Étude de marche
A-Etude du marché d’élevage avicole du Cameroun
1. Introduction
Depuis la fin des années 1990, la filière avicole camerounaise est confrontée aux
importations massives de découpes de poulet congelé à bas prix en provenance de l’Union
Européenne et du Brésil. Ce mouvement s’est accompagné d’une crise importante du secteur
productif, entraînant la fermeture de nombreux élevages semi-industriels (ACDIC, 2005 ;
CCIMA, 2005). En revanche, la consommation totale de poulet s’est accrue chez la population
camerounaise, ce qui a permis d’approcher son niveau de celui des préconisations de
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière d’apports en protéines animales (Teleu-
Ngandeu & Ngatchou, 2006).
L’ouverture du marché avicole camerounais aux importations participe du mouvement général
de libéralisation des échanges agricoles, et visait justement l’accès à la consommation de poulet
des consommateurs à faible pouvoir d’achat. Ainsi avant 1995, les importations de volaille
étaient soumises à un droit de douane de 20 % auquel s’ajoutaient la taxe à la valeur
ajoutée (TVA) et la taxe phytosanitaire (respectivement 17,5 et 3 %). A partir de 1995 et jusqu’en
2005, la volaille a été classée « bien de première nécessité » et, à ce titre, assujettie au
droit de douane réduit de 5 %, les autres taxes restant inchangées (Direction générale des
douanes du Cameroun, d ’ après CCIMA 2005). Parallèlement, la grave crise de la filière avicole
qui s’en est suivie, a porté préjudice à l’ensemble des opérateurs de la filière. L’objectif de
cet article est de développer une analyse en équilibre partiel du marché du poulet au Cameroun,
permettant de clarifier la nature des gains et des pertes économiques consécutifs à l’ouverture
du marché.
Cette communication présente les réalités du marché urbain du poulet au Cameroun
complétées par les résultats d’une enquête menée à Yaoundé en 2005 sur la consommation du
poulet. Ensuite, elle présente graphiquement le modèle d’équilibre partiel adopté, précise les
hypothèses retenues quant aux offres et demandes en présence sur le marché camerounais du
poulet, et développe le même modèle sous forme analytique, de façon à évaluer, sous forme
paramétrique, les gains et les pertes des agents. Puis, elle discute l’hypothèse d’homogénéité,
de la différenciation des produits, avant de conclure.
2 . L ’ offre, la demande et le marché urbains du poulet au Cameroun depuis 1 9 9 7
Les données sur l ’ évolution de l ’offre de poulet au Cameroun entre 1997 et 2003
portent exclusivement sur le poulet de chair produit de façon rationalisée en zones
périurbaines camerounaises (Tableau 1). La méthodologie utilisée pour produire ces
chiffres n ’ est pas explicitement décrite. Toutefois cette source (CCIMA, 2005) a le mérite
d’être la seule, à notre connaissance, à présenter des chiffres portant à la fois sur les prix et
les quantités offertes sur une période s’étalant sur plusieurs années consécutives. Des données
très différentes peuvent être tirées de FAOstat mais celles-ci on été laissées de côté car elles
nous semblent être moins précises et moins en adéquation avec la réalité observée sur le
terrain.
Tableau 1 : évolution de l’offre de poulet au Cameroun entre 1997 et 2003
2000). En effet, en l’absence d’organisation formelle des marchés, la régulation des prix par
la loi de l’offre et de la demande est bien souvent supplantée par un système où le rapport de
force entre vendeur et acheteur conditionne fortement le prix de chaque transaction. Le prix,
n’étant pas affiché, est négocié au cas par cas. Alors, le prix réellement payé résulte in fine
du pouvoir de résistance des vendeurs et/ou des acheteurs.
Il s’avère alors délicat, voire importun, de demander le prix négocié d’un produit qui vient
de faire l’objet d’une transaction. Le plus souvent, la négociation du prix du poulet se fait
entre le
vendeur et son « associé », c’est-à-dire son client. La présence des « rabatteurs » ou
courtiers ou de toute autre tierce personne rallonge la cha îne de décision et n’est généralement pas
appréciée par les vendeurs. Suivant la même logique, pour un certain nombre d’acheteurs, il
est difficile de donner le coût exact de la transaction, car l’acheteur croit souvent avoir fait une
bonne affaire, du fait de la négociation âpre qu’il a eue avec le vendeur. Aussi considère-t-il
le prix d’achat du poulet comme un prix « d’associé » et est souvent tenté de le majorer
lorsqu’on lui demande à quel prix il a acheté le poulet.
Par ailleurs, il est également difficilement envisageable de connaître le poids du poulet pour
chaque transaction, ce dernier étant vendu essentiellement au jugé. Toute tentative d’estimation
du poids peut-être très mal interprétée aussi bien par le vendeur que par le consommateur.
Disposer du prix du poulet devient alors quasiment impossible si on ne l’achète pas.
Malgré cette limite, une enquête portant sur l’évolution de la consommation urbaine de
poulet de chair a été réalisée à Yaoundé entre mai et juillet 2005. Une première approche sur
le terrain montre très clairement une très grande variabilité des prix des produits selon le
moment et le lieu de la vente. Ainsi les prix diffèrent selon que la vente a lieu tôt le matin,
en journée, ou tard le soir, les clients bénéficient d’un meilleur prix à l’ouverture et à la
fermeture du marché. De même la période d’achat détermine le prix des produits. En effet, en
période de fêtes, du fait la rigidité de l’offre face à une demande importante ou parfois à
cause de pénuries fictives (provoquées), la tendance à la hausse des prix place les vendeurs
dans une situation favorable. En revanche durant les autres périodes de l’année où la
consommation de viande n’est pas régulière, on observe des prix plus proches des coûts de
production, selon l’acheteur qui négocie avec le vendeur.
Réalisée en journée et hors période de fête particulière, l’enquête a consisté à interroger,
en premier lieu, 180 vendeurs de poulet répartis dans les principaux marchés de Yaoundé
(Mfoundi, Mokolo, Etoudi, Nkol-Eton, Emombo, Essos, Royal hôtel, Mvog-Mbi, Melen).
Malgré les importantes difficultés liées à cet exercice, ces enquêtes ont été accompagnées
de pesées de poulets mis en vente sur ces marchés, au moyen d’une seule et même balance,
en dehors de transaction particulière. Ainsi 130 poulets ont été pesés dans les grands
marchés représentatifs de la ville de Yaoundé. Le tableau 2 ci-dessous présente les poids
moyens des poulets dans les principaux marchés de Yaoundé. Selon nos pesées, le poids
moyen du poulet local vif sur les marchés de Yaoundé serait d’environ 1,7 kg, avec finalement
assez peu de variation d’un marché à l’autre
B- le marché de la YOUNG FARME SARL
a) Les produits
Le principal produit que propose la YOUNG FARME SARL est:
-Les poules pondeuses :à ce niveau nous pouvons ajouter qu’il existe plusieurs souches de
poules pondeuses présentant chacune des caractéristiques spécifiques . On distingue alors :
•Les souches noirs : elles présentent un risque de production conventionnel, très intéressant
dans un contexte difficile, avec un poids vif à la 18ème semaine de 1,850kg et peuvent
pondèrent entre 260 et 300 œufs environ pendant 72 jours
•Les souches rouges: elles sont plutôt calme avec une consommation peu élevée ayant
une valorisation meilleure à la réforme, elles ont un poids vif à la 20ème semaine de 1530kg et
peuvent pondre jusqu’à 305 œufs environ pendant 72semaines
•Les souches blanches : elles ont une faible consommation d’aliment et une production
médiocre à la réforme, un poids vif à la 17ème semaine de 1430kg et peuvent pondre 310
œufs pendant 72 semaines
b)Le cadre réglementaire
Il existe principalement une loi fixée par l’organisation des nations unies à ce sujet il
s’agite de la loi n*49-99 relative à la production sanitaire des élevages avicoles, au contrôle de la
production et la commercialisation des produits avicoles. Cette loi fixe les mesures de
production sanitaire des élevages avicoles , de contrôle de la production et de la commercialisation
des produits avicoles , des fermes d’élevage et les couvoirs, des autres activités relatives aux
produits avicoles et soumises à aux autorisations dans les conditions prévues par la précédente
loi.
La loi fixe aussi les moyens de transport et transporteurs de volailles vivantes et des œufs
ainsi que les mesures de commercialisation des viandes de volailles et des œufs
c) l’analyse de la demande
Le président de l ’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic), François Djonou, a
annoncé lundi 23 octobre une « harmonisation du prix des poulets et des œufs sur le
marché national ». Dans une correspondance adressée aux éleveurs de poulets de chair et de
poules pondeuses, le président de l’Ipavic fait savoir que le prix de 2300 FCFA sera désormais
appliqué aux poulets, d’un poids compris entre 1,8 et 2 kg, sortie de ferme d’élevage. Et le prix
d’une alvéole de 30 œufs doit désormais varier entre 1900 et 2100 FCFA, selon la grosseur du
produit, toujours à la sortie de la ferme d’élevage. Ces prix seront régulièrement ajustés en
fonction « des fluctuations du coût des matières premières », dit-il.
À l’Ipavic, l’on souligne que cette harmonisation des prix est une première au Cameroun.
«Par le passé, l’Ipavic, et même le ministère du Commerce (Mincommerce), n’a jamais ajusté
les prix des poulets sur le marché ou des œufs. C’est inédit. Les prix ont toujours été formés par la
rencontre entre l ’offre et la demande », affirme Bertrand Benoît Onana, secrétaire
permanent de ce regroupement corporatiste. Ce dernier assure que le prix de 2300 FCFA a été
arrêté de concert avec les producteurs. Ce prix ne concerne que l’achat du poulet sortie de ferme.
« Les prix prescrits dans la correspondance du président (poulet et œufs, NDLR) sont ceux que
nous conseillons dans les fermes, mais ce ne sont pas des prix à destination du grand public
parce qu’entre la ferme et le marché pour le consommateur final, il y a une activité que
nous ne maîtrisons pas : la distribution ou le commerce », dit-il.
Difficile donc de savoir si ce prix aura une incidence sur le coût de vente de la viande
blanche sur le marché. Selon des témoignages des ménagères, le prix du poulet de 2 kg
atteint 4000 à 4500 FCFA dans les marchés de Douala, contre 3000 FCFA avant le mois
d’août 2023. Dans le même temps, la volaille de 1,5 kg, qui coûtait 2500 FCFA, est désormais
vendue à 3500 FCFA, voire plus. La situation est encore plus critique à Yaoundé, où il faut
débourser entre 4000 et 4500 FCFA pour se procurer un poulet de 1,5 kg, contre 5000 à
6000 FCFA pour la volaille de 2 à 2,5 kg.
Spéculations trop importantes
À l’Ipavic, on impute notamment cette flambée sur le marché aux intermédiaires. « Le
problème ne se trouve pas au niveau du producteur, mais des spéculateurs. Un producteur,
aujourd’hui, vous dit qu’on sort ses poulets à 2000 FCFA, alors que son coût de production se
situe au-dessus de 2100 FCFA. Mais ça arrive dans le panier de la ménagère à 3000 FCFA,
voire plus. L’Ipavic ne maîtrise pas les distributeurs qui ne font pas partie de notre organisation
», souffle un membre du conseil d’administration.
Pour le secrétaire permanent de l’Ipavic, cette « prudence » de fixer les prix auprès des
producteurs dans les fermes permet notamment à l’État (Mincommerce), dans le souci de la
maîtrise des prix, d’apprécier sur les marchés à destination des consommateurs finaux les
marges des distributeurs