Chapitre 2 STA
Chapitre 2 STA
STA
MPI-SML
Cours de Algébre 2
Resumé
L’algèbre générale et l’algèbre linéaire sont des outils fondamentaux dans les disciplines
mathématiques modernes (analyse, analyse fonctionnelle, probabilité, physique mathéma-
tique, etc.). Elles constituent par conséquent des éléments essentiels du bagage mathéma-
tique indispensable aux mathématiciens, physiciens, ingénieurs et autres scientifiques. Le
cours d’algèbre 2 que nous soumettons aujourd’hui au public s’adresse aux étudiants en
mathématiques du premier cycle des universités et aux étudiants préparant l’entrée dans
les grandes écoles scientifiques. Il peut également être utile aux scientifiques qui désirent
se recycler en mathématiques et à tous ceux qui veulent acquérir de bonnes connaissances
de base en algèbre. Il est structuré en trois parties, la première est consacrée à l’introduc-
tion aux espaces vectoriels, la deuxième partie nous aborderons les applications linéaires
et la troisième partie est consacrée aux matrices.
1
CHAPITRE 1
2
CHAPITRE 2
Les espaces vectoriels ont été définis dans les Chapitres 1, 2 et nous avons mis en évi-
dence quelques-unes de leurs principales propriétés. Dans ce chapitre, d’une part on va
introduire un outil important en mathématique appelé application linéaire qui va permettre
d’interconnecter les éléments de différents espaces vectoriels. D’autre part à l’aide des ap-
plications linéaires, on va introduire les matrices qui constituent un outil mathématique
permettant d’étudier, de comprendre et de résoudre beaucoup de problèmes issus des ma-
thématiques, physique, économie, médecine, science de l’ingénieur ect..
3
4 Applications linéaires et Matrices
∀x ∈ E, λ ∈ K, f (λx) = λ f (x)
(
(2.1)
∀(x, y) ∈ E × E, f (x + y) = f (x) + f (y).
f (x, y) = x + y.
f (z+w) = f ((x, y)+(a, b)) = f (x+a, y+b) = x+a+y+b = (x+y)+(a+b) = f (x, y)+ f (a, b) = f (z)+ f (w).
(2.2)
f (λ(x, y)) = f (λx, λy) = λx + λy = λ(x + y) = λ f (x, y). (2.3)
4
5 Applications linéaires et Matrices
Notations :
L(E, F) est l’ensemble des applications linéaires (= homomorphismes) de E dans F.
L(E) est l’ensemble des endomorphismes de E.
5
6 Applications linéaires et Matrices
(1) f est injective si et seulement si f transforme toute base de E en une famille libre de F.
(2) f est surjective si et seulement si l’image de toute base de E est une famille généra-
trice de F.
(3) f est bijective si et seulement si l’image de toute base de E est une base de F.
f (x, y) = y2 .
6
7 Applications linéaires et Matrices
Solution : Voyons si les deux conditions pour que f soit une application linéaire sont
vérifiées
c’est à dire
x+y+z=a
(2.4)
2y − z = b.
7
8 Applications linéaires et Matrices
f est injective si :
f (x, y, z) = f (a, b, c) =⇒ (x, y, z) = (a, b, c)
c’est à dire
x+y+z=a+b+c
(2.5)
2y − z = 2b − c.
2.4 Matrices
Définition 2.18 On appelle matrice de type (n, p) à coefficients dans R, un tableau de n.p
éléments de R rangés sur n lignes et p colonnes :
a11 a12 . . . a1p
a a . . . a2p
A = 21 22 .
. . . . . . . . .
an1 a22 . . . anp
On désigne par Mn,p (R) l’ensemble des matrices à coefficients dans R, à n lignes et p
colonnes.
Application :
1. L’Université Amadou Mahtar Mbow de Dakar désire organiser un voyage et de-
mande les tarifs à trois compagnies de transport A, B et C qui proposent les condi-
tions suivantes :
Tableau
Compagnies PER PAT Etudiant
Compagnie A 350 250 100
Compagnie B 300 180 70
Compagnie C 500 400 300
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9 Applications linéaires et Matrices
On peut alors créer une matrice M dont les lignes correspondent aux compagnies
et les colonnes aux différents type de les tarifs. La matrice M est alors une matrice
(3 × 3) :
350 250 100
M = 300 180 70 .
500 400 300
Tableau
PROMO 1 PROMO 2 PROMO 3
Filles 40 50 10
Garçons 30 18 7
Cette matrice a deux lignes et trois colonnes : elle est de taille (2, 3). Naturelle-
ment les matrices sont toutes indiquées lorsque l’information a deux caractères
(deux dimensions).
3. On étudie la mobilité urbaine sur les villes de Diamniadio, Lac rose, Sendou et
Touba dialaw
9
10 Applications linéaires et Matrices
On peut alors créer une matrice de moblité P dont les lignes correspondent aux
Villes et les colonnes les moyens de transport. La matrice P est alors une matrice
(4 × 4) :
40 50 10 20
30 18 7 7
.
100 180 14 27
34 28 17 47
Cas particuliers :
Si n = p, on dit que la matrice est carrée.
Si les coefficients sont tq ai j = 0 pour i > j, on dit que la matrice est triangulaire supé-
rieure.
Si les coefficients sont tq ai j = 0 pour i ≤ j, on dit que la matrice est triangulaire inférieure.
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11 Applications linéaires et Matrices
Xn
0 0 0 0
Soit f ∈ L(E, F) et on pose f (e j ) = ai j ei = a1 j e1 + a2 j e2 + . . . . . . . . . . . . + an j en .
i=1
On définit une matrice M = (ai j )1≤i≤n, 1≤ j≤p
a11 a12 . . . a1p
a21 a22 . . . a2p
M = .
. . . ... . . .
an1 a22 . . . anp
Remarque 2.20 La matrice d’une application linéaire dépend des bases choisies (B et
0
B ).
Exercice 2.21
S oit f : R3 → R3
(2.6)
(x1 , x2 , x3 ) 7→ f (x1 , x2 , x3 ) = (2x1 + x2 + x3 , x1 + 2x2 + x3 , x1 + x2 ).
11
12 Applications linéaires et Matrices
f (x + y) = f (x1 + y1 , x2 + y2 , x3 + y3 )
= (2(x1 + y1 ) + x2 + y2 + x3 + y3 , x1 + y1 + 2(x2 + y2 ) + x3 + y3 , x1 + y1 + x2 + y2 )
= (2x1 + 2y1 + x2 + y2 + x3 + y3 , x1 + y1 + 2x2 + 2y2 + x3 + y3 , x1 + y1 + x2 + y2 )
= (2x1 + x2 + x3 , x1 + 2x2 + x3 , x1 + x2 ) + (2y1 + y2 + y3 , y1 + 2y2 + y3 , y1 + y2 )
= f (x) + f (y).
Soit x = (x1 , x2 , x3 ) et λ ∈ R. On a
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13 Applications linéaires et Matrices
Théorème 2.23 L’application qui à f ∈ L(E, F) fait correspondre MBB0 ( f ) est bijective.
Autrement dit à toute application linéaire on peut associer une matrice.
Exemple 2.24
1 −1 0 0 1 0
A = 0 0 2 et B = −4 1 −2 .
2 3 1 11 0 −1
On a
1 0 0 2 −2 0
A + B = −4 1 0 et 2A = 0 0 4 .
13 3 0 4 6 2
matrice associée MB0 B00 ( f ) ∈ M p,m (K). On a (g ◦ f ) ∈ L(E, G), on détermine la matrice
associée de cette application linéaire :
m
X m
X p p
m X
0
X 00
X 00
g ◦ f (ei ) = g( f (ei )) = a ji g(e j ) = a ji bk j ek = bk j a ji ek .
j=1 j=1 k=1 j=1 k=1
m
X
On pose cki = bk j a ji .
j=1
p
X 00
Donc g ◦ f (ei ) = cki ek .
k=1
La matrice associée à (g ◦ f ) est MBB00 ( f ) ∈ M p,n .
Remarque 2.25 Pour que le produit existe, il faut que l’on ait M p,m × Mm,n = M p,n .
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14 Applications linéaires et Matrices
En pratique :
MBB00 (g ◦ f ) = MB0 B00 (g) × MBB0 ( f ).
. . . . . . . . . . . . . . . . . . a1i . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . a2i . . . . . . . . . . . . . . .
Le coefficient de la k éme ligne et de la i éme colonne est cki = bk1 a1i + . . . . . . + bkm ami .
Exemple 2.26
! 1 0
1 0 0
A= et B = 0 −1 .
2 −1 0 2×3
2 1 3×2
Calculons A.B. On a !
1 0
A.B = .
2 1 2×2
Remarque 2.27 A.B , B.A (Donc la multiplication matricielle n’est pas commutative).
Dans le cas précédent A.B ∈ M2×2 et B.A ∈ M3×3 . Donc (A + B)2 = A2 + A.B + B.A + B2 .
A , 0, B , 0 et AB = 0.
Définition 2.30 A ∈ Mn (K) est inversible ssi ∃ B ∈ Mn (K) tel que A.B = B.A = In .
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15 Applications linéaires et Matrices
équivaut à
a=1
b=0
(2.8)
c=2
d = −1
Théorème 2.33 Soit f une application linéaire de E dans F et A = MBB0 ( f ) avec B une
0
base de E et B une base de F. A est inversible ssi f est un isomorphisme de E dans F et
A−1 = MB0 B ( f −1 ).
Théorème 2.34 Soit A ∈ Mn (K). A est inversible si et seulement si la famille des vecteurs
colonnes de A est une base de E.
Théorème 2.35 Si A et B sont des matrices inversibles de Mn (K), alors A.B est inversible
et (A.B)−1 = B−1 .A−1 .
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16 Applications linéaires et Matrices
j=1 i=1
n
X
Par identification on a yi = x j ai j .
j=1
A x et y, on fait correspondre deux vecteurs colonnes X et Y et on a la matrice A suivante :
a11 a12 . . . a1n
x1 y1
a21 a22 . . . a2n
X = . . . , Y = . . . et =⇒ Y = AX.
. . . . . . . . .
x y
n n
a p1 a22 . . . a pn
Exercice 2.36
S oit f : R4 → R3
(x1 , x2 , x3 , x4 ) 7→ (y1 , y2 , y3 ) tel que
y1 = 2x1 − x2 + x3 (2.9)
y2 = 3x2 − x3 + x4
y3 = x1 − x2 + x3 + x4 .
1) Déterminer la matrice A associée à f
2) Déterminer Ker( f ).
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17 Applications linéaires et Matrices
Théorème 2.38 Le rang de A est le rang de toute application linéaire représentée par A.
Exemple 2.41
2 −1 1 0
A = 0 3 −1 1 .
1 −1 1 1
On a
2 0 1
−1 3 −1
At = .
1 −1 1
0 1 1
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18 Applications linéaires et Matrices
a11 a12
det(A) = = a11 .a22 − a12 a21 .
a21 a22
Notations :
On note Ai j la matrice déduite de A en supprimant la ligne i et la colonne j
On note (−1)i+ j .det(Ai j ) le cofacteur de l’élément ai j et det(Ai j ) s’appelle déterminant
mineur.
En pratique, on développe le déterminant de A au moyen des cofacteurs relatifs à la 1 ère
ligne (ou la 1 ère colonne).
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19 Applications linéaires et Matrices
Remarque 2.44 Ces propriétés sont aussi valables pour les lignes.
Le déterminant d’une matrice triangulaire est égal au produit des coefficients de la dia-
gonale.
2.5.4 Comatrice
Définition 2.46 Soit M ∈ Mn (K). On appelle comatrice de M, notée com(M), la matrice
n
X
des cofacteurs avec com(M) est de méme taille que M et Mi j == (−1)i+ j det(Mi j ).
j=1
19
20 Applications linéaires et Matrices
a11 x1 + a12 x2 + . . . + a1n xn = b1
a21 x1 + a22 x2 + . . . + a2n xn = b2
(2.11)
......
an1 x1 + an2 x2 + . . . + ann xn = bn
20
21 Applications linéaires et Matrices
4x1 + 5x2 = 3
(
(2.12)
2x1 + 3x2 = 1.
On a
4 5
det(A) = = 4 ∗ 3 − 2 ∗ 5 = 12 − 10 = 2 =⇒ det(A) , 0.
2 3
Donc le systméme (2.12) admet une unique solution et A−1 existe. D’oú X = A−1 .B.
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