26 Thérapeutique ophtalmologique du chien et du chat
❚ MACROLIDES
Ils sont peu utilisés en médecine vétérinaire (passent mal la barrière hémato-
aqueuse, induisent facilement des résistances bactériennes), sont actifs sur les cocci
Gram positifs (Staphylococcus, Streptococcus) et les bacilles Gram positifs (Chlamydo-
phila, Mycoplasma, Rickettsia). Le seul d’entre eux parfois utilisé est l’érythromycine
en collyre ou pommade à 0,5 % (non disponible en spécialité).
❚ CHLORAMPHÉNICOL
Actif contre la plupart des bactéries Gram positives et Gram négatives, Chlamydo-
phila, Mycoplasma, Rickettsia, spirochètes, inactif contre Pseudomonas (on l’associe
pour cette raison à la Polymyxine B), il est à la fois hydro- et liposoluble, donc passe
la barrière cornéenne même si l’épithélium est intact par voie topique. Il est utilisé
en pommade à 0,5 % (Lacrybiotic, 2 applications/j) ou à 1 % (Ophtalon, 2 applica-
tions/j). Par voie générale, il passe les barrières hémato-aqueuse et hématoréti-
nienne. Il est disponible sous forme de collyre en association avec la dexaméthasone
(Cébédexacol instillé 3 à 8 fois/j).
❚ CLINDAMYCINE
Elle est active contre la plupart des bactéries Gram positives et contre les Gram néga-
tives anaérobies, et notamment contre Toxoplasma. Sous forme de chlorhydrate à
0,2 %, elle est liposoluble et passe la barrière cornéenne (non disponible en spécia-
lité). Par voie générale, elle se distribue sélectivement à la choroïde et à la rétine, ce
qui en fait le traitement de choix de la toxoplasmose oculaire féline à la dose de
25 mg/kg/j par voie orale (Antirobe gélules ou solution buvable). Elle peut être utili-
sée sans effet irritant par voie sous-conjonctivale jusqu’à 35 mg par injection.
❚ SULFONAMIDES
Propriétés pharmacocinétiques et pharmacologiques
Ils inhibent la synthèse de l’acide folique bactérien, en n’affectant quasiment pas
celle de la cellule hôte ; leur action bactériostatique est également liée au fait qu’ils
inhibent l’utilisation de l’acide para-aminobenzoïque bactérien : cela explique pour-
quoi les anesthésiques topiques (esters d’acide para-aminobenzoïque) inhibent leur
action locale. Le sang et le pus ont une action semblable. Les sulfonamides pénè-
trent très peu la cornée intacte, ce qui explique leur forte concentration dans les for-
mes topiques. Ils engendrent de nombreuses résistances bactériennes.
Par voie générale, la sulfadiazine et la sulfasalazine (Salazopyrine) en administration à
long terme (parfois à moyen terme) peuvent induire une kératoconjonctivite sèche.
Indications
Ce sont des médicaments à large spectre (bactéries Gram négatives et Gram positi-
ves, Actinomyces, Chlamydophila, Plasmodia, Toxoplasma), mais ils sont le plus sou-
vent remplacés dans ces indications par les antibiotiques adaptés plus efficaces. Le
sulfisoxazole à 4 % et le sel sodique de sulfacétamide en concentration de 10 à 30 %
sont encore utilisés en pommade.