Matrices et Applications Linéaires
Matrices et Applications Linéaires
MC (f (~
u1 ), . . . , f (~
un )).
Exemple
On munit R3 de la base canonique, notée ici B = (~ u1 , u~2 , u~3 ) et R2 de la base canonique, notée ici
C = (~v1 , ~v2 ). Soit f : R3 → R2 l’application linéaire définie par
f (x, y , z) = (x + 2y − z, x − y ).
On a
u2 ) = (2, −1) = 2~v1 − ~v2 ,
u1 ) = (1, 1) = ~v1 + ~v2 , f (~
f (~
u3 ) = (−1, 0) = −~v1 + 0 · ~v2 .
f (~
Donc
1 2 −1
MB,C (f ) =
1 −1 0
Proposition 1
Soient E et F des K-e.v (de dimension finie) munis respectivement des bases B et C. Soit f ∈ L(E , F )
une application linéaire. Alors pour tout u~ ∈ E
u )) = MB,C (f ) · MB (~
MC (f (~ u ).
Remarque
u ) dans la base C et X désigne la
Autrement dit, si Y désigne la matrice colonne des composantes de f (~
matrice colonne des composantes de u~ dans la base B, alors
Y = AX , où A = MB,C (f ).
Exemple
En reprenant l’exemple précédent, par rapport aux bases canoniques,
1 2 −1
f (x, y , z) = (x + 2y − z, x − y ), MB,C (f ) = ,
1 −1 0
on a
x
x + 2y − z 1 2 −1
= · y
x −y 1 −1 0
z
Autrement dit x
a11 a12 · · · a1n 1 y1
a21 a22 · · · a2n . .
. ..
.
· =
.
. ..
... ..
.. . . . .. .
.
am1 am2 · · · amn xn ym
Exemple
Soit
1 2
A= .
3 4
L’application linéaire associée à A, relativement à la base canonique de R2 , f : R2 → R2 est
x 1 2 x x + 2y
f (x, y ) = A · = · =
y 3 4 y 3x + 4y
Remarque
Donc fondamentalement en dimension finie, une fois que les bases sont fixées, il n’existe pas de
différence réelle entre applications linéaires et matrices.
Proposition 2
Soient E , F , G trois K-e.v de dimension finie, munis respectivement des bases B, C, D. Pour tout
f ∈ L(E , F ) et g ∈ L(F , G ), on a
Définition 2
Une matrice carrée A ∈ Mn (K) est dite inversible s’il existe une matrice B ∈ Mn (K) vérifiant
A · B = B · A = In .
Cette matrice est alors unique, est appelée l’inverse de A et est notée A−1 .
Exemple
On a
−3
1 3 1 2 1 0
× 1 = = I2
0 2 0 2
0 1
1 3
et donc A = est inversible, d’inverse
0 2
−3
−1 1 2
A = 1 .
0 2
Proposition 3
Soient A, B ∈ Mn (K).
Si A et B sont inversibles, il en de même de A · B et on a
(A · B)−1 = B −1 · A−1 .
Proposition 4
Soit E un K-e.v de dimension finie n muni d’une base B.
Considérons la famille B = (~
u , ~v , w
~ ) où
Alors la matrice de passage PB1 ,B2 est inversible et son inverse est la matrice de passage PB2 ,B1 .
Autrement dit
PB−1
1 ,B2
= PB2 ,B1 .
Exemple
Considérons les deux bases B1 = (~ w , ~r ) de R2 où
u , ~v ) et B2 = (~
2 4 3 2
u~ = , ~v = , w ~ = , ~r = .
3 5 4 2
Proposition 6
Soient E et F deux K-e.v de dimension finie, B1 une base de E et B2 une base de F .
Une application linéaire f ∈ L(E , F ) est bijective si et seulement si MB1 ,B2 (f ) est inversible.
On a alors
MB1 ,B2 (f )−1 = MB2 ,B1 (f −1 ).
On a
a+b b−a
f (x, y ) = (a, b) si et seulement si x = , y=
2 2
et donc f −1 (a, b) = ( a+b
2 ,
b−a
2 ),
−1 1/2 1/2
A = .
−1/2 1/2
IV. Déterminants
Définition 3
Soit A ∈ M2 (K)
a b
A= .
c d
Alors le déterminant de A est la quantité
ad − bc.
On note
a b
det(A) = = ad − bc.
c d
Exemple
8 5
A= .
1 2
Alors
8 5
det(A) = = 8 × 2 − 1 × 5 = 11.
1 2
Soit ∆ij le déterminant de la matrice extraite de A obtenue en supprimant la i ème ligne et la j ème
colonne. Alors :
(Développement suivant une colonne) : pour tout j ∈ {1, . . . , n}, on a
n
X
det(A) = aij (−1)i+j ∆ij .
i=1
Exemple
En développant suivant la première colonne
1 2 0
1 2 2 0 2 0
3 1 2 =1· −3· +0· = −3 − 30 + 0 = −33.
4 5 4 5 1 2
0 4 5
Définition 4
Soit E un K-e.v de dimension finie n et B une base de E . Soit (~ u1 , . . . , u~n ) une famille de n vecteurs de
E . On définit
det(~u1 , . . . , u~n ) = det(MB (~
u1 , . . . , u~n )).
Proposition 8
Soit E un K-e.v de dimension finie n et B une base de E .
u1 , . . . , u~n ) une famille de n vecteurs de E .
Soit (~
Les propriétés suivantes sont équivalentes :
u1 , . . . , u~n ) est une base de E .
(~
det(~ u1 , . . . , u~n ) 6= 0.
Proposition 9
Soit A ∈ Mn (K). Alors A est inversible si et seulement si det(A) 6= 0. On a alors
1
det(A−1 ) = .
det(A)
V. I. Introduction
Les systèmes linéaires interviennent dans diverses branches des mathématiques, ainsi que dans la
résolution de nombreux problèmes issus des autres domaines, comme la physique, la mécanique,
l’économie, le traitement du signal, ...
Ils peuvent être considérés comme la ”base calculatoire” de l’algèbre linéaire. Ils sont au coeur du
traitement d’une grande partie des problèmes issus de l’algèbre linéaire en dimension finie. Par exemple,
ils permettent de déterminer le noyau et l’image d’une application linéaire, de déterminer si une famille
de vecteurs est libre ou non, ....
ax + by = c,
Dans l’espace (Oxyz), l’intersection de deux plans P1 et P2 est l’ensemble des solutions du système
ax + by + cz = d
(S)
a0 x + b 0 y + c 0 z = d 0
V. 2. Définitions, propriétés
a1 x1 + a2 x2 + · · · + am xm = b.
(4) Le système
x1 − x2 = 1
(S) x2 − x3 = 1
x2 − x1 = 1
(1) La matrice A = (aij )1≤i≤n,1≤j≤m est appelée la matrice du système (S). Elle sera notée AS .
(2) Si le second membre du système est nul, autrement dit b1 = b2 = · · · = bn = 0, on dit que le
système (S) est homogène.
Exemples
(1) Soit (S) le système
x1 + 2x2 = 6
(S)
3x1 + 5x2 = 10
Alors la matrice associée à (S) est
1 2
AS =
3 5
et le second membre est (6, 10).
(2) Le système
x1 + 2x2 = 0
(S)
3x1 + 5x2 = 0
est homogène.
X = ... , B = ...
xm bm
on peut écrire le système (S) sous la forme matricielle
A · X = B.
Exemple
Soit (S) le système
x1 + 2x2 = 6,
(S)
3x1 + 5x2 = 10.
Alors la matrice associée à (S) est
1 2
AS =
3 5
et le second membre est (6, 10). L’écriture matricielle de (S) est
1 2 x1 6
= .
3 5 x2 10
Exemple
Considérons le système
2x + 7y + 5z = 1,
(S) 3x + 2y − 6z = 11,
x − y + 9z = 0.
Alors on peut associer canoniquement une application linéaire f à (S) définie sur Km à valeurs dans
Kn : c’est l’application linéaire associée à A (relativement aux bases canoniques)
x1
f (x1 , . . . , xm ) = A · ...
xm
x1 b1
f (~x ) = ~b.
Définition 5
Soit (S) un système linéaire de n équations et à m inconnues.
Une solution de (S) est un m-uplet (s1 , . . . , sm ) tels que si l’on substitue s1 pour x1 , s2 pour x2 ,
· · · , sn pour xn , dans (S) on obtient une égalité.
L’ensemble des solutions de (S) est l’ensemble de toutes les solutions de (S).
On dit que (S) est compatible si (S) admet des solutions.
Preuve
En utilisant l’application linéaire f associée à (S), on a
Proposition 11
Soit (S) un système linéaire de n équations à m inconnues. Si ~s est une solution particulière de (S),
alors l’ensemble des solutions de (S) est
Preuve
Soit ~x une solution de (S). Alors f (~x ) = ~b, où ~b est le vecteur représenté par le second membre de (S).
On a
f (~x − ~s ) = f (~x ) − f (~s ) = ~b − ~b = ~0
et donc ~x − ~s ∈ Ker (f ). D’où ~x = ~s + (~x − ~s ) ∈ ~s + Ker (f ). Inversement, si ~x = ~s + ~h, avec
~h ∈ Ker (f ), alors f (~x ) = f (~s + ~h) = ~b + f (~h) = ~b et donc ~x est solution de (S).
Proposition 12
Tout système d’équations linéaires possède ou bien aucune solution, ou bien une seule solution, ou bien
une infinité de solutions.
Preuve
Soit f (~x ) = ~b l’interprétation à l’aide d’une application linéaire de (S). Un des cas suivants se présente :
~b 6∈ Im(f ) : (S) n’a pas de solutions
~b ∈ Im(f ) et Kerf (f ) = {~0} : (S) a une unique solution
~b ∈ Im(f ) et Kerf (f ) 6= {~0} : (S) a une infinité de solutions
Définition 6
Soit A ∈ Mm,n (K) une matrice. On appelle rang de la matrice A la dimension du sous-espace vectoriel
(de Km ) engendré par ses vecteurs colonnes.
Propriété
Le rang d’une matrice A ∈ Mm,n (K) est égal au rang de l’application linéaire qui lui est associée. En
effet, si f est l’application linéaire associée à A
or on vérifie que
f (~ei ) = A · e~i = la i ème colonne de A.
Définition 7
Soit A une matrice de type (m, n). On appelle matrice extraite de A, toute matrice obtenue en
supprimant un certain nombre de lignes et un certain nombre de colonnes de A.
On appelle déterminant extrait de A, tout déterminant d’une matrice carrée extraite de A.
Exemples
(1) Soit
1 1 1
A = 0 2 3 .
0 3 2
2 3
Le déterminant de A est det(A) = 1 = −5 6= 0. Donc on peut extraire une matrice d’ordre 3
3 2
inversible ; d’où rg (A) = 3.
(2) Soit
1 1/2 0
A= 0 3 4 .
−1 1 2
3 4 1/2 0
Le déterminant de A est det(A) = − = 0. Donc on ne peut pas extraire une matrice
1 2 3 4
3 4
d’ordre 3 inversible. Par contre la matrice extraite de A possède un déterminant non nul ;
1 2
d’où rg (A) = 2.
rg (S) = rg (A).
Remarque
Pour bien distinguer le second membre ~b de A et pour des raisons pratiques de calculs, on écrit [A|~b]
sous la forme
a11 a12 · · · a1m b1
a21 a22 · · · a2m b2
. .. .. ..
.. ... . . .
an1 an2 · · · anm bn
Exemple
Considérons le système
2x + 7y + 5z = 1,
(S) 3x + 2y − 6z = 11,
x − y + 9z = 0.
V. 7. Méthodes de résolution
Propriété
Les opérations élémentaires ne changent pas l’ensemble des solutions d’un système. Ils transforment un
système linéaire à un autre système ayant le même ensemble de solutions.
Étape 1 : échelonnement
Il faut d’abord que le premier coefficient de la première ligne soit non nul. Si ce n’est pas le cas, on
permute la ligne L1 par la première ligne dont le premier coefficient est non nul : L1 ↔ Lj .
Si le premier coefficient de la première ligne est différent de 1, on multiplie L1 par 1/a11 :
L1 ← 1/a11 L1 . Nous avons un pivot en position (1, 1).
Le pivot sert à éliminer tous les autres termes sur la même colonne : pour 2 ≤ i ≤ n, on remplace
l’équation Li par Li − ai1 L1 , on élimine ainsi x1 dans l’équation Li .
On obtient un système avec une équation L1 contenant x1 et les autres équations ne contenant pas de
x1 :
0 0
x1 + a12 x2 + · · · + a1m xm = b10
0 + a0 x + · · · + a0 x
0
22 2 im m = b2
(S 0 ) .. .. .. .. ..
. . . . .
0 + an2 x2 + · · · + anm xm = bn0
0 0
On aboutit ainsi à un nouveau système, on recommence les étapes ci-dessus pour éliminer x2 :
0 0 0
a22 x2 + · · · + aim xm = b2
(H) .. .. .. ..
0. . . .
an2 x2 + · · · + anm xm = bn0
0
Exemple
Soit
2x + y + z = 1
(S) x + y + 3z = 4
x − y + 2z = 1
Étape 3 : resolution
Maintenant le système est échelonné et réduit, sa résolution est plus simple.
Le système devient
x = −5/9
y = 8/9
z = 11/9
Un autre exemple
Considérons le système
−y + 2z + 13t = 5
(S) x − 2y + 3z + 17t = 4
−x + 3y − 3z − 20t = −1
où x, y , z sont les variables principales et t est la variable secondaire (ou paramètre). L’ensemble des
solutions est
n o
(x, y , z, t) ∈ R4 | x = −2 + 4λ, y = 3 + 3λ, z = 4 − 5λ, t = λ; λ ∈ R
= (−2, 3, 4, 0) + Vect (4, 3, −5, 1) .