Partie 1 Responsabilité Civile
Partie 1 Responsabilité Civile
Responsabilité civile
Pise de note du cours Professeur JAMAL RBII
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Prise de notes responsabilité civile 2022/2023
Introduction
Section 1. Définition
La responsabilité civile : est la branche du droit qui s’intéresse à la réparation des dommages qui sont subis
par une personne (physique ou morale) que ça soit dans sa personne ou ses biens.
La responsabilité morale : c.-à-d. il y a quelqu’un qui a commis un fait qui n’est pas sanctionné par le droit
mais il est répréhensible sur le plan moral. Mais il n’y a pas le caractère obligatoire et coercitif parce que
d’une manière générale la règle de morale n’est pas sanctionnée sur le plan juridique.
La responsabilité légale : c’est un fait qui est sanctionné par les règles de droit. C.-à-d. il y a une
responsabilité juridique.
• la responsabilité pénale ;
• la responsabilité civile ;
• et la responsabilité administrative.
La responsabilité pénale : on parle de la responsabilité pénale quand il y a un fait grave qui a été commis,
que ce fait constitue une atteinte à l’ordre public et à toute la société. Par conséquent le législateur a prévu une
incrimination et une sanction qui est prononcée dans l’intérêt de la société, c’est ce qu’on appelle l’élément
légal ou le principe de légalité.
A ce propos, lorsqu’il y a une infraction pénale, il y a une victime et un auteur. L’auteur de l’infraction, en
plus de la sanction pénale, il sera condamné à réparer le dommage. Alors quelle procédure suit la victime pour
demander la réparation civile ?
a) Soit la victime se constitue partie civile et demande la réparation de son préjudice au juge pénale. Dans
ce cas le juge pénal, à côté de la sanction pénale, il va prononcer la réparation sur le plan civile.
b) Soit il y a l’action publique devant le juge pénal mais la victime va saisir le juge civil. Dans ce cas, le
juge civil doit surseoir à statuer jusqu’à ce que le juge pénal décide et ce conformément à la règle
disant que « le pénal tient le civil en l’état ». En outre, le juge civil doit suivre la décision du juge pénal
parce qu’il y a ce qu’on appelle « l’autorité de la chose jugée en pénal sur le civil »
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La responsabilité civile : ce sont les intérêts privés qui sont protégés c.-à-d. il y a une victime et c’est cette
victime qui demande la réparation, et la réparation sera en faveur de cette victime.
Donc c’est la personne qui a subi le dommage qui reçoit la réparation, en plus la sanction elle est prononcée
dans l’intérêt de la victime, en outre en responsabilité civile il n’y a pas ce principe de légalité parce qu’il est
impossible au législateur de prévoir tous les comportements qui peuvent causer un dommage à quelqu’un,
donc on n’a pas besoin d’un texte, il suffit qu’il y ait un dommage et la victime peut saisir le juge pour
demander une réparation de ce dommage.
La responsabilité administrative : ce n’est pas véritablement une catégorie à part, parce que généralement
on applique les règles de la responsabilité civile de l’Etat ou des administrations. On applique les règles du
DOC car il n’y a pas des règles spéciales pour la responsabilité de l’Etat. Ex. art.79 et art.80 du DOC.
Il n’y a pas véritablement, en fait, une différence entre la responsabilité civile et la responsabilité
administrative à part que l’auteur du dommage c’est une personne publique, C’est la question de celui qui a
causé le dommage.
ii) Quand on n’exécute pas le contrat la sanction c’est l’exécution forcée en nature ou en équivalent,
la résolution du contrat et la demande de réparation. Selon ce courant minoritaire, l’utilisation de
l’expression exécution forcée veut dire qu’il n’y a pas de responsabilité, on est sur le terrain de
l’exécution et non pas de la responsabilité
En réalité, dans le droit positif on a d’une part la responsabilité contractuelle et d’autre part la responsabilité
délictuelle.
Il y a un fondement classique (la théorie classique) qui existe dans tous les types de responsabilités c’est la
faute.
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C.-à-d. monsieur X doit réparer le dommage qu’il a causé parce qu’il a commis une faute, et cette faute cause
un dommage à autrui.
Cette théorie est développée pour permettre la réparation des dommages causés alors que l’auteur n’a pas
commis de faute.
Du caractère subjectif de la théorie classique on a passé à une théorie objective où en réalité on ne va pas
s’intéresser à l’auteur est-ce qu’il a commis une faute ou pas, mais on va s’intéresser à l’activité que fait cette
personne. Et dans ce sens-là, on a en quelque sorte développé deux variétés de cette théorie des risques :
i) Le risque profit : c.-à-d. celui qui profite de l’activité de quelque chose ou de quelqu’un doit en
assumer les risques.
ii) Le risque créé : peu importe le profit. Toute personne qui exerce une activité à risque doit en
assumer les conséquences dommageables.
C. La théorie de la garantie
Quand on se place dans la théorie des risques ou la théorie de la faute, on se place à la situation de l’auteur,
est-ce qu’il a commis une faute ? est-ce qu’il a exposé autrui à risque ?
Mais dans la théorie de la garantie (la théorie mixte), on se place à côté de la victime dans le sens où toute
personne a des droits et toute atteinte à ces droits justifie à elle seule l’obligation de réparer. C.-à-d. toute
personne doit être garantie d’exercer ses droits sans atteinte.
D. La précaution
Dans la théorie moderne (ou théorie de la précaution) on considère que les risques sont calculables et on
peut les anticiper. Le 20e siècle c’est un siècle de l’incertitude, le monde est face à plusieurs risques, ex.
les rayons x, les rayons Wi-Fi, l’OGM, etc. Et donc certains ont imaginé un fondement pour que la
responsabilité civile joue un rôle différent c.-à-d. au lieu de réparer le dommage, on va anticiper la
réalisation du dommage par ex. interdire les médicaments qui peuvent engendrer des problèmes par mesure
de précaution
B. La fonction répressive C.-à-d. la réparation c’est une condamnation qui sanctionne l’auteur du
dommage ;
C. La fonction préventive C.-à-d. chaque fois qu’il y a sanction il y a par ricochet la prévention.
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• Un fait générateur ;
• Un dommage ;
• Un lien de causalité.
Quand on parle de la responsabilité civile contractuelle il faut obligatoirement un contrat, et ce contrat doit
être valable (valide).
Quand on parle de la responsabilité civile on est dans la phase de l’exécution, on n’est pas dans la phase de
formation. On peut aussi parler de la responsabilité civile dans la phase de formation mais ça ne serait pas de
la responsabilité contractuelle parce qu’il n’y a pas encore le contrat.
Lorsque le contrat est entaché d’un vice de consentement il est nul dès le départ. Dans ce cas les dommages
intérêts seront fondés sur la responsabilité délictuelle car le préjudice n’est pas causé par l’inexécution du
contrat puisque on n’est pas dans la phase d’exécution, on est dans la phase de formation.
On ne peut jamais cumuler la responsabilité contractuelle et délictuelle, c.-à-d. Chaque fois qu’on a la
responsabilité contractuelle il faut fonder l’action sur la responsabilité contractuelle et non pas sur la
responsabilité délictuelle.
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Quand on exerce une action où on peut cumuler des fondements, on peut cumuler sans problème, c.-à-d.
quand il y a responsabilité délictuelle on peut cumuler et fonder l’action sur la responsabilité du fait personnel
et du fait des choses.
Mais entre contractuelle et délictuelle, on ne peut pas cumuler. Il y a une priorité de la responsabilité
contractuelle. Donc chaque fois que les conditions de la responsabilité contractuelle sont remplies il faut
fonder l’action sur celle-ci, pour une raison simple c’est que la responsabilité contractuelle c’est une
responsabilité fondée sur l’inexécution d’un contrat et ce dernier c’est un acte de prévision, un acte volontaire,
ce n’est pas comme les faits juridiques. Quand on conclut un contrat on peut prévoir la réparation en cas de
non-exécution, cette réparation on détermine sa quantité et ses limites.
En revanche dans la responsabilité délictuelle il y a un autre principe c’est la réparation intégrale du dommage
parce qu’il s’agit d’un fait et pas un contrat. Donc on répare tout le dommage.
Donc il n’y a pas de choix entre responsabilité civile contractuelle et responsabilité civile délictuelle. S’il y a
un contrat c’est le contrat qui prime, et l’action est fondée sur la responsabilité contractuelle.
– L’inexécution du contrat ;
– Un retard dans l’exécution ;
– Une exécution défaillante.
Le régime de faute contractuelle (fait générateur) diffère selon la nature de l’obligation contractuelle :
➢ Une obligation de moyen : le débiteur doit mettre en œuvre les moyens nécessaires pour répondre à
l’obligation.
➢ Ou une obligation de résultat : le débiteur est tenu d’obtenir un résultat.
Dans l’obligation de moyen le débiteur est fautif s’il n’emploie pas tous les moyens nécessaires pour obtenir
le résultat. La charge de la preuve dans ce cas incombe au créancier.
En revanche, quand il s’agit d’une obligation de résultat, il y a une présomption de faute, c.-à-d. on considère
le débiteur comme fautif si le résultat n’est pas obtenu.
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Le débiteur d’une obligation de garantie n’est jamais exonéré même en cas de force majeure.
Pour ce qui est du retard, cela suppose une date d’échéance et le déplacement de cette date fait qu’on est en
retard. Mais lorsque l’échéance d’exécution n’est pas fixée, on utilise le standard du délai raisonnable. c.-à-d.
ce n’est pas quantitatif mais tout dépend du type d’obligation. Ex. le délai raisonnable pour construire une
maison c’est à peu près six mois.
Pour marquer ce retard, il faut envoyer au débiteur une mise en demeure. Mais parfois l’exécution devient
impossible, et dans ce cas ce n’est pas la peine de mettre en demeure.
De toute façon après la mise en demeure on peut demander des dommages-intérêts à cause de ce retard.
o La perte subie ;
o Et le gain manqué.
Article 264 D.O.C : « Les dommages sont la perte effective que le créancier a éprouvée et le gain dont il a été
privé, et qui sont la conséquence directe de l'inexécution de l’obligation… »
Ex. : Quelqu’un qui a payé le prix d’une marchandise pour l’acheter et la revendre. Mais il n’a pas reçu la
marchandise.
-la gain manqué= la marge de bénéfice perdue s’il aurait revendu la marchandise.
Le D.O.C ne parle pas de ça en matière contractuelle, mais il prévoit le dommage moral dans le cas de la
responsabilité délictuelle.
Les dommages ne sont pas tous réparables en matière contractuelle, parce que on peut imaginer toute une suite
de dommages et ce n’est pas logique que le débiteur les répare tous.
Ex. : à cause du retard dans la livraison d’un appartement il y a eu un stress, un divorce, une perte de
travail…etc.
Le promoteur immobilier est tenu de réparer les dommages prévisibles ex.la perte d’argent et le stress et pas
plus.
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Article 264 du D.O.C : « … L'appréciation des circonstances spéciales de chaque espèce est remise à la
prudence du tribunal : il doit évaluer différemment la mesure des dommages-intérêts, selon qu'il s'agit de la
faute du débiteur ou de son dol. »
Dans le dol il y a l’intention de nuire qui n’existe pas dans la faute. Alors quel est l’intérêt de distinguer entre
le dol et la faute ?
Le dol est sanctionné mais dans le cas d’une faute on exige seulement la réparation.
Le lien de causalité doit être prouvé par le créancier. Mais il pose beaucoup de problèmes quand il y a des
préjudices en cascade et surtout lorsqu’on a plusieurs causes du préjudice.
L’équivalence des conditions : c.à.d. le tribunal doit prendre en compte toutes les causes sans lesquelles
le dommage ne serait pas réalisé. Mais le problème c’est que les causes sont infinies, dans une chaine
de causes, on peut remonter jusqu’à création de la terre.
La causalité adéquate : c.à.d. on va faire un tri des causes les plus adéquates et les plus directes.
i. La force majeure
Article 268 du D.O.C : « Il n'y a lieu à aucuns dommages-intérêts lorsque le débiteur justifie que l'inexécution
ou le retard proviennent d'une cause qui ne peut lui être imputée, telle que la force majeure, le cas fortuit ou
la demeure du créancier. »
Article 269 du D.O.C : « La force majeure est tout fait que l'homme ne peut prévenir, tel que les phénomènes
naturels (inondations, sécheresses, orages, incendies, sauterelles), l'invasion ennemie, le fait du prince* (=toute
décision de l’administration publique qui rend impossible l’exécution du contrat. Ex. l’interdiction, par les
autorités, de fabriquer les sacs en plastique), et qui rend impossible l'exécution de l'obligation.
N'est point considérée comme force majeure la cause qu'il était possible d'éviter, si le débiteur ne justifie qu'il
a déployé toute diligence pour s'en prémunir.
N'est pas également considérée comme force majeure la cause qui a été occasionnée par une faute précédente
du débiteur. »
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Article 270 du D.O.C : « Le créancier est en demeure, lorsqu'il refuse, sans juste cause, de recevoir la
prestation que le débiteur ou un tiers agissant en son nom, offre d'accomplir de la manière déterminée par le
titre constitutif ou par la nature de l'obligation. Le silence ou l'absence du créancier, dans les cas où son
concours est nécessaire pour l'exécution de l'obligation, constitue un refus. »
C.à.d. que le débiteur a exécuté son obligation conformément aux stipulations contractuelles mais le créancier
refuse. Ex. le constructeur (le débiteur) a exécuté le contrat de construction d’une maison, mais le créancier
ne veut plus recevoir la maison sans juste motif.
Dans ce cas si la chose qui est entre les mains du débiteur périt, c’est le créancier qui assume les risques c.à.d.
une fois le créancier est en demeure, c’est lui qui assume les risques de la chose et ce n’est pas le débiteur
même s’il est en possession du bien.
Quand on a cette demeure du créancier, c’est une cause d’exonération du débiteur à condition que le débiteur
a exécuté comme il le faut son obligation. Parce que si le débiteur n’a pas exécuté correctement son obligation,
le créancier a la possibilité de ne pas recevoir cette exécution.
o Soit ce fait du tiers présente les mêmes caractéristiques que la force majeure, et dans ce cas-là il est
considéré comme une force majeure, et on applique les effets de la force majeure, c.à.d. une
exonération totale du débiteur. Parce que, que ça soit le fait d’un tiers ou la force majeure tout ça on
peut l’appeler la cause étrangère c.à.d. l’inexécution à cause d’une cause étrangère.
o Soit ce fait du tiers ne présente pas les caractéristiques d’une force majeure, et par conséquent au lieu
d’une exonération totale, on peut avoir une exonération partielle. C.à.d. le responsable de l’inexécution
sera à la fois le débiteur lui-même et ce tiers-là. Donc il y aura un partage de la responsabilité.
Quand on a les quatre conditions de fond (un dommage + un fait générateur + un lien de causalité + une
absence d’exonération), on va mettre en œuvre la responsabilité contractuelle. Parce que dans la responsabilité
contractuelle il faut une action en justice c.à.d. saisir le juge parce que c’est le juge qui dit que le débiteur est
responsable et le condamne à des dommages-intérêts.
Donc la mise en œuvre c’est les démarches à suivre pour mettre en œuvre la responsabilité contractuelle. Il y
a deux choses :
• La mise en demeure ;
• Et l’action en justice.
Section 1. La mise en demeure
Il y a deux situations :
a) Lorsque l’exécution est renfermée dans un délai déterminé. C.à.d. on dit au débiteur que vous devez
exécuter avant telle date. Dans ce cas-là (quand on a une échéance) le débiteur est mis en demeure
automatiquement par l’arrivée de l’échéance. Article 255 : « Le débiteur est constitué en demeure par
la seule échéance du terme établi par l'acte constitutif de l'obligation. »
b) Lorsqu’on n’a pas une échéance précise, et c’est très souvent le cas, cela ne veut pas dire que le débiteur
peut exécuter quand il le veut. Le délai n’est pas ouvert parce qu’il y a la notion de ce qu’on appelle le
délai raisonnable c.à.d. selon la nature de l’obligation. Ex. pour construire une maison de 60 m2 le
délai raisonnable c’est de six mois à huit mois.
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c) Parfois on n’a pas besoin de mettre en demeure, parce que ce n’est pas utile.
• Lorsque l’exécution est impossible, dans ce cas ça ne sert à rien de mettre en demeure le
débiteur parce que, en fait, l’objectif de la mise en demeure c’est d’obtenir l’exécution de
l’obligation, si celle-ci est impossible on n’a pas besoin de mettre en demeure. (art.256 D.O.C)
• On n’a pas besoin de mise en demeure lorsque l’inexécution est définitive ou lorsqu’on a un
refus formel d’exécuter de la part du débiteur par ex. le débiteur a envoyé un courrier pour
informer qu’il ne veut plus exécuter.
• On n’a pas besoin de mettre en demeure lorsqu’il s’agit de l’inexécution de l’obligation de ne
pas faire. Ex. le fait de violer l’obligation de confidentialité ça ne sert à rien à mettre en
demeure car la contravention a été déjà consommée (art. 262 D.O.C)
La forme de la mise en demeure
Art. 255/3 D.O.C : « Cette interpellation doit être faite par écrit ; elle peut résulter même d'un télégramme,
d'une lettre recommandée, d'une citation en justice*, même devant un juge incompétent. »
*La citation en justice : le fait de saisir le juge remplit le même effet que la mise en demeure car le débiteur il
sera informé qu’il y a un procès contre lui parce qu’il n’a pas exécuté le contrat. Dans ce cas si le débiteur
exécute on va mettre fin au procès sauf si le procès a pour objet de demander une réparation d’un préjudice.
b) La mise en demeure doit contenir la déclaration que, passé ce délai, le créancier se considérera comme
dégagé en ce qui le concerne.
Cela suppose que le contrat soit synallagmatique c.à.d. avec des obligations réciproques. Donc pour
engager la responsabilité de l’autre partie il faut qu’on remplisse nous-mêmes notre obligation ex. il
faut payer le prix avant d’engager la responsabilité du vendeur.
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L’évaluation du dommage appartient au tribunal c.à.d. que c’est le tribunal qui apprécie le dommage et l’évalue
selon qu’il s’agit de la faute1 du débiteur ou de son dol2.
1
La faute : il y a l’absence de l’intention de nuire.
2
le dol : il y a une intention de nuire de la part du débiteur et dans ce cas-là le juge fixera des dommages-
intérêts plus élevés en guise de punition.
Dans le droit anglosaxon il y a des dommages-intérêts punitifs. Ces dommages-intérêts punitifs sanctionnent
la faute contractuelle lucrative, c.à.d. la faute qui est volontairement commise par le débiteur pour avoir plus
de gain.
Par ex. délivrer un bien à un deuxième acheteur qui a donné plus d’argent que le premier acheteur qui a
contracté la transaction. Le vendeur dans ce cas compte réaliser des profits même si le juge le condamne à
des dommages-intérêts pour le premier acheteur.
Dans le système marocain comme le français, le principe c’est la réparation intégrale c.à.d. on ne répare
que le dommage. Mais les anglosaxons font face à la faute lucrative en appliquant des dommages-intérêts
punitifs.
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Est-ce que le créancier a le choix entre l’exécution forcée et l’exécution par équivalent ?
Selon la lecture de l’article 259, on déduit qu’il y a une hiérarchie c.à.d. si l’exécution est possible il
faut demander l’exécution en nature c.à.d. le créancier n’a pas le choix.
Mais la jurisprudence laisse au créancier la liberté de choisir parce que l’exécution forcée ne donne
pas de bons résultats et parfois le créancier n’aura plus besoin de l’exécution après un certain temps.
La cour de cassation marocaine a laissé le choix au créancier entre l’exécution en nature et l’exécution par
équivalent.
Donc en principe l’obligation de faire se résout par des dommages-intérêts parce qu’on ne peut pas forcer la
personne (le débiteur) à exécuter, parce que cela porte atteinte à sa liberté, en plus si on l’oblige il ne va pas
exécuter comme il le faut.
Mais si l’obligation n’exige pas l’action personnelle du débiteur, le créancier peut faire exécuter l’obligation
par une autre personne mais toujours à la charge du débiteur. Ex. remplacer un constructeur qui ne veut pas
travailler.
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La clause pénale : c’est une clause par laquelle les parties déterminent elles-mêmes forfaitairement le montant
des dommages-intérêts que doit le débiteur en cas d’inexécution.
Càd que les parties dans le contrat elles vont mettre une clause pénale en disant que si l’une des parties
n’exécute pas ses engagements ou en cas de retard dans l’exécution elle doit payer telle somme d’argent.
Très souvent c’est une clause qui a pour but d’inciter les parties à exécuter. Mais en réalité, tout dépend du
montant des dommages-intérêts fixé par les parties et du préjudice subi en cas d’inexécution : si le préjudice
subi est inférieur au montant de la réparation cette clause va jouer un rôle d’incitation à l’exécution. Mais dans
le cas contraire elle va jouer le rôle d’une clause limitative de responsabilité.
– Par rapport à cette clause pénale le juge a un pouvoir modérateur, càd il a un pouvoir pour réviser le
montant de la clause pénale, il peut soit l’augmenter ou le réduire. Ce pouvoir du juge constitue une
dérogation au principe de la force obligatoire du contrat.
En effet la force obligatoire du contrat interdit au juge de modifier le contrat, mais avec la clause pénale on a
une dérogation à ce principe. Dans ce sens l’art.264/4 DOC prévoit « Le tribunal peut réduire le montant des
dommages-intérêts convenu s'il est excessif ou augmenter sa valeur s'il est minoré comme il peut réduire le
montant des dommages-intérêts convenu, compte tenu du profit que le créancier en aurait retiré du fait de
l'exécution partielle de l'obligation. »
Càd le juge peut modifier une clause pénale ce qui est une exception au principe de la force obligatoire du
contrat.
Donc la grande spécificité de la clause pénale c’est que le juge peut la réviser soit à la hausse soit à la baisse.
Et ce pouvoir du juge il est d’ordre public càd les parties ne peuvent pas se mettre d’accord d’interdire au juge
de réviser la clause pénale.
– La clause pénale est détachée du préjudice par conséquent le créancier n’a pas à démontrer un préjudice
contrairement aux autres cas où il doit démontrer le préjudice et demander la réparation.
Là, le créancier n’a pas à démontrer le préjudice dans le sens où le montant est dû du seul faut de
l’inexécution même si l’inexécution n’a causé aucun préjudice. Toutefois l’indemnisation n’est pas
cumulable avec l’exécution en nature, càd si le créancier préfère l’exécution en nature il ne peut pas en
même temps demander l’indemnisation.
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Les articles qui concernent le fait personnel sont les articles 77 et 78 qui parlent du délit et du quasi-délit.
Donc cette responsabilité du fait personnel en réalité celui qui va être déclaré responsable c’est celui qui a
commis le fait dommageable.
Cette responsabilité est fondée sur la faute, Càd le fondement classique de responsabilité c’est la faute, la
faute prouvée. Càd la victime doit prouver une faute s’elle veut engager la responsabilité de l’auteur du fait
dommageable, càd c’est la victime qui a la charge de la preuve.
Cette faute peut prendre 2 aspects différents : soit un délit soit un quasi-délit.
Le délit est intentionnel càd celui qui a commis le délit il avait l'intention d'obtenir le résultat. Alors que dans
le quasi-délit il n’y a pas l'intention d'obtenir le résultat.
Que ça soit le délit ou le quasi-délit c'est une faute et la faute se définit comme étant la violation d'une
obligation préexistante. Càd pour parler d'une faute il faut d'abord une obligation et l'auteur viole cette
obligation.
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Art 78 DOC : «la faute consiste soit à omettre ce qu’on est tenu de faire, soit à faire ce dont on est tenu de
s'abstenir... »
Donc la faute c'est le fait de faire ce qui est interdit ou de ne pas faire ce qui est ordonné. Et dans les deux cas
il y a une obligation préexistante, soit une obligation de faire ou une obligation de ne pas faire.
Par conséquent, l’acte dommageable se présente soit sous la forme d'une omission (abstention) soit d'une
commission
Pour le fait d’autrui, Il y a plusieurs situations prévues par l’Art 85 et 85 bis du DOC.
Article 85/2 : « Le père et la mère, après le décès du mari, sont responsables du dommage causé par leurs
enfants mineurs habitant avec eux »
Cette responsabilité des père et mère est une responsabilité qui est fondée sur une présomption simple de
faute, dans le sens où on va présumer que les père et mère sont responsable du seul fait de la réalisation du
dommage. Mais les père et mère peuvent prouver le contraire càd ils peuvent prouver qu'ils n'ont pas commis
de faute de surveillance (Art 85).
La faute par rapport à cette responsabilité soit une faute de surveillance surtout lorsqu'on adopte la conception
matérielle de la cohabitation, càd que l'enfant doit cohabiter normalement, avec ses parents au moment de
la commission du préjudice.
si on adopte la conception juridique qui veut que la cohabitation c'est le fait d'habiter généralement avec ses
parents, dans ce cas-là on parle pas de faute de surveillance mais surtout de faute d'éducation càd si l'enfant
commis un fait dommageable c'est parce que en réalité, il n'a pas bien été éduqué par ses parentes.
§2. La responsabilité en cas des dommages causés par les insensés et les infirmes d’esprit
C’est une responsabilité très proche de celle des parents parce qu'elle est aussi fondée sur une présomption
simple de faute même si l’art. 85 lui consacre un alinéa spécial plus détaillé pour expliquer comment on peut
être exonéré de cette responsabilité.
Art 85/6 « Le père, la mère et les autres parents ou conjoints, répondent des dommages causés par les insensés,
et autres infirmes d'esprit, même majeurs habitant avec eux, s'ils ne prouvent :
1° Qu'ils ont exercé sur ces personnes toute la surveillance nécessaire ;
2° Ou qu'ils ignoraient le caractère dangereux de la maladie de l'insensé ;
3° Ou que l'accident a eu lieu par la faute de celui qui en a été la victime »
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– C’est une responsabilité qui ne concerne pas seulement les mineurs. le malade mental ou l'insensé
peut être majeur.
Pour le reste c’est à peu près la même chose. Il y a :
- la cohabitation (car l'art dit habitant avec eux)
- il faut un dommage causé par cet insensé on infirme d'esprit
Elle est prévue par l'art 85/3 « Les maîtres et les commettants, dont responsables du dommage causé par leurs
domestiques et préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés ; »
La question qui se pose est comment savoir que dans les fonctions ou pas, dans ce cadre-là il y a plusieurs
critères qui permettent de savoir est ce que c'est dans les fonctions ou pas. Càd d'abord le lieu de travail, les
horaires, est-ce que l'acte qui a été commis est autorisé ou pas par l'employeur, les moyens utilisés est ce que
ce sont les moyens de l'entreprise ou pas ...
Donc il y a un faisceau d'indices qui permettent de savoir est ce que c'est dans fonctions ou en dehors des
forations.
Et bien sûr si le salarié commet l'acte dommageable par ex. dans ses congés, il ne va pas engager la
responsabilité du commettant.
NB. Par rapport à cette responsabilité, il faut savoir que les infractions intentionnelles de la part du préposé
engagent sa part de responsabilité. Càd sur le lieu de travail, il a commis une infraction intentionnelle, il
engagera sa responsabilité, il ne va pas engager la responsabilité du commettant.
Au niveau du régime juridique de cette responsabilité, c'est une responsabilité qui repose sur une présomption
irréfragable de responsabilité.
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Certains disent, que c'est une responsabilité qui n'est pas fondée sur la faute mais sur un autre fondement qui
et le risque. Dans le cadre où on a dit s'il y a quelqu’un qui bénéficie de l'activité d'une autre personne et que
cette activité e présente certain risque, il doit assumer les charges.
les commettants ne peuvent pas être exonérés par le fait de prouver l'absence de faute. càd même s'ils prouvent
qu'ils n'ont pas commis de faute, ils seront quand même responsables et à partir de là certains disent que c'est
une responsabilité fondée sur le risque et non pas sur la faute.
Cette responsabilité, elle est aussi traitée par l'art 85 «-Les artisans, du dommage causé par leurs apprentis
pendant le temps qu'ils sont sous leur surveillance ».
Les conditions :
– Elle nécessite la relation artisan - apprenti
– et l'artisan n’est responsable que si l'acte dommageable a été commis par l'apprenti au moment où cet
apprenti était sous sa surveillance .
§5. La responsabilité des instituteurs et des fonctionnaires du service de la jeunesse et des sports
et de l’Etat
Art 85- bis, ça concerne les instituteurs, les surveillants, les staff administratif, et (tous ce qui sont chargés de
la surveillance des élèves au sein de l'école publique. et également, les fonctionnaires du service de la jeunesse
et du sport dans le cadre des activités organisées par le ministère par ex. les centres d'estivage ...
Cette responsabilité des faits des choses, ça pourrait être soit la responsabilité du fait des choses inanimées,
ou la responsabilité du fait des animaux parce que les animaux sont considérés comme des choses mais des
choses animées qui ont en fait une certaine protection légale.
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Prise de notes responsabilité civile 2022/2023
Cette responsabilité est prévue par l'art 88 DOC, cet article parle du fondement de la responsabilité du fait
des choses inanimées : « Chacun doit répondre du dommage causé par les choses qu'il a sous sa garde,
lorsqu'il est justifié que ces choses sont la cause directe du dommage, s'il ne démontre :
2° Et que le dommage dépend, soit d'un cas fortuit, soit d'une force majeure, soit de la faute de celui qui en
est victime. »
1. La chose
Il faut une chose parce qu'on parle de la responsabilité du fait des choses. Cette chose peut être un meuble,
un immeuble, peut être corporelle, solide, liquide, gaz ou une chose incorporelle aussi comme un logiciel. Ce
qui est exclu de cette respirabilité des choses inanimées ce sont les choses qui font l'objet d'un texte spécial.
Parce que parfois il y a des textes spéciaux qui régissent les dommages causés par certaines choses par ex.
dans le transport aérien il y a des textes spéciaux.
Cette chose doit être susceptible d’appropriation parce que l'article dit « chacun doit répondre du dommage
causé par les choses qu'il a sous sa garde ». Par conséquent les choses qui n'appartient à personne et qui ne
sont pas sous la garde de quelqu’un ne peuvent pas engager la responsabilité sur la fondement de l'art 88.
2. Le fait de la chose
Il faut le fait de la chose càd il faut que la chose ait joué un rôle dans la réalisation du dommage, donc il faut
un rôle causal de la chose dans la réalisation du dommage.
En réalité il y a 2 possibilités :
Soit que la chose a joué un rôle parce qu'elle a participé matériellement dans la survenance du dommage qu'il
ait contact ou pas peu importe, parce que parfois il y a contact avec la chose parfois il n'y a pas contact avec
la chose.
Également peu importe est-ce que la chose était en mouvement au moment du dommage ou une chose inerte
qui ne bouge pas.
Peut-être la différence entre une chose en mouvement et une chose inerte, c'est au niveau de la preuve du rôle
actif de la chose, lorsque la chose est en mouvement c'est bcp plus facile de prouver le rôle actif de la chose
comme par ex. une voiture qui roule et blesse quelqu’un c'est bcp plus facile de prouver que c'est à cause de
la voiture que la personne a été blessée.
Mais lorsqu'il s’agit d'une chose inerte qui ne bouge pas comme le sol il y a une difficulté de prouver le rôle
actif de la chose, ex : dans le cas d’un sol glissant.
3. La garde de la chose
La garde selon l'art 88 du DOC la condition donc c'est qu’il faut un gardien, c'est ce gardien-là qui est
responsable ou qui engage sa responsabilité.
La question qui s'est posée c'est de savoir que vent dire garde.
Dans ce cadre-là on a deux conceptions de la garde :
– Il y a une conception juridique qui dit que c'est le propriétaire de la chose qui est le gardien de la chose
mais exceptionnellement si ce propriétaire parvient à prouver qu’il a été dépossédé du bien par exemple le
bien lui a été volé ou il peut prouver que la chose au moment de la réalisation du dommage, il n'était pas le
gardien.
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Prise de notes responsabilité civile 2022/2023
La jurisprudence marocaine, dans un arrêté de 2008, la cour suprême (cour de cassation) avait décidé que
Le propriétaire de la chose est son gardien (parce qu'il garde le contrôle et dirige le chose) à moins à moins
qu’il a prouvé que la garde a été transférée à une autre personne. Ce qui s’approche de la conception matérielle
de la garde.
La garde pose pas mal de difficulté, dans certaines situations parce que quand on regarde les conceptions elles
sont simples mais il y a des situations où c’est un peu compliqué : parce que le principe c’est que la garde est
alternative càd que plusieurs personnes ne peuvent pas être en même temps gardiennes de la même chose,
càd de manière générale il y a une seule personne qui est gardienne de la chose, on ne peut pas être gardien
collectivement de la chose. càd il y a une seule personne qui est gardienne.
Étant donné que le principe c’est le caractère alternatif de la garde c'est qu'en réalité il faut identifier le
gardien, il faut dire exactement qui était le gardien au moment du dommage sauf que cette identification du
gardien n'est pas tjrs facile parce qu’il y a des situations où c’est très difficile d'identifier le gardien.
Ici parfois pour assurer une réparation à la victime parfois on parlait de la garde commune, pour pouvoir
condamner tous ceux qui ont participé, de manière solidaire à réparer le dommage.
C’est une responsabilité fondée sur présomption irréfragable de faute autrement dit, pour que le gardien
soit exonéré il doit prouver 2 choses :
- L’absence de faute
- Et que le dommage dépend soit d'un cas fortuit, force majeure et celui qui en est la victime. (Appelé
cause étrangère)
Donc il faut prouver les deux, mais il y a cette question de l'acception des risques càd on a certaines situations
où la victime a accepté le risque de subir un dommage par ex. les sports où on ne peut pas engager la
responsabilité sur le fondement de l’art 88 mais on ne parle pas de tous les risques mais seulement les risques
normaux du sport.
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Prise de notes responsabilité civile 2022/2023
- 2° Ou que l'accident provient d'un cas fortuit ou de force majeure, ou de la faute de celui qui en a été
victime.
Article 87 :
Le propriétaire, fermier ou possesseur du fonds n'est pas responsable du dommage causé par les animaux
sauvages ou non sauvages provenant du fonds, s'il n'a rien fait pour les y attirer ou les y maintenir.
Il y a lieu à responsabilité :
- 1° S'il existe dans le fonds une garenne, un bois, un parc ou des ruches destinés à élever ou à entretenir
certains animaux, soit pour le commerce, soit pour la chasse, soit pour l'usage domestique ;
- 2° Si l'héritage est spécialement destiné à la chasse.
A. Conditions
- Il faut un animal : parce qu'on parle de la responsabilité du fait d'un animal qui est susceptible d'être
approprié. Même si l'animal s'est égaré ou s'est échappé on n’est pas exonéré sauf si on prouve que la
faute a été causée par un tiers ou une force majeure.
- Il faut un rôle actif de l’animal, càd l'animal ait joué un rôle dans la réalisation du dommage et pas
forcément que le contact soit matériel mais généralement on a le cas du contact physique
- La 3ème condition c'est la garde : normalement, la garde, c’est le propriétaire qu'est considéré comme
gardien de l'animal sauf transfert volontaire ou involontaire de la garde. Par conséquent si le
propriétaire a confié un animal à quelqu’un par ex. un vétérinaire c'est ce vétérinaire qui serait
considéré comme gardien parce qu’il y a transfert de la garde.
Le fait de dire que le gardien est le propriétaire c'est une présomption simple. on présume le propriétaire
gardien mais le propriétaire peut tjrs prouver le contraire.
B. Le régime juridique
Cette responsabilité du fait des animaux et une responsabilité fondée sur une présomption simple de faute et
non pas irréfragable.
Càd pour être exonéré, le gardien lui suffit de :
- Soit prouver qu'il n’a pas commis de faute càd qu'il a pris toutes les conditions nécessaires pour
empêcher l'animal de nuire eu pour le surveiller.
- Soit de prouver la cause étrangère (force majeure ou faute de la victime).
Là aussi il faut envisager la situation de l’acceptation des risques surtout en matière de sport parce qu’il y a
des sports qui s’exercent avec des animaux. Là on ne peut pas engager la responsabilité des autres personnes
qui sont dans la compétition parce que on considère que les participants ont accepté le risque. Et là aussi on
ne parle que des risques qui peuvent se produire en respectant les règles de sport.
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Chapitre 2. Le dommage
On a une définition du dommage lorsqu'il s'agit de la responsabilité délictuelle de l'art 98 DOC « Les
dommages, dans le cas de délit ou de quasi-délit, sont la perte effective éprouvée par le demandeur, les
dépenses nécessaires qu'il a dû ou devrait faire afin de réparer les suites de l'acte commis à son préjudice, ainsi
que les gains dont il est privé dans la mesure normale en conséquence de cet acte.
Le tribunal doit d'ailleurs évaluer différemment les dommages, selon qu'il s'agit de la faute du débiteur ou de
son dol.»
Dans les articles 77,78 à propos de la responsabilité du fait personnel on trouve que ces articles parlent de
deux types de dommages : le dommage matériel et le dommage moral.
Art 77 « Tout fait quelconque de l'homme qui, sans l'autorité de la loi, cause sciemment et volontairement à
autrui un dommage matériel ou moral, oblige son auteur à réparer ledit dommage, lorsqu'il est établi que ce
fait en est la cause directe. »
Art 78 « Chacun est responsable du dommage moral ou matériel qu'il a causé, non seulement par son fait,
mais par sa faute, lorsqu'il est établi que cette faute en est la cause directe. »
Donc il y a déjà deux variétés de dommage (moral + matériel) mais on peut ajouter un 3ème dommage que
certains le mettent à l'intérieur du dommage matériel, mais nous on va le mettre à part c'est le dommage
corporel.
Le dommage corporel c'est toute atteinte portée à l'intégrité physique d'une personne.
* le préjudice objectif : càd l'incapacités que cause le dommage corporel. L'incapacité ne veut pas dire que la
personne est devenue forcément handicapée (incapable) mais l'incapacité par ex. S’il s’agit de quelqu’un qui
travail, un dommage corporel est peut-être pour un jour, 2 jours, 3 jours, 1 mois, 2 mois ou peut être arrêté
tout le temps càd il y a l'incapacité temporaire ou permanente et l'incapacité partielle ou totale.
* le préjudice subjectif : ce sont les conséquences subjectives de ce dommage corporel. Par ex. on peut mettre
à l'intérieur de ce préjudice subjectif le prix de la douleur, de la souffrance.
Il y a le préjudice esthétique : c'est dans le cas par ex. où quelqu’un il a été déformé ou cicatrisé
Il y a aussi dans ce préjudice subjectif ce qu'on appelle le préjudice d'agrément càd le dommage que la victime
subie parce qu’elle a perdu la jouissance de vivre par ex. elle ne peut plus exercer un sport qu’elle pouvait
exercer avant, par conséquent elle peut demander réparation de ce préjudice-là.
De manière générale, ce dommage corporel se caractérise par la difficulté d'évaluer parce que tout simplement
quelqu’un qui a perdu l'usage d'un organe tel que sa jambe, on ne peut pas évaluer combien ça coûte cette
situation et surtout parce que c’est um dommage qui est très souvent se prolonge dans la durée c'est pas
quelque chose de momentané, ce qui rend difficile son évaluation.
Très souvent ce même dommage corporel il peut donner lieu à des dommages matériels et des dommages
morals.
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Le dommage matériel est toute atteinte portée au bien de la personne ou à ses intérêts financiers. Donc c'est
quelque chose qui touche l’argent (le patrimoine).
C’est dans ce sens-là où il faut comprendre les dispositions de l'art 98 lorsqu'il parle de la perte subie et du
gain manqué. Art 98 « Les dommages, dans le cas de délit ou de quasi-délit, sont la perte effective éprouvée
par le demandeur, les dépenses nécessaires qu'il a dû ou devrait faire afin de réparer les suites de l'acte commis
à son préjudice, ainsi que les gains dont il est privé dans la mesure normale en conséquence de cet acte. »
Le problème de ce dommage il est difficile à évaluer et surtout il est difficile de déterminer les personnes qui
ont subi un dommage moral. Parce que souvent il y a une multitude de personne qui subissent le dommage
moral.
Le dommage moral et un dommage qui peut porter atteinte souvent aux droits extra-patrimoniaux, le droit à
l’honneur le droit à l'image, le droit à l'intimité de la vie privée.
L’autre problème quand il s'agit d'honneur et de vie privée c’est que quand on fixe un montant on craint
parfois que ce soit interprété comme quoi notre honneur vaut telle somme d'argent.
Donc la spécificité d'un dommage extrapatrimonial c’est qu’il n'est pas évaluable en argent. Là ce qu'on a ce
sont seulement des conséquences pécuniaires de la violation d'un droit extrapatrimonial et pas la valeur d’un
droit extrapatrimonial. Parce que le droit extra-patrimonial de nature n'est pas évaluable en argent.
On parle des caractères du dommage réparable parce que tous les dommages ne sont pas réparables. Pour que
le dommage soit réparable il doit présenter certaines conditions (certains caractères) au nombre de 5, le
dommage doit être certain, actuel, direct, personnel et l'intérêt lésé doit être un intérêt légitime.
La différence entre les caractères du dommage contractuel et le dommage délictuel c’est que dans la
responsabilité contractuelle on ne répare que le dommage prévisible, alors que le principe dans la
responsabilité délictuelle c’est le principe de la réparation intégrale.
Donc le caractère prévisible du dommage contractuel qui fait la différence, le dommage est prévisible dans
le sens où quand on conclut un contrat, le contrat est un acte de prévision, on conclut le contrat pour gérer
une situation future et au moment où je conclut le contrat je ne peux pas prévoir que si je n'exécute pas le
contrat peut-être il y aura des dommages lointains : càd que je ne peux réparer, quand je n'exécute pas le
contrat, que les dommages que je peux prévoir, au moment de la conclusion du contrat, c'est pour cette raison
que on a ce caractère prévisible, qui est un peu proche du caractère direct du dommage en matière de
responsabilité délictuelle.
Certain veut dire que le préjudice doit être avéré et ne doit pas être un préjudice hypothétique ou éventuel.
Généralement si le dommage est déjà réalisé, très souvent le problème ne se pose pas parce que c’est un
dommage qui est déjà réalisé et il suffit de le prouver.
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Prise de notes responsabilité civile 2022/2023
Le problème se pose d’une manière générale lorsqu'il s'agit d'une perte d'une chance, parce que quand on
parle d'une chance forcément ce n’est pas quelque chose de certain, c'est une question de probabilité pare que
la chance en réalité c'est la probabilité qu'un évènement positif soit réalisé. La chance c'est le contraire du
risque, le risque c’est la probabilité qu'un événement négatif soit réalisé.
Donc la chance est une probabilité càd qu'il n’y a pas de certitude que l'évènement positif soit réalisé. Mais il
y a une certitude de la chance et pas de la réalisation de la chance. Le plus important c’est que cette chance
doit être une chance réelle et sérieuse.
Après la difficulté est une difficulté qui concerne surtout l’évaluation, le calcul, combien on va donner de
dommages-intérêts, à quelqu’un qui a perdu une chance ?
Le caractère actuel veut dire que la certitude du dommage doit être actuelle.
Donc il y a la certitude de la réalisation du dommage ça ne pose pas de problème si les conséquences du fait
dommageable ont été réalisés en même temps que le fait dommageable.
A. Le préjudice futur
Le problème se pose lorsque on a un dommage futur càd on a le fait dommageable aujourd'hui mais le
préjudice ne se réalise que dans le futur.
Le préjudice futur il est réparable lui aussi, càd on ne répare pas seulement les préjudices concomitant,
simultanés au fait dommageable, Mais on répare aussi les préjudices futurs à condition que la certitude que
le dommage sera réalisé dans l'avenir soit actuel. Càd dès le moment où le juge décide on doit être sûr que le
dommage va se réaliser.
Le problème avec le dommage futur c'est qu’il est difficile aussi à évaluer surtout quand il s'agit d'un dommage
corporel parce qu’il évolue dans le temps càd parfois lorsque le juge statue la situation peut s'aggraver après
comme elle peut s'améliorer. En cas d'aggravation, il est admis la possibilité de ressaisir le juge pour demander
le complément de dommage intérêt parce que on a considéré que dans cette situation il n’y a pas les conditions
de l'autorité de la chose jugée.
Le dommage doit être direct càd il doit y avoir un lien suffisamment proche du fait générateur on trouve
l'adjectif direct dans l'art 77 DOC « ... lorsqu'il établit que ce fait en est la cause directe » il parle de la cause,
c'est une question de causalité.
Ici le caractère direct de dommage est une question différente de lien de causalité, parce que on peut avoir un
lien de causalité direct mais le dommage sera irréparable parce que peut être ce n'est pas un dommage certain,
ce n'est pas un dommage personnel.
Donc le dommage direct veut dire que on ne répare que les dommages qui sont les effets directs du fait
générateur dans le sens où quand on a un dommage qui par ex. se situe dans une chaîne de dommages en cas
de dommages en cascade.
La problématique qui se pose ici ; un fait générateur peut conduire à plusieurs dommages, une chaîne de
dommages ce qu'on appelle les dommages en cascade.
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L’idée c'est que on ne va pas réparer tous les dommages, le caractère direct veut dire qu'on ne répare que le
dommage lié directement au fait générateur ou au moins celui qui est suffisamment proche du fait générateur.
B. La prédisposition de la victime
La prédisposition de la victime veut dire que la victime elle-même elle est dans une situation qui permet
l'apparition du dommage.
Est-ce que l’auteur doit réparer la totalité du dommage ?
Le caractère personnel du dommage veut dire que seule la personne qui a souffert du dommage peut
demander réparation.
C’est lié même avec la procédure, parce que dans la procédure parmi les conditions pour faire une action en
justice il faut avoir intérêt personnel, par conséquent celui qui n'a pas un intérêt personnel ne peut pas agir en
justice.
Là c’est un peu là même chose est que celui qui a subi le dommage c'est cette personne-là qui peut demander
réparation, par conséquent une tierce personne ne peut pas agir pour un préjudice subi par une victime.
Donc la victime par ricochet doit prouver les caractères du dommage càd elle doit prouver que son préjudice
à lui soit un préjudice certain, direct , actuel, personnel, elle peut prétendre dans ce cas-là à la réparation sauf
la question relative au décès à cause d'un accident de circulation parce que c’est le Dahir de 1984 sur la
réparation des préjudices subis à cause d’un accident de circulation.
B. Le dommage collectif
Le dommage collectif pose un problème d'abord à propos de la distinction entre dommage collectif et l’intérêt
général parce que quand on dit un intérêt collectif ça peut se rapprocher avec l'intérêt général.
Et on sait que l'intérêt général il est en principe défendu par le ministère public, l’intérêt collectif veut dire
l'intérêt d'un groupe de personnes, ça peut être l'intérêt des salariés, ça peut être l’intérêt des consommateurs
même si l'intérêt des consommateurs pose problème est-ce que c’est un intérêt collectif ou un intérêt général,
parce qu’on est tous des consommateurs, ce n’est pas véritablement un groupe, tout le monde est
consommateur par conséquent ça s'apparente à un intérêt général.
Donc l'idée, en fait, pour les dommages collectifs, est qu’une association peut demander la réparation pour
un préjudice subi par un groupe de personnes ?
Les associations ont le droit d'agir en justice selon le Dahir des libertés publique de 1958 pour protéger leur
intérêt personnel.
Mais est-ce que l'association a le droit d’agir pour l'intérêt collectif ? généralement non, sauf s'il y a un texte
spécial qui lui permet cela, très souvent ce sont les associations qui sont reconnues d'utilité publique qui
peuvent avoir cette possibilité. Parce que quand on parle des associations des consommateurs si on jette un
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coup d'œil sur la loi 31-08 sur la protection du consommateur, on trouve que seulement les associations
reconnues d'utilité publique qui ont cette possibilité d'agir pour l'intérêt collectif surtout à travers "l’action de
groupe"= ensemble de personnes qui ont subi un dommage collectif.
Donc les associations reconnues d'utilité publique, la confédération nationale des associations de
consommateur qui a cette possibilité, et les associations qui ont obtenu une autorisation administrative
spéciale délivrée par le ministère de la justice qui peuvent agir en justice pour l'intérêt collectif.
L'intérêt lésé doit être légitime càd que le dommage doit être pris en considération par le droit autrement dit
le dommage doit être juridiquement réparable.
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La causalité : c'est le lien de cause à effet entre le fait générateur et le dommage. Càd que c'est ce fait
générateur qui a causé ce dommage. Ce lien de causalité nous permet de déterminer quelle est la cause du
dommage.
Le lien de rattachement : c'est un lien qui permet de désigner le débiteur de la réparation, ce lien de
rattachement existe dans les responsabilités indirectes (la responsabilité du fait personnel est non incluse car
dans le fait personnel il n'y a pas de problème, càd celui qui a causé le dommage est lui le responsable). Dans
les autres responsabilités, ce n'est pas celui qui a causé le dommage qui est responsable, donc on a celui qui
a causé le dommage mais on a celui qui doit réparer le dommage une autre personne.
Donc ce lien de rattachement nous permet de désigner celui qui doit payer celui qui est responsable de la
réparation càd celui qui est débiteur de la réparation.
Exemple :
- dans la responsabilité des père et mère le lien de rattachement c'est le lien de filiation entre l'enfant qui a
causé le dommage et le père.
- dans la responsabilité des commettants des faits de leurs préposés, le lien de rattachement c’est le lien de
subordination.
- dans la responsabilité du fait des choses, le lien de rattachement c’est la garde.
L’imputabilité : est une notion fondée sur la liberté de l'agent dans l'accomplissement de l'acte dommageable.
Donc l'imputabilité permet de désigner subjectivement celui qui doit assumer la responsabilité. Est-ce que la
personne qui a causé le dommage peut assumer cette responsabilité ? est ce qu’il était libre de faire ce qu'il a
fait ? est-ce qu'il avait le décernement ?
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L’équivalence des conditions : veut dire tout simplement, que selon cette théorie, il faut prendre toutes les
causes qui ont joué un rôle dans la réalisation du dommage, càd toutes les causes sans lesquelles le dommage
ne serait pas réalisé.
la critique principale qu’on fait à cette 1ère théorie c'est qu’elle peut remonter à la création de l'univers si on
continue à poser la question à cause de quoi, à cause de quoi... on peut remonter à très loin et par conséquent
toutes ces causes-là selon cette théorie doivent être considérés comme des causes du dommage même si ces
causes-là sont très indirectes, très lointain mais on peut les considérer comme des causes du dommage par
conséquent il y a une multitude de personnes qui peuvent être condamnées à réparer le dommage.
Donc pour réduire cette critique on a développé une autre théorie c’est ce qu’on appelle la causalité adéquate.
B. La causalité adéquate
La théorie de la causalité adéquate : exige qu'on fait un tri parmi les causes qui out contribué à la réalisation
du dimmage et ne retenir que celle qui a un lien direct avec la dommageo cod si eprend l'exple de la persome
quia oublié la clés et à cause de cotte oublie la voiture à été volée et le voleur a cmmis un accident, dorc selu
atte 2ême thésie il faut chercher la causalité adéquate cód la cause directe
du coumage. par exple@ga mpare d'1 dommage de le as d's accident un domoga corporel par exple la cause
direct
'st l'accident. il faut pas aller plus loin surtout que que oprend cet exple la le fait d'entlié le clés ce n'st pas une
cause systématique du denmage cod la qst qu'en peut se poser st caque le fait d'oublier ls clés conduit
systématiquementa
1 accident . Non, opat oublié le clés mais la voiture on la refronnera à sa pla co le lendemain. du c ce n'et pas
une canse qui st logiquement naturel.ment conduit an denmage donc la cause directe c'st aussi la cause qui de
mariere logique
de maniéro naturelle cuduit à 1 dermage par explo l'occioat
enduit à des caumages corporelaimais pas le forit d'intier les clés parce que entre l'on blie des cles et le
denmage corporel en réalité il ya 1 lie tros indirect est pas l'oublie de clés qui a
conchit à de dunages corponels mône si C'éteit
cause
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