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Résolution des Équations aux Dérivées Partielles

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Chapitre 2

Résolution des équations aux dérivées


partielles

I Introduction sur les équations aux dérivées partielles

II Résolution des EDP par la méthode de séparation des variables

III Résolution des EDP par la méthode de la transformée de Laplace


1 Rappels sur la transformée de Laplace
a) Définition et exemple
D ÉFINITION 1. Soit f : R → C une fonction telle que f (t) = 0, pour tout t < 0. La transformée de
Laplace de la fonction f , notée L ( f ), est la fonction à variable complexe s définie par
Z +∞
L ( f ) (s) := f (t)e−st dt,
0
pour tout s ∈ C tel que l’intégral ci dessous existe.
L’application L : f → L( f ) s’appelle la transformation de Laplace.
(
0 si t < 0
E XEMPLE 1. Considérons la fonction d’Heaviside H définie sur R par H(t) = . Soit s ∈ C
1 si t ≥ 0
tel que Re(s) > 0. Pour R > 0, on a
Z R
1  −st  R
e−st dt = e 0
0 s
−1 −sR 
= e −1 .
s
Z R
−sR − Re(s) R 1
D’autre part e =e −→ 0. Par suite, lim e−st dt = . En résumé,
R→+∞ R→+∞ 0 s
1
L (H) (s) = , pour tout s ∈ C tel que Re(s) > 0.
s

R EMARQUE 1. La transformée de Laplace est utilisée souvent pour résoudre des problèmes avec conditions
initiales, c’est pourquoi on travaille en générale avec des fonctions définies sur R+ . Dans la cas où f : R → C,
la transformée de Laplace de f est définie par
Z +∞
L ( f ) (s) := f (t) · H(t)e−st dt.
0

1
b) Une condition suffisante d’existence de la transformée de Laplace
P ROPOSITION 1. Soit f : R+ → C une fonction continue par morceaux vérifiant

| f (t)| ≤ Me βt ; pour tout t ≥ t0 ,

où M, t0 ≥ 0 et β ∈ R. Alors, L ( f ) (s) existe pour tout s ∈ C tel que Re(s) > β.

D ÉFINITION 2. Une fonction f : R → C est dite fonction objet si


1. f est continue par morceaux,
2. f est causale : f (t) = 0 pour tout t < 0,
3. f est exponentiellement bornée : il existe M, t0 ≥ 0 et β ∈ R tels que

| f (t)| ≤ Me βt ; pour tout t ≥ t0 .

Le réel β s’appelle un ordre exponentiel de la fonction f .


L’ensemble des fonctions objets est noté O .

E XEMPLES 1.
1. La fonction d’Heaviside est une fonction objet.
2. La fonction t 7→ sin(t) · H (t) est une fonction objet.
2
3. La fonction t 7→ et · H (t) n’est pas une fonction objet.

c) Transformée de Laplace des fonctions usuelles


P ROPOSITION 2. Soient α ∈ C, ω ∈ R et n ∈ N∗

f (t) L( f )(s) Domaine de définition de L( f ) (Cv. absolue)

α
α Re(s) > 0 (C si α = 0)
s
s
cos(ωt) Re(s) > 0
s2 + ω 2
ω
sin(ωt) Re(s) > 0
s2 + ω2
1
eαt Re(s) > Re(α)
s−α
s
cosh(ωt) Re(s) > 0
s2 − ω2
ω
sinh( at) Re(s) > 0
s2 − ω 2
n!
tn Re(s) > 0
s n +1

2
d) Propriétés
Linéarité
Soient α, β, α ∈ C.
P ROPOSITION 3. Supposons que L ( f ) (s) et L ( g) (s) existent pour un élément s ∈ C, alors L (α f + βg) (s)
existe et on a :
L (α f + βg) (s) = αL ( f ) (s) + βL ( g) (s).

E XEMPLE 2. Considérons la fonction f (t) = eit . On a


 
L eit (s) = L (cos(t) + i sin(t)) (s)
= L (cos(t)) (s) + i L (sin(t)) (s)
s i
= 2 +
s + 1 s2 + 1
1
= .
s−i
Homothétie (Changement d’échelle)
P ROPOSITION 4. Soit λ > 0 et f : R → C une fonction objet. Alors,
1 s
L ( f (λt)) (s) = L ( f (t)) .
λ λ

s
E XEMPLE 3. Soit f : R → C une fonction admettant la transformé de Laplace L ( f (t)) (s) = . Alors,
s2 +3
s
1 s
L ( f (3t)) (s) =  32 = 2 .
3 s s + 27
+3
3
Translation
P ROPOSITION 5. Soit a > 0 et f : R → C une fonction objet. Alors,

L ( f (t − a)H(t − a)) (s) = e−as L ( f (t)H(t)) (s).

E XEMPLES 2.  
cos t − 2π , si t ≥ 2π

1. Considérons la fonction f définie par f (t) = 3 3 . Alors,


0 sinon


L ( f (t)) (s) = e− 3 s L (cos(t)) (s)
− 2π s
=e 3 s .
2
s +1
2.
L (t − 1)2 H(t − 1) (s) = e−s L t2 H(t) (s)
 

2e−s
= 3 .
s
Multiplication par eαt
P ROPOSITION 6. Soient α ∈ C et f : R → C une fonction objet. Alors,

L eαt f (t) (s) = L ( f (t)) (s − α).

3
E XEMPLES 3.
1.  
L e−4t t2 (s) = L t2 (s + 4)


2
= .
( s + 4)3
2.
L e2t sin(3t) (s) = L (sin(3t)) (s − 2)


3
= .
( s − 2)2 + 9
Fonctions périodiques

P ROPOSITION 7. Soit f : R → C une fonction objet et T −périodique. Alors,


Z T
1
L ( f (t)) (s) = f (t)e−st dt.
1 − e−sT 0

E XEMPLE 4. Considérons la fonction f (t) = |sin(t)|. On a

1
Z π
L ( f (t)) (s) = sin(t)e−st dt.
1 − e−sπ 0

Or
−1 
Z π  Z π 
−st −st π −st

sin(t)e dt = sin(t)e 0
− cos(t)e dt
0 s 0
−1 
 Z π 
−st π −st

= 2 cos(t)e 0
+ sin(t)e dt ,
s 0

e−πs + 1
Z π
donc sin(t)e−st dt = et par conséquent
0 s2 + 1
e−πs + 1
L ( f (t)) (s) = .
(1 − e−sπ )(s2 + 1)
Conjugué

P ROPOSITION 8. Soit f : R → C une fonction admettant une transformée de Laplace. Alors, f admet une
transformée de Laplace, de plus  
L f (t) (s) = L ( f (t)) (s).

Produit de Convolution

D ÉFINITION 3. Soient f et g deux fonctions objets. Le produit de convolution de f et g est la fonction définie
par
Z t
( f ⋆ g)(t) := f (t − u) g(u) du, t ∈ R+ .
0

P ROPOSITION 9. Soient f , g : R → C deux fonctions objets. Alors,

L ( f ⋆ g ) ( s ) = L ( f ) ( s ) × L ( g ) ( s ).

E XEMPLE 5.
t
Z 
t−u
sin(u) du (s) = L et (s) × L (sin(t)) (s)

L e
0
1
= .
(s − 1)(s2 + 1)

4
Dérivation

P ROPOSITION 10. Soit f : R → C une fonction dérivable telle que f ∈ O et d’ordre exponentiel β. Si f ′ est
continue par morceaux, alors :
L f ′ (t) (s)= sL ( f (t)) (s) − f (0),


pour tout s ∈ C tel que R(s) > β.

C OROLAIRE 1. Soit n ∈ N∗ et soit f : R → C une fonction n fois dérivable telle que f (k) ∈ O et d’ordre
exponentiel β k , pour chaque k = 0, · · · , n − 1. Si f (n) est continue par morceaux, alors :
 
L f (n) (t) (s) = sn L ( f (t)) (s) − sn−1 f (0) − sn−2 f ′ (0) − sn−3 f ′′ (0) − · · · − s f (n−2) (0) − f (n−1) (0),

pour tout s ∈ C tel que R(s) > max {bk }. En particulier,


0≤ k ≤ n −1

L f ′′ (t) (s)= s2 L ( f (t)) (s) − s f (0) − f ′ (0).




E XEMPLE 6.
1
L (cos(2t)) (s) = L sin′ (2t) (s)

2
1
= × s × L (sin(2t)) (s) − sin(0)
2
s 2
= × 2
2 s +4
s
= 2 .
s +4
Primitive

P ROPOSITION 11. Soit f : R → C une fonction objet qui est continue. Alors,
Z t 
1
L f ( x ) dx (s) = L ( f (t)) (s).
0 s

E XEMPLE 7.
t
Z 
L (sin(t)) (s) = L cos( x ) dx (s)
0
1
= × L (cos(t)) (s)
s
1 s
= × 2
s s +1
s
= 2 .
s +1
Comportement asymptotique

Théorème 1 (Comportement à l’infini de la transformée de Laplace). Soit f : R → C une fonction objet.


Alors,
lim L ( f ) ( x ) = 0.
x →+∞

Théorème 2 (Valeur initiale d’une fonction). Soit f : R → C une fonction objet qui est dérivable sur R+∗ .
Alors,
f (0+ ) = lim x L ( f (t)) ( x ).
x →+∞

5
Théorème 3 (Valeur finale d’une fonction). Soit f : R → C une fonction objet qui est dérivable sur R+∗ .
De plus, supposons que lim f (t) existe. Alors,
t→+∞

lim f (t) = lim x L ( f (t)) ( x ).


t→+∞ x → 0+

Dérivée de la transformée de Laplace


Théorème 4. Soit F (s) := L ( f (t)) (s) la transformée de Laplace d’une fonction objet f d’ordre exponentiel
β. Alors, la fonction F est holomorphe sur le demi-plan {s ∈ C : Re(s) > β}, et on a

F ′ (s) = −L (t f (t)) (s).

Plus généralement,
F (n) (s) = (−1)n L (tn f (t)) (s).

e) Transformée de Laplace inverse


D ÉFINITION 4. Soit f une fonction objet d’ordre exponentiel β, et considérons la fonction F sa transformée de
Laplace :
F (s) = L ( f (t)) (s) , pour tout Re(s) > β.
La fonction f s’appelle la transformée de Laplace inverse (ou l’originale) de la fonction F. On écrit

L −1 ( F ) ( t ) = f ( t ).

E XEMPLES 4.  
  1 1
1. Puisque L eit (s) = , alors L−1 (t) = eit H(t).
s−i s−i
s2
 
−1
2. L (t) = t2 H(t).
6
−1

s
 √
3. L ( t ) = cosh ( 2t)H(t).
s2 − 2

Théorème 5 (unicité de la transformée de Laplace inverse ). Soient f et g deux fonctions objets. Si


L ( f ) (s) = L ( g) (s), alors f = g sauf peut-être en leurs points de discontinuité.

f) Propriétés de la transformé de Laplace inverse


P ROPOSITION 12 (linéarité). Pour tout α, β ∈ R, on a

L−1 (αF + βG ) = αL−1 ( F ) + βL−1 ( G ).


 
1 1 1 1
E XEMPLE 8. Déterminons L−1 . On a = − , par suite
s ( s + 1) s ( s + 1) s s+1
     
−1 1 −1 1 −1 1
L (t) = L (t) − L (t)
s ( s + 1) s s+1
= H(t) − e−t H(t)
= 1 − e−t H(t).


P ROPOSITION 13 (Translation). Soit α ∈ C. On a

L−1 ( F (s − α)) = eαt L−1 ( F (s)).

6
 
−1 1
E XEMPLE 9. Déterminons L . On a
( s − 1)2 + 4
   
−1 1 t −1 1
L (t) = e L (t)
( s − 1)2 + 4 s2 + 4
e t −1
 
2
= L (t)
2 s2 + 4
et
= sin(2t)H(t).
2

P ROPOSITION 14 (Multiplication par e−as ). Soit a > 0. Si L−1 ( F (s)) (t) = f (t), alors

L−1 e−as F (s) = f (t − a)H(t − a).




E XEMPLE 10.
se−πs
 
−1
L (t) = cos (t − π ) H(t − π ).
s2 + 1

P ROPOSITION 15 (Homothétie). Soit λ > 0. On a


 
−1 1 t
L ( F (λs)) (t) = L−1 ( F (s)) .
λ λ

E XEMPLE 11.    
−1 3s 3 −1 2s
L 2
(t) = L (t)
4s + 1 2 (2s2 ) + 1
3 −1 s
= L ( F (2s)) (t) , avec F (s) = 2
2   s +1
3 −1 t
= L ( F (s))
4 2
 
3 t
= cos H(t).
4 2

P ROPOSITION 16 (Dérivée). Soit n ∈ N∗ . On a


 
L−1 F (n) (s) (t) = (−1)n tn L−1 ( F (s)) (t) .

E XEMPLE 12.    ′ !
−1 3s 3 1
L ( t ) = − L −1 (t)
( s2 + 1)2 2 s2 + 1
 
3 −1 1
= ×t×L (t)
2 s2 + 1
3t
= sin(t)H(t).
2

P ROPOSITION 17 (Primitive). Si L−1 ( F (s)) (t) = f (t), alors


  Z t
−1 F ( s )
L (t) = f ( x ) dx, ( s ̸ = 0).
s 0

7
E XEMPLE 13.    
−1 2 −1 F (s) 2
L 2
(t) = L (t) , avec F (s) =
s ( s + 4) s s2 +4
Z t
= sin(2x ) dx
0
cos(2t) 1
=− + .
2 2

E XEMPLE 14.  
−1 s 1
L 2
(t) = sin′ (2t)H(t)
s +4 2
= cos(2t)H(t).

P ROPOSITION 18 (Produit).
 
L−1 ( F (s) × G (s)) (t) = L−1 ( F (s)) ⋆ L−1 ( G (s)) (t).

E XEMPLE 15.       
−1 1 1 1−1 −1 1
L × (t) = L ⋆L (t)
s−1 s−2 s−1 s−2
= et ⋆ e2t (t)H(t)

Z t
= et− x × e2x dx · H(t)
0
Z t
= et e x dx · H(t)
0
= et (e − 1)H(t).
t

2 Applications : Résolution des ED et des EDP


a) Résolution des ED
Le corolaire 1, qui établit un lien entre les transformées de Laplace des dérivées et celle de la fonction,
nous permet de résoudre des équations différentielles ordinaires en les transformant en équations
algébriques simples.

E XEMPLE 16. Soit y ∈ C1 (R+ ) une fonction objet. Résolvons l’équation différentielle suivante :
(
y′ (t) + y(t) = 1, t ≥ 0
(ED1)
y(0) = 0.

On a
1
y′ (t) + y(t) = 1 ⇐⇒ L y′ (t) + y(t) (s) =

s
1
⇐⇒ L y′ (t) (s) + L (y(t)) (s) =

s
1
⇐⇒ sL (y(t)) (s) − y(0) + L (y(t)) (s) =
s
1
⇐⇒ L (y(t)) (s) = .
s ( s + 1)
Par conséquent,  
−1 1
y(t) = L (t)
s ( s + 1)
= 1 − e−t H(t).


8
E XEMPLE 17. Soit y ∈ C2 (R+ ) telles que y et y′ sont des fonctions objets. Résolvons l’équation différentielle
suivante : (
y′′ (t) + y(t) = 3 sin(2t), t ≥ 0
(ED2)
y(0) = 1 et y′ (0) = 2.
On a
6
y′′ (t) + y(t) = 3 sin(2t) ⇐⇒ L y′′ (t) (s) + L (y(t)) (s) =

s2 +4
6
⇐⇒ s2 L (y(t)) (s) − sy(0) − y′ (0) + L (y(t)) (s) =
s2 +4
6 s 2
⇐⇒ L (y(t)) (s) = + + .
(s2 + 1)(s2 + 4) s2 + 1 s2 + 1
Par conséquent,
 
−1 6 s 2
y(t) = L + + (t)
(s2 + 1)(s2 + 4) s2 + 1 s2 + 1
     
−1 6 −1 s −1 2
= L (t) + L (t) + L (t)
(s2 + 1)(s2 + 4) s2 + 1 s2 + 1
       
−1 2 −1 1 −1 s −1 1
= −L ( t ) + 2L (t) + L ( t ) + 2L (t)
s2 + 4 s2 + 1 s2 + 1 s2 + 1
= (− sin(2t) + 4 sin(t) + cos(t)) H(t).

b) Résolution des EDP


Considérons une fonction u de deux variables réelles t et x. On suppose que la fonction u(·, x ) et
une fonction objet et considérons sa transformée de Laplace s 7→ F (s, x ), c’est à dire
Z +∞
F (s, x ) = L (u(·, x )) (s) = e−st u(t, x ) dt.
0

Nous supposerons que les dérivées et les limites passent à travers la transformée (voir les théorèmes
dans la section ?? du chapitre ??), c’est à dire on suppose que
lim F (s, x ) = F (s, a),
x→a
∂F
Z +∞ ∂u
(s, x ) = e−st (t, x ) dt,
∂x 0 ∂x
2 Z +∞ 2
∂ F −st ∂ u
( s, x ) = e (t, x ) dt · · ·
∂x2 0 ∂x2

La méthode de la transformée de Laplace appliquée à la résolution des EDP consiste d’abord à


appliquer la transformée de Laplace aux deux membres de l’équation, comme nous l’avons fait au-
paravant. Cela aboutira à une ED impliquant F en fonction de la seule variable x.
E XEMPLE 18. Résolvons l’EDP

 ∂u = ∂u , pour t > 0 et x ∈ R,

 (2.1a)
 ∂x ∂t

 u(0, x ) = x, pour x ∈ R, (2.1b)

u(t, 0) = t, pour t > 0. (2.1c)
En appliquant la transformée de Laplace à l’équation (2.1a), on trouve
 
∂F ∂u
(s, x ) = L (·, x ) (s)
∂x ∂t
= sL (u(·, x )) (s) − u(0, x )
= sF (s, x ) − u(0, x ).

9
Si on pose U ( x ) = F (s, x ), alors on trouve l’équation différentielle suivante
U ′ ( x ) = sU ( x ) − u(0, x ).
En imposant la condition initiale (2.1c), on trouve U ′ ( x ) = sU ( x ) − x, par suite
x 1
U ( x ) = F (s, x ) = Cesx + + 2.
s s
1
De plus, en imposant la condition initiale (2.1b), on trouve que F (s, 0) = , c’est à dire C = 0. Finalement,
s2
u(t, x ) = L−1 ( F (s, x )) (t)
   
1 1
= x L −1 t
() + L −1
(t)
s s2
= ( x + t) · H(t).

E XERCICE 1. Résoudre l’EDP



∂u ∂u 2
 x ∂x + ∂t + u = x , pour t > 0 et x > 0, (2.2a)


u(0, x ) = 0, pour x > 0,


 (2.2b)
u(t, 0+ ) = 0, pour t > 0.

(2.2c)

Correction
En appliquant la transformée de Laplace à l’équation (2.2a), on trouve
∂F x2
x (s, x ) + sF (s, x ) − u(0, x ) + F (s, x ) = .
∂x | {z } s
=0

Si on pose U ( x ) = F (s, x ), alors on trouve l’équation différentielle suivante


x2
xU ′ ( x ) + (s + 1)U ( x ) = .
s
Par suite,
x2
U ( x ) = Cx −(s+1) + .
s ( s + 3)
De plus, en imposant la condition initiale (2.2b), on trouve que F (s, 0) = 0, c’est à dire C = 0.
Finalement,
u(t, x ) = L−1 ( F (s, x )) (t)
x2
 
−1
=L (t)
s ( s + 3)
x 2 −1 1
 
1
= L − (t)
3 s s+3
x2
1 − e−3t · H(t).

=
3
E XERCICE 2 (Équation de la chaleur en une dimension). Résoudre le problème suivant :

 ∂u ∂2 u

 = k , pour x > 0 et t > 0, (2.3a)
∂x2

 ∂t
u(t, 0) = e−t et lim u(t, x ) = 0, pour t > 0, (2.3b)


 x →+∞

u(0, x ) = 0, pour x > 0, (2.3c)

où k > 0.

10
Correction :
En appliquant la transformée de Laplace à l’équation (2.3a), on trouve

∂2 F
k (s, x ) = sF (s, x ) − u(0, x ) .
∂x2 | {z }
=0

Si on pose U ( x ) = F (s, x ), alors on trouve l’équation différentielle suivante

kU ′′ ( x ) = sU ( x ).

Par suite, √s √s
U ( x ) = C1 e+ C2 e− k x . (on prend s > 0)
kx

La condition initiale (2.3c) implique que C1 = 0. De plus, la condition initiale (2.3b) donne
1
F (s, 0) = L e−t (s) =

,
s+1
1
ce qui implique que C2 = . Ainsi,
s+1
√s
e− k x
U ( x ) = F (s, x ) = .
s+1
Enfin,
u(t, x ) = L−1 ( F (s, x )) (t)

1 √ 
−1 − ks x
=L ×e (t)
s+1
   q 
1 x2
=L −1
(t) ⋆ L −1
e−2 s 4k (t)
s+1
2 !
−x
r
x2 −t e 4kt
= e ⋆ √ .
4πk t t
Équation des ondes en une dimension :

E XERCICE 3. Résoudre le problème suivant :



 ∂2 u 2
2∂ u
= c , pour x > 0 et t > 0, (2.4a)


2 ∂x2

 ∂t


u(t, 0) = q(t) et lim u(t, x ) = 0, pour t > 0, (2.4b)
 x →+∞


 ∂u
u(0, x ) = 0 et (0, x ) = 0, pour x > 0, (2.4c)


∂t
où c ̸= 0 et q est une fonction objet.

Correction :
En appliquant la transformée de Laplace à l’équation (2.4a), on trouve

∂u ∂2 F
s2 F (s, x ) − su(0, x ) − (0, x ) = c2 2 (s, x ).
∂t ∂x
Si on pose U ( x ) = F (s, x ), alors on trouve l’équation différentielle suivante

s2
U ′′ ( x ) = U ( x ).
c2

11
Par suite,
s s
U ( x ) = C1 e c x + C2 e− c x . (On prend s > 0)
Les conditions initiales (2.4b) impliquent que
(
C1 + C2 = L (q) (s) ,
s s
lim C1 e c x + C2 e− c x = 0.
x →+∞

Par suite, C1 = 0 et C2 = L (q) (s). Ainsi,


s
U ( x ) = F (s, x ) = L (q) (s) e− c x .

Enfin,
u(t, x ) = L−1 ( F (s, x )) (t)
 −x 
= L −1 e c s L ( q ) ( s ) ( t )
 x  x
= q t− H t− .
c c

IV Résolution des EDP par la méthode de la transformée de Fourier


1 Rappels sur la transformée de Fourier
a) Définition et exemples
 Z +∞ 
D ÉFINITION 5. Soit f ∈ L (R) 1
c’est à dire | f (t)| dt < +∞ . La fonction F ( f ) : R → C définie
−∞
par
Z +∞
F ( f ) ( x ) := f (t)e−ixt dt
−∞
s’appelle la transformée de Fourier de la fonction f . L’application F : f 7→ F ( f ) s’appelle la transforma-
tion de Fourier.

E XEMPLE 19 (Fonction porte). Considérons la fonction rectangulaire Π définie par



1, si t ≤ 1 ,
||
Π(t) = 2
0 sinon .

Il est claire que Π ∈ L1 (R). De plus, pour tout x ∈ R on a :



2 x x


x sin = : sinc , si x ̸= 0,
2 2
F (Π) ( x ) = (2.5)


1 si x = 0.

2
E XEMPLE 20 (Fonction Gaussienne). Considérons la fonction f (t) = e−t , alors f ∈ L1 (R). De plus, on
montre que
√ x2
F ( f ) ( x ) = πe− 4 .

R EMARQUES 1.
1. La transformée de Fourier est notée encore TF ( f ) ou fb.

12
2. Il existe d’autre définitions de la transformée de Fourier, par exemple
Z +∞
F ( f ) (x) = f (t)e−2iπxt dt,
−∞
Z +∞
1
F ( f ) (x) = √ f (t)e−ixt dt, ...
2π −∞

Il faut toujours vérifier la définition utilisé !

Lien avec la transformée de Laplace


Soit f ∈ L1 (R). Alors, pour tout x ∈ R, on a
Z +∞ Z 0
F ( f (t)) ( x ) = f (t)e−ixt dt + f (t)e−ixt dt
0 −∞
Z +∞ Z 0
= f (t)e−ixt dt − f (−t)eixt dt
0 +∞
Z +∞ Z +∞
= f (t)e−ixt dt + f (−t)eixt dt.
0 0

Définissons les fonction f + et f − par

f + (t) := f (t) · H(t), pour tout t ∈ R,



f (t) := f (−t) · H(t), pour tout t ∈ R,

et supposons qu’elles sont des fonctions objets. Alors, nous avons le théorème suivant.

Théorème 6. Soit f ∈ L1 (R). Pour tout x ∈ R, on a

F ( f ) ( x ) = L f + (ix ) + L f − (−ix ).
 

E XEMPLE 21. Considérons la fonction f (t) = e−a|t| , avec a > 0. On a

f − (t) = f + (t) = e−at · H(t) ∈ O .

De plus
F ( f (t)) ( x ) = L e−at (ix ) + L e−at (−ix )
 

1 1
= +
ix + a −ix + a
2a
= 2 .
a + x2

b) Propriétés de la transformée de Fourier


P ROPOSITION 19. Soit f ∈ L1 (R). Alors, la fonction x 7→ F ( f ) ( x ) est continue et bornée sur R.

P ROPOSITION 20 (Transformée de Fourier et parité). Soit f ∈ L1 (R).


Z +∞
1. Si f est paire, alors F ( f ) ( x ) = 2 cos( xt) f (t) dt.
0
Z +∞
2. Si f est impaire, alors F ( f ) ( x ) = −2i sin( xt) f (t) dt.
0

P ROPOSITION 21. Soient f et g deux fonctions de L1 (R), α et β des réels. On a


1.
F (α f + βg) = αF ( f ) + βF ( g) .

13
2.
F ( f (t − α)) ( x ) = e−iα F ( f (t)) ( x ) .
3.
eiαt F ( f (t)) ( x ) = F ( f (t)) ( x − α) .

4. x
1
F ( f (αt)) ( x ) = F ( f (t)) , α ̸= 0.
|α| α

Théorème 7 (Transformée de Fourier de la dérivée). Supposons que f (k) est intégrable sur R, pour tout
k = 0, 1, · · · , n ∈ N. Alors,  
F f (n) (t) ( x ) = (ix )n F ( f (t)) ( x ).
En particulier
F f ′ (t) ( x ) = ix F ( f (t)) ( x ).


C OROLAIRE 2 (La transformée de Fourier d’une primitive). Soit f : R → C une fonction continue telle
Z t
que f ∈ L1 (R). Si t 7→ f (t) dt ∈ L1 (R), alors pour tout x ̸= 0 on a
0

t F ( f (t)) ( x )
Z 
F f (t) dt ( x ) = .
0 ix

Théorème 8 (Dérivation de la transformée de Fourier). Soit f ∈ L1 (R). Si la fonction t 7→ t f (t) appar-


tient aussi à L1 (R), alors
d
F ( f (t)) ( x ) = −i F (t f (t)) ( x ).
dx

D ÉFINITION 6 (Produit de convolution). Soient f , g : R → C. Le produit de convolution f ⋆ g est défini


par
Z +∞
( f ⋆ g) (t) = f (t − x ) g( x ) dx (⋆)
−∞
pour tout t ∈ R tel que cet intégrale converge.

Dans les propriétés suivantes, nous supposons que toutes les intégrales citées sont absolument conver-
gentes.

P ROPRIÉTÉS 1. Soient f , g et h des fonctions.


1. f ⋆ ( g + h) = f ⋆ g + f ⋆ h.
2. f ⋆ g = g ⋆ f .
3. ( f ⋆ g) ⋆ h = f ⋆ ( g ⋆ h).

Théorème 9 (La transformée de Fourier d’une convolution). Si f , g ∈ L1 (R) telles que f ⋆ g existe, alors
f ⋆ g ∈ L1 (R). De plus
F ( f ⋆ g ) ( x ) = F ( f ) ( x ) × F ( g ) ( x ).

Théorème 10 (Comportement asymptotique : lemme de Riemann-Lebesgue). Soit f ∈ L1 (R). Alors,

lim F ( f ) ( x ) = 0.
| x |→+∞

14
c) Transformée de Fourier conjuguée
D ÉFINITION 7. Soit f ∈ L1 (R). On appelle transformée de Fourier conjugué (ou inverse) de f , la fonction
F ( f ) définie par :
Z +∞
1
F ( f ) ( x ) := f (t)eixt dt.
2π −∞
Le théorème suivant, connue sous le nom de la formule d’inversion de Fourier, nous permet de
retrouver une fonction f à partir de sa transformée de Fourier F ( f ).

Théorème 11. Soit f une fonction de classe C1 par morceaux sur R et telle que f ∈ L1 (R). Alors, pour tout
t∈R:
f (t+ ) + f (t− )
Z R
1
lim fb( x )eixt dx = .
R→+∞ 2π − R 2
Z +∞
sin ( x )
E XEMPLE 22. Calculons dx. On a montrer que
−∞ x
 x
 sin
2 si x ̸= 0

Π
 b (x) =
x .

 2
Π

b (0) = 1

D’après le théorème d’inversion :


x
Z R Z R sin
1 b ( x )e−i0x dx = Π(0) 2 dx = 2π
lim Π donc lim x
R→+∞ 2π −R R→+∞ − R
2
Z R
sin ( X )
donc lim dX = π
R→+∞ − R X
Z +∞
sin ( X )
par suite dX = π.
−∞ X

Z R
1
R EMARQUE 2. Dans le théorème précédent, l’écriture lim fb( x )eixt dx est due au fait que fb n’ap-
R→+∞ 2π −R
partient pas forcement à L1 (R). On écrit aussi
Z +∞
1
V.P. fb( x )eixt dx.
2π −∞

Toutefois, si on ajoute la condition fb ∈ L1 (R), alors on trouve le résultat suivant.

C OROLAIRE 3. Soit f une fonction classe C1 par morceaux sur R et telle que f , fb ∈ L1 (R). Alors, pour tout
t∈R:  
F fb (t) = f (t).

2
E XEMPLE 23. Considérons la fonction f (t) = e−|t| . Pour tout x ∈ R, fb( x ) = . D’après la formule
1 + x2
d’inversion de Fourier, pour tout t ∈ R
Z +∞
1 2
f (t) = eixt dx
2π −∞ 1 + x2
Pour t = 0, on a Z +∞
1
dx = π.
−∞ 1 + x2

15
  classe C par morceaux sur R et telle que f , f ∈ L (R). D’après le
1 1
R EMARQUE 3. Soit f une fonction b
corollaire 3, pour tout t ∈ R : F fb (−t) = f (−t), c’est-à-dire que

1 +∞Z
f (−t) = fb( x )e−ixt dx
2π −∞
1  
= F fb (t) .

C OROLAIRE 4. Soient f , g : R −→ C deux fonctions de classe C1 par morceaux sur R et telles que f , g ∈
L1 (R). On a l’implication suivante
F ( f ) = F ( g) =⇒ f = g.

R EMARQUE 4. Le résultat du corollaire 4 subsiste même si f et g ne sont pas de classe C1 par morceaux sur
R.

d) Egalité de Plancherel
D ÉFINITION 8 (Fonctions de carré intégrable).
L’espace  Z +∞ 
L2 (R) = f : R → C continue par morceaux et | f (t)|2 dt existe
−∞
s’appelle l’espace des fonctions de carré intégrable (ou de carré sommable).

E XEMPLE 24. La fonction exponentielle f (t) = e−t et la fonction rectangulaire Π sont des fonctions de carré
intégrable.

R EMARQUES 2.
1. On peut vérifier facilement que L2 (R) ̸⊂ L1 (R) et L1 (R) ̸⊂ L2 (R).
2. Si f , g ∈ L2 (R), alors f × g ∈ L1 (R).

Théorème 12 (Théorème de Plancherel). Soient f et g deux fonctions de classe C1 par morceaux sur R et
telles que f , g ∈ L1 (R) ∩ L2 (R), alors
Z +∞ Z +∞
1
f (t) g(t) dt = fb( x ) gb( x ) dx.
−∞ 2π −∞

En particulier, si on prend f = g, on trouve l’égalité de Plancherel-Parseval


Z +∞ Z +∞
1 2
| f (t)|2 dt = fb( x ) dx.
−∞ 2π −∞

E XEMPLE 25. On a Z +∞ 1
1 2
Z
2
Π
b (x) dx = dt
2π −∞ − 12

donc x
Z +∞ sin2
1 2
 x 2 dx = 1.
2π −∞
2
Enfin
Z +∞
sin2 ( X )
dX = π.
−∞ X2

16
2 Résolution des EDP
De manière similaire à la technique utilisée pour la transformée de Laplace, la transformée de
Fourier permet de résoudre des EDP. En exploitant la propriété fondamentale suivante
 
F f (n) (t) ( x ) = (ix )n F ( f (t)) ( x ) ,

il est possible de convertir une EDP en une équation différentielle ordinaire plus facile à résoudre.

E XERCICE 4. Résoudre le problème suivant :



2 2
 ∂ u + ∂ u = 0, pour x ∈ R et y > 0,

(2.6a)
2 ∂y2


 ∂x


lim u( x, y) = 0, pour x ∈ R, (2.6b)
 y→+∞

2


, pour x ∈ R.

u( x, 0) =
 (2.6c)
1 + x2

Correction :
Pour ν ∈ R et y > 0, posons Φ(ν, y) := F (u(·, y)) (ν). En appliquant la transformée de Fourier à
l’équation (2.6a), on trouve
2
∂Φ
(−iν)2 Φ(ν, y) + 2 (ν, y) = 0.
∂y
Si on pose V (y) = Φ(ν, y), alors on trouve l’équation différentielle suivante

V ′′ (y) = ν2 V (y).

Par suite,
V (y) = C1 e|ν|y + C2 e−|ν|y .
Les conditions (2.6b)–(2.6c) impliquent que
(
C1 + C2 = 2πe−|ν| ,
C1 = 0.

Ainsi,
V (y) = Φ(ν, y) = 2πe−|ν|(y+1) .
Enfin,
u( x, y) = F (Φ(ν, y)) ( x )
 

= 2π F |e−|ν{z
|(y+1) 
} (x)
f (ν)
1    
= 2π × F F fb (ν) ( x )

= fb( x )
2( y + 1)
= .
( y + 1)2 + x 2
2( y + 1)
Réciproquement, on vérifie facilement que la fonction u( x, y) = est une solution du
( y + 1)2 + x 2
problème (2.6).

17

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