Élevage bio en Afrique : Guide pratique
Élevage bio en Afrique : Guide pratique
5 ÉLEVAGE
MENTIONS LEGALES SOMMAIRE
Éditeur : 1. Introduction 1
Institut de recherche de l’agriculture biologique
FiBL, Suisse, www.fibl.org
En collaboration avec: 2. Aperçu général de l’élevage bio 5
> IFOAM, Fédération internationale des mouve-
ments d’agriculture biologique, www.ifoam.org
Toutes les informations contenues dans ce manuel
3. Sélection et élevage corrects des animaux 6
> NOGAMU, Mouvement national pour
ont été compilées par les auteurs au mieux de
l’agriculture biologique en Ouganda
leurs connaissances. Des efforts raisonnables ont 4. Offre d’un hébergement adéquat et sûr 9
> FENAB, Sénégal
été faits par l’Institut de recherche de l’agriculture
> OPPAZ, Association de producteurs et
biologique et ses partenaires pour publier des
transformateurs de produits biologiques 5. L’affouragement correct des animaux 11
données et des informations fiables. Les auteurs,
de Zambie, www.oppaz.org
les rédacteurs et les éditeurs ne peuvent assumer
Auteurs responsables du module : Anet Spengler, 6. Bonne gestion sanitaire des animaux 20
la responsabilité de la validité des documents. Ni
Felix Heckendorn et Veronica Maurer (FiBL)
les auteurs, ni les éditeurs, ni toute autre per-
Réviseur : Brian Ssebunya
sonne associée à cette publication, ne peuvent 7. Maniement correct des produits animaux 31
Illustrateurs : Andrew Baingana, Okudi Deogratius
être tenus responsables de toute perte, dommage
Gerard, Ouganda
ou responsabilité directement ou indirectement
Version 1.0, 2021. Les commentaires et recomman- causés ou supposés être causés par le manuel de 8. Certification bio et commercialisation
dations d’amélioration sont les bienvenus. formation et ses outils. des produits animaux 32
Ce manuel peut être reproduit sans autorisation. Le manuel de formation à l’agriculture biolo-
Tous les documents issus des projets liés au gique pour l’Afrique est basé sur des recherches
manuel de formation à l’agriculture biologique en financées par la Fondation Bill & Melinda Gates et
Afrique sont disponibles gratuitement sur Internet la Fondation Syngenta pour l’agriculture durable.
à l’adresse www.organic-africa.net. Les résultats, conclusions et recommandations
La production de l’édition anglaise de ce manuel du manuel sont ceux des auteurs et ne reflètent
a été financée par la Fondation Bill et Melinda pas nécessairement les positions ou les politiques
Gates et la Fondation Syngenta pour l’agriculture des deux fondations, ni celles de la Deutsche Ge-
durable dans le but de promouvoir l’agriculture sellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)
biologique en Afrique. La traduction française GmbH ou du Ministère fédéral allemand de la Coo-
a été financée dans le cadre du projet global pération économique et du Développement (BMZ).
« Centre de Connaissances de l’Agriculture biolo- Veuillez citer cette publication comme suit :
gique en Afrique », mis en œuvre par la Deutsche FiBL (2021) : Manuel de formation en agriculture
Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit biologique pour l’Afrique. Version 1.0, 2021. Insti-
(GIZ) GmbH pour le compte du Ministère fédéral tut de recherche en agriculture biologique FiBL,
allemand de la Coopération économique et du Frick.
Développement (BMZ). ISBN 978-3-03736-411-6
1. Introduction
L’élevage animal bio implique que les animaux soient détenus de manière natu-
relle et favorisant leur bien-être de même que leur santé. Cela ne signifie pas que
les animaux doivent être détenus dans un environnement entièrement naturel,
mais qu’il faut leur offrir la possibilité d’exprimer des comportements et un mode
de vie naturels. Chaque espèce animale possède des organes spécialisés qui leur
donnent des capacités fonctionnelles et des caractéristiques spécifiques ainsi
qu’un mode de vie particulier. Ces différences sont intrinsèques, immuables, et
il convient de les respecter. En d’autres termes, les paysans doivent favoriser ces
comportements et facultés spécifiques en offrant aux animaux un environne-
ment approprié à leurs besoins. Les ruminants, par exemple, possèdent un sys-
tème digestif très particulier leur permettant de consommer et de métaboliser
de grandes quantités de fourrage grossier. Si leur régime alimentaire ne leur en
donne pas assez, ils en tombent malades. Leurs pattes sont par ailleurs spéciali-
sées pour de longs déplacements. Typiquement, ces animaux souffrent donc s’ils
n’ont pas la possibilité de se déplacer à l’extérieur et de mouvoir leurs pattes. Il
en va de même pour les chevaux et les ânes, dont les membres sont encore plus
spécialisés et dont le besoin de pouvoir marcher, trotter et galoper librement est
encore plus grand. Par contre, les ruminants n’ont besoin de rien pour s’occu-
per ou jouer, au contraire des porcs et des chiens. Il est donc très important de
connaître les caractères propres des animaux détenus et de les traiter de ma-
PRODUCTION ANIMALE nière adéquate et leur offrir un environnement adapté.
ET CYCLE DES NUTRIMENTS Outre le fait de respecter les besoins vitaux spécifiques, il est aussi très impor-
tant de trouver un bon équilibre entre les divers besoins des animaux, compte
Production animale et cycle des éléments nutritifs tenu de leur niveau de production et de leur environnement. Les animaux à haut
rendement doivent être très bien nourris et ont besoin d’un environnement fa-
vorable en termes de température et d’humidité, d’accès à l’eau, d’espace ; ils ont
Culture de fourrage pour les animaux
besoin d’entretenir des relations continues avec d’autres animaux ou avec l’être
humain. Dès qu’une de ces conditions n’est plus remplie, les animaux concer-
Utilisation du compost
nés deviennent plus sensibles aux parasites et aux maladies. Plus le rendement
attendu est élevé, plus l’animal en question sera délicat. Les animaux à faible
Compostage du fumier rendement sont plus robustes, peuvent mieux s’adapter à des environnements
changeants ou instables. On recommande donc aux paysans de choisir des types
d’animaux bien adaptés à l’environnement disponible.
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 1
varier au gré des conditions locales. Dans les paragraphes qui suivent, nous nous
APERÇU GÉNÉRAL DE LA concentrerons sur la gestion de la volaille, des chèvres, moutons, bovins et por-
GESTION DES ANIMAUX cins. Les exigences plus spécifiques des différentes espèces seront discutées au
module M10.
Approche globale de l’élevage biologique
Intégration de la production
animale au système
Utilisation efficient du fumier
pour fertiliser les cultures
d’exploitation
2. Aperçu général de l’élevage bio
Accoutumance des jeunes
animaux avec le contact
humain
Gérer les animaux en mode bio implique de veiller à leur bonne santé et à leur
Soin et respect
envers les animaux assurer de bonnes conditions de vie par une sélection soigneuse d’espèces et de
races bien adaptées aux conditions du lieu, de les alimenter au moyen de four-
Prévention des maladies et
des parasites par le choix
rages bio adéquats, de leur offrir des soins et des conditions d’hébergement ap-
de races locales
propriés et de les protéger des parasites et des maladies sans dépendre pour au-
tant des médicaments chimiques et des antibiotiques.
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 4
Une sélection réussie est basée sur une évaluation judicieuse et bonne des diffé-
rences de performance d’animaux individuels et sur leur faculté de transmettre
leurs caractéristiques à leurs descendants. Les bonnes caractéristiques se dé-
cèlent par l’observation attentive de l’animal, de ses géniteurs et de l’ensemble
de la lignée. Un éleveur ne réussira sa sélection que s’il sait quels caractères il
souhaite favoriser et s’il se concentre sur ces caractères en tenant un bon re-
gistre de suivi de tout le processus de sélection. L’apparence extérieure d’un ani-
mal (phénotype) dépend de son potentiel génétique (génotype) et de facteurs
environnementaux tels que l’état de santé ou l’alimentation, qui contribuent
pour 60 à 80 % au phénotype. On peut influencer les caractères qualitatifs par
une gestion adéquate, par exemple par les conditions d’hébergement et de nu-
trition. On ne peut comparer valablement que des animaux de même âge et de
même sexe, élevés dans le même environnement. Certains caractères (qualita-
tifs) peuvent être transmis de la mère à ses petits. Le caractère correspondant,
par exemple la couleur de robe, sera soit présent, soit absent de la progéniture.
D’autres caractères, quantitatifs, tels que le taux de croissance, le poids ou le
niveau de production sont hérités à 10–30 %, mais sont largement influencés par
les conditions de gestion.
Les locaux destinés aux animaux devraient créer un environnement qui les pro-
tège des prédateurs, de la chaleur, de la pluie et du vol, être faciles à entrete-
nir tout en offrant une liberté de mouvement maximale. Les animaux peuvent
par exemple passer la journée à s’alimenter en liberté et être rentrés la nuit. En
détenant ses animaux partiellement à l’étable, le paysan pourra plus facilement
gérer les quantités d’aliment et d’eau consommées ainsi que la récupération du
fumier, des excréments et de l’urine. La détention partielle en intérieur permet
aussi d’effectuer les traitements sanitaires, tels que l’administration de vermi-
fuges ou le déparasitage des animaux et facilite l’observation des animaux et
leur comportement.
En production biologique, l’offre de conditions d’hébergement adéquates
vise à assurer aux animaux :
> Un espace adapté à la taille et au nombre d’animaux, afin que ceux-ci puissent
se mouvoir, se coucher et se reposer librement. Les animaux doivent pouvoir
exprimer leurs comportements naturels, par exemple picorer sur le sol ou
creuser la terre, grimper ou se gratter.
> Suffisamment d’air frais et de lumière naturelle, qui permettent de prévenir
les problèmes respiratoires et la propagation des infections.
> Une protection contre les conditions climatiques hostiles telles que l’excès
de soleil, de chaleur, de pluie ou de vent. Des conditions climatiques défavo-
rables facilitent en effet la propagation des infections et peuvent stresser les
animaux, ce qui les rend plus sensibles aux infections.
> Une litière de matériaux organiques gardant les animaux propres en leur évi-
tant tout contact direct avec un sol naturel ou artificiel humide. La litière ab-
sorbe aussi l’urine et les matières fécales, ce qui en facilite la collecte.
> De l’eau propre à volonté ainsi que des mangeoires régulièrement nettoyées
pour éviter de souiller les aliments.
> Une protection efficace contre les prédateurs, sans toutefois compromettre
l’aération et le libre-parcours.
> Un environnement sans éléments acérés ou dangereux, évitant aux animaux
et au fermier de se blesser.
Pour faciliter l’entretien, les locaux doivent permettre l’enlèvement aisé de la li-
STRUCTURES tière et des excréments tout en offrant un accès aisé pour le nettoyage du sol et Discussion
D’HÉBERGEMENT ADÉQUATES des parois. Cette exigence varie naturellement beaucoup en fonction de la na- sur l’alimentation
ture du sol et des parois, mais aussi de l’espace ainsi que du nombre d’accès et de des animaux
Exemples de structures d’hébergement sorties disponibles.
appropriés Demandez aux agricul-
trices et agriculteurs
Volaille Porcs
› Aires distinctes de repos,
quels animaux ils possè
› Perchoirs
› Bains de poussière
› Nids dans des endroits
retirés et peu lumineux
d’alimentation et de
défécation
› Accès à des aires de boue
4.1 Construction d’un logement pour animaux dent et comment ils les
› Accès à du terrain › Murs rigides pour s’y frotter
découvert › Matériaux de jeu naturels
alimentent. Discutez des
La construction de logement pour animaux doit allier simplicité et recours à des difficultés relatives à l’ali-
matériaux locaux afin de réduire les coûts. mentation des animaux
Chèvres
› Alimentation avec fourrage
suspendu
Bovins
› Espace suffisant
Les exemples qui suivent fournissent quelques informations précieuses sur et échangez avec eux des
› Aire de couchage surélevée › Sol en pente pour
› Espace suffisant drainer l’urine
la construction de locaux pour des types d’animaux ayant des comportements idées d’amélioration.
spécifiques :
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 6
leur faut donc des places individuelles ainsi que des recoins permettant aux
SOURCES D’ALIMENTATION animaux de rang élevé et de rang inférieur de s’alimenter séparément.
POUR DIVERS TYPES 4. Les vaches sont des animaux de grande taille et certaines peuvent porter
DE BÉTAIL des cornes imposantes. Elles aiment pouvoir se coucher pour ruminer en
paix. Elles ont donc besoin d’espace suffisant pour se lever, tourner, croiser
Des sources alimentaires spécifiques d’autres vaches et se coucher librement. Lorsqu’on les alimente en étable ou
Espèce Hydrates de carbone Protéines Matières
grasses
Vitamines Sels minéraux
dans un enclos, chaque animal doit pouvoir disposer d’assez de place pour
se nourrir sans être dérangé par les autres. Un sol en pente légère facilite-
Volaille Graines de céréales, Insectes et vers, Graines de coton, Verdure avec Coquilles
tubercules et sous- graines de tournesol, feuilles, poivre, d’huitres,
produits industriels légumineuses, sésame, fruits et déchets gravier,
correspondants plantes tourteau végétaux, baies pierres,
Pierre à lécher,
ra l’écoulement de grandes quantités d’urine via un canal d’écoulement vers
(fourrage et
graines),
déchets de cuisine,
fruits et déchets
de cuisine,
racines
feuilles séchées
une fosse bétonnée située hors de l’enclos des bovins.
farine de poisson
Chèvres et Fourrages, pâture, Légumineuses, N’en ont pas Verdure, Pierre à lécher,
moutons déchets de récolte jeunes graminées besoin feuilles fraîches feuilles
ou séchées séchées,
écorces,
herbages,
buissons
Bovins Comme les chèvres Comme
les chèvres
Comme
les chèvres
Comme
les chèvres
Comme
les chèvres 5. L’affouragement correct des animaux
Le but des paysans bio est de produire le plus possible de fourrage sur l’exploi-
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 7
tation. Ils s’assurent de disposer d’assez de terrain pour la pâture et pour pro-
duire un surplus de fourrage, fourrage pour la saison sèche inclus. L’entreposage
de fourrage pour la saison sèche leur épargne les frais d’achat de fourrage hors
exploitation et leur garantit une un affouragement approprié pendant la basse
saison.
Les différentes espèces d’animaux de ferme ont toutes des besoins différents.
Plus la productivité attendue des animaux est élevée, plus leurs besoins alimen-
taires sont importants. Les vaches laitières à hautes performances produisant
pour le commerce ont par exemple besoin d’une alimentation de qualité supé-
rieure que le bétail ne fournissant que peu ou pas du tout de lait. Les paysans
doivent donc choisir des espèces et races d’animaux qui se développeront bien
sur l’exploitation sans exiger l’achat de quantités importantes de fourrage.
En cas de certification bio, le fourrage acheté doit provenir de sources bio
ou naturelles certifiées. Les stimulateurs de croissance et les hormones sont des
suppléments alimentaires interdits en production bio.
a. Affouragement à l’étable
Dans ce système, l’herbe est fauchée et distribuée aux animaux en stabulation
soit durant toute leur croissance, soit durant une phase de croissance ou une
saison de l’année.
Cependant, comme le bien-être animal jouit d’une haute priorité en produc-
tion bio, on lui préfère des systèmes combinés ou de libre-parcours permettant
aux animaux de se déplacer et d’avoir des interactions sociales. Les animaux
doivent pouvoir accéder facilement à toute une série d’aliments divers, pour les
ruminants de préférence de l’herbe à pâturer, ainsi que de l’eau pour favoriser la
prise de nourriture et couvrir leurs besoins alimentaires. Les compléments ali-
mentaires riches en sels minéraux, par exemple des pierres à lécher, et les vita-
mines sont souvent indispensables pour protéger les animaux des maladies et
pour garantir le bon fonctionnement de leur fonctions corporelles. Il faut cepen-
dant limiter strictement la consommation de concentrés par les ruminants, car
ils pourraient sinon développer des troubles du métabolisme (acidose, « déplace-
ment de la gueule »).
Sursemis et modification
parasites des animaux plus âgés vers les plus jeunes. d’y prélever des échantil
du mode de gestion d’un
pâturage existant :
> On recommande aussi de déplacer rapidement les grands troupeaux compo- lons de plantes fourragè
› Coût moins élevé
sés d’animaux d’espèces différentes. res locales de bonne
qualité. Choisissez celles
Comment améliorer les pâturages que les agriculteurs pré-
Dès qu’un pâturage cesse de produire du bon fourrage, il faut soit ressemer, soit
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 10
toparasites comme les poux, les tiques et les mites provoquent des infections
APPROCHE DE LA GESTION qui réduisent la consommation des animaux et la vitesse à laquelle leur corps
SANITAIRE DES ANIMAUX dégrade la nourriture pour faire fonctionner ses divers organes. Il en résulte
EN TROIS PHASES un amoindrissement du gain de poids, de la production et des performances
reproductives des animaux.
Les 3 étapes de la gestion sanitaire des animaux > Les blessures infligées aux animaux par de mauvais traitements ou par
leur exposition à des matières dangereuses telles que du verre ou du métal
peuvent provoquer des infections et donc affaiblir les animaux.
> Les pathogènes (organismes provoquant des maladies) et les parasites qui
3e étape : Passer au contrôle direct
(traiter l’animal) peuvent être transmis lors de déplacements d’animaux, d’humains, d’équipe-
2e étape : Offrir de bonnes conditions de croissance
ments ou encore de matériels infectés d’un troupeau ou d’une ferme à l’autre.
Chacune de ces phases sert de base à la prochaine. Le but est d’optimiser les
phase 1 et 2 pour minimiser l’introduction et la propagation d’infections et favo-
riser l’immunité naturelle et renforcer la santé et la résistance des animaux. Ce
faisant, on réduit d’autant les mesures à prendre ou les traitements à prescrire
au niveau 3. L’application correcte des mesures des niveaux 1 et 2 permet norma-
lement de réduire considérablement les interventions directes. Cette approche
permet de réaliser des économies et prévient certains effets négatifs des traite-
ments sur les animaux et la nature.
jusqu’à ce que leur statut sanitaire puisse être considéré comme sûr. Les visi-
teurs se rendant dans ces fermes doivent aussi se désinfecter les pieds avant
de pénétrer dans les locaux des animaux ou sur leurs aires de pâture, dans le
but de minimiser le risque de transfert d’infections.
c. Surveillance régulière des animaux
Il est important d’observer attentivement les animaux pour pouvoir identi-
fier et traiter les infections avant qu’elles n’empirent ou ne se transmettent à
d’autres animaux. C’est pourquoi les paysans bio tiennent un registre de leurs
observations journalières ou du moins régulières, car celles-ci les aideront a
interpréter les signes et causes possibles de maladies ou de blessures. Les
signes de maladie peuvent être une perte d’appétit qui se traduira par une
consommation plus faible de nourriture et d’eau, par une perte de produc-
tivité telle que la baisse de la production de lait ou d’œufs, par une apathie
décelable à un manque de vitalité, à une tête pendante ou à un mouvement
anormal, une excrétion anormale des orifices corporels, de difficultés respi-
ratoires se traduisant par une respiration rapide, pénible, de la toux ou des
halètements, ou l’inflammation des muqueuses buccales, de la conjonctive
ou des lèvres de la vulve dont la membrane peut, chez les bovins, être pâle
ou sèche. D’autres signes sont une augmentation ou une baisse de la tempé-
rature corporelle, des excrétions anormales, trop dures ou au contraire, trop
animaux bio, car ces antibiotiques interfèrent avec la faculté normale de l’animal
OFFRIR DE BONNES à développer sa résistance naturelle aux infections. Et à long terme, les agents
CONDITIONS DE pathogènes tendent à développer une résistance contre ces médicaments.
DÉVELOPPEMENT
a. Nutrition appropriée
Bonnes conditions de croissance (2e étape) L’affouragement des animaux doit leur assurer un régime alimentaire équili-
bré, avec de bonnes proportions de fourrage frais et de bonne qualité, addi-
Hébergement et système tionnée chez les ruminants de quantités modestes de concentrés et des sels
sanitaire adéquats
minéraux pour prévenir les carences. Il faut éviter d’affourager d’aliments
Ne pas stresser les animaux
potentiellement vénéneux tels que la pomme épineuse (Datura stramo-
nium), des aliments moisis ou encore des déjections de volailles, du fumier
Affourager correctement ou d’autres engrais. Les pâtures doivent également être gérées correctement,
avec des rotations adéquates pour éviter la prolifération de parasites in-
ternes transmis sur pâturage, tels que les nématodes gastrointestinaux.
b. Hébergement et installations sanitaires adéquates
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 15
En cas d’inefficacité des traitements bio, les paysans doivent toutefois protéger
le bien-être de leurs animaux en recourant à des traitements conventionnels.
Les parasites externes des régions tropicales sont essentiellement les poux et les
acariens, mais aussi les tiques. Celles-ci attaquent presque tous les types d’ani-
maux, y compris la volaille. Elles en boivent le sang, ce qui peut causer une gêne
ou dans les cas extrêmes, provoquer de l’anémie et donc affecter le développe-
ment des animaux. Elles peuvent aussi transmettre des maladies ou provoquer
des dommages cutanés.
Il existe principalement deux types de tiques, les tiques molles et les tiques
EXEMPLE DE CYCLE DE VIE dures. Les tiques molles ou argasidés se distinguent par un corps mou et par
D’UNE TIQUE À TROIS HÔTES leurs pièces buccales se trouvant sur la face inférieure d’un corps massif. Elles
se nourrissent rapidement et gonflent comme des ballons quand elles sont gor-
Cycle de vie d’une tique à 3 hôtes gées de sang. Les tiques dites dures, les ixodidés, sont dotées d’une plaque dure
6. La femelle gorgée de sang
1. Une femelle mature pond des
milliers d’oeufs dans l’herbe.
sur leur face supérieure et elles utilisent leurs pièces buccales terminales pour
s’accouple avec un mâle
ensuite leurs œufs sur le sol. Chez les tiques à deux hôtes, larves et nymphes
vivent sur le même hôte, mais les adultes vivent et se reproduisent sur un hôte
différent. Chez les espèces à trois hôtes, chaque stade cible un hôte différent, les
œufs étant finalement pondus au sol. La majorité des tiques ont trois hôtes. De
même espèce ou non. La tique des moutons (Ixodes ricinus) se nourrit en principe
une fois par stade et sur des hôtes pouvant appartenir à de nombreuses espèces
différentes. C’est ce qui en a fait une des principales tiques infectant le bétail, les
animaux domestiques et les humains. Les espèces hôtes sont : souris, rats, écu-
reuils, reptiles, bovins, chevaux, moutons, porcs, chiens, chats et humains.
Le cycle de vie des tiques comprend 4 stades : œuf, larve, nymphe et adulte.
Au sortir de l’œuf, la larve se cherche un hôte, s’y nourrit et tombe à terre, mue
et se transforme en nymphe. La nymphe se met à la recherche d’un nouvel hôte,
s’y nourrit, tombe à son tour et mue et se transforme en tique adulte. Les adultes
(mâles et femelles) cherchent un nouvel hôte, se nourrissent, tombent à terre,
s’accouplent, puis les femelles pondent sur le sol. Les tiques diffèrent par la du-
rée de leur cycle de vie et par le nombre d’hôtes que ce cycle comprend.
Larve L3
Oeufs
Recommandations d’ordre général pour les paysans désireux de bien gérer les
sur fourrage
Larve (L1) parasites internes :
Larve (L2) En production bio, la lutte contre les parasites internes est basée sur le respect
Larve (L3)
de bonnes pratiques de gestion et la réduction du risque d’infection basée sur
Manuel de formation en agriculture biologique pour l’Afrique M5 Elevage 19
Il faut réduire le plus possible les pratiques infligeant des douleurs aux animaux,
notamment la castration, le marquage, l’écornage, le débecquage des poulets et
l’équeutage. Certains règlements bio interdisent l’écornage, le débecquage et
l’équeutage.
Il est important d’avoir de bonnes relations entre les animaux et les humains.
Des manipulations fréquentes, en douceur, le fait de leur parler rendent les ani-
maux dociles et les calme ; on peut alors les traiter, les déplacer ou les manier
sans stress, sans bruit inutile et sans blessures.
Il faut veiller à la propreté et au bon fonctionnement des outils et équipe-
ments utilisés, râteliers, clôtures, puits et outils pour les mutilations, car un mau-
vais fonctionnement peut entraîner des blessures.
L’apparition de maladies telles que la vache folle ou la grippe aviaire, tout comme
les problèmes dus aux salmonelles et à E. coli ont rendu le grand public plus
conscient des problèmes sanitaires et sécuritaires l’être humain. Les produits
animaux sont très périssables et constituent de bons milieux nourriciers pour
de nombreux pathogènes. Mal gérés, ils peuvent constituer de sérieuses sources
d’infection pour les consommateurs de produits animaux.
> La carcasse doit être refroidie au cours du premier jour suivant l’abattage.
> Respecter les normes des marchés bio durant tout le processus d’abattage, Discussion sur
pour que les produits puissent y être commercialisés. les débouchés
> Il est impératif d’utiliser des méthodes adéquates de conservation des pro- commerciaux
duits (rôtissage, cuisson, séchage, salage ou réfrigération / congélation). pour les produits
> Minimiser la pollution en éliminant correctement et sans danger l’eau usée et animaux
les déchets animaux solides après l’abattage. Évaluez la situation locale
en matière de débouchés
commerciaux pour les
8. Certification bio et commercialisation des produits animaux produits animaux à l’aide
des questions suivantes :
Les produits animaux sont normalement destinés au marché local du pays de > Quels sont les marchés
production où la demande dépasse normalement l’offre. Dans une situation de demandeurs de produits
demande toujours croissante, il existe un potentiel d’augmentation de la produc- animaux ?
tion. Même sur ces marchés locaux pourtant, des consommateurs demandent > Y a-t-il une demande
parfois des produits animaux tels que des œufs, du lait et de la viande provenant pour des produits issus
d’exploitations durables. C’est là une opportunité pour commercialiser des pro- de production biolo-
duits bio ou de production durable à des prix majorés. Toute décision de faire gique ou respectueuse
certifier la production animale doit cependant reposer sur un marché existant des animaux ?
ou sur la volonté des revendeurs de promouvoir des produits animaux bio de > Y -a-t-il dans la région
production durable. des agriculteurs biolo-
Les normes bio de certains pays comportent des exigences spéciales concer- giques certifiés, autori-
nant la production animale. Les recommandations d’ordre général qui suivent sés à produire et à com-
sont cependant communes à tous : mercialiser des produits
> Choix judicieux des races élevées animaux bio ? Comment
> Interdiction des animaux obtenus via des techniques de clonage ou par trans- estiment-ils la demande
fert d’embryons et les prix ?
> Alimentation exclusivement à l’aide de produits naturels ou de sources certi
fiées bio
> Utilisation limitée de concentrés pour nourrir les ruminants
> Interdiction des traitements recourant à des produits ou thérapies chimiques,
sauf sur prescription d’un vétérinaire
> Interdiction de la détention entravée.