2019PA100062
2019PA100062
FGPM
Jonas Maruani
Jonas Maruani
Jury :
Mes premiers remerciements vont à Mme Isabelle Bruant, qui est pour moi l’encadrante que
tout doctorant souhaite avoir. Patience, rigueur, humanité et "débogage" sont ses maîtres mots. À
Mr Frédéric Pablo, le phare breton du sens physique, merci de m’avoir guidé à bon port dans la
tempête piézoélectrique. Cette équipe encadrante ne serait pas complète sans mon directeur Mr
Laurent Gallimard et son sens de la simplicité à ramener tout problème à un problème "poutre",
merci pour ta vision en hauteur du projet. Je tiens également à vous remercier tous les trois pour
m’avoir fait confiance et m’avoir laisser orienter ce projet, spécialement dans le flou.
Mr Abed-Meraim et Mr Chevallier un grand merci d’avoir pris le temps de relire attentivement
ce manuscrit, d’en avoir pointé les points forts, les quelques manquements et les améliorations
futures. Vos avis sur ce travail m’ont permis de le réévaluer à sa juste valeur. Des sincères remer-
ciements vont également à Mr Jean-François Deü qui m’a fait l’honneur de présider le jury et de
m’avoir questionner et orienter vers des pistes prometteuses. Enfin, à Mme Angela Vincenti, exa-
minatrice de ce travail, un immense merci pour m’avoir fait découvrir la recherche lors de mon
premier stage, une sincère amitié en a découlé et qui j’en suis sûr durera longtemps.
Je tiens également à remercier toute l’équipe du LEME, pour leur accueil chaleureux, en parti-
culier Mr Michele d’Ottavio pour sa disponibilité à m’aider sur la fameuse plaque piézoélectrique
et Max pour les nombreuses discussions sans fin, sa vision éclairée du monde et sa compassion.
Je suis également reconnaissant d’avoir pu participer à deux conférences internationales et à
trois séminaires dans le cadre du Collège doctoral Franco-Allemand, qui m’ont permis de décou-
vrir d’autres horizons et de faire des rencontres scientifiquement et humainement enrichissantes.
Pour finir dans le cadre professionnel, les longues journées au labo n’airaient jamais été les
mêmes sans mes collègues de galère, les doctorants du LEME : Patrick, Romain, Yvain, Astrid,
Joszé, Laithe, Thi, Boubakar, Marie, Mirjana, Zhi, Tchao, Walid, Fadel, Salim, Girolamo, Giuseppe.
Merci pour l’entraide, les repas partagés, les pauses café et bonne chance à ceux qui ont encore la
tête dans le guidon.
Maintenant j’aimerais remercier mes parents qui m’ont plutôt bien "formé" en général, en par-
ticulier pour résister et réussir ces quatre années de thèse. Il serait dur de lister toutes les qualités
de l’éducation que vous m’avez transmise : ouverture d’esprit, amour, patience, abnégation, voir
plus loin que le bout de son nez, prendre les choses de la vie comme elles viennent, le goût des
bonnes choses, le goût des belles choses, la réflexion sur n’importe quel sujet, apprendre à jouer,
avoir du cœur, ... La fierté dans vos yeux le jour de cette soutenance était le meilleur des cadeaux.
Benjamin, le grand frère, je pense te devoir ma logique, aiguisée au fil de la multitude de jeux
qu’on a explorés et découverts ensemble. J’adore toujours autant les moments passés ensemble
et avec maintenant ta femme Élise et la petite Lila, dont je suis l’heureux parrain et j’espère être
l’oncle complètement gâteux et gâteaux.
Marine, la petite sœur, je pense avoir développé à tes côtés, grâce à une relation très proche,
un sens aigu d’égalité, dont je tire mon féminisme actuel. J’adore ta façon de prendre soin de moi
et j’apprécie tout le bien que Jérémie, le beau-frère plus que sympathique, t’apporte.
Merci Benjamin et Marine de ne pas avoir cillés et de m’avoir soutenu quelque soit la situation.
À tous mes amis, je sais que vous m’aimez pour ma cuisine et ma langue bien pendue, un
immense merci d’avoir été là :
iii
• Moubine, un pilier, le premier à m’avoir fait sentir bien dans mes basquettes,
• Aurélien, le parleur et grand débatteur devant le cosmos,
• Lola, la chaleureuse et grande fan de Céline, j’en connais trop maintenant,
• Delphine, la force tranquille et le cœur sur la main,
• Benjamin, l’accueil parfait, je ne peux même pas compter le nombre de bonnes soirées pas-
sées ensemble,
• Anne-Sophie, l’amitié sans filtre, une fraîcheur incomparable, le Bouddha sera toujours là
pour toi,
• Sharon, l’amitié couscous du vendredi soir, une connexion instantanée et un même entraî-
nement au levé de coude,
• David et Rachel, le couple idéal et un retour aux sources toujours le bienvenu entre belote et
merguez,
• Clémentine, la cinquième coloc et une amitié plus que parfaite, mon guide dans les remous,
• Julie, mon doppelgänger, tout est tellement facile et naturel avec toi,
• Yvain, l’élément perturbateur, tellement opposé qu’on ne pouvait que se lier d’amitié, et
Manon la câlineuse un vrai trésor à garder,
• Audrey, une amitié qui change de couleurs au fil des années, je tairais les premières années
plus mouvementées ("Mais où est passé mon verre", Oups),
• Grégoire, copain toujours là dans les bons coups et danseur hors pair, merci pour le cours
particulier,
• Marco, le deuxième grand frère, merci pour l’écoute et les bons moments passés ensemble,
• Sung-Ah et Johan, est-ce qu’on peut faire plus friendly ? Une vrai question,
• Céline, curieux mélange entre Bretagne et Brésil dit aussi la papoteuse, ou comment se faire
coincer une heure dans un couloir,
• Samantha, ou comment éclairer la plus sombre des journées avec un sourire,
• Thomas, Louis, Baptiste, Vitto, Hélène, Benjamin, William, Julien, Sam, Simon, Luisa, Ma-
this, Hugo, le groupe Jussieu n’aurait pas été le même sans vous tous,
• Richard, Gatien, Coline, Quentin, Aurélie, Camille, Martin, Sakina, Valentine, Oriana, Jean-
Loup, Pamela, Isma, Roby, ... MERCI !
Enfin, oui il faut que je cesse d’écrire, une dernière dédicace pour ma grand-mère : je suis
extrêmement fier d’être ton petit fils et ton premier petit fils docteur, je sais ce que pour toi les
études représentaient et je suis persuadé que tu veilles sur nous.
iv
Table des matières
Introduction 1
1 État de l’art 5
1.1 La piézoélectricité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Contrôle actif des structures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Les matériaux piézoélectriques à gradient de propriétés (FGPM) . . . . . . . . . . . . 14
1.4 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2 Modélisation du FGPM 31
2.1 Description du FGPM : PZT4/Al/PZT4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2 Modèle de poutre FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.3 FEniCS et le modèle de référence 3D FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.4 Modèle de plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.5 Équations discrétisées des modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.7 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
v
TABLE DES MATIÈRES
Publications 151
A Annexes I
A.1 Le verrouillage numérique d’une poutre en flexion simple . . . . . . . . . . . . . . . . I
A.2 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . II
vi
Liste des figures
vii
LISTE DES FIGURES
viii
Liste des tableaux
ix
LISTE DES TABLEAUX
5.18 Choix des actionneurs et capteurs pour la plaque encastrée libre . . . . . . . . . . . . 128
x
Introduction
1
Introduction
Le chapitre 2 est consacré à la modélisation du FGPM et des structures FGPM élancées (poutre
et plaque). On présente tout d’abord les lois d’homogénéisation du FGPM utilisé dans ce travail,
mélangeant une céramique piézoélectrique (du PZT4) et un métal (de l’aluminium). La prise en
compte de ces lois est le principal problème lors de la modélisation de structures FGPM par la mé-
thode des éléments finis. Les logiciels éléments finis du commerce ne permettent qu’une modéli-
sation multi-couches de ce type de matériau. C’est à dire, comme un corps hétérogène constitué
d’un nombre fini de couches homogènes collées entre elles, chaque couche ayant des propriétés
matériaux différentes et homogènes, correspondantes à l’intégration de la loi graduelle dans la
couche. C’est pourquoi nous avons développé deux éléments finis dans ce travail de thèse :
• un élément de poutre, basé sur la cinématique de Timoshenko et avec une approximation
par couches numériques pour le potentiel électrique, a été développé dans le logiciel Mat-
lab,
• un élément de plaque, basé sur une cinématique adaptative (modèle de Reissner-Mindlin
ou modèle d’ordre supérieur) et avec une approximation par couches numériques pour le
potentiel électrique, a été développé dans le logiciel FEniCS.
Ces deux modèles éléments finis permettent d’obtenir les équations discrétisées du problème et
la base modale de la structure, qui seront utilisées pour créer la représentation d’état du système,
nécessaire à la mise en place du contrôle actif.
2
Introduction
Le chapitre 4 présente les résultats des simulations effectuées sur la poutre FGPM, modélisée
grâce à l’élément fini présenté dans le chapitre 2. Après une étape de validation de cet élément, des
études statiques paramétriques sont menées sur l’efficacité de l’actionneur et sur la sensibilité du
capteur.
Le contrôle actif de cette poutre FGPM est mis en œuvre grâce à un régulateur LQR et un ob-
servateur de Luenberger, présentés dans le chapitre 3. Des études paramétriques sont également
menées pour deux configurations (encastrée-libre et simplement appuyée), sur le contrôle actif
de la poutre FGPM. Cette première étude de faisabilité montre l’efficience des structures FGPM en
contrôle actif.
Le chapitre 5 présente les résultats numériques de la plaque FGPM. Celle-ci est modélisée
grâce à l’élément fini présenté dans le chapitre 2. L’élément fini est validé par comparaison avec
une solution analytique pour un matériau FGPM composé d’un seul composant et variant avec
une loi exponentielle. À notre connaissance il n’existe pas dans la littérature de résultats analy-
tiques pour le FGPM présenté dans cette thèse (PZT4/Alu/PZT4). Un élément 3D développé sous
FEniCS est donc utilisé comme référence.
Le contrôle actif de cette plaque est ensuite mis en œuvre grâce à un régulateur flou décentralisé
et un observateur de Luenberger. Plusieurs simulations sont effectuées pour comparer les diffé-
rents distributions du potentiel maximal pour ce régulateur et également pour le comparer à un
régulateur LQR. Les simulations montrent l’efficacité de ce régulateur et sa capacité à s’adapter
facilement aux changements brutaux de perturbations extérieures.
3
Introduction
4
Chapitre 1
État de l’art
Abraham Lincoln
Sommaire
1.1 La piézoélectricité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Équations générales d’un problème piézoélectrique . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Formulation variationnelle 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Contrôle actif des structures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Modélisation de la structure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2 Architecture de la commande . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.3 Les régulateurs à retour d’état . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3 Les matériaux piézoélectriques à gradient de propriétés (FGPM) . . . . . . . . . . 14
1.3.1 Les matériaux à gradient de propriétés (FGM) . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.2 Les matériaux piézoélectrique à gradient de propriétés (FGPM) . . . . . . . 16
1.3.3 La modélisation des FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.3.4 Le contrôle actif et les FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.4 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
Les techniques de contrôle actif ont été développées afin d’atténuer le niveau des vibrations
et de préserver l’intégrité d’une structure. Contrairement au contrôle passif, les techniques ac-
tives sont basées sur l’apport d’une énergie extérieure au système. L’utilisation de matériaux in-
telligents est au cœur de ces techniques. Ce sont des matériaux sensibles, adaptatifs et évolutifs.
Ils possèdent des fonctions leur permettant de se comporter comme capteurs (détecter des si-
gnaux), comme actionneurs (effectuer une action sur l’environnement) ou parfois comme pro-
cesseurs (traiter, comparer, stocker des informations). Ces matériaux sont capables de modifier
spontanément leurs propriétés physiques, par exemple leur forme, connectivité, viscoélasticité
ou couleur, en réponse à des excitations naturelles ou provoquées venant de l’extérieur ou de
l’intérieur du matériau. Ceux-ci utilisés comme actionneurs et capteurs permettent de réduire
les vibrations de la structures et de nombreuses études ont montré leur efficacité (M UHAMMAD
et collab. [2006],S ONG et collab. [2006], M OON et collab. [2007],A BDULLAH et collab. [2015]).
Une structure intelligente est ainsi constituée généralement d’une structure hôte et d’une par-
tie active distribuée, formée de matériaux intelligents travaillant comme capteurs et actionneurs.
Le haut degré d’intégration de la partie active à l’intérieur de la structure implique une modéli-
sation couplée de la structure. Les mesures effectuées par les capteurs sont envoyées à un régula-
teur commandant les actionneurs afin d’obtenir la réponse structurelle désirée. Il existe beaucoup
d’applications de contrôle actif dans différents domaines tels que : les voitures O LSSON [2005], les
télescopes P REUMONT [2011], la marine D ALEY et collab. [2004], FARD [2002], les hélicoptères P E -
TITJEAN et collab. [2002], le secteur militaire C HOMETTE et collab. [2010], la musique J OSSIC [2017]
...
Les matériaux intelligents pouvant être utilisés comme partie active sont des matériaux où les
déformations peuvent être induites par différents mécanismes tels que la variation de tempéra-
ture, un champ électrique ou magnétique, ..., introduisant automatiquement un couplage dans
leur équations constitutives. On peut citer les matériaux à mémoire de forme, les matériaux ma-
gnétostrictifs, les fluides magnéto-rhéologiques et les matériaux piézoélectriques.
Ces derniers sont le choix de nombreux chercheurs en contrôle actif de vibrations, à la fois
comme capteurs et actionneurs, grâce à l’effet piézoélectrique direct (production d’un champ
électrique lorsqu’ils sont déformés) et l’effet inverse (déformation sous l’effet d’un champ élec-
trique). Un des principaux avantages de ces matériaux réside dans leur faculté d’intégration au
sein de la structure à réguler. En effet, collés ou inclus dans la structure en faible épaisseur, ils ne
modifient pas de manière significative la masse et le comportement mécanique de la structure. De
plus, même s’ils ne sont pas très puissants en général (ne pouvant s’allonger que de quelques µm),
ils répondent en quelques µs avec une grande précision et ce sur une large bande de fréquences.
Enfin, ils sont peu sensibles aux variations de température (pour des températures inférieures à
leur température de Curie). L’intérêt porté aux matériaux piézoélectriques depuis de nombreuses
années a permis d’en faire un matériau peu coûteux (H ALIM et M OHEIMANI [2001]) et a ainsi faci-
lité le développement de structures intelligentes piézoélectriques (F ULLER et collab. [1990], M O -
HEIMANI et collab. [1998], H ALIM et M OHEIMANI [2001], G OSAVI et K ELKAR [2001], P ETERSEN et
P OTA [2003], A RIDOGAN et B ASDOGAN [2015], C HOI et H AN [2016], L IN et J HENG [2017]).
Avant de traiter plus précisément de contrôle actif des vibrations avec des matériaux piézo-
électriques, il apparaît nécessaire de préciser les relations caractéristiques du phénomène piézo-
électrique et ses équations générales.
1.1 La piézoélectricité
L’effet piézoélectrique a été découvert en 1880 par les physiciens Pierre et Jacques Curie (M A -
SON [1980]), qui remarquèrent que certains cristaux présentaient un phénomène d’électrification
lorsqu’ils étaient comprimés. Ce phénomène fut appelé piézoélectricité, le préfixe ”piézo” prove-
nant du mot grec signifiant ”pression”. L’effet inverse fut pressenti par Gabriel Lippmann et vérifié
par les frères Curie : quand un champ électrique est appliqué à un matériau piézoélectrique sa
taille et sa forme sont modifiées.
6
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
La piézoélectricité peut donc être définie comme l’interdépendance entre les propriétés mé-
caniques et électriques que possèdent certaines classes de matériau. Elle se traduit par deux effets
complémentaires. Le premier est l’effet direct qui correspond à l’apparition d’une tension élec-
trique lorsqu’on applique un effort mécanique au matériau. Le second est l’effet inverse : il cor-
respond à une dilatation ou à une contraction du matériau lorsqu’on lui applique une différence
de potentiel. Ces deux effets offrent la possibilité d’utiliser les matériaux piézoélectriques comme
capteurs ou actionneurs. En effet, la charge électrique générée en déformant le matériau collé à
une structure peut être mesurée à l’aide d’électrodes. Le milieu piézoélectrique informe alors sur
la déformation subie par la structure ; il est dans ce cas utilisé comme capteur. A l’inverse, en ap-
pliquant un champ électrique à un milieu piézoélectrique couplé à une structure, le matériau et
la structure peuvent s’étirer ou fléchir. Le milieu piézoélectrique joue dans ce cas le rôle d’action-
neur. Il existe dans la nature différentes classes de matériaux ayant de façon plus ou moins mar-
quée des propriétés piézoélectriques. Parmi ceux-ci, citons : des cristaux solides, comme le quartz,
le sel de Rochelle et le cristal de tourmaline, des matériaux non cristallins, comme le caoutchouc,
le verre, le bois, les os et la laine.
Actuellement ce sont les céramiques polycristallines comme le titanozirconate de plomb PZT
et les polymères piézoélectriques (PVDF) qui sont utilisés car ils ont de fortes propriétés piézoélec-
triques. Ces matériaux apportent un grand nombre d’avantages : ils sont durs, denses, et peuvent
être fabriqués sous diverses tailles ou forme, mais surtout, leurs propriétés électriques peuvent
être choisies avec précision par rapport à leur géométrie. Ces matériaux sont rendus piézoélec-
triques après polarisation. La polarisation est un traitement qui consiste à appliquer un très fort
champ électrique puis à l’annuler, créant ainsi une polarisation rémanente dans le matériau. L’ap-
plication du champ électrique induit l’alignement des dipôles présents dans le matériau suivant
un axe privilégié (axe de polarisation). Ces matériaux peuvent se dépolariser sous l’effet de condi-
tions extrêmes : sous un effort extrêmement important, lorsqu’ils sont soumis à une température
au dessus d’une température limite, appelée température de Curie et sous l’application d’un trop
fort champ électrique.
d i v σ + f = ρ ü dans Ω (1.1)
σ n = T sur Γ (1.2)
1¡
ε= g r ad u + g r ad t u
¢
(1.3)
2
7
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
∂D
r ot H =
+J
∂t
∂B
r ot E = − (1.4)
∂t
d i vD = ρe
d i vB = 0
E = −g r ad φ dans Ω (1.5)
E = −g r ad φ dans Ω
(
(1.6)
d i vD = 0
Les matériaux piézoélectriques étant peu influencés par les variations de température infé-
rieures à la température de Curie, leur comportement peut être modélisé en première approxima-
tion par les lois suivantes (on néglige également l’hystérésis) (R OYER et D IEULESAINT [1996]) :
(
σ = Cε − eE dans Ω
(1.7)
D = eε + ²E
8
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
Ci j kl = Ci j l k = C j i kl = Ckl i j
ei j k = ei k j (1.8)
²i j = ² j i
avec i , j , k, l = 1, 2, 3
Afin d’alléger la notation de ces lois de comportement, nous pouvons utiliser la notation de
Voigt, dont le changement d’indice est précisé dans la Table 1.1.
Pour un matériau piézoélectrique orthotrope, comme les céramiques PZT (utilisées dans ce
travail) et les polymères PVDF, les tenseurs de raideur élastique, de constantes piézoélectriques et
diélectriques s’expriment comme (I KEDA [1990]) :
C11 C12 C13 0 0 0
C C22 C23 0 0 0
12
C C23 C33 0 0 0
13
(1.11)
0 0 0 C44 0 0
0 0 0 0 C55 0
0 0 0 0 0 C66
0 0 0 0 e 15 0
e = 0 0 0 e 24 0 0 (1.12)
e 31 e 32 e 33 0 0 0
²11 0 0
²= 0
²22 0 (1.13)
0 0 ²33
∀ u ∗ , φ∗ admissibles
Ayant rappelé les équations gouvernant la piézoélectricité, on s’intéresse dans la section sui-
vante au contrôle actif des vibrations principalement à l’aide de matériaux piézoélectriques.
9
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
10
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
de matériaux intelligents). Celle-ci est menée grâce à des outils numériques et/ou de façon ex-
périmentale (R EYNDERS [2012], G IBERT [2001]), et détermine les caractéristiques vibratoires de la
structure. Les systèmes étant souvent assez complexes, on utilise généralement au niveau numé-
rique, des techniques de discrétisation comme la méthode des éléments finis, permettant d’ap-
proximer et de résoudre les équations aux dérivées partielles régissant le système. L’étape suivante
est la réduction du modèle afin d’avoir une implémentation de la commande rapide et efficace.
Cette réduction doit prendre en compte la gouvernabilité et l’observabilité du système. La dernière
étape est la conception de la commande, où le but est de paramétrer les algorithmes de contrôle
pour satisfaire les objectifs de performances fixés et de robustesse.
La Figure 1.2 illustre le principe de base du contrôle actif de type feedforward. Il repose sur
la connaissance d’un signal de référence corrélé à la perturbation. Des systèmes existent où la
perturbation est prévisible. Cela est notamment courant dans deux types de systèmes :
• quand le contrôle concerne le bruit ou les vibrations d’une machine tournante, la perturba-
tion tend alors à être harmonique.
• quand la perturbation se propage de telle sorte qu’elle est en tout point du système fonction
de sa valeur en amont.
Les dispositifs de contrôle prédictifs sont le plus souvent adaptatifs, et sont représentés par la
Figure 1.3.
Le régulateur exploite alors en plus du signal de référence, les informations fournies par la me-
sure de la réponse du système pour construire le signal de contrôle. Les vibrations engendrées par
11
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
les actionneurs se superposent alors aux perturbations afin de les atténuer. Le mouvement rési-
duel est ensuite mesuré par des capteurs d’erreur placés en aval des actionneurs, et utilisé pour
ajuster les coefficients du régulateur au cours du temps. Ce type de commande est dit adaptatif
parce qu’il tient compte des éventuelles variations des perturbations.
Les coefficients du régulateur sont typiquement optimisés à partir du principe de descente de gra-
dient, visant à minimiser une fonction quadratique des échantillons d’erreur mesurés. La forme la
plus courante d’algorithme de commande adaptative est celle utilisant un algorithme basé sur les
moindre carrés (LMS, Least Mean Square) (E LLIOTT et collab. [1987], K UO et M ORGAN [1995]). Des
exemples typiques de contrôle actif avec une commande prédictive sont données par les auteurs
suivants : E LLIOTT et B ILLET [1993],A LKHATIB et G OLNARAGHI [2003], DE O LIVEIRA et collab. [2009],
E LLIOTT et S UTTON [1996], L EE et H ALIM [2004], O KUMURA et collab. [2008]. Cette approche pré-
dictive ne sera pas considérée dans ce travail, car les perturbations extérieures sont considérées
comme des entrées et on n’a pas accès à un signal de référence corrélé aux perturbations.
L’approche feedback (Figure 1.4), contrairement aux méthodes feedforward, permet d’agir sur
le comportement vibratoire des structures seulement avec la mesure de sortie du système et même
si aucune information n’est disponible à propos des perturbations. La démarche pour amortir les
vibrations est donc d’engendrer à chaque instant t un signal de correction en observant l’évolution
temporelle du système, à savoir son état ou bien sa sortie. Plusieurs techniques ont été dévelop-
pées pour déterminer le régulateur dans ces conditions.
Dans ce travail, on s’intéresse particulièrement aux régulateurs optimaux et aux régulateurs
intelligents. Ceux-ci sont capables d’agir sur l’état d’un système afin que son évolution temporelle
tende vers une trajectoire désirée. Dans le cas du contrôle actif de structure, cette méthode est
généralement utilisée pour que la mesure des vibrations de la structure s’approche d’un signal de
référence appelé consigne. Typiquement on recherche un régulateur minimisant le plus rapide-
ment possible :
• l’erreur entre la sortie et la consigne,
• l’amplitude de la commande.
Le régulateur prend généralement comme entrée l’état du système, estimé si nécessaire à partir
de la mesure des entrées et des sorties.
On définit la représentation d’état d’un système dynamique en boucle fermée. Elle s’écrit de la
façon suivante (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]) :
ẋ = Ax + Bu + Fe (1.15)
y = Cx + Du (1.16)
où x est la variable d’état, y la sortie mesurée (i.e le déplacement, la vitesse, l’accélération, la dé-
formation), u la commande envoyée au régulateur et Fe la perturbation extérieure (i.e forces ou
moments mécaniques extérieures). A représente la matrice d’état, B la matrice de commande, C
la matrice d’observation et D la matrice d’action directe.
12
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
Un des régulateurs par retour d’état couramment utilisé et facile à mettre en place est le ré-
gulateur basé sur la mesure de la vitesse (negative velocity feedback). Dans celui-ci, on considère
que la commande u suit la loi suivante :
u = −G ẏ (1.17)
où G = d i ag (G1 , G2 , ..., Gn ) est la matrice de gain par retour d’état. Les coefficients constants Gi
sont les gains individuels du ième actionneur et sont déterminés par l’utilisateur par essais succes-
sifs jusqu’à obtention de la dynamique voulue par rapport à une sollicitation externe connue. Il
existe également des régulateurs suivants la même construction basés sur la mesure du déplace-
ment (negative displacement feedback) et sur la mesure du déplacement et de la vitesse en même
temps (negative displacement and velocity fedback).
Dans ce travail, on s’intéresse à des régulateurs par retour d’état moins empiriques que sont
les régulateurs optimaux et les régulateurs intelligents.
Les régulateurs optimaux doivent être construits en garantissant à la fois des performances
optimales et une robustesse aux variations des paramètres et aux incertitudes. Cependant, il y a
toujours des compromis à faire entre performances et robustesse, c’est un des principaux chal-
lenges du processus de création de ce type de régulateur (B OULET et D UAN [2007]). En effet, per-
formances et robustesse sont inversement proportionnelles : si le régulateur est très robuste les
performances sont faibles et inversement. Ainsi, le but principal dans la construction d’un ré-
gulateur optimal est de développer un régulateur ayant des performances optimales en présence
d’incertitudes et du cahier des charges (performances minimales exigées). Dans la littérature sur le
contrôle en ingénierie, des groupes de recherche se sont penchés sur l’analyse des performances
et de robustesse des régulateurs : B ALAS et D OYLE [1990], B OULET et D UAN [2007], S ANA et R AO
[2001].
L IONS [1968] est le premier à avoir présenté une étude complète sur la conception d’un régula-
teur robuste et optimal, en appliquant la théorie des espaces de Hardy. Cette méthode est devenue
une norme dans la conception de ce type de régulateurs. Cette méthode de conception de régu-
lateur robuste est appliquée depuis la parution de l’article, et ce dans de nombreux cas, comme
par exemple dans : B ALAS [1990], B ALAS et D OYLE [1990], H U et N G [2005], S ANA et R AO [2001],
Z HANG et collab. [2001], Z HANG et collab. [2004]. On peut citer parmi ces régulateurs robustes : le
régulateur H∞ et le régulateur H2 .
Deux autres régulateurs optimaux très souvent utilisés, le régulateur quadratique linéaire (LQR)
et le régulateur quadratique gaussien (LQG) sont basés sur la minimisation de la fonction coût
quadratique suivante : Z ∞
J= xt Q x + ut R u d t (1.18)
0
où Q et R sont des matrices définies positives de pondération des variables d’état et de la com-
mande respectivement. Le régulateur LQR permet d’aboutir à une commande faisant le compro-
mis entre l’énergie de vibration (premier terme de la fonction coût) et de l’énergie délivrée aux
actionneurs. Le régulateur LQG est une extension du régulateur LQR, prenant en compte le ca-
ractère stochastique des bruits de mesure. Le critère d’optimalité est alors porté sur l’espérance
mathématique du critère quadratique. De nombreux auteurs utilisent ces deux régulateurs, on
peut citer : KONDOH et collab. [1990], L IEW et collab. [2003], K USCULUOGLU et R OYSTON [2005],
13
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
14
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
F IGURE 1.5 – Micro-structure d’un FGPM, variant du matériau A au matériau B RUBIO et collab. [2009]
Les structures graduelles sont prévalentes dans la nature : bambou, dent, os, bois sont des
FGM naturels. La dent est un excellent exemple de FGM naturel. En effet, elle requière une grande
résistance à la friction et aux impacts sur la partie extérieure et une structure interne flexible pour
des raisons de fatigue et de dureté.
Dans l’ingénierie, le concept de FGM est apparu en 1984-1985, lorsque les chercheurs japonais
dans l’aérospatiale ont eu besoin d’un matériau pouvant supporter le gradient de température gé-
néré lors du retour d’une navette sur Terre. Dans ce cas le gradient de température est d’environ
1000°C entre l’extérieur et l’intérieur de la navette. Ils ont donc créé une structure en FGM ayant
des propriétés d’une céramique (grande résistance au gradient de température) sur la surface ex-
térieure, exposée à de hautes températures, et avec des propriétés d’un matériau métallique sur la
surface intérieure afin d’assurer la tenue structurelle de la navette.
Les FGM (Functionally Graded Material) sont ainsi des matériaux composites dont les proprié-
tés varient graduellement et de façon continue selon une direction spécifique au sein du matériau
(M ORTENSEN et S URESH [1995]). La variation des propriétés est généralement obtenue grâce au
changement continu de la micro-structure du matériau. En d’autres termes, les FGMs sont carac-
térisés par une variation spatiale des micro-structures, fabriquée par une distribution non uni-
forme des constituants des phases. Cette variation peut être créée en utilisant des renforts ayant
des propriétés, des formes ou des tailles différentes, ainsi qu’en inter-changeant le rôle de la ma-
trice et des renforts et ce de manière continue. Dans le dernier cas, la fraction volumique des
phases du matériau varie continuellement de 0% à 100% entre deux points de la structure. Par
exemple, le matériau A de la Figure 1.5 est graduellement remplacé par le matériau B, avec une
variation douce dans la zone de transition. Ces variations se font donc sans interface, conduisant
à une réduction des contraintes internes par rapport aux composites classiques de type stratifiés.
Les FGMs font donc désormais partie de plusieurs champs de recherche industriels (aérospa-
tiale, industrie automobile, défense, etc ) (R AJAN et collab. [2008] K AWASAKI et WATANABE [1997]),
tant au niveau de leur fabrication que de leur modélisation et expérimentation.
Notons que la fabrication des FGMs est très exigeante et soulève de nombreuses difficultés tech-
nologiques. Il existe de nombreuses techniques de fabrication tel que : la déposition de vapeur
chimique, la déposition de vapeur physique, la technique sol-gel, la pulvérisation plasma, l’infil-
tration de métal fondu, l’auto-propagation, le moulage par centrifugation, etc. Parmi celles-ci le
moulage par centrifugation est la méthode la plus simple et ayant le meilleur rapport coût/pro-
duction pour produire de grandes pièces.
15
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
Plusieurs auteurs ont mis en évidence les avantages du concept des FGM appliqué aux struc-
tures piézoélectriques (YAMADA et collab. [1998], S AMADHIYA et M UKHERJEE [2006], C HAKRABORTY
et AL [2005], G UO et collab. [2005], I CHINOSE et collab. [2004], RUBIO et collab. [2009]). Pour les ap-
plications statiques ou dynamiques (A LMAJID et collab. [2001], WANG et N ODA [2001]), les princi-
paux avantages sont la réduction des concentrations de contraintes mécaniques, l’augmentation
de la redistribution des contraintes, la maximisation du déplacement et l’augmentation de la du-
rée de vie en fatigue.
Une bonne illustration des FGPM, est le cas d’un actionneur bimorphe (Figure.1.6). Ce type
d’actionneur est traditionnellement composé de deux matériaux piézoélectriques avec des direc-
tions de polarisation contraires et les deux sont mécaniquement couplés. L’actionneur fléchit car
les deux matériaux piézoélectriques vont se déformer dans des sens opposés : élongation de la
couche supérieure et contraction de la couche inférieure. Lors d’applications dynamiques, l’in-
terface entre les matériaux, spécifiquement celle entre l’électrode et le matériau piézoélectrique
engendre une distribution des contraintes non uniforme dans l’actionneur. Cette distribution
rend l’actionneur sensible à la fatigue. Cette interface entraîne également des concentrations de
contraintes, réduisant la durée de vie en fatigue.
Cependant, en appliquant le principe des FGM au bimorphe, on peut créer un matériau ayant
les propriétés de l’électrode au centre variant doucement vers des propriétés piézoélectriques vers
l’extérieur. L’interface entre les matériaux peut donc être réduite ou voir complètement éliminée.
Q IU et collab. [2003] étudient la durabilité d’un FGPM actionneur soumis à des basses fréquences
(quasi-staticité) et la durabilité à la résonance. Ils ont démontré que l’actionneur en FGPM est
plus de deux fois plus performant à basse fréquence (le bimorphe classique casse au bout de 138h
de test et le FGPM après plus de 300h) et dix fois plus performant à la résonance (24 min pour
l’actionneur classique et 240 min pour le FGPM).
Dans d’autres applications, le concept FGM permet de réduire la réflexion des ondes au sein
des transmetteurs piézoélectriques ultrasoniques (S AMADHIYA et M UKHERJEE [2006]) et d’obte-
nir des réponses acoustiques ayant des bandes de fréquences plus larges que les transmetteurs
non graduels (YAMADA et collab. [1998], G UO et collab. [2005], I CHINOSE et collab. [2004], RUBIO
et collab. [2009]). Ces avantages permettent d’améliorer la résolution axiale en imagerie médicale
et dans les applications de détection non destructive.
Dans le cas des FGPM, la recherche sur la fabrication du matériau et la recherche sur la mo-
délisation avancent en même temps. Il est encore difficile de trouver des essais expérimentaux
sur les FGPM. On peut distinguer plusieurs techniques pour la fabrication des FGPM comme la
métallurgie des poudres (frittage de poudre par amalgames) (L I et collab. [2001], Z HANG et collab.
[2006]) et la cataphorèse (dépôt par électrophorèse) (L I et collab. [2005]).
16
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
F IGURE 1.6 – Concept FGM appliqué au bimorphe actionneur : (a) actionneur classique et (b) actionneur à
propriétés graduelles RUBIO et collab. [2009]
Dans la littérature on trouve deux grands types de FGPM : ceux mixant deux céramiques piézo-
électriques et ceux mixant une céramique piézoélectrique et un métal.
Les FGPM de type céramique/céramique montrent une réduction des concentrations de contraintes
(W U et collab. [1996]) mais se caractérisent par des propriétés mécaniques inférieures, comme une
diminution de la résistance à la rupture en comparaison à des céramiques non-piézoélectriques
ou une diminution de la dureté comparé aux métaux. Ainsi, pour résoudre ces problèmes on a créé
les FGPM de type céramique/métal, où une grande variété de métaux sont utilisés. Parmi ceux-ci
on peut citer : le platine (Pt) (L I et collab. [2001] TAKAGI et collab. [2002] TAKAGI et collab. [2003]), le
zinc (Zn) (J IN et collab. [2003]), le cuivre (Cu) (FANG et collab. [2003]), le nickel (Ni) RUBIO et collab.
[2012] et l’argent (Ag) (H WANG et collab. [1999] Z HANG et collab. [2006]).
Plus précisément sur les FGPM de type céramique/métal, qui est le type de FGPM utilisé dans
ce travail, trois articles sont particulièrement notables :
• RUBIO et collab. [2012] ont étudié le comportement dynamique d’un FGPM PZT/Ni, consti-
tué de six couches ayant respectivement 0,10,20,30 et 40 % de Nickel inclus dans la matrice
piézoélectrique. Ils montrent la présence du phénomène de percolation : le mélange de-
vient entièrement conducteur quand il y a assez de particules conductrices (ici le Ni) dans
le mélange. Le seuil de percolation est atteint pour la couche contenant 40% de Nickel et le
matériau devient conducteur et perd donc ses propriétés piézoélectriques.
• Z HANG et collab. [2006], Z HANG et collab. [2008] ont fabriqué un FGPM mêlant du PZT et
de l’argent. Ils étudient l’influence de la dispersion des particules d’Argent sur les propriétés
électriques et mécanique du mélange : la permittivité, la résistance à la rupture et la téna-
cité du milieu augmentent avec l’ajout de particules d’argent dans la céramique. Le seuil de
percolation n’est pas atteint dans leur article.
La modélisation des structures FGPM est étudiée depuis quelques années. On trouve généra-
lement des FGPM dont les propriétés varient seulement dans l’épaisseur du matériau et suivant
deux types de loi de comportement :
• soit selon une loi puissance : P(z) ∝ z k ,
• soit selon une loi exponentielle : P(z) ∝ e kz
où P est une propriété matériau et k dirige la gradation du matériau et où ∝ est le symbole de
proportionnalité
Les recherches sont principalement axées sur les structures élancées (poutres, plaques et coques)
et la difficulté majeure dans la modélisation réside dans l’intégration de la loi graduelle du maté-
riau. On retrouve une grande variété de méthodes de modélisation des structures FGPM élancées :
à partir principalement de méthodes analytiques et de la méthode des éléments finis.
17
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
Dans le cas de certaines structures simples, des solutions analytiques peuvent être obtenues.
Le cas de la plaque rectangulaire simplement supportée fait référence, car ses conditions aux li-
mites sont vérifiées par les solutions utilisant des expansions en séries de Fourier.
Plusieurs auteurs en donnent une solution tri-dimensionnelle exacte, où la gradation du matériau
suit une loi exponentielle :
• L U et collab. [2006] avec un formalisme similaire à celui de Stroh (formulation Hamilto-
nienne du problème de propagation d’ondes),
• K ULIKOV et P LOTNIKOVA [2013] en utilisant une "sampling surface method" (méthode de
surface d’échantillonnage),
• Z HONG et S HANG [2003] avec l’approche de la représentation d’état.
Des solutions exactes de modèles plaques de ce problème sont également données par Z HONG
et Y U [2006] (pour un FGPM variant avec une loi exponentielle avec une approche de la représen-
tation d’état) et L I et PAN [2015] (pour un FGPM variant avec une loi puissance avec la "modified
coupled-stress theory").
On peut noter aussi la résolution du cas d’une plaque encastrée-libre par :
• A LMAJID et collab. [2001] en résolvant par intégration les équations de la théorie classique
des plaques, pour une plaque FGPM dont la gradation est linéaire,
• L IM et H E [2001], TAYA et collab. [2003] grâce à une méthode hiérarchique à deux niveaux
pour un FGPM variant avec une loi exponentielle et une loi puissance respectivement : la
prédiction des propriétés élasto-électriques de chaque couche grâce au modèle d’Eshelby
et la modélisation de la plaque grâce à la théorie classique des plaques laminées,
• B ARATI et Z ENKOUR [2018] donnent la solution d’une plaque FGPM avec porosités variant
selon une loi puissance, basée sur les fondements élastiques de Winkler-Pasternak.
Le cas de la poutre encastrée-libre est également considéré. Plusieurs auteurs en donnent une
solution analytique :
• en résolvant le problème grâce à une méthode basée sur la fonction d’Airy pour une poutre
FGPM variant avec : une loi exponentielle Z HONG et Y U [2008], une loi puissance X IANG et
S HI [2009] et une loi où seule une propriété matériau varie quadratiquement H UANG et col-
lab. [2008],
• E MAMI et collab. [2010] en utilisant une méthode basée sur des fonctions "stress-induction
potential" pour résoudre le cas d’une poutre variant avec une loi exponentielle.
En dehors de ces structures simples, une méthode numérique conduisant à une solution appro-
chée est nécessaire.
La modélisation par éléments finis de structures FGPM est largement utilisée. On trouve prin-
cipalement des modèles de poutres et de plaques, ainsi que quelques modèles de coques.
Concernant la modélisation de poutres FGPM on trouve :
• D OROUSHI et collab. [2011],KOMEILI et collab. [2011] avec une cinématique du troisième
degré dans l’épaisseur et où différentes hypothèses sont considérées pour la variation du
potentiel électrique dans l’épaisseur (linéaire, quadratique, cubique, sinusoïdale),
• L EZGY-N AZARGAH et collab. [2013] utilisent une modélisation multi-couche avec une ciné-
matique enrichie, introduisant une fonction inconnue reliée à la discrétisation par couche
et avec un potentiel électrique cubique dans l’épaisseur,
• L EE [2005] propose un modèle également par couches, avec une approximation linéaire par
couche pour le déplacement longitudinal et constante pour le déplacement transverse et où
le potentiel électrique est considéré linéaire dans l’épaisseur,
18
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
• enfin PANDEY et PARASHAR [2016] proposent un modèle basé sur la cinématique d’Euler-
Bernoulli avec le logiciel COMSOL.
On peut citer, B EHJAT et collab. [2011], N OURMOHAMMADI et B EHJAT [2016] pour un modèle de
plaque FGPM, ayant la cinématique de Reissner-Mindlin, utilisant un élément de plaque à quatre
nœuds ou à huit nœuds.
On trouve également des modèles éléments finis moins classiques :
• B HANGALE et G ANESAN [2006] analysent une plaque simplement appuyée à l’aide d’une mé-
thode éléments finis semi-analytique permettant de garder le caractère tri-dimensionnel de
la solution : une solution en double série de Fourier pour le déplacement et le potentiel élec-
trique est utilisée dans le plan de la plaque et une méthode éléments finis dans la direction
de l’épaisseur,
• B RISCHETTO et C ARRERA [2009] utilisant la CUF (Carrera Unified Formulation), proposent
un élément fini de plaque où l’ordre de l’expansion de Taylor pour le déplacement et le po-
tentiel électrique est réglable, permettant facilement d’avoir des modèles de plus en plus
raffinés.
En dehors de la méthode des éléments finis, d’autres méthodes numériques sont développées
dans la littérature :
• YANG et X IANG [2007] et PARASHAR et S HARMA [2016] analysent une poutre FGPM avec une
méthode de quadrature différentielle, se basant sur l’approximation d’une fonction incon-
nue et de sa dérivée à chaque point discret comme une somme linéaire pondérée de ses
valeurs en tous les autres points du domaine,
• L I et collab. [2014] développent un modèle de poutre en utilisant une théorie à gradient de
déformation, permettant de capturer les effets d’échelle,
• C HUAQUI et R OQUE [2017] étudient également une poutre et l’analysent grâce à une mé-
thode sans maillage basée sur une méthode multi-quadratique à fonctions de base radiales,
se reposant uniquement sur la distance Euclidienne entre les nœuds et un paramètre de
forme défini par l’utilisateur.
• pour les coques S HENG et WANG [2009], Z HENG et collab. [2009], K IANI et collab. [2013].
D’autres auteurs utilisent des régulateurs robustes comme le régulateur linéaire quadratique
(LQR) (B RUANT et P ROSLIER [2015], N ARAYANAN S [2010]) ou un régulateur H2 (FAKHARI et O HADI
[2011]).
En ce qui concerne le contrôle actif de structure FGPM, ce sujet étant relativement nouveau,
peu d’articles sont encore disponibles dans la littérature. Plusieurs auteurs montrent la faisabilité
du contrôle actif de différentes structures FGPM. Comme dans le cas du contrôle des structures
19
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
FGM, la commande par rétro-action ("velocity feedback") est la plus utilisée et est mise en place
dans les quatre articles suivants :
• P IETRZAKOWSKI [2006], P IETRZAKOWSKI [2015] étudie une plaque stratifiée symétrique consti-
tuée de couches "classiques" (i.e graphite-epoxy) et de couches piézoélectriques, l’ensemble
ayant un comportement global orthotrope. Les couches piézoélectriques sont de deux types,
les couches capteurs en PVDF et les couches actionneurs en FGPM. Un actionneur est lui-
même un multi-couches constitué d’une matrice avec inclusion de fibres PZT. En jouant
sur la densité et la répartition des fibres de PZT dans les différentes couches de l’actionneur
l’auteur crée un matériau graduel.
• S HARMA et collab. [2016] étudient une structure complètement FGPM (PZT/Pt) constituée
de sept couches contenant (0%|10%|20%|30%|20%|10%|0%) de platine. Le seuil de perco-
lation étant atteint, la couche centrale contenant 30% de platine est considérée comme
conductrice, il y a donc deux couches isolantes l’une utilisée comme capteur et l’autre en
tant qu’actionneur.
• L I et collab. [2019] étudient une plaque FGPM (AT quartz crystal/PZT-5H), graduée de ma-
nière symétrique par rapport à la ligne moyenne, passant du matériau piézoélectrique (PZT-
5H) sur les surfaces externes, au quartz sur la surface moyenne.
Enfin, S USHEEL et collab. [2016] étudient une structure FGPM composée d’une couche cen-
tral FGM (aluminium/ dioxyde de zirconium) et deux couches extérieures FGPM (PZT/Pt), l’une
étant utilisée comme capteur l’autre comme qu’actionneur. Un régulateur intelligent, basé sur la
logique floue est utilisé pour le contrôle : les entrées sont le déplacement et la vitesse obtenues par
le capteur et la sortie est le potentiel à envoyer à l’actionneur. Entrées et sortie sont décrites par
sept fonctions d’appartenance.
20
CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
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CHAPITRE 1. ÉTAT DE L’ART
30
Chapitre 2
Modélisation du FGPM
Georges Brassens
Sommaire
2.1 Description du FGPM : PZT4/Al/PZT4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.1 Lois d’homogénéisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.1.2 Diélectricité d’un mélange isolant conducteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.1.3 Percolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.1.4 Lois d’homogénéisation avec percolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.2 Modèle de poutre FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2.1 Le modèle de poutre 1D FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2.2 Choix du potentiel électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.2.3 Écriture variationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2.2.4 L’élément fini de poutre FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3 FEniCS et le modèle de référence 3D FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.3.1 Le Projet FEniCS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.3.2 Le modèle élément fini 3D de référence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2.4 Modèle de plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.4.1 Les modèles de plaques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2.4.2 Modèle de plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.4.3 Choix du potentiel électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.4.4 Écriture variationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.4.5 L’élément plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.5 Équations discrétisées des modèles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
2.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.7 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
31
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
32
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Un milieu est dit diélectrique s’il ne contient pas de charges électriques susceptibles de se
déplacer de façon macroscopique. Le milieu ne peut donc pas conduire le courant électrique et
est par définition un isolant électrique B AÏLON et D ORLOT [2000].
Les diélectriques ne sont cependant pas inertes électriquement. En effet, les constituants du
matériau peuvent présenter à l’échelle atomique des dipôles électrostatiques, qui interagiront
avec un champ électrique externe appliqué. Cette interaction se traduit par la création d’une pola-
risation P reliée au niveau microscopique à ce champ électrique par la polarisabilité, et au niveau
macroscopique, par la susceptibilité électrique χ.
Les électrons présents dans un milieu diélectrique ne peuvent pas, par définition, se déplacer
sur des grandes distances. Ils peuvent par contre présenter des mouvements d’amplitude très pe-
tite à notre échelle, mais qui peuvent être à l’origine de nombreux phénomènes. Ces mouvements
sont souvent des mouvements d’oscillation autour du noyau : le nuage électronique peut être dé-
formé et ainsi créer un dipôle électrostatique. Les atomes peuvent également osciller autour de
leur position d’équilibre et créer des dipôles.
De tels dipôles peuvent donc être créés en soumettant le matériau à un champ électrique. S’ils
existaient déjà, cela peut avoir comme effet de tous les aligner dans le sens du champ électrique.
Ainsi la polarisation est la somme de tous les dipôles du matériau, provenant de différents effets
physiques :
33
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
P = ²0 χE (2.4)
avec ²0 la permittivité du vide et χ la susceptibilité électrique du matériau, qui est un nombre
complexe.
La loi constitutive dans un matériau diélectrique reliant le déplacement électrique D et le
champ électrique E est la suivante :
D = ²0 E + P (2.5)
La permittivité ² d’un matériau définit la possibilité d’être traversé par un courant électrique,
sous l’action du champ électrique, résultant des diverses polarisations. Elle est ainsi définie comme :
D = ²E (2.6)
² = ²r ²0 avec ²r = 1 + χe (2.7)
La permittivité d’un matériau est une grandeur tensorielle (la réponse du matériau peut dé-
pendre de l’orientation des axes cristallographiques du matériau), qui se réduit à un scalaire dans
les milieux isotropes. Elle est souvent complexe, la partie imaginaire étant liée au phénomène
d’absorption ou d’émission du champ électromagnétique par le matériau.
Dans un milieu diélectrique réel, il existe toujours à basses fréquences une faible conductivité
liée à différents mécanismes microscopiques (défauts, diffusion, absorption). On parle alors de
pertes diélectriques. On peut tenir compte de ces pertes en définissant une permittivité complexe :
0 00
²̃ = ² − i ² (2.8)
0 00
où ² et ² sont respectivement la partie réelle et la partie complexe de la permittivité électrique
complexe ² du milieu.
La permittivité électrique des milieux hétérogènes est étudiée depuis le début du XIXème siècle.
Elle dépend principalement des permittivités des matériaux constituants le mélange, de leurs frac-
tions volumiques et de la forme des inclusions (mais non de leur structure interne). Si le mélange a
une structure périodique, la permittivité effective peut être évaluée analytiquement sous certaines
conditions par des lois dites de mélanges. Si le milieu est désordonné, il n’existe pas de solutions
analytiques et l’utilisation de méthodes numériques s’avère indispensable.
Le premier modèle diélectrique d’un mélange hétérogène à deux phases a été proposé par
Mossotti et Clausius. En 1848, l’astronome Mossoti (M OSSOTTI [1846]) a constaté que le comporte-
ment de la poussière constituée de particules identiques peut être décrit par la quantité Nk αk /3²0 ,
qui est elle même proportionnelle à la densité de la poussière (Nk est le nombre de particules
par unité de volume et αk est la polarisabilité de chaque particule). En 1879, Clausius (C LAUSIUS
[1879]) montre que le rapport (²−²0 )/(²+2²0 ) est proportionnel à la densité, où ² est la permittivité
macroscopique. Les deux approches, microscopique (Mossotti) et macroscopique (Clausius) sont
réunies en une seule, la relation de Clausius-Mossotti (P RINKEY et collab. [1994]) :
k Nk αk ² − ²0
P
= (2.9)
3²0 ² + 2²0
34
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Cette équation est établie en supposant que le champ local El est identique au champ externe, et
en admettant le modèle du champ local de Lorentz avec la polarisation P :
P = (² − ²0 )E = Nk αk (El )k
X
(2.10)
k
A partir de cette relation, on peut retrouver les théories classiques de la permittivité effective
dans un milieu hétérogène, il suffit de définir le milieu dans lequel baignent les inclusions.
Les lois de mélanges permettant de caractériser la permittivité d’un mélange hétérogène sont
celles décrites par le modèle du milieu effectif où plus connu sous le nom de théorie de Maxwell-
Garnett, et par le modèle de l’approximation du milieu effectif ou théorie de Bruggeman.
La théorie de Maxwell-Garnett est dérivée de la relation de Claussius-Mossotti. Elle est basée
sur la polarisation induite par un champ uniforme externe sur des inclusions sphériques placées
dans le matériau hôte. La formule de Maxwell-Garnett établie en 1904 est la suivante (G ARNETT
[1904]) :
² − ²m ²i − ²m
=f (2.11)
² + 2²m ²i + 2²m
où ² est la permittivité effective du milieu constitué d’une matrice continue, ayant une permittivité
²m , dans laquelle sont émergées les inclusions ayant une permittivité ²i , et où f est la fraction
volumique des inclusions.
Le domaine d’application de cette formule est défini par les hypothèses suivantes : l’ensemble
des inclusions est équivalent à un dipôle unique, isolé dans la matrice, dont la polarisabilité est
la somme des polarisabilités individuelles. Les inclusions sont supposées sans interaction entre
elles, la théorie est donc valide pour un faible volume d’inclusions et de grandes distances inter-
particules (le modèle est incertain pour des concentrations d’inclusions supérieures à 50%) (C A -
LAME et collab. [1996],M ICHEL et L AKHTAKIA [1996], B OYD et collab. [1996]).
Le modèle de Bruggeman est basé sur le calcul de permittivité du composite en imaginant
sa construction, à partir de la matrice hôte, par des ajouts infinitésimaux successifs d’inclusions.
Ainsi la permittivité est déterminée à partir de la relation :
²m − ² ²i − ²
(1 − f ) +f =0 (2.12)
²m + 2² ²i + 2²
Le modèle de Bruggeman assure la validité pour des fractions volumiques plus élevées, puis-
qu’il traite les deux constituants de manière symétrique (C ALAME et collab. [1996],M ICHEL et L A -
KHTAKIA [1996], B OYD et collab. [1996]).
D’autres modèles ont été créés au cours du XX ème siècle, prenant en compte la taille des inclu-
sions (modèle de Fricke), ou pour des concentrations d’inclusions très élevés (modèle de Böttcher
M EJDOUBI [2007]).
Le FGPM considéré dans ce travail est un matériau composite diélectrique, dans lequel les
inclusions (aluminium) constituent une phase conductrice, dispersées dans la matrice hôte di-
électrique. La prédiction de la permittivité effective et/ou la conductivité effective de ces milieux
composites n’est pas évidente. Néanmoins, depuis les premiers travaux de Maxwell et Garnett, de
nombreux travaux sur l’évaluation des caractéristiques diélectriques de ces matériaux ont été me-
nées.
Pour modéliser des mélanges conducteur-isolant, on peut retenir deux types d’approches :
• la première implique le traitement du comportement diélectrique des mélanges entière-
ment indépendant des effets de la conduction des inclusions,
• la deuxième où la phase conductrice est considérée comme un matériau diélectrique avec
de fortes pertes.
35
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Dans ce deuxième cas, les théories de mélanges concernant les composites diélectrique - diélec-
trique ont été étendues aux matériaux à fortes pertes, pour tenir compte des inclusions conduc-
trices. La permittivité complexe du mélange est calculée en supposant que la permittivité des in-
clusions conductrices est infinie.
L’ajout de particules conductrices dans une matrice diélectrique augmente de façon signifi-
cative la permittivité globale du composite. Celle-ci peut être estimée grâce aux théories du mi-
lieu effectif, comme la théorie de Maxwell-Garnett ou celle de Bruggeman. On considère que les
particules conductrices sont dispersées dans une matrice continue de céramique. La permittivité
effective ², est alors estimée par la loi de Maxwell-Garnett (C H ỲLEK et S RIVASTAVA [1983]) :
²m − ²p
1 + 2Vm ² + 2²
m p
²(Vm ) = ²p (2.13)
²m − ²p
1 − Vm ² + 2²
m p
1 + 2Vm
²(Vm ) ' ²p , ²m >> ²p (2.14)
1 − Vm
2.1.3 Percolation
La percolation désigne, à l’origine, le passage d’un fluide à travers un solide perméable. Pour
analyser un tel processus, les scientifiques ont conçu des modèles simples afin de répondre à des
questions élémentaires : par exemple, lors du coloriage d’un réseau avec deux couleurs (jaune et
bleu), on peut se demander quand est ce qu’une ligne bleue ira d’un bord à l’autre ?
L’étude scientifique des modèles de percolation a débuté avec les travaux de l’ingénieur Si-
mon Broadbent et du mathématicien John Hammersly en Angleterre (B ROADBENT et H AMMERS -
LEY [1957]). Ils ont introduit en 1957 un tel modèle afin de comprendre comment les poussières
pouvaient obstruer les masques à gaz. Depuis, la percolation n’a cessé de susciter l’intérêt des
scientifiques, notamment parce qu’on la rencontre sous une forme ou une autre dans de nom-
breux phénomènes : écoulement d’un fluide dans un matériau poreux, gélification d’un liquide,
propagation d’incendie ou d’une épidémie, passage d’un courant dans un mélange de matériaux
conducteurs et isolant, transition de phase, etc.
Le FGPM considéré dans ce travail est un mélange entre un conducteur et un isolant, donc
de fait soumis au phénomène de percolation. Celui-ci a lieu lorsque qu’il y a assez de particules
conductrices pour former un chemin conducteur à travers le mélange. Quand la concentration de
particules conductrices atteint le seuil de percolation, le FGPM entreprend une transition conduc-
trice/isolante. En notant la concentration au seuil de percolation VT , on a deux cas :
• lorsque Vm (z) < VT : le FGPM a un comportement isolant,
• lorsque Vm (z) > VT : le FGPM a un comportement conducteur.
Le seuil de percolation dépend principalement de la micro-structure du mélange (tailles et formes
des différentes particules (P ECHARROMÁN et M OYA [2000])), il est usuellement déterminé grâce à
des mesures expérimentales. En se basant sur des modèles théoriques de la percolation (C H ỲLEK
et S RIVASTAVA [1983]) et des études expérimentales (L I et collab. [2001], TAKAGI et collab. [2002])
36
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
on considère que VT peut varier entre les valeurs 0.1 et 0.3, correspondant à 10% et 30% de parti-
cules conductrices.
On peut noter aussi qu’à l’approche du seuil de percolation les propriétés électriques du com-
posite ont un comportement particulier. En effet, elles sont proportionnelles à la concentration de
particules conductrices, et la théorie de la percolation permet de prédire l’évolution de la permit-
tivité et de la conductivité effectives :
37
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
2|z| k h
µ ¶
¡ (m) (p) −h
ρ(z) = ρ − ρ + ρ(p)
¢
1− ≤z≤ (2.20)
h 2 2
Les propriétés effectives électriques, les coefficients piézoélectriques e i j et les constantes di-
électriques ²i j sont nulles dans la partie conductive du FGPM.
On a ainsi pour les coefficients piézoélectriques la loi de mélange suivante :
2z k
³ ´µ ¶
(m) (p) (p) hT h
e − ei j 1 − + ei j 2 ≤z≤ 2
ij h
−h T hT
e i j (z) = 0 2 <z< 2
(2.21)
2z k
³ ´ µ ¶
(p) (p)
e i(m) −h T
−h
− e 1 + + ei j ≤z≤
j ij h 2 2
2z k
¡ ¢
(p) 1 + 2 1 − h
hT h
²i j
¢k 2 ≤z≤ 2
1 − 1 − 2z
¡
h
−h T hT
²i j (z) = 0 2 <z< 2
(2.22)
¢k
(p) 1 + 2 1 + 2z
¡
h
²i j
−h
≤ z −h2 T
2
¢k
1 − 1 + 2z
¡
h
h
2
hT
2
eij
0 ǫii
z
Cij
− h2T
− h2
-1 -0.5 0 0.5 1
Propriétés adimensionnelles
F IGURE 2.3 – Propriétés matériaux adimensionnelles pour k = 2 et VT = 0.3
Dans le cas particulier du modèle poutre, les propriétés mécanique de l’aluminium et du PZT4
sont isotropes et exprimées par le module de Young Y, le coefficient de Poisson ν et le coefficient
de cisaillement G, de plus, le coefficient de Poisson est considéré constant. Le module de Young et
de cisaillement varient donc comme :
2|z| k h
µ ¶
¡ (m) (p) −h
+ Y (p)
¢
Y(z) = Y − Y 1− ≤z≤ (2.23)
h 2 2
Y(z) −h h
G(z) = ≤z≤ (2.24)
2(1 + ν) 2 2
38
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
où u 0 et w 0 sont les composantes du déplacement de la fibre moyenne selon les axes (O, x) et (O, z)
respectivement, et θ0 est la rotation de la section autour de l’axe (O, y). Les deux termes non-nuls
des déformations ε1 et ε5 sont donnés par :
∂u 0 ∂θ0 ∂w 0
ε1 (x, z, t ) = +z 2ε5 (x, z, t ) = θ0 + (2.27)
∂x ∂x ∂x
p p p
φp (x, z(ξ)) = h(ξ)φi n f (x) + g (ξ)φmi d (x) + f (ξ)φsup (x) (2.28)
39
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Avec :
1 1
f (ξ) = ξ(ξ + 1) g (ξ) = (1 − ξ2 ) h(ξ) = ξ(ξ − 1) (2.29)
2 2
Où ξ est le changement de variable dans une couche p :
p p
ξ ∈ [−1, 1] et z ∈ [z i n f , z sup ]
³ ´
p p
2z p − z sup + z i n f 1³ p ´
p
ξ(z) = p p et z(ξ) = z sup (1 + ξ) + z i n f (1 − ξ) (2.30)
z sup − z i n f 2
Le FGPM sera recouvert d’électrodes (fines couches conductrices) afin d’activer ses proprié-
tés piézoélectriques, elles sont déposées sur les surfaces extérieures z = ± 2z . Chaque électrode
forme une surface équipotentielle (B ERLINCOURT et collab. [1964]), c’est à dire que le potentiel
est constant sur l’électrode. Le potentiel électrique est donc indépendant dans une électrode de
x et de y et le champ électrique se restreint à E = E3 z. On considère donc dans ce modèle que
∂φ(x,z,t )
seule la composante E3 = − ∂z du champ électrique est non nulle. La loi de comportement
piézoélectrique présentée à la section 1.1 se réduit alors aux trois équations suivantes :
Comme l’élément fini de poutre sera implémenté sous Matlab, il est nécessaire d’écrire la formula-
tion variationnelle 1D du problème. Il faut donc intégrer sur la section de la poutre la formulation
variationnelle 3D du problème piézoélectrique (Eq (1.14)). La formulation variationnelle 1D s’écrit
comme :
Z Z
¡ 1D
Πm + Π1D 1D
e + Πa d S = Π1D
¢
f dS (2.34)
x x
où Π1D 1D 1D 1D
m ,Πe ,Πa et Π f sont les puissances virtuelles mécanique, électrique, inertielle et des ef-
forts extérieurs respectivement.
On introduit les vecteurs suivants contenant les composantes des déformations et du potentiel
électrique :
ªt
εv = u ,1
© 0
θ0,1 θ0 + w ,1
0
(2.35)
φ = {φ(0) φ(1) ... φ(nφ ) }t (2.36)
40
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
où la matrice ² est l’assemblage sur le nombre de couches discrètes utilisées des matrices ²p , défi-
nies dans une couche comme :
0 0 0 0 0
Z 1 ( f (ξ))2 f (ξ)g (ξ) f (ξ)h (ξ)
0 0 0 0 0
²p = ²33 f (ξ)g (ξ) (g (ξ))2 g (ξ)h (ξ) d ξ (2.41)
−1 0 0 0 0 0
2
f (ξ)h (ξ) g (ξ)h (ξ) (h (ξ))
où
ªt
u = u 0 w 0 θ0
©
(2.43)
et
1 0 z
Z
M = ρ(z) 0 1 0 dS (2.44)
S
z 0 z2
2
u 0e (x, t ) = u j (t ) Nlj (x)
P
j =1
3 q
w 0e (x, t ) =
P
w j (t ) N j (x) (2.45)
j =1
2
θe0 (x, t ) = θ j (t ) Nlj (x)
P
j =1
41
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
q
où Nlj =1,2 et N j =1,2,3 sont les interpolations linéaire et quadratique de Lagrange et u j , w j , θ j sont
les valeurs nodale de u 0e , w 0e , θe0 respectivement.
Les degrés de liberté de l’élément de poutre sont donc :
• trois degrés de liberté en déplacement (u 0 ,w 0 et θ0 ) à chaque nœud,
• un degré de liberté supplémentaire pour le déplacement transverse sur un nœud central,
• 2(2n l + 1) degrés de liberté électrique par élément, où n l est le nombre de couches numé-
riques utilisées pour l’approximation du potentiel électrique.
Cet élément de poutre a été développé sous le logiciel Matlab, dans l’objectif de montrer la
faisabilité du contrôle actif des vibration du FGPM. Celui-ci permet de remplacer les structures
classiques tri-couches, et de placer facilement des électrodes, afin d’utiliser certaines parties du
FGPM comme actionneurs et capteurs. Celles-ci peuvent être de n’importe quelle forme et pla-
cer à n’importe quel emplacement sur les surfaces extérieures du matériau. Cependant, le modèle
poutre en réduisant la section à la ligne moyenne, réduit également les possibilités d’utilisation du
FGPM.
Afin de mettre en évidence l’intérêt du FGPM et de s’approcher de structures plus courantes dans
l’industrie, on a développé un modèle de plaque. Le choix du langage de programmation pour
développer cet élément s’est porté sur le Projet FEniCS, qui est une collection de logiciels open-
source permettant la résolution automatique d’équations différentielles. On présente dans la sec-
tion suivante FEniCS et l’implémentation d’une structure FGPM élancée avec un élément 3D, puis
2D.
42
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
tâches fastidieuses et sujettes aux erreurs comme peuvent être l’assemblage des matrices et vec-
teurs éléments finis, encourageant ainsi un développement rapide.
De façon générale, l’utilisateur spécifie les équations du problème et les méthodes de discré-
tisation et FeniCS effectue l’implémentation des éléments finis. Pour l’instant, FEniCS ne propose
que des éléments tétraédriques (3D) ou triangulaires (2D), mais l’implémentation d’autres formes
d’élément est possible.
Des calculs éléments finis de plus en plus avancés avec FEniCS apparaissent, comme par exemple :
• A BERT et collab. [2013] pour la simulation de système micro-magnétique,
• H OFFMAN et collab. [2013] pour la simulation de flux turbulent et d’interaction fluide struc-
ture,
• V YNNYTSKA et collab. [2013] pour simuler la convection au sein du manteau terrestre.
Le projet FEniCS est construit comme un projet "boite à outils", les éléments essentiels sont :
• UFL (Unified Form Language), ’a domain-specific language’ implémenté en Python pour la
discrétisation par éléments finis des équations différentielles exprimées grâce aux formes
variationnelles,
• FIAT (Finite element Automatic Tabulator), un module Python pour la génération automa-
tique d’un ordre arbitraire des fonctions de bases des éléments finis,
• FFC (FEniCS Form Compiler), un compilateur pour les formes variationnelles éléments fi-
nis, prenant en entrée un code UFL et générant un code UFC en sortie,
• UFC (Unified Form-assembly Code), une interface C++ consistant en des fonctions de bas-
niveau pour l’évaluation et l’assemblage des formes variationnelles éléments finis,
• Instant, un module Python effectuant l’extension inline du C et C++ en Python,
• DOLFIN utilise le FEniCS Form Compiler (ffc), permet depuis la formulation faible de géné-
rer du code C++ permettant l’assemblage de la formulation discrète sur les éléments.
43
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
2.3.2.a Implémentation
Les principaux points de l’implémentation sous FEniCS avec des éléments 3D d’une structure
élancée de type plaque sont présentés et expliqués ci-après.
• On définit la géométrie du problème et les données du matériau :
# # Geometry , fraction index and percolation threshold # #
k = 1; # fraction index
Vc = 0 . 3 # percolation threshold
L = 50e - 3 ; b = 25e - 3 ; h = 2 . 5e - 3
# # Material properties # #
# PZT4
E = 63e9 ;
mu = 0 . 3 ;
rho_1 = 7600
# Piezoelectricity parameters
e31 = - 2 . 1 ; e33 = 9 . 5 ; e15 = 9 . 2
# Dielectric parameters
psi11 = 15 . 3e - 9 ; psi33 = 15e - 9
# Aluminum
E = 69e9 ;
mu = 0 . 3 ;
rho_2 = 3960
# Piezoelectricity parameters
e31 = 0 ; e33 = 0 ; e15 = 0 ;
# Dielectric parameters
psi11 = 0 ; psi33 = 3 * 8 . 85e - 12
• On maille le domaine dans le plan et on choisit le maillage dans l’épaisseur (z). La discré-
tisation en z prend deux arguments, nz est le nombre d’éléments dans chacune des deux parties
isolantes du matériaux et na le nombre d’éléments dans la partie conductrice. Cette dernière né-
cessite moins d’éléments car elle n’est pas le siège d’effets électriques.
# # Number of element in each direction , for z need nz mod 2 = 0 # #
nx = 20 ; ny = 15 ; nz = 6 ; na = 2
# # Create Mesh # #
z = intervalle_z_full (h , hc , nz , na ) # Discretization in z direction
mesh = box ( x = [ 0 .0 , L ] , y = [ 0 .0 , b ] , z =z , nx = nx , ny = ny )
P_mesh = File ( " mesh . pvd " )
P_mesh < < mesh
44
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
• On présente ici le cas d’une plaque épaisse encastrée libre soumise à une différence de po-
tentiel appliquée sur les surfaces supérieure et inférieure. On impose également un potentiel nul
dans toute la partie conductrice de la structure.
45
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
• Ayant les expressions de la formulation variationnelle et les conditions aux limites, il faut
assembler le système puis le résoudre.
# # Solve # #
sol = Function ( V ) # Initialisation of solution function over the domain V
A = assemble (a , keep_diagonal = True ) # Assembling bilinear form
B = assemble ( Ll , keep_diagonal = True ) # Assembling linear from
[ bc . apply (A , B ) for bc in bcs ] # Apply all bc to A and BC
Ce modèle 3D a permis d’une part la prise en main de FEniCS et d’autre part servira de réfé-
rence pour le développement de l’élément de plaque FGPM. Celui-ci est présenté dans la section
suivante, et est basé sur une cinématique généralisée.
46
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
u α (x, y, z) = u α0 (x, y) − zw ,α
0
(x, y) α = 1, 2 (2.47)
0
u 3 (x, y, z) = w (x, y)
47
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
u i (x, y, z) = u i(0) (x, y) + zu i(1) (x, y) + z 2 u i(2) (x, y) + z 3 u i(3) (x, y) + ... (2.49)
avec i = 1, 2, 3.
H ILDEBRAND et collab. [1949] sont les premiers à avoir introduit cette sophistication dans la
théorie classique des plaques.
Cependant, pour augmenter la précision de la théorie, on doit utiliser des modèles d’ordre
toujours supérieur, augmentant le nombre de degrés de liberté. Pour réduire le nombre
de degrés de liberté, plusieurs simplifications sont proposées. Une de ces simplification
consiste à tronquer les derniers termes de la série de Taylor en introduisant une "fonction
de cisaillement" . La forme du déplacement est alors la suivante :
u α (x, y, z) = u α0 (x, y) − zw ,α
0
(x, y) + f (z)φα (x, y) α = 1, 2 (2.50)
0
u 3 (x, y, z) = w (x, y)
48
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
z h2 z 2
µ ¶
f (z) = − (2.51)
2 4 3
4z 2
µ ¶
5
f (z) = z 1 − 2 (2.52)
4 3h
4z 2
µ ¶
f (z) = z 1 − 2 (2.53)
3h
Cette cinématique permet à la fois d’avoir un modèle d’ordre supérieur ou le modèle de Reissner-
Mindlin (pour n = 1 et m = 0), selon les degrés d’expansion choisis.
Remarque : Le modèle de Reissner-Mindlin entraîne une modification de la loi de comportement.
En effet, en utilisant l’hypothèse des contraintes planes σ33 = 0, on peut exprimer ²33 tel que :
1
²33 = (e 13 E1 + e 33 E3 − C13 ²11 − C23 ²22 ) (2.59)
C33
On définit de nouveaux coefficients :
Cp3 C3q
Cpq = Cpq − C33
e k3 Cq3
e kp = e kq − C33
Ci 3 C j 3
²i j = ²i j −
C33
49
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
σ1 ε1
C11 C12 0 0 0 0 0 e 31
σ C C22 0 0 0 ε 0 0 e 32
E1
2 12 2
σ4 = 0 0 C44 0 0 ε4 − 0 e 24 0 E2 (2.60)
σ5 0 0 ε5 e 15
0 0 C55 0 0 E3
σ6 0 0 0 0 C66 ε6 0 0 0
et
ε1
D1 0 0 0 e 15 0 ε2 ²11 0 0 E1
D 2 = 0 0 e 24 0 0 ε4 + 0 ²22 0 E2 (2.61)
0 ε5 ²33 E3
D3 e 31 e 32 0 0 0 0
ε6
∇φ(x, y, z)
E(x, y, z) = −∇ (2.62)
Comme dans la cas de la poutre, on choisit une approximation quadratique par couches dis-
crètes du potentiel électrique. Dans le cas de la plaque, cette approximation est faite en chaque
nœud et non plus par élément. La plaque est discrétisée dans l’épaisseur en 2n l couches numé-
riques : n l dans chacune des parties isolantes (supérieure et inférieure), conduisant ainsi à un total
de n φ = 2(2n l + 1) degrés de liberté électriques par nœud. Chaque couche possède trois degrés de
p p
liberté électriques : le potentiel supérieur φsup , le potentiel inférieur φi n f et le potentiel médian
p
φmi d (Figure 2.4). Le potentiel électrique s’exprime au sein d’une couche p comme :
p p p
φp (x, y, z(ξ)) = h(ξ)φi n f (x, y) + g (ξ)φmi d (x, y) + f (ξ)φsup (x, y) (2.63)
Avec :
1 1
f (ξ) = ξ(ξ + 1) g (ξ) = (1 − ξ2 ) h(ξ) = ξ(ξ − 1) (2.64)
2 2
Où ξ est le changement de variable dans une couche p :
p p
ξ ∈ [−1, 1] et z ∈ [z i n f , z sup ]
³ ´
p p
2z p − z sup + z i n f 1³ p ´
p
ξ(z) = p p et z(ξ) = z sup (1 + ξ) + z i n f (1 − ξ) (2.65)
z sup − zi n f 2
où Πm ,Πe ,Πa et Π f sont les puissances virtuelles mécanique, électrique, inertielle et des efforts
extérieurs respectivement.
50
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Z
Πm = σ : ε(u ∗ )d z (2.68)
z
Z
t
= [ ε∗1 (C11 ε1 + C12 ε2 + C13 ε3 − e 31 E3 )
z
t
+ ε∗2 (C12 ε1 + C22 ε2 + C23 ε3 − e 32 E3 )
t
+ ε∗3 (C13 ε1 + C23 ε2 + C33 ε3 − e 33 E3 )
t
+ ε∗4 (C44 ε4 − e 24 E2 )
t
+ ε∗5 (C55 ε5 − e 15 E1 )
t
+ ε∗6 (C66 ε6 ) ] d z
En décomposant les contraintes selon les contraintes planes σp , les contraintes de cisaillement
σs et les contraintes transverses σt , la puissance mécanique virtuelle devient :
Z ³ ´
Πm = σp .ε∗p + σs .ε∗s + σt .ε∗t d z (2.69)
z
avec
σp = {σ1 , σ2 , σ6 }t (2.70)
t
σs = {σ4 , σ5 } (2.71)
σt = {σ3 } (2.72)
εp = {ε1 , ε2 , ε6 }t (2.73)
t
εs = {ε4 , ε5 } (2.74)
εt = {ε3 } (2.75)
51
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Z
t
σs .ε∗s d z = γ1v∗ D1 γ1v
z
t
+ γ1v∗ E1 φ,1
t
+ γ2v∗ D2 γ2v (2.83)
t
+ γ2v∗ E2 φ,2
Z
t
σ3 .ε∗3 d z = ε3v∗ F ε3v
z
t
+ ε3v∗ Bt εvp (2.84)
t
+ ε3v∗ Gφ
1 z ... z n−1 1 z ... zm
.. ..
z . zn z . z m+1
. .. .. ..
.. ..
.
. . . . . .
n−1 2n−2 n−1 m+n−1
z z z z
Z
... ... ... ... dz
(D1 , D2 ) = (C55 , C44 ) (2.87)
z
1
... ... z n−1 1 z ... zm
.. ..
z
. zn z . z m+1
. .. .. ..
.. ..
. . .
. . . .
zm ... ... z m+n+1
zm ... ... z 2m
z m−1
1 z ...
z z2 ... zm
Z
F = C33 .. .. .. .. (2.88)
. . . .
z
z m−1 zm ... z 2m−2
Les matrices piézoélectriques nécessitent une étape d’assemblage supplémentaire sur le nombre
de couches discrètes utilisées, en effet les couches partagent des degrés de liberté : le potentiel
inférieur d’une couche p est également le potentiel supérieur de la couche p − 1. Les différentes
matrices piézoélectriques dans une couche p sont définies par :
C0 0 0 0
1
C 1 Z e 31 (ξ) f (ξ) e 31 (ξ)g (ξ) e 31 (ξ)h (ξ)
0 0 0
Cp = avec Ci = z i (ξ) e 32 (ξ) f (ξ) e 32 (ξ)g (ξ) e 32 (ξ)h (ξ) d ξ (2.89)
..
. −1
0 0 0
Cn
52
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
1
z
..
.
Z 1 n−1
¡ p p¢ z
g (ξ) h(ξ) d ξ
£ ¤
E1 , E2 = 1 f (ξ)
(e 15 , e 24 ) (2.90)
−1
z
.
.
.
zm
1
1 z
Z
£ 0 0 0
Gp = g (ξ) h (ξ) d ξ
¤
e 33 .. f (ξ) (2.91)
.
−1
z m−1
Z
t
Πe = D.E∗ d z = φ∗,1 ²1 φ∗,1
z
t
+ φ∗,2 ²2 φ∗,2
t
+ φ∗ ²3 φ∗
t
− φ∗,1 E1t γ1v (2.92)
t
− φ∗,2 E2t γ2v
t
− φ∗ C t εvp
t
− φ∗ Gt ε3v
Les matrices diélectriques nécessitent une étape d’assemblage supplémentaire sur le nombre de
couches discrètes utilisées. En effet les couches partagent des degrés de liberté : le potentiel in-
férieur d’une couche p est également le potentiel supérieur de la couche p − 1. Les différentes
matrices diélectriques dans une couche p sont définies par :
0 0 0 0 0
Z1 ( f (ξ))2 f (ξ)g (ξ) f (ξ)h (ξ)
p 0 0 0 0 0
²3 = ²33 f (ξ)g (ξ) (g (ξ))2 g (ξ)h (ξ) d ξ (2.94)
−1 0 0 0 0 0
f (ξ)h (ξ) g (ξ)h (ξ) (h (ξ))2
où q u est le vecteur contenant tous les degrés de liberté mécaniques. La matrice de masse est
donnée par :
53
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
1 z ... zn 1 z ... zm
.. ..
z . z n+1 z . z m+1
. .. .. ..
. .. ..
. . . . . .
Z n
z 2n zn z m+n
z ... ... ... ...
M = ρ dz (2.96)
z 1
... ... zn 1 z ... zm
.. ..
z
. zn z . z m+1
. .. .. ..
. .. ..
. . . . . .
zm ... ... z m+n
zm ... ... z 2m
L’élément fini de plaque développé est un élément triangulaire à six nœuds et est schématisé
sur la Figure 2.9.
Les composantes du déplacement sont interpolées avec des polynômes de Lagrange d’ordre deux
dans le plan (x, y). Chaque nœud possède donc 2(n + 1) degrés de liberté pour le déplacement
dans le plan (u 1 et u 2 ) et (m + 1) degrés de liberté pour le déplacement transverse u 3 . Le nombre
de degré de liberté dépend donc de l’expansion choisie pour la cinématique généralisée.
Le potentiel électrique est interpolé avec des polynômes de Lagrange linéaire dans le plan (O, x, y),
et est approximé par une approche par couches numérique dans la direction z, avec 2n l couches,
conduisant ainsi à un total de 2(2n l + 1) degré de liberté électriques à chacun des trois nœuds for-
mant les sommets de l’élément.
Il faut noter que le choix de l’interpolation dans le plan (quadratique pour le déplacement et li-
néaire pour le potentiel) peut être facilement modifié dans FEniCS lors de la déclaration des élé-
ments utilisés.
Le modèle de plaque FGPM est implémenté sous FEniCS en deux étapes principales. La pre-
mière consiste à effectuer en amont le calcul des différentes matrices de rigidité, de masse, de
piézoélectricité et de diélectricité. La seconde est d’effectuer le calcul éléments finis grâce à FE-
niCS.
54
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
Un programme Python à été développé afin d’effectuer les intégrations en z de façon prélimi-
naire. Ce programme fonctionne avec les données d’entrée du système (géométrie, matériau (loi
de comportement : monocouche, bimorphe, FGPM), discrétisation en z (nombre de couches nu-
mériques)) et enregistre dans un dictionnaire les matrices intégrées. L’intégration numérique en z
est effectuée avec une méthode de Gauss-Legendre.
# Plate ’s dimensions
h = 0 . 01 ; L0 = 1 ; b0 = 0 . 8
# # Mesh # #
P1 = Point ( 0 . , 0 .) ; P2 = Point ( L0 , b0 )
domain = Rectangle ( P1 , P2 )
ele_W = [ ]
55
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
ele_U = [ ]
for i in range ( n + 1 ) : # We build the total in plane disp element ,
in adding
ele_U . append ( ele_2 ) # n + 1 times the vector element ele_2
• On définit les composantes des déformations et du champ électrique, pour créer les puis-
sances mécanique et électriques (Sections 2.4.4.a, 2.4.4.b).
# # Kinematics and virtual work # #
# kinematics
[ eps , eps_ , g_u1 , g_u1_ , g_u2 , g_u2_ , g_w1 , g_w1_ , g_w2 , g_w2_ , eps_33 , eps_33_ , phi , phi_
, phi_d0 , phi_d0_ , phi_d1 , phi_d1_ , u_ , w_ ]
= kinematics_auto ( uu , vv ,n , m )
Args :
uu , vv , trial and test functions of Function Space , with a 2D mesh and a Mixed
finite element ( u in plane
displacement , w transverse
displacement , theta rotations and
potentiel electric )
Return :
in voigt notation : strains tensor in plane , strains curvature tensor , shear
tensor , electric potential and
electric gradient ; of both trial and
test functions
"""
56
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
if m = = 0 :
eps_33 = as_vector ( [ 0 . 0 ] )
eps_33_ = as_vector ( [ 0 . 0 ] )
else :
eps_33 = as_vector ( [ ( a * w [ a ] ) for a in range (1 , m + 1 ) ])
eps_33_ = as_vector ( [ ( a * w_ [ a ] ) for a in range (1 , m + 1 ) ])
phi_d0_ = phi_ . dx ( 0 )
phi_d1_ = phi_ . dx ( 1 )
return [ eps , eps_ , g_u1 , g_u1_ , g_u2 , g_u2_ , g_w1 , g_w1_ , g_w2 , g_w2_ , eps_33 , eps_33_ ,
phi , phi_ , phi_d0 , phi_d0_ , phi_d1 , phi_d1_
, u_ , w_ ]
Return : Pi_elastic and Pi_elec : mechanical and electric parts of virtual work
"""
Pi_elastic = 0 . 0
for i in range ( n + 1 ) :
for j in range ( n + 1 ) :
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’A ’] [ 3 * i : 3 * i +3 , 3 * j : 3 * j + 3 ] . astype ( float ) ) ) *
eps [j , : ] , eps_ [i , : ] )
for i in range ( n + 1 ) :
if m > = 1 :
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’B ’] [ 3 * i : 3 * i +3 , : ] . astype ( float ) ) ) * eps_33
, eps_ [i , : ] )
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’B ’] [ 3 * i : 3 * i +3 , : ] . astype ( float ) ) ) . T * eps [i , : ]
, eps_33_ )
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’C ’] [ 3 * i : 3 * i +3 , : ] . astype ( float ) ) ) * phi ,
57
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
eps_ [i , : ] )
if m > = 1 :
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’F ’] . astype ( float ) ) ) * eps_33 , eps_33_ )
Pi_elastic + = dot ( as_matrix (( Mat [ ’G ’] . astype ( float ) ) ) * phi , eps_33_ )
Pi_elec = 0.0
for i in range ( n + 1 ) :
Pi_elec - = dot ( as_matrix (( Mat [ ’C ’] [ 3 * i : 3 * i +3 , : ] . astype ( float ) ) ) . T * eps [i , : ] ,
phi_ )
• On définit les conditions aux limites, ici un encastrement et un potentiel électrique imposé
sur les surfaces supérieure et inférieure de la plaque
# # Boundaries conditions # #
58
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
# fix end
bc_CCCC . append ( DirichletBC ( UWP . sub ( 1 ) , Constant ( np . zeros (( m + 1 ) ) ) ,
all_boundary ) )
for i in range ( n + 1 ) :
bc_CCCC . append ( DirichletBC ( UWP . sub ( 0 ) . sub ( i ) . sub ( 0 ) , Constant ( 0 . 0 ) ,
all_boundary ) )
bc_CCCC . append ( DirichletBC ( UWP . sub ( 0 ) . sub ( i ) . sub ( 1 ) , Constant ( 0 . 0 ) ,
all_boundary ) )
• On définit également le travail des forces extérieures, ici une pression uniforme. On assemble
le système et on le résout.
# # External work # #
q0 = 10e3
f = Constant ( q0 )
z0 = h / 2 . 0
ext = 0 . 0
for i in range ( m + 1 ) :
ext + = ( z0 ** i ) * w_ [ i ]
# # Solve # #
AA , b = assemble_system (a , L , bcs = bcs_tot ) # assembling system
solver = LUSolver ( " umfpack " ) # choice of solver
uwp = Function ( UWP ) # initialisation of solution function
solver . solve ( AA , uwp . vector () , b ) # solving static problem
Enreg ( uwp ) # saving function
Les modèles éléments finis de poutre et de plaque permettent d’obtenir les équations discré-
tisées de la structure FGPM suivantes :
Mq¨u + K uu q u + K uφ q φ = F (2.97)
t
K φφ q φ + K uφ qu =0 (2.98)
59
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
2.6 Conclusion
Le FGPM utilisé dans ce travail est un composite, mixant un matériau conducteur, l’alumi-
nium, et un matériau isolant, le PZT4. Il montre des propriétés électriques particulières. En effet,
le phénomène de percolation intervient quand il y a assez de particules conductrices pour for-
mer un chemin conducteur, rendant ainsi tout le matériau conducteur. Le modèle développé ici,
prend en compte ce phénomène. Le FGPM possède donc une partie conductrice en son centre (où
la percolation a eu lieu) et deux parties isolantes vers l’extérieur. Les propriétés matériaux sont dé-
crites par une loi des mélanges, en considérant que la fraction volumique de l’aluminium suit une
loi puissance, gérée par l’indice k.
Dans la deuxième partie de ce chapitre, afin de modéliser des structures FGPM élancées , trois
types d’éléments finis sont implémentés. Un élément de poutre, basé sur la cinématique de Timo-
shenko, à deux nœuds avec intégration consistante et un potentiel électrique approximé quadra-
tiquement par couche numérique et constant par élément.
Un élément de plaque et un élément 3D servant de référence sous FEniCS sont implémentés. L’élé-
ment de plaque est basé sur une cinématique généralisés (modèle de Reissner-Mindlin ou modèle
d’ordre supérieur) et sur un potentiel électrique quadratique par couches discrètes dans l’épais-
seur.
La méthode des éléments finis permet ainsi d’obtenir :
• Les équations discrétisées de la structure FGPM élancée.
• La base modale de la structure FGPM élancée déduite des équations précédentes.
60
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
2.7 Références
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CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
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63
CHAPITRE 2. MODÉLISATION DU FGPM
64
Chapitre 3
Albert Einstein
Sommaire
3.1 Représentation d’état du système FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.1 Décomposition sur une base modale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
3.1.2 Prise en compte de l’amortissement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
3.1.3 Représentation d’état du système et notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Systèmes linéaires commandés-observés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3.2.1 Le régulateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
3.2.2 L’Observateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
3.2.3 Observateur de Luenberger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.3 Les régulateurs linéaires et la synthèse quadratique . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.3.1 Synthèse observateur-régulateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
3.3.2 La synthèse quadratique : le régulateur linéaire quadratique (LQR) . . . . . 74
3.4 La logique floue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.4.1 Les ensembles flous . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
3.4.2 Implications floues . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
3.4.3 Le régulateur flou . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.5 Le régulateur flou pour la plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.5.1 Sous-régulateur flou pour le mode i . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
3.5.2 Le régulateur flou décentralisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3.6 Optimisation des réseaux d’actionneurs et de capteurs en contrôle actif . . . . . 89
3.6.1 Optimisation du réseau d’actionneurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3.6.2 Critère d’optimisation du réseau de capteurs en contrôle actif . . . . . . . . 90
3.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
3.8 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
65
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
66
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Comme dans l’exemple de la conduite d’un véhicule, de nombreuses grandeurs sont régulées
par bouclage. Avant toute élaboration d’une loi de commande, une étape de modélisation du sys-
tème à étudier est nécessaire. Suivant la représentation mathématique du système, un algorithme
mathématique de commande sera alors adopté.
L’objectif de ce chapitre est de rappeler les outils fondamentaux nécessaires pour commander les
systèmes linéaires, et d’expliciter les deux régulateurs mis en place pour le contrôle actif des vi-
brations des structures FGPM étudiées dans ce travail :
• dans le cas de la poutre, à l’aide d’un régulateur optimal basé sur la méthode de la synthèse
quadratique, encore appelé linear quadratic regulator (LQR), consistant à rechercher une
commande optimale minimisant un critère quadratique de l’état de la commande,
• dans le cas de la plaque, à l’aide d’un régulateur intelligent basé sur la logique floue, généra-
lisant la logique booléenne classique avec des valeurs de vérité partielles. Ce régulateur flou
décentralisé permet la gestion d’une multitude d’actionneurs et un contrôle adaptatif.
Mq¨u + K uu q u + K uφ q φ = F (3.1)
t
K φφ q φ + K uφ qu =0 (3.2)
Mq¨u + K t ot q u = F + K a q φa (3.3)
³ ´
t
q φs = −K −1
φs φs K q
uφs u + K q
φs φa φa (3.4)
67
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
K t ot = K uu + K uφs K −1
φs φs K φs u (3.5)
K a = K uφs K −1
φs φs K φs φa − K uφa (3.6)
Afin de se ramener aux équations usuelles de l’automatique pour mettre en place le contrôle
actif, on cherche une solution en déplacement sur la base des modes propres de la structure. La
base modale de la structure est obtenue en résolvant le problème aux valeurs propres suivant :
K t ot − ω2 M ψ = 0
¡ ¢
(3.7)
ψit M ψ j = δi j (3.8)
ψit K t ot ψ j = ω2i δi j (3.9)
En injectant l’équation 3.11 dans 3.3 et en utilisant les propriétés d’orthogonalité on obtient le
système suivant :
où les coefficients βnk représentent l’amortissement. L’approche modale perd alors de son intérêt
pour le calcul de la solution numérique des équations du mouvement. En effet, les équations vé-
rifiées par les αn restent couplées par les coefficients d’amortissement βnk .
68
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Toutefois, dans le cas faiblement amorti, Lord Rayleigh (G ÉRADIN et R IXEN [1993]) a émis l’hy-
pothèse d’amortissement diagonal (βnk = 0 si n 6= k), permettant de simplifier les équations 3.14
sous la forme :
η i ωi − η j ω j ωi ω j ¡
β1 = 2 β2 = 2 η j ωi − ηi ω j
¢
(3.18)
ω2i − ω2j ω2i − ω2j
On peut alors mettre le système précédent, composé des équations 3.16 et 3.13, dans sa forme
de représentation d’état :
ẋ = A x + B φa + Fe (3.20)
y = C x + D φa (3.21)
avec :
y = q φs et φa = q φa (3.22)
ω
· ¸
0
A= (3.23)
−ω −2ηω
· ¸
0
B= (3.24)
Ψt K a
h i
C = K −1 K s Ψ ω−1
φs φs φ u
0 (3.25)
h i
D = K −1
φs φs
K −1
φs φa (3.26)
69
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
½ ¾
0
Fe = (3.27)
Ψt F
où y et φa sont le vecteur de sortie et le vecteur de commande, A, B, C et D sont les matrices
d’état, de commande, d’observation et d’action directe respectivement, Fe le vecteur des efforts
extérieurs et ω et η sont des matrices diagonales contenant les pulsations propres et les coeffi-
cients d’amortissement naturel respectivement.
Il faut maintenant mettre en place une loi de commande en utilisant les méthodes de l’automa-
tique afin d’amortir les vibrations.
3.2.1 Le régulateur
En modélisant le système mécanique sous la forme (3.20), où la commande φa (t ) contient
les tensions électriques à appliquer aux bornes des actionneurs, on est amené à construire un
régulateur. Celui-ci va permettre, sous la condition que le système soit gouvernable, d’atténuer les
vibrations. Pour y arriver, on définit tout d’abord la notion de gouvernabilité.
Définition 1 Le système linéaire 3.20 est gouvernable si pour tout x(0) et quelque soit x T il existe un
temps fini T et une fonction continue par morceaux φa (t ) pour tout t ∈ [0, T] telle que x(T) = x T .
70
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
D’autre part Kalman (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]) propose une caractérisation algé-
brique très simple de la gouvernabilité, celle-ci peut être définie comme suit :
G = B |A B| ... |A2N−1 B
¡ ¢
(3.28)
est de rang 2N, où 2N est la dimension du vecteur d’état x. On dit alors que la paire A, B est gouver-
nable.
Si le système est gouvernable, nous pouvons construire un régulateur. Ce dispositif doit rendre
l’état initial x 0 du système commandé asymptotiquement stable. La stabilité asymptotique d’un
état d’équilibre peut être définie par (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]) :
ẋ = Ax + Fe (3.31)
est dit asymptotiquement stable si, écarté de son état d’équilibre x e , en l’absence de perturbation
extérieure, il revient à son état d’équilibre :
Cette notion de stabilité est liée directement au signe des parties réelles des valeurs propres de
la matrice d’état. Dans le cas particulier du point d’équilibre x e = 0 on dispose d’un critère simple
de stabilité asymptotique :
71
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
3.2.2 L’Observateur
La commande par retour d’état nécessite la connaissance de l’état, mais il peut s’avérer coû-
teux, voir irréalisable, de mesurer l’état complet d’un système à l’aide de capteurs. Lorsque l’état
d’un système n’est pas mesurable, on conçoit un observateur d’état permettant de reconstruire
l’état à partir d’un modèle du système dynamique et des mesures des capteurs. Pour ce faire , il
faut introduire la notion d’observabilité.
Définition 4 Le système linéaire (3.20, 3.21) est dit observable si pour tout vecteur x 0 , il existe un
temps T fini et une commande φa (t ) définie sur [0, T] tels que si x(t = 0) = x 0 et qu’on applique
φa (t ), alors la connaissance de y(t ) sur l’intervalle [0, T] permet de déterminer x 0 .
De même que pour la gouvernabilité, il existe une caractérisation algébrique simple d’obser-
vabilité dite d’observabilité de Kalman :
Théorème 3 Critère d’observabilité de Kalman : le système linéaire (3.20, 3.21) est observable si et
seulement si la matrice d’observabilité définie par :
C
CA
O= (3.33)
...
CA2N−1
est de rang 2N. On dit alors que la paire (A, C) est observable.
q̇ = At q + C t υ (3.34)
Par dualité avec la gouvernabilité, on a les résultats suivants (D E L ARMINAT [1996],D ’A NDRÉA
N OVEL et DE L ARA [2000]) :
Proposition 3 Lorsque T → ∞, si le système est stable, la matrice Go = l i m Go (T) existe et est solu-
T→∞
tion de l’équation de Lyapunov :
A t Go + Go A + C t C = 0 (3.36)
Proposition 4 Le système (3.20, 3.21) est observable si et seulement Go (T) est inversible, pour au
moins un T positif.
72
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
où la matrice L de dimension 2N × Nc est telle que x̂ tend vers x quand t tend vers l’infini et ce pour
toutes conditions initiales x(0) et x̂(0), où Nc est le nombre de capteurs.
La matrice L, appelée matrice de gain de l’observateur, pondère l’écart entre la sortie mesurée
y(t ) et la sortie reconstruite C x̂. Elle fixe la dynamique de l’observateur, c’est à dire quelle permet
d’agir sur la stabilité et la rapidité en fixant les valeurs propres de la matrice (A − LC). Le système
sera stable lorsque celles-ci seront à partie réelle strictement négative. Plus précisément, on a le
théorème de placement des pôles de l’observateur (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]) suivant :
Théorème 4 Si la paire (A, C) est observable, on peut choisir une matrice de gain L pour placer
arbitrairement les valeurs propres de (A − LC). Ainsi, tout système (3.20, 3.21) observable admet un
observateur asymptotique.
Définition 7 On appelle régulateur linéaire du système (3.20) une loi de commande de la forme :
φa (t ) = −Kx(t ) (3.38)
Avec un choix judicieux de la matrice de gain K du régulateur, on peut stabiliser tout système
gouvernable. Ceci est confirmé par le théorème suivant (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]) :
Le problème à résoudre est alors de placer correctement les pôles du système bouclé à l’inté-
rieur du demi-plan de stabilité. Pour ce faire, dans la suite, nous utilisons la méthode de la synthèse
quadratique en commande optimale. Cette méthode permet, en effet, de transformer le problème
en celui du choix d’une fonction coût qu’il s’agit de minimiser. La loi de commande résultante
stabilise alors naturellement le système. On détaille cette méthode dans le paragraphe 3.3.2.
73
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
ẋ = Ax − BK x̂ + Fe (3.40)
x̂˙ = LCx + (A − BK − LC) x̂ (3.41)
φa = −R−1 Bt P x (3.45)
où P est la matrice définie positive, symétrique, solution de l’équation de Riccati :
dP
+ P A + At P − P B R−1 Bt P + Q = 0 (3.46)
dt
La commande optimale ainsi définie est malheureusement difficilement réalisable en pratique
car elle nécessite la connaissance de P à chaque instant. Cependant, lorsque le temps tend vers
l’infini, la matrice P tend vers une matrice constante Pc , solution de l’équation algébrique de Ric-
cati L IONS [1968] :
74
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Pc A + At Pc − Pc B R−1 Bt Pc + Q = 0 (3.47)
u = −R−1 Bt Pc x (3.48)
mi n (J) = x 0t Pc x 0 (3.49)
u
L’avantage principal de cette méthode est qu’elle est robuste et garantit la stabilité du système.
Elle reporte le problème du choix des pôles du système en boucle fermée sur le choix des matrices
de pondération Q et R. Elles doivent être choisies en fonction de l’ordre de grandeur de l’état et
des bornes limites admissibles pour la commande. À Q fixée, plus la matrice R possède de petites
valeurs, plus le système bouclé est rapide, mais la diminution des valeurs des composantes de R
peut entraîner une saturation des actionneurs. Le choix de Q et R va donc dépendre du cahier des
charges imposé (tension maximale admissible par les actionneurs, rapidité du système bouclé) et
va nécessiter plusieurs simulations numériques pour en déterminer les valeurs optimales.
Comme nous l’avons rappelé précédemment la matrice gain de l’observateur fixe la dyna-
mique de l’observateur. Elle doit être choisie de façon à ce que les valeurs propres de la matrice
A − LC soient à partie réelle strictement négative.
En pratique, deux méthodes existent pour satisfaire ce critère :
• Le première, appelée méthode de placement des pôles, consiste à choisir les valeurs propres
de (A−LC) puis à trouver la matrice C correspondante (B LANGUERNON [1997]). Il existe dans
la plupart des logiciels d’automatique une fonction déjà définie qui utilise cette méthode.
• La seconde méthode, appelée méthode du système fictif est basée sur la dualité entre régu-
lateur et observateur (D ’A NDRÉA N OVEL et DE L ARA [2000]). En effet, le calcul de la matrice
L est semblable à celui de la matrice K du régulateur LQR en vue d’obtenir une dynamique
fixée.
Imaginons le système fictif dual du système à observer (3.20, 3.21) suivant :
q̇ = At q + C t υ (3.50)
t
y =B q (3.51)
À condition que ce système soit gouvernable, on peut déterminer une loi de commande du
type retour d’état de la forme ψ = −Hq par synthèse quadratique, telle que ce système, une
fois bouclé ait ses valeurs propres fixées.
La condition de gouvernabilité correspond à la condition d’observabilité, d’après le para-
graphe 3.2.2. Dans ces conditions, le système fictif devient, en boucle fermée :
q̇ = At − C t H q
¡ ¢
(3.52)
et ses valeurs propres sont les mêmes que celles de A−Ht C. En comparant A−Ht C à (A−LC),
ceci revient à prendre L = Ht .
On se ramène ainsi par cette méthode à l’utilisation de la synthèse quadratique appliquée
au système fictif (3.50,3.51).
75
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
76
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
telle que :
µA : X → [0, 1]
x → µA (x)
On redéfinit pour les sous-ensembles flous les notions de support, noyau et hauteur.
• Support d’un sous-ensemble flou
Le support d’un sous-ensemble flou A est caractérisé par l’ensemble des éléments de X, qui
sont à des degrés divers dans A, défini par :
Supp(A) = x ∈ X | µA (x) 6= 0
© ª
N(A) = x ∈ X | µA (x) = 1
© ª
Afin d’utiliser les ensembles flous comme des ensembles classiques, Zadeh a généralisé les
opérations d’égalité, d’inclusion, de complémentation, d’union et d’intersection aux ensembles
flous. Pour les définitions suivantes on considère Ai et A j deux éléments de M(X), où M(X) est
l’ensemble de tous les sous-ensembles flous de X.
• Égalité
• Inclusion
• Intersection
L’intersection de Ai avec A j définit un nouveau sous-ensemble Ak , ayant pour fonction
d’appartenance µAk définie par :
• Réunion
La réunion de Ai avec A j définit un nouveau sous-ensemble Ak , ayant pour fonction d’ap-
partenance µAk définie par :
• Complémentaire
Le complémentaire Āi de Ai a pour fonction d’appartenance µĀi , définie par :
77
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Dans le cas où l’ensemble X appartient à l’ensemble des réels, cas le plus souvent utilisé pour
décrire des paramètres physiques, on présente les principaux types de fonctions d’appartenance
µ(x) des sous-ensembles flous prenant des valeurs dans [0, 1].
• Fonction d’appartenance triangulaire
Une fonction d’appartenance triangulaire, illustrée par la Figure 3.3, est caractérisée par
trois paramètres a 1 , a 2 et a 3 , et est définie comme suit :
x − a1
a1 ≤ x ≤ a2
a2 − a1
µA (x) = a 3 − x a 2 ≤ x ≤ a 3
a3 − a2
0 sinon
1
0.8
µA (x)
0.6
0.4
0.2
0
a1 a2 a3
x
1 ³ x − m ´2
µ ¶
µA (x) = exp −
2 σ
78
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
1
0.8
µA (x)
0.6
0.4
0.2
0
a1 a2 a3 a4
x
1
0.8
µA (x)
0.6
0.4
0.2
0
m
x
Une variable linguistique est une variable dont les valeurs sont des mots ou des phrases expri-
mées dans une langue naturelle ou dans un langage artificiel Z ADEH [1975]. Elle est représentée
par le quadruplet (V, X, TV , µx ) :
• V la variable,
• X un ensemble de référence (ensemble des réels, des nombres entiers, ...),
• TV = {A1 , A2 , ..., An } un ensemble fini de sous ensembles flous normalisés de X, qui sont uti-
lisés pour caractériser V,
• µAi les fonctions d’appartenance associées à chacun des sous ensembles flous Ai .
Les termes Ai sont donc choisis pour effectuer des descriptions de V, et chacun est associé
à un sous ensemble flou de X de fonction d’appartenance µAi , définie sur X et à valeurs dans
[0, 1]. Pour simplifier, on note Ai à la fois le terme linguistique et le sous ensemble flou qui lui est
associé. Exemple : On considère la température d’une pièce, la variable linguistique température
sera définie comme suit :
où :
• X est l’univers de la température défini en degré,
• l’ensemble TV est constitué de trois étiquettes linguistiques : A1 = froide, A2 = tempérée et
A3 = chaude,
79
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
µ(x)
0.4
0.2
0
0 5 10 15 20 25 30
T (Celsius)
• les fonctions d’appartenances définies pour chaque terme linguistique sont illustrées dans
la Figure 3.6.
(V est Ai ) et (W est A j )
où V et W sont des variables définies sur les référentiels X et Y.
La proposition floue générale est associée au produit cartésien Ai × A j qui caractérise la valeur
conjointe (V,W) sur l’ensemble X × Y.
On peut également composer deux propositions floues élémentaires par disjonction (réunion)
sous la forme :
(V est Ai ) ou (W est A j )
Une implication floue est une proposition floue qui possède la forme suivante :
D’une manière générale, les propositions floues sont construites à l’aide de différents opérateurs,
comme la disjonction, la conjonction et l’implication portant sur des propositions floues quel-
conques.
En particulier une proposition floue utilisant une implication floue entre deux propositions floues
ayant la forme suivante :
est appelée règle floue. Le membre de gauche (V est Ai et W est A j ) est appelé la prémisse de la
règle floue, et (U est Ak ) est sa conclusion.
80
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
3.4.3.a La fuzzification
L’étape de fuzzification a pour but de transformer une valeur numérique en valeur floue. Pour
cela, le concepteur du système flou doit définir les variables linguistiques décrivant chaque va-
riables d’entrée et de sortie du système. La caractérisation des variable nécessite de bien connaître
le domaine d’application afin de proposer un modèle adéquat à l’aide de la logique floue. Dans la
plupart des cas on effectue une normalisation des variables d’entrée physique pour se ramener à
un univers dont les variables normalisées varient généralement entre −1 et 1.
Pour l’exemple du véhicule s’approchant d’un feu rouge :
• On définit chaque variable comme suit (Voir Figure 3.8 ) :
Vitesse , X = {0, 80} , Fai bl e, Nor mal e, Él evée , µx = µ f ai bl e , µNor mal e , µél evée
¡ © ª © ª¢
81
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
• Le passage des entrées numériques à leur valeurs floues est illustré en considérant la dis-
tance égale à 20m et la vitesse égale à 65 km/h :
µ(x)
µ(x)
0.6 0.6 0.6
0.4 0.4 0.4
0.2 0.2 0.2
0 0 0
0 5 35 60 70 0 10 40 70 80 0 5 15 35 40 50
Distance (m) Vitesse(km/ h) Freinage(N)
F IGURE 3.8 – Représentation floue des variables pour un véhicule s’approchant d’un feu rouge
Le but de l’inférence floue est de déterminer les sorties du système à partir des entrées floues
(valeurs floues des entrées numériques) issues de la fuzzification. L’inférence floue est basée sur
un ensemble de règles, décrivant comment le système doit être commandé. Chaque règle donne
donc par implication floue une conclusion partielle représentée par une fonction d’appartenance.
Les conclusions sont alors agrégées pour former la sortie floue du système. Étant donné un en-
semble de règles, le mécanisme d’inférence consiste à générer un sous-ensemble flou de sortie à
partir de l’agrégation des conclusions de l’ensemble des règles floues.
On considère un ensemble de n règles comme suit :
Règle n : Si x 1 est A1 ET/OU x 2 est A2 ... ET/OU x n est An alors Y est Bn (3.53)
Les deux règles donnent des résultats différents, le freinage doit être à la fois fort et doux. Il faut
alors agréger ces deux résultats, la fonction d’appartenance µ∗ de l’agrégation est montrée dans la
Figure 3.10.
3.4.3.c La défuzzification
82
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Règle1 : Si Distance est Proche et Vitesse est Elevée Alors Freinage Fort
µ(x)
µ(x)
0.6 0.6 0.6
0.4 0.4 0.4
0.2 0.2 0.2
0 0 0 1
0 5 20 35 60 70 0 10 40 65 70 80 0 5 15 35 40 50
Distance (m) Vitesse(km/ h) Freinage(N) 0.8
µ(x)
0.6
Règle2 : Si Distance est Moyenne et Vitesse est Normale Alors Freinage Doux 0.4
0.2
Proche Moyenne Loin Faible Normale Elevée Doux
1 1 1 0
0 5 15 35 40 50
0.8 0.8 0.8 Freinage(N)
µ(x)
µ(x)
µ(x)
0.6
0.6 0.6
MIN
Agrégation des règles
0.4 0.4 0.4
0 0 0
0 5 20 35 60 70 0 10 40 65 70 80 0 5 15 35 40 50
Distance (m) Vitesse(km/ h) Freinage(N)
0.6
µ∗ (x)
0.4
0.2
0 25 29 50
Freinage(N)
F IGURE 3.10 – Inférence à deux règles : sortie agrégée
µ(x)xd x
R
y = RS
∗
avec S le domaine de la fonction d’appartenance.
S µ(x)d x
La sortie indique que le conducteur doit exercer une force de 39.5 N sur le frein.
• Avec la méthode du centre de gravité :
R 50
0 µ∗ (x) d x
y∗ = R 50 = 25.77N
0 d x
La sortie indique que le conducteur doit exercer une force de 25.77 N sur le frein.
La logique floue permet de raisonner sur des variables linguistiques, i.e des variables qualita-
tives (grand, petit, moyen, loin, près, ...). Le fait de raisonner sur des variables linguistiques permet
83
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
de pouvoir manipuler des connaissances en langage naturel. Les seuls données nécessaires à don-
ner au système sont des règles d’inférences exprimées en langage naturel.
L’avantage principal est ainsi de pouvoir contrôler des systèmes complexes non forcément
modélisables de façon intuitive.
Les inconvénients sont :
• l’expression des connaissances sous la forme de règles dans un langage naturel ne permet
pas de prouver que le système aura un comportement optimal,
• les réglages du système se font de façon arbitraires,
• pas de garantie de la stabilité du système, ni de la précision, ni l’optimalité, ni même que les
règles entrées ne soient contradictoires.
En conclusion, la logique floue possède l’avantage d’être intuitive et de pouvoir faire fonction-
ner une quantité importante de systèmes différents possédant une forte expertise humaine. Néan-
moins, il faut garder à l’esprit qu’en logique floue, il est impossible de prédire les performances
d’un système. La qualité de la méthode dépend principalement du réglage des paramètres.
84
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
3.5.1.a La fuzzification
La première étape est de normaliser les données d’entrée, elles sont notés αi et α̇i :
α̂i (t ) αˆ˙i (t )
αi (t ) = α̇i (t ) = (3.54)
max |α̂i (τ)| max |α̇ ˆ i (τ)|
τ∈[0;t ] τ∈[0;t ]
85
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
1 N+ N Z P P+
ᾱi
-0.056 -0.028 0 0.028 0.056
1 N+ N Z P P+
α̇¯i
-0.06 -0.03 0 0.03 0.06
1 N+ N Z P P+
φfi uz
-0.92 -0.46 0 0.46 0.92
f uz
F IGURE 3.11 – Fonctions d’appartenance de αi , α̂i et φi
Le moteur d’inférence est l’ensemble des règles floues, basées sur la connaissance humaine du
problème. Dans le contrôle actif de structure élancées, les règles sont basées sur les observations
suivantes, expliquées facilement sur le cas d’un système masse-ressort :
soit x et x 0 le déplacement et la vitesse de la masse. La position d’équilibre de la poutre est x = x 0 =
0.
Si x est négatif, la masse est positionnée en amont de sa position d’équilibre. Afin de ramener la
masse à sa position d’équilibre on considère trois cas :
• si x 0 est positif : la masse est en train de revenir à sa position d’équilibre donc on applique
une commande positive faible.
• si x 0 est négatif : la masse continue à s’éloigner de sa position d’équilibre donc on applique
une commande positive forte.
• si x 0 est nulle : la poutre est à la position la plus éloignée de sa position d’équilibre et com-
mence à revenir vers celle-ci donc on applique une commande positive moyenne.
On peut faire le même raisonnement avec un déplacement x positif, ou quasi nul.
Dans le cas du sous-régulateur associé au mode i, on définit les règles pour la sortie floue qui
f uz
représente la commande φi à la Table 3.1 .
α¯˙i
α¯i P +
P Z N N+
P+ N+ N+ N+ N N
P N N N Z Z
Z N N Z P P
N Z Z P P P
N+ P P P+ P+ P+
f uz
Table 3.1 – Moteur d’inférence pour la commande φi (Z ORI Ć et collab. [2013])
3.5.1.c La défuzzification
Le passage des données d’entrées fuzzifiées par le moteur d’inférence génère une multitude
f uz
de commandes φi , que l’on fusionne à l’aide de l’opérateur logique floue OU. La deuxième
étape de la défuzzification est le passage des variables linguistiques aux variables numériques de
la commande, noté φci , valeur comprise dans [−1, 1]. Dans ce sous-régulateur on utilise la méthode
du centre de gravité.
On peut construire la surface de réponse du régulateur flou, c’est à dire calculer la réponse φci pour
86
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
0.5
-0.5
-1
-1
0 0 -0.5 -1
1 1 0.5
αi α̇i
F IGURE 3.12 – Surface de réponse du sous-régulateur flou
toutes les valeurs des deux entrée αi et α˙i . Celle-ci est présentée dans la Figure
¯ 3.12.
¯ On remarque
c ¯ c¯
que le maximum (en valeur absolue) de φi ne vaut pas 1 mais est égal à max ¯φi ¯ = 0.814.
On re-normalise donc la commande associée au mode i pour avoir une commande dont le
maximum et minimum valent respectivement 1 et −1, à l’aide de la relation suivante :
φci (t )
φci (t ) = ¯ ¯ (3.55)
max ¯φci ¯
¯ ¯
Ainsi pour créer un régulateur contrôlant les N premiers modes, il faut choisir N actionneurs,
dédiés chacun à un seul mode i ∈ [1, N]. Chaque sous-régulateur donne à chaque instant t une
87
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Ji (t )
Ji% (t ) = (3.59)
N
X
Ji (t )
i =1
88
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
89
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
Z T
Ja = φta (τ) φa (τ) d τ (3.61)
0
λa
µ ¶
0
Gˆc = (3.64)
0 λa
Na
1 X
(λa )i i = B2 (3.65)
4ηi ωi j =1 i j
(λa )i i est la valeur propre de la matrice grammienne de gouvernabilité Gˆc associée au i ème
mode. Elle correspond à l’énergie de contrôle pour le i ème mode. Ainsi, plus (λa )i i est élevé, plus
les actionneurs sont capables d’amortir le mode i . À l’inverse quand (λa )i i tend vers 0 ce mode
sera difficile à amortir.
L’objectif est maintenant de créer un critère d’optimisation du réseau d’actionneurs prenant
en compte les modes de manière homogène. B RUANT et P ROSLIER [2005] proposent d’établir une
homogénéité entre les différents termes diagonaux de λa en divisant chacun d’eux par leur valeur
maximale :
Na
B2i j
X
(λa )i i j =1
λ˜a i i =
¡ ¢
= (3.66)
max (λa )i i Na
B2i j
X
position acts max
position acts j =1
De ce fait λ˜a i i varie entre 0 et 1. L’équation 3.66 représente l’énergie de contrôle du réseau
¡ ¢
actuel des actionneurs pour le i ème mode, divisée par l’énergie maximale que pourrait transmettre
le réseau des actionneurs pour ce i ème mode. Après application de ce critère au système d’élec-
trodes considéré dans ce travail, on choisira les actionneurs pour un mode i parmi les électrodes
maximisant λ˜a i i (B RUANT et collab. [2010]).
¡ ¢
y = Cx (3.67)
90
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
La connaissance du vecteur de sortie y permet alors, sous l’hypothèse que le système d’état
associé à la structure soit observable, de construire une estimation de l’état x de la structure à
tout instant. Cette estimation est cruciale car elle permet de connaître le mouvement vibratoire
de la structure et d’en déduire éventuellement une commande à appliquer pour amortir les vibra-
tions. Intuitivement, on souhaite donc optimiser le réseau des capteurs afin que l’information y
soit maximale. Or, quelque soit la modélisation faite, la position des capteurs intervient dans les
composantes de la matrice de sortie C. Dans le cas de l’utilisation d’un seul capteur piézoélec-
trique, on peut montrer que les zones de la structure où le système est peu ou pas observable sont
les zones où le centre du capteur est sur un nœud de la courbure d’un des modes à mesurer. La
composante associée à ce mode dans le vecteur C est alors proche de zéro. Le déplacement modal
associé sera donc mal mesuré, et la commande construite à partir de celui-ci ne sera pas correcte.
L’optimisation du réseau des capteurs est donc nécessaire, afin de s’assurer de bien observer
chaque composante modale du déplacement. N représente le nombre de mode à mesurer et Nc le
nombre de capteurs.
L’optimisation du réseau des capteurs en contrôle actif des vibrations de structures peut s’ap-
puyer sur la quantité appelée énergie de sortie définie par :
Z ∞
Jc = y t yd t (3.68)
0
Maximiser J semble en effet être un bon critère pour assurer une information globale sur l’en-
semble des modes propres.
Lorsque le système, libre d’effort, est ramené à l’état d’équilibre (x(t = 0) = 0) en boucle ou-
verte (φa (t ) = 0, ∀t > 0), tout comme lorsqu’il est soumis à un effort, H A Ć et L IU [1993] ont montré
que maximiser l’énergie de sortie J conduit à maximiser la matrice grammienne d’observabilité
Go (Équation 3.35) de dimension (2N × 2N). Go est une matrice diagonale dominante et peut être
approximée par (H A Ć et L IU [1993]) :
λc 0
µ ¶
ˆ
Go ' (3.69)
0 λc
Nc C 2
X ji
(λc )i i = (3.70)
j =1 4ηi ωi
Chaque terme diagonal (λc )i i = (Go )i i correspond à l’énergie de sortie Jc associée au mode propre
i.
Comme pour l’optimisation du réseau d’actionneur, B RUANT et P ROSLIER [2005] proposent
d’établir une homogénéité entre les différents termes diagonaux de λc en divisant chacun d’entre
eux par leur valeur maximale :
Nc
C2j i
X
(λc )i i j =1
λ˜c i i =
¡ ¢
= (3.71)
max (λc )i i Nc
C2j i
X
position cap max
position cap j =1
De ce fait, tous les termes λ˜c i i varient entre 0 et 1. L’équation (3.71) représente l’énergie mesurée
¡ ¢
par le réseau des capteurs pour le i ème mode, divisée par l’énergie maximum mesurable par le
réseau des capteurs dans le système pour cet i ème mode. Si λ˜c i i est proche de 0, le mode i n’est
¡ ¢
quasiment pas observé par le réseau des capteurs. En revanche s’il est proche de 1, le mode i est
observé de façon optimale par le réseau de capteurs.
91
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
3.7 Conclusion
Dans ce chapitre, les différents outils de l’automatique ont été présentés afin de mettre en
place les deux systèmes commandés-observés que sont la poutre et la plaque FGPM. Un obser-
vateur de Luenberger permettant de donner une approximation de l’état du système, sera utilisé
pour les deux types de structures. Celui-ci est basé et réglé par la synthèse quadratique.
La structure poutre, équipée d’un capteur et d’un actionneur, sera commandée par un régulateur
quadratique linéaire (LQR). Ce régulateur est robuste et facile à implémenter et a permis de mon-
trer la faisabilité du contrôle actif pour ce type de structure FGPM.
Pour la plaque, l’utilisation d’une multitude d’actionneurs a conduit à changer de type de régula-
teur. Le choix s’est porté, dans ce travail, sur un régulateur flou décentralisé. Celui-ci est constitué
de plusieurs sous-régulateurs flous régulant chacun un seul mode et va permettre de considérer
facilement autant d’actionneurs que de modes à réguler. Il permet également, grâce à une distri-
bution adéquate de l’énergie électrique injectée dans le système, une régulation adaptative.
92
CHAPITRE 3. AUTOMATISME ET CONTRÔLE ACTIF DES VIBRATIONS
3.8 Références
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94
Chapitre 4
Sommaire
4.1 Validation et convergence de l’élément fini de poutre . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
4.1.1 Convergence du nombre d’éléments dans la longueur . . . . . . . . . . . . . 97
4.1.2 Convergence du nombre de couches numériques n l dans l’épaisseur . . . . 97
4.1.3 Tests de validations à l’aide du modèle 3D en statique . . . . . . . . . . . . . 98
4.1.4 Tests de validation en fréquences à l’aide du modèle 3D . . . . . . . . . . . . 98
4.2 Études statiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.1 Sensibilité du capteur FGPM aux paramètres k et VT . . . . . . . . . . . . . . 99
4.2.2 Efficacité de l’actionneur FGPM en fonction des paramètres k et VT . . . . . 101
4.3 Contrôle Actif d’une poutre FGPM avec un régulateur LQR . . . . . . . . . . . . . 101
4.3.1 Construction du système contrôlé-observé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
4.3.2 Paramétrage des simulations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
4.3.3 Poutre FGPM encastrée-libre : étude paramétrique sur k et VT . . . . . . . . 104
4.3.4 Poutre FGPM simplement supportée : étude de la position des électrodes . 106
4.4 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
4.5 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
95
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
Dans tout ce chapitre on considère une poutre FGPM dont les propriétés matériaux et géomé-
triques sont données dans la Table 4.1.
96
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
Table 4.2 – Étude de convergence : Flèche maximale (mm) d’une poutre encastrée-libre (VT = 0.3)
• 40 éléments dans la longueur sont nécessaires pour la convergence des cinq premières fré-
quences propres de la poutre. La Table 4.3 présente l’étude de convergence sur les fréquences
propres d’une plaque encastrée-libre (k = 1 et VT = 0.3).
H
HH f
f1 f2 f3 f4 f5
n e HH
H
10 5.411 34.291 97.788 196.898 337.368
20 5.403 33.942 95.410 188.036 313.156
40 5.401 33.856 94.834 185.940 307.593
100 5.401 33.832 94.674 185.360 306.676
Table 4.3 – Étude de convergence : Fréquences propres (Hz) d’une poutre encastrée-libre avec k = 1 et
VT = 0.3
À notre connaissance il n’existe par d’article permettant de valider le cas d’une poutre FGPM
(PZT4/Al/PZT4) construit dans ce travail. De ce fait, on compare le modèle poutre au modèle 3D
développé sous FEniCS (Section 2.3.2). Celui-ci à été validé par rapport à une solution analytique
3D, voir section 5.1.
97
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
HH k
H
0.4 1 5
n l HH
H
4 1.31 9.62 27.47
10 1.31 9.60 27.56
50 1.30 9.57 27.55
100 1.30 9.57 27.55
HH k
H
0.4 1 5
n l HH
H
4 74.5 75.0 62.8
10 74.5 74.9 62.8
50 74.4 74.7 62.8
100 74.4 74.7 62.8
k 3D FEniCS Poutre
w max (mm)
0.5 2.24 2.27
1 2.28 2.31
k 3D FEniCS Poutre 2 2.30 2.34
w max (mm) φmoy (V)
0.5 0.754 0.753 0.5 0.840 0.883
1 0.754 0.749 1 3.18 3.37
2 0.714 0.708 2 6.17 6.66
(a) Validation cas actionneur (b) Validation cas capteur
98
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
Table 4.7 – Validation fréquences propres pour une poutre FGPM encastrée-libre
L’élément fini de poutre FGPM à deux nœuds est validé à la fois pour des chargements mé-
caniques (capteur) qu’électriques (actionneur). Des études similaires effectuées pour le cas de la
poutre simplement appuyée donnent des résultats satisfaisants.
La Figure 4.1 montre l’influence des paramètres k et VT sur le potentiel capté. Ce dernier aug-
mente avec ces deux paramètres. Pour expliquer ce comportement, on peut assimiler le fonction-
nement d’un capteur piézoélectrique (ici du capteur FGPM) à celui d’un condensateur classique.
Dans un condensateur, le potentiel φg généré entre ses deux plaques est donné par la formule
suivante :
de
φg = (4.1)
Y²
où d est la distance entre les deux plaques du condensateur, e la constante piézoélectriques, Y
le module de Young et ² la constante diélectrique du matériau constituant le condensateur. En
faisant la comparaison avec la structure FGPM considérée, la distance d correspond à l’épaisseur
de la partie isolante, soit : d = h −h T . Donc, le potentiel capté suit la loi de comportement suivant :
(h − h T )e 31
φs ' (4.2)
Y²33
Quand l’indice de fraction k augmente, (h − h T ) et e 31 augmentent et ²33 et Y diminuent. De plus,
le seuil de percolation VT a seulement un effet sur l’épaisseur de la partie isolante, qui augmente
99
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
30
25
15
VT = 0.1
10
VT = 0.2
5 VT = 0.3
0
0 1 2 3 4 5
k
F IGURE 4.1 – Étude du capteur FGPM : Sortie potentiel capteur
×10-3
6.3
Flèche maximale (m)
6.2
6.1
6 VT = 0.1
VT = 0.2
5.9 VT = 0.3
5.8
0 1 2 3 4 5
k
F IGURE 4.2 – Étude du capteur FGPM : flèche maximale
quand le seuil est plus important. On peut en conclure que le potentiel capté croît logiquement
lorsque ces deux paramètres augmentent. La Figure 4.1 montre également que le capteur FGPM
est inefficace (signal trop faible) si k est inférieur à un certain seuil, noté k l i m . En effet, quand k
tend vers zéro l’épaisseur de la partie isolante, (h − h T ), tend également vers zéro. Dans notre cas,
les simulations indiquent un seuil k l i m = 0.4, et ceci pour toutes les valeurs prises par VT .
La figure 4.2 montre que la flèche maximale augmente avec k et qu’elle est quasi indépendante
de VT . La flexion de la poutre sous l’effet de la force ponctuelle, est principalement d’ordre méca-
nique et est directement reliée à la rigidité de celle-ci. Le couplage électro-mécanique influence
peu ou pas la réponse de la structure. Donc VT n’influençant que l’épaisseur de la couche conduc-
trice a peu ou pas d’effet sur la flèche de la poutre. Ainsi, la tendance générale de la réponse est
facilement explicable : quand k augmente, le module de Young effectif diminue et tend vers la va-
leur du module de Young du PZT4, celui-ci étant inférieur à celui de l’aluminium.
Un capteur piézoélectrique est donc d’autant plus efficace quand son épaisseur est grande et
que ses coefficients piézoélectriques sont importants. On peut donc en conclure que le capteur
FGPM est d’autant plus efficace que les paramètres k et VT sont grands.
100
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
×10-5
9
VT = 0.1
5
0 1 2 3 4 5
k
F IGURE 4.3 – Étude de l’actionneur FGPM : flèche maximale
Dans ce paragraphe, on étudie l’influence des mêmes paramètres k et VT sur l’efficacité en sta-
tique de l’actionneur FGPM. On considère une poutre FGPM encastrée libre équipée d’une paire
d’électrodes utilisées comme actionneur. Elles sont placées proche de l’encastrement et mesurent
L/10 de long. Un potentiel électrique φa = 250 V est appliqué aux électrodes.
Classiquement pour les actionneurs piézoélectriques, quand un potentiel extérieur est appli-
qué, la déformation électriquement générée est proportionnelle à la fois au coefficient piézoélec-
trique e 31 du matériau utilisé et au potentiel électrique φa appliqué. Elle est également inverse-
ment proportionnelle à l’épaisseur de l’actionneur, ici à l’épaisseur de la partie isolante (h − h T ).
Les actionneurs sont donc plus performants quand ils sont fins. On peut ainsi écrire que la défor-
mation de flexion générée électriquement suit la tendance suivante :
φa e 31
εa ' (4.3)
h − hT
La Figure 4.3 montre la flèche maximale de la poutre FGPM générée par le potentiel appliqué en
fonction de k et de VT . Contrairement au comportement en mode capteur, le déplacement induit
ne varie pas de façon monotone avec k. R EDDY [2000] observe ce même comportement pour des
plaques FGM soumises à des chargement thermiques. On observe donc une augmentation au
début, avec des maximas atteint pour des valeurs de k comprises entre 0.4 et 0.7, puis la flèche
subit une diminution induite principalement par l’augmentation de (h − h T ). Ce comportement
non monotone est dû à l’évolution du rapport entre les deux termes e 31 et (h − h T ).
D’autre part, les performances de l’actionneur FGPM sont meilleures quand le seuil de percolation
est plus faible. En effet quand VT augmente l’épaisseur de la couche isolante augmente également.
Cette étude met en évidence que l’actionneur FGPM est plus efficace quand k ∈ [0.4, 0.7] et quand
le seuil de percolation est faible.
Ces deux études sur l’efficacité du capteur et de l’actionneur FGPM montrent que des com-
promis dans le choix de k et VT seront à faire, car les deux configurations nécessitent des valeurs
opposées pour ces deux paramètres afin de fonctionner de manière optimale.
101
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
1X N
Ec (t ) = α˙i (t ) (4.4)
2 i =1
• L’énergie interne du système peut être découpée en une partie mécanique, Em (t ) et une
partie électrique, Ee (t ).
La partie mécanique de l’énergie s’écrit :
1XN 1XN
Em (t ) = α˙i 2 (t ) + α2 (t )ω2i (4.5)
2 1 2 1 i
Em (t ) = x t Qx avec Q = I (4.6)
La matrice Q est donc prise égale à la matrice identité I pour que le terme x t Qx représente
l’énergie mécanique du système.
La partie électrique de l’énergie peut s’écrire sous la forme matricielle suivante :
Les coefficients de la matrice R seront choisis de façon à ce que le tension électrique ne dé-
passe pas la valeur maximale V0 de la tension admissible par les actionneurs. L’ajustement des
coefficients de la matrice R est effectué en supposant le chargement connu et nécessite plusieurs
tests numériques.
x(t ) = 0 y(t ) = 0
102
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
Les simulations de contrôle actif de la poutre FGPM ont pour objectif principal de montrer la
faisabilité du contrôle actif avec ce FGPM et d’étudier l’influence des paramètres matériaux k et
VT ainsi que la position des électrodes.
Le paramétrage des simulations s’effectue comme suit :
1. Matériau et Géométrie :
• Les coefficients d’amortissement ηn du n i ème mode sont définies par l’équation (3.17).
Dans le cadre de ce travail, on supposera que les coefficients d’amortissement des deux
premiers modes sont égaux (η1 = η2 = η). On obtient alors :
2η ω1 ω2
β1 = β2 = 2η (4.8)
ω1 + ω2 ω1 + ω2
On considère une poutre FGPM dont les propriétés géométriques et matériaux sont
données dans la Table 4.1 et on suppose que l’amortissement modal des deux premiers
modes est de 5%.
• Deux types de conditions aux limites sont étudiés : la poutre simplement appuyée et la
poutre encastrée-libre.
2. Modèle :
• On utilise l’élément fini de poutre avec un maillage régulier (40 éléments avec chacun
10 couches numériques dans l’épaisseur) pour obtenir la base modale de la structure.
• On ne considère que les 4 premiers modes propres. Une étude préliminaire, en consi-
dérant de 6 à 8 modes a été menée et montre que les modes à partir du cinquième sont
peu ou pas excités par les chargements considérés et peuvent donc être négligés.
3. Régulateur et Observateur :
• Le potentiel maximum injecté aux actionneurs à chaque instant t est V0 = 250V, réglé
via la matrice R.
• La dynamique de l’observateur est réglé, via la matrice L, pour qu’il ait un temps de
réponse t r ep = 0.8s.
• Les coefficients des matrices R et L ont besoin d’être réglés à chaque simulation. Ils
sont dépendants du matériau (k et VT ), des conditions aux limites et du chargement.
Ces coefficients sont déterminés par essais successifs jusqu’à l’obtention des objectifs.
4. Simulations :
Les six premières fréquences propres de la structure sont données pour différentes valeurs
de k dans les Tables 4.8 et 4.9 pour la poutre encastrée-libre et la poutre simplement appuyée,
respectivement.
103
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
k f1 f2 f3 f4 f5 f6
0.4 5.88 36.83 103.11 202.04 333.97 498.85
1 5.40 33.85 94.77 185.69 306.94 458.47
2 5.11 31.00 89.59 175.55 290.18 433.44
5 4.86 30.48 58.33 167.21 276.39 412.86
k f1 f2 f3 f4 f5 f6
0.4 16.50 65.98 148.45 263.90 412.30 593.66
1 15.16 60.64 136.43 242.53 378.93 545.61
2 14.33 57.33 128.98 229.29 358.24 515.82
5 13.65 54.60 122.85 218.40 341.22 491.33
On considère une poutre FGPM encastrée-libre munie de deux paires d’électrodes de longueur
1
10 L, l’une servant pour l’actionneur placée à l’abscisse x = 0 (à l’encastrement) et l’autre utilisée
pour le capteur placée à l’abscisse x = 0.1. L’actionneur et le capteur ne sont donc pas colocalisés.
Selon B RUANT et P ROSLIER [2013] cette configuration est la configuration optimale pour l’action-
neur et le capteur non colocalisés sur une poutre encastrée-libre, elle assure une bonne observa-
bilité et contrôlabilité pour chaque mode propre.
La Figure 4.4 présente les diagrammes de Bode pour trois valeurs de k, en boucle ouvert (BO,
sans régulateur) et en circuit fermé (BF, avec régulateur). Les trois valeurs de k = 0.7, 1, 5 repré-
sentent le cas où l’actionneur est le plus performant, un cas intermédiaire et le cas où le capteur
est optimal. On remarque clairement l’écart entre les fréquences de résonance en fonction de k.
La baisse de la magnitude (db) des quatre pics de résonance entre la boucle ouverte et la boucle
fermée, montre la performance du contrôle actif et ce quelque soit la valeur de k.
100
Boucle fermée
Boucle ouverte
Magnitude (dB)
50
k=5
k=1
0
k=0.7
-50
-100
100 101 102 103 104
Pulsations (rad/s)
F IGURE 4.4 – Diagrammes de Bode pour k = 0.4, k = 1 et k = 5, et VT = 0.3
104
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
• Étude sur k : trois valeurs de k égalent à 0.7, 1, ou 5 sont considérées avec VT = 0.3.
• Étude sur VT : trois valeurs de VT égalent à 0.1, 0.2, ou 0.3 sont considérées avec k = 0.7.
Afin d’étudier l’influence de k sur le contrôle actif des vibrations, on choisit trois valeurs re-
présentatives : le k où l’actionneur est le plus performant k = 0.7, k = 1 où la distribution matériau
est linéaire et k = 5 où le FGPM est principalement constitué de PZT4 (le capteur est optimal).
La Figure 4.5 montre le potentiel de sortie du capteur au cours du temps. On remarque la
même tendance qu’en statique, le potentiel capté augmente quand k augmente.
Les Figures 4.6 et 4.7 montrent l’influence de k sur le potentiel à envoyer à l’actionneur afin de
contrôler les vibrations et la flèche maximale de la poutre. Au vu de l’évolution de la flèche dans le
temps, on peut affirmer que la poutre est correctement contrôlée quelle que soit la valeur de k.
La configuration où k = 0.7 permet le meilleur contrôle pour ce test.
Ces simulations ont été menées sans prendre en compte les bruits de mesure des capteurs, ceux-ci
devront être caractérisés et inclus dans les futures simulations. On peut mettre en avant le fait que
même si le potentiel capté est faible, il est suffisant pour donner une bonne estimation de l’état de
la structure.
1.5 k=0.7
k=1
Potentiel capté (V)
k=5
1
0.5
-0.5
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.5 – Influence de k : Potentiel capté pour VT = 0.3
300
k=0.7
Potentiel actionneur (V)
k=1
200 k=5
100
-100
-200
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.6 – Influence de k : Potentiel actionneur injecté pour VT = 0.3
105
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
×10-4
1
k=0.7
-1
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.7 – Influence de k : Flèche maximale pour VT = 0.3
L’étude de l’influence du seuil de percolation est menée à k = 0.7 constant. Comme dans le cas
statique, le potentiel capté est plus important quand VT augmente (Figure 4.8).
Les Figures 4.9 et 4.10 montrent respectivement la flèche maximale et le potentiel appliqué à l’ac-
tionneur. On remarque que les courbes sont quasiment superposées mais que la flèche est la plus
faible quand VT = 0.1. En effet, l’actionneur est optimal dans ce cas là. D’autres tests ont été me-
nés sur la poutre encastrée-libre, ( i.e, un test de lâcher et un test sinusoïdal) et ils conduisent aux
mêmes conclusions.
0.4
VT=0.1
0.3 VT=0.2
Potentiel capté (V)
VT=0.3
0.2
0.1
-0.1
-0.2
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.8 – Influence de VT : Potentiel capté pour for k = 0.7
106
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
×10-4
1
V =0.1
T
-0.5
-1
-1.5
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.9 – Influence de VT : Flèche maximale pour k = 0.7
300
VT=0.1
Potentiel actionneur (V)
200 VT=0.2
VT=0.3
100
-100
-200
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.10 – Influence de VT : Potentiel actionneur injecté pourk = 0.7
107
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
L
F1 (t ) = cos(0.8ω1 t ) àx=
2
L
F2 (t ) = 10cos(1.2ω2 t ) àx=
4
où ω1 et ω2 sont les deux premières fréquences propres. Le premier chargement F1 sollicite la
structure principalement sur son premier mode propre, tandis que le chargement F2 sollicite prin-
cipalement le deuxième.
La comparaison entre les différentes configurations (emplacement des électrodes) se fait grâce
l’énergie électro-mécanique du système. Cette énergie peut être divisée en énergie mécanique et
en énergie électrique, respectivement données par :
108
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
P1
0.8 P
Energie mécanique
2
P3
BO
0.6
0.4
0.2
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.12 – Poutre FGPM simplement supportée, chargement F1 : Énergie mécanique
P
1
0.6 P2
Energie électrique
0.5 P3
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.13 – Poutre FGPM simplement supportée, chargement F1 : Énergie électrique
0.9
P1
0.8 P2
Energie mécanique
P3
0.7 BO
0.6
0.5
0.4
0.3
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.14 – Poutre FGPM simplement supportée, chargement F2 : Énergie mécanique
109
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
1
P1
P
0.8 2
Energie électrique
P3
0.6
0.4
0.2
0
0 2 4 6 8 10
Temps (s)
F IGURE 4.15 – Poutre FGPM simplement supportée, chargement F2 : Énergie électrique
4.4 Conclusion
Deux types d’études numériques, statique et dynamique, ont été menées sur la poutre "intel-
ligente" faite d’une seule couche de FGPM (PZT4/A/PZT4).
Un élément fini de poutre a été implémenté, élément pouvant prendre en compte la loi de
comportement graduelle du FGPM. Cet élément est basé sur la théorie de la piézoélectricité li-
néaire, avec la cinématique de Timoshenko et une approximation par couches numériques dans
l’épaisseur pour le potentiel électrique. L’élément permet d’effectuer des études statiques et éga-
lement de calculer la base modale de la structure nécessaire pour le contrôle actif des vibrations.
La poutre FGPM est équipée d’électrodes reparties de façon discrète, qui permettent l’activation
des capacités capteur et actionneur du matériau. Afin de contrôler activement les vibrations, une
loi de commande LQR avec un observateur d’état est implémentée.
Les résultats des simulations montrent que la poutre FGPM "intelligente" peut contrôler acti-
vement les vibrations. Les études paramétriques, s’intéressant à l’influence des paramètres tel que
l’indice de fraction volumique k et le seuil de percolation VT , montrent que k joue un rôle majeur
dans les capacités de la poutre FGPM de capteur et d’actionneur, alors que le seuil de percolation
a un moindre rôle. Elles mettent également en avant que les capacités capteur et actionneur de la
poutre sont optimales pour des valeurs de k et VT à l’opposé. Le capteur est optimal pour des k
assez grands alors que l’actionneur est optimal pour des k ∈ [0.4, 0.7]. Les simulations ont mon-
tré que la poutre FGPM peut contrôler activement les vibrations quelque soit la valeur de k Ce
contrôle est optimal quand l’actionneur est le plus performant et ce car l’observateur d’état arrive
à reconstruire l’état même avec des capacités de capteur assez faible. Les capacités capteur et ac-
tionneur dépendent également de la position des électrodes. Il faudrait donc créer un régulateur
permettant de changer d’actionneur utilisé en fonction du chargement subit. Le régulateur flou
décentralisé pour la plaque FGPM a été développé pour répondre à cette problématique. Il utilise
les différents actionneurs selon la mesure de l’énergie des différents modes et permet un contrôle
adaptatif.
110
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
4.5 Références
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thods in Engineering, vol. 47, no 1-3, p. 663–684. 101
111
CHAPITRE 4. SIMULATIONS DE POUTRES FGPM
112
Chapitre 5
Forrest Gump
Sommaire
5.1 Validation de l’élément fini de plaque FGPM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.1.1 Validation mono-couche FGPM PZT4 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
5.1.2 Validation pour une plaque FGPM PZT4/Al/PZT4 . . . . . . . . . . . . . . . . 121
5.2 Contrôle Actif d’une plaque FGPM avec contrôleur flou décentralisé . . . . . . . 124
5.2.1 Paramétrage des simulations de contrôle actif . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
5.2.2 Système commandé-observé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
5.2.3 Étude du spillover dans le cas d’une plaque en appui simple . . . . . . . . . 126
5.3 Comparaison des différentes distributions pour le contrôleur flou décentralisé . 131
5.3.1 Plaque simplement appuyée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
5.3.2 Plaque encastrée libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
5.4 Intérêt du régulateur flou vis à vis de la commande LQR . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.4.1 Plaque simplement appuyée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.4.2 Plaque encastrée libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
5.5 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
5.6 Références . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
113
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
L’objectif de ce chapitre est de présenter les simulations de contrôle actif des vibrations d’une
plaque FGPM (PZT4/Al/PZT4). Celle-ci est équipée de seize électrodes rectangulaires, déposées
symétriquement par rapport au plan moyen, pouvant être utilisées pour les actionneurs ou les
capteurs.
La plaque est contrôlée à l’aide du régulateur flou décentralisé (Section 3.5) et d’un observateur
de Luenberger (Section 3.2.3). Ce système commandé-observé nécessite le choix des électrodes
utilisées comme actionneur et capteur. Celui-ci sera effectué de façon optimale en utilisant les
critères d’optimisation du placement des actionneurs et des capteurs (Section 3.6).
La plaque FGPM est modélisée par la méthode des éléments finis, en utilisant l’élément de plaque
développé sous FEniCS (Section 2.4.5). La première partie de ce chapitre porte sur la validation
de cet élément, à l’aide de résultats analytiques obtenus dans la littérature et également grâce au
modèle 3D de référence développé sous FEniCS.
Dans une seconde partie, on présente les simulations de contrôle actif des vibrations, qui portent
notamment sur :
• L’étude du phénomène de spillover (activation des modes non-contrôlés par le régulateur),
• Les performances du régulateur flou décentralisé selon la distribution du potentiel maxi-
mum admissible φTOT ,
• Une comparaison entre le contrôle avec un régulateur flou et le contrôle avec un régulateur
LQR.
¡z
+ 12
Ci j (z) = Ci0j exp β
¢
h
¡z
+ 12
e i j (z) = e i0j exp β
¢
h (5.3)
β hz + 12
¡ ¢
²i j (z) = ²0i j exp
−h h
avec h l’épaisseur de la plaque, 2 ≤z≤ 2 et β le paramètre exponentiel de la loi variant dans
l’intervalle [−1, 1].
114
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
0 0 0 0 0 0 0 0
C11 (GPa) C12 C33 C13 C44 C55 C66 e 31 (C/m 2 ) 0
e 33 0
e 15 ²011 (nF/m ) ²033
139 77.8 115 74.3 25.6 25.6 30.6 -5.2 15.1 12.7 13.06 11.51
La plaque étant simplement appuyée et les quatre bords étant mis à la terre électriquement,
les conditions aux limites sont donc les suivantes :
u 2 = u 3 = φ = 0 pour x = 0, a (5.4)
u 1 = u 3 = φ = 0 pour y = 0, b
F IGURE 5.1 – Mono-couche FGPM : configurations capteur et actionneur (B RISCHETTO et C ARRERA [2009])
³ mπx ´ ³ nπy ´
Pz+ = Pz si n si n (5.5)
a b
φ+ = φ− = 0
avec m = n = 1 et Pz = −1.
Les exposants + et − correspondent respectivement aux surfaces supérieure et inférieure (z = ± h2 )
de la plaque et m, n sont les nombres d’ondes choisis dans le plan.
³ mπx ´ ³ nπy ´
φ+ = φz si n si n (5.6)
a b
φ− = 0
avec m = n = 1 et φz = 1.
115
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
Une étude paramétrique sur le coefficient β est menée, pour les deux configurations et pour
deux types de plaques : fine h = 0.1m ou très fine h = 0.01m. Le coefficient β régit la loi de distribu-
tion graduelle (β = 0 correspond à un PZT4 homogène). Les résultats sont donnés en x = y = 0.25
pour :
• les inconnues du problème : les déplacements u 1 et u 3 et le potentiel électrique φ,
• les valeur post-traitées suivantes : la composante en z du déplacement électrique D3 et les
contraintes σ11 , σ12 et σ33 .
Les Tables 5.2, 5.3 et 5.4, 5.5 présentent les résultats pour la configuration capteur et action-
neur respectivement, obtenus par le modèle élément fini 3D et le modèle élément finis de plaque
utilisant différentes cinématiques raffinées ((u α(1) , w (0) ), (u α(1) , w (1) ), (u α(2) , w (2) ), (u α(4) , w (4) )).
Ces résultats sont comparés à ceux obtenus par L U et collab. [2006] et B RISCHETTO et C ARRERA
[2009], donnant respectivement une solution 3D exacte et une solution approximée par la mé-
thode des éléments finis avec la CUF (Carrera Unified Formulation). B RISCHETTO et C ARRERA
[2009] utilisent un élément de plaque, où chaque inconnue (déplacements et potentiel) est ap-
proximée par une série de Taylor d’ordre 4.
Pour le modèle 3D : la plaque est maillée avec (15 × 15 × 8) éléments tétraédriques. Le modèle
3D donne d’excellents résultats et ce même pour les plaques très fines. Seul le déplacement élec-
trique D3 dans la configuration capteur n’est pas bien reconstruit.
Ces résultats permettent par la suite de prendre cet élément 3D comme référence pour le FGPM
PZT4/Al/PZT4.
Pour le modèle de plaque : la plaque est discrétisée avec un maillage non-structuré de 724
éléments triangulaires ayant chacun six couches numériques pour le potentiel électrique. Les mo-
dèles (u α(2) , w (2) ) et (u α(4) , w (4) ) donnent tous les deux de très bons résultats et ce, pour les deux
épaisseurs de la plaque. On peut noter que dans le cas actionneur, la contrainte plane σ11 et la
contrainte transverse σ33 nécessitent l’utilisation du modèle d’ordre 4.
La condition de nullité de la contrainte transverse σ33 en z = ± h2 dans le cas actionneur et en
z = − h2 dans le cas capteur est difficile à reconstruire dans le cas de la plaque très mince. Une
solution possible est d’utiliser par exemple, un élément mixte considérant les contraintes de ci-
saillements σ12 et transverses σ33 comme des variables indépendantes.
Le fait que les bords de la plaque soient mis à la terre électriquement entraîne un effet de pince-
ment de la plaque dans l’épaisseur. Le modèle de Reissner-Mindlin est incapable de reproduire un
tel effet et donne donc de larges erreurs. B RISCHETTO et C ARRERA [2009] donnent également les
résultats pour un modèle de Reissner-Mindlin, ceux-ci ne sont pas reportés ici par soucis de lisi-
bilité. Notre modèle, comparé au leur, donne des résultats similaires. Enfin, le modèle (u α(1) , w (1) )
n’apporte aucune amélioration au modèle de Reissner-Mindlin.
En vue du contrôle actif des vibrations, un test de validations en fréquence à été mené. Z HONG
et Y U [2006] présentent la première fréquence propre de la plaque mono-morphe FGPM simple-
ment appuyée et non mis à la terre r électriquement. La comparaison de la première fréquence
ω 1 h ρ
propre adimensionnée f¯1 = , où ω est la pulsation propre, est donnée dans la Table 5.6.
2π C11
Le modèle de Reissner-Mindlin donne des résultats satisfaisants, à moins de 4% d’erreur avec
ceux de Z HONG et Y U [2006].
116
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
h=0.1
β 3D Lu Plate Brisc. 3D FEniCS (u α(1) , w (0) ) (u α(1) , w (1) ) (u α(2) , w (2) ) (u α(4) , w (4) )
u 1 10−9 (z = 0)
-1 0.650 0.647 0.663 0.474 0.452 0.677 0.673
-0.5 0.247 0.243 0.242 0.186 0.159 0.248 0.246
0 -0.031 -0.029 -0.028 0.000 -0.028 -0.029 -0.029
0.5 -0.197 -0.192 -0.192 -0.113 -0.140 -0.195 -0.194
1 -0.275 -0.273 -0.274 -0.174 -0.198 -0.285 -0.284
u 3 10−9 (z = 0)
-1 -0.251 -0.248 -0.251 -0.196 -0.196 -0.251 -0.253
-0.5 -0.196 -0.194 -0.193 -0.152 -0.152 -0.193 -0.195
0 -0.151 -0.151 -0.150 -0.180 -0.118 -0.150 -0.151
0.5 -0.119 -0.118 -0.118 -0.0921 -0.0921 -0.118 -0.119
1 -0.094 -0.092 -0.093 -0.072 -0.072 -0.094 -0.094
φ10−2 (z = 0)
-1 0.596 0.591 0.599 0.220 0.224 0.601 0.601
-0.5 0.492 0.493 0.493 0.181 0.183 0.494 0.495
0 0.393 0.393 0.391 0.143 0.143 0.392 0.393
0.5 0.299 0.299 0.299 0.109 0.107 0.300 0.300
1 0.220 0.217 0.220 0.0801 0.756 0.221 0.221
D3 10−9 (z = 0)
-1 0.312 0.316 0.341 0.275 0.007 0.333 0.332
-0.5 0.144 0.142 0.156 0.143 0.009 0.144 0.144
0 -0.061 -0.059 -0.045 0.00 -0.059 -0.059 -0.059
0.5 -0.267 -0.259 -0.247 -0.140 -0.123 -0.263 -0.263
1 -0.445 -0.432 -0.434 -0.275 -0.176 -0.451 -0.451
σ11 (z = − h2 )
-1 15.23 15.21 15.23 10.27 16.51 15.39 15.37
-0.5 13.05 12.97 12.96 8.695 14.00 12.95 12.99
0 10.92 10.96 11.03 7.328 11.86 10.86 10.95
0.5 9.138 9.156 9.323 6.143 10.01 9.062 9.176
1 7.529 7.504 7.811 5.114 8.418 7.512 7.628
σ12 (z = h2 )
-1 3.041 3.039 3.159 2.341 2.325 3.070 3.099
-0.5 3.616 3.612 3.671 2.775 2.743 3.595 3.627
0 4.247 4.241 4.257 3.277 3.220 4.207 4.241
0.5 4.959 4.952 4.943 3.861 3.777 4.931 4.967
1 5.830 5.773 5.756 4.543 4.426 5.804 5.841
σ33 (z = − h2 )
-1 -0.500 -0.511 -0.503 -5.190 -5.248 -0.384 -0.513
-0.5 -0.500 -0.507 -0.503 -6.068 -6.200 -0.429 -0.508
0 -0.500 -0.500 -0.504 -7.090 -7.330 -0.504 -0.500
0.5 -0.500 -0.596 -0.504 -8.295 -8.720 -0.585 -0.489
1 -0.500 -0.481 -0.501 -9.721 -10.38 -0.635 -0.477
Table 5.2 – Configuration capteur valeurs prises à x = y = 0.25m : déplacements plan u 1 , déplacement trans-
verse u 3 , potentiel électrique φ, déplacement électrique D3 , contraintes planes σ11 et σ12 et contrainte
transverse normale σ33
117
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
h=0.01
β 3D Lu Plate Brisc. 3D FEniCS (u α(1) , w (0) ) (u α(1) , w (1) ) (u α(2) , w (2) ) (u α(4) , w (4) )
u 1 10−9 (z = 0)
-1 - 0.695 0.693 0.473 0.497 0.723 0.723
-0.5 - 0.280 0.272 0.186 0.195 0.283 0.283
0 - 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000
0.5 - -0.170 -0.165 -0.113 -0.119 -0.172 -0.172
1 - -0.260 -0.170 -0.174 -0.183 -0.266 -0.266
u 3 10−6 (z = 0)
-1 - -0.237 -0.236 -0.181 -0.181 -0.241 -0.241
-0.5 - -0.184 -0.181 -0.140 -0.140 -0.185 -0.185
0 - -0.143 -0.140 -0.101 -0.109 -0.143 -0.143
0.5 - -0.112 -0.110 -0.085 -0.085 -0.112 -0.112
1 - -0.087 -0.087 -0.067 -0.067 -0.087 -0.087
φ10−1 (z = 0)
-1 - -0.588 -0.590 -0.186 -0.181 -0.598 -0.598
-0.5 - -0.490 -0.487 -0.153 -0.152 -0.493 -0.493
0 - -0.390 -0.386 -0.122 -0.122 -0.391 -0.391
0.5 - -0.297 -0.296 -0.093 -0.093 -0.299 -0.299
1 - -0.216 -0.218 -0.068 -0.066 -0.220 -0.212
D3 10−7 (z = 0)
-1 - 0.379 0.405 0.265 0.118 0.394 0.395
-0.5 - 0.202 0.220 0.135 0.063 0.205 0.205
0 - -0.001 0.019 0.000 -0.000 -0.001 -0.001
0.5 - -0.203 -0.182 -0.135 -0.064 -0.206 -0.206
1 - -0.380 -0.368 -0.265 -0.120 -0.395 -0.396
σ11 103 (z = − h2 )
-1 - 1.509 1.503 1.003 1.648 1.503 1.501
-0.5 - 1.286 1.258 0.8488 1.397 1.273 1.270
0 - 1.088 1.091 0.7151 1.182 1.074 1.071
0.5 - 0.909 0.923 0.5992 0.9972 0.9022 0.8990
1 - 0.745 0.775 0.4988 0.8380 0.7529 0.7483
σ12 103 (z = h2 )
-1 - 0.312 0.319 0.235 0.237 0.318 0.319
-0.5 - 0.370 0.369 0.279 0.280 0.371 0.372
0 - 0.432 0.426 0.239 0.329 0.431 0.433
0.5 - 0.502 0.492 0.389 0.386 0.503 0.505
1 - 0.582 0.569 0.457 0.452 0.589 0.590
σ33 (z = − h2 )
-1 -0.500 -0.511 -0.406 -527.9 -521.9 -0.801 4.008
-0.5 -0.500 -0.507 -0.381 -618.0 -613.2 2.945 4.976
0 -0.500 -0.500 -0.351 -722.8 -723.1 4.492 6.252
0.5 -0.500 -0.490 -0.170 -845.7 -855.8 6.518 7.924
1 -0.500 -0.480 -0.275 -990.6 -1015 13.01 10.11
Table 5.3 – Configuration capteur valeurs prises à x = y = 0.25m : déplacements plan u 1 , déplacement trans-
verse u 3 , potentiel électrique φ, déplacement électrique D3 , contraintes planes σ11 et σ12 et contrainte
transverse normale σ33
118
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
h=0.1
β 3D Lu Plate Brisc. 3D FEniCS (u α(1) , w (0) ) (u α(1) , w (1) ) (u α(2) , w (2) ) (u α(4) , w (4) )
u 1 10−9 (z = 0)
-1 -0.129 -0.125 -0.129 -0.0296 -0.119 -0.129 -0.129
-0.5 -0.129 -0.128 -0.129 -0.0297 -0.128 -0.129 -0.129
0 -0.129 -0.128 -0.129 -0.0297 -0.131 -0.129 -0.129
0.5 -0.129 -0.128 -0.129 -0.0297 -0.129 -0.129 -0.129
1 -0.129 -0.125 -0.129 -0.0296 -0.122 -0.129 -0.129
u 3 10−9 (z = 0)
-1 0.327 0.325 0.335 0.0184 -0.444 0.336 0.338
-0.5 0.140 0.139 0.139 -0.0411 -0.0264 0.140 0.141
0 -0.074 -0.072 -0.072 -0.105 -0.105 -0.072 -0.072
0.5 -0.280 -0.283 -0.280 -0.170 -0.185 -0.285 -0.285
1 -0.480 -0.466 -0.480 -0.231 -0.257 -0.484 -0.485
φ10−2 (z = 0)
-1 0.180 0.183 0.183 0.181 0.162 0.182 0.182
-0.5 0.210 0.212 0.212 0.209 0.199 0.211 0.212
0 0.242 0.243 0.242 0.239 0.239 0.242 0.242
0.5 0.272 0.273 0.273 0.269 0.280 0.272 0.272
1 0.300 0.303 0.302 0.298 0.317 0.302 0.301
D3 10−9 (z = 0)
-1 -0.457 -0.455 -0.457 -0.401 -0.443 -0.455 -0.455
-0.5 -0.609 -0.606 -0.606 -0.533 -0.600 -0.604 -0.604
0 -0.787 -0.788 -0.788 -0.693 -0.789 -0.786 -0.760
0.5 -1.009 -1.004 -1.006 -0.884 -0.999 -1.001 -1.000
1 -1.257 -1.249 -1.257 -1.106 -1.220 -1.249 -1.250
σ11 (z = − h2 )
-1 -18.06 -18.04 -18.21 -35.46 -21.60 -13.00 -17.59
-0.5 -19.71 -19.71 -20.02 -46.17 -23.44 -16.84 -19.49
0 -23.79 -23.68 -23.93 -59.53 -25.28 -21.90 -23.69
0.5 -31.75 -31.75 -31.10 -75.82 -27.56 -28.40 -31.31
1 -44.27 -45.61 -42.64 -95.19 -55.34 -36.51 -43.37
σ12 (z = h2 )
-1 -14.22 -13.80 -14.57 -3.198 -9.850 -14.18 -14.22
-0.5 -20.31 -19.99 -20.43 -4.530 -16.23 -20.07 -20.08
0 -27.19 -27.16 -27.36 -6.142 -25.58 -27.09 -27.07
0.5 -34.84 -34.56 -34.77 -7.910 -38.50 -34.67 -34.61
1 -41.72 -41.00 -41.56 -9.600 -55.34 -41.65 -41.56
σ33 (z = − h2 )
-1 0.000 0.002 0.001 54.24 31.06 6.223 0.006
-0.5 0.000 0.003 0.002 73.67 26.41 4.516 0.033
0 0.000 0.005 0.004 98.11 8.971 3.962 0.792
0.5 0.000 0.008 0.004 128.1 -27.89 7.812 0.107
1 0.000 0.001 0.003 164.2 -90.56 21.80 0.176
Table 5.4 – Configuration actionneur valeurs prises à x = y = 0.25m : déplacements plan u 1 , déplacement
transverse u 3 , potentiel électrique φ, déplacement électrique D3 , contraintes planes σ11 et σ12 et contrainte
transverse normale σ33
119
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
h=0.01
β 3D Lu Plate Brisc. 3D FEniCS (u α(1) , w (0) ) (u α(1) , w (1) ) (u α(2) , w (2) ) (u α(4) , w (4) )
u 1 10−8 (z = 0)
-1 - -0.126 -0.130 -0.030 -0.120 -0.130 -0.130
-0.5 - -0.129 -0.131 -0.030 -0.128 -0.130 -0.130
0 - -0.130 -0.131 -0.030 -0.130 -0.130 -0.130
0.5 - -0.129 -0.130 -0.030 -0.128 -0.130 -0.130
1 - -0.126 -0.130 -0.030 -0.120 -0.130 -0.130
u 3 10−7 (z = 0)
-1 - 0.379 0.386 0.089 -0.012 0.394 0.394
-0.5 - 0.202 0.200 0.046 0.062 0.204 0.204
0 - -0.001 -0.001 0.000 0.000 -0.001 -0.001
0.5 - -0.204 -0.201 -0.048 -0.064 -0.205 -0.206
1 - -0.380 -0.387 -0.091 -0.120 -0.395 -0.395
φ(z = 0)
-1 - 0.188 0.188 0.188 0.168 0.187 0.188
-0.5 - 0.219 0.219 0.218 0.207 0.218 0.218
0 - 0.250 0.250 0.249 0.249 0.249 0.249
0.5 - 0.281 0.281 0.280 0.291 0.280 0.280
1 - 0.311 0.311 0.310 0.330 0.311 0.310
D3 106 (z = 0)
-1 - -0.461 -0.463 -0.407 -0.449 -0.462 -0.462
-0.5 - -0.613 -0.614 -0.540 -0.608 -0.612 -0.612
0 - -0.796 -0.797 -0.700 -0.795 -0.795 -0.795
0.5 - -1.011 -1.014 -0.890 -1.002 -1.010 -1.010
1 - -1.253 -1.264 -1.108 -1.221 -1.256 -1.256
σ11 (z = − h2 )
-1 - -187.3 -187.6 -374.3 -123.8 -152.0 -182.6
-0.5 - -206.3 -208.8 -489.1 -232.0 -193.1 -204.4
0 - -250.2 -252.8 -632.3 -250.3 -250.5 -250.5
0.5 - -337.7 -332.6 -806.5 -273.2 -322.5 -335.8
1 - -486.5 -456.6 -1012.8 -304.0 -410.4 -467.8
σ12 (z = h2 )
-1 - -131.5 -137.8 -30.93 -97.80 -135.6 -135.9
-0.5 - -188.0 -191.4 -43.12 -160.1 -189.3 -189.5
0 - -250.6 -252.3 -57.00 -250.3 -250.5 -250.5
0.5 - -309.2 -313.0 -70.77 -372.5 -311.0 -310.8
1 - -348.8 -359.7 -81.02 -527.4 -356.0 -355.3
σ33 (z = − h2 )
-1 0.000 0.000 0.013 513.3 280.1 40.17 -1.195
-0.5 0.000 0.000 0.008 685.3 210.8 14.70 -0.922
0 0.000 0.000 0.010 892.2 1.114 0.322 -0.148
0.5 0.000 0.000 0.125 1130 -418.2 -31.61 1.066
1 0.000 -0.002 0.125 1391 -1112 169.2 3.911
Table 5.5 – Configuration actionneur valeurs prises à x = y = 0.25m : déplacements plan u 1 , déplacement
transverse u 3 , potentiel électrique φ, déplacement électrique D3 , contraintes planes σ11 et σ12 et contrainte
transverse normale σ33
120
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
k 0 0.1 1 2 5
f¯1 .10 −3
(Zhong) 8.14 8.14 7.85 7.14 4.87
f¯1 .10−3 (u α(1) , w (0) ) 8.32 8.32 7.97 7.30 4.92
u 2 = u 3 = 0 pour x = 0, a (5.7)
u 1 = u 3 = 0 pour y = 0, b
hT
φ = 0 pour z = ±
2
u 1 = u 2 = u 3 = 0 pour x = 0 (5.8)
hT
φ = 0 pour z = ±
2
121
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
Trois études sont menées dont deux en statique (configurations actionneur et capteur) et une
en vibration libres. Pour chaque cas, les simulations sont menées avec le modèle plaque en consi-
dérant des cinématiques plus ou moins riches, et le modèle 3D. Dans ces études, les valeurs notées
entre parenthèses sont les erreurs relatives par rapport à la référence et l’analyse des résultats est
donnée au paragraphe 5.1.2.d.
Dans la configuration actionneur, les surfaces z = ±h/2 sont soumises à un potentiel élec-
trique uniforme
³ ´ V0 = 250V. On relève la déflexion maximale w³max engendrée,
´ pour trois valeurs
b L b
de k, en L, 2 , 0 pour la plaque encastrée-libre (Table 5.8) et en 2 , 2 , 0 pour la plaque simplement
appuyée (Table 5.9) .
Table 5.9 – Plaque FGPM simplement appuyée (VT = 0.3), configuration actionneur
Dans la configuration capteur, la structure est soumise à une pression uniforme de 10kPa. On
relève, pour trois valeurs de k, les valeurs suivantes :
³ ´ ³ ´
• le déplacement maximal w max : en L2 , b2 , 0 pour la plaque simplement appuyée et en L, b2 , 0
pour la plaque encastrée-libre,
• le potentiel moyen φmoy , capté sur toute la surface supérieure de la plaque (z = h/2).
Les résultats sont donnés dans les Tables (5.10,5.11) et (5.12,5.13) pour la plaque encastrée-libre
et la plaque simplement appuyée respectivement.
Table 5.10 – Plaque FGPM encastrée-libre (VT = 0.3), configuration capteur : flèche maximale (µm)
On étudie également les fréquences propres de la plaque FGPM. Les Tables 5.14 et 5.15 pré-
sentent les six premières fréquences propres des plaques encastrée-libre et simplement appuyée.
122
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
Table 5.11 – Plaque FGPM encastrée-libre (VT = 0.3), configuration capteur : potentiel moyen (V))
Table 5.12 – Plaque FGPM simplement appuyée (VT = 0.3), configuration capteur : flèche maximale (µm)
Table 5.13 – Plaque FGPM simplement appuyée (VT = 0.3), configuration capteur : potentiel moyen (V))
Fréquences (Hz) f1 f2 f3 f4 f5 f6
3D 6.56 18.79 65.91 73.90 115.97 130.90
(u α(1) , w (0) ) 6.42 (2.1%) 18.55 (1.3%) 64.61 (2.0%) 72.62(1.7%) 112.83 (2.7%) 127.68(2.5%)
Fréquences (Hz) f1 f2 f3 f4 f5 f6
3D 48.10 104.95 195.14 286.06 293.52 348.10
(u α(1) , w (0) ) 47.06 (2.2%) 102.21 (2.6%) 189.31(3.0%) 278.61(2.6%) 282.13(3.9%) 335.63(3.6%)
Les modèles d’ordre supérieur (u α(2) , w (2) ) et (u α(4) , w (4) ) donnent d’excellent résultats en sta-
tique, en configurations actionneur et capteur.
Par ailleurs, avec des sollicitations simples de flexion le modèle de Reissner-Mindlin est également
très satisfaisant, avec au maximum 5% d’erreur. Ce modèle donne également des résultats très cor-
rects en ce qui concerne l’évaluation de la base modale (fréquences propres et modes propres). Au
vue de ces résultats, on choisit donc d’utiliser dans la suite de ces travaux le modèle de Reissner-
Mindlin pour créer la représentation d’état du système. L’intérêt est notamment de limiter la taille
du système à résoudre, permettant de réduire le temps de calcul des simulations de contrôle actif.
Par ailleurs, en effectuant des tests statiques sur la plaque FGPM, on observe le même com-
portement que pour la poutre FGPM (voir section 4.2) : l’actionneur est optimal pour un k faible
compris dans la plage [0.4, 0.7] et pour des seuils de percolation faible. Au contraire, le capteur est
plus performant quand k est grand et dépend peu du seuil de percolation.
123
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
5.2 Contrôle Actif d’une plaque FGPM avec contrôleur flou décentralisé
Dans ce paragraphe, on souhaite mettre en œuvre le contrôle actif d’une plaque FGPM à l’aide
du régulateur flou décentralisé (Section 3.5). On considère une plaque FGPM (PZT4/Alu/PZT4)
rectangulaire, équipée de 16 électrodes de 0.1m × 0.06m. Les électrodes sont déposées sur les
surfaces externes (supérieures et inférieures) symétriquement par rapport au plan moyen. L’en-
semble de deux électrodes, une sur sur chaque face, sert pour un capteur ou pour un actionneur.
Cette configuration augmente les capacités d’actionnement et de mesure. Il y a donc 16 positions
possibles pour les actionneurs et les capteurs (Figure 5.2). Selon la configuration de la structure
(conditions aux limites), le choix des électrodes servant pour les capteurs ou les actionneurs sera
différent.
124
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
L’emplacement des électrodes étant fixé, les valeurs de (λ̃a )i i et (λ̃c )i i dépendent uniquement
des conditions aux limites de la plaque. On considère deux configurations : encastrée-libre et sim-
plement appuyée sur son pourtour, dont les 6 premiers modes de flexion sont présentés dans la
Figure 5.3.
0.125 0.10
0.10 0.100 0.08 0.2 0.2 0.2
0.05 0.075 0.06 0.1 0.1 0.1
0.050 0.04
0.00 0.025 0.02 0.0 0.0 0.0
0.000 0.00 −0.1 −0.1
−0.05 −0.025 −0.02 −0.1
−0.10 −0.050 −0.04 −0.2 −0.2 −0.2
−0.075 −0.06
0.8 0.8 0.8 0.8 0.8 0.8
0.60.7 0.60.7 0.60.7 0.60.7 0.60.7 0.60.7
0.0 0.2 0.40.5 0.0 0.2 0.40.5 0.0 0.2 0.40.5 0.0 0.2 0.40.5 0.0 0.2 0.40.5 0.0 0.2 0.40.5
0.4 0.6 0.20.3 y 0.4 0.6 0.20.3 y 0.4 0.6 0.3
0.2 y 0.4 0.6 0.20.3 y 0.4 0.6 0.20.3 y 0.4 0.6 0.20.3 y
x 0.8 1.0 0.00.1 x 0.8 1.0 0.00.1 x 0.8 1.0 0.00.1 x 0.8 1.0 0.00.1 x 0.8 1.0 0.00.1 x 0.8 1.0 0.00.1
(a) Modes propres de la plaque encastrée libre (b) Modes propres de la plaque simplement appuyée
Plaque encastrée-libre : les performances des actionneurs et des capteurs (Figure 5.4) sont maxi-
males quand les déformations modales sont maximales : proche de l’encastrement pour les deux
premiers modes, au centre vers les bords (y = 0, b) pour le troisième mode et au centre vers le bout
de la plaque (x = L) pour le quatrième mode.
125
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
Plaque simplement appuyée : les performances des actionneurs et des capteurs (Figure 5.5)
sont maximales quand leur emplacement est proche du ventre de vibration du mode i , correspon-
dant dans cette configuration aux emplacements où les déformations modales sont maximales, et
sont minimales aux nœuds de vibrations du mode i : soit pour le mode 1 : proche du centre, pour
le mode 2 : la position 5,8,9 ou 12, pour le mode 3 : près des coins et pour le mode 4 : les positions
2,3,14 ou 15.
Le spillover est l’activation des modes non contrôlés par la régulation des autres modes. On
cherche à montrer que l’effet de spillover, engendré par le régulateur flou décentralisé, n’est pas
prépondérant devant les sollicitations des modes contrôlés et qu’on peut le réduire en considérant
un couple d’actionneurs par mode pour le régulateur flou, au lieu d’un seul actionneur par mode.
Le potentiel électrique envoyé par la commande pour le mode i , sera alors divisé de façon égale
entre les deux actionneurs.
Ainsi, on considère deux régulateurs flous différents ayant chacun la distribution adaptative :
126
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
• Le DA double : chaque mode est contrôlé par deux actionneurs dédiés. Dans ce cas la com-
mande φi est divisée entre les deux actionneurs.
On considère une plaque, en appui simple sur son pourtour, soumise à :
• Une condition initiale : x i (t = 0) = 1 pour i ∈ [1, 4].
• Une pression uniforme : P0 = 2kPa sur toute la surface de la plaque pour t ∈ [1.0, 1.11].
À partir des résultats de la Figure 5.5, le choix des actionneurs et capteurs pour les deux régu-
lateurs sont :
Mode 1 2 3 4
Actionneurs DA double 6/11 5/12 1/16 2/15
Actionneurs DA simple 6 5 1 2
Capteurs 7 8 4 3
Table 5.16 – Étude du spillover plaque simplement appuyée : choix des actionneurs et capteurs
Dans le suite de ces travaux pour des soucis de lisibilité, seule l’enveloppe des courbes des
déplacements modaux, des potentiels capteurs et de la flèche, est tracée.
La Figure 5.6 présente les déplacements modaux des six premiers modes de la structure. On re-
marque que les deux régulateurs donnent des résultats quasi similaires pour le contrôle des quatre
premiers modes, avec toutefois un contrôle avec moins d’oscillations et légèrement meilleur pour
le régulateur avec deux actionneurs par mode (DA double). Les déplacements modaux des modes
non contrôlés montrent bien l’effet de spillover. Alors qu’en boucle ouverte (sans contrôle) ces
deux modes ne sont jamais sollicités, en présence d’un régulateur ceux-ci sont activés par le contrôle
des autres modes. On remarque que cet effet est réduit dans le cas du régulateur DA double. L’uti-
lisation de deux actionneurs permet en effet de solliciter ces modes non contrôlés en opposition
et ainsi réduire en partie leur sollicitation.
La flèche relevée au milieu de la plaque est présentée dans la Figure 5.8. Les deux régulateurs
assurent le contrôle de la plaque avec des performances quasi égales, le régulateur DA double
donne une flèche légèrement inférieure. En effet, même avec un effet de spillover plus important
pour le régulateur DA simple, les déplacements modaux des modes non contrôlés sont de deux
ordres de grandeurs inférieurs aux déplacements modaux des quatre premiers modes. On a donc
également des résultats similaires pour le potentiel envoyé à chaque instant t aux actionneurs et
le potentiel capté (Figures 5.7a et 5.7b).
Les mêmes conclusions peuvent être déduites du cas encastrée-libre, le dédoublement des
actionneurs par mode permet de réduire l’effet de spillover et d’avoir un contrôle plus régulier et
un peu plus performant. Ces simulations nous conduisent donc, dans toute la suite de ce travail
de considérer le régulateur flou construit avec deux actionneurs par mode.
Les Tables 5.17 et 5.18 résument le choix des actionneurs pour le contrôle et le choix des capteurs
pour l’observation des quatre premiers modes, pour la plaque simplement-appuyée et la plaque
encastrée-libre, respectivement.
Mode 1 2 3 4
Actionneurs 6/11 5/12 1/16 2/15
Capteurs 7 8 4 3
Table 5.17 – Choix des actionneurs et capteurs pour la plaque simplement appuyée
127
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−2 1e−3
0.75
Boucle ouverte Boucle ouverte
0.50 DA simple 1 DA simple
DA double DA double
0.25 0
α1
α2
0.00
−1
−0.25
−0.50 −2
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
1e−3 1e−3
−0.5 α4 −0.25
−0.50
−1.0
−0.75
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Temps (s) Temps (s)
1e−5
Boucle ouverte
2 DA simple
DA double
0
α5
−2
0 1 2 3 4 5
1e−5
Boucle ouverte
1 DA simple
DA double
0
α6
−1
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
Mode 1 2 3 4
Actionneurs 5/9 1/13 2/14 7/11
Capteurs 6 4 3 12
Table 5.18 – Choix des actionneurs et capteurs pour la plaque encastrée libre
128
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
ϕMode1
DAsimple : ϕact
200 ϕMode2
ϕMode3
ϕMode4
0
−200
0 1 2 3 4 5
ϕMode1
DAdouble : ϕact
100 ϕMode2
ϕMode3
ϕMode4
0
−100
0 1 2 3 4 5
ϕcap
3
DAsimple : ϕcap
ϕcap
6
20
ϕcap
7
ϕcap
2
0
−20
0 1 2 3 4 5
30 ϕcap
3
DAdouble : ϕcap
20 ϕcap
6
ϕcap
7
10
ϕcap
2
0
−10
−20
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
F IGURE 5.7 – Étude du spillover plaque simplement appuyée : Potentiel actionneur et capteur
129
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3
Boucle ouverte
2.0 DA simple
DA double
1.5
Flèche (m) en (0.5m,0.4m)
1.0
0.5
0.0
−0.5
−1.0
−1.5
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
130
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
131
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−2 1e−3
0.75
Boucle ouverte
0.50 DE 1
DM
0.25 DA
0
α1
α2
0.00
Boucle ouverte
−1
−0.25 DE
DM
−0.50 −2 DA
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
1e−3 1e−3
α4
−0.5 −0.25
−0.50
−1.0
−0.75
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Temps (s) Temps (s)
1e−5
Boucle ouverte
2 DE
DM
1 DA
0
α5
−1
−2
0 1 2 3 4 5
1e−5
1.5 Boucle ouverte
1.0 DE
DM
0.5 DA
α6
0.0
−0.5
−1.0
−1.5
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
F IGURE 5.9 – Comparaison des distributions plaque simplement appuyée : Déplacements modaux αi
Les Figures 5.12, 5.13 et 5.14 présentent respectivement les déplacements modaux, les potentiels
actionneur et capteur et la flèche en (L, b2 , 0). Les conclusions déduites du cas simplement appuyée
sont mises en exergue dans le cas de la plaque encastrée libre :
• La distribution équitable est la moins performante. La réduction du déplacement lors du
lâcher n’est pas significative et elle met plus de 4s pour réduire les vibrations après l’impact,
• Les distributions DM et DA réduisent d’environ 35% les vibrations dues au lâcher en 1s et
annulent les vibrations en 2.5s après l’impact,
• La distribution maximale est plus performante que la distribution adaptative mais de façon
beaucoup moins régulière. La DM engendre le plus d’effet de spillover et beaucoup d’oscil-
132
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
50 ϕDE
1
DE : ϕa ϕDE
2
0 ϕDE
3
ϕDE
4
−50
0 1 2 3 4 5
200 ϕDM
1
ϕDM
2
DM : ϕa
0 ϕDM
3
ϕDM
4
−200
0 1 2 3 4 5
200 ϕDA
1
ϕDA
2
DA : ϕa
0 ϕDA
3
ϕDA
4
−200
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
ϕDA
3
20
DE : ϕcap
ϕDA
6
0 ϕDA
7
ϕDA
2
−20
0 1 2 3 4 5
ϕDA
3
20
DM : ϕcap
ϕDA
6
ϕDA
7
0
ϕDA
2
−20
0 1 2 3 4 5
ϕDA
3
20
DA : ϕcap
ϕDA
6
ϕDA
7
0
ϕDA
2
−20
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
F IGURE 5.10 – Comparaison des distributions plaque simplement appuyée : Potentiel actionneur et capteur
133
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3
Boucle ouverte
2.0 DE
DM
DA
1.5
Flèche (m) en (0.5m,0.4m)
1.0
0.5
0.0
−0.5
−1.0
−1.5
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
134
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−2 1e−3
0.5
1
0.0
0
α1
α2
−0.5 Boucle ouverte −1 Boucle ouverte
DE DE
DM DM
−2
−1.0 DA DA
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
1e−4 1e−4
4 4 Boucle ouverte
DE
2 2 DM
DA
0 0
α3
α4
−2 −2
Boucle ouverte
−4 DE
DM −4
−6 DA
−6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Temps (s) Temps (s)
1e−5
Boucle ouverte
1.5 Boucle ouverte
DE
1.0 DM
0.5 DA
α5
0.0
−0.5
−1.0
0 1 2 3 4 5
1e−5
2
0
α6
Boucle ouverte
Boucle ouverte
−1 DE
DM
DA
−2
0 1 2 3 4 5
135
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
50 ϕDE
1
ϕDE
2
DE : ϕa
0 ϕDE
3
ϕDE
4
−50
0 1 2 3 4 5
200 ϕDM
1
ϕDM
2
DM : ϕa
0 ϕDM
3
ϕDM
4
−200
0 1 2 3 4 5
200 ϕDA
1
ϕDA
2
DA : ϕa
0 ϕDA
3
ϕDA
4
−200
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
2 ϕDA
5
DE : ϕcap
ϕDA
3
0 ϕDA
2
ϕDA
11
−2
0 1 2 3 4 5
2 ϕDA
5
DM : ϕcap
ϕDA
3
0 ϕDA
2
ϕDA
11
−2
0 1 2 3 4 5
2 ϕDA
5
DA : ϕcap
ϕDA
3
0 ϕDA
2
ϕDA
11
−2
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
F IGURE 5.13 – Comparaison des distributions plaque encastrée-libre : Potentiel actionneur et capteur
136
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3
Boucle ouverte
DE
3 DM
DA
Flèche (m) en (1.0m,0.4m)
−1
−2
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
137
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
138
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3 1e−3
6 Boucle ouverte
4 1 LQR
DA
2
0
0
α1
α2
−2 −1
Boucle ouverte
−4 LQR
DA −2
−6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
1e−3 1e−3
α4
−0.5 −0.25
−0.50
−1.0
−0.75
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Temps (s) Temps (s)
1e−6
6 Boucle ouverte
4 LQR
DA
2
0
α5
−2
−4
−6
0 1 2 3 4 5
1e−6
4 Boucle ouverte
LQR
2 DA
0
α6
−2
−4
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
À nouveau, le régulateur LQR a été réglé pour le test de lâcher : il est donc optimal pour ce
test mais est donc moins efficace sur d’autres sollicitations. À l’opposé, une fois le choix des ac-
tionneurs effectué, le régulateur flou ne nécessite aucun autre réglage et peut s’adapter à toutes
sollicitations grâce à la mesure de l’énergie modale.
139
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
ϕDA
1
200 ϕDA
2
ϕDA
3
DA : ϕa
0 ϕDA
4
−200
−400
0 1 2 3 4 5
ϕLQR
5
ϕLQR
10
100
LQR : ϕa
−100
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
30 ϕLQR
3
20 ϕLQR
6
ϕLQR
LQR : ϕcap
7
10
ϕLQR
2
0
−10
−20
0 1 2 3 4 5
30 ϕDA
3
20 ϕDA
6
ϕDA
7
DA : ϕcap
10 ϕDA
2
0
−10
−20
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
F IGURE 5.16 – Comparaison LQR plaque simplement appuyée : Potentiel actionneur et capteur
140
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3
2.0 Boucle ouverte
LQR
DA
1.5
Flèche (m) en (0.5m,0.4m)
1.0
0.5
0.0
−0.5
−1.0
−1.5
−2.0
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
141
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−2 1e−3
0.75
0.50 1
0.25
0
α1
α2
0.00
−0.25 −1
Boucle ouverte Boucle ouverte
−0.50 LQR LQR
DA −2 DA
−0.75
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
1e−4 1e−4
α4
−2 −2
−4
−4
−6
−6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 4 5
Temps (s) Temps (s)
1e−5
3
Boucle ouverte
2 LQR
DA
1
0
α5
−1
−2
−3
0 1 2 3 4 5
1e−5
0
α6
−1 Boucle ouverte
LQR
DA
0 1 2 3 4 5
142
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
200 ϕDA
Mode1
ϕDA
Mode2
100 ϕDA
Mode3
DA : ϕa
ϕDA
Mode4
0
−100
−200
0 1 2 3 4 5
100 ϕLQR
4
ϕLQR
8
50
LQR : ϕa
0
−50
−100
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
2 ϕLQR
5
ϕLQR
3
1 ϕLQR
LQR : ϕcap
0 ϕLQR
11
−1
−2
−3
0 1 2 3 4 5
2 ϕDA
5
ϕDA
3
1
ϕDA
2
DA : ϕcap
0 ϕDA
11
−1
−2
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
143
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
1e−3
2
Flèche (m) en (1.0m,0.4m)
−1
−2 Boucle ouverte
LQR
DA
0 1 2 3 4 5
Temps (s)
144
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
5.5 Conclusion
Ce chapitre porte sur les simulations de contrôle actif d’une plaque FGPM. Celle-ci est modé-
lisée grâce à la méthode des éléments finis. L’élément de plaque d’ordre supérieur développé sous
FEniCS à été validé. L’élément ayant la cinématique de Reissner-Mindlin est utilisé pour construire
la représentation d’état du système.
La plaque FGPM considérée pour le contrôle actif est équipée de 16 électrodes pouvant servir
comme capteurs ou actionneurs. Des critères d’optimisation de positionnement des actionneurs
et des capteurs sont utilisés pour discriminer les électrodes en fonction de leur emplacement et
du mode considéré.
Le système plaque commandé-observé est constitué d’un régulateur flou contrôlant les quatre
premiers modes de la plaque et d’un observateur de Luenberger utilisant quatre capteurs.
Les différents simulations de contrôle ont montré que :
• Le contrôle de chaque mode à l’aide de deux actionneurs au lieu d’un seul permet de réduire
l’effet de spillover subit par la structure,
• Les trois distributions du potentiel maximum admissible donnent les résultats suivants :
— La distribution équitable est la moins performante car elle n’adapte par la répartition
du potentiel,
— Les distributions maximale et adaptative montrent des performances similaires. La
distribution adaptative permet un contrôle entraînant moins d’effet de spillover et plus
régulier.
• Le régulateur flou assure un contrôle plus efficace qu’un régulateur LQR dans le cas d’une
variation de l’excitation au cours du temps,
• Le régulateur flou décentralisé nécessite une étape de paramétrage importante (forme et
nombre de fonctions d’appartenance, méthode de défuzzification, choix des actionneurs et
des capteurs, choix de la distribution, ...), mais qui ne dépend pas de la sollicitation : une
fois ces paramètres établis, le régulateur flou s’adapte à n’importe quelle sollicitation.
5.6 Références
B RISCHETTO, S. et E. C ARRERA. 2009, «Refined 2d models for the analysis of functionally graded
piezoelectric plates», Journal of Intelligent Material Systems and Structures, vol. 20, no 15, p.
1783–1797. viii, 114, 115, 116
L U , P., H. L EE et C. L U. 2006, «Exact solutions for simply supported functionally graded piezoe-
lectric laminates by stroh-like formalism», Composite Structures, vol. 72, no 3, p. 352–363. 114,
116
145
CHAPITRE 5. SIMULATIONS DE PLAQUES FGPM
146
Conclusion et Perspectives
Les travaux présentés dans ce mémoire portent sur le contrôle actif des vibrations de struc-
tures élancées (poutre et plaque) formées de matériau piézoélectrique à gradient de propriétés
(FGPM).
Les principaux objectifs de ce travail ont été :
• de modéliser ces structures FGPM à l’aide de la méthode des éléments finis,
• de montrer la faisabilité et la potentialité des FGPM pour le contrôle actif des vibrations.
La première partie de ces travaux s’articule sur la modélisation du FGPM PZT4/Al/PZT4 uti-
lisé pour le contrôle. Celui-ci s’inspire des bimorphes piézoélectriques et est pensé pour rempla-
cer les structures intelligentes habituellement utilisées (une structure hôte à contrôler équipée de
pastilles piézoélectriques). Il est graduel dans l’épaisseur et varie symétriquement du PZT4 sur
les deux surfaces extérieures à de l’aluminium à la fibre moyenne. Le phénomène de percolation
apparaît dans ce genre de composite, celui-ci entraîne l’apparition de trois parties : une partie
conductrice au centre riche en aluminium (où la percolation a eu lieu) et deux parties isolantes
proches des faces extérieures riches en PZT4 (où la percolation n’a pas eu lieu). Le matériau FGPM
est caractérisé par deux paramètres :
• l’indice de gradation k, qui est choisi à la fabrication du matériau et varie dans l’intervalle
[0, 5],
• le seuil de percolation VT , qui est inhérent à la microstructure du matériau et dépend donc
du processus de fabrication et de l’indice k. Celui-ci peut varier dans l’intervalle [0.1, 0.3]
La méthode des éléments finis est utilisée afin d’étudier ces structures élancées FGPM. On a été
amené à développer trois éléments finis :
• Un élément fini de poutre à deux nœuds développé sous Matlab, basé sur la cinématique de
Timoshenko et dont le potentiel électrique est approximé par élément à l’aide de couches
numériques,
• Un élément fini 3D tétraédrique à dix nœuds développé sous FEniCS, servant à valider les
modélisations poutre et plaque,
• Un élément fini de plaque triangulaire à six nœuds développé sous FEniCS, basé sur une
cinématique d’ordre supérieure et dont le potentiel électrique est approximé au nœud à
l’aide de couches numériques.
Ces différents modèles ont permis dans un premier temps de comprendre l’influence des pa-
ramètres matériaux k et VT sur les comportements statique et dynamique des structures FGPM :
• L’actionneur FGPM est le plus performant : i.e entraîne la plus grande déformée, lorsque
k ∈ [0.4, 0.7] et lorsque le seuil de percolation est le plus faible,
• Le capteur FGPM est le plus performant : i.e génère le plus grand potentiel électrique, lorsque
k tend vers sa plus grande valeur (le FGPM est quasiment entièrement constitué de PZT4) et
pour les plus grandes valeurs du seuil de percolation,
• Les fréquences propres sont dépendantes de k, car ce paramètre modifie la rigidité globale
et la masse volumique de la structure. Les fréquences diminuent quand k augmente. Le seuil
de percolation n’a aucun impact sur les fréquences.
147
Conclusion
Dans un deuxième temps ces modèles ont permis de créer la représentation d’état de la structure,
utilisée couramment dans le domaine de l’automatique et permettant la mise en place du contrôle
actif des vibrations des structures. Celle-ci est basé sur la décomposition modale du système dis-
crétisé, obtenu ici par la méthode des éléments finis.
La deuxième partie de ces travaux s’articule sur les simulations du contrôle actif de structures
FGPM élancées. Le contrôle actif nécessite la construction d’un régulateur, générant la commande
à envoyer aux actionneurs afin de réduire les vibrations et un observateur afin de reconstruire
l’état de la structure à partir de la mesure fournie par les capteurs. Le contrôle à été mis en place
pour la poutre et la plaque FGPM. Les deux systèmes observé-contrôlé on été construits à l’aide
d’un observateur de Luenberger via la méthode de la synthèse quadratique et d’un régulateur LQR
pour la poutre et un régulateur flou décentralisé pour la plaque.
Les simulations de contrôle de la poutre FGPM mettent en avant la possibilité de contrôle de struc-
tures FGPM et l’efficacité de ce type de contrôleur et ce pour toutes les valeurs de l’indice de gra-
dation k. Les études paramétriques montrent que le contrôle avec un indice k faible réduit plus
rapidement les vibrations.
Un des avantages des structures FGPM est l’activation des propriétés piézoélectriques via des
électrodes déposées sur les surfaces extérieures. Dans le cas de la plaque, ces électrodes utili-
sées comme capteurs ou actionneurs peuvent à priori avoir n’importe quelle forme et taille, et on
peut en déposer un grand nombre. Le régulateur flou décentralisé est alors construit dans l’idée
de pouvoir facilement utiliser une multitude d’actionneurs ce qui est assez vite difficile pour un
régulateur LQR. Ce régulateur est construit à l’aide d’un ensemble de sous-régulateurs contrôlant
chacun un seul mode de la plaque et utilisant un ou deux actionneurs. Les simulations de contrôle
de la plaque FGPM montrent que la régulation floue permet un contrôle performant et s’adaptant
facilement aux changements de sollicitations subies par la structure.
148
Conclusion
149
Conclusion
150
Publications
Les travaux présentés dans ce manuscrit sont reliés aux publications suivantes :
Séminaires
1. J. Maruani, Active vibration control of FGPM beam, Séminaire de l’école doctorale franco-
allemande (CDFA), Stuttgart, Allemagne, Février 2016
2. J. Maruani, Sensitivity analysis of FGPM beam static and active vibration control studies,
Séminaire de l’école doctorale franco-allemande (CDFA), Stuttgart, Allemagne, Décembre
2016
3. J. Maruani, Active vibration control of functionally graded piezoelectric material plates, Sé-
minaire de l’école doctorale franco-allemande (CDFA), Sèvres, France, Décembre 2017
151
Publications
152
Annexe A
Annexes
θ0 (x) = θ1 = Cste
Un état constant de θ0 (x) n’est cependant pas admissible car il implique une énergie nulle sur
l’élément :
EI d θ0 2
Z xe +l µ ¶
E f l ex = dx = 0
xe 2 dx
I
ANNEXE A. ANNEXES
Ce problème numérique est connu dans la littérature des éléments finis comme le verrouillage
numérique en cisaillement ou shear locking.
Pour éviter le blocage numérique deux méthodes existent (R EDDY [1993]) :
d w0
• L’interpolation consistante : on utilise une approximation de w 0 et θ0 telle que dx et θ0
soient des polynômes de même degré, donc en prenant m = n + 1.
• L’intégration réduite : on interpole w 0 et θ0 de la même façon (i.e m = n) et on évalue le coef-
ficient de rigidité associé à E f l ex en utilisant une loi d’intégration numérique cohérente avec
l’interpolation de θ0 . Cependant, le coefficient de rigidité associé à l’énergie de cisaillement
x e +l ¶2
GS d w 0
Z µ
+ θ0 d x
xe 2 dx
doit être évalué en utilisant une loi d’intégration numérique qui considère θ0 avec une inter-
polation de même ordre que ddwx0 . Si w 0 et θ0 sont approximés avec des polynômes linéaires,
on doit utiliser une intégration en un point pour évaluer les coefficients de rigidité lié aux
deux énergies. Cette intégration en un point est suffisante dans ce cas pour évaluer l’énergie
de flexion mais sous estime l’énergie de cisaillement.
A.2 Références
R EDDY, J. N. 1993, An introduction to the finite element method, vol. 2, McGraw-Hill New York. II
II
ANNEXE A. ANNEXES
III