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Cours de Risques Industriels

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EAD

COURS DE RISQUES INDUSTRIELS POUR L1 QHSE

PRESENTE PAR MONSIEUR : NGOMBET ITOUA OKOMBI


Ingénieur MQSE

ANNEE 2024-2025

p. 1
PLAN :
INTRODUCTION A L’ETUDE DES RISQUES INDUSTRIELS
PARTIE 1 : PRÉVENTION DES RISQUES : CE QU’IL FAUT
CONNAÎTRE ET IDENTIFIER

CHAPITRE 1 : RISQUES TECHNOLOGIQUES OU INDUSTRIELS DE


QUOI PARLE-T-ON
CHAPITRE 2 : PPRT : QUELLES INFORMATIONS RETENIR
CHAPITRE 3 : LES DISPOSITIFS DE GESTION DE CRISE
EXISTANTS
PARTIE 2 : DÉFINIR LES MESURES À PRENDRE
CHAPITRE 4 : INFORMER ET PRÉVENIR
CHAPITRE 5 : ORGANISER
CHAPITRE 6 : AMÉNAGER ET RÉALISER DES TRAVAUX

p. 2
INTRODUCTION A L’ETUDE DES RISQUES INDUSTRIELS
1.1. Rappels historiques sur quelques faits relatifs aux accidents
industriels

Avant d’aborder la présentation des risques industriels, il est important


de rappeler quelques évènements historiques qui ont entachés
l’évolution du monde industriel. Les plus marquants de ces évènements
sont :

1950 - 80 : la prise de conscience des risques industriels

1966 : Feyzin : la prise de conscience du risque BLEVE

1967 : la pollution marine du Torrey Canyon (droit international)

1971/1974: l’incendie d’hôtels au Brésil et en Corée (règles de


construction des immeubles de

grandes hauteurs).

1974 : Flix borough (lien maintenance/sécurité)

1976 : Seveso (gestion des grandes crises médiatiques)

1977 : Tenerife (communication et respect des procédures)

1978 : Los Alfaques (réglementation européenne sur le TMD)

1978 : Amoco Cadiz (non prise en compte du Torrey Canyon)

1979 : Tree Milles Island (lien maintenance/sécurité, crise médiatique,


facteur humain et formation des agents)

1984 : Bhopal (maintenance, organisation, formation et conception)

1984 : Mexico (répétition Feyzin)

1986 : Tchernobyl (prise en compte du sinistre maximum possible)

1987 : Challenger (analyse de sûreté de fonctionnement)

p. 3
1989 : Exxon Valdez (gigantisme des pétroliers et problèmes de
réglementation)
1.2. Conséquences de ces évènements

Ces accidents ont eu pour conséquence la prise de conscience sur les


risques et une évolution de la réglementation sur :

 la sécurité des installations électriques

 les installations Classées pour la Protection de l’Environnement

 la coactivité des entreprises

 les machines

 la sûreté des installations nucléaires

Aussi, l’analyse de ces grands accidents a fait ressortir 5 types de


dysfonctionnements sur :

 la connaissance des risques : ignorance ou inconscience

 la réglementation : non-respect des consignes de sécurité, règles de


l’art…

 les techniques : utilisation de matériel non adapté

 le facteur humain : comportement sociologique, physiologique…

 l’aléatoire : perturbations du contexte interne à l’installation ou


externes (lié à son environnement)

1.3 La notion de maîtrise d’un système industriel

La maîtrise d’un système industriel à risque permet de garantir la survie


de l’entreprise et de gérer ses risques. Elle permet ainsi d’utiliser une
méthodologie d’identification, de réduction et de financement des
risques, afin d’assurer:

 la sauvegarde du patrimoine

p. 4
 la sauvegarde des activités

 un équilibre économique

Ainsi, la gestion des risques permet de maîtriser les risques de


l’entreprise en mettant en place des décisions de management du risque
dirigé vers un Système de Management de la Sécurité. Les outils de
gestion de risques utilisés permettent ainsi d’analyser les risques à
travers l’identification des sources de danger et l’estimation du niveau de
risque. En outre, ils permettent d’élaborer un plan de gestion des risques
pour un objet, une situation ou un système complexe

1.4. Notions de base sur les risques

La connaissance des concepts de base sur les risques est indispensable


afin de maîtriser l’analyse des risques d’un système plus ou moins
complexe. Les termes clés les plus utilisés dans le vocabulaire
d’analyse des risques sont :

 Le danger : Il exprime un état ou situation comportant une potentialité


de dommage pour l’homme

 Le dommage : C’est ce qui porte atteinte à une valeur protégée


(hommes, biens, environnement…)

 Le risque : il représente la mesure du danger qui combine sa


probabilité et sa gravité R = P . G (cf. figure 1)

 La gravité : c’est la variable à 2 dimensions minimum : le nombre de


victimes et le coût

 La probabilité : c’est la possibilité de survenance de l’accident » On


parle aussi de : fréquence d’exposition au risque.

 La prévention : c’est ce qui agit sur la réduction des probabilités


d’apparition du danger

 La protection : c’est ce qui agit sur la réduction de la gravité des effets

p. 5
liés à l’apparition du risque (cf.figure 1)

 L’accident : c’est un événement ou suite d’événements non planifiés


entraînant des dommages : corporels, matériels, écologiques,
financiers ou des crises sociales ou technologiques.

L’accident vise généralement 4 types de cibles :


- Individus : opérateurs au cœur du système

- Tâche : activité humaine

- Installation : système de production

- Milieu : populations et écosystèmes

 Incident (ou presque accident) : c’est une situation dégradée où


l’accident a été évité grâce à une seule parade ou un concours de
circonstances.
 Effets dominos : Ce sont des événements où un premier accident
entraîne un ou plusieurs autres accidents à l’intérieur ou à l’extérieur
de l’établissement.

p. 6
Probabilité

1
Risque inacceptable

Mesures de
protection
S1

Mesures de
prévention
S2
Risque acceptable
Gravité
0
Très faible Catastrophique

Figure 1. Diagramme de mesure du risque

1.5. L’analyse des risques

L’analyse des risques est définie dans la norme ISO/CEI 51 comme


l’utilisation de toutes les informations disponibles pour estimer les
phénomènes dangereux et estimer le risque. L’analyse des risques peut
porter sur :

 un objet : dans ce cas, il faut utiliser un outil de sûreté de


fonctionnement (AMDEC, HAZOP, arbres logiques)

 un milieu plus complexe : il faut alors adopter une méthode utilisant


des démarches complètes (MOSAR)

Dans tout les cas, les méthodes d’analyse des risques peuvent être
regroupées en deux (2) grandes classes :

 Les méthodes d’analyse de risques a priori : ce sont les méthodes


élaborées avant l’apparition de tout accident. Il s’agit de prévenir les
défaillances d’un système et identifier les barrières de sécurité à

p. 7
utiliser. Ces méthodes d’analyse peuvent être mise en œuvre pour
assurer au système une certaine viabilité avant sa mise en
fonctionnement.

 Les méthodes d’analyse de risques a posteriori : méthodes utilisées


après l’apparition de l’accident (retour
d’expérience). Elles consistent à identifier après coup les facteurs
d’accidents pour éviter qu’ils ne se reproduisent. Ces méthodes ont
pour objectifs principaux :

- d’assurer la compréhension des causes qui ont permis la


construction des scénarios aboutissant à l’accident,

- d’éviter la survenue de ces causes dans le futur

1.5. La gestion des risques

Le processus général d’un mécanisme de gestion des risques peut être


résumé selon la figure 2.

p. 8
Analyse de risques
Définition des objectifs
Identification des dangers
Estimation des risques

Appréciation
des risques
Évaluation des risques

Détermination de l’importance des


risques Gestion des
risques
Analyse des options

Traitement et maîtrise des risques

Traitement des risques


Mise en œuvre
Suivi et contrôle

Figure 2. Schématisation du processus général d’un mécanisme de


gestion des risques

1.6 Définitions de base sur la sûreté de fonctionnement

Les concepts clés utilisé dans l’analyse et la gestion des risques dans
une démarche de sûreté de fonctionnement sont :

 La science des défaillances: c’est la probabilité que le matériel aura


un fonctionnement nominal une fois mis en action. L’étude de la

p. 9
sûreté de fonctionnement d’un système passe par l’utilisation
combinée d’un ensemble de méthodes permettant :
- la prévention des défaillances

- leur identification

- leur maîtrise

 La défaillance : Elle représente la fin de l’aptitude d’un dispositif à


accomplir sa fonction requise
 Modes de défaillance : « ce sont les effets par lesquels une
défaillance est observée ».
Exemples : fonctionnement prématuré, ne fonctionne pas au moment
prévu, défaillance en fonctionnement, ne s’arrête pas au moment
prévu...
 Sécurité « aucun incident n’est catastrophique » : c’est l’aptitude à ne
présenter aucun danger pour les personnes, les biens et
l’environnement.

p. 10
PARTIE 1 : PRÉVENTION DES RISQUES : CE QU’IL FAUT
CONNAÎTRE ET IDENTIFIER

CHAPITRE 1 : RISQUES TECHNOLOGIQUES OU INDUSTRIELS DE


QUOI PARLE-T-ON
I) Premières définitions
Un risque industriel majeur est défini comme un événement accidentel
pouvant se produire sur un site industriel mettant en jeu des produits
et/ou des procédés dangereux et pouvant entraîner des conséquences
immédiates graves pour les personnes, les biens et l'environnement.
Afin d'en limiter la survenue et les conséquences, les établissements les
plus dangereux appelés sites Seveso seuil haut sont soumis à une
réglementation particulière et à des contrôles réguliers.
L'aléa est la probabilité qu'un phénomène dangereux impacte une zone
donnée. Si celle-ci comporte des biens, des populations, appelés enjeux,
l'aléa aura des effets sur eux : destruction, blessures, etc.
Dans le cadre de la démarche PPRT ou PPRI, le choix a été fait d’agir
non seulement sur l’aléa en réduisant le risque généré par le site Seveso
seuil haut, mais aussi sur les enjeux en maîtrisant l’urbanisation et en
incitant à la mise en œuvre de mesures. Pour réduire le risque, les
responsables d’entreprises voisines ont un rôle important à jouer en
protégeant les personnes (salariés, visiteurs, etc.) dont ils ont la
responsabilité.

p. 11
p. 12
L’aléa technologique est défini par trois caractéristiques :
• l’intensité qui correspond à la puissance et la portée du phénomène
dangereux ;
• la cinétique, c’est-à-dire la vitesse de développement du phénomène.
L’accident peut être immédiat (cinétique rapide) ou survenir plusieurs
heures (cinétique lente) après les premiers signes ;
• la probabilité ou fréquence de survenue du phénomène dangereux
au cours d’une période donnée.
Les phénomènes dangereux, à l’origine des accidents majeurs, sont
identifiés dans les études de dangers réalisées par les industriels. Ils
sont parfois cités dans le règlement PPRT.

II) Types d'effet et niveaux d'exposition aux risques


 Effets toxiques, thermiques et de surpression
Les phénomènes dangereux peuvent provoquer trois types d’effet :
thermique, toxique et de surpression.
Ces effets peuvent être combinés, c’est-à-dire qu’il est possible d’être
exposé à plusieurs effets pour un même phénomène dangereux.

p. 13
L’effet de surpression est lié au souffle d’une explosion. Elle peut être
due à un explosif, une réaction chimique, une décompression d’un gaz,
etc.
Dans les zones bleues, les conséquences résultent essentiellement
d’effets indirects provenant de la projection de débris des fenêtres et des
vitres, jusqu’à des dégâts légers à graves sur les structures.
EN SAVOIR PLUS
L’effet de surpression est caractérisé par une intensité exprimée en
millibar (mbar) et par sa durée.
Cette durée aura un impact sur les bâtiments. On parle de déflagration si
le niveau de surpression maximal est atteint de façon progressive dans
le temps ou d’onde de choc si le phénomène se produit de façon
instantanée.
Dans les zones bleues, il est possible d’être exposé à une surpression
de 20 à 200 mbar.

L’effet thermique est dû à un incendie ou à une explosion. Le risque


est, comme tout incendie, des coups de chaleur et des brûlures. Sous
l’effet de la chaleur, la température à l’intérieur du bâtiment peut

p. 14
augmenter et atteindre des niveaux critiques, les vitres peuvent éclater,
etc.
EN SAVOIR PLUS
Pour les phénomènes de plus de deux minutes, il est qualifié de continu.
Il est exprimé en kilowatt par m2 (kW/m2).Pour les phénomènes de moins
de deux minutes, il est qualifié de transitoire. La dose thermique est
exprimée en [kW/m2]4/3.s. Elle intègre la durée d’exposition.
Dans les zones bleues, il est possible d’être exposé à des niveaux
allant :
› de 3 à 8 kW/m2 pour les effets thermiques continus;
› de 600 à 1800 [kW/m2]4/3.s pour les effets thermiques transitoires

p. 15
L’effet toxique correspond au rejet de substances chimiques toxiques
sous la forme de nuage. Ce produit toxique peut être irritant, nocif voire
mortel.
EN SAVOIR PLUS
L’effet toxique est la conséquence de rejet accidentel de produits
toxiques sous forme de nuage gazeux. Ces produits n’ont pas tous les
mêmes effets : ils peuvent provoquer des irritations, des intoxications ou
l’asphyxie. Les conséquences dépendent de leur toxicité, de la dose
reçue (concentration du produit pendant la durée d’exposition) et de la
voie d’exposition (respiratoire ou cutanée).
Dans les zones bleues, il est possible d’être exposé au maximum à un
niveau nommé « Seuil des Effets Létaux », lequel signifie que 1 % de la
population exposée peuvent décéder.
Dans les règlements des PPRT, ces seuils sont rarement cités. En effet,
la prise en compte des effets toxiques est généralement exprimée en
termes d’objectifs de performance du local de confinement à prévoir pour
se protéger.
Le local de confinement doit posséder un taux de renouvellement d’air
suffisamment faible pour s’assurer que la concentration de produit
toxique pendant une exposition de deux heures reste inférieure, dans le
local, à celle associée au Seuil des Effets Irréversibles (SEI). De façon
plus précise, les règlements PPRT fournissent des « taux d’atténuation
cible » (division de la concentration correspondant au SEI par la
concentration du nuage toxique), qui permettent de définir les valeurs
cibles de perméabilité à l’air des locaux de confinement.

p. 16
III) EXEMPLES D’ACCIDENTS ET DE PHÉNOMÈNES DANGEREUX
Le 4 janvier 1966, une fuite de propane a lieu dans la raffinerie de
Feyzin, à la suite d’une manipulation lors d’une phase d’entretien sous
une sphère de stockage. Le gaz se disperse à l’extérieur de la raffinerie
et s’enflamme au contact d’un véhicule circulant sur une route à
proximité. L’incendie qui s’en suit entraîne alors des explosions
successives de sphères de stockage.
Phénomènes dangereux observés :
UVCE (Unconfned Vapour Cloud Explosion) qui est une explosion de
gaz à l’air libre et BLEVE (BoilingLiquid Expanding Vapor Explosion) qui
correspond à l’explosion de vapeur accompagnée d’une boule de feu
lorsque le gaz est inflammable.
Dans la nuit du 3 décembre 1984, dans une usine produisant des
pesticides à Bhopal (Inde), 40 tonnes d’isocyanate de méthyl sont
dégagées dans l’atmosphère à la suite d’une réaction violente dans un
réservoir de stockage.

p. 17
Phénomène dangereux observé :
Dispersion d’un produit toxique dans l’atmosphère
Le 21 septembre 2001, un stock de rebuts de nitrate d’ammonium
détone dans une usine d'engrais AZF de Toulouse. L’explosion,
correspondant à un séisme de magnitude 3,4 sur l’échelle de Richter,
aurait été perçue jusqu’à 75 km de distance. Cette catastrophe est à
l'origine de la loi Risques de 2003.
Phénomène dangereux observé :
Explosion de solide

p. 18
CHAPITRE 2 : PPRT : QUELLES INFORMATIONS RETENIR
À partir de la connaissance des dangers et des scénarios d’accidents, un
Plan de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) a été défini
pour protéger les personnes.
Dans le cadre de la mise en œuvre des PPRT, il est prévu que les
entreprises riveraines concernées soient informées sur leur exposition au
risque. En cas de doute, il est recommandé aux responsables concernés
de se rapprocher de la mairie, en s’adressant aux services urbanisme,
sécurité ou économique ou de consulter le plan local d’urbanisme : le
PPRT y figure dans les annexes.
Le PPRT est une servitude d'utilité publique qui s'impose à tous.
Le PPRT comprend une représentation cartographique des aléas, un
plan de zonage réglementaire et un règlement présentant les règles
associées à chacune des zones
I) Situer l'entreprise dans la zone de risque
Il est indispensable d’identifier dans quelle zone précisément se situe
l’entreprise.

Il existe 2 grands types de zones :


› Zones rouges (interdiction de construire, expropriation, etc.) ;
› Zones bleues (autorisation de nouvelles constructions sous condition,
obligation de sécurité pour les activités existantes, etc.)
Les zones bleues regroupent :
› la zone B, bleu foncé ;
› la zone b, bleu clair.
Elles sont également souvent découpées en fonction des effets et de
leur intensité :
B1, B2, B3, B4, b1, b2, etc.
II) Identifier les risques
À chaque zone et sous-zone du plan de zonage du PPRT correspondent
des informations, précisées dans le règlement, sur le type d’effet

p. 19
(thermique, toxique, surpression) et leur intensité. Dans chacune des
zones, des obligations sont fixées.
Le règlement ne précise que rarement les mesures à mettre en œuvre.
En revanche, il mentionne généralement des objectifs de performance
que les bâtiments doivent respecter ou atteindre. Par exemple, il peut
être indiqué que les bâtiments doivent résister à 140 mbar (effet de
surpression) sans préciser les types de mesures à prendre. Ces
informations servent à dimensionner les travaux de renforcement.
Depuis les évolutions législatives de 2015 en France, les travaux ne sont
plus obligatoires pour les biens existants autres que les logements au
titre du PPRT. En fonction du risque, le responsable d’entreprise peut
choisir de mettre en œuvre des mesures organisationnelles, combinées
à des mesures techniques, etc. Mais quelles que soient les mesures
choisies, l’objectif de performance fourni par le règlement donne Un
repère sur le niveau de protection qu’il est souhaitable d’atteindre.

p. 20
CHAPITRE 3 : LES DISPOSITIFS DE GESTION DE CRISE
EXISTANTS
Le PPRT vise à maîtriser l’urbanisation existante et future. D’autres
dispositifs sont prévus pour gérer la crise lorsqu’un accident majeur a
lieu.
Ils sont mis en œuvre par l’exploitant du site générateur du risque, le
préfet, les services de secours et la (les) commune(s) concernée(s).
Ils sont complémentaires et visent à assurer, chacun à leur échelle, la
protection des personnes.

Il est recommandé au responsable de l’entreprise de connaître les


procédures de gestion de crise décrites ci-dessous et de mettre en
place des mesures adaptées pour protéger
les salariés.
Il est fondamental que les actions de chacun soient bien articulées, pour
faciliter les opérations de secours.

Les trois principaux plans d’urgence

› Le Plan d’Opération Interne (POI) à l’échelle du site Seveso ;


› Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) sur le territoire communal;
› Le Plan Particulier d’Intervention (PPI) sur la zone d’accident potentiel.
I) Le Plan d’Opération Interne (POI)
Il est déclenché systématiquement le premier à l’initiative de
l’industriel.
Il est élaboré par le responsable du site Seveso pour organiser la gestion
du sinistre au sein de son établissement. Si les conséquences de
l’accident sont susceptibles de dépasser les limites du site, les PPI et
PCS sont alors actionnés.
LE PLAN D’OPERATION INTERNE (POI)

Le POI est l’outil de planification des secours et de gestion des accidents


et sinistres dans les établissements à caractère industriel ou commercial
pouvant présenter des dangers pour le personnel, les populations et

p. 21
l’environnement.
Le POI définit les mesures d’organisation, les méthodes d’intervention et
les moyens à mettre en œuvre pour protéger le personnel, les
populations et l’environnement contre les accidents technologiques.
Il fixe les mesures d’urgence qui incombent à l’établissement avant
l’intervention des secours extérieurs.

Le POI est établi à la charge de l’exploitant, par des personnes morales


ou physiques disposant des compétences requises dans ce domaine.
Le POI est établi sur la base d’une étude des dangers de
l’établissement, comportant l’analyse des différents scénarios
d’accidents possibles et de leurs conséquences les plus pénalisantes.

Le POI comporte en page de couverture, les éléments suivants :


- le titre du document ;

- la raison sociale et l’adresse de l’établissement ;

- le nombre de pages du document ;

- la date de la dernière mise à jour ;

- le nom de la personne ou de la société qui a confectionné le POI avec


ses références.

Chaque page du POI est numérotée et référencée, avec la date de sa


mise à jour.

Le POI comporte sept (7) chapitres qui sont notamment :


- la situation géographique ;

- l’évaluation des risques ;

- le recensement des moyens ;

p. 22
- l’alerte ;

- l’organisation des secours ;

- la formation et les informations ;

- les exercices d’entraînement.

Le Chef de l’établissement transmet, pour approbation, le projet de POI


au Directeur de l’Environnement et des établissements classés, à la
Direction des Mines et de la Géologie, à la Direction de la Protection
Civile et à toutes autres structures administratives compétentes.

Les avis formulés par ces structures devront être pris en compte au
moment de la rédaction définitive du POI.

Après adoption du POI par le Chef de l’établissement, un exemplaire est


immédiatement transmis aux structures administratives visées au
premier
paragraphe ainsi qu’à l’Autorité locale concernée.
Des exercices d’application du POI sont réalisés au moins deux fois par
an pour vérifier sa fiabilité, afin de combler, au besoin, ses lacunes
éventuelles et également pour former le personnel de l’établissement et
permettre sa mise à jour de manière continue et régulière.
NB :La réalisation d’une étude de danger est un préalable aux travaux
d’élaboration du POI.

Celle-ci permet:
‒ recenser les sources de risques,
‒ décrire les accidents susceptibles d’intervenir et leurs
conséquences
‒ préciser les procédures et les moyens à mettre en œuvre.

p. 23
Elle comporte un résumé non technique explicitant la probabilité, la
cinétique et les zones d'effets des accidents potentiels, ainsi qu'une
cartographie des zones de risques significatifs.

A PARTIR D'UNE ANALYSE DES RISQUES :


définir les mesures préventives pour une réduction des effets
pour chaque risque engendré, prenant en compte l'installation, le
produit et l'environnement
définir des scénarios de référence pour identifier, avec
approche probabiliste, les mesures complémentaires
définir les besoin nécessaires en cas d'intervention
L'étude de dangers comprend :
- le contexte et conditions de réalisation
- l’environnement de l’établissement
- la description de l’établissement
- la description de l’installation étudiée
-une analyse des risques et mesures préventives
- les scénarios envisageables (incendie, explosion, pollution, ...)
- un recensement des moyens d'intervention

II) Le Plan Particulier d’Intervention (PPI)


Il est déclenché par le préfet si les conséquences de l’accident
dépassent les limites du site Seveso seuil haut.
Établi par la préfecture, le PPI organise les moyens et les acteurs
pour assurer la protection de la population. Il définit les consignes à
tenir en cas de déclenchement de la sirène PPI. Elles sont diffusées
lors de la campagne quinquennale sur les risques industriels majeurs.
Le PPI identifie également un périmètre d’intervention des secours,
les barrages qui pourront conditionner l’évacuation des personnes,
etc. Le périmètre du PPI est généralement plus vaste que celui du
PPRT car il prend en compte, à la différence du PPRT, tous les
accidents possibles, même les moins probables.

p. 24
Selon les contextes locaux, les consignes à respecter en cas d’alerte
(évacuation ou mise à l'abri à l'intérieur) sont différentes pour être les
plus adaptées aux scénarios d’accidents envisagés.

LES PLANS PARTICULIERS D’INTERVENTION (PPI)


Les plans particuliers d’intervention, ci-après dénommés PPI, sont mis
en place dans chaque commune pour faire face aux risques particuliers
liés à l’existence ou au fonctionnement d’ouvrages ou d’installations dont
l’emprise est localisée et fixe. Font l’objet d’un PPI :
- Les installations classées pour la protection de l’environnement ;
- Les stockages souterrains de gaz toxiques ou de gaz comprimés ou
liquéfiés ;
- Les aménagements hydrauliques qui comportent à la fois un réservoir
d’une capacité égale ou supérieure à 15 000 000 de mètres cubes et un
barrage ou une digue d’une hauteur d’au moins 20 mètres au-dessus du
point le plus bas du sol naturel.

Le PPI comporte :

- La description générale de l’installation, de l’ouvrage ou des lieux pour


lesquels il est établi ;

- Les mesures d’information et de protection prévues au profit des


populations et, le cas échéant, le schéma d’évacuation éventuelle de
celles-ci, y compris l’indication des lieux d’hébergement ;

- Les mesures incombant à l’exploitant pour la diffusion immédiate de


l’alerte auprès des autorités compétentes et l’information de celles-ci sur
la situation et son évolution, ainsi que, le cas échéant, la mise à la
disposition de l’Etat d’un poste de commandement aménagé sur le site
ou au voisinage de celui-ci ;

- Les mesures incombant à l’exploitant à l’égard des populations voisines


et, notamment en cas de danger immédiat, les mesures d’urgence qu’il
est appelé à prendre avant l’intervention du Maire et pour le compte de
celui-ci, en particulier :

p. 25
a) La diffusion de l’alerte auprès des populations voisines ;
b) L’interruption de la circulation sur les infrastructures de transport ou à
proximité du site et l’éloignement des personnes au voisinage du site ;
c) L’interruption des réseaux et canalisations publics au voisinage du
site.
L’exploitant consulté par le Maire lors de l’élaboration d’un PPI dispose
d’un délai pour lui faire parvenir son avis sur le projet qui lui a été
soumis. A défaut d’un avis dans ce délai, le Maire arrête le plan.

Le PPI est notifié à l’exploitant par le Maire.


L’exploitant est tenu, à la demande du maire, de participer aux exercices
d’application des dispositions du plan.

Lorsqu’il a arrêté le PPI, le Maire fait insérer dans les journaux un avis
indiquant la zone d’application du plan et les lieux publics où le plan peut
être consulté.
Cet avis est renouvelé à l’occasion de chaque modification du plan et
lors de sa révision.

En liaison avec l’exploitant, le Maire fait établir des brochures comportant


les consignes destinées aux populations demeurant dans la zone
d’application du plan.
III) Le Plan communal de Sauvegarde (PCS)
Déclenché par le maire de la commune, il est articulé avec le PPI.
Le PCS, établi par la mairie, organise la sauvegarde des habitants
d’une commune. Il identifie les actions et moyens à mettre en place :
itinéraires d’évacuation, lieux de rassemblement, système d'alerte en
masse, etc. Lors du déclenchement du PCS, le maire est le directeur
des opérations.

p. 26
PARTIE 2 : DÉFINIR LES MESURES À PRENDRE
Le responsable d’entreprise a obtenu toutes les informations utiles (la
zone où se situe le bâtiment, le niveau de risque, etc.) et il a identifié le
nombre de personnes à protéger, ses capacités humaines et financières.
Il peut alors confronter ces différents renseignements pour évaluer,
hiérarchiser et faire le choix des actions à mettre en œuvre.
Ces mesures peuvent consister à informer et former, à mettre en place
une organisation interne à déployer en cas d’accident ou à réaliser des
travaux de protection. Ces mesures sont complémentaires. Elles peuvent
être réfléchies indépendamment ou s’inscrire dans une logique de
stratégie choisie, décidée par l’entreprise.
Il existe trois grands types de mesures :
› Informer et prévenir
› Organiser
› Aménager et réaliser des travaux
CHAPITRE 4 : INFORMER ET PRÉVENIR
Quels que soient les effets (thermique, toxique et/ou de surpression)
susceptibles d’impacter l’entreprise, l’information des salariés et des
visiteurs est impérative afin qu’ils connaissent la conduite à tenir en cas
d’alerte.
I) Les obligations légales

Les obligations, fixées par l’article L.4121-1 du Code du travail,


varient en fonction du nombre de salariés :

Dès le premier salarié :

› Renseigner le DUER (document unique) : il permet une


évaluation des risques professionnels auxquels sont soumis les

p. 27
salariés. Il comporte un inventaire et un classement des risques
liés à chaque unité de travail de l’entreprise et les mesures de
prévention en place et/ou à améliorer.

La réglementation n'impose aucun document « type ». Le DUER


doit être tenu à la disposition des travailleurs, du CHSCT ou des
instances qui en tiennent lieu, des délégués du personnel, du
médecin du travail.

Sa mise à jour doit être réalisée au moins une fois par an, ou
après un accident du travail ou la modification d’une unité de
travail.
› Établir le plan de prévention pour les prestataires
extérieurs :
lors d'intervention d’entreprises extérieures au sein d’une
entreprise, un plan de prévention doit être établi, intégrant les
risques industriels (voir le Code du travail, article R. 4 512-6).
À partir de 11 salariés, il est obligatoire d’associer les
délégués du personnel dans le choix des mesures.
Au-delà de 50 salariés, il est obligatoire de consulter le Comité
d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail
(CHSCT).Pour les entreprises ne disposant pas d’un CHSCT, il
est néanmoins recommandé au responsable d'effectuer ce type
de démarches auprès du personnel.

II) Le type d’information

Il est recommandé d’informer sur :

› L’exposition au risque ;

› Les consignes à tenir en cas d’alerte.


III) Les modalités

Une information pertinente est une information visible, à jour et


transmise de manière systématique à toute nouvelle personne
(salarié ou non, y compris visiteurs) arrivant dans l’entreprise.
› L’affichage : une affiche permet de transmettre, de façon simple et
permanente, les consignes à appliquer en cas d’alerte.
› Mot d’accueil et plaquette d’information : un support d’information

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(plaquette, diaporama, etc.) peut être présenté ou remis aux visiteurs.
C’est une pratique courante dans les sites Seveso
seuil haut. Un temps court peut être consacré par la personne
accueillante pour présenter, à partir du support de communication, les
risques, l’alerte, les consignes, le lieu de mise à l’abri.
IV) L’ALERTE
L’alerte PPI a pour but d’avertir la population de la survenue d’un
accident et de la nécessité de se mettre immédiatement à l’abri du
danger. Cette alerte doit être relayée en interne de l’entreprise si elle
n’est pas entendue de tous. L'alerte PPI peut être complétée par une
alerte directe entre l'industriel et l'entreprise.
V) Réceptionner et diffuser l’alerte : une priorité
Pour l’entreprise riveraine, l’enjeu est de s’assurer que l’alerte
PPI est entendue et reconnue. Ce qui peut se faire le premier
mercredi du mois, lors des tests. Dans le cas contraire, il est
recommandé d’en informer les services de la mairie en charge de la
sécurité.
Réceptionner clairement une alerte PPI est un premier point, il
convient ensuite de la diffuser dans l’entreprise. Pour ce faire,
différents moyens peuvent être utilisés : sirène, sonnerie, appel
téléphonique, SMS, mégaphone, signaux visuels, sifflet,
avertissement direct pour certains postes. Ils seront fonction de
l’étendue de l’entreprise, de son effectif, de ses process, etc.
VI) Alertes spécifiques émises vers les entreprises riveraines
En cas d’accident industriel majeur, chaque minute compte. Il est
recommandé que l’alerte soit la plus précoce possible, une fois le
premier évènement indésirable détecté par le site industriel
générateur du risque. Des dispositifs d’alerte rapide et directe peuvent
être prévus ou en cours de mise en place par les sites Seveso, les
mairies ou d’autres intervenants locaux dans le domaine de la
sécurité. Il est recommandé de se rapprocher de ces acteurs pour se
renseigner sur l’existence ou non de ces dispositifs. Cette démarche
n’a pas de caractère obligatoire mais cela peut être extrêmement
important de la mettre en place pour gagner du temps en cas
d’accident.
VII) BOÎTE A OUTILS
Afficher les consignes à suivre en cas d’accident
L'affichage des risques est une étape incontournable de la prévention

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des risques. Il permet d’informer les salariés et les visiteurs sur les
consignes de sécurité dans l'entreprise.
Il peut présenter :

› des consignes générales concernant l’ensemble du personnel et


des visiteurs afin de décrire l’organisation des actions dans
l’établissement en cas d'accident.

› des consignes spéciales s’adressant à des personnes désignées


pour diffuser l’alerte, encadrer des visiteurs, mettre en sécurité des
installations, recenser les personnes dans le local de protection, etc.
Un exemple d'affiche d'information est téléchargeable sur le site
www.amaris-villes.org.
Il constitue une base qui doit être adaptée aux risques encourus dans
l'entreprise.
Pour ce faire, des pictogrammes sont mis à disposition :
›des pictogrammes d'information
›des pictogrammes d'interdiction
› des pictogrammes d'action à réaliser

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VIII) LA FORMATION

La formation dispensée aux salariés doit leur permettre


d’acquérir les bons réflexes pour se protéger en cas d’alerte et pour
jouer un rôle actif (mise en sécurité des postes, gestion du
rassemblement, serre- file, etc.). Il est important de définir les rôles et
fonctions de chacun et, autant que possible, de confier une seule
action par personne. L’organisation mise en place pour le risque
incendie peut servir d’exemple à suivre.
IX) Contenu type d’une séance de formation

Une formation peut traiter des éléments suivants, en fonction de ce


qui est attendu des personnes à former :

› des informations générales sur les différents risques et leurs


effets, la sirène PPI, les moyens d’alerte utilisés par le site Seveso et
les moyens de relayer cette alerte dans l’entreprise.
› les consignes de mise à l’abri : l’utilisation du local de protection
et comment le rejoindre. L’évacuation si l’ordre en est donné.
› les missions spécifiques : la diffusion de l’alerte, l’encadrement
des visiteurs dans le cas des ERP, la mise en sécurité des
installations, le recensement des personnes dans le local de
protection.
X) Modalités

La formation peut combiner :

› des apports théoriques sur les documents de référence (PPRT, PPI,


etc.) ;
› des supports multimédias (vidéos, etc.) ;
› des mises en situation pour ancrer les connaissances transmises
(exemple : organiser la formation dans
la salle qui servira de mise à l’abri) ;
› un exercice permettant de vérifier que l’organisation conçue est
adaptée et comprise.

L’animation des formations peut être assurée par l’entreprise elle-

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même, si elle dispose des compétences nécessaires. Il peut être
intéressant de mutualiser, avec les autres entreprises présentes dans
le zonage PPRT, une partie de ces formations tout particulièrement
sur les informations générales. Il peut également être utile de faire
appel à des personnes aux compétences spécifiques et susceptibles
d’enrichir les échanges : agents du service des risques de la
collectivité, responsables Hygiène et Sécurité des sites Seveso.

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CHAPITRE 5 : ORGANISER
En fonction du type de risque, la mise à l’abri consiste à rejoindre un
local de protection, une zone refuge ou à évacuer. Elle durera
jusqu’au terme défini par le maire ou le préfet

I) UNE PROCÉDURE INTERNE POUR LA MISE À L’ABRI


Si le chef d’entreprise décide de mettre en œuvre des mesures
d'organisation en cas d’accident, il est nécessaire de formaliser, un
minimum, l’organisation retenue pour définir :
› Qui donne l’alerte et comment ?

› Qui accompagne les visiteurs présents dans


l’établissement ?

› Qui coupe les réseaux de flux ?

› Qui ouvre le portail aux secours ? etc.

Pour penser cette organisation, le chef d’entreprise peut s’appuyer sur


un outil qui décline la démarche à suivre de façon opérationnelle :
Le Plan d’Organisation de Mise en Sûreté d’un Établissement (POMSE).
ORGA

NISER

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Recommandations
› Prendre contact avec la mairie pour savoir s’il existe des consignes
spécifiques sur la zone, en cas d’accident et, le cas échéant, pour les
informer des mesures prises par l'entreprise.
› S’intéresser aux mesures de prévention des risques déjà existantes
dans son établissement notamment en matière de sécurité incendie.
Elles constituent un point de départ pertinent pour la mise en œuvre de
mesures de mise à l’abri.
› Pour que les mesures soient les plus efficaces possibles, des exercices
au moins une fois par an doivent être réalisés, éventuellement en
commun avec l'établissement Seveso.

› Attention, le personnel situé à l'extérieur de l'établissement devra


également acquérir les bons réflexes.
II) LA MISE À L’ABRI
La mise à l’abri nécessite d’avoir vérifié au préalable trois
points :
1. Le personnel a été formé et sait comment réagir en cas d’alerte.
2. L’alerte est reconnue par tous sans risque de confusion.
3. Le local de protection ou la zone refuge est identifiables, les
chemins y menant sont clairement indiqués et dégagés.
Mise à l’abri dans un local de protection et/ou de confinement
Selon les types de risques auxquels l’entreprise est exposée, le
local doit répondre à différentes contraintes.

› Il doit pouvoir accueillir toutes les personnes présentes au sein de


l’entreprise (personnels, visiteurs, publics). Il faut prévoir au minimum 1,5
m² et 3,6 m3 par personne.

› Il doit disposer de moyens de communication (ligne téléphonique,


talkie-walkie, etc.) et assurer le confort des occupants pendant la phase
de mise à l’abri.

› Dans la mesure du possible, le local devra être situé sur une façade
opposée à la source de danger.

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› Si le bâtiment est soumis à plusieurs zones d’effet, le local de
protection devra être situé dans la zone d’aléa la plus faible.
› Pour les entreprises comprenant plusieurs bâtiments, l’idéal est de
prévoir au moins un local de protection par bâtiment, dimensionné pour
abriter toutes les personnes comptabilisées dans chacun d’entre eux.
› Pour les bâtiments de grande taille, le nombre de locaux de protection
doit être minimal pour une bonne organisation de crise, mais suffisant
pour que les personnes devant s’y abriter puissent les atteindre
facilement et rapidement.
› En cas d’effets thermiques et/ou de surpression, l’intégrité du local doit
être maintenue. Pour ce faire, il doit être situé dans la partie du bâtiment
la moins exposée par exemple.

› En présence d’un risque toxique, on le dénomme « local de


confinement ». Afin de limiter la perméabilité du local à l’air extérieur, le
local doit contenir du matériel qui pourra servir à confiner la pièce (ruban
adhésif, ciseaux, escabeau, arrêt de la ventilation, etc.). Si nécessaire,
des travaux peuvent être réalisés.
La zone refuge

En fonction du sinistre et de la zone d’exposition de l’entreprise, il peut


être envisagé que les personnes sortent des bâtiments par la face non
exposée aux effets et s’abritent dans une zone refuge.
Cette mesure est envisageable uniquement pour les effets thermiques
continus (intensité allant jusqu’à 8 kW/m2) et pour les effets de
surpression dont l’intensité ne dépasse pas 50 mbar. Dans ce dernier
cas, la zone refuge doit être située à distance raisonnable des bâtiments
afin de limiter l’exposition à l’envol d’éventuels éléments de structure des
bâtiments

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L’évacuation
L'objectif est d'éloigner les personnes du danger. Dans le cadre du PPI,
elle est décidée par le maire ou le préfet. Sans préjuger du PPI , si
l'évacuation est la mesure choisie, il est important d'en avertir la mairie.
Pour être opérationnel le jour J, il est recommandé :
› de connaître l’itinéraire d’évacuation et le lieu de regroupement
prévus dans le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) ;
› d’identifier un ou plusieurs points de rassemblement dans l’enceinte de
l’entreprise permettant d’attendre les consignes ;
› de définir les modalités d’encadrement, de prise en charge des
personnes, de déplacement (privilégier les déplacements piétons pour
éviter les accidents).

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Il est conseillé de prendre contact avec la mairie ou le SDIS pour étudier
la faisabilité de la mesure et la cohérence avec les procédures mises en
place dans l’espace public
III) LES EXERCICES
Les exercices sont la condition du bon déroulement de la mise à
l’abri.

Leurs objectifs

Grâce à des exercices réguliers, le personnel apprend à suivre les


consignes qui deviennent des réflexes et sera prêt en cas d’accident.
Outre cette dimension pédagogique, les exercices révèlent des
dysfonctionnements éventuels et permettent de réajuster la procédure
interne.
Il est conseillé de programmer un exercice à la suite de la formation
théorique pour ancrer les connaissances des personnes nouvellement
formées.
Un exercice a pour caractéristiques :

› Une durée donnée - Par retour d’expérience, il est recommandé de ne


pas dépasser une heure.

› un objectif défini - Par exemple, le scénario peut être de vérifier si le


personnel se confine en moins de 10 minutes après l’alerte.
› un bilan à réaliser à l’issue de l’exercice.

Quatre types d’exercice sont envisageables :

› Ceux à faire en interne, en s’appuyant ou non sur une aide extérieure


(experts, SDIS, agent communal, etc.) ;

› Ceux menés à l’échelle du site Seveso : il est envisageable d’organiser


un exercice avec l’établissement à l’origine du risque afin de s’exercer

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sur un scénario d’accident retenu par les autorités (dans le cadre
d’exercices POI par exemple) ;

› ceux réalisés à l’initiative de la commune, dans le cadre du PCS ;


› ceux réalisés à l’échelle du périmètre du PPI, organisés en principe
tous les trois ans

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CHAPITRE 6 : AMÉNAGER ET RÉALISER DES TRAVAUX
I) LA RÉORGANISATION DE L’ACTIVITÉ
Entre les mesures organisationnelles et les travaux de renforcement des
bâtiments, il existe des solutions « médianes » comme la réorganisation
des espaces intérieurs et extérieurs de l’entreprise.
L’objectif est de modifier l’implantation géographique des différentes
unités (stockage, administration, etc.) dans l’entreprise riveraine afin de
limiter autant que possible le niveau d’exposition des personnes au
risque technologique.

Évaluer la faisabilité d’une réorganisation de l’entreprise


Une évaluation simple permet d’identifier ce type de situation.
Elle peut être réalisée en suivant trois étapes :
1. Indiquer, sur un plan, la situation des unités (administrative, de
production, de stockage), le nombre de personnes travaillant ou
fréquentant chacune d'elles, le type de fréquentation (personnel, public).
2. Renseigner l'impact du risque sur le bâti (façades exposées).
3. Examiner la possibilité de déplacer les unités afin que les plus
vulnérables en termes de nombre de personnes, types de postes de
travail soient positionnées dans la zone la moins impactée et que les
moins vulnérables (stockage, garage) soient localisées dans la zone la
plus exposée.

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II) LES TRAVAUX DE RENFORCEMENT DU BÂTI
Des travaux sur les bâtiments peuvent être envisagés en complément
des mesures organisationnelles.

Un réaménagement programmé, une extension, un changement de


process peuvent être des moments privilégiés pour engager la réflexion
sur la protection des bâtiments, sur l’aménagement d'un local de
confinement.
L’entreprise peut se trouver dans une des deux situations suivantes :
• soit les bâtiments existants permettent déjà de protéger les personnes ;
• soit des travaux de renforcement du bâti seraient pertinents pour
atteindre les objectifs de performance cités dans le PPRT.

Quelques exemples de mesures de renforcement


Les mesures de renforcement peuvent consister en :
› une protection de l’enveloppe du bâtiment ;
› une protection d’une partie seulement du bâtiment, par exemple celle
qui est occupée par le personnel ou le local de protection ;
› face à un risque de surpression, dans les zones à risque de bris de
vitre, il est recommandé de filmer les surfaces vitrées. Dans des zones
plus exposées, des travaux plus consistants peuvent être nécessaires
comme le renforcement des structures métalliques S’il est nécessaire de
conforter tout ou partie des bâtiments, la réalisation d’une étude de
vulnérabilité par un professionnel permettra de définir les travaux à
réaliser.

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> Effets toxiques

Le principe de protection est le confinement. L’objectif est de mettre à


l’abri les personnes dans un local « peu perméable à l’air ».
Il s’agit donc d’une mesure nécessitant à la fois la réalisation de travaux
ponctuels décrits ci-dessous et la mise en place de règles
comportementales à respecter avant, pendant et après la crise.
L’enveloppe du bâtiment est une première barrière à la pénétration du
nuage toxique mais pour rendre étanche un local, des travaux peuvent
être envisagés pour :

› limiter les fuites : menuiseries fuyardes, fuites de plancher, fuites entre


parois, joints de portes, etc. ;

› changer les portes d’accès au local ;

› aménager un sas d’entrée au local, lorsque c’est possible ;

› installer un dispositif d’arrêt de la ventilation.

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> Effets thermiques

L’enveloppe du bâtiment doit permettre d’assurer la protection des


personnes situées à l’intérieur pour une durée d’environ 2 heures pour
les effets thermiques continus, pendant la durée du phénomène pour les
effets thermiques transitoires.

Pour définir les travaux, les critères pris en compte sont :


› la réaction au feu (non-inflammabilité et limitation de la propagation du
feu) ;
› l’habitabilité (non élévation de température) ;

› La résistance au feu (stabilité structurelle, non élévation de la


température).

Les travaux pourront consister à isoler les murs et/ou la toiture

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> Effets de surpression

Le principe de protection est la tenue du bâtiment impacté, et plus


particulièrement celle :

› des surfaces vitrées qui sont les éléments les plus sensibles ;
› des différentes parties de l’enveloppe du bâtiment : murs, toitures, et
les éléments susceptibles d’être emportés par le souffle et de blesser les
personnes ;
› de la structure porteuse.

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CONCLUSION
LES MESURES ENVISAGEABLES PAR TYPE D’EFFET
Le tableau ci-dessous présente une synthèse des principales mesures
qui pourraient être prises par le responsable de l’entreprise riveraine et
donne une indication de leur pertinence en fonction des types d’effet.

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