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Le Bilan Carbone,: Outil de Réduction Des Émissions de CO

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bc

Le bilan carbone,
outil de réduction
des émissions de CO2
Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

>> Sommaire

bc
1. Bilan carbone et changements climatiques : introduction............................... 2
2. Q
 u’est-ce qu’un bilan carbone ? Qui peut réaliser un bilan carbone ?............ 3
3. La réalisation d’un bilan carbone.................................................................. 4
4. Les principales étapes d’un bilan carbone.................................................... 8
5. Exemples de recommandations et d’actions issues de bilans carbone........... 9
6. À qui s’adresser pour la réalisation d'un bilan carbone ?............................ 10
7. A
 vantages et limites du bilan carbone........................................................... 11
8. En quoi le bilan carbone intéresse les syndicats ?........................................ 12
9. Faites votre bilan carbone personnel et compensez......................................14

2 1
Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

1. Bilan carbone et changements climatiques : 2. Qu’est-ce qu’un bilan carbone ?


introduction Qui peut réaliser un bilan carbone ?
L a réalité des changements climatiques est à présent reconnue par la quasi-unanimité des scientifiques.
Selon le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), une augmentation de la
température supérieure à 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle aura des conséquences dramatiques pour l’hu-
L es différentes méthodologies pour mesurer les GES d’une entreprise, organisation sont à peu près sem-
blables et suivent les recommandations du GIEC. Les plus utilisées à travers le monde sont le Bilan Car-
bone®, le GHG Protocl et l’ISO 14 069.
manité. Pour limiter le réchauffement de la planète, il faudra réduire drastiquement les émissions de gaz à effet
de serre (GES). Toujours selon une estimation du GIEC, les pays industrialisés devraient réduire leurs émissions La méthode Bilan Carbone®, est une marque protégée. À l’origine développée pour l’ADEME, elle est portée et
de GES de 25 à 40 % d’ici à 2020 et de 80 à 95 % d’ici 2050, par rapport au niveau de 1990. L’Union européenne développée par l’Association Bilan Carbone (ABC).
s’est engagée à réduire les siennes d’au moins 55 % d’ici 2030 et vise la neutralité carbone en 2050.
Le bilan carbone est un outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre émises directement ou
Pour atteindre ces objectifs, il faudra revoir nos modes de production et de consommation, basés sur une sur- indirectement par une activité sur une période donnée. On l’appelle aussi « audit CO2 ». Cette démarche peut s’ap-
consommation des énergies fossiles, responsables de plus de 80 % des émissions de CO2. La raréfaction des pliquer à une entreprise (industrielle ou tertiaire), à une entité publique (administration, hôpital, école, etc.), une col-
ressources des énergies fossiles et par conséquent l’augmentation de leur prix en fait également une néces- lectivité (commune, région, etc.) voire même à un événement (colloque, fête du personnel, événement sportif, etc.).
sité économique. La transition vers une économie sobre en carbone est donc un passage obligé pour tous les
acteurs de la société : entreprises, consommateurs, pouvoirs publics, citoyens, etc. Ce diagnostic met en évidence les postes responsables des plus importantes émissions de GES et permet
d’identifier des actions à mener pour les réduire et diminuer la consommation énergétique, principale source
Le bilan carbone est un outil concret qui permet aux entreprises et aux collectivités de faire le point sur leurs d’émissions. La mise en œuvre des actions pourra être classée selon certains critères comme la simplicité de
émissions de GES et de dégager des pistes qui permettront de les réduire. réalisation, l’efficacité climatique, le temps de retour sur investissement, etc. Ce diagnostic va surtout per-
mettre de prioriser les actions urgentes et immédiates parmi les nombreuses pistes qui s’ouvrent aux acteurs.
Ces objectifs ont été définis dans l’Accord de Paris signé en décembre 2015 lors de la COP 21 (Conférence des
parties). Toutefois, il faut rappeler que les accords conclus dans les différentes Conférences Internationales sur Une particularité du bilan carbone est qu’il englobe l’ensemble des émissions générées par tous les proces-
le climat ne sont nullement contraignants. Les pays signataires de l’accord s’engagent mais aucune sanction sus nécessaires à la réalisation d’une activité. Ainsi, il comptabilisera les émissions de CO2 de la fabrication des
n’est prévue en cas de non- respect de leur engagement… matières premières, de leur transport, du processus de fabrication du produit, du transport du personnel et du
produit fini, de la gestion des déchets, de la consommation d’énergie du produit chez le consommateur final, etc.
Plus récemment, en août 2021, le GIEC a publié dans son sixième rapport d’évaluation les connaissances scienti-
fiques les plus récentes et complètes du système climatique et des changements climatiques à ce jour. « Selon Lorsque l’entreprise ne connaît pas toutes les données d’émissions à encoder pour réaliser son bilan carbone,
les modèles, les émissions doivent décliner avant 2025 afin de maintenir le réchauffement sous le seuil de 1,5 elle peut recourir à une base de valeurs par défaut. Celle-ci est publiée par un organisme de référence, l’ADEME
ou 2°C, impliquant une action immédiate et des réductions profondes au cours des prochaines décennies. Sans (Agence de la transition écologique) en France, l’AWAC (Agence Wallonne Air-Climat) en Wallonie.
un renforcement des politiques, les émissions de GES continueront à augmenter au-delà de 2025, menant à un
réchauffement compris entre 2,2 et 3,5°C (valeur médiane : 3,2°C) en 2100. (NB : dans le résumé du GIEC, limiter
à 1,5°C signifie par défaut qu’il y aurait au moins 50 % de chances de rester sous 1,5°C de réchauffement moyen
par rapport au niveau pré-industriel, et limiter à 2°C signifie qu’il y aurait au moins 67% de chances de rester Qui a déjà réalisé son bilan carbone en Belgique ?
sous 2°C). » 1
Après la France, les entreprises en Belgique, recourent de plus en plus à la réalisation
Face à ces enjeux planétaires des changements climatiques, des valeurs limites sont définies avec des échéances de leur bilan carbone. Cette tendance pourrait s’avérer devenir une nécessité
à moyen et long termes à différents niveaux (mondial, continental, national, régional) dans différents secteurs pour pouvoir prétendre à certains marchés ou répondre à certains appels d’offre.
d’activités et avec la mise en place de nouvelles technologies, nouveaux procédés de production (économie cir- Citons quelques entreprises et villes qui se sont déjà lancées :
culaire) afin d’atteindre le réchauffement égal à 1,5°C. Au niveau des activités humaines, des outils de mesure de
l’empreinte carbone ont déjà été mis en place, notamment en France, depuis plusieurs années comme le bilan • la ville de Charleroi
2 3
carbone. Depuis janvier 2012,toujours en France, toutes les entreprises de plus 500 salariés sont légalement • la ville de Seraing (et plus de 50 entreprises de la ville : Hallo Steelrings, Shanks, CMI, etc.),
tenues de conduire un bilan d’émissions de gaz à effet de serre, ou bilan GES. • les villes wallonnes participantes à la Convention des Maires 2
• Unilever, Beneo Orafti Oreye (agroalimentaire)
Le bilan carbone est un outil concret qui permet aux entreprises et aux collectivités de faire le point sur leurs • Holcim (Izegem, Seneffe, production de ciment)
émissions de GES et de dégager des pistes qui permettront de les réduire. • Ethias (banque et assurances)
• La FGTB (siège de la rue Haute)
• Bruxelles Environnement (IBGE)
• etc.

(1) 2022 • Atténuation des changements climatiques. (2) (http ://lampspw.wallonie.be/dgo4/conventiondesmaires/outil-pollec)


Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

3. La réalisation d’un bilan carbone


Quelles sont les émissions prises en compte ?

L es émissions prises en compte dans le bilan carbone sont celles liées à l’activité interne de l’entreprise mais
aussi celles émises en amont (chez les fournisseurs) et en aval (chez les clients) jusqu’à une certaine limite
fonctionnelle, commerciale à définir. Dans le jargon du bilan carbone, on parle d’émissions directes (dans l’en-
Toutes les émissions de GES d’une activité peuvent être incluses dans un bilan carbone. Mais de manière
pratique, le bilan carbone va être découpé en plusieurs périmètres ou « scope », c’est-à-dire plusieurs niveaux
d’analyse (cf. figure 2).
treprise) ou indirectes (fournisseurs, clients).
Le bilan carbone® ADEME préconise de réaliser l’analyse des trois périmètres de l’organisation. Selon d’autres
Les postes pris en compte dans le bilan carbone couvrent les émissions liées : méthodologies, les entreprises peuvent choisir de réaliser leur bilan carbone sur un, deux ou trois périmètres.
Évidemment, plus l’analyse est large (c’est-à-dire plus elle englobe de périmètres), plus l’évaluation des émis-
• à l’utilisation d’énergie fossile dans l’entreprise ; sions est complète, représentative, et les possibilités d’actions nombreuses.

• aux procédés industriels hors combustion (par exemple les fuites de gaz réfrigérants) ; Le premier périmètre couvre les émissions directes de GES liées à la combustion d’énergie à l’intérieur de
l’entreprise (procédés de production, transport interne, chauffage des bâtiments) et à la fuite de gaz réfrigérants.
• à l’électricité ou la vapeur achetées par l’entreprise ; Les informations sont collectées, assez facilement, sur base des factures des fournisseurs, des compteurs de
mesure installés au sein de l’entreprise.
• au fret : transport des matières premières, des produits finis, fret interne ;
Le second comprend les émissions indirectes liées à l’utilisation de vecteurs énergétiques (électricité et cha-
• aux déplacements des travailleurs, des visiteurs, etc. ; leur). Si l’entreprise n’est pas directement responsable de ces émissions, celles-ci, provenant de centrales élec-
triques ou vapeur, sont intimement liées à la consommation de ces vecteurs énergétiques par l’entreprise. La
• à la fabrication des matières premières et des matériaux employés pour l’activité collecte des informations se fait de même la manière que pour le périmètre 1.
(acier, papier, plastique, produits chimiques, etc.) ;
Le troisième reprend les autres émissions indirectes. Cela inclut notamment les émissions générées par les
• à la fin de vie des déchets directs ou indirects (emballages, eaux usées, etc.) ; déplacements des travailleurs (domicile-lieu de travail, déplacements professionnels, etc.) et des visiteurs, le
fret (entrant et sortant), les consommables (papier, matériel) et la nourriture (restaurant d’entreprise).
• à l’utilisation des bâtiments, des machines, etc. (immobilisations) ;
Certaines entreprises vont encore plus loin (périmètre 3+) en calculant les émissions générées par l’achat de
• aux services achetés ; services, l’utilisation du produit chez le client, les déchets, le matériel, les machines, les bâtiments, etc.

• à l’utilisation des produits vendus (consommation d’énergie) et à leur fin de vie (déchets).
Figure 2 : les périmètres du bilan carbone.

Figure 1 : les postes clé d’un bilan carbone.


Approvisionnements Fret amont Production Fret aval Traitement des déchets

Scope 3 • Activités « amont » Scope 1 Scope 3 • Activités « aval »


1. Sources fixes de combustion *
8. Amont de l'énergie** 2. Sources mobiles 17. Transport de marchandises
14. Actifs en leasing amont de combustion* aval
4 3. Procédés hors énergie 5
4. Fugitives
9. Achat de produits et services 11. Déchets
10. Amortissements 5. Biomasse (sols et forêts) 19. Fin de vie des produits vendus

18. Utilisations des produits


9. Achat de produits et services vendus
20. Franchise aval
21. Leasing aval
12. T
 ransport de marchandises
amont Scope 2

13. Déplacements professionnels 6. Consommation d'électricité*


16. Transports de visiteurs
et de clients 7. Consommation de vapeur,
22. Déplacements domicile-travail chaleur, froid

Source : ADEME. Source : ADEME.


Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

Quels sont les gaz pris en compte dans l’évaluation des émissions de GES ? Les facteurs d’émission

L e CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre, même s’il est le principal 3. Le bilan carbone va également prendre
en compte les autres gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto, à savoir le méthane (CH4), le
protoxyde d’azote (N2O) et les gaz substituts des CFC (PFC, HFC et SF6).
C omme il n’est pas possible en pratique de mesurer exactement les émissions de GES de chaque élément
entrant dans un processus de production ou dans une activité quelconque, le bilan carbone utilise des
facteurs d’émission par défaut pour estimer les émissions de GES. On appelle facteurs d’émission les chiffres
permettant de convertir chaque donnée en émission de GES (exprimée en kilo ou tonne équivalent CO2).
Pour faciliter les calculs, les émissions de GES sont évaluées poste par poste en tonnes équivalent CO2 (tCO2e).
Certaines études expriment aussi les résultats en tonnes équivalent carbone. Une tonne équivalent carbone Un exemple sera beaucoup plus parlant :
correspond à 3,67 tonnes équivalent CO2.
• L’entreprise XYZ utilise annuellement 56 tonnes de papier recyclé.
Dit simplement, le bilan carbone traduit toute l’activité d’une entreprise, • Le facteur d’émission du papier recyclé est de 1,3 kg de CO2 par kg de papier.
d’une collectivité ou d’un événement en tonnes équivalent CO2 et surtout, • 56 000 kgs x 1,3 kg eq CO2 = 72 800 kg eq. CO2 (kg equivalent CO2).
indique sa dépendance aux énergies fossiles. • L’entreprise XYZ émet donc annuellement 72,8 tonnes de CO2 rien que pour sa consommation de papier.

Figure 3 : à quoi correspond une tonne équivalent carbone ?


Quelques facteurs d’émission :

Énergie Déplacements
Gaz naturel 2,37 kg CO2 / m3 Bus (TEC) 0,08 kg CO2 / km passager *
Mazout 2,66 kg CO2 / litre STIB (moyenne) 0,05 kg CO2 / km passager
Electricité verte 0,021 kg CO2 / kWh STIB (bus) 0,09 kg CO2 / km passager
STIB (tram / métro) 0,03 kg CO2 / km passager
Intrants SNCB 0,03 kg CO2 / km passager
Papier 2 kg CO2 / kg de papier Avion (courte dist.) 0,29 kg CO2 / km passager
Papier recyclé 1,3 kg CO2 / kg de papier Avion (long courrier) 0,22 kg CO2 / km passager
Plastique (moyenne) 1,3 kg CO2 / kg de plastique Diesel 2,66 kg CO2 / litre
Acier 3,2 kg CO2 / kg acier (haut-fourneau) Essence 2,42 kg CO2 / litre
Acier recyclé 1,1 kg CO2 / kg acier (électrique)

(*) Explication : un « km / passager » est une unité de mesure utile pour le bilan carbone.
Un travailleur parcours 20 kms A-R entre son domicile et son travail, soit 20 kms / passager.
Sur une année (200 jours), il va parcourir 4 000 kms / passager.

6 7

Source : CO2logic, ADEME, bilan carbone guide des facteurs d’émission V6, 2010, (3) E nviron 60% de l’effet de serre est imputable au CO2. Source : ADEME.
FEBIAC et Communauté urbaine de Bordeaux.
Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

4. Les principales étapes d’un bilan carbone 5. Exemples de recommandations


et d’actions issues de bilans carbone
Quelles sont les émissions prises en compte ?

C omme toute action, la réalisation d’un bilan carbone se conçoit en plusieurs étapes. Chacune est essentielle
pour mener à bien l’ensemble de la démarche. Q uand les données étaient disponibles, certaines actions et recommandations du tableau ci-dessous ont
été complétées par des informations sur la rapidité du retour sur investissement (ou l’absence d’inves-
tissement pour réaliser la mesure) et sur l’efficacité de l’action pour diminuer les émissions de CO2. Attention
Étape 1
Sensibilisation des personnes impliquées à la question des changements climatiques et à la démarche au potentiel effectif de réalisation des recommandations . Des actions seront positives pour améliorer le bilan
du bilan carbone (explication de la démarche globale et du rôle particulier de chacun)
carbone mais impossibles ou difficiles à réaliser par manque de pièces, matières, fournisseurs qualifiés.
Étape 2 Choix de l’étendue de l’étude (des périmètres étudiés)
Retour sur
Collecte des données (quantités de fioul, gaz, charbon achetées, kWh achetés et modes de production Consommation d’énergie interne Impact
investis-
(chauffage, éclairage, processus industriels, etc.) CO2
Étape 3 de l’électricité, distances parcourues et modes de transport des travailleurs, distances, tonnages et modes sement
de transport pour les marchandises, factures des fournisseurs de services, etc.) Investir dans la production d’énergies renouvelables (pompes à chaleur, panneaux photovoltaïques, etc.) €€€
Choisir un fournisseur d’électricité verte (certifié par des garanties d’origine) 0
Traitement des données (encodées dans un tableur) et établissement du bilan carbone exprimé
Étape 4 Eteindre les appareils électriques (y compris l’éclairage en dehors des heures de bureau) et notamment les chargeurs 0
en tonnes équivalent carbone
Placer des détecteurs de présence dans les endroits peu utilisés (corridors, réserves, toilettes, etc.) permettant de réduire l’intensité

Étape 5 Présentation et analyse du bilan carbone et définition de pistes de réduction des émissions de GES lumineuse ou le chauffage.
Lors des rénovations de bâtiments ou la construction de nouveaux locaux, dépasser les exigences légales en matière
Étape 6 Conception d’un plan d’action et réalisation des actions avec un niveau de priorité ET un agenda de mises en œuvre de performance énergétique

Étape 7 Evaluation de l’efficacité des actions et mise en œuvre d’actions de correction Construire des bâtiments passifs ou basse énergie (QZEN) à base de matériaux recyclés €€€
Remplacer les ampoules à incandescence, les halogènes ou les anciens tubes fluorescents par des systèmes d’éclairage

à basse consommation

Figure 4 : exemple de bilan carbone d’une société de fabrication de spiritueux (exprimées en T eq CO2 ). Mettre en œuvre un « relighting » (étude complète de l’éclairage) €€
Isoler la toiture et les murs
8 000
Isoler les tuyaux de chauffage
Placer des vitrages superisolants €€€
7 000
Sensibiliser les travailleurs aux économies d’énergie 0
Migrer vers des PC portables lors du remplacement des PC €€
6 000 Déplacement des travailleurs
Organiser un plan de déplacement durable dans l’entreprise (transports publics, covoiturage, navettes vers gare, etc.)
Privilégier l’utilisation des transports publics 0
5 000
Organiser des cours d’éco-conduite (économie moyenne jusqu’à 10% des émissions du poste déplacement des travailleurs)
Faire vérifier la pression des pneus de manière régulière (économie moyenne jusqu’à 10% des émissions du poste déplacement des travailleurs)
4 000 Remplacer les voitures de société par des voitures peu émettrices 0
Installer des douches et des parkings à vélo pour inciter à l’utilisation de ce mode de transport
3 000 Choisir le train au lieu de la voiture ou l’avion pour les trajets entre centres urbains distants de moins de 1 000 km €
Négocier avec les pouvoirs locaux la présence d’un arrêt de transport public à proximité de l’entreprise 0
Consommation d'énergie interne (chauffage, éclairage, processus industriels, etc.)
2 000
Aménager les horaires de travail pour permettre l’utilisation des transports publics ou le covoiturage 0
7 422

7 237

4 494

4 343

7 422

Achats durables, économie des ressources (matières premières autres qu’énergétiques) et réduction / gestion des déchets
630

660

104
2

1 000 Favoriser les circuits courts / les fournisseurs locaux 0


Élaboration de menus « bas carbone » à la cantine (produits locaux, de saison, menus pauvres en viande rouge, produits bio) 0

0 Remplacer les distributeurs de boissons par des fontaines à eau


Placer des chasses d’eau et des douches économiques
énergétiques
Émissions non

Matériaux
pour emballages

Acheter du papier recyclé et / ou labellisé (FSC / PEFC, etc.) 0


Amortissements
Transports

Autres matières
premières

Eaux usées
Fin de vie des
déchêts directs

Services
Fin de vie
des emballages
Énergie

Favoriser le mobilier en bois produit localement / d’occasion ou recyclé

8 Choisir des fournisseurs qui minimisent les emballages / modifier les cahiers des charges des fournisseurs 0
9
Demander aux fournisseurs les fiches bilans carbone des prestations ou services acquis selon une clause environnementale
Privilégier les achats durables en matière de fournitures 0
Imprimer recto-verso 0
Logistique
Source : ADEME.
Organiser des cours d’éco-conduite
Réorganiser les tournées et diminuer les transports à vide 0
Figure 5 : exemple de bilan carbone d’une entreprise du secteur bancaire de 2 330 salariés Acheter les véhicules les moins émetteurs
Monitorer la consommation de diesel des véhicules 0
Organiser des collaborations verticales (entre fournisseurs et clients) et horizontales (entre concurrents)
Penser aux transferts modaux (de la route vers les voies navigables et le rail)
Déplacements (44 %)
Légende : 0  action sans investissement nécessaire - €  action immédiate : mesure avec retour sur investissement de moins d’un an - €€  action prioritaire : mesure avec retour sur investissement compris entre 1 et 3 ans
Énergie (23 %) €€€  action stratégique : retour sur investissement supérieur à 3 ans -  mesure qui évite moins de 1% du total des émissions directes -  mesure qui évite entre 1 et 5% du total des émissions directes -  mesure
qui évite plus de 5% du total des émissions directes.
Immobilisations (16 %)
Matériaux et services entrants (11 %) Il va sans dire qu’il n’est pas obligatoire de réaliser un bilan carbone avant de mettre en œuvre ces pistes
Fret (6 %) d’action ! Afin de maintenir la motivation des travailleurs, des employeurs, il reste utile de mesurer les effets et
les impacts des pistes d’actions mises en oeuvre.

Source : EcoAct.- https ://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/bilan-carbone Source : CO2logic


Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

6. À qui s’adresser pour la réalisation 7. Avantages et limites du bilan carbone


d'un bilan carbone ? Avantages pour les entreprises

L e bilan carbone est souvent réalisé par un expert, un consultant formé à l’outil développé par l’ADEME.
Plus rarement, certaines entreprises préfèrent former un travailleur à la méthode.
+ Prise de conscience de la contribution individuelle au réchauffement climatique
+ Participation à la lutte globale contre le réchauffement climatique
+ Contribution à la trajectoire européenne, fédérale et Wallonne de réduction des GES soit -50% d’ici 2030
et la neutralité carbone d’ici 2050
+ Estimation concrète de la dépendance aux énergies fossiles et mise en évidence de la sensibilité de l’activité
Aller plus loin dans la démarche, compenser ses émissions aux fluctuations du prix de l’énergie
pour atteindre la neutralité carbone + Corollairement, diminution de la facture énergétique grâce aux pistes de réduction dégagées par le bilan carbone
+ Préparation de la « décarbonisation » de l’activité, toujours dans la perspective de l’augmentation du prix des
Une fois le bilan carbone établi, les actions de réduction Selon une étude récente 4, il ressort que la compensa- énergies fossiles et / ou d’un changement de législation à envisager (voir trajectoire bas carbone EU)
des émissions de GES mises en œuvre, l’entreprise peut tion reste une technique de communication fort uti- + Préparation de l’évolution vers une économie où l’énergie est de plus en plus chère et où le coût du carbone
alors décider de compenser ses émissions restantes. lisée par les entreprises pour afficher leurs efforts à est intégré dans le prix des biens et services
l‘égard du changement climatique. Cela contribue au + Accès à certains marchés où selon les clauses environnementales, un bilan carbone est indispensable pour
Elle peut déclarer sa neutralité sur des périmètres peu greenwashing. soumissionner
représentatifs de son activité par exemple seuls les fri- + Positionnement sur le marché en tant qu’entreprise durable et accès à du financement meilleur marché 5
gos de certains magasins pour une chaîne de supermar- Ceci entraîne plusieurs conséquences : + Amélioration de l’image de marque de l’entreprise, promotion d’une image « verte » sans pour autant recourir
chés. au greenwashing
• un effet « rebond », l’expérimentation montre que com-
La compensation des émissions de CO2 consiste à payer muniquer sur la compensation des externalités néga-
un montant donné pour financer des projets permettant tives associées à un service provoque une augmenta- Limites de la démarche
d’économiser une quantité de CO2 équivalente au CO2 tion significative de la consommation de ce service (de
émis. Ces projets permettent soit de capter le CO2 (reboi- 5,4 à 15,5 %) pouvant complètement anéantir le béné- - Non conçue pour des comparaisons entre entreprises / sites
sement) soit de diminuer les émissions de CO2 à la source fice environnemental de la démarche. - Dépend de la qualité des données fournies, la réalisation annuelle, bi-annuelle du bilan permet de progressi-
(meilleure efficacité énergétique, production d’énergies vement améliorer la précision, la qualité de la démarche
renouvelables). De cette manière, le bilan carbone de • une atténuation du sentiment de culpabilité, que nous - Prend uniquement en compte les émissions de GES et pas les autres impacts environnementaux
l’entreprise est neutre. pourrons aussi appeler l’effet « fairtrade », à défaut de - Permet difficilement d’estimer les émissions indirectes.
faire soi-même, nous payons une prime pour que l’or-
Plusieurs sociétés belges proposent de compenser les ganisation s’en occupe ;
émissions de CO2. Plus d’infos sur :
• une atténuation de l’effort à fournir étant donné que
• co2logic | Credible Climate Action d’autres le font pour nous.
• http ://www.compenco2.be
• Climact

10 11

(4) N
 eutralité Carbone des Entreprises : Vraie Solution aux Enjeux Climatiques ? Nadége Vanhoutte, 2021 (5) Sur ce thème, la Commission Européenne discute son projet de taxono-

mie, à savoir les modes de production énergétique éligibles aux finance-

ments européens et internationaux


Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

8. En quoi le bilan carbone intéresse


les syndicats ?
Le bilan carbone peut nous intéresser à plusieurs égards et notamment pour :
• Connaître le coût d’utilisation de l’entreprise des énergies fossiles. Comme par exemple, l’impact des prix Cette disposition s’applique donc au bilan carbone. En tant que délégué CPPT, vous pouvez alors :
des énergies fossiles, de celles-ci mais également celle d’une taxe carbone (ou mécanisme d’ajustement aux
frontières) ; • Porter le point à l’ordre du jour d’un CPPT ou demander un CPPT extraordinaire pour faire exposer les résultats
de la démarche, en invitant le consultant par exemple ;
• Identifier des pistes de réductions de coûts situées en dehors de la masse salariale ;
• Poser des questions à ce sujet notamment dans le cadre du commentaire annuel sur la politique de l’environ-
• Mettre en évidence les nécessaires évolutions technologiques / reconversions pour réduire la dépendance aux nement de l’entreprise (article 16 de l’AR du 3/5/1999) ; (Livre II, titre 7, chapitre III Art.II. 7-16)
énergies fossiles en portant attention aux possibilités de réaliser ces évolutions (cf. crise des composants
électroniques, matières, etc.), la survenance de futures législations plus contraignantes ; • Demander des éclaircissements sur la méthodologie utilisée qui ne doit pas recourir aux compensations
(voir greenwashing ci-dessus) ;
• Favoriser le maintien de l’emploi et / ou les requalifications nécessaires ;
• Identifier les actions ou communication de type « greenwashing » qui sont destinées à postposer l’effort à
• Dégager des marges de négociation dans certaines entreprises ; réaliser ;

• Pousser les entreprises en capacité de faire des efforts de réduction de CO2 à être davantage proactives avec un • Proposer des pistes d’action (cf. point 5) ;
calendrier partagé avec la DS sur les actions et négocier les marges bénéficiaires dégagées vers les travailleurs ;
• Participer à l’information et à la sensibilisation du personnel ;
• Pousser les entreprises soumises aux quotas de CO2 à faire des efforts supplémentaires de réduction chez elles
au lieu d’acheter les éventuels quotas nécessaires à l’atteinte de leurs objectifs de réduction des émissions • Demander un suivi de la mise en œuvre des actions au CPPT, voire créer un groupe de travail dépendant du
(cf. aussi le greenwashing) ; CPPT, chargé de ce suivi.

• Pousser les secteurs ayant signé un accord de branche à aller plus loin dans la réduction des émissions en Autrement, si votre entreprise entame des démarches en matière d’énergie ou si vous estimez qu’elle le
explorant d’autres pistes de réduction notamment au plan du transport ; devrait, vous pouvez aussi lui proposer d’aller plus loin et de réaliser un bilan carbone.

• Améliorer le confort des travailleurs (suite aux mesures d’isolation, d’URE, etc.) ; Au CE, il est aussi possible d’aborder le bilan carbone ou la question des émissions de CO2. Par exemple :

• Faciliter le déplacement des travailleurs et leur permettre le cas échéant de se passer de leur voiture ou de • Via les résultats de l’audit : les économies à réaliser sur les factures énergétiques par exemple pourront être
réaliser des économies de carburant (éco-conduite, parc de véhicules bas carbone, etc). abordées dans le cadre des informations économiques et financières ; que représentent les dépenses environ-
nementales dans les coûts totaux et les prix de revient d’un produit fini ?

Que faire syndicalement par rapport au bilan carbone ? • Les émissions ont également un coût : avez-vous reçu des informations sur les droits ETS (échange de quotas
d’émission) de l’entreprise ? En Wallonie, les Accords de Branche existent : voir fiche 12 de la brochure RISE :
Si votre entreprise compte réaliser un bilan carbone, vous pouvez aborder la question au sein du CPPT. www.rise.be/ressources/aborder-l-environnement-dans-l-entreprise-fiches-pour-guider-l-action-syndicale.htm ;
Le Code du bien-être au travail prévoit dans son Livre II, titre 7, chapitre III Art II. 7-14, les missions du Comité
12 13
et notamment les obligations de l’employeur : • Via la CCT 39 sur l’introduction de nouvelles technologies : évaluation de l’impact de la nouvelle technologie
en terme d’émission de GES ;
• De fournir toutes les informations nécessaires au comité afin qu’il puisse émettre des avis en toute
connaissance de cause ; • Via les informations sur la formation professionnelle (CCT no 9 ou bilan social) : formation à l’éco-conduite, à
l’utilisation rationnelle de l’énergie, etc. ;
• De rassembler une documentation relative aux questions d’environnement interne et externe et la tenir à
disposition du CPPT ; • Via les informations en matière de mobilité (loi-programme du 4/8/2003 sur le diagnostic des déplacements
des travailleurs).
• D’informer et de permettre au CPPT de prendre connaissance de tous les rapports, avis et documents imposés
ou non par la réglementation environnementale se rapportant à l’environnement interne et externe. Au niveau de la DS, il est aussi possible d’envisager, dans le cadre d’une CCT, des actions visant à limiter les émis-
sions de CO2 tout en garantissant un retour pour le travailleur (financier ou en terme d’amélioration du bien-
Un article important en matière d’environnement, Livre II, titre 7, chapitre III Art. II. 7-16 : être). Par exemple : formation à l’éco-conduite, amélioration du remboursement des transports en commun,
vélo de société, organisation de co-voiturages, aménagement du temps de travail pour permettre de prendre les
• Fournir annuellement un commentaire détaillé sur sa politique de l’environnement lors d’une réunion du transports en commun, réorganisation des déplacements professionnels pour diminuer les km parcourus, etc.
CPPT. L’employeur fournit également les informations qu’un membre du Comité aurait demandées en ce qui
concerne l’environnement externe.
Le bilan carbone, outil de réduction des émissions de CO2

>> Notes

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Appui technique
Encore quelques facteurs d’émission
Vous souhaitez un accompagnement dans le cadre de vos démarches de
Viande de bœuf 17 kg CO2 / kg de viande réduction des émissions de CO2, des réponses à vos questions, une aide
Viande de porc 5 kg CO2 / kg de viande pour comprendre la politique RSE ou « bas carbone » de votre entreprise ?
Viande de volaille 5 kg CO2 / kg de viande Contactez-nous :

Pomme de terre 0,1 kg CO2 / kg de pomme Cellule RISE à la FGTB wallonne (CEPAG)
ou légume frais de terre ou légume Rue Haute 42 • 1000 Bruxelles
et de saison 02/506 83 96
[email protected]
Fromage 13 kg CO2 / kg
Lait 1,2 kg CO2 / litre Cellule RISE à la CSC (FEC)
Œuf 0,2 kg CO2 / œuf Chaussée de Haecht 579 • 1031 Bruxelles
02/246 32 54
Quelques explications : les produits issus de rumi- [email protected]
nants (vaches émettant du méthane) sont plus
émettrices de GES que les autres animaux.

Source : CO2logic et ADEME. 9. F


 aites votre bilan carbone
personnel et compensez
Cette réalisation conçue par Patrick de Jamblinne est À titre personnel, vous pouvez aussi calculer vos émissions de CO2 et mettre
la mise à jour d’une brochure de Julie Rigo du Centre en place des actions de réduction (investissements économiseurs d’éner-

Éditeur responsable : Marie-Hélène Ska, Chaussée de Haecht 579• 1030 Bruxelles • Impression sur papier recyclé à l’encre végétale
d’Education Populaire André Genot. Cette brochure gie, URE, diminution des kilomètres parcourus, utilisation des transports
a été conçue et réalisée par Julie Rigo du Centre publics, achats de produits durables, consommation locale, bio et de saison,
d’Education Populaire André Genot dans le cadre etc.). On parle alors de bilan carbone personnel ou d’empreinte carbone.
du Réseau Intersyndical de Sensibilisation à l’Envi-
ronnement avec le soutien de la Région wallonne. Intéressé(e) ? Consultez les sites suivants :

• http ://www.calculateurcarbone.org/
• https ://www.myco2.fr/fr/
(MyCO2 • Comprendre ensemble son empreinte carbone, agir dès demain !)
• http ://www.co2logic.be (Le label CO2 Neutre® | co2logic)
• http ://www.exit-co2.be/

Merci à Arnaud Brohé de CO2logic pour les données qu’il nous a permis de re-
produire dans ce document et pour sa participation à la relecture (2010). Merci
à Patrick de Jamblinne qui a mis à jour la brochure (Mars 2022).

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