Partie 1
Introduction
aux Systèmes d’Information
Chapitre 1
Système d’information et informatique
Objectifs
}
Maîtriser la notion d’information
}
Savoir ce qu’est un système d’information et connaître ses possibilités
d’organisation ainsi que ses principales fonctions.
} Connaître les principales stratégies d’externalisation dans le domaine des
Systèmes d’Information.
} Connaître les principales caractéristiques du secteur informatique
Introduction
L’activité d’une entreprise est répartie au sein de différentes fonctions. Certaines fonctions ont
pour objectif la production de biens et/ou de services alors que d’autres sont chargées de leur
commercialisation. Il existe également des fonctions support qui fournissent des moyens
complémentaires nécessaires à l’exercice des activités qui correspondent au cœur de métier de
l’entreprise. C’est le cas de la fonction Système d’Information (SI) qui a la charge conjointe de
la gestion du système d’information et du management des technologies de l’information (et
donc de l’informatique). C’est par l’intermédiaire de structures et de procédures que s’exerce ce
management et il est donc nécessaire de créer non seulement les structures de gestion adéquates
mais aussi une architecture technologique adaptée. La recherche de compétences spécifiques et
le souhait de mieux maîtriser les coûts amènent parfois les organisations à recourir à une
externalisation partielle ou totale de la fonction SI.
I La notion d’information
1. Définition
L’information constitue le support des connaissances et des communications humaines.
Elle est à la fois un outil de communication interne (elle permet d’assurer la coordination entre
les différents services et acteurs de l’entreprise), un outil de communication externe (une
organisation diffuse de l’information vers son environnement extérieur en faisant par exemple
de la publicité) et un outil de cohésion sociale (la diffusion d’informations sur les rôles de
chacun dans l’entreprise permet de renforcer le sentiment d’appartenance à l’organisation et
donc la motivation collective).
On utilise parfois indifféremment les termes information et donnée. En fait, une don-
née ne devient une information que lorsqu’elle est reçue par un être humain qui en fait une
interprétation. La signification d’une donnée brute n’est donc pas la même d’une personne à une
autre.
EXEMPLE
La taille d’un enfant n’a pas la même signification pour l’enfant (elle lui permet juste de la
comparer éventuellement avec celle de ses amis) et pour le responsable des accès à un
manège dans un parc d’attractions (si elle est inférieure à une taille minimum, elle ne
permet pas à l’enfant d’accéder au manège).
Dans le contexte d’une entreprise, les données stockées dans le système informatique sont la
traduction codée d’informations, ce qui explique que les deux termes, information et donnée, soient
le plus souvent considérés comme synonymes.
2. Les caractéristiques de l’information
Une information possède un certain nombre de caractéristiques :
– La forme : l’information peut être écrite, orale, visuelle, olfactive, tactile ou encore gustative.
Quelles que soient leurs formes, lorsque les informations sont le résultat d’opérations de
traitement à partir d’informations brutes, on parle d’informations structurées (par exemple un
bilan comptable) alors qu’on parle d’informations non structurées dès qu’elles sont obtenues
seulement à partir des moyens d’expression naturels de l’être humain (par exemple, une
simple note manuscrite portée sur un « Post- it »).
– Le contenu sémantique : une information peut être plus ou moins sélective (apporte- 5 t-elle
beaucoup de connaissances nouvelles ?), plus ou moins synthétique (est- elle très agrégée ou
non ?) ou encore plus ou moins précise (est- elle totalement exhaustive ?).
EXEMPLE
Le fait de connaître la température qu’il fait à un endroit en degrés Fahrenheit est peu
sélectif si on connaît déjà la température en degrés Celsius car on peut la calculer avec
une formule de conversion. En revanche, le nombre de parts d’un foyer fiscal est une
information sélective si on connaît déjà le revenu imposable parce que cela permet de
calculer le quotient familial.
– Le coût et la valeur : on considère que le coût d’une information correspond à
celui de sa manipulation, c’est- à-dire de sa recherche, de sa saisie, de son
traitement, de son stockage voire de sa destruction. Il est donc difficile à déterminer
précisément mais la valeur d’une information est encore beaucoup plus difficile à
définir puisqu’elle peut être assimilée à sa capacité à améliorer la décision du
dirigeant et donc à lui éviter de commettre des erreurs. En clair, c’est l’utilité de
l’information pour celui qui la reçoit qui détermine sa valeur. En tout état de cause,
le coût d’une information n’est justifié que s’il est inférieur à sa valeur.
3. La qualité d’une information
Toutes les informations ne sont pas forcément de bonne qualité. Il y a trois critères es-
sentiels pour caractériser la qualité d’une information : sa fiabilité (est- elle exacte et à
jour ?) mais aussi sa disponibilité (parvient- elle au bon moment, aux bons destinataires
et sous une forme directement et rapidement exploitable ?) et sa pertinence (est- elle
fidèle à la réalité, autorisée par la législation et ni redondante ni calculable à partir
d’autres informations ?). Sauf dérogation, les informations relatives à la race, la religion,
l’appartenance à un parti politique ou à un syndicat ne peuvent être mémorisées par les
organisations.
EXEMPLE
Si la date de naissance d’un individu est déjà mémorisée dans une base de données, son âge
n’est pas une information pertinente puisqu’il est calculable à partir de la date de naissance.
II Le système d’information
1. Le système entreprise
Une entreprise est une organisation économique intégrée dans un environnement, dotée
d’une autonomie juridique et combinant des facteurs de production pour produire des biens et
services destinés à être vendus sur un marché. De ce fait, elle possède clairement toutes les
caractéristiques des systèmes tels qu’ils ont été définis dans la théorie générale des systèmes.
Comme tout système elle est composée de plusieurs sous-s ystèmes interagissant entre eux. En
l’occurrence, il y en a trois :
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– Le système opérant : il est également nommé système opératoire ou système de production et
réalise la production physique des biens et des services. Son activité est contrôlée
par le système de décision. Il est relié à l’environnement par des flux physiques
externes et aux autres sous- systèmes par des flux internes d’information.
– Le système de décision (également appelé système de pilotage ou système de management)
finalise l’entreprise en lui assignant ses objectifs. Il analyse l’environnement et le
fonctionnement interne de l’entreprise. Il assure le contrôle des tâches et assure la régulation
du système. Il est relié aux autres sous-s ystèmes par des flux internes d’information.
– Le système d’information a un rôle central puisqu’il alimente l’entreprise en informations.
Pour cela, il mémorise les informations, les traite et les communique aux deux autres sous-s
ystèmes auxquels il est relié. Toutes les informations de l’entreprise, d’origine externe ou
interne, passe donc par le Système d’Information.
La figure ci- après montre de quelle manière les différents sous-s ystèmes sont interdé-
pendants.
L’analyse systémique de l’entreprise correspond à une approche en termes de flux visant
à mettre en évidence les interactions à l’intérieur de l’entreprise entre le système d’information, le
système de décision et le système opérant et les échanges entre l’entreprise et son environnement
extérieur.
On distingue deux types de flux :
– Les flux physiques qui correspondent soit à des flux logistiques (matière 1 re, en- cours de
production, produits finis, etc.), soit à des flux financiers.
– Les flux d’information qui traduisent les divers échanges d’information entre l’entreprise et
son environnement extérieur ou des transferts d’information au sein de 7 l’organisation.
2. Le système d’information
a. Définition
Le système d’information (SI) peut être défini comme un ensemble organisé de ressources
(matériel, logiciel, personnel, données, procédures…) permettant d’acquérir, de stocker, de
traiter, de communiquer des informations de toutes formes dans une organisation.
– Il y a donc tout d’abord des individus : ce sont toutes les personnes qui utilisent le
système, qu’elles soient simples employés ou cadres. Elles sont concernées soit en
utilisant de l’information pour réaliser leurs tâches, soit en participant aux tâches
liées à l’acquisition, au stockage, au traitement ou à la communication
d’informations. Ce sont aussi les spécialistes des Systèmes d’Information dont le
rôle est la conception, la mise en œuvre et la gestion quotidienne du Système
d’Information.
– Il y a également des moyens matériels : ce sont tous les dispositifs physiques
permettant de recevoir, manipuler et émettre l’information ainsi que les supports de
l’information, qu’ils soient papiers, magnétiques, optiques ou encore électroniques.
– Il y a ensuite des logiciels et des procédures : les logiciels correspondent à
l’ensemble des programmes qui sont nécessaires au fonctionnement du Système
d’Information (lorsqu’il est informatisé bien évidemment). Comme un système
d’Information n’est que très rarement entièrement automatisé, les procédures
décrivent comment sont articulés les traitements manuels et les traitements
automatisés.
– Il y a enfin les données qui constituent la matière première des traitements. Elles
sont soit saisies et dans cette hypothèse, correspondent à des événements nouveaux
pour le Système d’Information, soit calculées et sont alors des résultats de
traitement.
Le SI ne doit donc pas être assimilé au système informatique qui n’en est qu’un sous-
ensemble. Le système informatique constitue un support du SI qui prend en charge l’information
numérisée et les traitements automatisés. D’une manière générale, ce sont la taille, le secteur
d’activité, l’ancienneté de l’organisation mais aussi la stratégie des dirigeants qui déterminent le
niveau d’automatisation d’un SI.
b. Typologie des systèmes d’information
En fonction de leurs objectifs, on distingue deux types de systèmes d’information :
– Les SI supports d’opérations : ils ont pour objectif d’assister le traitement des opérations
quotidiennes liées à l’exercice de l’activité de l’entreprise. Il s’agit des systèmes de traitement
des transactions (ventes, achats, règlements, encaissements, etc.), des systèmes permettant de
supporter et de contrôler les processus industriels et des systèmes support des opérations de
bureau et de communication (systèmes de messagerie internes et externes ou collecticiels par
exemple).
– Les Systèmes d’Information supports de gestion qui ont pour objectif la fourniture
d’information pour les décideurs dans le but de les assister dans leurs processus de
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décisions.
Dans la pratique, les entreprises disposent d’applications informatiques qui couvrent
différents domaines et qui incluent donc, de fait, un support pour les transactions, et/ou
des possibilités en termes de bureautique et de communication et/ou une assistance pour
la prise de décision, etc.
c. Les fonctions du Systèmes d’Information On
attribue quatre fonctions principales au SI :
– l’acquisition de l’information. Cette fonction correspond en réalité à différents
types de tâches : dans un premier temps, il s’agit de collecter les informations (tâche
dite d’écoute). Dans un deuxième temps, il faut retenir, parmi les informations
collectées, celles qui sont pertinentes en regard des activités de l’entreprise (tâche
d’analyse). Enfin, dans un dernier temps, il faut entrer les informations retenues
dans le Système d’Information (tâche de saisie). Le recueil des informations est
réalisé auprès de sources externes qui correspondent à toutes les composantes de
l’environnement qui génèrent de l’information (organismes professionnels par
exemple) et de sources internes qui correspondent à toutes les composantes de
l’entreprise qui produisent de l’information (ex : service comptable)
– la mémorisation de l’information. Il met en œuvre des moyens techniques et
organisationnels (méthodes d’archivage par exemple) pour stocker les informations
de manière durable et stable (sous forme de bases de données principalement).
– l’exploitation de l’information. Cela signifie qu’il doit pouvoir effectuer un certain
nombre d’opérations de traitement sur les informations mémorisées : recherche,
consultation, organisation, mise à jour et production (à partir de règles de calcul).
– la diffusion de l’information. Il s’agit de la mise à disposition de l’information
pour ceux
qui en ont besoin au moment où c’est nécessaire, sous une forme directement exploitable.
III L’organisation de la fonction Système d’Information
La fonction Système d’Information a un rôle d’appui vis- à-vis des deux pôles d’activité
principaux d’une entreprise, à savoir la production et la commercialisation. La mise en place des
structures de gestion nécessaires pour appliquer la stratégie décidée par les dirigeants en matière
de SI est une problématique qui ne peut être déconnectée de celle de l’agencement des
ressources technologiques puisque la répartition des moyens de traitement, de communication et
de stockage détermine, dans une certaine mesure, l’agencement des structures de gestion.
1. L’architecture technologique
Au début de l’informatique dans les organisations, l’architecture technologique, quali- 9
fiée d’architecture centralisée, était très simple puisqu’un unique ordinateur (qualifié de
Mainframe) traitait des données qui lui étaient acheminées sur des supports divers (bandes,
disques, etc.) puis les résultats des traitements étaient renvoyés vers les services concernés
sous la forme de documents papiers. Cette architecture a rapidement été améliorée avec le
développement des moyens de télécommunication qui ont permis aux utilisateurs d’entrer
les données à partir de leurs postes de travail ainsi que d’y consulter les résultats des
traitements demandés. On parlait alors d’architecture distribuée. La croissance très
rapide des besoins en traitement a conduit les entreprises à introduire, à côté de
l’ordinateur central, d’autres ordinateurs de moindre puissance chargés de traitements
spécialisés. L’ordinateur central est ainsi relié à différents réseaux locaux et son travail se
limite, dans cette architecture, qualifiée d’architecture répartie, à des traitements
complexes et généraux réalisés à partir des données produites au niveau local et transmises
à la plateforme centrale. Les utilisateurs peuvent donc aussi bien réaliser des traitements de
manière autonome qu’utiliser les capacités de traitement de l’ordinateur central.
Pour les organisations, la question du choix entre cette dernière et une architecture
distribuée est d’actualité puisqu’elle pose inévitablement des problèmes de contrôle et
de cohérence globale. En réalité, il est difficilement envisageable à l’heure actuelle
d’aller vers le « tout centralisé » mais il est également clair que le degré de
décentralisation de l’architecture technologique doit varier en fonction des spécificités
de l’organisation et de la stratégie définie par la direction en matière de Système
d’Information. La réponse donnée à cette question impacte directement les décisions en
matière d’acquisition des technologies.
2. Les structures et les acteurs de la fonction Système
d’Information
Dans une organisation, la fonction SI joue un rôle à plusieurs horizons :
– à court terme, tout d’abord, puisqu’elle prend en charge les différentes tâches indis-pensables à
l’utilisation quotidienne du Système.
– À moyen terme, ensuite : elle doit prendre en compte les nouveaux besoins des utilisa-teurs et
suivre les évolutions des technologies de l’information (veille technologique) qui pourraient
être intéressantes pour l’entreprise. Cela la conduit, soit à concevoir de nouvelles solutions
adaptées, soit, le plus souvent, à réaliser une adaptation des applications existantes.
– À long terme enfin, dans un objectif de planification, de façon à anticiper quels seront les
objectifs à atteindre par le développement de nouveaux systèmes d’information et à définir les
actions à entreprendre pour l’atteinte de ces objectifs.
Il n’existe pas de structure type pour la gestion du Système d’Information mais, pour
répondre à ces différentes missions, les organisations de taille importante disposent d’une
Direction des Systèmes d’Information (DSI). Dans les entreprises de tailles plus réduites, le
service Système d’Information se résume souvent à une petite équipe d’informaticiens placés
sous la responsabilité d’un responsable du SI, voire à un unique responsable informatique (dans
le cas de petites structures).
La taille et la structure de la DSI sont très variables d’une entreprise à l’autre. Elle est en
10 interaction permanente avec d’une part, la Direction Générale (DG) et d’autre part, toutes les
autres directions de l’entreprise (direction financière, direction des ressources humaines,
direction commerciale, etc.) que l’on qualifie de Directions Métiers (DM). Elle interagit
également avec des structures externes telles que les fournisseurs, les sociétés de
conseil, les clubs utilisateurs, etc.
La DSI a généralement à sa tête un Directeur des Systèmes d’Information
(également qualifié de DSI). Il est souvent membre du comité de direction ou de la
direction générale et doit définir la politique du Système d’Information et veiller à ce
qu’elle soit en parfaite adéquation avec la stratégie de l’entreprise. Il doit avoir des
compétences techniques puisqu’il