L’élimination de la double imposition internationale
2- les mesures prise par le droit marocain pour éliminer la double imposition :
Le droit marocain lutte contre la double imposition internationale par trois mesures
principales :
Exonérations d'impôt : Certaines personnes physiques et morales sont exemptées
d'impôt dans des situations spécifiques.
Crédits d'impôt étrangers : Les résidents marocains peuvent réduire leur impôt en
tenant compte des impôts payés à l'étranger sur leurs revenus ou bénéfices
internationaux.
Régimes spéciaux d'imposition : Des dispositifs fiscaux avantageux sont prévus pour
alléger la charge fiscale des entreprises ayant des activités internationales.
LES EXONERATIONS D’IMPOTS :
Exonérations pour les sociétés résidentes :
L'article 6 : décrit les situations où une société peut être exemptée d'impôt.
*I. Exonérations permanentes : * Cette section concerne les exonérations qui sont appliquées
de façon continue, sans limite de durée.
*C. Exonérations pour l'impôt retenu à la source : * Cette partie se concentre sur les
exonérations liées à l'impôt prélevé directement sur les revenus lorsqu'ils sont versés.
*1°. Revenus des actions, parts sociales et autres revenus similaires : * Il s'agit d'une
exonération spécifique pour les revenus provenant d'actions, de parts sociales et d'autres
investissements similaires venant de l'étranger.
Dividendes et autres produits de participations similaires
Si une société au Maroc reçoit des dividendes ou des produits similaires d'une autre société (au
Maroc ou à l'étranger), elle peut être exonérée d'impôt sur ces revenus, mais à condition de
prouver qu'elle possède bien les titres (actions, parts sociales, etc.). Cela se fait en fournissant
une attestation avec un numéro d'identification fiscal. Mais s'ils proviennent d'un organisme de
placement collectif immobilier (O.P.C.I), l'abattement est réduit à 60%.
Exemple :
Dividendes normaux :
Une société reçoit 1 000 000 DH de dividendes. Si elle prouve qu'elle possède les actions, elle ne
paiera pas d'impôt sur ces 1 000 000 DH.
Dividendes d'un O.P.C.I :
La même société reçoit 1 000 000 DH, mais cette fois, des dividendes d'un O.P.C.I. Elle pourra
déduire seulement 600 000 DH de ses revenus, et l'impôt sera calculé sur les 400
000 DH restants.
Exonerations pour les sociétés non résidentes :
Les sociétés étrangères qui gagnent de l'argent au Maroc peuvent bénéficier de certaines
exonérations fiscales, mais cela dépend du type de revenu :
1. Plus-values réalisé par les sociétés non résidentes : Si une société non résidente vend des
actions dans une société immobilière (dont l’immobilier représente plus de 75% de la valeur
totale), elle devra payer des impôts sur la plus-value réalisée, contrairement à la vente d'actions
dans des sociétés non immobilières où elle pourrait être exonérée
مثال:
وهي مدرجة في بورصة المغرب،"الشركة "أ" تمتلك أسه ًما في الشركة "ب.
من قيمة أصولها هي عقارات%75 أي أكثر من،)(أراض ومباني
ٍ الشركة "ب" تمتلك غالبية أصولها في شكل عقارات.
فإن الشركة "أ" لن تستفيد من اإلعفاء الضريبي على األرباح الرأسمالية،"إذا باعت الشركة "أ" أسهمها في الشركة "ب
ألن الشركة "ب" هي شركة عقارية بشكل رئيسي،الناتجة عن بيع األسهم.
2. *Dividendes des banques Offshore* : Avant 2019, les dividendes des banques offshore
étaient exonérés, mais cette exonération a été supprimée.(LF 80-18)
3. *Dividendes des sociétés holding offshore* : Avant 2019, les dividendes des sociétés holding
offshore étaient exonérés, mais cette exonération a aussi été supprimée en 2019.(LF 80-18)
4. *Dividendes des zones franches* : Les sociétés installées dans des zones franches
d'exportation peuvent verser des dividendes exonérés, mais uniquement si ces dividendes
viennent des activités réalisées dans ces zones.
Les sociétés non résidentes peuvent aussi être exemptées d’impôt au Maroc sur
certains revenus, comme :
1. Les dividendes de la Banque Européenne d'Investissement pour des projets approuvés par le
gouvernement.
2. Les intérêts* des prêts à l’État, des dépôts en devises, ou des prêts à long terme (10 ans ou
plus).
3. Les revenus provenant de la location et maintenance des avions utilisés pour le transport
international.
4. Les bénéfices des entreprises exploitant des gisements d’hydrocarbures.
5. Les plus-values sur la vente de valeurs mobilières étrangères pour les sociétés sous le statut
Casablanca Finance City.
Exonérations pour les personnes physiques résidentes :
Articles 24
_Diplomates étrangers : Les ambassadeurs et consuls étrangers sont exemptés d’impôt sur
leurs revenus venant de l'étranger, si leurs pays accordent la même exonération aux diplomates
marocains.
-Droits d’auteur : Les résidents sont exonérés d’impôt sur les revenus qu'ils perçoivent pour
l’utilisation de leurs œuvres (comme des livres ou des films), que ces revenus viennent du
Maroc ou de l'étranger.
Concernant les personnes physiques non résidentes
La loi fiscale marocaine ne prévoit pas d'exonérations pour les personnes physiques non
résidentes qui gagnent des revenus en provenance du Maroc
Exemple :
Une personne vivant à l'étranger (non résidente) travaille à distance pour une entreprise
marocaine et perçoit un salaire provenant du Maroc. Même si cette personne n'habite pas au
Maroc, elle devra payer des impôts au Maroc sur ce revenu, car la loi marocaine ne prévoit pas
d'exonération pour les personnes non résidentes qui gagnent de l'argent au Maroc
LES CREDITS D’IMPOTS ETRANGERS :
Le crédit d'impôt étranger est un mécanisme qui permet d'éviter que les entreprises marocaines
ne soient taxées deux fois sur les mêmes bénéfices réalisés à l'étranger, grâce aux conventions
fiscales signées avec d'autres pays. C'est un moyen de simplifier la vie des entreprises et de
favoriser les échanges commerciaux internationaux.
1- concernant les personnes morales résidentes :
L'article 19-bis du Code Général des Impôts (CGI) : dit ceci de manière simple :
. Si une société marocaine gagne de l'argent à l'étranger et paye des impôts dans le pays
étranger :
Le Maroc permet à cette société de réduire l'impôt qu'elle doit payer au Maroc en tenant
compte des impôts déjà payés à l'étranger, mais cette réduction ne peut pas dépasser le
montant de l'impôt que le Maroc aurait dû percevoir sur ces revenus.
Exemple : Si une société marocaine gagne 100 000 dirhams à l'étranger et paie 10 000 dirhams
d'impôt là-bas, le Maroc peut réduire son impôt de 10 000 dirhams, mais pas plus. Si l'impôt que
le Maroc aurait dû percevoir est inférieur à 10 000 dirhams, alors la réduction sera limitée à ce
montant.
Si ces revenus à l'étranger sont exonérés d'impôt* (c'est-à-dire qu'aucun impôt n'est
payé à l'étranger) :
Le Maroc considère qu'un "impôt fictif" a été payé et accorde une réduction d'impôt comme
si un impôt avait réellement été payé.
2- concernant les personnes physiques résidentes :
Selon l'article 77 :
- Si une personne résidente au Maroc gagne des revenus à l'étranger et paie des impôts là-bas,
le Maroc lui permet de déduire cet impôt étranger de l'impôt qu'elle doit payer au Maroc, à
condition que le pays étranger ait un accord avec le Maroc pour éviter la double imposition, et
dans la limite de l'impôt que le Maroc aurait perçu sur ces revenus.
LES REGIMES SPECIAUX D’IMPOSITION :
En matière de l’impôt sur les sociétés
Le Maroc a mis en place des régimes fiscaux spéciaux pour aider certaines sociétés qui ont des
activités à l'international.
Ces régimes permettent de réduire leurs impôts et d'éviter la double imposition(c'est-à-dire
de ne pas payer deux fois des impôts sur les mêmes revenus, une fois dans le pays où elles font
des affaires, et une autre fois au Maroc).
Les principaux régimes sont :
Le régime optionnel des sociétés non-résidentes qui viennent au Maroc pour des projets
de construction ou de montage bénéficient de conditions fiscales spéciales.
Les sociétés installées dans les zones franches : Le Maroc a des zones spéciales appelées
zones franches, où les sociétés qui y sont installées (souvent pour l'exportation)
profitent d’exonérations fiscales.
Le statut Casablanca Finance City (CFC) : Ce statut est destiné aux entreprises, surtout
dans le secteur financier, qui veulent s’installer à Casablanca. Ces sociétés bénéficient de
réductions fiscales pour les inciter à venir investir au Maroc et à développer des activités
internationales.
Régime optionnel des sociétés non-résidentes pour les marchés de travaux,
construction ou montage
Les sociétés étrangères qui viennent faire des travaux ou de la construction au Maroc peuvent
choisir entre deux façons de payer leurs impôts :
1. soumission aux conditions du droit commun : L’impôt est calculé sur les bénéfices réels de la
société.
2. Imposition forfaitaire : L’impôt est calculé sur le montant du contrat à un taux réduit de 8%.
Ce choix doit être fait *au début du contrat*. Si le contrat inclut l’achat de matériel ou
d’équipements, ces coûts peuvent aussi être intégrés dans le calcul de l’impôt.
À ajouter :si le contrat est "clé en main", le coût des équipements et matériaux que la société a
achetés pour le projet doit être inclus dans le calcul de l'impôt.
Le régime des sociétés installées dans les Zones franches d'exportation
Au Maroc sont des zones spéciales où les entreprises bénéficient d'avantages fiscaux et
douaniers. Elles sont régies par la loi n° 19-94, promulguée par le Dahir n° 1-95-1.
●Principaux points des articles :
o Article 1 (Chapitre Premier) /Diapositives générales Les entreprises situées
dans ces zones bénéficient d'avantages fiscaux sur *les bénéfices et revenus*
qu'elles génèrent. Cela signifie qu'elles payent moins d'impôts sur les profits
réalisés.
o Article 21 (Chapitre 2) / « régimes douaniers » : Les marchandises qui
entrent, sortent ou sont produites dans ces zones sont *exonérées de droits de
douane*. Cela veut dire qu'elles ne paient pas de taxes sur l'importation, la
production, la circulation ou l'exportation de ces marchandises.
o (Chapitre 3) : Régimes fiscales droits d’enregistrement et de timbres
Article 27 : Les entreprises dans les zones franches sont *exonérées des droits
d'enregistrement et de timbre* lors de la création de l'entreprise ou de l'achat de
terrains. Si les terrains sont revendus avant 10 ans, des *droits d'enregistrement*
devront être payés (sauf si la revente est faite à une autre entreprise dans la
même zone franche).
Article 28*: Les entreprises dans les zones franches sont *exonérées de l'impôt
des patentes *الرخصة التجاريةpendant les *15 premières années* de leur activité.
. Article 29 : Les entreprises sont exonérées de la taxe urbaine sur les
bâtiments, machines et équipements utilisés dans leur activité pendant 15 ans,
mais cette exonération ne concerne pas la taxe d'édilité (taxe pour les services
municipaux : comme les rues, l’éclairage public, etc.).
L'Article 30 : impôt sur les sociétés ou impôt général sur le revenu
Ce régime pour les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones
franches d'exportation :
Si l'entreprise est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) :
- Exonération totale pendant les 5 premières années de l'activité.
- Ensuite, imposition au taux réduit de 8,75% pour les 10 années suivantes.
Si l'entreprise est soumise à l'impôt général sur le revenu (IR) :
- Exonération totale pendant les 5 premières années.
- Ensuite, un *abattement de 80%* sur l'impôt pendant les 10
années suivantes.
Article 31 :
Les sociétés des zones franches ne paient pas la solidarité nationale sur leurs bénéfices.
Article 32 :
- Les dividendes versés à des non-résidents ne sont pas soumis à l’impôt. (Article 37)
- Les dividendes versés à des résidents sont soumis à un impôt de 7,5%.
● Si les dividendes viennent à la fois des zones franches et d'autres activités, l'impôt est calculé
proportionnellement en fonction des bénéfices provenant de chaque source.
Articles 33 et 34 :
Article 33 : Exonération de la TVA
Les produits livrés et les prestations de service fournies aux *zones franches d'exportation* sont
*exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA)*, dans les conditions définies par la loi n° 30-85.
Cela signifie que ces produits et services ne sont pas soumis à la TVA lorsqu'ils sont fournis aux
zones franches.
Article 34 : Fiscalité des chantiers de construction
Les *entreprises* qui travaillent sur des *chantiers de construction* ou de *montage* dans les
zones franches d'exportation sont soumises aux *impôts et taxes* selon les règles fiscales
habituelles, à l'exception de la *TVA*. Cela veut dire qu'elles ne payent pas de TVA sur ces
travaux, mais doivent payer d'autres taxes habituelles.
Le régime de société ayant le statut de Casablanca Finance City (CFC) :
1. Sociétés de services avec statut CFC :
- Exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant les 5 premières années après l'obtention
du statut CFC.
- Après cette période, l'impôt est appliqué à un taux réduit de 8,75%.
2. Sièges régionaux et internationaux avec statut CFC :
- Ces sièges sont imposés à un taux réduit de 10% dès le premier exercice après l'obtention du
statut.
- Cependant, l'impôt ne peut pas être inférieur à une cotisation minimale de *5% des charges de
fonctionnement* du siège.
3. Impôt sur les revenus salariaux :
- Les revenus des salariés (qu'ils soient marocains ou étrangers) travaillant pour des sociétés CFC
sont soumis à un impôt de 20%.
- Cet impôt est appliqué pendant 5 ans maximum à partir du moment où le salarié
commence sa fonction.
En matière de l’impôt sur les sociétés
Régime spécial pour les pensions de retraite :
Il existe un régime spécial qui aide certaines personnes à réduire l'impôt qu'elles doivent payer
sur leur pension de retraite ou de source étrangère.
Exemple :Si vous êtes un résident marocain et que vous touchez une pension de retraite ou un
revenu de source étrangère, vous pouvez obtenir une réduction de 80% de l'impôt sur cette
pension, sous certaines conditions.