DS n°2
Samedi 19 octobre 2019
Durée : 2 heures
Instructions générales :
« Les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction : les copies
illisibles ou mal présentées seront pénalisées. Toute réponse non justifiée, même correcte
ne sera pas prise en compte. Toute application numérique ne comportant pas d’unité ne
donnera lieu à aucune attribution de points. »
Concours commun des écoles des Mines d’Albi, Alès, Douai et Nantes.
Tout résultat devra être ENCADRE ou SOULIGNE avec un stylo de couleur autre que le bleu.
Les copies monochromes ne seront pas lues.
Les numéros des questions devront être reportés intégralement.
Les candidats doivent vérifier que le sujet comprend 8 pages.
Les 4 parties sont indépendantes.
L’USAGE D’UNE CALCULATRICE EST AUTORISE POUR CETTE EPREUVE.
RAPPEL : Dans tout le devoir, donner la géométrie d’une molécule nécessite :
- de préciser la formule AXnEm associée au modèle de la répulsion des paires d’électrons
de valence de Gillespie (formule VSEPR),
- de représenter la molécule en précisant l’organisation spatiale des doublets liants et des
doublets non liants éventuels,
- d’en déduire le nom de la géométrie correspondante.
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Partie 1
Salinité de l’eau de mer
L’eau des océans est en mouvement permanent. C’est un tapis roulant géant, à l’échelle du
globe, d’eaux chaudes ou froides. On connaît une partie de ce tapis roulant : le Gulf Stream.
Les mesures de paramètres physico-chimiques de l’eau des océans alimentent les modèles de
circulation océanique. En effet, les mouvements des masses d’eau sont régis par trois facteurs
principaux :
- les vents de surface pour les courants de surface ;
- la température : une masse d’eau chaude est moins dense qu’une masse d’eau froide, ce
qui entraîne un mouvement ascendant de l’eau plus chaude et descendant de l’eau plus
froide ;
- la salinité : plus une eau est salée plus elle est dense, ce qui entraîne un mouvement
descendant de cette eau.
Les espèces dissoutes dans l’eau de mer étant essentiellement ioniques, la mesure de la
conductivité électrique de l’eau de mer s’est imposée pour en déduire la salinité.
Les mesures de conductivité permettent de calculer la salinité S en [Link]-1 d’un échantillon
d’eau de mer à partir de la formule suivante :
S = 0,0080 – 0,1692 K 1/2 + 25,3853 K + 14,0941 K 3/2 -7,0261 K 2 + 2,7081 K 5/2
avec K défini comme le rapport entre la conductivité électrique de cet échantillon d’eau de mer
(à 15°C et à la pression de 1,0 bar), et la conductivité électrique d’une solution de chlorure de
potassium de référence de concentration molaire C = 4,48.10-1 mol.L-1 mesurée à la même
température et à la même pression.
DONNEES :
Conductivité molaire ionique des ions chlorure à 15°C : λ°(Cl-) = 6,10.10-3 [Link]-1
Conductivité molaire ionique des ions potassium à 15°C : λ° (K+) = 5,88.10-3 [Link]-1
1. Dessiner une cellule de conductimétrie.
2. Est-il nécessaire d’étalonner un conductimètre ?
3. Exprimer puis calculer la conductivité électrique de la solution de référence de chlorure de
potassium.
On mesure, à 15°C, la valeur de cette conductivité électrique σmesurée = 4,2914 S.m-1.
4. Comparer ce résultat à la valeur calculée précédemment. Proposer une explication à l’écart
obtenu.
5. Pour un échantillon de l’eau de l’océan arctique (à 15°C et à la pression de 1,0 bar), on
mesure la conductivité σarct = 3,9604 S.m-1. Calculer la valeur de la salinité S d’une solution
de cette eau de mer en donnant le résultat avec deux chiffres significatifs.
L’eau de mer de référence appelée eau de mer « normale » à la température de 15 °C et à la
pression atmosphérique normale de 1,0 bar, possède une salinité S de 35 [Link]–1.
6. Comparer la salinité de l’eau de l’océan arctique à la salinité de l’eau de mer « normale ».
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Partie 2
La chimie des gaz nobles
DONNEES : h = 6,63.10-34 J.s, c = 3,00.108 m.s-1, 1 eV = 1,60.10-19 J, NA = 6,02.1023 mol-1
1. Etablir la configuration électronique des gaz nobles suivants :
le Néon (Symbole 𝑁𝑒 ; 𝑍 = 10) ;
le Krypton (Symbole 𝐾𝑟 ; 𝑍 = 36) ;
le Xénon (Symbole 𝑋𝑒 ; 𝑍 = 54).
Un gaz chauffé dans une ampoule scellée passe dans un état
excité. Lors de la désexcitation, il y a émission d’une onde
lumineuse. Dans le cas du néon, l’émission correspond à une
transition électronique entre deux niveaux atomiques séparés de
1,75 eV.
Tubes fluorescents
2. Calculer la longueur d’onde associée. Préciser à quelle gamme du spectre
électromagnétique elle correspond.
3. Justifier alors pourquoi les tubes fluorescents à usage domestique – dits tubes néon – ne
contiennent en réalité pas de néon.
Jusqu’à la fin des années 1950, on pensait que les gaz nobles ne pouvaient pas être engagés
dans des liaisons chimiques. C'est en 1962 que le premier composé du xénon XePtF6 a été
obtenu, prouvant que les gaz nobles ne sont pas toujours chimiquement inertes. Depuis, toute
une gamme de composés contenant Xe ou Kr et des atomes particulièrement électronégatifs
(surtout F et O) ont été isolés.
4. Donner les schémas de Lewis des composés oxygénés suivants du xénon Xe :
XeO4, XeO3 et XeO2.
5. Préciser la géométrie de ces molécules.
Le krypton Kr est un autre gaz noble. Sous irradiation micro-onde, il réagit avec le difluor F2
pour donner KrF2.
6. Donner le schéma de Lewis de KrF2.
7. Préciser la géométrie de cette molécule.
8. En déduire si la molécule est polaire.
9. En présence d'un puissant acide de Lewis, KrF2 donne les cations KrF+ et Kr2F 3 .
Proposer un schéma de Lewis pour ces ions.
En présence de diiode I2, KrF2 donne du krypton et le composé IF5.
10. Écrire l'équation ajustée de la réaction.
3
11. Donner le schéma de Lewis et la géométrie de la molécule IF5. Proposer une
représentation dans l'espace de cette molécule.
En présence de xénon Xe cette fois, KrF2 donne du krypton et le composé XeF6.
12. Donner le schéma de Lewis de XeF6.
13. *La figure de répulsion de XeF6 est une bipyramide à base pentagonale. Proposer deux
représentations spatiales de la molécule et discuter de leurs stabilités relatives.
Partie 3
Du soufre à l’acide sulfurique
Le soufre est connu depuis l’antiquité car on
peut le trouver à l’état natif au voisinage des
zones volcaniques.
C’est vers la fin des années 1770 qu’Antoine
Lavoisier attribue au soufre le statut d’élément
chimique.
Le corps simple se présente sous de
nombreuses formes selon son mode
d’obtention : cristaux ou aiguilles jaune pâle,
poudre jaune mat (soufre en fleur), …
Volcan Dallol (Ethiopie)
Un monde de soufre et d’acide
Le numéro atomique du soufre est Z = 16.
A. L’ATOME
1. Etablir la configuration électronique du soufre dans son état fondamental.
2. Indiquer quels sont les électrons de valence du soufre.
3. A partir du numéro atomique du soufre, déterminer le numéro de la colonne de la famille
des chalcogènes à laquelle appartient le soufre. Quel est le premier élément de cette
colonne ?
B. COMBUSTION DU SOUFRE DANS LE DIOXYGENE
DONNEES :
1 -29
o Moment dipolaire de SO2 : p SO 2 = 1,63 D ; 1 D = .10 C.m
3
o Angle de liaison : 𝑚𝑒𝑠 𝑂𝑆𝑂 = α = 124°
o Longueur de liaison : ℓS-O = 145 pm
o e = 1,6.10-19 C
4
On place un peu de fleur de soufre (soufre pur solide, se
présentant sous forme d’une poudre jaune) dans un creuset et
on l’enflamme au moyen d’un bec bunsen. On introduit le
creuset dans un flacon rempli de dioxygène. Le soufre brûle
alors lentement, avec une flamme bleue caractéristique.
Après combustion, le flacon contient un gaz nocif, le
dioxyde de soufre de formule SO2. En introduisant de l’eau
distillée et en agitant vigoureusement le flacon bouché, on
constate que le dioxyde de soufre est soluble dans l’eau
(baisse de la pression dans le flacon créant un effet
d’aspiration du bouchon).
En testant la solution aqueuse obtenue avec du papier
pH, on constate qu’elle est nettement acide.
4. Ecrire l’équation symbolisant la réaction de combustion du soufre dans l’air. Préciser l’état
physique des différents constituants chimiques.
5. Ecrire la structure de Lewis de la molécule SO2.
6. Déterminer sa géométrie par la méthode VSEPR.
7. La molécule SO2 est polaire. Dessiner l’orientation du vecteur moment dipolaire p SO 2 .
8. Le module du moment dipolaire permanent de la molécule SO2 vaut p SO 2 = 1,63 D.
Déterminer le moment dipolaire (sens et norme) des liaisons S-O en debye et en C.m.
9. Déterminer le pourcentage de caractère ionique δ de la liaison S − O.
C. SYNTHESE DE L’ACIDE SULFURIQUE
L’acide sulfurique est un produit industriel de première importance. La production mondiale
est de 150 millions de tonnes par an. Il trouve de très nombreuses applications, notamment dans
les batteries au plomb pour les voitures et autres véhicules, le traitement des minerais, la
fabrication des engrais, le raffinage du pétrole, le traitement des eaux usées et les synthèses
chimiques.
La réaction de combustion du soufre donnant SO2 est la première étape de la synthèse
industrielle de l’acide sulfurique. Elle est suivie des deux étapes suivantes :
En présence de pentaoxyde de vanadium V2O5 comme catalyseur, le dioxyde de soufre
est tout d’abord oxydé en trioxyde de soufre SO3 selon :
SO2(g) + ½ O2(g) = SO3(g) ;
On ajoute alors de l’eau et il se produit la réaction finale d’hydratation :
SO3(g) + H2O(ℓ) = H2SO4(ℓ)
10. Donner la structure de Lewis, la géométrie et le moment dipolaire de la molécule SO3.
5
11. Quels sont les ions contenus dans le solide ionique V2O5 ? Cet ion du vanadium était-il
prévisible d’après le numéro atomique Z(V) = 23 ?
L’acide sulfurique H2SO4 est un diacide, dont la dibase conjuguée est l’ion sulfate de formule
SO 24 .
12. Ecrire la structure de Lewis de l’ion sulfate, et déterminer sa géométrie par la méthode
entre les liaisons S-O.
VSEPR. Proposer une valeur pour l’angle OSO
13. Sur quels atomes sont situés les charges négatives de l’ion sulfate ? Sachant que l’acide
sulfurique peut être obtenu par fixation de deux protons H+ sur ces atomes, en déduire la
structure de Lewis de H2SO4.
14. Attribuer les longueurs de liaison suivantes : 142 pm, 149 pm et 157 pm aux liaisons soufre-
oxygène appropriées de SO 24 et H2SO4.
D. SOLUTION AQUEUSE D’ACIDE SULFURIQUE
Une solution aqueuse d’acide sulfurique est une solution corrosive.
15. Quel pictogramme de sécurité est présent sur le flacon d’une telle solution ?
L’acide sulfurique H2SO4 est un acide fort qui forme l’ion hydrogénosulfate HSO 4 .
16. Proposer une équation pour la réaction de mise en solution de l’acide sulfurique en solution
aqueuse.
L’ion hydrogénosulfate HSO 4 est un acide faible :
HSO 4 (aq) + H2O(ℓ) SO 24 (aq) + H3O (aq)
K°(25°C) = 10-2
Initialement les ions hydrogénosulfate sont introduits à la concentration c1 = 1,00.10-3 mol.L-1.
17. Donner l’expression littérale de la constante d’équilibre K° en fonction des concentrations
à l’équilibre des espèces mises en jeu.
18. Réaliser un tableau d’avancement faisant apparaître les concentrations des constituants du
système à l’état initial et à l’équilibre. On notera xeq l’avancement volumique à l’équilibre
en mol.L-1.
19. En déduire l’équation que vérifie xeq l’avancement volumique à l’équilibre.
20. Résoudre cette équation et donner les valeurs des concentrations des constituants du
système à l’équilibre.
On définit le taux d’avancement final τ de la réaction comme le rapport :
𝑥
𝜏=
𝑥
6
où 𝑥 représente l’avancement volumique final ;
où 𝑥 représente l’avancement volumique maximal qui serait atteint si la réaction
était totale.
21. Calculer à 25°C le taux d’avancement final 𝜏 dans l’hypothèse où les ions
hydrogénosulfate HSO 4 (aq) sont initialement introduits à la concentration c1 = 1,0.10-3
mol.L-1.
22. Calculer à 25°C le taux d’avancement final 𝜏 dans l’hypothèse où les ions
hydrogénosulfate HSO 4 (aq) sont initialement introduits à la concentration c2 = 1,0.10-4
mol.L-1.
23. Commenter les résultats obtenus.
Partie 4
Les interactions faibles
La figure ci-dessous représente l’évolution des températures d’ébullition sous une pression de
1 bar des composés hydrogénés des éléments des colonnes 14 et 17 de la classification
périodique en fonction de la masse molaire moléculaire du composé.
Figure. Températures d’ébullition des composés hydrogénés des éléments des colonnes 14 et 17
1. Pourquoi les composés hydrogénés des éléments de la colonne 14 ont-ils des
températures d’ébullition plus basses que celles des composés hydrogénés des éléments
de la colonne 17 ?
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2. Pourquoi la température d’ébullition augmente-t-elle de HCl à HI ?
3. Interpréter l’« anomalie apparente » observée pour HF.
FIN DE L’ÉNONCÉ