❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 45
posologie est d’une goutte 2 fois/j, avec la possibilité de traiter pendant quatre mois
si besoin. En association avec les corticoïdes topiques, ce collyre présente réellement
un intérêt dans le traitement des conjonctivites présumées allergiques, des conjonc-
tivites folliculaires du jeune chien et des poussées évolutives de kératite superficielle
chronique de type « Berger allemand ».
DACRYOSTIMULANTS
ET DACRYOMIMÉTIQUES
À RETENIR
L’usage des dacryostimulants a été présenté dans le paragraphe consacré
aux immunomodulateurs : il est primordial dans la plupart des KCS qui sont
des maladies à médiation immune. La pilocarpine n’est citée ici que pour
mémoire.
L’usage des dacryomimétiques est fonction du diagnostic (déficit qualitatif,
déficit quantitatif) et des propriétés du substitut des larmes choisi qui doit
prendre en compte les disponibilités et la motivation des propriétaires de
l’animal à traiter. Présentés en solutions et en gels, ils sont intéressants par
leurs propriétés mucinomimétiques et mouillantes et peuvent être associés
aux immunomodulateurs dacryostimulants.
❚ RAPPELS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES SUR LE FILM
LACRYMAL PRÉCORNÉEN
Le film lacrymal précornéen (FLPC) a une épaisseur de 7 à 10 µm et est composé de
trois couches : muqueuse (produite par les cellules caliciformes à mucus de la con-
jonctive, 0,1 µm d’épaisseur), aqueuse (produite par les glandes lacrymales princi-
pale et accessoire, 7 µm d’épaisseur) et lipidique (produite par les glandes tarsales
© MASSON – AFVAC. La photocopie non autorisée est un délit.
de Meibomius, 0,01 à 0,05 µm d’épaisseur) (fig. 2.3).
Son rôle est :
– optique : il maintient la transparence cornéenne et participe à la fonction
réfractive de la cornée ;
– métabolique : il assure la nutrition de la cornée (source d’oxygène pour la sur-
face cornéenne) ; son évaporation accentue sa tonicité et crée un gradient
osmotique cornéen qui entraîne un passage de liquide intracornéen ; de ce fait,
lors d’œdème cornéen, des solutions hypertoniques topiques seront utilisées,
alors que des solutions hypotoniques maintiendront l’hydratation cornéenne ;
– immunologique : il délivre à la surface cornéenne trois composés antibactériens
(la bêtalysine, la lactotransférine et le lysozyme) et assure l’apport en leucocytes
à la surface cornéenne ;
– mécanique : lubrifiant, il mouille la surface cornéenne et en élimine, via les
mouvements de paupière, les débris.
La couche mucinique, épaisse, externe est sécrétée par le reticulum endoplasmique
et l’appareil de Golgi des cellules caliciformes d’origine ectodermique. Les stimuli de