❚ Classes médicamenteuses en ophtalmologie 31
ANTIFONGIQUES
À RETENIR
Les antifongiques sont d’emploi exceptionnel en thérapeutique ophtalmolo-
gique, les kératites mycosiques et les mycoses systémiques à manifestations
oculaires étant rares chez les carnivores.
Les antifongiques sont classés selon leur structure et leur mode d’action :
– selon la structure, on distingue les azoles, les allylamines, les lipopeptides, les
polyènes et les pyridamines ;
– selon le mode d’action, on distingue ceux qui inhibent la synthèse (azoles, ally-
lamines, lipopeptides) ou la fonction (lipopeptides, polyènes) de la membrane
cellulaire des éléments fongiques, et ceux qui inhibent la synthèse des acides
nucléiques fongiques (pyrimidines).
Chez les carnivores, les azoles (itraconazole : Itrafungol ; ketoconazole : Ketofungol ;
fluconazole : Trifucan) et les polyènes (amphotéricine B : Fungizone) sont les plus uti-
lisés.
Deux types de manifestations ophtalmiques des infections mycosiques et leurs traite-
ments doivent être successivement envisagés : les kératites mycosiques, les manifes-
tations oculaires des mycoses systémiques.
❚ KÉRATITES MYCOSIQUES
Rares chez les carnivores par rapport à la fréquence observée chez le cheval (les levu-
res font partie de la flore conjonctivale normale des équidés), on sait qu’elles sont la
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conséquence d’une plaie de cornée ou d’un traitement corticoïde topique prolongé.
Le traitement topique antifongique (tableau 2.V) en association à un traitement anti-
biotique peut être efficace, mais le recours à une solution chirurgicale (kératectomie
avec ou sans greffe conjonctivale ou cornéenne lamellaire associée, voire kératoplas-
tie transfixiante) est souvent nécessaire.
❚ MYCOSES SYSTÉMIQUES
Ce sont essentiellement des signes d’uvéite qui sont observés, avec uvéite anté-
rieure, choriorétinite, décollements rétiniens, glaucome secondaire. Les quatre prin-
cipaux agents de mycoses systémiques avec signes oculaires des carnivores, telles
que rapportées par la littérature nord-américaine (ces affections sont fréquentes aux
États-Unis, rares en France), sont les suivants : Blastomyces dermatitis, Coccidioides
immitis, Cryptococcus neoformans, Histoplasma capsulatum. Le traitement est effectué
par voie générale (tableau 2.V), le traitement spécifique de l’uvéite et du glaucome
secondaire mis en place s’il y a lieu.