mêmes comme un processus, celui de la prise de
décisions, au lieu de s’intéresser uniquement aux politiques en tant que résultat d’un tel
processus ou facteur de gestion (Harrison, 2001; Thomas, 1998).

Les analystes techniques envisagent souvent l’analyse des politiques comme comportant
plusieurs étapes; il s’agit par exemple d’obtenir qu’un problème soit considéré comme devant
faire l’objet de mesures politiques à titre prioritaire, de définir la nature du problème et les
objectifs dont la réalisation représenterait une amélioration, de définir les causes du problème
et les liens entre ces causes, de déterminer les interventions possibles permettant de réagir aux
facteurs qui en sont à l’origine, d’envisager les options d’intervention, de mettre en œuvre les
options retenues, de tenir compte de l’évaluation et des réactions (Harrison, 2001).

Les analystes adoptant une approche politique et institutionnelle face à l’analyse des
politiques n’envisagent pas ces étapes comme séquentielles ou toujours présentes chaque fois
qu’une décision est prise. Ils décrivent en fait souvent le processus comme une situation
confuse, une série de décisions de portée limitée: non seulement une politique vise-t-elle à
modifier une situation déterminée, mais la situation elle même varie et engendre des pressions
variables pour que la politique soit modifiée. Le fait qu’elle soit en constant devenir justifie
qu’on la considère elle-même comme un processus (Thomas,1998:5).

L’objet de cette forme d’analyse des politiques dépasse le simple contenu de politiques
déterminées, une plus large attention étant accordée aux comportements des acteurs; aux
processus de décision et aux mesures prises; à l’inaction et aux actes involontaires; à
l’influence du contenu sur ces actes; et au contexte qui influence les comportements et qui est
influencé par eux (Walt & Gilson, 1994). Cette analyse fournit des éléments qu’on peut très
bien combiner avec ceux de la pensée systémique (Gilson, 2012).
Pour certains, les politiques de santé sont «synonymes de politiques tout court, et concernent
explicitement la question de savoir qui en influence l’élaboration, comment cette influence est
exercée et dans quelles conditions» (Buse, Mays & Walt, 2005).

Au Maroc, le rapport sur le nouveau modèle de développement (NMD) a défini les choix
stratégiques sur lesquelles il faut agir pour améliorer les performances du système de santé.
Ces choix émanent des différentes consultations auprès de la population, des institutionnels et
diverses parties prenantes.

Les choix stratégiques émanant de ces consultations sont comme suit :

 Soutenir la demande de soins à travers la généralisation de l’accès à la couverture


médicale et l’élaboration d’un panier de soins évolutif ;

 Investir massivement dans les ressources humaines et leur valorisation ;

 Réorganiser le parcours de soins depuis l’échelon communautaire à l’échelon


régional et accélérer la digitalisation du système de santé ;

 Renforcer l’hôpital public et encourager la coopération public-privé ;

 Une refonte substantielle de la gouvernance du système sanitaire à tous les niveaux,


avec une action forte au niveau territorial ;

 Mettre en place une politique intégrée et intersectorielle en matière de prévention


et d’éducation à la santé ;

 Renforcer la résilience du système de santé face au risque de crises sanitaires futures


et développer la souveraineté sanitaire.

Pour concrétiser ces choix stratégiques, le rapport sur le NMD propose l’instauration du
projet intitulé « Couverture Sanitaire Universelle ».

 Augmenter la part de la population couverte pour les soins de santé essentiels :


100% de la population à horizon 2025 contre 65% environ actuellement ;

 Réduire les dépenses directes de santé des ménages : 30% des dépenses totales de
santé supportées par les ménages en 2035 contre plus de 50% actuellement ;

 Augmenter les effectifs médicaux et paramédicaux pour arriver à une densité de


personnel soignant de 4,5 pour 1000 habitants en 2035 contre 2 pour 1 000
actuellement, soit 54 000 médecins et plus de 100 000 infirmiers formés entre 2030
et 2035 ;
 Atteindre un niveau de « capacité démontrée ou durable » pour toutes les
capacités du règlement sanitaire international (RSI).

Une fois que ces cibles fixées par le NMD seront réalisées nous pouvons dire que le Maroc a
pu mettre en place un système de santé capable d’offrir un bon niveau de santé pour la
population, en garantissant une équité pour accéder aux soins de santé de qualité sans que les
citoyens soient ruinés financièrement face à la maladie.

Le deuxième niveau de renforcement des systèmes de santé exige la nécessité de remplir six
fonctions qui sont comme suit (OMS, 2009) :

 La prestation des services de santé qui doivent être efficaces et de qualité, soit au
niveau des soins préventifs ou curatifs ;

 Un personnel de santé réactif, juste et efficace ;

 Un système d’information sanitaire capable de fournir des données fiable et


actualisées, sur les performances du système de santé ;

 Des technologies médicales avec un bon rapport qualité/prix notamment au niveau


des produits médicaux, des vaccins et d’autres technologies essentielles ;

 Un système de financement suffisant et garantissant la protection financière des


bénéficiaires ;

 Une direction et une gouvernance garante de la transparence et de la réédition des


comptes.

C. Objectifs du projet :

Un objectif général :

L’évaluation de l’action publique est une pratique qui s’est développée ces dernières années
avec la volonté de quantifier les performances. Dans le domaine de la santé publique,
l’évaluation est multiforme et a nécessité l’élaboration de stratégies et d’outils spécifiques.
L’évaluation doit répondre à une pluralité de besoins également légitimes. elle ne s’adresse
pas uniquement aux besoins des décideurs centraux : c’est aussi un outil de connaissance et
d’apprentissage collectif pour l’ensemble des acteurs du système de santé. L’évaluation
répond bien sûr à l’exigence de fonder la décision politique sur une base plus rationnelle.
L’accroissement de la contrainte financière, l’accroissement des exigences de qualité et de
sécurité, le progrès technique, le vieillissement de la population et, plus généralement,
l’explosion des demandes de toutes natures adressées au système de santé sont autant de
facteurs qui rendent nécessaire l’instauration de processus décisionnels à la fois rationnels et
transparents.

L’évaluation peut y contribuer. Le développement d’une culture de l’évaluation créera


progressivement les conditions d’une appropriation des outils économiques. Il deviendra alors
possible de déployer toutes les potentialités de l’évaluation, y compris celle de fonder sur de
meilleures bases l’affectation de ressources publiques limitées aux différents objectifs de
santé. Le respect des exigences indissociables de rigueur et de transparence, de pluralisme et
de pluridisciplinarité, permettra ainsi à l’évaluation de remplir son objectif ultime : au-delà du
jugement sur le passé, orienter l’évolution des politiques.

 Les objectifs spécifiques :

 Minimiser les impacts négatifs et à renforcer les effets positifs sur la santé avant

que le processus décisionnel ne soit terminé, ce qui permet aussi de diminuer les

coûts.

 Lutter contre les inégalités sociales en termes de santé.

 Augmenter l’efficacité de la promotion de la santé en promouvant des politiques

favorables à la santé.

 Améliorer la transparence du processus décisionnel vis-à-vis des parties

prenantes, des populations et médias en les faisant participer à la démarche.


D. Méthodologie de recherche :

 Type de recherche :

La recherche sur les politiques et les systèmes de santé (RPSS) est une discipline:

«qui a pour objet de comprendre et d’améliorer la manière dont les sociétés s’organisent pour
atteindre des objectifs sanitaires collectifs et celle dont les différents acteurs entrent en
interaction dans les processus stratégiques et opérationnels déployés à l’appui des résultats
ciblés. Pluridisciplinaire par nature, elle emprunte à l’économie, à la sociologie, à
l’anthropologie, à la science politique, à la santé publique et à l’épidémiologie, ce qui permet
de dresser un tableau complet de la façon dont les systèmes de santé s’adaptent aux politiques
de santé et de la manière dont celles-ci façonnent les systèmes de santé et les déterminants
plus larges de la santé et sont, également, structurés par eux.» (Alliance pour la recherche sur
les politiques et les systèmes de santé, 2011)

La recherche sur les politiques et les systèmes de santé:

 est un champ de recherche multidisciplinaire, dont la spécificité tient aux thèmes et


questions traités plutôt qu’à des principes ou méthodes particuliers;
 porte sur les services de santé mais aussi, de manière plus générale, sur la promotion de la
santé;
 s’intéresse aux problèmes internationaux aussi bien que nationaux et locaux, car les
dynamiques à l’œuvre à l’échelle mondiale et les organismes internationaux ont une
influence déterminante sur les systèmes de santé des pays à revenu faible ou
intermédiaire;
 englobe la recherche sur les politiques, c’est-à-dire s’intéresse à la manière dont celles-ci
sont élaborées et déployées, mais aussi à l’influence des acteurs sur les résultats auxquels
elles aboutissent ;
 appréhendent ainsi les systèmes de santé, et notamment leur renforcement, sous l’angle
politique; et met l’accent sur les travaux visant explicitement à influencer les politiques –
c’est-à-dire sur la recherche aux fins des politiques.

Une approche intégrée :

Il importe de noter que la RPSS englobe les politiques d’action sanitaire et les systèmes de
santé dans un même champ disciplinaire. Ces deux domaines en apparence distincts
entretiennent en effet quatre formes de relations:

1. On peut concevoir les politiques de santé comme des actions réfléchies et ciblées visant
spécifiquement à renforcer les systèmes de santé et à améliorer ainsi la santé de la population.

2. Non seulement les politiques de santé doivent se fonder sur une compréhension de la
dynamique actuelle du fonctionnement et de la performance du système de santé, mais elles
sont confortées ou affaiblies selon qu’elles trouvent ou non expression dans le système de
santé.

3. Mieux appréhender les aspects proprement politiques de leur évolution, mais aussi des
acteurs en jeu et des intérêts qui guident leur élaboration et leur mise en œuvre, aide à
comprendre comment les influencer et comment agir en faveur du renforcement des systèmes
de santé.

4. S’intéresser plus particulièrement à la mise en œuvre des politiques permet, et nécessite,


une meilleure compréhension des dynamiques organisationnelles des systèmes de santé,
lesquelles sont un élément essentiel mais souvent négligé de leur fonctionnement.

En pratique donc, ces deux champs disciplinaires apparemment distincts coïncident


partiellement. Ensemble, ils permettent de constituer le corpus de connaissances nécessaires et
de comprendre comment le savoir et les autres formes de pouvoir influencent les processus de
décision. Ainsi, les travaux de RPSS ont toujours comme finalité d’éclairer les politiques.

La recherche évaluative est une étude de type analytique qui essaie de mettre en relation les
différentes composantes du programme d’une part et d’autres parts de mettre en évidence la
relation entre le programme et les résultats obtenus. Il s’agit ici de prouver que l’amélioration
de l’état de santé est induite effectivement par la mise en œuvre du programme nonobstant les
autres facteurs.
 Méthodes :

La revue systématique :

La revue systématique ou documentaire, est toute activité de recherche au cours de laquelle


les données recueillies sont obtenues à partir de sources écrites : livres, revues, dossiers,
rapports etc. La technique découlant de cette méthode est l’analyse de contenu. Le but est de
répondre à une question pratique en réalisant une synthèse de la connaissance qui soit
compréhensible de tous et robuste face aux critiques possibles. Elle s’appuie aussi bien sur
des publications scientifiques que sur de la littérature « grise » et elle suit un protocole
standardisé et accrédité à l’échelle internationale2 Les différentes étapes de la recherche
systématique sont :

 Préciser les objectifs de la recherche et bien formuler la question ;


 Choisir des sources d’information pertinentes ;
 Définir les stratégies de recherche selon les sources interrogées ;
 Évaluer et sélectionner les références obtenues ;
 Hiérarchiser l’information et les documents collectés ;
 Présenter et communiquer l’information et les documents :
 Élaboration de la bibliographie finale (avec l’aide de logiciels bibliographiques :
EndNote, Mendeley, Zotero…) ;
 Identifier et localiser l’information sélectionnée pour récupérer les documents.

La méta-analyse :

La méta-analyse permet une synthèse structurée des informations scientifiques disponibles.


Elle est, en effet, utile aux dispensateurs de soins et aux décideurs en politique de santé pour
sélectionner les interventions curatives, préventives ou en management appropriées afin
d’améliorer la qualité des soins.

C’est en quelque sorte une revue systématique mais accompagnée d’une analyse de chaque
chapitre du protocole (Objectifs, méthodologie…) et d’une analyse statistique rigoureuse. Elle
peut être faire sur des données quantitatives ou qualitatives. L’un de ses objectifs est de
critiquer ou éliminer les articles qui contiennent des biais par exemple.
E. Plan de travail :

I. Première année :

 Lire et étudier la littérature qui traite le sujet.


 Cerner plus le sujet ( domaines d’application et perspectives)
 Etablir la problématique finale
 Intégration de l’équipe/laboratoire d’accueil
 Participation aux formations complémentaires ( enseignements spécifiques, gestion de
projets, langues et communication, initiation à la pédagogie universitaire, monitorat et
tutorat, forums doctoraux)
 Participation à des journées doctorales afin de présenter le domaine de recherche et les
premières idées à l’ensemble de la communauté de recherche
 Fixer le déroulement de la suite de la thèse.
 En fin de 1ère année, si la recherche bibliographique est bien structurée, un article dans
un journal ou une revue peut être soumis pour présentation.

II. Deuxième année :

Présentation d’un article de la littérature, réalisation des publications pour plus d’impact
scientifique et une qualité de thèse.

Collecter les données et présentation du résultat de la collecte de données et les résultats des
tests empiriques, et les discuter par la suite.

III. Troisième année :


 Octobre-Novembre : Présenter un article empirique
 Décembre- Mai : Discuter et rédiger la thèse
 Juin – Septembre : fin de la rédaction de la soutenance et pré-soutenance.
 Octobre - Novembre : La soutenance de la thèse.

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