Cours de Fiscalité des Entreprises
Cours de Fiscalité des Entreprises
La fiscalité est un domaine vaste et complexe qui concerne à la fois les activités des particuliers et
des entreprises. En outre, ces dernières sont concernées à plusieurs titres : imposition du chiffre
d’affaires (TVA), des bénéfices etc.…
Les deux principales autres branches de la fiscalité, c’est-à-dire la TVA et l’impôt sur le revenu
des personnes physiques, sont étudiées en M1 gestion, même si « l’opposition entre fiscalité des
ménages et fiscalité des entreprises est largement factice, notamment parce que les impôts sur les
sociétés sont payés soit par les actionnaires, soit par les salariés, soit par les clients, c’est-à-dire en
toute état de causse par des ménages2. »
PLAN PAGES
Chapitre 1 Classification fiscale des entreprises 3
Section 1 Quand les comptables… 3
Section 2 La semi-transparence fiscale 5
Section 3 Le régime de l’IS 9
Chapitre 2 Détermination du résultat fiscal 13
Section 1 Calcul du résultat imposable 13
Section 2 Le régime des PV et MV 29
Chapitre 3 L’IS 45
1
Quelle politique fiscale pour l’entreprise ? 43 Propositions de l’Ordre des Experts Comptables, 09/2004 p.2
2
Document d’orientation sur les évolutions de la politique fiscale, Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce,
aout 2008, p. 9
La France, comme de nombreux pays, opère une distinction entre deux régimes d’imposition des
sociétés :
Quel que soit le régime, le résultat fiscal (RF), qui sert d’assiette à l’impôt est en principe déterminé à
partir du résultat comptable de l’entreprise. Ce choix de la connexion entre comptabilité et fiscalité,
qui est aussi celui de la plupart des États-membres de l’Union européenne, est dicté par le constat que le
résultat comptable apparaît comme le meilleur moyen d’appréhender la richesse produite par
l’entreprise.
Mais, « bien qu’ayant viscéralement besoin de la comptabilité, le droit fiscal a ses propres
exigences…et marque son autonomie en retenant parfois des règles différentes pour des motifs qui lui
sont propres3 ».
Dès lors ces deux résultats (fiscal et comptable) correspondent rarement en raison de règles comptables
et fiscales parfois divergentes et les entreprises sont obligées d’effectuer un certain nombre de
retraitements de leur résultat comptable afin d’établir leur résultat fiscal. Il en est ainsi en matière de
territorialité de l’impôt. Par ailleurs, certaines charges enregistrées en comptabilité (comptes de la classe
6) ne seront pas admises en déduction au niveau du résultat fiscal, car le législateur ne leur reconnait
pas d’utilité sociale. Il conviendra donc de procéder à une réintégration fiscale ou extra-comptable,
c'est-à-dire ne faisant l’objet d’aucune comptabilisation dans les livres de l’entreprise (ex :
amortissement des véhicules de tourisme pour la fraction du prix d’achat supérieurs à 18 300 euros,
rémunérations exagérées...). Inversement, certains produits comptables ne seront pas imposés
fiscalement (ex: charges à étaler; charges différées) ou le seront à des taux réduits (Plus-Values à Long
Terme). Il conviendra donc de les retrancher, c’est-à-dire de procéder à une déduction fiscale ou extra-
comptable.
La France retient donc, comme la plupart des pays de l’UE, mais à la différence des Etats-Unis
et du Royaume-Uni, une connexion forte entre la comptabilité et la fiscalité. D’ailleurs, les
liens entre la comptabilité et la fiscalité sont si étroits qu’il est parfois difficile de savoir
laquelle influence l’autre.
3
De Bissy A. (2007), « La sanction de la comptabilité par la fiscalité », Revue de Droit Fiscal n°44-45, novembre, p.9
4
Cette charge qui diminue le résultat comptable ne peut diminuer le résultat fiscal
5
« les entreprises doivent respecter les définitions édictées par le plan comptable général, sous réserve que celles-ci
ne soient pas incompatibles avec les règles applicables pour l’assiette de l’impôt »
Imposition des bénéfices Page 2 sur 88
La connexion fiscalo-comptable, même imparfaite, simplifie la vie des entreprises et leur assure une
certaine sécurité dans leurs rapports avec l’administration fiscale.
L’ampleur de ces corrections extra-comptables (opérées hors comptabilité) varie en fonction des pays.
En France, il existe aujourd’hui prés de 180 divergences entre le résultat comptable et le résultat fiscal,
qui sont en général communes aux deux régimes d’imposition et seront analysées en détail dans le
chapitre 2. Elles apparaissent sur un état de rapprochement appelé tableau de détermination du RF (n°
Cerfa 2058-A joint en annexe 1) qui fait partie de la « liasse fiscale » à transmettre au service des
impôts.
On peut néanmoins illustrer la situation à l'aide du schéma suivant :
REINTEGRACTIONS 30
+
DEDUCTIONS 10
-
NB : la zone grisée ne concerne que la fiscalité et ne fait pas l’objet d’enregistrements comptables.
Les divergences entre le résultat comptable et le résultat fiscal s'expliquent aisément : la comptabilité a
pour objectif de retracer la situation financière de la société en conformité avec la réglementation
comptable, c'est-à-dire le code de commerce et le PCG alors que la fiscalité est l'expression d'une
politique (redistribution des revenus, financement des services publics…) codifiée au Code Général des
Impôts en France, à l’Internal Revenue Code aux Etats-Unis, à l’Income and Corporation Taxes Act au
Royaume-Uni, à la Loi fédérale sur l’impôt fédéral direct en Suisse….. Chaque poste comptable doit
donc être soumis à un examen fiscal, ce qui alourdit les formalités des entreprises. Cette pression de la
fiscalité est à ce point importante qu'elle incite souvent les comptables à raisonner en fiscaliste dès
l’établissement du résultat comptable. Cette contamination fausse la vision que le lecteur des comptes a
de l'entreprise. Les deux techniques (comptable et fiscale) doivent demeurer distinctes. D’ailleurs, « au
Etats-Unis comme dans la plupart des autres pays, à l’inverse, les comptes fiscaux (tax accounts)
différent radicalement des comptes publiés en US GAAP…les normes US GAAP ne s’imposent stricto
sensu qu’aux sociétés cotées, même si, dans la pratique, de nombreuses autres entreprises les
appliquent6 »
6
Véron N, Autret M. et Galichon A. (2004), « L’information financière en crise », Odile Jacob, mai, p98 et 112
Ce régime, qui est celui des entreprises individuelles, s’applique également de plein droit aux sociétés de
personnes (principalement les Sociétés en Nom Collectif) et sur option aux SARL dites « de famille »
(i.e. formées uniquement entre les membres d’une même famille).
II Modalités d'imposition : l’impôt est réclamé non pas à la société mais à ses associés !
La fiscalité des sociétés de personnes est basée sur le principe de translucidité. Cela signifie que la SDP
est un sujet fiscal qui réalise le résultat fiscal sans être redevable de l'impôt dû sur ce résultat, les associés
étant personnellement soumis à l'impôt pour la part des bénéfices correspondant à leurs droits dans la
SDP.
En effet, dans ce régime codifié à l'article 8 du CGI, la société n’est pas imposée et aucun impôt sur les
bénéfices ne sera établi en son nom. Par contre, les associés supportent personnellement l’impôt sur le
revenu (IR) en proportion de leur part dans les bénéfices fiscaux de l'entreprise, même si les bénéfices ne
leur ont pas été distribués. Ainsi, le droit fiscal ne voit pas les entreprises individuelles et les sociétés de
personnes, il ne voit que leurs propriétaires.
ETAPE CONTENU
N°1 La société détermine tout d’abord son RF sur l’état 2058, comme toutes les entreprises. Ce
RF sera ensuite transmis à l’administration fiscale;
N°2 Puis ce RF est réparti fictivement (il n'y a aucun flux monétaire à ce stade) entre les associés
au prorata de leurs droits résultant du pacte social (c’est-à-dire en fonction de leur part dans le
capital) afin qu'ils puissent mentionner cette quote-part du RF sur leur déclaration de revenu
n° 2042, dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Ce montant
s'ajoute aux éventuels autres revenus dont le foyer fiscal de l’associé a pu disposer durant la
période (Traitements et Salaires par exemple si le conjoint de l'associé est salarié, Revenus
Fonciers si le foyer fiscal dispose de biens immobiliers qu'il donne en location…), pour
constituer le revenu imposable;
N°3 Chaque associé sera ensuite individuellement soumis à l’impôt sur le revenu pour la totalité
de son revenu imposable (qui inclut donc sa quote-part du RF déterminée ci-dessus), même si
cette part est différente de ce qu’il a effectivement perçu de la société (en raison des bénéfices
mis en réserves par exemple).
En vertu de la semi transparence fiscale, les bénéfices ne sont taxés qu'une seule fois, au nom des
associés. L’impôt sur le bénéfice de la société constitue donc une charge personnelle des associés et ne
donne lieu à aucun enregistrement comptable dans les livres de la société.
III Schéma
Une SNC est constituée entre trois associés qui se répartissent ainsi le capital :
= 80 30
DEDUCTIONS
10
associé A associé B
30%*100 = 30
Déclaration des revenus N, catégorie
BIC : 50%*100 = 50
Schémas d'imposition
(1) Le bénéfice net des entreprises n'ayant pas adhéré à un CGA/AGA est multiplié par 1,25
Sources : « Objectif entreprise », 12° édition 2007, Le Régime social des indépendants, WWW.le-rsi.fr
IV Avantages et inconvénients
A) Inconvénients
1) La totalité des bénéfices de la société est taxée à l’impôt sur le revenu des
associés même si il est laissé à la disposition de la société. Or le barème progressif de l'IR prévoit un taux
de 40% pour la tranche des revenus 2007 les plus élevés, appelé taux marginal d'imposition, auquel il
convient d’ajouter les 11% de CSG et CRDS.
Dans une entreprise fortement bénéficiaire, les profits sont majoritairement imposés aux taux les plus
élevés du barème de l’IR des associés, qui peuvent atteindre 40 %. Pour régler cet impôt, les associés
seront contraints de prélever tout ou partie de la somme correspondante sur la trésorerie de la société, ce
qui diminuera d’autant les fonds disponibles pour financer l’exploitation et les investissements.
Ainsi, lorsque la société est largement bénéficiaire, les revenus seront taxés au delà de 51%, ce qui est
plutôt dissuasif, notamment par rapport au taux de l'IS (voir la section 3 ci-dessous).
C’est la raison pour laquelle, dans certains pays, le régime de la semi transparence fiscale n’existe pas ou
bénéficie d’aménagements. Toutes les sociétés belges, par exemple, sont soumises à l’IS. En Italie, les
contribuables peuvent décider d’échapper au taux marginal du barème progressif de l’IR et choisir un
taux proportionnel de 36%, équivalent à celui de l’IS. Il en est à peu près de même en Allemagne. Mais
rien n’est prévu pour les entrepreneurs français, malgré les nombreuses demandes en ce sens.
B) Avantages
1) En cas de faibles bénéfices, ces derniers seront taxés au niveau des associés aux
taux les plus bas du barème de l'IR.
Illustration :
Prenons le cas d’une société mère SM détenant 100% du capital d’une filiale F. Le résultat fiscal de la
première est positif de 100 et celui de la seconde en perte de 100. Nous allons calculer l’IS (au taux de
33.33%) de la SM selon les deux hypothèses suivantes :
- dans la première hypothèse la filiale F est une société soumise à l’IS (par exemple une SA) ;
- dans la deuxième hypothèse la filiale F est une société semi-transparente, par exemple une SNC.
Dans les deux hypothèses, la filiale F n’a pas d’impôt à payer puisqu’elle est en perte.
7
sous réserve des restrictions concernant les déficits commerciaux non professionnels pour les activités créées à compter du
1er janvier 1996
Filiale
RF = - 100
Observations :
- dans la première hypothèse, la perte de F reste cantonnée au niveau de la filiale. SM supporte un IS de
33 alors que le résultat du groupe formé par SM et F est égal à 0.
- dans la seconde hypothèse, la perte de F remonte fiscalement au niveau de SM et s’impute sur le
résultat de la société mère de sorte que le résultat fiscal de SM est égal à 0, de même que l’IS. Le groupe
économise ainsi 33 d’impôt.
NB : le raisonnement est le même lorsque l’associé de F est une personne physique (C.F. II ci-dessus).
V Conclusion
Le régime de la semi-transparence fiscale est efficace uniquement pour des entreprises de petite taille
faiblement bénéficiaires, ou à l'occasion du lancement d'une nouvelle activité génératrice de pertes lors
des premières années d'activité.
I Qui est soumis à l’impôt sur les sociétés (IS) ? Les sociétés de capitaux
A) Cas général
Obligatoirement - les SA
- les SARL
- les SAS
- les Sociétés en Commandite par Action (SCA)
Sur option Les SNC peuvent opter pour l’IS. Il en va de même, à partir de 2011, pour
l’entrepreneur individuel à responsabilité limité (EIRL), ce qui constitue
une véritable révolution.
Nb : Jusqu’à présent, l’entrepreneur individuel, qui souhaitait protéger son patrimoine personnel et
limiter la taxation des profits réalisés, était contraint de créer une personne morale engendrant ainsi de
nouvelles obligations et contraintes. La possibilité désormais ouverte à l’entrepreneur individuel à
responsabilité limité (EIRL) d’opter pour l’IS vise à unifier le régime fiscal applicable aux
entrepreneurs, indifféremment de la forme juridique adoptée.
L’article 9 de la Loi de Modernisation de l’Economie de 4 aout 2008 crée un cadre fiscal favorable aux
sociétés « en amorçage », c'est-à-dire créées depuis moins de cinq ans. Comme c’est le cas aux Etats-Unis
(dispositif appelé « Subchapter S », destiné aux sociétés de capitaux, qui permet aux actionnaires d’être
imposés à l’impôt sur le revenu en leur nom personnel tout en conservant une responsabilité limitée à
leurs apports), l’entrepreneur pourra combiner un régime de SARL (i.e. une responsabilité limitée aux
apports) et une imposition sur les résultats au niveau de ses revenus propres.
Ce régime hybride de transparence fiscale permettra notamment à l’entrepreneur d’imputer
immédiatement sur ses autres revenus les déficits professionnels de début d’activité, l’entreprise
redevenant passible de l’impôt sur les sociétés lorsqu’elle devient profitable. Cela signifie que l’État
s’engagera aux côtés des créateurs d’entreprise les cinq premières années, en assumant sa part des risques
comme il prélève sa part des bénéfices. Il s’agit là d’une innovation très importante (source : projet de loi
n°908, p.258).
* Forme sociale : L'option est réservées aux SA non cotées, aux SARL et aux SAS. Les autres
sociétés relevant de l'IS sont exclues de l'exonération.
* Date de création de l'entreprise : seules les sociétés créées depuis moins de cinq ans sont
autorisées à exercer l'option. Elle est valable pour une période de 5 exercices, sauf renonciation notifiée
dans les trois premiers mois de la date d'ouverture de l'exercice à compter duquel la renonciation
s'applique.
* Activité de la société : la société en cause doit exercer à titre principal une activité
industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale ;
* Taille de l'entreprise : elle doit employer moins de cinquante salariés et réaliser un chiffre
d’affaires annuel ou un total de bilan inférieur à 10 millions d’euros au cours de l’exercice (il s’agit de
la définition des très petites entreprises, au sens communautaire) ;
* Détention du capital social : le capital et les droits de vote doivent être détenus :
- à hauteur de 50 % au moins par une ou plusieurs personnes physiques ;
- à hauteur de 34 % au moins par une ou plusieurs personnes ayant, au sein des sociétés
concernées, la qualité de président, directeur général, président du conseil de surveillance, membre du
directoire ou gérant.
En outre, l'option doit être exercée avec l'accord de tous les associés. Elle est notifiée au service des
impôts dans les 3 premiers mois de l'exercice au titre duquel elle s'applique.
II Modalités d’imposition
Dans le régime précédent de la semi-transparence fiscale, le fisc ne cherchait pas à imposer la société,
mais seulement les associés. En revanche les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés ont la
personnalité morale en droit fiscal : elles supportent l’IS sur l’ensemble de leur résultat fiscal. Il constitue
donc une charge pour la société, à enregistrer en comptabilité à la clôture de l’exercice au titre duquel il
est dû.
En outre, lorsqu’une distribution de bénéfices (prélevés sur le résultat net comptable c’est-à-dire après IS)
est décidée, chaque associé est à son tour imposé à l’IR, dans la catégorie des Revenus de Capitaux
Mobiliers (RCM), sur les dividendes reçus, selon un dispositif particulier.
DEDUCTIONS
10
90+40-10 = 120
IS = 120*33,33 % (1) =
40
à comptabiliser en charge
dans la société
Distribution de Réserves 20
dividendes 30
A = 15 B= 9 C= 6
Ces sommes sont à mentionner sur la déclaration de revenus (n° 2042) N+1 dans la catégorie Revenus de
Capitaux Mobiliers, et s’ajoutent aux autres revenus perçus par le foyer fiscal en N+1.
(1) taux de base pour simplifier
Sources : « Objectif entreprise », 12° édition 2007, Le Régime social des indépendants, WWW.le-rsi.fr
Il apparaît que le résultat distribué a fait l’objet de deux prélèvements fiscaux, l’un au niveau de la société
(IS), l’autre au niveau de l’actionnaire (IR/RCM). Afin d’atténuer cette double imposition, la plupart des
pays ont mis en place des mécanismes particuliers, souvent fort différents. En France, un abattement de
50% puis 40% du montant imposable a remplacé à compter de 2005 le mécanisme fort complexe de l’AF.
Les réintégrations et déductions à opérer à partir du Résultat Comptable pour obtenir le Résultat Fiscal
sont sensiblement identiques, qu’elles concernent une société relevant du régime de la semi-transparence
fiscale (IR/BIC) ou une société soumise à l’IS. C’est pourquoi nous les traiterons simultanément, en
distinguant s’il y a lieu celles qui sont particulières au régime de l’IS ou de l’IR/BIC.
RAPPEL. En France, comme dans la plupart des pays européens, le Résultat Fiscal est déterminé à
partir du résultat comptable, ajusté pour tenir compte des règles fiscales particulières, de la manière
suivante :
Le principe de connexion entre les règles comptables et les règles fiscales résulte de l'article 38 quater
de l'annexe III au code général des impôts selon lequel « les entreprises doivent respecter les définitions
édictées par le Plan comptable général, sous réserve qu’elles ne soient pas incompatibles avec les règles
applicables pour l'assiette de l'impôt ».
En conséquence, sauf dispositions fiscales particulières, le résultat fiscal est déterminé à partir du
résultat comptable.
« Les documents déclaratifs fiscaux qui permettent d'asseoir la détermination du résultat imposable
sont établis à partir des documents comptables (2050 à 2057 de la liasse fiscale) dont l'élaboration et
la présentation reposent sur les règles du code de commerce et du Plan comptable général, l'état de
rapprochement 2058 ne servant qu'à l'analyse du delta incompatible8 ».
Il existe aujourd’hui prés de 140 divergences entre le résultat comptable et le résultat fiscal. Certaines
sont permanentes, d’autres seulement temporaires (liées à un décalage dans le temps entre comptabilité
et fiscalité sur la date de prise en compte de l’opération) :
8
Revue Fiduciaire Comptable n°297, juillet 2003
Charges
Produits
A) Principe
Lorsque la charge supplémentaire de 100 est déductible (3° colonne), le résultat net comptable diminue
seulement de 66 (666-600) par rapport à la situation de la deuxième colonne, en raison de l’économie
d’IS (33) que génère cette charge supplémentaire.
En conclusion, une charge déductible de 100 permet de diminuer l’impôt de 33,33 et ne « coûte » à
l’entreprise que 66,66, la différence étant « payée » par l’Etat. A l’inverse une charge non
déductible de 100 « coûte » à l’entreprises 100. Les réintégrations pénalisent donc l’entreprise.
Société Générale : l’Affaire « Kerviel » a fait perdre 1.7 milliard d’euro à l’Etat (a)
La perte nette liée à l’affaire Kerviel s’élève à - 4 801 M EUR. elle a été reconnue comme déductible
sur le plan fiscal ce qui a réduit l’impôt payé par la SG de 1.7 milliards.
Cette déduction a d’ailleurs crée un début de polémique (Les Echos du 11/10/2010) « Comment
admettre que lorsqu’une banque fait une erreur ce soit le contribuable qui paie », s’est demandé hier
François Hollande, l’ancien Premier secrétaire du Parti socialiste, sur Canal+. Pour Nicolas Dupont-
Aignan, président de Debout la République, « la Société Générale doit rembourser les Français ».
(a) Voir ROY T. ,2010, « Dérogations aux principes comptables : le cas de « l’affaire Kerviel » », Revue Française de Comptabilité, 433, juin, p.30s.
Mais le rejet par le CGI de certaines charges n’est pas systématiquement définitif. C’est la raison pour
laquelle nous étudierons :
- dans un premier temps (B) les charges comptables définitivement rejetées au niveau du
Résultat Fiscal,
- puis, dans un second temps (C), les charges comptables temporairement rejetées, c’est-à-dire
qui sont admises au niveau du résultat fiscal, mais avec décalage.
B)
C)
1) De manière générale :
2) La rémunération des associés (gérant ou non) dans les sociétés relevant du régime de la
semi-transparence fiscale (art. 8 du CGI)
Dans ces sociétés (par exemple une SNC), il n'est pas fait de distinction selon que les bénéfices sont
distribués, laissés à la disposition des associés ou versés sous forme de rémunération : les rémunérations
de même que la quote-part des bénéfices qui leur revient sont imposés à l'IR dans la catégorie BIC.
L'entreprise et son dirigeant ne font qu'un. Il en va de même pour la rémunération de l’exploitant
individuel.
Les rémunérations perçues par les conjoints de ces associés et exploitants suivent le régime suivant :
- si les époux sont mariés sous un régime exclusif de communauté (régime de la séparation, sans
participation aux acquêts), les rémunérations du conjoint sont déductibles si elles correspondent à un
travail effectif ;
- si les époux sont mariés sous un régime de communauté ou de participation aux acquêts, les
rémunérations sont déductibles:
* intégralement lorsque l'entreprise est membre d'un centre de gestion agréé ou d'une association
Agréée ;
* dans la limite de 13 800 €/an (à ajuster en fonction du temps de présence) dans le cas contraire
(le surplus est assimilé au bénéfice de l’entreprise).
Parmi les critères habituellement retenus pour qualifier une rémunération d'exagérée, la jurisprudence se
réfère:
- au rôle joué par le dirigeant;
- à l'évolution du bénéfice et du chiffre d'affaires;
- au niveau de rémunération pour des emplois analogue dans des entreprises similaires.
1) les sanctions à caractère personnel (notamment les sanctions pénales telles que les contraventions au
code de la route). Cela résulte des conditions générales de déduction des charges exposées à l’article 39-
1 du CGI ;
2) « les sanctions pécuniaires et pénalités de toute nature mises à la charge des contrevenants à des
obligations légales » (quel que soit leur fondement : législatif, réglementaire communautaire ou
international ; et quelle que soit leur nature : qu’il s’agisse d’obligations légales en matière de
législation fiscale, douanière, sociale, du travail, de la concurrence et des prix) dont la liste a été
considérablement allongée par la Loi de finances pour 2008 applicable pour les exercices clos à
compter du 31 décembre 2007. (CGI, art.39)
En revanche, les sanctions ou pénalités contractuelles infligées dans le cadre de relations commerciales
(intérêts de retard pour règlement tardif à un fournisseur, etc.) demeurent déductibles.
L'objectif de ce dispositif est clair : éviter que la société réalise une économie d'impôts en supportant
une amende, si cette dernière était déductible.
5) L’IS
Les sociétés doivent déclarer les voitures particulières (voir la carte grise) qu'elles possèdent ou qu'elles
louent et s'acquitter d'une taxe annuelle.
Lorsque la taxe est due par une société soumise à l'IS, elle n'est pas déductible.
Les véhicules de tourisme mis à la disposition des salariés coûtent donc très chère aux sociétés, d'autant
plus que leur amortissement est limité comme nous le verrons ci-dessous.
Il s'agit encore une fois ici d'éviter que la société réalise une économie d'impôt en supportant des
dépenses somptuaires dont les principaux bénéficiaires sont les dirigeants ou les salariés.
Elles correspondent aux charges :
Exemple : Une entreprise à acquis le 1/4/200N une 508 destinée aux déplacements de son dirigeant,
pour un prix de 30 000 Euros TTC9, amortissable en linéaire sur 5 ans.
NB :
- cette limitation n’est pas applicable lorsque ces voitures sont strictement nécessaires à l’activité de
l’entreprise en raison de son objet, par exemple les ambulances, taxis, voitures auto-école ;
- on peut remarquer que les avions ne sont pas concernés par les dispositifs étudiés ci-dessus en b et c
alors qu'ils sont autrement plus somptuaires que les véhicules de tourisme!
- depuis 2006, la limite de déduction des amortissements des voitures particulières a été abaissée de 18
300 € à 9 900 € pour les véhicules qui émettent plus de 200 grammes de dioxyde de carbone par
kilomètre (loi 2005-1719 du 30 décembre 2005, art. 17).
Cf. ci-dessous « profits réalisés à l’étranger », et sous réserve de ne pas faire application des
dispositions de l'article 209 C.
9) Les jetons de présence versés aux administrateurs et supérieurs à une certaine limite
activité, à titre de jetons de présence, une somme fixe annuelle que cette assemblée
détermine sans être liée par des dispositions statutaires ou des décisions antérieures. Le
montant de celle-ci est porté aux charges d'exploitation. » (c. com. art L. 225-45.). Ces
sommes rémunèrent les fonctions d’administrateur. Elles ne doivent pas être confondue
avec les rémunérations allouées au président et aux directeurs généraux au titre de leurs
fonctions de directions et assimilées comptablement et fiscalement à des salaires.
9
Rappel : la TVA sur les véhicules de tourismes n'est pas récupérable. Encore une mesure pénalisante.
Les avances en Comptes Courants correspondent aux sommes que les associés prêtent à la
société sous forme de versement ou par renonciation au prélèvement de leurs rémunérations,
dividendes, intérêts etc.…
Présentation des CCA
Les CCA sont plus souples que les apports en capital car les sommes peuvent être apportées
puis reprises sans formalités particulières, en fonction de la trésorerie de l'entreprise. Pour de
nombreuses PME, ils représentent donc la principale source de financement extrabancaire, à
la fois sûre et peu coûteuse.
NB : Dans les SA et SARL, les comptes courants des associés administrateurs ou des gérants
ne peuvent être que créditeurs, la société ayant une dette envers l’associé : c'est l'interdiction
des comptes courants débiteurs (art 225-43 du code de commerce), sanctionnée
pénalement. En clair, l'associé ne doit pas "piocher dans la caisse" et devoir de l'argent à la
société.
1) Le capital de la société doit être intégralement libéré : à défaut aucune déduction n'est
admise. C'est une règle de bon sens.
2) Le taux des intérêts déductibles est plafonné et son montant varie chaque année en
Règles fiscales
fonction de la moyenne des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit
pour des prêts à taux variable aux entreprises d'une durée initiale supérieure à deux ans, d'un
montant inférieur ou égal à 152 449 euros (TMP).
Par exemple, pour l'année 2014, le taux maximum d'intérêt déductible s'élève à 2,79%.
NB : Pour les entreprises liées (50% du capital), il est désormais également possible de
retenir le taux du marché si il est supérieur au taux de référence.
3) La troisième limite concerne uniquement depuis le 1er janvier 2007 les intérêts versés à
des entreprises liées, lorsque la société emprunteuse est sous-capitalisées (CGI, art. 212-II).
Elle n’est pas développée ici.
Le taux servi par la société est de 10% l'an alors que le taux maximum déductible est de 3% (pour
simplifier les calculs). Le capital de la société est de 250 000 Euros.
Traitement comptable
DEBIT CREDIT
1/1/N
Au niveau fiscal, les intérêts sont limités à : 200 000 x 3% x 9/12 + 500 000 x 3% x 3/12 = 8 250
Il convient donc de réintégrer la différence, soit 27 500 – 8 250 = 19 250
Cette somme correspond à un excèdent de taux d'intérêt : 200 000 x 7% x 9/12 + 500 000 x 7% x 3/12
NB : L’article 511-5 du Code monétaire et financier (issu de la loi bancaire du 24 janvier 1984) dispose
qu’ « il est interdit à toute personne autre qu’un établissement de crédit d’effectuer des opérations de
banque à titre habituel. Il est en outre, interdit à toute entreprise autre qu’un établissement de crédit de
recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme ». Toutefois, cette interdiction ne
fait pas obstacle au fonctionnement des CCA puisque ce même code ajoute « Toutefois ne sont pas
considérés comme fonds reçus du public les fonds reçus ou laissés en compte par les associés d’une
SNC, les dirigeants ou actionnaires détenant au moins 5% du capital d’une société de capitaux »
(SARL, SA..).
Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2008, les rémunérations différées attribuées aux
dirigeants des sociétés dont les titres sont admis aux négociations sur un marché réglementé ne sont
déductibles que dans la limite de six fois le plafond annuel de la sécurité sociale par bénéficiaire (soit
212 112 € pour 2011, comme en matière d’impôt sur le revenu). Au-delà de ce seuil, les sommes en
cause ne sont plus déductibles alors qu’elles pouvaient antérieurement être totalement déduites de cet
impôt.
Les rémunérations soumises à limitation sont celles visées aux articles L. 225-42-1 (sociétés anonymes
à conseil de surveillance) et L. 225-90-1 (sociétés anonymes à directoire et conseil de surveillance) du
code de commerce et correspondent « à des éléments de rémunération, des indemnités ou des avantages
dus ou susceptibles d'être dus à raison de la cessation ou du changement de ces fonctions, ou
postérieurement à celles-ci ». Il s’agit donc principalement des « parachutes dorés » versés lors d’un
départ, des indemnités de non-concurrence et des retraites « chapeaux ».
Les dirigeants concernés sont les présidents, directeurs généraux, directeurs généraux délégués et
membres de directoires de sociétés anonymes cotées.
Le montant des sommes revenant à un même salarié au titre de la participation ne peut excéder 75% du
plafond de la Sécurité sociale, soit 37 032 x 75% =27 774 € en 2013.
La déductibilité des primes d'intéressement est plafonnée à 50% du plafond de la Sécurité sociale, soit
37 032 x 50% = 18 516 € en 2013.
L'abondement versé en 2013 par les entreprises ayant mis en place un plan d'épargne d'entreprise est
déductible dans la limite de 8% du plafond de la Sécurité sociale, soit 37 032 x 8% = 2 962 € en 2013.
Enfin, le plafond de l'abondement à un PERCO s'établit à 16 % du Plafond Annuel de la Sécurité
Sociale, soit 37 032 x 16% = 5 925 € en 2013 sans pouvoir excéder le triple de la rémunération du
bénéficiaire.
L’article 23 de la Loi de finances pour 2013 modifie le régime de la déductibilité des intérêts d’emprunt
supérieurs à 3 M€, jugé trop favorable en comparaison de celui des autres Etats membres de l’Union
européenne (UE) puisqu’il permettait jusque là de déduire l’intégralité des charges financières, sauf
dispositifs particuliers de lutte contre certains abus (sous-capitalisation, par exemple).
Attention : Dès que la société atteint ce seuil, le plafonnement de déductibilité s'applique à l'ensemble
des charges financières nettes (et pas seulement à partir du seuil de 3 M€).
Problématique et enjeux :
La fiscalité repose aussi sur des conventions. Est-il logique que les intérêts d’emprunt soient
déductibles, mais pas les dividendes ? Cela peut se discuter en théorie. Mais, en pratique, le monde
entier applique cette distinction, et un seul pays ne peut pas faire différemment, sauf à condamner ses
industries capitalistiques.
La Cour des comptes, dans son Livre10 vert de février 2012, souligne qu’il existe trois principaux
enjeux autour de la question des règles de déductibilité des intérêts d’emprunt :
- Enjeux économiques : les entreprises disposent de deux principales sources de financement
externe que sont le recours à l’emprunt ou le financement par fonds propres.
Le financement par l’emprunt bénéficie d’un biais fiscal favorable dans la mesure où les intérêts
d’emprunt sont déductibles tandis que les versements de dividendes ne le sont pas.
Pour autant, la différence de nature entre ces deux modes de financement – le capital apporté par les
actionnaires leur confère des droits qu’un simple prêteur n’a pas – peut expliquer cette différence de
traitement fiscal.
- Enjeux de cohérence fiscale : en France, comme en Allemagne, il existe un traitement fiscal
asymétrique de certains produits et charges financières.
Cette asymétrie réside notamment dans la possibilité de déduire fiscalement les intérêts d’emprunts qui
ont servi à financer des éléments d’actif qui, à l’instar des titres de participation, génèrent des produits
(dividendes et plus-values notamment) exonérés (cf. application du régime des sociétés mères et de
l’exonération des plus-values afférentes à la cession de titres de participation).
- Enjeux en termes de lutte contre certains abus : l’asymétrie décrite ci-dessus offre un effet
de levier fiscal qui peut, dans une certaine mesure, encourager les contribuables à localiser leur
endettement en France par rapport à d'autres pays où les taux d'imposition des bénéfices sont inférieurs.
10
Livre vert sur la coopération franco-allemande : Points de convergence sur la fiscalité des entreprises »
Absence de
NON Dépenses exposées dans contrepartie pour
déductible l’entreprise :
l’intérêt de l’exploitation ?
dépense de
« mécénat »
Non
Oui
Charge déductible
Non déductible mais
(CGI, art. 39-1-7°)
Réduction d’impôt de 60%
(b) des dépenses limitées
0,5% du CA (CGI, art. 238)
bis)
(a) en numéraire, en compétence ou en nature
(b) La réduction d'impôt peut monter à 90 % dans le cas de versements effectués pour
l'acquisition, par l'Etat ou toute autre personne publique, d'un trésor national se trouvant
sur le sol français ou d'un bien culturel d'intérêt majeur situé à l'étranger. S'il s'agit d'une
acquisition pour son propre compte, l'entreprise peut alors déduire 40 % de ses dépenses
(CGI, art. 238 bis AB). Illustration ci-dessous (Les Echos du 6/12/12):
Les sociétés (soumises, de plein droit ou sur option, à l’impôt sur les sociétés ou relevant du régime
fiscal des sociétés de personnes) qui achètent des œuvres originales d’artistes vivants doivent les
inscrire à leur actif immobilisé, sans possibilité de les amortir. Cependant, elles peuvent déduire de
leur résultat imposable l’année d’acquisition et les 4 années suivantes, par fractions égales, une
somme égale au prix d’acquisition de l’œuvre. La somme ainsi déduite chaque année ne peut
toutefois excéder 0,5 % du chiffre d’affaires HT de l’entreprise, diminuée du total des versements
effectués au titre des dons aux organismes d’intérêt général.
Cette déduction profite également aux entreprises qui acquièrent des instruments de musique à
condition qu’elles s’engagent à les prêter à titre gratuit à des artistes interprètes qui en font la
demande.
L’administration fiscale admet que les entreprises comptabilisent immédiatement en charges les
dépenses d’acquisition d’outillages, de matériels (clés USB, smartphones et autres tablettes…) et de
mobiliers de bureau lorsque la valeur unitaire de ces biens est inférieure à 500 € HT (et même si ils
constituent intrinsèquement des immobilisations en raison de leur utilisation sur plusieurs exercices).
Cette disposition, favorable, est à retenir systématiquement. Elle évite « d’encombrer le bilan d’un bric-
à-brac d’objets hétéroclites de petite valeur11 ».
NB : Cependant, pour l'installation de son réseau informatique, une société ne peut utilement faire valoir que
la valeur unitaire de chacun des cinq postes composant le réseau est inférieure à la somme de 500 € ; ces
postes, qui composent le réseau informatique qu'elle a acquis, doivent être regardés comme indissociables les
uns des autres (CAA Paris 20 juin 2014).
Les détournements commis par les salariés à l'insu de l'entreprise constituent, en principe, des charges
déductibles. Les pertes résultant des détournements de fonds ne sont toutefois pas déductibles si ceux-ci
n'ont pu être ignorés des dirigeants ou ont été rendus possibles par leur comportement délibéré ou leur
carence manifeste des dispositifs de contrôle interne de l'entreprise.
Illustration : Dans son arrêt du 20 mars 2014, la cour administrative d'appel de Lyon applique
strictement ce principe, en considérant que la société requérante n'avait pas pris toutes les mesures
appropriées pour éviter ces pratiques comptables irrégulières, y mettre fin et éviter qu'elles ne se
reproduisent. Elle considère donc que les manipulations comptables irrégulières constituaient une erreur
comptable délibérée commise par le directeur administratif et financier au nom de la société et rejette la
demande de déduction (CAA Lyon 20 mars 2014, n° 12LY02422).
Elles concernent pour l’essentiel des dépenses qui ne sont pas déductibles au cours de l’exercice de
comptabilisation de la charge à payer ou de la provision (pour plus de précisions sur ces notions, il
convient de se référer à un cours de comptabilité générale), mais au cours des exercices ultérieurs,
notamment lors du paiement effectif de la dépense ou lors de son enregistrement en dette certaine et
définitive.
Il en résulte un simple décalage entre l’exercice où la charge est enregistrée en comptabilité et celui où
elle est admise en déduction pour le calcul du Résultat fiscal. Cependant en définitive la charge est bien
déductible.
Il s’agit en quelque sorte d’un problème de « timing » entre comptabilité et fiscalité. Mais ce qu'il ne faut
pas hésiter à qualifier de mesquinerie permet à l'Etat de gagner un peu de trésorerie.
11
Cozian M. et Gaudel P.J., (2006), « La comptabilité racontée aux juristes », Editions Litec, p.66
Les sociétés dont le CA H.T. est au moins égal à 760 000 Euros (5 MF) sont tenues de verser en N+1
une contribution égale à 0,16% du CA réalisé en N. Cette contribution (payée par les sociétés pour
financer le régime de retraite des artisans et commerçants dont les cotisations couvrent moins de 50%
des charges de retraite !) est inscrite en charges à payer sur l'exercice N. Elle est déductible seulement
lors du paiement en N+1.
Il s'agit d'une provision facultative destinée à faire face au versement des indemnités de départ en
retraite des salariés.
Société Générale : l’Affaire « Kerviel », un impact négatif de 4,9 milliards d’euros, mais sur quel
exercice ?
« Le Groupe a mis à jour les 19 et 20 janvier 2008 des activités non autorisées et dissimulées d’une
ampleur exceptionnelle portant sur des prises de positions directionnelles réalisées principalement
courant 2007 et début 2008 par un trader en charge d’activités de marché sur des instruments dérivés «
plain vanilla » sur indices boursiers européens. L’identification et l’analyse de ces positions, les 19 et
20 janvier 2008, ont conduit le Groupe à les clôturer dans les meilleurs délais dans le respect de
l’intégrité des marchés. L’analyse de ces activités non autorisées a établi, avant l’arrêté des comptes de
l’exercice clos le 31 décembre 2007, que les mécanismes de dissimulation utilisés au cours de
l’exercice 2007 s’étaient poursuivis jusqu’à leur découverte en janvier 2008. À la date d’arrêté des
comptes, les activités de la Banque d’Investissement et de Financement font encore l’objet de
différentes investigations internes et externes et tout fait nouveau éventuel sera pris en considération.
L’application des prescriptions comptables en vigueur pour le traitement des opérations relatives à ces
activités non autorisées et à leur débouclement aurait pu conduire à enregistrer un produit avant impôt
de + 1 471 M EUR dans le résultat de l’exercice 2007 et à présenter dans les notes annexes une
information sur la perte avant impôt de – 6 272 M EUR qui n’aurait été alors constatée en résultat
qu’en 2008. Pour l’information de ses actionnaires et du public, Société Générale a cependant estimé
que cette présentation se révélait impropre à donner une image fidèle de sa situation financière au 31
décembre 2007 et a considéré qu’il était plus approprié de constater dans le résultat exceptionnel de
l’exercice 2007 l’intégralité des conséquences financières des opérations conclues dans le cadre de ces
activités non autorisées.
À cet effet, et conformément aux dispositions de l’article L. 123-14 du Code de commerce, Société
Générale a décidé de déroger aux dispositions du règlement n° 2000-06 du Comité de la
réglementation comptable relatif aux passifs, en comptabilisant en charge exceptionnelle dans le
résultat de l’exercice 2007 une provision pour le coût total d’arrêt des activités non autorisées.
Après constatation de cette dotation aux provisions pour perte sur activités de marché non autorisées et
dissimulées pour - 6 272 M EUR, le résultat exceptionnel de l’exercice 2007 s’élève ainsi à - 4 801 M
EUR.
Comme nous le verrons plus loin, les provisions ou charges à payer n’étant pas déductible, les reprises
de provisions ou les extournes de charges à payer qui interviennent ultérieurement ne seront pas
imposables.
1) Présentation
Pour les exercices clos à compter du 1/11/92, les sociétés soumises à l’IS, et uniquement celles-ci, qui
détiennent des parts d’OPCVM (SICAV et FCP) doivent inclure de manière extra-comptable dans
leur résultat imposable le montant net de l’écart d’évaluation, positif ou négatif, constaté entre la valeur
liquidative des titres à la clôture de l’exercice et la valeur liquidative à l’ouverture de l’exercice ou à la
date d’acquisition si elle est postérieure ( il s’agit d’un ajustement purement fiscal, les titres restant à
leur valeur d’achat en comptabilité en vertu des principes de prudence et de coût historique).
Corrélativement, les provisions pour dépréciation éventuellement constatées sur ces titres ne sont pas
déductibles.
Lors de la cession ultérieure des titres, les écarts déjà imposés sont neutralisés. Ainsi, le résultat
imposable de la cession est déterminé à partir du prix d’acquisition corrigé des écarts d’évaluation
(en plus si les écarts sont positifs, en moins si les écarts sont négatifs) déjà compris dans le RF, le prix
de vente restant inchangé.
2) Exemple
- acquisition par une SA le 1/8/N de 10 SICAV Lion Court Terme à 35 000 Euros l’une ;
- valeur au 31/12/N : 38 000 Euros ;
- cession de la totalité des parts le 1/3/N+1 à 40 000.
a) En comptabilité :
- au 31/12/N : maintient de la valeur historique, pas de prise en compte des Plus-Values latentes, seules
les Moins-Values latentes sont comptabilisées sous forme de provisions (si valeur 33 000 -> provision
de 2000 Euros par titre);
DEBIT CREDIT
- au 31/12/N : on doit inclure dans le résultat imposable le montant de l’écart d’évaluation, soit
10 x (38 000-35 000) = 30 000 => à ajouter au résultat comptable (réintégration extra comptablement
puisque le résultat comptable ne prend pas en compte le profit latent) pour obtenir le résultat fiscal (si
valeur 33 000, on retiendrait un écart négatif de 2 000, mais en contrepartie la provision comptable
serait réintégrée) ;
- 1/3/N+1 : le résultat imposable de cession est déterminé à partir du prix d’acquisition corrigé des
écarts d’évaluation déjà imposés, soit : 10 x [40 000-(35 000+3 000)]=20 000. Comme le résultat
comptable est de 50 000, il convient de déduire de manière extra-comptable 30 000 (50000-20000, soit
le montant imposé par anticipation au 31/12 car on cède la totalité des titres) pour obtenir un RF de
20 000.
Nous avons vu ci-dessus que les dépenses de « mécénat » ouvraient droit à une réduction de l’impôt sur
les bénéfices égale à 60% des dépenses limitées à 0,5% du chiffre d’affaires.
II Déductions
Elles consistent à retrancher du Résultat Comptable des éléments non imposables, ou déjà imposés, ou
soumis à un régime spécial.
Les produits comptables non imposables fiscalement, ou bénéficiant d’une fiscalité allégée, sont rares
en pratique, comme on peut s’en douter. Il s’agit essentiellement :
La situation des règles de territorialité peut être résumée dans le tableau ci-dessous :
NB : Les pertes réalisées à l’étranger suivent le même régime que les bénéfices (cf. ci-dessus).
3) Des dividendes encaissés dans le cadre du Régime des Sociétés Mères et Filiales
a) Présentation
Ce régime, optionnel, permet à une société mère de ne pas supporté l’IS sur les dividendes reçus de ses
filiales, et enregistrés comptablement en produits financiers , afin d'éviter la double imposition des
dividendes (une première fois au niveau de la société distributrice, puisque ces dividendes sont prélevés
sur un résultat après IS, et une seconde fois au niveau de la société mère bénéficiaire des dividendes, qui
sont inclus dans les produits financiers et donc dans le résultat fiscal soumis à l’impôts sur les
bénéfices). Ainsi, les dividendes encaissés par une société mère française en provenance d’une autre
société (dite « fille ») sont retranchés du bénéfice de la mère, sous déduction d’une quote-part de frais et
charges égale à 5% du dividende.
Remarque sur la quote-part de frais et charges égale de 5% : Puisque la société mère n’est pas imposée
sur les dividendes en provenance de sa filiale, il est logique qu’elle ne puisse pas déduire les frais de
gestion de cette participation. Comme l’identification des frais réels, parmi la masse globale des charges
déductibles, est trop délicate en pratique, le législateur a fixé une évaluation forfaitaire.
b) Champ d’application
c) Application
Une SA a encaissé en N 10 000 euros de dividendes d'une autre société dont elle détient plus de 5% du
capital. Elle opte pour le régime des SMF.
Comme de nombreux autres pays, la France offre une fiscalité des revenus de brevets allégée, de 15 %
soit un gain de 18,1/3 points par rapport au taux normal de l’IS12.
Les principaux bénéficiaires sont les groupes pharmaceutiques, où les investissements en recherche et
développement sont lourds.
De même le Royaume-Uni devient vraiment attractif pour le secteur en proposant une fiscalité des
profits issus de revenus de brevets allégée à partir d’avril 2013, une mesure baptisée « Patent Box », de
10%.
Il convient dés lors de retirer ces revenus pour la détermination du résultat fiscal imposé au taux de droit
commun, et les fiscaliser au taux réduit de 15%.
5) Des revenus mobiliers (dividendes d’actions et intérêts des obligations) encaissés par les
exploitants individuels et les sociétés de personnes
Ces produits sont normalement compris dans le résultat imposable. Toutefois, pour permettre à
l’exploitant individuel ou aux associés des sociétés de personnes (imposées dans les conditions de
l’article 8 du CGI) de bénéficier des abattements et crédits d’impôts attachés aux revenus de capitaux
mobiliers (RCM), l’administration fiscale autorise les SNC (ou les entreprises individuelles) à déduire
les revenus mobiliers du résultat imposable. Ils seront alors taxés au niveau de chaque associé personne
physique, à l’IR dans la catégorie RCM avec application des abattements et du crédit d’impôt.
Il concerne les reprises (ou extournes) de provisions et CAP (participation des salariés, contribution
sociale de solidarité, départ en retraite....) initialement réintégrées lors de leur constitution (cf. ci-dessus
C du I).
12 Pour plus de précisions, voir ROY T., 2012, « Déduction des redevances versées à des entreprises liées : des
modifications répétées pour corriger des effets pervers d’optimisation » ; Revue Française de Comptabilité, n° 456,
juillet/août
Quant à la dépense définitive enregistrée en N+1, elle ne subit aucun retraitement particulier, de sorte
qu’il s’agit juste pour l’entreprise d’un problème de décalage dans le temps entre le moment où elle
provisionne la charge en comptabilité et celui où le fisc admet sa déduction. Mais en définitive, la
société a pu déduire la dépense.
Illustration : avec une provision ou une charge à payer non déductible (par exemple participation de
salariés, indemnités de départ en retraite, licenciement économique..)
Les opérations de ventes ou d’achat libellées en devises étrangères (qu’il s’agisse d’immobilisations ou
de biens et services) sont converties instantanément en euro.
b) A la clôture de l’exercice
Les créances ou les dettes en devise qui ne sont pas réglée à la date de clôture des comptes doivent être
ajustées en fonction du cours de la devise à cette même date. Les différences de conversion avec le
montant d’origine (a) sont inscrites provisoirement dans des comptes transitoires, de la manière
suivante :
- à l'actif du bilan pour les différences correspondant à une perte latente (compte n° 476
« Différences de conversion – Actif ») ;
- au passif du bilan pour les différences correspondant à un gain latent (compte n° 477
« Différences de conversion – Passif »).
2) Régime fiscal
3) Exemple
Extraits du bilan :
au 31/12/N-1 au 31/12/N
Écarts de conversion – Actif (compte n° 476) 1 200 2 200
Écarts de conversion – Passif (compte n° 477) 1 000 3 000
Il conviendra dès lors de procéder aux corrections suivantes sur l’état de détermination du résultat
fiscal :
A) Enoncé
Rubrique Montant
- TVTS 4 800
- amendes diverses 3 000
- intérêts de compte courant (dont 7 000 déductibles) 13 000
- dépenses diverses liées à l’utilisation d’un yacht 4 000
- amortissement en linéaire sur 5 ans d’un véhicule de tourisme (à déterminer)
acquis 23 300 Euros T.T.C. le 1° jour de l’exercice N
- dette provisionnée pour contribution sociale de solidarité (Organic) 9 000
(et 7 000 en N-1)
- paiement de la contribution sociale 7 200
- cession pour 130 000 Euros de SICAV achetées 100 000 Euros en
N-1 et dont la valeur au 31/12/N-1 était de 110 000 Euros
B) Questions
C) Solution
3) RNC
Il convient de faire la distinction entre les opérations portant sur les immobilisations
corporelles et incorporelles d’une part, et celles portant sur les immobilisations financières
d’autre part.
Le résultat dégagé lors de la cession d’une immobilisation est inclus dans le résultat
comptable. C’est un résultat exceptionnel obtenu de la manière suivante:
Résultat de
cession
=
Ce résultat est :
a) Présentation
Sous réserve des cas particuliers elle peut être représentée selon le tableau suivant :
b) Applications
b1) Enoncé
Comptabiliser les cessions et qualifier fiscalement le résultat de l’opération dans les deux
hypothèses suivantes :
Hypothèse N°1: Cession pour 110000 euros le 31/12/N+2 d’une machine acquise le 1/1/N
pour 200000 et amortie en linéaire sur 5 ans.
Hypothèse N°2 : Même chose mais le prix de vente est de 210000.
b2) Comptabilisation
DEBIT CREDIT
31/12/N
675 Sortie de l'immobilisation 80 000
281 Sortie de l'immobilisation 120 000
215 Sortie de l'immobilisation 200 000
512 Enregistrement du prix de cession Hypothèse 1 110 000
775 Enregistrement du prix de cession Hypothèse 1 110 000
512 Enregistrement du prix de cession Hypothèse 2 210 000
775 Enregistrement du prix de cession Hypothèse 2 210 000
Les PV et MV réalisées lors de chaque cession sont regroupées (cumulées) par catégories (CT
et LT) et l’on dégage s’il y a lieu :
- une PV ou une MV nette à LT (= somme des PV et des MV à LT);
- une PV ou une MV nette à CT (= somme des PV et des MV à CT).
Exemple : la cession en avril 2010 d’un bâtiment acquis en mars 2002 permet de dégager une
PVLT de 1 000 000 qui ne sera imposée que sur 700 000, après un abattement de 30 % (soit 3
x 10%).
c) Application
En N, la SNC Compagnie des Alpes a réalisé un résultat comptable de 85 000 Euros, compte
tenu :
- d’amortissements non déductibles 4 800
- d’une PVLT sur cession d’un terrain A 26 000
- d’une MVLT sur cession d’un fonds de commerce 30 000
- d’une PVCT sur cession d’une machine 10 000
- d’une MVCT sur cession d’une machine 5 540
Solution
Plusieurs régimes d’exonération sont prévus en faveur des entreprises soumises à l’impôt sur
le revenu. Ainsi, les contribuables dont les recettes n'excédent pas 250 000 euros TTC pour
les activités industrielles et commerciales et 90 000 euros TTC pour les prestataires de
services bénéficient d'une exonération totale des PV lorsque l'activité a été exercée pendant
au moins cinq ans.
En outre, afin d’atténuer la rigidité de ces seuils, lorsque les recettes excèdent ces limites sans
dépasser 350 000 ou 126 000, l’exonération est dégressive.
Les sociétés soumises à l'IS bénéficiaient également d'un régime d'imposition allégé de 19%
pour les PVLT.
Mais, pour ces sociétés, la loi portant mesures urgentes à caractère fiscal et financier du
22/10/97 a restreint le champ d'application du régime des plus et moins-values en le réservant
aux seuls titres de participations (voir ci-dessous).
Les cessions d'immobilisations corporelles et incorporelles sont donc depuis cette date
soumises au taux normal de l'IS et ne bénéficient plus du taux réduit d'imposition des
PVLT
Rappelons que l'été 1997 correspond à l'arrivée de la gauche au gouvernement (présidé par L.
Jospin) suite à la dissolution de l'assemblée nationale par le Président Chirac. Cette dernière
était motivée notamment par des problèmes de déficits budgétaires. Mais ce n'est qu'en
octobre 1997 que les Sociétés ont appris que toutes leur PV de l'année 1997 (y compris donc
celles réalisées en mars 1997 par exemple) ne bénéficieraient plus du taux réduit de 19%.
C'est ce que certains appellent la rétroactivité des lois fiscales qui n'est pas appréciée des
entreprises!
On l’évoquera sous le double aspect des cessions et des provisions contrairement aux autres
immobilisations ou seul le premier aspect entre en jeu. En outre, il est nécessaire de rappeler
le traitement comptable avant d’étudier le régime fiscal.
En outre, à la clôture de chaque exercice, il est procédé à une comparaison entre la valeur
actuelle des titres et leur valeur d’origine, qui peut aboutir à la constatation de plus-values ou
de moins-values latentes.
B) Traitement fiscal
Selon qu’ils sont inscrits à l’actif du bilan d’une entreprise relevant de l’IR ou soumise à l’IS,
ces titres bénéficient d’un régime fiscal différent, sans lien avec le traitement comptable.
2) Modalités d’imposition des opérations sur titres réalisées par les sociétés soumises
à l’IS
Pour ces sociétés, la loi de finance pour 1995 avait restreint le champ d’application du
régime d’imposition au taux réduit (introduit en 1965) des PV à LT aux seules opérations
(cessions, dotations et reprises de provisions pour dépréciation) portant sur les titres de
participation.
Les opérations relatives aux autres titres (obligations, actions ne constituant pas des TP....)
étaient soumises à l’IS dans les conditions de droit commun (i.e. au taux normal).
Mais la France restait l’un des derniers pays en Europe à taxer (même si c’est à un taux
réduit) les plus-values sur titres de participation (l’Allemagne les exonérant depuis 2000),
incitant les grandes entreprises françaises à créer des holdings de participation dans des pays
fiscalement plus accueillants.
A défaut du bouclier fiscal, qui n'est pas une niche fiscale, c'est l'exonération des plus-
values de cession qui a fait couler le plus d'encre cette année. Depuis 2007, les
sociétés qui vendent une filiale ne sont plus taxées au titre de leurs plus-values, à
condition de l'avoir détenue au moins deux ans. Le coût du dispositif justifie son
qualificatif de « superniche ». Il a généré un manque à gagner pour l'Etat de
3,4 milliards en 2007 et de 12,5 milliards en 2008. En 2009, le coût a été deux fois
moindre, crise oblige, les entreprises évitant de céder à perte des participations.
« Avec une telle mesure, l'Etat subventionne des grandes entreprises qui n'en ont pas
besoin. 22 milliards en trois ans, c'est insensé ! », s'insurge Jérôme Cahuzac, le
président PS de la commission des Finances de l'Assemblée. De fait, Danone a
économisé 500 millions d'impôt sur les sociétés l'an dernier sur la cession de Danone
Biscuit. Autres grands bénéficiaires : les fonds de LBO, qui achètent des sociétés pour
les revendre quelques années après. Face à la contestation, Bercy défend le dispositif
bec et ongles : si les plus-values étaient taxées en France, les opérations de cession
se feraient depuis la Belgique ou les Pays-Bas, via des holdings, estime le ministère.
L'Etat français ne récupérerait donc rien en impôt. De fait, dans l'OCDE, 21 pays sur
29 pratiquent l'exonération des plus-values. Et depuis que la France a suivi le courant,
le nombre de holdings a tendance à s'accroître.
Dans le cadre du cours, nous considérerons, par simplification que l’exonération totale est
applicable immédiatement, de sorte que la situation du portefeuille titre dans les sociétés
soumises à l’IS peut être résumé ainsi :
De même, pour mettre fin à des montages optimisants qui consistent, pour une société mère, à aider une
filiale en difficulté (situation nette négative) par la voie d’une recapitalisation, afin de constater une
moins-value déductible de son impôt sur les sociétés lors de la cession rapide de ladite filiale la
deuxième Loi de finances rectificative pour 201214 dispose que dans le cas d’une cession, moins de
deux ans après leur émission, de titres de participation acquis en contrepartie d’un apport, la moins-
value correspondante n’est pas déductible.
Illustration : La société A décide de recapitaliser sa filiale B, qui présente une situation nette négative
d’un million d’euro, à hauteur de ce même montant afin de ramener la situation nette à zéro. Cet apport
n’est pas déductible pour A et ne constitue pas un profit imposable pour B. La société B a désormais
une valeur proche de 0. Les titres reçus par A en contrepartie de l’apport ont une valeur nulle. Moins de
2 ans après, elle cède B et constate donc une moins-value pour un montant de 1 M€ qui relève du
régime du court terme, et venait donc minorer le bénéfice imposable. Pour les apports réalisés à
compter du 19 juillet 2012, la moins-value à court-terme n’est pas déductible. Le Crédit agricole a été
victime de se nouveau dispositif lors de la recapitalisation à hauteur de 3 Mds d’€ de sa filiale Grec
Emporiki, juste avant de la céder pour 1 €. En effet, la principale augmentation de capital, de 2,3
milliards d’euros a été réalisée... le 19 juillet 2012. A un jour près, Casa a donc perdu la somme
colossale de 838 millions d'euros qui, du fait de la non déductibilité de cette moins-value, n'ont pu
alléger les pertes 2012 de Crédit Agricole SA (- 6,5 milliards d'euros), comme il l’explique dans sa
présentation des résultats 2012 :
13
Article 219 I. a. septies issu de la loi n° 2010-16 57 du 29 décembre 2010 applicable aux cessions réalisées au cours des
exercices clos à
compter du 31 décembre 2010.
14
Article 18 de la deuxième Loi de finances rectificative pour 2012 qui introduit un 2 bis à l’article 39 quaterdecies du CGI
a) Enoncé
La SNC Degré 9 (non soumise à l’IS) a acquis en N des actions BOXO, qui sont considérées
comme des titres de participation, de la manière suivante :
b) Solution
Coût d’achat des titres : (1000 x 4000) + (2000 x 4500) = 13 000 000 Euros
Conséquence : il convient de doter une provision pour la différence soit 400 000. La
provision est qualifiée fiscalement de MVLT. Cette MVLT, ne peut pas être déduite du
résultat fiscal au taux normal, elle est donc réintégrée puis "stockée" fiscalement dans l'attente
de son imputation (éventuelle) sur les PVLT réalisées au cours des dix années à venir.
DEBIT CREDIT
31/12/N
6866 Provision pour dépréciation des TP 400 000
296 Provision pour dépréciation des TP 400 000
Conséquence : La provision nécessaire à cette date est de 250 000. Il faut donc reprendre la
provision existante (400 000) à hauteur de 150 000 afin de disposer d’une provision de 250
000.
Cette reprise est une PVLT imposable au taux réduit, qui doit donc être déduite pour le calcul
du résultat fiscal.
Fiscalement, la MVLT de N (400000) viendra s’imputer à hauteur de 150 000 sur cette PVLT
de sorte qu’il n’y aura pas d’imposition au taux réduit Le montant des MVLT restant à imputer
au 31/12/N+1 sur les PVLT des exercices suivants (jusqu’au 31/12/N+10) est de 250000, soit
400000 de N moins 150000 imputés en N+1. Ces 250 000 pourront notamment s’imputer sur le
profit de cession de N+2 (C.F. b5 ci dessous).
31/12/N+1
296 reprise de provision 150 000
786 reprise de provision 150 000
Problème : quels sont les titres cédés, les plus anciens, les plus récents, ou une moyenne ?
Dans le cas d’une cession partielle de titres de même nature acquis à des prix et dates
différentes, la valeur comptable des titres cédés est, d’après le PCG (art. 221-2), calculée à
partir du coût unitaire moyen pondéré, ou, à défaut, en appliquant la règle du « premier
entré-premier sorti » (FIFO en anglais).
Fiscalement, cette deuxième règle (FIFO) doit en principe être appliquée. Pour des raisons
pratiques, on appliquera également cette règle en comptabilité.
Ce qui donne :
- cession des titres acquis le 28//N : 1000 x (4400-4000) = 400 000 -> PVLT (+2ans)
- cession des titres acquis le 30/9/N : 1500 x (4400-4500)= - 150 000 -> MVCT (- 2 ans)
-----------------------------------------------------------------
Total 2 500 pour un résultat de cession égal à 250 000
DEBIT CREDIT
1/7/N+2
512 Prix de cession des titres 2500 x 4400 11 000 000
775 Prix de cession des titres 2500 x 4400 11 000 000
675 Sortie des titres en FIFO 1000 x 4000 + 1500 x 4500 10 750 000
261 Sortie des titres en FIFO 1000 x 4000 + 1500 x 4500 10 750 000
DEBIT CREDIT
31/12/N+2
296 reprise de provision 200 000
786 reprise de provision 200 000
NB :
1) la MVLT de N a été totalement imputée sur les PVLT des 10 années suivantes de la
manière suivante :
- 150 000 en N+1 ;
- 250 000 en N+2.
2) Dans le cadre d’une société soumise à l’IS, la solution aurait été la suivante :
En N+1, la reprise de provision de 150 000 non imposable doit être déduite extra-
comptablement
Si, « depuis le 1er janvier 2005, l’harmonisation comptable au sein de l’Union européenne est
une réalité, au moins pour les comptes consolidés des plus grandes entreprises. En revanche,
l’harmonisation fiscale s’est toujours heurtée au désir légitime des États-membres de
conserver une compétence exclusive sur une composante essentielle de leur souveraineté.
L’harmonisation fiscale n’a donc guère porté que sur les impositions indirectes (TVA et
accises), à l’exclusion des impositions directes que sont l’impôt sur le revenu et l’impôt sur
les bénéfices. Cependant, la Commission n’a pas renoncé à harmoniser les règles fiscales et
l’exemple du système commun de taxe sur la valeur ajoutée montre que l’harmonisation en
matière fiscale est non seulement souhaitable pour le bon fonctionnement du marché
intérieur, mais également possible. En effet, la concurrence de vingt-sept systèmes fiscaux au
sein de l’Union européenne n’est pas sans effets dommageables sur le fonctionnement du
marché commun. La Commission a ainsi proposé, dans une Communication de 2003, une
d’imposition des sociétés sur la base d’une assiette consolidée (Assiette commune consolidée
pour l’impôt des sociétés – ACCIS).
Enfin, les effets de l’ACCIS sur la concurrence fiscale sont incertains ; si celle-ci ne sera plus
possible s’agissant de l’assiette de l’impôt sur les sociétés – désormais commune, elle risque
de s’exacerber sur les taux qui, eux, resteront de la seule compétence des États-membres. »
(Rapport Baert/Yanno AN ° 1508 du 10 mars 2009, p. 138s).
Rappel : cette partie ne concerne que les sociétés soumises à l'IS. Elle nécessite l’étude
préalable du cours de droit fiscal de licence portant sur la détermination du résultat fiscal.
INTRODUCTION
L’ensemble des quarante plus grandes 40 sociétés françaises cotées ont payé l’an passé 33
milliards d’euros aux différents fiscs des pays dans lesquels elles travaillent. Cette somme est
équivalente au total des dividendes qu’elles versent à leurs actionnaires. Les Etats profitent
donc autant que leurs propriétaires de l’existence des multinationales françaises. Cependant le
détail des impôts payés par chaque groupe dans chacun des pays est inconnu.
« Collectés sur les revenus, la consommation, la propriété et les bénéfices, les impôts
depuis des siècles ont été la première source alimentant les fonds publics et l'une des
pierres angulaires dans le processus de construction de nos sociétés. Sans l'impôt, nous
n'aurions pas de système juridique, de police et d'armée, d'enseignement public, de santé
publique, de routes ou d'autres programmes sociaux. Les impôts servent aussi à assurer
une certaine répartition des revenus, l'égalité des chances et des conditions de vies
minimales. En résumé, dans n'importe quelle société et économie modernes, il est
nécessaire que l'Etat dispose d'assez de recettes pour financer les infrastructures physiques
et sociales essentielles à la prospérité économique, au développement, à la stabilité et à la
sécurité……
Les impôts prélevés sur les bénéfices des sociétés ont joué un rôle majeur dans le
développement des économies du vingtième siècle. On peut parler d'un cercle vertueux: les
entreprises ont financé les états dans leur ensemble, qui ont à leur tour engendré la
prospérité des entreprises commerciales.
L’impôt sur les sociétés représente aujourd’hui en France moins de 20% des recettes de
l’Etat. Son montant annuel moyen est d’environ 50 Milliards d’€. Mais en 2009, en raison
d’une part de la crise financière et économique, et d’autre part du remboursement anticipé
des crédits de « carry-back » et d’impôt recherche, sa collecte a pratiquement été divisée
par deux, à 30 Milliards d’€. De sorte qu’il devient la rémunération variable de l’Etat, son
« intéressement à la bonne marche des entreprises ».
Le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) détermine le niveau de la ponction exercée par les
pouvoirs publics sur le résultat généré par l’entreprise. L’Etat justifie cette ponction par le fait
qu’il est indirectement en partie responsable de cette richesse, grâce aux
infrastructures (au sens large : administration, réseau routier, système juridique…) qu’il
met à la disposition de ces dernières.
Un taux trop élevé d’imposition sur les bénéfices des sociétés pénalise les entreprises
installées en France par rapport aux entités étrangères dans la compétition internationale : il
réduit les moyens disponibles pour financer la croissance de l'entreprise et assurer sa
compétitivité.
15
« Le beurre et l’argent du beurre : comment les multinationales échappent à la redistribution fiscale »,
Confédération Internationale des Syndicats Libres, juillet 2007, p.17 et 40
Par contrecoup, son niveau constitue un critère d'appréciation fondamental pour les
investisseurs internationaux, attentifs à maximiser la rentabilité nette de leurs
investissements16. Si la fiscalité n’est certes pas le seul critère dans la décision de
localisation des sièges internationaux, il s’agit néanmoins d’un critère de toute
première importance rappelait l’OCDE dans son dernier rapport sur la France.
Or les évolutions enregistrées chez nos partenaires européens depuis quelques années
révèlent une dégradation de la position française en matière d’impôt sur les sociétés :
16
Au point que chaque année dans son rapport Doing Business, la Banque mondiale dresse à destination des
investisseurs le palmarès des pays dont le climat est jugé le plus propice pour les affaires, et fait du taux
d’imposition sur les entreprises un élément clé du palmarès.
17
Etude KPMG « Choix Concurrentiels 2008 » qui a été réalisé auprès de 136 villes du monde
Nb : Le taux réduit au profit des PME est un mécanisme utilisé par nos principaux partenaires
européens, la France se distinguant toutefois par un taux certes plus attractif mais applicable à
une tranche de bénéfice plus faible. Ce taux réduit d’imposition vise principalement à
favoriser le développement des fonds propres des PME, qui ont plus de difficultés que les
grands groupes à recourir aux marchés financiers ou aux prêts bancaires pour se développer.
Elles viennent s’ajouter au taux de base mais concernent uniquement les grandes entreprises.
Il s’agit de :
18
En raison du champ d’application très réduit de la Contribution Sociale sur les Bénéfices Aubry (elle ne
concerne que les grandes entreprises), elle ne sera pas évoquée dans ce cours
19
Dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le 1er novembre 2014, il devient commissaire européen aux
Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l'Union douanière au sein de la commission Juncker.
Pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2011 (et jusqu’au 30 décembre 2015), les
entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés, dont le chiffre d’affaires hors taxes excède
250 M€, ajusté en fonction de la durée de l’exercice, devront payer en même temps que le
solde de l’IS, une contribution exceptionnelle égale à 5 % puis 10,7% (à partir de 2013) du
montant de l’IS dû. Il n’y a pas d’acomptes de cette contribution à payer.
L’IS à prendre en compte est l’IS brut avant imputation des créances fiscales (crédit d’impôt,
réductions…).
Exemple : Une société dont l’exercice comptable coïncide avec l’année civile, a réalisé un
chiffre d’affaires hors taxes de 300 M€ en 2011. Son bénéfice fiscal imposable au taux de
droit commun s’élève à 1 800 000 €.
La 2eme Loi de finances rectificative pour 2012 institue une contribution additionnelle à l'IS
de 3 % sur les montants distribués par les sociétés passibles de l'IS (loi art. 6 E ; CGI art.
235 ter ZCA nouveau).
Cette nouvelle contribution s'applique aux montants distribués dont la mise en paiement
intervient à compter du 17 août 2012, date de publication de la loi.
Il existe des dispositifs d'exonération d'impôt sur les bénéfices applicable notamment en
zones franches urbaines (CGI art. 44 octies A). Le régime, qui devait prendre fin en 2014, est
prorogé pour six années jusqu'au 31 décembre 2020.
1) Période d’exonération
2) Plafonds d'exonération
A compter du 1er janvier 2015, le bénéfice exonéré ne peut pas excéder 50 000 € par
contribuable et par période de 12 mois, majoré de 5 000 € par nouveau salarié embauché à
compter du 1er janvier 2015, domicilié dans un quartier prioritaire de la politique de la ville
ou dans une zone franche urbaine et employé à temps plein pendant une période d'au moins 6
mois.
Nb : autres dispositifs :
Les entreprises nouvelles soumises à un régime réel d'imposition et implantées dans les zones
d'aide à finalité régionale (ZAFR) jusqu'au 31 décembre 2020 peuvent, sous certaines conditions,
bénéficier d'une exonération d'impôt sur les bénéfices (IR ou IS) pendant 2 ans, puis d'un
abattement dégressif au titre des trois années suivantes (75 %, 50 %, 25 %) (CGI art. 44 sexies).
Un régime d'allégement des bénéfices (IR ou IS) a été institué en faveur des entreprises créées ou
reprises dans les zones de revitalisation rurale (CGI art. 44 quindecies) jusqu’au 31 décembre
2015.
Les sociétés d'investissement immobilier cotées (SIIC) dont l'objet principal est l'acquisition
ou la construction d'immeubles en vue de la location bénéficient d'un régime particulier (CGI
art. 208 C à 208 C ter). Leurs bénéfices sont exonérés d'impôt sur les sociétés. En
contrepartie, les SIIC ont une obligation de distribuer 95% des bénéfices à leurs actionnaires (
95 % des revenus tirés de la location des immeubles et 60 % pour les plus-values de cession
d'immeuble).
L'IS étant une recette pour l'état, son paiement fait l'objet d'une réglementation stricte avec
des dates d'échéances impératives qui, si elles ne sont pas respectées, donnent lieu à des
pénalités.
Il convient de procéder en six étapes : versement de quatre acomptes en cours d’année, calcul
et enregistrement de l’IS de l’année en fin d’année, et versement du solde en début d’année
suivante.
A) Principe
Remarques : (1) Quelle que soit la date de clôture. Une majoration de 10% est appliquée aux
sommes non réglées le 15 du mois suivant la date d’exigibilité. Conséquence : les entreprises
ont légalement jusqu’au 15/3, 15/6, 15/9 et 15/12 pour effectuer les règlements au Trésor.
(3) Les PME dont le chiffres d’affaires est inférieur à 7,63 millions d’euros (et
dont le capital est détenu à 75% au moins par des personnes physiques) bénéficient d’un taux
réduit d’IS de 15% à hauteur de 38 120 euros de bénéfices. Elles peuvent donc calculer
chacun des acomptes au taux de 3.75% (soit 15/4) pour la fraction des bénéfices inférieure à
38 120, et au taux de 8,33% pour la fraction du bénéfice qui excède cette somme.
Exemple : une PME, qui entre dans le champ d’application du taux réduit d’IS a réalisé en
2005 un résultat fiscal de 50 000 euros. Chacun des acomptes à verser en 2006 est égal à :
Les sociétés peuvent anticiper l'impôt de l'exercice en cours et, sous leur responsabilité, réduire
le montant des acomptes normalement exigibles.
Ainsi, la société qui estime que le montant des acomptes déjà versés est égal ou supérieur à
l’impôt total (au taux de 33,33% et de 15%) dont elle s’estime redevable peut se dispenser
d’effectuer de nouveaux versements d’acomptes. Si par la suite, cette estimation est reconnue
inexacte, la majoration de 10% pour défaut de paiement est appliquée aux sommes qui n’ont
pas été versées aux échéances prévues. Les entreprises doivent donc être sûres d'elles avant de
réduire le montant des acomptes.
Si le résultat fiscal de référence est un déficit, la société n’est pas tenue de verser d’acomptes.
A la fin de l’exercice, après avoir déterminé son résultat fiscal, la société calcule le montant
global de l’IS dont elle est redevable :
- au taux réduit de 15% à hauteur de 38 120 et au taux de droit commun de 33,33%
au delà si l’entreprise remplit les conditions pour bénéficier du taux réduit;
-au taux de droit commun de 33,33% sur la totalité du résultat si elle ne bénéficie pas
du taux réduit ;
Puis elle l’enregistre au débit du compte 695 (rubrique « impôts sur les bénéfices » du compte
de résultat) par le crédit du compte 444.
Il convient d’imputer sur l’IS brut les éventuels crédits d’impôts, à savoir le CIR (crédit
d’impôt recherche) et le Cice (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi).
Entré en vigueur le 1er janvier 2013, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (Cice) est une réduction de
l'impôt sur les sociétés (IS). Il s'élève en 2013 à 4 % des rémunérations versées cette année entre 1 SMIC et 2,5
SMIC, et 6 % à partir de 2014.
Les entreprises imputent le crédit d'impôt dont elles bénéficient au titre des salaires versés une année donnée (N)
sur l’IS du au titre de la même année. L’imputation se fait au moment du paiement du solde, en N+1. Pour celles
qui ne paient pas d'IS, ou pour lesquelles le crédit d'impôt est supérieur à l'IS dû, la créance sur l'Etat est reportée
sur l'impôt payé les années suivantes. Si une entreprise ne paie pas d'IS pendant trois années de suite, elle peut
alors obtenir un chèque du fisc au titre du crédit d'impôt.
Toutefois, la créance de CICE est immédiatement remboursable, lorsqu'elle est constatée par les entreprises
suivantes (CGI art. 199 ter C) :
- les PME au sens de la réglementation communautaire (effectif salarié inférieur à 250 personnes et, soit un CA
annuel n'excédant pas 50 M€, soit un total de bilan n'excédant pas 43 M€) ;
- les entreprises nouvelles, pour les créances constatées au titre de l'année de création et des quatre années
suivantes (voir ci-après) ;
- les jeunes entreprises innovantes ;
- les entreprises faisant l'objet d'une procédure de conciliation ou de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de
liquidation judiciaire.
En outre, pour que la mesure bénéficie dès 2013 aux entreprises, et notamment aux PME, un système de
préfinancement piloté par la Banque publique d'investissement (Bpifrance) a été mis en place. Les entreprises qui
le souhaitent peuvent bénéficier d'un apport de trésorerie. Elles ont cependant moins eu recours à cette avance
(qui, dans les faits, est payante) que ce que prévoyait Bercy.
Instauré dans la foulée du rapport Gallois sur la compétitivité, le Cice vise à la fois à améliorer la position des
entreprises exportatrices et à favoriser l'emploi peu qualifié. D’ailleurs, il bénéficie proportionnellement plus aux
entreprises non exportatrices (79 % de leur masse salariale est concernée) qu'aux entreprises exportatrices (58
% de la masse salariale). Ces dernières ont, en effet, en moyenne, une main-d'oeuvre plus qualifiée - et donc
plus chère. Comme le crédit d'impôt ne joue pas au-delà de 2,5 SMIC, elles sont, mécaniquement, moins
concernées que les autres. Compte tenu de son poids dans l'emploi, l'industrie manufacturière est la première
bénéficiaire : elle recevra un peu plus de 18 % du crédit d'impôt. Le commerce arrive juste derrière.
DEBIT CREDIT
31/12/N
444 Crédit d’impôt 10 000
695 CICE 10 000
3) Liquidation
Le versement du solde (c’est-à-dire le montant de l’IS sous déduction des acomptes déjà
versés) a lieu dans les 4 mois de la clôture de l’exercice. Une majoration de 10% s’applique si
le solde n’est pas versé le 15 du mois suivant la date d’exigibilité. Par exemple, pour une
société dont l’exercice est clos le 31/12/N, le solde de liquidation est exigible le 30 avril
suivant, la majoration étant appliquée, le cas échéant, aux sommes non réglées le 15 mai20.
Si la société a versé sous forme d’acomptes une somme supérieure à l’impôt dont elle est
redevable en définitive, l’excédent lui est remboursé, à moins qu’elle ne l’impute sur les
acomptes à venir.
En effet, si cette affaire s’est traduite par un impact négatif de 4,9 milliards d’euros sur les
comptes de la banque, elle a eu également pour conséquence une perte de recette d’IS de
2,2 milliards pour l’Etat.
La situation globale des acomptes et du solde peut être résumée à l’aide du schéma page 9.
20
L’article 20 de la loi de finances rectificative pour 2013 met fin à une situation « anti chronologique » et
prévoit désormais que, pour les entreprises dont l’exercice coïncide avec l’année civile, la date de dépôt du
relevé de solde d’IS et la date de paiement de ce solde sont reportées au 15 mai et ce, afin d’être concomitantes
avec la date limite de dépôt de la déclaration de résultat (entre le 18 et le 20 mai).
31/12/N-1 31/12/N
15/4/N 15/05/N+1
15/3/N 15/06/N 15/09/N 15/12/N 15/03/N+1
SOLDE IS N
1° acompte N
4° acompte N
8,33% du RF N-2
8,33% du RF N-1
1° acompte N+1
8,33% du RF N-1
3° acompte N
Solde IS N-1
8,34% du RF N-1
2° acompte N
(16,66 % du RF N-1) – (1°acompte)
G) Application
1) Enoncé
On considère que la société remplit les conditions pour bénéficier du taux réduit d’IS.
2) Solution
DEBIT CREDIT
15/03/N
444 1er acompte 38 120 x 3.75% + (100 000 – 38 120) x 8.33% 6 584
512 6 584
15/06/N
ème
444 2 acpte (38 120 x 7.5%) + (120 000 – 38 120) x 16.66% - 6 584 (1) 9 916
512 9 916
15/09/N
444 3ème acompte 38 120 x 3.75% + (120 000 – 38 120) x 8.34% 8 258
512 8 258
15/12/N
444 4ème acompte 38 120 x 3.75 % + (120 000 – 38 120) x 8.33% 8 250
512 8 250
31/12/N
695 IS N (2) 43 011
444 43 011
ème
(1) ou : 2 acompte normal 38 120 x 3.75 % + (120 000 – 38 120) x 8.33% = 8 250
et régularisation du 1er acompte (120 000-100 000) x 8,33% = 1 666
---------
Total 9 916
SOLDE 10 003
Règlement du solde :
DEBIT CREDIT
15/05/N+1
444 Solde = 43 011 – 33 008 10 003
512 10 003
Source : CPO, d’après OCDE. Lecture : en 2008, le taux de l’impôt sur les sociétés de la France est supérieur de 7 points à
celui de l’UE15.
Cependant, après 16 années de baisse continue, les taux d’impôts dans le monde se sont
stabilisés aux environs de 25 % en 2009, et un peu moins dans l’Union Européenne (23,04%
en raison des pays ayant rejoint ce groupe récemment) :
21
Les Echos, Renégocier c’est possible, O. Lafontaine et P Larrouturou, 25 mai 2005
22
Aujean M. , « Fiscalité des entreprises dans l’Union Européenne »
D’autant plus que les 10 nouveaux états membres (qui pèsent 5 % du PIB européen) affichent
des taux d’imposition généralement inférieurs à 20% (l’Estonie ne les taxe pas du tout), ce
dont la France et l’Allemagne se sont émues lors du troisième conseil des ministres franco-
allemand qui s’est tenu en mai 2004 à Paris25. En effet, leur taux moyen d’IS est de 20.6 % en
2005, contre 30.1 % pour les anciens états membres.
« Ils (les 10 nouveaux états membres) abaissent la pression fiscale sur une base (une assiette
fiscale) faible (puisqu’ils sont petits), et espèrent obtenir une forte hausse de leur base fiscale
en attirant les entreprises de grande taille et en localisant les profits des grands groupes chez
eux. Ce processus est inquiétant parce qu’il est auto-entretenu : si la concurrence fiscale est
efficace, elle attire dans les pays qui la pratiquent des investissements directs, donc des
profits…. La forte hausse de la base fiscale qui en résulte conduit à la stabilisation des
recettes fiscales et permet de poursuivre la baisse des taux d’imposition, fondant la thèse de
23
Environ 1.000 sociétés étrangères ont choisi de s’installer dans l’île en vertu du taux compétitif de 12,5%.
Parmi elles, des poids lourds américains tels Google, IBM, Microsoft, Dell, Bank of America, Intel ou encore
Apple. Ces géants étrangers assurent la majorité des exportations.
24
Rapport N°40 du Conseil d’Analyse Economique p.6
25
Les Echos du 14/05/2004 « Schröder et Chirac veulent s’attaquer au dumping fiscal des nouveaux pays
membres ».
D’ailleurs dés 1992 le comité Ruding27 d’experts indépendants préconisait « une harmonisation
poussée des taux de l'impôt sur les sociétés en suggérant un taux minimal de 30 % afin d'éviter une
concurrence destructrice entre Etats-membres28 » et un taux maximal de 40%.
Pour répondre à cette concurrence, l’Allemagne, a annoncé fin 2006 un projet d’abaisser à
29.8% le taux global d’IS en 2008. La France doit elle suivre cette escalade alors qu’elle se
retrouve en 2008 avec le taux le plus élevé de l’UE et même si la littérature aussi bien
théorique qu’empirique souligne qu’un pays central, ouvert, où la main d’œuvre est qualifiée
et où les infrastructures sont de qualité, peut conserver un taux d’imposition plus élevé que
ses concurrents sans voir fuir ses entreprises à l’étranger ?
26
P. Artus, directeur de la recherche et des études chez Ixis CIB, Enjeux les Echos, février 2005, p.16
27
Ruding Report, « Report of the Committee of Independent Experts on Company Taxation », 1992
28
MARINI (Philippe), Rapporteur général RAPPORT D'INFORMATION de la COMMISSION DES FINANCES du
Sénat n° 483 (98-99), « La concurrence fiscale en Europe : une contribution au débat »
29
Saint-Étienne C. et Le CacheuxJ. (2005), « Croissance équitable et concurrence fiscale
Rapport du Conseil d’Analyse Economique n°56, p.70-71
RPO 2012
Le rapport le plus récent32 signale que « Le choix du maintien d’un taux d’IS élevé mais d’un
mitage de son assiette isole la France au sein de l’UE ».
30
Aujean M. op. cité,p. 40
31
Tableau de bord de l’attractivité de la France, Agence française pour les investissements internationaux, mai
2006, troisième édition
32
Rapport du Conseil des Prélèvements obligatoires d’octobre 2009 sur « Les Prélèvements obligatoires des
entreprises dans une économie globalisée », Cf. La synthèse du rapport en annexe
Mais la concurrence fiscale se joue aussi, et surtout, à l’extérieur de l’UE. Ainsi en Suisse
certains cantons (notamment Zoug qui abrite 10 000 holdings de pure forme) exonèrent totalement ou
partiellement les entreprises de l’IS de sorte que « ces dernières années de nombreuses grandes
sociétés comme Google, Yahoo, Nissan, Colgate, Philip Morris ou Procter & Gamble y ont installé
leur siège européen33 ».
Google aurait économisé 3,1 milliards de dollars ces trois dernières années dans la zone EMEA (Europe,
Afrique, Moyen-Orient), par un système d’« optimisation fiscale » adopté, selon Bloomberg, par plusieurs
centaines d’autres entreprises. L’agence affirme que Google aurait fait baisser son taux d’imposition global de
35 % à 2,4 %. A l’origine de ce système : un accord en 2006 entre le moteur de recherche et le Trésor américain
permettant à Google de licencier ses droits sur sa technologie et sa propriété industrielle à une filiale basée aux
Bermudes, Google Ireland Holdings. Celle-ci facture ses services à Google Ireland, qui commercialise les
services de Google en Europe, en profitant des avantages fiscaux irlandais. Toutes les recettes publicitaires de
Google en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient convergent ainsi vers l’Irlande, puis sont redirigées vers une
structure aux Pays-Bas, les exonérations irlandaises ne s’appliquant que vers un autre pays européen. Un
procédé que les fiscalistes désignent comme le « double irlandais ». La législation néerlandaise permet
ensuite de réexpédier les recettes à 99,8 % vers les Bermudes. On parle alors de « sandwich néerlandais ».
Google a réagi en expliquant à Bloomberg, via sa porte-parole Jane Penner, que ses pratiques étaient « très
proches de celles exercées par d’autres entreprises mondiales dans de nombreux secteurs » et que le
groupe ne violait pas les lois. Selon Bloomberg, les sociétés technologiques comme Microsoft, Apple ou IBM,
utilisant le même procédé, obtiendraient au final des taux d’imposition variant entre 4,5 % et 25,8 %. Facebook
aurait aussi l’intention d’utiliser le même système pour ses activités européennes. Les Echos du 25/10/2010.
33
« Bras de fer entre Bruxelles et Berne sur la fiscalité », Les Echos, 6 juin 2008
De même, « Il y a un immeuble qui abrite plus de 12 000 entreprises dans les Îles Caïmans, soit c’est
le plus grand immeuble du monde, soit il s’agit de la plus grande évasion fiscale au monde. » Barack
Obama, 5 janvier 2008.
Pourtant, les Etats-Unis recèlent un paradis fiscal, l’état du Delaware (Cf. annexe 4) :
Dans le schéma classique, la relation commerciale internationale ne fait intervenir que deux
sociétés : celle de fabrication du produit dans le pays d’origine, et celle de la vente dans le
pays de destination ou un nombre un peu plus élevé, mais toujours restreint, d’entités - un
exportateur, un importateur, un grossiste et un détaillant.
Le trajet réel de la banane, par rapport aux transactions financières qu’elle génère, est
révélateur de cette évasion fiscale (source : ccfd-terresolidaire.org) :
On atteint ainsi des aberrations : Jersey exportateur mondial de bananes ; la Suisse premier
négociateur de matières premières, dont le pétrole ; le Luxembourg premier investisseur
d’Europe hors Union européenne et première destination des investissements en Europe…..
Selon un rapport du Sénat Etat-Unien de mai 2013, « Apple a utilisé de multiples structures, arrangements et
transactions offshore pour distraire des milliards de dollars de profits des Etats- Unis vers l’Irlande, où Apple a négocié un taux
d’imposition sur les sociétés spécial, inférieur à 2%. Le géant du Net joue avec les failles du système pour paye rmoins de taxes en toute
légalité. Ainsi, fort de 102milliards de dollars de cash stocké dans ses filiales étrangères, Apple vient de lever 17milliards de dette pour ses
actionnaires aux Etats-Unis : cela lui coûte moins cher que s’il rapatriait ses bénéfices et devait payer l’impôt sur les sociétés. Pour le
rapatriement, il attend, comme beaucoup d’autres, une loi d’amnistie... » (Les Echos, 22/5/2013) :
Il convient cependant de rappeler que les groupes français très internationalisés ne payent pas
l’intégralité de leur IS en France, en vertu du principe de territorialité.
De même, le taux d’IS de ces groupes peut différer du taux français, en raison des écarts de
taux entre les pays et/ou de l’optimisation des bases d’imposition comme l’illustre le cas
Danone : (RA 2007, p. 116). Celui-ci constate même un produit d’impôt de 21 M€ d’IS en
France en 2007, sur un total de 410, alors qu’il y réalise 29% de son chiffre d’affaires, et son
taux global d’imposition est de 29.91% en 2007 et même 18,75% en 2006.
De même, certains se sont émus que Total ne paye pas d’IS. Or c’est faux : la société Total
paye 49% d'impôt sur les sociétés, mais aux Etats étrangers !
Voici les chiffres consolidés (monde entier) de Total pour 2010 (en millions d'Euros):
- Chiffre d'affaires : 159 269
- Bénéfice avant impôt : 20 799
- Impôt sur les sociétés (IS) : 10 228
- Bénéfice net = 10 571
- Taux d'imposition : (10228/20799) = 49% très supérieur au taux français.
(cf. page 173 du document de référence 2010 du Groupe Total)
Certes, aucun impôt sur les sociétés n'est payé en France pour deux raisons :
- le groupe n’y fait pas de bénéfices, le raffinage en France étant bien moins rentable que
l'exploration/production à l’étranger
En outre, les contrats avec les pays producteurs sont soumis à une clause de
confidentialité, ce qui interdit à Total de préciser, même par zone géographique, le
montant de ses profits, impôts etc.
De manière plus générale, le Rapport du CPO d’octobre 2009 (comme d’ailleurs une étude
du Trésor Public de 201134) affirme (p. 159) que les grandes entreprises sont
comparativement moins taxées que les PME, malgré l’existence du taux réduit d’IS, et que
les entreprises de taille intermédiaires et l’explique par une moindre aptitude des
entreprises moyennes à optimiser leur fiscalité ou bénéficier des aides publiques.
Trois ans plus tard, les derniers travaux de la Direction générale du Trésor, présentés mi-
février 2014 à l’occasion des Assises de la fiscalité, aboutissent eu aussi à un constat
radicalement différent36 de la précédente étude de 2011. L’écart persiste au bénéfice des
grands groupes, mais il s’est réduit très sensiblement pour ne plus représenter que 6 points si
l’on retient les seules entreprises bénéficiaires (ce que ne faisait pas la précédente étude):
34
Lettre Trésor Eco n° 88, juin 2011 « Le taux de taxation implicite des bénéfices en France »
35
Les taux d’imposition exposés apparaissent cependant calculés sur des comptes consolidés mondialement dans ce calcul.
Les taux d’imposition sur comptes français des grandes entreprises ne diffèrent pas sensiblement de ceux des autres
catégories d’entreprises dans les calculs faits par ailleurs par la Banque de France (La situation des entreprises en 2008,
Grandes entreprises, petites et moyennes entreprises : des profils différenciés face à la crise. Bulletin de la Banque de France.
N°178. 2009)
36
L’étude du Trésor de 2014 intègre les mesures fiscales visant les entreprises votées depuis 2012 et dont l’objectif était
d’alourdir la charge fiscale sur les plus grosses d’entre elles : réduction de la déductibilité des charges financières, limitation
du report en avant des bénéfices, surtaxe d’impôt sur les sociétés, réduction de la « niche Copé » (mais n’intègre pas le CIR
ni les 20 milliards de crédit d’impôt du Cice).
Non traitée
L’attractivité d’un pays peut être approchée par les flux d’IDE, mais avec beaucoup de réserves méthodologiques.
La France était au troisième rang mondial pour l’accueil des IDE entrants en 2006 (157 Md€), mais également pour les
IDE sortants (225 Md€), signe d’une économie très ouverte sur le monde.
Au final, si les prélèvements obligatoires de la France sont élevés, ce désavantage semble compensé par les facteurs
géographique et économique qui priment dans les arbitrages d’investissement.
Le taux nominal de l’IS est considéré comme la vitrine du système d’imposition des entreprises.
Or la France présente le deuxième taux le plus élevé de l’UE, derrière Malte, malgré des efforts de baisse depuis 10 ans,
mais demeurant inférieurs à ceux des autres États membres. Son taux implicite d’imposition (recettes de l’IS rapporté à
l’excédent net d’exploitation) est également le deuxième plus élevé.
En revanche, le poids de l’imposition des bénéfices dans la richesse nationale est un des plus faibles de l’UE, et
ses taux effectifs, qui permettent de mieux rendre compte des règles d’assiette, la placent dans une position intermédiaire.
Le choix du maintien d’un taux d’IS élevé mais d’un mitage de son assiette isole la France au sein de l’UE.
Les autres grands États membres ont en effet baissé leur taux d’IS et élargi corrélativement ses bases, en réduisant les
possibilités d’amortissement dégressif ou dérogatoire (Allemagne), ou en limitant les charges déductibles (Allemagne,
Espagne, Italie).
Annexe 3
Publicité pour les sociétés « offshore » sur le site internet d’une fiduciaire Suisse
La société est "offshore" lorsqu'elle a établi son siège social dans un pays dans lequel elle n'exerce aucun
commerce et dont les dirigeants responsables n'y sont pas domicilés.
Une société offshore est par définition une société non-résidente. Pour bénéficier des avantages fiscaux
offerts, une société offshore ne doit pas travailler dans le pays dans lequel elle est installée, et n'utilise
absolument pas son économie : pas de main d'œuvre locale, pas de financement en provenance d'une banque
locale, pas d'aides publiques, etc... La société offshore est souvent représentée par un correspondant local et
est toujours dirigée depuis l'extérieur.
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L'usage d'une société Offshore convient essentiellement aux activités immatérielles telles que la vente de
brevets ou de licences, le conseil, le courtage, ainsi que les prestations de services. Cependant, presque
toutes les activités peuvent s'accompagner d'une société Offshore pour optimiser leur fiscalité. Après un
premier rendez-vous, nous serons à même de vous conseiller au mieux sur le choix de la juridiction et
éventuellement le montage en fonction de la complexité des transactions.
Une société Offshore convient tant aux personnes fortunées soucieuses d'optimiser leur fiscalité, qu'aux
consultants seuls ou aux entrepreneurs désirant démarrer une activité à moindre frais.
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Une juridiction particulièrement attractive pour ses services et sa législation dans le secteur offshore.
Depuis 1965 l’Etat américain du Delaware a permis la mise en place de ces structures offshore.
l’Etat du Delaware est parmis tous les états américain, le plus attrayant de tous pour les acteurs du monde
des affaire.
Cet Etat est reconnu comme le plus favorable à l’investissement et au capitalisme libéral. C’est l'endroit
incontournable pour s’installer sur le continent nord-américain.
Le système judiciaire développé des Etats-Unis permet de s’assurer au mieux contre les litiges
commerciaux.
Lors du G20, le premier ministre du Grand Duché du Luxembourg s’est plaint que sur la liste noire de
l’OCDE ne figure pas le Delaware, le Wyoming et le Nevada – ces Etats des Etats-Unis permettant à des
sociétés offshore de s’implanter en toute quiétude.
La concurrence fiscale entre pays visant à attirer des résidents fiscaux et des entreprises internationales
est une réalité fondamentale outre-Atlantique. De plus, imposer des normes fiscales, juridiques
identiques à tous les États des Etats-Unis est contraire à l'esprit américain.
Il s’agit là d’une des raisons pour lesquelles l’Administration US n'est pas aussi pressée que d'autres à
combattre les paradis fiscaux.
Les Etats-Unis sont un État fédéral ; Les citoyens comme les entreprises doivent compter avec les
différences de législation et de taxation entre les États fédérés.
C'est ainsi que le petit État du Delaware (870 000 habitants) est devenu un géant mondial en tant que
terre d'accueil des sociétés ; 40 % des entreprises cotées à la Bourse de New York y sont installées.
La jurisprudence du Delaware est bien disposés à l'égard des directions des entreprises, dans les cas de
plaintes d'actionnaires, dans les cas d'O.P.A., et en matière de protection des droits des consommateurs
américains.
Les états financiers d'une société enregistrée au Delaware n'ont pas besoin d'être physiquement tenus sur
le territoire de l'État.
Il s’agit là d’un paradis fiscal qui n'a pourtant rien à voir avec les notions de secret bancaire souvent
associées aux centres offshore.
• La LLC n’est pas soumise à l'impôt Fédéral des Etats-Unis (IS: 0%) quand elle est détenue par des
actionnaires non-résidents, ne conduisant pas d’affaires aux Etats-Unis et n’ayant aucune source de
revenu aux Etats-Unis.
• Les sociétés LLC des États Unis sont des « véhicules populaires » dans la conduite des affaires
internationales.
• Faible coût de constitution et d'administration de la société.
• Pas de dépôt de comptabilité.
• Délais de constitution rapides.
• Souplesse de fonctionnement de la société offshore.