Tuberculose Oct2010
Tuberculose Oct2010
La découverte d’un cas de tuberculose maladie dans un établissement de santé nécessite des mesures
immédiates pour limiter la transmission croisée ainsi qu’une investigation à la recherche d'autres cas de
tuberculose maladie ou d’infections tuberculeuses récentes parmi les patients, le personnel ou tout sujet contact.
Ce document apporte une démarche pratique pour la réalisation de l'enquête avec quelques documents
techniques en annexe :
- obligation de vaccination par le BCG pour les professionnels de santé
- fiche technique : Masques
- fiche technique : Mesures préventives
- fiche technique : Modalités de suivi du personnel contact
- fiche technique : Modalités de suivi des patients contacts
- fiche technique : Modalités du contage tuberculeux
- boite à outils
Contexte épidémiologique
La tuberculose est une maladie infectieuse due à une mycobactérie du complexe tuberculosis. Les principaux sont
Mycobacterium tuberculosis, aussi appelé bacille de Koch (BK), Mycobacterium bovis et Mycobacterium
africanum. La transmission interhumaine se fait par voie aérienne, à partir des formes respiratoires de la maladie
qui sont les plus fréquentes. La transmission est interhumaine et se fait de manière quasi exclusive par voie
aérienne de microgouttelettes émises depuis les lésions pulmonaires du sujet malade.
Le risque de transmission est fonction de l’intensité de l’émetteur (densité de l’aérosol), de la virulence de la
souche et de la sensibilité du récepteur.
La dose infectante chez l'homme est faible, de l'ordre de 10 bacilles. Après une infection latente (ITL) chez l'adulte
non immunodéprimé, le risque de progression vers la tuberculose maladie (TM) est de 10% en moyenne. Ainsi, 1 à
4% des personnes en contact étroit ou régulier avec un malade à examen direct positif feront une TM.
Dès qu'une tuberculose respiratoire est suspectée, des précautions complémentaires d'hygiène de type "AIR" sont
mises en place. Le « CSHPF » recommande une durée de 3 semaines après le début du traitement. La levée
d'isolement devra être une décision médicale au cas par cas tenant compte d'un faisceau d'arguments.
La confirmation du diagnostic d’une tuberculose pulmonaire est bactériologique: par examen microscopique
directe, PCR, ou mise en culture.
En cas de doute sur l’existence d’une résistance aux antibiotiques de première ligne, cet isolement doit être
prolongé. Un tel doute peut être basé sur :
- un antécédent de traitement antituberculeux,
- un sujet en provenance d’un pays de forte résistance,
- un échappement clinique au traitement,
- une séropositivité pour le VIH.
Le délai de mise sous traitement doit être le plus court possible pour limiter les séquelles, diminuer le risque de
contamination de l’entourage et la diffusion du bacille.
La tuberculose est une des principales causes de mortalité dans le monde. D’après les estimations de l’OMS
(2007) chaque année, 8,8 millions de personnes sont nouvellement atteintes d’une tuberculose et le nombre de
décès était estimé en 2005 à 1,6 million.
En France, le nombre de cas de tuberculose diminue progressivement depuis les années 70. En 2008, le nombre
de cas de tuberculose maladie déclarés en France était de 5 758 soit 9 cas pour 100 000 habitants. Comparé à
2007, le nombre de cas a augmenté de 3,3% en 2008. Cette augmentation est plus modérée que celle observée
entre 2006 et 2007 (+ 4,7%) et ne s’accompagne pas d’une hausse du nombre de cas graves (méningites,
miliaires). La situation épidémiologique est comparable à celle des années précédentes et place la France comme
un pays à faible incidence de tuberculose, par ailleurs le niveau de résistance aux antituberculeux demeure faible
et stable.
Le risque de tuberculose maladie est cependant plus élevé en Ile-de-France et en Guyane, ainsi que pour des
groupes de population à risque (originaires d’Afrique subsaharienne, précarité/SDF, résidence en collectivité).
Dans ce contexte, la politique de lutte contre la tuberculose évolue : l’obligation de vaccination par le BCG chez
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l’enfant et l’adolescent est suspendue au profit d’une recommandation forte de vaccination des enfants les plus
exposés à la tuberculose. (cf Programme national de lutte contre la tuberculose 2007-2009).
En France depuis 1964, la tuberculose est une maladie à déclaration obligatoire (DO). La fiche de recueil de
DO est téléchargeable sur le site de l’institut de Veille Sanitaire (InVS) [Link], rubrique publication.
La lutte antituberculeuse relève de la responsabilité de l’Etat et donc des préfets de départements depuis la
recentralisation des compétences en matière de lutte antituberculeuse, intervenue le 1er janvier 2006 (en
application de la loi relative aux libertés et aux responsabilités locales du 13 août 2004). Les Centres de lutte
antituberculeuse (CLAT) sont présents dans tous les départements.
Doivent être signalés immédiatement à l’ARS et au Centre de lutte antituberculeuse (CLAT) du département
(maladie à déclaration obligatoire) :
- tout cas de tuberculose maladie (TM) confirmée ou suspectée quelque soit l'âge et même si le patient est
décédé
- tout cas d'infection tuberculeuse latente chez un enfant de moins de 15 ans (ITL).
Tout cas de tuberculose nosocomiale doit faire l'objet également d'un signalement à l’ARS et au CCLIN dans
le cadre du décret n° 2001-671 du 26 juillet 2001 selon les critères suivants :
- 1.a. : infection nosocomiale ayant un caractère rare et particulier du fait : de l’agent pathogène en cause
(nature, caractéristique,ou profil de résistance)
- 4 : maladie devant faire l’objet d’une transmission obligatoire de données individuelles à l’autorité sanitaire, en
application de l'article R. 11-2 et dont l'origine nosocomiale peut être suspectée.
- et éventuellement 2 en cas de décès de personne.
Caractéristiques bactériologiques
La présence de bacilles alcoolo-résistants (BAAR) à l'examen microscopique (EM) du frottis des prélèvements
respiratoires constitue le premier facteur de risque de transmission. Cependant un malade à EM négatif peut aussi
contaminer son entourage.
Caractéristiques cliniques
- les tuberculoses respiratoires (pulmonaire parenchymateuse, bronchique, laryngée, et pleurale) sont
contagieuses par voie aérienne,
- l’intensité et la durée de la toux (malades symptomatiques),
- expirations forcées spontanées (chants, cris) et provoquées par des manœuvres médicales à risque
(expectoration induite, kiné respiratoire, aérosols hypertoniques, fibroscopie bronchique, intubation,…), et lors
d’autopsies.
Caractéristiques radiologiques
La présence de cavernes est associée à un risque accru de transmission (inoculum important de 106 à 109).
Traitement et multirésistance
On n’admet habituellement qu’après deux à trois semaines de traitement antituberculeux adéquat, on peut
considérer que le cas n’est plus contagieux. Il faut cependant être prudent, notamment en cas d’absence de
négativation de l’examen microscopique du prélèvement respiratoire et lorsque l’on suspecte une tuberculose à
bacilles résistants ou quand les personnes exposées sont vulnérables (enfants, personnes immunodéprimées….).
La résistance à un seul antituberculeux de première ligne (ex. : isoniazide) n’a pas d’effet sur l’intensité de la
contagiosité. A contrario, la multirésistance (résistance à la fois à l’isoniazide et à la rifampicine) allonge la période
de contagiosité et, de ce fait, la transmission.
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• Caractéristiques du contact entre le cas et son entourage
La proximité
C'est la distance physique habituelle de rencontre du cas index et du contact (ex : distance de conversation).
La promiscuité est un facteur favorisant la transmission de l'infection et renvoie à la notion de confinement et de
proximité.
Ex : partage de même chambre ou bulle de 2m en milieu extérieur
Le confinement
Le premier facteur à évaluer est le volume du lieu de contact (réel ou virtuel en cas de ventilation) : plus il est
faible, plus la concentration est grande. Les autres facteurs à prendre en compte est le caractère fermé du lieu et
son aération.
Dans une collectivité, il est recommandé de procéder à l’évaluation des locaux, en tenant compte des pièces
fréquentées par le malade contagieux, de la circulation de l’air entre les pièces (pressions et ventilation, recyclage
ou non de l'air…).
La durée de l'exposition
Elle sera évaluée à partir de l’interrogatoire, en fonction de la durée de l'exposition des contacts (temps de
présence cumulé le cas échéant) auprès de la personne atteinte de tuberculose contagieuse. Une durée de
contact est classiquement considérée significative à partir de 8 heures consécutives ou cumulées mais il n'existe
pas de seuil minimal de durée mettant à l'abri du risque d'infection. En cas de manœuvre à risque, un seul contact
peut suffire.
L'enquête est coordonnée par une cellule opérationnelle comportant au moins le CLAT (selon le département, le
CLAT peut-être délégué au conseil général, à un établissement de santé ou à une association), et le cas échéant
les autorités sanitaires et le CCLIN-ARLIN, et localement :
- le président du CLIN,
- l’équipe opérationnelle d’hygiène,
- des cadres et médecins responsables du ou des services concernés,
- des cliniciens spécialisés (pneumologue, infectiologue, microbiologiste…),
- le médecin du travail,
- un représentant de la direction, et selon les cas,
- un représentant de la direction des soins, du CHSCT,
- du responsable de la gestion des risques quand il existe.
Evaluation du risque
La recherche de l'exposition d'autres personnels est à la charge de la médecine du travail, modulée selon le niveau
de risque du secteur hospitalier conformément aux recommandations du CSHPF.
Evaluation du risque
Apprécier la durée d'exposition par un interrogatoire du personnel et de l'équipe d'encadrement sur les activités
précises du cas pendant son temps de travail.
- un numéro d’appel gratuit peut être mis en place dans l’établissement ou par l’intermédiaire d’un organisme
spécialisé afin de permettre aux patients ayant reçu le courrier d’obtenir des précisions sur les risques
encourus, la maladie et leur cas en particulier et les coordonnées du CLAT dont ils dépendent.
La gestion des appels est assurée par du personnel non médical formé par la cellule opérationnelle à l’aide de
guide de réponses rédigées. Un planning d’astreintes de médecins référents susceptibles de répondre en 2ème
ligne et/ou de donner un rendez-vous de consultation est à organiser. Des appels peuvent être aussi directement
pris en charge par le service de pédiatrie en cas d’enfant concernés.
La relance est à discuter au sein de la cellule opérationnelle. Cependant sont à gérer les courriers ne répondant
plus à l’adresse, en se donnant les moyens d’identifier une nouvelle adresse.
L'enquête ne sera réalisée que dans le cas où les mesures complémentaires d'hygiène de type "AIR" n'ont pas été
appliquées durant toute la période de contagiosité du patient.
Dans ce cas, le clinicien en charge du patient prévient le CLIN qui se met en relation avec le CLAT.
L'investigation et le suivi du personnel exposé est à la charge de la médecine du travail, modulée selon le niveau
de risque du secteur hospitalier conformément aux recommandations du CSHPF. Les résultats sont transmis au
CLAT.
Rappel : tout personnel ayant participé à une manœuvre médicale à risque chez le patient doit être
systématiquement suivi.
L'enquête sur la cohorte des patients exposés est coordonnée par le CLAT en collaboration avec le CLIN local,
l'EOH, les cadres et médecins responsables du service.
Cette cohorte est définie pour la période où le patient contagieux n'est pas encore isolé.
Elle est souvent limitée aux voisins de chambre, mais possiblement étendue aux autres patients du service (si
patient déambulant), voire d'autres services (consultations, radiologie, rééducation, urgences …).
Le suivi des patients contacts est effectué par le CLIN en collaboration avec le CLAT au sein de l'établissement, et
coordonné par le CLAT après leur sortie.
Ne pas oublier de prendre également en compte : les visiteurs du patient, les bénévoles, le personnel en formation,
le personnel intérimaire, de nuit …
Nouveautés
Confirmation du diagnostic : examen microscopique direct, mise en culture mais aussi PCR. Un
malade à EM négatif peut aussi contaminer son entourage.
Durée de la contagiosité : 3 mois avant la mise sous traitement et plus si symptomatologie ancienne.
Celle-ci est fortement réduite après 2 à 3 semaines de traitement même si le malade peut rester
contagieux au-delà de 3 mois.
Il faut être prudent en cas d’absence de négativation de l’EM et lorsque l’on suspecte une tuberculose à
bacilles résistants ou quand les personnes exposées sont vulnérables (enfants, immunodéprimés…).
Durée du contact : considéré significatif à partir de 8 heures cumulées mais il n’existe pas de seuil
minimal de durée mettant à l’abri du risque d’infection.
En établissement de santé, un temps cumulé de contact entre le personnel et le soigné d’une heure peut
être proposé.
Durée de précautions complémentaires type air : le CSHPH recommande 3 semaines après le début
du traitement.
Traitement de l’infection latente : réduit de 90% le risque de développer la maladie.
Courrier type : information des patients exposés (CSHPF 2006).
Investigation Octobre
CCLIN Sud-Est : coordonnée
2010 par le CLAT, l’établissement et si nécessaire
6/16 le CCLIN – ARLIN.
Annexes
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande la levée de l’obligation de vaccination par le BCG pour
les professionnels et les étudiants des carrières sanitaires et sociales mentionnés aux articles L.3112-1, R.3112-1
C et 2 du Code de la santé publique, accompagnée d’un maintien du test tuberculinique comme test de référence
lors de prise de poste.
Le CSHPF (2003) recommande, pour le choix des masques ET des appareils de protection respiratoire dans la
prévention de la transmission de la tuberculose en milieu de soins :
- pour le malade contagieux lors des contacts avec son entourage, environnement en dehors de sa
chambre, le port d'un masque de soins, dit aussi masque de type "chirurgical" (s'oppose à l'émission du
bacille à l'expiration),
- pour les personnels soignants et les visiteurs au contact du patient contagieux, le port d'un appareil de
protection respiratoire de type FFP1 au minimum (s'oppose à l'inhalation du bacille),
- pour les personnels soignants, dans certaines situations particulièrement à risque, telles que intubation,
expectoration induite, en cas de tuberculose multirésistante et dans toute situation favorisant l'émission ou
la transmission du bacille tuberculeux, le port d'un appareil de protection respiratoire de type FFP2*
(s'oppose à l'inhalation du bacille, avec une meilleure efficacité que le masque FFP1, mais une contrainte
de port plus importante).
L’efficacité globale des appareils de protection respiratoire dépend à la fois de la fuite au visage et de l’efficacité du
filtre. Enfin lors d’un isolement de type « aérien », l’appareil de protection doit être mis avant d’entrer dans la
chambre, correctement ajusté pour éviter les fuites et garantir son efficacité, et ôté après la sortie de la chambre du
patient une fois la porte refermée
Rappel technique
• Les masques
Le masque peut être indiqué pour protéger l’extérieur (patient ou environnement) contre les aérosols émis par le porteur : il
s’agit alors d’un masque médical anti-projection, efficace dans le sens de l’expiration.
C’est le cas des masques appelés anti-projection, masques de soins, masques d’hygiène ou masques chirurgicaux.
Il est important de savoir que l’efficacité de filtration de ces masques n’est testée que dans le sens de l’expiration. Ils ne
présentent ainsi aucune protection pour le porteur du masque, car même s’ils sont constitués de matériaux filtrants, ils
présentent une fuite au visage très importante. Certains modèles de masques médicaux toutefois, comportent une couche
imperméable et parfois une visière pour la protection de l’utilisateur contre les projections liquides ou les gouttelettes. Les
masques médicaux portent le marquage CE en conformité avec la réglementation européenne des dispositifs médicaux
(directive 93/42/CEE).
• Les appareils de protection respiratoire
L’autre type d’indication est la protection du porteur du masque contre les risques d’inhalation d’un air chargé de poussières ou
d’aérosols. Ces masques correspondent à des appareils de protection respiratoire.
Dans le milieu médical, les appareils filtrants utilisés sont le plus souvent des demi-masques jetables où la pièce faciale est
constituée du matériau filtrant lui-même (filtering face-piece particles ou FFP en anglais). Il faut rappeler que ces demi-masques
ne protègent en aucun cas contre les gaz ou les vapeurs toxiques.
Ils sont testés dans le sens de l’inspiration, selon 2 critères d’efficacité :
- la capacité de filtration :
o FFP1 : arrêtent au moins 80 % d’un aérosol de particules de 0,01 à 1 microns,
o FFP2 : arrêtent au moins 94 %,
o FFP3 : arrêtent au moins 99 % de cet aérosol.
- la fuite au visage :
o FFP1 : fuite totale inférieure à 22 %,
o FFP2 : inférieure à 8 %,
o FFP3 : inférieure à 2 %.
Il est donc impératif d’ajuster le mieux possible l’appareil de protection respiratoire au visage afin de limiter les fuites. Seules de
bonnes conditions d’utilisation garantissent une protection réelle. Une formation s’avère nécessaire pour apprendre au
personnel à ajuster efficacement cet appareil et vérifier l’absence de fuite (attention à l’incompatibilité possible avec le port de
barbe ou de lunettes !).
Conformément à la directive européenne 89/686/CEE (pour les équipements de protection individuelle), et comme tout appareil
de protection respiratoire, ces demi-masques jetables doivent impérativement porter les indications suivantes :
- la marque « CE »
- le n° et l’année de la norme correspondant au type d’appareil (EN 149 : 2001 pour les demi-masques filtrants contre les
aérosols)
- l’indication de la classe d’efficacité.
Une fiche de sécurité ED 105 de l’INRS (rédigée par Isabelle Balty), très précise et complète, présente les différents appareils
de protection respiratoire. Elle est disponible sur le site de l’INRS [Link]
accesParReference/ED%20105/$File/[Link].
Rappel : pour tout soin et tout patient, un strict respect des précautions standard et de la désinfection des mains
sont les garants d'une bonne hygiène de base
Pour faciliter l'application de toutes ses mesures, il est fondamental que l'équipe opérationnelle d'hygiène
forme et informe le personnel. L'EOH évaluera également leur mise en œuvre.
• Pour le patient
– le patient est en précautions complémentaires de type air, en chambre seule, porte fermée,
– les mesures préventives sont signalées sur la porte,
– le patient est informé de ces mesures qui doivent lui être expliquées ainsi qu’à son entourage,
– les déplacements du patient hors de la chambre sont limités au maximum et imposent le port d’un masque
chirurgical par le patient,
– certains examens comportant un risque élevé d’exposition tels que fond d’œil, fibroscopie bronchique ou
œsogastrique doivent être évités, sauf indication formelle et après information de l’examinateur.
Pour faciliter l’application de ces mesures, il est conseillé d’améliorer les conditions de vie en isolement :
téléphone, télévision, lecture.
BEH 1997. Tuberculose : traitement et prévention
BEH 1997 : au départ du patient, bionettoyage normal après avoir laissé la chambre vide en aération pendant au
moins 2 heures (ventilation ou fenêtre ouverte)
Ces Précautions Complémentaires d'Hygiène de type "AIR" doivent être mises en œuvre dans 3 ordres de
circonstances :
1) à la suspicion diagnostique de tuberculose pulmonaire contagieuse : dès l’entrée à l’établissement de
santé.
2) en cas de tuberculose pulmonaire contagieuse avérée
3) lors de certaines procédures à risque de déclencher la toux ou des expirations forcées, telles que
intubation, expectoration induite, kiné respiratoire, fibroscopie bronchique, aérosols, et ce, quel que soit le
patient.
Le CSHPF recommande une durée de 3 semaines après le début du traitement. La levée des précautions
complémentaires air devra être une décision médicale au cas par cas tenant compte d'un faisceau d'arguments :
- l’absence de facteurs de risque de multirésistance (primo-traitement, bonne réponse clinique au traitement),
- la diminution de la toux,
- l’intensité de l’inoculum de départ,
- l’environnement du patient et la présence ou non d’immunodéprimés dans le service d’hospitalisation.
Les mesures des précautions complémentaires air seront prolongées en cas de suspicion de résistance au
traitement ; un tel doute peut être basé sur :
- un antécédent de traitement antituberculeux,
- un sujet en provenance d’un pays de forte résistance,
- un échappement clinique au traitement,
- une séropositivité pour le VIH.
En fonction de ces différents facteurs, on peut arbitrairement opposer schématiquement 3 types de secteurs (UF
ou laboratoire) selon le niveau de risque de contamination :
- Secteurs à risque faible= secteur accueillant maximum 1 patient bacillifère chaque année
Les recommandations sont les mêmes qu'en population générale.
- Secteur à risque intermédiaire = secteur accueillant de 2 à 4 patients bacillifères chaque année
- Secteurs à risque élevé= secteur accueillant au moins 5 patients bacillifères chaque année
Pour les personnels des secteurs à risque élevé, les expositions potentielles peuvent être très fréquentes.
Secteurs à risque faible= secteur accueillant au maximum 1 patient bacillifère chaque année
En l’absence de survenue d’un cas contagieux, on ne conduit aucun dépistage systématique de la tuberculose
après l’embauche (ni IDR, ni radiographie du thorax). La surveillance comprend les visites systématiques
habituelles avec prescription éventuelle de radiographie au cas par cas. Les cas ponctuels de tuberculose
bacillifère doivent donc être systématiquement signalés au médecin du travail.
En présence d’un cas de tuberculose bacillifère (examen direct de l’expectoration positive), il doit d’abord évaluer
le risque par une enquête sur le terrain. Il établit une liste des sujets contacts exposés en distinguant plusieurs
niveaux. Les personnels ayant eu des contacts proches et répétés (en général, une dizaine de personnes comme
en population générale) sans mesures adéquates de protection respiratoire bénéficient d’une évaluation et d’un
examen de base répété à 3 mois.
M0 examen clinique, IDR (si l’IDR de référence était <10 mm),
radiographie (s’il n’y a pas de radiographie de moins de 3 mois dans le dossier)
information sur la tuberculose.
Une nouvelle IDR est pratiquée si elle était initialement < 10 mm et que le sujet n’a pas été mis sous
chimioprophylaxie. Si une conversion tuberculinique est dépistée (positivation de l’IDR ou variation de plus de 10
mm), une chimioprophylaxie doit être proposée.
Si des cas sont identifiés, le cercle du dépistage est élargi aux contacts moins étroits.
Secteurs à risque élevé = secteur accueillant au moins 5 patients bacillifères chaque année
Pour les personnels des secteurs à risque élevé, les expositions potentielles peuvent être très fréquentes. Les
signalements systématiques de chaque cas ont alors peu d’intérêt, sauf en cas d’enquête particulière (épidémie
nosocomiale, multirésistance). C’est pour ces secteurs que se justifie un suivi renforcé :
- bien informer les agents de l’intérêt de cette surveillance (consulter en cas de symptômes).
- surveillance radiologique lors de la 1e affectation dans ce secteur, puis tous les 1-2 ans.
- IDR tous les 2 ans si l’IDR de référence est < 10 mm, et tous les 5 ans si l’IDR est entre 10 et 14 mm.
Si, à l’occasion de cette surveillance, une positivation ou une variation de diamètre de plus de 10 mm est constatée
par rapport à l’IDR de référence, un traitement est proposé si cette conversion tuberculinique est récente (moins de
2 ans). Sinon, une simple surveillance est recommandée, sous réserve évidemment d’un examen clinique et d’une
radiographie pulmonaire normale.
Se développe à l’heure actuelle le recours aux tests de détection de la production d’Interféron gamma
(QuantiFERON-TB® et T-SPOT-TB®). L’intérêt majeur de ces techniques in vitro est l’emploi d’antigènes
spécifiques du complexe [Link], leur permettant d’échapper aux réactions croisées induites par la
vaccination par le BCG ou par la majorité des mycobactéries atypiques [CDC 2005 ; HAS 2006 ; Pie et al. 2008 ;
Diel et al. 2009].
En cas de tuberculose professionnelle, une enquête doit être systématiquement réalisée par le médecin du
travail, en collaboration avec le CLIN et le CHSCT pour :
– repérer et corriger éventuellement les dysfonctionnements en matière de prévention,
– dépister d’autres contaminations,
– réaliser une enquête autour du cas, tant au niveau de l’entourage que des patients qu’il a pris en charge, si le
soignant est bacillifère.
Un protocole de dépistage des personnes exposées est à définir conformément aux recommandations et en
accord avec les cliniciens.
Arbre décisionnel de la conduite à tenir en fonction de l’IDR à TO chez les individus de plus de 5 ans au
contact d’un sujet bacillifère (extraite des recommandations 2003 du CSHPF)
• ORGANISATION DU SUIVI
o CLIN exceptionnel définissant :
La cohorte des personnes exposées
La prise en charge des personnes exposées
L’organisation de l’information
o EOH : mesures complémentaires type « AIR » du et des cas et des sujets contacts
hospitalisés
o Médecine du travail : suivi des personnels contacts
o CLAT ou établissement de référence : suivi des sujets contacts hors établissement de santé
• DECLARATION
o Tuberculose = maladie à déclaration obligatoire (ARS)
• COMMUNICATION
o Communication interne :
Au personnel contact par la médecine du travail
Au(x) patient(s) et cas contact par le clinicien et/ou EOH
Ministère de la santé
- Dossier tuberculose [Link]
- Programme de lutte contre la tuberculose en France2007-2009. Juillet 2007, 72 pages.
• Règlementation
- Circulaire N° DGS/RI1/2007/318 du 14 août 2007 relative à la suspension de l’obligation de vaccination par le BCG des enfants et adolescents
- Circulaire INTERMINISTERIELLE N° DGS/MC1/DHOS/O2/DAP/DAGE/RI/2007/272 du 26 juin 2007 relative à la lutte contre la tuberculose en
milieu pénitentiaire : prévention, dépistage, continuité du traitement et formation des personnels
- Circulaire N°DGS/SD5C/2005/457 du 5 octobre 2005 relative à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG par voie
intradermique
- Circulaire N°DGS/SD5C/2004/373 du 11 octobre 2004, relative à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG, et à la
pratique des tests tuberculiniques
- Arrêté du 13 juillet 2004 relatif à la pratique de la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et aux tests tuberculiniques
- Décret n° 2004-635 du 30 juin 2004 relatif à la vaccination par le vaccin antituberculeux BCG et modifiant les articles R.215-2 et R.215-4 du
code de la Santé Publique
• HAS
- Diagnostic des infections tuberculeuses : avis concernant le test de détection de la production d'interféron gamma. HAS, 28 mai 2007 :
communiqué de presse - synthèse - rapport complet
• INRS
- Fiche de sécurité ED 105 (I. Balty) sur les appareils de protection respiratoire. Disponible sur le site [Link] -
- Risques infectieux en milieu de soins. Masques médicaux ou appareils de protection respiratoire jetables : quel matériel choisir ? INRS. 2005,
2 p.
• INSERM
- Tuberculose, place de la vaccination dans la maîtrise de la maladie. Expertise collective de l'INSERM, Décembre 2004. Synthèse
[Link]
• OMS
- Rapport de l'OMS 2009. Lutte contre la tuberculose dans le monde - épidémiologie, stratégie, financement. 2009. 5 pages.