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Finance Comportementale

Résumé et grandes idées

Transféré par

marwenrim Hajji
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Finance Comportementale

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Les hypothèses de la finance conventionnelle

* Rationalité des investisseurs : les investisseurs sont supposés être rationnels et cherchent à
maximiser leur utilité ou leur bénéfice.

Ils sont capables de traiter efficacement toutes les informations disponibles. Ils prennent des
décisions en fonction de l'ensemble des informations qu'ils ont à leur disposition, et leur
comportement est considéré comme étant guidé par la maximisation de l'utilité.

* Efficience des marchés : Les marchés financiers sont considérés comme étant efficients, c'est-à-
dire que les prix des actifs reflètent toutes les informations disponibles à tout moment. Cette
hypothèse implique que les investisseurs ne peuvent pas réaliser de profits excessifs en utilisant des
informations publiques.

* Arbitrage : L’arbitrage joue un rôle pour ramener les produits à leurs valeurs d’équilibre

Dans la finance conventionnelle, les opportunités d'arbitrage sont supposées être rapidement
exploitées par les investisseurs, ce qui permet d'égaliser les prix des actifs et de maintenir
l'efficience des marchés financiers. Par exemple, si une action est sous-évaluée sur un marché par
rapport à sa valeur fondamentale, les investisseurs peuvent acheter cette action sur ce marché et la
vendre sur un autre marché où elle est surévaluée, réalisant ainsi un profit sans risque. Ces
opportunités d'arbitrage existent parce que les marchés ne sont pas toujours parfaitement reflétés
dans les prix des actifs.

Le rôle de l'arbitrage est d'aider à maintenir l'efficience des marchés financiers. Lorsque les
investisseurs exploitent les opportunités d'arbitrage, ils réduisent les écarts de prix entre les marchés
et contribuent ainsi à égaliser les prix des actifs. Cela permet également de renforcer la confiance
des investisseurs dans les marchés financiers et d'encourager un comportement rationnel et efficace.
En fin de compte, l'arbitrage est considéré comme un mécanisme important pour assurer que les
marchés financiers fonctionnent de manière optimale et reflètent le mieux possible les informations
disponibles.

Ces hypothèses ont été critiquées pour leur manque de réalisme et leur incapacité à expliquer
certains phénomènes observés sur les marchés financiers, tels que les bulles spéculatives et les
crises financières. Des courants de pensée alternatifs en finance, tels que la finance
comportementale ont proposé des approches alternatives en remettant en question certaines de ces
hypothèses.
La rationalité des investisseurs

En théorie financière, le critère retenu pour décrire le comportement d’un individu parfaitement
rationnel est la maximisation de l’utilité espérée et cette formalisation repose sur plusieurs
axiomes :

* Axiome de complétude : L’agent est capable de préciser ses préférences. Entre 2 loteries, il
préfère L1 à L2

* Axiome de transitivité : Rationalité pure qui induit la cohérence entre les classements.

L1> L2 et L2 > L3 donc L1> L3

* L’existence de l’équivalent certain : L’agent économique doit toujours connaître l’équivalent


certain pour un jeu risqué.

L’équivalent certain est le montant qu’on accepte de percevoir pour renoncer à un jeu risqué (ne pas
participer au jeu risqué et percevoir l’équivalent certain)

Le deuxième aspect du comportement de l’investisseur parfaitement rationnel concerne sa réaction


à de nouvelles informations. L’arrivée de nouvelles informations entraîne la modification, par les
individus, des probabilités d’occurrence affectées aux différents événements futurs. L’investisseur
rationnel opère cette révision des probabilités en obéissant à la règle de Bayes.

Il est à noter que si tous les investisseurs sont parfaitement rationnels, seules les informations non
anticipées peuvent modifier ces probabilités et finalement conduire à une modification du prix des
actifs financiers.

Tout agent économique qui vérifie ces 3 axiomes est considéré comme étant rationnel.

Selon von Neumann et Morgenstern (1947), la fonction d’utilité de l’agent économique peut être
définit dans un plan (rentabilité, risque) et dont la forme est concave.
Rentabilité

Risque

En finance conventionnelle, la fonction d'utilité d'un investisseur représente le niveau de satisfaction


qu'il obtient de son portefeuille d'investissement en termes de rentabilité et de risque. Le but de
l'investisseur est de maximiser son utilité, c'est-à-dire de maximiser sa satisfaction.
La forme concave de la fonction d'utilité est liée à l'aversion au risque des investisseurs. En effet,
les investisseurs ont tendance à préférer des portefeuilles qui présentent des rendements plus élevés,
mais avec un niveau de risque plus faible, plutôt que des portefeuilles qui présentent des rendements
plus élevés mais avec un niveau de risque plus élevé. Cela signifie que le gain de satisfaction qu'il
obtient en termes de rentabilité doit être de plus en plus important pour compenser l'augmentation
du risque. Cela conduit à une courbe concave de la fonction d'utilité.

L’agent n’accepte à courir un risque supplémentaire que s’il est compensé par un rendement plus
élevé.

Une fonction d’utilité concave signifie que l’utilité marginale d’une unité supplémentaire de
richesse diminue à mesure que la richesse totale augmente. Les investisseurs préfèrent des
rendements plus élevés mais ils sont de plus en plus averses au risque au fur et à mesure qu’ils ont
de plus en plus de richesse.

Une fonction d’utilité concave présente une aversion croissante au risque.

En résumé, la forme concave de la fonction d'utilité en finance conventionnelle permet de modéliser


l'aversion au risque des investisseurs et leur préférence pour les investissements moins risqués. Cela
permet aux investisseurs de prendre en compte leur tolérance au risque lorsqu'ils prennent des
décisions d'investissement et de choisir des portefeuilles qui maximisent leur utilité tout en
minimisant leur niveau de risque.

L’aversion au risque est un concept clé en finance conventionnelle et est prise en compte dans la
gestion de portefeuille. Les investisseurs doivent trouver un équilibre entre le niveau de risque qu'ils
sont prêts à prendre et le niveau de rendement qu'ils souhaitent obtenir, tout en prenant en compte
leur aversion au risque.

Cette hypothèse de rationalité a des implications importantes pour les marchés financiers. Elle
implique que les prix des actifs reflètent toutes les informations disponibles, que les investisseurs
réagissent rapidement aux nouvelles informations et que les marchés sont efficients. En outre, elle
suppose que les investisseurs n'ont pas de biais cognitifs ou émotionnels qui affectent leur prise de
décision et que leur comportement est donc rationnel et optimal.

Cependant, cette hypothèse a été critiquée pour son manque de réalisme. Les travaux de recherche
récents en finance comportementale ont montré que les investisseurs peuvent être sujets à des biais
cognitifs et émotionnels qui affectent leur prise de décision, tels que la surconfiance, la peur des
pertes et la tendance à suivre la foule. En conséquence, de nombreux économistes ont proposé des
approches alternatives qui prennent en compte ces facteurs comportementaux et émotionnels dans
l'analyse des marchés financiers.

L’efficience des marchés financiers

L’efficience repose sur plusieurs conditions :

* La rationalité des investisseurs :

* La libre circulation de l’information et réaction instantanée des investisseurs

* La gratuité de l’information

* L’absence des coûts de transaction

* L’homogénéité des investisseurs

* L’atomicité des investisseurs : aucun investisseur ne doit pouvoir influencer le marché par sa
simple intention de vendre ou d’acheter une masse importante de titre.

* La liquidité : le prix de l’actif ne doit pas pouvoir varier pour des problèmes de liquidité

Selon Fama 1970, un marché efficient est un marché qui est efficient dans le traitement de
l’information « Le prix des titres observé à tout moment est basé sur une évaluation correcte de
toute l’information disponible à cette période. Sur un marché efficient, les prix reflètent
intégralement toute l’information pertinente disponible »

Selon la nature de l'information contenue dans l'ensemble et répercutée dans le prix, on pourra
distinguer différentes formes d’efficience :

* La forme faible de l’efficience : Le prix d’une action reflète toute l’information contenue dans
l’histoire passée du prix de ce titre.

L’analyse technique est possible dans les marchés efficients, c’est-à-dire, toutes les informations
disponibles sont déjà reflétées dans les prix des actifs.

L’analyse technique dans le cadre d’un marché d’efficience faible est difficile et inutile.

« L’information est présentée par l’ensemble des cours passés »

L’analyse technique se base sur les cours passés (historique de l’évolution des prix)

* La forme semi-forte d’efficience : Le prix d’une action reflète toute l’information publiquement
disponible dans les états financiers.
Lorsqu’on considère toutes les informations publiques disponibles

* La forme forte d’efficience : Le prix d’une action reflète toute l’information disponible qu’elle
soit publique ou privée.

Sur un marché efficient, une information courante, importante et gratuite est disponible pour tous
les agents. Ces agents ont la capacité d’évaluer correctement l’information disponible et la
répercuter dans les prix.

Un marché présente la forme forte d’efficience si l’information privée est prise en compte dans la
formation des cours des titres et les agents initiés ne vont pas bénéficier de ce type d’information.

Le délit d'initié est une pratique illégale qui consiste à utiliser des informations privilégiées pour
réaliser des transactions sur le marché financier. Cette pratique est considérée comme une violation
des règles de l'efficience des marchés, qui suppose que toutes les informations pertinentes sont
reflétées dans les prix des actifs financiers et que personne ne peut réaliser de profits anormaux en
utilisant des informations privilégiées. Cela signifie que les transactions sur le marché financier sont
équitables et que les investisseurs ont une chance égale de réaliser des profits.

Le délit d'initié est une pratique illégale qui remet en cause l'hypothèse de l'efficience des marchés
en suggérant que les investisseurs ayant accès à des informations privilégiées peuvent obtenir des
profits anormaux en négociant sur les marchés financiers. Cependant, les autorités de régulation
financière travaillent pour prévenir cette pratique et maintenir l'équité sur les marchés financiers.

Sur un marché efficient les investisseurs prennent position sur le marché, en fonction de
l’information dont ils disposent, l’information est supposée commune à tous les agents et gratuite.
Le marché est caractérisé par la présence d’un grand nombre d’opérateurs, les prix des titres sont
imprévisibles et suivent une marche au hasard, l’efficience du marché implique aussi le fait qu’il
soit impossible de dégager des gains anormaux, donc les gains qui résultent de la spéculation sont
impossibles.
Remise en cause des hypothèses de la finance conventionnelle et présence d’anomalies sur les
marchés

Selon la théorie de l’efficience, les agents ont un comportement et des anticipations rationnelles.
Or si tous les prix reflètent toute l’information disponible et si les agents agissent rationnellement,
il s’en suit une disparition du marché.
En effet sous ses conditions il n’y aura pas d’échange puisque tous les agents vont vouloir vendre
les titres dont les prix baissent, et achètent tous les titres dont les prix vont augmenter.
Faute d’échange le marché ne peut exister. Cela fait apparaitre une contradiction au sein même de
la définition de l’efficience. Si les marchés sont efficients d’une manière informationnelle,
l’acquisition de l’information devient inutile. Une telle façon d’agir de la part des investisseurs
engendre un comportement sur la base de l’inefficience du marché.

La gratuité de l’information se trouve directement liés au fait que les prix reflètent toute
l’information

On suppose la coexistence de deux catégories d’agents :

- Les agents informés qui acquièrent une information à un certain coût.

- Les agents non informés qui observent uniquement les prix et adoptent un comportement
de suiveurs ou un comportement de mimétisme.

S’il n’y a pas de bruit sur le marché et si les agents deviennent de plus en plus informés, toute
l’information est transmise aux agents non informés par l’intermédiaire des prix.

Il s’ensuit, un désintérêt à investir dans l’acquisition de l’information et Il n’existe donc pas


d’équilibre concurrentiel.

Ainsi, si le prix reflète toute l’information disponible et si les agents sont homogènes, il n’y a
plus aucune place pour le processus d’échange.
La finance conventionnelle a été critiquée pour plusieurs raisons :

* L'hypothèse de la rationalité des investisseurs : l'une des hypothèses de base de la finance


conventionnelle est que les investisseurs sont rationnels et prennent des décisions
d'investissement éclairées en maximisant leur utilité.

Cependant, cette hypothèse a été remise en question par des chercheurs tels que Daniel
Kahneman et Amos Tversky, qui ont montré que les investisseurs peuvent être influencés par des
biais cognitifs et des comportements irrationnels qui affectent leurs décisions d'investissement.
Par exemple, la théorie de la perspective de Kahneman et Tversky montre que les investisseurs
ont une aversion aux pertes plus forte que leur appétit pour le gain, ce qui peut les amener à
prendre des décisions d'investissement irrationnelles.

* L'hypothèse d'efficience des marchés : la théorie de l'efficience des marchés, qui est
également une hypothèse de base de la finance conventionnelle, stipule que les marchés reflètent
toutes les informations disponibles et que les prix sont toujours corrects.

Cependant, cette hypothèse a également été remise en question par des chercheurs tels que Fama,
qui ont montré que les marchés ne sont pas toujours efficients et peuvent être influencés par des
facteurs psychologiques tels que la panique, l'enthousiasme ou la peur, qui peuvent entraîner des
fluctuations de prix importantes et des comportements d'investissement irrationnels.

* La sous-estimation des risques : la finance conventionnelle a été critiquée pour sa tendance à


sous-estimer les risques, en particulier dans le cas de crises financières telles que la crise des
subprimes de 2008. Les modèles de risque utilisés en finance conventionnelle ont été accusés de
ne pas prendre en compte tous les facteurs pertinents et de ne pas être suffisamment robustes pour
prévoir les risques systémiques.

* L'accent mis sur la maximisation des profits à court terme : la finance conventionnelle est
souvent accusée de se concentrer sur la maximisation des profits à court terme au détriment
d'autres considérations telles que la durabilité, la responsabilité sociale et environnementale, et
l'équité intergénérationnelle.

En somme, la finance conventionnelle a été critiquée pour son hypothèse de rationalité des
investisseurs et son hypothèse d'efficience des marchés, qui ont été remises en question par des
chercheurs ayant montré que les investisseurs peuvent être influencés par des biais cognitifs et
des comportements irrationnels, et que les marchés peuvent être influencés par des facteurs
psychologiques et sociaux qui ne sont pas pris en compte dans les modèles conventionnels.

L’apport de l’analyse psychologique

Le point de départ de la finance comportementale a été de tester la rationalité des agents et les
axiomes qui lui sont associés. Les conclusions des psychologues et autres membres de cette
discipline ont été les suivantes :

- Les axiomes d’indépendance et de transitivité sont souvent dépassés par des décisions

individuelles

- Les investisseurs ont un comportement moutonnier.

- Les investisseurs ne suivent pas la règle de bayes.

- Les investisseurs sont sur-confiants.

- Les investisseurs simplifient les choix complexes par des règles et des raccourcis nommés

heuristique.

Une heuristique est une méthode de résolution de problèmes ou de prise de décision qui simplifie
la tâche en utilisant des raccourcis mentaux. Les heuristiques sont des règles empiriques ou des
stratégies cognitives qui permettent de réduire la complexité des problèmes en ne considérant que
les informations les plus importantes ou les plus pertinentes.

Leur but est de simplifier le problème, accélérer les processus de traitement de l’information.

Exemple d’heuristiques :

- acheter les marques qu’on connaît déjà

- décider sur la base de comparaison

- généraliser un cas particulier

Ces observations ont été qualifiées d’anomalies dans la mesure où les chercheurs avaient du mal
à les expliquer. Ils ont par la suite rejeté l’hypothèse de rationalité des agents et, par conséquent,
le corolaire de l’efficience des marchés financiers.
La finance comportementale a remis en cause plusieurs hypothèses clés de la finance
conventionnelle en montrant que les investisseurs ne sont pas toujours rationnels et ne prennent
pas toujours des décisions d'investissement optimales.

Voici quelques exemples de la façon dont la finance comportementale a remis en question les
hypothèses de la finance conventionnelle :

* Les biais cognitifs : la finance comportementale a montré que les investisseurs sont souvent
sujets à des biais cognitifs, tels que la surconfiance, l'aversion aux pertes, la préférence pour les
actions locales et familiales, la croyance que les tendances passées se poursuivront à l'avenir, et
l'ancrage (c'est-à-dire le fait de se concentrer sur des informations initiales et de les utiliser
comme point de référence pour les décisions futures). Ces biais peuvent conduire les
investisseurs à prendre des décisions irrationnelles et à surestimer ou sous-estimer le potentiel de
rendement ou de risque d'un investissement.

* Les comportements grégaires (mimétisme) : la finance comportementale a également montré


que les investisseurs ont tendance à imiter les comportements des autres investisseurs, en
particulier dans les périodes de forte volatilité ou d'incertitude. Cette tendance peut conduire à des
bulles spéculatives ou à des krachs boursiers, car les investisseurs peuvent suivre aveuglément le
comportement des autres sans tenir compte des fondamentaux économiques ou financiers sous-
jacents.

* Les asymétries d'information : la finance comportementale a montré que les investisseurs ne


disposent pas toujours des mêmes informations que les autres participants du marché, ce qui peut
entraîner des distorsions dans les prix des actifs. Par exemple, les dirigeants d'une entreprise
peuvent avoir des informations privilégiées sur la performance future de l'entreprise, ce qui leur
permet de prendre des décisions d'investissement avant que ces informations ne soient rendues
publiques. Cela peut conduire à des situations de trading basées sur des informations
asymétriques et à des distorsions de prix qui ne reflètent pas les fondamentaux économiques
sous-jacents.

En somme, la finance comportementale a montré que les comportements humains et les


processus de prise de décision sont des facteurs importants qui doivent être pris en compte dans
l'analyse des marchés financiers. Les investisseurs ne sont pas toujours rationnels et les marchés
ne sont pas toujours efficients, ce qui a des implications importantes pour la façon dont nous
comprenons et investissons dans les marchés financiers.

Le nouveau paradigme de la gestion de portefeuille : La finance comportementale

Kahneman et Tversky (1979) se préoccupaient de fonder la finance comportementale. Cette


nouvelle discipline a pour objectif de mettre en évidence les comportements réels des individus
face à des choix risqués (par opposition à ceux supposés rationnels, reposant sur les axiomes de
Von Neuman et Morgenstern et supposant que les individus maximisent l’espérance de l’utilité de
leur richesse). Cette approche vise à prendre en considération les facteurs comportementaux, qui
ont une influence sur la prise de décision des agents.

Lintner (1998), définit la finance comportementale comme l’étude du comportement de l’individu,


quand il analyse et prend des décisions en situation d’incertitude.

La finance comportementale est une discipline qui étudie les effets des biais cognitifs, des
émotions et des autres facteurs psychologiques sur les comportements des investisseurs et les
marchés financiers. Elle remet en question les hypothèses de la finance conventionnelle ou les
investisseurs sont des agents économiques rationnels qui prennent des décisions d'investissement
optimales.

La finance comportementale combine les concepts de psychologie, économie et finance pour


comprendre comment les émotions, les croyances et les biais cognitifs peuvent influencer les choix
financiers des individus et des entreprises.

La finance comportementale vise à aider les investisseurs à mieux comprendre leur propre
psychologie et à améliorer leur performance en matière d’investissement et en surmontant les biais
comportementaux qui peuvent entraver leur capacité à prendre des décisions financières
judicieuses.

Les bases de la finance comportementale :


* Certains investisseurs ne sont pas pleinement rationnels et leur demande d’actifs risqués est
affectée par leur croyance ou leurs émotions. C’est le cas des investisseurs que l’on qualifie
d’irrationnels et qui sont supposés avoir des anticipations qui sont biaisées.
Mais il existe par ailleurs des investisseurs rationnels qui ont une idée assez précise de la nature
des fondamentaux et de l’impact sur les prix des changements que ceux-ci subissent, mais
aussi des réactions pas toujours adéquates à la survenance d’informations nouvelles.

* La seconde hypothèse de base est que l’arbitrage, activité à laquelle va se livrer la seconde
catégorie d’investisseurs, qui sont, eux, pleinement rationnels, est une activité non dénuée de
risque et dont l’efficacité est par conséquent limitée. On peut observer que les agents qui n’ont
aucune stratégie et qui font n’importe quoi, vont prendre des décisions qui peuvent être
considérées comme des phénomènes purement aléatoire, dont les effets peuvent se neutraliser les
uns les autres et en définitive le comportement des noises traders peut ne pas déstabiliser le
fonctionnement du marché et la formation des prix.

MEDAF

Les agents rationnels sélectionnent les portefeuilles efficients à partir d’une gestion optimale du
couple (rentabilité espérée, risque)

Un portefeuille efficient peut se définir de la manière suivante :

Pour un niveau de rentabilité donné, le portefeuille efficient est celui qui présente le risque
minimum. Pour un niveau de risque donné, le portefeuille efficient est celui qui présente la
rentabilité maximale.

Parmi l’ensemble des portefeuilles efficients, le portefeuille optimal est celui qui procure à
chaque agent le niveau d’utilité le plus élevé.

Selon le MEDAF, tout investisseur construit son portefeuille optimal en combinant l’actif sans
risque et le portefeuille de marché.

A l’équilibre, on peut écrire E(R) = Rf + Bi ( E(Rm) – Rf)

Kahneman et Tversky 1992 annoncent que les hypothèses traditionnelles du MEDAF devraient
être rejetées, et proposent de construire un MEDAF comportemental.

Les hypothèses traditionnelles du MEDAF :

- Les investisseurs sont rationnels

- Les marchés sont efficients

- Les actifs sont homogènes

- Les investisseurs ont des anticipations homogènes

- Les investisseurs peuvent emprunter et prêter sans contrainte


La théorie de l’utilité espérée : se base sur l’idée que les individus choisissent la décision qui
maximise leur utilité espérée. Cette théorie considère que les individus sont rationnels et font des
choix en utilisant une analyse coût-bénéfice

La théorie des perspectives :

Cadre conceptuel proposé par Kahneman et Tversky en 1979 pour expliquer les comportements
humains face aux risques et aux incertitudes. Cette théorie est souvent associée à la finance
comportementale, car elle remet en question l'hypothèse de la rationalité des investisseurs de la
finance conventionnelle.

La théorie des perspectives postule que les individus évaluent les gains et les pertes non pas en
termes absolus, mais en termes relatifs à un point de référence, souvent le statu quo ou la
situation actuelle. Cette évaluation relative est définie par une fonction de valeur, qui est
généralement concave pour les gains et convexe pour les pertes.

De plus, la théorie des perspectives suggère que les individus sont plus sensibles aux pertes
qu'aux gains de même valeur absolue. Ce biais de perte est appelé aversion aux pertes et peut
conduire à des comportements irrationnels, tels que la vente rapide d'actifs en baisse pour éviter
de réaliser des pertes, même si cela implique de manquer des gains futurs.

La fonction de valeur dans le cadre de la finance comportementale

La fonction de valeur est un concept qui vise à modéliser les préférences des investisseurs en
prenant en compte les biais cognitifs et émotionnels qui influencent leurs décisions
d’investissement.

L’utilité de l’investisseur est supposée être une fonction des gains et des pertes relatives à un
référentiel, plutôt que fonctions de la richesse absolue.

Les fonctions d’utilité standards sont concaves, qu’il s’agisse d’une situation de gain ou de perte,
la théorie des perspectives suppose que les fonctions d’utilité sont concaves pour les gains et
convexes pour les pertes.

Cette théorie met l’accent sur l’aversion à la perte, qui stipule que les investisseurs sont beaucoup
plus sensibles aux changements négatifs de leurs richesses (pertes), plutôt qu’aux changements
positifs (gains).

Kahneman et Tversky (1979), stipulent que les individus considèrent une aversion aux pertes
deux fois plus douloureuse que les gains. Ces deux auteurs ont introduit une nouvelle
fonction d’utilité appelée fonction de valeur.

Figure de la fonction de valeur

Cette fonction de valeur montre que la réponse psychologique des investisseurs est une
fonction concave (aversion au risque) dans le domaine des gains et convexe (recherche du risque)
dans le domaine des pertes. En effet, les individus sont disposés à prendre beaucoup plus de
risques pour éviter des pertes plutôt que pour réaliser des gains.

L’aversion à la perte est reliée à la science de la psychologie qui stipule que le déclin de l’utilité,
est dû aux pertes plutôt qu’aux gains, ce qui explique le comportement des investisseurs qui
conservent les positions perdantes par rapport à celles qui réalisent des gains. Cette intuition a été
formellement développée par Kahneman et Tversky (1979) et a été appliquée empiriquement aux
marchés financiers par plusieurs auteurs, tels que Shefrin (1985), De Bondt et Thaler (1985).

L’aversion à la perte renforce la tendance à conserver les titres perdants (losers) puisque si l’on
vend un titre en perte pour acheter un autre et que l’on rattrape la moins-value, on n’épanche que
la moitié de la déception causée par la perte sur le premier titre.

En définitive, l’aversion à la perte qui est, comme nous l’avons déjà présentée, l’ingrédient
majeur de la théorie des perspectives : Kahneman et Tversky (1979) et (1992). Elle se
définit par la tendance à s’exposer à des changements négatifs (pertes), par rapport au
niveau de référence, plus importants qu’à des changements positifs (gains) . Le
développement de la notion d’aversion à la perte et son influence dans plusieurs domaines de la
finance et de la décision financière, ont permis de dégager une meilleure analyse et une efficacité
plus évidente des processus de prise de décisions.

L'apport de la finance comportementale est multiple :

* Elle aide à comprendre les comportements des investisseurs : la finance comportementale étudie
les biais cognitifs et émotionnels qui influencent les comportements des investisseurs. En
comprenant ces biais, on peut mieux comprendre les raisons pour lesquelles les investisseurs
prennent certaines décisions et comment ces décisions affectent les marchés financiers.

* Elle met en évidence les limites de l'efficience des marchés : la finance comportementale a
montré que les marchés ne sont pas toujours efficients, car les investisseurs peuvent être influencés
par des facteurs non fondamentaux tels que les émotions ou les biais cognitifs. Cela peut conduire
à des distorsions de prix et à des opportunités d'arbitrage.

* Elle propose des modèles alternatifs : la finance comportementale a proposé des modèles
alternatifs pour expliquer les comportements des investisseurs et les mouvements des marchés
financiers. Par exemple, le modèle de la finance comportementale suggère que les investisseurs
peuvent prendre des décisions fondées sur des règles simples plutôt que de suivre une analyse
approfondie des données financières.
Les biais cognitifs :

Un biais cognitif est un schéma de pensée trompeur et faussement logique. Cette forme de pensée
permet à l’individu de porter un jugement ou de prendre une décision rapidement.

Les biais cognitifs influencent nos choix en particulier lorsqu’il faut gérer une quantité
d’information importante ou que le temps est illimité.

Il se produit ainsi une forme de dysfonctionnement dans le raisonnement.

Pour passer à l’action ou donner un sens à un événement, le cerveau va utiliser des croyances
subjectives inconscientes.

Dans ce cas, le risque de décision erroné devient alors important. Ce mécanisme est systématique
car les individus sans pour autant être conscient, l’individu ne va pas exercer son libre arbitre.

Les biais cognitifs sont des erreurs systématiques de jugement et de raisonnement que les individus
peuvent commettre en raison de leurs processus cognitifs automatiques. Ils sont souvent associés à
la finance comportementale, car ils peuvent influencer les décisions financières des investisseurs et
des acteurs du marché.

Il existe de nombreux biais cognitifs :

* Biais de confirmation : tendance à rechercher, interpréter et rappeler les informations de manière


à confirmer les croyances et les hypothèses préexistantes.
* Biais de surconfiance : tendance à surestimer ses capacités et la précision de ses prévisions. Biais
de disponibilité : tendance à accorder plus de poids aux informations ou aux événements qui sont
facilement accessibles à la mémoire.

* Biais de contrôle : tendance à croire que l'on a plus de contrôle sur les événements qu'on ne le
fait réellement. Biais d'illusion de corrélation : tendance à percevoir une corrélation entre des
événements qui sont en fait indépendants.

* Biais d'ancrage : tendance à se fier à la première information disponible pour prendre une
décision, même si cette information n'est pas pertinente ou fiable.

Le biais d'ancrage est la tendance à se concentrer sur une information spécifique et à l'utiliser
comme point de référence pour évaluer les autres informations. Les investisseurs peuvent se
concentrer sur le prix auquel ils ont acheté une action et utiliser ce prix comme point de référence
pour évaluer la valeur future de l'action

* Biais de représentativité : tendance à juger la probabilité d'un événement en fonction de son


degré de ressemblance avec un modèle mental ou une catégorie.

Le biais de représentativité est la tendance à tirer des conclusions hâtives sur la base d'un petit
nombre d'observations. Les investisseurs peuvent prendre des décisions financières en se basant sur
des caractéristiques superficielles, telles que la ressemblance d'une entreprise avec une autre
entreprise à rsuccès, sans tenir compte d'autres facteurs importants tels que les fondamentaux de
l'entreprise.

La représentativité est donc une sorte d’outil que l’esprit humain utilise pour classer rapidement
des informations. Les gens évaluent la probabilité d’occurrence d’un évènement futur incertain par
le degré de ressemblance d’un évènement à un phénomène déjà observé dans le passé.

Les comportements moutonniers, mimétiques ou suiveurs


Les comportements moutonniers mimétiques sont la tendance des investisseurs à suivre les
décisions des autres investisseurs, plutôt que de prendre des décisions indépendantes. Les
investisseurs peuvent être influencés par des opinions populaires ou des tendances demarché,plutôt
que d'effectuer leurs propres recherches et analyses indépendantes.

Ces biais cognitifs peuvent influencer les décisions financières des investisseurs, souvent de
manière subconsciente. La reconnaissance de ces biais peut aider les investisseurs à éviter de
prendre des décisions impulsives et irrationnelles, en s'appuyant plutôt sur des données objectives et
une analyse approfondie pour prendre des décisions financières plus éclairées

Le comportement mimétique observé doit être scindé en deux types bien distincts de
comportement collectif :

-D’un côté, il y a ce que l’on appelle le « mimétisme fallacieux ». Celui-ci intervient quand un
groupe a des objectifs similaires, s’apparentant à une forme de mimétisme. Mais ici ce
comportement moutonnier peut s’appuyer sur des faits, sur des éléments fondamentaux (tels
qu’une hausse soudaine des taux d’intérêt) qui auront pour effet de réduire, dans le chef des
investisseurs rationnels, l’attrait pour les actions.

-De l’autre côté, il ya ce que l’on nomme le « mimétisme intentionnel ». Celui-ci intervient quand
les investisseurs imitent intentionnellement, délibérément le comportement de leurs pairs. Sous
cette forme de mimétisme, on retrouve souvent une stratégie commune aux investisseurs
concernés connue sous le nom de positive feedback. Cette stratégie de placement dynamique
consiste à, acheter des titres qui ont récemment vu leurs rendements surperformer le benchmark
(indice de référence). Le mimétisme s’apparente alors à un comportement irrationnel sous
l’angle de l’hypothèse d’efficience des marchés. En effet, comme nous l’avons largement
explicité, l’hypothèse d’efficience des marchés prétend que les prix sont censés rendre compte de
toute l’information disponible.
Le comportement moutonnier, également appelé effet de mode ou effet de foule, est un biais
cognitif qui se produit lorsque les gens suivent aveuglément les opinions ou les actions d'une grande
masse de personnes sans réfléchir de manière critique à leur propre opinion ou à leurs propres
actions. Cela peut se produire dans de nombreux contextes, y compris en finance.

En finance, le comportement moutonnier se produit lorsque les investisseurs achètent ou vendent


des titres en fonction de l'opinion ou de l'action de la majorité, plutôt que de prendre leur propre
décision en fonction de l'analyse des fondamentaux de l'entreprise ou du marché. Cela peut
entraîner une distorsion des prix des titres, car les investisseurs ne tiennent pas compte des
véritables fondamentaux sous-jacents.

Le comportement moutonnier peut être exacerbé par la présence de signaux sociaux, tels que des
recommandations d'investissement de gourous de l'investissement ou des groupes de discussion en
ligne. L'effet peut être amplifié par les biais cognitifs tels que l'effet de représentativité, qui est la
tendance à accorder plus de poids aux informations qui correspondent à nos schémas mentaux
préexistants, et par la cascade d'information, qui est la tendance à suivre l'opinion de la majorité en
se basant sur des informations incomplètes ou peu fiables.

Le comportement moutonnier peut avoir des conséquences importantes pour les investisseurs, car
cela peut entraîner des bulles spéculatives ou des krachs boursiers, où les prix des titres deviennent
déconnectés de leur valeur fondamentale. Les stratégies d'investissement qui se concentrent sur
l'analyse fondamentale plutôt que sur la simple réplication des choix des autres investisseurs
peuvent aider à minimiser l'impact de ce biais cognitif sur les décisions d'investissement.

L’arbitrage peut –il compenser le comportement irrationnel

L'arbitrage peut potentiellement compenser le comportement irrationnel des investisseurs sur les
marchés financiers. L'arbitrage consiste à acheter et vendre des actifs financiers simultanément sur
différents marchés afin de tirer profit des écarts de prix entre ces marchés. Si les investisseurs sont
irrationnels et que leurs comportements entraînent des distorsions de prix sur les marchés, les
arbitragistes peuvent profiter de ces distorsions pour réaliser des bénéfices. En agissant de la sorte,
les arbitragistes peuvent réduire les écarts de prix et ramener les prix des actifs financiers à leur
juste valeur, contribuant ainsi à rétablir une certaine rationalité sur les marchés financiers.

Cependant, il convient de noter que l'arbitrage ne peut pas toujours compenser complètement les
comportements irrationnels des investisseurs, en particulier dans des conditions de marché extrêmes
ou lorsque les distorsions de prix sont importantes. En outre, l'arbitrage nécessite des coûts de
transaction et de recherche qui peuvent limiter son efficacité, en particulier pour les petits
investisseurs. De plus, certains biais cognitifs, tels que les biais de comportement de troupeau,
peuvent conduire à des situations où les investisseurs imitent les actions des autres, ce qui peut
amplifier les comportements irrationnels sur les marchés et limiter l'efficacité de l'arbitrage.

Est-ce que la finance comportementale permet de résoudre les problèmes de la finance


conventionnelle ?

La finance comportementale ne permet pas de résoudre tous les problèmes de la finance


conventionnelle, mais elle peut aider à les comprendre et à les expliquer de manière plus complète.
La finance comportementale s'intéresse aux biais cognitifs et émotionnels qui influencent le
comportement des investisseurs, tandis que la finance conventionnelle repose sur des hypothèses
d'efficience des marchés et de rationalité des investisseurs. En montrant comment ces biais cognitifs
peuvent affecter les décisions d'investissement et les prix des actifs financiers, la finance
comportementale peut contribuer à une meilleure compréhension de certains phénomènes observés
sur les marchés financiers, tels que les bulles spéculatives, les crises financières, ou encore les
anomalies de marché qui ne peuvent être expliquées par les modèles de la finance conventionnelle.
Elle peut également aider les investisseurs à prendre conscience de leurs propres biais cognitifs et
émotionnels, et à les corriger pour prendre des décisions d'investissement plus rationnelles.
Cependant, la finance comportementale ne peut pas fournir de solutions toutes faites aux problèmes
de la finance conventionnelle. Elle peut donner des pistes de réflexion et proposer des modèles
alternatifs, mais elle ne prétend pas remplacer complètement les modèles traditionnels de la finance
conventionnelle. Les deux approches peuvent être complémentaires et coexister pour une meilleure
compréhension des marchés financiers.

La finance comportementale est une approche, elle n’est pas une théorie

La finance comportementale est une approche qui consiste à étudier les comportements et les biais
psychologiques des investisseurs dans leur prise de décision financière, en s'appuyant sur des
observations empiriques et des expériences. Elle s'intéresse notamment aux facteurs
comportementaux qui peuvent conduire à des déviations par rapport aux prédictions des modèles de
la finance conventionnelle.

Contrairement à la finance conventionnelle, la finance comportementale n'est pas une théorie


unique, mais plutôt un champ de recherche qui regroupe plusieurs approches théoriques et
empiriques. Les chercheurs en finance comportementale ont ainsi proposé différents modèles pour
expliquer les comportements des investisseurs, qui peuvent s'appuyer sur des éléments de la théorie
des perspectives, de la psychologie sociale, ou de la théorie de l'attribution, par exemple.

En outre, la finance comportementale ne cherche pas à remplacer la finance conventionnelle, mais


plutôt à compléter son analyse en prenant en compte les biais comportementaux qui peuvent
influencer les décisions des investisseurs et affecter les prix des actifs. Elle met en évidence les
limites des modèles conventionnels et propose de nouvelles pistes pour mieux comprendre les
marchés financiers et la prise de décision des investisseurs.

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