Antigone (Jean Anouilh)
Résumé
Antigone est une tragédie en un acte et en prose, de Jean Anouilh, écrite
sous l’Occupation allemande, en 1944 à Paris et publiée en 1946. Anouilh a
repris l’ancienne pièce éponyme de Sophocle, auteur de la Grèce antique, et
l’a modernisée, tout en gardant intacte l’intrigue.
En ouverture, le Prologue se tient au devant de la scène et présente les onze
personnages de la pièce. Le public les voit vaquer à leurs occupations en
arrière-plan pendant que le Prologue définit à tour de rôle leur caractère et
leur emploi.
Première partie
Antigone se fait surprendre par sa nourrice alors qu'elle rentre chez elle en
catimini aux premières lueurs de l'aube. Pressée par les questions de la
vieille femme, elle prétexte un rendez-vous nocturne afin de la rassurer.
Comme la nourrice sort, Ismène, la soeur d'Antigone, paraît et s'étonne du
lever matinal de la jeune fille. Au courant du projet de sa soeur d'ensevelir le
corps de Polynice malgré l'édit royal de Créon qui l'interdit, elle tente, en
vain, de la faire renoncer. Antigone semble plus que jamais déterminée.
Nouveau chassé-croisé entre la nourrice et Ismène. Antigone, en proie au
doute, cherche le réconfort auprès de la vieille femme. Sa nourrice, ignorant
sa résolution, ne comprend pas la portée de ses propos ambigus. Antigone
songe à la mort qui l'attend et demande à mots couverts à la vieille de tuer
sa chienne quand elle ne sera plus là.
Hémon, fils de Créon et fiancé d'Antigone, entre en scène. Sa promise le prie
de l'excuser pour leur dispute de la veille et se sent réconfortée par la
constance des sentiments amoureux que lui porte Hémon. Cependant, après
lui avoir fait promettre de ne pas la questionner, elle lui annonce qu'elle ne
sera jamais son épouse. Un malentendu s'installe entre les deux jeunes gens
: Antigone ne fait qu'anticiper sa mort prochaine tandis que son fiancé,
stupéfait par se retournement complet de situation, pense qu'elle le rejette.
Ismène, de retour, essaie une fois encore de raisonner sa soeur. Celle-ci lui
jette à la figure qu'elle a déjà défié l'autorité de leur oncle, et mis son projet
à exécution la nuit passée.
Créon apprend l'ensevelissement de Polynice par Jonas, un des gardes posté
à la surveillance du corps. Croyant à un complot, le roi laisse d'abord éclater
sa colère puis prend des mesures pour renforcer la garde autour du cadavre.
Il demande à Jonas de ne pas ébruiter l'affaire sous peine d'y perdre la vie.
Intermède
Au coeur de la pièce, pénètre le Choeur qui vient exposer au public sa
perception de la tragédie, en l'opposant au genre dramatique.
Deuxième partie
Antigone apparaît sur scène, traînée brutalement par trois gardes qui l'ont
surprise près du corps de Polynice. Ils la traitent sans ménagement
puisqu'ils ignorent son identité.
Arrive Créon qui somme les gardes de s'expliquer sur l'arrestation de sa
nièce. Après avoir écouté leur rapport sans y croire, le roi les fait mettre au
secret pour éviter le scandale.
Resté seul avec sa nièce, Créon commence alors à l'interroger. Pour lui, la
solution est simple. Il suffit d'étouffer le scandale dans l'oeuf. Mais c'est
compter sans la personnalité d'Antigone qui rétorque qu'elle n'a cure du
scandale et recommencera.
La confrontation monte alors en intensité et Créon se met lui-même au défi
de parvenir à apprivoiser cette enfant rebelle. Il change maintes fois de
tactique pour l'amadouer. S'installe alors un dialogue de sourds. Les
justifications politiques de son édit, au lieu de toucher Antigone, ne font que
la dégoûter davantage. Créon perd peu à peu son sang-froid. Il finit par lui
peindre la vraie nature de ses deux frères, Polynice et Étéocle, et lui révèle
leur indignité. Antigone accuse le coup et manque de fléchir. Alors qu'elle est
prête à se soumettre, l'évocation par Créon de son futur bonheur
domestique avec Hémon remet le feu aux poudres. Révoltée par la
perspective d'une vie fade et sans relief, elle choisit d'affronter la mort et de
provoquer le scandale redouté par son oncle.
Ismène entre en scène, prête à partager le sort de sa soeur, mais Antigone
rejette son soutien en lui affirmant qu'il est « trop tard ». Créon appelle ses
gardes…à la grande satisfaction d'Antigone qui semble exaltée et soulagée à
l'idée de mourir.
Nouvelle entrée du Choeur qui supplie Créon de revenir sur sa décision. Le
roi réplique qu'il ne le peut car Antigone a déjà choisi son destin.
Hémon vient à son tour implorer son père mais en vain. Il sort en titubant
de douleur.
Antigone, dans l'attente de son châtiment, reste seule avec un garde qui
n'exprime aucune compassion. Son seul souci réside dans sa carrière et il lui
apprend sans ciller qu'elle sera enterrée vivante. Elle exprime le souhait de
dicter une lettre d'adieu destinée à Hémon. Là, elle confesse qu'elle ignore
finalement le sens de sa mort, qui lui paraît absurde. Mais au moment de
suivre les gardes, elle se reprend et corrige son message pour que ses
derniers doutes soient ignorés de tous.
Un messager vient apprendre à Créon que sa nièce est morte, après s'être
pendue dans son tombeau aux cordons de sa ceinture. Il lui annonce
également le décès d'Hémon qui s'est donné la mort avec son épée. Enfin, le
Choeur l'informe du suicide de sa femme, Eurydice, qui n'a pas pu survivre à
l'annonce de la mort de leur fils. Créon accueille toutes ces nouvelles
affreuses avec un calme surprenant et s'en retourne régler les affaires en
cours en compagnie de son page.
Le Choeur entre en scène et souligne la dimension dérisoire du duel
d'Antigone et de Créon et l'ironie du sort humain.