Chapitre II : La responsabilité sociétale des entreprises
I- Définition de la responsabilité sociétale des entreprises ou la RSE :
La responsabilité sociale des entreprises se définit comme le rendement d’une entreprise sur le
plan environnemental, social et économique ainsi que les répercussions de l’entreprise sur ses
intervenants à l’interne et à l’externe.
La responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) et le développement durable sont deux
concepts intimement liés :
-Le concept de développement durable -La RSE opère plutôt à un niveau micro-
traduit davantage une vision économique concernant plus directement
macroéconomique, politique, plus globale l’organisation et constituant « les modalités
et davantage rattachable aux Etats, de réponse (…) aux interpellations
institutions ou collectivités locales. sociétales ».
-Le développement durable va davantage
se traduire par des politiques publiques. -La RSE peut se matérialiser par des
stratégies, discours et pratiques
d’entreprises.
La responsabilité sociétale des entreprises, également appelée responsabilité sociale des
entreprises (RSE) est la mise en pratique du développement durable par les entreprises.
Une entreprise qui pratique la RSE va donc chercher à avoir un impact positif sur la société,
à respecter l’environnement tout en étant économiquement viable. Un équilibre qu’elle va
construire avec l’aide de ses parties prenantes, c’est à dire ses collaborateurs, ses clients, ses
fournisseurs, ses actionnaires ou ses acteurs du territoire…
II- Les entreprises concernées par la RSE :
Toutes les entreprises, quels que soient leurs tailles, leurs statuts ou leurs secteurs d’activités,
peuvent mettre en œuvre une démarche de RSE.
• Les grandes entreprises et les entreprises cotées sont de plus en plus soumises à des
réglementations spécifiques. Depuis une quinzaine d’années, il leur est ainsi demandé de
publier des informations sur leurs impacts environnementaux et sociaux (c’est ce que l’on
appelle le reporting extra-financier). Et depuis la loi sur le devoir de vigilance adoptée
en 2017, les grandes entreprises doivent aussi mettre en place des mesures de surveillance
qui permettent de prévenir les risques environnementaux (ex: pollution), sociaux (ex:
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violations de droits humains) et de gouvernance (ex: corruption) dans leurs unités de
production, leurs filiales et chez leurs fournisseurs.
• En tant que fournisseurs ou sous-traitants des grandes entreprises, les PME sont donc
aussi de plus en plus incitées à adopter une telle démarche. On le voit notamment avec les
appels d’offre ou les politiques d’achats des grands groupes-donneurs d’ordre qui
demandent de plus en plus de précisions sur les mesures environnementales, sociales et de
gouvernance de leurs fournisseurs. De plus en plus d’entreprises en tiennent compte et
sélectionnent les plus vertueux.
III- Les risques et les opportunités :
1) Les risques de non respect des facteurs RSE :
Le non-respect de facteurs RSE coute plus de 95 milliards aux entreprises dans le monde.
- Des entreprises sont régulièrement médiatisées pour leurs manquements à leurs
obligations sociétales. Donc ça va toucher l’image de l’entreprise ce qui peut
engendrer des pertes de marchés.
- Certaines entreprises s’engagent en RSE pour éviter les sanctions (pénalités).
2) Les opportunités d’application de la RSE par les entreprises :
• Réaliser des gains de productivité et de performance financière :
Selon une étude menée par France Stratégie (organisme rattaché au Premier Ministre), les
entreprises disposant d’une bonne stratégie RSE sont en moyenne 13% plus performantes
que les autres. D’autres études ont montré que les entreprises qui se conforment aux
normes RSE comme la norme ISO 14001 sont plus productives et elles gagnent facilement
des parts de marché.
• Une réduction des coûts et des risques grâce à la RSE:
L’autre atout de la RSE c’est sa capacité à réduire les coûts pour les entreprises. Il s’agit
d’une part des coûts évidents : réduire la consommation électrique, réduire la consommation
de papier au bureau, ou diminuer la consommation de ressources au travail. Tout cela permet
de réduire les coûts de l’entreprise et donc d’améliorer la rentabilité.
La RSE progressivement devient un outil de gestion des risques. En effet, en adoptant un
business model plus responsable, les entreprises disposent de process définis pour identifier
les risques fournisseurs grâce à la RSE, mais aussi les risques financiers, climatiques ou
encore les risques-image.
• Une meilleure intégration sur les marchés :
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Un autre avantage indéniable de la RSE, c’est qu’elle peut servir (notamment si elle
s’accompagne de certifications ou de labels) d’outil pour identifier les partenaires fiables.
Ainsi, selon une étude de l’organisme britannique des certifications, les entreprises disposant
de certifications RSE sont jusqu’à 66% plus susceptibles d’être identifiés comme des
partenaires de business et de gagner des parts de marché.
Des grandes entreprises intègrent à leurs cahiers des charges la nécessité de respecter certains
principes RSE, voire certaines normes (ISO 26000, ISO 14001, ISO 9001 par exemple). La
RSE devient alors un moyen de se différencier.
• La RSE améliore l’engagement et la satisfaction des salariés :
La plupart des salariés désirent plus de RSE dans leur entreprise. C’est en tout cas ce que
révèlent plusieurs études menées ces dernières années. Ils veulent savoir comment leur
entreprise s’engage pour l’intérêt général, et surtout ils veulent participer.
Les études de management récentes montrent que les entreprises qui pratiquent la RSE et qui
impliquent leurs salariés dans la démarche voient la fidélité, l’engagement et la productivité
de leurs salariés augmenter, comme si le fait de travailler pour une entreprise responsable
constituait une motivation au travail.
• La RSE améliore la réputation et l’identité de marque :
Aujourd’hui beaucoup d’entreprises sont face à une crise de confiance aussi bien de la part de
leurs clients que de leurs partenaires business.
Pour répondre à ces attentes, faire de la RSE est essentiel. Cela va même plus loin : intégrer la
RSE au cœur de son business semble désormais être la meilleure façon de se créer une
identité de marque et une réputation RSE positive. Et à long terme, c’est comme cela que l’on
gagne la fidélité et la confiance de ses clients et de ses parties prenantes.
IV- Les parties prenantes :
1) Définition :
Les parties prenantes de l’entreprise regroupent l’ensemble des acteurs qui ont un intérêt dans
les activités de l’entreprise.
Ces parties prenantes peuvent :
• participer à sa vie économique (salariés, clients, fournisseurs, actionnaires)
• observer et/ou influencer son comportement en interne et en externe (syndicats, ONG)
• être affectées, directement ou indirectement, par ses activités (collectivités locales,
État,...) de façon positive ou négative.
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2) Le renforcement des pressions des parties prenantes :
Les parties prenantes peuvent exercer des pressions en matière de RSE pour tenter
d’influencer le comportement de l’entreprise.
a. Les syndicats : Ils sont parmi les premiers à demander que les entreprises soient tenues
responsables de leur impact social et ont soutenu l’idée de rapports obligatoires sur leurs
responsabilités sociales. Actuellement les organisations syndicales sont de plus en plus
consultées sur l’élaboration de la stratégie ou du plan d’action RSE et signent parfois des
accords avec la direction de l’entreprise (conditions de travail, lutte contre la
discrimination, équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, bien-être au travail,
diversité et mixité des équipes…).
b. Les actionnaires : La montée en puissance de l’ISR (investissement socialement
responsable), en renforçant la présence d’actionnaires socialement responsables dans les
sociétés cotées, contribue à y impulser une démarche de responsabilité sociale.
c. Les consommateurs : Ils sont de plus en plus demandeurs de traçabilité et de
transparence sur les impacts environnementaux et sociaux des produits et sont même prêts
à payer plus pour un produit socialement responsable, à boycotter des firmes non
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responsables, à faire pression au travers des associations de consommateurs ou à tenter
des actions collectives (via des manifestations telles que l’organisation d’une journée sans
achat, sans sac en plastique).
d. Les employés : Leurs attentes s’expriment notamment en matière de conditions de travail,
de respect des droits (non discrimination, lutte contre la précarité, SMIG etc.) et de
répartition des bénéfices entre le capital et le travail. Une entreprise qui n’adopte pas un
comportement responsable à l’égard de ses employés peut rencontrer des difficultés pour
recruter et conserver des profils hautement qualifiés et, par là-même, voir sa compétitivité
remise en cause.
e. L’Etat et les associations : L’Etat peut exercer des pressions pour éviter des
licenciements (actions visant à empêcher des délocalisations, accompagnement de plans
sociaux, etc.) et les associations de protection de l’environnement peuvent, quant à elles,
alerter l’opinion publique sur l’impact environnemental des activités de telle ou telle
organisation (ex. Greenpeace).
f. Les partenaires et les fournisseurs : En tant que donneur d'ordre, l'entreprise est
considérée comme coresponsable des activités de ses sous-traitants et de leurs impacts
sociaux et environnementaux. Elle est tenue de contrôler l'application des référentiels,
normes ou codes de conduite qu'elle a mis en place dans l'ensemble de sa chaîne de
production (mise en place de politique d’achat responsable ou d’audit social…).
g. Les collectivités locales : Les citoyens peuvent également exercer collectivement une
pression sur les entreprises à travers les recours en justice en cas de préjudices (bruit,
horaires décalés, pollution, dégradation de paysage, etc.). Dès lors, l'implantation des
entreprises dans les territoires nationaux et internationaux suppose préalablement que
leurs activités soient acceptées par les riverains et les communautés locales et qu'elles
obtiennent ainsi un « licence to operate » (appelé aussi « légitimité sociale).
h. Les ONG : Définies comme des acteurs « politiques privés », les ONG peuvent appeler
au boycott des produits d'une entreprise pour protester contre leurs conditions de
fabrication ou réaliser des contre-expertises scientifiques qui provoquent des débats (jouer
un rôle de lanceur d'alerte) ou jouer le rôle de médiateur en créant un terrain de confiance
entre les communautés locales et le monde des affaires. Parmi les plus importantes, on
compte Greenpeace, les Amis de la Terre (Friends of the Earth) ou la Fédération
Internationale des Droits de l’Homme.