AQ1 Cours
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3 Le solvant : l’eau 5
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1. Rappels : Loi d’action de masse
De nombreuses réactions chimiques sont renversables, c’est à dire que les produits formés peuvent réagir entre
eux pour redonner les produits de départ. Les deux réactions opposées et simultanées aboutissent finalement
à un état d’équilibre où toutes les espèces concernées coexistent et la composition macroscopique du système
n’évolue plus dans le temps. On parle alors d’équilibre chimique symbolisé par la double flèche ⇄
La thermodynamique permet de montrer que les équilibres chimiques sont régis par la loi d’action de masse qui
pour s’écrit pour l’équilibre :
′ ′
(a′ ) α1 × (a′2 ) α2 × · · ·
K(T ) = 1 α1
(a1 ) × (a2 )α2 × · · ·
Les ai et a′j sont les activités des réactifs et des produits à l’équilibre. K(T ) est une fonction de la température
seulement. A température fixée on l’appellera constante d’équilibre et on la notera K.
L’activité caractérise le comportement d’une espèce chimique dans un contexte thermodynamique. Soit Ai une
espèce chimique et ai son activité dans une solution donnée :
Activité
Solvant 1
Corps solide 1
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2. Application aux équilibres acido-basiques
Définition Définition
Un acide est une espèce chimique (molé- Une base est une espèce chimique (molé-
cule, ion ou ensemble d’espèces moléculaires cule, ion ou ensemble d’espèces moléculaires
ou ioniques) susceptible de libérer un proton ou ioniques) susceptible de capter un proton
H +. H +.
Acide AH : AH → A− + H + Base B : B + H + → BH +
Un acide fort est un acide pour lequel la réaction Une base forte est une base pour laquelle la ré-
sur l’eau est totale : action sur l’eau est totale :
HA + H2 O → A− + H3 O+
B + H2 O → BH + + OH −
⋄ Une solution aqueuse de HA ne contient pas
de molécules de HA. ⋄ Une solution aqueuse de B ne contient pas de
⋄ La base conjuguée d’un acide fort est une molécules de B.
base indifférente (aucune aptitude à capter ⋄ L’acide conjuguée d’une base forte est un
des H + ). acide indifférent (aucune aptitude à céder des
H + ).
Application 1
Quelques exemples :
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2.1.3. Acide Faible 2.1.4. Base faible
Un acide faible est un acide pour lequel la réac- Une base faible est une base pour laquelle la
tion sur l’eau n’est que partielle : réaction sur l’eau n’est que partielle :
HA + H2 O ⇄ A− + H3 O+ B + H2 O ⇄ BH + + OH −
D’après la loi d’action de masse, cet équilibre est ca-
D’après la loi d’action de masse, cet équilibre est ca-
ractérisé par la constante :
ractérisé par la constante :
[A− ] H3 O+
aA− × aH3 O+
KA = = . BH + [OH − ]
aHA × aH2 O [AH] KB = .
[B]
KA est la constante d’acidité du couple AH/A− .
On définit aussi KB est la constante de basicité du couple BH + /B.
On définit aussi
pKA = − log10 KA
pKB = − log10 KB
L’acide HA est d’autant plus fort que son pKA est
petit. La base B est d’autant plus forte que son pKB est
petit.
Application 2
Quelques exemples :
2.2. Vocabulaire
Exemple
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2.3. Couple Acide-Base
A tout acide correspond une base conjuguée et réciproquement, selon le schéma suivant :
On note une couple acide-base : acide / base. On aura donc dans le cas général AH/A− ou
BH + /B. L’acide et la base d’un même couple sont dits conjugués.
Remarque : Un proton H + n’existe pas à l’état libre en solution : il est fixé par une molécule d’eau pour donner
l’ion hydronium (ou oxonium) H3 O+ .
Un acide ne perdra donc un proton que si une base est présente pour le "recueillir".
Une réaction acido-basique (ou réaction acide-base) est donc un échange de proton entre un donneur de
proton (forme acide d’un couple 1) et un accepteur de proton (forme basique d’un couple 2) :
A défaut d’une base ou d’un acide spécifique, ce sera le solvant qui jouera ce rôle :
3. Le solvant : l’eau
L’eau est un ampholyte :
Cet équilibre traduit le transfert d’un proton d’une molécule d’eau à une autre et apparaît comme le résultat de
l’interaction des deux couples H3 O+ /H2 O et H2 O/OH − . Il est caractérisé par la constante d’équilibre Ke. La
relation traduisant cet équilibre est :
Ke = ..........................
Comme H2 O est le solvant en large excès, son activité vaut donc 1.
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Cette constante d’équilibre, appelé produit ionique de l’eau, ne dépend que de la température.
0 14 pKa
4.1. Définition
Définition
Toute solution aqueuse peut être caractérisée par son pH (potentiel hydrogène) : pour une solution
diluée :
pH = − log10 [H3 O+ ]
Le pH d’une solution caractérise donc la concentration en ions hydroniums d’une solution aqueuse.
4.2. Mesure du pH
Différents moyens existent pour mesurer le pH d’une solution : le pH-mètre, les indicateurs colorés, le papier pH.
Dans la pratique, l’échelle de pH réellement utilisable est plus réduite. Le pH se mesure en effet à l’aide
d’une électrode de verre et d’une électrode de référence (voir TP). La réponse de l’électrode de verre
n’est fiable que si le pH est environ compris entre 1 et 12.
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4.3. pH du solution aqueuse
Le pH de l’eau pure à 25 ◦ C vaut donc : pH = − log(10−7 ) = 7. Cette valeur définit une solution neutre.
Il ne faut pas confondre un "acide " (donneur de proton) et une "solution acide" (pH < 7 et [H3 O+ ] >
[OH−]).
HA + H2 O → A− + H3 O+
De la même façon :
L’eau ne permet pas de comparer la force des acide forts ni des bases fortes : leurs forces sont nivelées par le
solvant.
Définition
La constante d’acidité notée Ka du couple est la constante de l’équilibre correspondant à la
réaction de l’acide sur l’eau :
HA + H2 O ⇄ A− + H3 O+
[A− ][H3 O+ ]
Ka = pKa = − log Ka
[HA]
On constate que plus Ka est grand, plus log(Ka ) est ............................. , donc pKa est .............................
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Un acide est d’autant plus fort que sa dissociation est totale dans l’eau, donc :
Un acide est d’autant plus fort que son Ka est grand et donc que son pKa est petit
La seule donnée des constantes d’acidité suffit donc pour caractériser la force d’un couple acide-base.
Soit la réaction : HA + H2 O ⇄ A− + H3 O+ .
Une fois l’équilibre chimique atteint dans une solution où le couple HA/A− est présent : Ka = ..................
⇒ pH = ...............................
Ainsi :
→ si pH > pKa, alors ......................
→ si pH < pKa, alors ......................
Diagramme de prédominance :
Dans toute la suite, on admettra qu’une espèce prédomine devant l’autre si sa concentration est au moins
10 fois plus grande que celle de l’autre espèce.
• sinon les deux concentrations [A− ] et [HA] sont du même ordre de grandeur.
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Application 3
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6.2. Prévision des réactions acide-base
A1 + B2 ⇄ B1 + A2
K = .......................................................................
avec ∆pKA = pKA2 − pKA1 .
Définition
Réaction prépondérante : Action de l’acide le plus fort sur la base la plus forte tous deux en
quantités non négligeables dans la solution.
Rappel : transformation totale K > 104 , transformation partielle K ≃ 1, transformation très limitée
K < 10−4
La composition finale d’un système obtenu à partir du mélange d’espèces acides et/ou basiques résulte de la
superposition de plusieurs réactions. Pour déterminer, par le calcul, l’état final du système, nous admettrons qu’il
peut être considéré comme le résultat d’une succession de réactions faisant intervenir les espèces initialement
introduites ou apparues lors de ces réactions.
Les réactions prises en compte dans l’ordre décroissant de leur constante K ◦ : la première à considérer est celle
qui met en jeu l’accepteur de protons le plus fort avec le donneur de protons le plus fort, c’est-à-dire la base la
plus forte et l’acide fort. On a donc intérêt à déterminer :
• tous les couples acide-base
• le classement de ces couples
afin de déterminer les réactions susceptibles de se produire. Une réaction entre un acide A1 H et une base B2
est d’autant plus facile à réaliser que l’écart entre les couples A1 H/A− +
1 et B2 H /B2 et important dans l’échelle
présentée.
Application 4
Déterminer la réaction prépondérante lors d’un mélange une solution d’acide éthanoïque CH3 COOH avec
une solution d’ammoniac N H3
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Application 5
Déterminer la constante de réaction la réaction de l’ion éthanoate CH3 COO− (pKa = 4, 75) sur l’ion
ammonium N H4+ (pKa = 9, 25)
Les relations fondamentales permettant de déterminer les concentrations des diverses espèces sont (n équations
à n inconnues) :
→ Conservation de la matière : bilan de conservation au niveau d’un atome ou d’un groupe
d’atomes.
→ Electroneutralité de la solution :
Charges + apportées par les cations = Charges - apportées par les anions
Remarque : Il est souvent avantageux d’introduire la relation d’échange protonique (REP) à la place de
l’électroneutralité : la REP traduit l’égalité entre le nombre de protons libérés par toutes les formes acides et le
nombre de protons captés par toutes les formes basiques.
Après avoir introduit une (ou plusieurs) espèce(s) en solution aqueuse, on se propose de déterminer les concen-
trations de toutes les espèces présentes à l’équilibre et en particulier celle des ions hydronium H3 O+ qui donne
le pH de la solution.
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Methode
1. Faire le bilan des espèces introduites (classée en base, acide, indifférente).
2. Tracer un diagramme des pKA en mettant en évidence les espèces présentes dans la solution
en quantité non infinitésimale et à caractère acide ou basique (sans oublier le solvant).
3. Écrire les réactions susceptibles de se produire. En déduire la réaction quantitative (RQ)
ou la réaction prépondérante (RP). Dans le cas de la RP, calculer sa constante d’équilibre
K.
→ si on a une RQ ou si K ≫ 1 la réaction est quasi totale, on en déduit une
composition simplifiée de la solution. On reprend l’étude à partir du 2.
→ si K ne vérifie pas la relation précédente, on passe à l’étape suivante.
4. Faire des hypothèses en rapport avec la réaction prépondérante.
5. En déduire les relations entre les concentrations cherchées (Conservation de la matière, élec-
troneutralité, constante d’équilibre).
6. Calculer le pH de la solution, et en déduire les diverses concentrations.
7. Vérifier les hypothèses faites.
8. Conclure (ou reprendre le calcul si les hypothèses ne sont pas vérifiées).
Sans hypothèses, le problème se ramène à un système de n équations à n inconnues qui peut se résoudre
moyennant des calculs souvent fastidieux. On préférera utiliser des approximations :
• Milieu acide : [H3 O+ ] ≫ [OH − ] ou milieu basique : [H3 O+ ] ≪ [OH − ]
• Milieu ni acide, ni basique : [H3 O+ ] et [OH − ] négligeables par rapport à celles des autres espèces
• ...
Toute approximation doit être contrôlée et validée par le résultat final.
Expérimentalement, compte-tenu des appareils de mesure dont on dispose, on ne peut pas déterminer la valeur
du pH avec une incertitude inférieure à 0.05 unité de pH.
Calculs théoriques : ils utilisent des approximations sous-entendues comme : assimilation à des solutions très
diluées (activités = molarités), assimilation des KA et Ke à leurs valeurs à 25 ◦ C.
Il est donc inutile de calculer le pH avec une précision supérieure à 0.05 unité de pH. En pratique on calculera
les pH à 0.01 unité près dans les calculs intermédiaires, pour donner un résultat final à 0.1 unité près.
On peut montrer que cela correspond dans le calculs à négliger la concentration d’une espèce A1 devant celle
d’une espèce A2 si :
1
[A1 ] < [A2 ]
10
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Application 6
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7.4. Les cas usuels
..................................... Ke = ........................
[OH − ] 1
+
≤
[H3 O ] 10
pH = p C0 valable si pH ≤ 6.5
• Représentation graphique
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Application 7
Calculer le pH d’une solution d’acide chlorhydrique à 1, 0.10−3 mol/L.
Application 8
Calculer le pH d’une solution d’acide chlorhydrique à 1, 0.10−8 mol/L.
On souhaite calculer le pH dans le cas d’un monoacide faible HA de concentration initiale C0 de constante
d’acidité KA . Un acide faible est partiellement dissocié en solution aqueuse :
HA + H2 O ⇄ A− + H3 O+
Domaine de validité :
1 • domaine de prépondérance de l’acide : pH < pKa − 1
pH = (pKa + pC0 )
2 • l’autoprotolyse de l’eau peut être négligée : pH < 6, 5 .
Si l’une des deux hypothèses n’est pas vérifiée, il faut refaire le calcul sans l’hypothèse concernée. On résout
l’équation du second degré.
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Application 9
Calculer le pH d’une solution d’acide éthanoïque à 10−2 mol/L.
• La concentration en ions oxonium [H3 O+ ] est négligeable devant celle des ions HO− si elle est inférieure
ou égale au dixième de la concentration en ions hydroxydes [OH − ].
[H3 O+ ] négligeable devant [OH − ] si
[H3 O+ ] 1
≤
[OH − ] 10
Dans le cas d’une monobase forte B de concentration initiale C0 montrer que l’on a :
• Représentation graphique
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7.4.4. Solution d’une monobase faible
On souhaite calculer le pH dans le cas d’une monobase faible B de concentration initiale C0 de constante
d’acidité KA .
Une base faible réagit partiellement avec l’eau :
B + H2 O ⇄ BH + + HO−
Domaine de validité :
1 • domaine de prépondérance de la base : pH > pKa + 1
pOH = (pKb + pC0 )
2 • l’autoprotolyse de l’eau peut être négligée : pH > 7, 5 .
Si l’une des deux hypothèses n’est pas vérifiée, il faut refaire le calcul sans l’hypothèse concernée. On résout
une équation du second degré.
Application 10
Calculer le pH d’une solution d’ammoniaque à 10−2 mol/L.
Application 11
Calculer le pH d’une solution d’ammoniaque à 10−4 mol/L.
Lorsque l’espèce est fortement diluée, l’avancement de la réaction de N H3 sur l’eau ne peut être négligé.
On peut remarque qu’à haute dilution, le comportement d’un acide faible ou d’une base faible se rapproche
de celui d’un acide fort ou d’une base forte. (loi de dilution d’Ostwald).
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8. Réaction de neutralisation - Application aux dosages
Les acides et les bases sont « antagonistes », mis en présence ils se neutralisent. La neutralisation est un réaction
très couramment utilisée, soit pour modifier le pH d’un milieu (par exemple pour neutraliser l’excès d’acidité
dans l’estomac en absorbant du " bicarbonate "), soit pour doser un acide par une base ou l’inverse.
Faire un dosage consiste à déterminer la quantité d’un constituant présente dans une solution. C’est
une opération très courante qui est à la base d’un très grand nombre d’analyses ou de contrôles.
Définition
A l’équivalence d’un titrage, les réactifs ont été mélan-
gés en proportions stœchiométriques
Repérage de l’équivalence :
• Suivi pHmétrique :
• Suivi conductimétrique :
• Suivi colorimétrique :
On souhaite réaliser le dosage d’une solution d’acide chlorhydrique (V0 = 10 mL) de concentration inconnue C0
par N aOH de concentration C = 0, 10 mol/L.
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Réaction de titrage :
PH
◦C
14
12
10
8
Volume Espèces présentes
pH
6
V < Ve
4
V = Ve
2
V > Ve 0
0 5 10 15 20
Volume ajouté V en mL
A l’équivalence :
nH3 O+ apportés par l’acide = nOH− apportés par la base
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• Equation de la courbe de titrage pH = f (V ).
12 14
12
10
10
8
pH
pH
8
6
6
4
4
2
2
0 0
0 5 10 15 20 0 5 10 15 20
Volume ajouté V en mL Volume ajouté V en mL
La méthode des tangentes n’est rigoureuse que si A l’équivalence, la courbe de pH présente un point
le saut de pH est symétrique. C’est le cas pour d’inflexion c’est-à-dire un extremum de la dérivée.
le titrage d’un acide fort par une base forte (et L’utilisation d’un tableur permet d’obtenir simple-
réciproquement). ment la dérivée numérique du pH par rapport au
volume et donc le point d’inflexion. Il est dans ce
cas important de faire plus de mesures pour de
volumes proches du volume équivalent.
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14
12
10
• Effet de la dilution sur la courbe de titrage
C0 = 0, 001 mol/L
8
Diluer la solution initiale ne modifie pas la quantité de
pH
C0 = 0, 01 mol/L
matière introduite, et ne change donc pas le volume 6
équivalent. C0 = 0, 1 mol/L
4
Par contre, le saut de pH est moins important.
2
0
0 0.5 1 1.5 2
x = V /V0
On souhaite réaliser le titrage d’une solution d’acide éthanoïque (V0 = 10 mL) de concentration inconnue C0
par N aOH de concentration C = 0, 10 mol/L.
Réaction de titrage :
PH
◦C
14
12
V < Ve
pH
V = Ve
6
V > Ve 4.8
4
2
0 0.2 0.4 0.5 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
x = V /V0
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A l’équivalence :
L’acide CH3 COOH a été entièrement transformé en sa base conjuguée CH3 COO− , on a donc une solution
de monobase faible dans l’eau, soit pH > 7 à l’équivalence.
Ve 1
Si V = ⇒ nAH consommé = nAH initial donc on a [A− ] = [AH]
2 2
Or pH = pKA + log[A− ]/[AH], soit pH = pKA .
14 1
12
fraction molaire
10
8
pH
0
0 0.5 1 1.5 2
x = V /V0