Oraux Ens
Oraux Ens
Avril 2024
Liste de figures 3
zzzzzz
Remerciements.
Le document a été relu par SABIR Ilyass, ZINE Akram, et d'autres personnes qui ont
vérifié quelques solutions. Un grand merci à tous les membres du groupe Maths Community
pour leurs efforts à relire certaines parties de ce livre.
Licence.
Tous droits réservés. Ce document et son contenu sont protégés par les lois sur le droit
d'auteur. Toute reproduction, distribution ou utilisation des solutions présentées dans ce
document à des fins commerciales nécessite une autorisation préalable.
© Paris, 2024.
zzzzzz
4 Liste de figures
Avant-propos
Ce recueil est bien plus qu'une simple collection d'exercices : il est conçu comme un
compagnon de route pour tous les étudiants de prépas aspirant à intégrer les institutions
les plus prestigieuses, telles que l'École Normale Supérieure (ENS) et l'École Polytechnique
(l'X), mais aussi pour les candidats des autres grandes écoles et concours de haut niveau.
Ces exercices rassemblés ici ne sont pas des problèmes standards : ils sont tirés des épreuves
orales réelles des concours des années précédentes, garantissant ainsi une immersion totale
dans la réalité des défis à venir.
Le niveau de difficulté de chaque exercice peut varier selon l'étudiant, raison pour
laquelle nous n'avons pas jugé utile de les classer selon ce critère. En effet, la difficulté
perçue est une donnée subjective et dépend largement de votre maîtrise des sujets abordés.
C'est pourquoi nous vous encourageons à aborder chaque exercice avec un esprit ouvert,
prêt à explorer, à questionner et à approfondir vos connaissances. Nous vous recommandons
également de travailler ces exercices dans des conditions aussi proches que possible de celles
des oraux : une durée de 50 minutes pour les oraux d'ULM et de 45 minutes pour ceux du
concours commun ULSR. Cela vous permettra non seulement de vous habituer à la gestion
du temps, mais aussi de simuler l'environnement stressant des épreuves, où chaque minute
compte et où la clarté de pensée est cruciale.
La variété des exercices dans ce recueil reflète les multiples facettes des mathématiques
enseignées et évaluées lors des concours. Vous trouverez des problèmes d'algèbre, d'analyse,
de géométrie, et même des défis en théorie des nombres. Certains exercices mettront à
l'épreuve votre capacité à manipuler des objets classiques tels que les Wronskiens, les
séries alternées ou les matrices antisymétriques. D'autres vous amèneront à plonger plus
profondément dans des problématiques actuelles, comme les espaces de translation ou les
sous-groupes des isométries affines. Le but n'est pas simplement de résoudre ces problèmes,
mais de comprendre les mécanismes sous-jacents qui permettent d'aborder des situations
nouvelles avec confiance.
Pour vous soutenir dans cet effort, nous avons également inclus des solutions détaillées
en annexe, qui couvrent non seulement les épreuves récentes de mathématiques A du
concours X/ENS 2023 et 2024, mais aussi l'épreuve de mathématiques C du concours
l'X/ENS 2018 et de l'agrégation externe de 2019. Ces solutions sont bien plus qu'une
simple correction : elles vous guideront pas à pas dans le raisonnement et la méthodologie
attendus au plus haut niveau.
En outre, nous vous invitons vivement à consulter les rapports des jurys des concours
précédents. Ils vous permettront de mieux comprendre les attentes précises des exami-
nateurs, les qualités qu'ils recherchent et les erreurs fréquentes à éviter. Enfin, en cas de
difficultés, n'hésitez pas à recourir à des simplifications ou à des cas particuliers pour cla-
rifier les concepts. Ce travail sur des versions plus abordables d'un problème peut souvent
Avant-propos 5
fournir des intuitions précieuses, vous permettant ensuite de revenir à l'énoncé général avec
une meilleure compréhension.
La route vers l'excellence est exigeante, mais avec les bonnes méthodes et une persé-
vérance inébranlable, elle est à votre portée. Nous espérons que ce recueil deviendra un
compagnon de confiance dans cette aventure et vous aidera à aborder les oraux avec sérénité
et confiance.
Les auteurs
Table des matières
Avant-propos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Liste de figures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
7
8 Table des matières
V Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
Corrigé de l'épreuve mathématiques A . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
Pramière partie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234
12 Table des matières
13
Partie I
???
Dans cette première partie, nous allons explorer une série d'exercices extraits des épreuves
orales du concours d'entrée à l'ENS ULM. Les sujets abordés couvrent des domaines
variés des mathématiques, tels que l'analyse, l'algèbre linéaire et la géométrie. Vous serez
confrontés à des problèmes classiques mais exigeants, tels que les Wronskiens et les sys-
tèmes de Tchebychev, la minimisation locale sur un graphe, ainsi que des questions de
divisibilité dans des contextes algébriques complexes. Chaque exercice a été sélectionné
pour refléter la rigueur et l'ingéniosité nécessaires lors des concours, et vous permettre
de tester vos connaissances tout en affinant vos méthodes de raisonnement. À travers les
résolutions, vous développerez des outils essentiels pour maîtriser des concepts allant des
espaces fonctionnels aux propriétés géométriques et algébriques des matrices et groupes.
Vous trouverez l'énoncé des exercices à :
[Link]
???
L'exercice 1 porte sur les wronskiens et les systèmes de Tchebychev. Il explore les pro-
priétés des déterminants wronskiens et leur application à l'étude des zéros de combinaisons
linéaires de fonctions. Cet exercice combine des aspects d'algèbre linéaire et d'analyse,
mettant en évidence des liens profonds entre ces domaines.
Exercice 1. (Wronskiens et systèmes de Tchebychev)
Soit I R un intervalle ouvert non vide. Soit C r(I) le R-espace vectoriel des fonctions
sur I à valeurs réelles continument dérivables r fois. Pour toutes fonctions f1;:::;fr2C r¡1(I)
on définit une fonction I!R par :
W[gf1;:::;gfr](x)=g(x)rW[f1;:::;fr](x):
2. Soit f1;:::;fr 2C r¡1(I) telles que W[f1;:::;fk] est strictement positif sur I, pour
tout 1kr. Montrer que pour tout a1;:::;ar 2R non tous nuls, la fonction a1 f1++arfr
admet au plus r¡1 zéros sur I.
Solution. (SABIR Ilyass)
1. Soient g;f1;:::;fr2C r¡1(I) et x2R, on a :
Donc
Et montrons que :
2. Soient f1;:::;fr2C r¡1(I) telles que W[f1;:::;fk] soit strictement positif sur I, pour
tout 1kr. Soient a1;:::;ar 2R non tous nuls. Montrons que la fonction a1 f1++arfr
admet au plus r¡1 zéros sur I.
Commençons par examiner les petites valeurs de r.
Pour r=1, on a pour tout x2I
f1(x)=W[f1](x)>0
Alors 0
f2 W[f1;f2](x)
(x)= >0
f1 f1(x)2
Soient a;b2R non tous nuls, montrons que la fonction x2I7¡!af1(x)+bf2(x) admet au
plus 1 zéro sur I.
Si b=0, il est clair que la fonction x2I7¡!af1(x)+bf2(x) n'admet pas de zéros sur I.
Sinon, les zéros de x2I7¡!a f1(x)+b f2(x) sont exactement
0 les zéros de la fonction
f2(x) f
:x2I7¡!a+b f (x) . Or, pour tout x2I, on a (x)=b f2 , ce qui signifie que est
0
1 1
strictement monotone sur I, par conséquent admet au plus un zéro sur I. D'où le résultat.
Dans toute la suite, on suppose que r>3, Le résultat n'est pas facile à démontrer, donc
nous allons prouver dans un premier temps trois lemmes qui nous aideront à répondre à
la question.
Définition.
Notons, pour tout k2J1;rK
8
>
>
> '1:=W[f1]
>
< W[f ;f ]
'2:= W[f1 ]22
1
>
>
>
> W[f 1;:::;fk¡2]W[f1;:::;fk]
: 'k:= W[f ;:::;f ]2
si 36k6r
1 k¡1
Lemme 1.
On a pour tout k2J1;rK
Dk¡1:Dk¡[Link]k='k
20 Liste de figures
Preuve du lemme 1.
Montrons le résultat par récurrence sur k2J1;rK.
Le résultat est trivial pour k=1;2 (c:f le cas r=1;2).
Soit k2J3;rK, supposons que pour tout i2J1;k¡1K Di¡[Link]i='i. Montrons que
Dk¡1:Dk¡[Link]k='k.
On a d'après la question 1 :
f2 fk
1
'1 '1
1
W[f1;:::;fk] = D1:f1 D1:f2 D1:fk
'k1
D1:f1 D1:f2 D1:fk
f2 fr
1
'1 '1
0 D1:f2 D1:fr
d d
= 0 D1:f2 D1:f2
dx dx
r¡2
r¡2
d d
0 D1:f2 D1:fr
dx dx
= W[D1:f2;:::;D1:fk]
Ainsi,
1 1
D1:f2 D1:fr
'2 '2
1 [Link] [Link]
W[D1:f2;:::;D1:fk] =
'k¡1
2 r¡3
r¡3
d d
[Link] [Link]
dx dx
1 1
1 D1:f3 D1:fr
'2 '2
0 [Link] [Link]
=
r¡3
r¡3
d d
0 [Link] [Link]
dx dx
= W[Link];:::;[Link]k]
W[f1]k¡2 W[f1;f2]2(k¡2)W[f1;:::;fk¡2]4
= W[f1;:::;fk]
W[f1;f2] k¡1 W[f1] W[f1;f2]k¡3W[f1;:::;fk¡2]3W[f1;:::;fk¡1]2
k¡2
W[f1;:::;fk]W[f1;:::;fk¡2]
=
W[f1;:::;fk¡1]2
= 'k
Lemme 3.
Soit f 2C r¡1(I). On suppose que f admet au moins r zéros sur I, alors pour tout
k2J1;r¡1K, on a Dk:Dk¡[Link] admet au moins r¡k racines sur I.
Preuve du lemme 3.
Soit f 2C r¡1(I), on suppose que f admet au moins r zéros 1<:::<r sur I.
On va montrer le résultat par récurrence finie sur k2J1;r¡1K.
Pour k=1, on a pour tout j2J1;r¡1K, on a f (j )=f (j+1)=0. Donc, via le lemme 2, il
existe j 2]j ;j+1[ tel que D1:f (j )=0
Ainsi D1:f admet au moins r¡1 zéros sur I.
Soit k2J1;r¡2K, supposons que Dk:Dk¡[Link] admet au moins r¡k zéros sur I et
montrons que Dk+1:Dk:::D1:f admet au moins r¡(k+1) zéros sur I.
Par le même raisonnement que précédemment, entre deux zéros de Dk:Dk¡[Link] , il
existe un zéro de Dk+1:Dk:::D1:f .
D'où le résultat.
Revenons à notre question. Montrons que a1 f1++arfr admet au plus r¡1 zéros sur I.
Par l'absurde, supposons que a1 f1++arfr admet au moins r zéros sur I.
Notons I=fk2J1;rK;ai=0g et i0=max(I). On a d'après le lemme 1,
r
! !
X X
Di0¡[Link] akfk = Di0¡[Link] akfk
k=1 k2I
X
= akDi0¡[Link]k:Dk¡[Link]k+ai0Di0¡[Link]i0
k2I nfi0g
= ai0:'i0
22 Liste de figures
r
P
Or, via le lemme 3, Di0¡[Link] akfk admet au moins r¡i0+1>1 zéros sur I.
k=1
Ainsi ai0:'i0 s'annule sur I, absurde avec 'i0>0.
D'où a1 f1++arfr admet au plus r¡1 zéros sur I.
1 x xk¡1
0 2 (k¡1) xk¡2
W[f1;:::;fk](x) =
0 (k¡2)! (k¡2)!x
0 0 (k¡1)!
k¡1
Y
= i!
i=1
> 0
r
P
Donc pour tous a1;:::;ar non tous nuls, on a x7¡! akxk¡1 admet au plus r¡1 zéros
k=1
sur R.
Ainsi, pour tout polynôme P 2R[X] non nul, P admet au plus deg(P ) racines sur R.
2- Soient t1<<tr 2R
Pour tout i2J1;rK, et pour tout fk:x7¡!etkx, on a alors pour tout k2J1;rK et pour tout
x2R
1 1 1
t1 t2 tk
W[f1;:::;fk](x) = e(t1++tk)x
t1k¡1 tkk¡1 tkk¡1
Y
= e(t1++tk)x (tj ¡ti)
16i<j6k
> 0
r
P
Ainsi pour tous a1;:::;ar non tous nuls, on a x7¡! aketkx admet au plus r¡1 zéros
k=1
sur R.
zzzzzzz
Cet exercice porte sur la minimisation locale sur un graphe. Il explore une méthode
probabiliste pour trouver un minimum local d'une fonction définie sur un ensemble fini, en
utilisant un échantillonnage aléatoire suivi d'une descente locale. L'exercice demande de
prouver que cette méthode a une probabilité d'au moins 1/2 de trouver un minimum local.
24 Liste de figures
est 1/2.
Soit e2E, alors uM n'est pas un minimum local, et donc il existe k2J1;M K et
(u0;:::;uM )2E tels que :
u0=bk(e); f (bk(e))= min f (bi(e)) et pour tout i2J0;M ¡1K; f (ui+1)<f (ui)
16i6M
On a alors :
f (uM )<f (uM ¡1)<<f (u1)<f min bi(e)
16i6M
D'où le résultat.
zzzzzzz
L'exercice 4 s'intéresse à l'espace des translatées d'une fonction. Il examine les pro-
priétés d'approximation d'un espace engendré par les translations entières d'une fonction
intégrable. L'exercice demande de prouver un résultat d'approximation uniforme à partir
d'une hypothèse d'approximation en norme L1.
Exercice 4. (Espace des translatées d'une fonction)
Soit g2C(R) une fonction intégrable. Pour AZ, on note SA le sous-espace vectoriel
de C(R) engendré par les fonctions x7! g(x¡a), avec a2A. On suppose que pour toute
f 2C(R) intégrable et tout >0, il existe h2SZ telle que
Z
jf (x)¡h(x)jdx<:
R
Montrer que pour toute f 2C(R) intégrable et tout >0, il existe L>0 tel que pour tout
y2R, il existe AZ et h2SA tels que
Z
#ALet jf (x¡y)¡h(x)jdx<:
R
Solution. (Zine Akram)
Pour tout ">0, il existe R>0 tel que :
Z
"
jf (x)j dx< :
jxj>R 4
Nous voulons montrer que l'application r7! f (¡r) est continue de [0;1] dans L1(R).
Pour tout r02[0;1] et tout >0, choisissons >0 tel que pour jr¡r0j< :
- Sur jxjR : Pour x2[¡R;R] et r;r02[0;1], x¡r et x¡r0 appartiennent à [¡R¡1;R+1].
Donc,
"
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j< :
4R
Ainsi, Z R
" "
jf (x¡r)¡f (x¡r0)j dx(2R) = :
¡R 4R 2
Cela montre que l'application r7! f (¡r) est continue de [0;1] dans L1(R).
L'intervalle [0;1] est compact. L'image de [0;1] par l'application continue r7! f (¡r)
est donc un ensemble compact dans L1(R). Par le théorème de Heine-Borel, cet ensemble
compact peut être couvert par un nombre fini de boules de rayon "/2 dans L1(R).
Autrement dit, il existe un entier N et des points r1;r2;:::;rN 2[0;1] tels que pour tout
r2[0;1], il existe ri avec : Z
"
jf (x¡r)¡f (x¡ri)j dx< :
R 2
Par hypothèse, pour chaque f (x¡ri) et pour ", il existe hi2SZ tel que :
Z
"
jf (x¡ri)¡hi(x)j dx< :
R 2
Chaque hi est une combinaison linéaire finie de fonctions de la forme g(x¡a) avec a2Z.
Notons AiZ l'ensemble des a utilisés dans hi, et L= max #Ai.
1iN
Pour un y2R arbitraire, écrivons y=n+r, avec n2Z et r2[0;1[. D'après ce qui précède,
il existe ri tel que : Z
"
jf (x¡r)¡f (x¡ri)j dx< :
R 2
Cet exercice traite de la limite d'une série alternée. Il demande d'étudier la convergence
et la limite d'une série alternée formée à partir d'une fonction décroissante tendant vers
zéro. L'exercice combine des aspects d'analyse réelle et de théorie des séries.
Exercice 5. (Limite d'une série alternée)
Soit f 2C 1(R) décroissante et tendant vers 0 en +1. Montrer que la fonction
1
X
g(x)= (¡1)nf (nx)
n=0
De plus :
+1
X Z
1 1 +1 0
g(x)¡ f (0) = (f (2kx)¡f ((2k+1)x))+ f (t) dt
2 2 0
k=0
+1 Z (2k+1)x
X +1 Z
1 X (2k+2)x 0
= ¡ f 0(t) dt+ f (t) dt
2
k=0 2kx k=0 2kx
+1 Z (2k+1)x Z (2k+2)x
1X
= ¡ f 0(t) dt¡ f 0(t) dt
2 2kx (2k+1)x
k=0
+1 Z
1 X (2k+1)x 0
= ¡ (f (t)¡f 0(t+x)) dt
2 2kx
k=0
Par conséquent :
+1 Z
1 1X (2k+1)x
jg(x)¡ f (0)j 6 jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt
2 2 2kx
k=0
+1
X Z (2k+2)x
1
6 jf 0(t+x)¡f 0(t)j dt
2
k=0 2kx
Z
1 +1 0
6 jf (t+x)¡f 0(t)j dt
2 0
Comme f 0 est continue sur le segment [0;A+1], elle y est uniformément continue. Il
existe donc 2]0;1] tel que :
"
8(x;t)2[0;A]]0; ]; jf 0(t+x)¡f 0(t)j
3A
1
D'où g(x) ! 2 f (0).
x!0
zzzzzzz
28 Liste de figures
Cet exercice traite des unions dénombrables d'ensembles fermés. Il demande de prouver
que l'intervalle ouvert ]0;1[ ne peut pas être écrit comme union dénombrable d'intervalles
fermés disjoints d'intérieur non vide, puis d'étendre ce résultat au carré ouvert ]0;1[2 pour
des disques fermés. L'exercice fait appel à des notions de topologie et de théorie de la
mesure.
Exercice 6. (Unions de fermés)
Montrer que ]0;1[ n'est pas l'union d'un nombre dénombrable d'intervalles fermés dis-
joints d'intérieur non vide.
Montrer que le carré ouvert ]0;1[2 n'est pas l'union d'un nombre dénombrable de disques
fermés.
Solution. (SABIR Ilyass)
Pour répondre aux deux parties de l'exercice, on va montrer la généralisation suivante :
Généralisation de l'exercice :
Pour tout n2N, on a ]0;1[n n'est pas l'union d'une suite dénombrable de fermées non
vide deux à deux disjoints.
Soit n2N, Raisonnons par l'absurde en supposant que ]0;1[n peut être décomposé en
une union dénombrable de fermés non vides deux à deux disjoints, et montrons que cela
conduit à une contradiction avec la propriété de connexité de ]0;1[n.
Supposons qu'il existe une famille dénombrable (Fk)k2N de sous-ensembles tels que :
Pour tout k2N, Fk]0;1[n est fermé dans ]0;1[n et non vide.
/ l, Fk\Fl=; (ils sont deux à deux disjoints).
Pour tout k;l2N avec k=
1
S
]0;1[n= Fk (leur union est ]0;1[n).
k=1
Pour aboutir à une contradiction, on va utiliser le lemme suivant, qui présente une
propriété fondamentale des espaces connexes.
Lemme 1.
Dans un espace connexe, la seule façon de le partitionner en fermés disjoints est que
l'un des fermés soit l'espace entier et les autres soient vides. En d'autres termes, un espace
connexe ne peut pas être décomposé en une union de plusieurs fermés non vides deux à
deux disjoints.
Preuve du lemme 1.
Supposons que X est un espace topologique connexe, et qu'il existe une famille (Fi)i2I
de fermés de X tels que :
Pour tout i2I, Fi est fermé dans X et non vide.
Les Fi sont deux à deux disjoints : Fi\Fj =; pour i=
/ j.
S
Leur union est l'espace : X= Fi.
i2I
On va montrer que nécessairement un seul des Fi est égal à X et que les autres sont
vides.
Supposons par l'absurde qu'il existe au moins deux fermés non vides disjoints F1 et F2
dans X. S
Considérons les ensembles A=F1 et B=X nF1= Fi.
i2I
A est fermé dans X (par hypothèse).
/ 1), donc fermé dans X.
B est l'union de fermés (les Fi pour i=
A et B sont disjoints (puisque les Fi sont deux à deux disjoints).
De plus, A[B=X.
Liste de figures 29
L'exercice 7 porte sur une inégalité isopérimétrique discrète. Il demande de prouver une
inégalité impliquant l'espérance de la valeur absolue de la différence entre une fonction sur
un groupe abélien fini et sa moyenne. Cet exercice fait appel à des techniques de théorie
des probabilités et d'analyse fonctionnelle discrète.
Exercice 7. (Une inégalité isopérimétrique discrète)
Soient n et d des entiers strictement positifs et G=(Z/nZ)d. Soit S=fe1;:::;edg, où
ei=(0;:::;0;1;0;:::;0)2G, avec le 1 en ie position. Soient X une variable aléatoire uniformé-
ment distribuée dans G et f :G!R une fonction. Montrer que
dn
E[jf (X)¡E[f (X)]j] maxs2S E[jf (X)¡f (X+s)j]:
2
Solution. (ETTOUSY Badr)
D'après le théorème de transfert, on a :
1 X 1 X
E[jf (X)¡E[f (X)]j] = f (x)¡ f (y)
nd x2G nd y2G
1 XX
6 2d jf (x)¡f (y)j
n x2G y2G
1 X X
jf (y)¡f (y+" iu iei )j = juijM
nd
y2G y2G
nd
6 M
2
D'où le résultat.
zzzzzzz
Si D=0, on peut supposer sans perte de généralité que d1=0 (Il suffit de permuter les
colonnes de P ).
On a alors det(D+Vx) est un polynôme en x de degré n¡1.
Ainsi, il exite un x02R tel que det(D+Vx0)=0, ce qui est absurde.
D'où D=0, et par suite AT =¡A. Donc, A est antisymétrique.
Alors 1==n=0.
Lemme 1.
Le polynôme
n
Y
(X):=det(XIn¡diag(1;:::;n))= (X¡i)
i=1
est impair.
Preuve du lemme 1.
/ 0, on a :
Soit a=
1+X a+X a+X ::: a+X
¡a+X 2+X a+X ::: a+X
Q(X) := ¡a+X ¡a+X 3+X
a+X
¡a+X ¡a+X X+n
Q est polynôme de degré inférieur ou égal à 1, (il suffit de retrancher la première ligne
à toutes les autres lignes par exemple).
Donc il existe ; 2R tels que Q(X)= + X.
On a
Q(a)=¡ (¡a)
Q(¡a)=¡ (a)
En particulier
1
Q(0)= =¡ ( (¡a)+ (a))
2
Notons
1 X 0 0
¡X 2 X
Pn(X j1;:::;n):= 0 ¡X 0
X
0 0 ¡X n
Par développement suivant la première ligne, on a
Lemme 2.
Pour tout k2J1;nK;
Si k est pair, alors Le polynôme Pk(n¡k+1;:::;n) est unitaire de degré k.
Si k est impair, alors Pk(n¡k+1;:::;n) est de degré 6k¡1, et le coefficient de X k¡1 est
n¡1
P2
2j+1.
n¡k
j= 2
Preuve du lemme 2.
Par récurrence sur k2J1;nK, en utilisant la formule (?).
Pour effectuer une rotation autour de O, nous devons translater les coordonnées de
manière à ce que O soit à l'origine :
P~=P ¡O:
P 0=P~ 0+O:
Après rotation de P~ :
~ ~ cos ¡sin x
P =RP =
0
:
sin cos y¡d
Par suite,
x 0=x~ 0;
y 0=y~0+d=sin x+cos (y¡d)+d:
Ainsi,
y 0=sin x+cos y¡cos d+d:
Par suite,
y 00=¡y 0=¡(sin x+cos y¡cos d+d):
indique qu'il s'agit d'une réflexion suivie d'une translation le long de l'axe de réflexion,
c'est-à-dire une réflexion glissante.
Lemme 2.
La composition de deux rotations de centres différents dans le plan affine donne une
rotation ou une translation. Plus précisément, si les angles de rotation sont opposés, la
composition donne une translation. Sinon, la composition reste une rotation. Dans les deux
cas, on peut toujours construire une translation.
Preuve du lemme 2.
Définissons les deux rotations :
- Première rotation R1 : de centre O1 à la position ~o1 et d'angle 1.
- Deuxième rotation R2 : de centre : O2 à la position ~o2, et d'angle 2.
Nous allons analyser la composition T =R2R1. Une rotation dans le plan peut être
représentée de la manière suivante :
1. Translater le point de sorte que le centre de rotation soit à l'origine.
2. Appliquer la matrice de rotation.
Liste de figures 35
La fonction de transformation pour une rotation autour d'un point O est donnée par :
R(P )=R()(P ¡o
~ )+o
~:
Ensuite,
P 00=R2(P 0)=R(2)(P 0¡o
~ 2 )+o
~ 2:
Développons l'expression :
T (P )=R(2)R(1)(P ¡o
~ 1 )+R(2)(o ~ 2 )+o
~ 1 ¡o ~ 2:
On a :
R(2)R(1)=R(1+2):
Définissons :
Angle total de rotation : =1+2.
Vecteur de translation : ~t=R(2)(o ~ 2 )+o
~ 1 ¡o ~ 2.
La transformation devient :
T (P )=R()(P ¡o
~ 1 )+t
~:
Lemme 3.
La composition de deux réflexions aux axes parallèles donne une translation.
Preuve du lemme 3.
Soient L1 et L2 deux droites parallèles distinctes dans le plan affine R2, faisant un
angle avec l'axe des abscisses. Nous allons démontrer que la composition des réflexions
par rapport à L1 et L2 est une translation.
Supposons que les droites L1 et L2 soient parallèles et orientées selon un angle avec
l'axe des abscisses. Ainsi, un vecteur directeur commun à ces droites est donné par :
cos
u=
sin
La réflexion par rapport à une droite L orientée selon et située à une distance c de
l'origine peut être exprimée comme une transformation affine :
RL(x)=Ax+t
On a :
cos 2 sin 2 cos 2 sin 2
A2= =I
sin 2 ¡cos 2 sin 2 ¡cos 2
cos 2 sin 2 ¡sin ¡cos 2sin +sin 2cos
An= =
sin 2 ¡cos 2 cos ¡sin 2sin ¡cos 2cos
Donc,
sin
An= =n
¡cos
2- Supposons que G contienne une rotation R. Alors, pour toute translation Tv2G,
nous avons
R¡1TvR=TR¡1(v):
Ainsi, nous obtenons une nouvelle translation TR¡1(v). Comme R ne stabilise que son
centre de rotation, cette nouvelle translation n'est pas triviale et peut avoir une direction
différente de la translation initiale.
Ensuite, si G ne contient que des translations, et que ces translations sont parallèles
à une direction commune. Cela implique que les droites parallèles à cette direction sont
stabilisées par G, ce qui contredit l'hypothèse selon laquelle G ne stabilise aucune droite.
Considérons maintenant le cas où G contient des réflexions mais pas de rotations. Soit
M une réflexion dans G. Alors, pour toute translation Tv2G, nous avons
MTvM =TM (v):
Si pour toutes les réflexions M 2G, on a M (v)=v, alors G stabilise une droite parallèle
à v, ce qui est une contradiction avec l'hypothèse que G ne stabilise aucune droite.
Ainsi, G doit contenir une seconde translation dont la direction est différente de la
première.
zzzzzzz
Cet exercice porte sur le résultant de deux polynômes. Il s'agit de prouver certaines
propriétés du résultant, notamment sa symétrie et son lien avec un déterminant spécifique.
L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des polynômes.
Exercice 10. (Résultant)
Soient A;B2C[X] deux polynômes unitaires, de degrés respectifs a et b. Soit MA;B
l'endomorphisme de C[X]/(A) défini par MA;B ([P ])=[BP ].
Soit A;B =det MA;B . Montrer que A;B =(¡1)abB;A.
Soit FA;B l'unique endomorphisme de C[X]a+b¡1 tel que pour tout U 2C[X]a¡1 et tout
V 2C[X]b¡1, FA;B (U +X aV )=BU +AV .
Montrer que det (FA;B )=A;B
Ainsi,
A;B = det(MA;B )
Ya
= B( j )
j=1
a Y
Y b
= ( i¡ j )
i=1 j=1
Puisque l'ensemble des polynômes sindés à racines simples dense dans l'ensemble des
polynômes scindés, et que l'application (A;B)2C[X]27¡!A;B est continue (car elle est une
composition d'applications continues).
Qa Qa
On a pour A:= (X ¡ k) et B:= (X¡ k), avec 1;:::; a; 1;:::; b2C.
k=1 k=1
On a
b Y
Y a
B;A = ( j ¡ i)
j=1i=1
= (¡1)abA;B
k=0
40 Liste de figures
En effet, les b premières lignes de la matrice sont multipliées par k (contribution de kb),
les a dernières lignes sont multipliées par l (contribution de la).
Ce vecteur est non nul car les degrés des polynômes sont différents. Donc FA;B n'est
pas inversible et det (FA;B )=0.
Par les points précédents, on peut écrire :
b Y
Y a
det (FA;B )= ( j ¡ i)
j=1 i=1
Dans ce cas, la matrice FA;B devient triangulaire, et tous les éléments diagonaux sont
égaux à 1.
Donc det (FA;B )=1.
Par conséquent, =1.
On a donc démontré que :
b Y
Y a
det (FA;B )= ( j ¡ i)=A;B
j=1 i=1
zzzzzzz
Connexité de H>0 :
Pour prouver que H>0 est connexe par arcs, nous définissons une fonction continue
f (t) reliant deux éléments quelconques de H>0. Soient (P ;x)2H>0 et (Q;y)2H>0. Nous
définissons f (t) comme suit :
f (t)=(tP (X+x¡(1¡t)y¡tx)+(1¡t)Q(X+y¡(1¡t)y¡tx);tx+(1¡t)y)
42 Liste de figures
Connexité de H<0 :
Un raisonnement similaire s'applique pour H<0.
En conclusion, les composantes connexes par arcs de H sont H>0 et H<0 si d2. Chaque
partie connexe de H est incluse soit dans H>0, soit dans H<0, et chacune de ces parties
est connexe par arcs.
Autrement dit, T est l'ensemble des polynômes qui n'ont ni racines multiples, ni racines
où la dérivée s'annule. Nous cherchons à décrire les composantes connexes par arcs de T .
Construction de Tm :
Pour mieux comprendre la structure de Tm, considérons l'application suivante :
f :SD!Tm
Où :
S est l'ensemble des polynômes de degré d¡m qui sont strictement positifs sur tout
R,
D est l'ensemble des m-uplets de réels distincts et ordonnés de manière croissante.
Preuve de la continuité de nP :
Soit (Pn) une suite de polynômes dans T qui converge vers un polynôme P 2T . Autre-
ment dit, les coefficients de Pn convergent vers ceux de P , ce qui implique que la convergence
est également uniforme sur tout compact. Supposons que P ait m racines réelles dis-
tinctes. Entre chacune de ces racines, le signe de P est constant, puisque P ne s'annule
pas en dehors de ses racines simples.
Pour n suffisamment grand, le polynôme Pn conserve le même signe que P entre ces
racines, par continuité. Par le théorème des valeurs intermédiaires (TVI), Pn doit avoir au
moins m racines réelles, c'est-à-dire nPn nP .
Ainsi, nous avons montré que nPn=nP pour n suffisamment grand, ce qui prouve la
continuité de la fonction nP , et donc la séparation des Tm.
zzzzzzz
On suppose que g est non nulle, sans quoi le problème est trivial et G=R. Raisonnons
par l'absurde en supposant que l'ensemble des t2R pour lesquels l'adhérence de W (g),
notée W (g), est invariante par translation, est dense dans R. Autrement dit, supposons
que ce sous-groupe GR soit dense.
Puisque W (g) est invariant par t pour tout t2G, prenons un élément t2G. Par défi-
nition de l'invariance par translation, cela signifie que g(x¡t) peut être exprimée comme
une combinaison linéaire des translatés de g par des entiers, soit :
X
g(x¡t)= ng(x¡n):
n2Z
Notre objectif est maintenant de faire intervenir la transformée de Fourier pour mieux
comprendre cette expression. Définissons une suite de sommes partielles
X
gN (x¡t)= ng(x¡n)
jnjN
qui converge uniformément vers g(x¡t), car g est bornée et de support compact. Cela
signifie que gN est majorée par une fonction de support compact f pour tout N et tout x.
Ainsi, nous pouvons appliquer le théorème de convergence dominée pour justifier l'inter-
version entre la transformée de Fourier et la limite, en concluant que la transformée de
Fourier de gN converge vers la transformée de Fourier de g lorsque N!1.
Lemme 1.
La transformée de Fourier d'une fonction g à support compact est analytique.
Preuve du lemme 1.
La transformée de Fourier d'une fonction g à support compact est donnée par :
Z a
g^()= g(t)e¡2it dt;
¡a
Ainsi,
0 1
Z a X (¡2it)k
g^() = g(t)@ Adt
¡a k!
k0
X Z a
(¡2it)k
= k g(t) dt
¡a k!
k0
Cela montre que g^() est exprimée comme une série entière en , ce qui signifie que
g^() est analytique en tant que fonction de la variable complexe dans le plan complexe.
Utilisons le lemme suivant pour montrer qu'il existe et +1, telles que g^() et g^(+1)
soient non nulles.
Liste de figures 45
D'après le lemme précédent, si la transformée de Fourier est non nulle, alors elle est
analytique, et donc ses zéros sont isolés. Si g^ ne s'annule pas, la démonstration est terminée.
Sinon, il existe un tel que g^()=0. Comme les zéros sont isolés, il existe 0>0 tel que
pour tout 2]0; 0], on ait g^(+)=
/ 0.
D'autre part, pour la même raison, il existe t2]0; 0] tel que g^(+1+t)=
/ 0.
Finalement, il existe et +1, telles que g^() et g^(+1) soient non nulles.
La transformé de Fourier donne :
!
X
g^() e¡2it ¡ ne
¡2in =0:
. n2Z
En prenant les valeur pour g^() et g^(+1) et on observant que e¡2in est périodique
de période 1. On obtient que e¡2it=1, et donc t2Z.
Reprenons le cas où g^=0. Ceci implique, par injectivité de la transformée de Fourier,
que g=0 presque partout au sens de la mesure de Lebesgue.
Soit S le support de g. Montrons qu'il existe x2S, et t2G n2Z, x¡n¡t2 / S.
Raisonnons par l'absurde et supposons que
8x2S ;8t2G;9n2Z;x¡n¡t2S
Ainsi, G+SZ+S. Posons A=Z+S est fermé. En effet, soit (xn)2AN tel que (xn)
converge vers x.
Ainsi, il existe (zn)2ZN et il existe (sn)2S N telles que xn=zn+sn.
La suite (zn) est bornée car S est compact et (xn) converge. Il existe donc une extractrice
telle que (z(n)) converge vers z2Z . (s(n)) converge vers s2S. Ainsi, (x(n)) converge
vers z+s.
Donc, (xn) converge vers z+s.
Ce qui montre que A est fermé et dense, car il contient S+G et donc A=R.
Or, puisque la mesure de Lebesgue de S est nulle(comme on a supposé que g^ est nulle),
alors la mesure de Lebesgue de A l'est aussi. Contradiction.
Ainsi, il existe x2S et t2G, tels que pour tout n2Z; x¡n¡t2 /S
Écrivons
X
g(x)= ng(x¡n¡t)
n2Z
On trouve que g(x)=0, ce qui est absurde car x2S. Ainsi, G est discret. Comme il
contient Z, on en conclut que G=Z.
zzzzzzz
Preuve du lemme 1.
Cas de base (p impair et n est impair).
Supposons que pj x;pj y;pj n; et pjx¡y: Alors xy(mod p), ce qui implique :
On a :
x p¡1+x p¡2 y+:::+y p¡1px p¡10(mod p)
En effet pour chaque nombre premier p tel que pgcd (n;p)=1 et pj(x¡y) mais p-x et
p-y on a
p(xn¡y n)=p(x¡y)
Liste de figures 47
Preuve du lemme 2. j k
n
On peut dire que p(n!) est le nombre de multiples de p inférieurs à n, ou p .
Cependant, les multiples de pj2 neksont comptés qu'une fois, alors qu'on doit les compter
n
deux fois. Donc on ajoute donc . Mais cela compte p3 deux fois, alors qu'on doit les
p2
j k 1
n P n
compter trois fois. Donc on ajoute p3 . On continue ainsi jusqu'à ce que p(n!)= i
.
i=1 p
Cela est vrai puisque la somme est finie.
Soit
A=fn2[1;m];pjq n¡1g
On suppose que A est non vide, sans quoi la majoration est directe. Soit
l=min(A)
on trouve :
m
blc
X
p(N (m))= p(q kl¡1)
k=1
On pourrait affiner à
m m¡1
p(b c!
l l(p¡1)
48 Liste de figures
Cet exercice s'intéresse aux générateurs d'un groupe de matrices. Il demande de prouver
qu'un certain sous-groupe de GL2(Z) est engendré par deux matrices spécifiques. L'exercice
fait appel à des notions de théorie des groupes et d'algèbre linéaire.
Exercice 14. (Générateurs d'un groupe de matrices)
a b
Soit G le sous-ensemble de GL2(Z) des matrices à coefficients entiers telles
c d
que ad1¡c1(mod 3) et ad¡bc=1.
1 1 1 0
Montrer que G est un sous-groupe engendré par A= et B= .
0 1 3 1
C'est une variante, à peine plus subtile, d'un résultat analogue sur SL2(Z).
Solution. (SABIR Ilyass)
Soit H le sous-groupe de G engendré par A= 10 1
1
et B= 1 0
3 1
.
Montrons que H=G.
On a pour tout n;m2Z
1 n
A =
n
0 1
Et
1 0
B m=
3m 1
Liste de figures 49
Ces matrices
sont
dans G, et comme G est stable par produit, donc H G.
a b
Soit M = c d 2G.
Considérons l'ensemble E des matrices de la forme MQ avec Q2H. Toutes ces matrices !
0 0
sont dans G, car G est stable par produit. Parmi ces matrices, choisissons A0= ac 0 db 0 qui
minimise ja 0j.
Pour tous m;n2Z, définissons :
A00 := A0A¡nB ¡m
!
a0 b 0 1 ¡n 1 0
=
c0 d0 0 1 ¡3m 1
0
a ¡3m(b 0¡na 0)
=
zzzzzzz
50 Liste de figures
Cet exercice porte sur les angles d'un pavage. Il étudie un sous-groupe du groupe des
isométries du plan complexe, demandant de prouver que l'ensemble des dérivées en 0 des
éléments du groupe est fini et que son cardinal divise 6. L'exercice fait appel à des notions
de géométrie complexe et de théorie des groupes.
Exercice 15. (Angles d'un pavage)
Soit G=fz!az+b j a;b2C; jaj=1g. C'est un sous-groupe du groupe des bijections C!C
muni de la composition. Soit H G un sous-groupe contenant deux translations selon des
vecteurs b1;b22C formant une famille libre sur R. On suppose de plus que pour tout h2H,
soit h(0)=0, soit jh(0)j1.
Montrer que l'ensemble fh 0(0) j h2H g est fini.
Montrer que le cardinal de cet ensemble divise 6.
Solution. (ZINE Akram)
Lemme 1.
Soit ¡C un sous-groupe discret de C. Alors, on peut construire une base b1;b2 pour
ce réseau.
Définition 1. (Parallélépipède fondamental fermé)
Soient b1;b22C des vecteurs linéairement indépendants. Le parallélépipède fondamental
fermé associé à ces vecteurs est défini comme :
P(b1;b2)=fx1b1+x2b2j0x1;x21g:
Preuve du lemme 1.
Choisissons x2¡ tel qu'il n'y ait aucun autre vecteur du groupe entre le vecteur nul et x.
Posons b1=x. Il suffit de considérer l'infimum des modules et de prendre un élément
qui l'atteint. Un tel élément existe car le groupe est discret (et donc fermé).
Choisissons maintenant un vecteur y qui n'est pas dans Vect(b1;b2).
Considérons le parallélépipède fondamental fermé P(b1;y). Ce parallélépipède contient
au moins un point du groupe (à savoir y) et un nombre fini de points du groupe. Choisissons
un vecteur z2P(b1;y)nVect(b1) tel que la distance
dist(z;Vect(b1))
soit la plus petite. Nous pouvons faire cela car il y a seulement un nombre fini de points
à choisir par compacité du parallélépipède et par discrétion du sous-groupe. Posons b2=z.
Il reste à montrer que tout vecteur z2¡ peut être exprimé comme une combinaison
linéaire entière de b1;b2, c'est-à-dire que
¡fx1b1+x2b2jx1;x22Zg:
De même,
dist(b2;Vect(b1))=kb~2k:
Mais comme b2 a été choisi comme le vecteur le plus proche de Vect(b1), cela implique
que z¡z0 doit être linéairement dépendant de b1. Donc, z2¡bz2c=0, ce qui signifie que
z22Z.
De manière similaire, on obtient z1¡bz1c=0 car jz¡z0j=j(z1¡bz1c)b1j<jb1j
Le sous-groupe des translations forme donc un réseau discret dans C, noté par
0=fmb10 +nb20 jm;n2Zg
htch¡1(z)=h(h¡1(z)+c)=z+ac;
où tc(z)=z+c et h(z)=az+b.
Par conséquent,
a00:
Cela signifie que f doit envoyer chaque vecteur de la base (b10 ;b20 ) sur une combinaison
entière de b10 et b20 .
Soit M la matrice de f dans la base (b10 ;b20 ).
La trace de la matrice A est donnée par :
Tr(A)=Tr(M )=2cos()
52 Liste de figures
Comme Tr(M )2Z, alors 2cos () doit également être un entier.
Les seules valeurs possibles de 2cos () pour réel sont :
2cos ()2f¡2;¡1;0;1;2g:
Parmi les angles possibles, l'angle droit ne préserve pas le réseau 0 si le parallélo-
gramme de base n'est pas un carré. On peux se ramener à cette possibilité en considérant,
en cas d'égalité des longueurs, une nouvelle base (b10 ;b10 +b20 ).
2
Les angles =0; 3 ; 3 ; correspondent à des racines de l'unité dont l'ordre divise 6 :
2
=0 (ordre 1); = (ordre 6); = (ordre 3); = (ordre 2):
3 3
Ainsi, l'ordre de chaque élément de A doit diviser 6. Et donc AU6. Ainsi l'ordre de
A divise 6.
zzzzzzz
On peut donc se concentrer seulement sur les nombres rationnels r2[0;1[ tels que
cos(r)2Q.
Soit r2Q\[0;1[ tel que cos(r)2Q.
Si r=0, on a cos(r)=12Q. Dans toute la suite, on suppose que r>0.
r p q
Notons 2 = q avec p;q2N tels que q>2, p< 2 et p^q=1.
p
2i q
On a alors, eir=e , qui est une racine primitive q-ème de l'unité. Donc eir annule :
Y 2i
k
q= X¡e q
k2J1;qK
k^q=1
Lemme 1. (Classique)
Q 2i
k
Pour tout n2N, n:= X¡e n est irréductible dans Q[X].
k2J1;qK
k^q=1
Preuve du lemme 1.
Liste de figures 53
k =e
2ik/n
¡1;où k^n=1
On peut montrer facilement que les polynômes cyclotomiques ont des coefficients entiers,
par suite n(X)2Z[X].
Soit p un nombre premier tel que p divise n mais p2 ne divise pas n. Cela signifie que
p est un facteur premier de n apparaissant avec multiplicité 1 dans la décomposition en
facteurs premiers de n.
Nous allons montrer que n(X) satisfait le critère d'Eisenstein pour le nombre premier
p:
1. Tous les coefficients ai pour i1 sont divisibles par p.
2. Le coefficient dominant a0 n'est pas divisible par p.
3. Le terme constant an n'est pas divisible par p2.
Les coefficients de n(X) sont des sommes symétriques des racines k. Pour i1, les
coefficients sont donnés par :
X
ai=(¡1)i k1 ki:
1k1<:::<ki '(n)
En particulier deg(q)=2.
D'autre part,
X
deg(q)= 1='(q)
k2J1;qK
k^q=1
On a, alors
r
Y
'(q)=2 3 ¡1 (pi¡1)pai i¡1
i=1
r
Q
Or, 2 3 ¡1 (pi¡1)pai i¡1=2 si et seulement si r=0 et =1 et =1, ainsi
i=1
q=6
r 1
Par suite 2 = 6 . (Car p2f1;2;3g avec p^q=1, donc p=1)
1 ¡ 1
Ainsi r= 3 , réciproquement cos 3 = 2 .
Par suite
1
S= 0; +Z
3
n D'où les oseuls rationnels r2Q tel que cos(r)2Q sont décrits par l'ensemble
1
n;n+ 3 jn2Z .
Commentaire.
Liste de figures 55
On a utilisé des résultats très classiques de la théorie des nombres algébriques. Pour
plus de détails sur les méthodes utilisées dans cet exercice, vous pouvez consulter l'énoncé
de X/ENS, épreuve Math A, MP, 2019.
zzzzzzz
Cet exercice, intitulé Théorème de Peano", traite des wronskiens et de leurs propriétés.
Il demande de prouver une condition suffisante pour que des fonctions forment une famille
liée, basée sur leurs wronskiens. L'exercice fait appel à des notions d'analyse et d'algèbre
linéaire.
Exercice 17. (Théorème de Peano)
Soit I R un intervalle ouvert non vide. Soit C r(I) le R-espace vectoriel des fonctions
sur I à valeurs réelles continuellement dérivables r fois. Pour toutes fonctions f1;:::;fr 2C r(I)
on définit une fonction I!R par :
f1 fr
f10 fr0
W[f1;:::;fr]= :
(r¡1) (r¡1)
f1 fr
Montrer que si Vr ne s'annule pas sur I et si W 0, alors les f1;:::;fr forment une famille
liée.
Solution. (ZINE Akram)
Dans le Wronskien :
f1 f2 fn
f10 f20 fr0
V=
(r¡1) (r¡1) (r¡1)
f1 f2 fr
On désigne par V1;V2;:::;Vr les mineurs correspondants aux éléments de la dernière ligne.
On a alors :
(i) (i) (i)
V1 f1 +V2 f2 +:::+Vrfr =0 (i=0;1;:::;r¡1) (1)
Il suffit de développer par rapport à la dernière ligne pour i=r¡1. Pour les autres
valeurs de i, on peut modifier la matrice liée à V en mettant dans la dernière ligne le
(i) (i)
vecteur (f1 ;:::;fr ). Cette ligne apparaît forcément comme une duplication d'une ligne
précédente, et donc le déterminant reste toujours nul.
où les i sont les mineurs liés aux r¡1 premiers éléments de la première colonne.
Comme Vr ne s'annule pas, les fk sont solutions d'une équation différentielle d'ordre
r¡1.
56 Liste de figures
D'où le résultat.
Autre méthode :
En différenciant chacune des r¡1 premières identités de l'équation (1) et en les sous-
trayant à la suivante, nous obtenons :
(i) (i) (i)
V10 f1 +V20 f2 +:::+Vr0 fr =0 (i=0;1;:::;r¡2):
Ajoutons maintenant ces identités ensemble, après avoir multiplié la i-ème d'entre elles
(pour i=1;2;:::;r¡1) par le premier mineur de Vr, noté V~1, correspondant à f1
(i¡1)
. Cela
donne :
Xr Xr¡1
V~1 fk
(i¡1)
Vk0 =0:
k=1 i=1
Pr¡1 ~ (i¡1)
La somme i=1 V1 fk est nulle sauf pour k=1 et k=r, où elle vaut respectivement
Vr et ¡V1. Nous obtenons alors :
V10Vr ¡Vr0V1=0:
V1
Puisque Vr ne s'annule pas sur I, en considérant que la dérivée de Vr
est nulle, on trouve
des constantes c1;:::;cr¡1 telles que :
V1=¡c1Vr ; V2=¡c2Vr ; :::; Vr¡1=¡cr¡1Vr:
L'exercice 18 introduit une distance sur les matrices symétriques définies positives.
Il demande de prouver certaines propriétés de cette distance, notamment son invariance
par conjugaison. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de géométrie des
espaces de matrices.
Exercice 18. (Une distance sur les matrices symétriques)
Liste de figures 57
On note Sn++ l'ensemble des matrices réelles symétriques de taille n définies positives.
Montrer que pour toute paire A;B2Sn++, il existe G2GLn(R) tel que B=GAGt.
Pour toute fonction f :R+!R et A2Sn++, donner un sens à f (A). À l'aide de cette
définition, on pose
d(A;B)=klog (A¡1/2BA¡1/2)k;
où k:k est la norme d'opérateur relative à la norme euclidienne sur Rn. Montrer que
d(GAGt;GBGt)=d(A;B)
pour tout G2GLn(R), puis que d définit une distance sur Sn++.
Solution. (ZINE Akram)
Soit R2Sn++ tel que A=RTR et soit S2Sn++ tel que B=S 2. On pose G=R¡1S2GLn(R).
Alors, nous avons :
GTAG=S(R¡1RR¡1)S=S 2=B:
Ainsi, pour toute paire A;B2Sn++, il existe G2GLn(R) tel que B=GTAG.
Pour montrer que cette définition ne dépend pas de la décomposition, soit R+ le
spectre de A. Il existe un polynôme interpolateur de Lagrange Q2R[X] tel que :
82; f ()=Q():
Ainsi,
f (A)=GDiag(Q(1);:::;Q(n))G¡1:
Soit R2Sn++ tel que R2=A. Alors, R¡1BR¡12Sn++, et on note ses valeurs propres par
0<1:::n. On a :
hBy;yi hBy;yi
n=sup ; 1= inf :
y=
/0 hAy;yi y=/ 0 hAy;yi
La matrice S=ln (R¡1BR¡1) a pour valeurs propres ln (1);:::;ln (n). La distance est
alors définie par :
hBy;yi
d(A;B)=max (jln (1)j;jln (n)j)=sup ln :
y=
/0 hAy;yi
n
Cela prouve que d(A;B) définit bien une distance sur S++(R).
zzzzzzz
Cet exercice porte sur la norme de l'inverse d'une matrice à lignes unitaires. Il demande
de prouver une borne sur la norme de l'inverse d'une telle matrice, sous certaines conditions
sur la distance entre ses lignes. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et
d'analyse matricielle.
Exercice 19. (Norme de l'inverse d'une matrice à lignes unitaires)
Soit A une matrice réelle carrée de taille n1 donc les lignes L1;:::;Ln sont des vecteurs
unitaires. Soit >0 tel que, pour tout 1in, la distance euclidienne de Li au sous espace
engendré par les Lj , avec j=/ i, est minorée par . P
Montrer que A est inversible et que kA¡1xk2¡1kxk1, pour tout x2Rn, où kxk1= i jxij
P
et kxk22= i x2i .
Solution. (SABIR Ilyass)
Commençons par montrer que la matrice A est inversible.
Supposons par l'absurde que A n'est pas inversible. Alors, les lignes de A sont linéaire-
ment dépendantes, c'est-à-dire qu'il existe des scalaires 1; 2;:::; n, non tous nuls, tels que :
Xn
iLi=0
i=1
Ainsi, Li0 appartient au sous-espace vectoriel engendré par les Lj avec j= / i0. Cela
contredit le fait que la distance de Li0 à ce sous-espace est strictement supérieure à ">0.
Par conséquent, A est inversible.
Pn Pn
où kxk1= i=1 jxi j et kxk2=( i=1 x2i )1/2.
Notons Cj (A¡1) la j-ième colonne de A¡1. On peut écrire :
Xn
A¡1x= xjCj (A¡1):
j=1
Li(A)A¡1=e>
i ;
où e>
i est le vecteur ligne ayant un 1 en i-ème position et des zéros ailleurs.
Cela signifie que pour chaque i et j :
Li(A)Cj (A¡1)=ij ;
Puisque les lignes Li(A) sont des vecteurs unitaires, la distance i de Li(A) au sous-
espace engendré par les Lj (A) avec j=
/ i est donnée par :
1
i= :
kCi(A¡1)k2
En effet, Ci(A¡1) est un vecteur normal au sous-espace engendré par les Lj (A) avec
/ i, et sa norme est l'inverse de la distance de Li(A) à ce sous-espace.
j=
Étant donné que i ", on obtient :
1
kCi(A¡1)k2 :
"
Soit C=[¡1;1]2. Montrer qu'il existe une suite D0;D1;::: de disques de R2 tels que :
1. 8i0;DiC;
2. 8i;j0:i=/ j)Di\Dj =?;
P
3. i0 Aire(Di)=4.
où k1;k22Z. Les carrés dyadiques forment une grille qui couvre tout le plan.
Pour chaque point (x;y)2R2, nous devons trouver les indices k1;k22Z tels que le carré
dyadique Ck1;k2 contient le point. Le critère pour que (x;y) soit dans ce carré est :
k1 k +1 k2 k +1
x< 1 n et y< 2 n :
2 n 2 2 n 2
Les indices k1 et k2 qui satisfont les inégalités ci-dessus sont donnés par :
k1=b2nxc et k2=b2nyc;
1- Pour montrer qu'il existe une suite fCi gi0 de carrés vérifiant les conditions données,
nous allons construire cette suite en nous basant sur des carrés dyadiques.
Liste de figures 61
p
2
Considérons une suite de disques fermés Dn de centres 0 et de rayons 1¡ 2n pour n1.
Ce rayon est choisi pour que chaque carré de coté 2¡n soit contenu à l'intérieur du disque
unité.
Chaque disque Dn est contenu dans le disque D de rayon 1, et lorsque n!1, les rayons
de ces disques tendent vers 1, couvrant ainsi tout le disque D.
Pour chaque disque Dn, nous choisissons un ensemble fini de carrés dyadiques de côté
2¡n pour le couvrir, conformément au lemme. Chaque carré dyadique est de la forme :
k1 k1+1 k2 k2+1
; n; n ;
2n 2n 2 2
où k1;k22Z. Comme Dn est de taille finie, il peut être couvert par un nombre fini de ces
carrés dyadiques de cotés 2¡n.
Nous commençons par couvrir le plus petit disque C1 en utilisant des carrés dyadiques
1
de côté 2¡1= 2 .
Ensuite, pour chaque disque suivant Dn+1, nous conservons tous les carrés utilisés pour
couvrir Dn et nous ajoutons de nouveaux carrés dyadiques de côté 2¡(n+1) pour couvrir
la partie non couverte entre Dn et Dn+1. (Ceci est possible car deux carrés dyadiques
différents tels que l'un n'est pas inclu dans l'autre ne peuvent s'intersecter que sur le coté).
Les nouveaux carrés ajoutés sont donc de côté 2¡(n+1), plus petits que ceux ajoutés à
l'étape précédente.
L'ensemble des carrés fCn;i g est indexé par deux indices n et i, et peut être vu comme
un élément de N2.
À chaque étape n, nous avons un ensemble fini de carrés dyadiques qui couvrent le
disque Dn à savoir ((C1;1;:::;C1;k1;:::;Cn;1;:::;Cn;kn).Puisque N2 est dénombrable, il existe
une bijection entre N2 et N.
Cela signifie que nous pouvons réorganiser la suite doublement indexée fCn;i g en une
suite simple fCm gm2N, c'est-à-dire (C1;C2;C3;:::).
L'union de ces ensembles de carrés forme une couverture complète du disque D lorsque
n!1. p
2
En effet, ces carrés couvrent le disque de rayon 1¡ 2n , il existe une suite (ki) telle que
pour tout n1
p 2 X n
2
1¡ n Aire(Cki)
2
i=1
D'où le résultat.
p
2
Figure 1. Carrés dyadiques de tailles 1/8, 1/4, et 1/2, ainsi que des disques de rayons 1¡ 2n pour
n=1;2;3 et le disque de rayon 1.
62 Liste de figures
2- Soit C=[¡1;1]2 le carré centré à l'origine avec un côté de longueur 2. Nous cherchons
à montrer qu'il existe une suite fDi gi0 de disques disjoints tels que :
X
Aire(Di)=4:
i0
Considérons le carré C moins un disque inscrit de rayon 1/2, centré à l'origine. L'aire
de ce disque est donc 4 .
On commence d'abord par remarquer que tout carré dyadique de taille 2i partiellement
extérieur à C ne peut partager une partie avec l'intérieur de C. En effet, empilons dans C
4 carrés dyadiques de cotés 1.
Ainsi, si un carré dyadique partage une partie avec l'intérieur C, il la partage forcément
avec l'intérieur de l'un de ces 4 carrés, ce qui est absurde car les carrés dyadiques ne peuvent
pas se croiser grace au lemme.
De manière similaire à la première partie du problème, la région restante dans le carré
C peut être approximée aussi précisément que souhaité par un nombre fini de carrés
dyadiques. p
1 2
En effet, On va considérer une suite de disques de rayons 2 + 2n+1 avec n1 (Pour qu'ils
soient inclus dans le carré). Mais cette fois, on pave la région entre chaque disque Dn et
le carré par des carrés dyadiques de cotés ayant pour longueur 1/2n+1, comme pour la
première question, l'observation clé ici est que chaque carré qui possède des points dans
cette région est forcément à l'extérieur du disque de rayon 1/2. (On pourra s'en convaincre
par inégalité triangulaire).
On pourra ainsi construire une suite de carrés dyadiques qui s'empilent complètement
dans la région entre le carré et le disque de rayon 1/2.
p
2
Figure 2. Carrés dyadiques de tailles 1/16, 1/8, et 1/4, ainsi que des disques de rayons 1+ 2n+1
pour n=1;2;3 et le disque de rayon 1/2 dans le carré [¡1;1]2.
Ces carrés contiennent à leur tour d'autres carrés de niveau 1 (c'est le processus diagonal
qui permet de construire notre suite disjointe de disques).
Ensuite, on inscrit des carrés dyadiques de niveau 2 dans tous les carrés, et on considère
une seconde couche de profondeur, c'est-à-dire que dans les carrés dyadiques inscrits dans
les carrés dyadiques déjà construits, on inscrit deux niveaux de carrés dyadiques supplé-
mentaires, avec leurs disques associés.
On construit ainsi une suite disjointe de disques pour notre carré, noté (Dn0 ).
Pour tout carré C, on note Dn0 (C)=((xn(C);yn(C);rn(C))) la suite des disques inscrits
dans ce carré, en réalisant une homothétie sur la suite construite dans le carré [¡1;1]2.
Introduisons le rapport : P1
rn2 (C)
AC = n=1
aire(C)
Soit C le carré utilisé. On remarque que AC ne dépend pas du choix du carré, par
homothétie. Notons le par A. L'aire totale couverte par les disques est donnée par :
X1
4A= +A Aire(Cn)= + 4¡ A;
4 4 4
i=1
¡
où 4 est l'aire du disque inscrit, et 4¡ 4 A est l'aire des disques insérés dans la suite
des carrés dyadiques Cn.
On trouve donc que A=1.
zzzzzzz
Cet exercice, intitulé Certification de racines", propose un critère pour garantir l'exis-
tence et l'unicité d'un zéro d'une fonction différentiable dans une boule donnée. L'exercice
fait appel à des notions d'analyse et de topologie.
Exercice 21. (Certification de racines)
Soit f :Rn!Rn une application de classe C 1. Soit x2Rn, soit B la boule unité fermée.
On suppose que pour tout u;v2B,
1
¡f (x)+v¡df (x+u)v2 2 B:
Montrer que f admet un unique zéro dans la boule x+B.
Solution. (ZINE Akram)
1
Soit x2B, alors kf (x)¡xk 2 . En effet,
Z 1 Z 1
f (x)=f (0)+ dftx(x) dt=f (0)+ (x¡f (0)+h(t)) dt;
0 0
1
avec kh(t)k 2 pour tout t2[0;1]. Donc,
Z 1 Z 1
1
kf (x)¡xk= h(t) dt kh(t)k dt :
0 0 2
Soit g(x)=kf (x)k2 sur B. Comme g est continue sur le compact B, elle admet un
minimum.
1 1
Avec v=0, on a kf (0)k 2 . Si x2@B, alors kf (x)k 2 . Donc, le minimum de g sur B
1
est au plus 4 . Si le minimum est atteint en 0, c'est fait, sinon il est atteint à l'intérieur de B.
Soit a2B un point où g atteint son minimum. Alors dga=0, c'est-à-dire pour tout
h2Rn ;hdfa(h);f (a)i=0. Si dfa est inversible, on en déduit f (a)=0.
64 Liste de figures
Pour prouver que dfa est injective, supposons le contraire. Alors, il existe w2ker (dfa),
1 1
kwk=1. On a aussi dfa(¡w)=0. Donc, kw¡f (0)k 2 et k¡w¡f (0)k 2 , ce qui est impos-
1
sible, car kw¡(¡w)k=2 alors que la sphère S(f (0); 2 ) a un diamètre de 1.
Enfin, supposons qu'il existe a;b2B tels que f (a)=f (b)=0 et a=
/ b. On a :
Z 1 Z 1
b¡a
0= df(1¡t)a+tb(b¡a) dt=ka¡bk df(1¡t)a+tb dt:
0 0 kb¡ak
Or,
b¡a b¡a
df(1¡t)a+tb = ¡f (0)+h(t);
kb¡ak kb¡ak
1
avec kh(t)k 2 . On obtient alors
Z 1
b¡a
=f (0)¡ h(t)dt:
kb¡ak 0
1 1
Puisque kf (0)k 2 et khk 2 , on a égalité dans l'inégalité triangulaire :
Z 1
b¡a
f (0)=¡ h(t)dt= :
0 2kb¡ak
a¡b
En procédant de manière similaire, on trouve f (0)= 2kb¡ak , ce qui implique a=b, ce qui
est une contradiction.
zzzzzzz
Espérance et Variance :
2
E[Yi]= et Var(Yi)= :
m
Pour chaque Yi, appliquons l'inégalité de Chebyshev pour estimer la probabilité que Yi
2
s'écarte de de plus de pm :
2 Var(Yi) 2/m 1
P jYi ¡j> p = = :
m 2 2 4 2/m 4
p
m
Ainsi,
2 3
P jYi¡j p :
m 4
Liste de figures 65
h i
2 2
La médiane Z de l'ensemble fY1;Y2;:::;Yn g sera dans l'intervalle ¡ pm ;+ pm si au
moins la moitié des Yi se trouvent dans cet intervalle.
2
Définissons S comme le nombre de Yi satisfaisant jYi ¡j pm . Chaque Yi satisfait
3
cette condition avec une probabilité p 4 , indépendamment des autres. Ainsi, S suit une
3
loi binomiale B(n;p) avec p 4 .
¡ n
Pour¡ obtenir
une borne sur P S> 2 , nous allons considérer la probabilité complémen-
n
taire P S 2 et la majorer.
Pour tout t>0, l'inégalité de Markov donne :
E[e¡tS ]
P (Sk)=P (e¡tS e¡tk) :
e¡tk
n
Ici, nous choisissons k= 2 .
Pn
Comme S= i=1 Ii, où Ii est l'indicateur que Yi est dans l'intervalle, et les Ii sont
indépendants, nous avons :
n
Y
E[e¡tS ]= E[e¡tIi]=(pe¡t+(1¡p))n:
i=1
Par suite,
¡2pe¡t+pe¡t+1¡p=0
Ainsi,
pe¡t=1¡p
Donc,
1¡p
t=¡ln
p
1¡p
Substituons t=¡ln p
dans f (t) :
f (t) = (pe¡t+1¡p)et/2
1¡p p 1/2
= p +1¡p
p 1¡p
p 1
= 2(1¡p) =2(p(1¡p)) 2
1¡p
66 Liste de figures
Ainsi, on a :
n
P S (4p(1¡p))n/2:
2
1
p(1¡p) décroit pour p 2
3
Pour p= 4 , calculons cette expression :
3 1 3
4p(1¡p)=4 = :
4 4 4
Donc,
n/2
n 3
P S :
2 4
Cet exercice s'intéresse aux sous-espaces stables d'un espace vectoriel normé de dimen-
sion finie. Il demande de prouver l'existence d'un supplémentaire stable pour le sous-
espace des vecteurs invariants par deux endomorphismes commutant avec leur commuta-
teur. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre linéaire et de théorie des groupes.
Exercice 23. (Sous-espace stable)
Soit V un espace vectoriel normé de dimension finie. On considère deux endomor-
phismes de V , notés h1 et h2, préservant la norme, et tels que h1 et h2 commutent avec
leur commutateur h1h2h1¡1h2¡1.
Montrer que le sous-espace des vecteurs invariants par h1 et h2 admet un supplémentaire
également stable par h1 et h2.
Solution. (ZINE Akram)
Lemme 1.
Soit u un endomorphisme isométrique d'un espace vectoriel normé de dimension finie.
Notons Inv(u) l'espace des vecteurs invariants par u et S(u) son supplémentaire.
En notant, Inv(u)=ker (u¡Id) et S(u)=Im(u¡Id). Alors V =Inv(u)S(u).
Preuve du lemme 1.
oit x2Inv(u)\S(u). Alors, il existe y2V tel que u(y)=x+y. Comme x2Inv(u), on a
u(x)=x.
Soit n un entier positif. En itérant, on obtient un(y)=nx+y.
Puisque u est une isométrie, pour tout k, on a
kuk(y)k=kyk
On a donc
ky+nxk=kyk
Liste de figures 67
Or,
knxkknx+yk+kyk2kyk
Inv([h1;h2]) est stable par h1 et h2. Considérons les endomorphismes induits h10 et h20 .
Puisqu'ils commutent également avec [h1;h2], ils commutent entre eux. On revient ainsi au
cas particulier précédent, qui nous fournit un supplémentaire F stable par h10 et h20 tel que
Inv([h1;h2])=Inv(h10 )\Inv(h20 )+F =Inv(h1)\Inv(h2)+F
car, Inv(h1)\Inv(h2)Inv([h1;h2]).
Ainsi, V =Inv(h1)\Inv(h2)+(F +S([h1;h2]))
Ce qui conclut la démonstration.
zzzzzzz
avec lim "(u)=0. Soit >0 tel que juj< et j"(u)j<1, et choisissons r<.
u!0
Posons f ()=Im R(z0+rei), "(u)="1(u)+i"2(u), avec "1(u) et "2(u) réels. On obtient :
f ()=Im R(z)=rk(cos ( +k)"2(z¡z0)+sin ( +k)(1+"2(z¡z0)))
Définissons m pour m2f0;1;:::;2kg par +km=m+ 2 . On a alors :
f (m)=rk(¡1)m(1+ m)
avec j mj<1. Donc f (m) est du signe de (¡1)m. La fonction f change donc 2k+1 fois
de signe sur un intervalle de longueur 2, et donc elle s'annule au moins 2k fois, ce qui
achève la démonstration.
La réciproque
Soit (P ;Q) un couple de polynômes réels simplement scindés tels qu'entre deux racines
de l'un il y ait toujours au moins une racine de l'autre. Montrons que le polynôme P +Q
reste scindé lorsque le couple (;) décrit R2.
/ 0 et où les deux polynômes sont de la forme :
Il est loisible de se ramener au cas où =
Yn Ym
P= (X¡ai) et Q= (X¡bj )
i=1 j=1
Comme F 0(c)=0, cela implique que P 0(c)Q(c)¡P (c)Q 0(c)=0. Puisque Q(c)= / 0 (car Q
n'a pas de racine entre 1 et 2), nous en déduisons que P (c)Q 0(c)=P 0(c)Q(c).
Considérons alors le polynôme T =P + Q, où =¡F (c). Puisque F 0(c)=0, c est une
racine double de T . Ceci contredit l'hypothèse que pour tout (;)2R2nf(0;0)g, les racines
de P +Q sont toutes réelles et simples. Ainsi, nous avons montré par contraposée que
P et Q doivent s'entrelacer.
Preuve du sens inverse
Supposons maintenant que P et Q s'entrelacent. Nous voulons montrer que pour tout
(;)2R2nf(0;0)g, les racines de R=P +Q sont toutes réelles et simples. Supposons que
et sont non nuls ; sinon, la conclusion est triviale.
Soit n=deg P et m=deg Q.
On suppose, sans perte de généralité, que nm et que p1<q1.
Traitons le cas n>m :
On a alors m=n¡1. Pour tout in¡1, R(pi)=Q(pi) et R(pi+1)=Q(pi+1). Comme Q
change de signe en qi, R change également de signe sur [pi ;pi+1] et admet donc une racine
sur cet intervalle. Ceci étant vrai pour tout i, R admet n¡1 racines réelles distinctes.
Si n est pair, soit p et q les coefficients dominants de P et Q respectivement. On a
R R R R
(p )<0 et lim p (x)>0 ainsi que q (pn)>0 et lim p (x)>0. Par conséquent, l'un des
q 1
x!¡1 x!1
deux couples ( lim R(x);R(p1)) ou (R(pn); lim R(x)) possède deux éléments de signes
x!¡1 x!1
opposés. Le théorème des valeurs intermédiaires implique alors l'existence d'une nième
racine.
Si n est impair, la conclusion reste la même.
Ainsi, R possède n racines réelles distinctes et son degré est n, d'où le résultat.
Le cas n=m se traite de la même façon en prouvant que n¡1 racines de R se trou-
vent dans les intervalles [qi ;qi+1]. Pour la racine restante, on raisonne sur les couples
( lim R(x);R(q1)) et (R(qn); lim R(x)).
x!¡1 x!1
zzzzzzz
Nous affirmons maintenant que N =hx1;:::;xm ;xi. Prenons un élément quelconque g2N .
Comme g2G, il peut s'écrire sous la forme
g=g1c1 g[Link]gnDn:
Par la définition de A, nous avons c12A=dZ, donc il existe un entier h tel que c1=dh.
Considérons alors
gx¡h=g1c1¡dhg[Link]gnDn=g[Link]gnDn:
Cet élément appartient à M , qui est engendré par x1;:::;xm. Ainsi, nous avons
g=xh(xe11x[Link]xemm);
où ei2Z. Cela montre que chaque élément de N peut être écrit comme une combinaison
des éléments x1;:::;xm ;x.
Par conséquent, N est finiment engendré, ce qui conclut la preuve du lemme.
Revenons à l'exercice.
Liste de figures 71
Pour caractériser les éléments inversibles de A, nous devons montrer que X ¡kP (X) est
inversible si et seulement si P a exactement un coefficient non divisible par p. Supposons
que X ¡kP (X) soit inversible : il existe alors un polynôme Q(X) et un entier natuel l tels
que
(X ¡kP (X))(X ¡lQ(X))=1A:
Cela implique que tous les coefficients de PQ¡X k+l sont des multiples de p2. En
réduisant modulo p, on trouve que PQ=X k+l dans Fp[X]. Comme Fp est un corps et que
X est irréductible dans Fp[X], cela signifie que P = X i pour un certain 2Fp nf0g. Ainsi,
P possède exactement un coefficient non divisible par p.
Réciproquement, supposons que P = X i+pQ(X) avec non divisible par p.
Soit b l'inverse de a modulo p2. On trouve modulo p2 que P (X)=aX i(1+pbX ¡iQ(X))
En posant y=bX k¡i(1¡pbX ¡iQ(X)). On trouve que (X ¡kP (X))y=1A, prouvant que
X ¡kP (X) est inversible.
Considérons maintenant le sous-groupe S de A.
S=f +pQ(X)j 2Z; =
/ 0(mod p); Q(X)2Z[X]g
Considérons maintenant que le sous-groupe S est généré par un ensemble fini d'éléments
s1;s2;:::;sn, où chaque si est de la forme :
si= i+pQi(X)
avec i2Z, i= / 0(mod p), et Qi(X)2Z[X]. On suppose que ces si forment un système
de générateurs de S.
Cependant, une contradiction émerge lorsque l'on examine le produit de deux géné-
rateurs si et sj . Prenons deux éléments si= i+pQi(X) et sj = j +pQj (X) dans S, et
considérons leur produit :
sisj =( i+pQi(X))( j +pQj (X))= i j +p( iQj (X)+ jQi(X))+p Qi(X)Qj (X)
2
Le terme p2 Qi(X)Qj (X) disparaît dans l'anneau Z/p2Z. Ainsi, le produit devient :
sisj = i j +p( iQj (X)+ jQi(X))
Le degré du polynôme reste borné par M =max (deg Qi)1in. Ceci est valable pour un
produit aussi long que l'on souhaite.
En considérant le polynôme 1+pQM +1(X). Il est dans S mais ne peut être généré par
un produit des générateurs de S. Et cela est une contradiction.
zzzzzzz
Cet exercice comporte deux parties distinctes. La première traite des matrices de trace
nulle dans SL2(Z), demandant de prouver une propriété de conjugaison. La seconde partie
concerne les sommes de deux carrés, demandant de prouver une condition suffisante pour
qu'un entier soit la somme de deux carrés. L'exercice fait appel à des notions d'algèbre
linéaire et de théorie des nombres.
Exercice 26. (Matrices de traces nulles et sommes de deux carrés)
Soient A;B2SL2(Z) (le groupe des matrices 22 à coefficients entiers et déterminant 1).
1. Montrer que si Tr(A)=Tr(B)=0, alors A est conjuguée à B ou ¡B.
2. Montrer que si n>1 et x sont des entiers tels que x2¡1(mod n), alors il existe des
entiers a et b tels que n=a2+b2.
72 Liste de figures
Lemme 1.
e= inf det Mx;y est atteint et on a 3e2¡4(bc+a2).
(x;y)2Z2nf(0;0)g
Preuve du lemme 1.
Notons m= inf det Mx;y. Il est atteint car le cercle unité de R2 est compact.
(x;y)2R2nf(0;0)g
Par homogénéité de la forme quadratique, on a
det Mx;y m(x2+y 2)
q
e+1
Soit N un entier naturel tel que N m . D'après ce qui précède, si (x;y)2Z2 et
jxj>N ou jyj>N , alors det Mx;y e+1.
Donc, e= inf det Mx;y est atteint car l'ensemble est fini.
(x;y)2Z2nf(0;0)g
jxjN ;jyjN
Soit ( ; )2Z2 tel que detM ; =e. Notons d=pgcd( ; ) et 0, 0 les entiers tels que
=d 0 et =d 0. On obtient
e=d 2 q( 0; 0)d 2e
Ainsi, d=1. D'après le théorème de Bézout, il existe ( ;) tel que + =1. Posons
v=(¡; ).
¡
P= et P ¡1 est la matrice de passage de (u;v) à (e1;e2) (base canonique de R2).
Donc, Z2=Zu+Zv.
Il existe (a 0;c 0) tels que, dans la base (u;v) on ait q(x;y)=ex2+2a 0xy+c 0 y 2. On a :
!
e a0 b ¡a
=P > P
a0 c 0 ¡a ¡c
2
et donc c 0e¡a 0 =(det P )2(¡bc¡a2)=¡bc¡a2.
Pour tout (x;y)2Z2, on obtient
a0 2 (a 0)2 2
q(xu+yv)=e x+ y + c ¡ 0 y
e e
a0 1
En prenant y=1 et en choisissant n2Z tel que jn+ e j 2 , on a
e (a 0)2
eq(nu+v) +c 0¡
4 e
Liste de figures 73
et donc 3e2¡4(bc+a2).
Conclusion.
Ainsi, comme e>0, on a e=1. D'où il existe 2R tel que det M =1.
La matrice A dans la base ( ;A ) est sous la forme :
0 m
1 n
avec m;n2Z. Le déterminant et la trace sont conservés par conjugaison. Ainsi, on trouve
que n=0 et m=¡1.
Si b<0, on considère la base (A ; ). Dans ce cas, ¡b>0 et on introduit une forme
quadratique de la même
façon
(avec pour
coefficient dominant ¡b). On obtient ainsi que
0 1 0 ¡1
A est conjuguée à ¡1 0
ou 1 0
.
Cela implique que pour toute matrice B sans SL2(Z) telle que det B=1 et Tr(B)=0, A
est conjuguée à B ou ¡B.
2. Si a et b sont somme de carrés a=x2+y 2 et b=z 2+t2 alors ab=(xz¡yt)2+(xt+yz)2
On va se réduire donc au cas où n est premier.
Lemme 2.
p
Soit p premier. Pour tout a2Z, p-a. Il existe x;y2f1;2;:::;b p cg tels que axy(mod p)
ou ax¡y(mod p).
Preuve du lemme 2.
p p
Considérons S=f1;2;:::;b p cg2. On a p<(b p c+1)2, et donc card(S)>p. D'après le
principe des tiroirs, il existe (x1;y1)=
/ (x2;y2) telles que ax1¡y1ax2¡y2(mod p). On prouve
facilement par l'absurde que x et y sont non nuls. D'où le résultat.
Conclusion.
Revenons à notre question, soit x2Z tel que x2¡1(mod p). On a p-x. Il existe
a;b d'après le lemme tels que xab(mod p). On a x2a2+a2=b2+a20(mod p), et donc
a2+b2=kp avec k2Z. On a x2+y 22. Ainsi k>0.
p
Nous montrons que k=1. a;bb p c, d'où a2+b2<2p. Or, p/a2+b2, d'où p=a2+b2.
zzzzzzz
Montrer que H est une matrice symétrique réelle. Montrer que le rang de H est égal au
nombre de racines distincte, et que H est positive si et seulement si toutes les racines sont
réelles.
Solution. (SABIR Ilyass)
74 Liste de figures
Soit P 2R[X] de degré n>1. Soient 1;:::;n2C ses racines, avec multiplicité.
Montrons que la matrice H est une matrice réelle symétrique,
Pour tout i;j2J1;nK, il est clair que Hi;j =Hj ;i. Donc H est une matrice symétrique.
Notons 1;:::; r2R et 1; 1;:::; s; s2CnR les racines de P , et notons pour tout i2J1;rK
et pour tout j2J1;sK i l'ordre de multiplicité de i et j l'ordre de multiplicité de j et
de j .
On a alors, pour tout i;j2J1;nK
r
X Xs
Hi;j = ki+j + k ( i+j i+j )
k k + k
k=1 k=1
r
X Xs
= ki+j
k +2 kRe( i+j
k )
k=1 k=1
2 R
Donc H est une matrice réelle. Montrons que le rang de H est égal au nombre de racines
distincts.
Tout d'abord, observons que chaque racine k (comptée avec multiplicité) définit un
vecteur vk2Cn dont les composantes sont :
0 1
1k
B 2 C
B C
vk=B k C
@ A
nk
Alors, H peut s'exprimer comme :
X n
H= vkvkT
k=1
Comme P peut avoir des racines multiples, on peut regrouper les vecteurs correspon-
dant aux racines identiques.
(1) (m)
PmSoient ;:::; les racines distinctes de P , avec des multiplicités n1;:::;nm (donc
n
i=1 i=n). Définissons : 0 1
( )
(i) 1
B C
B ((i))2 C
wi=BB C
C
@ A
((i))n
Alors, H devient :
Xm
H= niwiwiT
i=1
Comme chaque wiwiT est une matrice de rang 1, et que les wi correspondant aux racines
distinctes sont linéairement indépendants (car des racines distinctes donnent des vecteurs
de puissances linéairement indépendants), le rang de H est égal au nombre de racines
distinctes :
rang(H)=m
Liste de figures 75
vvT +vvT
Cette somme est réelle et symétrique, mais introduit une dépendance linéaire, ce qui
fait que H est seulement semi-définie positive. Spécifiquement, il existe des vecteurs
non nuls x tels que xTHx=0, indiquant que H n'est pas définie positive.
Commentaire.
Pour montrer que H est réelle, on peut utiliser aussi le résultat classique des formules
de Newton :
Preuve du lemme 1.
Soit N >2 un entier, K un corps commutatif, x1;:::;xN des éléments de K, et soit p2N.
Pour simplifier les notations, on note simplement Sk au lieu de Sk(x1;:::;xN ) (respecti-
vement k au lieu de k(x1;:::;xN )) pour tout k=1;:::;N .
Si n>p, on a :
YN XN
(X¡xi)=X + (¡1)iiX N ¡i
N
i=1 i=1
Ainsi :
N N
! N N N
X X X X X
xjp+ (¡1)iixjp¡i = xjp+ (¡1)ii xjp¡i
j=1 i=1 j=1 i=1 j=1
N
X
= Sp+ (¡1)iiSp¡i
i=1
D'où :
N
X
Sp+ (¡1)iiSp¡i=0
i=1
X N Y
X k
p¡k
= xjlxm
16j1<<jk6N m=1 l=1
X k
Y k
X X k
Y
p¡k p¡k
= xjlxm + xjlxm
16j1<<jk6N l=1 i=1 16j1<<jk6N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk m=ji
0 1
X k
Y X k
X k
Y
= p¡k
xjlxm + B x Cx p¡k+1
@ jl A ji
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk6N i=1 l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk l=i
X k
Y X k¡1
Y
p¡k p¡k+1
= xjlxm + xjlxm
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk¡16N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk 16m6N ;m= / j1;:::;jk¡1
Liste de figures 77
Par suite :
X k
Y X k¡1
Y
p¡k p¡k+1
(¡1)kkSp¡k=(¡1)k xjlxm ¡(¡1)k¡1 xjlxm
16j1<<jk6N l=1 16j1<<jk¡16N l=1
16m6N ;m= / j1;:::;jk 16m6N ;m= / j1;:::;jk¡1
= (¡1) p¡1pp¡Sp
D'où
p¡1
X
Sp+ (¡1)iiSp¡i+(¡1) ppp=0
i=1
Si p+1<n, on a alors
p¡1
X
Sp(1;:::;n)= (¡1)i¡1i(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)+(¡1) p¡1pp2R
i=1
Revenons à démontrer que H est réelle, On garde les mêmes notations que dans le
lemme 1.
D'après le lemme, pour tout p2N :
8
>
> N
P
>
> S ( ;:::; )+ (¡1)ii(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)=0 si p>n
< p 1 n
i=1
>
> p¡1
P
>
> S ( ;:::; )+ (¡1)ii(1;:::;n)Sp¡i(1;:::;n)+(¡1) ppp=0 si p<n
: p 1 n
i=1
Remarque.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'épreuve Math2 du concours Mines-Ponts,
Filière PC, 2021.
Partie II
L'épreuve orale ULSR propose une variété d'exercices couvrant un large éventail de sujets
mathématiques. Les exercices abordent des domaines tels que les probabilités, l'algèbre
linéaire, l'analyse, la théorie des nombres et les structures algébriques. On y trouve
par exemple des problèmes sur l'ordre convexe de variables aléatoires, l'étude de suites
récurrentes, les propriétés de matrices symétriques, les morphismes de groupes finis, les
applications contractantes et non expansives, les séries entières de fractions rationnelles,
et la construction d'arbres aléatoires. Les exercices sont conçus pour évaluer non seule-
ment la maîtrise du programme, mais aussi la capacité des candidats à raisonner, à faire
preuve d'initiative et à appliquer leurs connaissances dans des contextes nouveaux. Le
niveau de difficulté est élevé, reflétant les attentes du concours d'entrée aux Écoles Nor-
males Supérieures.
Vous trouvez l'énoncé des exercices à :
[Link]
zzzzzzz
D'où le résultat.
82 Liste de figures
var[X] = E[(X¡E[X])2]
6 E[(Y ¡E[X])2]
= E[(Y ¡E[Y ])2]
= var[Y ]
La fontion 'x est convexe, par conséquent E['x(X)]6E['x(Y )]. En appliquant le théo-
rème de transfert, on obtient
P[X>x]6P[Y >x]
De plus, les fonctions x!P[X>x] et x!P[Y >x] sont des fonctions en escalier et à
support compact (car X et Y ont un support fini). En particulier, elles sont intégrables
sur R, par suite :
Z1 Z1
P[X>x] dx6 P[Y >x] dx<+1
a a
Notons, dans toute la suite de cette question, fx1;:::;xN g l'union des deux supports finis
de X et Y , avec N 2N et x1<<xN .
Via le théorème de transfert, le problème pourrait être réécrit comme suit :
8
>
> N
P N
P
>
> P[X=x ]x 6 P[Y =xk]xk
< k k
k=1 k=1
>
> N
P N
P
>
> P[X=x ]max(x ¡a;0)6 P[Y =xk]max(xk ¡a;0) pour tout a2R
: k k
k=1 k=1
Preuve du lemme 1.
N
P N
P
La première condition présentée dans (2) et k = k =1 impliquent que pour toute
k=1 k=1
fonction affine g on a :
N
X N
X
kg(xk)= kg(xk)
k=1 k=1
g(x)=f (x)¡'(x)
84 Liste de figures
0 g(y)¡g(x)
On a g+ : x2[a;b]7¡! lim y¡x
est strictement positive, ce qui implique que g est
y!x
y>x
strictement croissante sur [a;b].
La fonction g est convexe, alors elle est continue sur le segment [a;b]. Ainsi d'après le
théorème de Heine, elle est uniformement continue sur [a;b]. Par conséquent, pour tout
">0, il existe >0 tel que pour tout x;y2[a;b] si jx¡yj6 alors jg(x)¡g(y)j<".
Pour tout n2N, on a l'existance de n>0 tel que tel que pour tout x;y2[a;b] si
1
jx¡yj6n alors jg(x)¡g(y)j< n .
j k
b¡a 1
Pour la subdivision xk=a+k avec n= +1. On a pour tout
n k2J0;nK n
1
jg(x)¡g(y)j<
n
g(xk+1)¡g(xk)
k :x7¡! (x¡xk)+g(xk)
xk+1¡xk
On a
x¡xk
jg(x)¡ k(x)j 6 jg(x)¡g(xk)j+ jg(xk+1)¡g(xk)j
xk+1¡xk
2
6
n
Lemme 3.
Soit k2J0;n¡2K et x2R, on a
Et
0(x)>0si et seulement si x>a
Preuve du lemme 3.
Soient k2J0;n¡2K et x2R, alors :
k+1(x)¡ k(x)>0
g(xk+2)¡g(xk+1) g(xk+1)¡g(xk)
, (x¡xk+1)+g(xk+1)> (x¡xk)+g(xk)
xk+2¡xk+1 xk+1¡xk
b¡a
, x> +xk=xk+1
n
Liste de figures 85
Et
g(x1)¡g(x0)
0(x)>0 , (x¡x0)+g(x0)>0
x1¡x0
, x>x0=a (car g(x0)=0)
>
> g(x1)¡g(x0)
: 0= x1¡x0
>0
n¡1
X n¡1
X
g(x)¡ j max(x¡aj ;0) = g(x)¡ max( j (x)¡ j¡1(x);0)¡max( 0(x);0)
j=0 j=1
k
X
= g(x)¡ ( j (x)¡ j¡1(x))¡ 0(x)
j=1
= jg(x)¡ k(x)j
2
6
n
n¡1
X
2
g(x)¡ j max(x¡aj ;0) 6
n
j=0
D'où le lemme 2.
Revenant au lemme 1, soit f une fonction convexe. L'objectif est de montrer que :
N
X N
X
kf (xk)6 kf (xk )
k=1 k=1
D'après le lemme 2, il existe une fonction affine ', une suite de réels positifs ( n)n2N et
une suite de réels (an)n2N telles que :
n
P
La suite de fonctions x7¡!'(x)+ n max(x¡a k ;0) converge simplement vers f
k=0 n2N
Or Pour tout n, et pour tout i2J0;nK, on a :
N
X N
X
kmax(xk ¡ai;0)6 kmax(xk ¡ai;0)
k=1 k=1
86 Liste de figures
Ainsi :
n
X N
X n
X N
X
i kmax(xk ¡ai;0)6 i k max(xk ¡ai;0)
i=0 k=1 i=0 k=1
Et puisque :
8
>
> N
P
>
> k'(xk)='(E[X])
<
k=1
>
> N
P
>
>
: k'(xk )='(E[Y ])
k=1
Alors :
N
X N
X
kf (xk)6 kf (xk )
k=1 k=1
D'où le résultat.
4. Montrons que X+E[X]6cvx2X
D'après la question précédente, il suffit de montrer que :
E[X+E[X]]=E[2X]
E[max(X+E[X]¡a;0)]6E[max(2X¡a;0)]
a
Posons pour tout k2J1;nK : yk=xk ¡ 2 , Montrer (3) est équivalent à montrer que :
n
X n
X n
X
k y k + kyk 62 k jyk j
k=1 j=1 k=1
Liste de figures 87
D'où le résultat.
zzzzzzz
Cet exercice porte sur l'étude asymptotique d'une suite récurrente linéaire d'ordre deux
à coefficients variables.
Exercice 2.
On considère (an); (bn) deux suites telles que
an =1+o(1); bn =1+o(1)
et un une suite de nombres réels strictement positifs telle que
un+1 =anun +bnun¡1
un+1 1
Montrer que les suites vn= un
et wn = n log un convergent.
u
Montrons que vn= un+1 converge,
n
On a pour tout n2N,
bn
v n = a n+
vn¡1
De même,
n
n n inf (bk)
inf (vk)= inf (ak)+ n¡1
k=1
k=1
k=1
sup(vk)
n k=0
n
Or, les deux suites sup(vk) et inf (vk) sont monotones. En particulier, elles
k=1 n2N k=1 n2N
admettent une limite dans R[f¡1;+1g, notons s et l leurs limites respectivement.
On a par passage à la limite lorsque n!+1
1 1
s=1+ et l=1+
l s
p
1+ 5
Donc, par positivité de s et l, on a s=l= 2
.
p
1+ 5
D'où (vn)n2N est convergente et converge vers 2
:
1 P
suite n zn est convergente et converge vers la même limite l.
k=1 n2N
Preuve du lemme 1.
"
Soit ">0, on a l'existence de N12N, tel que pout tout n>N1; jzn¡lj< 2 . Par suite,
pour tout n>N1
n n
1X 1X
zk ¡l 6 jzk ¡lj
n n
k=1 k=1
N1¡1
X
1 n¡N1
6 jzk ¡lj+ "
n 2n
k=1
1¡1
NP
1
Or, n
jzk ¡lj ¡! 0, donc il existe N22N tel que pour tout n>N2, on a
n¡!+1
k=1
N1¡1
1X "
jzk ¡lj<
n 2
k=1
D'où le lemme. p
n
P
1 1+ 5
En appliquant ce lemme, on obtient alors wn log(vk) ¡! log .
n¡!+1 n n¡!+1 2
k=1
zzzzzzz
Ce problème examine les conditions sous lesquelles on peut déduire l'existence d'une
limite pour une fonction à partir d'informations sur ses dérivées successives.
Exercice 3.
Liste de figures 89
k
P
On considère un entier k>1 et une fonction f 2C k(R;R) telle que f (j)(x) admet une
j=0
limite pour x!+1. Peut-on en déduire que f admet une limite en x!+1, selon le valeur
de k?
Solution. (SABIR Ilyass)
Soient k1 et f 2C k(R;R) telle que
k
X
S(x)= f (j)(x)
j=0
C'est une équation différentielle linéaire du premier ordre. Son facteur intégrant est
(x)=ex. En multipliant les deux membres par ex, on obtient :
exf 0(x)+exf (x)=exS(x);
ce qui équivaut à :
d x
(e f (x))=exS(x):
dx
Donc, Z x
exf (x)=Lex¡Lex0+ et"(t) dt+C ;
x0
D'où Z x
f (x)=L+e¡x(¡Lex0+C)+e¡x et"(t) dt
x0
Cas k=2 :
On a
S(x)=f (x)+f 0(x)+f 00(x) ! L
x!+1
f
Notons Y = 0 , on a alors
f
0+ 0 ¡1 0
Y Y=
1 1 S
0 ¡1
Posons A= , on a alors
1 1
d Ax 0
(e Y (x))=eAx
dx S(x)
Par suite Z
0
Y (x)=e¡Ax eAx dx+C
S(x)
L
Par une approche similaire au cas k=1, on peut montrer facilement que Y (x) !
x!+1 0
En particulier que f (x) ! L.
x!+1
Cas k3 :
Considérons l'équation différentielle
k
X
f (j)(x)=0 (z)
j=0
Liste de figures 91
zzzzzzz
Cet exercice d'algèbre linéaire explore les propriétés spectrales d'une perturbation de
rang 1 d'une matrice symétrique.
Exercice 4.
Soit A2Mn(R) une matrice réelle symétrique, à valeurs propres toutes distinctes, et
v un vecteur tel que la matrice A+vv T 2Mn(R) n'ait aucune valeur propre en commun
avec A. Montrer que les valeurs propres de A+vv T correspondent aux zéros de la fraction
rationnelle :
F (X)=1+v T (A¡XIn)¡1 v
En supposant que (A¡In) est inversible (puisque n'est pas une valeur propre de A),
on a :
x=¡ (A¡In)¡1v:
En substituant dans :
=v Tx=¡ v T (A¡In)¡1v:
En simplifiant (car =
/ 0) :
1+v T (A¡In)¡1v=0:
Alors :
(A¡In)x=v:
où w=(w1;:::;wn )T =P Tv.
Entre chaque paire de valeurs propres i et i+1, la fonction F (X) a une asymptote
verticale (due aux pôles en i) et change de signe car les termes dans la somme passent de
positif à négatif ou vice versa. Par conséquent, F (X) a exactement un zéro dans chaque
intervalle (i ;i+1). Puisque A+vv T a n valeurs propres et qu'aucune ne coïncide avec
celles de A, cela implique que les valeurs propres de A+vv T sont entrelacées avec celles de A.
zzzzzzz
Liste de figures 93
où les pi sont des nombres premiers distincts et les ki des entiers positifs.
Par le théorème des restes chinois, on a les isomorphismes de groupes :
Yn
Z/mZ' Z/pki iZ;
i=1
et
n
Y
(Z/mZ)r' (Z/pki iZ)r:
i=1
Comme les morphismes i sont indépendants pour des premiers distincts, la proportion
totale des morphismes surjectifs est le produit des proportions individuelles :
Yn Y
1 1
1¡ r = 1¡ r
pi p
i=1 pjm
zzzzzzz
Cet exercice traite d'une inégalité matricielle classique, connue sous le nom de théorème
de Schur-Horn. Il teste la compréhension des candidats sur les propriétés des matrices
symétriques et leur capacité à manipuler des inégalités impliquant des valeurs propres.
Exercice 6.
Soit A=(ai;j )16i;j6n2Sn(R) une matrice réelle symétrique. On note 1(A)66n(A)
les valeurs propres de A. Montrer pour tout k2f1;:::;ng l'inégalité
1(A)++k(A)6a1;1++ak;k6n¡k+1(A)++n(A)
Solution. (SABIR Ilyass)
Pour tout A2Sn(R). Remarquons d'abord que si 1(A):::n(A) sont les valeurs
propres de A, alors les valeurs propres de ¡A2Sn(R) sont ¡n(A):::¡1(A).
Donc, si
1(A)+:::+k(A)a1;1+:::+ak;k
pour tout k2f1;:::;ng et pour toute matrice A2Sn(R), alors, puisque ¡A2Sn(R), on a
pour tout k2f1;:::;ng :
¡n¡k+1(A)¡:::¡n(A)¡a1;1¡:::¡ak;k:
où v1;:::;vm constituent une base orthonormée quelconque de V . Il est facile de voir que
cette expression est indépendante du choix de la base orthonormée, et donc Tr(AjV ) est
bien définie.
Lemme 1.
Pour tout 1kn, on a :
1(A)+:::+k(A)= sup Tr(AjV )
V Rn
dim(V )=k
Liste de figures 95
Preuve du lemme 1.
Soient e1;:::;en une base orthogonale formée par les vecteurs propres associés à
1(A);:::;n(A) respectivement (en appliquant le théorème spectral). On a :
1(A)+:::+k(A)=Tr(Ajvect(e1;:::;ek))
et
1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ):
V Rn
dim(V )=k
C'est trivial pour n=1. Supposons que Pn soit vraie et montrons Pn+1.
Soit A2Sn+1(R) et k2f1;:::;n+1g. Notons (e1;:::;en+1) une base orthonormale formée
par les vecteurs propres de A, associée aux valeurs propres 1(A);:::;n+1(A) respective-
ment. Pn+1
1
Si k=1, on a pour tous 1;:::; n+1 non tous nuls, et pour v= q 2 2 k=1 kek,
1 +:::+ n+1
on a :
n+1
X
1
Tr(Ajvect(v))=v TAv= k k(A)
2
1 +:::+
2 2
n+1 k=1
et
n+1
X
1
Tr(Ajvect(v)) 2 k 1(A)=1(A):
2
1 +:::+
2
n+1 k=1
Donc,
1(A)sup V Rn+1 Tr(AjV ):
dim(V )=1
Par suite, on a :
1(A)+:::+k(A)Tr(AjV ):
D'où :
1(A)+:::+k(A) sup Tr(AjV ):
V Rn
dim(V )=k
96 Liste de figures
D'où le résultat.
zzzzzzz
Ce problème explore différentes versions du théorème du point fixe pour des applica-
tions contractantes et non expansives dans Rn.
Exercice 7.
On considère l'espace vectoriel Rn équipé de la norme euclidienne k:k.
Une application A :Rn!Rn est dite contractante s'il existe k<1 tel que, pour tous
x;y2Rn, kA(x)¡A(y)k6kkx¡yk, et non expansive si kA(x)¡A(y)k6kx¡yk pour tous
x;y2Rn.
1. Montrer qu'une application contractante admet un unique point fixe.
2. Soient A:Rn!Rn une application non expansive et K Rn un sous-ensemble convexe,
fermé et borné tel que A(K)K. Montrer que A admet un point fixe.
3. Soit A:Rn!Rn une application non expansive. Montrer que pour tout R>0, l'appli-
cation
A~(x)= min (1;RkA(x)k¡1)A(x)
est non expansive et admet un point fixe.
4. Soit A:Rn!Rn une application non expansive. On suppose que l'ensemble
S :=fx2Rn :92[0;1];x=A(x)g est borné. Montrer que A admet un point fixe.
Solution. (SABIR Ilyass)
1. Soit x02Rn un point arbitraire, et définissons la suite (xn) par récurrence :
xn+1=A(xn):
Comme k2[0;1[, k n ! 0. Donc, la suite (xn)n2N est de Cauchy. Puisque Rn est com-
n!1
plet, la suite (xn)n2N converge vers un point x2Rn.
Par continuité de A (car elle est lipschitzienne), on a :
x= lim xn= lim A(xn¡1)=A lim xn¡1 =A(x):
n!1 n!1 n!1
kx¡yk=kA(x)¡A(y)kkkx¡yk:
Ainsi,
(1¡k)kx¡y k0:
Cela implique que A est lipschitzienne. Par conséquent, A est continue sur Rn, et en
particulier sur K.
Le théorème du point fixe de Brouwer (voir le lemme 1) affirme que toute application
continue d'un compact convexe non vide de Rn dans lui-même possède au moins un point
fixe.
Comme K est compact, convexe et non vide (puisque tout compact dans Rn est non
vide), et que A(K)K, on peut appliquer le théorème de Brouwer à l'application A res-
treinte à K.
Lemme 1. (Théorème du point fixe de Brouwer)
Soit KRn un compact convexe non vide. Toute application continue f :K!K admet
au moins un point fixe.
98 Liste de figures
Preuve du lemme 1.
Supposons par l'absurde que f n'a pas de point fixe sur K. Alors, pour tout x2K,
f (x)=
/ x.
Définissons l'application g:K!@K (où @K désigne le bord de K) par :
g(x)=x+(x)[f (x)¡x];
hA(x);A(y)i
En posant =kA(x)kR, =kA(y)k<R et cos()= kA(x)kkA(y)k , pour montrer que
R
R2+kA(y)k2¡2 hA(x);A(y)i6kA(x)¡A(y)k2
kA(x)k
kT(x)¡T(y)k =kA(x)¡A(y)k
=kA(x)¡A(y)k
kx¡yk:
Puisque 2[0;1[, alors T est une application contractante avec une constante de contrac-
tion <1.
Ainsi, d'après la question 1, T admet un unique point fixe x tel que
x=T(x)=A(x)
1
En particulier, pour tout n2N, il existe xn2Rn, tel que xn= 1¡ n A(xn).
Puisque pour tout n2N, xn2S et que S est borné, alors (xn)n2N est bornée,
D'après le théorème de Bolzano-Weierstrass, la suite bornée (xn) possède une sous-suite
convergente (x'(n))n2N. Notons x sa limite. (où ':N!N strictement croissante).
Ainsi, pour tout n2N
1
x'(n)= 1¡ A(x'(n))
'(n)
Puisque A est non expensive, elle est lipschitizienne, en particulier elle esr continue sur
Rn. Par passage à la limite n!+1, on trouve
x=A(x)
D'où le résultat.
zzzzzzz
Posons,
n
X k k n¡k
cn= 1[0;q [ 1N 1N
p p q
k=0
Liste de figures 101
On a pour tout n2N, cn=0 si, et seulement si, pour tout k2J0;nK, on a
k k n¡k
1[0;q [ 1N 1N =0
p p q
Donc,
k=ps+tq et k6min(pq;n)
Preuve du Lemme 1.
Puisque a et b sont premiers entre eux, il existe des entiers relatifs u et v tels que :
au+bv=1:
Puisque n¡ak0mod b, le second terme est un entier. Il nous suffit de montrer que le
coefficient du second terme est non négatif.
Comme nab¡a¡b+1, on a :
nab¡a¡b+1:
En choisissant judicieusement k pour chaque n, on peut assurer que les coefficients sont
non négatifs.
102 Liste de figures
Lemme 2 :
L'entier N =pq¡p¡q ne peut pas être exprimé comme une combinaison linéaire non
négative de p et q.
Preuve du Lemme 2 :
Supposons par l'absurde que N puisse être exprimé comme une combinaison linéaire
non négative de p et q :
N =ap+bq; avec a;b2N:
Alors :
ap+bq=pq¡p¡q:
Réarrangeons l'équation :
ap+p+bq+q=pq:
Ce qui donne :
p(a+1)+q(b+1)=pq:
Comme p et q sont premiers entre eux, p ne divise pas q et vice versa. Ainsi, pour que
la somme p(a+1)+q(b+1) soit égale à pq, il faut que a+1 soit multiple de q et b+1 soit
multiple de p. Donc, il existe des entiers m;n2N tels que :
a+1=qn; b+1=pm:
Ce qui simplifie à :
pq(n+m)=pq:
Donc :
n+m=1:
zzzzzzz
Ce problème de probabilités porte sur l'étude d'un processus aléatoire générant un sous-
ensemble de J1;N K. Il évalue la compréhension des candidats sur les concepts de probabilité
conditionnelle et leur aptitude à calculer des espérances et des variances pour des variables
aléatoires discrètes.
Exercice 9.
Liste de figures 103
Par suite,
n¡1
1 1 X
P(k2En) = + P(k2Ej )
n¡1 n¡1
j=k+1
Ainsi,
n n¡1
1 X 1 1 X
P(k2Ej )= + P(k2Ej )
n n(n¡1) n¡1
j=k+1 j=k+1
Par suite,
0 1
N
X n
X n¡1
X N
X
@1 P(k2Ej )¡
1 A
P(k2Ej ) =
1
n n¡1 n(n¡1)
n=k+1 j=k+1 j=k+1 n=k+1
Par téléscopage, on a
N
X N
P(k2Ej )= ¡1
k
j=k+1
Par suite
N
1 X
P(k2EN ) = 1+ P(k2Ej )
N
j=k+1
1 1 N
= + ¡1
N N k
1
=
k
104 Liste de figures
On a alors :
E[jEN j] ln(N )
n¡!+1
4. On a
N X
X N
E[jEN j2] = P(k2EN ;j2EN )
k=1 j=1
N
X X
= P(k2EN )+2 P(k2EN ;j2EN )
k=1 16j<k6N
N
X X
1
= +2 P(k2EN ;j2Ek)
k
k=1 16j<k6N
N
X X
1
= +2 P(k2EN )P(j2Ek)
k
k=1 16j<k6N
N
X X
1 1
= +2
k kj
k=1 16j<k6N
Liste de figures 105
Par suite,
D'où
Var(jEN j) ln(N )
n¡!+1
zzzzzzz
2. Le nombre total de sommets est N . On a la racine S1, qui n'est pas un descendant
de S2. S2 lui-même ne doit pas être compté comme son propre descendant.
Les sommets S3;S4;:::;SN sont les N ¡2 sommets restants qui peuvent potentiellement
être des descendants de S2.
Le nombre total d'arbres que l'on peut construire est : (N ¡1)!
Le nombre de façons de choisir les k descendants de S2 parmi les N ¡2 sommets est :
N ¡2
k
Le nombre de façons de construire un arbre récursif avec k+1 sommets (incluant S2)
est :
Tsous-arbre=k!
Ceci est obtenu en observant que chaque apparition de descentes dans signifie qu'une
feuille sera ajoutée à l'arbre Tn. De plus, le dernier élément n¡1 de est toujours une
feuille.
E[LN ]=N /2 découle du fait que P(I fi>i+1g=1)=1/2.
De plus,
" N ¡2 !2 #
X
E[LN ] = E
2
I fi>i+1g+1
i=1
2 3
N
X ¡2 X
= E4 3 I fi>i+1g+ I fi>i+1gI fj >j+1g+1 5
i=1 / j6N ¡2
16i=
Ainsi, on obtient :
Par conséquent,
N
2
Var[LN ]=
12