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Oraux Ens

ORAUX

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Oraux ENS 2023-2024 : Recueil

d'exercices et solutions com-


plètes
Mathématiques - Filière MP
Auteurs :
ETTOUSY Badr
SABIR Ilyass
ZINE Akram

Avril 2024
Liste de figures 3

zzzzzz

N.B. : Si vous trouvez des erreurs de français ou de mathématiques, ou si


vous avez des questions et/ou des suggestions, n'hésitez pas à nous contacter
en envoyant un mail à :
cpgescientifique@[Link] ou ilyasssabir7@[Link]

Remerciements.
Le document a été relu par SABIR Ilyass, ZINE Akram, et d'autres personnes qui ont
vérifié quelques solutions. Un grand merci à tous les membres du groupe Maths Community
pour leurs efforts à relire certaines parties de ce livre.

Licence.

Ce document est sous licence CC BY-NC-ND 4.0 DEED :


[Link]

Tous droits réservés. Ce document et son contenu sont protégés par les lois sur le droit
d'auteur. Toute reproduction, distribution ou utilisation des solutions présentées dans ce
document à des fins commerciales nécessite une autorisation préalable.

© Paris, 2024.

zzzzzz
4 Liste de figures

Avant-propos

Ce recueil est bien plus qu'une simple collection d'exercices : il est conçu comme un
compagnon de route pour tous les étudiants de prépas aspirant à intégrer les institutions
les plus prestigieuses, telles que l'École Normale Supérieure (ENS) et l'École Polytechnique
(l'X), mais aussi pour les candidats des autres grandes écoles et concours de haut niveau.
Ces exercices rassemblés ici ne sont pas des problèmes standards : ils sont tirés des épreuves
orales réelles des concours des années précédentes, garantissant ainsi une immersion totale
dans la réalité des défis à venir.

Le niveau de difficulté de chaque exercice peut varier selon l'étudiant, raison pour
laquelle nous n'avons pas jugé utile de les classer selon ce critère. En effet, la difficulté
perçue est une donnée subjective et dépend largement de votre maîtrise des sujets abordés.
C'est pourquoi nous vous encourageons à aborder chaque exercice avec un esprit ouvert,
prêt à explorer, à questionner et à approfondir vos connaissances. Nous vous recommandons
également de travailler ces exercices dans des conditions aussi proches que possible de celles
des oraux : une durée de 50 minutes pour les oraux d'ULM et de 45 minutes pour ceux du
concours commun ULSR. Cela vous permettra non seulement de vous habituer à la gestion
du temps, mais aussi de simuler l'environnement stressant des épreuves, où chaque minute
compte et où la clarté de pensée est cruciale.

La variété des exercices dans ce recueil reflète les multiples facettes des mathématiques
enseignées et évaluées lors des concours. Vous trouverez des problèmes d'algèbre, d'analyse,
de géométrie, et même des défis en théorie des nombres. Certains exercices mettront à
l'épreuve votre capacité à manipuler des objets classiques tels que les Wronskiens, les
séries alternées ou les matrices antisymétriques. D'autres vous amèneront à plonger plus
profondément dans des problématiques actuelles, comme les espaces de translation ou les
sous-groupes des isométries affines. Le but n'est pas simplement de résoudre ces problèmes,
mais de comprendre les mécanismes sous-jacents qui permettent d'aborder des situations
nouvelles avec confiance.

Pour vous soutenir dans cet effort, nous avons également inclus des solutions détaillées
en annexe, qui couvrent non seulement les épreuves récentes de mathématiques A du
concours X/ENS 2023 et 2024, mais aussi l'épreuve de mathématiques C du concours
l'X/ENS 2018 et de l'agrégation externe de 2019. Ces solutions sont bien plus qu'une
simple correction : elles vous guideront pas à pas dans le raisonnement et la méthodologie
attendus au plus haut niveau.

En particulier, vous y trouverez une démonstration complète et rigoureuse du théorème


de Dirichlet sur les progressions arithmétiques, un résultat fondamental qui revient régu-
lièrement dans les concours. Cette démonstration, issue de l'épreuve ENS Paris-Lyon de
1993, est exposée avec minutie pour que chaque lecteur puisse en saisir tous les rouages,
tant au niveau technique qu'intuitif.

En outre, nous vous invitons vivement à consulter les rapports des jurys des concours
précédents. Ils vous permettront de mieux comprendre les attentes précises des exami-
nateurs, les qualités qu'ils recherchent et les erreurs fréquentes à éviter. Enfin, en cas de
difficultés, n'hésitez pas à recourir à des simplifications ou à des cas particuliers pour cla-
rifier les concepts. Ce travail sur des versions plus abordables d'un problème peut souvent
Avant-propos 5

fournir des intuitions précieuses, vous permettant ensuite de revenir à l'énoncé général avec
une meilleure compréhension.

La route vers l'excellence est exigeante, mais avec les bonnes méthodes et une persé-
vérance inébranlable, elle est à votre portée. Nous espérons que ce recueil deviendra un
compagnon de confiance dans cette aventure et vous aidera à aborder les oraux avec sérénité
et confiance.

Bonne préparation, et que vos efforts soient couronnés de succès.

Les auteurs
Table des matières
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

Liste de figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

I Les exercices posés à l'oral de l'ENS Ulm 2023 . . . . . . . . . . . . 15


Exercice 1. (Wronskiens et systèmes de Tchebychev) . . . . . . . . . . . . . . 17
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Exercice 2. (Une propriété de divisibilité du cardinal des matrices inversibles
modulo p) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Exercice 3. (Minimisation locale sur un graphe) . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
Exercice 4. (Espace des translatées d'une fonction) . . . . . . . . . . . . . . . 25
Solution. (Zine Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Exercice 5. (Limite d'une série alternée) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Solution. (ETTOUSY Badr) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Exercice 6. (Unions de fermés) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Exercice 7. (Une inégalité isopérimétrique discrète) . . . . . . . . . . . . . . 29
Solution. (ETTOUSY Badr) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Exercice 8. (Une caractérisation des matrices antisymétriques) . . . . . . . 30
Solution. (ZINE Akram, SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
Exercice 9. (Étude des sous-groupes des isométries affines) . . . . . . . . . . 33
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
Exercice 10. (Résultant) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Exercice 11. (Composantes connexes d'ensembles de polynômes) . . . . . . 41
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Exercice 12. (Impossibilité de la densité d'un certain espace de translations)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Exercice 13. (Valuation p-adique d'un produit) . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Exercice 14. (Générateurs d'un groupe de matrices) . . . . . . . . . . . . . . 48
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Exercice 15. (Angles d'un pavage) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
Exercice 16. (Valeurs rationnelles du cosinus) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Exercice 17. (Théorème de Peano) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
Exercice 18. (Une distance sur les matrices symétriques) . . . . . . . . . . . 56

7
8 Table des matières

Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57


Exercice 19. (Norme de l'inverse d'une matrice à lignes unitaires) . . . . . 58
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
Exercice 20. (Disques et carrés) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
Exercice 21. (Certification de racines) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
Exercice 22. (Médiane de moyennes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Solution. (ZINE Akram, SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
Exercice 23. (Sous-espace stable) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
Exercice 24. (Théorème d'HermiteKakeya) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Solution. (ETTOUSY Badr, ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Exercice 25. (Un groupe de polynômes) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Solution. (ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
Exercice 26. (Matrices de traces nulles et sommes de deux carrés) . . . . . 71
Solution. (ETTOUSY Badr - ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
Exercice 27. (Théorème d'HermiteSylvester) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73

II Les exercices posés à l'oral communs ULSR . . . . . . . . . . . . . . 79


Exercice 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
Exercice 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Solution. (SABIR Ilyass, ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
Exercice 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
Exercice 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
Exercice 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
Exercice 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
Exercice 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
Exercice 8. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
Exercice 9. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
Exercice 10. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
Solution. (SABIR Ilyass, ZINE Akram) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

III Exercices additionnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109


Exercice 1. (Oral ULM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
Exercice 2. (Oral ULM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Exercice 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
Table des matières 9

Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113


Exercice 4. (Théorème de Cayley-Hamilton) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
Exercice 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Exercice 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Exercice 7. (Oral de l'X) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Exercice 8. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
Exercice 9. (IMO 2021) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Exercice 10. (Oral Paris-Lyon-Cachan-Rennes 98) . . . . . . . . . . . . . . 120
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
Exercice 11. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
Exercice 12. (Oral ULM, LYON, Cachan Rennes 2016) . . . . . . . . . . . 124
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
Exercice 13. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
Exercice 14. (Oral ULM 2008) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
Exercice 15. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Exercice 16. (Généralisation de l'oral ULM 2007) . . . . . . . . . . . . . . . 129
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
Exercice 17. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
Exercice 18. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
Exercice 19. (Généralisation d'un exercice posé à l'oral de l'ENS Cachan) . 135
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
Exercice 20. (Classique niveau de l'X - Mines-Ponts) . . . . . . . . . . . . 136
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
Exercice 21. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
Exercice 22. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
Exercice 23. (Oral l'X 2007) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
Exercice 24. (Oral de l'X 2016) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
Exercice 25. (Oral l'X 2007) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
Exercice 26. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
Exercice 27. (Oral l'X 2007) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
Exercice 28. (Oral ULM 2008) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
10 Table des matières

Exercice 29. (Oral de l'X 2016) . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 148


Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 148
Exercice 30. (Oral de l'X 2016) . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 150
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 150
Exercice 31. (Oral de l'X 2016) . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 151
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 151
Exercice 32. (le théorème de Wolstenholme) .. . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Exercice 33. (Inégalité de Hölder) . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 154
Exercice 34. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 157
Exercice 35. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 158
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 158
Exercice 36. (Problème 1, IMO 2021, Jour 1) . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
Solution. (SABIR Ilyass) . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . 160

IV Sujets d'étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167


Sujet 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
Lemme 1. (Formule de Poincaré) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
Preuve du lemme 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170
Définition 1. (La fonction de Möbius) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
Proposition 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
Preuve. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
Définition 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
Proposition 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
Preuve. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
Remarque 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
Sujet 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
L'objectif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176
Pour aller plus loin. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
Sujet 3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Objectif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Définition 1. (Suite équirépartie). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Définition 2. (Suite équirépartie modulo 1). . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
Remarques et commentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
Sujet 4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
L'objectif principal. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194
Quelques exemples et premiers résultats. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Exemple 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Définition 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Théorème 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Preuve du théorème 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
Lemme 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Preuve du lemme 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
Le premier théorème de Mertens. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Théorème 2. (Théorème de Legendre) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Preuve du théorème 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Lemme 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
Table des matières 11

Preuve du lemme 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199


Théorème 3. (La formule de Mertens) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
Preuve du théorème 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201
Quelques résultats sur les groupes finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
Définition 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
Théorème 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Preuve du théorème 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206
Théorème 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Preuve du théorème 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Théorème 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
Preuve du théorème 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Théorème 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
Preuve du théorème 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209
La démonstration du théorème de Dirichlet. . . . . . . . . . . . . . . . . 210
Théorème 8. (La formule de sommation d'Abel) . . . . . . . . . . . . . 210
Preuve du théorème 8. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
Définition 3. (La fonction de Möbius) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
Proposition 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
Preuve de la proposition 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
Théorème 9. (La formule d'inversion de Möbius) . . . . . . . . . . . . . 212
Preuve du théorème 9. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Définition 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Proposition 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
Preuve de la proposition 2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
Définition 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
Proposition 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
Preuve de la proposition 3. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
Proposition 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
Preuve de la proposition 4. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
Proposition 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
Preuve de la proposition 5. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Proposition 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Preuve de la proposition 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 220
Proposition 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
Preuve de la proposition 7. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221
Théorème 10. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Preuve du théorème 10. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
Théorème 11. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
Preuve du théorème 11. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
Proposition 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
Preuve de la proposition 6. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
Théorème 12. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
Preuve du théorème 12. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
Théorème 13. (Théorème de Dirichlet) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Preuve du théorème 13. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229
Généralisations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230

V Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Corrigé de l'épreuve mathématiques A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
Pramière partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
12 Table des matières

Deuxième partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246


Corrigé de l'épreuve mathématiques A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
1. Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
2. Automorphismes de H et rotations: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
3. Normes euclidiennes sur R2. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 268
4. Algèbres valuées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274
Composition de mathématiques - C - (ULCR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
Agrégation externe 2019 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 300
Définitions et rappels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301
Notations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
I. Exercices préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
2. L'anneau Z[j]. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 302
3. Polynômes cyclotomiques. ......... . . . . . . . . . . . . . . . 302
4. Matrices compagnons. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
II. Nombres algébriques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 304
III. Le corps Q() et son anneau d'entiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 305
IV. Le théorème de Fermat pour p=3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 307
V. Le théorème de Fermat pour p régulier et p j xyz . . . . . . . . . . . . . . . 309
Solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 310
1. Exercices préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 310
2. L'anneau Z[j]: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313
3. Polynômes cyclotomiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 317
4. Matrice compagnon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323
II Nombres algébriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 327
III Le corps Q() et son anneau d'entiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 336
IV Le théorème de Fermat pour p=3 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 362
V. Le théorème de Fermat pour p régulier et p j xyz . . . . . . . . . . . . . . . 371
Pour aller plus loin... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 378
Liste de figures
p
2
Carrés dyadiques de tailles 1/8, 1/4, et 1/2, ainsi que des disques de rayons 1¡ 2n pour n=1;2;3 et le disque
de rayon 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. . . . . . . . . . 61
2
Carrés dyadiques de tailles 1/16, 1/8, et 1/4, ainsi que des disques de rayons 1+ 2n+1 pour n=1;2;3 et le
disque de rayon 1/2 dans le carré [¡1;1] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2
p p
Le graphe de la fonction r7¡! 95r2+75r+11 ¡ 41r2+33r+5 ¡2r¡1 . . . . . . . . . . . . . . . 165

13
Partie I

Les exercices posés à l'oral


de l'ENS Ulm 2023
Liste de figures 17

???
Dans cette première partie, nous allons explorer une série d'exercices extraits des épreuves
orales du concours d'entrée à l'ENS ULM. Les sujets abordés couvrent des domaines
variés des mathématiques, tels que l'analyse, l'algèbre linéaire et la géométrie. Vous serez
confrontés à des problèmes classiques mais exigeants, tels que les Wronskiens et les sys-
tèmes de Tchebychev, la minimisation locale sur un graphe, ainsi que des questions de
divisibilité dans des contextes algébriques complexes. Chaque exercice a été sélectionné
pour refléter la rigueur et l'ingéniosité nécessaires lors des concours, et vous permettre
de tester vos connaissances tout en affinant vos méthodes de raisonnement. À travers les
résolutions, vous développerez des outils essentiels pour maîtriser des concepts allant des
espaces fonctionnels aux propriétés géométriques et algébriques des matrices et groupes.
Vous trouverez l'énoncé des exercices à :
[Link]
???

L'exercice 1 porte sur les wronskiens et les systèmes de Tchebychev. Il explore les pro-
priétés des déterminants wronskiens et leur application à l'étude des zéros de combinaisons
linéaires de fonctions. Cet exercice combine des aspects d'algèbre linéaire et d'analyse,
mettant en évidence des liens profonds entre ces domaines.
Exercice 1. (Wronskiens et systèmes de Tchebychev)
Soit I R un intervalle ouvert non vide. Soit C r(I) le R-espace vectoriel des fonctions
sur I à valeurs réelles continument dérivables r fois. Pour toutes fonctions f1;:::;fr2C r¡1(I)
on définit une fonction I!R par :

f1(x)  fr(x)


f10(x)  fr0(x)
W[f1;:::;fr](x)=  
 
(r¡1) (r¡1)
f1 (x)  fr (x)

1. Montrer que pour toute fonctions g;f1;:::;fr 2C r¡1(I),

W[gf1;:::;gfr](x)=g(x)rW[f1;:::;fr](x):

2. Soit f1;:::;fr 2C r¡1(I) telles que W[f1;:::;fk] est strictement positif sur I, pour
tout 1kr. Montrer que pour tout a1;:::;ar 2R non tous nuls, la fonction a1 f1++arfr
admet au plus r¡1 zéros sur I.
Solution. (SABIR Ilyass)
1. Soient g;f1;:::;fr2C r¡1(I) et x2R, on a :

(gf1)(x)  (gfr)(x)


0
(gf1) (x)
0  (gf1) (x)
W[gf1;:::;gfr](x) =  
 
(gf1)(r¡1)(x)  (gfr)(r¡1)(x)

Or, pour tout j ;k2J1;rK, on a :


k  
X k (i) (k¡i)
(1) : (gfj )(k)(x)= g (x)fj (x)
i
i=0
18 Liste de figures

Donc

f1(x)  fr(x)


0 0
g(x)f1(x)+g 0(x)f1(x)  g(x)fr(x)+g 0(x)fr(x)
[gf1;:::;gfr](x) = g(x)  
 
(gf1)(r¡1)(x)  (gfr)(r¡1)(x)

f1(x)  fr(x)


g(x)f1(x)  g(x)fr0(x)
0
= g(x)   L2 L2¡g 0(x)L1
 
(gf1)(r¡1)(x)  (gfr)(r¡1)(x)

f1(x)  fr(x)


f10(x)  fr0(x)
= g(x)2  
 
(gf1)(r¡1)(x)  (gfr)(r¡1)(x)

Soit l2J1;r¡2K, supposons que :

f1(x)  fr(x)


f10(x)  fr0(x)
 
 
(l) (l)
W[gf1;:::;gfr](x)=g(x) l
f1 (x) fr (x)
(gf1)(l+1)(x) (gfr)(l+1)(x)
 
 
(gf1) (r¡1)
(x)  (gfr) (r¡1)
(x)

Et montrons que :

f1(x)  fr(x)


f10(x)  fr0(x)
 
 
(l+1) (l+1)
W[gf1;:::;gfr](x)=g(x) l+1
f1 (x) fr (x)
(gf1)(l+2)(x) (gfr)(l+2)(x)
 
 
(gf1) (r¡1)
(x)  (gfr) (r¡1)
(x)
l
 
P l (i)
Ce qui est évident, en effectuant l'opération Ll+1 Ll+1¡ g (x)Li, (Selon (1)).
i=1
i
D'où par récurrence pour tout l2J1;r¡1K, on a :

f1(x)  fr(x)


0
f1(x)  fr0(x)
 
 
(l) (l)
W[gf1;:::;gfr](x)=g(x)l f1 (x) fr (x)
(gf1)(l+1)(x) (gfr)(l+1)(x)
 
 
(gf1) (r¡1)
(x)  (gfr) (r¡1)
(x)
Liste de figures 19

En particulier, pour l=r¡1, on a alors :


W[gf1;:::;gfr](x)=g(x)rW[f1;:::;fr](x)

2. Soient f1;:::;fr2C r¡1(I) telles que W[f1;:::;fk] soit strictement positif sur I, pour
tout 1kr. Soient a1;:::;ar 2R non tous nuls. Montrons que la fonction a1 f1++arfr
admet au plus r¡1 zéros sur I.
Commençons par examiner les petites valeurs de r.
Pour r=1, on a pour tout x2I
f1(x)=W[f1](x)>0

Donc pour tout a=0, on a af1 n'admet pas de zéros sur I.


Pour r=2, on a pour tout x2I,
(
f1(x)=W[f1](x)>0
f20(x)f1(x)¡f10(x)f2(x)=W[f1;f2](x)>0

Alors  0
f2 W[f1;f2](x)
(x)= >0
f1 f1(x)2

Soient a;b2R non tous nuls, montrons que la fonction x2I7¡!af1(x)+bf2(x) admet au
plus 1 zéro sur I.
Si b=0, il est clair que la fonction x2I7¡!af1(x)+bf2(x) n'admet pas de zéros sur I.
Sinon, les zéros de x2I7¡!a f1(x)+b f2(x) sont exactement
 0 les zéros de la fonction
f2(x) f
:x2I7¡!a+b f (x) . Or, pour tout x2I, on a (x)=b f2 , ce qui signifie que est
0
1 1
strictement monotone sur I, par conséquent admet au plus un zéro sur I. D'où le résultat.

Dans toute la suite, on suppose que r>3, Le résultat n'est pas facile à démontrer, donc
nous allons prouver dans un premier temps trois lemmes qui nous aideront à répondre à
la question.
Définition.
Notons, pour tout k2J1;rK
8
>
>
> '1:=W[f1]
>
< W[f ;f ]
'2:= W[f1 ]22
1
>
>
>
> W[f 1;:::;fk¡2]W[f1;:::;fk]
: 'k:= W[f ;:::;f ]2
si 36k6r
1 k¡1

Et pour tout k2J1;r¡1K, on définit l'opérateur différentiel Dk par :


 
d f
Dk:f := ;8f 2C r¡1(I) et D0:f =f
dx 'k

Lemme 1.
On a pour tout k2J1;rK
Dk¡1:Dk¡[Link]k='k
20 Liste de figures

Preuve du lemme 1.
Montrons le résultat par récurrence sur k2J1;rK.
Le résultat est trivial pour k=1;2 (c:f le cas r=1;2).
Soit k2J3;rK, supposons que pour tout i2J1;k¡1K Di¡[Link]i='i. Montrons que
Dk¡1:Dk¡[Link]k='k.
On a d'après la question 1 :
f2 fk
1 
'1 '1
1
W[f1;:::;fk] = D1:f1 D1:f2  D1:fk
'k1  
 
D1:f1 D1:f2  D1:fk
f2 fr
1 
'1 '1
0 D1:f2  D1:fr
d d
= 0 D1:f2 D1:f2
dx dx
 
  r¡2  
r¡2
d d
0 D1:f2  D1:fr
dx dx
= W[D1:f2;:::;D1:fk]

Ainsi,

1 1
D1:f2  D1:fr
'2 '2
1 [Link] [Link]
W[D1:f2;:::;D1:fk] = 
'k¡1
2  r¡3   
r¡3
d d
[Link]  [Link]
dx dx

1 1
1 D1:f3  D1:fr
'2 '2
0 [Link] [Link]
= 
 r¡3   
r¡3
d d
0 [Link]  [Link]
dx dx
= W[Link];:::;[Link]k]

Ainsi, par récurrence, on a pour tout j2J0;k¡1K :


1 1 1
:::  W[f1;:::;fk] = W[Dj :::D1:fj+1;:::;Dj :::D1:fk]
'jk¡j+1 'k¡1
2 'k1

En particulier, pour j=k¡1, on a :


1 1 1
::: k¡1  k W[f1;:::;fk]=Dk¡[Link]k
'2k¡1 '2 ' 1
Liste de figures 21

Ainsi, Dk¡[Link]k vaut :


k¡1
Y 1
= W[f1;:::;fk] k¡j+1
j=1 'j
  k¡1 k¡j+1
1 W[f1]2 k¡1 Y W[f1;:::;fj¡1]2
= W[f1;:::;fk]  
W[f1]k W[f1;f2] W[f1;:::;fj¡2]W[f1;:::;fj ]
j=3
k¡2
Q
W[f1;:::;fj ]2(k¡j)
W[f1]k¡2 j=2
= W[f1;:::;fk] 
W[f1;f2]k¡1 k¡3
Q k¡1
Q
W[f1;:::;fj ]k¡j¡1 W[f1;:::;fj ]k¡j+1
j=1 j=3

W[f1]k¡2 W[f1;f2]2(k¡2)W[f1;:::;fk¡2]4
= W[f1;:::;fk] 
W[f1;f2] k¡1 W[f1] W[f1;f2]k¡3W[f1;:::;fk¡2]3W[f1;:::;fk¡1]2
k¡2

W[f1;:::;fk]W[f1;:::;fk¡2]
=
W[f1;:::;fk¡1]2
= 'k

D'où le résultat par récurrence.


lemme 2.
Soit f 2C 1(I) et k2J1;r¡1K, s'il existe a<b2I tels que f (a)=f (b)=0, alors il existe
c2]a;b[ tel que Dk:f (c)=0
Preuve du lemme 2.
f
Trivial, en appliquant le théorème de Rolle à ' .
k

Lemme 3.
Soit f 2C r¡1(I). On suppose que f admet au moins r zéros sur I, alors pour tout
k2J1;r¡1K, on a Dk:Dk¡[Link] admet au moins r¡k racines sur I.
Preuve du lemme 3.
Soit f 2C r¡1(I), on suppose que f admet au moins r zéros 1<:::<r sur I.
On va montrer le résultat par récurrence finie sur k2J1;r¡1K.
Pour k=1, on a pour tout j2J1;r¡1K, on a f (j )=f (j+1)=0. Donc, via le lemme 2, il
existe j 2]j ;j+1[ tel que D1:f (j )=0
Ainsi D1:f admet au moins r¡1 zéros sur I.
Soit k2J1;r¡2K, supposons que Dk:Dk¡[Link] admet au moins r¡k zéros sur I et
montrons que Dk+1:Dk:::D1:f admet au moins r¡(k+1) zéros sur I.
Par le même raisonnement que précédemment, entre deux zéros de Dk:Dk¡[Link] , il
existe un zéro de Dk+1:Dk:::D1:f .
D'où le résultat.

Revenons à notre question. Montrons que a1 f1++arfr admet au plus r¡1 zéros sur I.
Par l'absurde, supposons que a1 f1++arfr admet au moins r zéros sur I.
Notons I=fk2J1;rK;ai=0g et i0=max(I). On a d'après le lemme 1,
r
! !
X X
Di0¡[Link] akfk = Di0¡[Link] akfk
k=1 k2I
X
= akDi0¡[Link]k:Dk¡[Link]k+ai0Di0¡[Link]i0
k2I nfi0g
= ai0:'i0
22 Liste de figures

 r 
P
Or, via le lemme 3, Di0¡[Link] akfk admet au moins r¡i0+1>1 zéros sur I.
k=1
Ainsi ai0:'i0 s'annule sur I, absurde avec 'i0>0.
D'où a1 f1++arfr admet au plus r¡1 zéros sur I.

Commentaire. Le résultat de la deuxième question semble intéressant pour caracté-


riser certains types de fonctions.
1- Notons pour tout i2J1;rK fi:x7¡!xi¡1, on a alors pour tout k2J1;rK et pour tout x2R

1 x  xk¡1
0 2  (k¡1) xk¡2
W[f1;:::;fk](x) = 



0 (k¡2)! (k¡2)!x
0  0 (k¡1)!
k¡1
Y
= i!
i=1
> 0

r
P
Donc pour tous a1;:::;ar non tous nuls, on a x7¡! akxk¡1 admet au plus r¡1 zéros
k=1
sur R.
Ainsi, pour tout polynôme P 2R[X] non nul, P admet au plus deg(P ) racines sur R.
2- Soient t1<<tr 2R
Pour tout i2J1;rK, et pour tout fk:x7¡!etkx, on a alors pour tout k2J1;rK et pour tout
x2R
1 1  1
t1 t2  tk
W[f1;:::;fk](x) = e(t1++tk)x  
 
t1k¡1 tkk¡1  tkk¡1
Y
= e(t1++tk)x (tj ¡ti)
16i<j6k
> 0

r
P
Ainsi pour tous a1;:::;ar non tous nuls, on a x7¡! aketkx admet au plus r¡1 zéros
k=1
sur R.
zzzzzzz

L'exercice 2 traite d'une propriété de divisibilité concernant le cardinal du groupe des


matrices inversibles modulo un nombre premier. Il demande de démontrer que le cardinal
de GLn¡1(Z/pZ) est divisible par n, pour n 3 et p premier impair. Cet exercice combine
des éléments d'algèbre linéaire et de théorie des groupes, avec une touche d'arithmétique
modulaire.
Exercice 2. (Une propriété de divisibilité du cardinal des matrices inversibles
modulo p)
Soit p un entier premier impair, et n3 un entier. Montrer que n divise le cardinal du
groupe GLn¡1(Z/pZ) des matrices inversibles de taille n¡1 à coefficients dans Z/pZ.
Liste de figures 23

Solution. (SABIR Ilyass)


Soient p un nombre premier impair, et n>3 un entier.
Une matrice M 2Mn¡1(Z/pZ) est inversible si et seulement si les colonnes de M for-
ment une famille libre.
On a pn¡1¡1 possibilités de choisir la première colonne, pour tout k2J1;n¡2K, si on
choisit les k premiers colonnes, alors la (k+1)-ème colonne ne doit pas être une combinaison
linéaire des k premiers colonnes. Donc on a pn¡1¡pk possibilités pour choisir la (k+1)¡ème
colonne.
D'où
n¡2
Y
Card(GLn¡1(Z/pZ))= (pn¡1¡pk)
k=0
n¡2
Q
Donc, il suffit de montrer que n divise le produit (pn¡1¡pk).
k=0
On a
n¡2
Y n¡2
Y
(pn¡1¡pk) = pk(pn¡k¡1¡1)
k=0 k=0
(n¡2)(n¡1)
n¡2
Y
= p 2 (pn¡k¡1¡1)
k=0

Or, le théorème fondamental de l'arithmétique assure l'existence de k;q2N tels que


n=pkq et p^q=1
n¡2
Q
(n¡2)(n¡1)
Puisque k< 2
, alors pk divise (pn¡1¡pk).
k=0
n¡2
Q n¡1 k
Montrons maintenant que q divise (p ¡p ) pour conclure.
k=0
Sans perte de généralité, on peut supposer que q>2.
On a d'après le théorème de Fermat-Euler,
p '(q)=1 (mod q)

Avec '(q)6q6n¡2, alors


pn¡1=p '(q)pn¡1¡'(q)=pn¡1¡'(q) (mod q)
n¡2
Q
Ainsi q divise pn¡1¡pn¡1¡'(q), et donc q divise (pn¡1¡pk).
n¡2
Q n¡1 k k=0
Par suite q divise (p ¡p ).
k=0 n¡2
Q
Or p^q=1, alors pk^q=1, donc d'après le lemme d'Euclide n=pkq divise (pn¡1¡pk).
k=0
D'où le résultat.
zzzzzzz

Cet exercice porte sur la minimisation locale sur un graphe. Il explore une méthode
probabiliste pour trouver un minimum local d'une fonction définie sur un ensemble fini, en
utilisant un échantillonnage aléatoire suivi d'une descente locale. L'exercice demande de
prouver que cette méthode a une probabilité d'au moins 1/2 de trouver un minimum local.
24 Liste de figures

Exercice 3. (Minimisation locale sur un graphe)


Soit E un ensemble fini et V :E!P(E) une fonction de E vers les parties de E. Soit
f :E!R une fonction. Un point a2Ep est un minimum local si f (a)f (b) pour tout b2V (a).
Soit M un entier tel que M  #E . Soient b1;:::;bM des variables aléatoires indépen-
dantes et uniformément distribuées dans E. Soit k tel que f (bk)= min f (bi).
1iM
Soit (un)n0 une suite de E telle que u0=bk et pour tout n0 :
 si un est un minimum local, alors un+1=un;
 sinon, un+12V (un) et f (un+1)<f (un).

Montrer que uM est un minimum local avec probabilité au moins 1/2.


Solution. (SABIR Ilyass)
1
On cherche à montrer que uM est un minimum local avec une probabilité au moins 2 .
Quitte à munir E d'une relation d'ordre, on peut supposer sans perte de généralité, que
E=J1;nK et f est croissante sur E.
Nous cherchons à montrer que la probabilité de l'événement
E=fe2E juM (e) est un minimum localg

est 1/2.

Soit e2E, alors uM n'est pas un minimum local, et donc il existe k2J1;M K et
(u0;:::;uM )2E tels que :
u0=bk(e); f (bk(e))= min f (bi(e)) et pour tout i2J0;M ¡1K; f (ui+1)<f (ui)
16i6M

On a alors :  
f (uM )<f (uM ¡1)<<f (u1)<f min bi(e)
16i6M

Par croissance de f , on a alors :


uM <uM ¡1<<u1< min bi(e)
16i6M

Par suite min bi(e)>M +1 (car uM ;:::;u12N), en particulier


16i6M
M
\
Efmin(b1;:::;bM )>M +1g= fbi>M +1g
i=1

Ainsi par indépendance entre les variables b1;:::;bM , on a :


P(E) = 1¡P(E)
M
Y
> 1¡ P(bi>M +1)
i=1
 
M M
> 1¡ 1¡
n
¡ x ¡ ¡ x 
Or x7¡! 1¡ n x=exp xln 1¡ n est décroissante sur [0;n], en particulier
 pn
1 1
P(E)>1¡ 1¡ p >1¡e¡1>
n 2
Liste de figures 25

D'où le résultat.
zzzzzzz

L'exercice 4 s'intéresse à l'espace des translatées d'une fonction. Il examine les pro-
priétés d'approximation d'un espace engendré par les translations entières d'une fonction
intégrable. L'exercice demande de prouver un résultat d'approximation uniforme à partir
d'une hypothèse d'approximation en norme L1.
Exercice 4. (Espace des translatées d'une fonction)
Soit g2C(R) une fonction intégrable. Pour AZ, on note SA le sous-espace vectoriel
de C(R) engendré par les fonctions x7! g(x¡a), avec a2A. On suppose que pour toute
f 2C(R) intégrable et tout >0, il existe h2SZ telle que
Z
jf (x)¡h(x)jdx<:
R

Montrer que pour toute f 2C(R) intégrable et tout >0, il existe L>0 tel que pour tout
y2R, il existe AZ et h2SA tels que
Z
#ALet jf (x¡y)¡h(x)jdx<:
R
Solution. (Zine Akram)
Pour tout ">0, il existe R>0 tel que :
Z
"
jf (x)j dx< :
jxj>R 4

Par définition de l'intégrale.


Considérons le domaine [¡R¡1;R+1], qui est compact. Comme f est continue sur ce
domaine compact, elle y est uniformément continue. Donc, il existe >0 tel que pour tous
x;x 02[¡R¡1;R+1], si jx¡x 0j<, alors :
"
jf (x)¡f (x 0)j< :
4R

Nous voulons montrer que l'application r7! f (¡r) est continue de [0;1] dans L1(R).
Pour tout r02[0;1] et tout >0, choisissons >0 tel que pour jr¡r0j< :
- Sur jxjR : Pour x2[¡R;R] et r;r02[0;1], x¡r et x¡r0 appartiennent à [¡R¡1;R+1].
Donc,
"
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j< :
4R

Ainsi, Z R
" "
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j dx(2R) = :
¡R 4R 2

- Sur jxj>R : Comme f est intégrable et tend vers 0 à l'infini :


Z Z
" "
jf (x¡r)j dx< ; jf (x¡r0)j dx< :
jxj>R 4 jxj>R 4

Par l'inégalité triangulaire :


Z Z Z
"
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j dx jf (x¡r)j dx+ jf (x¡r0)j dx< :
jxj>R jxj>R jxj>R 2
26 Liste de figures

Somme des deux contributions :


Z Z R Z
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j dx = jf (x¡r)¡f (x¡r0)j dx+ jf (x¡r)¡f (x¡r0)dx
R ¡R jxj>R
" "
< +
2 2
= "

Cela montre que l'application r7! f (¡r) est continue de [0;1] dans L1(R).
L'intervalle [0;1] est compact. L'image de [0;1] par l'application continue r7! f (¡r)
est donc un ensemble compact dans L1(R). Par le théorème de Heine-Borel, cet ensemble
compact peut être couvert par un nombre fini de boules de rayon "/2 dans L1(R).
Autrement dit, il existe un entier N et des points r1;r2;:::;rN 2[0;1] tels que pour tout
r2[0;1], il existe ri avec : Z
"
jf (x¡r)¡f (x¡ri)j dx< :
R 2

Par hypothèse, pour chaque f (x¡ri) et pour ", il existe hi2SZ tel que :
Z
"
jf (x¡ri)¡hi(x)j dx< :
R 2

Chaque hi est une combinaison linéaire finie de fonctions de la forme g(x¡a) avec a2Z.
Notons AiZ l'ensemble des a utilisés dans hi, et L= max #Ai.
1iN
Pour un y2R arbitraire, écrivons y=n+r, avec n2Z et r2[0;1[. D'après ce qui précède,
il existe ri tel que : Z
"
jf (x¡r)¡f (x¡ri)j dx< :
R 2

Posons h(x)=hi(x¡n). Alors, h appartient à SA avec A=Ai+n=fa+n:a2AigZ.


Le nombre de termes dans h est #A=#AiL.
On en conclut que pour tout y2R, il existe un ensemble AZ avec #AL et une
fonction h2SA telle que : Z
jf (x¡y)¡h(x)j dx<":
R
zzzzzzz

Cet exercice traite de la limite d'une série alternée. Il demande d'étudier la convergence
et la limite d'une série alternée formée à partir d'une fonction décroissante tendant vers
zéro. L'exercice combine des aspects d'analyse réelle et de théorie des séries.
Exercice 5. (Limite d'une série alternée)
Soit f 2C 1(R) décroissante et tendant vers 0 en +1. Montrer que la fonction
1
X
g(x)= (¡1)nf (nx)
n=0

est bien définie pour x>0. Donner sa limite en 0.


Solution. (ETTOUSY Badr)
Soit x>0, on a (f (nx))n2N est une suite de réels positifs, décroissante et tendant vers
0. D'après le critère spécial des séries alternées, on a g est bien définie.
Liste de figures 27

De plus :
+1
X Z
1 1 +1 0
g(x)¡ f (0) = (f (2kx)¡f ((2k+1)x))+ f (t) dt
2 2 0
k=0
+1 Z (2k+1)x
X +1 Z
1 X (2k+2)x 0
= ¡ f 0(t) dt+ f (t) dt
2
k=0 2kx k=0 2kx
+1  Z (2k+1)x Z (2k+2)x 
1X
= ¡ f 0(t) dt¡ f 0(t) dt
2 2kx (2k+1)x
k=0
+1 Z
1 X (2k+1)x 0
= ¡ (f (t)¡f 0(t+x)) dt
2 2kx
k=0

Par conséquent :
+1 Z
1 1X (2k+1)x
jg(x)¡ f (0)j 6 jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt
2 2 2kx
k=0
+1
X Z (2k+2)x
1
6 jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt
2
k=0 2kx
Z
1 +1 0
6 jf (t+x)¡f 0(t)j dt
2 0

Soient ">0 et A>0 suffisamment grand pour que :


Z +1 Z +1
"
jf (t)j dt=
0 (¡f 0(t)) dt=f (A)
A A 3

Pour x>0, il en découle que :


Z +1 Z +1 Z +1
2"
jf (t+x)¡f (t)j dt
0 0 jf 0(t)j dt+ jf 0(t)j dt
A A+x A 3

Comme f 0 est continue sur le segment [0;A+1], elle y est uniformément continue. Il
existe donc 2]0;1] tel que :
"
8(x;t)2[0;A]]0; ]; jf 0(t+x)¡f 0(t)j
3A

D'où, pour tout x2]0; ] :


Z A Z +1
1
jg(x)¡ f (0)j = jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt+ jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt
2 0 A
Z A
" 2"
6 dt+
0 3A 3
= "

1
D'où g(x) ! 2 f (0).
x!0
zzzzzzz
28 Liste de figures

Cet exercice traite des unions dénombrables d'ensembles fermés. Il demande de prouver
que l'intervalle ouvert ]0;1[ ne peut pas être écrit comme union dénombrable d'intervalles
fermés disjoints d'intérieur non vide, puis d'étendre ce résultat au carré ouvert ]0;1[2 pour
des disques fermés. L'exercice fait appel à des notions de topologie et de théorie de la
mesure.
Exercice 6. (Unions de fermés)
Montrer que ]0;1[ n'est pas l'union d'un nombre dénombrable d'intervalles fermés dis-
joints d'intérieur non vide.
Montrer que le carré ouvert ]0;1[2 n'est pas l'union d'un nombre dénombrable de disques
fermés.
Solution. (SABIR Ilyass)
Pour répondre aux deux parties de l'exercice, on va montrer la généralisation suivante :
Généralisation de l'exercice :
Pour tout n2N, on a ]0;1[n n'est pas l'union d'une suite dénombrable de fermées non
vide deux à deux disjoints.
Soit n2N, Raisonnons par l'absurde en supposant que ]0;1[n peut être décomposé en
une union dénombrable de fermés non vides deux à deux disjoints, et montrons que cela
conduit à une contradiction avec la propriété de connexité de ]0;1[n.
Supposons qu'il existe une famille dénombrable (Fk)k2N de sous-ensembles tels que :
 Pour tout k2N, Fk]0;1[n est fermé dans ]0;1[n et non vide.
 / l, Fk\Fl=; (ils sont deux à deux disjoints).
Pour tout k;l2N avec k=
1
S
 ]0;1[n= Fk (leur union est ]0;1[n).
k=1

Pour aboutir à une contradiction, on va utiliser le lemme suivant, qui présente une
propriété fondamentale des espaces connexes.
Lemme 1.
Dans un espace connexe, la seule façon de le partitionner en fermés disjoints est que
l'un des fermés soit l'espace entier et les autres soient vides. En d'autres termes, un espace
connexe ne peut pas être décomposé en une union de plusieurs fermés non vides deux à
deux disjoints.
Preuve du lemme 1.
Supposons que X est un espace topologique connexe, et qu'il existe une famille (Fi)i2I
de fermés de X tels que :
 Pour tout i2I, Fi est fermé dans X et non vide.
 Les Fi sont deux à deux disjoints : Fi\Fj =; pour i=
/ j.
S
 Leur union est l'espace : X= Fi.
i2I

On va montrer que nécessairement un seul des Fi est égal à X et que les autres sont
vides.
Supposons par l'absurde qu'il existe au moins deux fermés non vides disjoints F1 et F2
dans X. S
Considérons les ensembles A=F1 et B=X nF1= Fi.
i2I
 A est fermé dans X (par hypothèse).
 / 1), donc fermé dans X.
B est l'union de fermés (les Fi pour i=
 A et B sont disjoints (puisque les Fi sont deux à deux disjoints).
 De plus, A[B=X.
Liste de figures 29

Ainsi, nous avons partitionné X en deux fermés disjoints non vides A et B.


Selon la définition de la connexité, un espace connexe ne peut pas être partitionné en
deux fermés disjoints non vides.
Cette situation contredit donc la connexité de X.
Donc, il n'est pas possible qu'il y ait au moins deux fermés non vides disjoints dans
une telle partition de X.
Par suite, un seul des Fi est égal à X, et les autres Fi sont vides.

Revenons à notre hypothèse initiale sur ]0;1[n.


On a supposé que ]0;1[n est décomposé en une union dénombrable de fermés non vides
deux à deux disjoints (Fk)k2N.
Puisque ]0;1[n est un espace connexe (étant un ouvert connexe de Rn), la propriété
démontrée s'applique.
Selon cette propriété, il devrait y avoir un unique Fk égal à ]0;1[n et les autres Fk seraient
vides.
Cependant, par hypothèse, tous les Fk sont non vides, ce qui est en contradiction avec
la conclusion de la propriété.
Ainsi, il est donc impossible que ]0;1[n soit l'union dénombrable de fermés non vides
deux à deux disjoints.
zzzzzzz

L'exercice 7 porte sur une inégalité isopérimétrique discrète. Il demande de prouver une
inégalité impliquant l'espérance de la valeur absolue de la différence entre une fonction sur
un groupe abélien fini et sa moyenne. Cet exercice fait appel à des techniques de théorie
des probabilités et d'analyse fonctionnelle discrète.
Exercice 7. (Une inégalité isopérimétrique discrète)
Soient n et d des entiers strictement positifs et G=(Z/nZ)d. Soit S=fe1;:::;edg, où
ei=(0;:::;0;1;0;:::;0)2G, avec le 1 en ie position. Soient X une variable aléatoire uniformé-
ment distribuée dans G et f :G!R une fonction. Montrer que
dn
E[jf (X)¡E[f (X)]j] maxs2S E[jf (X)¡f (X+s)j]:
2
Solution. (ETTOUSY Badr)
D'après le théorème de transfert, on a :
1 X 1 X
E[jf (X)¡E[f (X)]j] = f (x)¡ f (y)
nd x2G nd y2G
1 XX
6 2d jf (x)¡f (y)j
n x2G y2G

Pour tout z2G, l'application y7¡!y+x est une bijection de G. Donc, on a :


XX XX
jf (x)¡f (y)j= jf (x)¡f (x+y)j
x2G y2G x2G y2G
1 P
Puisque G est fini, alors l'application y2G7¡! nd jf (x)¡f (x+y)j est bornée et atteint
x2G
ses bornes. En particulier il existe y02G tel que :
1 X 1 X
jf (x)¡f (x+y 0 )j=max jf (x)¡f (x+y)j:=M
nd y2G y2G nd
y2G
30 Liste de figures

Pour conclure, il suffit de montrer que :


1 X nd
jf (x)¡f (x+y0)j6 max E[jf (X)¡f (X+s)j]
nd 2 s2S
y2G

Soit y2G et "i2f¡1;1g pour tout i2J1;dK, on a


1 X 1 X 1 X
d
jf (x)¡f (x+y+"iei)j 6 d jf (x+y)¡f (x+y+"iei)j+ d jf (x)¡f (x+y)j
n y2G n y2G n y2G
1 X
6 d jf (y)¡f (y+"iei)j+M
n y2G
d
P q  n y
Notons z= "iuiei, avec "1;:::;"d2f1g et u1;:::;ud2 0; 2 . On a, pour tout i2J1;dK,
i=1

1 X X
jf (y)¡f (y+" iu iei )j = juijM
nd
y2G y2G
nd
6 M
2

D'où le résultat.
zzzzzzz

Cet exercice propose une caractérisation des matrices antisymétriques. Il demande de


prouver qu'une matrice carrée de taille impaire est antisymétrique si et seulement si son
déterminant s'annule lorsqu'on lui ajoute toute matrice antisymétrique. L'exercice fait
appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des déterminants.
Exercice 8. (Une caractérisation des matrices antisymétriques)
Soit n entier positif impair. Soit A2Mn(R) telle que, pour toute matrice antisymétrique
M 2Mn(R), det (A+M )=0. Montrer que A est antisymétrique.
Solution. (ZINE Akram, SABIR Ilyass)
Méthode 1. (ZINE Akram)
1 1
Posons A=B+C, avec B= 2 (A+AT ) et C= 2 (A¡AT ).
Puisque n est impair, alors il existe U 2GLn¡1(R). Il suffit de prendre, par exemple :
0      1
0 1 00 00
B ¡1 0 ::: C
B  00 00 C
B    C
B 0 0 0 1  C
B 00 ¡1 0  C
B  C
U =B  C
B  00 C
B  C
B 00 C
B     C
@ 00 00 0 1 A
:::
00 00 ¡1 0

Pour tout x2R, posons Vx=x diag(0;U ).


Puisque B est symétrique, alors d'après le théorème spectral, B est orthogonalement
diagonalisable, alors il existe une matrice diagonale D=diag(d1;:::;dn) avec d1;:::;dn2R, et
P 2On(R), telle que B=P DP T .
Pour tout x2R, posons M :=¡C+PVxP T . On a alors :
det(D+Vx)=det(A+M )=0
Liste de figures 31

Si D=0, on peut supposer sans perte de généralité que d1=0 (Il suffit de permuter les
colonnes de P ).
On a alors det(D+Vx) est un polynôme en x de degré n¡1.
Ainsi, il exite un x02R tel que det(D+Vx0)=0, ce qui est absurde.
D'où D=0, et par suite AT =¡A. Donc, A est antisymétrique.

Méthode 2. (SABIR Ilyass)


1
Soit B= 2 (A+AT ), la question revient à prouver que B=0.
Puisque pour toute matrice antisymétrique M 2Mn(R), det (A+M )=0, alors pour tout
toute matrice antisymétrique M 2Mn(R), det (B+M )=0. (z)
De plus B est orthogonalement diagonalisable, donc si B est orthogonalement semblable
à diag(1;:::;n), où 1;:::;n2R:
La question revient à montrer que pour toute matrice antisymétrique M 2Mn(R)
det(M +diag(1;:::;n))=0

Alors 1==n=0.
Lemme 1.
Le polynôme
n
Y
(X):=det(XIn¡diag(1;:::;n))= (X¡i)
i=1

est impair.
Preuve du lemme 1.
/ 0, on a :
Soit a=
1+X a+X a+X ::: a+X
¡a+X 2+X a+X ::: a+X
Q(X) := ¡a+X ¡a+X 3+X 
  
  a+X
¡a+X ¡a+X X+n

Q est polynôme de degré inférieur ou égal à 1, (il suffit de retrancher la première ligne
à toutes les autres lignes par exemple).
Donc il existe ; 2R tels que Q(X)= + X.
On a 
Q(a)=¡ (¡a)
Q(¡a)=¡ (a)

En particulier
1
Q(0)= =¡ ( (¡a)+ (a))
2

Or Q(0)=0 (D'après (z)).


D'où (¡a)=¡ (a).
Par continuité, pour tout a2R, on a : (¡a)=¡ (a).
D'où est impair.
Donc pour tout i2J1;nK;il existe j2J1;nK on a j =¡i.
Quitte à réarranger les valeurs propres (cela revient à permuter
r la base
z de diagonalisa-
n¡1
tion), on peut supposer sans perte de généralité que pour tout k2 1; 2
2k¡1=¡2k>0
et n=0.
32 Liste de figures

Notons
1 X 0 0
¡X 2 X
Pn(X j1;:::;n):= 0 ¡X 0
X
0 0 ¡X n
Par développement suivant la première ligne, on a

Pn(X j1;:::;n) = 1Pn¡1(X j2;:::;n)+X 2Pn¡2(X j2;:::;n) (?)

Regardons les petites valeurs de n.


Pour n=1, P1(X j1)=1,
Pour n=2, on a P2(X j1;2)=12+X 2
Pour n=3, on a P3(X j1;2;3)=123+(1+3)X 2
Pour n=4, on a P4(X j1;2;3;4)=1234+(12+14+34)X 2+X 4
Pour n=5, on a

P5(X j1;2;3;4,5) = 1P4(X j2;3;4,5)+X 2P3(X j3;4,5)


= 12345+(123+125+145+345)X 2
+(1+3+5)X 4

Lemme 2.
Pour tout k2J1;nK;
Si k est pair, alors Le polynôme Pk(n¡k+1;:::;n) est unitaire de degré k.
Si k est impair, alors Pk(n¡k+1;:::;n) est de degré 6k¡1, et le coefficient de X k¡1 est
n¡1
P2
2j+1.
n¡k
j= 2

Preuve du lemme 2.
Par récurrence sur k2J1;nK, en utilisant la formule (?).

D'après le lemme 2, on a le coefficient de X n¡1 de Pn(X j1;:::;n) est


n¡1
X
2
2j+1
j=0
n¡1
P2
Or, d'après (z), on a Pn(X j1;:::;n)=0, donc 2j+1=0,
j=0
r z
n¡1
Avec 1;3;5;:::;n¡2;n>0, alors pour tout j2 0; 2 2j+1=0.
Par conséquent, pour tout j2J1;nK, j =0.
Ainsi, B est une matrice diagonalisable qui admet une seule valeur propre 0. alors B=0.
D'où le résultat.
zzzzzzz

L'exercice 9 étudie les sous-groupes des isométries affines du plan. Il demande de


prouver l'existence de certaines translations dans un sous-groupe d'isométries vérifiant
des conditions spécifiques. L'exercice fait appel à des notions de géométrie affine et de
théorie des groupes.
Liste de figures 33

Exercice 9. (Étude des sous-groupes des isométries affines)


Soit G un sous-groupe du groupe des isométries du plan affine R2. On suppose que
pour tout x2R2, il existe g2G tel que g(x)= / x. Montrer que G contient une translation
non triviale.
Si de plus G ne stabilise aucune droite, montrer que G contient une deuxième transla-
tion non parallèle à la première.
Solution. (ZINE Akram)
Soit G un sous-groupe du groupe des isométries du plan affine R2. On suppose que
pour tout x2R2, il existe g2G tel que g(x)= / x. Montrons que G contient une translation
non triviale.
On utilisera pour les deux questions le fait que les 4 isométries possibles du plan sont :
1. Une transaltion
2. Une rotation
3. Une réflexion
4. Une réflexion glissante

Pour s'en convaincre il suffit d'utiliser la classification des isométries vectorielles du


plan en rotation et réflexion, puis translater par un vecteur v.
Lemme 1.
La composition d'une rotation et d'une réflexion dans le plan donne une réflexion
glissante si le centre de rotation n'est pas situé sur la ligne de réflexion.
Preuve du lemme 1.
Alignons l'axe des x avec la ligne de réflexion l. Ainsi, la réflexion par rapport à l est
donnée par :
M (x;y)=(x;¡y)

Plaçons le centre de rotation O en (0;d) où d=


/ 0, puisque l ne passe pas par O.
Considérons une rotation autour du point O d'angle . La matrice de rotation est :
 
cos  ¡sin 
R= :
sin  cos 

Pour effectuer une rotation autour de O, nous devons translater les coordonnées de
manière à ce que O soit à l'origine :
P~=P ¡O:

Après la rotation, nous obtenons :


P~ 0=RP~:

Ensuite, nous revenons aux coordonnées d'origine :

P 0=P~ 0+O:

Ainsi , les coordonnées après translation vers O sont :


 
~ x
P= :
y¡d
34 Liste de figures

Après rotation de P~ :   
~ ~ cos  ¡sin  x
P =RP =
0
:
sin  cos  y¡d

En combinant les composantes, nous obtenons :


x~ 0=cos x¡sin (y¡d);
y~0=sin x+cos (y¡d):

Par suite,
x 0=x~ 0;
y 0=y~0+d=sin x+cos (y¡d)+d:

Ainsi,
y 0=sin x+cos y¡cos d+d:

Par suite,
y 00=¡y 0=¡(sin x+cos y¡cos d+d):

En combinant les composantes x 00 et y 00, nous obtenons :


x 00=cos x¡sin (y¡d);
y 00=¡sin x¡cos y+cos d¡d:

En forme matricielle, cela donne :


 00      
x cos  ¡sin  x sin d
= + :
y 00 ¡sin  ¡cos  y cos d¡d
 
sin d
Le terme représente une translation, et la matrice
cos d¡d
 
cos  ¡sin 
A=
¡sin  ¡cos 

indique qu'il s'agit d'une réflexion suivie d'une translation le long de l'axe de réflexion,
c'est-à-dire une réflexion glissante.
Lemme 2.
La composition de deux rotations de centres différents dans le plan affine donne une
rotation ou une translation. Plus précisément, si les angles de rotation sont opposés, la
composition donne une translation. Sinon, la composition reste une rotation. Dans les deux
cas, on peut toujours construire une translation.
Preuve du lemme 2.
Définissons les deux rotations :
- Première rotation R1 : de centre O1 à la position ~o1 et d'angle 1.
- Deuxième rotation R2 : de centre : O2 à la position ~o2, et d'angle 2.
Nous allons analyser la composition T =R2R1. Une rotation dans le plan peut être
représentée de la manière suivante :
1. Translater le point de sorte que le centre de rotation soit à l'origine.
2. Appliquer la matrice de rotation.
Liste de figures 35

3. Translater le point de retour à sa position d'origine.

La matrice de rotation pour un angle  est :


 
cos  ¡sin 
R()= :
sin  cos 

La fonction de transformation pour une rotation autour d'un point O est donnée par :
R(P )=R()(P ¡o
~ )+o
~:

Appliquons d'abord R1 à un point P , puis R2 au résultat :


P 0=R1(P )=R(1)(P ¡o
~ 1 )+o
~ 1:

Ensuite,
P 00=R2(P 0)=R(2)(P 0¡o
~ 2 )+o
~ 2:

La composition T (P ) s'exprime alors comme :


T (P )=R2(R1(P ))=R(2)[R(1)(P ¡o
~ 1 )+o ~ 2]+o
~ 1 ¡o ~ 2:

Développons l'expression :
T (P )=R(2)R(1)(P ¡o
~ 1 )+R(2)(o ~ 2 )+o
~ 1 ¡o ~ 2:

On a :
R(2)R(1)=R(1+2):

Ainsi, l'expression devient :


T (P )=R(1+2)(P ¡o
~ 1 )+R(2)(o ~ 2 )+o
~ 1 ¡o ~ 2:

Définissons :
 Angle total de rotation : =1+2.
 Vecteur de translation : ~t=R(2)(o ~ 2 )+o
~ 1 ¡o ~ 2.

La transformation devient :
T (P )=R()(P ¡o
~ 1 )+t
~:

 Cas 1 : La somme des angles est nulle (=0)


Si 1+2=0, alors R() est la matrice identité. La transformation T (P ) se sim-
plifie en :
T (P )=(P ¡o~ 1 )+t
~=P +(t ~ 1 ):
~ ¡o

C'est une translation par le vecteur ~v =t


~ ¡o
~ 1.
 Cas 2 : La somme des angles n'est pas nulle (= / 0)
La transformation T (P ) est une rotation d'angle  autour d'un nouveau point.
Il existe un composant de translation supplémentaire. Par conséquent, T est une
rotation autour d'un nouveau centre.
36 Liste de figures

La composition de deux rotations R1 et R2 de centres différents est équivalente à :


 Une rotation d'angle 1+2 autour d'un nouveau point, sauf si les angles sont
opposés. On peut aussi construire dans ce cas une translation, en combinant cette
rotation avec la rotation d'angle -(1+2) qui est de centre différent d'après la
même construction,(puisque le centre dépend de l'orientation).
 Dans le cas où 1+2=0 et ~o1 =
/ ~o2, la composition est une translation.

Lemme 3.
La composition de deux réflexions aux axes parallèles donne une translation.

Preuve du lemme 3.
Soient L1 et L2 deux droites parallèles distinctes dans le plan affine R2, faisant un
angle  avec l'axe des abscisses. Nous allons démontrer que la composition des réflexions
par rapport à L1 et L2 est une translation.
 Supposons que les droites L1 et L2 soient parallèles et orientées selon un angle  avec
l'axe des abscisses. Ainsi, un vecteur directeur commun à ces droites est donné par :
 
cos 
u=
sin 

 Un vecteur normal unitaire aux droites est :


 
¡sin 
n=
cos 

 Soit d la distance entre les droites L1 et L2.

La réflexion par rapport à une droite L orientée selon  et située à une distance c de
l'origine peut être exprimée comme une transformation affine :
RL(x)=Ax+t

où A est la matrice de réflexion linéaire et t est le vecteur de translation.


 La matrice de réflexion par rapport à une droite orientée selon  est :
 
cos 2 sin 2
A=
sin 2 ¡cos 2

 Le vecteur de translation dépend de la position de la droite. Pour une droite L


située à une distance c le long du vecteur normal n, le vecteur de translation est :
 
¡sin 
t=2cn=2c
cos 

Ainsi, les réflexions par rapport à L1 et L2 sont :


RL1(x)=Ax+2c1n
RL2(x)=Ax+2c2n
Liste de figures 37

où c1 et c2 sont les distances de L1 et L2 par rapport à l'origine, respectivement.


Nous calculons la composition R=RL2RL1.
R(x)=RL2(RL1(x))=RL2(Ax+2c1n)=A(Ax+2c1n)+2c2n

Calculons chaque terme séparément :


AAx =A2x
A2c1n =2c1An

On a :   
cos 2 sin 2 cos 2 sin 2
A2= =I
sin 2 ¡cos 2 sin 2 ¡cos 2
    
cos 2 sin 2 ¡sin  ¡cos 2sin +sin 2cos 
An= =
sin 2 ¡cos 2 cos  ¡sin 2sin ¡cos 2cos 

Donc,  
sin 
An= =n
¡cos 

Maintenant, revenons à la composition R(x) :


R(x)=A2x+2c1An+2c2n=Ix+2c1n+2c2n=x+2(c1+c2)n

La transformation R est donc donnée par :


R(x)=x+2(c2¡c1)n

où 2(c2¡c1)n est le vecteur de translation.


Ainsi, la composition des réflexions RL2RL1 est une translation de vecteur t=2(c2¡c1)n,
c'est-à-dire une translation parallèlement aux droites L1 et L2 et de longueur égale au
double de la distance entre elles.
1- Examinons cas par cas:
 Si G contient une réflexion glissante alors on obtient une translation non triviale en
la composant par elle-même.
 Si G ne contient que des rotations, alors il contient deux rotations de centre différents
d'après l'hypothèse de l'énoncé, et donc d'après le Lemme 2 on peut construire
une translation.
 Si G contient une rotation et une réflexion dont la droite ne passe pas par le centre
de rotation, et dans ce cas on peut construit une translation d'après le Lemme 1.
 Si G ne contient que des réflexions: Si au moins deux présentent des axes qui
sont parallèles alors la composition des deux réflexions résulte en une translation
d'après le Lemme 3. Sinon, On a aux moins trois réflexions qui présentent des axes
sécants. Et leur composition donne deux matrices de rotations différentes (Il suffit
de multiplier les matrices de réflexion).
38 Liste de figures

2- Supposons que G contienne une rotation R. Alors, pour toute translation Tv2G,
nous avons
R¡1TvR=TR¡1(v):

Ainsi, nous obtenons une nouvelle translation TR¡1(v). Comme R ne stabilise que son
centre de rotation, cette nouvelle translation n'est pas triviale et peut avoir une direction
différente de la translation initiale.
Ensuite, si G ne contient que des translations, et que ces translations sont parallèles
à une direction commune. Cela implique que les droites parallèles à cette direction sont
stabilisées par G, ce qui contredit l'hypothèse selon laquelle G ne stabilise aucune droite.
Considérons maintenant le cas où G contient des réflexions mais pas de rotations. Soit
M une réflexion dans G. Alors, pour toute translation Tv2G, nous avons
MTvM =TM (v):

Si pour toutes les réflexions M 2G, on a M (v)=v, alors G stabilise une droite parallèle
à v, ce qui est une contradiction avec l'hypothèse que G ne stabilise aucune droite.
Ainsi, G doit contenir une seconde translation dont la direction est différente de la
première.
zzzzzzz

Cet exercice porte sur le résultant de deux polynômes. Il s'agit de prouver certaines
propriétés du résultant, notamment sa symétrie et son lien avec un déterminant spécifique.
L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des polynômes.
Exercice 10. (Résultant)
Soient A;B2C[X] deux polynômes unitaires, de degrés respectifs a et b. Soit MA;B
l'endomorphisme de C[X]/(A) défini par MA;B ([P ])=[BP ].
Soit A;B =det MA;B . Montrer que A;B =(¡1)abB;A.
Soit FA;B l'unique endomorphisme de C[X]a+b¡1 tel que pour tout U 2C[X]a¡1 et tout
V 2C[X]b¡1, FA;B (U +X aV )=BU +AV .
Montrer que det (FA;B )=A;B

Le nombre A;B est le résultant de A et de B.


Solution. (SABIR Ilyass)
Soit A;B2C[X], deux polynômes unitaires de degrés respectifs a et b.
Soit MA;B l'endomorphisme de C[X]/(A) défini par MA;B ([P ])=[BP ] et soit
A;B =det MA;B .
Montrons que
A;B =(¡1)abB;A

Pour cela, on va montrer que :


a Y
Y b
A;B = ( i¡ j ) (z)
i=1 j=1

L'identité (z) nous permettra également de traiter la seconde partie de l'énoncé de


l'exercice.
Qa a
Q
Notons A= (X ¡ k) et B= (X¡ k) avec 1;:::; a; 1;:::; b2C.
k=1 k=1
Liste de figures 39

Supposons dans un premier temps que 1; 2;:::; a (respectivement 1; 2;:::; b) sont


deux à deux distincts.
a
Q X¡
Pour tout j2J1;aK, on définit le polynôme Pj := k
. On a (Pj )16j6a est une base
j¡ k
k=1
k=j
de C[X]/(A). De plus, pour tout j2J1;aK, il existe Qj 2R[X] tel que
B:Pj = QjA+MA;B (Pj )

Pour tout i2J1;aKnfj g, on a MA;B (Pj )( i)=0 et MA;B (Pj )( j )=B( j )


On en déduit, par interpolation de Lagrange, que
MA;B (Pj )=B( j )Pj

Ainsi,
A;B = det(MA;B )
Ya
= B( j )
j=1
a Y
Y b
= ( i¡ j )
i=1 j=1

Puisque l'ensemble des polynômes sindés à racines simples dense dans l'ensemble des
polynômes scindés, et que l'application (A;B)2C[X]27¡!A;B est continue (car elle est une
composition d'applications continues).
Qa Qa
On a pour A:= (X ¡ k) et B:= (X¡ k), avec 1;:::; a; 1;:::; b2C.
k=1 k=1
On a
b Y
Y a
B;A = ( j ¡ i)
j=1i=1

En particulier, par symétrie :


b Y
Y a
B;A = ( j ¡ i)
j=1i=1
a Y
Y b
= (¡1)( i¡ j )
i=1 j=1

= (¡1)abA;B

Montrons maintenant que det(FA;B )=A;B .


a
P b
P
Notons A= kX k et B= kX , où 0;:::;a; 0;:::; b2C.
k
k=0 k=0
On a alors pour tout n2J0;a¡1K,
FA;B (X n) = B:X n
Xb
= kX
n+k

k=0
40 Liste de figures

Et pour tout n2Ja;a+b¡2K


FA;B (X n) = A:X n¡a
Xa
= kX n¡a+k
k=0

La matrice de FA;B dans la base B=(X n)06n6a+b¡2 est donc :


0 1
0 1 ::: a 0 0 0 ::: 0
B 0 0 1 ::: a 0 0 ::: 0 C
B C
B C
B    C
B    C
B C
B C
B 0 0 ::: 0 0 0 1 ::: a C
matB(FA;B )=B B 0 1
C(Matrice de Sylvester)
B ::: b 0 0 0 ::: 0 C C
B 0 0 1 ::: b 0 0 ::: 0 C
B C
B C
B    C
B    C
@ A
0 0 ::: 0 0 0 1 ::: b
Q b Qa
Pour conclure, il suffit de montrer que det(FA;B )= ( j ¡ i).
j=1i=1
Soient k;l2C. Si l'on remplace A par kA et B par lB, on a :
det (FkA;lB )=kbladet (FA;B )

En effet, les b premières lignes de la matrice sont multipliées par k (contribution de kb),
les a dernières lignes sont multipliées par l (contribution de la).

Par homogénéité, on peut se ramener au cas où A et B sont unitaires. Il suffit donc de


démontrer l'égalité pour :
a
Y b
Y
A(X)= (X¡ i) et B(X)= (X¡ j )
i=1 j=1

où 1;:::; a et 1;:::; b sont les racines respectives de A et B.


On a alors det (FA;B )2C[ 1;:::; a ; 1;:::; b]. Pour tous i2J1;aK et j2J1;bK, ( j ¡ i) divise
det (FA;B ).
Si i= j , alors : A(X)=(X¡ i)A1(X) et B(X)=(X¡ j )B1(X)
On peut construire un vecteur non nul v dans le noyau de FA;B :
v=X bA1¡X aB1

Ce vecteur est non nul car les degrés des polynômes sont différents. Donc FA;B n'est
pas inversible et det (FA;B )=0.
Par les points précédents, on peut écrire :
b Y
Y a
det (FA;B )= ( j ¡ i)
j=1 i=1

où  est une constante dans C.


Pour calculer , considérons le cas particulier où :
A(X)=X a et B(X)=1
Liste de figures 41

Dans ce cas, la matrice FA;B devient triangulaire, et tous les éléments diagonaux sont
égaux à 1.
Donc det (FA;B )=1.
Par conséquent, =1.
On a donc démontré que :
b Y
Y a
det (FA;B )= ( j ¡ i)=A;B
j=1 i=1

zzzzzzz

L'exercice 11 s'intéresse aux composantes connexes d'ensembles de polynômes. Il


demande de décrire les composantes connexes par arcs de certains ensembles de poly-
nômes unitaires à coefficients réels, définis par des conditions sur leurs racines. L'exercice
combine des aspects de topologie et de théorie des polynômes.
Exercice 11. (Composantes connexes d'ensembles de polynômes)
Soit d1 un entier. Soit P l'ensemble des polynômes unitaires de degré d à coefficients
réels.
Décrire les composantes connexes par arcs de
f(f ;x)2P Rjf (x)=0et f 0(x)=
/ 0g:

Décrire les composantes connexes par arcs de


ff 2P j8x2R;f (x)=
/ 0ou f 0(x)=
/ 0g:
Solution. (ZINE Akram)
Si d=1, l'ensemble H est évidemment connexe par arcs car il est convexe. Nous passons
maintenant au cas où d2.
Pour d2, nous allons montrer que les composantes connexes par arcs de
H=f(P ;x)2PdRjP (x)=0;P 0(x)= / 0g sont :
H>0:=f(P ;x)2HjP 0(x)>0g et H<0:=f(P ;x)2HjP 0(x)<0g:

Vérification que H>0 et H<0 sont non vides :


- Pour H>0, on peut prendre P (X)=X d+X, et pour x=0, on a P (0)=0 et P 0(0)=1>0,
donc (P ;0)2H>0.
- Pour H<0, on peut prendre P (xX)=X d¡X, et pour x=0, on a P (0)=0 et P 0(0)=¡1<0,
donc (P ;0)2H<0.

Séparation des composantes :


Considérons la fonction :(P ;x)7!P 0(x), qui est continue sur PdR. Soit C une partie
connexe par arcs de H. (C) doit être un intervalle de R ne contenant pas 0, car P 0(x)=
/0
pour tout (P ;x)2H. Ainsi, (C) est inclus dans R+ ou R¡, et par conséquent, CH>0
ou CH<0.

Connexité de H>0 :
Pour prouver que H>0 est connexe par arcs, nous définissons une fonction continue
f (t) reliant deux éléments quelconques de H>0. Soient (P ;x)2H>0 et (Q;y)2H>0. Nous
définissons f (t) comme suit :
f (t)=(tP (X+x¡(1¡t)y¡tx)+(1¡t)Q(X+y¡(1¡t)y¡tx);tx+(1¡t)y)
42 Liste de figures

Le premier composant, tP (X+x¡(1¡t)y¡tx)+(1¡t)Q(X+y¡(1¡t)y¡tx), est continu


en t grâce à la continuité des polynômes et à la formule de Taylor, tandis que le second
composant, tx+(1¡t)y, est une interpolation linéaire continue entre x et y.
- Pour t=0, on a f (0)=(Q(X);y)2H>0.
- Pour t=1, on a f (1)=(P (X);x)2H>0.
De plus, pour tout t2[0;1],f (t)2H>0.
Ainsi, la fonction f (t) fournit un chemin continu reliant (P ;x) à (Q;y) à l'intérieur de
H>0, prouvant que H>0 est connexe par arcs.

Connexité de H<0 :
Un raisonnement similaire s'applique pour H<0.

En conclusion, les composantes connexes par arcs de H sont H>0 et H<0 si d2. Chaque
partie connexe de H est incluse soit dans H>0, soit dans H<0, et chacune de ces parties
est connexe par arcs.

Composantes connexes par arcs de T :


Soit P l'ensemble des polynômes unitaires de degré d. Définissons l'ensemble T comme
suit :
T =ff 2P j8x2R;f (x)=
/ 0 ou f 0(x)=
/ 0g

Autrement dit, T est l'ensemble des polynômes qui n'ont ni racines multiples, ni racines
où la dérivée s'annule. Nous cherchons à décrire les composantes connexes par arcs de T .

Structure de T et description des composantes connexes :


On note que l'ensemble Tm, défini comme suit :
Tm=ff 2T jnf =mg

où nf représente le nombre de racines réelles distinctes de f , constitue une composante


connexe par arcs de T . Il est également important de noter que Tm est non vide ssi
md(mod 2), avec d étant le degré du polynôme. Autrement dit, le nombre de racines
réelles m doit avoir la même parité que le degré d du polynôme. Dans ce cas, les Tm
présentent exactement les composantes connexes par arcs de T .

Construction de Tm :
Pour mieux comprendre la structure de Tm, considérons l'application suivante :
f :SD!Tm

Où :
 S est l'ensemble des polynômes de degré d¡m qui sont strictement positifs sur tout
R,
 D est l'ensemble des m-uplets de réels distincts et ordonnés de manière croissante.

L'application f est définie par :


m
Y
f (Q;(x1;:::;xm))=Q (X¡xi)
i=1
Liste de figures 43

où Q2S et (x1;:::;xm)2D. Cette application est continue, et comme S et D sont des


ensembles convexes, leur produit cartésien SD est également convexe. Par conséquent,
l'image de f , qui est précisément Tm, est connexe par arcs.
Pour en finir nous souhaitons maintenant montrer que la fonction nP , qui associe à un
polynôme P 2T le nombre nP de ses racines réelles distinctes, est continue. Cela impliquerai
la séparation des composantes connexes.

Preuve de la continuité de nP :
Soit (Pn) une suite de polynômes dans T qui converge vers un polynôme P 2T . Autre-
ment dit, les coefficients de Pn convergent vers ceux de P , ce qui implique que la convergence
est également uniforme sur tout compact. Supposons que P ait m racines réelles dis-
tinctes. Entre chacune de ces racines, le signe de P est constant, puisque P ne s'annule
pas en dehors de ses racines simples.
Pour n suffisamment grand, le polynôme Pn conserve le même signe que P entre ces
racines, par continuité. Par le théorème des valeurs intermédiaires (TVI), Pn doit avoir au
moins m racines réelles, c'est-à-dire nPn nP .

Réciproque (preuve par l'absurde) :


Supposons maintenant que nPn m+1=nP +1 pour une suite Pn. Cela signifierait que
Pn a au moins m+1 racines réelles. Puisque les racines réelles de P sont bornées dans un
intervalle de la forme [¡Md;Md] (où M 1 est une constante dépendant des coefficients
de P ), il existe un M 1 tel que, pour tout n, le vecteur (xn;1;:::;xn;m+1) représentant les
m+1 racines réelles de Pn se trouve dans le compact [¡Md;Md]m+1. Pour voir cela, il
suffit d'annuler le polynôme en l'une de ces racines et de distinguer si la valeur absolue de
la racine est 1.
Ainsi, on peut extraire de cette suite une sous-suite convergente dont les racines tendent
vers y1;:::;ym+1, qui seraient des racines réelles de P . Comme P a exactement m racines
réelles distinctes, il existe un indice i tel que yi=yi+1. Par le théorème de Rolle, il existe
un point zn2[xi;'(n);xi+1;'(n)] tel que Pn0 (zn)=0.
En passant à la limite, zn!yi, ce qui implique que yi est une racine double de P .
Cependant, ceci contredit le fait que toutes les racines de P sont simples. Par conséquent,
la supposition nPn m+1 est fausse, ce qui prouve que nPn nP .

Ainsi, nous avons montré que nPn=nP pour n suffisamment grand, ce qui prouve la
continuité de la fonction nP , et donc la séparation des Tm.
zzzzzzz

Cet exercice traite de l'impossibilité de la densité d'un certain espace de translations.


Il demande d'étudier l'ensemble des translations qui laissent invariant un espace engendré
par les translatés entiers d'une fonction à support compact. L'exercice fait appel à des
notions d'analyse fonctionnelle.
Exercice 12. (Impossibilité de la densité d'un certain espace de translations)
Soit B(R) l'espace vectoriel des fonctions bornées sur R muni de la norme uniforme.
Soit g:R!R une fonction à support compact. On note W (g)B(R) l'espace engendré par
les translatés x7! g(x¡n) pour n2Z.
Etudier l'ensemble t2R tels que W (g) est invariant par translation par t.
Solution. (ZINE Akram)
44 Liste de figures

On suppose que g est non nulle, sans quoi le problème est trivial et G=R. Raisonnons
par l'absurde en supposant que l'ensemble des t2R pour lesquels l'adhérence de W (g),
notée W (g), est invariante par translation, est dense dans R. Autrement dit, supposons
que ce sous-groupe GR soit dense.
Puisque W (g) est invariant par t pour tout t2G, prenons un élément t2G. Par défi-
nition de l'invariance par translation, cela signifie que g(x¡t) peut être exprimée comme
une combinaison linéaire des translatés de g par des entiers, soit :
X
g(x¡t)= ng(x¡n):
n2Z

Notre objectif est maintenant de faire intervenir la transformée de Fourier pour mieux
comprendre cette expression. Définissons une suite de sommes partielles
X
gN (x¡t)= ng(x¡n)
jnjN

qui converge uniformément vers g(x¡t), car g est bornée et de support compact. Cela
signifie que gN est majorée par une fonction de support compact f pour tout N et tout x.
Ainsi, nous pouvons appliquer le théorème de convergence dominée pour justifier l'inter-
version entre la transformée de Fourier et la limite, en concluant que la transformée de
Fourier de gN converge vers la transformée de Fourier de g lorsque N!1.
Lemme 1.
La transformée de Fourier d'une fonction g à support compact est analytique.

Preuve du lemme 1.
La transformée de Fourier d'une fonction g à support compact est donnée par :
Z a
g^()= g(t)e¡2it dt;
¡a

où g est à support dans [¡a;a].


Nous pouvons développer l'exponentielle complexe en série de Taylor :
X (¡2it)k
e¡2it=
k!
k0

Ainsi,
0 1
Z a X (¡2it)k
g^() = g(t)@ Adt
¡a k!
k0
X Z a
(¡2it)k
= k g(t) dt
¡a k!
k0

où l'interversion de la somme et de l'intégrale est permise par la convergence de


Z aX
(¡2it)k
jg(t)j dt
¡a k!
k0

Cela montre que g^() est exprimée comme une série entière en , ce qui signifie que
g^() est analytique en tant que fonction de la variable complexe  dans le plan complexe.
Utilisons le lemme suivant pour montrer qu'il existe  et +1, telles que g^() et g^(+1)
soient non nulles.
Liste de figures 45

D'après le lemme précédent, si la transformée de Fourier est non nulle, alors elle est
analytique, et donc ses zéros sont isolés. Si g^ ne s'annule pas, la démonstration est terminée.
Sinon, il existe un  tel que g^()=0. Comme les zéros sont isolés, il existe  0>0 tel que
pour tout 2]0; 0], on ait g^(+)=
/ 0.

D'autre part, pour la même raison, il existe t2]0; 0] tel que g^(+1+t)=
/ 0.
Finalement, il existe  et +1, telles que g^() et g^(+1) soient non nulles.
La transformé de Fourier donne :
!
X
g^() e¡2it ¡ ne
¡2in =0:

. n2Z

En prenant les valeur pour g^() et g^(+1) et on observant que e¡2in est périodique
de période 1. On obtient que e¡2it=1, et donc t2Z.
Reprenons le cas où g^=0. Ceci implique, par injectivité de la transformée de Fourier,
que g=0 presque partout au sens de la mesure de Lebesgue.
Soit S le support de g. Montrons qu'il existe x2S, et t2G n2Z, x¡n¡t2 / S.
Raisonnons par l'absurde et supposons que
8x2S ;8t2G;9n2Z;x¡n¡t2S

Ainsi, G+SZ+S. Posons A=Z+S est fermé. En effet, soit (xn)2AN tel que (xn)
converge vers x.
Ainsi, il existe (zn)2ZN et il existe (sn)2S N telles que xn=zn+sn.
La suite (zn) est bornée car S est compact et (xn) converge. Il existe donc une extractrice
 telle que (z(n)) converge vers z2Z . (s(n)) converge vers s2S. Ainsi, (x(n)) converge
vers z+s.
Donc, (xn) converge vers z+s.
Ce qui montre que A est fermé et dense, car il contient S+G et donc A=R.

Or, puisque la mesure de Lebesgue de S est nulle(comme on a supposé que g^ est nulle),
alors la mesure de Lebesgue de A l'est aussi. Contradiction.
Ainsi, il existe x2S et t2G, tels que pour tout n2Z; x¡n¡t2 /S
Écrivons
X
g(x)= ng(x¡n¡t)
n2Z

On trouve que g(x)=0, ce qui est absurde car x2S. Ainsi, G est discret. Comme il
contient Z, on en conclut que G=Z.
zzzzzzz

L'exercice 13 porte sur la valuation p¡adique d'un produit. Il demande de majorer


la valuation p¡adique d'un produit spécifique impliquant des puissances d'un nombre
premier distinct de p. L'exercice fait appel à des notions d'arithmétique et de théorie des
nombres p-adiques.
Exercice 13. (Valuation p-adique d'un produit)
Soient p et q deux entiers premiers distincts. Montrer qu'il existe une constante c>0
(que l'on estimera) tel que pour tout entier m>0, la valuation p-adique du produit
N (m)=(q¡1)(q 2¡1):::(q m¡1);
est majorée par c:m:log m.
46 Liste de figures

Solution. (ZINE Akram)


Lemme 1. (LTE : Lifting The Exponent)
Soit p un nombre premier, x and y des entiers, n>0, tels que pj(x¡y) mais p-x et p-y.
Alors
(1) Si p est impair,
vp(xn¡y n)=vp(x¡y)+vp(n);

(2) : Si p=2 et n est pair,


v2(xn¡y n)=v2(x¡y)+v2(n)+v2(x+y)¡1:

(3) Si p=2 et n impair,


v2(xn¡y n)=v2(x¡y):

Preuve du lemme 1.
Cas de base (p impair et n est impair).
Supposons que pj x;pj y;pj n; et pjx¡y: Alors xy(mod p), ce qui implique :

xn¡1+xn¡2 y+xn¡3 y 2+:::+y n¡1nxn¡1


/ 0(mod p)

En utilisant la formule de Bernoulli :


xn¡y n=(x¡y)(xn¡1+xn¡2 y+:::+y n¡1)

On peut conclure que p(xn¡y n)=p(x¡y).


Cas général (p impair)
Pour n=p, il faut montrer que :
p(x p¡y p)=p(x¡y)+1

On a :
x p¡1+x p¡2 y+:::+y p¡1px p¡10(mod p)

mais ce n'est pas un multiple de p2, d'où le résultat.


En écrivant n sous la forme pab où p-b, le cas de base donne :
a a a a
p(xn¡y n)=p((x p )b¡(y p )b)=p(x p ¡y p )

Par récurrence sur a, on obtient :


a a
p(x p ¡y p )=p(x¡y)+a

Cas p=2 et n pair


Si 4j(x¡y) alors
2(xn¡y n)=2(x¡y)+2(n)

En effet pour chaque nombre premier p tel que pgcd (n;p)=1 et pj(x¡y) mais p-x et
p-y on a
p(xn¡y n)=p(x¡y)
Liste de figures 47

. Ainsi il suffit de prouver l'égalité


2(xn¡y n)=2(x¡y)+2(n)
pour les n qui sont des puissances de 2. La preuve est directe par récurrence en utilisant
le fait que (a2¡b2)=(a¡b)(a+b). Dans le cas général on a 4j(x2¡y 2) et n=m:2k et une
récurrence permet de conclure.
Cas p pair et n impair
Regarder le cas de base au début de la preuve
Lemme 2. (Formule de Legendre)
X1  
n
p(n!)=
pi
i=1

Preuve du lemme 2. j k
n
On peut dire que p(n!) est le nombre de multiples de p inférieurs à n, ou p .
Cependant, les multiples de pj2 neksont comptés qu'une fois, alors qu'on doit les compter
n
deux fois. Donc on ajoute donc . Mais cela compte p3 deux fois, alors qu'on doit les
p2
j k 1
 
n P n
compter trois fois. Donc on ajoute p3 . On continue ainsi jusqu'à ce que p(n!)= i
.
i=1 p
Cela est vrai puisque la somme est finie.
Soit
A=fn2[1;m];pjq n¡1g

On suppose que A est non vide, sans quoi la majoration est directe. Soit
l=min(A)

On trouve par division euclidienne que


8k2A; ljk

En notant le produit par


m
Y
N (m):= (q k ¡1)
k=1

on trouve :
m
blc
X
p(N (m))= p(q kl¡1)
k=1

Si p est impair, d'après LTE on a :


m
blc
X m
p(N (m))= (p(q l¡1)+p(b c!)
l
k=1

D'après la formule de Legendre. On a :


m m
p(b c!
l l(p¡1)

On pourrait affiner à
m m¡1
p(b c!
l l(p¡1)
48 Liste de figures

mais on se contentera de la première inégalité, vu qu'on ne nous demande pas de trouver


la meilleure constante de majoration.
On trouve alors que :
m
pN (m)mlog p(q)+
l(p¡1)

On trouve ainsi une majoration linéaire avec :


1
clinéaire=log p(q)+
l(p¡1)

et une majoration logarithmique avec :


clinéaire
clog=
log (2)

car m est supérieur à 1.


Si p est pair, on a
m
b
m
c/2 $ m
%! b
b
l
c¡1
c
X
l blc X 2
2N (m)= (2(q l ¡1))+2 ! + (2(q l ¡1))
2
k=1 k=1
1
On trouve ainsi en majorant 2
par 1 une majoration linéaire avec :
1
clinéaire=log p(q)+
l(p¡1)

et une majoration logarithmique avec :


clinéaire
clog=
log (2)
zzzzzzz

Cet exercice s'intéresse aux générateurs d'un groupe de matrices. Il demande de prouver
qu'un certain sous-groupe de GL2(Z) est engendré par deux matrices spécifiques. L'exercice
fait appel à des notions de théorie des groupes et d'algèbre linéaire.
Exercice 14. (Générateurs d'un groupe de matrices)  
a b
Soit G le sous-ensemble de GL2(Z) des matrices à coefficients entiers telles
c d
que ad1¡c1(mod 3) et ad¡bc=1.    
1 1 1 0
Montrer que G est un sous-groupe engendré par A= et B= .
0 1 3 1
C'est une variante, à peine plus subtile, d'un résultat analogue sur SL2(Z).
Solution. (SABIR Ilyass)    
Soit H le sous-groupe de G engendré par A= 10 1
1
et B= 1 0
3 1
.
Montrons que H=G.
On a pour tout n;m2Z  
1 n
A =
n
0 1

Et  
1 0
B m=
3m 1
Liste de figures 49

Ces matrices
 sont
 dans G, et comme G est stable par produit, donc H G.
a b
Soit M = c d 2G.
Considérons l'ensemble E des matrices de la forme MQ avec Q2H. Toutes ces matrices !
0 0
sont dans G, car G est stable par produit. Parmi ces matrices, choisissons A0= ac 0 db 0 qui
minimise ja 0j.
Pour tous m;n2Z, définissons :
A00 := A0A¡nB ¡m
!  
a0 b 0 1 ¡n 1 0
=
c0 d0 0 1 ¡3m 1
 0 
a ¡3m(b 0¡na 0) 
=
 

Par minimalité de ja 0j, on a pour tout m;n2Z :


ja 0jja 0¡3m(b 0¡na 0)j

Supposons que pour tout n2Z, b 0¡na 0=


/ 0. Choisissons n02Z l'entier le plus proche de
b0
a0
. Alors :
0 < jb 0¡n0a 0j
b0
= ja 0jj 0 ¡n0j
a
1
6 ja j
0
2
a0
Choisissons ensuite m02Z l'entier le plus proche de 3(b 0¡n0a 0)
. On obtient :

ja 0j 6 ja 0¡3m0(b 0¡n0a 0)j


a0
= 3jb 0¡n0a 0jj 0 ¡m0j
3(b ¡n0a 0)
1 1
< 3 ja 0j
2 2
3 0
= ja j
4

Ceci est absurde, car a 0=


/ 0 (car a 01(mod 3)). !
a0 0
Donc, il existe n2Z tel que b 0=na 0. En prenant m=0, on a : A00=A0A¡n= c0 d0
2G
Comme A002G, on a a 0d 0=1 et a 0d 01(mod 3). Donc a 0=d 0=1.
Posons c 0=3q avec q2Z. Alors :
 
1 0
A =
00 =B q
3q 1

On a donc : A0=B qAn, et comme A0=MQ avec Q2H, on obtient : M =B qAnQ¡12H


D'où G=H
Ainsi, G est bien le sous-groupe de GL2(Z) engendré par A et B.

zzzzzzz
50 Liste de figures

Cet exercice porte sur les angles d'un pavage. Il étudie un sous-groupe du groupe des
isométries du plan complexe, demandant de prouver que l'ensemble des dérivées en 0 des
éléments du groupe est fini et que son cardinal divise 6. L'exercice fait appel à des notions
de géométrie complexe et de théorie des groupes.
Exercice 15. (Angles d'un pavage)
Soit G=fz!az+b j a;b2C; jaj=1g. C'est un sous-groupe du groupe des bijections C!C
muni de la composition. Soit H G un sous-groupe contenant deux translations selon des
vecteurs b1;b22C formant une famille libre sur R. On suppose de plus que pour tout h2H,
soit h(0)=0, soit jh(0)j1.
Montrer que l'ensemble fh 0(0) j h2H g est fini.
Montrer que le cardinal de cet ensemble divise 6.
Solution. (ZINE Akram)
Lemme 1.
Soit ¡C un sous-groupe discret de C. Alors, on peut construire une base b1;b2 pour
ce réseau.
Définition 1. (Parallélépipède fondamental fermé)
Soient b1;b22C des vecteurs linéairement indépendants. Le parallélépipède fondamental
fermé associé à ces vecteurs est défini comme :
P(b1;b2)=fx1b1+x2b2j0x1;x21g:

Preuve du lemme 1.
Choisissons x2¡ tel qu'il n'y ait aucun autre vecteur du groupe entre le vecteur nul et x.
Posons b1=x. Il suffit de considérer l'infimum des modules et de prendre un élément
qui l'atteint. Un tel élément existe car le groupe est discret (et donc fermé).
Choisissons maintenant un vecteur y qui n'est pas dans Vect(b1;b2).
Considérons le parallélépipède fondamental fermé P(b1;y). Ce parallélépipède contient
au moins un point du groupe (à savoir y) et un nombre fini de points du groupe. Choisissons
un vecteur z2P(b1;y)nVect(b1) tel que la distance
dist(z;Vect(b1))

soit la plus petite. Nous pouvons faire cela car il y a seulement un nombre fini de points
à choisir par compacité du parallélépipède et par discrétion du sous-groupe. Posons b2=z.
Il reste à montrer que tout vecteur z2¡ peut être exprimé comme une combinaison
linéaire entière de b1;b2, c'est-à-dire que
¡fx1b1+x2b2jx1;x22Zg:

Soit z=z1b1+z1b12¡ un vecteur quelconque du réseau, où z1;z22R. Posons


z0=bz1cb1+bz2cb22¡. Alors, z¡z02¡.
Nous allons montrer que les coefficients z1;z2 doivent être des entiers. Exprimons z¡z0
comme suit :
z¡z0=(z2¡bz2c)b2+Vect(b1)=(z2¡bz2c)b~2+Vect(b1);

où b~2 est le vecteur projeté de b2 orthogonal à Vect(b1).


Maintenant,
dist(z¡z0;Vect(b1))=(z2¡bz2c)kb~2k:
Liste de figures 51

De même,
dist(b2;Vect(b1))=kb~2k:

En outre, comme 0z2¡bz2c<1, nous avons :


dist(z¡z0;Vect(b1))<dist(b2;Vect(b1)):

Mais comme b2 a été choisi comme le vecteur le plus proche de Vect(b1), cela implique
que z¡z0 doit être linéairement dépendant de b1. Donc, z2¡bz2c=0, ce qui signifie que
z22Z.
De manière similaire, on obtient z1¡bz1c=0 car jz¡z0j=j(z1¡bz1c)b1j<jb1j

Soit H 0 le sous-groupe de H constitué des translations.


Soit ¡ le sous-groupe de C constitué des vecteurs associés aux translations de H 0. ¡
/ b 0 on a jb¡b 0j1.
est discret, car pour tout b;b 02H 0;b=
Le lemme nous permet de construire une nouvelle base (b10 ;b20 ), telle que pour tout b2V ,
il existe (m;n)2Z tel que b=mb10 +nb20 .
Ainsi, toute translation dans H peut s'écrire comme :
z7!z+mb10 +nb20 ; m;n2Z:

Le sous-groupe des translations forme donc un réseau discret dans C, noté par
0=fmb10 +nb20 jm;n2Zg

Pour tout c20, où 0=fmb10 +nb20 jm;n2Zg, considérons la conjugaison :

htch¡1(z)=h(h¡1(z)+c)=z+ac;

où tc(z)=z+c et h(z)=az+b.
Par conséquent,
a00:

et donc en considérant a¡1 :


a0=0:

Soit A la matrice de rotation associée :


 
cos() ¡sin()
A= ;
sin() cos()

où 2[0;2[, On a A0=0. Soit f l'endomorphisme canoniquement associé à A, alros


f (0)=0

Cela signifie que f doit envoyer chaque vecteur de la base (b10 ;b20 ) sur une combinaison
entière de b10 et b20 .
Soit M la matrice de f dans la base (b10 ;b20 ).
La trace de la matrice A est donnée par :
Tr(A)=Tr(M )=2cos()
52 Liste de figures

Comme Tr(M )2Z, alors 2cos () doit également être un entier.
Les seules valeurs possibles de 2cos () pour  réel sont :
2cos ()2f¡2;¡1;0;1;2g:

Cela correspond aux angles  suivants, modulo 2 :


 
  2
2 0; ; ; ; :
3 2 3

Parmi les angles possibles, l'angle droit ne préserve pas le réseau 0 si le parallélo-
gramme de base n'est pas un carré. On peux se ramener à cette possibilité en considérant,
en cas d'égalité des longueurs, une nouvelle base (b10 ;b10 +b20 ).
 2
Les angles =0; 3 ; 3 ; correspondent à des racines de l'unité dont l'ordre divise 6 :
 2
=0 (ordre 1); = (ordre 6); = (ordre 3); = (ordre 2):
3 3

Ainsi, l'ordre de chaque élément de A doit diviser 6. Et donc AU6. Ainsi l'ordre de
A divise 6.
zzzzzzz

L'exercice 16 s'intéresse aux valeurs rationnelles du cosinus. Il demande de décrire


l'ensemble des nombres rationnels r tels que cos(r) est rationnel. Cet exercice combine
des aspects de trigonométrie et de théorie des nombres algébriques.
Exercice 16. (Valeurs rationnelles du cosinus)
Décrire l'ensemble des nombres rationels r tels que cos(r) soit rationel.
Solution. (SABIR Ilyass)
Notons S=fr2Q j cos(r)2Qg.
Puisque pour tout n2Z, on a cos((n+r))=(¡1)ncos(r), alors
S=(S\[0;1[)+Z

On peut donc se concentrer seulement sur les nombres rationnels r2[0;1[ tels que
cos(r)2Q.
Soit r2Q\[0;1[ tel que cos(r)2Q.
Si r=0, on a cos(r)=12Q. Dans toute la suite, on suppose que r>0.
r p q
Notons 2 = q avec p;q2N tels que q>2, p< 2 et p^q=1.
p
2i q
On a alors, eir=e , qui est une racine primitive q-ème de l'unité. Donc eir annule :
Y  2i
k
q= X¡e q
k2J1;qK
k^q=1

Lemme 1. (Classique)  
Q 2i
k
Pour tout n2N, n:= X¡e n est irréductible dans Q[X].
k2J1;qK
k^q=1
Preuve du lemme 1.
Liste de figures 53

Nous allons démontrer ce lemme en utilisant le critère d'Eisenstein après un changement


de variable approprié.
Définissons le polynôme
n(X)=n(X+1)

Les racines de n(X) sont les nombres

k =e
2ik/n
¡1;où k^n=1

On peut montrer facilement que les polynômes cyclotomiques ont des coefficients entiers,
par suite n(X)2Z[X].
Soit p un nombre premier tel que p divise n mais p2 ne divise pas n. Cela signifie que
p est un facteur premier de n apparaissant avec multiplicité 1 dans la décomposition en
facteurs premiers de n.
Nous allons montrer que n(X) satisfait le critère d'Eisenstein pour le nombre premier
p:
1. Tous les coefficients ai pour i1 sont divisibles par p.
2. Le coefficient dominant a0 n'est pas divisible par p.
3. Le terme constant an n'est pas divisible par p2.

Les coefficients de n(X) sont des sommes symétriques des racines k. Pour i1, les
coefficients sont donnés par :
X
ai=(¡1)i k1 ki:
1k1<:::<ki '(n)

On va montrer que p divise chaque ai pour i1.


Les racines k peuvent être exprimées en termes de sommes de racines de l'unité, et en
exploitant les propriétés des sommes cyclotomiques modulo p, on montre que les sommes
symétriques sont divisibles par p.
Le coefficient dominant a0 est égal à 1, car n(X) est un polynôme unitaire. Donc, p
ne divise pas a0.
Le terme constant an est donné par
'(n)
Y
an =(¡1)n k:
k=1

on doit montrer que p2 ne divise pas an.


Le terme constant est le produit des k=e2ik/n¡1. On peut montrer que modulo p,
ce produit est congru à p ou ¡p, mais pas divisible par p2.
En effet, k^n=1, les nombres k parcourent un système complet de représentants des
unités modulo n. Quand on réduit modulo p, les racines e2ik/n deviennent des racines
primitives p-ièmes de l'unité, et on peut utiliser des identités classiques des racines de
l'unité pour établir la non-divisibilité par p2.
Étant donné que toutes les conditions du critère d'Eisenstein sont satisfaites pour
n(X), on conclut que n(X) est irréductible dans Q[X].
Comme n(X) est irréductible dans Q[X] et que n(X)= n(X ¡1), il en résulte que
n(X) est également irréductible dans Q[X].
D'où le lemme.
54 Liste de figures

On a pour tout k2J1;q¡1K si k^q=1, alors (q¡k)^q=1.


Y  k
2i q
q = X¡e
k2J1;qK
k^q=1
Y  k  (q¡k) 
2i q 2i
= X¡e X¡e q
q  q y
k2 1; 2
k^q=1
Y    
k
= X 2¡2cos 2 X+1
q  q y q
k2 1; 2
k^q=1
 
p
Puisque cos(r)=cos 2 q 2Q, alors X 2¡2cos(r)X+12Q[X], alors par irréductibi-
lité de q, on a
q=X 2¡2cos(r)X+1

En particulier deg(q)=2.
D'autre part,
X
deg(q)= 1='(q)
k2J1;qK
k^q=1

Avec ' désigne l'indicatrice d'Euler.


Ainsi, q2N, vérifie l'équation, '(q)=2.
D'après le théorème fondamental de l'arithmétique, on a l'existence de ; 2N et
a1;:::;ar 2N et p1;:::;pr >3 des nombres premiers tels que
r
Y
q=2 3 pai i
i=1

On a, alors
r
Y
'(q)=2 3 ¡1 (pi¡1)pai i¡1
i=1
r
Q
Or, 2 3 ¡1 (pi¡1)pai i¡1=2 si et seulement si r=0 et =1 et =1, ainsi
i=1
q=6

r 1
Par suite 2 = 6 . (Car p2f1;2;3g avec p^q=1, donc p=1)
1 ¡ 1
Ainsi r= 3 , réciproquement cos 3 = 2 .
Par suite  
1
S= 0; +Z
3

n D'où les oseuls rationnels r2Q tel que cos(r)2Q sont décrits par l'ensemble
1
n;n+ 3 jn2Z .

Commentaire.
Liste de figures 55

On a utilisé des résultats très classiques de la théorie des nombres algébriques. Pour
plus de détails sur les méthodes utilisées dans cet exercice, vous pouvez consulter l'énoncé
de X/ENS, épreuve Math A, MP, 2019.
zzzzzzz

Cet exercice, intitulé Théorème de Peano", traite des wronskiens et de leurs propriétés.
Il demande de prouver une condition suffisante pour que des fonctions forment une famille
liée, basée sur leurs wronskiens. L'exercice fait appel à des notions d'analyse et d'algèbre
linéaire.
Exercice 17. (Théorème de Peano)
Soit I R un intervalle ouvert non vide. Soit C r(I) le R-espace vectoriel des fonctions
sur I à valeurs réelles continuellement dérivables r fois. Pour toutes fonctions f1;:::;fr 2C r(I)
on définit une fonction I!R par :
f1  fr
f10  fr0
W[f1;:::;fr]=   :
 
(r¡1) (r¡1)
f1  fr

Soient f1;:::;fr 2C r(I). On note W =W[f1;:::;fr] et, pour 1ir,


Vi=(¡1)iW[f1;:::;fi¡1;fi+1;:::;fr]:

Montrer que si Vr ne s'annule pas sur I et si W 0, alors les f1;:::;fr forment une famille
liée.
Solution. (ZINE Akram)
Dans le Wronskien :
f1 f2  fn
f10 f20  fr0
V=    
   
(r¡1) (r¡1) (r¡1)
f1 f2  fr
On désigne par V1;V2;:::;Vr les mineurs correspondants aux éléments de la dernière ligne.
On a alors :
(i) (i) (i)
V1 f1 +V2 f2 +:::+Vrfr =0 (i=0;1;:::;r¡1) (1)

Il suffit de développer par rapport à la dernière ligne pour i=r¡1. Pour les autres
valeurs de i, on peut modifier la matrice liée à V en mettant dans la dernière ligne le
(i) (i)
vecteur (f1 ;:::;fr ). Cette ligne apparaît forcément comme une duplication d'une ligne
précédente, et donc le déterminant reste toujours nul.

Développons de la même façon par rapport à la première colonne. On obtient :


r¡2
X
(r¡1) (i)
81kr; w=Vrfk + ifk =0
i=0

où les i sont les mineurs liés aux r¡1 premiers éléments de la première colonne.
Comme Vr ne s'annule pas, les fk sont solutions d'une équation différentielle d'ordre
r¡1.
56 Liste de figures

D'après l'équation (1), on a 80ir¡1 :


Xr¡1
(i) Vk(0) (i)
fr (0)=¡ f (0):
Vr(0) k
k=1

D'où, d'après le théorème de Cauchy, on trouve que :


Xr¡1
Vk(0)
fr(x)=¡ fk(x):
Vr(0)
k=1

D'où le résultat.

Autre méthode :
En différenciant chacune des r¡1 premières identités de l'équation (1) et en les sous-
trayant à la suivante, nous obtenons :
(i) (i) (i)
V10 f1 +V20 f2 +:::+Vr0 fr =0 (i=0;1;:::;r¡2):

Ajoutons maintenant ces identités ensemble, après avoir multiplié la i-ème d'entre elles
(pour i=1;2;:::;r¡1) par le premier mineur de Vr, noté V~1, correspondant à f1
(i¡1)
. Cela
donne :
Xr Xr¡1
V~1 fk
(i¡1)
Vk0 =0:
k=1 i=1
Pr¡1 ~ (i¡1)
La somme i=1 V1 fk est nulle sauf pour k=1 et k=r, où elle vaut respectivement
Vr et ¡V1. Nous obtenons alors :
V10Vr ¡Vr0V1=0:

V1
Puisque Vr ne s'annule pas sur I, en considérant que la dérivée de Vr
est nulle, on trouve
des constantes c1;:::;cr¡1 telles que :
V1=¡c1Vr ; V2=¡c2Vr ; :::; Vr¡1=¡cr¡1Vr:

Par conséquent, l'identité :


V1 f1+V2 f2+:::+Vrfr=0

peut être écrite sous la forme :


Vr(¡c1 f1¡c2 f2¡:::¡cr¡1 fr¡1+fr)=0:

Et, puisque Vr ne s'annule pas, on trouve que :


fr=c1 f1+c2 f2+:::+cr¡1 fr¡1:
zzzzzzz

L'exercice 18 introduit une distance sur les matrices symétriques définies positives.
Il demande de prouver certaines propriétés de cette distance, notamment son invariance
par conjugaison. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de géométrie des
espaces de matrices.
Exercice 18. (Une distance sur les matrices symétriques)
Liste de figures 57

On note Sn++ l'ensemble des matrices réelles symétriques de taille n définies positives.
Montrer que pour toute paire A;B2Sn++, il existe G2GLn(R) tel que B=GAGt.
Pour toute fonction f :R+!R et A2Sn++, donner un sens à f (A). À l'aide de cette
définition, on pose
d(A;B)=klog (A¡1/2BA¡1/2)k;

où k:k est la norme d'opérateur relative à la norme euclidienne sur Rn. Montrer que
d(GAGt;GBGt)=d(A;B)

pour tout G2GLn(R), puis que d définit une distance sur Sn++.
Solution. (ZINE Akram)
Soit R2Sn++ tel que A=RTR et soit S2Sn++ tel que B=S 2. On pose G=R¡1S2GLn(R).
Alors, nous avons :
GTAG=S(R¡1RR¡1)S=S 2=B:

Ainsi, pour toute paire A;B2Sn++, il existe G2GLn(R) tel que B=GTAG.

Soit G2On (R) et 1;:::;n>0 tels que A=GDiag(1;:::;n)G¡1. On définit :


f (A)=GDiag(f (1);:::;f (n))G¡1:

Pour montrer que cette définition ne dépend pas de la décomposition, soit R+ le
spectre de A. Il existe un polynôme interpolateur de Lagrange Q2R[X] tel que :
82; f ()=Q():

Ainsi,
f (A)=GDiag(Q(1);:::;Q(n))G¡1:

Soit R2Sn++ tel que R2=A. Alors, R¡1BR¡12Sn++, et on note ses valeurs propres par
0<1:::n. On a :
hBy;yi hBy;yi
n=sup ; 1= inf :
y=
/0 hAy;yi y=/ 0 hAy;yi

La matrice S=ln (R¡1BR¡1) a pour valeurs propres ln (1);:::;ln (n). La distance est
alors définie par :  
hBy;yi
d(A;B)=max (jln (1)j;jln (n)j)=sup ln :
y=
/0 hAy;yi

Montrons que d(GTAG;GTBG)=d(A;B) pour tout G2GLn(R). On a :


 T 
hG BGY ;Y i
d(G AG;G BG) = sup ln
T T
Y=
/0 hGTAGY ;Y i
 
hBGY ;GY i
= sup ln
Y=
/0 hAGY ;GY i
 
hBZ ;Z i
= sup ln
Z=
/0 hAZ ;Z i
= d(A;B)
58 Liste de figures

Ainsi, la distance est invariante par changement de base.


Vérification des propriétés de distance
- Symétrie : Il est clair que d(A;B)=d(B ;A)0.
- Séparation : Si d(A;B)=0, alors ln (R¡1BR¡1)=0, donc R¡1BR ¡1=In, ce qui
implique A=B.
Pour l'inégalité triangulaire, soit C2Sn++. Pour tout Y 2Mn;1(R)nf0g :
hBY ;Y i hBY ;Y i hCY ;Y i
=  :
hAY ;Y i hCY ;Y i hAY ;Y i

En appliquant le logarithme, on obtient :


     
hBY ;Y i hBY ;Y i hCY ;Y i
ln  ln + ln :
hAY ;Y i hCY ;Y i hAY ;Y i

En prenant la borne supérieure, on obtient :


d(A;B)d(A;C)+d(C ;B):

n
Cela prouve que d(A;B) définit bien une distance sur S++(R).
zzzzzzz

Cet exercice porte sur la norme de l'inverse d'une matrice à lignes unitaires. Il demande
de prouver une borne sur la norme de l'inverse d'une telle matrice, sous certaines conditions
sur la distance entre ses lignes. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et
d'analyse matricielle.
Exercice 19. (Norme de l'inverse d'une matrice à lignes unitaires)
Soit A une matrice réelle carrée de taille n1 donc les lignes L1;:::;Ln sont des vecteurs
unitaires. Soit >0 tel que, pour tout 1in, la distance euclidienne de Li au sous espace
engendré par les Lj , avec j=/ i, est minorée par . P
Montrer que A est inversible et que kA¡1xk2¡1kxk1, pour tout x2Rn, où kxk1= i jxij
P
et kxk22= i x2i .
Solution. (SABIR Ilyass)
Commençons par montrer que la matrice A est inversible.
Supposons par l'absurde que A n'est pas inversible. Alors, les lignes de A sont linéaire-
ment dépendantes, c'est-à-dire qu'il existe des scalaires 1; 2;:::; n, non tous nuls, tels que :
Xn
iLi=0
i=1

Choisissons un indice i0 tel que i0=


/ 0. On peut alors écrire :
n
1 X
Li0=¡ jLj :
i0
j=1
j=
/ i0

Ainsi, Li0 appartient au sous-espace vectoriel engendré par les Lj avec j= / i0. Cela
contredit le fait que la distance de Li0 à ce sous-espace est strictement supérieure à ">0.
Par conséquent, A est inversible.

Soit x=(x1;x2;:::;xn)>2Rn. Nous allons montrer que :


1
kA¡1xk2 kxk1;
"
Liste de figures 59

Pn Pn
où kxk1= i=1 jxi j et kxk2=( i=1 x2i )1/2.
Notons Cj (A¡1) la j-ième colonne de A¡1. On peut écrire :
Xn
A¡1x= xjCj (A¡1):
j=1

Par l'inégalité triangulaire, on obtient :


n
X
kA¡1xk2 jxj jkCj (A¡1)k2:
j=1

Il suffit donc de majorer kCj (A¡1)k2 pour chaque j.


Considérons l'identité matricielle :
AA¡1=In ;

En exprimant cette identité ligne par ligne, pour chaque i2f1;:::;ng, on a :

Li(A)A¡1=e>
i ;

où e>
i est le vecteur ligne ayant un 1 en i-ème position et des zéros ailleurs.
Cela signifie que pour chaque i et j :
Li(A)Cj (A¡1)=ij ;

où ij est le symbole de Kronecker (égal à 1 si i=j et 0 sinon).


Ainsi, pour j= / i, on a :
Li(A)Cj (A¡1)=0;

ce qui implique que Cj (A¡1) est orthogonal à Li(A).


Pour j=i, on a :
Li(A)Ci(A¡1)=1:

Puisque les lignes Li(A) sont des vecteurs unitaires, la distance i de Li(A) au sous-
espace engendré par les Lj (A) avec j=
/ i est donnée par :
1
i= :
kCi(A¡1)k2

En effet, Ci(A¡1) est un vecteur normal au sous-espace engendré par les Lj (A) avec
/ i, et sa norme est l'inverse de la distance de Li(A) à ce sous-espace.
j=
Étant donné que i ", on obtient :
1
kCi(A¡1)k2 :
"

Cette inégalité est valable pour tout i2f1;:::;ng.


En combinant les résultats précédents, on a :
Xn n
1X 1
kA¡1xk2 jxj jkCj (A¡1)k2 jxj j= kxk1:
" "
j=1 j=1
60 Liste de figures

Ainsi, pour tout x2Rn, on a bien démontré que :


1
kA¡1xk2 kxk1:
"
zzzzzzz

L'exercice 20 traite de la construction de suites de disques et de carrés. Il demande


de prouver l'existence de suites de carrés dans un disque et de disques dans un carré,
satisfaisant certaines conditions sur leurs aires et leurs intersections. L'exercice fait appel
à des notions de géométrie et d'analyse.
Exercice 20. (Disques et carrés)
Soit D le disque fermé de centre 0 et rayon 1 dans R2. Montrer qu'il existe une suite
C0;C1;::: de carrés de R2 tels que :
1. 8i0;CiD;
/ j)C
2. 8i;j0: i= i\Cj =?;
P
3. i0 Aire(Ci)=.

Soit C=[¡1;1]2. Montrer qu'il existe une suite D0;D1;::: de disques de R2 tels que :
1. 8i0;DiC;
2. 8i;j0:i=/ j)Di\Dj =?;
P
3. i0 Aire(Di)=4.

Solution. (ZINE Akram)


Lemme 1. Pour chaque point (x;y)2R2 et pour tout entier n1, il existe au plus
deux carrés dyadiques de taille 2¡n qui contiennent le point (x;y), et ce point ne peut être
intérieur à deux carrés en même temps.
Preuve du lemme 1.
Un carré dyadique de taille 2¡n dans R2 est de la forme :
   
k1 k1+1 k2 k2+1
Ck1;k2= n ; n  n ; n ;
2 2 2 2

où k1;k22Z. Les carrés dyadiques forment une grille qui couvre tout le plan.
Pour chaque point (x;y)2R2, nous devons trouver les indices k1;k22Z tels que le carré
dyadique Ck1;k2 contient le point. Le critère pour que (x;y) soit dans ce carré est :
k1 k +1 k2 k +1
x< 1 n et y< 2 n :
2 n 2 2 n 2

Les indices k1 et k2 qui satisfont les inégalités ci-dessus sont donnés par :
k1=b2nxc et k2=b2nyc;

où bc est la fonction partie entière.

1- Pour montrer qu'il existe une suite fCi gi0 de carrés vérifiant les conditions données,
nous allons construire cette suite en nous basant sur des carrés dyadiques.
Liste de figures 61

p
2
Considérons une suite de disques fermés Dn de centres 0 et de rayons 1¡ 2n pour n1.
Ce rayon est choisi pour que chaque carré de coté 2¡n soit contenu à l'intérieur du disque
unité.
Chaque disque Dn est contenu dans le disque D de rayon 1, et lorsque n!1, les rayons
de ces disques tendent vers 1, couvrant ainsi tout le disque D.
Pour chaque disque Dn, nous choisissons un ensemble fini de carrés dyadiques de côté
2¡n pour le couvrir, conformément au lemme. Chaque carré dyadique est de la forme :
   
k1 k1+1 k2 k2+1
;  n; n ;
2n 2n 2 2
où k1;k22Z. Comme Dn est de taille finie, il peut être couvert par un nombre fini de ces
carrés dyadiques de cotés 2¡n.
Nous commençons par couvrir le plus petit disque C1 en utilisant des carrés dyadiques
1
de côté 2¡1= 2 .
Ensuite, pour chaque disque suivant Dn+1, nous conservons tous les carrés utilisés pour
couvrir Dn et nous ajoutons de nouveaux carrés dyadiques de côté 2¡(n+1) pour couvrir
la partie non couverte entre Dn et Dn+1. (Ceci est possible car deux carrés dyadiques
différents tels que l'un n'est pas inclu dans l'autre ne peuvent s'intersecter que sur le coté).
Les nouveaux carrés ajoutés sont donc de côté 2¡(n+1), plus petits que ceux ajoutés à
l'étape précédente.
L'ensemble des carrés fCn;i g est indexé par deux indices n et i, et peut être vu comme
un élément de N2.
À chaque étape n, nous avons un ensemble fini de carrés dyadiques qui couvrent le
disque Dn à savoir ((C1;1;:::;C1;k1;:::;Cn;1;:::;Cn;kn).Puisque N2 est dénombrable, il existe
une bijection entre N2 et N.
Cela signifie que nous pouvons réorganiser la suite doublement indexée fCn;i g en une
suite simple fCm gm2N, c'est-à-dire (C1;C2;C3;:::).
L'union de ces ensembles de carrés forme une couverture complète du disque D lorsque
n!1. p
2
En effet, ces carrés couvrent le disque de rayon 1¡ 2n , il existe une suite (ki) telle que
pour tout n1
 p 2 X n
2
 1¡ n  Aire(Cki)
2
i=1

D'où le résultat.

p
2
Figure 1. Carrés dyadiques de tailles 1/8, 1/4, et 1/2, ainsi que des disques de rayons 1¡ 2n pour
n=1;2;3 et le disque de rayon 1.
62 Liste de figures

2- Soit C=[¡1;1]2 le carré centré à l'origine avec un côté de longueur 2. Nous cherchons
à montrer qu'il existe une suite fDi gi0 de disques disjoints tels que :
X
Aire(Di)=4:
i0

Considérons le carré C moins un disque inscrit de rayon 1/2, centré à l'origine. L'aire

de ce disque est donc 4 .
On commence d'abord par remarquer que tout carré dyadique de taille 2i partiellement
extérieur à C ne peut partager une partie avec l'intérieur de C. En effet, empilons dans C
4 carrés dyadiques de cotés 1.
Ainsi, si un carré dyadique partage une partie avec l'intérieur C, il la partage forcément
avec l'intérieur de l'un de ces 4 carrés, ce qui est absurde car les carrés dyadiques ne peuvent
pas se croiser grace au lemme.
De manière similaire à la première partie du problème, la région restante dans le carré
C peut être approximée aussi précisément que souhaité par un nombre fini de carrés
dyadiques. p
1 2
En effet, On va considérer une suite de disques de rayons 2 + 2n+1 avec n1 (Pour qu'ils
soient inclus dans le carré). Mais cette fois, on pave la région entre chaque disque Dn et
le carré par des carrés dyadiques de cotés ayant pour longueur 1/2n+1, comme pour la
première question, l'observation clé ici est que chaque carré qui possède des points dans
cette région est forcément à l'extérieur du disque de rayon 1/2. (On pourra s'en convaincre
par inégalité triangulaire).
On pourra ainsi construire une suite de carrés dyadiques qui s'empilent complètement
dans la région entre le carré et le disque de rayon 1/2.

p
2
Figure 2. Carrés dyadiques de tailles 1/16, 1/8, et 1/4, ainsi que des disques de rayons 1+ 2n+1
pour n=1;2;3 et le disque de rayon 1/2 dans le carré [¡1;1]2.

On construit la suite de disques par récurrence avec un processus diagonal :


1
Pour n=1, on place dans notre carré les carrés dyadiquesp de coté 2n+1 avec n=1, de
1 2
façon à qu'ils ne soient pas intérieur du disque de rayon 2 + 2n+1 .
Ces carrés sont en nombre fini et correspondent aux carrés de niveau 1 pour le carré
[¡1;1]2(Voir la figure).
À l'intérieur de ces carrés, on place aussi par homothétie des carrés dyadiques de niveau
1 qui contiennent aussi un disque inscrit, en gardant le même rapport homothétique.
Liste de figures 63

Ces carrés contiennent à leur tour d'autres carrés de niveau 1 (c'est le processus diagonal
qui permet de construire notre suite disjointe de disques).
Ensuite, on inscrit des carrés dyadiques de niveau 2 dans tous les carrés, et on considère
une seconde couche de profondeur, c'est-à-dire que dans les carrés dyadiques inscrits dans
les carrés dyadiques déjà construits, on inscrit deux niveaux de carrés dyadiques supplé-
mentaires, avec leurs disques associés.
On construit ainsi une suite disjointe de disques pour notre carré, noté (Dn0 ).
Pour tout carré C, on note Dn0 (C)=((xn(C);yn(C);rn(C))) la suite des disques inscrits
dans ce carré, en réalisant une homothétie sur la suite construite dans le carré [¡1;1]2.
Introduisons le rapport : P1
rn2 (C)
AC = n=1
aire(C)

Soit C le carré utilisé. On remarque que AC ne dépend pas du choix du carré, par
homothétie. Notons le par A. L'aire totale couverte par les disques est donnée par :
X1  
  
4A= +A Aire(Cn)= + 4¡ A;
4 4 4
i=1
 ¡  
où 4 est l'aire du disque inscrit, et 4¡ 4 A est l'aire des disques insérés dans la suite
des carrés dyadiques Cn.
On trouve donc que A=1.
zzzzzzz

Cet exercice, intitulé Certification de racines", propose un critère pour garantir l'exis-
tence et l'unicité d'un zéro d'une fonction différentiable dans une boule donnée. L'exercice
fait appel à des notions d'analyse et de topologie.
Exercice 21. (Certification de racines)
Soit f :Rn!Rn une application de classe C 1. Soit x2Rn, soit B la boule unité fermée.
On suppose que pour tout u;v2B,
1
¡f (x)+v¡df (x+u)v2 2 B:
Montrer que f admet un unique zéro dans la boule x+B.
Solution. (ZINE Akram)
1
Soit x2B, alors kf (x)¡xk 2 . En effet,
Z 1 Z 1
f (x)=f (0)+ dftx(x) dt=f (0)+ (x¡f (0)+h(t)) dt;
0 0
1
avec kh(t)k 2 pour tout t2[0;1]. Donc,
Z 1 Z 1
1
kf (x)¡xk= h(t) dt  kh(t)k dt :
0 0 2

Soit g(x)=kf (x)k2 sur B. Comme g est continue sur le compact B, elle admet un
minimum.
1 1
Avec v=0, on a kf (0)k 2 . Si x2@B, alors kf (x)k 2 . Donc, le minimum de g sur B
1
est au plus 4 . Si le minimum est atteint en 0, c'est fait, sinon il est atteint à l'intérieur de B.

Soit a2B un point où g atteint son minimum. Alors dga=0, c'est-à-dire pour tout
h2Rn ;hdfa(h);f (a)i=0. Si dfa est inversible, on en déduit f (a)=0.
64 Liste de figures

Pour prouver que dfa est injective, supposons le contraire. Alors, il existe w2ker (dfa),
1 1
kwk=1. On a aussi dfa(¡w)=0. Donc, kw¡f (0)k 2 et k¡w¡f (0)k 2 , ce qui est impos-
1
sible, car kw¡(¡w)k=2 alors que la sphère S(f (0); 2 ) a un diamètre de 1.
Enfin, supposons qu'il existe a;b2B tels que f (a)=f (b)=0 et a=
/ b. On a :
Z 1 Z 1  
b¡a
0= df(1¡t)a+tb(b¡a) dt=ka¡bk df(1¡t)a+tb dt:
0 0 kb¡ak

Or,  
b¡a b¡a
df(1¡t)a+tb = ¡f (0)+h(t);
kb¡ak kb¡ak
1
avec kh(t)k 2 . On obtient alors
Z 1
b¡a
=f (0)¡ h(t)dt:
kb¡ak 0
1 1
Puisque kf (0)k 2 et khk 2 , on a égalité dans l'inégalité triangulaire :
Z 1
b¡a
f (0)=¡ h(t)dt= :
0 2kb¡ak
a¡b
En procédant de manière similaire, on trouve f (0)= 2kb¡ak , ce qui implique a=b, ce qui
est une contradiction.
zzzzzzz

L'exercice 22 porte sur la médiane de moyennes de variables aléatoires. Il demande de


prouver une borne de probabilité sur l'écart entre cette médiane et la moyenne théorique.
L'exercice fait appel à des notions de probabilités et de statistiques.
Exercice 22. (Médiane de moyennes)
Soient n;m1 des entiers et soient Xi;j , pour 1in et 1jm, des variables aléatoires
1 Pm
discrètes i.i.d. de variance  2 et de moyenne . Pour 1in, soit Yi= m j=1 Xi;j . Soit Z
une médiane de l'ensemble fY1;:::;Yng.
Montrer que
   n
2 3 2
P jZ¡j p 1¡ :
m 4

Solution. (ZINE Akram, SABIR Ilyass)

Espérance et Variance :
2
E[Yi]= et Var(Yi)= :
m

Pour chaque Yi, appliquons l'inégalité de Chebyshev pour estimer la probabilité que Yi
2
s'écarte de  de plus de pm :
 
2 Var(Yi)  2/m 1
P jYi ¡j> p   = = :
m 2 2 4 2/m 4
p
m

Ainsi,  
2 3
P jYi¡j p  :
m 4
Liste de figures 65

h i
2 2
La médiane Z de l'ensemble fY1;Y2;:::;Yn g sera dans l'intervalle ¡ pm ;+ pm si au
moins la moitié des Yi se trouvent dans cet intervalle.
2
Définissons S comme le nombre de Yi satisfaisant jYi ¡j pm . Chaque Yi satisfait
3
cette condition avec une probabilité p 4 , indépendamment des autres. Ainsi, S suit une
3
loi binomiale B(n;p) avec p 4 .
¡ n
Pour¡ obtenir
 une borne sur P S> 2 , nous allons considérer la probabilité complémen-
n
taire P S 2 et la majorer.
Pour tout t>0, l'inégalité de Markov donne :

E[e¡tS ]
P (Sk)=P (e¡tS e¡tk) :
e¡tk
n
Ici, nous choisissons k= 2 .
Pn
Comme S= i=1 Ii, où Ii est l'indicateur que Yi est dans l'intervalle, et les Ii sont
indépendants, nous avons :
n
Y
E[e¡tS ]= E[e¡tIi]=(pe¡t+(1¡p))n:
i=1

Nous devons choisir t pour minimiser la borne. Pour cela, posons :


f (t)=(pe¡t+1¡p)et/2:

Calculons la dérivée de f (t) :


 
d 1
f 0(t)= [(pe¡t+1¡p)et/2]=et/2 ¡pe¡t+ (pe¡t+1¡p) :
dt 2

Pour trouver le minimum, résolvons f 0(t)=0, cela revient à résoudre l'équation


1
¡pe¡t+ (pe¡t+1¡p)=0
2

Par suite,

¡2pe¡t+pe¡t+1¡p=0

Ainsi,
pe¡t=1¡p

Donc,  
1¡p
t=¡ln
p
 
1¡p
Substituons t=¡ln p
dans f (t) :

f (t) = (pe¡t+1¡p)et/2
  
1¡p p 1/2
= p +1¡p
p 1¡p
p 1
= 2(1¡p) =2(p(1¡p)) 2
1¡p
66 Liste de figures

Ainsi, on a :  
n
P S (4p(1¡p))n/2:
2
1
p(1¡p) décroit pour p 2
3
Pour p= 4 , calculons cette expression :
3 1 3
4p(1¡p)=4  = :
4 4 4

Donc,
   n/2
n 3
P S  :
2 4

Par conséquent,  n/2


  
n n 3
P S P S> 1¡ :
2 2 4

Nous obtenons la borne souhaitée :


   n/2
2 3
P jZ¡j p 1¡ :
m 4
zzzzzzz

Cet exercice s'intéresse aux sous-espaces stables d'un espace vectoriel normé de dimen-
sion finie. Il demande de prouver l'existence d'un supplémentaire stable pour le sous-
espace des vecteurs invariants par deux endomorphismes commutant avec leur commuta-
teur. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des groupes.
Exercice 23. (Sous-espace stable)
Soit V un espace vectoriel normé de dimension finie. On considère deux endomor-
phismes de V , notés h1 et h2, préservant la norme, et tels que h1 et h2 commutent avec
leur commutateur h1h2h1¡1h2¡1.
Montrer que le sous-espace des vecteurs invariants par h1 et h2 admet un supplémentaire
également stable par h1 et h2.
Solution. (ZINE Akram)
Lemme 1.
Soit u un endomorphisme isométrique d'un espace vectoriel normé de dimension finie.
Notons Inv(u) l'espace des vecteurs invariants par u et S(u) son supplémentaire.
En notant, Inv(u)=ker (u¡Id) et S(u)=Im(u¡Id). Alors V =Inv(u)S(u).
Preuve du lemme 1.
oit x2Inv(u)\S(u). Alors, il existe y2V tel que u(y)=x+y. Comme x2Inv(u), on a
u(x)=x.
Soit n un entier positif. En itérant, on obtient un(y)=nx+y.
Puisque u est une isométrie, pour tout k, on a
kuk(y)k=kyk

On a donc
ky+nxk=kyk
Liste de figures 67

Or,
knxkknx+yk+kyk2kyk

En divisant par n et en passant à la limite, on obtient kxk=0, donc x=0.

On commence par le cas particulier où h1 et h2 commutent.


D'après le lemme 1, V est la somme directe Inv(h1)S(h1).
Inv(h1) est stable par h2 car ces endomorphismes commutent.
Soit h20 l'endomorphisme induit sur Inv(h1).
Alors, d'après le lemme 1., Inv(h1) est la somme directe Inv(h20 )S(h20 ).
Or, Inv(h20 )=Inv(h1)\Inv(h2).
Finalement, V est la somme directe Inv(h1)\Inv(h2)(S(h20 )+S(h1)). Le sous-espace
supplémentaire S(h20 )+S(h1) est stable par h1 et h2, d'où le résultat.

Revenons à l'énoncé général. On suppose que h1 et h2 commutent avec leur commuta-


teur [h1;h2]. Utilisons le lemme :
V =Inv([h1;h2])S([h1;h2])

Inv([h1;h2]) est stable par h1 et h2. Considérons les endomorphismes induits h10 et h20 .
Puisqu'ils commutent également avec [h1;h2], ils commutent entre eux. On revient ainsi au
cas particulier précédent, qui nous fournit un supplémentaire F stable par h10 et h20 tel que
Inv([h1;h2])=Inv(h10 )\Inv(h20 )+F =Inv(h1)\Inv(h2)+F

car, Inv(h1)\Inv(h2)Inv([h1;h2]).
Ainsi, V =Inv(h1)\Inv(h2)+(F +S([h1;h2]))
Ce qui conclut la démonstration.
zzzzzzz

Cet exercice porte sur le théorème d'Hermite-Kakeya. Il demande de prouver une


caractérisation des paires de polynômes qui s'entrelacent, c'est-à-dire dont les racines réelles
sont simples et alternées. L'exercice fait appel à des notions de théorie des polynômes et
d'analyse réelle.
Exercice 24. (Théorème d'HermiteKakeya)
Soient P et Q2R[X] des polynômes non constants. On dit que P et Q s'entrelacent si:
(1) leurs racines sont réelles et simples,
(2) ils n'ont pas de racines réelles communes,
(3) entre deux racines consécutives de Q (resp. P ), il y a une et une seule racine de P
(resp. Q).
Montrer que si pour tout (;)2R2nf(0;0)g, les racines de P +Q sont toutes réelles
et simples, alors P et Q s'entrelacent.
Montrer la réciproque.
Solution. (ETTOUSY Badr, ZINE Akram)
Méthode 1 : (ETTOUSY Badr)
Soit P et Q dans R[X].
On suppose que 8(;)2R2, le polynôme P (X)+Q(X) a toutes ses racines réelles
et simples. Montrons que les racines de P et Q sont intercalées (c'est-à-dire, entre deux
racines de P il existe une racine de Q et réciproquement).
68 Liste de figures

En utilisant les couples (;)=(1;0) et (;)=(0;1), on voit déjà que P et Q doivent


avoir toutes leurs racines réelles. Les polynômes P et Q jouant des rôles symétriques, il
suffit de montrer qu'entre deux racines de P , il existe au moins une racine de Q.
Soit a et b deux racines consécutives de P , et supposons que Q ne s'annule pas sur
P (x)
[a;b]. La fraction rationnelle R(x)= Q(x) est donc de classe C 1 sur [a;b] avec R(a)=R(b)=0.
D'après le théorème de Rolle, il existe c2]a;b[ tel que R 0(c)=0. La fraction rationnelle
R(x)¡R(c) admet donc c comme zéro de multiplicité au moins 2.
En vertu du lemme suivant, pour r assez petit, il existe sur la circonférence jz¡cj=r
au moins quatre points tels que Im(R(z)¡R(c))=0, soit Im R(z)=0. L'un au moins de ces
points z0 n'est pas réel. Alors, R(z0)=2R. Le polynôme P (x)¡Q(x) s'annule en un
point z0 non réel, ce qui contredit notre hypothèse.
Lemme 1.
Soit R une fraction rationnelle qui admet z0 comme racine de multiplicité k. Alors,
pour r assez petit, il existe au moins 2k points vérifiant jz¡z0j=r et Im R(z)=0.
Preuve du lemme 1.
1
Posons z¡z0=rei et k! R(k)(z0)=ei .
La formule de Taylor Young nous dit alors que
R(z)=rkei( +k)
(1+"(z¡z0))

avec lim "(u)=0. Soit >0 tel que juj< et j"(u)j<1, et choisissons r<.
u!0
Posons f ()=Im R(z0+rei), "(u)="1(u)+i"2(u), avec "1(u) et "2(u) réels. On obtient :
f ()=Im R(z)=rk(cos ( +k)"2(z¡z0)+sin ( +k)(1+"2(z¡z0)))


Définissons m pour m2f0;1;:::;2kg par +km=m+ 2 . On a alors :

f (m)=rk(¡1)m(1+ m)

avec j mj<1. Donc f (m) est du signe de (¡1)m. La fonction f change donc 2k+1 fois
de signe sur un intervalle de longueur 2, et donc elle s'annule au moins 2k fois, ce qui
achève la démonstration.
La réciproque
Soit (P ;Q) un couple de polynômes réels simplement scindés tels qu'entre deux racines
de l'un il y ait toujours au moins une racine de l'autre. Montrons que le polynôme P +Q
reste scindé lorsque le couple (;) décrit R2.
/ 0 et où les deux polynômes sont de la forme :
Il est loisible de se ramener au cas où =
Yn Ym
P= (X¡ai) et Q= (X¡bj )
i=1 j=1

avec m=n ou m=n¡1. Nous supposerons de plus que :


a1<b1<a2<b2<:::<an<bn si m=n

cas que nous traiterons en premier.


Le signe des valeurs de la fonction rationnelle P /Q aux voisinages des infinis et des
réels bj , ainsi que son annulation en les réels ai, montre que l'équation P (x)+Q(x)=0
possède au moins n racines réelles si += / 0, à savoir une dans chaque intervalle ]bj ;bj+1[
et une autre dans l'un des deux intervalles ]¡1;b1[ et ]bn;+1[, et au moins n¡1 racines
réelles dans le cas contraire  la dernière pouvant être alors considérée comme étant devenue
infinie.
Liste de figures 69

Ce nombre de racines étant toujours exactement égal au degré de P +Q, ce dernier


polynôme est donc (simplement) scindé.
Il en va tout de même si m=n¡1 (ici d'ailleurs le degré de P +Q est toujours égal
à n). Enfin P +Q est scindé (mais alors non simplement) dans le cas ==0.
Méthode 2 : (ZINE Akram)
Raisonnons par contraposée. Supposons que P et Q ne s'entrelacent pas. Cela signifie
qu'il existe deux racines 1 et 2 de P telles qu'il n'y ait aucune racine de Q entre elles.
P
Définissons alors la fonction F = Q . Puisque Q n'a pas de racine entre 1 et 2, F est bien
définie sur cet intervalle. De plus, nous avons F (1)=F (2)=0.
  il existe un point c situé entre 1 et 2 tel que F (c)=0.
D'après le théorème de Rolle, 0
P 0
Calculons alors F 0(x)= Q
. En utilisant la formule de dérivation du quotient, on
obtient :
P 0(x)Q(x)¡P (x)Q 0(x)
F 0(x)= :
Q(x)2

Comme F 0(c)=0, cela implique que P 0(c)Q(c)¡P (c)Q 0(c)=0. Puisque Q(c)= / 0 (car Q
n'a pas de racine entre 1 et 2), nous en déduisons que P (c)Q 0(c)=P 0(c)Q(c).
Considérons alors le polynôme T =P + Q, où =¡F (c). Puisque F 0(c)=0, c est une
racine double de T . Ceci contredit l'hypothèse que pour tout (;)2R2nf(0;0)g, les racines
de P +Q sont toutes réelles et simples. Ainsi, nous avons montré par contraposée que
P et Q doivent s'entrelacer.
Preuve du sens inverse
Supposons maintenant que P et Q s'entrelacent. Nous voulons montrer que pour tout
(;)2R2nf(0;0)g, les racines de R=P +Q sont toutes réelles et simples. Supposons que
 et  sont non nuls ; sinon, la conclusion est triviale.
Soit n=deg P et m=deg Q.
On suppose, sans perte de généralité, que nm et que p1<q1.
Traitons le cas n>m :
On a alors m=n¡1. Pour tout in¡1, R(pi)=Q(pi) et R(pi+1)=Q(pi+1). Comme Q
change de signe en qi, R change également de signe sur [pi ;pi+1] et admet donc une racine
sur cet intervalle. Ceci étant vrai pour tout i, R admet n¡1 racines réelles distinctes.
Si n est pair, soit p et q les coefficients dominants de P et Q respectivement. On a
R R R R
(p )<0 et lim p (x)>0 ainsi que q (pn)>0 et lim p (x)>0. Par conséquent, l'un des
q 1
x!¡1 x!1
deux couples ( lim R(x);R(p1)) ou (R(pn); lim R(x)) possède deux éléments de signes
x!¡1 x!1
opposés. Le théorème des valeurs intermédiaires implique alors l'existence d'une nième
racine.
Si n est impair, la conclusion reste la même.
Ainsi, R possède n racines réelles distinctes et son degré est n, d'où le résultat.
Le cas n=m se traite de la même façon en prouvant que n¡1 racines de R se trou-
vent dans les intervalles [qi ;qi+1]. Pour la racine restante, on raisonne sur les couples
( lim R(x);R(q1)) et (R(qn); lim R(x)).
x!¡1 x!1
zzzzzzz

L'exercice 25 s'intéresse à un groupe particulier de polynômes. Il demande de décrire


le groupe des éléments inversibles dans un certain anneau de fractions rationnelles à coef-
ficients dans Z/p2Z, et de prouver que ce groupe n'est pas finiment engendré. L'exercice
fait appel à des notions d'algèbre et de théorie des groupes.
Exercice 25. (Un groupe de polynômes)
70 Liste de figures

Soit p un nombre premier. On considère l'anneau A des fractions rationnelles en X à


coefficients dans Z/p2Z de la forme X ¡kP (X), avec P un polynôme. Décrire le groupe A
des éléments inversibles (pour la multiplication) et montrer qu'il n'est pas engendré par
un nombre fini d'éléments.
Solution. (ZINE Akram)
Lemme 1.
Soit G=hg1;g2;:::;gn i un groupe abélien finiment engendré et soit N un sous-groupe de
G. Alors, N est également finiment engendré.
Preuve du lemme 1.
Nous procédons par récurrence sur le nombre n de générateurs de G.
Le cas de base est trivial cas tout sous groupe d'un groupe cyclique est cyclique.
Supposons maintenant que le lemme est vrai pour tout groupe abélien finiment engendré
avec n¡1 générateurs.
Soit G=hg1;g2;:::;gn i et soit N un sous-groupe de G. Considérons le sous-groupe
M =N \hg2;:::;gn i:

Ce sous-groupe M est un sous-groupe de hg2;:::;gn i, qui est un groupe abélien finiment


engendré avec n¡1 générateurs.
Par hypothèse de récurrence, M est donc finiment engendré.
Soit M =hx1;x2;:::;xm i avec xi2M . Ensuite, considérons les éléments de N qui impli-
quent g1. Définissons l'ensemble
A=fa2Zj9b2;:::;bn2Z tels que g1ag[Link]gnbn2N g:

Cet ensemble A est un sous-groupe de Z, et tout sous-groupe de Z est de la forme dZ


pour un certain entier d.
Par conséquent, il existe un entier d tel que A=dZ. Cela signifie qu'il existe des entiers
b2;:::;bn tels que
x=g1dg[Link]gnbn2N :

Nous affirmons maintenant que N =hx1;:::;xm ;xi. Prenons un élément quelconque g2N .
Comme g2G, il peut s'écrire sous la forme
g=g1c1 g[Link]gnDn:

Par la définition de A, nous avons c12A=dZ, donc il existe un entier h tel que c1=dh.
Considérons alors
gx¡h=g1c1¡dhg[Link]gnDn=g[Link]gnDn:

Cet élément appartient à M , qui est engendré par x1;:::;xm. Ainsi, nous avons
g=xh(xe11x[Link]xemm);

où ei2Z. Cela montre que chaque élément de N peut être écrit comme une combinaison
des éléments x1;:::;xm ;x.
Par conséquent, N est finiment engendré, ce qui conclut la preuve du lemme.

Revenons à l'exercice.
Liste de figures 71

Pour caractériser les éléments inversibles de A, nous devons montrer que X ¡kP (X) est
inversible si et seulement si P a exactement un coefficient non divisible par p. Supposons
que X ¡kP (X) soit inversible : il existe alors un polynôme Q(X) et un entier natuel l tels
que
(X ¡kP (X))(X ¡lQ(X))=1A:

Cela implique que tous les coefficients de PQ¡X k+l sont des multiples de p2. En
réduisant modulo p, on trouve que PQ=X k+l dans Fp[X]. Comme Fp est un corps et que
X est irréductible dans Fp[X], cela signifie que P = X i pour un certain 2Fp nf0g. Ainsi,
P possède exactement un coefficient non divisible par p.
Réciproquement, supposons que P = X i+pQ(X) avec non divisible par p.
Soit b l'inverse de a modulo p2. On trouve modulo p2 que P (X)=aX i(1+pbX ¡iQ(X))
En posant y=bX k¡i(1¡pbX ¡iQ(X)). On trouve que (X ¡kP (X))y=1A, prouvant que
X ¡kP (X) est inversible.
Considérons maintenant le sous-groupe S de A.
S=f +pQ(X)j 2Z; =
/ 0(mod p); Q(X)2Z[X]g

Considérons maintenant que le sous-groupe S est généré par un ensemble fini d'éléments
s1;s2;:::;sn, où chaque si est de la forme :
si= i+pQi(X)

avec i2Z, i= / 0(mod p), et Qi(X)2Z[X]. On suppose que ces si forment un système
de générateurs de S.
Cependant, une contradiction émerge lorsque l'on examine le produit de deux géné-
rateurs si et sj . Prenons deux éléments si= i+pQi(X) et sj = j +pQj (X) dans S, et
considérons leur produit :
sisj =( i+pQi(X))( j +pQj (X))= i j +p( iQj (X)+ jQi(X))+p Qi(X)Qj (X)
2

Le terme p2 Qi(X)Qj (X) disparaît dans l'anneau Z/p2Z. Ainsi, le produit devient :
sisj = i j +p( iQj (X)+ jQi(X))

Le degré du polynôme reste borné par M =max (deg Qi)1in. Ceci est valable pour un
produit aussi long que l'on souhaite.
En considérant le polynôme 1+pQM +1(X). Il est dans S mais ne peut être généré par
un produit des générateurs de S. Et cela est une contradiction.
zzzzzzz

Cet exercice comporte deux parties distinctes. La première traite des matrices de trace
nulle dans SL2(Z), demandant de prouver une propriété de conjugaison. La seconde partie
concerne les sommes de deux carrés, demandant de prouver une condition suffisante pour
qu'un entier soit la somme de deux carrés. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre
linéaire et de théorie des nombres.
Exercice 26. (Matrices de traces nulles et sommes de deux carrés)
Soient A;B2SL2(Z) (le groupe des matrices 22 à coefficients entiers et déterminant 1).
1. Montrer que si Tr(A)=Tr(B)=0, alors A est conjuguée à B ou ¡B.
2. Montrer que si n>1 et x sont des entiers tels que x2¡1(mod n), alors il existe des
entiers a et b tels que n=a2+b2.
72 Liste de figures

Solution. (ETTOUSY Badr - ZINE Akram)    


x a c
1. Considérons x;y;a;b;c;d2Z, et définissons x;y:= y
2Z2, et A:= b d
2SL2(Z).
Supposons que b>0. On considère Mx;y=( ;A ) et on souhaite démontrer que :
det Mx;ybx2+(d¡a)xy¡cy 2=1

En utilisant la complétion du carré et par le fait que a+d=0 et a2+bc=¡1, que :


(bx¡ay)2+y 2
det Mx;y=
b
Ainsi, det Mx;y >0 pour tout (x;y)2Z2nf(0;0)g.
Détermination de e
Définissons e= inf det Mx;y. Nous allons prouver le lemme suivant :
(x;y)2Z2nf(0;0)g

Lemme 1.
e= inf det Mx;y est atteint et on a 3e2¡4(bc+a2).
(x;y)2Z2nf(0;0)g
Preuve du lemme 1.

Notons m= inf det Mx;y. Il est atteint car le cercle unité de R2 est compact.
(x;y)2R2nf(0;0)g
Par homogénéité de la forme quadratique, on a
det Mx;y m(x2+y 2)
q
e+1
Soit N un entier naturel tel que N  m . D'après ce qui précède, si (x;y)2Z2 et
jxj>N ou jyj>N , alors det Mx;y e+1.
Donc, e= inf det Mx;y est atteint car l'ensemble est fini.
(x;y)2Z2nf(0;0)g
jxjN ;jyjN
Soit ( ; )2Z2 tel que detM ; =e. Notons d=pgcd( ; ) et 0, 0 les entiers tels que
=d 0 et =d 0. On obtient
e=d 2 q( 0; 0)d 2e

Ainsi, d=1. D'après le théorème de Bézout, il existe ( ;) tel que + =1. Posons
v=(¡; ). 
¡
P= et P ¡1 est la matrice de passage de (u;v) à (e1;e2) (base canonique de R2).
Donc, Z2=Zu+Zv.
Il existe (a 0;c 0) tels que, dans la base (u;v) on ait q(x;y)=ex2+2a 0xy+c 0 y 2. On a :
!  
e a0 b ¡a
=P > P
a0 c 0 ¡a ¡c
2
et donc c 0e¡a 0 =(det P )2(¡bc¡a2)=¡bc¡a2.
Pour tout (x;y)2Z2, on obtient
   
a0 2 (a 0)2 2
q(xu+yv)=e x+ y + c ¡ 0 y
e e
a0 1
En prenant y=1 et en choisissant n2Z tel que jn+ e j 2 , on a

e (a 0)2
eq(nu+v) +c 0¡
4 e
Liste de figures 73

et donc 3e2¡4(bc+a2).
Conclusion.
Ainsi, comme e>0, on a e=1. D'où il existe 2R tel que det M =1.
La matrice A dans la base ( ;A ) est sous la forme :
 
0 m
1 n
avec m;n2Z. Le déterminant et la trace sont conservés par conjugaison. Ainsi, on trouve
que n=0 et m=¡1.
Si b<0, on considère la base (A ; ). Dans ce cas, ¡b>0 et on introduit une forme
quadratique de la même

façon
 
(avec pour

coefficient dominant ¡b). On obtient ainsi que
0 1 0 ¡1
A est conjuguée à ¡1 0
ou 1 0
.
Cela implique que pour toute matrice B sans SL2(Z) telle que det B=1 et Tr(B)=0, A
est conjuguée à B ou ¡B.
2. Si a et b sont somme de carrés a=x2+y 2 et b=z 2+t2 alors ab=(xz¡yt)2+(xt+yz)2
On va se réduire donc au cas où n est premier.

Lemme 2.
p
Soit p premier. Pour tout a2Z, p-a. Il existe x;y2f1;2;:::;b p cg tels que axy(mod p)
ou ax¡y(mod p).

Preuve du lemme 2.
p p
Considérons S=f1;2;:::;b p cg2. On a p<(b p c+1)2, et donc card(S)>p. D'après le
principe des tiroirs, il existe (x1;y1)=
/ (x2;y2) telles que ax1¡y1ax2¡y2(mod p). On prouve
facilement par l'absurde que x et y sont non nuls. D'où le résultat.

Conclusion.
Revenons à notre question, soit x2Z tel que x2¡1(mod p). On a p-x. Il existe
a;b d'après le lemme tels que xab(mod p). On a x2a2+a2=b2+a20(mod p), et donc
a2+b2=kp avec k2Z. On a x2+y 22. Ainsi k>0.
p
Nous montrons que k=1. a;bb p c, d'où a2+b2<2p. Or, p/a2+b2, d'où p=a2+b2.
zzzzzzz

L'exercice 27 porte sur le théorème d'Hermite-Sylvester. Il demande d'étudier les pro-


priétés d'une matrice construite à partir des racines d'un polynôme, notamment son rang
et sa positivité. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des
polynômes.
Exercice 27. (Théorème d'HermiteSylvester)
Soit P 2R[X] un polynôme de degré n1. Soit 1;:::;n2C ses racines, avec multiplicité.
Soit H2Cnn la matrice définie par
Xn
Hi;j = i+j
k :
k=1

Montrer que H est une matrice symétrique réelle. Montrer que le rang de H est égal au
nombre de racines distincte, et que H est positive si et seulement si toutes les racines sont
réelles.
Solution. (SABIR Ilyass)
74 Liste de figures

Soit P 2R[X] de degré n>1. Soient 1;:::;n2C ses racines, avec multiplicité.
Montrons que la matrice H est une matrice réelle symétrique,
Pour tout i;j2J1;nK, il est clair que Hi;j =Hj ;i. Donc H est une matrice symétrique.

Notons 1;:::; r2R et 1; 1;:::; s; s2CnR les racines de P , et notons pour tout i2J1;rK
et pour tout j2J1;sK i l'ordre de multiplicité de i et j l'ordre de multiplicité de j et
de j .
On a alors, pour tout i;j2J1;nK
r
X Xs
Hi;j = ki+j + k ( i+j  i+j )
k k + k
k=1 k=1
r
X Xs
= ki+j
k +2 kRe( i+j
k )
k=1 k=1
2 R

Donc H est une matrice réelle. Montrons que le rang de H est égal au nombre de racines
distincts.

Tout d'abord, observons que chaque racine k (comptée avec multiplicité) définit un
vecteur vk2Cn dont les composantes sont :
0 1
1k
B 2 C
B C
vk=B k C
@  A
nk
Alors, H peut s'exprimer comme :
X n
H= vkvkT
k=1

Comme P peut avoir des racines multiples, on peut regrouper les vecteurs correspon-
dant aux racines identiques.

(1) (m)
PmSoient  ;:::; les racines distinctes de P , avec des multiplicités n1;:::;nm (donc
n
i=1 i=n). Définissons : 0 1
( )
(i) 1
B C
B ((i))2 C
wi=BB C
 C
@  A
((i))n

Alors, H devient :
Xm
H= niwiwiT
i=1

Comme chaque wiwiT est une matrice de rang 1, et que les wi correspondant aux racines
distinctes sont linéairement indépendants (car des racines distinctes donnent des vecteurs
de puissances linéairement indépendants), le rang de H est égal au nombre de racines
distinctes :
rang(H)=m
Liste de figures 75

où m est le nombre de racines distinctes de P .

Pour tout vecteur x2Rn, on a :


n
X
xTHx= (xTvk)20
k=1

Cela montre que H est semi-définie positive.


 Si toutes les racines sont réelles :
Les vecteurs wi sont réels et linéairement indépendants, donc H est définie
positive :
xTHx>0 pour tout x2Rn nf0g
 S'il y a des racines complexes :
. Les vecteurs cor-
Les racines complexes apparaissent en paires conjuguées ;
respondants v et v vérifient :
v=v
La contribution à H d'une paire de conjugués complexes est :

vvT +vvT
Cette somme est réelle et symétrique, mais introduit une dépendance linéaire, ce qui
fait que H est seulement semi-définie positive. Spécifiquement, il existe des vecteurs
non nuls x tels que xTHx=0, indiquant que H n'est pas définie positive.

Commentaire.
Pour montrer que H est réelle, on peut utiliser aussi le résultat classique des formules
de Newton :

Lemme 1. (Formules de Newton)


Soit N >2 un entier, et K un corps commutatif, x1;:::;xN des éléments de K. On
considère, pour tout p2N :
N
X
Sp(x1;:::;xN ):= xip
i=1

On note 1;:::;N les fonctions symétriques élémentaires de x1;:::;xN définies par :


X k
Y
k(x1;:::;xN )= xjl;8k=1;:::;n
16j1<<jk6N l=1

Pour tout p>N , on a :


N
X
Sp(x1;:::;xN )+ (¡1)ii(x1;:::;xN )Sp¡i(x1;:::;xN )=0
i=1

Et pour tout p2J1;N ¡1K, on a :


p¡1
X
Sp(x1;:::;xN )+ (¡1)ii(x1;:::;xN )Sp¡i(x1;:::;xN )+(¡1) ppp=0
i=1
76 Liste de figures

Preuve du lemme 1.
Soit N >2 un entier, K un corps commutatif, x1;:::;xN des éléments de K, et soit p2N.
Pour simplifier les notations, on note simplement Sk au lieu de Sk(x1;:::;xN ) (respecti-
vement k au lieu de k(x1;:::;xN )) pour tout k=1;:::;N .
Si n>p, on a :
YN XN
(X¡xi)=X + (¡1)iiX N ¡i
N

i=1 i=1

Donc, pour tout j2J1;N K, on a :


N
X N
Y
xjN + (¡1)iixjN ¡i= (xj ¡xi)=0
i=1 i=1

Par suite, en mutlipliant par x p¡N , on obtient :


N
X
xjp+ (¡1)iixjp¡i=0
i=1

Ainsi :
N N
! N N N
X X X X X
xjp+ (¡1)iixjp¡i = xjp+ (¡1)ii xjp¡i
j=1 i=1 j=1 i=1 j=1
N
X
= Sp+ (¡1)iiSp¡i
i=1

D'où :
N
X
Sp+ (¡1)iiSp¡i=0
i=1

Si p2J1;N ¡1K, on a, pour tout k2J1;p¡1K :


0 1
X Yk
kSp¡k = @ xjl ASp¡k
16j1<<jk6N l=1

X N Y
X k
p¡k
= xjlxm
16j1<<jk6N m=1 l=1
X k
Y k
X X k
Y
p¡k p¡k
= xjlxm + xjlxm
16j1<<jk6N l=1 i=1 16j1<<jk6N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk m=ji
0 1
X k
Y X k
X k
Y
= p¡k
xjlxm + B x Cx p¡k+1
@ jl A ji
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk6N i=1 l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk l=i

X k
Y X k¡1
Y
p¡k p¡k+1
= xjlxm + xjlxm
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk¡16N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk 16m6N ;m= / j1;:::;jk¡1
Liste de figures 77

Par suite :
X k
Y X k¡1
Y
p¡k p¡k+1
(¡1)kkSp¡k=(¡1)k xjlxm ¡(¡1)k¡1 xjlxm
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk¡16N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk 16m6N ;m= / j1;:::;jk¡1

Ainsi, par téléscopage, on a :


p¡1
X X k
Y
(¡1)iiSp¡i = (¡1) p¡1 xjlxm¡Sp
i=1 16j1<<jp¡16N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jp¡1

= (¡1) p¡1pp¡Sp

D'où
p¡1
X
Sp+ (¡1)iiSp¡i+(¡1) ppp=0
i=1

Montrons par récurrance sur p2N que Sp(1;:::;n)2R.


Qn
On a P = (X¡i)2R[X]; donc pour tout k2J1;nK, i(1;:::;n)2R.
i=1
On a pour p=0, S0(1;:::;n)=n2R.
Soit p2N, supposons que S0;:::;Sp2R, et montrons que Sp+12R.
Si p+1>n, on a
X N
Sp+1= (¡1)i¡1i(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)2R
i=1

Si p+1<n, on a alors
p¡1
X
Sp(1;:::;n)= (¡1)i¡1i(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)+(¡1) p¡1pp2R
i=1

D'où Sp(1;:::;n) pour tout p2N.


Ainsi, pour tout i;j2J1;nK on a
Hi;j =Si+j 2R

Revenons à démontrer que H est réelle, On garde les mêmes notations que dans le
lemme 1.
D'après le lemme, pour tout p2N :
8
>
> N
P
>
> S ( ;:::; )+ (¡1)ii(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)=0 si p>n
< p 1 n
i=1
>
> p¡1
P
>
> S ( ;:::; )+ (¡1)ii(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)+(¡1) ppp=0 si p<n
: p 1 n
i=1

Remarque.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'épreuve Math2 du concours Mines-Ponts,
Filière PC, 2021.
Partie II

Les exercices posés à l'oral


communs ULSR
Liste de figures 81

L'épreuve orale ULSR propose une variété d'exercices couvrant un large éventail de sujets
mathématiques. Les exercices abordent des domaines tels que les probabilités, l'algèbre
linéaire, l'analyse, la théorie des nombres et les structures algébriques. On y trouve
par exemple des problèmes sur l'ordre convexe de variables aléatoires, l'étude de suites
récurrentes, les propriétés de matrices symétriques, les morphismes de groupes finis, les
applications contractantes et non expansives, les séries entières de fractions rationnelles,
et la construction d'arbres aléatoires. Les exercices sont conçus pour évaluer non seule-
ment la maîtrise du programme, mais aussi la capacité des candidats à raisonner, à faire
preuve d'initiative et à appliquer leurs connaissances dans des contextes nouveaux. Le
niveau de difficulté est élevé, reflétant les attentes du concours d'entrée aux Écoles Nor-
males Supérieures.
Vous trouvez l'énoncé des exercices à :
[Link]

zzzzzzz

Cet exercice explore la notion d'ordre convexe en probabilités, testant la compréhension


des candidats sur les propriétés des espérances conditionnelles et leur capacité à manipuler
des inégalités impliquant des fonctions convexes.
Exercice 1.
Soient X ;Y deux variables aléatoires discrètes ayant un support fini. On dit que X est
plus petite que Y pour l'ordre convexe, ce qui sera noté X6cvxY si et seulement si
E[f (X)]6E[f (Y )] pour toute fonction convexe f :R!R

1. Soit f :R!R une fonction convexe. Montrer que :


f (E[X])6E[f (X)]

2. Montrer que si X6cvxY alors E[X]=E[Y ] et var[X]6var[Y ].


3. Montrer que si X6cvxY si et seulement si E[X]=E[Y ] et pour tout a2R,
Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx
a a

4. Montrer que X+E[X]6cvx2X


Solution. (SABIR Ilyass)
1. Montrons que f (E[X])6E[f (X)].
On a
n
X
E[f (X)] = P[X=xk]f (xk)
k=1
n
!
X
> f P[X=xk]xk
k=1
= f (E[X])

D'où le résultat.
82 Liste de figures

2. Supposons que X6cvxY . Montrons que E[X]=E[Y ] et var[X]6var[Y ] :


Les fonction x7¡!x et x7¡!¡x sont convexes, alors E[X]6E[Y ] et ¡E[X]6¡E[Y ].
D'où E[X]=E[Y ]
D'autre part, la fonction x7¡!(x¡E[X])2 est convexe, par conséquant :

var[X] = E[(X¡E[X])2]
6 E[(Y ¡E[X])2]
= E[(Y ¡E[Y ])2]
= var[Y ]

3. Montrons l'équivalence : X6cnvY si et seulement si E[X]=E[Y ] et pour tout a2R,


Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx
a a

)) Supposons que X6cnvY , alors d'arpès la question 2, on a E[X]=E[Y ].


Montrons que :
Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx;pour tout a2R
a a

On peut justifier rapidement que ces intégrales sont bien définis.


Soit a2R, et soit x>a, la fonction 'x:R!R définie pour tout t2R, par :

0 si t<x
'x(t)=
1 si t>x

La fontion 'x est convexe, par conséquent E['x(X)]6E['x(Y )]. En appliquant le théo-
rème de transfert, on obtient
P[X>x]6P[Y >x]

De plus, les fonctions x!P[X>x] et x!P[Y >x] sont des fonctions en escalier et à
support compact (car X et Y ont un support fini). En particulier, elles sont intégrables
sur R, par suite :
Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx<+1
a a

() Supposons que E[X]=E[Y ] et pour tout a2R on a


Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx (1)
a a

Montrons que X6cnvY


La condition (1), signifie que pour tout a2R, on a
E[max(X¡a;0)]6E[max(Y ¡a;0)]
Liste de figures 83

Notons, dans toute la suite de cette question, fx1;:::;xN g l'union des deux supports finis
de X et Y , avec N 2N et x1<<xN .
Via le théorème de transfert, le problème pourrait être réécrit comme suit :
8
>
> N
P N
P
>
> P[X=x ]x 6 P[Y =xk]xk
< k k
k=1 k=1
>
> N
P N
P
>
> P[X=x ]max(x ¡a;0)6 P[Y =xk]max(xk ¡a;0) pour tout a2R
: k k
k=1 k=1

Cela revient à montrer le lemme suivant :


N
P N
P
Lemme 1. Soient x1;:::;xN 2R, 1;:::;N >0 et 1;:::; N >0 tels que k = k=1
k=1 k=1
vérifiant :
8
>
> N
P n
P
>
> k xk = kxk
<
k=1 k=1
(2)
>
> PN N
P
> kmax(xk ¡a;0)6
>
: k max(xk ¡a;0);pour tout a2R
k=1 k=1

Alors, pour toute fonction f :R!R convexe, on a :


N
X N
X
kf (xk)6 kf (xk )
k=1 k=1

Preuve du lemme 1.
N
P N
P
La première condition présentée dans (2) et k = k =1 impliquent que pour toute
k=1 k=1
fonction affine g on a :
N
X N
X
kg(xk)= kg(xk)
k=1 k=1

Pour passer au cas d'une fonction convexe quelconque, on va essayer d'approximer


toute fonction convexe par une suite de somme de fonctions affines et des fonctions
x7¡!max(x¡a;0), a2R.
Pour ce faire, on va démontrer le lemme suivant :
Lemme 2. Soient a<b deux réels et f :[a;b]!R une fonction convexe, alors il existe une
fonction affine ', une suite de réels positifs ( n)n2N et une suite de réels (an)n2N tels que :
 n

P
La suite de fonctions x7¡!'(x)+ nmax(x¡ak ;0) converge simplement vers f
k=0 n2N
Preuve du lemme 2.
f (y)¡f (x)
La fonction f est dérivable à droite en tout point de [a;b], et f+0 :x2[a;b]7¡! lim y¡x
y!x
y>x
est croissante.
Considérant la fonction affine ':x7¡!(f+0 (a)¡1)(x¡a)+f (a). Notons g:[a;b]!R la
fonction définie pour tout x2[a;b] par:

g(x)=f (x)¡'(x)
84 Liste de figures

0 g(y)¡g(x)
On a g+ : x2[a;b]7¡! lim y¡x
est strictement positive, ce qui implique que g est
y!x
y>x
strictement croissante sur [a;b].
La fonction g est convexe, alors elle est continue sur le segment [a;b]. Ainsi d'après le
théorème de Heine, elle est uniformement continue sur [a;b]. Par conséquent, pour tout
">0, il existe >0 tel que pour tout x;y2[a;b] si jx¡yj6 alors jg(x)¡g(y)j<".
Pour tout n2N, on a l'existance de n>0 tel que tel que pour tout x;y2[a;b] si
1
jx¡yj6n alors jg(x)¡g(y)j< n .
  j k
b¡a 1
Pour la subdivision xk=a+k  avec n=  +1. On a pour tout
n k2J0;nK n

k2J0;n¡1K et pour tout x;y2[xk ;xk+1] :

1
jg(x)¡g(y)j<
n

En particulier pour tout x2[xk ;xk+1]; on a


1
jg(x)¡g(xk)j<
n

Posons pour tout k2J0;n¡1K,

g(xk+1)¡g(xk)
k :x7¡! (x¡xk)+g(xk)
xk+1¡xk

On a
x¡xk
jg(x)¡ k(x)j 6 jg(x)¡g(xk)j+ jg(xk+1)¡g(xk)j
xk+1¡xk
2
6
n

Lemme 3.
Soit k2J0;n¡2K et x2R, on a

k+1(x)¡ k(x)>0si et seulement si x>xk+1

Et
0(x)>0si et seulement si x>a

Preuve du lemme 3.
Soient k2J0;n¡2K et x2R, alors :

k+1(x)¡ k(x)>0
g(xk+2)¡g(xk+1) g(xk+1)¡g(xk)
, (x¡xk+1)+g(xk+1)> (x¡xk)+g(xk)
xk+2¡xk+1 xk+1¡xk
b¡a
, x> +xk=xk+1
n
Liste de figures 85

Et
g(x1)¡g(x0)
0(x)>0 , (x¡x0)+g(x0)>0
x1¡x0
, x>x0=a (car g(x0)=0)

Notons pour tout k2J0;n¡1K,


8
>
> g(x )¡g(x ) g(x )¡g(x )
< k= xk+1 ¡x k ¡ xk ¡x k¡1 >0 si k2J1;n¡1K
k+1 k k k¡1

>
> g(x1)¡g(x0)
: 0= x1¡x0
>0

Et pour tout k2J1;n¡1K :


 
1 g(xk+1)¡g(xk) g(xk)¡g(xk¡1)
ak = g(xk)¡g(xk¡1)¡ xk + xk¡1
k xk+1¡xk xk ¡xk¡1

De plus pour tout k2J0;n¡1K et pour tout x2[xk ;xk+1], on a :

n¡1
X n¡1
X
g(x)¡ j max(x¡aj ;0) = g(x)¡ max( j (x)¡ j¡1(x);0)¡max( 0(x);0)
j=0 j=1

k
X
= g(x)¡ ( j (x)¡ j¡1(x))¡ 0(x)
j=1

= jg(x)¡ k(x)j
2
6
n

Et donc pour tout x2[a;b];

n¡1
X
2
g(x)¡ j max(x¡aj ;0) 6
n
j=0

D'où le lemme 2.
Revenant au lemme 1, soit f une fonction convexe. L'objectif est de montrer que :
N
X N
X
kf (xk)6 kf (xk )
k=1 k=1

D'après le lemme 2, il existe une fonction affine ', une suite de réels positifs ( n)n2N et
une suite de réels (an)n2N telles que :
 n

P
La suite de fonctions x7¡!'(x)+ n max(x¡a k ;0) converge simplement vers f
k=0 n2N
Or Pour tout n, et pour tout i2J0;nK, on a :
N
X N
X
kmax(xk ¡ai;0)6 kmax(xk ¡ai;0)
k=1 k=1
86 Liste de figures

Ainsi :
n
X N
X n
X N
X
i kmax(xk ¡ai;0)6 i k max(xk ¡ai;0)
i=0 k=1 i=0 k=1

Ce qui est équivalent à :


N n
! N n
!
X X X X
k imax(xk ¡ai;0) 6 k imax(xk ¡ai;0)
k=1 i=0 k=1 i=0
n
P
Or, imax(xk ¡ai;0) ! f (xk)¡'(xk), alors :
n!+1
i=0
N
X N
X
k(f (xk)¡'(xk))6 k(f (xk)¡'(xk))
k=1 k=1

Et puisque :
8
>
> N
P
>
> k'(xk)='(E[X])
<
k=1
>
> N
P
>
>
: k'(xk )='(E[Y ])
k=1

Alors :
N
X N
X
kf (xk)6 kf (xk )
k=1 k=1

D'où le résultat.
4. Montrons que X+E[X]6cvx2X
D'après la question précédente, il suffit de montrer que :

E[X+E[X]]=E[2X]
E[max(X+E[X]¡a;0)]6E[max(2X¡a;0)]

La première équation est immédiate grâce à la linéarité de l'espérance.


Notons fx1;:::;xng le support fini de X avec x1<<xn, et pour k=1;:::;n, k=P[X=xk]
D'après le théorème de Transfert, il faut montrer que pour tout a2R :
n
X n
X
kmax(xk+E[X]¡a;0)6 kmax(2xk ¡a;0)
k=1 k=1

Cela équivaut à montrer que pour tout tout a2R :


n
X n
X
k jxk+E[X]¡aj6 k j2xk ¡aj (3)
k=1 k=1

a
Posons pour tout k2J1;nK : yk=xk ¡ 2 , Montrer (3) est équivalent à montrer que :
n
X n
X n
X
k y k + kyk 62 k jyk j
k=1 j=1 k=1
Liste de figures 87

D'après l'inégalité triangulaire, on a :


0 1
n
X n
X n
X n
X
k yk+ kyk 6 k@ jyk j+ j jyj j A
k=1 j=1 k=1 j=1
n n n
!
X X X
= k jyk j+ k j jyj j
j=1 j=1 k=1
Xn Xn
= k jyk j+ j jyj j
j=1 j=1
Xn
= 2 k jyk j
k=1

D'où le résultat.
zzzzzzz

Cet exercice porte sur l'étude asymptotique d'une suite récurrente linéaire d'ordre deux
à coefficients variables.
Exercice 2.
On considère (an); (bn) deux suites telles que
an =1+o(1); bn =1+o(1)
et un une suite de nombres réels strictement positifs telle que
un+1 =anun +bnun¡1
un+1 1
Montrer que les suites vn= un
et wn = n log un convergent.

Solution. (SABIR Ilyass, ZINE Akram)


Soient (an); (bn) deux suites telles que an =1 +o(1); bn =1+o(1) et un une suite de
nombres réels strictement positifs telle que
un+1 =anun +bnun¡1

u
Montrons que vn= un+1 converge,
n
On a pour tout n2N,
bn
v n = a n+
vn¡1

Donc, pour tout n2N, on a


 
n n 1n n
sup(vk) = sup(ak)+sup(bk)sup
k=1 k=1 k=1 k=1 vk¡1
n
sup(bk)
n
= sup(ak)+ n¡1
k=1
k=1
inf (vk)
k=0
88 Liste de figures

De même,
n
n n inf (bk)
inf (vk)= inf (ak)+ n¡1
k=1
k=1
k=1
sup(vk)
   n  k=0
n
Or, les deux suites sup(vk) et inf (vk) sont monotones. En particulier, elles
k=1 n2N k=1 n2N
admettent une limite dans R[f¡1;+1g, notons s et l leurs limites respectivement.
On a par passage à la limite lorsque n!+1
1 1
s=1+ et l=1+
l s
p
1+ 5
Donc, par positivité de s et l, on a s=l= 2
.
p
1+ 5
D'où (vn)n2N est convergente et converge vers 2
:

Lemme 1. (lemme de Césaro)


 (znn)n2N
Soit  une suite de nombres réels ou complexes qui converge vers l. Alors la


1 P
suite n zn est convergente et converge vers la même limite l.
k=1 n2N

Preuve du lemme 1.
"
Soit ">0, on a l'existence de N12N, tel que pout tout n>N1; jzn¡lj< 2 . Par suite,
pour tout n>N1
n n
1X 1X
zk ¡l 6 jzk ¡lj
n n
k=1 k=1
N1¡1
X
1 n¡N1
6 jzk ¡lj+ "
n 2n
k=1

1¡1
NP
1
Or, n
jzk ¡lj ¡! 0, donc il existe N22N tel que pour tout n>N2, on a
n¡!+1
k=1
N1¡1
1X "
jzk ¡lj<
n 2
k=1

Ainsi, pour tout n>max(N1;N2), on a


n
1X
zk ¡l <"
n
k=1

D'où le lemme.  p 
n
P
1 1+ 5
En appliquant ce lemme, on obtient alors wn  log(vk) ¡! log .
n¡!+1 n n¡!+1 2
k=1
zzzzzzz

Ce problème examine les conditions sous lesquelles on peut déduire l'existence d'une
limite pour une fonction à partir d'informations sur ses dérivées successives.
Exercice 3.
Liste de figures 89

k
P
On considère un entier k>1 et une fonction f 2C k(R;R) telle que f (j)(x) admet une
j=0
limite pour x!+1. Peut-on en déduire que f admet une limite en x!+1, selon le valeur
de k?
Solution. (SABIR Ilyass)
Soient k1 et f 2C k(R;R) telle que
k
X
S(x)= f (j)(x)
j=0

admet une limite finie L lorsque x!+1.


Cas k=1 :
On a
S(x)=f (x)+f 0(x) ! L
x!+1

Considérons l'équation différentielle :


f 0(x)+f (x)=S(x):

C'est une équation différentielle linéaire du premier ordre. Son facteur intégrant est
(x)=ex. En multipliant les deux membres par ex, on obtient :
exf 0(x)+exf (x)=exS(x);

ce qui équivaut à :
d x
(e f (x))=exS(x):
dx

En intégrant entre un point x0 et x, on obtient :


Z x
e f (x)=
x etS(t) dt+C:
x0

Où C est une constante.


Comme S(x)!L lorsque x!+1, nous pouvons écrire S(x)=L+"(x), avec "(x) ! 0.
x!+1
Ainsi, Z Z
x x
etS(t) dt=Lex¡Lex0+ et"(t) dt:
x0 x0

Donc, Z x
exf (x)=Lex¡Lex0+ et"(t) dt+C ;
x0

D'où Z x
f (x)=L+e¡x(¡Lex0+C)+e¡x et"(t) dt
x0

Or, e¡x(¡Lex0+C) ! 0, et puisque "(x) ! 0, alors pour tout >0, il existe M 2R


x!+1 x!+1
tel que pour tout x>M , on a

j"(x)j6
2
90 Liste de figures

Ainsi pour tout x>max(M ;x0), on a


Z x Z x
e¡x et"(t) dt 6 e¡x et j"(t)j dt
x0 x0
Z M Z x

6 e¡x et j"(t)j dt+ e¡x et dt
x0 2 M
Z M 
 ¡x  M
= +e t
e j"(t)j dt¡ e
2 x0 2
¡R M  
Avec, e¡x x et j"(t)j dt¡ 2 eM ! 0, alors il existe M 02R tel que pour tout x>M 0
0 x!+1
Z M

 
e¡x et j"(t)j dt¡ eM 6
x0 2 2

Ainsi, pour tout x>max(M ;M 0;x0), on a


Z x
e¡x et"(t) dt 6
x0
R
¡x x
D'où e x0
et"(t) dt ! 0 et par conséquent f (x) ! L.
x!+1 x!+1

D'où f admet une limite finie lorsque x!+1.

Cas k=2 :
On a
S(x)=f (x)+f 0(x)+f 00(x) ! L
x!+1
 
f
Notons Y = 0 , on a alors
f    
0+ 0 ¡1 0
Y Y=
1 1 S
 
0 ¡1
Posons A= , on a alors
1 1  
d Ax 0
(e Y (x))=eAx
dx S(x)

Par suite Z  
0
Y (x)=e¡Ax eAx dx+C
S(x)

 
L
Par une approche similaire au cas k=1, on peut montrer facilement que Y (x) !
x!+1 0
En particulier que f (x) ! L.
x!+1

Cas k3 :
Considérons l'équation différentielle
k
X
f (j)(x)=0 (z)
j=0
Liste de figures 91

Il s'agit d'une équation différentielle linéaire d'équation caractéristique


k
X
r j =0
j=0

L'ensemble des solutions de l'équation caractéristique est


   
l
exp 2i jl=1;2;:::;k+1
k+1
 
2i
En prenant r=exp k+1 , on a alors
h:x7¡!Re(exp(rx))

est une solution de (z):


Or, pour tout x2R; on a
    
2i
h(x) = Re exp exp x
k+1
      
2 2
= Re exp cos x+i sin x
k+1 k+1
       
2 2
= exp cos x cos sin x
k+1 k+1
   
2 2
Or, k>3, alors cos k+1 >0 et sin k+1 >0, donc h n'admet pas de limite en +1.

zzzzzzz

Cet exercice d'algèbre linéaire explore les propriétés spectrales d'une perturbation de
rang 1 d'une matrice symétrique.
Exercice 4.
Soit A2Mn(R) une matrice réelle symétrique, à valeurs propres toutes distinctes, et
v un vecteur tel que la matrice A+vv T 2Mn(R) n'ait aucune valeur propre en commun
avec A. Montrer que les valeurs propres de A+vv T correspondent aux zéros de la fraction
rationnelle :
F (X)=1+v T (A¡XIn)¡1 v

En déduire que les valeurs propres de A+vv T et celles de A sont entrelacées.


Solution. (SABIR Ilyass)
Étant donné que A est symétrique avec des valeurs propres distinctes, elle est diago-
nalisable par une matrice orthogonale. Ses valeurs propres sont réelles et peuvent être
ordonnées comme 1<2<:::<n.
La fonction F (X) est bien définie et rationnelle sauf aux valeurs propres de A, où
(A¡XIn)¡1 n'est pas définie.
Soit  une valeur propre de A+vv T , il existe donc un vecteur non nul x tel que :
(A+vv T )x=x:

Réécrivons cette équation :


(A¡In)x+vv Tx=0:
92 Liste de figures

Posons =v Tx (un scalaire), alors :


(A¡In)x=¡ v:

En supposant que (A¡In) est inversible (puisque  n'est pas une valeur propre de A),
on a :
x=¡ (A¡In)¡1v:

En substituant dans :
=v Tx=¡ v T (A¡In)¡1v:

En simplifiant (car =
/ 0) :
1+v T (A¡In)¡1v=0:

Ainsi,  est un zéro de F (X).


Réciproquement, supposons que F ()=0 et que  n'est pas une valeur propre de A.
Définissons :
x=(A¡In)¡1v:

Alors :
(A¡In)x=v:

Calculons (A+vv T ¡In)x :


(A¡In)x+vv Tx=v+v(v Tx)=v+v =v(1+ ):

Comme F ()=1+ =0, il s'ensuit que :


(A+vv T ¡In)x=0

ce qui signifie que  est une valeur propre de A+vv T .


Considérons la fonction rationnelle :
F (X)=1+v T (A¡XIn)¡1v:

Nous pouvons exprimer F (X) en utilisant la décomposition en valeurs propres de A.


Soit A=PDP T , où D=diag(1;:::;n) et P est orthogonale. Alors :
n
X wi2
F (X)=1+ ;
i¡X
i=1

où w=(w1;:::;wn )T =P Tv.
Entre chaque paire de valeurs propres i et i+1, la fonction F (X) a une asymptote
verticale (due aux pôles en i) et change de signe car les termes dans la somme passent de
positif à négatif ou vice versa. Par conséquent, F (X) a exactement un zéro dans chaque
intervalle (i ;i+1). Puisque A+vv T a n valeurs propres et qu'aucune ne coïncide avec
celles de A, cela implique que les valeurs propres de A+vv T sont entrelacées avec celles de A.
zzzzzzz
Liste de figures 93

Ce problème d'algèbre et de théorie des groupes demande aux candidats de dénombrer


les morphismes surjectifs entre groupes finis. Il évalue la compréhension des structures
algébriques et la capacité à utiliser des outils comme le théorème des restes chinois.
Exercice 5.
Soient m  1 et r  2 des entiers et Hm;r l'ensemble des morphismes de groupes
(Z/mZ)r !Z/mZ. Calculer la proportion dans Hm;r des morphismes surjectifs
Solution. (SABIR Ilyass)
Commençons par étudier le cas où m est une puissance d'un nombre premier, puis
on va utiliser le théorème des restes chinois pour généraliser au cas où m est quelconque.
Soit p un nombre premier, et k2N, tel que m=pk.
Le groupe (Z/pkZ)r est engendré par les r éléments canoniques e1;e2;:::;er, où ei a un
1 en position i et 0 ailleurs.
Un morphisme de groupes :(Z/pkZ)r!Z/pkZ est entièrement déterminé par les images
des générateurs ei, c'est-à-dire par les éléments ai=(ei)2Z/pkZ pour i=1;2;:::;r.
Comme chaque ai peut prendre pk valeurs possibles, le nombre total de morphismes
est (pk)r.
Un morphisme  est surjectif si et seulement si son image est égale à Z/pkZ.
Dans Z/pkZ, un élément a engendre le groupe si et seulement si a est premier avec p.
Ainsi, le morphisme  est surjectif si et seulement si les ai engendrent Z/pkZ, c'est-à-
dire si pgcd (a1;a2;:::;ar ;p)=1.
Dans ce contexte, puisque p est premier, pgcd (a1;:::;ar ;p)=1 si et seulement si au moins
un des ai n'est pas divisible par p.
Les morphismes non surjectifs sont ceux pour lesquels tous les ai sont divisibles par p.
Cela signifie que chaque ai appartient à pZ/pkZ.
Le nombre de choix possibles pour chaque ai divisible par p est pk¡1 (car les multiples
de p dans Z/pkZ sont 0;p;2p;:::;(pk ¡p)).
Donc, le nombre total de morphismes non surjectifs est (pk¡1)r:
Ainsi, le nombre de morphismes surjectifs est (pk)r ¡(pk¡1)r
La proportion des morphismes surjectifs est donnée par :
 k¡1 r  r
(pk)r ¡(pk¡1)r p 1 1
=1¡ =1¡ =1¡ r :
(pk)r pk p p

Cas général : Soit m un entier strictement positif, avec sa décomposition en facteurs


premiers :
Yn
m= pki i ;
i=1

où les pi sont des nombres premiers distincts et les ki des entiers positifs.
Par le théorème des restes chinois, on a les isomorphismes de groupes :
Yn
Z/mZ' Z/pki iZ;
i=1

et
n
Y
(Z/mZ)r' (Z/pki iZ)r:
i=1

Un morphisme :(Z/mZ)r!Z/mZ correspond à un n-uplet de morphismes :


=(1;2;:::;n);
94 Liste de figures

où chaque i:(Z/pki iZ)r!Z/pki iZ est un morphisme de groupes.


Le morphisme  est surjectif si et seulement si chaque i est surjectif. En effet, l'iso-
morphisme fourni par le théorème des restes chinois est compatible avec les morphismes,
et l'image de  est le produit des images des i.
Pour chaque i, d'après le résultat du cas particulier, la proportion des morphismes i
surjectifs est :
1
1¡ r :
pi

Comme les morphismes i sont indépendants pour des premiers distincts, la proportion
totale des morphismes surjectifs est le produit des proportions individuelles :
Yn   Y 
1 1
1¡ r = 1¡ r
pi p
i=1 pjm

zzzzzzz

Cet exercice traite d'une inégalité matricielle classique, connue sous le nom de théorème
de Schur-Horn. Il teste la compréhension des candidats sur les propriétés des matrices
symétriques et leur capacité à manipuler des inégalités impliquant des valeurs propres.
Exercice 6.
Soit A=(ai;j )16i;j6n2Sn(R) une matrice réelle symétrique. On note 1(A)66n(A)
les valeurs propres de A. Montrer pour tout k2f1;:::;ng l'inégalité
1(A)++k(A)6a1;1++ak;k6n¡k+1(A)++n(A)
Solution. (SABIR Ilyass)
Pour tout A2Sn(R). Remarquons d'abord que si 1(A):::n(A) sont les valeurs
propres de A, alors les valeurs propres de ¡A2Sn(R) sont ¡n(A):::¡1(A).
Donc, si
1(A)+:::+k(A)a1;1+:::+ak;k
pour tout k2f1;:::;ng et pour toute matrice A2Sn(R), alors, puisque ¡A2Sn(R), on a
pour tout k2f1;:::;ng :
¡n¡k+1(A)¡:::¡n(A)¡a1;1¡:::¡ak;k:

Donc, il suffit de montrer que 1(A)+:::+k(A)a1;1+:::+ak;k pour tout k2J1;nK


Définition 1.
Soit m2N tel que mn, et soit V un sous-espace vectoriel de Rn de dimension m. On
définit Tr(AjV ) comme suit :
Xm
Tr(AjV ):= viTAvi
i=1

où v1;:::;vm constituent une base orthonormée quelconque de V . Il est facile de voir que
cette expression est indépendante du choix de la base orthonormée, et donc Tr(AjV ) est
bien définie.
Lemme 1.
Pour tout 1kn, on a :
1(A)+:::+k(A)= sup Tr(AjV )
V Rn
dim(V )=k
Liste de figures 95

Preuve du lemme 1.
Soient e1;:::;en une base orthogonale formée par les vecteurs propres associés à
1(A);:::;n(A) respectivement (en appliquant le théorème spectral). On a :
1(A)+:::+k(A)=Tr(Ajvect(e1;:::;ek))

et
1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ):
V Rn
dim(V )=k

Il reste à montrer que 1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ).


V Rn
dim(V )=k
Montrons par récurrence sur n2N que :
(Pn):8A2Sn(R);8k2f1;:::;ng;1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ):
V Rn
dim(V )=k

C'est trivial pour n=1. Supposons que Pn soit vraie et montrons Pn+1.
Soit A2Sn+1(R) et k2f1;:::;n+1g. Notons (e1;:::;en+1) une base orthonormale formée
par les vecteurs propres de A, associée aux valeurs propres 1(A);:::;n+1(A) respective-
ment. Pn+1
1
Si k=1, on a pour tous 1;:::; n+1 non tous nuls, et pour v= q 2 2 k=1 kek,
1 +:::+ n+1
on a :
n+1
X
1
Tr(Ajvect(v))=v TAv= k k(A)
2
1 +:::+
2 2
n+1 k=1

et
n+1
X
1
Tr(Ajvect(v)) 2 k 1(A)=1(A):
2
1 +:::+
2
n+1 k=1

Donc,
1(A)sup V Rn+1 Tr(AjV ):
dim(V )=1

Si k>1, soit V un sous-espace vectoriel de Rn+1 de dimension k. Alors V contient


un sous-espace V 0 de dimension k¡1 inclus dans vect(e2;:::;en+1). En appliquant l'hypo-
thèse de récurrence à la restriction de A à vect(e2;:::;en+1), qui a pour valeurs propres
2(A);:::;n+1(A), on obtient :
2(A)+:::+k(A)Tr(AjV 0):

D'autre part, si v est un vecteur unitaire dans le complément orthogonal de V 0 dans


V , on voit à partir du cas k=1 que :
1(A)v TAv:

Par suite, on a :
1(A)+:::+k(A)Tr(AjV ):

D'où :
1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ):
V Rn
dim(V )=k
96 Liste de figures

Cela conclut la preuve par récurrence sur n2N.

En appliquant ce lemme à ei=(0;:::;0;1;0;:::;0)T ; où 1 est à la i-ème position pour tout


i=1;:::;n, on obtient :
1(A)+:::+k(A) = sup Tr(AjV )
V Rn
dim(V )=k
> Tr(Ajfeig16i6n)
Xk
= eTi Aei
i=1
= a1;1++ak;k

D'où le résultat.
zzzzzzz

Ce problème explore différentes versions du théorème du point fixe pour des applica-
tions contractantes et non expansives dans Rn.
Exercice 7.
On considère l'espace vectoriel Rn équipé de la norme euclidienne k:k.
Une application A :Rn!Rn est dite contractante s'il existe k<1 tel que, pour tous
x;y2Rn, kA(x)¡A(y)k6kkx¡yk, et non expansive si kA(x)¡A(y)k6kx¡yk pour tous
x;y2Rn.
1. Montrer qu'une application contractante admet un unique point fixe.
2. Soient A:Rn!Rn une application non expansive et K Rn un sous-ensemble convexe,
fermé et borné tel que A(K)K. Montrer que A admet un point fixe.
3. Soit A:Rn!Rn une application non expansive. Montrer que pour tout R>0, l'appli-
cation
A~(x)= min (1;RkA(x)k¡1)A(x)
est non expansive et admet un point fixe.
4. Soit A:Rn!Rn une application non expansive. On suppose que l'ensemble
S :=fx2Rn :92[0;1];x=A(x)g est borné. Montrer que A admet un point fixe.
Solution. (SABIR Ilyass)
1. Soit x02Rn un point arbitraire, et définissons la suite (xn) par récurrence :
xn+1=A(xn):

Montrons que la suite (xn)n2N converge.


On a pour tout n>1,
kxn+1¡xn k = kA(xn)¡A(xn¡1)k
6 kkxn¡xn¡1k

Par récurrence, on obtient pour tout n2N :


kxn+1¡xn kk n kx1¡x0k
Liste de figures 97

Pour tout p>n, considérons kxp¡xn k :


p¡1
X
kxp¡xn k 6 kxi+1¡xi k
i=n
p¡1
X
6 kx1¡x0k ki
i=n
k n¡k p
= kx1¡x0k
1¡k
kn
6 kx1¡x0k
1¡k

Comme k2[0;1[, k n ! 0. Donc, la suite (xn)n2N est de Cauchy. Puisque Rn est com-
n!1
plet, la suite (xn)n2N converge vers un point x2Rn.
Par continuité de A (car elle est lipschitzienne), on a :
 
x= lim xn= lim A(xn¡1)=A lim xn¡1 =A(x):
n!1 n!1 n!1

Donc, x est un point fixe de A.


Unicité du point fixe :
Supposons qu'il existe un autre point fixe y tel que A(y)=y. Alors :

kx¡yk=kA(x)¡A(y)kkkx¡yk:

Ainsi,
(1¡k)kx¡y k0:

Comme k<1, on a kx¡yk=0, donc x=y.


En conclusion, l'application A admet un unique point fixe dans Rn.

2. Soient A:Rn!Rn une application non expansive et KRn un sous-ensemble convexe,


fermé et borné tel que A(K)K. Montrer que A admet un point fixe.
Comme K est un sous-ensemble fermé et borné de Rn. Il est donc compact d'après le
théorème de Heine-Borel.
Or, A est une application non expansive, c'est-à-dire que pour tous x;y2Rn, on a :
kA(x)¡A(y)kkx¡yk:

Cela implique que A est lipschitzienne. Par conséquent, A est continue sur Rn, et en
particulier sur K.
Le théorème du point fixe de Brouwer (voir le lemme 1) affirme que toute application
continue d'un compact convexe non vide de Rn dans lui-même possède au moins un point
fixe.
Comme K est compact, convexe et non vide (puisque tout compact dans Rn est non
vide), et que A(K)K, on peut appliquer le théorème de Brouwer à l'application A res-
treinte à K.
Lemme 1. (Théorème du point fixe de Brouwer)
Soit KRn un compact convexe non vide. Toute application continue f :K!K admet
au moins un point fixe.
98 Liste de figures

Preuve du lemme 1.
Supposons par l'absurde que f n'a pas de point fixe sur K. Alors, pour tout x2K,
f (x)=
/ x.
Définissons l'application g:K!@K (où @K désigne le bord de K) par :
g(x)=x+(x)[f (x)¡x];

où (x)>0 est choisi de sorte que g(x)2@K.


Puisque K est convexe, le segment [x;f (x)] est contenu dans K. Comme f (x)= / x, le
vecteur f (x)¡x est non nul. En prolongeant ce segment au-delà de f (x), nous sortons de
K car K est compact. Donc, il existe un scalaire (x)>0 tel que g(x)=x+(x)[f (x)¡x]
appartient à @K.
L'application g est continue car elle composée de fonctions continues. Elle envoie K
dans @K.
Il est connu qu'il n'existe pas de rétraction continue d'un compact convexe K de Rn
sur son bord @K (c'est une propriété topologique des espaces contractiles). En effet, cela
violerait les propriétés homologiques ou homotopiques de K.
Donc, l'application f admet au moins un point fixe dans K.

3. Soit R>0, montrons que


 
R
A~(x)=min 1; A(x)
kA(x)k

est non expansive


Soient x;y2Rn,
Cas 1 : Si kA(x)k<R et kA(y)k<R, on a alors
kA~(x)¡A~(y)k = kA(x)¡A(y)k
= kx¡yk

Cas 2 : Si kA(x)kR et kA(y)kR, on a alors


1 ~ 1 1
2
kA(x)¡A~(y)k2 = k A(x)¡ A(y)k2
R kA(x)k kA(y)k
2
= 2¡ hA(x);A(y)i
kA(x)kkA(y)k

Pour conclure, il suffit de montrer que :


2 1
2¡ hA(x);A(y)i6 2 kA(x)¡A(y)k2 (1)
kA(x)kkA(y)k R
hA(x);A(y)i
En posant =kA(x)kR, =kA(y)kR et cos()= kA(x)kkA(y)k , pour montrer (1), cela
revient à montrer que  
2 2
2
+ +2cos() 1¡ >2
R R2 R2

Puisque 1¡ R2 <0, il suffit de montrer que


2 2
 
+ ¡2 1¡ 2 >2
R2 R 2 R
Liste de figures 99

Ce qui est équivalent à ( + )2>4R2 et ceci est vrai car ; >R.


Cas 3 : Si kA(x)kR et kA(y)k<R (respectivement si kA(x)k<R et kA(y)k>R), par
symétrie, on peut supposer sans perte de généralité que kA(x)kR et kA(y)k<R, on a alors
R
kA~(x)¡A~(y)k2 = k A(x)¡A(y)k2
kA(x)k
R
= R2+kA(y)k2¡2 hA(x);A(y)i
kA(x)k

hA(x);A(y)i
En posant =kA(x)kR, =kA(y)k<R et cos()= kA(x)kkA(y)k , pour montrer que
R
R2+kA(y)k2¡2 hA(x);A(y)i6kA(x)¡A(y)k2
kA(x)k

Il suffit de montrer que


R2+2 ( ¡R)cos()6 2

Puisque ¡R>0 et <R, il suffit de montrer que


R2+2R( ¡R)6 2

Cette inégalité est équivalente à ( ¡R)2>0.

D'où pour tout x;y2Rn, on a


kA~(x)¡A~(y)k6kx¡yk

Ainsi A~ est non expansive.


L'application A~ est continue (car combinaison de fonctions continues) et à valeurs dans
la boule fermée B(0;R) de Rn, c'est-à-dire kA~(x)kR pour tout x2Rn.
Or, B(0;R)est sous-ensemble de Rn convexe, fermé et borné, donc d'après la question
précédente, A~ admet un point fixe.

4. Pour chaque 2[0;1[, définissons l'application T:Rn!Rn par :


T(x)=A(x):

Pour tout x;y2Rn,

kT(x)¡T(y)k =kA(x)¡A(y)k
=kA(x)¡A(y)k
kx¡yk:

Puisque 2[0;1[, alors T est une application contractante avec une constante de contrac-
tion <1.
Ainsi, d'après la question 1, T admet un unique point fixe x tel que
x=T(x)=A(x)

Ainsi, pout tout 2[0;1[; il existe x2Rn tel que x=A(x).


100 Liste de figures

 
1
En particulier, pour tout n2N, il existe xn2Rn, tel que xn= 1¡ n A(xn).
Puisque pour tout n2N, xn2S et que S est borné, alors (xn)n2N est bornée,
D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass, la suite bornée (xn) possède une sous-suite
convergente (x'(n))n2N. Notons x sa limite. (où ':N!N strictement croissante).
Ainsi, pour tout n2N  
1
x'(n)= 1¡ A(x'(n))
'(n)

Puisque A est non expensive, elle est lipschitizienne, en particulier elle esr continue sur
Rn. Par passage à la limite n!+1, on trouve
x=A(x)

D'où le résultat.
zzzzzzz

Cet exercice d'analyse complexe et de combinatoire demande aux candidats d'étudier le


développement en série entière d'une fraction rationnelle particulière. Il teste leur capacité
à manipuler des séries formelles et à extraire des informations sur les coefficients de ces
séries.
Exercice 8.
Soient p; q 2 des entiers premiers entre eux. Calculer le développement en série entière
1
P
ckz k de la fraction rationnelle
k=0
1¡z pq
(1¡z p)(1¡z q)

en z =0. Déterminer le plus grand entier k tel que ck=0.


Solution. (SABIR Ilyass)
On a, pour tout jz j<1, puisque p et q sont premiers entre eux, p et q jouent un rôle
symétrique, et donc sans perte de généralité, on peut supposer que q est impair. On a alors
q¡1
P
(1¡z p) z kp
1¡z pq
= k=0
(1¡z p)(1¡z q) (1¡z p)(1¡z q)
q¡1
1 X kp
= z
1¡z q
k=0
q¡1
! +1 !
X X
= z kp z qn
k=0 n=0
+1
X     ! X +1   !
k k k k n
= 1[0;q [ 1N z 1N z
p p q
k=0 n=0
+1 X
X n      !
k k n¡k
= 1[0;q [ 1 1 zn
p N p N q
n=0 k=0

Posons,      
n
X k k n¡k
cn= 1[0;q [ 1N 1N
p p q
k=0
Liste de figures 101

On a pour tout n2N, cn=0 si, et seulement si, pour tout k2J0;nK, on a
     
k k n¡k
1[0;q [ 1N 1N =0
p p q

Ainsi, pour un n2N; cn=


/ 0 si et seulement s'il existe k2J0;nK tel que
     
k k n¡k
1[0;q [ 1 1 =1
p N p N q

Ce qui est équivalent à l'existence de s;t2N tels que


k6pq;k=ps et n=k+tq

Donc,
k=ps+tq et k6min(pq;n)

En vertu des deux lemmes suivants, un tel k existe si et seulement si n>pq¡p¡q.


Ainsi, le plus grand entier n tel que cn=0 est n=pq¡p¡q.
Lemme 1. (Chicken McNugget Theorem)
Soient a et b deux entiers positifs premiers entre eux. Alors le plus grand entier qui ne
peut pas s'exprimer comme une combinaison linéaire non négative de a et b (c'est-à-dire
de la forme ma+nb avec m;n2N) est :
N =ab¡a¡b:

Preuve du Lemme 1.
Puisque a et b sont premiers entre eux, il existe des entiers relatifs u et v tels que :
au+bv=1:

Ceci est une conséquence de l'identité de Bézout.


Considérons les résidus modulo b des multiples de a. Puisque pgcd (a;b)=1, les multiples
de a mod b parcourent tous les résidus de 0 à b¡1.
Pour chaque entier r tel que 0rb¡1, il existe un entier k tel que :
kar mod b:

Pour tout entier nN +1=ab¡a¡b+1, on peut écrire :


 
n¡ak
n=ak+b :
b

Puisque n¡ak0mod b, le second terme est un entier. Il nous suffit de montrer que le
coefficient du second terme est non négatif.
Comme nab¡a¡b+1, on a :
nab¡a¡b+1:

En choisissant judicieusement k pour chaque n, on peut assurer que les coefficients sont
non négatifs.
102 Liste de figures

Lemme 2 :
L'entier N =pq¡p¡q ne peut pas être exprimé comme une combinaison linéaire non
négative de p et q.
Preuve du Lemme 2 :
Supposons par l'absurde que N puisse être exprimé comme une combinaison linéaire
non négative de p et q :
N =ap+bq; avec a;b2N:

Alors :
ap+bq=pq¡p¡q:

Réarrangeons l'équation :
ap+p+bq+q=pq:

Ce qui donne :
p(a+1)+q(b+1)=pq:

Comme p et q sont premiers entre eux, p ne divise pas q et vice versa. Ainsi, pour que
la somme p(a+1)+q(b+1) soit égale à pq, il faut que a+1 soit multiple de q et b+1 soit
multiple de p. Donc, il existe des entiers m;n2N tels que :
a+1=qn; b+1=pm:

Substituons dans l'équation :


p(qn)+q(pm)=pq:

Ce qui simplifie à :
pq(n+m)=pq:

Donc :
n+m=1:

Cela implique que soit n=1 et m=0, soit n=0 et m=1.


- Si n=1 et m=0, alors a+1=q donc a=q¡1, et b+1=0 donc b=¡1, ce qui est impossible
puisque b2N.
- Si n=0 et m=1, alors a+1=0 donc a=¡1, impossible car a2N.
Dans les deux cas, nous obtenons une contradiction. Par conséquent, N ne peut pas
être exprimé comme une combinaison linéaire non négative de p et q.

zzzzzzz

Ce problème de probabilités porte sur l'étude d'un processus aléatoire générant un sous-
ensemble de J1;N K. Il évalue la compréhension des candidats sur les concepts de probabilité
conditionnelle et leur aptitude à calculer des espérances et des variances pour des variables
aléatoires discrètes.
Exercice 9.
Liste de figures 103

Soit un entier N >1. On considère la suite aléatoire suivante : on choisit u1 uniformé-


ment dans J1;N K; puis à chaque étape, on choisit un+1 uniformément dans J1;unK. On
considère ensuite l'ensemble aléatoire EN :=fuigi>1J1;N K.
1. Pour tout k 2 J1;N K, déterminer la probabilité que k 2EN .
2. Quelle est la probabilité que 22EN sachant que 3 2 EN ?
3. Calculer l'espérance de jEN j et en donner un équivalent lorsque N !1.
4. Calculer la variance de jEN j et en donner un équivalent lorsque N !1.
Solution. (SABIR Ilyass)
1. Soit N >1, et k2J1;N K, calculons la probabilité que k2EN .
Pour tout n>1, notons P(k2En) la probabilité que k2En.
On a pour tout n>2, si n<k: P(k2En)=0, sinon
n
X
P(k2En) = P(k2En;u1=j)
j=1
n
X
= P(k2En;u1=j)
j=k
n
1 X
= + P(u1=j)P(k2Ej )
n
j=k+1
Xn
1 1
= + P(k2Ej )
n n
j=k+1

Par suite,
n¡1
1 1 X
P(k2En) = + P(k2Ej )
n¡1 n¡1
j=k+1

Ainsi,
n n¡1
1 X 1 1 X
P(k2Ej )= + P(k2Ej )
n n(n¡1) n¡1
j=k+1 j=k+1

Par suite,
0 1
N
X n
X n¡1
X N
X
@1 P(k2Ej )¡
1 A
P(k2Ej ) =
1
n n¡1 n(n¡1)
n=k+1 j=k+1 j=k+1 n=k+1

Par téléscopage, on a
N
X N
P(k2Ej )= ¡1
k
j=k+1

Par suite
N
1 X
P(k2EN ) = 1+ P(k2Ej )
N
j=k+1
 
1 1 N
= + ¡1
N N k
1
=
k
104 Liste de figures

2. Il est clair que pour tous i<j2J1;nK, on a P(i2EN j j2EN )=P(i2Ej )


P(32EN j 22EN )P(22EN )
P(22EN j32EN ) =
P(32EN )
(1¡P(32EN j 22EN ))
= P(22EN )
1¡P(32EN )
 
P(22EN ) P(32EN )
= 1¡ P(22EN j 32EN )
1¡P(32EN ) P(22EN )
 
P(22EN ) P(32EN )
= 1¡ P(22E3)
1¡P(32EN ) P(22EN )
0 1
1 1
= 2 @ 1¡ 3  1 A
1 1 2
1¡ 3 2
1
=
2

3. Pour tout N >1, notons EN =fu1;:::;ul g avec l6N et u1<<ul.


On a pour tout k2J1;nK
N
!
X
E[jEN j] = E 1k2EN
k=1
N
X
= P(k2EN )
k=1
XN
1
=
k
k=1

On a alors :
E[jEN j]  ln(N )
n¡!+1

4. On a
N X
X N
E[jEN j2] = P(k2EN ;j2EN )
k=1 j=1
N
X X
= P(k2EN )+2 P(k2EN ;j2EN )
k=1 16j<k6N
N
X X
1
= +2 P(k2EN ;j2Ek)
k
k=1 16j<k6N
N
X X
1
= +2 P(k2EN )P(j2Ek)
k
k=1 16j<k6N
N
X X
1 1
= +2
k kj
k=1 16j<k6N
Liste de figures 105

Par suite,

Var(jEN j) = E[jEN j2]¡E[jEN j]2


N N
!2
X 1 X 1 X 1
= +2 ¡
k kj k
k=1 16j<k6N k=1
N
X N
X
1 1
= ¡
k k2
k=1 k=1

D'où
Var(jEN j)  ln(N )
n¡!+1

zzzzzzz

Cet exercice traite de la construction et de l'analyse d'un arbre aléatoire croissant.


Il teste la capacité des candidats à modéliser un processus stochastique, à calculer des
probabilités conditionnelles et à déterminer les caractéristiques statistiques (espérance,
variance) de certaines propriétés de l'arbre.
Exercice 10.
On construit un arbre aléatoire de la manière suivante: on commence par une racine S1 ;
on lui ajoute un premier descendant direct S2. Puis, à l'étape N +1, on choisit un sommet
Si uniformément (avec i2 J1;N K) et on lui ajoute un descendant direct SN +1.
1. Calculer l'espérance et la variance du nombre de descendants directs de S1 à l'étape
N.
2. Calculer la probabilité que S2 ait k descendants (directs ou non) à l'issue de l'étape
N.
3. Calculer l'epsérance et la variance du nombre de feuilles (sommets sans descendants)
de l'arbre à l'étape N .
Solution. (SABIR Ilyass, ZINE Akram)
1
1. À chaque étape k (de 2 à N ), le sommet S1 a une probabilité de k¡1 d'être choisi
pour recevoir un nouveau descendant direct. On définit pour tout k=2;:::;N , la variable
aléatoire Xk par : 
1 si S1 est choisi à l 0étape k
Xk=
0 sinon

L'espérance du nombre de descendants directs de S1 à l'étape N :


" N # N
X X
E Xk = E[Xk]
k=2 k=2
XN
1
=
k¡1
k=2
= HN ¡1

où HN ¡1 est le (N ¡1)-ième nombre harmonique.

La variance du nombre de descendants directs de S1 à l'étape N :


106 Liste de figures

On a par indépendance entre X2;X3;:::;XN


" N # N
X X
Var Xk = Var[Xk]
k=2 k=2
N 
X  
1 1
= 1¡
k¡1 k¡1
k=2
XN
1
= HN ¡1¡
(k¡1)2
k=2

2. Le nombre total de sommets est N . On a la racine S1, qui n'est pas un descendant
de S2. S2 lui-même ne doit pas être compté comme son propre descendant.
Les sommets S3;S4;:::;SN sont les N ¡2 sommets restants qui peuvent potentiellement
être des descendants de S2.
Le nombre total d'arbres que l'on peut construire est : (N ¡1)!


Le nombre de façons de choisir les k descendants de S2 parmi les N ¡2 sommets est :
N ¡2
k

Le nombre de façons de construire un arbre récursif avec k+1 sommets (incluant S2)
est :
Tsous-arbre=k!

puisque S2 est la racine fixe du sous-arbre.


Les N ¡k¡2 sommets restants (qui ne sont pas descendants de S2) forment un autre
arbre récursif enraciné en S1. Le nombre de façons de construire cet arbre est :
Tcomplément=(N ¡k¡2)!

Le nombre total d'arbres favorables est :


 
N ¡2
Nombre d'arbres favorables= Tsous-arbreTcomplément
k
D'où, la probabilité que S2 ait exactement k descendants (directs ou indirects), est :
 
N ¡2
k
k!(N ¡k¡2)!
P :=
(N ¡1)!
(N ¡2)!
=
(N ¡1)!
1
=
N ¡1

3. Notons LN le nombre de feuilles dans un arbre aléatoire de N sommets.


Soit =(1;:::;N ¡1) une permutation sur f2;:::;N g. On peut construire un arbre récursif
avec les n÷uds 1;2;:::;N en prenant 1 comme racine, et en attachant le n÷ud i2 au
n÷ud le plus à droite j de  qui précède i et qui est inférieur à i. S'il n'existe pas
un tel élément j, alors on définit la racine 1 comme le parent de i.
De la construction de l'arbre ci-dessus, LN peut être défini par :
N
X ¡2
LN = I fi>i+1g+1: (4)
i=1
Liste de figures 107

Ceci est obtenu en observant que chaque apparition de descentes dans  signifie qu'une
feuille sera ajoutée à l'arbre Tn. De plus, le dernier élément n¡1 de  est toujours une
feuille.
E[LN ]=N /2 découle du fait que P(I fi>i+1g=1)=1/2.
De plus,
" N ¡2 !2 #
X
E[LN ] = E
2
I fi>i+1g+1
i=1
2 3
N
X ¡2 X
= E4 3 I fi>i+1g+ I fi>i+1gI fj >j+1g+1 5
i=1 / j6N ¡2
16i=

Or, pour tout i;j2J1;N ¡2K, on a :



1/6 si ji¡j j=1;
P(I fi>i+1gjI fj >j+1g=1)=
1/4 si ji¡j j>1

Ainsi, on obtient :

3(N ¡2) (N ¡3)(N ¡4) 2(N ¡3)


2
E[LN ] = + + +1
2 4 6
N2 N
= +
4 12

Par conséquent,
N
2
Var[LN ]=
12

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