Systèmes de Coordonnées en Mécanique
Systèmes de Coordonnées en Mécanique
Alexandre Vial
8 avril 2014
Chapitre 1
Systèmes de coordonnées
Sommaire
1.1 Les différents systèmes de coordonnées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.1 Coordonnées cartésiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.1.2 Coordonnées cylindriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.3 Coordonnées sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Base locale des coordonnées cylindriques et sphériques . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Base locale des coordonnées cylindriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Base locale des coordonnées sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Abscisse curviligne et base de Frenet . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 Abscisse curviligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.3 Base de Frenet et rayon de courbure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2
1.1. LES DIFFÉRENTS SYSTÈMES DE COORDONNÉES 3
La mécanique classique est basée sur la géométrie euclidienne à trois dimensions. Par conséquent,
une fois l’unité de longeur définie, trois paramètres suffisent pour préciser la position d’un point.
Les composantes (x, y, z) sont appelées coordonnées cartesienne du point M (figure 1.1).
ez
O
ey y
ex
Rappels sur les vecteurs Dans un repère orthonormé, on considère deux points A et B repérés par
~ = (xA , yA , zA ) et OB
les vecteurs OA ~ = (xB , yB , zB ). On définit le produit scalaire des vecteurs OA
~
~ comme
et OB
~ OB
OA. ~ = xA xB + yA yB + zA zB = ||OA||.||
~ OB|| ~\
~ cos(OA, ~
OB). (1.2)
~ et OB.
Le résultat est un vecteur, orthogonal au plan défini par OA ~
4 CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
x = ⇢ cos , (1.4)
y = ⇢ sin , (1.5)
z = z. (1.6)
(1.7)
z
p
O
y
ρ
ϕ
m
x
On passe des coordonnées sphériques aux coordonnées cartésiennes à l’aide des relations
M
θ r
O
y
ϕ
m
x
Remarque On utilise ~
pégalement très souvent la notation OM = ~r pour le vecteur position. Il faut
bien noter que ||~r|| = ⇢ + z !
2 2
6 CHAPITRE 1. SYSTÈMES DE COORDONNÉES
z ez
eϕ
M
eρ
O
y
ϕ ρ
m
x
On en déduit 8
> @~er
< = ~e✓ ,
@✓ (1.16)
> @~er
: = sin ✓~e ,
@
1.3. ABSCISSE CURVILIGNE ET BASE DE FRENET 7
er
eϕ
θ r M
eθ
O
y
ϕ
m
x
et
@~er @~er
d~er = d✓ + d = d✓~e✓ + sin ✓d ~e . (1.17)
@✓ @
Dans cette base,
~ = r~er = ~r,
OM (1.18)
d’où
~ = d~r = dr~er + rd~er = dr~er + rd✓~e✓ + r sin ✓d ~e .
dOM (1.19)
ds = ||d~r|| (1.20)
p
= (dx)2 + (dy)2 + (dz)2 (1.21)
p
= (d⇢)2 + (⇢d )2 + (dz)2 (1.22)
p
= (dr)2 + (rd✓)2 + (r sin ✓d )2 . (1.23)
d~e⌧ 1 d~e⌧
= . (1.28)
ds Rd
R est appelé rayon de courbure de la trajectoire. On verra plus tard comment calculer ce rayon de
courbure.
On a vu avec la base locale des coordonnées cylindriques que dériver un vecteur unitaire par
rapport à un angle donne un vecteur unitaire tourné de ⇡/2, on définit ainsi le vecteur unitaire normal
d~e⌧
~eN = (1.29)
d
et donc
d~e⌧ ~eN
= . (1.30)
ds R
Soit le point ⌦ tel que M~⌦ = R~eN , ce point est appelé centre de courbure. Il dépend bien entendu
de M . Il s’agit du centre du cercle osculateur.
Afin de compléter le trièdre, on introduit alors le vecteur ~eB = ~e⌧ ^ ~eN . Le trièdre (~e⌧ , ~eN , ~eB ) est
la base de Frenet 1 .
Cinématique
Sommaire
2.1 Notion de référentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 Position, vitesse, accélération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 Coordonnées cartésiennes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.4 Coordonnées polaires (mouvement dans le plan) . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.5 Coordonnées cylindriques (mouvement dans l’espace) . . . . . . . . . . . . . . 11
2.6 Coordonnées sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.7 Coordonnées curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.8 Distinction entre référentiel et repère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.9 Exemples de mouvements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.9.1 Mouvement rectiligne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.9.2 Mouvement circulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.9.3 Cas de l’accélération constante en module et direction . . . . . . . . . . . 14
9
10 CHAPITRE 2. CINÉMATIQUE
On s’intéresse à la trajectoire d’un point matériel, ainsi qu’à sa vitesse et son accélération, sans se
soucier des causes du mouvement.
du
Tout au long du chapitre, on utilisera la notation point pour les dérivées, par exemple = u̇,
dt
d2 u
= ü. On utilisera aussi le fait que si F est une fonction de u, et u une fonction de t, alors
dt2
dF dF du dF
= = u̇ = Ḟ .
dt du dt du
~
dOM d~r
~v = = , (2.1)
dt dt
ce qui signifie que le vecteur vitesse est toujours tangent à la trajectoire. La trajectoire décrite par
l’extrêmité de l’ensemble des vecteurs ~v représentés depuis une même origine s’appelle l’hodographe
du mouvement.
L’accélération est définie comme
d~v ~
d2 OM d2~r
~= = = . (2.2)
dt dt2 dt2
Le vecteur accélération est toujours tangent à l’hodographe du mouvement.
Donc
~v = ẋ~ex + ẏ~ey + ż~ez (2.4)
et
~ = ẍ~ex + ÿ~ey + z̈~ez . (2.5)
2.4. COORDONNÉES POLAIRES (MOUVEMENT DANS LE PLAN) 11
Donc
d~e⇢ d~e⇢ d
= = ˙ ~e , (2.7)
dt d dt
et
d~e d~e d ˙ ~e⇢ .
= = (2.8)
dt d dt
Comme
~ = ⇢~e⇢ ,
OM (2.9)
on obtient
˙ e⇢ + ⇢ ˙ ~e .
~v = ⇢~ (2.10)
et
d’où
˙ e⇢ + ⇢ ˙ ~e + ż~ez ,
~v = ⇢~ (2.14)
et
~ = (¨
⇢ ⇢ ˙ 2 )~e⇢ + (2⇢˙ ˙ + ⇢ ¨)~e + z̈~ez . (2.15)
ainsi que 8
> @~er
< = ~e✓ ,
@✓ (2.17)
> @~er
: = sin ✓~e .
@
12 CHAPITRE 2. CINÉMATIQUE
Donc
d~er @~er ˙ @~er ˙ ˙e✓ + ˙ sin ✓~e .
= ✓+ = ✓~ (2.18)
dt @✓ @
~ = r~er , on en déduit
Comme OM
d~er ˙e✓ + r ˙ sin ✓~e .
~v = ṙ~er + r = ṙ~er + r✓~ (2.19)
dt
La calcul de l’accélération rend nécessaire le calcul des dérivées de ~e✓ et ~e par rapport au temps.
Nous calculons donc tout d’abord
8
> @~e✓
>
> = ~er ,
>
> @✓
>
> @~e✓
>
< = cos ✓~e ,
@ (2.20)
>
> @~e ~0,
>
> =
>
> @✓
>
> @~e
: = sin ✓~er cos ✓~e✓ .
@
On en déduit que
d~e✓ @~e✓ ˙ @~e✓ ˙ ˙er + ˙ cos ✓~e ,
= ✓+ = ✓~ (2.21)
dt @✓ @
et
d~e @~e ˙ @~e ˙ ˙ sin ✓~er ˙ cos ✓~e✓ .
= ✓+ = (2.22)
dt @✓ @
L’accélération va donc s’exprimer sous la forme
~= r~
er + ✓~
e✓ + ~e , (2.23)
avec 8
< r = r̈ r✓˙2 r ˙ 2 sin2 ✓,
✓ = r✓¨ + 2ṙ✓˙ r ˙ 2 sin ✓ cos ✓, (2.24)
:
= r ¨ sin ✓ + 2ṙ ˙ sin ✓ + 2r✓˙ ˙ cos ✓.
~
dOM ~ ds
dOM
~v = = , (2.25)
dt ds dt
~
dOM
or d’après 1.27, = ~e⌧ , par conséquent
ds
~v = ṡ~e⌧ . (2.26)
Remarque À partir des relations (2.29) et (2.31), il est possible de déterminer le rayon de courbure
de la trajectoire. En effet, en utilisant le fait que ṡ = ||~v ||, on obtient
||~v ||2 ||~ ^ ~v || ||~v ||3
= =) R = (2.33)
R ||~v || ||~ ^ ~v ||
Cette relation est valable quel que soit le système de coordonnées, on peut donc expliciter R en
coordonnées cartésiennes (cas d’un mouvement dans le plan z = 0) :
p 3
ẋ2 + ẏ 2 (ẋ2 + ẏ 2 )3/2
R= = . (2.34)
|ẍẏ ẋÿ| |ẍẏ ẋÿ|
Si on peut exprimer y comme une fonction de x sous la forme y = f (x), alors on obtient
3/2
(1 + f 0 (x)2 )
R= . (2.35)
|f 00 (x)|
Démonstration :
(ẋ2 + ẏ 2 )3/2 (1 + (ẏ/ẋ)2 )3/2 (1 + f 0 (x)2 )3/2
R= = ẋ3 = |ẍẏ ẋÿ|
, (2.36)
|ẍẏ ẋÿ| |ẍẏ ẋÿ| 3 ẋ
or
d2 x dy dx d2 y
ẍẏ ẋÿ dt2 dt dt dt2 d2 xdy d2 ydx d2 x dy d2 y d2 x 0
= = = = f (x) f 00 (x) (2.37)
ẋ3 dx 3 dx3 dx2 dx dx2 dx2
dt
mais
d2 x d dx d
2
= = 1 = 0, (2.38)
dx dx dx dx
d’où le résultat donné par l’équation (2.35).
14 CHAPITRE 2. CINÉMATIQUE
r = R, (2.40)
= (t). (2.41)
Changement de référentiel
Sommaire
3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.2 Composition des vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
3.3 Composition des accélérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4 Exemples de mouvements relatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4.1 Translation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.4.2 Rotation autour d’un axe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
15
16 CHAPITRE 3. CHANGEMENT DE RÉFÉRENTIEL
3.1 Introduction
Il arrive que l’on cherche à étudier les caractéristiques d’un mouvement dans un référentiel donné,
alors qu’on le connait dans un autre référentiel. Ce chapitre est consacré à ce type de problème.
Nous allons considérer deux référentiels R et R0 . Le référentiel R sera appelé référentiel absolu
ou référentiel fixe, c’est le référentiel dans lequel on cherche à décrire le mouvement, il a pour origine
le point O. Le référentiel R0 sera appelé référentiel relatif ou référentiel mobile, il a pour origine le
point O0 . Dans ce référentiel, la position, la vitesse et l’accélération du pointM sont connues.
Z
z
M y
k
j
i O’
x
O Y
~
dOM dOO~ 0 d~i d~j d~k
~vM/R = = +x +y +z + ẋ~i + ẏ~j + ż~k (3.1)
dt dt dt dt dt
= ~ve + ~vM/R0 , (3.2)
d2 OM~
~ M/R = (3.3)
dt2
2 ~ 0
d OO d2~i d2~j d2~k
= + x + y + z (3.4)
dt2 dt2 dt2 dt2
d~i d~j ~
dk
+ 2(ẋ + ẏ + ż ) (3.5)
dt dt dt
+ ~ ~ ~
ẍi + ÿ j + z̈ k (3.6)
= ~ e + ~ c + ~ M/R0 . (3.7)
On voit qu’elle est la somme de trois termes :
~ 0
d2 OO d2~i d2~j d2~k
— l’accélération d’entraînement ~ e = + x + y + z , qui n’est pas la dérivée
dt2 dt2 dt2 dt2
de la vitesse d’entraînement, et qui corrrespond à l’accélération absolue d’un point dont les
vitesse et accélération relatives sont nulles,
— l’accélération relative ~ M/R0 ,
d~i d~j d~k
— une accélération complémentaire appelée accélération de Coriolis : ~ c = 2(ẋ + ẏ + ż ),
dt dt dt
qui n’est présente que si la vitesse relative n’est pas nulle.
elle ne dépend pas de la position du point et est donc la même pour tous les points. Enfin, l’accélération
de Coriolis est nulle.
~ = ˙~k
⌦ (3.16)
alors on a
d~i ~ ~ d~j ~
= ⌦ ^ i, =⌦~ ^ ~j, dk = ⌦~ ^ ~k. (3.17)
dt dt dt
On peut alors exprimer la vitesse d’entraînement sous la forme :