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Techniques Utilisees Pour L'Etude Du Zooplancton

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TECHNIQUES UTILISEES POUR L'ETUDE

DU ZOOPLANCTON
SUR LES SITES DES CENTRALES NUCLEAIRES
DES COTES FRANCAISES DE MANCHE ET ATLANTIQUE
par
Geneviève Le Fèvre-Lehoërff

I._..~_.E -R---C-E-N-T-R-E-d-e-B-R-E-S-T-F-R-A-N-C-E---
TECHNIQUES UTILISEES POUR L'ETUDE DU ZOOPLANCTON

SUR LES SITES DES CENTRALES NUCLEAIRES DES COTES FRANCAISES

DE MANCHE ET ATLANTIQUE

Par

Geneviève LE FÈVRE-LEHOËRFF

Avec la participation de
Annick DERRIEN, Jean Yves QUINTIN et Gilles YOUENOU
L'illustration a été préparée par Vic CHAPRON

IFREMER / DERO /EL, Centre de Brest, B.P. 337 F 29273 BREST CEDEX

1985
SOMMAIRE

p.

Introduction .......................................... 2

Stratégie d'Echantillonnage 2

Marées .••••.•••••••.••••••.•.••.•..•...••••• 2
Courants ................................... 2
Réparti tion spatiale • • • . • . . . • . • • • • • . • • . . . . • 2
Variations saisonnières . • . . . . . . • . • . • . • . . . . • 2
Microdistribution , 3
Choix des niveaux d'echantillonnage •••••••. 3
Types d'échantillons de zooplancton recueilli 3

Récolte des Echantillons et conservation 5

Feui lie de mer ............................. 5


Heure •. . ••• •••••. . •. ••. . . •. . •. ••••. . •. •. . . • 5
Point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Statian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Angle de cable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Profondeur sondeur •••••..•••••..••••••••••• 5
Profondeur de pêche .....................•.. 5
Débit-mètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
Temps de trait............................. 7
Numérotation des échantillons •.•••••••••••• 7
Les types de filets et leur mode d'emploi 7
Trait vertical filet simple .•••••••••• 9
Trait vertical filet triple ••••••••••• 9
Trai t· horizontal . • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • 11
Méthode de pêche ,. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Stockage des échantillons •••••••••••••••••. 13

Méthodes utilisées au laboratoire 13

Données quantitatives globales •..•••.•..•.• 15


Poids sec - Biomasse •••••••••.••••••• 15
Matière organique totale •••••••••••••• 15
Carbone organique et azote organique 17

Analyse taxonomique • • . • • • • • • • • • • • . . • • • • • • . . 17
Sous échantillonnage ••••••••.••••.••.• 19
Comptage .. . •••. •••. . •••••••. •. . •. ••. •• 19

Etude de la dynamique de populations des


copépodes .................................. 21
Traitement des données et stockage .••••••.. 23

1
INTRODUCTION

Les techniq~es et méthodologies décrites ici ne concernent que celles


utilisées dans les etudes de sites de centrales nucléaires (Gravelines, Penly,
Paluel, Englesqueville, Flamanville et Plogoff) choisies en fonction des
caractéristiques de la zone étudiée et des conditions de travail. Le choix des
méthodes pourrait être différent dans d'autres circonstances et au besoin, des
ouvrages généraux de méthodologie peuvent être consultés (UNESCO, 1968 ;
BOUGIS, P., 1974 ; OMORI, M. et T. IKEDA, 1984).

STRATEGIE D'ECHANTILLONNAGE

L'échantillonnage a été défini en tenant compte des caractéristiques


des sites (marées importantes, courants intenses) et de l'objectif des études,
c'est-à-dire acquérir la connaissance de l'abondance et la composition
taxonomique du zooplancton, de ses variations saisonnières et de sa répartition
spatiale. L'étude porte sur le mésoplancton dont la gamme de taille se situe
entre 200 ~ et 1000 ~'

Marées : les marées sont semi-diurnes sur le littoral du continent Nord-Ouest


européen où l'écart entre la haute mer et la basse mer peut atteindre 13 mètres,
en vive eau à Saint-Malo, par exemple.

Courants: l'existence de forts courants de marée est un des critères les plus
importants du choix d'un site de centrale nucléaire de bord de mer. Ils
favorisent la dispersion thermique des effluents. Cette caractéristique des
sites cependant entraine des difficultés techniques d'échantillonnage sur le
terrain mais aussi, augmente l'incertitude relative aux résultats quantitatifs
du fait de la grande variabilité dans les conditions d'environnement. Ceci est
vrai, surtout en ce qui concerne l'alternance vive eau - morte eau. Pour étudier
les variations saisonnières, cette variabilité peut être quelque peu diminuée
dans la mesure où les missions sont réalisées dans des conditions de marée
équivalentes, par exemple avec une périodicité de quinze jours correspondant à
la périodicité du cycle semi-diurne.

L'échantillonnage a été par conséquent planifié de la maniere


suivante

Répartition spatiale: afin d'établir les variations spatiales de manière


significative, plus particulièrement entre les points ~ôtier et large, les
échantillons ont été prélevés aussi près que possible des etaIes de haute mer ou
de basse mer quand le mouvement dû à la marée, et par conséquent l'interférence
espace-temps est supposée minimum.

Variations saisonnières : la périodicité des missions a été bimensuelle dans la


mesure du possible, ce qui correspond à un pas de temps assez satisfaisant pour
suivre l'évolution quantitative des populations planctoniques. Quand les
conditions météorologiques ont été défavorables la périodicité a été mensuelle.
La principale exigence a été de travailler à un moment déterminé du cycle vive
eau - morte eau. La référence choisie pour le définir est le coefficient de
marée utilisé dans l'annuaire des marées français. Ce coefficient represente
l'importance d'une marée moyenne d'équinoxe de printemps. La référence actuelle
étant choisie comme la valeur fixée à 120 pour une marée astronomique maximale
(en fait, il a été défini pour les conditions de marée à Brest mais peut être
appliqué aux différentes régions où la marée est semi-diurne). Les missions ont
été choisies de telle manière que le coefficient de marée soit compris entre 60
et 70 (marée moyenne de morte eau) aussi souvent que possible.

2
Microdistribution :" plusieurs auteurs (CASSIE , 1963) ont montré que le plancton
n~e~t pas distribu~ u~iformement dans l'environnement. Les organismes sont
generalement aggreges en essaims ou taches de taille variable (quelques
centimètres à quelques mètres) d'où un accroissement de la variabilité dans les
estimations quantitatives. La part due à la microdistribution dans les
variations d'abondance du plancton a pu cependant être estimée par la méthode
t .... ' ,. ,. " . . . ...
d echant~llonnages repetes ou " rep licates". Plusieurs echantillons recoltes
simultanément ou dans un laps de temps très court permettent d'estimer un
intervalle de confiance dans la comparaison des abondances de plancton soit
entre deux stations au même point, soit entre deux points. A Flamanville par
exemple, et ceci une fois par mois, 5 prélèvements répétés ont été effectués en
un point à haute mer et 5 à la basse mer suivante. Ils ont été comparés aux cinq
prélèvements répétés effectués en un autre point.

Choix des niveaux d'échantillonnage : les paramètres physico-chimiques et le


phytoplancton sont soit mesurés, soit prélevés à des profondeurs déterminées.
Dans les régions étudiées la profondeur d'eau est habituellement inférieure à
30 mètres et trois niveaux d'échantillonnage ont été jugés le plus souvent
suffisants. Le zooplancton a été récolté en fonction de la structure
hydrologique. Dans les zones où le mélange vertical domine, des traits verticaux
ont été effectués du fond à la surface, ce qui permet, soit une estimation de
l'abonda~ce moyenne dans la colonne d'eau (globalement homogène) par unité d:
volume (m ), ~oit l'esti~ation du p}ancton total de la colonne d'eau par unite
de surface (m ). Cette methode d'integration sur la verticale permet de comparer
pour des régions voisines ou éloignées, leur richesse qualitative et
quantitative indépendamment de la bathymétrie des zones étudiées.
L'échantillonnage vertical offre lui-aussi l'avantage de minimiser les
variations journalières d'abondance dues aux migrations verticales, réduisant le
biais possible associé à un échantillonnage effectué à différents moments de la
journée (il peut être important même en zones très côtières). Là où la
stratification (thermique, haline ou thermohaline) est importante, des traits
horizontaux peuvent être effectués à différents niveaux. A Plogoff, région où
coexistent des structures homogènes et des structures stratifiées il a été
procédé à un échantillonnage mixte associant les traits horizontaux et traits
verticaux fond - surface, ceci dans le but de comparer, pour certaines espèces,
la valeur d'abondance à un niveau donné et la valeur moyenne estimée dans la
colonne d'eau.

Types d'échantillons de zooplancton recueilli : différents types de pêche et


procédures d'analyses ont été utilisés pour caractériser le zooplancton selon
les variables à étudier : abondance, biomasse, inventaire taxonomique, structure
d'age de la population de quelques espèces. Les catégories d'échantillons
récoltés ont été :

- des échantillons pour la biomasse (exprimée sous forme de poids sec


de carbone et d'azote organique) conservés congelés apres la récolte,

- des échantillons récoltés avec un filet à vide de maille de 200 ~m


pour le comptage du mésoplancton et éventuellement du macroplancton -
conserv~s au formol,

- des échantillons récoltés avec un filet à vide de maille de 80 ~m


pour le comptage des stades de développement de quelques espèces de
crustacés (copépodes). Ils sont formolés après la pêche,

- des échantillons récoltés au filet fin, (80 ~m) destinés à l'étude de


larves de mollusques. Ils sont conserves dans l'alcool.

3
1Feuill.t N°:

UNITE LITTORAL MISSIONI...... I_D_AT_E_, --'

POINT, STATION (N 0) • HEURE (d'but d. HEURE ( fin d. SECRETAIRE PON,. OBSERVATIONS,


.taflon). .t otlon}1

Angl. du c"bl.,
MER FORCE, MER COULEUR. PRECIPITATIONS. VENT DIRECTION, VENT VITESSE, COURANT COURANT
DIRECTION' VITESSE,

Engin .. a....
~r.t~7· MOoM.d.
Profondeur Mod. [Link] Ecllontliion NOlllbr. TMl9' Profon- VIteo•• Romorqu••

.. DftIt - 1
SOHDEUR d. d. ...t.. d. d. d_ d.
( ~ ~~. =:.'.:t.
v
.- N° N° tOll": troft , PECHE
::"oUf- (111.3)
~ro::

Feuille de mer. Une feuille est utilisée par station.

4
RECOLTE DES ECHANTILLONS ET CONSERVATION

Les études que nous avons entreprises ont ete menées pendant un certain
nombre d'années, en différents lieux géographiques, effectuées par de nombreuses
personnes avec des conditions de travail de terrain ou de laboratoire parfois
difficiles. Il a été par conséquent nécessaire de standardiser autant que
possible les différentes étapes du prélèvement et du dépouillement
d'échantillons, et d'établir comme règle que toute introduction de nouvelle
technique et méthodologie pour l'étude d'un nouveau problème devra faire l'objet
d'une calibration avec la méthode utilisée précédemment. Tous les participants à
l'ensemble des travaux ont été tenus de suivre un schéma type de travail "de
routine" qui peut paraître en première analyse quelque peu rigide mais qui n'a
eu d'autre but que de maintenir une certaine continuité dans les travaux et de
permettre ultérieurement une comparaison des résultats obtenus. Ce schéma peut
être résumé de la manière suivante :

Feuille de mer : toutes les informations concernant les mesures et les récoltes
sont notées sur un ensemble de feuilles de mer (ci-joint un exemple), une
feuille de mer est utilisée par station. Chaque feuille porte la référence de la
mission et la date.

Heure : toutes les indications sont rapportées à l'heure du méridien de


Greenwich (G.M.T.) afin d'éviter les erreurs pouvant s'introduire au moment des
changements d'heure légale au cours de l'année. Dans la région correspondant à
nos études, l'heure G.M.T. offre l'avantage de ne jamais être différente de plus
d'une demi-heure de l'heure solaire locale, qui est la référence ayant la
meilleure signification dans les cycles biologiques.

Point : ce terme ne doi t pas être confondu avec "station" ; il indique un lieu
précis défini par ses coordonnées géographiques et où les travaux de terrain ont
été effectués de manière répétitive. Les points sont généralement représentés
par une lettre ou un chiffre.

Station: c'est une série complète d'opérations en un point donné. Pour les
missions pélagiques Une station correspond en général à un ou plusieurs
prélèvements hydrologiques et des récoltes de phytoplancton et zooplancton. Elle
peut comporter de plus des prélèvements de benthos. Les stations d'une même
mission sont généralement numérotées chronologiquement (1 à n). Dans le cas où
une étude s'effectue pendant un certain temps, en un point, il peut y avoir
plusieurs stations en un point.

Angle du câble: il peut produire un biais dans l'estimation des profondeurs de


prélèvements et le calcul de l'abondance pour des traits verticaux. L'angle du
câble doit par conséquent être noté, surtout s'il dépasse 30° par rapport à la
verticale.

Profondeur sondeur: c'est la profondeur (mètres) entre le capteur de sonde et


le fond. Il doit être corrigé, et c'est important dans les zones côtières de la
distance entre la surface et la sonde, pour connaître la profondeur d'eau
totale.

Profondeur de pêche : po~r des traits verticaux de plancton, c'est la distance


entre la profondeur du debut du trait et la surface. La profondeur initiale du
trait est la distance en mètres entre l'ouverture du filet au moment où la pêche
commence et la surface. Si le câble est vertical, elle est équivalente à la
hauteur d'eau parcourue entre le début du trait et la surface. Si le câble n'est
pas vertical, la distance est fonction de l'angle du câble le trait assimilé à
un trait oblique. Pour des traits horizontaux, la profondeur de pêche correspond
à la profondeur du centre du filet pendant la pêche.

5

Filet simple WP2.

Le filet est hissé au-dessus


du niveau de la mer et
rincé abondamment de haut
en bas avec une manche à
eau.

Schéma montrant un
J.'~.j~':::.4 f?Y:c. MI .1, ~~Je A.
collecteur à "oreilles". i4~,t Mf ~lt/ (A) J'

X4 /?#IU<' r-'(.4J) WI G4~


ECJl:{.!o~ .

6
,
Débit-mètre vérifier que le compteur du débit-mètre est remis à zero avant
l'échantillonnnage et lire la valeur à la fin du trait.

Temps de trait : il est nécessaire de le connaître avec préc~s~on en même temps


que le nombre de tours du débit-mètre. Un chronomètre est par conséquent
utilisé pour mesurer avec précision le temps de trait.

Numérotation des échantillons : chaque échantillon est caractérisé par une


référence unique qui doit éviter toute confusion entre deux échantillons. La
référence comprend une lettre caractéristique du site suivie d'un chiffre selon
une série chronologique (e.g. G.1509 pour le 1509ème échantillon de Gravelines).
Il est noté à la fois sur le bocal contenant le prélèvement (avec un marqueur
indélébile) et sur la feuille de mer (sur laquelle figurent en même temps
l'heure, la date et lieu de prélèvement). Si l'échantillon est trop abondant
pour être contenu dans un seul bocal, plusieurs bocaux sont utilisés, numérotés
avec le même n~méro suivi ~'un indice (~G.15091' G.150~2 ..• ). Le nombre de
bocaux utilises pour un echantillon donne, doit etre note sur la feuille de mer
correspondante pour éviter toute erreur au moment où l'échantillon est
dépouillé.

Les types de filets et leur mode d'emploi : pour le mésoplancton et le petit


macroplancton (taille variant de 200 ~m à 10 mm), le modèle type de filet à
planct~n ado~té est le filet standard WP , testé par TRANTER à Sidney en 1966,
2
adopte et decrit selon les normes UNESCO (UNESCO, 1968). Ce filet est un engin
quantitatif aisé à manier, très utilisé dans les différentes parties du monde,
en particulier sur le ptateau continental. C':st un fil~t cylindroconique dont
l'ouverture est de 0.25 m , ce qui correspond a un diametre interne de 56.4 cm
environ pour le cercle en métal galvanisé ou en laiton. Le cercle est relié au
câble par une patte d'oie à trois brins métalliques coulissant dans un grand
anneau. Le matériel filtrant est un nylon monofilament, tissé selon un maillage
dont le vide de maille est 200 ~m. Quand le filet a été conçu ses propriétés
hydrodynamiques ont été calculées pour obtenir un coefficient de filtration égal
à l'unité (i.e. le volume filtré est égal à la valeur du produit de la surface
d'ouverture par la longueur du trait dans l'eau) pour une vitesse de remontée ou
de remorquage égal à 1 rn/seconde et s'il n' y a pas de colmatage. Ces conditions
n'ont pas toujours pu être remplies mais l'utilisation de débit-mètre a permis
le calcul du volume d'eau filtrée dans tous les cas. Pour que cette méthode soit
valable, il est nécessaire de placer le débit-mètre dans une position bien
définie, celle où la vitesse de l'eau par rapport au filet est égale à la
vitesse moyenne calculée par intégration sur la surface totale d'ouverture.
Cette recommandation a été formulée quand le filet a été normalisé (UNESCO,
1968). Le débit-mètre doit être fixé dans le cercle d'ouverture au milieu du
rayon, c'est-à-dire à 14.25 cm du cercle. Afin de le maintenir dans le plan du
cercle nous utilisons habituellement un système de trois attaches, deux de
longueurs fixes et une de type sandow pour un réglage fin.

Les ?rgan~smes plus petits (stades copépodites, larves de mollusques


etc.) sont recoltes avec un filet de maille plus petite (80 ~m) mais de même
forme et avec des caractéristiques identiques à celles ~u WP 2.. C e f i l e t s e
colmate plus facilement que le WP type et ses caracterist~ques de filtration
2
sont moins bien connues. ~ans certaines circonstances (~g~ Bloom
phytoplanctonique), les estimations des volumes filtrés peuvent être moins
précises et moins correctes.

Les deux filets WP et 80~m peuveAnt être ut,ilisés pour des traits
2
verticaux et horizontaux. Le filet peut etre utilise en filet simple ou en
filets multiples montés sur une cadre commun.

7
1) Remontée du filet triple WP2
après un trait vertical.

2) Système d'entrée du filet triple


WP2. Un débitmètre rSK est
fixé dans l'ouverture d'un filet
seulement. Nous considérons
que les volumes filtrés sont
égaux pour les trois filets.

3) Filet triple WP2 posé sur le pont entre deux stations. On aperçoit les deux systèmes
supérieurs (trois cercles) et inférieurs (trois collecteurs solidaires de l'étoile) et le
câble qui les relie.

Photos: 1 - 2 - 3
8
© G. Le FÏlre - Lehoïrff
Trait vertical, filet simple: les particularités dans l'équipement du
filet sont l'utilisation de collecteurs "à oreilles" et celles de trois
suspentes mises en place pour éviter que la force de traction ne s'exer-
ce sur le filet lui-même. Les "oreilles" se terminent par deux fenêtres
filtrantes circulaires. Elles permettent un écoulement partiel de l'eau
avant la collecte de l'échantillon pour éviter ainsi toute perte et par
conséquent une erreur quantitative. Les fenêtres sont fermées par des
disques constitués du même matériel filtrant que le filet (même vide de
maille). Pour une manipulation et un nettoyage faciles ils sont collés
sur des cercles de matière plastique de diamètre approprié et tenus en
position par des colliers de plastique qui se vissent sur les
extrêmités des "oreilles". Le collecteur lui-même est vissé par un
collier en plastique sur un manchon, attaché à l'extrêmité inférieure
du filet par un collier métallique. Les suspentes sont attachées à
leurs extrêmités supérieures au cercle, et attachées ensemble à leurs
extrêmités inférieures en formant une boucle qui est utilisée pour
attacher un poids de 25 kg, la à 15 cm en-dessous de l'extrêmité du
collecteur. Elles sont tenues le long du manchon de l'extrêmité
inférieure du filet par un second collier en métal. Leurs longueurs
entre ce collier et l'ouverture supérieure du filet doivent être
réglées légèrement plus courtes que le filet de telle manière qu'elles
supportent le poids. Ce réglage des suspentes se fait au moment du
gréement du filet, celui-ci étant suspendu verticalement sur un
portique.

Trait vertical, filet triple: l'idée de regrouper trois filets


identiques dans une même armature a été proposée par le professeur A.
BOURDILLON pendant un congrès qui s'est tenu à Roscoff en 1967. Il
s'agissait de résoudre le problème suivant, à savoir la nécessité de
récolter et de comparer deux types d'échantillons destinés l'un à la
mesure de la biomasse, l'autre au comptage des espèces. On ne peut
effectuer, le plus souvent, de division par le sous-échantillonnage
d'un seul échantillon, à bord, dans de bonnes conditions, ni effectuer
un double échantillonnage dans un temps très court, particulièrement en
milieu océanique profond. Le "filet multiple résoud ce problème, de plus
"un filet triple présente l'avantage d'être mieux équilibré dans l'eau
qu'un filet double. Les avantages d'utiliser un filet triple ne se
limitent pas à l'échantillonnage en milieu profond. On peut par exemple
l'utiliser pour effectuer 3 prélèvements simultanés pour une étude de
variabilité sur la même catégorie de prélèvements. On peut également
utiliser les trois échantillons pour trois types d'analyses différentes
(~ : biomasse, comptage et analyse biochimique). Le filet triple est
constitué de deux systèmes, un système supérieur d'ouverture et un
système inférieur. Le système supérieur d'entrée est formé de trois
cercles solidaires. L'ensemble est consolidé par des barres rigides,
tangentes extérieurement aux trois cercles et solidaires de ceux-ci. Le
système supérieur est attaché au câble du treuil par une patte d'oie à
4 brins. Un seul des trois filets est équipé d'un débit mètre; on
suppose que les "deux autres filets filtrent de la même manière. Le
système inférieur est constitué d'une étoile à trois branches (alliage
inoxydable) à laquelle les bases des collecteurs sont fixées par des
colliers de serrage. Cet assemblage rigide permet un maniement plus
aisé des collecteurs que dans le cas du filet simple. Les collecteurs
sont cylindriques avec une simple fenêtre carrée munie de matériel
filtrant, remplaçant les "oreilles" des collecteurs précédemment
décrits. Les collecteurs cyclindriques glissent sur les manchons
d'extrêmités des filets et sont maintenus par des colliers à vis dans
le système inférieur de l'étoile. Ce système inférieur supporte éga-

9
,
A - Le grand BONGO. Chaque filet est équipé d'un débitmètre TSK.

B - Mise à l'eau du BONGO. Un lourd dépresseur est choisi pour les


traits horizontaux. Le poids du dépresseur est choisi en fonction
de la vitesse de remorquage prévue.

10
lement le poids (par l'intermédiaire d'un mousqueton) sous le centre de
l'ét~ile et est rel~é au_système supérieur d'ouverture des filets par
un cable qui a le meme role que les 3 suspentes du filet simple. Il en
résulte que le filet triple est plus volumineux mais il est moins
susceptible de se renverser pendant les manipulations. Dans les eaux
côtières} fort courant, le maniement du triple est plus aisé, et
particulierement pendant le rinçage en intercalant un émérillon entre
le câble de traction et la patte d'oie. Ceci est à déconseiller quand
les efforts de traction sont très importants et irréguliers, ce qui est
le cas en trait horizontal ou en trait vertical en grande profondeur,
ce qui pourrait entrainer une rupture du câble.

Trait horizontal: on utilise des filets simples. La différence de


gréement avec les filets utilisés pour des traits verticaux est que
l'on n'utilise ni suspente, ni poids. Parfois un dépresseur est attaché
sous le cercle d'ouverture afin de maintenir l'horizontalité du filet,
pendant la traction quand la vitesse est assez rapide (plusieurs
noeuds).

Macroplancton (i.e. : en particulier les oeufs et les larves) : il est


pêché en utilisant une des versions du filet Bongo qui est un filet standard
utilisé dans les laboratoires des pêches. Il a été tout d'abord utilisé comme un
filet standard des programmes MARMAP et la description originale a été donnée
par Mac GOWAN et BROWN (1966). Des modifications ont été ensuite introduites et
décrites par SMITH (1974). Cet échantillonneur est utilisé uniquement pour des
traits obliques et horizontaux. L'engin est formé de deux tambours reliés par
une barre rigide. Deux filets sont fixés sur les tambours desquels ils pendent
librement sans structure rigide. Deux versions existent, le grand Bongo
(diamètre des tambours: 61 cm) et le petit Bongo (diamètre des tambours:
20 cm). Les deux sont équipés en routine de filets dont les vides de maille sont
505 ~m et 333 ~m. Pendant nos campagnes, seul le grand Bongo a été utilisé, muni
de filets de 475 ~m et 315 ~m de vide de maille. La taille (et le poids) du
depresseur a été choisie en fonction de la vitesse de traction prévue et des
conditions météorologiques. Le débit mètre T.S.K. utilisé pour le Bongo est le
même que celui du WP 2 •

Méthode de pêche : des traits verticaux et horizontaux font tous deux


partie de travail mené en station. Le lieu et l'heure sont des références de
routine de la station. Quelques caractéristiques de station, par exemple la
profondeur d'eau, cependant, peuvent changer rapidement surtout dans les eaux
côtières en fonction du cycle de marée ou de la dérive du bateau due aux
courants de marée. Nous tenons compte des procédures spécifiques au trait
vertical ou horizontal mais dans tous les cas et indépendamment du mode de pêche
certaines étapes doivent être suivies :

- lire l'indication du sondeur et le noter,


- mettre le débit mètre à zéro,
- mettre le chronomètre à zéro,
- dé~lencher le chronomètre au moment où le filet commence à pêcher et
lire l'heure (G.M.T.),
- arrêter le chronomètre quand la pêche se termine (moment où
l'ouverture du filet sort de l'eau) et noter ~a durée du trait,
- soulever l'engin suffisamment au-dessus de l'eau afin que les filets
soient copieusement rincés du haut en bas avec une manche a eau pour
entraîner tout le plancton dans le(s) collecteur(s),
- amener le ou les filet(s) sur le pont en maintenant le ou les
collecteur(s) en position verticale,

11
...•
~

-..
c
~


....
1

or
o
••
3:

Débitmètre TSK.
Quatre aiguilles indiquent le nombre de tours de
l'hélice (unités,dizaines,centaines,milliers).

Appareil de filtration MILLIPüRE.


( Photo extraite du catalogue Millipore ).

12
lire le débit mètre et noter le nombre de tours,
pencher les collecteurs pour concentrer le plancton, rincer les
fenêtres filtrantes avec soin une ou plusieurs fois pour être certain
de recueillir tout le plancton,
- transférer les échantillons des collecteurs dans les bocaux. A cette
étape, le rinçage des collecteurs et des fenêtres ou oreilles des
collecteurs est nécessaire une ou plusieurs fois encore. Les
échantillons de biomasses sont filtrés immédiatement (à partir du
collecteur ou du bocal). Les autres échantillons sont conservés dans
les bocaux, le plus souvent, par addition de formol (30 % - 40 % de
formaldehyde) égal à 10 % environ du volume de l'échantillon (pour
donner une concentration finale de 3 % - 4 % environ). Dans d'autres
cas, les échantillons peuvent être conservés avec de l'éthanol 70 %
par exemple,
- noter les références de l'échantillon (lettre, nombre, numéro de
série de la soie utilisée pour la filtration de la biomasse).
- rincer abondamment le(s) filet(s) et le(s) collecteur(s). De cette
manière les étapes décrites ci-dessus garantissent normalement un
échantillonnage quantitatif satisfaisant, et évite le plus possible
des erreurs de contamination entre échantillons récoltés
successivement,
- remettre en place les collecteurs sur les filets, ramener le débit
mètre à zéro et le chronomètre à zéro; ainsi, le matériel est prêt
pour la nouvelle station.

Pour un trait vertical (WP ou filet 80 \lm) la poulie compteuse est


2
mise à zéro quand le cercle d'ouverture est descendu et affleure la surface de
l'eau. Le filet est ~escendu jusqu'à 2-3 m a~-dessus du fond (longu~~r du
filet). Puis, la remontee du filet doit se faire a vitesse constante (1 ms )
comme le recommande l'UNESCO (1968). Il est essentiel de ne pas effectuer
d'arrêt pendant la remontée pour éviter une perte de récolte. Si celà arrivait,
par hazard, il faudrait jeter l'échantillon et recommencer entièrement au début.
Les traits horizontaux se font en général en utilisant une force de traction de
1. 5 à 2 noeuds pour le WP2 et 2-3 noeuds pour le Bongo. Il est important de
maintenir la vitesse de trait aussi constante que possible. Autrement, des
changements dans la profondeur de pêche et une perte de pêche pourrait se
produire. Les poids et les dépresseurs doivent être calculés en fonction des
conditions de travail.

Stockage des échantillons: aucune procédure spéciale n'est exigee pour


stocker les échantillons dans le formol ou dans l'alcool. Les ~chantillons de
biomasses sont stockés dans des congélateurs portatifs qui peuvent fonctionner
sur 220 volts C.A. ou 12 volts C.C. Ainsi les congélateurs peuvent-ils être en
marche, sans arrêt depuis le bateau jusqu'au laboratoire, même pendant un
transport par route.

METHODES UTILISEES AU LABORATOIRE

Les données sont obtenues sous des formes variées depuis les biomasses
en poids sec, la composition en carbone et azote organique, le nombre
d'individus; pour différentes catégories de taille d'organismes correspondant
aux différents filets utilisés. Toutes ces données quantitatives sont exprimées
relativement à un volume ou une surface donnée qui exige la connaissance du
volume d'eau filtré. Les débit-mètres utilisés sont de type T.S.K. (Tsurumi -
Seiki - Kosakusho) muni d'un certificat d'étalonnage. La formule donnée dans le
certificat d'étalonnage comprend un nombre de tours de l'hélice par seconde et

13
Analyseur CHN CARLO ERBA modèle 1106 muni d'un
échantillonneur pour 50 échantillons..

Intégrateur OP 110.

Photos:
© li. LI Fivrl- Llhoïrff 14
une constante. Pour une estimation du volume, il faut faire intervenir le temps
de trait et l'aire de l'ouverture du filet. La formule finale peut être résumée
ainsi :
,
v = S (aN + kt) ou
, 3
V est le volume d'eau filtree (~ )
S est la surface d'ouverture (m ) : ex. 2
0.25 m pour WP
N est le nombre de tours 2
test le temps de trait (secondes)
a est un facteur de proportionalité donné dans le certificat
k est une constante du même certificat

Données quantitatives globales: elles comprennent le poids sec (biomasses), la


matière organique totale, la composition en carbone et azote organiques. Toutes
ces variables sont obtenues par le même type de filet (le plus souvent 200 ~m)
que celui utilisé pour la récolte de l'échantillon destiné au comptage des
individus des différentes catégories taxonomiques. L'échantillon est filtré à
bord sur un filtre en nylon prépesé et numéroté. Pour éviter toute perte de
plancton le filtre est souvent d'une maille plus fine que le filet (100 ~m pour
une récolte avec un filet 200 ~m) mais la sélectivité de l'échantillon est celle
du filet et non du filtre, quand il est plus fin. Comme il a été mentionné
ci-dessus, le filtre et sa charge en plancton sont immédiatement congelés à bord
et gardés congelés jusqu'aux mesures de laboratoire. Elles comprennent plusieurs
étapes qui fournissent des expressions différentes du plancton total. Selon le
programme et les conditions de la mission seulement quelques-uns des paramètres
ont été mesurés. La première étape des mesures est la mesure du poids sec et a
été obtenue dans tous les cas. Dans les zones où la matière particulaire en
suspension est très abondante, il peut arriver qu'une importante fraction
minérale puisse entrainer un biais dans l'estimation du poids sec. Dans ce cas,
il est souhaitable de connaître la matière organique totale dans le poids sec.
Le carbone et l'azote organiques sont utiles pour l'étude des transferts le long
des chaînes trophiques. Ils ne peuvent être estimés dans le même échantillon que
la matière organique totale. Il est par conséquent souhaitable de faire les
mesures sur plusieurs échantillons ou sur des fractions d'un seul échantillon.
Dans' le dernier cas, la valeur du poids sec est utilisée comme référence pour
calculer à la fois la matière organique totale et le carbone et l'azote
organiques.

Poids sec: l'échantillon congelé est séché à 60°C pendant 48 heures,


refroidi et pesé avec une précision de : 0.1 mg avec une balance
Mettler. Le poids du filtre en nylon est soustrait pour obtenir la
valeur du poids sec.

Matière organique totale après la mesure du poids sec, le contenu de


matière sèche contenue sur le filtre est récupéré par grattage du
filtre et déposé dans un creuset. Toute la biomasse sèche n'est pas
retrouvée, une petite fraction étant restée sur le filtre. Une pesée
doit permettre de connaître la quantité exacte de matière sèche
contenue dans le creuset. Cette quantité est utilisée soit en totalité,
soit en partie pour l'estimation de la matière organique. La matière
sèche dans le creuset est brûlée dans un four dont la température
s'accroit par palier pendant 24 heures jusqu'à 550°C. Le four est
ensuite maintenu à cette température pendant 48 heures et refroidi par
palier pendant 48 heures. Le poids de la matière organique est la
différence entre le poids de matière sèche initiale et le poids de
cendres final.

15
Boite de MOrODA.

Pipette de Stempel dans un Deux pipettes de Stempel


ballon jaugé (250 mI). de 5 ml' et de l ml.

Photos:
© G.l. Hrre, Lehoërff 16
Carbone organique et azote organique: ils sont obtenus à partir d'un
poids sec connu de plancton par l'utilisation d'un analyseur C.H.N. Ce
type d'appareil permet d'analyser de très petite quantité de matière
sèche. L'échantillon est préalablement homogénéisé par broyage et une
petite quantité de celui-ci est pesée avec une microbalance. Cette
fraction est oxydée par combustion à haute température (environ 1000°C)
en utilisant un catalyseur. Les gaz résultant sont ensuite réduits à
température p~us basse (400°C ~ 7~0°C), pUis,séparés (N , CO , H 0) sur
2 2 2
une colonne a chromatograph1e a une temperature encore plus faible
(100°C: 10°C). Ils sont enfin détectés par un système sensible aux
variations de conductivité thermique, le signal est enregistré et est
visualisé sous forme de pics. Les valeurs obtenues sont
proportionneilles à l'aire sous les pics et sont automatiquement
calculées par un intégrateur. Les résultats obtenus sont cependant
relatifs et doivent être calibrés par l'analyse d'échantillons de
références constitués d'une quantité précise de substance organique pur
et de composition élémentaire connue (i.e. acétanilide). Deux types
d'analyseurs ont été utilisés, un Hewlett Packard modele 185 Bavant
1984 et un Carlo-Erba modèle 1106 après. Les deux utilisent un flux de
gaz inerte (hélium) à travers le circuit d'analyses mais ils diffèrent
par un certain nombre de détails techniques. Dans l'analyseur
Hewlett-Packard par exemple, les échantillons sont déposés dans des
nacelles d'aluminium avec le catalyseur (MnO). Dans l'analyseur Carlo
Erba, les échantillons sont introduits dans des capsules de métal
oxydable (étain) qui sont brûlés avec leur contenu. Le calalyseur est
d~fférent (CR 0 ) et est contenu d~ns une partie du circuit d'analyse
2 3
ou les gaz chauds sont entraines. Dans les deux appareils, des
échantillons standard ont été analysés mais aussi des blancs par
exemple dans le Hewlett Packard deux ou trois analyses de Nacelles
contenant uniquement le catalyseur permet de vérifier qu'il ne contient
pas d'azote ou une quantité infime. Pour le Carlo-Erba, parfois utilisé
pour doser le phytoplancton sur filtre en fibre de verre une
vérification dans le même souci peut-être faite en analysant une partie
de filtre seul. Dans tous les cas des précautions rigoureuses doivent
être prises pour éviter toute contamination des échantillons par un
apport extérieur de matière organique. Ainsi, il est nécessaire de
nettoyer les nacelles d'aluminium préalablement aux pesées avec de
l'éthanol et de les stocker avant usage dans un four à 400°C. Des
mesures identiques doivent être prises avec chaque instrument
(spatules, pinces) nécessaire aux manipulations des échantillons qui ne
doivent jamais venir en contact avec les mains. Ne pas fumer est, bien
entendu, absolument indispensable.

Analyse taxonomique: elle consiste dans l'examen de l'échantillon ou d'une


partie de l'échantillon sous loupe binoculaire (ou stéréomicroscope) pour
identifier les catégories taxonomiques (les espèces si cela est possible dans
chaque catégorie). Ce travail est fait sur les échantillons formolés, récoltés
avec des filets différents (80 ~m, 200 ~m, 315 ~m, 515 ~m). Avant que cette
analyse soit entreprise (de quelques jours à plusieurs mois après la récolte),
l'examen des échantillons à l'oeil nu, à bord même, peut parfois apporter des
informations avec possibilité éventuelle de modifier une stratégie
d'échantillonnage au cours d'une mission en tenant compte des résultats. Ceci
peut se faire à bord, par un spécialiste entrainé. Ce n'est pas fréquent. On
peut aussi envisager un examen immédiat des échantillons avec une loupe à bord
mais cela n'a pas été possible dans les missions décrites ici, effectuées sur
des petits bateaux parfois sans laboratoire suffisant mais surtout sans
stabilité suffisante pour ces travaux.

17
Loupe binoculaire (ou stéréomicroscope) WILD MS·

Cuve de DüLLFUS.
Elle comporte 200 carrés
de S mm de côté.

Photos:
© G. Le Fine Lehoïrlf 18
Sous-échantillonnage: la taille du prelevement varie selon l'endroit
et le moment. La plupart des échantillons sont trop abondants pour que
tous le~ individus soient comptés. Il est par conséquent nécessaire de
faire des sous-échantillons correspondant à une fraction connue de
l'échantillon total. Différentes techniques sont utilisées pour cela
entre lesquelles le choix dépend des caractéristiques de l'étude en
cours. Le sous-échantillonnage peut être évité si l'abondance est
rapportée à une échelle "subjective" (cf. FRONT 1ER ,1969). Ceci aide
considérablement l'analyse alors plus rapide, mais ce procédé est
surtout valable si tous les échantillons peuvent être comparés par un
même spécialiste. Mais, dans la mesure où les études décrites ici
s'étendent sur un grand nombre d'années, concernent plusieurs zones
géographiques et pour lesquelles les comptages sont effectués par
plusieurs personnes il a semblé nécessaire d'utiliser une méthode de
comptage "standard" qui utilise des méthodes de sous-échantillonnages
simples, comme la boîte de Motoda, le Folsom splitter et la pipette de
Stempel.

La boîte de Motoda et le Folsom splitter divisent tous les deux


l'échantillon en deux moitiés. Une des deux moitiés peut, à son tour,
être di visée en deux et ainsi de sui te jusqu'à "n" divisions, et un
sous-échantillonnage de 2 n • Le principal inconvénient est que la
division n'étant jamais parfaite, chaque division entraine une erreur
qui va croître exponentiellement. La technique est cependant acceptable
pour les petits échantillons qui seront, par conséquent, peu divisés.
Ceci a été assez souvent le cas dans nos études, puisque un trait
verti~al dans les e~ux cô!ières correspond souvent à un vol~me d~eau
filtree variant de 2 a 10 m et ne requiert pas un facteur eleve de
sous-échantillonnage.

Pour l'utilisation de la pipette de Stempel, l'échantillon est d'abord


dilué dans un volume connu d'un flacon. La pipette (qui est en fait une
seringue à piston), est ensuite utilisée pour prélever une fraction de
volume déterminé (1 ml, 5 ml ••• ), après avoir homogénéisé le plancton
en suspension. La seringue de 5 ml est couramment employée, ce qui
donne un fractionnement de 1/50 quand l'échantillon a été ajusté à
250 ml. On peut répéter la même procédure plusieurs fois (en
additionnant des fractions élémentaires). Mais le procédé devient long
et peu pratique. La pipette de Stempel a été utilisée pendant nos
travaux, essentiellement pour prélever, en une seule fois, une très
petite fraction d'un échantillon très abondant. Ceci a été le cas pour
faciliter le comptage des noctilu9uJs (dinoflagell~s) à Gravel~nes
quand les abondances atteignent, en ete par exemple, 10 individus/m.

Comptage : la fraction à compter est placée dans une cuve de Dollfus,


qui est une cuvette en verre rectangulaire dont le fond est divisé en
200 carrés (10 lignes, 20 colonnes), les carrés ont 5 mm de côté et ont
des bords en relief. Ces caractéristiques permettent aux organismes
d'être repérés dans un carré donné de la cuvette. Le comptage se fait
facilement en examinant les carrés ligne après ligne, ou colonne après
colonne, toujours dans un ordre fixé au début du comptage. La
fourchette de confiance pour les erreurs de sous-échantillonnages
devient plus étroite quand le nombre d'individus comptés pour une
espèce-donnée augmente. Un compromis doit être cependant trouvé entre
la nécessité de faire des estimations précises, ce qui demande le
comptage de nombreux individus et le temps qu'il est indispensable de
fournir pour ce comptage. FRONT 1ER (1972) a montré qu'un compromis
raisonable était trouvé quand 100 individus étaient comptés pour une

19
Pa,acalanus Pseudocolanus Clausocalanus Ctenocalonus
norvvs elonaotus .p. .... cnus
1 1

~
l'

~ • ~~ •

~ ~ I~.~ ~
.// --</_/-

db,
Re3

f1 q
82
~ d '0
Re3 Comm. P2 Comme P2 Comme '2
l
~~"'"
10<=

Clé de détermination
des
Para-Pseudocalanidae
communs en Manche
~
82

Re3
Comm. '2

Com",. '2 & "3


Comme '2

Comm. P2 &. .P3


"d" Comme P2 & ft
3
Comm. P2

Comme P3

et Atlantique. Les
critères morphologi-
ques utilisés sont les
pattes natatoires.
~
82
Comme '2 &. P3 Com,,,. P2& P3 Ç\ Comme P2 & P3

~ ~
9: la f
\ ~
[Link].
(D'après Le Fèvre J. d'une P s (fig.3J
esl une anomalie. 9
197r)·
~
~!J ~ d'( ~ clpr.'GleSUECHT~~
figure d'o-
d'
aBd'

NIVE AU TRAVAUX A EFFECTUER

DETERMINATION DE CHAQUE ESPECE

CUVE DE DOLLFUS
1
COMPTAGE SELECTION DE
(tous stages confondus) 30 à 50 individus
de chaque espece
1
1 1
SALIERE DETERMINATIOI~
DES BIOMETRIE DU
STADES DE DEVELOPPEMENT CEPHALOTHORAX

COMPTAGElpAR STADE 1
1
1-. ----r-l- - - -
REMPLISSAGE DE LA ê! MPLISSAGE DE LA
STOCKAGE FEUILLE DE COMPTAGE FEuILLE DE DONNEES
DES DONNEES 1 1
1
REMPLISSAGE DES BORDEREAUX
"PRELEVEMfNT BIOLOGIf"

1
EXPLOITATION DES LISTING Of DONNEES
RESULTATS

1
TRACES DES COURBES ET DES HISTOGRAMMES

20
catégorie taxonomique donnée. Le sous-échantillon nécessaire àce
comptage est par conséquent d'autant plus petit que l'espèce est plus
abondante. Les sous-échantillons les plus petits doivent donc être
comptés les premiers, puis les sous-échantillons de plus en plus
grands. Le comptage peut être fait, pas à pas, jusqu'à ce que le seuil
pour chaque taxon soit atteint, les espèces rares étant comptées dans
l'échantillon total. Cette procédure scrupuleusement suivie demande
encore trop de temps dans le cas de nos missions où un très grand
nombre d'échantillons doit être exploité dans un temps déterminé et
limité. Les espèces les plus abondantes, celles de plus grand intérêt
écologique, sont par conséquent comptées en appliquant strictement la
méthode de FRONTIER, les autres espèces dans des fractions variables
(1/2, 1/4, 1/8 ••• ). L'échantillon total est examiné à l'oeil nu et au
binoculaire, mais rapidement pour repérer et compter les individus
rares mais de grande taille: Mysidacés, larves de Poissons,
Chaetognathes, qui représentent une large biomasse ou apporte une
information quantitative supplémentaire. Le désavantage de cette
méthode est que les espèces rares et très petites peuvent ne pas être
vues. Quand elles sont repérées cependant en nombre très faible dans un
grand échantillon, l'estimation quantitative est mauvaise et il est
parfois préférable de donner les résultats sous forme de présence et
absence (+, -). Pour les organismes dont l'estimation quantitative est
possible, le nombre dans l'échantillon est obtenu en multipliant le
nombre compté par le facteur de fractionnement et le résultat est
ensuite donné en unité de volume ou de surface.

De temps en temps, on trouve dans la cuvette de comptage des individus qui ne


peuvent être identifiés immédiatement. Ces individus sont prélevés et mis de
côté pour les déterminer après le comptage ; ensuite ils sont examinés au
microscope et disséqués si nécessaire en utilisant des clefs de détermination.
Un problème particulier a été posé, par exemple, pour la détermination des
copépodes des familles Paracalanidae et Pseudocalanidae qui sont toujours très
abondants dans les échantillons dont les espèces (i.e. Paracalanus parvus,
Pseudocalanus minutus, Ctenocalanus vanus et ClausocaIanus sp. dans la région
consideree et les deux premiers vraiment tres communs) sont presque impossible à
distinguer sous loupe binoculaire (sauf pour un spécialiste très entrainé à ce
type de détermination). Leur identification est un travaii long et fastidieux
qui ne peut concerner tous les individus. Cependant, on peut obtenir quelques
informations compte tenu de l'abondance de certaines espèces qui ont des
caractéristiques écologiques différentes, et pour lesquelles le comptage de la
somme totale n'a pas de sens. Le groupe Para-Pseudocalanidae est identifié selon
les critères décrits par J. LE FEVRE (1971). Dans un premier temps, l'ensemble
des espèces est compté comme un taxon dans un comptage de routine. Les 30 ou 40
premiers individus sont prélevés dans l'ordre où ils sont rencontrés sans
sélection, sont examinés au microscope puis déterminés grâce aux critères
morphologiques des pattes natatoires. Les espèces, les sexes et leur stade de
maturité (femelles ovigères) sont distingués. Dans l'ensemble du comptage de
l'échantillon tous les organismes ne sont pas déterminés au niveau de l'espèce
mais parfois au niveau du genre ou même de la famille ou groupe; ce niveau de
détermination d'un individu n'est pas toujours fonction de son importance dans
l'écosystème. Malheureusement, force est de constater qu'un individu peut être
déterminé avec peu de précision pour la seule raison de la difficulté et du
temps de travail. Il peut y avoir un compromis entre qualité de l'information
fournie et du temps exigé pour l'obtenir.

Etude de la dynamique de population des copépodes : elle utilise les


échantillons récoltés au filet de 80 ~m (vide de maille). Trois espèces
considérées comme importantes sont étudiées : Temora longicornis, Centropages
hamatus et Acartia clausi. Comme pour le comptage taxonomique les échantillons

21
Biomètrie du
cephalothorax de
Temora longicornis
vu dans le plan
longitudinal, face
dorsale.

11I1lluJuullll
Il unité micrométrique

Stades de développement de 3 espi!ces de Copépodes Temora ~o7ZgicornisJ Centropages hanatus J Acart'ia cZausi.

·· ,
c
~ Critères de selection Rual"qun
Exuple ~ longicornis

..·-..
c
Descriptif
~

.~ ."

- Sexes non - Tous les appendices de la


distingués région c:éphal ique sont
presents,
- developpuent du thorn par
.uu successives avec uni
nouvelle paire de pattes
i ehaqllf: fois.

a) nubre de uQunts f segunt génital peu renflé, ~ et ~. les sexes sont dis-
abdo_illaux •

..'
tinguables.
>.-<~ ~ d~but du renfluent du
t,--..:"-.J
b) [Link]. de uturi té du seg-
unt génital i (ter stg-
_ent [Link]).
\iL- . geni tal.
a- apparition de la dissy-
.4Îtrie de la P5 droite.

t) différenciation eorpho- segunt génitll renflé


logique de la PS ri et de lu ,aractères adultes
hl AI rf (Al droite). ri Diss.,~itrie de la PS s' accentuent.
lilrquu.

Adulte ug..nt géni tal tr!s ,.en- ~ segu~t génital t,.!S


flé. ~''"\~ t'enfle,
8" diss.,létrie trts nttte
Adulte d' PS coaphtu. "-.,..~ de la P5 et de ll.1
dl \ . (droites).
.~
.i et ~ état d~finitif de ~ et ~ - 1: individu .il tet'Ii·
11 individu. sa croissace.

i, SARS (I903) - KRAEFFT (1910) - GAUOY (1962) Légende ~. feulle

22
sont vus sous loupe binoculaire, dans une cuve de Dollfus. Les 30 ou
40 individus de chaque espèce sont comptés par stade (copépodites et adultes) et
leur céphalothorax est mesuré, en utilisant un micromètre oculaire. Les
résultats sont extrapolés à tous les individus de la population de l'échantillon
de la même façon que pour l'analyse taxonomique des Para-Pseudocalanidae. Ce
travail fournit des données qui peuvent servir aux études de dynamique de
population depuis l'analyse des variations dans le temps de la structure de la
population d'une espèce donnée, la reconnaissance des générations ou cohortes,
leur temps de renouvellement, l'influence des facteurs d'environnement sur la
taille et la durée de l'intermue, ceci dépend de la qualité des données et de la
fréquence des prélèvements.

Traitement des données et stockage : toutes les données (biomasses, composition


élémentaire et spécifique, stades comptés) sont exprimées par unité de volume ou
par unité de s~rface (pour des traits verticaux). La référence de l'unité de
volume est 10 m pour une, analyse taxonomique (pour eviter des nombres
fractionnaires pour les especes rares) et le m pou r les au t r e s t y p es de
données. On utilise les formules suivantes pour un taxon compté :

NV = ni x fi x lO/V

NS = ni x fi x h/V
, 3
ou N V est le nombre d'individus par unité de volume (10 m )
N 2
est le nombre d'individus par unité de f;lurface (m )
S
n est le nombre d'individus comptés pour le taxon i
i
fi est le fractionnement correspondant

V est le volume filtré (m 3 ) calculé comme i l a été indiqué précédement

h est la hauteur de la colonne d'eau (sonde, m)

Les données sont enregistrées sous une forme normalisée, pour être
stockées et exploitées par ordinateur afin de fournir des tableaux, des figures
••• Les données taxonomiques sont entrées dans un certain ordre, sous forme de
code alphanumérique faisant référence au genre et à l'espèce (e.g. TEMO LON pour
Temora longicornis) et ceci pour les comptages spécifiques ou-tous les stades
sont confondus. Le code est modifié pour archiver les données de dynamique de
population ~~ TEMO 002 pour le stade copépodite 2 de Temora longicornis) et
l'espace prevu permet de noter la longueur du cephalothorax correspondante. Les
graphes et les histogrammes peuvent être obtenus automatiquement et tracés.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Cie, Paris, 200 p.

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