Spectroscopie d’émission et
d’absorption
TNOP - TP 2
Université de Technologie de Troyes
Tronc Commun
Semestre de Printemps 2022
1 PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT DU SPECTROMÈTRE
1 Principe de fonctionnement du spectromètre
Le principe du spectromètre à barrette CCD est illustré sur la figure 1. La
lumière à analyser est transmise au spectromètre par l’intermédiaire d’une fibre
optique connectée à la fente d’entrée de l’appareil. Elle est ensuite collimatée
par un premier miroir sphérique, qui la transforme donc en un faisceau parallèle
envoyé vers un réseau de diffraction plan. La lumière et ensuite diffractée en
traversant le réseau puis et ensuite focalisée grâce à un second miroir sphérique
vers une barrette de capteurs CCD sur laquelle se forme le spectre. La barrette
produit alors un signal électrique reproduisant l’intensité lumineuse captée par
ses pixels. Ce signal électrique analogique est alors converti en signal numé-
rique et transmis à l’ordinateur via le port USB. Les données sont alors traitées
par un logiciel. Ce dernier, en prenant en compte la courbe d’étalonnage du
spectromètre (correspondance entre pixel et longueur d’onde), affiche la courbe
d’intensité spectrale mesurée, c’est à dire l’intensité en fonction de la longueur
d’onde : I(λ).
Figure 1 – Illustration de l’intérieur d’un spectromètre à barrette CCD por-
table. Lien source.
Une photographie des éléments principaux fournis dans ce TP est donnée
sur la figure 2. Les données arrivant sur le capteur CCD sont traitées par le
logiciel du fournisseur SM32Pro, dont la notice est visible sur la photographe
en figure 2. Vous trouverez aisément l’icône de démarrage de ce logiciel sur le
bureau informatique.
Durant ce TP, deux modes de fonctionnements seront utilisés : les mesures en
spectroscopie d’émission et celles en spectroscopie d’absorption. Ces dernières
seront décrites dans les parties expérimentales suivantes.
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2 SPECTROSCOPIE D’ÉMISSION
Figure 2 – Photographie des éléments disponibles en salle TP.
2 Spectroscopie d’émission
Avant de commencer les mesures, il est important de procéder à l’enregistre-
ment d’un « spectre d’obscurité » que l’on nomme plus vulgairement un « dark ».
Il s’agit d’enregistrer le signal lorsqu’aucune lumière n’est envoyée dans le spec-
tromètre. Ce dernier correspond alors à la réponse du signal d’obscurité du
détecteur, que le logiciel soustraira ensuite systématiquement à chaque mesure.
Autre point important : le logiciel permet de régler la durée d’intégration
du signal en fonction de l’intensité du signal. Cela permet d’utiliser au mieux
la dynamique du système sans saturer le détecteur. Plus concrètement, l’envoi
d’une lumière très puissante dans la fibre reliée au spectromètre (le soleil !) né-
cessitera un temps d’intégration de l’ordre de la milliseconde tandis qu’un signal
très faible pourrait nécessiter des temps d’intégration de plusieurs secondes. De
plus, le logiciel permet également de choisir le nombre de spectres sur lequel il
calcule une valeur moyenne afin de diminuer le bruit.
On se rapportera à la notice du logiciel disponible pour de plus amples
détails.
L’idée est maintenant de caractériser les spectres de divers sources optiques :
lumière blanche fournie, laser, lumière solaire, luminescence d’échantillons exci-
tés par laser... Le principe de mesure est illustré sur la figure 3.
a Spectre solaire.
En pointant la fibre optique en direction d’une zone lumineuse du ciel (si
toutefois la météo vous le permet), observez le spectre émis par le soleil.
On donne les raies d’absorption solaires présentes dans le spectre dans le
tableau 1. Pouvez-vous identifier certaines d’entre-elles ?
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2 SPECTROSCOPIE D’ÉMISSION
Figure 3 – Illustration de l’utilisation du spectromètre en mesure d’émission.
La lumière à caractériser est envoyée directement dans le spectromètre. Lien
source.
b Diodes blanches.
En pointant la fibre optique vers le plafond de la salle de TP, mesurez
le spectre des diodes d’illumination. Peut-on dire que celles-ci émettent
une lumière « blanche » ? Comparez leur spectre à celui du soleil.
c Spectre de l’hydrogène atomique.
Lorsque les atomes d’un gaz sont excités ils peuvent émettre une lumière
monochromatique à certaines longueurs d’onde caractéristiques.
La partie visible du spectre de l’hydrogène atomique se situe dans la série
de Balmer qui correspond à des niveaux de nombre quantique principal
n = 3,4, ... vers le niveau n=2. En caractérisant le spectre émis par
une lampe de Balmer ( celle-là même qui est illustrée sur ce fascicule en
couverture), retrouvez une confirmation expérimentale de la formule de
Riz-Balmer :
Domaine spectral Raies (nm) Nom usuel
Infrarouge 850-854-866 Triple infrarouge du Ca II
Rouge 637 Raie rouge du Fe X
656 Hydrogène α
Jaune 589-590 Doublet du sodium neutre Na
570 Raie interdite du Ca XV
Vert 530 Raie interdite du Fe XIV
516-517-518 Triplet du magnésium neutre Mg
Bleu 393-397 Raie H et K du calcium Ca II
Table 1 – Raies principales du spectre solaire.
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3 SPECTROSCOPIE D’ABSORPTION
1 1 1
= RH −
λ 4 n2
On donne : En=2 = −3.4 eV et En=3 = −1.51 eV.
Vous mesurerez la longueur d’onde des raies que vous pouvez identifier
et en déduirez la valeur de a constante de Rydberg. Vous pouvez par
exemple remplir un tableau de la manière suivante :
n λ(nm) ∆E (cm-1) ∆E (eV) RH (cm-1)
3
4
ect ...
Table 2 – Proposition d’un tableau à remplir.
Lien très utile pour la conversion entre les nm, cm-1 et eV :
[Link]
3 Spectroscopie d’absorption
Figure 4 – Illustration de l’utilisation du spectromètre en mesure de transmit-
tance / absorbance. La lumière à caractériser est envoyée au travers de l’échan-
tillon puis dans le spectromètre. Lien source.
Les mesures d’absorption (et de transmission) nécessitent un spectre de réfé-
rence correspondant à celui de la source excitatrice (lampe blanche). Ce dernier
est obtenu en retirant l’échantillon et en acquérant le spectre « à vide ». Ce
spectre sert au logiciel de référence de normalisation lors des mesures suivantes
avec les échantillons. Une illustration du montage configuré en « mode absorp-
tion » est représentée sur la figure 4.
Le logiciel calcule et affiche alors en temps réel la transmittance T(λ) telle
que :
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3 SPECTROSCOPIE D’ABSORPTION
spectre echantillon − dark
T (λ) =
spectre ref erence − dark
Il est également possible d’afficher l’absorbance A(λ) qui vaut :
A(λ) = −log10 (T (λ))
Attention, il y a un facteur ln(10) entre l’absorbance et le coefficient d’ab-
sorption a, défini par :
Itransmis = Iincident e−ad
où d est l’épaisseur de matériau traversé.
a Filtres ou verres colorés.
Observez et décrivez la transmission d’un verre ou d’un filtre coloré.
b Couche mince semi-conductrice.
Observez le spectre de transmission de l’échantillon fourni. Il s’agit d’un
échantillon d’oxyde de zinc (ZnO) déposé sur lame de quartz. On dit
que ce matériau est un semi-conducteur à bande interdite directe à 380
nm. Mettez en relation cette description avec le spectre de transmission
obtenu.
c Lame de verre phosphate dopé à l’erbium.
Observez le spectre de transmission de l’échantillon. Identifiez les transi-
tions radiatives lors du processus d’absorption dans le spectre en utilisant
le diagramme d’énergie donné dans la figure 5. Peut-on également obser-
ver des raies d’émission ? Pourquoi ?
Figure 5 – Diagramme de bande de l’Erbium dans un verre phosphate.
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