LA SÉLECTION DES POMPES CENTRIFUGES ET
L’INTERPRÉTATION DES COURBES
CARACTÉRISTIQUES
4.0 LES CLASSES DE POMPES
On divise les pompes en deux grandes classes, dynamique et déplacement positif. Les
pompes à déplacement positif sont celles où l’énergie est transférée au fluide dans
un volume à déplacement fixe tel qu’une culasse de piston. D’autres appareils
transfert le fluide par une motion d’engrenages, vis ou palles ou encore par des
pistons réciproques. Les pompes centrifuges sont des pompes dynamiques. L’énergie
est transférée au fluide par le moyen d’un disque avec des palles appelé impulseur.
L’impulseur par sa forme et son mouvement de rotation rapide accélère le fluide et
lui donne une énergie cinétique élevée. Cette énergie est transformée en énergie de
pression lorsque le fluide est arrêté par le volute de la pompe (voir figure 1-12). La
différence de hauteur de charge de pression entre l’entrée et la sortie de la pompe
(la hauteur de charge totale) est proportionnelle à la vitesse et le diamètre de
l’impulseur. Donc, pour obtenir une hauteur de charge totale plus grande, le
diamètre ou la vitesse doit être augmenter. Voir la référence 15 pour plus
d’informations sur ce sujet.
La théorie des pompes centrifuges est
complexe et dépasse les objectifs de ce
livre. Par contre, une petite expérience
pourra aider à comprendre comment
on peut pressuriser un fluide avec une
force centrifuge. Prenez un verre ou
contenant en plastique et attachez-y
une corde de 3 pieds de long de façon
à ce qu’on puisse le faire tourner au
bout de la corde. Remplissez le ver
d’eau et faite le tourner. Le fluide
reste dans le verre peut importe sa
position dans l’espace. Le fluide dans
le verre est pressurisé par ce
mouvement de rotation et c’est la
force centrifuge qui maintient le fluide
dans le verre. Pour vous en convaincre
faite un petit trou dans le fond du
verre. Vous verrez que le fluide est Figure 4-1 L’utilisation d’un petit récipient en
éjecté du verre peut importe sa rotation pour démonter la force centrifuge.
position.
4•2 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
4.1 LA CHARTE DE COUVERTURE DES POMPES CENTRIFUGES
Une charte de couverture (voir la figure 4-2) aide à faire une sélection préliminaire
en permettant de comparer plusieurs pompes d’un même modèle mais de grosseurs
différentes à la même vitesse. Cette charte aide à cerner le choix des pompes qui
satisferont les besoins du système.
Figure 4-2 Charte de couverture typique de pompes centrifuges de même modèle.
4.2 LES COURBES CARACTÉRISTIQUES
La figure 4-3 montre une charte
typique de courbes
caractéristiques pour une pompe
centrifuge d’un modèle,
grosseur et vitesse donnée. Cette
charte présente les informations
pour une gamme de diamètre
d’impulseurs en incréments de
1/2" de 7 1/2" jusqu’à 9 1/2". Les
impulseurs sont fabriqués
initialement au diamètre le plus
gros pour un modèle de pompe Figure 4-3 Charte de courbes caractéristiques.
donné et sont ensuite réduis à la
grosseur requise pour l’application.
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4•3
La courbe caractéristique
À un moment donné de notre analyse nous aurons sélectionnés le diamètre de
l’impulseur. Les informations relatives à un diamètre d’impulseur sont données à la
figure 4-4.
Figure 4-4 Une courbe caractéristique pour un diamètre
d’impulseur de 8 1/2”.
Une courbe caractéristique est un tracé de la hauteur de charge totale vs. le débit
pour une vitesse et un diamètre d’impulseur donnés. Le tracé de la courbe commence
au débit nul, le point A dans la figure 4-4. À partir de ce point, la hauteur de charge
va en décroissant et s’arrête à son niveau le plus bas au point B. Ce point est le point
de débit maximum de la pompe, la pompe ne peut opérer avec fiabilité passer ce
point. La gamme d’opération de la pompe est entre le point A et B.
Courbes caractéristiques
Le rendement de la pompe varie par rapport au débit. Cette information est
essentielle pour faire le calcul de la puissance requise du moteur (voir la section 4.9).
Le P.R.M. (point de rendement maximal) est le point ou la pompe opère à son
rendement maximale. Tous les points à droite ou à gauche du P.R.M. on un
rendement plus bas (voir la figure 4-4). L’impulseur est sujet à des forces axiales et
radiales qui deviennent de plus en plus grandes plus on s’éloigne du P.R.M.. Ces
forces se manifestent en vibration dépendant de la vitesse et du type de construction
de la pompe. Le point où les forces et le niveau de vibration sont minimaux est au
P.R.M.
Quand on sélectionne une pompe, un des critères est le rendement. Une bonne
pratique est d’examiner plusieurs chartes de courbes caractéristiques pour s’assurer
qu’on sélectionne la pompe avec le rendement optimale.
À noter: les courbes caractéristiques des pompes sont basées sur des essaies en
laboratoire avec de l’eau. On ne peut utiliser ces courbes directement avec des fluides
4•4 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
qui ont une viscosité différente de l’eau. On doit corriger les valeurs de la courbe
avec des facteurs de correction. Ces facteurs de correction s’appliquent à la hauteur
de charge totale, le débit et le rendement de la pompe. Ils sont publiés sous formes
de chartes par le Hydraulic Institute (voir le Standards book publié par le Hydraulic
Institute, site web: http://www.pumps.org).
Les courbes de puissance
Les courbes de puissance sont données sur la charte et donnent la puissance requise
pour opérer la pompe dans une gamme de débit. Par exemple (voir la figure 4-5),
tous les points d’opération à la gauche de la courbe de 2 hp demanderont une
puissance de 2 hp ou moins. Tous les points à la gauche de la courbe de 3 hp et à la
droite de la courbe de 2 hp demanderont une puissance maximale de 3 hp. Le
puissance requise peut être calculer connaissant la hauteur de charge totale, le débit
et le rendement. À noter que les courbes de puissance montrées sur les courbes
carctéristiques sont valides pour de l’eau seulement.
Figure 4-5 Courbes de puissances.
Les courbes de hauteur de charge nette positive à l’aspiration (N.P.S.H.) requis
Le manufacturier de la pompe spécifie le N.P.S.H. requis pour chaque point
d’opération de la courbe caractéristque de l’impulseur pour assurer le bon
fonctionnement de la pompe au débit spécifié. Le N.P.S.H. requis augmente quand le
débit augmente. On a donc besoin plus de hauteur de charge de pression à
l’aspiration quand le débit augmente. Il faut garder à l’esprit que le N.P.S.H. est une
hauteur de charge et par définition les hauteurs de charge sont indépendantes de la
densité. Le N.P.S.H. requise pour le débit maximum dans la figure 4-4 est
approximativement 3.2 pieds absolus. Cette valeur est plutôt basse. La N.P.S.H.
disponible est souvent beaucoup plus élevée dans la plupart des systèmes industriels
et il n’est donc pas difficile d’assurer le bon fonctionnement de la pompe.
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4•5
Figure 4-6 Variation de la hauteur de charge nette positive à
l‘aspiration (N.P.S.H.) avec le débit.
4.3 LA SÉLECTION DU DIAMÈTRE DE L’IMPULSEUR
Souvent le point d’opération est situé entre deux courbes caractéristques sur la
charte. On peut calculer le diamètre exact de l’impulseur en faisant une interpolation
linéaire. Par exemple, si le point d’opération tombe entre les diamètres d’impulseur
9" et 9 1/2" (voir la figure 4-7), l’équation suivante donnera la bon diamètre:
95 . −9
DOP = 9 + (∆HOP − ∆H9 )
∆H91/2 − ∆H9
ou ∆DOP: diamètre de l’impulseur requis à la hauteur de charge totale de la pompe;
∆HOP: la hauteur de charge totale de la pompe au point d’opération;
∆H9: la hauteur de charge totale de la pompe à l’intersection de la courbe de 9”
et le débit d’opération;
∆H91/2: la hauteur de charge totale de la pompe à l’intersection de la courbe de 9
1/2” et le débit d’opération.
Figure 4-7 L’interpolation du diamètre de l’impulseur.
4•6 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
Il est prudent de sélectionner une pompe ou il sera possible d’augmenter ou diminuer le
diamètre de l’impulseur pour augmenter ou diminuer le débit dans le système. Je
recommande de sélectionner une pompe qui aura un diamètre d’impulseur entre 1/3 et
2/3 de la gamme disponible et permettant d’opérer dans la zone de haut rendement
(voir la figure 4-8). Aussi on doit éviter d’aller trop loin d’un côté ou l’autre du P.R.M., on
devrait restreindre notre sélection à des points qui se trouve dans la zone sélection de
préférence (voir la figure 4-8).
Figure 4-8 Région de sélection de préférence du diamètre de
l’impulseur.
4.4 LA COURBE DE SYSTÈME
La courbe de système est un tracé de la hauteur de charge totale vs. le débit pour un
système donné (voir la figure 4-9). La forme de la courbe du système dépend des
particularités du système. L’équation de la courbe du système est l’équation de la
hauteur de charge totale:
∆H P ( q ) = ∆H F ( q ) + ∆H EQ ( q ) + ∆H v ( q ) + ∆H TS
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4•7
Figure 4-9 Superposition de la courbe du système sur les
courbes caractéristiques.
La courbe de système est surimposée sur la courbe caractéristique de la pompe. La
hauteur statique totale est constante et les autres composantes, la perte de charge
due au frottement dans la tuyauterie, les équipements et la hauteur de charge
cinétique, varient avec le débit.
Le point d’opération est le point sur la courbe de système correspondant au débit et
hauteur de charge totale requise. C’est aussi le point ou la courbe du système
recoupe la courbe caractéristique de la pompe.
4.5 LE POINT D’OPÉRATION
On peut maintenant aborder la question posée dans l’exemple 2.1, c’est à dire
comment peut-on garantir que la pompe fournira le débit requis de 500 USGPM à la
hauteur de charge totale requise de 70 pieds?
Localisez le point d’opération (hauteur de charge et débit) sur la charte de
couverture (voir la figure 4-2), ceci identifiera la grosseur de la pompe et la vitesse.
Localisez ensuite la charte des courbes caractéristiques de cette pompe et situez le
point d’opération.
4•8 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
Figure 4-10 Localisation du point d’opération dans l’exemple 2.1.
Déterminez le diamètre de l’impulseur. Celui-ci sera approximativement 8.75". La
courbe pointillée de la figure 4-10 représente la courbe caractéristique de la pompe.
La pompe opère seulement sur sa courbe caractéristique. L’intersection de la courbe
du système avec la courbe caractéristique définit la point d’opération, ce qui est le
seul point à partir duquel la pompe et le système peuvent opérer.
Souvent une question en amène une autre: Comment la pompe se rend t-elle au
point d’opération à partir du moment de son départ?
Il y a deux méthodes pour partir une pompe. La méthode 1 est avec la vanne de
décharge fermée et la méthode 2 avec la vanne de décharge ouverte. La vanne de
décharge est la vanne située immédiatement à la sortie de la pompe.
Méthode 1 (vanne de décharge fermée)
Les pompes sont souvent parties avec la vanne de décharge fermée. Aussitôt que la
pompe est partie, la hauteur de charge augmente jusqu’au point D (voir la figure 4-11).
La courbe du système à ce moment est verticale. En ouvrant la vanne graduellement
jusqu’à sa pleine ouverture, le point D se déplacera vers la droite pour se rendre jusqu’au
point C. La forme de la courbe du système est modifiée progressivement et l’intersection
de celle-ci avec la courbe caractéristique se déplace vers le point C. Cette méthode est
souvent utilisée pour partir des grosses pompes centrifuges et devrait toujours être
utilisée pour des pompes à débit de 500 USGPM ou plus.
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4•9
Figure 4-11 Partir la pompe avec la vanne de décharge fermée.
Méthode 2 (vanne de décharge ouverte)
L’autre méthode est de partir la pompe avec la vanne de décharge ouverte. Quand la
pompe part, la vitesse de rotation initiale est basse et produit peu de hauteur de
charge et de débit. Plus la vitesse augmente, plus le débit et la hauteur de charge
augmentent. La courbe caractéristique est différente à chaque vitesse de sorte qu’il y
a une intersection avec la courbe du système à différents endroits jusqu’à temps
d’arriver à la vitesse d’opération et le point d’opération B. Cette transition s’effectue
très rapidement puisque la pompe atteindra sa pleine vitesse en quelques secondes.
Le désavantage de cette méthode est quelle peut produire des ondes de choque
(coups de bélier) qui peuvent endommager la tuyauterie ainsi que les équipements.
Figure 4-12 Partir la pompe avec la vanne de décharge ouverte.
4 • 10 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
La méthode 1 est préférée pour partir une pompe. On installe souvent des vannes
semi-automatiques qui peuvent s’ouvrir lentement lors de la partance d’une pompe
pour minimiser les coûts de la main-d’œuvre.
4.6 LA MARGE DE SÉCURITÉ SUR LA HAUTEUR DE CHARGE TOTALE OU LE DÉBIT
Avant de finaliser votre choix du diamètre de l’impulseur, considérez si vous devez
inclure une marge de sécurité dans votre sélection ou non.
Il y a différentes marges de sécurité qu’on peut appliquer, l’une est sur la hauteur de
charge et l’autre sur le débit. Doit-on utiliser les deux? Voyons ce qui se passe si on
met une marge sur la hauteur de charge seulement.
Figure 4-13 Effet de la marge de sécurité sur le débit et la
hauteur de charge.
Marge de sécurité sur la hauteur de charge totale
Point 1 sur la courbe caractéristique A est le point d’opération (voir la figure 4-13)
avant qu’on applique une marge de sécurité. Si on applique un facteur de 10% sur la
hauteur de charge, on sélectionne un plus gros impulseur et le point d’opération sera
maintenant au point 2. Pour opérer au point 2, la courbe du système initiale doit
avoir été modifiée en courbe c. La seule explication pour cette modification est que
nous avons sous-estimé la perte de charge due au frottement. Si nos calculs de pertes
s’avèrent exacts alors le point d’opération doit se déplacer vers le point 3 sur la
courbe caractéristique C (en présumant qu’il y ait assez de puissance pour opérer au
point 3). Si on doit retourner au débit initiale qui correspondait point 1, on devra
fermer une vanne pour créer plus de hauteur de charge à la pompe changeant ainsi
la courbe de système et ramenant le point d’opération au point 2.
Marge de sécurité sur le débit
Si on décide d’appliquer une marge sur le débit de 10%, on devra sélectionner la
courbe caractéristique B. La courbe de système doit donc être la courbe d. Si on a
besoin de retourner au débit initial, alors le point d’opération se déplacera du point
4 au point 5 sur la courbe du système initial. À ce point on n’a pas encore atteint le
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4 • 11
débit initial, il faut fermer la vanne pour augmenter la hauteur de charge pour se
rendre finalement au point 6 (le débit initial) et une nouvelle courbe de système b.
Marge de sécurité sur la hauteur de charge totale et le débit
Si on décide de mettre une marge sur la hauteur de charge et le débit, alors on
sélectionnera l’impulseur C avec un point d’opération 3. Si on devait retourner à
notre débit initiale au point 1, on devra fermer la vanne jusqu’à ce qu’on est atteint
le point 2. Parce que les courbes caractéristique ont une hauteur de charge
décroissante quand le débit augmente, on obtient aussi une augmentation du débit
si on applique une facteur sur la hauteur de charge seulement. Donc une marge de
sécurité appliquée sur la hauteur de charge seulement nous donne aussi une marge
sur le débit.
4.7 L’OPÉRATION DE LA POMPE À LA DROITE OU GAUCHE DU POINT DE RENDEMENT
MAXIMUM (P.R.M.)
L’impulseur est soumis à des forces axiales et radiales. La force axiale qui est reprise par
les roulements de l’arbre d’entraînement de la pompe augmente avec le niveau de
pression dans le volute.
Figure 4-14 Les forces sur l’impulseur.
Il y a aussi une force radiale nette qui dépend du niveau de pression dans le volute et est
le minimum près du P.R.M. de la pompe. Cette force augmente rapidement plus on
s’éloigne (voir la figure 4-15) d’un côté ou de l’autre du P.R.M. (pour plus d’information
voir la référence 16).
4 • 12 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
Figure 4-15 Les variations de la force radiale par rapport à la position du point
d’opération vs. le P.E.M. (source :le Pump Handbook publié par McGraw-Hill, ré-
imprimé avec la permission de McGraw-Hill).
Figure 4-16 La variation du niveau de vibration par
rapport à la position du point d’opération vs. le P.E.M.
(source : la catalogue de pompes Goulds, ré-imprimé
avec la permission de la compagnie Goulds).
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4 • 13
Quelles sont les conséquences d’opérer à gauche ou à droite du P.E.M.
À la droite du P.E.M. ou à débits élevés
L’opération de la pompe loin à droite du P.E.M. doit être évité. Plus le débit
augmente, plus le T.N.P.S. augmente et plus on risque la cavitation (voir la figure 4-
5). La force radiale sur l’impulseur augmente ainsi que le niveau de vibration (voir la
figure 4-15 et 4-16).
À la gauche du P.E.M. ou à débits faibles
L’opération de la pompe à débits faibles a plusieurs conséquences néfastes qui
peuvent être anticipés et évités. Quelques-unes unes de celles-ci sont:
• L’opération à débits faibles
À l’occasion, un débit moindre peut être requis par le procédé. On peut
accommoder cette variation en utilisant un entraînement à vitesse variable,
ou des pompes multiples permettant d’en arrêter une pour augmenter le
débit de la pompe en opération.
• Charges plus élevées sur les roulements
Les roulements d’une pompe centrifuge standarde à simple volute seront
soumis à des charges plus élevées. On peut s’attendre à un vie d’opération
réduite des roulements.
• Augmentation de la température
Plus on diminue le débit, plus la température du liquide augmente. Pour
éviter un dépassement de la limite critique on devrait utiliser une ligne de
recirculation.
• Recirculation interne
À des débits faibles, la pompe centrifuge recircule le fluide à l’intérieur du
volute. Cette recirculation est présente au bout des palles de l’impulseur et à
l’œil de l’impulseur. Ceci peut causer des variations de pression et du
dommage à l’impulseur semblable à la cavitation mais à des endroits
différents (voir la figure 4-17).
Figure 4-17 Recirculation du fluide à l’intérieur
d’une pompe centrifuge (réimprimé avec la
permission de McGraw-Hill).
4 • 14 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
4.8 LA HAUTEUR DE CHARGE À DÉBIT NUL
La hauteur de charge à débit nul est la hauteur de charge totale produite par la
pompe au débit zéro (voir la figure 4-18). La hauteur de charge à débit nul est
importante pour 2 raisons:
1. Dans certains systèmes, le tuyau de décharge de la pompe doit se rendre à un
niveau élevé avant de redescendre vers le réservoir de décharge. Lors du
départ de la pompe, le fluide doit en premier se rendre au niveau le plus haut
avant de redescendre. Si la hauteur de charge à débit nul est inférieur à la
hauteur statique correspondante au point le plus haut on ne pourra établir
l’écoulement dans le système.
2. Durant le départ d’une nouvelle pompe, une façon rapide d’évaluer la pompe
et de juger si elle a la capacité de fournir le débit à la pression requise est de
mesurer sa hauteur de charge à débit nul.
Figure 4-18 Tuyau de décharge élevé par
rapport au réservoir de décharge.
SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES 4 • 15
Figure 4-19 Position du point de la hauteur de charge à débit
maximum et à débit nul.
4.9 LA PUISSANCE À L’ARBRE DE LA POMPE
La demande de puissance du moteur de la pompe est directement proportionnelle à
la différence de pression entre la décharge et l’aspiration de la pompe ∆pP et le débit
q.
P = ∆p P q
On exprime l’équation ci-haute en utilisant les unités du système impériale:
∆p P ( psi) q (USgal / min)
P(hp ) = [4-1]
1714.2
∆pP est convertit en hauteur de charge avec l’équation [1-5]:
∆p P (psi ) = 1 GS ∆ H P (pi fluide )
2.31 [4-2]
En substituant l’équation [4-2] dans l’équation [4-1] on obtient:
GS ∆H P (pi fluide) q(USgal / min)
P(hp)= [4-3]
3960
L’équation [4-3] est vraie si la pompe a un rendement de 100%. Des données sur le
rendement de la pompe sont fournies par les manufacturiers. Tous les
4 • 16 SÉLECTION DE POMPES ET INTERPRÉTATION DES COURBES CARACTÉRISTIQUES
manufacturiers font des essais de rendement sur leur pompe et les résultats sont
tracés sur les courbes caractéristique de chaque pompe. La vrai puissance requise en
tenant compte du rendement est:
GS ∆H P(pi fluide) q(USgal / min)
P(hp)=
3960η [4-4]
ou η est le rendement de la pompe. Si le rendement de la pompe est 60% alors la
valeur de η est 0.6.
C’est une bonne pratique de concevoir la base de la pompe de telle sorte que le
moteur sélectionné s’installera sur des cales épaisses. De cette façon, si on doit
installer un moteur plus gros avec une carcasse plus grosse, la carcasse plus grosse
pourra s’installer en enlevant les cales. Ceci permettra d’installer un moteur avec une
carcasse plus grosse sans modifications majeures.
Pour résumer ….
1. La hauteur de charge est indépendante de la densité du fluide.
2. Pour des fluides autres que l’eau, on doit établir si le type de fluide est neutoniens
ou non. Beaucoup de fluide pure sont neutonien, voir le tableau des propriétés
rhéologique dans l’appendice A. Si le fluide est non neutonien, dépendamment de la
sévérité du comportement une pompe centrifuge ne sera peut être pas le mécanisme
de pompage approprié. Si le fluide est neutonien mais avec une viscosité différente
de l’eau, il faudra appliquer un facteur de correction (voir les références 1 et2).
3. Assurez-vous que la base de la pompe permet l’installation de cales épaisses pour
le moteur, permettant d’installer un moteur avec une carcasse plus grosse quand les
cales sont enlevées.
4. Sélectionnez une pompe avec un impulseur qui n’est pas trop près de son
maximum ni son minimum permettant une augmentation ou diminution future du
débit.
5. Déterminez la hauteur de charge statique correspondante au point le plus élevé
du système et assurez vous qu’elle est plus petite que la hauteur de charge à débit
nul.