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Décomposition des fractions rationnelles

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Chapitre 5 Fractions rationnelles

Décomposition en éléments simples

1. Définition : Soient P et Q deux polynômes. On appelle Fraction Rationnelle le rapport


( )
F(x) = où Q(x) ≠ 0
( )

On notera l’ensemble des fractions rationnelles ℝ (X)(si P(x) et Q(x) sont à coefficients
dans ℝ ) et ℂ(X) si (si P(x) et Q(x) sont à coefficients dans ℂ ).
On s'intéressera, dans la suite, aux fractions rationnelles simplifiées au maximum, c'est-à-dire
dans lesquelles P et Q sont premiers entre eux et où Q est de degré supérieur ou égal à 1. On
dit d’une telle fraction qu’elle est irréductible.
Exemples:

1. 𝐹(𝑥) = (Irréductible. Pourquoi ?)

2. 𝐺(𝑥) = (Non Irréductible. Pourquoi ?)

3. 𝐻(𝑥) = ( )
(Non Irréductible. Pourquoi ?)

4. 𝑃(𝑥) = ( )
(Non Irréductible. Pourquoi ?)

Remarque : Lorsque l’on a une fraction rationnelle, la première étape consiste à réduire la
fraction de telle sorte que le degré du numérateur soit inférieur à celui du dénominateur. On
procède pour ce faire à une division euclidienne de P par Q. On sait qu'il existe toujours un
couple unique de polynômes E et R tels que P = E.Q + R avec d°R < d°Q.

( )
La fraction rationnelle F(x) = peut s'écrire alors
( )

( )
F(x) = E(x) + où d°R < d°Q.
( )

( )
E est un polynôme appelé la partie entière de F et c'est sur qui est une fraction
( )
irréductible que l'on va procéder à une décomposition en éléments simples.

Exemple (*) (C’est un exemple que l’on utilisera dans tout le reste du Chapitre)
Soit la fraction suivante (non irréductible)

55
𝐴(𝑥) 2𝑥 + 3𝑥 − 3𝑥 − 3𝑥 − 3𝑥 − 18𝑥 − 5
𝐹(𝑥) = =
𝐵(𝑥) 𝑥 + 𝑥 − 2𝑥 − 𝑥 − 𝑥 + 2
En effectuant une division euclidienne, on obtient :
𝐴(𝑥) 𝑥 − 21𝑥 − 7
𝐹(𝑥) = = 2𝑥 + 1 +
𝐵(𝑥) 𝑥 + 𝑥 − 2𝑥 − 𝑥 − 𝑥 + 2
2. Rappel.
Dans le Chapitre précédent, on a montré :
Les polynômes irréductibles dans ℂ[x] sont les polynômes de degré 1.
Les polynômes irréductibles dans ℝ[x] sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de
degré 2 sans racine réelle. i. e.
ax2+bx + c = 0 où  = b2 - 4ac< 0
1. Tout polynôme de ℂ[X] se factorise en un produit de facteurs du premier degré :
Dansℂ[X] : Soit P(x) un polynôme de d° n, à coefficients dans ℂ. Alors,

P(x) =  (𝒙 − 𝒓𝟏 )𝒎𝟏 (𝒙 − 𝒓𝟐 )𝒎𝟐 … (𝒙 − 𝒓𝒑 )𝒎𝒑

Où n = m1 + m1 + … + mp

2. Tout polynôme de ℝ[X] se factorise en un produit de facteurs du premier degré et de


trinômes du second degré à discriminant négatif.
Dansℝ[X] : Soit P(x) un polynôme de d° n, à coefficients dans ℝ. Alors,

P(x) =(𝒙 − 𝒓𝟏 )𝒎𝟏 (𝒙 − 𝒓𝟐 )𝒎𝟐 … (𝒙 − 𝒓𝒑 )𝒎𝒑 (x2 + b1x + c1) 𝒏𝟏


… (x2 + bqx + cq) 𝒏𝒒

Où n = m1 + m1 + … + mp + 2(n1 + n2 + … + nq)

Et  = 𝑏 - 4𝑐 < 0, pour tout i compris entre 1 et q.

Exemple :Pour trouver la factorisation de B(x) de l’exemple (*), on commence par chercher
des racines ``évidentes'' en tâtonnant (i.e. en essayant pour xles valeurs 0, 1, -1, 2, -2, ½, -1/2,
…). On trouve que B(1) = 0 et B(-2) = 0. Donc (x - 1)(x + 2) = x2 + x - 2 divise le
polynôme B(x). On effectue la division euclidienne de B par x2 + x - 2 et on trouve que :

B(x) = (x2 + x - 2)( x3 - 1)

Et par conséquent, dans ℝ[x], B(x) = (x + 2) ( x - 1)2 (x2 + x + 1)

(En effet (x2 + x + 1) est un trinôme de d° 2 avec un discriminant négatif)

Exercice. Quelle est la décomposition de B(x) dans ℂ[x] ?

56
3. Pôles et éléments simples

Définitions :
On appelle éléments simples de 1èreespèce relatifs aux pôles ri, les mi fractions rationnelles
du type

𝐴 𝐴 𝐴
; ; … ;
𝑥 − 𝑟 (𝑥 − 𝑟 ) (𝑥 − 𝑟 )

où les 𝐴 sont des constantes réelles.

On appelle éléments simples de 2èmeespèce relatifs aux polynômes irréductibles x2 + bjx + cj,
les nj fractions rationnelles de type

𝐵 𝑥 +𝐶 𝐵 𝑥 +𝐶 𝐵 𝑥 +𝐶
; ; … ;
𝑥 + 𝑏𝑥 + 𝑐 (𝑥 + 𝑏 𝑥 + 𝑐 ) (𝑥 + 𝑏 𝑥 + 𝑐 )

où les Bk, Ck sont des constantes réelles.

Exemple :Décrire les éléments simples(toujours relativement à Exemple (*)), de

𝑅(𝑥) 𝑥 − 21𝑥 − 7
=
𝐵(𝑥) (𝑥 + 2) ( 𝑥 − 1) (𝑥 + 𝑥 + 1)

a. Eléments simples de première espèce :

i- le pôle x = 1 est de multiplicité 2, donc deux éléments simples :

𝐴 𝐴
;
𝑥 − 1 (𝑥 − 1)

ii- le pôle x = -2 est de multiplicité 1, donc un élément simple:

𝐴
𝑥+ 2

b. Eléments simples de deuxième espèce :

Un seul, associé au facteur irréductible(𝑥 + 𝑥 + 1) :

𝐵 𝑥 +𝐶
(𝑥 + 𝑥 + 1)
Attention : il faut toujours d'abord s'assurer de la décomposition complète du dénominateur.

57
Par exemple, B(x) aurait pu être écrit comme B(x) = (x2 + x - 2)( x3 - 1), ce qui ne permet
pas de voir immédiatement les éléments simples.
( )
Théorème : Soit la fraction rationnelle F(x) = . Alors elle peut se décomposer comme
( )
somme de tous les éléments simples relatifs à B(x) :

1. Dans ℝ[X] :

F(x) = E(x) + i∑ ( )


+ ∑ ∑
( +
+

+ )
(∗∗)

2. Dans ℂ[X]
F(x) = E(x) + i∑ ( )
(∗∗)

Où E(x) est un polynôme obtenu par la division euclidienne de A(x) par B(x) et donc on a
d°E(x) = d°A(x) - d°B(x))

Exemple :Décomposer en éléments simples (toujours relativement à Exemple (*))

𝑅(𝑥) 𝑥 − 21𝑥 − 7
=
𝐵(𝑥) (𝑥 + 2) ( 𝑥 − 1) (𝑥 + 𝑥 + 1)

𝑅(𝑥) 𝐴 𝐴 𝐴 𝐵 𝑥 +𝐶
= + + +
𝐵(𝑥) 𝑥− 1 (𝑥 − 1) 𝑥 + 2 (𝑥 + 𝑥 + 1)

𝐴(𝑥) 𝐴 𝐴 𝐴 𝐵 𝑥 +𝐶
𝐹(𝑥) = = 2𝑥 + 1 + + + + (∗∗∗)
𝐵(𝑥) 𝑥 − 1 (𝑥 − 1) 𝑥+ 2 (𝑥 + 𝑥 + 1)

4. Calcul des coefficients d'une décomposition en éléments simples


4.1. Pour les pôles simples d’ordre de multiplicité 1
On multiplie l'équation (**) par (x -ri), et ensuite on prend x = ri. Dans le membre de droite
ne survit alors queAi, dont la valeur est donnée par le membre de gauche

𝑅(𝑟 ) 𝐵(𝑥)
avec 𝐵 ′ =
𝐵′(𝑟 ) 𝑥 − 𝑟
Par exemple, appliquons ceci au calcul de A3:
En multipliant (***) par (x + 2), on a

𝑥 − 21𝑥 − 7 𝐴 𝐴 𝐵 𝑥+𝐶
= (𝑥 + 2) + + 𝐴 + (𝑥 + 2)
(𝑥 − 1) (𝑥 + 𝑥 + 1) 𝑥 − 1 (𝑥 − 1) (𝑥 + 𝑥 + 1)

−8 + 21 . 2 − 7
En posant x = -2, il vient A3 = 9 .3
= 1

58
4.2. Pour les coefficients 𝐴 des pôles d’ordre de multiplicité mi

Pour trouver le coefficient 𝐴 qui correspond à un pôle d'ordre mi, on multiplie par le
facteur (𝑥 − 𝑟 ) , puis on prend x = ri. De manière analogue à ce qui précède, on trouve
le coefficient recherché.

Dans notre exemple, on détermine ainsiA2 en multipliant par (x - 1)2 :

𝑥 − 21𝑥 − 7 𝐴 𝐵 𝑥+𝐶
= (𝑥 − 1)𝐴 + 𝐴 + (𝑥 − 1) ( + )
(𝑥 + 2)(𝑥 + 𝑥 + 1) 𝑥+2 (𝑥 + 𝑥 + 1)

1 + 21 − 7
En prenant x = 1, il vient A2 = 3 .3
= -3

4.3. Pour les coefficients Bjnj , Cjnj des pôles des facteurs quadratiques
On peut appliquer la même méthode que précédemment, mais avec les racines complexes de
ces facteurs x2 + bjx + cj. Pour cela, on multiplie par le facteur (x2 + bjx + cj) , puis on
prend xégal à une des racines complexes du facteur, pour trouver (avec la partie réelle et
imaginaire) les coefficients Bj et Cj. Dans notre cas,
𝑥 − 1
𝑥 + 𝑥 +1 =
𝑥 − 1
Les racines sont donc les 2 racines 3ème non-triviales de l'unité,
𝑗 = 𝑒 et𝑗 = 𝑒

Il convient de vérifier que x = j est vraiment un pôle en calculant R(j) = 1- 21j- 7 ≠ 0


En multipliant (***) par𝑥 + 𝑥 + 1, il vient

𝑥 − 21𝑥 − 7 𝐴 𝐴 𝐴
= (𝑥 + 𝑥 + 1) + + +𝐵 𝑥+𝐶
(𝑥 − 1) (x + 2) 𝑥 − 1 (𝑥 − 1) 𝑥+2

et en prenant x = j , on trouve ainsi


𝑗 − 21𝑗 − 7
=𝐵 𝑗+𝐶
𝑗 + 2𝑗 − 2𝑗 − 4𝑗 + 𝑗 + 2

−6 − 21𝑗 2 + 7𝑗
𝐵 𝑗+𝐶 = = −
3 − 3𝑗 1 −𝑗
Ce qui donne (partie réelle et imaginaire) les coefficientsB1 et C1après un petit calcul.
Cependant, ici ce calcul de nombres complexes est un peu lourd et on utilisera plutôt une
autre méthode, par exemple celle des limites.

4.4. Pour les coefficients Aik des autres pôles d’ordre de multiplicité mi> 1
Ces coefficients peuvent aussi se calculer par la méthode de changement de variable :
t = x - ri. Ceci nous ramène à un pôle en t = 0. Pour calculer les coefficients associés à ce
pôle, on fait la division par les autres facteurs de B(t + ri) suivant les puissances croissantes en
t, à l'ordre mi - 1.On s'arrête lorsque le reste ne contient que des termes de degré supérieur ou

59
égale à mi, de façon à pouvoir mettre en facteur 𝑡 . Le quotient donne alors tous les
coefficients associés au pôle ri.

Exemple : Dans notre exemple,(toujours relativement à Exemple (*)), la situation se présente


pour le pôle x = 1. On pose le changement de variable t = x – 1 c'est-à-dire x = t + 1, donc

𝑥 − 21𝑥 − 7 𝑡 + 3𝑡 − 18𝑡 − 27
=
( 𝑥 − 1) (𝑥 + 2) (𝑥 + 𝑥 + 1) 𝑡 (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3)

On effectue alors la division suivant les puissances croissantes de :

−27 − 18𝑡 + 3𝑡 + 𝑡 par (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3) = 9 + 12t + 6t2 + t3à l’ordre 1

−27 − 18𝑡 + 3𝑡 + 𝑡 9 + 12t + 6t2 + t3


−27 − 36𝑡 − 18𝑡 − 3𝑡 -3 + 2t
18𝑡 + 21𝑡 + 4𝑡
18𝑡 + 24𝑡 + 12𝑡 + 2𝑡
−3𝑡 − 8𝑡 − 2𝑡

D'où: −27 − 18𝑡 + 3𝑡 + 𝑡 = (-3 + 2t)(9 + 12t + 6t2 + t3) + (−3𝑡 −8𝑡 −2𝑡 )
En divisant par𝑡 (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3), on a donc

𝑡 + 3𝑡 − 18𝑡 − 27 − 3 + 2𝑡 − 3 − 8𝑡 − 2𝑡
= +
𝑡 (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3) 𝑡 (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3)

2 3 − 3 − 8𝑡 − 2𝑡
= − +
𝑡 𝑡 (𝑡 + 3)(𝑡 + 3𝑥 + 3)
et on déduit du premier terme queA1 = 2 et A2 = -3.

Remarque : Cette méthode est surtout intéressante s'il y a un pôle de multiplicité élevée (> 3)
et peu d'autres facteurs dans B(x), ou alors s'il s'agit dès le début d'un pôle en x = 0 (ce qui
évite le changement de variable).

4.5. Méthode générale pour les coefficients restants


i. Méthode des limites
Cette méthode consiste à multiplier d'abord par la plus basse puissance qui intervient dans la
décomposition en éléments simples, et de prendre la limite (où il suffit de garder les
puissances les plus élevées). Ainsi, on a dans le membre de droite la somme des coefficients
qui correspondent à cette puissance, qui permet de déterminer un coefficient en termes des
autres.
Exemple : Dans notre exemple, on multiplie parx, la limite donne alors
𝑥
lim = 0 = 𝐴 + 𝐴 + 𝐵
→ 𝑥
et donc 𝐵 = − 𝐴 − 𝐴 = −2 − 1 = −3.
60
ii. Méthode des valeurs particulières
Une autre méthode consiste à prendre simplement des valeurs particulières pour x(différents
des pôles) et ainsi d'avoir un système d'équations qui permettra de déterminer les coefficients
manquants.
Exemple : Dans notre exemple, prenons x = 0

−7 𝐴
= − 𝐴 + 𝐴 + + 𝐶
2 2

Et donc 𝐶 =− + 𝐴 − 𝐴 − = − +2 +3 − = −4 + 5 = 1

Remarque : Dans le cas général, il faut ainsi créer un système d'autant d'équations
(indépendantes) qu'il reste de coefficients à déterminer.

iii. Par identification

La méthode générique qui marche toujours mais qui n'est pas toujours la plus rapide, consiste
à réécrire la somme des éléments simples sur le dénominateur commun qui est B(x) et
d'identifier les coefficients des mêmes puissances de x du membre de gauche (coefficients de
R(x)) et du membre de droite (les A, B, C, multipliés par une partie des facteurs de B(x)).
Ainsi on obtient un système d'équations linéaires dont la solution donne les coefficients
(manquants).

Exemple : Dans notre exemple, (toujours relativement à Exemple (*)),

𝑥 − 21𝑥 − 7 𝐴 𝐴 𝐴 𝐵 𝑥 +𝐶
= + + + =
(𝑥 + 2)(𝑥– 1) (𝑥 + 𝑥 + 1) 𝑥− 1 (𝑥 − 1) 𝑥 + 2 (𝑥 + 𝑥 + 1)

𝐴 (𝑥 − 1)(𝑥 + 2)(𝑥 + 𝑥 + 1) + 𝐴 (𝑥 + 2)(𝑥 + 𝑥 + 1) + 𝐴 (𝑥 + 𝑥 + 1)(𝑥 − 1) (𝐵 𝑥 + 𝐶 )(𝑥 − 1) (𝑥 + 2)


(𝑥 + 2)(𝑥– 1)2 (𝑥2 + 𝑥 + 1)

On procède alors à l’identification des coefficients des deux polynômes numérateurs


puisqu’ils sont égaux. Ainsi on obtient autant d’équations que d’inconnues qui sont, dans
notre exemple au nombre de 5.

A1 = 2 ; A2 = -3 ; A3 = 1 ; B1 = -3 ; C1 = 1

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