Sreo 0416 F
Sreo 0416 F
Afrique subsaharienne
Un changement de cap s’impose
16
AVR
Regional Economic Outlook
Sub-Saharan Africa, April 2016 (French)
F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
Études économiques et financières
Afrique subsaharienne
Un changement de cap s’impose
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
16
AVR
F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L
©2016 International Monetary Fund
Édition française ©2016 Fonds monétaire international
Édition française
Traduction réalisée par les services linguistiques du FMI
sous la direction de Yannick Chevalier-Delanoue
Correction : Monica Nepote-Cit et Van Tran
PAO : Fernando Sole
Cataloging-in-Publication Data
French translation of: Regional economic outlook. Sub-Saharan Africa. — Washington, D.C.:
International Monetary Fund, 2003–
v. ; cm. — (World economic and financial surveys, 0258-7440)
Twice a year.
Began in 2003.
Some issues have thematic titles.
HC800.A1 R445
ISBN : 978-1-48430-984-1 (français, version papier)
ISBN : 978-1-47551-544-2 (français, version PDF)
Le rapport sur les Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne est
publié deux fois par an, au printemps et à l’automne, et rend compte de l’évolution
économique de la région. Les projections et considérations de politique économique
qu’il présente sont celles des services du FMI, et ne représentent pas nécessairement les
points de vue du FMI, de son conseil d’administration ou de sa direction.
iii
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Tableaux
1.1. Afrique subsaharienne : croissance du PIB réel............................................................................12
1.2. Afrique subsaharienne : autres indicateurs macroéconomiques....................................................12
2.1. Exportateurs de produits de base d’Afrique subsaharienne :
plus fortes baisses des termes de l’échange des produits de base................................................31
2.2. Impact sur la croissance du PIB réel de l’évolution défavorable
des cours des produits de base : résultats des régressions...........................................................37
3.1. Afrique subsaharienne : normes de supervision du secteur financier.............................................62
3.2. Afrique subsaharienne : résultats de l’estimation MMG
de l’effet du développement financier sur la croissance économique.........................................65
3.3. Afrique subsaharienne : résultats de l’estimation de l’effet
du développement financier sur la volatilité de la croissance économique................................67
3.4. Afrique subsaharienne : déterminants du développement financier..............................................69
3.5. Afrique subsaharienne : classement des coefficients dénotant l’écart
par rapport au niveau de référence pour certains aspects de la qualité institutionnelle..............71
Graphiques
Chapitre 1
1.1. Afrique subsaharienne : variation de la croissance du PIB réel,
moyenne 2010–14/moyenne 2015–16.....................................................................................2
1.2. Épisodes pendant lesquels la baisse des cours du pétrole brut
a été la plus marquée sur 18 mois, 1970–2015.........................................................................2
1.3. Marges souveraines des pays émergents : 2014–16.......................................................................3
1.4. Afrique subsaharienne : balance commerciale avec la Chine, 2005–15.........................................4
1.5. Variation des cours moyens d’un échantillon de produits de base depuis 2013.............................4
1.6. Afrique subsaharienne : variation du solde extérieur courant
et du taux de change nominal, 2014–15...................................................................................5
1.7. Afrique subsaharienne : inflation en fin de période, comparaison entre 2014 et 2015...................5
1.8. Afrique subsaharienne : variation des dépenses et des recettes,
moyenne 2010–13 par rapport à 2015.....................................................................................6
1.9. Afrique subsaharienne : tendances de la dette publique et des coûts d’emprunt............................7
1.10. Afrique subsaharienne : solde extérieur courant et variation des réserves, 2015.............................9
1.11. Afrique subsaharienne : évolution du taux directeur depuis décembre 2014.................................9
1.12. Afrique subsaharienne : évolution de la croissance de la base monétaire, 2014–15........................9
1.13. Afrique subsaharienne : croissance du crédit au secteur privé.......................................................10
1.14. Afrique subsaharienne : créances improductives,
moyenne sur la période 2010–13 par rapport à 2015..............................................................10
1.15. Échantillon de pays d’Afrique subsaharienne : avances de la banque centrale,
moyenne 2010–13 et 2015.....................................................................................................11
1.16. Zone franc : financement de la banque centrale par rapport à l’exposition
des banques commerciales vis-à-vis de l’État, moyenne 2010–13 comparée à 2015.................11
iv
TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 2
2.1. Échantillon de régions : exportations nettes de produits de base/PIB...........................................27
2.2. Afrique subsaharienne : pays exportateurs de produits de base par décennie................................27
2.3. Exportateurs d’énergie et de métaux d’Afrique subsaharienne :
exportations nettes de produits de base/PIB, moyenne sur 2010–14........................................28
2.4. Cours mondiaux des produits de base, 1971–2015.....................................................................28
2.5. Afrique subsaharienne et pays de comparaison : termes de l’échange des produits de base ..........29
2.6. Exportateurs de produits miniers d’Afrique subsaharienne :
termes de l’échange des produits de base, 2000–15.................................................................29
2.7. Afrique subsaharienne : termes de l’échange des produits de base
et croissance du PIB, 2000–11................................................................................................30
2.8. Échantillon de groupes de pays : croissance du PIB réel pendant les périodes
de hausse et de baisse des cours de produits de base.................................................................32
2.9. Exportateurs de produits énergétiques d’Afrique subsaharienne :
principales variables macroéconomiques pendant les périodes
de hausse et de baisse des cours des produits de base................................................................33
2.10. Afrique subsaharienne : flexibilité du taux de change et dette publique
pendant les épisodes de faible et forte résilience de la croissance de la production....................34
2.11. Afrique subsaharienne : inflation pendant les périodes de hausse
et de baisse des cours des produits de base, par type de régime de change................................35
2.12. Afrique subsaharienne : effets des chocs affectant les termes de l’échange des produits de base.....36
2.13. Afrique subsaharienne et autres pays : réserves internationales totales..........................................40
2.14. Afrique subsaharienne et autres pays : dette extérieure.................................................................40
2.15. Afrique subsaharienne et autres pays : inflation...........................................................................40
Chapitre 3
3.1. Afrique subsaharienne : indicateurs standards de la profondeur financière...................................55
3.2. Afrique subsaharienne : actifs sectoriels, 2012.............................................................................56
3.3. Afrique subsaharienne : indicateurs de l’inclusion financière........................................................57
3.4. Pays d’Afrique subsaharienne : l’inclusion financière...................................................................58
3.5. Afrique subsaharienne : indice du développement financier, 1980–2013.....................................59
3.6. Afrique subsaharienne : aspects du développement financier.......................................................60
3.7. Crises bancaires systémiques, 1976–2010....................................................................................61
3.8. Afrique subsaharienne : indicateurs de solidité financière, 2006–14............................................61
3.9. Afrique subsaharienne : développement financier effectif et prévu, 2013.....................................64
3.10. Impact à long terme sur le PIB du relâchement des contraintes financières..................................66
3.11. Afrique subsaharienne : effet du développement financier
sur la volatilité de la croissance économique............................................................................66
3.12. Afrique subsaharienne : développement financier et qualité des institutions en 2013...................70
v
Sigles et acronymes
vi
Remerciements
L’édition d’avril 2016 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (PER) a été préparée par
une équipe dirigée par Céline Allard, sous l’autorité de Abebe Aemro Selassie.
L’équipe était composée de Francisco Arizala, Wenjie Chen, Larry Qiang Cui, Jesus Gonzalez-Garcia,
Cleary Haines, Dalia Hakura, Mumtaz Hussain, Ahmat Jidoud, Montfort Mlachila,
Bhaswar Mukhopadhyay, Monique Newiak, Marco Pani, Bozena Radzewicz-Bak, Misa Takebe,
Tim Willems, Yanmin Ye, Mustafa Yenice et Jiayi Zhang.
Ce rapport contient aussi des contributions de Aidar Abdychev, Corinne Delechat, Geremia Palomba
et Fan Yang.
L’équipe a bénéficié du concours de Natasha Minges pour la production du rapport, assistée de Charlotte
Vazquez pour la composition. L’édition finale du rapport a été supervisée par Joanne Creary Johnson du
Département des communications.
vii
Résumé analytique
x
1. Un changement de cap s’impose
L’activité économique en Afrique subsaharienne est • Dans un tiers des pays de la région, tous importa-
tombée en 2015 à son plus bas niveau depuis environ teurs de pétrole et, pour la plupart, peu tributaires
quinze ans. La production a augmenté de 3,4 %, des exportations de produits de base, la croissance
c’est-à-dire à un rythme à peine plus rapide que la devrait se maintenir à peu près au même niveau
croissance démographique, et en recul par rapport à que ces dernières années2. De fait, pour un grand
la progression de 5 % enregistrée en 2014 et aux taux nombre de ces pays, en particulier les pays à faible
de croissance encore plus élevés auxquels on s’était revenu, cela représente la poursuite de la tendance
habitué ces dernières années. Ce ralentissement s’ex- de ces dernières années, marquée par une crois-
plique essentiellement par la forte baisse des cours des sance forte, stimulée par la vigueur de l’investisse-
produits de base, qui a durement ébranlé plusieurs ment et soutenue par les prix bas du pétrole. Pour
des grands pays de la région et a eu de ce fait des ef- un petit nombre de pays, toutefois, cela représente
fets prononcés sur les agrégats régionaux. la persistance d’une croissance atone.
De la même manière, cette année s’annonce elle • Dans un troisième groupe (beaucoup plus res-
aussi difficile. D’après nos projections, la croissance treint) de pays, les perspectives de croissance éco-
économique sera encore plus faible, à 3 %, car de nomique pour 2015–16 se sont améliorées sous
nombreux pays auront à faire face à la dégradation de l’effet de facteurs tels que : 1) un rebond de l’acti-
l’environnement extérieur. Au-delà, la sécheresse (en vité après des chocs majeurs, ou l’atténuation des
particulier en Afrique australe et orientale) ajoutera conflits (comme en République centrafricaine);
aux difficultés économiques de plusieurs pays. 2) le niveau élevé des investissements publics
d’infrastructure, une bonne campagne agricole et
Cela dit, les taux de croissance sur la pé-
l’amélioration du climat des affaires (comme en
riode 2015–16 varient considérablement au sein de
Côte d’Ivoire et au Sénégal); ainsi que 3) les re-
la région, comme en témoigne l’émergence de trois
tombées positives de la chute des cours du pétrole.
grands groupes de pays (graphique 1.1) :
La dégradation au niveau régional des résultats écono-
• Dans près de la moitié des 45 pays de la région,
miques pousse à se demander si la dynamique de crois-
la croissance économique s’est écartée de la tra-
sance observée récemment en Afrique subsaharienne
jectoire qu’elle suivait avant que l’environnement
s’est arrêtée à cause d’un environnement extérieur
extérieur ne devienne plus difficile, parfois de
devenu moins favorable. Nous restons toutefois opti-
façon très marquée. Figurent dans ce groupe les
mistes quant aux perspectives de croissance à moyen
pays exportateurs de pétrole de la région (Angola,
terme de la région. En premier lieu, on l’a vu, la situa-
la plupart des pays de la CEMAC1 et le Nigéria)
tion globale masque des taux de croissance très dis-
ainsi que plusieurs pays exportateurs de ressources
parates d’un pays à l’autre. En second lieu, et cela est
naturelles non pétrolières (Afrique du Sud, Ghana
peut-être plus important, les moteurs fondamentaux
et Zambie). Cette catégorie comprend aussi le
de la croissance à moyen terme (notamment l’évo-
Libéria et la Sierra Leone, qui avaient été dure-
lution démographique favorable) n’ont pas disparu.
ment touchés par la récente épidémie d’Ébola et
Le ralentissement actuel montre juste que la région
souffrent maintenant de la chute des cours des
n’est pas à l’abri des transitions multiples à l’œuvre
produits de base, ainsi que plusieurs pays d’Afrique
dans l’économie mondiale. La croissance vigoureuse
australe et orientale qui pâtissent de la sécheresse.
observée pendant la décennie écoulée a été rendue
Ce chapitre a été rédigé par une équipe dirigée par Bhaswar possible par les réformes économiques et les poli-
Mukhopadyay et composée de Francisco Arizala, Cleary Haines, tiques saines menées au plan intérieur et par l’existence
Monique Newiak, Marco Pani et Tim Willems.
1
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale 2
Dans ces pays, la croissance économique resterait dans
regroupe le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la une marge de 1 % autour de la moyenne enregistrée sur la
République centrafricaine, la République du Congo et le Tchad. période 2010–14, avant les chocs.
1
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.1. Afrique subsaharienne : variation de la croissance du PIB réel, moyenne 2010–14/moyenne 2015–16
15
Variation de la croissance du PIB réel Croissance moyenne du PIB réel en 2015–16, pourcentage
10
Points de pourcentage
–5
GIN
ZMB
SLE
TCD
NER
LSO
BFA
SYC
ZAF
STP
TZA
BEN
SEN
CIV
ERI
KEN
CMR
MDG
SSD
CAF
GNQ
LBR
BDI
GHA
ETH
GAB
COD
NAM
ZWE
BWA
AGO
COG
SWZ
NGA
COM
RWA
TGO
CPV
GMB
MLI
MOZ
UGA
MUS
GNB
MWI
Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.
Note : voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
simultanée d’un environnement extérieur très favo- industries extractives devraient rester durablement
rable, caractérisé notamment par le niveau élevé des basses, les pays se doivent de contenir leur déficit
cours des produits de base et de substantielles entrées budgétaire, l’urgence de l’ajustement devant être
de capitaux peu coûteux3. Or, maintenant que l’envi- déterminée par le degré de vulnérabilité sur le plan
ronnement extérieur est nettement moins favorable, macroéconomique et de l’endettement, ainsi que
un recalibrage des politiques publiques s’impose pour par les amortisseurs extérieurs et budgétaires exis-
raviver la dynamique de croissance. tants. Dans la mesure du possible, cet ajustement
devrait porter sur les recettes, car, dans beaucoup de
Au sens le plus large, le recalibrage requis est le suivant :
pays, il y a là une large marge d’action (voir l’édi-
• Dans les pays exportateurs de ressources natu- tion d’octobre 2015 des Perspectives économiques
relles, les autorités doivent réagir au plus vite et régionales : Afrique subsaharienne). Cela dit, des me-
avec détermination à la perspective d’une période sures seront aussi nécessaires du côté des dépenses
prolongée de cours très bas pour les produits de dans les pays où l’ajustement est urgent et où les
base. Jusqu’à présent, en particulier parmi les pays mesures touchant aux recettes mettront du temps à
exportateurs de pétrole, la réaction des autorités produire leurs effets.
à la détérioration sans précédent des termes de • Dans les pays de la région qui ont accès aux mar-
l’échange (graphique 1.2) a été plutôt hésitante chés financiers, il est aussi nécessaire de procéder
et insuffisante. Or, les amortisseurs budgétaires et à un recalibrage adéquat des politiques publiques
les volants de réserves de change sont limités, de qui tienne compte du durcissement des condi-
même que les options de financement, mais l’ajus- tions financières extérieures. Profitant essentiel-
tement requis devra s’opérer d’une manière ou lement des conditions financières extérieures
d’une autre : en fait, les autorités ont à choisir entre favorables de ces dernières années, beaucoup de
un ajustement ordonné ou désordonné. Un pro-
Graphique 1.2. Épisodes pendant lesquels la baisse des cours
cessus d’ajustement ordonné est de loin le meilleur du pétrole brut a été la plus marquée sur 18 mois, 1970–2015
moyen de créer les conditions d’un redressement de 0
l’économie plus rapide, durable et profitant à tous. –10
Par conséquent, pour les pays qui n’appartiennent
–20
pas à une union monétaire, la flexibilité du taux
Pourcentage
–60
3
Naturellement, si les cours élevés des produits de base ont bénéficié
aux exportateurs de ressources naturelles, ils ont aussi eu un impact –70
négatif sur le revenu national de la majorité des pays de la région, 2015 1986 1992 1998 1999 2009
qui ne sont guère tributaires des exportations de minéraux. Source : FMI, système des cours des produits de base.
2
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
pays préémergents de la région ont enregistré des Dans le chapitre 2, nous complétons cette analyse par
déficits extérieur et budgétaire élevés en cher- une étude approfondie des fluctuations passées des
chant à répondre à leurs besoins considérables en cours des produits de base en Afrique subsaharienne,
matière d’infrastructures. Or, les conditions fi- dont il ressort que les cycles de ces cours ont des ef-
nancières extérieures se sont maintenant sensible- fets durables sur les principales variables macroéco-
ment durcies : la hausse des coûts de financement nomiques. Ce chapitre met aussi en évidence le rôle
pour les emprunteurs d’Afrique subsaharienne essentiel joué par les politiques macroéconomiques,
a été beaucoup plus prononcée que pour la plu- en particulier en matière de flexibilité du taux de
part des pays émergents (graphique 1.3). Dans change, qui, quand elles sont appropriées, permettent
ces conditions, il importe de maîtriser les déficits d’atténuer sensiblement les effets d’une évolution dé-
budgétaires en définissant mieux les priorités de favorable des cours des produits de base.
dépenses et/ou en améliorant la mobilisation des
Consacré à des questions concernant davantage le
recettes, en fonction de la situation particulière
moyen terme, le chapitre 3 établit que les secteurs fi-
de chaque pays. Faute de maîtriser leurs défi-
nanciers de la région se sont considérablement déve-
cits, ces pays pourraient se retrouver dépourvus
loppés au cours de ces dernières décennies. Cependant,
d’amortisseurs et, pire encore, rester vulnérables à
en s’appuyant sur une analyse des caractéristiques struc-
une crise financière (si les conditions financières
turelles de l’Afrique subsaharienne et une comparaison
extérieures devenaient encore plus défavorables).
avec d’autres régions en développement, nous faisons
Dans le reste du chapitre 1, nous décrivons les valoir qu’il est possible d’aller encore plus loin dans
puissants vents contraires auxquels la région est le développement des secteurs financiers de la région.
confrontée, mettons en évidence leurs effets sur la Un développement plus poussé des établissements et
croissance économique dans les différents groupes des marchés financiers pourrait, à son tour, stimuler la
de pays, et faisons un tour d’horizon des politiques croissance économique de la région et la rendre moins
publiques adoptées par les pays pour contrer cet envi- volatile. La solidité des fondements macroéconomiques
ronnement défavorable. Nous présentons ensuite les apparaît comme l’une des principales conditions du
perspectives pour la région et les risques auxquels elle développement financier de la région, tandis que la fai-
pourrait être confrontée, et concluons avec quelques blesse des institutions l’a plutôt entravé dans le passé.
recommandations de politiques économiques.
Graphique 1.3. Marges souveraines des pays émergents : 2014–16
1.000
ANATOMIE D’UN RALENTISSEMENT
Pays émergents¹
900
Pays préémergents d'Afrique subsaharienne² Un monde de chocs multiples
800
La croissance économique mondiale a été de 3,1 %
700
en 2015 et devrait rester modeste en 2016, avec un
Points de base
600
taux de 3,2 %, avant de remonter progressivement à
500 3,6 % en 2017. La croissance mondiale reste globa-
400 lement inchangée, mais sa composition est devenue
300 moins favorable à l’Afrique subsaharienne. En parti-
200 culier, le rééquilibrage et le ralentissement de l’éco-
juil.-14
juil.-15
mai-14
mai-15
nov.-14
nov.-15
mars-14
mars-15
mars-16
janv.-14
janv.-15
janv.-16
sept.-14
sept.-15
3
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.4. Afrique subsaharienne : balance commerciale avec Graphique 1.5. Variation des cours moyens d’un échantillon de
la Chine, 2005–15 produits de base depuis 2013
5 40
4 20
3
0
sur 6 mois
2
–20
1
0 –40
2015
–1 –60
Afrique subsaharienne Projections pour 2016
–2 Afrique subsaharienne hors pays exportateurs de pétrole et Projections pour 2020
de ressources non renouvelables –80
–3
Or
Cuivre
Thé
Cacao
Minerai de fer
Pétrole brut
Gaz naturel
Diamants
Café
Charbon
Coton
juin-05
juin-09
juin-13
oct.-06
oct.-10
oct.-14
févr.-06
juin-07
févr.-08
oct.-08
févr.-10
juin-11
févr.-12
oct.-12
févr.-14
juin-15
Source : FMI, Direction of Trade Statistics.
Sources : FMI, système des cours des produits de base et hypothèses
mondiales.
• La Chine est devenue le premier partenaire com- Note : Outre le pétrole, les principaux produits d’exportation de la
mercial de la région et, de plus en plus, une source région sont, entre autres, le cuivre (République démocratique du Congo
et Zambie), le minerai de fer (Libéria et Sierra Leone), le charbon
d’investissement direct étranger et d’autres flux de (Afrique du Sud et Mozambique), l’or (Afrique du Sud, Burkina Faso,
financement. Depuis près de quinze ans, la région Ghana, Mali et Tanzanie) et le platine (Afrique du Sud).
4
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
De vastes zones d’Afrique australe et orientale pâ- Graphique 1.6. Afrique subsaharienne : variation du solde
extérieur courant et du taux de change nominal, 2014–15
tissent d’une grave sécheresse qui expose des millions 80
de personnes à l’insécurité alimentaire et pèse sur l’ac- ZMB
Dépréciation
70
Appréciation
SSD ETH CIV BDI
aussi mises à mal dans plusieurs pays qui ont besoin 0 LBR COD ZWE
SYC
–10 GMB
d’un surcroît d’aide humanitaire.
–20
–20 –15 –10 –5 0 5 10 15 20
De graves retombées économiques Variation du solde extérieur courant, points de
pourcentage du PIB
La croissance économique de la région a déjà net- Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.
tement ralenti. D’après les estimations, elle est des- Note : voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
cendue à 3,4 % en 2015, contre 5,1 % en 2014.
Graphique 1.7. Afrique subsaharienne : inflation
Les pays exportateurs de pétrole ont durement souf- en fin de période, comparaison entre 2014 et 2015
fert de la baisse plus marquée que prévu des cours du 30
15
courants se sont nettement détériorés.
MOZ
NGA
10 ETH SLE
Dans le même temps, les gains pour les pays impor- BDI ERI
tateurs de pétrole ont été moins importants qu’on 5 COM
LSO
CAF
aurait pu l’attendre. En principe, la baisse des cours BEN
GNQ
du pétrole aurait dû se traduire par une augmenta- 0 CMR TCD
tion des revenus disponibles réels et une hausse de la ZWE
–5
demande au niveau national. Or, abstraction faite des –5 0 5 10 15 20 25 30
facteurs propres aux pays concernés, deux éléments 2014, pourcentage
semblent avoir empêché que ces gains ne se matéria- Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.
Note : voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
lisent complètement :
n’ont pas été ajustés pour répercuter la totalité de
• La chute des cours des produits de base a pesé
la baisse des prix des carburants sur les consom-
en 2015 sur les exportations des quinze principaux
mateurs finals6.
pays exportateurs de ressources non renouvelables
autres que le pétrole. Dans certains cas, cela a plus La croissance économique est toutefois restée vigou-
que compensé l’amélioration du solde pétrolier et reuse dans un grand nombre de pays importateurs
creusé le déficit des transactions courantes. de pétrole : en particulier, les pays à faible revenu
non fragiles de la région ont enregistré une croissance
• Un grand nombre de monnaies de la région se
de 7,2 %, grâce dans bien des cas à l’ampleur des
sont fortement dépréciées par rapport à un dollar
dépenses d’infrastructure en cours (c’est le cas, par
fort (graphique 1.6), ce qui a limité la baisse des
exemple, de certains pays de l’Union économique et
prix du pétrole exprimés en monnaie locale et ac-
monétaire ouest-africaine — UEMOA).
céléré l’inflation (graphique 1.7). En outre, dans
certains pays, les prix administrés de l’énergie
6
Dans l’encadré 1.2 de l’édition d’avril 2015 des Perspectives
5
Voir au tableau 1.1 la liste des pays exportateurs de pétrole et économiques régionales : Afrique subsaharienne, il est noté que
des pays exportateurs de ressources non renouvelables. Tout 35 % seulement des pays de la région permettent un ajustement
pays qui n’est pas classé comme exportateur de pétrole est réputé automatique des prix des carburants, tandis que les autres les
importateur de pétrole. fixent par voie administrative.
5
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.8. Afrique subsaharienne : variation des dépenses ont même augmenté. C’est ce qui s’est passé en
et des recettes, moyenne 2010–13 par rapport à 2015
Zambie, où la baisse des cours du cuivre et les
22
Augmentation des dépenses pénuries d’électricité ont engendré un choc parti-
18 > augmentation des recettes
culièrement sensible pour l’activité économique,
14 LBR ainsi qu’au Niger, où le programme d’investisse-
Variation des dépenses publiques,
points de pourcentage du PIB
GNB
10
NER
ments publics a été renforcé. En revanche, la situa-
COG
6 BEN
SWZ
tion budgétaire du Ghana s’est améliorée en 2015,
2
Déficit de recettes > mais, compte tenu du niveau élevé du déficit et
ajustement des dépenses MWI
GAB LSO
de la dette, la poursuite de l’assainissement des fi-
–2
TCD
GHA nances publiques reste éminemment souhaitable.
–6 BDI SYC CPV
–10 STP Pays riches en ressources
Dans plusieurs autres pays, la politique budgétaire n’a
AGO pas été adaptée de façon adéquate. Ainsi, au Kenya,
naturelles
–14
Pays pauvres en un effort de consolidation budgétaire pourrait aider
–18
ressources naturelles à alléger la contribution de la politique monétaire et
–22 faciliter l’adaptation de l’économie à un environne-
–22 –18 –14 –10 –6 –2 2 6 10 14 18 22
Variation des recettes publiques, points de pourcentage du PIB
ment extérieur caractérisé par une diminution des
entrées de capitaux. La Côte d’Ivoire, qui effectue des
Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.
Note : voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
investissements massifs, pourrait aussi profiter de la
vigueur actuelle de sa croissance économique pour
La politique budgétaire s’est adaptée, mais pas commencer à améliorer sa position budgétaire.
encore dans des proportions suffisantes … … ce qui a entraîné un recours accru
Dans la plupart des pays riches en ressources naturelles, à l’emprunt alors même que les conditions
le manque à gagner de recettes a été particulièrement du marché se durcissaient
prononcé, à tel point que les soldes budgétaires se sont
Dans un contexte de croissance faible et de déficits
détériorés malgré un certain ajustement des dépenses.
élevés, le niveau d’endettement de la région est en
• Les pays exportateurs de pétrole, qui sont plus tri- augmentation (graphique 1.9, panneau 1). Même
butaires des recettes provenant de leurs ressources avant 2014, la dette était déjà en hausse malgré des
naturelles que les exportateurs d’autres produits taux de croissance économique relativement élevés.
de base, ont presque tous subi une diminution Entre 2014 et 2015, avec l’affaiblissement de la
sensible de ce type de recettes (et de leurs recettes croissance, l’accentuation des déficits budgétaires et
totales) par rapport à la période 2010–13, c’est-à- la dépréciation des monnaies, la dette publique s’est
dire avant l’effondrement des cours du pétrole (gra- accrue de façon encore plus marquée (le ratio médian
phique 1.8). En même temps, les dépenses se sont dette publique/PIB a ainsi augmenté de 5¼ points de
fortement accrues au Cameroun et en République pourcentage pour s’établir à environ 43 %).
du Congo, tandis que d’autres pays ont procédé
• Dans la plupart des pays exportateurs de pétrole
à des coupes budgétaires dans des proportions
et des autres pays riches en ressources naturelles,
allant de drastiques (Angola, Tchad) à modestes
la dynamique de la dette a été déterminée par la
(Nigéria). L’ajustement budgétaire ou les finan-
baisse des recettes provenant des produits de base
cements ayant tardé, les retards de paiement inté-
et la politique budgétaire expansionniste qui en a
rieurs se sont accentués dans plusieurs pays (dont,
résulté, car les déficits budgétaires ont été de plus
entre autres, l’Angola, le Nigéria et le Tchad).
en plus comblés par des flux créateurs de dette
• Certains pays exportateurs de ressources non (graphique 1.9, panneau 2). La hausse de l’en-
énergétiques ont aussi enregistré une forte di- dettement a été particulièrement marquée dans
minution de leurs recettes (Libéria, République les pays exportateurs de pétrole tels que l’Angola,
centrafricaine, Sierra Leone et Zambie), qui n’a le Cameroun, le Gabon et la République du
pas été entièrement compensée par un ajustement Congo (de 17 à 33 points de pourcentage entre la
budgétaire. De fait, dans certains cas, les dépenses moyenne des années 2010–13 et 2015), où le taux
6
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
Graphique 1.9. Afrique subsaharienne : tendances de la dette publique et des coûts d’emprunt
1. Sources de l'augmentation de la dette publique, 2013–151
18
Déficit primaire Contribution du taux d'intérêt réel Contribution de la croissance du PIB réel
14
Dépréciation du taux de change Autres Variation de la dette
Médiane, points de
10
pourcentage
6
2
–2
–6
Exportateurs de pétrole Autres pays riches en ressources Autres importateurs de pétrole Afrique subsaharienne
naturelles
2. Dette publique totale, 2010–15
120
100 Moyenne 2010–13 2015
Pourcentage du PIB
80
60
40
20
0
GIN
CIV
ZMB
LSO
COM
COG
AGO
GAB
TCD
ZAF
SLE
NER
MLI
TZA
BFA
NAM
CPV
SYC
TGO
SEN
KEN
ETH
LBR
BEN
MDG
CMR
GNQ
NGA
GHA
CAF
ZWE
COD
GMB
STP
BDI
UGA
BWA
MOZ
MUS
GNB
RWA
SWZ
SSD²
Exportateurs de pétrole Autres pays riches en ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
3. Décomposition de la dette du secteur public, 4. Risque de surendettement des pays à faible revenu,
moyenne 2010–13 et 2015 2010–153
50 36
Dette intérieure 2
45 Dette extérieure 32 2
5 6
40 20,9 5
28
Pourcentage du PIB
35 6
24
Nombre de pays
30 29,4 17,7
25 20,4 25,6 20 14
10 20
20 17,5 16
15 12,1 28,5 12
10 9,9 22,4 8
15,4 12,4 15,9 13 13
5 11,5 8,6 4 8
5,7
0 0
Moy. 2015 Moy. 2015 Moy. 2015 Moy. 2015
2010–13 2010–13 2010–13 2010–13
2010 2013 2015
Faible Modéré Élevé Risque de surendettement
Afrique Exportateurs de Autres pays riches Autres
subsaharienne pétrole en ressources importateurs de
naturelles pétrole
5. Politique budgétaire et hausse des taux des bons du Trésor 6. Politique budgétaire et hausse des marges souveraines
(La taille des bulles est proportionnelle à la hausse des taux, janvier 2014 (La taille des bulles est proportionnelle à la variation de la marge
jusqu'à la date des données les plus récentes)4 EMBIG, variation en points de base depuis décembre 2014)5
12 12
Variation du solde budgétaire de 2013
10 10 Afrique subsaharienne
Variation du solde budgétaire de 2014
8 8
à 2015, points de % du PIB
GHA
à 2015, points de % du PIB
7
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
8
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
l’accentuation d’écarts de taux de change par rap- correction de la croissance peut-être excessive du crédit
port au marché parallèle. Elles ont aussi provoqué dans d’autres (encadré 1.2).
des tensions sur les positions en avoirs de change Parallèlement, les indicateurs de solidité financière
nettes des banques commerciales, dans la mesure se sont détériorés. Les créances improductives ont
où certaines d’entre elles s’efforcent de répondre fortement augmenté dans certains pays exporta-
à la demande de devises en puisant dans leurs teurs de pétrole (Angola, Guinée équatoriale) et dans
avoirs extérieurs ou en augmentant leurs enga- certains petits pays et États fragiles (Cabo Verde,
gements à l’égard de contreparties étrangères. Là Gambie, Malawi, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone,
où ils existent, le creusement des écarts de taux Zimbabwe) (graphique 1.14), faisant apparaître des
de change par rapport au marché parallèle et les besoins de recapitalisation (Angola, Gambie). Dans
pressions qui s’exercent sur les réserves internatio- près de la moitié des pays de la région riche en res-
nales laissent à penser qu’une dépréciation plus sources naturelles, les ratios de fonds propres se sont
importante serait vraisemblablement nécessaire. détériorés. De même, la rentabilité du secteur ban-
Le resserrement des politiques monétaires et le recours caire a diminué dans deux tiers des pays pour les-
accru au financement intérieur par le secteur public quels on dispose de données, en particulier dans les
ont pu amplifier les effets du choc sur les activités pays exportateurs de pétrole (République du Congo,
d’emprunt du secteur privé. En effet, le creusement des Tchad), mais aussi dans certains pays à revenu inter-
déficits budgétaires et le durcissement des politiques médiaire qui ne sont pas exportateurs de ressources
monétaires font monter les coûts d’emprunt pour le Graphique 1.11. Afrique subsaharienne :
secteur privé. En outre, les mesures administratives sur évolution du taux directeur depuis décembre 2014
700
le marché des changes, qui, on l’a vu, ont accentué les 600
écarts de taux sur le marché parallèle et freiné les im- 500
portations d’intrants essentiels (Angola, Nigéria), ont 400
Points de base
Zambie
Ghana
Maurice
Angola
Nigéria
Graphique 1.10. Afrique subsaharienne : Afrique du Sud
solde extérieur courant et variation des réserves, 2015
4
Pays de la CEMAC GNB Source : Haver Analytics.
3
Pays de l'UEMOA
Variation des réserves en mois
2 Autres
d'importations, 2014–15
Mozambique
Éthiopie
Madagascar
Seychelles
Tanzanie
Malawi
Gambie
Rwanda
Burundi
9
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 1.13. Afrique subsaharienne : Graphique 1.14. Afrique subsaharienne : créances improductives,
croissance du crédit au secteur privé moyenne sur la période 2010–13 par rapport à 2015
50 25
STP SLE
(17,0, 39,6)
Évolution sur les douze derniers mois, pourcentage
BEN
Graphique 1.15. Échantillon de pays d’Afrique subsaharienne : avances de la banque centrale, moyenne 2010–13 et 2015
14
12 Moyenne 2010–13 2015
Stock en fin de période,
pourcentage du PIB
10
8
6
4
2
0
TZA
KEN
GIN
COG
CAF
GNQ
CMR
TCD
NGA
MDG
GAB
RWA
ETH
ZMB
SLE
GHA
GMB
MWI
CEMAC CAE Autres
Sources : autorités nationales; estimations des services du FMI.
Note : Les données pour 2015 sont celles du dernier mois disponible. CEMAC = Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale;
CAE = Communauté de l’Afrique de l’Est. Voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
660 millions de dollars dans la banque de développe- à cause, entre autres facteurs, de l’insuffisante
ment régionale, la Banque de développement des États disponibilité de devises et de la diminution du
de l’Afrique centrale (BDEAC), en janvier pour l’aider niveau des dépenses publiques, et au Nigéria,
à financer des projets d’investissement régionaux pu- où les restrictions de change amplifient les effets
blics et privés, effaçant ainsi la démarcation entre le négatifs de l’effondrement des cours du pétrole
rôle traditionnel d’une banque centrale et le finance- en perturbant l’activité du secteur privé. En
ment du développement. République du Congo, toutefois, la croissance
devrait s’accélérer sous l’effet de l’augmentation
prévue de la production de pétrole.
PERSPECTIVES ET RISQUES
• Dans plusieurs grands pays exportateurs de pro-
Des perspectives macroéconomiques duits de base autres que le pétrole, la croissance
en demi-teintes … devrait aussi rester atone. Ainsi, elle devrait conti-
Compte tenu de l’environnement décrit dans la section nuer de ralentir en Zambie en raison de la faiblesse
précédente, l’Afrique subsaharienne devrait rester sur des cours du cuivre, des pénuries d’électricité et du
une trajectoire de croissance inférieure aux tendances manque de dynamisme de la demande intérieure,
passées en 2016 (tableaux 1.1 et 1.2). Les chocs exté- et diminuer de moitié pour s’établir à 0,6 % en
rieurs majeurs continuant de faire sentir leurs effets, Afrique du Sud à cause de la défiance des inves-
la croissance moyenne de la région devrait atteindre à tisseurs, du resserrement des politiques publiques,
peine 3 % en 2016, ce qui représente une révision en Graphique 1.16. Zone franc : financement de la banque centrale
baisse de 1¼ point de pourcentage par rapport à l’édi- par rapport à l’exposition des banques commerciales
vis-à-vis de l’État, moyenne 2010–13 comparée à 2015
tion d’octobre 2015 des Perspectives économiques régio-
20
nales, et le taux le plus bas depuis 1999. Cependant, GAB Pays de la CEMAC
Créances des banques commerciales sur
18
les taux de croissance des pays de la région devraient CIV Pays de l'UEMOA
16
l'État, en pourcentage des actifs
11
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
de la baisse des cours des produits de base et des Dans la plupart des autres pays, la croissance éco-
effets de la sécheresse. Au Ghana, la croissance de nomique devrait rester relativement vigoureuse.
l’activité hors pétrole devrait être stable, à un ni- Stimulée par la vitalité de l’investissement intérieur et
veau toutefois peu élevé, mais la croissance du PIB la baisse des cours du pétrole, la croissance des pays
global devrait s’accélérer légèrement grâce à l’aug- importateurs de pétrole (hors Afrique du Sud) devrait
mentation de la production de pétrole. s’établir à 5,2 % en 2016 (contre 5,4 % en 2015).
Plus précisément, la croissance devrait atteindre 6 %
• Dans les pays touchés par l’épidémie d’Ébola,
au Kenya, grâce à l’investissement dans le secteur
la croissance économique devrait rester faible
des transports, au développement de la production
en 2016. Avec le reflux de l’épidémie, elle devrait
d’électricité et au redressement du secteur du tou-
toutefois s’accélérer en Guinée et au Libéria (en
risme. De même, le Sénégal devrait enregistrer une
progressant de plus de 3 points de pourcentage
croissance à peu près inchangée, de 6,6 %, soutenue
dans les deux pays pour s’établir à 4,1 % dans le
par l’amélioration de la productivité agricole et le dy-
premier et à 2,5 % dans le second), et atteindre
namisme du secteur privé. Le niveau élevé des cours
5,3 % en Sierra Leone, après une contraction de
du cacao et la bonne campagne agricole, ainsi que
plus de 20 points en 2015.
l’augmentation anticipée de l’investissement à la suite
(Variation en pourcentage)
Inflation, moyenne 8,8 9,8 8,2 9,5 9,3 6,6 6,4 7,0 9,0 8,3
(Pourcentage du PIB)
Solde budgétaire 1,7 –4,6 –3,4 –1,2 –1,8 –3,1 –3,6 –4,1 –4,6 –4,1
Dont : hors pays exportateurs de pétrole –0,6 –4,1 –4,3 –3,7 –3,7 –4,0 –4,1 –4,1 –3,9 –3,5
Solde des transactions courantes 2,1 –2,8 –0,8 –0,6 –1,8 –2,4 –4,1 –5,9 –6,2 –5,5
Dont : hors pays exportateurs de pétrole –4,3 –4,8 –3,9 –4,8 –7,1 –7,6 –7,3 –7,6 –7,6 –7,8
(Mois d'importations)
Couverture par les réserves 5,1 5,2 4,2 4,6 5,3 5,0 5,6 5,1 4,2 3,9
Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.
12
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
de la récente élection présidentielle, devraient égale- risquerait de créer des difficultés de financement et
ment alimenter une croissance vigoureuse en Côte de précipiter un ajustement encore plus brutal. Ce
d’Ivoire, que les projections chiffrent à 8,5 %. risque pourrait être accru là où les incertitudes en-
tourant l’action des pouvoirs publics s’intensifient
La sécheresse qui sévit à l’échelle régionale fait peser
(comme dans les pays où des élections cruciales sont
de lourdes menaces sur l’Afrique australe et orientale
prévues en 2016). Si la sécheresse se prolonge et
(encadré 1.1). La croissance économique de l’Éthiopie
s’étend à d’autres régions en Afrique australe et orien-
et du Malawi devrait s’en ressentir de façon particu-
tale, la croissance agricole pourrait en souffrir, et une
lièrement sensible. En outre, l’inflation des produits
partie considérable de la population pourrait être ex-
alimentaires est en hausse, et la nécessité d’importer
posée à l’insécurité alimentaire, ce qui déclencherait
de la nourriture et de l’électricité devrait entraîner une
des déplacements de population et des migrations.
dégradation de la balance des transactions courantes,
surtout en Zambie. Les effets de la sécheresse varient En outre, la menace terroriste s’accentue en Afrique
d’un pays à l’autre, mais son coût humain est élevé, centrale et dans la région du Sahel, comme l’ont
car elle crée une situation d’insécurité alimentaire qui montré les attentats récents au Burkina Faso, en Côte
va sans doute s’aggraver considérablement par rapport d’Ivoire et au Mali (encadré 1.5). Enfin, les retom-
à 2015 et toucher de 40 à 50 millions de personnes bées du marasme économique qui sévit dans certains
d’ici la fin de 2016. De plus, comme les conditions pays sur les autres pays de la région, tant par le biais
climatiques actuelles devraient perdurer pendant la pé- du commerce que sur le système financier par le jeu
riode 2016–17, la proportion de la population touchée des opérations transnationales, constituent aussi un
par la sécheresse pourrait doubler. risque potentiel.
beaucoup de ces pays se trouvent maintenant dans leurs réserves internationales pour atténuer le
une situation où de nouvelles mesures anticycliques choc, compte tenu de l’ampleur de ce dernier et
sont difficilement envisageables. des anticipations d’une réduction durable des re-
cettes fiscales générées par le secteur des ressources
• Les risques souverains liés aux considérables en-
naturelles, un profond rééquilibrage des finances
gagements des banques commerciales en dette
publiques est inévitable (FMI, 2015b), même au
publique et les risques connexes de refinance-
prix d’une activité moindre à court terme. De
ment des États se sont parfois intensifiés au point
manière plus générale, le rythme de la consolida-
de menacer la stabilité financière.
tion budgétaire au sein de la région devrait tenir
Compte tenu de ces tendances, les gouvernements compte des marges de manœuvre de chaque pays,
devraient envisager des politiques d’ajustement dont des vulnérabilités nationales et des contraintes de
l’urgence doit être proportionnelle à l’ampleur des financement. Dans leur travail de rééquilibrage, les
vulnérabilités intérieures. Les cours des produits de pays devraient s’efforcer de mobiliser des recettes
base ont considérablement chuté, le rythme ayant été et de préserver les dépenses prioritaires, telles que
sans précédent dans le cas des produits énergétiques. les dépenses sociales, de manière à ne pas remettre
Les exportateurs de pétrole et d’autres produits de en question leurs objectifs de développement à
base ont entrepris de s’adapter, mais, vu l’ampleur plus long terme.
du choc en présence, il leur reste encore beaucoup de
• Plusieurs pays qui ne sont pas de gros exporta-
chemin à parcourir. Comme le choc risque de per-
teurs de produits de base non renouvelables sont
durer et que les marges de manœuvre se sont épui-
mieux à même de surmonter les chocs et, jusqu’à
sées, l’ajustement est inévitable.
présent, ont continué à enregistrer des perfor-
• Les pays qui n’appartiennent pas à une union mances relativement satisfaisantes. Cependant,
monétaire devraient laisser leurs taux de change certains d’entre eux se sont efforcés de répondre
s’ajuster pour absorber le choc. Les interventions à des besoins urgents de dépenses, notamment
des banques centrales devraient se limiter à atté- pour combler les déficits d’infrastructure, et ont
nuer les fluctuations désordonnées du marché, et, ainsi creusé leurs déficits et accru leur niveau
de manière plus générale, les mesures adminis- d’endettement. Ces pays devraient mettre à profit
tratives sur le marché des changes devraient être leur vigueur actuelle pour constituer des marges
évitées. Les banques centrales pourraient être ame- de manœuvre et réduire leur vulnérabilité à un
nées à durcir leur politique monétaire lorsqu’une soudain retournement de conjoncture.
dépréciation du taux de change entraîne des ten-
• Les banques centrales devraient limiter les avances
sions inflationnistes durables, lorsque les poussées
à l’État au niveau nécessaire pour atténuer les
d’inflation des prix alimentaires imputables aux
contraintes de financement à court terme et de-
épisodes de sécheresses ont des effets inflation-
vraient éviter de relaxer les contraintes de liquidité
nistes de second tour, ou lorsque les considérations
des banques commerciales pour faciliter les prêts
macroprudentielles le justifient. Ces politiques se-
à l’État. Les banques centrales devraient en outre
ront vraisemblablement nécessaires pour préserver
s’abstenir, de manière générale, de fournir un fi-
la stabilité macroéconomique, en dépit des effets
nancement structurel à l’appui du développement.
néfastes que le durcissement des politiques moné-
taires pourrait avoir sur le secteur privé en raison • Les pays doivent rester attentifs aux signes de re-
du renchérissement des coûts d’emprunt. crudescence des tensions financières et, dans cette
perspective, mettre en place des systèmes d’alerte
• L’ajustement budgétaire s’impose de manière ur-
avancée et des dispositifs de coopération trans-
gente pour préserver la stabilité macroéconomique,
frontalière en matière de supervision.
notamment dans les pays exportateurs de pétrole
de la région. Au sein de la CEMAC, l’instrument • Outre que les difficultés actuelles appellent une
du taux de change n’est pas disponible, et l’appui riposte immédiate, elles rappellent de manière
direct des banques centrales à l’État atteint ses li- explicite la nécessité de faire avancer les pro-
mites. Bien qu’il convienne que ces pays utilisent grammes de diversification économique.
14
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
De vastes zones de l’Afrique australe et orientale pâtissent d’une grave sécheresse qui pourrait menacer la sécurité alimentaire
de 40 à 50 millions de personnes. Liée au phénomène climatique El Niño, elle touche l’activité économique des différents pays
au travers de deux canaux de transmission : en réduisant la production agricole et, dans certains cas, en compromettant la
production d’énergie hydroélectrique. La croissance devrait ainsi ralentir sensiblement en Éthiopie, au Malawi et en Zambie,
et l’inflation des produits alimentaires s’accélère pratiquement partout dans la sous-région. Plusieurs pays doivent en outre
faire face à des tensions budgétaires et extérieures. La sécheresse pourrait s’intensifier durant l’année, et la situation macroéco-
nomique se détériorer davantage.
Durant l’année, la sécheresse qui sévit actuellement sur l’Afrique australe et orientale, devrait s’accentuer, touchant des
millions de personnes et provoquer potentiellement une crise alimentaire d’envergure régionale. La pluviométrie est
jusqu’à présent la plus faible des 35 dernières années : elle se situe en dessous de 40 % de la moyenne à long terme et
s’inscrit dans le sillage d’une saison des pluies déjà insuffisante l’année dernière. L’Éthiopie, le Lesotho, le Malawi et
le Zimbabwe ont déjà lancé un appel à l’aide humanitaire, tandis que plusieurs autres pays ont déclaré des situations
d’urgence. L’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie et le Swaziland limitent la consommation d’eau en raison des
faibles niveaux de leurs réservoirs. L’étiage influe en outre sur la production d’énergie hydroélectrique en Zambie et au
Zimbabwe, en provoquant des délestages massifs. Les prévisions font état de précipitations qui resteraient inférieures à
la moyenne et d’une autre année de mauvaises récoltes en 2016.
Selon le Programme alimentaire mondial et l’Agence des États-Unis pour le développement international, de 40 à
50 millions de personnes risquent de manquer de nourriture d’ici la fin de 2016, dont 2,5 millions qui souffrent d’ores
et déjà d’une crise alimentaire aigüe, les conséquences variant d’un pays à l’autre1. Si les conditions exceptionnelles de
chaleur et de sécheresse persistent, la région tout entière pourrait souffrir d’une crise alimentaire en 2016 et au début
de 2017, et la population extrêmement vulnérable pourrait augmenter sensiblement. Les précipitations auraient beau
revenir à la normale, les réserves agricoles et les banques de semences sont pratiquement épuisées, et les agriculteurs se-
ront donc de toute façon démunis face à la prochaine campagne de semis. Selon le réseau des systèmes d’alerte avancée
contre les famines, une grande part des récoltes futures sera perdue en raison d’une mauvaise qualité de l’ensemence-
ment (notamment dans le cas du maïs). La sécheresse frappera de manière particulièrement sévère les populations ru-
rales les plus vulnérables qui dépendent de la production agricole. En milieu urbain, les pauvres seront frappés par le
renchérissement des denrées alimentaires.
Les retombées macroéconomiques de la sécheresse devraient être particulièrement importantes dans certains des pays les
plus vulnérables de la région :
• Croissance. Selon les services du FMI, en 2016 la croissance du PIB sera particulièrement touchée en
Éthiopie, et elle devrait perdre 2,3 points de pourcentage au Malawi du fait de la sécheresse, principale-
ment en raison d’une maigre production agricole. Outre ses effets sur l’agriculture, la sécheresse paralyse
la distribution d’eau et la production d’électricité. Plusieurs réservoirs se sont pratiquement évaporés ou
présentent un très faible niveau, et les pénuries d’eau touchent la production hydroélectrique, notamment
en Zambie, où la croissance perd 1,2 point à cause de la sécheresse, et au Zimbabwe, où les délestages pro-
longés sont devenus la norme. Dans la plupart des autres pays touchés de la sous-région, la sécheresse pour-
rait faire perdre jusqu’à 0,5 point de croissance.
• Inflation. L’inflation alimentaire est orientée à la hausse dans plusieurs pays, encore que l’impact sur l’infla-
tion globale ait été jusqu’à présent amorti par une baisse des prix d’autres produits entrant dans le panier
du calcul de l’IPC, notamment ceux des carburants. Par exemple, malgré le faible niveau des prix alimen-
taires mondiaux, les prix de gros du maïs en Afrique du Sud et dans d’autres pays voisins dépassent de
Cet encadré a été préparé par Geremia Palomba, Aidar Abdychev et Monique Newiak.
1
Classement du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) Phase 3. L’IPC sert à mesurer la nature et la gravité
d’une crise de sécurité alimentaire (par exemple, IPC 4 : urgence humanitaire, et IPC 5 : famine/catastrophe humanitaire).
15
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
plus de 50 % ceux de l’année dernière, tandis que les prix de détail du maïs ont doublé au Malawi et au
Mozambique.
• Budget. La sécheresse met à rude épreuve le budget de l’État en Éthiopie, qui a récemment adopté un col-
lectif budgétaire, au Swaziland, où les coûts des plans d’urgence s’élèvent à 1 % du PIB, et en Zambie,
où les importations d’électricité d’urgence sont estimées à 1½ % du PIB. D’autres pays envisagent des
dépenses supplémentaires liées à la sécheresse d’un montant pouvant aller jusqu’à ½ % du PIB, principale-
ment pour les activités de soutien à la population.
• Situation extérieure. De fortes tensions risquent de peser sur la situation extérieure. Les importations d’ali-
ments et, dans certains pays, d’électricité devraient s’accroître et détériorer sensiblement le solde des tran-
sactions courantes, notamment en Zambie (1½–2 % du PIB), tandis que d’autres pays sont aux prises avec
des besoins humanitaires, principalement liés aux importations alimentaires, qui représentent environ ½ %
du PIB.
Jusqu’à présent, la riposte à la crise a été inégale. Au Zimbabwe, le financement du plan de riposte à la sécheresse serait
inférieur à 50 % des besoins, contre plus de 90 % au Malawi. De manière plus générale, les organismes de secours font
état d’un considérable déficit de financement et, selon les organisations internationales telles que le Programme ali-
mentaire mondial, la plupart des pays de la région ne sont pas suffisamment bien préparés pour gérer les conséquences
humanitaires éventuelles. Qui plus est, peu de progrès ont été enregistrés dans la mise en place d’une infrastructure agri-
cole capable de résister aux variations climatiques, notamment avec l’adoption de semences résistantes à la sécheresse, de
nouvelles techniques agricoles, de pratiques de récupération de l’eau et de l’agriculture de conservation.
16
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
La croissance du crédit au secteur privé a ralenti dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne (graphique 1.2.1). Ce
phénomène récent est examiné par rapport à la rapide croissance qu’a connue le crédit sur la période 2010–13, lorsque
les cours des matières premières étaient orientés à la hausse et que les conditions de financement étaient favorables.
À l’époque, la conjoncture de conditions financières favorables et de montée des prix des produits de base avait coïncidé
avec une croissance du crédit aux secteurs public et privé, ce qui a permis à de nombreux pays de poursuive leur appro-
fondissement financier, parfois par rapport à de faibles niveaux de départ1. Le fort dynamisme des cours des matières
premières ayant pris fin, la croissance du crédit se ralentit désormais, surtout dans les pays exportateurs de produits
énergétiques. Cette situation appelle plusieurs questions :
• Les pays de la région, et notamment les exportateurs de matières premières, avaient-ils enregistré une
poussée exceptionnelle (ou «bulle») du crédit lors de l’envolée des cours, ou bien avaient-ils connu un ap-
profondissement financier salutaire?
• Quelles sont les conséquences de ce ralentissement au regard des risques pour la stabilité financière, en par-
ticulier en ce qui a trait aux créances improductives?
Pour répondre à ces questions, nous avons réalisé une analyse comparative de l’évolution du crédit permettant d’éva-
luer les risques éventuels liés au récent épisode de croissance rapide du crédit. En nous appuyant sur Marchettini et
Maino (2015), nous avons défini les pays où la croissance du crédit au secteur privé 1) avait été plus rapide qu’une ten-
dance à long terme («écart tendanciel»), et 2) avait dépassé un niveau dicté par les caractéristiques structurelles propres à
chaque pays («écart référentiel» — graphique 1.2.2). L’analyse aboutit aux conclusions suivantes2 :
40
30
Pourcentage
20
10
–10
–20
TCD
TZA
NER
GNB
GAB
NGA
SLE
GHA
MLI
LSO
BWA
UGA
SYC
CIV
COM
TGO
SEN
KEN
CMR
COG
COD
CAF
ZMB
NAM
MDG
BEN
BFA
GNQ
GMB
MOZ
MWI
BDI
SWZ
Exportateurs de produits Autres pays riches en ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
énergétiques
Crédit au secteur privé, en pourcentage du PIB Croissance moyenne du crédit sur 2014 ‒15 Croissance moyenne du crédit sur 2010 ‒13
Sources : autorités nationales; FMI, International Financial Statistics; estimations des services du FMI.
Note : voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
1
Dans les pays riches en ressources naturelles, les niveaux de crédit au secteur privé sont souvent faibles, car la mise en valeur des
ressources naturelles est souvent financée par des ressources publiques ou par l’investissement direct étranger.
2
L’écart tendanciel pour un pays donné est l’écart moyen du ratio crédit au secteur privé/PIB de ce pays pour la période 2010–13
par rapport à une tendance à long terme calculée à l’aide d’un filtre Hodrick-Prescott rétrospectif. L’écart référentiel est l’écart
moyen, sur la période 2010–13, du ratio crédit au secteur privé/PIB par rapport à une référence statistique, obtenue sur la base d’une
régression quantile du ratio crédit au secteur privé/PIB sur les caractéristiques structurelles du pays et certains facteurs conjoncturels.
Les caractéristiques comprennent la population et la densité démographique, le PIB par habitant et son carré, les ratios de
dépendance démographique et des variables indicatrices pour les pays préémergents, les exportateurs de pétrole, les centres financiers
et les pays enclavés (voir Feyen, Kibuuka et Sourrouille, 2016).
17
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
• Plusieurs pays qui ne sont pas exportateurs de ressources naturelles (Kenya, Mozambique, Sénégal, Togo)
présentent des risques liés à la croissance rapide du crédit (et supérieure à ce que les considérations structu-
relles sembleraient justifier); ces risques pourraient à terme peser sur la stabilité financière3.
• En revanche, dans la plupart des pays exportateurs de ressources naturelles, la croissance rapide du crédit
était liée à un processus de rattrapage et, dans deux d’entre eux seulement (Mali, Niger), elle était supé-
rieure à ce qu’auraient justifié les caractéristiques structurelles.
• Il reste un certain nombre de pays où les progrès sont insuffisants en matière d’approfondissement finan-
cier. Dans ces pays, la croissance du crédit est inférieure à la tendance et au niveau que sembleraient recom-
mander les caractéristiques structurelles (Gambie, Nigéria, Sierra Leone).
Notre analyse fait ressortir que, dans la plupart des pays où les risques pour la stabilité financière seraient en train de
s’accentuer en raison de la baisse marquée des cours des matières premières, une correction par rapport aux tendances
de croissance excessive du crédit des années récentes ne devrait toutefois pas avoir pour effet de les accentuer davantage.
• Les créances improductives imputables au ralentissement de l’activité économique augmentent dans un cer-
tain nombre de pays de la région, exportateurs de ressources naturelles (Angola, Guinée équatoriale, Sierra
Leone, Tchad) ou non (Bénin, Cabo Verde, Gambie, Malawi, São Tomé-et-Príncipe) (voir graphique 1.14).
• Seuls certains des pays qui affichent une augmentation des créances improductives présentent, selon notre
analyse, une croissance du crédit sur les années récentes pouvant être jugée excessive, et l’on ne saurait y
exclure une augmentation encore plus forte de ces créances. Il faudrait certes procéder à une étude plus
approfondie pour être plus catégorique, mais les autorités devraient toutefois rester vigilantes face à tout in-
dice de poussée des créances douteuses.
• D’après notre analyse, la croissance du crédit dans la plupart des exportateurs de ressources naturelles n’a pas
atteint des niveaux que l’on pourrait juger excessifs. Cela réduit quelque peu le risque d’une instabilité finan-
cière lié au repli du cours des matières premières aggravée par une augmentation des créances improductives.
• De plus, dans le cas des pays riches en ressources naturelles, la croissance rapide du crédit a souvent été le
fait de l’exploitation des matières premières, y compris par des entreprises publiques4. En conséquence, la
probabilité d’une recrudescence (reconnue) des créances improductives sera étroitement liée à l’évolution
des finances publiques dans ces pays.
Graphique 1.2.2. Crédit au secteur privé : écart tendanciel et écart référentiel, moyenne pour 2010–13 comparée à 2014
Pays pauvres en ressources naturelles Pays riches en ressources naturelles
25 20 Supérieur à référence et
Supérieur à référence et Supérieur à référence Supérieur à référence et à
15
Écart référentiel, pourcentage du PIB
Écart référentiel, pourcentage du PIB
3
La croissance du crédit et les ratios crédit/PIB constituent des indicateurs importants pour évaluer la stabilité financière. Cela étant,
même si leur valeur est plus élevée, ils pourraient tout de même coexister avec un accès insuffisant au crédit et aux services financiers dans
de vastes groupes de la population. Le chapitre 3 examine de manière plus approfondie ces dimensions importantes du développement
des secteurs financiers, telles que l’inclusion financière, du point de vue de l’accès tant au crédit qu’aux services financiers.
4
Les valeurs de crédit au secteur privé représentées au graphique 1.2.1 incluent le crédit aux entreprises publiques.
18
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
Le contexte actuel de déficits budgétaires considérables ou en forte hausse dans certains pays, sur fond de durcissement
des conditions de financement, pourrait compromettre la réalisation des objectifs de politique monétaire des banques cen-
trales si elle aboutissait à une monétisation des déficits. Cette situation reçoit l’appellation de «prépondérance budgétaire».
L’analyse qui suit s’efforce d’évaluer la cohérence des objectifs de politique monétaire et budgétaire sous des hypothèses
d’objectifs d’endettement en régime permanent. Il convient de préciser qu’il s’agit d’un exercice purement illustratif. En
particulier, il ne veut pas dire que nous avons en tête une trajectoire spécifique d’inflation future (dans la mesure où les
pays pourraient s’écarter des hypothèses ici retenues en matière de financement par la dette), et ne doit pas être lu comme
synonyme de recommandation particulière en matière de politique publique pour quelque pays que ce soit.
Pour illustrer les compromis entre objectifs budgétaires et cibles d’inflation dans la région, le présent encadré s’appuie
sur le cadre comptable mis au point par Anand et Van Wijnbergen (1989). Ce cadre comptable part du constat qu’un
déficit budgétaire donné peut être financé 1) en émettant des titres de dette intérieure ou extérieure assortis d’intérêts,
ou 2) en ayant recours au financement monétaire («seigneuriage»). En conséquence, le déficit finançable (FD) peut être
formulé comme suit :
FD = emprunts intérieurs faisables + emprunts extérieurs faisables + seigneuriage.
Le cadre de viabilité de la dette élaboré par le FMI pour les pays à faible revenu (FMI, 2013) définit des seuils propres à
chaque pays pour des ratios dette/PIB viables1. Dans le cadre de cet exercice illustratif, le présent encadré établit des ob-
jectifs de ratio de dette/PIB pour les pays à faible revenu de la région, comme suit :
pour les pays présentant un faible risque de surendettement :
���������
�������
������ ������������
��������
������� ��0,7�
0,7���
0,7� ��� ��������������
���������������
�� ������������� ������������ ���
�������
�������
Dans ces équations, les coefficients 0,5 et 0,75 sont des hypothèses retenues à titre illustratif. Sous ces hypothèses, les pays
présentant un risque de surendettement faible ����������
����������
����������
et ��
modéré peuvent��� ���
�� ������
���� leur ratio dette/PIB pour s’approcher du seuil
����
accroître
(les pays présentant un faible risque de surendettement ont�� une
� marge d’endettement plus large que celle des pays dont
le risque est modéré et ils peuvent donc emprunter davantage). Pour les pays dont le risque de surendettement est élevé
(qui présentent tous un ratio dette/PIB
�������supérieur
� ��������au�seuil
0,7�de�risque modéré), l’hypothèse
��������������� � �������� �qui est faite est qu’ils visent une
réduction de leur ratio dette/PIB pour se rapprocher du seuil, ��� c’est-à-dire pour ramener leur risque de surendettement à
un niveau modéré. S’agissant des pays de la région ayant accès aux marchés, une cible de dette/PIB de 70 % est retenue,
conformément aux analyses de�viabilité
������ �de la dette�du0,�
�������� FMI
� ��applicables aux pays�ayant
������������������ accès
�������� � aux marchés.
������
Sur la base de ces hypothèses, nous calculons le niveau de déficit budgétaire qui permet de maintenir un ratio dette/PIB
���������
������en régime permanent, l’écart entre ce niveau de déficit
au niveau visé en régime permanent. Par voie�de conséquence, ������
������ � �������������������
budgétaire stabilisateur de dette et le déficit finançable doit être financé par le seigneuriage, lequel dépend du taux de
croissance nominale et du taux d’inflation de l’économie considérée :
���������� � �� � ����
�
1
Ces seuils, qui dépendent de la capacité de chaque pays (élevée, moyenne ou faible), établissent un lien entre le niveau
d’endettement et le risque de surendettement (élevé, modéré ou faible), les niveaux d’endettement élevés allant généralement de pair
� à partir d’estimations économétriques basées sur une régression
avec des risques de surendettement supérieurs. Les seuils sont établis
de la probabilité qu’un pays se trouve dans une situation de surendettement par rapport au niveau d’endettement et d’autres
variables. Les seuils sont ensuite étalonnés, de sorte que la probabilité de surendettement est de l’ordre de 20 % (FMI, 2012c).
��
�������
19
����� � �������� � 0,7� � ���������������
������� ���� � 0,� � �������������������� � �������� �
��������
�������
�������� � ��� ������� � �������� � 0,7� � ��������������� � ��������
� �� ������ 0,7� � ��
������������������
������� ������������� ������� �
������� � ������������������� �
���������� � �� � ����
������� � �������������������
�
������� � �������������������
Encadré 1.3 (fin) �
���������� � �� � ����
���������� � �� � ����
où � est le taux de croissance du PIB réel, �����������
est le taux d’inflation et est le stock de base monétaire par rapport au
� �� � ����
PIB nominal. L’adoption d’un objectif d’inflation (dénommé � � ) limite donc les montants qui peuvent être mobilisés �
�
par le biais du seigneuriage. �������
� ��
L’analyse tient également compte du fait que la demande de monnaie réelle est elle-même influencée par le niveau� de
l’inflation. De manière plus précise, des�taux������ �
plus élevés d’inflation tendent à la réduire et, partant, à restreindre l’as-
siette
� � fiscale de l’impôt inflation (à savoir la base monétaire détenue par le secteur privé). En prenant cela en considéra-
tion, nous calculons le montant de seigneuriage qu’un pays� devrait pouvoir générer lorsque l’objectif d’inflation � � est
������� �
atteint. En ajoutant ce montant au déficit budgétaire stabilisateur d’endettement, nous obtenons le «déficit finançable»
�������
lorsque l’inflation est au niveau de l’objectif d’inflation. �������
Nous comparons ensuite le «déficit finançable» et le déficit observé dans les pays dotés d’un objectif d’inflation. Sur
la base de cet exercice, il apparaît qu’il existe des tensions entre les objectifs budgétaires et monétaires dans un cer-
tain nombre de pays de la région. Le tableau 1.3.1 montre les résultats pour neuf pays d’Afrique subsaharienne et une
union monétaire ayant établi un objectif d’inflation2. Il ressort de ces résultats que les politiques actuelles du Kenya, du
Malawi et de la Zambie pourraient aller à l’encontre des objectifs monétaires sous nos hypothèses d’accumulation de
dette faisable, dans la mesure où l’amélioration requise du solde budgétaire (RBI) correspondant à leur objectif d’infla-
tion dépasse 1½ % du PIB. Ces résultats reposent sur des hypothèses très schématiques et sont donc, par nature, illus-
tratifs, mais ils corroborent l’argument selon lequel, dans ces pays, la politique budgétaire gagnerait à être ajustée pour
éviter les tensions liées à une augmentation de la dette au-delà des niveaux jugés sûrs ou à la non-réalisation des objectifs
monétaires.
Tableau 1.3.1. Amélioration requise du solde budgétaire (RBI) pour les pays ayant un objectif d’inflation déclaré
2
Ces pays ont vraisemblablement les cadres de politiques monétaires les plus crédibles, d’où une moindre probabilité de prédominance
budgétaire. Le présent encadré se contente donc de repérer d’éventuelles tensions entre cibles monétaires et cibles budgétaires.
20
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
L’édition d’avril 2012 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne signalait que l’évolution de la
situation économique en Afrique du Sud et au Nigéria ne tendait pas à avoir de répercussions sur l’ensemble de
l’Afrique subsaharienne. D’autres études ont, depuis, confirmé ces résultats (Canales-Kriljenko et al., 2013, Basdevant
et al., 2014, et Banque mondiale, 2016), et l’extension aux dernières données disponibles de l’analyse conduite en 2012
à l’aide d’une méthodologie d’autorégression vectorielle corrobore également ces résultats1. Elle signale en outre que
l’évolution de la situation économique au Ghana et en Zambie n’a pas d’incidence notable sur les prix et la production
des pays voisins. Une importante mise en garde s’impose toutefois, parce qu’il est possible que ces retombées existent,
mais que les données officielles ne parviennent pas à en rendre compte, car elles pourraient se manifester par le jeu
d’échanges transfrontaliers informels. En outre, à l’avenir, de nombreux pays d’Afrique subsaharienne pourraient être
touchés par le ralentissement de l’économie sud-africaine, l’Afrique du Sud étant depuis ces dernières années une source
importante d’investissement direct étranger (IDE) dans la région.
Les retombées économiques qui n’apparaissent pas dans les données du secteur réel et l’impact que pourraient avoir les
investissements directs étrangers sud-africains et nigérians sur la croissance des pays destinataires pourraient apparaître
dans les marges souveraines d’obligations libellées en dollars. Le présent encadré se penche donc sur cette question et
examine en quoi les variations des marges souveraines nigérianes et sud-africaines agissent sur celles d’autres pays pré-
émergents d’Afrique subsaharienne2.
À partir de données hebdomadaires, nous estimons l’équation suivante pour chaque pays préémergent en utilisant la
méthode des moindres carrés :
ln ��� � � � � �� ln ����� � � �� ln ����������� � � �� ������������ � � �� ln ����������� �
� �� ln����� � � �� ∆ln���������� � � �� .
où��� �est
ln � la� marge
� �� lnsouveraine
����� � � �d’un
� ln ��pays donné
��������� ��à la
��semaine t («ZAF/NGA»
������������ et «Global»
� � �� ln ���������� �� désignant les marges souveraines
sud-africaines/nigérianes et EMBIG, respectivement).
� �� ln����� � � �� ∆ln���������� � � �� . Les autres variables sont les taux des bons du Trésor américain à
trois mois, l’indice VIX et la variation des cours du pétrole entre la semaine t – 1 et la semaine t3.
T
Les résultats des estimations dans les différents pays révèlent un profil systématique. Premièrement, les marges souveraines
manifestent un degré important de persistance. Deuxièmement, les augmentations des marges au niveau mondial, du taux
T des bons du Trésor t – 1américain et de l’indice VIX tendent tous à provoquer une augmentation des marges souveraines dans
les pays préémergents de la région, ce qui montre à quel point les évolutions à l’échelle mondiale influencent les niveaux
des marges souveraines des pays préémergents d’Afrique subsaharienne. Enfin, pour tous les pays, excepté la Côte d’Ivoire,
t–1 β2 ont un effet négatif statistiquement significatif sur les marges souveraines. Il est intéressant de constater
les cours du pétrole
que cela vaut à la fois pour les pays exportateurs de pétrole (Angola, Gabon et Nigéria) et pour les importateurs, sans doute
β2 parce que l’évolution des cours du brut approxime relativement bien l’activité économique mondiale ou la croissance pour
la région d’Afrique subsaharienne. Ces conclusions rejoignent des résultats établis précédemment4.
1
Le Bénin pourrait constituer une exception. Ce pays semble en effet subir de retombées du Nigéria : les services du FMI estiment
qu’une réduction de 1 point de pourcentage de la croissance nigériane va de pair avec une réduction de 0,3 point de la croissance
béninoise (FMI, 2015f). Sur le passé très récent, les restrictions de change au Nigéria sembleraient avoir une incidence sur les
exportateurs des partenaires commerciaux tels que l’Afrique du Sud.
2
Étant donné que cette étude utilise des données financières, elle ne soulève pas les difficultés susmentionnées liées à la qualité des données.
3
Les marges souveraines proviennent de la base de données de l’indice Emerging Market Bond Index—Global (EMBIG) de JP Morgan.
Nous suivons la démarche des études en la matière en procédant à des estimations à partir de variables log transformées, mais les
estimations de notre équation sur la base de variables en niveau donnent des résultats fort similaires. Le niveau des marges souveraines au
niveau mondial est une moyenne pondérée de toutes les marges souveraines des pays émergents inclus dans la base de données EMBIG.
L’indice VIX est l’indice de volatilité implicite du Chicago Board Options Exchange (basé sur les options de l’indice S&P 500); il mesure
les anticipations de volatilité future des marchés. Il est jugé comme une bonne approximation de l’incertitude sur les marchés financiers.
4
Voir encadré 1.3, édition d’avril 2015 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne.
21
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Le graphique 1.4.1 présente les estimations pour le coefficient qui nous intéresse le plus : l’effet sur chaque pays préémer-
gent d’une augmentation de la marge souveraine en Afrique du Sud. Cet effet tend à être significatif et positif dans la plu-
part des cas; autrement dit, les inquiétudes à l’égard de la solvabilité de l’Afrique du Sud se traduiraient généralement par
des inquiétudes grandissantes à l’égard de la solvabilité des pays préémergents de la région (notamment en Afrique orien-
tale). Une analyse analogue fait apparaître que l’évolution des marges souveraines au Nigéria n’a pas de retombées notables
sur les autres pays préémergents de la région (hormis au Gabon, où l’estimation s’élève à 0,2 avec une valeur p de 0,0008).
Il existe d’autres mécanismes de transmission potentiels. Le partage des recettes au sein de la SACU5 a traditionnellement
constitué un lien important entre l’économie de l’Afrique du Sud et celle du Botswana, du Lesotho, de la Namibie et du
Swaziland (BLNS); en effet, les recettes budgétaires de ces derniers baissent lorsque les importations de la région (principa-
lement impulsées par les importations destinées à la consommation finale en Afrique du Sud) diminuent. De là une grande
volatilité des recettes publiques des BLNS. Ceux-ci s’efforcent de se protéger contre ces retombées en créant des marges de
manœuvre lorsque la conjoncture est favorable, mais, à l’exception du Botswana, ils n’y ont que partiellement réussi. En
particulier, le Swaziland — le pays pour lequel les transferts de la SACU sont les plus élevés en pourcentage des recettes pu-
bliques totales — a eu des difficultés à équilibrer son budget en présence d’une diminution des recettes de la SACU6.
L’émergence récente de banques panafricaines a créé un autre mécanisme de transmission éventuel de retombées écono-
miques à l’échelle transnationale7. De récents travaux font apparaître que la plupart des banques panafricaines sont bien
capitalisées et qu’elles font principalement appel à des sources de financement locales. Bien que le modèle de financement
semble atténuer les risques de contagion par les circuits financiers, l’activité transfrontalière grandissante de ces banques
soulève des défis en matière de réglementation et de supervision. Vu l’ampleur des chocs auxquels est soumise la région, il
importe donc de rester vigilant à l’égard des risques éventuels qui pourraient émaner de ce mécanisme de transmission.
Tanzanie
Éthiopie
Kenya
Côte d'Ivoire
Sénégal
Ghana
Nigéria
Gabon
Zambie
5
Les droits d’importation perçus sur les marchandises entrant dans l’Union par l’Afrique du Sud sont perçus par les autorités sud-
africaines, puis redistribués entre les membres de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU).
6
Par exemple, les problèmes budgétaires de 2010–11 étaient imputables à des recettes décevantes en provenance de la SACU : durant
ces exercices, les recettes ont chuté à 7 % du PIB, contre une moyenne de plus de 19 % du PIB en 2005–09.
7
Comme le montrent les études de Popov et Udell (2012) et De Haas et Van Lelyveld (2014), les banques transfrontalières
transmettent des chocs du pays d’origine aux pays d’accueil. Lorsque les cycles économiques sous-jacents ne sont pas
parfaitement synchronisés (ou lorsqu’un pays accueille des banques étrangères originaires de pays différents), ce circuit de
transmission a en fait un effet stabilisateur. Il ressort des données empiriques que l’activité bancaire transfrontalière contribue
à atténuer les effets des chocs financiers locaux, mais qu’elle amplifie les effets des chocs mondiaux (car ils augmentent de
manière générale les corrélations entre cycles économiques; voir FMI, 2014).
22
1. UN CHANGEMENT DE CAP S’IMPOSE
Le nombre de conflits armés a diminué durant la dernière décennie, mais le terrorisme représente désormais une menace
grave et grandissante pour plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Cette menace s’est intensifiée sensiblement ces dernières
années, au vu du nombre de civils et d’agents de sécurité victimes d’attentats terroristes, auquel s’ajoute la considérable
destruction matérielle. Depuis 2011, et surtout en 2014 et 2015, le nombre d’attentats et leur gravité se sont considérable-
ment accrus, la violence se concentrant notamment au Nigéria, en relation avec les attentats perpétrés par Boko Haram,
et dans trois des pays voisins (Cameroun, Niger et Tchad), au Kenya, ainsi que dans des pays qui traversent ou ont récem-
ment traversé une guerre civile ou d’autres conflits internes. Les récents attentats au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et au
Mali liés aux insurrections dans le Sahel montrent que les menaces s’étendent à d’autres pays de la région.
Au Nigéria, le plus grand pays de la région, le nombre d’attentats terroristes et leur virulence ont augmenté depuis 2011
et se sont étendus aux trois pays voisins. Selon la base de données sur le terrorisme mondial (Global Terrorism Database),
le Nigéria compte un tiers des victimes mortelles de tous les pays d’Afrique subsaharienne depuis 1989 et près de 70 %
des victimes mortelles en 2011. En 2014, le Nigéria représentait 23 % de toutes les victimes du terrorisme dans le
monde, en troisième position derrière l’Iraq et l’Afghanistan. Le Cameroun a également subi de nombreux attentats,
et, de même qu’au Niger et au Tchad, a subi les effets indirects de l’insécurité en termes d’échanges internationaux et
d’afflux conséquents de refugiés. L’action militaire combinée des pays participants avec l’Union africaine a, semble-t-il,
réussi jusqu’à un certain point à contenir la propagation du terrorisme et à récupérer des territoires qui étaient tombés
sous le contrôle de terroristes, de même qu’à réaliser d’importantes opérations de libération d’otages. Le gouvernement
du Président Buhari a fait de l’amélioration de la sécurité une priorité, et a annoncé que les risques pour la sécurité
avaient déjà diminué.
La violence terroriste s’est aussi accentuée au Kenya depuis 2011. Entre 2011 et 2014, près de 167 personnes ont été tuées
chaque année en moyenne dans des attentats terroristes. Les terroristes ont frappé des cibles très sensibles de la capitale du
pays et proches des zones touristiques, ce qui a eu pour effet d’amplifier l’impact économique et politique des attentats.
L’impact macroéconomique du terrorisme est difficile à quantifier; il dépend de la nature des attentats, de la taille du
pays et de la diversification de son économie, mais, en règle générale, il freine les échanges et l’investissement. La base de
données des indicateurs de compétitivité dans le monde (Global Competitiveness Indicators) signale un renchérissement
des coûts de la pratique des affaires imputable au terrorisme dans les pays touchés (graphique 1.5.1). Le coût écono-
mique du terrorisme s’est notamment accru au Nigéria et au Tchad depuis 2011, et il y dépasse désormais la moyenne
de l’Afrique subsaharienne et des pays à faible revenu. Il a également augmenté au Cameroun et au Kenya au cours des
1 1
Graphique 1.5.1. Indice du coût économique du terrorisme, 2006–15
2 2
Indice, 1 (maximum)–7 (minimum)
3 3 2
Indice, 1 (maximum)–7 (minimum)
3
4 4
4
5 5
5
6 6
6
7 7
7
2010–11
2011–12
2006–07
2007–08
2008–09
2009–10
2012–13
2013–14
2014–15
2010–11
2011–12
2006–07
2007–08
2008–09
2009–10
2012–13
2013–14
2014–15
2010–11
2011–12
2006–07
2007–08
2008–09
2009–10
2012–13
2013–14
2014–15
Cameroun Cameroun
Cameroun Tchad Tchad Tchad
Kenya Kenya
Kenya Nigéria NigériaNigéria
Afrique subsaharienne Pays émergents et en développement d'Europe
Afrique subsaharienne Afrique subsaharienne
Pays à faible revenu
Pays émergents et en développement d'Europe
Pays émergents et en développement d'Europe
Pays émergents et en développement d'Asie
Pays à faible revenu Pays à faible revenu Pays émergents et en développement d'Asie
Pays émergents et en développement d'Asie
23
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
cinq dernières années. Il ressort des données que le terrorisme porte également atteinte aux recettes, aux dépenses, au
tourisme et à l’investissement direct étranger.
De manière plus précise, outre les conséquences tragiques du terrorisme sur le plan humanitaire et social :
• Son impact sur l’ensemble de l’économie nigériane semble avoir été comparativement modeste, à l’excep-
tion des régions plus directement touchées par le problème.
• Au Cameroun, la menace du terrorisme se concentre également dans les régions rurales et pauvres, mais
elle a provoqué une augmentation des dépenses de sécurité dont l’impact budgétaire se situe aux alentours
de 1 à 2 % du PIB.
• Au Tchad, l’impact budgétaire du terrorisme est estimé à près de 1½ % du PIB non pétrolier; il s’explique
pour moitié par un manque à percevoir (principalement issu du ralentissement du commerce extérieur) et
pour moitié par une augmentation des dépenses sécuritaires.
• Au Niger, les crédits budgétaires destinés à la sécurité ont augmenté de 3,6 à 5,2 % du PIB entre 2012
et 2015.
• Au Kenya, l’impact le plus visible sur le plan économique s’est limité à ce jour au repli des arrivées de touristes
(en baisse de 17 % durant les trois premiers trimestres de 2015 par rapport à la même période de 2014).
24
2. Faire face à l’effondrement
des cours des produits de base
Leur dépendance à l’égard des exportations de res- produits de base a aussi augmenté, une évolution
sources naturelles a rendu près de la moitié des pays dont ces pays paient maintenant le prix.
d’Afrique subsaharienne vulnérables, d’une façon ou • Les pays exportateurs de pétrole sont, de loin, les
d’une autre, à la baisse actuelle des cours des produits plus exposés. Le choc des termes de l’échange des
de base. Il reste toutefois à déterminer dans quelle produits de base, qui reflète la perte de revenu
mesure et jusqu’à quel point ces pays seront affectés. résultant des fluctuations des cours en termes
Pour permettre d’y voir plus clair, trois séries de ques- de PIB, a été particulièrement marqué pour
tions sont considérées dans ce chapitre : eux depuis le milieu de l’année 2014. L’indice
• Quelle est l’importance des produits des industries des termes de l’échange des produits de base a
extractives (produits énergétiques et métaux) dans chuté, en moyenne, de 20 % du PIB en quelques
la région? Quels pays précisément sont affectés? années après avoir assez régulièrement progressé
Quelle importance ces produits revêtent-ils pour d’environ 45 % sur la période 2000–14. Il n’est
ces pays par rapport aux autres pays du monde qui donc pas étonnant que l’effet macroéconomique
exportent des produits de base? constaté soit important. Les analyses donnent
à penser qu’un choc négatif des termes de
• Comment les épisodes de flambée et de chute
l’échange de cette ampleur se traduit généra-
des cours des produits de base ont-ils affecté les
lement par un ralentissement de la croissance
résultats macroéconomiques en Afrique subsaha-
annuelle de 3 à 3½ points pendant plusieurs
rienne, et quel enseignement peut-on en tirer
années. C’est effectivement l’ordre de grandeur
pour évaluer l’impact de l’effondrement actuel
observé dans les pays d’Afrique subsaharienne ex-
des cours de ces produits?
portateurs de pétrole, dont le taux de croissance
• Quelles mesures peuvent permettre d’atténuer les moyen devrait tomber de 5,9 % en 2014 à 2,4 %
effets macroéconomiques de chocs négatifs des en 2015–16, d’après les projections.
termes de l’échange?
• Les pays exportateurs de métaux de la région ont
Les principales conclusions sont les suivantes : dans l’ensemble été relativement moins affectés.
• La moitié environ des pays d’Afrique subsaha- Cela tient au fait qu’ils exportent un plus large
rienne sont exportateurs nets de produits de base éventail de produits de base et que ceux-ci jouent
et, contrairement à ce qui s’est passé ailleurs, les un rôle moins important dans leur économie. De
exportations de produits des industries extractives plus, beaucoup de ces pays étant importateurs de
ont vu leur importance augmenter depuis les pétrole, l’impact de l’effondrement des cours des
années 90, ce qui a fait de cette région l’une des produits de base a été en partie compensé pour
parties du monde les plus fortement tributaires des eux par la baisse de la facture énergétique. Cela
produits de base, plus ou moins à égalité avec la ne veut toutefois pas dire qu’ils ne seront pas
région Moyen-Orient et Afrique du Nord. De ce affectés; au-delà de certains seuils, la baisse des
fait, même si la hausse des cours des produits des prix des exportations de produits de base entraîne
industries extractives a soutenu en partie la forte la fermeture de mines et des pertes d’emplois,
croissance des quelque dix dernières années, la vul- comme cela s’est déjà produit dans quelques
nérabilité de la région à la volatilité des cours des pays, avec un effet préjudiciable non négligeable
sur l’activité économique.
Ce chapitre a été rédigé par une équipe dirigée par Dalia Hakura et • Sur les 45 pays que compte l’Afrique subsaharienne,
composée de Francisco Arizala, Wenjie Chen, Jesus Gonzalez-Garcia, les 25 pays qui ne sont pas de gros exportateurs de
Mumtaz Hussain et Mustafa Yenice. Nous remercions en outre Aqib pétrole ou de métaux ont été dans l’ensemble moins
Aslam, Oya Celasun, Bertrand Gruss et Zsóka Kóczán d’avoir bien
voulu partager leurs données et programmes pour construire l’indice affectés par les fluctuations des cours des produits
des termes de l’échange des produits de base. de base. En fait, beaucoup d’entre eux ont enregistré
25
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
une croissance solide pendant le «supercycle» de la • Les pays d’Afrique subsaharienne exportateurs de
première décennie 2000 pour les matières premières produits de base devront, à moyen terme, non
en dépit d’une détérioration des termes de l’échange seulement reconstituer leur marge de manœuvre
des produits de base due en partie au niveau relati- et leurs amortisseurs à mesure que les cours des
vement élevé de leur facture pétrolière. matières premières se redresseront, mais aussi
veiller plus activement à améliorer la qualité et
• Les politiques macroéconomiques ont un rôle
l’efficience de l’investissement public, continuer
crucial à jouer en renforçant la résilience des
de s’efforcer de mobiliser les recettes intérieures
économies d’Afrique subsaharienne face à la chute
et poursuivre la diversification de leurs activités
des cours des produits de base, surtout dans le cas
économiques pour renforcer la résilience face aux
des pays très dépendants des exportations pétro-
chocs des cours des produits de base, notamment
lières. Les précédentes phases de baisse des cours
en améliorant le climat des affaires.
ont montré que la flexibilité du taux de change
jouait un rôle important en amortissant le choc
dans les pays non membres d’une union moné- CYCLE DES TERMES DE L’ÉCHANGE
taire. Une politique budgétaire contracyclique DES PRODUITS DE BASE
peut aussi contribuer notablement à réduire l’im- EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
pact du choc, mais à condition que les pays dis-
posent de la marge de manœuvre nécessaire pour Le rôle joué par les produits de base a régulièrement
mettre en œuvre ce type de mesure de relance. progressé au cours des trente dernières années en
• Les pays exportateurs de produits de base de la Afrique subsaharienne. Contrairement à ce qui
région ont, de fait, laissé leurs déficits budgétaires s’est passé dans d’autres régions en développement
se creuser ces dernières années en continuant de comme l’Amérique latine et l’Asie, les exportations
mettre en œuvre des projets d’investissement nettes (exportations moins importations) de produits
public destinés à remédier à leurs déficits d’in- de base sont passées, pour l’ensemble de la région,
frastructures alors que les recettes fiscales tirées de 2 % du PIB dans les années 80 à 6 % sur la
du secteur extractif diminuaient. Mais beaucoup période 2010–14, sous l’effet principalement de l’ex-
de ces pays voient leur marge de manœuvre pansion des exportations des produits des industries
budgétaire s’amenuiser rapidement sous l’effet de extractives (pétrole et métaux) (graphique 2.1). De
l’accroissement de leur endettement, de l’alour- fait, les exportations de produits de base ont constitué
dissement de leurs charges d’emprunt et de la près de la moitié de l’ensemble des exportations
forte diminution de leurs recettes, ce qui appelle de la région entre 2010 et 2014, alors qu’elles en
un ajustement de leur part puisque les cours des représentaient moins d’un quart dans les années 80.
produits de base doivent rester durablement bas. La région est ainsi devenue, plus ou moins à égalité
avec le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, l’une
• Pour les pays exportateurs de produits de base des régions les plus tributaires des exportations de
qui sont membres d’une union monétaire, produits de base.
l’ajustement repose entièrement sur la politique
budgétaire. Une meilleure mobilisation des re- Les exportations de ressources naturelles sont forte-
cettes intérieures peut permettre d’améliorer sen- ment concentrées dans la moitié environ des pays de
siblement le solde budgétaire, et la rationalisation la région, et ce sont, de loin, les pays exportateurs de
des dépenses doit aussi être un objectif prioritaire. pétrole qui sont les plus tributaires des exportations.
Ces pays devront notamment s’efforcer de mieux • Nous conformant à l’usage qui prévaut dans les
hiérarchiser les nombreux projets d’investisse- études économiques, nous considérons qu’un
ment dans les infrastructures qu’ils envisageaient pays est exportateur net de produits de base si
d’entreprendre. Pour limiter les effets négatifs sur ses exportations de pétrole, métaux, produits ali-
leurs perspectives de croissance à moyen terme, ils mentaires et matières premières constituent plus
devront privilégier les projets les plus rentables à du quart de ses exportations de marchandises,
condition que leur financement soit assuré. et ses exportations nettes de produits de base
26
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Graphique 2.1. Échantillon de régions : Graphique 2.2. Afrique subsaharienne : pays exportateurs
exportations nettes de produits de base/PIB de produits de base par décennie
1. Afrique subsaharienne Principaux produits
1990–99
2000–09
2010–14
15
Énergie Pays de base exportés (2010–14)
12 Métaux Angola 0 1 1 Pétrole
Denrées alimentaires et matières premières Bénin 3 0 0
Pourcentage du PIB
9 Mozambique 0 2 0
Namibie 2 2 2 Diamant, poisson, uranium
6 Niger 0 0 2 Uranium
Nigéria 1 1 1 Pétrole
3
Sierra Leone 2 2 2 Minerai de fer
Afrique du Sud 2 2 2 Platine, minerai de fer, or, charbon
0
Soudan du Sud 0 0 1 Pétrole
Ouganda 3 0 0
–3
Zambie 2 2 2 Cuivre
Années 80 Années 90 Années 2000 2010–14
Zimbabwe 2 2 2 Or, platine
3. Asie
15 Nombre d'exportateurs de
produits de base 20 21 22
12
Énergie Métaux Denrées alimentaires et matières premières
Pourcentage du PIB
9
nets de produits de base pour la période 2010–14
6 (graphique 2.2).
3 1
Le classement des exportateurs de produits de base reprend celui
0
adopté dans de précédentes éditions des Perspectives économiques
régionales : Afrique subsaharienne et dans l’édition d’octobre 2015
–3 des Perspectives de l’économie mondiale. Mis à part le Zimbabwe
Années 80 Années 90 Années 2000 2010–14 qui ne figurait plus parmi les exportateurs de produits de base
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie pendant les années 90, le classement résiste dans l’ensemble à un
mondiale; Nations Unies, base de données COMTRADE; calculs relèvement à 35 % du seuil utilisé pour la part des exportations
des services du FMI. de produits de base dans l’ensemble des exportations (voir la
Note : moyenne simple de tous les pays par région. classification des produits de base à l’annexe 2.1).
27
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pourcentage du PIB
Moyenne simple AfSS
20
Pourcentage du PIB
50 10
40
5
30 40
0
20 30
–5
10 20 –10
0 –15
10
Guinée équatoriale
Angola
Cameroun
Tchad
Nigéria
Gabon
Congo, Rép.
Gabon du Sud
Zambie
Congo, Rép. dém.
Botswana
Namibie
Ghana
Mali
Burkina Faso
Guinée
Zimbabwe
Sierra Leone
Niger
Afrique du Sud
0
Guinée équatoriale
Tchad
Angola
Nigéria
Congo, Rép.
Cameroun
Soudan du Sud
Soudan
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; Nations Unies, base de données COMTRADE;
calculs des services du FMI.
Note: AfSS = Afrique subsaharienne.
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; Nations Unies, base de données COMTRADE; calculs des services du FMI.
Note : AfSS = Afrique subsaharienne.
• Si le rôle joué par les produits de base en Afrique pour les pays exportateurs de métaux en dehors
subsaharienne a progressivement augmenté, c’est de la région (graphique 2.3).
grâce à l’accroissement des exportations des pro-
duits des industries extractives. On compte, de Implications des fluctuations des termes
ce fait, aujourd’hui, 20 pays exportateurs de ces de l’échange des produits de base
produits alors que l’on n’en dénombrait que 14 La moitié environ des pays de la région étant fortement,
dans les années 90. et de plus en plus, tributaires des produits de base, il
• La dépendance à l’égard des produits de base est légitime de s’interroger sur l’effet des précédents
varie aussi fortement entre les pays qui en ex- cycles des cours de ces produits et de leur effondrement
portent. C’est de loin dans les pays exportateurs récent. En effet, après avoir connu pendant les dix
de pétrole que les produits de base jouent le rôle premières années 2000 une hausse soutenue, qui a
le plus important avec des exportations nettes incité beaucoup de pays de la région à exploiter leurs
qui représentent entre 45 % et 85 % du PIB ressources extractives, les prix de l’énergie, des métaux
dans des pays comme l’Angola, la République et, dans une moindre mesure, des produits alimentaires
du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale, ce ont amorcé une baisse en 2011, qui s’est accélérée à
qui dépasse de beaucoup la moyenne observée partir du milieu de l’année 2014 (graphique 2.4). Les
dans les pays exportateurs d’énergie extérieurs à cours du pétrole brut ont chuté de quelque 70 % entre
la région. Même au Nigéria, dont l’économie est juin 2014 et février 2016, et l’indice des prix des mé-
beaucoup plus diversifiée, les exportations nettes taux a fléchi de 35 % depuis le début de 2011.
Graphique 2.4. Cours mondiaux des produits de base, 1971–2015
de produits de base contribuent à 15 % du PIB.
400
Bien qu’encore importante, la dépendance à Énergie
350
l’égard des produits de base est moindre dans les Métaux
300 Denrées alimentaires
pays exportateurs de métaux, où les exportations
Indice 2000 = 100
dépendance à l’égard des produits de base est Sources : FMI, système des cours des produits de base; calculs des
comparable ou inférieur à la moyenne observée services du FMI.
28
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Graphique 2.5. Afrique subsaharienne et pays de comparaison : est importateur net. De plus, comme les exportations
termes de l’échange des produits de base
(Indice, 100 = moyenne sur 1990–2000, médiane) nettes sont mesurées par rapport au PIB, les variations
180 de l’indice mettent directement en évidence les gains
Termes de l'échange des produits de base
Graphique 2.6. Exportateurs de produits miniers d’Afrique subsaharienne : termes de l’échange des produits de base, 2000–15
(Chiffres cumulés depuis 2000; points de pourcentage du PIB)
1. Exportateurs de produits énergétiques 2. Exportateurs de métaux
Variation cumulée en pourcentage du PIB
20
Variation cumulée en pourcentage du PIB
60
50 15
2011 2015 2011 2015
40
10
30
20 5
10
0
0
–10 –5
–20
–30 –10
Zambie
Mozambique
Mali
Botswana
Ghana
Zimbabwe
Namibie
Burkina Faso
Sierra Leone
Guinée
Afrique du Sud
Niger
Nigéria
Gabon
Tchad
Guinée équatoriale
Cameroun
Congo, Rép.
29
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
• L’amélioration substantielle des termes de Graphique 2.7. Afrique subsaharienne : termes de l’échange
des produits de base et croissance du PIB, 2000–11
l’échange des produits de base observée pendant 14
la première décennie des années 2000 est allée Exportateurs de produits énergétiques
Tableau 2.1. Exportateurs de produits de base d’Afrique subsaharienne : plus fortes baisses des termes de l’échange des produits de base
1. Dix plus grandes chutes entre pic et creux sur 37 épisodes 2. Dix plus grandes chutes pendant les trois premières
années sur 37 épisodes
Pays Épisode Durée Variation cumulée Pays Épisode Durée Variation cumulée
(Nombre d'années) (Pourcentage du PIB) (Nombre d'années) (Pourcentage du PIB)
Gabon 1981–86 6 –44,6 Zambie 1970–72 3 –34,8
Zambie 1970–72 3 –34,8 Côte d'Ivoire 1978–81 4 –16,4
Nigéria 1981–86 6 –29,2 Guinée 1989–93 5 –14,3
Côte d'Ivoire 1978–81 4 –22,0 Libéria 2012–14 3 –12,1
Congo, Rép. 1981–86 6 –20,0 Nigéria 1991–94 4 –9,9
Guinée 1989–93 5 –15,8 Botswana 2006–08 3 –9,6
Libéria 1995–01 7 –14,1 Congo, Rép. 1991–95 5 –9,0
Nigéria 1991–94 4 –13,0 Guinée 1971–74 4 –8,3
Congo, Rép. 1991–95 5 –12,2 Gabon 1981–86 6 –7,8
Libéria 2012–14 3 –12,1 Guinée 2007–09 3 –7,6
Source : calculs des services du FMI.
31
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.8. Échantillon de groupes de pays : croissance du PIB réel pendant les périodes de hausse et de baisse des cours de produits de base
(Moyennes sur trois ans)
Pourcentage
Pourcentage
4 4 4
3 3 3
2 2 2
1 1 1
0 0 0
Périodes de hausse Périodes de baisse Périodes de hausse Périodes de baisse Périodes de hausse Périodes de baisse
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les échantillons sont composés de cycles ayant culminé avant 2012. Les barres représentent les moyennes simples des variables sur la période
de trois ans ayant immédiatement précédé le pic (période de hausse) et la période de trois ans ayant immédiatement suivi le pic (période de baisse).
marqués par les plus fortes baisses des termes de uniquement considérés les épisodes survenus
l’échange de produits de base entre le pic et le creux dans les pays exportateurs de pétrole d’Afrique
du cycle et pendant les trois premières années sur les subsaharienne. Le taux de croissance est en
37 épisodes retenus pour les pays d’Afrique subsaha- moyenne tombé d’environ 6 %, avant le choc,
rienne exportateurs de produits de base. La plupart des aux alentours de 3 % pendant les trois années
épisodes sont survenus dans les années 80 et 90, ont suivant une baisse des cours du pétrole. En fait,
duré en moyenne cinq ans, ont eu d’importants effets le dernier épisode suit d’assez près ce schéma
sur les revenus et ont affecté des pays aussi divers que la puisque le taux de croissance des pays expor-
Côte d’Ivoire, la Guinée, le Nigéria et la Zambie4. tateurs de pétrole est passé de 5,9 % en 2014
(l’année du pic pétrolier) à 2,6 % en 2015 et
Bien que la croissance n’ait été que légèrement
qu’il devrait, d’après les projections, fléchir
affectée dans l’ensemble pendant ces épisodes de
encore pour s’établir à 2,2 % en 2016. Cela sou-
détérioration des termes de l’échange des produits de
ligne une fois de plus que les pays exportateurs de
base, les pays exportateurs d’énergie ont en général
pétrole d’Afrique subsaharienne sont vulnérables
connu un ralentissement de croissance beaucoup plus
aux changements d’orientation des prix.
marqué (graphique 2.8). Plus précisément :
• Le fait que les pays exportateurs de pétrole
• Le ralentissement moyen observé pour les 75 épi-
d’Afrique subsaharienne sont plus affectés par les
sodes considérés pour l’Afrique subsaharienne a été
chocs se vérifie avec toutes les variables macroéco-
de 1 point environ. C’est en gros le ralentissement
nomiques (graphique 2.9). Les soldes extérieurs
moyen constaté pour l’ensemble de l’échantillon
courants ont tendance à passer de gros excédents
de pays émergents et en développement5.
à de gros déficits, et ces fortes variations s’ac-
• La décélération de la croissance a cependant compagnent généralement de baisses des réserves
été beaucoup plus prononcée lorsque sont internationales. De plus, les petits excédents
budgétaires observés avant le choc se muent en
4
Les critères utilisés pour isoler les épisodes de baisse exigeant général en déficits de plus de 5 % du PIB.
au moins trois années de détérioration des termes de l’échange
des produits de base, des événements éphémères comme Il est plus facile de faire face à des chocs
le fléchissement des cours des produits de base lié à la crise
financière mondiale de 2008–09 ont été exclus de l’analyse. Il durables avec un taux de change flexible
en est allé de même pour la dégradation récente des termes de et un faible endettement public
l’échange des produits de base subie par les pays exportateurs de Les études d’événements permettent aussi de se faire
pétrole de la région du fait qu’elle ne remonte qu’à 2015.
une première idée de l’effet de certaines politiques
5
L’attention se porte principalement ici sur l’effet du choc
pendant les trois premières années, mais l’effet global a pu être
sur la résilience des pays touchés par des chocs de
encore plus important lorsque les chocs ont été plus durables. prix des produits de base. Pour cela, nous divisons
32
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
4
0,5
2
0,0
0
–0,5
–2
–4 –1,0
–6 –1,5
Périodes de hausse Périodes de baisse Périodes de hausse Périodes de baisse
3. Solde budgétaire 4. Dette publique totale
1 4
–1 2
–2 1
–3 0
–4 –1
–5 –2
–6 –3
Périodes de hausse Périodes de baisse Périodes de hausse Périodes de baisse
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
les pays d’Afrique subsaharienne en deux groupes répercussion de la dépréciation du taux de change
selon la façon dont ils ont fait face aux précédents sur les prix intérieurs (graphique 2.11).
épisodes d’effondrement des termes de l’échange des • Le ratio dette/PIB était aussi dans l’ensemble plus
produits de base : le groupe des pays «très résilients», bas avant le choc dans les pays très résilients (gra-
dont la production a été affectée moins négativement phique 2.10, panneau 2). Toutes choses égales
que celle du pays médian, et le groupe des pays «peu par ailleurs, cela assurait à ces pays une plus large
résilients», dont la production a été affectée plus marge de manœuvre budgétaire leur permettant
négativement. de recourir davantage à l’emprunt et d’atténuer
• D’une manière générale, les pays très résilients l’effet du choc après sa survenue, tout en préser-
étaient plus systématiquement dotés d’un régime vant la viabilité de la dette.
de change flexible6 au moment où le choc négatif
de prix des produits de base a commencé à se La faiblesse attendue des prix de l’énergie
faire sentir, ce qui a permis au taux de change constitue un obstacle considérable
d’en amortir l’effet sur l’activité réelle (gra- pour les pays exportateurs de pétrole
phique 2.10, panneau 1). En outre, si ces pays d’Afrique subsaharienne
enregistraient dans l’ensemble une inflation plus Comme on l’a indiqué plus haut, les études d’évé-
forte que les pays à régime de change fixe, ils ont nements ne tiennent pas compte d’autres facteurs
en général réussi à la maîtriser pendant les phases qui pourraient aussi affecter les performances
de baisse, lorsque celle-ci a été déclenchée par la économiques au moment de l’effondrement des
6
Le classement des pays dotés de facto d’un régime de change
cours des produits de base. Pour prendre en compte
flexible utilisé ici repose sur celui établi par Ilzetzki, Reinhart et ces facteurs, on complète l’étude d’événements par
Rogoff (2010). une étude économétrique utilisant la méthode des
33
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
70 70
Pourcentage du PIB
Pourcentage du PIB
20 20
60 60
15 15 50 50
40 40
10 10
30 30
5 5 20 20
10 10
0 0 0 0
Faible Faible résilience
résilience Forte résilience
Forte résilience Faible Faible résilience
résilience Forte résilience
Forte résilience
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les barres représentent les valeurs moyennes des variables de politique économique pendant les trois années qui ont immédiatement précédé
le choc. La variable du taux de change est une variable muette d’une valeur de 1 pour un pays doté d’un régime de facto de change flexible pendant
l’année ayant immédiatement précédé le choc. La classification des régimes de change est celle de llzetzki, Reinhart et Rogoff (2010). Un épisode est
considéré à «forte résilience» lorsque l’écart de croissance de la production entre les périodes de hausse et les périodes de baisse est inférieur à la
médiane de l’échantillon.
projections locales de Jordà (2005). Celle-ci permet 3½ points pendant quatre années de suite, ce qui est
de mieux isoler la réaction précise des variables loin d’être négligeable. Le récent ralentissement de la
macroéconomiques aux chocs de prix des produits croissance observé dans les pays exportateurs de pé-
de base. On trouvera à l’annexe 2.1 une description trole d’Afrique subsaharienne est effectivement de cet
détaillée du modèle utilisé. ordre de grandeur puisque le taux de croissance de-
vrait y tomber, d’après les projections, d’environ 6 %
Quand ces facteurs sont pris en compte, l’effet négatif
en 2014 à moins de 2½ % sur la période 2015–16.
des baisses des cours des produits de base sur les pays
d’Afrique subsaharienne qui sont exportateurs nets Les effets sur la balance commerciale sont aussi im-
de ces produits apparaît plus clairement que dans médiats et importants (graphique 2.12, panneau 3).
les études d’événements. Alors que, dans les autres Une détérioration de 1 % des termes de l’échange
pays de la région, ce type de choc ne semble pas avoir des produits de base se traduit par une dégradation
d’impact notable7, l’effet sur le PIB réel d’une baisse de la balance commerciale d’environ 0,6 point du
de 1 % des termes de l’échange des pays exportateurs PIB l’année du choc. L’effet de celui-ci se dissipe
de produits des industries extractives est sensible dès toutefois en général au bout de deux ans grâce sans
l’année du choc et finit par se solder par un recul doute à un ajustement extérieur rapide permis par la
du PIB d’environ 0,7 point au bout de quatre ans dépréciation du taux de change et la compression des
(graphique 2.12, panneaux 1 et 2). Il apparaît aussi importations8.
que cet effet est plus important que pour les autres
L’effet sur les recettes budgétaires apparaît, en re-
pays émergents et en développement qui exportent
vanche, beaucoup plus durable (graphique 2.12, pan-
les mêmes produits. Pour les pays exportateurs de pé-
neau 5). D’après les estimations, une baisse de 1 %
trole d’Afrique subsaharienne, qui ont, en moyenne,
des termes de l’échange des produits de base les ferait
subi une dégradation des termes de l’échange des
fléchir de 0,2 point de PIB l’année suivant le choc et
produits de base d’environ 20 % depuis le milieu
jusqu’à 0,4 point de PIB cinq ans plus tard. Cet effet
de l’année 2014, cela se traduit par une réduction
n’est pas constaté dans d’autres pays d’Afrique sub-
cumulée du PIB d’environ 13 % sur quatre ans, ou,
saharienne, ce qui souligne la forte dépendance des
autrement dit, une baisse de croissance d’environ
8
Un phénomène comparable est aussi décrit pour un groupe de
7
Cela concorde avec les résultats obtenus par Aslam et al. (2016) pour pays d’Amérique latine au chapitre 3 de l’édition d’avril 2015
un plus large échantillon de pays émergents et en développement qui des Études économiques régionales : Hémisphère occidental (FMI,
n’exportent pas de produits des industries extractives. 2015a) ainsi que dans Caceres et Gruss (à paraître).
34
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Pourcentage
Pourcentage
6
15 5
4
10 3
2
5
1
0 0
Périodes de hausse Périodes de baisse Périodes de hausse Périodes de baisse
Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
Note : Les barres représentent l’inflation moyenne pendant les trois années qui ont immédiatement précédé le pic (périodes de hausse) et les
trois années qui ont immédiatement suivi le pic (période de baisse) pour les pays à régime de change flottant et à régime de change fixe selon la
classification de Ilzetzki, Reinhart et Rogoff (2010).
pays exportateurs d’énergie et de métaux à l’égard des type et le mieux réagir quand ils sont frappés par eux,
secteurs extractifs pour leurs recettes budgétaires9. comme c’est le cas actuellement pour de nombreux
pays exportateurs de produits de base de la région, no-
Il ressort de ces résultats que des chocs persistants des
tamment ceux qui exportent du pétrole10. C’est l’ana-
termes de l’échange des produits de base peuvent avoir
des effets importants et prolongés sur la croissance. lyse qui est entreprise ici à partir d’une régression liant
Ils ont aussi des conséquences pour la stabilité macro- les performances relatives en matière de croissance suite
économique puisque tant les recettes budgétaires que à un choc des termes de l’échange (différence de crois-
les balances commerciales des pays exportateurs de sance du PIB réel entre les trois années précédant et sui-
produits des industries extractives sont très fortement vant le choc) à la marge de manœuvre dont disposent
touchées. Globalement, ces observations suggèrent que les pays et aux mesures prises par leurs dirigeants.
les politiques macroéconomiques doivent avant tout La marge de manœuvre dont disposent les gouver-
viser à éliminer les déséquilibres macroéconomiques nants et les conditions de leur action incluent les
plutôt qu’à limiter les pertes de production. amortisseurs budgétaires et extérieurs existant au mo-
ment du choc (utilisés pour mettre en œuvre des poli-
tiques contracycliques afin d’atténuer l’effet du choc),
MESURES PERMETTANT DE les politiques de change (la flexibilité du taux de
MIEUX RÉSISTER AUX CHOCS change pouvant aussi amortir le choc) et la portée des
mesures budgétaires et monétaires appliquées après le
La résilience de la production dépend choc. En tentant d’établir le rôle joué par ces facteurs,
des mesures prises face aux chocs les estimations économétriques prennent aussi en
Si les études d’événements montrent que la flexibilité compte : 1) l’ampleur du choc de prix des produits
du taux de change et un faible endettement atténuent de base, surtout lorsque les chocs sont induits par une
les effets de l’effondrement des cours des produits de baisse des prix à l’exportation (pour faire la part des
base, il n’en reste pas moins nécessaire d’adopter une 10
L’analyse est axée sur l’impact des chocs de prix des produits
approche plus globale pour déterminer comment les de base sur la production effective et sur le rôle que les politiques
pays peuvent le mieux se préparer à des chocs de ce macroéconomiques peuvent jouer pour faciliter l’ajustement face
à ces chocs et rapprocher la production de son niveau potentiel. Il
9
Les estimations ont été effectuées sans faire de distinction entre est aussi possible que ces chocs affectent la production potentielle
les pays d’Afrique subsaharienne qui exportent du pétrole et en réduisant l’investissement et l’accumulation de capital (comme
ceux qui exportent des métaux de manière à disposer d’un plus le montrent Aslam et al., 2016), auquel cas l’affaissement de la
grand nombre de pays, mais l’impact est probablement beaucoup demande globale serait moindre et les mesures macroéconomiques
plus fort sur les premiers que sur les seconds du fait qu’ils sont pourraient être moins à même de stimuler l’économie. Il faudrait
nettement plus dépendants qu’eux des activités extractives pour alors mettre davantage l’accent sur les réformes structurelles pour
leurs recettes budgétaires. diversifier l’économie et renforcer le potentiel de production.
35
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 2.12. Afrique subsaharienne : effets des chocs affectant les termes de l’échange des produits de base
(Points de pourcentage)
1. Exportateurs de produits
1. Exportateurs deénergétiques et de métaux
produits énergétiques : métaux :
et de 2. Autres pays d'Afrique
2. Autres pays subsaharienne : effet sur :leeffet
d'Afrique subsaharienne PIB sur le PIB
effet sur le1.PIB
effet sur le PIB de énergétiques
Exportateurs produits énergétiques et de: métaux :
0,3 1. Exportateurs
0,3 de produits et de métaux 0,3 2.
0,3 2. Autres Autres
pays pays d'Afrique
d'Afrique subsaharienne
subsaharienne : effet sur: le
effet
PIBsur le PIB
effet sur leeffet
PIBsur le PIB de produits énergétiques et de métaux :
0,3 0,3 1. Exportateurs
1. Exportateurs de produits énergétiques et de métaux : 0,3 2. Autres
0,3 2. Autres
pays pays
d'Afrique d'Afrique subsaharienne
subsaharienne : effet sur: effet
le PIBsur le PIB
effet0,0 effet
sur le PIBsur le PIB 0,0
0,0
0,3 0,3 0,3 0,0
0,3
0,0 0,0 0,0 0,0
–0,3
0,0 –0,3
0,0 –0,3
0,0 –0,3
0,0
–0,3 –0,3 –0,3 –0,3
–0,6
–0,3 –0,6
–0,3 –0,6
–0,3 –0,6
–0,3
–0,6 –0,6 –0,6 –0,6
–0,9
–0,6 –0,9
–0,6 –0,9
–0,6 –0,9
–0,6
–0,9 –0,9 –0,9 –0,9
–1,2
–0,9 –1,2
–0,9 –1,2
–0,9 –1,2
–0,9
–1,2 1
–1,2 21 32 43 54 65 76 7–1,2 1
–1,2 21 32 43 54 65 76 7
1 21 32 43 54 65 76 7 1 21 2
3 3
4 4
5 65 76 7
–1,2 –1,2
3. Exportateurs de produits
3. Exportateurs deénergétiques et de métaux
produits énergétiques : métaux : –1,2
et de –1,2 pays
4. Autres d'Afrique
4. Autres pays subsaharienne :
d'Afrique subsaharienne :
effet1sur le3. 1 sur
2
ratio
effet balance
le 2 commerciale/PIB
3
ratio 3 commerciale/PIB
4
balance 4
5 5
6 6
7 7 1sur le4.
effet 1 sur
2
ratio
effet 2 commerciale/PIB
3
balance
le ratio 3 commerciale/PIB
4
balance 4
5 65 : 76 7
3. Exportateurs Exportateurs
de produitsde énergétiques
produits énergétiques et de: métaux :
et de métaux 4. Autres pays Autres pays d'Afrique
d'Afrique subsaharienne
subsaharienne :
0,6 effet0,6 effet
sur le sur
ratio le ratiocommerciale/PIB
balance balance commerciale/PIB 0,6 effet0,6 effet
sur le sur
ratio le ratiocommerciale/PIB
balance balance commerciale/PIB
3. Exportateurs
3. Exportateurs de énergétiques
de produits produits énergétiques et de: métaux :
et de métaux 4. Autres4.paysAutres pays d'Afrique
d'Afrique subsaharienne
subsaharienne : :
0,6
0,3 0,6
0,3 effet sur le ratio balance commerciale/PIB 0,6
0,3 0,6
0,3 effet sur le ratio balance commerciale/PIB
effet sur le ratio balance commerciale/PIB effet sur le ratio balance commerciale/PIB
0,6
0,3
0,0 0,6
0,3
0,0 0,6
0,3
0,0 0,6
0,3
0,0
0,3
0,0
–0,3 0,3
0,0
–0,3 0,3
0,0
–0,3 0,3
0,0
–0,3
0,0
–0,3
–0,6 0,0
–0,3
–0,6 0,0
–0,3
–0,6 0,0
–0,3
–0,6
–0,3
–0,6
–0,9 –0,3
–0,6
–0,9 –0,3
–0,6
–0,9 –0,3
–0,6
–0,9
–0,6
–0,9
–1,2 –0,6
–0,9
–1,2 –0,6
–0,9
–1,2 –0,6
–0,9
–1,2
–0,9
–1,2
–1,5 –0,9
–1,2
–1,5 –0,9
–1,2
–1,5 –0,9
–1,2
–1,5
–1,2
–1,5
–1,8 –1,2
–1,5
–1,8 –1,2
–1,5
–1,8 –1,2
–1,5
–1,8
–1,5
–1,8 1
–1,5
–1,8 21 32 43 54 65 76 7–1,8
–1,5 1
–1,5
–1,8 21 32 43 54 65 76 7
1 2 1 3 2 4 3 54 6 5 76 7 1 21 3 2 4 3 54 65 76 7
–1,8 5. Exportateurs
–1,8 5. Exportateurs de produits deénergétiques et de métaux
produits énergétiques : métaux :
et de –1,8 pays
–1,8 6. Autres d'Afrique
6. Autres pays subsaharienne :
d'Afrique subsaharienne :
1sur le5.
effet 21 sur
ratio
effet recettes
le 32 budgétaires/PIB
ratio 43 budgétaires/PIB
recettes 54 65 et de métaux
76 7 effet1sur le6.
effet 1
ratio recettes
2 sur
Autres le 2
3 d'Afrique
ratio
pays 3
budgétaires/PIB 4
4 subsaharienne
recettes 5: 65:
budgétaires/PIB 76 7
5. ExportateursExportateurs
de produitsde produits énergétiques
énergétiques et de métaux : : 6. Autres pays d'Afrique subsaharienne
0,8 effet0,8 effet
sur le ratio sur le ratiobudgétaires/PIB
recettes recettes budgétaires/PIB 1,5 effet1,5 effet
sur le ratiosur le ratiobudgétaires/PIB
recettes recettes budgétaires/PIB
5. Exportateurs
5. Exportateurs de produits de énergétiques
produits énergétiques et de: métaux :
et de métaux 6. Autres6. paysAutres pays d'Afrique
d'Afrique subsaharienne
subsaharienne : :
0,8 effet0,8
0,6 effet
sur le
0,6 ratiosurrecettes
le ratio budgétaires/PIB
recettes budgétaires/PIB 1,5 effet1,5 effet
sur le ratiosurrecettes
le ratio budgétaires/PIB
recettes budgétaires/PIB
1,0 1,0
0,8
0,6
0,4 0,8
0,6 1,5 1,5
0,4 1,0 1,0
0,6
0,4 0,6
0,4 0,5 0,5
0,2 0,2 1,0 1,0
0,5 0,5
0,4
0,2
0,0 0,4
0,2
0,0 0,0 0,0
0,5 0,5
0,2
0,0
–0,2 0,2
0,0
–0,2 0,0 0,0
–0,5 –0,5
0,0
–0,2
–0,4 0,0
–0,2 0,0 0,0
–0,4 –0,5 –0,5
–0,2
–0,4 –0,2
–0,4 –1,0 –1,0
–0,6 –0,6 –0,5 –0,5
–1,0 –1,0
–0,4
–0,6
–0,8 –0,4
–0,6
–0,8 –1,5 –1,5
1 21 32 43 54 65 76 –1,0
7–1,5 –1,0
1 21 32 43 54 65 76 7
–0,6
–0,8 –0,6
–0,8 –1,5
1
–0,8 21 32 43 54 65 76 7 1
–1,5 21 32 43 54 65 76 7
–0,8 –1,5
1 21 32 43 54 65 76 7 1 21 32 43 54 65 76 7
36
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Tableau 2.2. Impact sur la croissance du PIB réel de l’évolution défavorable des cours des produits de base : résultats des régressions
Variable dépendante : écart de croissance (moyenne) du PIB réel entre les trois années
suivant immédiatement le choc et les trois années précédant immédiatement le choc (1) (2)
Ampleur et type de choc
Ampleur du choc sur les termes de l'échange : trois ans (durée cumulée) –0,270*** –0,228***
(0,073) (0,070)
Chocs causés par la baisse des prix d'exportation (variable muette) –2,994** –4,096***
(1,269) (1,191)
Conditions de départ
Réserves internationales supérieures à la médiane au point t 0 (% du PIB) 0,335*** 0,367***
(0,121) (0,138)
Dette extérieure élevée avant le choc (au moins 40 % du PIB) 1,150 0,381
(1,289) (1,442)
Régime de change flexible (de facto ) au point t 0 3,215**
(1,253)
Réaction des pouvoirs publics
Croissance de la consommation publique réelle pendant le choc (moyenne) 0,356*** 0,279**
(0,133) (0,135)
Croissance de la consommation publique réelle x dette extérieure élevée au point t 0 –0,283* –0,245
(0,164) (0,183)
Croissance de la masse monétaire M2 pendant le choc 0,057* 0,006
(0,033) (0,030)
Dépréciation du taux de change nominal 0,138***
(0,042)
Effondrement du taux de change : dépréciation d'au moins 45 % –0,097*** –0,161***
(0,035) (0,040)
effets asymétriques de l’évolution des prix à l’exporta- à l’exportation. Dans l’ensemble, une baisse de 1 %
tion et à l’importation), et 2) le contexte économique des termes de l’échange des produits de base s’accom-
mondial (c’est-à-dire la vigueur de la croissance pagne d’une perte de croissance d’un quart de point
des partenaires commerciaux et les taux d’intérêt environ pendant chacune des trois années suivant
mondiaux). L’analyse de régression s’appuie sur les le choc11. Cette estimation saisit les effets directs
épisodes retenus plus haut pour l’échantillon de pays des chocs des produits de base sur les secteurs liés
émergents et de pays en développement ainsi que sur à ces produits ainsi que leurs effets indirects sur les
des études empiriques existantes (Adler et Sosa, 2011; autres secteurs dans le cas, par exemple, d’une baisse
Céspedes et Velasco, 2012; voir l’annexe 2.1 pour des cours du pétrole. Bien que les chocs des termes
plus de détails). de l’échange des produits de base touchent à la fois
Le tableau 2.2 expose les principaux résultats ob- les exportateurs et les importateurs de ces produits
tenus. La variable expliquée étant l’écart de croissance (comme le choc de prix des produits alimentaires et
entre la période qui a précédé le choc et celle qui l’a des combustibles de 2007–09), les chocs induits par
suivi, l’obtention d’un coefficient positif pour une des baisses des prix à l’exportation pour les exporta-
variable explicative indique que la variable atténue teurs de produits de base ont un plus fort effet négatif
l’effet négatif du choc des produits de base sur la sur la croissance du fait de leur impact asymétrique
croissance économique. Les principaux résultats sur la production intérieure et l’activité du secteur
obtenus sont les suivants : 11
Une baisse cumulée de ¾ % sur les trois années suivant le
choc se situe dans l’intervalle de confiance de 90 % associé à la
L’ampleur du choc des termes de l’échange importe, et réaction à un choc du même ordre estimé dans la précédente
son impact est plus fort en cas d’effondrement des prix section (graphique 2.13, panneau 1).
37
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
privé; en effet, l’investissement étant affecté, des • Cependant, de très fortes dépréciations (supé-
mines ou des gisements de pétrole peuvent être rieures à 45 %) du taux de change survenant
fermés en cas de très fortes baisses des cours, ce qui se après les crises des produits de base ont un
traduit par des pertes d’emplois. impact négatif sur la croissance. Dans les trois
quarts des épisodes concernés, les importantes
Les amortisseurs extérieurs permettent d’atténuer l’impact
dépréciations de plus de 45 % observées
des chocs. Il a été constaté que l’existence, avant un choc,
dans les deux ans suivant un choc ont tenu
de réserves supérieures d’un point du PIB au niveau
à l’impossibilité de maintenir des régimes de
moyen des réserves permet d’en réduire l’impact sur la
change fixe (d’après le classement établi par
croissance d’un tiers de point. Le recours à ces réserves
Ilzetzki, Reinhart et Rogoff, 2010). Dans ces
peut atténuer, temporairement, la force des pressions
que le choc fait peser sur la position extérieure et le conditions, l’effet négatif sur la croissance de
l’effondrement du taux de change est estimé à
taux de change. D’autres indicateurs de la marge de
4 points en raison de la montée de l’inflation
manœuvre gouvernementale, comme un faible endette-
et de la forte contraction des importations qu’il
ment extérieur et une faible inflation initiale, n’ont pas
provoque. On peut en déduire que l’instrument
semblé atténuer systématiquement l’impact des chocs12.
du taux de change doit être utilisé assez tôt
Le taux de change se révèle être un puissant amortisseur pour modérer les conséquences macroécono-
des chocs à condition qu’il soit utilisé avant que les miques du choc des termes de l’échange, car il
déséquilibres macroéconomiques provoqués par ceux-ci se ne peut pas jouer son rôle d’amortisseur une
soient installés. fois que l’économie est en proie à de profonds
• L’existence préalable d’une plus grande flexi- déséquilibres.
bilité du taux de change permet de modérer • Cela veut dire non pas que la fixité du taux de
les pertes de croissance accusées après un choc. change ne peut avoir d’effet bénéfique pour les
Les pays dotés de facto d’un régime de change pays d’Afrique subsaharienne, mais que les autres
flexible subissent, dans l’ensemble, des pertes de mesures macroéconomiques doivent être compa-
croissance nettement moindres que les autres, tibles avec le maintien de la parité fixe pendant
toutes choses égales par ailleurs (modèle 1 dans toute la durée du cycle des cours des produits
le tableau 2.2). de base. En conséquence, pour que les pays
• La dépréciation du taux de change nominal exportateurs de produits de base qui font partie
pendant les deux années suivant un choc a aussi d’une union monétaire — comme c’est le cas de
un fort effet modérateur sur la perte de croissance la plupart des pays membres de la Communauté
— une dépréciation de 10 % est associée à une économique et monétaire de l’Afrique centrale
croissance inférieure de plus de 1¼ de point (CEMAC) — tirent le maximum d’avantages
pendant la période du choc (modèle 2 dans le ta- du cadre d’action stable et crédible qu’assure
bleau 2.2), ce qui concorde avec les observations l’ancrage monétaire, ils doivent accorder une
d’Edwards et Levy-Yeyati (2005), Céspedes et attention particulière aux autres politiques
Velasco (2012) et Adler et Sosa (2011)13. macroéconomiques, notamment à la politique
budgétaire, dans les ajustements auxquels ils
12
La constatation de l’existence d’une faible corrélation entre
un bas niveau d’inflation et une croissance résiliente cadre dans procèdent face aux chocs des termes de l’échange
l’ensemble avec les conclusions d’études existantes; par exemple, des produits de base.
Abiad et al. (2015) indiquent que, bien qu’un taux d’inflation
inférieur à 10 % permette de prolonger l’expansion de la Le soutien des politiques budgétaires et monétaires
croissance, il ne joue pas un rôle notable dans le redressement de peut être utile, mais seulement si une marge de
la croissance après un choc. manœuvre suffisante a été ménagée. Un accroissement
13
La dépréciation du taux de change peut ne pas toujours des dépenses publiques courantes en termes réels
atténuer les pertes de croissance quand les élasticités–prix des
exportations et des importations sont relativement faibles en
pendant les années qui suivent immédiatement un
raison, par exemple, d’un manque de diversification économique choc est clairement associé à de moindres pertes de
ou de l’existence d’importants engagements libellés en dollars. production, mais uniquement quand le ratio dette
38
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
extérieure/PIB est inférieur à 40 %14. En cas de fort surtout si le choc risque d’être durable, du fait
endettement, une relance par voie budgétaire ne que la montée des pressions pesant sur la balance
permet guère en général d’atténuer les pertes de crois- des paiements doit être compensée par la vente
sance pendant la durée du choc du fait sans doute des maigres réserves en devises ou des restrictions
que davantage de ressources doivent être consacrées de change qui nuisent à l’activité. Les réserves
au remboursement de la dette plus importante et sont limitées, et une marge de sécurité doit être
que l’investissement privé risque d’être freiné par préservée pour pouvoir faire face à d’autres chocs.
la crainte d’un alourdissement à venir de la fiscalité Les restrictions aux opérations extérieures cou-
(voir aussi Pattillo, Poirson et Ricci (2002), qui fixent rantes ne sont pas idéales parce qu’elles affectent
un seuil du même ordre). Il apparaît également qu’un l’activité économique, sont génératrices de dis-
assouplissement de la politique monétaire, représenté torsions et pourraient conduire à un ajustement
par un accroissement de la masse monétaire, atténue désordonné du secteur extérieur. À cet égard,
les pertes de production, mais, les périodes posté- l’apparition de primes de change importantes
rieures aux chocs étant souvent associées à des sorties sur les marchés parallèles dans des pays comme
de capitaux et des pressions poussant à la déprécia- l’Angola et le Nigéria suggère l’existence de pro-
tion, les banques centrales risquent de ne pas disposer fonds déséquilibres sur les marchés des changes
de la marge de manœuvre nécessaire pour se lancer et la nécessité d’adopter sans tarder des politiques
dans un assouplissement de la politique monétaire macroéconomiques viables.
face aux chocs, ce qui fait que ce résultat empirique • Les réserves de change ont permis d’amortir les
doit être interprété avec précaution. effets du choc, mais le rôle qu’elles peuvent jouer
Implications pour les pays exportateurs de s’amenuise. Les réserves internationales étaient
produits de base d’Afrique subsaharienne déjà plus faibles que celles des pays exportateurs
de produits de base dans d’autres pays émergents
Quelles sont les implications pour l’action gouverne- et en développement, sous l’effet en partie des ef-
mentale dans les pays d’Afrique subsaharienne expor- forts d’investissement dans les infrastructures en-
tateurs nets de produits de base qui ont été affectés à trepris par ces pays pour répondre à leurs besoins
des degrés divers par la fin du supercycle des produits de développement à plus long terme. Les pays
de base? Plus précisément, le choc persistant, quelle exportateurs de pétrole d’Afrique subsaharienne
est la meilleure ligne d’action à adopter? Comme ont toutefois abordé la période de baisse des
toujours, les conseils prodigués doivent être adaptés à cours du pétrole avec des réserves relativement
chaque pays et chaque contexte, mais, à la lumière de plus importantes que d’autres pays de la région
l’analyse qui précède, un certain nombre de principes et plus étoffées qu’au début des chocs précédents.
généraux se font jour, notamment : Cela leur a permis d’amortir le choc de l’effon-
• Pour les pays qui ne font pas partie d’une union drement des cours du pétrole, mais ils doivent
monétaire, la flexibilité du taux de change sou- veiller à ne pas trop puiser dans ces réserves du
tenue par les politiques monétaires et budgétaires fait notamment que le choc pétrolier devrait être
devrait être la première ligne de défense pour durable (graphique 2.13).
limiter les pertes de production, mais l’effet de • Bien qu’en principe un soutien puisse être ap-
la dépréciation du taux de change sur les bilans porté par la politique budgétaire, un ajustement
des banques et du secteur public devrait être budgétaire s’impose de plus en plus dans les pays
aussi surveillé de près (comme cela est exposé au exportateurs de produits de base de la région
chapitre 1). L’introduction de la flexibilité ne étant donné la persistance attendue des chocs de
devrait en outre pas être différée trop longtemps, prix. Les pays exportateurs de pétrole en parti-
14
On utilise le ratio dette extérieure/PIB pour représenter la culier ont laissé leur déficit se creuser alors que
marge de manœuvre budgétaire en l’absence de longues séries leurs recettes budgétaires diminuaient, et celui-ci
temporelles sur la dette publique. Les résultats obtenus subsistent devrait atteindre, d’après les projections, 5,5 %
lorsque l’on utilise, pour la dette extérieure, d’autres seuils
(supérieurs à 40 %) au-delà desquels l’efficacité de la politique du PIB en 2016, contre environ 3 % en 2014.
budgétaire comme moyen d’action anticyclique s’amenuise. Mais la dette publique augmentant de même que
39
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
internationales
Graphique totales
2.13. Afrique subsaharienne et autres pays : préserver la stabilité macroéconomique dans un
réserves internationales totales
nombre croissant de ces pays. Cela deviendra
25
de plus en plus important à mesure que leur
20
dette extérieure dépassera le seuil au-delà du-
quel la relance par voie budgétaire ne semble
Pourcentage du PIB
40
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
En dehors des mesures à court terme, l’action des perspectives d’avenir des pays exportateurs de pétrole
pouvoirs publics devrait être à nouveau nettement d’Afrique subsaharienne sont particulièrement as-
axée sur la diversification économique. Même s’ils sombries. Bien qu’à un moindre degré, la croissance
ont été quelque peu ralentis par les contraintes de des pays exportateurs de métaux sera elle aussi pro-
financement, les efforts entrepris pour améliorer les bablement affectée, surtout là où la baisse des cours
infrastructures et les compétences en matière d’édu- provoque également un recul de la production des
cation doivent être poursuivis pour soutenir l’émer- industries extractives sous l’effet de la fermeture de
gence de nouvelles sources de croissance et créer mines et des pertes d’emplois qui en résultent.
ainsi une protection naturelle contre la dépendance à L’action publique a toutefois un rôle important à
l’égard des ressources naturelles. Une intensification jouer pour aider ces pays à faire face à l’effondrement
des efforts visant à améliorer le climat des affaires, des cours des produits de base étant donné que
l’efficience des dépenses publiques et la mobilisation le choc devrait être durable. Pour les pays qui ne
des recettes intérieures permettra aussi de libérer le font pas partie d’une union monétaire, la flexibilité
potentiel du secteur privé en dehors des activités du taux de change complétée par des mesures
extractives. d’accompagnement devrait être la première ligne
de défense. Face à un important choc durable des
CONCLUSIONS termes de l’échange des produits de base impliquant
une réduction prolongée des recettes budgétaires
La dépendance de nombreux pays d’Afrique subsaha- tirées du secteur extractif, les pays n’ont pas d’autre
rienne à l’égard des exportations des produits des in- choix que d’entreprendre un ajustement budgétaire
dustries extractives a augmenté pendant les dernières pour remédier aux déséquilibres macroéconomiques.
décennies, la moitié environ des pays de la région Les amortisseurs budgétaires et extérieurs existants
étant aujourd’hui considérés comme des exportateurs peuvent être utilisés, et le sont actuellement, pour
nets de produits de base. Tant que la hausse des cours modérer le rythme de l’ajustement, mais, à mesure
de ces produits amorcée au début du nouveau mil- qu’ils diminueront, les déficits budgétaires pourront
lénaire s’est poursuivie, elle a constitué une aubaine devenir insoutenables et les pressions s’exerçant sur
pour ces pays sous forme d’un accroissement de leurs les balances des paiements imposer des ajustements
recettes en devises, de leurs recettes budgétaires et des désordonnés. Les efforts d’ajustement budgétaire
entrées d’investissement direct étranger qui a soutenu devraient viser à mobiliser des recettes publiques en
la très forte dynamique de croissance observée alors. dehors des secteurs extractifs et à rationaliser les dé-
Cependant, la baisse généralisée des cours des pro- penses récurrentes pour préserver les investissements
duits de base, commencée avec les cours des métaux productifs favorables à la croissance.
en 2011 et se poursuivant avec celle des cours du Il faudrait non seulement reconstituer progressivement
pétrole depuis le milieu de l’année 2014, a provoqué les marges de manœuvre et continuer de s’efforcer de
d’importantes détériorations des termes de l’échange consolider les actions publiques menées quand les prix
pour beaucoup de ces pays exportateurs de produits des produits de base se redresseront, mais aussi concen-
de base. Ce sont ceux qui exportent du pétrole qui trer les efforts sur les réformes structurelles destinées à
ont été de loin les plus touchés. diversifier les activités économiques. Cela impose de
L’analyse présentée ici montre que les baisses mieux mobiliser les recettes intérieures, d’améliorer la
persistantes des cours des produits des industries ex- qualité de l’investissement public et de rendre le climat
tractives ont un fort impact macroéconomique, et ce, des affaires plus porteur pour favoriser le développe-
surtout, pour les pays exportateurs de pétrole. Cela ment du secteur privé et diversifier les exportations
devrait encore être le cas cette fois-ci de sorte que les au-delà des produits de base.
41
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
L’indice des termes de l’échange des produits de base pondère les variations des cours mondiaux de chaque produit de
base en fonction de la part dans le PIB des exportations nettes de ce produit dans chaque pays. L’indice est calculé pour
chaque pays en suivant l’approche adoptée dans Gruss (2014), l’édition d’octobre 2015 des Perspectives de l’économie
mondiale et Spatafora et Tytell (2009); voir l’annexe 2.1. L’indice est construit de manière à remédier à certains défauts
d’autres indices des termes de l’échange fréquemment utilisés. Il a, par exemple, été constaté que les indicateurs globaux
couramment employés ne rendaient pas bien compte du comportement des cours des produits de base (Deaton et
Laroque, 1992; Cashin, Céspedes et Sahay, 2004). En même temps, analyser les variations des prix d’un produit de
base ou deux ne permettrait pas d’examiner globalement l’impact de chocs affectant un pays qui est exportateur net de
plus d’un produit de base. L’indice utilisé ici présente, entre autres, les avantages suivants :
• La variation de l’indice montre l’ampleur du choc sur les revenus des effets de prix en termes de PIB.
• Les effets des variations des cours des produits de base dépendent du volume des exportations nettes de
produits de base de chaque pays. C’est important quand les pays sont importateurs nets d’un produit de
base comme le pétrole et exportateurs nets d’autres produits de base comme des métaux, des produits
alimentaires ou des matières premières. C’est le cas de 11 des 12 pays de la région qui exportent des res-
sources extractives autres que le pétrole et qui importent du pétrole.
• Les pondérations utilisées pour calculer l’indicateur des termes de l’échange sont actualisées chaque année,
à l’aide des données COMTRADE et du FMI, sur la base de la structure des échanges observée au cours
des trois années précédentes. Cela est important pour saisir l’évolution du rôle joué par les produits de
base dans les exportations d’un pays. Par exemple, les exportations d’énergie, qui représentaient 2 % des
exportations de l’Angola pendant les années 90, constituent maintenant plus de 95 % de l’ensemble de
ses exportations. Les variations des cours de l’énergie ont, de ce fait, un effet beaucoup plus important
aujourd’hui que dans le passé.
• L’indice inclut un plus large éventail de métaux (y compris des pierres précieuses), comme l’or, le platine
et les diamants, que les études précédentes. C’est aussi important pour saisir les particularités de l’évolution
des termes de l’échange de produits de base dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne qui exportent ces
produits tels que l’Afrique du Sud, le Botswana, le Burkina Faso, le Mali et la Namibie.
42
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Encadré 2.2. Les fortes chutes des cours des produits de base freinent
l’activité économique : le cas du Nigéria et de la République du Congo
Le Nigéria et la République du Congo, qui occupent, respectivement, la première et la quatrième place parmi les pays
exportateurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, ont subi une très forte instabilité des termes de l’échange. Le présent
encadré examine l’effet des cycles des cours du pétrole sur les deux économies sur la période 1980–2015. La gestion
macroéconomique de ces deux pays est rendue difficile par leur forte dépendance à l’égard des recettes pétrolières qui
sont instables. Dans les deux cas, les recettes tirées du pétrole et du gaz ont représenté plus de 70 % de l’ensemble des
recettes publiques sur la période 2011–13. Les graphiques 2.2.1 et 2.2.2 montrent comment l’évolution des termes de
l’échange des produits de base suit de près, pour ces deux pays, l’évolution des cours mondiaux du pétrole, et ils attirent
l’attention sur deux précédents épisodes de baisse prolongée1.
Graphique 2.2.1. Nigéria : indices des termes de l’échange Graphique 2.2.2. République du Congo : indices des termes
des produits de base et des cours du pétrole del'échange
l’échangedes
desproduits
produitsde
debase
base et
et des
des cours du pétrole
cours du pétrole
150 600 250 600
140 500 500
Indice 1990–2000 = 100
200
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
Termes de l'échange des produits de base Termes de l'échange des produits de base
Cours du pétrole (éch. de dr.) Cours du pétrole (éch. de dr.)
Sources : FMI, base de données des Perspectives Sources : FMI, base de données des Perspectives
de l’économie mondiale; calculs des services du FMI. de Sources: FMI, base
l’économie de données
mondiale; des Perspectives
calculs des servicesde l’économie
du FMI. mondiale; calculs
Les fluctuations des cours du pétrole avant les années 2000 ont eu de graves effets macroéconomiques pour le Nigéria.
La croissance du PIB s’est nettement ralentie pendant les phases de baisse des termes de l’échange (graphique 2.2.3),
une contraction économique de jusqu’à 10 % étant observée pendant la forte chute des cours du pétrole survenue entre
le début et le milieu des années 80. L’inflation a été forte et instable en raison de la dépréciation substantielle de la
monnaie (graphique 2.2.4). Le naira s’est déprécié chaque année de 28 % en moyenne pendant la baisse prolongée des
cours du pétrole observée entre 1980 et 1987. La croissance et l’inflation se sont toutefois stabilisées considérablement
Graphique
Graphique2.2.3.
2.2.3.Croissance
Croissance du
du PIB réel
PIB réel Graphique
Graphique2.2.4.
2.2.4.Inflation
Inflation
25 80
20 70 Nigéria
Pourcentage, fin de période
60
15
50 Congo, Rép. du
Pourcentage
10
40
5
30
0 20
–5 10
–10 0
Nigéria Congo, Rép. du
–15 –10
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie
mondiale. mondiale.
1
Pour la République du Congo, notre analyse couvre la période commençant en 1990, principalement pour des raisons tenant à la
disponibilité et la qualité des données avant cette date.
43
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
à partir du début des années 2000, sous l’effet en partie de l’amélioration du cadre de l’action gouvernementale et d’un
environnement extérieur plus porteur.
En revanche, la République du Congo a continué d’enregistrer une croissance plus instable du PIB. Les baisses des
cours du pétrole (de 1990 et 2008, par exemple) y ont eu un impact négatif sur la croissance plus marqué qu’au
Nigéria. La guerre civile a en outre contribué à une instabilité de la croissance pendant les années 90 qui a perduré
même après le retour au calme au début des années 2000. Au niveau des prix, toutefois, la République du Congo a
dans l’ensemble connu une inflation plus faible et moins instable que le Nigéria en raison notamment de son régime
de change (elle est membre de l’union monétaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale —
CEMAC), même immédiatement après la dévaluation du franc CFA de 1994 (graphique 2.2.4).
Entre 2004 et 2008, les autorités nigérianes ont essayé d’améliorer la gestion des recettes pétrolières et gazières. En 2004,
elles ont établi une règle budgétaire axée sur le cours du pétrole parallèlement à la création du fonds de stabilisation
ECA (Excess Crude Account), destiné à dissocier les dépenses des recettes pétrolières. La banque centrale a, en même
temps, fait preuve de flexibilité dans sa gestion du taux de change et accumulé d’importantes réserves internationales
(graphique 2.2.5). Toutes ces mesures ont contribué à atténuer l’impact des chocs sur les recettes pétrolières en 2008.
En outre, des rachats de dettes financés en partie par l’ECA et un allégement de la dette ont notablement réduit l’en-
dettement extérieur du pays (graphique 2.2.6). La stabilité macroéconomique a été rétablie entre 2003 et 2008, et la
procyclicalité des dépenses par rapport à l’évolution des cours du pétrole a été réduite (graphique 2.2.7). D’importants
excédents budgétaires ont été générés, ce qui a permis d’accumuler des avoirs non négligeables dans le fonds ECA. La po-
litique budgétaire contracyclique a été complétée par une politique monétaire nettement anti-inflationniste qui a ramené
l’inflation sous la barre des 10 %.
2007
2008
2012
2013
2014
2000
2004
2005
2006
2009
2010
2011
2015
1971
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
Source : FMI, International Financial Statistics. Source : FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale.
Source : FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale.
Une politique budgétaire procyclique a toutefois été rétablie après la crise financière mondiale : un accroissement
substantiel des dépenses publiques a accompagné la forte hausse des cours du pétrole observée entre 2010 et 2014. Cela,
conjugué à de fortes ponctions sur l’épargne accumulée dans le fonds ECA — qui est tombée de 11 à 3,1 milliards de
dollars entre 2012 et 2014 —, a laissé le Nigéria avec de très faibles amortisseurs budgétaires pour atténuer les effets de
la baisse récente des cours du pétrole. Dans ce contexte, la banque centrale a imposé des restrictions à l’accès aux devises
étrangères pour essayer de préserver les réserves internationales et contenir les pressions sur la monnaie. Il en est résulté
d’importantes distorsions économiques, un écart non négligeable entre le taux de change interbancaire officiel et les
taux pratiqués sur les autres marchés des changes et des effets négatifs sur l’activité économique.
De son côté, la République du Congo, doit se doter d’un cadre budgétaire solide pour faire face aux chocs pétroliers.
Les dépenses publiques ont été très procycliques sur l’ensemble de la période 1990–2014. Elles ont doublé en termes
44
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Graphique 2.2.7. Nigéria : volatilité des recettes et des Graphique 2.2.8. République du Congo :
dépenses avant et après la création du fonds de stabilisation recettes et dépenses publiques
120 50
100 Création du 45
80 fonds de
40
Pourcentage du PIB
stabilisation
60 35
Pourcentage
40
30
20
25
0
–20 20
–40 15 Dépenses Recettes
–60 10
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
Croissance réelle des dépenses totales Sources : FMI, base de données des Perspectives
Croissance réelle des recettes pétrolières et gazières de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
Sources : FMI, base de données des Perspectives de
l’économie mondiale; calculs des services du FMI.
absolus ces dernières années pour atteindre 50 % du PIB en 2014 (graphique 2.2.8). Les efforts entrepris dans le passé,
et plus récemment en 2013, pour introduire une règle budgétaire n’ont rien donné. L’effondrement actuel des cours du
pétrole pourrait fournir l’impulsion nécessaire à l’adoption de règles budgétaires efficaces pour étaler dans le temps le
profil d’évolution des dépenses pendant les périodes d’envolée et de chute des cours du pétrole.
Comme au Nigéria, la chute brutale des cours du pétrole observée depuis le milieu de 2014 s’est traduite, en
République du Congo, par une nette contraction des amortisseurs budgétaires et extérieurs et un ralentissement de
la croissance économique. Une fois la paix rétablie au début des années 2000, la reconstitution de réserves et d’amor-
tisseurs budgétaires a été une nette préoccupation des autorités nationales. Elles ont été soutenues à cet égard par
une série de programmes appuyés par le FMI qui ont culminé dans l’allégement de dette accordé en 2010 au titre de
l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés. De ce fait, à la fin du premier semestre de 2014, la République du
Congo disposait des réserves les plus importantes au sein de la CEMAC outre les dépôts publics effectués à l’étranger
et la constitution d’une épargne budgétaire à la banque centrale. Suite à l’effondrement actuel des cours du pétrole, les
réserves et dépôts publics ont fortement diminué en 2015 du fait que l’accroissement des dépenses d’investissement
public a été poursuivi alors que les recettes pétrolières diminuaient. Les réserves internationales sont tombées à environ
5,5 mois d’importations en 2015, niveau le plus bas enregistré depuis 2007. La dette publique a, en même temps,
sensiblement augmenté et atteint 64 % du PIB en 2015, soit près de trois fois le niveau enregistré immédiatement après
l’allégement de dette consenti en 2010, ce qui limite l’espace budgétaire disponible pour mettre en œuvre des mesures
contracycliques.
45
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Cette annexe apporte des précisions sur la classification des pays exportateurs de produits de base, la construction de l’ indice des
termes de l’ échange des produits de base, la méthode employée pour dater les épisodes de chocs de prix des produits de base ainsi
que les autres méthodes économétriques et données utilisées dans le présent chapitre.
•- dans
where laquelle Pj,t estlogarithm
��,� is the
le logarithme du prix
of the priceduof
produit de base �pendant
commodity la période
in period considérée (en dollars et divisé
� (in U.S. dollars and
par le déflateur des prix du FMI pour les exportations de produits manufacturés dans les pays avancés);
divided by the IMF’s unit value index for manufactured exports);
•- Δ indique les
Δ denotes différences
first premières;
differences;
•- x�i,j,t (��,�,�
�,�,�(m ) denotes
) indique the exports
la valeur (imports)
des exportations value of commodity
(importations) du produit jdebybase
country (in U.S.
j par lei pays i (en dollars, sur la
i,j,t
dollars, from UN COMTRADE and IMF data) at time t ;
base des données COMTRADE des Nations Unies et des données du FMI) au moment considéré t;
����,� denotes country �’s nominal GDP in U.S. dollars at time t
•- GDP i,t
indique le PIB nominal du pays i en dollars au moment considéré t; et
- the weights ��,�,� are predetermined vis-à-vis the price change in each period, but are
• les coefficients de pondération ωi,j,t sont préalablement déterminés par rapport à la variation des prix pendant
allowed to vary over time reflecting changes in the basket of commodities actually
chaque période, mais peuvent varier dans le temps sous l’effet de la modification du panier de produits effective-
traded.
ment This implies
échangés. that atqu’à
Cela implique anychaque
point moment
in time, donné,
changesles in CTOTdes
variations reflect
termeschanges in prices
de l’échange des produits
only
de baseand not inuniquement
reflètent the volumes traded. When
les variations a weight
des prix, is not
et non des available
volumes for aSicountry
échangés. in a de pondéra-
un coefficient
given
tion faityear,
défautwe useunthe
pour previous
pays une annéeavailable
donnée,weight.
nous utilisons le dernier coefficient de pondération disponible.
Nous utilisons les cours des produits de base en vigueur à partir de 1960 et répartissons les produits de base en quatre
We use prices
grandes catégories : for commodities starting in 1960, and commodities are sorted into four
categories:
• Énergie : charbon, gaz naturel et pétrole brut.
- 1. Energy: coal, crude oil, and natural gas.
2. Metals:
• - Métaux : aluminium,
Aluminum, cobalt, cuivre,copper,
cobalt, étain, diamant,
diamond, minerai
gold,deiron
fer, nickel, or, platine,
ore, lead, nickel,plomb, titane,
platinum, uranium
tin,
et zinc.
titanium, uranium, zinc.
3. Food: Bananas,
• - Alimentation : agneau,barley, beef,
arachides, cocoa,
bananes, blé,coconut oil, coffee,
bœuf, cacao, corn, fish,
café, crevettes, farinefish meal, farine de soja,
de poisson,
huile de colza, lamb,
groundnuts, huile deolive
noix oil,
de coco,
orange,huilepalm
d’olive,
oil,huile de palme,
poultry, huile de
rapeseed soja,
oil, huile
rice, de tournesol,
shrimp, soybeanmaïs,
oranges, orge, poissons, porc, riz, soja, sucre, thé et volaille.
meal, soybeans, soybeans oil, sugar, sunflower oil, swine, tea, wheat.
4. Raw premières
• - Matières materials: Cotton,
: bois dur ethard logs,
bois dur hard
scié, boissawn
tendrewood,
et boishides,
tendre rubber, soft logs,coton,
scié, caoutchouc, soft cuir
sawnet laine.
wood, wool.
46
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Méthode utilisée pour dater les cycles des prix Graphique A.2.1.1. Phases de hausse et de baisse
des produits de base et définir les épisodes des cycles des termes de l’échange
Pic
Graphique A.2.1.2. Pays exportateurs de produits de base d’Afrique subsaharienne et d’autres pays :
épisodes de dégradation des termes de l’échange des produits de base
(Durée de chaque épisode)
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
2014
Pays
Pays d'Afrique subsaharienne
exportateurs de pétrole
Angola -1 1 2 3 4
Cameroun
Tchad
Congo, Rép. du -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4 5
Guinée équatoriale
Gabon -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4 5 -1 1 2 3
Nigéria -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4
Soudan du Sud
Pays d'Afrique subsaharienne
exportateurs de métaux
Botswana -2 -1 1 2 3
Burkina Faso -3 -2 -1 1 2 3 4 -1 1 2 3 4 -2 -1 1 2 3
Congo, Rép. dém. du
Ghana -1 1 2 3 4 5 -1 1 2 3 4
Guinée -2 -1 1 2 3 4 -2 -1 1 2 3 4 5 -1 1 2 3 -2 -1 1 2 3
Mali -2 -1 1 2 3 4 -1 1 2 3 -1 1 2 3 4 5 6 7 -5 -4 -3 -2 -1 1 2 3
Mozambique
Namibie
Niger -6 -5 -4 -3 -2 -1 1 2 3
Sierra Leone -2 -1 1 2 3 4 -5 -4 -3 -2 -1 1 2 3
Afrique du Sud -1 1 2 3 4 5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4
Zambie -1 1 2 3 -2 -1 1 2 3 4 -1 1 2 3
Zimbabwe -1 1 2 3 4 5 6 -2 -1 1 2 3 4 -2 -1 1 2 3 4 5 6
Pays d'Afrique subsaharienne
exportateurs de denrées alimentaires et de
matières premières
Côte d'Ivoire -1 1 2 3 4
République centrafricaine -1 1 2 3 4
Libéria -3 -2 -1 1 2 3 4 5 6 7 -2 -1 1 2 3
Autres pays exportateurs de pétrole
Russie -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4
Arabie saoudite -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4
Venezuela -1 1 2 3 4 5 6 -1 1 2 3 4
Autres pays exportateurs de métaux
Chili -1 1 2 3 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 -3 -2 -1 1 2 3 -1 1 2 3
Mauritanie -1 1 2 3 4
Pérou -1 1 2 3 -1 1 2 3 4 5 6 -2 -1 1 2 3
Autres pays exportateurs de denrées
alimentaires et de matières premières
Brésil -1 1 2 3 4
Paraguay -1 1 2 3 4 5 -2 -1 1 2 3 4
Uruguay -2 -1 1 2 3 4 5
définition, les phases de hausse sont comprises entre le creux et le pic des cycles (en excluant l’année du creux, mais incluant
celle du pic), tandis que les phases de baisse sont comprises entre le pic et le creux des cycles (en excluant l’année du pic,
mais incluant celle du creux). L’analyse des études d’événements limite encore les épisodes aux phases de baisse induites
par le fléchissement des cours des exportations de produits de base. Cela implique l’exclusion des épisodes pendant lesquels
l’évolution des prix des importations entraîne une détérioration des termes de l’échange des produits de base et qui peuvent
ne pas avoir le même impact économique.
Sur cette base, 201 épisodes sont recensés pour 105 pays, et, sur ce total, 75 épisodes concernent l’Afrique subsaharienne. Le
graphique 2.1.2 montre les épisodes discernés pour les pays exportateurs de produits de base d’Afrique subsaharienne et un
certain nombre d’autres pays.
Méthode des projections locales
Les effets des chocs des termes de l’échange des produits de base sur les agrégats macroéconomiques sont évalués au moyen
de la méthode des projections locales de Jordà (2005), qui a ensuite été perfectionnée par Teulings et Zubanov (2014).
Cette méthode permet d’estimer les effets dynamiques d’un choc des termes de l’échange des produits de base à l’aide de
fonctions de réaction aux impulsions qui sont obtenues à partir de régressions par les moindres carrés ordinaires. À la dif-
férence des réactions aux impulsions obtenues à partir d’une autorégression vectorielle (VAR), les réactions aux impulsions
obtenues à l’aide de projections locales ne requièrent pas la formulation d’hypothèses sur la structure de transmission des
chocs dans le système, ce qui pose souvent un problème dans les modèles d’autorégression vectorielle.
Les modèles utilisés pour estimer les effets d’un choc contemporain des termes de l’échange des produits de base sur la
variable considérée (production, balance commerciale et recettes budgétaires) prennent en compte d’autres déterminants des
performances économiques tels que la croissance du PIB des partenaires commerciaux, un indicateur de la situation finan-
cière dans le monde et des indicateurs de guerre, de conflits armés ou de changements de régime politique dans chaque pays.
L’équation utilisée pour estimer l’effet des chocs des termes de l’échange des produits de base est reproduite ci-dessous. Dans
cette formulation, les deux premiers termes représentent les effets pays et les effets temporels. Le troisième terme contient
la variable du choc, représentée par Δsi,t, qui correspond à la variation du logarithme naturel des termes de l’échange de
produits de base du pays à l’instant t. L’effet cumulé sur la variable considérée est représenté par l’estimation βh, dans laquelle
h indique l’horizon temporel. Les autres termes sont les variables de contrôle. Les quatrième et cinquième termes contrôlent
les chocs des termes de l’échange des produits de base et d’autres déterminants qui se manifestent avant l’instant t, mais
ݕǡ௧ାݕǡ௧ା
െ ݕǡ௧ିଵ ൌ ߙൌߙߛ௧ߛߚ
െ ݕǡ௧ିଵ
௧ οߚݏǡ௧ οݏ ߚ
ǡ௧ ߚ οݏ
ଵǡ οݏ ߠ
ǡ௧ି ǡ௧ି
ଵǡ
ଵǡ ߠݔ
ଵǡ ݔǡ௧ି
ǡ௧ି ߠ ߠ οݕ
ଶǡ οݕ ǡ௧ି ǡ௧ି
ଶǡ
ୀଵ ୀଵ ୀ ୀ ୀଵ ୀଵ
ିଵ ିଵ ିଵ ିଵ
ߝ
ߚ ߚଶǡ
ଶǡ οݏ οݏǡ௧ାି
ǡ௧ାି ߠ ଷǡ ߠݔ ଷǡ ݔǡ௧ାି
ǡ௧ାି ߝǡ௧ ǡ௧
ୀ ୀ ୀ ୀ
peuvent quand même affecter le résultat de la variableοݏ dépendante. Le sixième terme contrôle les effets sur la variable dépen-
ǡ௧ οݏǡ௧
dante qui résultent de ses propres variations décalées. Les deux derniers termes, introduits par Teulings et Zubanov (2014),
contrôlent les effets des chocs des termes de l’échange des ߚ
ߚ produits de base et d’autres déterminants qui se manifestent entre
les instants t et t+h et peuvent influer sur le résultat de la variable dépendante à l’instant t+h. Il est nécessaire d’estimer une
équation différente pour chaque horizon h pour lequel on estime l’effet des termes de l’échange des produits de base. Les
réactions cumulées sont obtenues à partir de β pour différentes valeurs de h. Les équations sont estimées en utilisant des
données de panel équilibrées pour la période 1962–2015 et des erreurs-types robustes (White, 1982).
48
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Méthode d’évaluation de l’effet de l’action publique menée sur la résilience des pays
après un choc de prix négatif des produits de base
Il est procédé, selon la méthode des moindres carrés ordinaires, à une analyse de régression multivariée qui lie les résultats
relatifs obtenus pour la croissance du PIB réel après un choc des termes de l’échange à des variables reflétant la marge de
manœuvre dont disposent les pays et les réactions des pouvoirs publics. L’analyse de régression s’appuie sur les épisodes
précédemment identifiés pour l’échantillon de pays émergents et en développement et sur les études empiriques existantes
(Adler et Sosa, 2011; Céspedes et Velasco, 2012).
Bien que les chocs des termes de l’échange puissent être de durée variable, les analyses sont axées sur les trois premières
années suivant la survenue d’un choc dans un pays. Pour évaluer dans quelle mesure la marge de manœuvre dont disposent
les gouvernants et leurs réactions atténuent l’effet d’un choc sur la croissance économique réelle, nous devons élaborer des
indicateurs appropriés de l’impact. Nous utilisons un indicateur de l’écart de croissance pour saisir la différence entre le taux
de croissance économique réel pendant les trois premières années d’un choc et le taux de croissance moyen observé pendant
les trois années qui l’ont précédé (comme mesure indirecte de ce que la croissance aurait pu être en l’absence du choc). Les
trajectoires de croissance des pays après les chocs varient en fonction de plusieurs facteurs — certains pays résistent mieux
aux chocs que d’autres comme le montre l’illustration ci-dessous. Les variables utilisées dans l’analyse de régression sont
précisées dans le tableau 2.1 de l’annexe.
49
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
50
2. FAIRE FACE À L’EFFONDREMENT DES COURS DES PRODUITS DE BASE
Pays couverts
Suivant les données disponibles, les études d’événements et les analyses de régression utilisées dans le présent chapitre ont
inclus les pays suivants :
Pays d’Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Comores, Côte d’Ivoire,
Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Maurice, Niger,
Nigéria, Ouganda, Rwanda, République centrafricaine, République du Congo, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Seychelles,
Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Togo, Zambie et Zimbabwe.
Autres pays : Albanie, Algérie, Arabie saoudite, Argentine, Arménie, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Belize, Bhoutan,
Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Brésil, Brunei Darussalam, Chili, Colombie, Costa Rica, Dominique, El Salvador, Émirats
arabes unis, Équateur, Fidji, Géorgie, Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, îles Salomon, Inde, Indonésie,
Iran, Iraq, Kazakhstan, Kiribati, Koweït, Libye, ex-République yougoslave de Macédoine, Malaisie, Maldives, Mauritanie,
Mexique, Moldova, Mongolie, Myanmar, Nicaragua, Oman, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pérou, Philippines,
Qatar, République dominicaine, République kirghize, Russie, Samoa, Sri Lanka, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les
Grenadines, Sainte-Lucie, Soudan, Suriname, Syrie, Tadjikistan, Thaïlande, Trinité-et-Tobago, Turkménistan, Uruguay,
Vanuatu, Venezuela et Viet Nam.
51
3. Développement financier et croissance durable
Le développement financier, qui est important pour • Comment le secteur financier subsaharien s’est-il
promouvoir une croissance économique forte et du- développé durant les dernières décennies par rap-
rable en Afrique subsaharienne, entraîne une utilisa- port à celui d’autres régions?
tion plus large des instruments financiers existants, mais • Compte tenu des évolutions observées au cours
aussi la création et l’adoption de nouveaux instruments des dernières décennies, le secteur financier
d’intermédiation des fonds et de gestion des risques peut-il désormais mieux contribuer à créer de la
(Chami, Fullenkamp et Sharma 2010). Alors que la de- croissance et réduire sa volatilité?
mande extérieure et les conditions de financement se
dégradent sensiblement et que les perspectives de crois- • Que faut-il faire pour qu’il produise plus d’ef-
sance en Afrique subsaharienne s’assombrissent signi- fets bénéfiques et quel rôle les politiques écono-
ficativement, il est d’autant plus urgent d’identifier les miques peuvent-elles jouer à cet égard?
sources de croissance inexploitées ou sous-utilisées et Nos principales conclusions sont les suivantes :
de la rendre moins volatile. Des études théoriques mais
aussi empiriques ont parfaitement établi que le déve- • Bien que les pays d’Afrique subsaharienne aient
loppement financier était en général bon pour la crois- considérablement progressé en termes de déve-
sance. Qu’il en soit un moteur ou un simple facilitateur loppement financier ces dix dernières années, la
— les avis restent partagés —, tous les facteurs suscep- marge d’amélioration supplémentaire est encore
tibles d’améliorer notablement les perspectives de crois- très importante, surtout par rapport à d’autres ré-
sance de la région méritent un examen approfondi. gions du monde. En effet, il y a encore une di-
zaine d’années, un grand nombre de pays avaient
En théorie, le développement financier influe favora- en fait régressé sur le plan de leur développement
blement sur la croissance par le biais de plusieurs ca- financier par rapport au début des années 80.
naux importants pour l’Afrique subsaharienne. En Sauf dans les pays d’Afrique subsaharienne à re-
premier lieu, il stimule la constitution d’une épargne venu intermédiaire, tant la profondeur des mar-
plus facilement mobilisable et favorise une réparti- chés financiers que le développement institu-
tion efficiente des capitaux, tout en rehaussant la pro- tionnel sont à la traîne par rapport à d’autres
ductivité totale des facteurs (PTF). Deuxièmement, régions en développement.
il soutient la diversification et la gestion des risques.
Troisièmement, il diminue les asymétries d’infor- • La région a été à la pointe en matière de services
mation et les coûts de transaction et de surveillance. financiers innovants liés à la téléphonie mobile,
Quatrièmement, il peut réduire la volatilité de l’éco- mais l’inclusion financière peut encore y être
nomie en offrant aux ménages et aux entreprises améliorée. L’essor de systèmes associés au télé-
toute une panoplie d’instruments et d’informations phone portable a permis à une fraction plus im-
utiles pour faire face à des chocs défavorables en lis- portante de la population de participer au sys-
sant la consommation et l’investissement. Levine tème financier, notamment en Afrique de l’Est.
(2005), qui a passé en revue les publications sur le Néanmoins, leur potentiel est encore largement
sujet, constate que développement financier et crois- inexploité dans d’autres pays et ces nouveaux
sance sont étroitement liés. systèmes peuvent pallier certaines des carences
(infrastructures, etc.) observées dans la plupart
Ce chapitre tente de répondre à trois questions afin des pays. Dans le même temps, la microfinance
de déterminer le rôle du développement financier s’est développée rapidement, proposant des ser-
dans la croissance durable en Afrique subsaharienne : vices aux clients situés au bas de l’échelle des re-
Ce chapitre a été préparé par une équipe dirigée par Montfort venus. Mais toutes les évolutions financières qui
Mlachila et composée de Larry Qiang Cui, Ahmat Jidoud, Monique se font jour et se multiplient à un rythme élevé
Newiak, Bozena Radzewicz-Bak, Misa Takebe, Yanmin Ye et Jiayi comportent aussi des risques pour la stabilité
Zhang, sous la supervision d’Anne-Marie Gulde Wolf. financière.
53
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
90 350
80
CPV 250
60
50 NAM 200
40 CPV
150 ZAF SYC
BWA TGO KEN
SEN
30 STP MOZ
SWZ GMB NAM
BENCOM LSO
MLI 100 BEN MOZ
AGO
20 ETH CIV
MLILSO
CMR MWI
UGA
BDI
10
CAFCOG
NGAERI 50 CAF
COD
GINRWA
TCD
SLE
0 0
0 20 40 60 80 100 0 100 200 300 400
1995 2001
Reste des pays en développement (en dessous de 100 % du PIB) Reste du monde (en dessous de 400 % du PIB)
Afrique subsaharienne Afrique subsaharienne
Sources : Banque mondiale, FinStats 2016; FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; FMI, International Financial Statistics.
Note : Voir à la page 84 la liste des abréviations de pays.
minime. Dans plusieurs pays, les actifs des banques internationales établies, mais aussi, de plus en plus,
d’État sont considérables (Éthiopie, Rwanda, des PME ou des particuliers mal desservis. De nom-
Seychelles, Sierra Leone). Dans le secteur financier breuses banques veulent déployer des services ban-
non bancaire, les fonds de pension détiennent une caires mobiles et des technologies en ligne. Elles par-
part significative des actifs du système, mais les places ticipent à un nombre croissant de montages de prêts
boursières sont sous-développées et peu liquides (pré- consortiaux pour des projets d’infrastructure, sa-
sentes dans moins de 60 % des pays de la région). chant que, dans ce domaine, les besoins de la région
L’essor rapide des banques panafricaines est un moteur augmentent (Enoch, Mathieu et Mecagni, 2015;
important du développement financier. Globalement, Mecagni, Marchettini et Maino, 2015). Il a fallu se
leurs activités en Afrique se déploient à une plus tourner vers de nouvelles sources de financement,
grande échelle que celles des banques européennes et comme les financements à plus long terme (émissions
américaines traditionnelles. À l’heure actuelle, sept obligataires, augmentations de capital) voire les finan-
banques panafricaines sont présentes dans au moins cements proposés par des établissements financiers
dix pays. Bien souvent, elles font partie des trois pre- internationaux; pour les banques panafricaines, cela
mières banques du pays. Dans un certain nombre de s’est traduit par une rentabilité accrue et de meilleurs
pays comme le Bénin, la Guinée Bissau, le Niger ou le ratios coût/revenu (Stijns, 2015).
Togo, elles représentent également l’essentiel des ca- ... laissant une grande marge d’amélioration
pitaux étrangers. Leur expansion s’est faite principa- à l’inclusion financière.
lement par le biais de filiales créées dans les pays d’ac-
Malgré ces progrès, l’accès aux services financiers tradi-
cueil et soumises à la réglementation et aux normes de
tionnels demeure très limité en Afrique subsaharienne,
surveillance de ces pays. Certaines banques panafri-
en particulier pour certains groupes démographiques
caines se sont toutefois lancées dans des activités allant
(graphique 3.3). La part de la population ayant ouvert
au-delà de l’intermédiation bancaire traditionnelle :
un compte ou contracté un prêt auprès d’un établis-
opérations sur les marchés de capitaux, assurance, pen-
sement financier y est plus faible que dans d’autres ré-
sions, transferts d’argent, microfinance, crédit-bail et
gions; seuls les pays à revenu intermédiaire s’approchent
même non financières.
des niveaux de référence. Le manque d’information
L’échelle de leurs activités dans la région augmente sur les emprunteurs (antécédents, risque d’insolvabi-
rapidement, ce qui contribue à doper la concur- lité, etc.), l’absence de registres des garanties et les diffi-
rence pour les prêts et les dépôts. Leurs clients ne cultés d’application des contrats sont souvent un obs-
sont pas seulement de grandes entités nationales et tacle à l’octroi de crédits bancaires au secteur privé.
55
56
Pourcentage des actifs du secteur concerné Pourcentage des actifs du secteur concerné Pourcentage des actifs du secteur concerné
10
20
30
40
50
60
70
80
90
0
100
25
50
75
0
100
25
50
75
0
100
Cameroun Nigéria Soudan du Sud
Angola Gabon
Angola Soudan du Sud Congo, Rép. du
pétrole
Gabon Guinée équatoriale
Exportateurs de
Nigéria Cameroun Nigéria
2. Secteur bancaire
Congo, Rép. du Angola
1. Secteur financier
Fonds de pension
Botswana Guinée équatoriale Cameroun
Exportateurs de pétrole
Exportateurs de pétrole
Afrique du Sud Zambie
Sociétés financières/FCP
Tanzanie Tanzanie Niger
naturelles
naturelles
Zambie Zimbabwe
Mali Tanzanie
Graphique 3.2. Afrique subsaharienne : actifs sectoriels, 2012
Ghana
Banques d'investissement
Lesotho Ouganda
Pays pauvres en ressources naturelles
Pays pauvres en ressources naturelles
Dans les États fragiles, l’accès aux services financiers est revenus (voir également Sahay et al., 2015a), en do-
particulièrement limité, car les infrastructures finan- pant notamment les taux d’activité féminine. Les ré-
cières sont très insuffisantes : moins de sept guichets sultats empiriques doivent toutefois être interprétés
automatiques bancaires (GAB) et moins de trois suc- avec prudence : les associations entre différents écarts
cursales financières pour 100.000 habitants (Comores, hommes–femmes et entre ces écarts et les résultats
Guinée Bissau, République centrafricaine). Dans tous économiques sont complexes. Il faudrait ainsi mener
les groupes de pays de la région, la population instruite, de nouvelles études et collecter plus de données sur
les 60 % les plus riches et les hommes bénéficient d’un l’évolution de l’inclusion financière avant de formuler
accès bien plus large aux services financiers. L’accès est des conclusions définitives sur les liens de causalité au
particulièrement limité en zone rurale, car les agences se niveau macroéconomique.
concentrent surtout dans les centres urbains (Mlachila, Des services financiers novateurs ont commencé à
Park et Yabara, 2013). pallier certains de ces manques dans plusieurs pays.
La région souffre aussi d’inégalités considérables entre L’essor des systèmes de paiement mobile a permis à
les hommes et les femmes, qui touchent à divers as- des pans plus importants de la population de parti-
pects de l’inclusion financière et sont associées à des ciper au système financier, en particulier en Afrique
inégalités de revenus plus importantes. L’encadré 3.1 de l’Est (graphique 3.4). Au Kenya, le développe-
montre qu’une meilleure inclusion financière des ment rapide de systèmes tels que M‑Pesa, M‑Shwari
femmes va de pair avec une moindre inégalité des et M‑Kesho a contribué à réduire les coûts de
Graphique 3.3. Afrique subsaharienne : indicateurs de l’inclusion financière
1. Personnes détenant un compte auprès d'un établissement financier, 2014
60 70 70
50 60 60
Pourcentage de la population
50 50
40
40 40
30
30 30
20
20 20
10 10 10
0 0 0
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
PFR d'AfSS
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
MOAN
PED d'Asie
PFR d'AfSS
PED d'Asie
MOAN
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
PFR d'AfSS
PED d'Asie
MOAN
États fragiles d'AfSS
14 14 14
12 12 12
10 10 10
8 8 8
6 6 6
4 4 4
2 2 2
0 0 0
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
PFR d'AfSS
MOAN
PED d'Asie
Exp. de pétrole d'AfSS
États fragiles d'AfSS
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
PFR d'AfSS
PED d'Asie
MOAN
Exp. de pétrole d'AfSS
États fragiles d'AfSS
AfSS
ALC
PRI d'AfSS
PFR d'AfSS
MOAN
PED d'Asie
Exp. de pétrole d'AfSS
États fragiles d'AfSS
Total
Total 40 % les plus pauvres 60 % les plus riches Études primaires ou moins
Total Femmes Hommes
Études secondaires ou plus
57
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
58
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
la forte croissance des actifs, le système financier rapide à partir des années 80, les progrès ont été plus
subsaharien est moins concurrentiel que celui lents dans d’autres groupes de la région. Certains pays
d’autres régions (Banque mondiale, 2012). Cette (Cameroun, République centrafricaine, Sierra Leone et
dimension, combinée avec celle de l’accès, donne Tchad) sont même moins développés sur le plan finan-
donc une idée de la qualité du secteur financier. cier qu’ils ne l’étaient dans les années 80, notamment
D’après cet indice composite, le développement finan- en raison de guerres civiles et autres conflits. Dans ce
cier en Afrique subsaharienne est assez atone depuis domaine, la plupart des pays d’Afrique subsaharienne
trois décennies malgré l’accélération modérée observée sont très à la traîne d’autres régions en développement.
au cours des 15 dernières années. Le graphique 3.5 il- Dans les pays où le développement financier a été ra-
lustre le niveau de développement financier dans dif- pide, ce sont à la fois les institutions et les marchés fi-
férents groupes de pays. Si certains pays à revenu in- nanciers qui ont évolué (graphique 3.6), s’appuyant
termédiaire (Afrique du Sud, Maurice, Namibie et simultanément sur les secteurs bancaire et non
Seychelles) ont connu un développement financier bancaire. Au Botswana, par exemple, il existe une
MOAN
Tchad
ALC
Nigéria
Gabon
AfSS
Cameroun
Soudan du Sud
Congo, Rép. du
Namibie
Botswana
MOAN
Afrique du Sud
ALC
Ghana
République centrafricaine
Mali
Zambie
Guinée
Niger
Libéria
Tanzanie
AfSS
Sierra Leone
PED d'Asie
Guinée équatoriale
0,3
0,2
0,1
0,0
São Tomé-et-Príncipe
Madagascar
Seychelles
Mozambique
MOAN
Swaziland
Ouganda
Kenya
Comores
ALC
Sénégal
Éthiopie
Burundi
Gambie
Guinée Bissau
Côte d’Ivoire
Rwanda
Togo
Malawi
AfSS
Maurice
Lesotho
Bénin
Burkina Faso
Érythrée
Cabo Verde
PED d'Asie
59
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
0,5 0,20
0,4
0,15
0,3
0,10
0,2
0,1 0,05
0,0 0,00
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
0,2
0,05
0,1
0,0 0,00
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
2006
2008
2010
2012
60
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
7
6
5
4
3
2
1
0
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
Source : Laeven et Valencia (2012).
Dans la région, les crises bancaires sont désormais développement financier. En outre, les effets de la crise
plus rares et les indicateurs de solidité financière pro- financière mondiale sur la stabilité du secteur finan-
gressent depuis quelques décennies, quoiqu’en léger cier ont été modérés dans la plupart des pays d’Afrique
recul depuis peu (graphiques 3.7 et 3.8). Depuis le subsaharienne (Mlachila, Park et Yabara, 2013), re-
début des années 2000, les crises bancaires sont moins flétant peut-être aussi l’intégration financière relative-
fréquentes, une tendance qui évolue parallèlement à ment faible de la région. En fait, les principaux indica-
l’amélioration des conditions macroéconomiques et teurs de solidité financière sont en hausse par rapport
du cadre réglementaire et a sans doute contribué au à la décennie précédente (Mecagni, Marchettini et
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
61
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Maino, 2015). Cependant, au cours des cinq der- Les progrès relatifs aux normes prudentielles et à la
nières années, les indicateurs de solidité financière se mise en œuvre des systèmes de garantie des dépôts
sont quelque peu détériorés, les ratios de fonds propres sont très variables selon les pays de la région (Enoch,
au mieux demeurant stables, et les prêts improductifs Mathieu et Mecagni, 2015; Mecagni, Marchettini
continuant d’augmenter. Plus récemment, la baisse des et Maino, 2015; tableau 3.1). La plupart ont déjà
cours des produits de base, le durcissement des condi- adopté des normes d’information internationales ou
tions de financement extérieur et les dépréciations de envisagent de le faire à brève échéance, et six pays
taux de change ont exercé de nouvelles pressions sur seulement conservent encore leurs normes nationales
différentes dimensions de la solidité financière, en par- (dont l’Angola, la Guinée et le Soudan du Sud). À ce
ticulier dans les pays exportateurs de produits de base jour, en revanche, seuls quelques pays et une union
(chapitre 1), ce qui pourrait présager un ralentissement monétaire ont mis en place des systèmes de garantie
du développement financier à moyen terme. des dépôts (Communauté économique et monétaire
Tableau 3.1. Afrique subsaharienne : normes de supervision du secteur financier
Tableau 3.1. Afrique subsaharienne : normes de supervision du secteur financier
Normes comptables Norme de fonds propres1 Assurance des dépôts Classification des actifs2
62
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
de l’Afrique centrale — CEMAC, Kenya, Nigéria, néanmoins au-dessous du niveau de référence. Amener
Ouganda, Tanzanie et Zimbabwe). Les normes de l’indice de développement financier médian à sa valeur
Bâle II n’ont été mises en œuvre qu’en Afrique du de référence pourrait se traduire par un gain de crois-
Sud, au Malawi, à Maurice et au Mozambique. sance d’environ 1½ point de pourcentage. Les résul-
De même, les normes prudentielles sont parfois assez tats confirment les effets salutaires en termes de réduc-
médiocrement respectées et l’adoption future de tion de la volatilité de la croissance et d’autres variables
normes financières plus strictes pourrait se heurter à macroéconomiques. Les pays concernés doivent toutefois
des problèmes de mise en œuvre. Dans de nombreux être attentifs aux risques macrofinanciers naissants pour
pays de la région, les normes prudentielles ne sont pas pouvoir gérer efficacement les risques inhérents au déve-
assez appliquées. Par exemple, alors que la commis- loppement financier.
sion bancaire de l’Union économique et monétaire Combler le retard de développement financier
ouest-africaine (UEMOA) a consacré ces dernières an- par rapport au niveau de référence structurel
nées une énergie considérable à renforcer les capacités
de mise en œuvre et le contrôle bancaire, la moitié des Dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne,
pays membres de l’UEMOA ne respectent pas le ratio le développement financier est inférieur à son niveau
de fonds propres réglementaires de 8 % (Bâle I) exigé de référence statistique (graphique 3.9).
au niveau régional (FMI, 2015f). Cela montre bien • Une analyse empirique portant sur 152 pays
que l’application à l’avenir de normes plus ambitieuses entre 1980 et 2013 permet de fixer des repères
risque de se heurter à un manque de capacités. de développement financier correspondant aux
L’expansion rapide des banques panafricaines offre caractéristiques structurelles de chaque pays1.
de nouvelles possibilités mais entraîne aussi plus de Ces paramètres fondamentaux ne tiennent pas
risques. Ces banques sont essentielles pour renforcer compte des capacités ou politiques institution-
l’intermédiation financière, promouvoir une inté- nelles et pourraient donc être interprétés comme
gration économique plus poussée et favoriser l’in- un niveau potentiellement atteint par les pays
novation. Mais leur importance systémique et leurs présentant des caractéristiques comparables. La
interconnexions sont aussi des facteurs de risque, le section suivante étudie les facteurs susceptibles
premier d’entre eux étant l’insuffisance de la surveil- d’expliquer les différences d’écarts.
lance prudentielle sur une base consolidée. Par ail- • Les résultats semblent indiquer que, dans cette ré-
leurs, le cadre de gouvernance interne de certaines gion, le développement financier est généralement
banques est fragile. Il faut remédier à ces problèmes inférieur au niveau de référence. Un développe-
pour atténuer les risques systémiques qui pourraient ment financier relativement rapide au cours des
menacer le développement financier. dix dernières années n’a permis de rattraper voire
Dans la section suivante, nous examinons les possibi- de dépasser le repère que dans les pays à revenu
lités pour la région de poursuivre son développement 1
Un indice de développement financier est pris comme variable
financier et ce qu’elles signifient pour la croissance dépendante. Les caractéristiques structurelles incluent le log du
PIB réel par habitant et sa valeur au carré pour rendre compte
économique et sa stabilité. des non-linéarités, la taille et la densité de la population, le
taux de dépendance des personnes âgées pour rendre compte
des différents comportements d’épargne selon les groupes de
DANS QUELLE MESURE LE revenu, des variables muettes pour les exportateurs de pétrole et
DÉVELOPPEMENT FINANCIER l’origine légale, et des variables muettes temporelles pour refléter
A-T-IL DOPÉ LA CROISSANCE l’environnement macroéconomique mondial. Le FMI (2015a)
suit une méthode similaire avec un indice de développement
ET ATTÉNUÉ SA VOLATILITÉ? financier différent. Barajas et al. (2013) se sont servis d’une
régression structurée de la même manière pour établir le niveau
D’après des estimations empiriques, le développement fi- de référence du ratio crédit au secteur privé/PIB des pays.
nancier a soutenu la croissance en Afrique subsaharienne Cette méthode de détermination de références statistiques a
été appliquée à des groupes de pays particuliers dans divers cas
et réduit sa volatilité. Il a facilité d’autres politiques éco- (voir par exemple, Alter et Yontcheva, 2015; Newiak et Awad,
nomiques en raffermissant la croissance et stabilisant 2015). Des résultats comparables ont été obtenus en examinant
l’économie. Le développement financier de la région reste séparément les institutions financières et les marchés financiers.
63
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Nigéria
Tchad
Ouganda
Gabon
Gambie
Cameroun
Zambie
Tanzanie
Libéria
dudu
Botswana
Kenya
Namibie
Mali
Ghana
d’Ivoire
Madagascar
Guinée
Leone
Tomé-et-Príncipe
Maurice
Swaziland
Érythrée
Rwanda
Burundi
Malawi
Sénégal
Mozambique
Faso
Niger
Comores
Sud
centrafricaine
Seychelles
Togo
Bissau
Éthiopie
Verde
Lesotho
Bénin
équatoriale
Angola
Nigéria
Tchad
Ouganda
Gabon
Gambie
Cameroun
Zambie
Tanzanie
Libéria
Botswana
Kenya
Namibie
Mali
Ghana
d’Ivoire
Madagascar
Guinée
Leone
Tomé-et-Príncipe
Maurice
Swaziland
Érythrée
Rwanda
Burundi
Malawi
Sénégal
Mozambique
Faso
Niger
Comores
Sud
centrafricaine
Seychelles
Togo
Bissau
Éthiopie
Verde
Lesotho
Bénin
équatoriale
Rép.
dudu
Rép.
Burkina
Cabo
Sierra
Guinée
Afrique
Côte
Burkina
Congo,
Cabo
Sierra
Guinée
Afrique
Côte
Congo,
Guinée
République
Guinée
République
São
São
Pays exportateurs Pays riches en ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
Paysdeexportateurs
pétrole Pays riches en ressources naturelles Pays pauvres en ressources naturelles
de pétrole
2. Établissements financiers : niveaux effectif et prévu
1,0 2. Établissements financiers : niveaux effectif et prévu
1,0
0,9
0,9 Effectif Prévu
0,8 Effectif Prévu
0,8
0,7
0,7
0,6
0,6
0,5
0,5
0,4
0,4
0,3
0,3
0,2
0,2
0,1
0,1
0,0
0,0
Angola
Nigéria
Tchad
Gabon
Zambie
Tanzanie
Libéria
Gambie
Ouganda
Cameroun
Rép.dudu
Namibie
Botswana
Mali
Ghana
Kenya
Tomé-et-Príncipe
Sénégal
Érythrée
Malawi
Guinée
Leone
Maurice
Swaziland
Mozambique
Rwanda
Madagascar
Faso
d’Ivoire
Burundi
Sud
centrafricaine
Seychelles
Togo
Lesotho
Éthiopie
Niger
Verde
Bénin
Comores
Bissau
équatoriale
Angola
Nigéria
Tchad
Gabon
Zambie
Tanzanie
Libéria
Gambie
Ouganda
Cameroun
Namibie
Botswana
Mali
Ghana
Kenya
SãoTomé-et-Príncipe
Sénégal
Érythrée
Malawi
Guinée
SierraLeone
Maurice
Swaziland
Mozambique
Rwanda
Madagascar
BurkinaFaso
Côted’Ivoire
Burundi
AfriqueduduSud
Républiquecentrafricaine
Seychelles
Togo
Lesotho
Éthiopie
Niger
CaboVerde
Bénin
Comores
GuinéeBissau
Guinéeéquatoriale
Congo,Rép.
Burkina
Cabo
Sierra
Guinée
Afrique
Côte
Congo,
Guinée
République
São
Pays
Paysexportateurs
exportateurs Pays
Paysriches
richesen
enressources
ressourcesnaturelles
naturelles Pays
Payspauvres
pauvresen
enressources
ressourcesnaturelles
naturelles
de
depétrole
pétrole
64
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
65
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
significatif, probablement amoindri par l’absence Dans la grande majorité des pays de la région, la re-
d’infrastructure financière et de concurrence. Ces ré- lation entre développement financier et instabilité de
sultats indicatifs sont à interpréter avec prudence sa- la croissance semble ne pas être linéaire. En suivant
chant que le développement des marchés financiers Sahay et al. (2015b) et en incluant des variables de
en dehors du secteur bancaire est très récent dans la contrôle propres à la région, nous constatons que cette
plupart de ces pays. relation est non linéaire dans les pays d’Afrique subsa-
Les conclusions d’études récentes aux fondements harienne (tableau 3.3), comme dans d’autres régions.
microéconomiques confirment que l’assouplisse- Au départ, le développement financier lisse la volatilité
ment des contraintes financières structurelles est bon en assouplissant les obstacles au crédit rencontrés par
pour la croissance. L’édition d’octobre 2015 du rap- les entreprises et les ménages et en leur offrant une pa-
port sur les Perspectives économiques régionales pour noplie d’instruments pour résister aux chocs négatifs.
l’Afrique subsaharienne récapitule les effets posi- Mais, à mesure de son approfondissement, la contri-
tifs sur le PIB, la PTF et les inégalités qui sont asso- bution du secteur financier au recul de la volatilité di-
ciés à la suppression des obstacles les plus contrai- minue, parce qu’un secteur financier plus profond a
gnants à l’inclusion financière dans une série de pays pour effet de propager et d’amplifier les chocs. Cela
(Kenya, Mozambique, Nigéria, Ouganda et Zambie) dit, la majorité des pays de la région sont au-dessous
et dans deux unions monétaires, en utilisant le mo- du seuil (estimé à environ 0,4; graphique 3.11) au-
dèle d’équilibre général de Dabla-Norris et al. (2015). delà duquel le développement financier commence à
Selon l’étude, les contraintes pesant sur les emprun- accentuer la volatilité de la croissance. L’analyse empi-
teurs (respect médiocre des contrats et asymétries rique semble indiquer que, compte tenu du cadre ins-
d’information qui se traduisent par l’exigence de ga- titutionnel et des caractéristiques structurelles actuels,
ranties plus élevées et des ratios de capitalisation plus ce seuil est plus bas en Afrique subsaharienne qu’ail-
faibles) constituent les principaux obstacles à l’accès leurs. Cela reflète sans doute le fait que les carences
des entreprises au financement. Leur assouplissement des cadres juridiques et institutionnels de la région
permettrait de relever de 8 à 20 % les niveaux de
PIB, grâce à une amélioration considérable de la PTF Graphique 3.11. Afrique subsaharienne : effet du développement
financier sur la volatilité de la croissance économique
à long terme (graphique 3.10). Abaisser les coûts de
participation (facteurs qui limitent l’accès au crédit 1,5
Variation de la volatilité de la croissance
tels que l’éloignement des banques ou des GAB et les Baisse de la Hausse de
volatilité la volatilité
dossiers à constituer pour demander un prêt) contri- 1,0
buerait aussi un peu à la croissance.
(écart-type)
0,5
Graphique 3.10. Impact à long terme sur le PIB
du relâchement des contraintes financières
25 0,0 CMR
Réduction des contraintes à l'emprunt
MWIUGA NGA NAM
Réduction des coûts de participation
Variation en pourcentage du PIB
KEN
20 Meilleure efficience de l'intermédiation
-0,5
0 0,2 0,4 0,6
15 Indice du développement financier
Ouganda
Nigéria
CEMAC
UEMOA
Zambie
plus faible et reste favorable quoique moins prononcée dans les pays
dont le développement financier a déjà atteint un niveau relativement
élevé (zone bleutée). Au-delà d’un certain seuil de développement
financier, une augmentation de l’indice accentuerait la volatilité de
Sources : Dabla-Norris et al. (2015); Rapports du FMI sur les pays; la croissance (zone rosée). Ce graphique a trait en outre à des pays
calculs des services du FMI. pilotes qui font l’objet d’une surveillance macrofinancière intensive
Note : CEMAC = Communauté économique et monétaire de l’Afrique du FMI (Namibie, Malawi, Ouganda) et dont le secteur financier est
centrale; UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine. relativement plus développé (Kenya et Nigéria).
66
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
empêchent de profiter pleinement des avantages as- de l’investissement dans les pays d’Afrique subsaha-
sociés à l’approfondissement des systèmes financiers. rienne. On constate aussi que les établissements fi-
De surcroît, la région tend à subir des chocs plus fré- nanciers tout comme les marchés financiers rendent
quents et plus violents que les autres régions, en parti- la croissance moins instable, mais les premières
culier quand il s’agit de chocs liés aux cours mondiaux jouent un rôle capital, ce qui est logique compte
des produits de base (chapitre 2). tenu de leur niveau de développement dans les pays
d’Afrique subsaharienne, comme nous l’avons vu plus
L’analyse a également été étendue à la volatilité de
haut. Cette relation se vérifie également pour la crois-
l’investissement et à différentes composantes du dé-
sance de l’investissement, mais de façon linéaire.
veloppement financier. Il en ressort que le dévelop-
pement financier stabilise la croissance de l’investis- … mais requiert une vigilance accrue
sement dans les pays d’Afrique subsaharienne, mais à l’égard des risques macrofinanciers
seulement jusqu’à un certain point, tandis qu’il ac- Des études nationales réalisées dernièrement dans
centue les fluctuations de l’investissement dans la région mettent en évidence l’apparition d’un cer-
d’autres régions du monde (tableau 3.3). La réduc- tain nombre de risques macrofinanciers. Dans
tion sensible de la volatilité de l’investissement résulte l’UEMOA, par exemple, la conjugaison de défi-
peut-être du meilleur accès au crédit dont bénéficient cits budgétaires croissants et d’une politique moné-
les grandes entreprises, qui représentent l’essentiel taire accommodante voulue par la banque centrale
Tableau 3.3. Afrique subsaharienne : résultats de l’estimation de l’effet du développement financier sur la volatilité de la croissance économique
67
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
régionale (BCEAO) a permis aux banques d’étoffer des institutions le freine dans de nombreux pays. Dans
considérablement leurs portefeuilles de titres publics ce contexte, l’amélioration des cadres juridiques et de la
en vue d’exploiter la marge d’intérêt entre les obliga- gouvernance d’entreprise semble être la piste la plus pro-
tions d’État et le faible taux de refinancement de la metteuse pour doper le développement financier.
BCEAO, accentuant ainsi le risque financier souve-
rain (FMI, 2015f; chapitre 1)5. Au Malawi, un ajus- Les fondamentaux macroéconomiques
tement budgétaire insuffisant a conduit à accumuler soutiennent le développement
des arriérés de paiement intérieurs et à recourir da- financier dans la région …
vantage au financement intérieur, ce qui a entraîné Les fondamentaux macroéconomiques sont les prin-
une augmentation des prêts improductifs, une ex- cipaux moteurs du développement financier en
position accrue du secteur financier à l’État et une Afrique subsaharienne. À partir des travaux déjà pu-
plus grande incertitude économique (FMI, 2015c). bliés sur le sujet, la présente section analyse les mo-
En Namibie, l’effervescence du marché du logement teurs du développement financier dans les pays en
constitue un risque majeur pour les banques et pour- développement, et plus particulièrement les pays
rait aussi engendrer des risques budgétaires. Dans d’Afrique subsaharienne. Suivant l’exemple d’autres
la CEMAC, en Namibie et en Ouganda, l’essor du auteurs (tels que Kose, Prasad et Terrones, 2006),
crédit bancaire s’est accompagné d’une concentration nous étudions notamment les effets de deux aspects
notable des risques (FMI, 2015b, 2015d, 2015e). essentiels de la mondialisation : l’intégration com-
De plus, en Ouganda, la forte dollarisation des prêts merciale et l’intégration financière6. Nos conclusions
et des dépôts crée des risques de crédit potentiels en sont principalement les suivantes (tableau 3.4) :
raison de l’asymétrie possible des devises dans les bi- • Les fondamentaux macroéconomiques influent de
lans des emprunteurs. Ces évolutions pourraient être manière positive sur le développement finan-
à l’origine d’interactions négatives entre risque ban- cier dans les pays en développement en général
caire et risque souverain. Le cas échéant, le phéno- et ceux de la région en particulier. Une infla-
mène serait facilement amplifié par le non-respect tion forte (indicateur approximatif de l’instabi-
des règles prudentielles, les carences des appareils ju- lité macroéconomique) a des effets négatifs sur le
diciaires et l’inefficacité des cadres de résolution des développement financier7. En outre, l’effet de re-
crises dans la région. venu est lui aussi significatif, ce qui indique que
En résumé, la présente section a constaté que le dé- l’émergence d’une classe moyenne dans les pays
veloppement financier avait soutenu la croissance en d’Afrique subsaharienne devrait sans doute per-
Afrique subsaharienne et l’avait rendue moins volatile. mettre d’approfondir le développement financier.
Mais le niveau de développement financier de la région • L’intégration commerciale internationale, mesurée
reste généralement inférieur au niveau de référence. Si par la part du total des exportations et des importa-
la région voyait son indice de développement financier tions de biens et de services dans le PIB, a un effet
médian atteindre ce niveau, elle pourrait enregistrer positif sur le développement financier dans les pays
un gain de croissance. La section suivante examine de en développement, mais cet effet disparaît quasi-
quelle manière la région peut s’en rapprocher. ment en Afrique subsaharienne (contrairement à
la théorie du développement financier de Rajan et
QU’EST-CE QUI STIMULE OU FREINE
LE DÉVELOPPEMENT FINANCIER 6
La méthode d’estimation dite méthode des moments généralisée
EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE? a été utilisée pour atténuer les problèmes liés à l’endogénéité des
variables. Néanmoins, l’absence de consensus autour de la théorie
Cette section montre que des fondamentaux macroéco- des moteurs du développement financier semble indiquer une
relative incertitude dans la spécification du modèle, raison pour
nomiques sains soutiennent le développement finan- laquelle il convient d’interpréter avec prudence les résultats de
cier en Afrique subsaharienne, mais que la médiocrité cette analyse exploratoire.
7
Même s’il existe de nombreuses autres variables représentatives
5
Dans l’UEMOA, la dette publique est passée de 18 % à 22 % de la stabilité macroéconomique, l’inflation est la mesure la plus
du total des actifs bancaires entre 2011 et 2014. couramment utilisée.
68
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
69
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Graphique 3.12. Afrique subsaharienne : développement financier et qualité des institutions en 2013
1. Indépendance de la justice 2. Solidité de la protection des investisseurs
7 9
ZAF
6 8
MUS
RWA NAM ZAF 7 RWA
Classement institutionnel
Classement institutionnel
5 AGO
KEN 6
4 5
KEN NAM
SEN 4
3 BEN
BEN
3
2 AGO SEN R² = 0,3063
R² = 0,3594
2
1 1
0 0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 0 0,2 0,4 0,6 0,8
Indice du développement financier Indice du développement financier
100 AutresRWA AGO
BEN
SEN Pays NAMde pétroleMUS
KENexportateurs CEMACZAF
et UEMOA
r…
stit
on
al
D’après le graphique 3.12, certains types d’indicateurs la justice et une meilleure protection des investisseurs
institutionnels sont associés à l’indice de développe- sont importants pour atteindre le niveau de référence.
ment financier, laissant à penser qu’en améliorant leurs S’agissant de la gouvernance d’entreprise, le renfor-
institutions, les pays pourraient rattraper leur retard en cement des normes d’audit et d’information semble
matière de développement financier. Mais d’autres fac- essentiel. Dans le même ordre d’idée, des études na-
teurs entrent en jeu aussi. Ainsi, certains des pays ex- tionales (voir, par exemple, Alter et Yontcheva, 2015;
portateurs de pétrole (Angola, Nigéria) dépassent les Cui, Dieterich et Maino, 2016; Newiak et Awad,
niveaux de référence, car les recettes pétrolières dont ils 2015) concluent à la présence de certains obstacles
disposent ont sans doute pallié la relative médiocrité des liés aux infrastructures de marchés financiers (exi-
institutions et favorisé le développement financier. gence de garanties solides, absence d’information sur
le crédit et de registre des titres, etc.) qui entravent
Certaines institutions semblent l’inclusion et l’approfondissement financiers en
plus importantes que d’autres Afrique centrale et de l’Ouest. S’appuyant sur toutes
En s’attachant en priorité à améliorer leur cadre ju- ces conclusions, la section qui suit présente un certain
ridique et le gouvernement d’entreprise, les pays nombre de recommandations.
d’Afrique subsaharienne pourraient récolter les fruits
du développement financier. Pour arriver à des
conclusions plus précises du point de vue des poli- RECOMMANDATIONS
tiques publiques, nous nous livrons à une étude em-
Le développement financier a contribué à la croissance
pirique approfondie de l’effet de différents indica-
en Afrique subsaharienne et l’a rendue moins volatile,
teurs institutionnels10. Les résultats montrent que de
mais il est très inférieur à son niveau de référence. Pour
nombreux indicateurs de la qualité institutionnelle
bénéficier pleinement de ce développement, il faudrait,
peuvent aider à réduire l’écart avec le niveau de réfé-
en plus de préserver la stabilité macroéconomique, for-
rence du développement financier (tableau 3.5). En
muler et mettre en œuvre des politiques appropriées pour
ce qui concerne le cadre juridique, il apparaît en par-
le secteur financier, visant surtout à renforcer les insti-
ticulier que la protection des intérêts des actionnaires
tutions, promouvoir des cadres juridiques et réglemen-
minoritaires, le renforcement de l’indépendance de
taires solides et améliorer l’inclusion financière. Les res-
Le même exercice a été effectué avec les indicateurs Doing
10
ponsables de l’élaboration des politiques doivent toutefois
Business de la Banque mondiale et les indices institutionnels être conscients que ce processus prend du temps et que
de Polity IV. Les résultats sont comparables mais moins solides
qu’avec l’Indice mondial de compétitivité. promouvoir le développement financier nécessite de la
70
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
dextérité et une gestion rigoureuse, en particulier dans Comme les normes prudentielles continuent
un contexte de libéralisation financière, d’intégration d’être peu respectées dans certains pays, étendre
régionale et d’adoption d’innovations technologiques les pouvoirs coercitifs des autorités de contrôle
(banque mobile, par exemple). Compte tenu de l’évolu- et renforcer les capacités des organismes de
tion des systèmes financiers, il faut adapter les règles et contrôle devrait être une priorité. L’essor rapide
réglementations pour faire face aux nouveaux risques. des banques panafricaines exige de renforcer la
surveillance internationale et cela sur une base
Les mesures à prendre, adaptées au contexte subsaha-
consolidée, ce qui devrait passer par une collabo-
rien, pourraient être les suivantes :
ration plus étroite entre les autorités de contrôle
• Mettre en place des cadres juridiques et institution- des pays du siège et des pays d’accueil de ces
nels solides et promouvoir une bonne gouvernance banques, et par une coopération interinstitution-
d’entreprise (Gulde et al., 2006). Renforcer les nelle au sein de chaque pays. Accélérer l’harmo-
cadres juridiques et institutionnels, y compris en nisation des réglementations et des procédures
protégeant les intérêts des actionnaires minori- de contrôle et réduire les disparités en matière de
taires et en favorisant le respect des contrats et gestion des crises sont deux autres questions qu’il
l’indépendance de la justice, est indispensable conviendrait de régler rapidement. Créer un mé-
pour créer un environnement propice au déve- canisme approprié d’assainissement des institu-
loppement et à la prospérité du secteur finan- tions non viables (régime spécial de résolution,
cier. Renforcer les systèmes d’information sur le par exemple) et garantir le bon fonctionnement
crédit et réduire les coûts parfois prohibitifs des des systèmes d’assurance des dépôts serait essen-
garanties exigées supprimerait certains obstacles tiel pour atténuer les risques de contagion.
à l’essor du crédit et faciliterait l’inclusion finan-
• Adopter un cadre réglementaire facilitant une inclu-
cière. Améliorer la gouvernance d’entreprise et la
sion financière plus large. Comme en témoignent
divulgation des informations, en particulier en
diverses évolutions récentes, en particulier dans
alignant les normes de comptabilité, d’audit et
le secteur de la banque mobile, des coûts de tran-
d’information financière sur les meilleures pra-
saction peu élevés et des innovations technolo-
tiques internationales, contribuerait à réduire
giques ont amplement contribué à ce qu’une
l’écart avec le niveau de référence du développe-
grande partie de la population participe au sys-
ment financier.
tème financier, notamment en Afrique de l’Est.
• Renforcer le contrôle, y compris la supervision ban- Dans le même temps, les risques associés au dé-
caire transfrontalière, sur une base consolidée. veloppement rapide des transactions mobiles et à
71
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
leur complexité croissante devraient faire l’objet sont les règles relatives à l’entrée (licences) et à la
d’une surveillance étroite de la part des autorités sortie (régimes de résolution) des entreprises, in-
de contrôle. Comme les transactions monétaires troduire des mesures permettant l’entrée d’éta-
par téléphone portable rencontrent de plus en blissements bien capitalisés et la sortie rapide des
plus de succès dans les populations aux revenus établissements insolvables est un préalable im-
modestes, il est important de renforcer la protec- portant pour créer un environnement concur-
tion de ces ressources limitées. rentiel dans le secteur (Banque mondiale, 2012).
• Soutenir la concurrence bancaire est capital aussi Comme l’ont montré diverses études empiriques,
pour aller vers des services financiers plus abor- pour favoriser la concurrence, il faut peut-être
dables et contribuer efficacement à l’inclusion finan- en réalité plus de réglementation, notamment
cière et à une efficience accrue du système financier. aux stades précoces du développement financier
Comme les principaux leviers de la concurrence (Chami, Fullenkamp et Sharma, 2010).
72
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
L’Afrique subsaharienne est devancée par d’autres régions en développement en ce qui concerne l’accès aux services financiers
de manière générale et l’égalité femmes‒hommes face à l’inclusion financière (graphique 3.1.1). L’accès aux services finan-
ciers est généralement plus restreint en Afrique subsaharienne que dans d’autres régions en développement, en parti-
culier dans les États fragiles et les pays à faible revenu de la région. En outre, l’accès est particulièrement restreint pour
les femmes, avec un
1. Détiennent descompte
différences entre les sexes2.plus
auprès d'un importantes
Détiennent dans
de l'épargne la plupart des groupes
auprès dedétenue
3. Épargne pays d’Afrique
via un club subsa-
établissement financier d'un établissement financier d'épargne/une personne hors de la famille
harienne
100 que dans les pays émergents 1,0et 100
en développement asiatiques ou latino-américains
1,0 100 et aux Caraïbes. Les États1,4
90
fragiles de la région font exception, 0,9 90
mais simplement du fait que l’accès aux 0,9 90 financiers y est restreint pour les 1,2
services
80 0,8 80 0,8 80
70 0,7 70 0,7 70 1,0
60 60 0,6
50
Graphique 3.1.1. Afrique subsaharienne0,6 : indicateurs
0,5 50 de l’inclusion financière, 2014 0,5
60
50
0,8
40 40 0,4 40 3. Épargne détenue via un club 0,6
1. Détiennent un compte auprès d'un 0,4 2. Détiennent de l'épargne auprès
30 établissement financier 0,3 30 d'un établissement financier 0,3 30 d'épargne/une personne hors de la famille 0,4
20 100 0,21,0 20100 0,2
1,0 20
100 1,4
10 90 0,10,9 1090 0,9
0,1 90
10 0,2
1,2
0 8070
0,00,8 080
0,7 70
0,8
0,0
0,7
800
70 1,00,0
États fragiles d'AfSS
PFR d'AfSS
PFR d'AfSS
d'AfSSexp. pétrole d'AfSS
PRI d'AfSS
PRI d'AfSS
PRI d'AfSS
PED d'Asie
PED d'Asie
AfSS
PRE
AfSS
PRE
AfSS
PED d'Asie
PRE
PFR
PFR
PFR
MOAN
MOAN
MOAN
PRI
PRI
PRI
ALC
ALC
ALC
PFR d'AfSS
PFR d'AfSS
PRI d'AfSS
PRI d'AfSS
PRI d'AfSS
PED d'Asie
PED d'Asie
AfSS
PRE
AfSS
PRE
AfSS
PED d'Asie
PRE
PFR
PFR
PFR
MOAN
MOAN
MOAN
PRI
PRI
PRI
ALC
ALC
ALC
PED d'Asie
AfSS AfSS
PRE
PFR
MOAN
fragiles d'AfSS
PRI
ALC
PFR d'AfSS
pétrole d'AfSS
fragiles d'AfSS
PRI d'AfSS
PED d'Asie
AfSS
PFR d'AfSS
PFR
pétrole d'AfSS
ALC MOAN
PRI d'AfSS
PRI
AfSS
PED d'Asie
PRE PRE
ALC
PFR
20
MOAN MOAN
PRI
ALC
PED d'Asie
PRE
PFR
MOAN
exp. d'AfSS
PRI
ALC
PFR d'AfSS
PED d'Asie
AfSS
PRE
PFR d'AfSS
PFR
exp. d'AfSS
MOAN
PRI d'AfSS
PRI
AfSS
PED d'Asie
PFR
PRI
ALC
Paysfragiles
Payspétrole
États
États
Pays exp.
États
hommes et pour les femmes dans la même mesure. L’écart entre les sexes est moindre en ce qui concerne les activités
informelles : plus de femmes que d’hommes placent leur épargne dans le cadre d’un groupe d’épargne ou auprès d’une
personne extérieure à la famille, et les hommes et les femmes semblent se tourner dans les mêmes proportions vers des
membres de leur famille ou des amis pour emprunter.
Une inégalité femmes–hommes moindre en matière d’inclusion financière va de pair avec un développement financier plus
poussé et une répartition plus équitable des revenus (graphique 3.1.2).
Cet encadré a été préparé par Corinne Delechat, Monique Newiak et Fan Yang.
73
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
• Un accès plus égal des femmes et des hommes aux services financiers (ici, avoir un compte dans un établis-
sement financier officiel) est associé à un développement économique plus important, mesuré par un PIB
par habitant plus élevé ou des taux de pauvreté plus bas.
• Cela implique une meilleure égalité des chances entre femmes et hommes et, par conséquent, une réparti-
tion plus égale des revenus (coefficient de Gini net plus faible).
• Enfin, l’accès plus égal aux services financiers s’accompagne de taux d’activité plus proches pour les femmes
et les hommes, que divers auteurs associent à une croissance plus vigoureuse (Cuberes et Teignier, à pa-
raître) et une répartition moins inégale des revenus (Gonzalez et al., 2015b).
On observe un lien significatif entre une inclusion financière moins inégale des femmes et des hommes et une moindre inégalité des
revenus (tableau 3.1.1). L’accès plus restreint aux services financiers de différents groupes de la population a un effet de dis-
torsion de la répartition des ressources, car il limite les investissements dans le capital humain et physique aux catégories les
plus aisées (Galor et Zeira, 1993). Si nous utilisons un indice plus large d’inclusion financière formelle dans un échantillon
de pays, nous constatons qu’une plus grande égalité femmes–hommes en matière d’inclusion financière est associée à une
moindre inégalité de revenu. Cet effet s’ajoute aux principaux facteurs habituels d’inégalité des revenus, comme la structure
de l’économie, les dépenses publiques, la profondeur des marchés financiers et le niveau de développement.
Une égalité femmes–hommes en matière d’inclusion financière peut influer sur l’égalité des revenus par le biais du taux d’ac-
tivité des femmes. Théoriquement, l’inclusion financière peut permettre aux femmes de s’émanciper sur le plan écono-
mique et donc de participer davantage au marché du travail. Ouvrir un compte dans un établissement financier permet
aux femmes de mettre de l’argent en lieu sûr ailleurs que chez elles (CGAP, 2015) et l’accès au crédit peut permettre
de démarrer une affaire et donc stimuler l’entrepreneuriat et le travail indépendant. Ces canaux sont particulièrement
10
habitant
net)
50
netnet
10
net)
9 50
revenu
Gini
parpar
9 40
Inégalitédederevenu
Gini
8 40
dede
réel
8
PIBréel
30
(Coefficient
30
(Coefficient
7
7
LogduduPIB
Inégalité
6 20
6 Reste du monde 20 Reste du monde
Reste du monde Reste du monde
Log
5 10
5 AfSS 10 AfSS
AfSS AfSS
44 00
00 0,5
0,5 11 1,5
1,5 22 00 0,5
0,5 11 1,5
1,5 22
Ratiodes
Ratio desproportions
proportionsde
defemmes
femmesetetd'hommes
d'hommesdétenant
détenant un
un Ratio des
Ratio des proportions
proportions de
de femmes
femmes et et d'hommes
d'hommes détenant
détenant un
un
compteauprès
compte auprèsd'un
d'unétablissement
établissementfinancier
financier compte auprès
compte auprès d'un
d'un établissement
établissement financier
financier
3.3.Inclusion
Inclusionfinancière
financièreet
etpauvreté
pauvreté 4. Inclusion
4. Inclusionfinancière
financière et
et taux
taux d'activité
d'activité des
des femmes
femmes
100
100 120
120
hommes
taux d'activité des hommes
80
80
100
100 R² = 0,3403
60
60 R²==0,1232
R² 0,1232
de 22 dollars)
dollars)
des femmes
40
40 80
80
20
20
(seuil de
60
60
etet des
Pauvreté (seuil
00
des taux
–20
–20 40
40
Ratiodes
Pauvreté
20
–60
–60 AfSS AfSS
AfSS
AfSS
–80 00
–80
00 0,5 11 1,5 22 00 0,5
0,5 11 1,5
1,5 22
0,5 1,5
Ratio Ratio
Ratio des
des proportions
proportions de
de femmes
femmes et
et d'hommes
d'hommes détenant
détenant un
Ratiodes
desproportions
proportionsde
defemmes
femmesetetd'hommes
d'hommesdétenant
détenant un
un compte auprès d'un établissement financier
un
compte auprès d'un établissement financier compte auprès d'un établissement financier
compte auprès d'un établissement financier
Sources : Solt (2014); Banque mondiale, Global Findex 2014; base de données des Indicateurs du développement
dans le monde.
Note : AfSS = Afrique subsaharienne.
74
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
importants en Afrique subsaharienne, où les femmes sont surreprésentées dans le secteur informel et où une grande
partie de la population n’est pas salariée.
De fait, d’après les résultats d’une analyse empirique multinationale, il existe une corrélation significative et positive entre in-
clusion financière et égalité des taux d’activité (tableau 3.1.2), qui reste valable après neutralisation de déterminants déjà
identifiés du taux d’activité des femmes, tels que le stade de développement (Duflo, 2011; Tsani et al., 2012), les dis-
parités femmes–hommes en termes
Tableau 3.1.1. Déterminants de l’inégalité de revenu
d’éducation (Eckstein et Lifshitz,
Variables (1) (2) (3) (4) (5)
2011; Steinberg et Nakane, 2012), le
–16,038 *** –15,874 *** –12,577 ** –12,628 ** –9,828 **
taux de fécondité (Mishra et Smyth,
Inclusion financière inégale 2010), l’écart d’âge entre les sexes au
(5,52) (5,56) (5,02) (4,96) (4,81)
–4,065 *** –5,043 *** –3,801 *** –6,923 *** –7,994 *** premier mariage et un indice des droits
PIB par habitant
(0,75) (1,18) (1,1) (2,22) (2,14)
4,449 15,149 *** 14,029 *** 14,461 ***
des femmes (Gonzales et al., 2015a).
Profondeur financière
(4,77) (4,96) (4,95) (4,7) Le résultat est particulièrement solide
Profondeur financière * pays –13.615 *** –11.488 *** –7.248 ** pour l’Afrique subsaharienne, où une
avancés (3,24) (3,46) (3,62)
baisse de 10 % de l’inégalité femmes–
Part de l'agriculture dans le –0.359 –0.529 **
hommes en matière d’inclusion finan-
PIB (0,22) (0,22)
Dépenses publiques de –0.524 ***
cière est associée à une réduction de
consommation (0,19) plus de 4 points de pourcentage de
89,459 *** 96,596 *** 80,421 *** 113,097 *** 129,694 *** l’écart entre les taux d’activité.
Constante
(7,58) (10,04) (9,75) (22,45) (22,12)
Observations 70 69 69 69 69
R2 0,42 0,43 0,55 0,57 0,62
Source : estimations des services du FMI.
Erreurs-types entre parenthèses. *** p<0,01; ** p<0,05; * p<0,1.
75
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
L’Afrique subsaharienne fait figure de chef de file pour l’adoption des services de banque mobile. Dans le cas des popu-
lations essentiellement rurales, les intermédiaires bancaires traditionnels ne sont pas présents dans les zones faiblement
peuplées et le coût de leurs services est souvent prohibitif pour les ménages modestes et les petites entreprises. La percée
de l’argent mobile observée récemment dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne a été facilitée par des coûts de
transaction modiques, la multiplication des innovations et la forte progression des abonnements de téléphonie mobile.
En 2014, 11 % de la population d’Afrique subsaharienne détenait un compte bancaire mobile, un chiffre presque deux
fois plus élevé que partout ailleurs (graphique 3.2.1).
Graphique 3.2.1. Comptes bancaires mobiles, 1999–2004 La réussite des opérateurs mobiles au Kenya fournit des pistes
70 sur les moyens de mettre les technologiques mobiles au service
Comptes bancaires mobiles
60 comptes bancaires de l’inclusion financière (Mbiti et Weil, 2011) (FMI, 2012a).
Pourcentage de la population
50
En 2007, M-Pesa a lancé sa première application de téléphonie
mobile destinée à faciliter le remboursement des microcrédits.
de 15 ans et plus
40
Alors qu’elle faisait ses premiers pas dans la microfinance, cette
30 société a élaboré un cadre pour les paiements et l’épargne. Le
20 nombre de transactions mobiles a augmenté rapidement et vite
10 dépassé le total des transactions effectuées par Western Union et
0
par carte de paiement. Le succès de M-Pesa a aidé au lancement
de produits inédits, comme M-Shwari et M-Kesho, qui utilisent
Hémisphère occidental
Afrique subsaharienne
Moyen-Orient
Asie
Europe
0 0
tout en limitant les risques liés à la sécurité des dépôts. Les inno-
vations technologiques successives ont aussi facilité l’accès à des
oct.-07
oct.-14
déc.-08
avr.-11
nov.-11
janv.-13
févr.-10
sept.-10
août-13
juil.-09
mars-07
mars-14
juin-12
mai-08
mai-15
76
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
50
de 15 ans et plus
40
30
20
10
0
Gabon
Ghana
Botswana
Congo, Rép. du
Nigéria
Cameroun
Sierra Leone
Namibie
Mali
Zambie
Guinée
Bénin
Tanzanie
Kenya
Burundi
Togo
Sénégal
Rwanda
Côte d’Ivoire
Ouganda
Maurice
Madagascar
Zimbabwe
Afrique du Sud
Source : GSMA Mobile Money Programme.
Tanzanie, où elles ont plus que doublé ces trois dernières années (en termes de monnaie au sens large), avoisinant 30 % à
la mi-2015. Dans plusieurs pays d’Afrique (Côte d’Ivoire, Kenya, Niger, Ouganda, Tanzanie et Zimbabwe) le nombre de
comptes mobiles dépasse déjà le nombre de comptes bancaires traditionnels (Banque mondiale, 2014). Toutefois, l’accès
à la banque mobile reste inégal dans le reste de la région, puisque
Graphique 3.2.4. Nombre mensuel de transactions
moins de 5 % de la population en bénéficie dans plusieurs pays2.
monétaires par téléphone mobile L’importance et la diversité des produits financiers mobiles
12.000 ont considérablement augmenté. En Afrique subsaharienne, le
Afrique de l'Est Afrique de l'Ouest
10.000 Afrique australe Afrique centrale nombre d’opérations bancaires transitant par des dispositifs mo-
biles a presque doublé au cours des deux dernières années (gra-
8.000
phique 3.2.4). L’Afrique de l’Est a été à la pointe de cette ten-
Millions
77
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
La microfinance connaît une croissance rapide en Afrique subsaharienne. Les institutions de microfinance (IMF) pro-
posent généralement des prêts de faible montant et des services d’épargne aux personnes pauvres ou au seuil de la pauvreté;
certaines fournissent aussi des services de microassurance et de transfert de fonds. Après avoir augmenté d’en moyenne
20 % par an depuis 2005 (nombre d’emprunteurs et de déposants), la microfinance compte aujourd’hui environ 45 mil-
lions de clients dans la région (graphiques 3.3.1 et 3.3.2)1, et c’est en Afrique de l’Est et en Afrique australe que les actifs
liés à la microfinance ont le plus augmenté (graphique 3.3.3). En 2015–16, le marché régional de la microfinance devrait
s’accroître de 15–20 %, devancé seulement par le marché asiatique, ce qui permettra aux 350 millions d’adultes non ban-
carisés de la région d’avoir accès à des financements (ResponsAbility, 2014; Demirgüç-Kunt et al., 2015).
Graphique 3.3.1. Croissance du nombre d’emprunteurs Graphique 3.3.2. Croissance du nombre de déposants
80 80
Plage interquartile Plage interquartile
70 70
Médiane Médiane
60 60
50 50
40 40
30 30
20 20
10 10
0 0
-10 -10
2005–08 2012–14 2005–08 2012–14 2005–08 2012–14 2005–08 2012–14 2005–08 2012–14 2005–08 2012–14
AfSS Asie ALC AfSS Asie ALC
Sources : base de données MIX; calculs des services du FMI. Sources : base de données MIX; calculs des services du FMI.
Note : AfSS = Afrique subsaharienne; ALC = Amérique latine et Caraïbes. Note : AfSS = Afrique subsaharienne; ALC = Amérique latine et Caraïbes.
La microfinance a eu des effets positifs sur divers indicateurs de développement2. Bien que les activités de microfinance-
ment restent globalement très inférieures à celles des banques, elles sont plus accessibles aux pauvres qui disposent au mieux
de garanties très limitées, y compris dans les zones rurales, et ont donc considérablement amélioré l’inclusion financière.
La microfinance a également été bénéfique aux pauvres, y compris sur le plan de l’épargne et du crédit (Ghana, Ouganda),
de l’investissement dans les microentreprises (Kenya, Malawi), des revenus et de la consommation (Kenya, Madagascar
et Malawi), même si rien ne permet de conclure avec certitude qu’elle réduit durablement la pauvreté. Les IMF contri-
buent aussi à une meilleure égalité femmes–hommes, car les microcrédits reposent souvent sur des garanties collectives ap-
portées par des femmes pour pallier l’absence de sûretés et d’infrastructure de marché financier. En 2014, environ 60 %
des Subsahariens qui avaient contracté des emprunts auprès d’IMF étaient des femmes, un chiffre presque deux fois supé-
rieur à la part de femmes parmi les titulaires de comptes bancaires formels. À cet égard, l’Afrique subsaharienne fait encore
moins bien que l’Asie, région la plus performante, et l’on observe des disparités entre les sous-régions, la mieux classée étant
l’Afrique de l’Est. Des études montrent également que les microcrédits contractés par des femmes ont plus d’effets positifs.
La mobilisation de l’épargne est passée devant les services de crédit des IMF. Durant la dernière décennie, le nombre
des déposants a augmenté plus vite que celui des emprunteurs. En 2013–14, les premiers étaient quatre fois plus nom-
breux que les seconds et le volume total des dépôts dépassait également l’encours de prêts brut dans toutes les sous-ré-
gions (graphique 3.3.3), réduisant le besoin des IMF de se financer par l’emprunt (moins de 10 % dans la région).
Par contre, dans d’autres régions, les emprunteurs sont en moyenne aussi nombreux que les déposants et le volume
de prêts brut dépasse celui des dépôts. En outre, les emprunts y sont bien plus importants, représentant environ un
quart du passif total contre la moitié pour les dépôts. Malgré des coûts de financement attrayants, les IMF d’Afrique
1
Les données proviennent des rapports versés par les institutions de microfinance à la base de données MIX; elles n’assurent qu’une
couverture incomplète et sont donc plus utiles pour analyser la tendance que le niveau absolu.
2
Pour plus de détails sur l’ensemble des résultats, voir, entre autres, Beck et Maimbo (2013), Cull, Ehrbeck et Holle (2014),
Roodman (2012), van Rooyen, Stewart et De Wet (2012) et Demirgüç-Kunt et al. (2015).
78
3. DÉVELOPPEMENT FINANCIER ET CROISSANCE DURABLE
subsaharienne font face à des dépenses opérationnelles plus élevées (graphique 3.3.4), dues essentiellement au manque
d’infrastructures physiques et d’infrastructures de marchés financiers.
La baisse de qualité des portefeuilles d’IMF pointe les nouveaux défis qui se profilent. Alors qu’elles prélèvent des taux
d’intérêt plus élevés (graphique 3.3.5), les IMF subsahariennes ont des portefeuilles de qualité équivalente à la moyenne
mondiale. Par rapport à d’autres régions, l’Afrique subsaharienne enregistre plus de pertes sur prêts; celles-ci avoisi-
naient 5 % sur la période 2012–14, le niveau le plus élevé de toutes les régions. Bien que la part des prêts menacés soit
très sensiblement identique à la moyenne mondiale, elle ne cesse de croître (graphique 3.3.6). Malgré leur contribution
importante à l’inclusion financière, les IMF suivent aussi des cycles d’expansion et de contraction de l’activité. Or, leurs
clients sont pour la plupart pauvres et peu instruits, et le secteur est donc particulièrement vulnérable aux catastrophes
naturelles (en Inde et au Nicaragua, par exemple) et aux systèmes de Ponzi (Bénin). Même si la petite taille des IMF li-
mite généralement le risque budgétaire éventuel, un choc significatif peut avoir des effets préjudiciables sur la confiance,
l’approfondissement financier et surtout les populations pauvres. Plusieurs épisodes critiques récents ont montré qu’il
fallait donc prendre des mesures énergiques pour faire face aux risques.
Graphique 3.3.3. Microcrédits par rapport aux dépôts Graphique 3.3.5. Taux d’intérêt nominaux des IMF
0,8 35
0,7 Portefeuille de prêts bruts 2004 2009 2014
Dépôts 30
0,6
Millions de dollars
25
0,5
Pourcentage
0,4 20
0,3 15
0,2
10
0,1
0,0 5
2005–06
2013–14
2005–06
2013–14
2005–06
2013–14
2005–06
2013–14
0
Asie ALC MOAN AfSS
SADC UEMOA CAE CEMAC
Graphique 3.3.4. Coûts financiers par rapport aux coûts opérationnels Graphique 3.3.6. Indicateurs de qualité des portefeuilles
25 30
Coûts financiers Coûts opérationnels
25 Portefeuilles à risque à 90 jours (moyenne)
Pourcentage des prêts bruts
20
Taux de perte sur prêts (moyenne)
20
Pourcentage
15
15
10
10
5 5
0 0
2006–08
2009–11
2012–14
2006–08
2009–11
2012–14
2006–08
2009–11
2012–14
2006–08
2009–11
2012–14
2005–06
2013–14
2005–06
2013–14
2005–06
2013–14
79
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Il est fondamental d’améliorer la culture financière et l’infrastructure de marché financier pour renforcer les IMF. Ces
mesures contribuent à résoudre des problèmes d’information critiques qui gênent l’accès au financement. Elles rendent
aussi la microfinance plus efficiente et permettent une transition plus harmonieuse vers les financements bancaires
quand les microentreprises se développent (CGAP et MIX, 2011). Ces mesures aident en outre à prévenir le surendet-
tement des emprunteurs qui a contribué aux crises de remboursement survenues dans certains pays d’Asie et d’Amé-
rique latine. L’innovation technologique et la diversification des produits, en particulier, peuvent redynamiser la micro-
finance et renforcer son impact sur la croissance et la pauvreté. Les avantages de la banque mobile, liés à la réduction
des coûts opérationnels consécutive au développement et à la pénétration rapides du réseau de téléphonie mobile, ex-
pliquent qu’elle soit devenue une activité à forte croissance pour les IMF (Côte d’Ivoire, Kenya).
Renforcer le contrôle est essentiel pour remédier aux problèmes de protection des consommateurs et de stabilité finan-
cière tout en améliorant l’inclusion financière. Certes, la méthode de «l’apprentissage par l’essai» a soutenu une crois-
sance rapide du secteur dans de nombreux pays de la région, mais il est crucial de renforcer le contrôle en fonction des
risques ainsi que son application afin de supprimer les IMF à problèmes au profit de la stabilité et de l’efficience (BRI,
2010; CGAP et MIX, 2011; Cui, Dieterich et Maino, 2016). Certains pays ont progressé sur cette voie et réglementent
les IMF par activité (Kenya, République démocratique du Congo, Rwanda, Ouganda et Union économique et moné-
taire ouest-africaine). Cependant, pour réglementer efficacement des IMF certes de petite taille, mais souvent plus nom-
breuses, il faut un engagement plus ferme des autorités de contrôle et leur assurer des moyens à la mesure de le leur mis-
sion. En plus de la surveillance assurée par ces autorités, il est important de renforcer le professionnalisme du secteur
de la microfinance pour atténuer les risques de mauvaise gouvernance. Enfin, au vu du nombre important d’IMF qui
prennent des dépôts dans la région, il faut aussi une collaboration efficace entre les autorités chargées, respectivement,
de contrôler les établissements non bancaires et les banques.
L’indice de développement financier (Sahay et al., 2015b; Svirydzenka, 2016) combine des sous-indices relatifs aux
marchés et aux établissements financiers considérés sous trois angles : profondeur, accès et efficience.
Établissements financiers
Profondeur : ratios crédit au secteur privé/PIB, actifs des fonds de pensions/PIB, actifs des fonds communs de place-
ment/PIB, primes des assurances vie et non-vie/PIB.
Accès : nombre de succursales de banques commerciales pour 100.000 adultes et nombre de GAB pour 100.000 adultes.
Efficience : marge d’intérêt nette, écart de taux entre prêts et dépôts, revenu hors intérêts/revenu total, coûts fixes/total
des actifs, rendement de l’actif et rendement des capitaux propres.
Marchés financiers
Profondeur : ratios capitalisation boursière/PIB, volume des transactions boursières/PIB, encours des titres de créance
publics internationaux/PIB et encours total des titres de créance des sociétés non financières privées/PIB.
Accès : pourcentage de la capitalisation boursière en dehors des dix plus grandes sociétés, nombre total des émetteurs de
titres de créance (intérieurs et extérieurs, sociétés non financières, sociétés financières).
Efficience : taux de rotation des valeurs mobilières (volume des transactions boursières/capitalisation).
Les séries et indices sous-jacents sont combinés de façon linéaire, avec des pondérations qui sont déterminées par une
analyse en composantes principales. La profondeur financière est affectée d’une pondération relativement forte dans les
sous-indices des établissements et des marchés financiers. Cependant, pour l’indice global, les marchés et les établisse-
ments financiers ont des pondérations égales.
80
Appendice statistique
Sauf indication contraire, les données et projections uti- de maintien ou de rétablissement de la paix
lisées dans ce rapport reposent sur les estimations des dans les trois dernières années.
services du FMI au 25 mars 2016 et correspondent
• À la page 82, les pays d’Afrique subsaharienne
à celles qui ont servi pour l’édition d’avril 2016 des
sont groupés en fonction des grands organes de
Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
coopération régionale auxquels ils appartiennent :
La base de données et les projections couvrent 45 pays zone franc, qui comprend l’UEMOA et la
d’Afrique subsaharienne qui relèvent du Département CEMAC, le COMESA, la CAE–5, la CEDEAO,
Afrique. Les données obéissent, dans la mesure du pos- la SADC et la SACU. Les données agrégées re-
sible, aux méthodes statistiques internationalement re- latives à la CAE-5 comprennent des données af-
connues; toutefois, le manque de données limite dans férentes au Rwanda et au Burundi, qui sont de-
certains cas la portée des comparaisons internationales. venus membres en 2007.
81
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
82
APPENDICE STATISTIQUE
83
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Tableaux AS4–AS5
Source : FMI, bases de données du Département Afrique et des Perspectives de l’économie mondiale, 25 mars 2016.
1
En dollars constants de 2009. Le dollar du Zimbabwe a cessé de circuler au début de 2009. Les données sont basées sur les estimations par les services du
FMI de l’évolution des prix et des taux de change en dollars. Les estimations des services du FMI peuvent différer de celles des autorités.
Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles.
Tableau AS20
Source : FMI, bases de données du Département Afrique et des Perspectives de l’économie mondiale, 25 mars 2016.
1
Dons compris.
2
Données de l’exercice budgétaire.
3
En dollars constants de 2009. Le dollar du Zimbabwe a cessé de circuler au début de 2009. Les données sont basées sur les estimations par les services du
FMI de l’évolution des prix et des taux de change en dollars. Les estimations des services du FMI peuvent différer de celles des autorités.
Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles.
Tableaux AS22–AS23
Source : FMI, International Financial Statistics.
1
Une augmentation indique une appréciation.
Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles.
Tableaux AS27
Source : FMI, International Financial Statistics.
1
Comprend les actifs bancaires offshore.
Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles.
Tableaux AS28
Source : FMI, International Financial Statistics.
1
Le ratio prêts/dépôts comprend les dépôts et les prêts des banques commerciales au secteur public.
Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles.
84
APPENDICE STATISTIQUE
85
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 9,2 7,0 8,5 4,6 3,8 5,7 5,9 2,6 2,2 3,4
Hors Nigéria 10,7 1,7 4,2 3,7 2,4 6,5 4,8 2,3 1,8 3,3
Pays importateurs de pétrole 5,3 2,0 5,3 5,2 4,7 4,8 4,4 4,0 3,6 4,4
Hors Afrique du Sud 5,6 4,4 6,8 6,6 6,2 6,4 6,1 5,4 5,2 6,0
Pays à revenu intermédiaire 6,9 3,8 6,5 4,5 4,2 4,6 4,6 2,6 2,5 3,4
Hors Afrique du Sud et Nigéria 7,3 2,5 5,4 5,2 6,0 5,9 4,9 3,8 4,2 5,0
Pays à faible revenu 6,3 5,1 7,0 6,6 4,5 7,1 6,6 5,7 4,7 5,8
Hors États fragiles 7,7 6,3 7,6 7,6 6,2 7,0 7,2 7,2 5,6 6,5
États fragiles 3,5 3,3 5,6 3,1 3,4 7,2 6,1 3,9 4,2 5,2
Zone franc 4,6 2,1 4,6 2,3 6,0 4,4 5,7 4,4 4,6 5,2
CEMAC 5,7 1,1 4,8 3,6 5,4 2,7 4,9 2,0 2,3 3,4
UEMOA 3,6 2,9 4,4 1,2 6,5 5,9 6,4 6,4 6,5 6,6
COMESA (pays membres d'AfSS) 6,2 5,6 7,9 7,1 5,9 6,1 6,5 6,0 4,6 5,6
CAE-5 6,2 5,2 7,4 6,9 4,6 5,8 5,9 5,8 6,1 6,3
CEDEAO 7,4 7,5 8,8 5,0 5,1 5,7 6,0 3,1 3,2 4,3
Union douanière d'Afrique australe 4,8 –1,6 3,3 3,4 2,4 2,7 1,8 1,3 0,9 1,5
SADC 6,2 0,5 4,2 4,3 3,7 4,2 3,5 2,7 2,4 2,9
Voir sources
Voir sourceset notes page page
et notes XX 84.
87
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 13,2 6,2 7,5 6,0 5,8 8,3 6,7 3,2 2,8 3,6
Hors Nigéria 5,0 6,2 7,5 7,9 5,5 8,3 5,2 2,0 2,0 3,8
Pays importateurs de pétrole 5,3 1,9 5,3 4,9 4,7 4,8 4,4 4,0 3,5 4,2
Hors Afrique du Sud 5,6 4,3 6,9 6,0 6,2 6,4 6,1 5,5 5,0 5,7
Pays à revenu intermédiaire 6,6 1,5 5,0 5,0 5,0 6,2 5,2 3,0 2,7 3,4
Hors Afrique du Sud et Nigéria 8,6 4,4 6,9 6,3 6,3 7,3 5,7 3,8 4,0 4,9
Pays à faible revenu 6,1 5,1 7,2 6,6 5,8 6,3 6,1 5,5 4,7 5,7
Hors États fragiles 7,7 6,3 7,6 7,6 6,0 6,9 7,3 7,3 5,5 6,5
États fragiles 3,3 2,9 5,8 3,4 7,2 6,1 5,0 3,6 4,2 4,9
Zone franc 6,5 3,4 5,8 3,5 6,4 5,7 5,9 4,9 4,9 5,3
CEMAC 9,8 4,4 7,3 6,3 6,0 5,7 5,1 2,9 3,2 3,8
UEMOA 3,6 2,6 4,6 1,0 6,7 5,8 6,6 6,5 6,2 6,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 6,2 5,6 7,9 7,1 5,9 6,2 6,5 6,0 4,6 5,6
CAE-5 6,2 5,2 7,4 6,9 4,6 5,8 5,9 5,8 6,1 6,3
CEDEAO 4,4 3,1 5,4 4,9 6,3 7,8 6,8 3,8 3,6 4,1
Union douanière d'Afrique australe 4,8 –1,6 3,3 3,4 2,4 2,7 1,8 1,3 0,9 1,5
SADC 6,3 1,2 4,8 5,0 3,8 4,7 3,9 2,6 2,2 3,1
88
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 6,2 4,1 5,5 1,7 0,9 2,8 3,1 –0,2 –0,5 0,6
Hors Nigéria 7,6 –1,2 1,2 0,8 –0,6 3,4 2,0 –0,4 –0,9 0,5
Pays importateurs de pétrole 3,2 –0,1 3,2 3,1 2,5 2,7 2,3 1,8 1,5 2,3
Hors Afrique du Sud 3,0 1,9 4,3 4,0 3,6 3,9 3,6 3,0 2,8 3,6
Pays à revenu intermédiaire 4,6 1,4 4,1 2,1 1,8 2,2 2,2 0,2 0,1 1,0
Hors Afrique du Sud et Nigéria 4,6 –0,1 2,9 2,6 3,3 3,2 2,4 1,3 1,7 2,5
Pays à faible revenu 3,4 2,4 4,4 4,0 1,9 4,4 4,1 3,1 2,2 3,3
Hors États fragiles 4,8 3,7 4,9 5,0 3,6 4,6 4,9 4,8 3,2 4,2
États fragiles 0,9 0,6 2,8 0,4 0,6 4,3 3,3 1,2 1,4 2,4
Zone franc 1,7 –0,8 1,7 –0,5 3,0 1,6 3,0 1,8 2,0 2,6
CEMAC 2,8 –1,7 2,0 0,7 2,5 –0,0 2,6 –0,2 0,0 1,1
UEMOA 0,7 0,1 1,5 –1,6 3,5 3,1 3,5 3,5 3,6 3,7
COMESA (pays membres d'AfSS) 3,5 3,1 5,4 4,6 3,3 3,6 4,0 3,6 2,2 3,1
CAE-5 3,2 2,3 4,7 4,2 1,6 3,1 3,3 3,2 3,5 3,6
CEDEAO 4,5 4,6 5,9 2,2 2,3 2,9 3,2 0,4 0,5 1,6
Union douanière d'Afrique australe 3,4 –3,0 1,9 1,9 0,9 1,1 0,2 –0,4 –0,6 –0,0
SADC 4,3 –1,4 2,3 2,3 1,7 2,2 1,5 0,7 0,4 0,9
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
89
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 10,9 11,5 12,2 10,0 11,2 7,5 7,1 8,9 12,0 11,5
Hors Nigéria 9,2 8,8 7,8 7,7 8,5 4,9 4,6 8,5 16,6 9,2
Pays importateurs de pétrole 7,7 8,6 5,4 9,1 8,0 5,9 5,8 5,6 6,9 6,1
Hors Afrique du Sud 9,3 9,7 6,2 11,9 9,5 5,9 5,6 6,2 7,1 6,0
Pays à revenu intermédiaire 8,7 9,7 8,6 8,4 8,6 7,0 7,0 7,2 9,1 9,0
Hors Afrique du Sud et Nigéria 9,1 8,9 6,5 8,6 6,7 6,2 6,4 7,1 9,7 7,2
Pays à faible revenu 9,3 10,2 6,6 13,3 12,0 5,1 4,3 6,3 8,7 6,2
Hors États fragiles 8,8 8,0 5,5 16,1 13,6 5,6 4,4 5,6 6,5 6,4
États fragiles 8,2 10,6 7,0 7,3 7,6 4,1 3,3 6,0 9,9 4,7
Zone franc 3,1 2,6 1,4 3,1 3,3 1,7 1,2 1,6 2,0 2,1
CEMAC 2,7 4,5 2,0 2,6 3,8 2,1 2,6 2,4 2,4 2,5
UEMOA 3,4 1,0 0,8 3,6 2,8 1,3 –0,1 1,0 1,7 1,8
COMESA (pays membres d'AfSS) 11,5 13,0 7,3 16,0 11,6 6,2 6,0 6,8 8,2 7,3
CAE-5 7,7 11,6 5,2 14,0 12,6 6,2 5,8 5,8 6,2 5,6
CEDEAO 10,2 10,4 11,1 9,6 10,3 7,6 7,3 8,2 9,2 10,1
Union douanière d'Afrique australe 5,8 7,2 4,4 5,2 5,8 5,7 6,0 4,5 6,3 6,1
SADC 8,0 9,8 6,9 7,6 7,2 6,3 6,0 5,5 8,3 7,1
90
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 9,8 12,2 10,9 9,6 10,6 6,9 7,2 10,2 12,6 11,3
Hors Nigéria 8,4 7,8 8,4 7,5 6,8 4,0 5,2 11,9 14,4 7,9
Pays importateurs de pétrole 8,4 7,1 5,5 10,7 6,5 5,5 5,6 6,5 6,8 5,3
Hors Afrique du Sud 10,0 7,7 6,9 13,8 7,1 5,5 5,4 7,4 6,8 5,1
Pays à revenu intermédiaire 8,6 9,4 7,9 8,6 8,2 6,7 6,8 8,1 9,6 8,7
Hors Afrique du Sud et Nigéria 9,0 7,0 7,4 8,8 5,8 6,2 6,3 9,0 8,7 6,5
Pays à faible revenu 10,2 8,6 7,0 16,1 8,3 4,1 4,4 7,9 8,3 5,0
Hors États fragiles 9,5 6,5 7,1 19,6 8,6 4,5 4,0 6,8 7,3 5,3
États fragiles 9,1 8,7 6,4 7,8 6,9 2,7 4,0 7,7 7,9 3,7
Zone franc 3,6 0,3 2,9 3,5 2,9 1,1 1,4 1,4 2,0 2,0
CEMAC 3,2 2,4 2,4 4,0 3,2 2,4 2,6 1,6 2,4 2,5
UEMOA 4,0 –1,6 3,3 3,0 2,7 0,0 0,3 1,3 1,7 1,6
COMESA (pays membres d'AfSS) 12,5 10,7 7,8 18,7 7,5 6,2 5,7 8,4 8,3 6,0
CAE-5 8,4 9,9 4,8 20,3 6,8 5,9 5,1 7,1 5,9 5,1
CEDEAO 9,5 10,7 10,2 9,1 10,2 7,1 7,4 8,7 10,2 10,0
Union douanière d'Afrique australe 6,5 6,3 3,6 6,2 5,8 5,3 5,6 4,8 6,7 5,7
SADC 8,4 8,9 6,1 8,4 6,9 5,6 5,6 7,0 8,1 6,6
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
91
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 17,6 22,4 18,8 17,3 16,8 16,9 17,8 16,0 15,5 14,7
Hors Nigéria 19,0 24,6 23,2 20,2 21,9 22,3 23,4 20,0 20,6 18,7
Pays importateurs de pétrole 21,4 21,7 21,9 22,7 23,9 23,6 23,7 23,6 23,7 24,3
Hors Afrique du Sud 22,3 22,3 23,5 25,1 26,4 25,7 25,7 25,9 26,3 27,3
Pays à revenu intermédiaire 19,2 21,7 19,7 19,2 19,3 19,0 19,7 18,5 17,9 17,5
Hors Afrique du Sud et Nigéria 20,6 22,8 22,9 23,0 24,3 23,2 24,2 22,7 22,5 22,1
Pays à faible revenu 22,6 23,1 24,0 24,6 26,3 26,5 26,1 26,3 27,4 28,6
Hors États fragiles 24,3 24,1 25,6 29,8 31,4 31,8 31,0 31,5 32,0 33,8
États fragiles 18,2 19,4 20,0 16,2 18,0 18,3 19,1 18,2 20,3 19,8
Zone franc 21,0 25,5 26,2 24,4 25,0 26,8 27,2 26,6 26,7 25,0
CEMAC 23,0 32,8 30,8 29,8 29,1 30,3 32,1 31,3 31,1 26,6
UEMOA 19,1 19,1 22,2 19,6 21,4 23,7 23,1 22,7 23,2 23,7
COMESA (pays membres d'AfSS) 22,8 23,1 22,7 24,4 25,0 24,3 24,6 26,3 26,0 25,7
CAE-5 23,4 23,2 24,1 27,3 25,7 25,5 25,9 26,4 26,7 27,1
CEDEAO 17,8 20,9 18,7 17,7 17,5 17,1 17,6 16,6 16,2 16,2
Union douanière d'Afrique australe 20,7 21,4 20,1 19,9 20,9 20,8 21,2 20,1 19,6 19,1
SADC 20,9 21,3 20,4 20,6 21,3 21,7 21,9 20,2 20,3 21,3
92
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 29,9 22,9 22,0 21,2 20,9 19,8 16,8 11,7 10,5 11,4
Hors Nigéria 27,9 13,2 24,4 26,3 25,3 22,5 19,1 10,7 9,6 11,1
Pays importateurs de pétrole 17,1 16,7 18,2 17,6 16,6 15,9 16,5 16,3 16,4 16,7
Hors Afrique du Sud 18,0 15,8 18,3 18,0 17,6 16,9 17,5 16,9 17,5 18,3
Pays à revenu intermédiaire 23,6 21,0 20,5 19,8 19,3 18,2 16,9 14,1 13,0 13,7
Hors Afrique du Sud et Nigéria 23,9 17,0 21,9 23,3 23,1 20,8 19,6 15,8 14,6 16,4
Pays à faible revenu 16,4 13,1 17,4 16,9 15,6 15,6 16,0 15,0 16,8 17,0
Hors États fragiles 18,6 15,9 19,7 21,8 21,1 20,0 20,4 19,2 20,7 21,1
États fragiles 13,3 10,3 15,2 12,6 9,2 10,6 11,6 10,1 11,3 11,7
Zone franc 20,4 17,8 20,5 22,1 20,7 20,6 21,0 18,3 18,8 18,7
CEMAC 27,7 20,3 24,6 27,2 26,6 24,8 25,7 20,4 20,3 19,9
UEMOA 13,8 15,6 16,9 17,5 15,3 16,9 16,9 16,7 17,6 17,8
COMESA (pays membres d'AfSS) 18,4 15,0 18,5 18,2 18,3 17,3 16,9 17,2 17,0 17,7
CAE-5 19,5 17,5 17,6 17,1 17,0 14,6 15,8 17,4 18,3 19,4
CEDEAO 25,8 23,6 20,0 18,3 18,1 17,6 15,6 12,8 12,4 13,1
Union douanière d'Afrique australe 17,5 18,5 18,4 17,8 16,3 15,8 16,7 16,3 15,2 14,5
SADC 18,9 15,8 19,4 18,3 17,3 16,2 16,3 13,8 12,9 13,6
Voir sources
Voir sources et notes
et notes page page
XX 84.
93
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 5,6 –5,4 –2,3 2,2 0,6 –2,1 –3,1 –4,1 –5,5 –4,7
Hors Nigéria 7,3 –4,4 2,4 5,9 1,5 –1,7 –5,7 –4,5 –8,1 –6,3
Pays importateurs de pétrole –0,6 –4,1 –4,3 –3,7 –3,7 –4,0 –4,1 –4,1 –3,9 –3,5
Hors Afrique du Sud –1,2 –3,5 –3,7 –3,6 –3,3 –3,9 –4,3 –4,2 –3,9 –3,4
Pays à revenu intermédiaire 2,3 –5,0 –3,6 –1,0 –1,6 –3,2 –3,7 –4,4 –4,9 –4,3
Hors Afrique du Sud et Nigéria 3,1 –4,2 –1,3 0,9 –1,2 –3,5 –5,7 –5,2 –6,1 –5,0
Pays à faible revenu –1,4 –3,2 –2,7 –2,1 –2,5 –2,8 –3,5 –3,2 –3,6 –3,1
Hors États fragiles –1,7 –3,1 –3,4 –2,9 –2,8 –3,3 –3,9 –3,6 –3,7 –3,4
États fragiles 0,5 –2,2 0,0 –0,1 –1,6 –2,2 –3,2 –3,2 –3,9 –3,0
Zone franc 4,9 –2,1 –0,7 –0,4 –1,9 –3,0 –3,6 –4,6 –5,4 –4,4
CEMAC 9,7 –0,8 1,1 2,8 –0,9 –3,0 –3,8 –5,3 –7,5 –5,6
UEMOA –0,1 –3,2 –2,5 –3,9 –2,9 –3,1 –3,4 –4,0 –3,8 –3,5
COMESA (pays membres d'AfSS) –1,6 –2,2 –2,3 –2,6 –2,2 –3,2 –3,8 –4,0 –4,1 –3,6
CAE-5 –1,8 –3,7 –4,5 –3,5 –4,1 –4,6 –5,0 –5,6 –5,3 –4,6
CEDEAO 3,0 –5,5 –4,4 –0,9 –1,1 –3,2 –2,9 –4,1 –4,5 –4,0
Union douanière d'Afrique australe 0,3 –4,9 –4,9 –3,9 –3,7 –3,6 –3,5 –4,0 –3,8 –3,6
SADC 0,3 –4,8 –3,2 –1,7 –2,0 –2,8 –4,0 –3,7 –3,9 –3,6
94
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 5,2 –5,5 –2,3 2,1 0,5 –2,3 –3,3 –4,2 –5,7 –4,9
Hors Nigéria 5,9 –4,7 2,2 5,5 1,0 –2,3 –6,3 –5,0 –9,2 –7,2
Pays importateurs de pétrole –2,4 –5,7 –5,7 –4,9 –4,8 –5,1 –5,1 –5,2 –5,1 –4,5
Hors Afrique du Sud –5,0 –6,6 –6,7 –6,0 –5,5 –5,9 –6,0 –5,9 –5,7 –5,0
Pays à revenu intermédiaire 1,8 –5,2 –3,8 –1,1 –1,8 –3,3 –3,8 –4,5 –5,1 –4,5
Hors Afrique du Sud et Nigéria 1,3 –5,0 –2,0 0,3 –1,8 –4,0 –6,2 –5,7 –6,6 –5,4
Pays à faible revenu –6,3 –7,4 –7,0 –5,5 –5,6 –5,7 –6,0 –5,6 –6,4 –5,5
Hors États fragiles –6,9 –7,5 –7,4 –6,7 –6,0 –6,1 –6,2 –5,7 –5,8 –5,3
États fragiles –2,9 –5,0 –3,4 –2,5 –3,9 –4,7 –5,7 –5,8 –7,3 –5,7
Zone franc 1,4 –3,9 –2,0 –1,8 –3,2 –4,7 –5,4 –6,4 –7,3 –6,2
CEMAC 7,2 –1,7 0,6 2,3 –1,5 –3,5 –4,5 –6,1 –8,5 –6,3
UEMOA –4,6 –6,0 –4,7 –6,3 –5,0 –6,0 –6,2 –6,6 –6,4 –6,1
COMESA (pays membres d'AfSS) –5,3 –5,3 –5,6 –4,8 –4,2 –4,9 –5,1 –5,4 –5,6 –4,9
CAE-5 –5,4 –6,6 –7,6 –6,2 –6,5 –6,5 –6,6 –7,1 –6,8 –5,9
CEDEAO 1,9 –6,3 –5,0 –1,5 –1,6 –3,7 –3,4 –4,7 –5,1 –4,5
Union douanière d'Afrique australe 0,2 –4,9 –5,0 –3,9 –3,8 –3,7 –3,5 –4,1 –3,8 –3,6
SADC –0,6 –5,6 –4,0 –2,3 –2,6 –3,4 –4,4 –4,2 –4,5 –4,1
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
95
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 25,9 17,8 19,0 24,5 21,3 17,9 16,3 12,0 9,2 9,9
Hors Nigéria 34,7 30,3 34,8 37,9 36,6 33,4 30,7 23,5 20,4 21,1
Pays importateurs de pétrole 21,8 21,1 21,8 22,4 22,3 22,1 22,3 22,7 22,3 22,3
Hors Afrique du Sud 16,5 16,0 16,8 17,6 18,0 18,0 18,3 18,3 18,3 18,4
Pays à revenu intermédiaire 25,6 21,5 21,9 24,9 23,3 21,2 20,3 18,3 16,1 16,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 28,2 25,6 27,4 30,8 30,2 28,2 27,0 22,7 21,3 21,5
Pays à faible revenu 12,9 13,2 14,8 15,8 15,5 15,9 16,2 16,3 16,2 16,5
Hors États fragiles 13,5 13,3 14,1 14,7 15,0 15,8 15,9 16,3 16,4 16,6
États fragiles 15,8 15,4 18,3 19,7 18,9 18,8 18,8 17,2 17,0 17,5
Zone franc 21,4 20,7 20,8 22,6 22,7 22,3 21,4 18,8 18,2 18,4
CEMAC 25,9 25,0 24,6 27,6 27,6 26,8 25,0 20,2 18,5 18,4
UEMOA 16,8 16,7 17,0 17,1 17,5 17,8 17,9 17,7 18,0 18,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 14,8 14,4 15,8 16,2 16,6 16,6 16,7 17,2 17,1 17,3
CAE-5 14,2 14,3 14,7 15,2 15,1 15,6 15,9 16,5 17,1 17,3
CEDEAO 20,0 12,6 13,3 17,6 15,0 12,5 12,1 10,0 8,7 9,3
Union douanière d'Afrique australe 27,6 27,6 27,0 27,5 27,8 28,3 29,0 30,2 30,4 30,4
SADC 26,7 25,7 26,9 28,4 28,5 27,7 27,2 25,9 25,2 25,4
96
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 20,7 23,3 21,3 22,4 20,8 20,2 19,6 16,2 14,9 14,8
Hors Nigéria 28,8 35,0 32,6 32,4 35,6 35,7 36,9 28,5 29,6 28,3
Pays importateurs de pétrole 24,2 26,8 27,5 27,3 27,1 27,1 27,4 27,9 27,4 26,8
Hors Afrique du Sud 21,5 22,6 23,5 23,7 23,5 23,8 24,3 24,3 24,1 23,4
Pays à revenu intermédiaire 23,8 26,7 25,6 26,0 25,0 24,5 24,1 22,9 21,2 20,7
Hors Afrique du Sud et Nigéria 27,0 30,7 29,4 30,5 31,9 32,2 33,2 28,4 27,9 27,0
Pays à faible revenu 19,2 20,5 21,7 21,3 21,1 21,6 22,1 21,9 22,7 22,1
Hors États fragiles 20,4 20,9 21,5 21,4 21,0 21,9 22,1 21,9 22,2 21,9
États fragiles 18,7 20,4 21,7 22,2 22,8 23,5 24,5 23,0 24,2 23,2
Zone franc 20,0 24,6 22,9 24,4 25,9 27,0 26,8 25,2 25,5 24,6
CEMAC 18,7 26,7 24,0 25,3 29,2 30,3 29,5 26,2 27,0 24,8
UEMOA 21,3 22,7 21,7 23,4 22,5 23,8 24,1 24,4 24,5 24,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 20,1 19,7 21,5 21,0 20,8 21,5 21,8 22,6 22,6 22,2
CAE-5 19,6 20,9 22,3 21,4 21,6 22,1 22,5 23,6 23,9 23,1
CEDEAO 18,1 18,9 18,3 19,1 16,6 16,2 15,4 14,7 13,7 13,8
Union douanière d'Afrique australe 27,4 32,5 32,0 31,4 31,6 32,0 32,5 34,3 34,2 34,0
SADC 27,4 31,3 30,9 30,7 31,1 31,1 31,6 30,1 29,7 29,5
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
97
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 21,7 14,1 16,1 15,0 14,7 15,8 17,7 22,4 23,2 23,0
Hors Nigéria 34,0 22,7 31,7 24,6 24,2 27,7 35,3 52,6 57,8 56,4
Pays importateurs de pétrole 40,6 35,8 36,5 38,9 38,4 40,6 43,7 47,9 49,6 50,0
Hors Afrique du Sud 52,0 40,9 38,4 39,7 36,3 38,0 41,4 46,5 48,7 48,9
Pays à revenu intermédiaire 28,1 23,8 26,3 27,5 26,8 27,7 29,5 34,3 34,5 33,9
Hors Afrique du Sud et Nigéria 38,8 31,0 36,3 35,4 32,2 34,9 40,7 51,6 54,8 53,9
Pays à faible revenu 57,6 41,5 36,6 33,5 32,7 34,6 38,2 44,1 46,6 47,3
Hors États fragiles 42,7 29,6 31,6 32,0 31,1 34,5 38,8 45,6 49,7 50,8
États fragiles 81,9 61,8 46,0 44,6 36,7 36,0 38,0 41,7 41,9 41,0
Zone franc 45,6 33,7 29,9 34,4 28,0 29,8 34,5 39,8 42,0 41,8
CEMAC 39,7 23,0 18,0 18,9 20,0 23,7 31,0 39,2 44,7 44,6
UEMOA 52,0 43,6 42,0 51,5 36,5 35,8 37,8 40,3 40,0 39,7
COMESA (pays membres d'AfSS) 56,5 43,3 38,0 37,4 36,0 37,1 40,3 45,8 48,9 50,4
CAE-5 41,2 30,0 33,3 33,0 32,9 34,5 39,0 44,5 47,1 47,5
CEDEAO 28,1 20,0 18,3 19,8 17,5 18,0 18,3 20,2 21,4 21,4
Union douanière d'Afrique australe 29,5 29,1 33,4 37,0 39,3 42,2 44,8 47,7 48,8 49,2
SADC 33,5 31,7 35,2 36,1 36,8 39,1 42,5 49,2 51,0 50,9
98
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 16,9 28,0 22,4 21,0 23,1 21,9 23,8 25,0 26,3 25,8
Hors Nigéria 17,9 30,3 27,1 26,6 27,8 28,8 31,7 36,0 39,5 37,2
Pays importateurs de pétrole 47,1 48,9 48,8 48,2 46,8 46,0 46,4 48,2 48,0 47,9
Hors Afrique du Sud 28,0 28,8 30,7 31,0 30,5 30,9 32,1 33,5 34,0 34,8
Pays à revenu intermédiaire 38,5 44,7 41,0 40,0 40,0 38,7 39,5 41,2 41,5 41,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 26,6 33,8 33,1 34,2 33,5 34,2 36,1 38,7 40,1 39,7
Pays à faible revenu 24,6 24,1 26,2 25,5 25,9 26,4 27,8 29,4 30,5 31,0
Hors États fragiles 27,1 24,7 26,9 26,9 26,3 27,2 29,0 30,6 31,3 32,2
États fragiles 18,5 21,2 23,1 22,9 24,0 23,8 24,9 26,5 28,1 27,7
Zone franc 18,6 22,4 23,6 24,7 25,0 26,4 27,9 30,1 31,8 32,2
CEMAC 14,8 19,0 19,6 20,4 21,9 23,5 24,6 26,9 29,2 28,6
UEMOA 22,1 25,3 27,2 28,7 27,8 29,0 30,8 32,8 33,8 34,9
COMESA (pays membres d'AfSS) 31,3 28,6 30,7 30,9 30,5 31,2 32,1 33,1 33,9 34,9
CAE-5 26,0 26,7 29,6 29,3 28,9 29,2 30,2 30,8 31,6 33,0
CEDEAO 18,3 27,0 22,9 21,7 23,4 22,0 23,7 24,3 25,0 25,3
Union douanière d'Afrique australe 69,8 75,5 73,4 72,2 70,4 68,8 68,5 71,8 71,4 71,1
SADC 53,4 58,6 56,5 55,9 54,3 53,1 53,4 56,2 56,0 55,3
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
99
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 36,8 16,3 8,7 9,3 24,3 3,3 18,1 6,7 15,3 15,3
Hors Nigéria 36,3 14,4 13,9 26,0 12,2 9,9 12,2 8,8 18,5 12,0
Pays importateurs de pétrole 18,3 12,9 16,9 15,1 11,5 11,2 13,7 14,6 11,3 12,0
Hors Afrique du Sud 17,9 21,4 24,1 19,8 15,6 14,5 17,6 17,0 14,2 14,6
Pays à revenu intermédiaire 27,4 11,8 10,2 10,6 16,4 6,1 14,9 9,6 12,0 12,9
Hors Afrique du Sud et Nigéria 26,4 15,9 18,0 22,3 11,9 13,2 14,9 14,0 14,4 13,2
Pays à faible revenu 17,3 24,0 25,6 20,1 17,9 13,5 17,6 16,1 16,0 14,8
Hors États fragiles 15,4 17,8 24,6 20,0 19,2 14,8 19,3 18,1 14,9 15,6
États fragiles 19,1 30,7 26,7 20,7 11,5 10,2 14,4 11,6 16,8 12,9
Zone franc 14,3 12,9 19,0 14,8 11,2 8,9 10,5 8,6 9,8 10,0
CEMAC 18,4 8,3 22,3 16,5 16,7 7,5 7,5 1,1 5,5 7,0
UEMOA 10,7 17,1 16,1 13,2 6,3 10,1 13,2 15,2 13,3 12,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 17,3 24,6 26,2 22,0 18,7 16,4 17,2 16,8 15,5 16,1
CAE-5 18,6 16,7 26,7 16,9 13,6 12,2 15,9 14,7 15,5 16,3
CEDEAO 31,1 17,9 10,9 7,5 24,3 4,0 20,2 8,9 14,0 15,5
Union douanière d'Afrique australe 19,0 2,2 7,2 8,2 5,8 6,3 7,4 10,3 6,4 7,4
SADC 23,8 11,2 11,6 14,7 8,3 9,4 10,7 12,5 9,9 10,2
100
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 44,1 24,8 0,4 7,6 10,5 11,7 16,1 5,3
Hors Nigéria 37,8 32,7 19,4 21,6 21,8 18,2 11,1 8,0
Pays importateurs de pétrole 21,8 11,2 14,1 16,5 15,5 12,4 14,8 15,7
Hors Afrique du Sud 25,1 17,3 22,0 24,1 19,6 16,1 19,5 20,1
Pays à revenu intermédiaire 31,3 15,1 3,7 10,2 11,0 11,5 14,5 8,9
Hors Afrique du Sud et Nigéria 30,6 19,7 17,4 25,9 18,7 19,0 16,6 15,4
Pays à faible revenu 25,2 22,2 25,9 21,0 21,7 14,1 18,3 18,9
Hors États fragiles 25,9 13,9 22,8 24,2 22,1 12,4 16,6 19,4
États fragiles 21,2 31,8 28,2 15,1 21,0 18,0 21,6 18,8
Zone franc 14,9 10,5 15,5 22,7 13,1 16,9 15,8 11,1
CEMAC 12,2 9,8 11,7 14,7 13,3 16,4 15,0 15,4
UEMOA 18,1 11,3 19,9 32,1 12,8 17,5 16,7 6,0
COMESA (pays membres d'AfSS) 26,7 12,9 24,3 29,1 14,6 14,7 19,1 19,7
CAE-5 26,4 15,2 11,0 13,7 14,8 10,6 9,8 14,1
CEDEAO 18,0 3,7 3,9 6,8 10,0 7,4 7,8 8,3
Union douanière d'Afrique australe 26,9 20,7 26,6 25,8 21,4 13,9 18,3 21,8
SADC 38,8 19,5 –0,2 7,2 9,2 12,2 19,2 7,8
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
101
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 10,9 21,1 15,4 13,9 13,8 13,9 14,6 15,3
Hors Nigéria 7,3 14,7 14,0 13,1 15,0 16,3 16,8 19,8
Pays importateurs de pétrole 39,5 40,9 39,3 38,4 38,5 38,1 38,2 39,2
Hors Afrique du Sud 15,4 17,4 18,3 19,4 19,7 20,4 21,4 22,5
Pays à revenu intermédiaire 33,5 38,4 33,7 32,3 32,2 32,0 32,1 33,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 16,1 20,8 20,8 22,0 22,8 24,3 25,4 27,6
Pays à faible revenu 10,5 12,3 13,3 13,5 14,1 14,4 15,1 16,1
Hors États fragiles 12,1 13,9 14,8 15,4 15,5 15,9 16,6 17,4
États fragiles 8,9 10,5 11,5 11,4 12,5 13,0 14,1 16,1
Zone franc 11,4 13,4 13,6 15,0 15,4 17,3 18,9 20,7
CEMAC 15,9 17,8 18,4 20,0 20,3 22,2 23,9 25,4
UEMOA 6,3 8,4 8,3 9,6 10,0 11,7 13,0 15,0
COMESA (pays membres d'AfSS) 15,1 17,2 18,8 20,5 20,2 21,0 22,5 23,8
CAE-5 48,1 50,8 48,2 46,7 47,5 46,7 46,2 47,9
CEDEAO 67,9 71,1 66,9 64,5 65,4 64,3 64,1 66,1
Union douanière d'Afrique australe 15,5 16,6 18,1 19,3 19,4 19,9 20,3 21,1
SADC 12,9 21,7 16,2 15,2 14,6 14,8 15,9 16,2
102
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 40,3 31,9 32,5 36,8 32,6 29,3 24,5 17,8 13,5 13,9
Hors Nigéria 64,5 51,8 58,4 62,8 58,0 53,2 48,7 38,6 35,0 36,6
Pays importateurs de pétrole 28,7 26,6 28,8 31,0 29,9 29,7 29,3 28,2 29,4 29,7
Hors Afrique du Sud 28,0 25,5 29,0 31,5 30,0 28,8 28,0 26,5 26,3 27,1
Pays à revenu intermédiaire 35,2 31,0 31,6 34,5 32,8 30,9 28,0 24,1 22,3 22,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 50,2 43,7 47,5 51,6 50,3 46,2 43,6 37,0 35,7 37,0
Pays à faible revenu 22,2 19,6 23,9 29,0 23,7 23,8 23,1 21,4 20,6 21,5
Hors États fragiles 18,0 16,9 19,2 21,5 20,1 19,7 18,4 18,2 18,1 18,4
États fragiles 37,0 33,6 39,4 44,8 36,7 35,3 35,2 31,3 29,5 31,1
Zone franc 42,4 38,5 42,7 45,7 45,3 42,2 40,0 35,6 31,5 32,0
CEMAC 54,0 47,1 52,7 56,9 57,5 53,4 50,5 42,1 35,0 35,7
UEMOA 30,5 30,6 32,5 33,4 32,5 31,1 30,1 30,3 29,0 29,3
COMESA (pays membres d'AfSS) 26,0 22,0 27,4 29,4 26,5 25,6 24,5 22,1 21,6 22,5
CAE-5 19,1 18,5 19,8 21,7 20,5 19,3 18,0 19,1 19,0 19,1
CEDEAO 28,9 24,0 24,0 26,4 24,3 21,8 18,5 15,4 12,7 12,9
Union douanière d'Afrique australe 31,0 29,1 29,7 31,6 31,0 32,7 33,1 32,3 37,0 36,9
SADC 35,4 32,4 34,7 37,2 36,4 36,5 35,3 31,6 34,2 35,0
Voir sources
Voir sources et notes
et notes page page
XX 84.
103
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 25,3 29,2 25,6 27,3 24,2 21,9 22,8 20,4 18,0 16,7
Hors Nigéria 40,7 50,3 43,6 40,6 40,9 39,4 41,9 39,0 38,3 36,8
Pays importateurs de pétrole 33,8 32,9 33,8 36,7 37,8 38,1 37,8 37,2 38,7 38,8
Hors Afrique du Sud 37,4 37,7 40,3 43,8 43,8 41,7 40,8 40,5 39,6 39,7
Pays à revenu intermédiaire 29,7 30,5 28,7 30,6 29,7 28,6 28,7 27,3 26,8 25,4
Hors Afrique du Sud et Nigéria 41,1 46,1 43,2 43,5 44,2 42,6 43,7 41,8 41,9 40,9
Pays à faible revenu 34,5 35,2 38,6 41,6 41,0 38,8 38,1 38,2 36,5 37,1
Hors États fragiles 31,5 30,9 33,6 38,1 38,6 36,5 34,6 35,8 34,4 35,1
États fragiles 40,7 44,1 47,0 45,4 45,4 42,9 43,9 42,6 40,9 41,0
Zone franc 36,0 39,8 41,6 39,1 41,7 41,1 41,3 39,5 37,0 36,4
CEMAC 35,0 43,7 43,8 40,3 42,9 41,2 43,1 40,2 36,9 34,8
UEMOA 37,1 36,2 39,4 37,9 40,4 41,0 39,6 38,9 37,1 37,6
COMESA (pays membres d'AfSS) 36,3 35,7 38,8 42,2 39,1 37,3 36,8 36,4 35,6 34,9
CAE-5 28,4 29,3 31,7 36,5 34,1 31,9 31,1 31,1 30,3 29,4
CEDEAO 24,2 24,2 23,8 26,4 23,5 21,1 21,3 20,7 18,7 17,8
Union douanière d'Afrique australe 32,1 30,0 29,5 31,7 33,4 35,7 35,6 34,4 39,8 39,7
SADC 34,5 35,8 33,7 35,9 37,2 38,4 38,6 36,7 40,1 40,6
104
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 23,2 13,4 15,4 18,4 16,3 14,3 8,8 3,4 0,6 1,9
Hors Nigéria 39,5 21,1 32,2 38,4 32,2 27,7 21,6 13,1 10,1 12,7
Pays importateurs de pétrole –4,0 –4,7 –3,1 –3,8 –6,4 –6,7 –6,6 –7,3 –7,7 –7,6
Hors Afrique du Sud –7,5 –9,7 –8,5 –9,4 –11,1 –10,2 –9,8 –11,4 –11,0 –10,5
Pays à revenu intermédiaire 9,3 5,9 7,6 8,6 7,3 6,4 3,6 0,1 –1,3 –0,4
Hors Afrique du Sud et Nigéria 16,1 7,7 13,1 17,0 13,7 11,2 8,1 1,5 –0,3 1,6
Pays à faible revenu –8,2 –11,6 –9,8 –7,3 –12,0 –10,5 –10,3 –12,3 –12,2 –11,9
Hors États fragiles –12,0 –12,1 –11,9 –13,4 –14,8 –14,4 –14,1 –15,4 –15,2 –15,5
États fragiles 5,6 –1,6 2,3 8,4 –0,2 0,7 0,3 –2,4 –2,8 –1,6
Zone franc 14,3 7,7 10,0 14,8 12,3 9,6 7,6 4,8 2,7 3,4
CEMAC 30,1 16,8 21,4 27,6 26,4 23,0 18,7 12,8 8,2 10,5
UEMOA –1,8 –0,6 –1,5 0,7 –2,7 –3,6 –2,8 –1,8 –1,3 –1,8
COMESA (pays membres d'AfSS) –9,7 –12,5 –10,0 –11,5 –11,9 –11,2 –11,6 –13,1 –13,2 –11,9
CAE-5 –10,5 –11,4 –12,9 –15,9 –15,3 –14,6 –14,4 –13,4 –13,1 –12,3
CEDEAO 9,4 5,6 5,2 5,1 5,5 5,1 1,9 –1,4 –2,6 –1,8
Union douanière d'Afrique australe –0,6 –0,1 1,2 0,9 –2,1 –2,6 –2,4 –1,9 –2,3 –2,5
SADC 3,8 1,2 5,2 5,8 3,3 2,4 1,0 –1,6 –2,6 –2,3
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
105
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 13,1 0,4 3,6 4,9 4,8 3,6 –0,8 –3,9 –4,5 –3,0
Hors Nigéria 10,1 –8,9 2,9 8,7 5,6 2,8 –3,2 –8,1 –10,5 –7,8
Pays importateurs de pétrole –4,3 –4,8 –3,9 –4,8 –7,1 –7,6 –7,3 –7,6 –7,6 –7,8
Hors Afrique du Sud –4,3 –6,7 –6,4 –7,5 –9,0 –9,0 –8,5 –9,6 –9,3 –9,2
Pays à revenu intermédiaire 4,0 –1,0 0,8 1,1 0,4 –0,3 –2,5 –4,2 –4,7 –3,7
Hors Afrique du Sud et Nigéria 4,5 –5,3 –0,1 2,6 1,2 –0,8 –3,8 –6,4 –7,8 –6,0
Pays à faible revenu –6,4 –9,9 –8,5 –8,5 –11,8 –11,1 –10,5 –12,4 –11,4 –11,8
Hors États fragiles –7,1 –7,9 –6,9 –9,4 –12,3 –11,4 –11,4 –12,9 –11,5 –12,4
États fragiles –3,8 –9,1 –6,7 –3,3 –8,5 –8,6 –7,8 –9,8 –9,9 –9,2
Zone franc 0,7 –5,4 –4,4 0,1 –3,0 –4,3 –5,2 –6,6 –7,2 –6,3
CEMAC 6,5 –7,5 –4,2 2,0 –0,1 –1,8 –4,3 –7,5 –9,4 –6,9
UEMOA –5,2 –3,3 –4,7 –2,0 –6,1 –6,8 –6,1 –5,9 –5,6 –5,9
COMESA (pays membres d'AfSS) –4,6 –7,9 –5,7 –7,3 –6,6 –7,7 –8,0 –9,7 –9,5 –8,5
CAE-5 –3,9 –5,8 –7,1 –9,8 –9,5 –9,2 –10,2 –8,9 –8,5 –7,7
CEDEAO 8,4 2,3 1,3 0,6 1,1 0,7 –1,7 –3,7 –3,7 –2,9
Union douanière d'Afrique australe –3,3 –2,9 –1,7 –2,1 –4,7 –5,1 –4,6 –4,0 –4,5 –4,6
SADC –1,8 –5,5 –1,4 –1,5 –3,3 –4,6 –5,7 –6,9 –7,8 –7,9
106
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 2,5 2,8 0,6 1,1 –0,1 –0,7 0,3 1,7 1,3 1,0
Hors Nigéria 3,4 3,2 –1,2 –0,6 –3,1 –4,3 –0,1 4,8 3,4 1,7
Pays importateurs de pétrole 1,9 2,8 4,1 2,9 3,8 3,2 2,7 2,3 2,9 3,7
Hors Afrique du Sud 2,9 3,3 7,3 4,7 6,8 5,1 4,8 4,5 4,6 5,7
Pays à revenu intermédiaire 1,9 2,7 2,3 1,5 1,2 0,4 0,9 1,3 1,4 1,3
Hors Afrique du Sud et Nigéria 3,0 3,4 5,0 1,4 1,9 –0,2 2,5 4,4 4,0 3,2
Pays à faible revenu 2,9 3,1 4,3 4,9 5,9 5,3 4,3 4,7 4,7 6,3
Hors États fragiles 2,7 3,3 3,5 5,6 6,2 6,7 5,8 5,5 5,3 7,3
États fragiles 4,7 4,0 6,0 5,1 5,7 4,0 3,4 3,9 4,3 4,7
Zone franc 4,2 3,4 3,3 3,4 2,9 3,4 3,2 3,2 3,6 3,2
CEMAC 6,5 3,6 3,6 4,4 3,5 4,1 4,0 3,8 4,3 3,0
UEMOA 1,9 3,2 3,1 2,2 2,3 2,7 2,4 2,7 3,1 3,4
COMESA (pays membres d'AfSS) 2,6 1,7 9,8 2,6 6,3 3,6 3,9 3,7 3,9 4,1
CAE-5 2,3 2,2 2,0 2,7 2,7 2,9 3,1 3,1 3,2 3,2
CEDEAO 2,3 3,4 2,2 2,7 2,1 1,7 1,3 1,4 1,6 1,8
Union douanière d'Afrique australe 1,3 2,2 1,2 1,5 0,8 0,8 –0,2 –0,9 0,1 0,1
SADC 1,5 2,5 3,2 1,4 2,0 0,6 1,2 2,3 2,3 2,8
Voir sources
Voir sources et notes
et notes page page
XX 84.
107
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 129,1 140,7 147,5 148,4 162,1 172,2 182,5 180,8
Hors Nigéria 137,2 167,2 158,9 161,1 168,2 176,5 182,1 180,1
Pays importateurs de pétrole 99,7 100,2 104,3 102,9 103,7 100,5 97,3 97,6
Hors Afrique du Sud 99,8 105,6 102,1 101,2 106,5 108,6 107,4 108,4
Pays à revenu intermédiaire 114,7 117,7 126,7 125,9 130,2 130,6 131,0 130,0
Hors Afrique du Sud et Nigéria 123,1 136,1 135,2 134,5 137,8 141,9 138,9 137,8
Pays à faible revenu 90,7 98,6 91,3 91,2 98,7 101,1 103,4 105,4
Hors États fragiles 89,2 95,5 87,0 87,0 96,5 99,2 101,4 103,0
États fragiles 101,8 112,5 107,8 108,0 107,6 110,3 112,5 113,0
Zone franc 115,0 122,7 116,1 116,6 114,3 117,9 119,8 114,9
CEMAC 117,0 127,2 121,7 121,4 120,2 124,6 127,6 124,6
UEMOA 113,3 118,8 111,3 112,5 109,4 112,3 113,3 107,0
COMESA (pays membres d'AfSS) 104,1 114,8 110,0 109,6 120,1 121,8 124,5 131,0
CAE-5 91,2 98,3 94,5 89,7 102,1 106,4 109,1 107,9
CEDEAO 119,9 124,3 131,2 131,1 140,7 148,6 153,5 151,6
Union douanière d'Afrique australe 99,8 94,4 108,5 106,4 100,8 90,6 85,0 84,4
SADC 101,9 103,6 111,9 110,7 110,0 104,5 101,1 99,8
108
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 61,1 55,3 53,1 50,5 51,1 51,7 52,2 48,7
Hors Nigéria 47,6 49,6 44,7 43,7 43,5 44,2 44,2 41,6
Pays importateurs de pétrole 79,6 67,4 68,6 64,6 61,9 57,9 54,1 52,2
Hors Afrique du Sud 76,4 67,8 63,8 59,1 58,4 57,5 55,1 53,3
Pays à revenu intermédiaire 71,4 61,3 62,3 59,3 58,0 55,7 53,3 50,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 64,0 59,8 57,0 54,3 53,6 53,2 50,0 47,0
Pays à faible revenu 75,6 69,2 62,6 57,6 57,3 56,9 57,1 56,3
Hors États fragiles 77,9 69,6 62,2 56,1 56,8 56,9 57,3 56,7
États fragiles 84,9 84,0 79,1 77,7 74,4 74,0 73,9 71,8
Zone franc 114,5 119,6 114,5 115,9 112,7 116,9 119,9 114,8
CEMAC 113,6 118,3 113,4 114,7 111,1 114,6 116,0 110,6
UEMOA 115,2 120,6 115,3 116,9 114,1 119,0 123,4 118,5
COMESA (pays membres d'AfSS) 75,6 66,3 61,9 55,4 55,9 54,4 53,5 53,5
CAE-5 75,7 69,9 66,0 58,2 61,1 61,7 61,6 59,0
CEDEAO 72,2 62,8 61,3 58,1 58,1 58,5 57,7 53,8
Union douanière d'Afrique australe 83,9 67,5 76,1 73,3 67,3 58,4 52,6 50,5
SADC 65,7 55,9 58,1 55,6 52,7 48,0 44,5 42,1
Voir sources
Voir sources et notes
et notes pagepage
XX 84.
109
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 15,4 7,4 5,9 5,9 5,9 7,1 8,1 9,6 10,8 10,8
Hors Nigéria 29,0 18,9 16,8 15,9 16,3 20,1 24,7 30,3 38,9 40,4
Pays importateurs de pétrole 22,6 17,7 16,1 15,9 16,4 17,6 19,5 22,5 26,2 26,9
Hors Afrique du Sud 39,1 26,9 22,6 22,5 20,8 21,7 23,6 28,2 31,3 32,0
Pays à revenu intermédiaire 14,1 9,8 9,3 9,3 9,6 10,4 11,6 13,6 15,7 15,5
Hors Afrique du Sud et Nigéria 29,3 20,9 18,6 18,4 17,6 19,9 23,9 29,4 35,3 35,9
Pays à faible revenu 45,5 29,3 24,1 23,3 22,0 23,0 24,0 28,0 30,6 31,8
Hors États fragiles 31,5 18,6 20,3 21,3 20,6 22,9 24,3 29,4 32,6 34,0
États fragiles 68,5 49,3 32,4 30,2 25,3 24,9 24,8 27,9 30,1 30,3
Zone franc 37,7 26,9 21,7 20,5 18,7 20,1 23,3 28,3 30,8 30,4
CEMAC 30,8 17,5 12,7 11,9 13,2 15,5 21,3 26,6 29,8 30,2
UEMOA 44,9 35,7 30,8 29,9 24,6 24,7 25,2 29,8 31,5 30,6
COMESA (pays membres d'AfSS) 40,1 24,9 19,8 19,7 18,8 19,2 20,6 24,8 28,2 29,6
CAE-5 27,8 17,4 18,4 19,5 18,3 19,6 21,9 27,0 30,6 31,4
CEDEAO 20,1 10,9 8,1 7,9 6,7 7,1 7,4 9,3 10,1 9,7
Union douanière d'Afrique australe 7,9 7,5 9,6 9,5 11,4 11,9 13,0 13,2 16,0 16,1
SADC 16,5 14,6 13,7 13,3 15,0 16,7 18,5 20,9 25,7 26,8
110
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 129,8 121,3 137,4 159,8 159,5 152,1 109,0 90,9 100,1
Hors Nigéria 131,8 117,9 143,8 179,0 177,9 163,0 103,1 85,8 96,7
Pays importateurs de pétrole 124,2 138,2 154,3 154,8 148,5 147,8 150,5 151,8 148,5
Hors Afrique du Sud 130,3 138,3 160,6 162,6 156,8 157,2 162,4 163,5 160,1
Pays à revenu intermédiaire 122,3 127,1 141,5 153,3 150,6 144,0 119,0 106,4 109,9
Hors Afrique du Sud et Nigéria 120,0 119,0 141,5 163,3 160,8 147,2 118,9 110,7 113,8
Pays à faible revenu 146,0 149,6 175,3 173,7 166,4 173,9 179,2 182,7 179,0
Hors États fragiles 82,7 100,1 111,4 112,1 103,8 104,8 109,3 109,4 107,5
États fragiles 195,5 189,7 225,2 229,9 224,6 237,2 244,7 250,4 246,6
Zone franc 118,3 123,3 144,3 158,7 150,7 143,8 128,1 124,8 127,4
CEMAC 129,6 113,9 142,2 164,6 166,8 153,7 109,8 99,1 108,6
UEMOA 106,6 131,9 146,4 152,3 134,7 134,5 143,0 143,9 141,3
COMESA (pays membres d'AfSS) 160,6 151,9 179,0 167,5 163,8 171,2 179,6 180,9 176,8
CAE-5 76,0 90,8 93,9 85,5 85,7 87,7 97,9 100,1 99,6
CEDEAO 125,3 129,4 143,3 160,4 156,8 150,4 121,7 106,3 111,8
Union douanière d'Afrique australe 116,3 135,1 144,5 143,9 137,7 135,4 132,5 131,0 127,3
SADC 134,3 144,6 160,1 165,0 162,3 162,5 154,0 156,4 154,9
Voir sources
Voir sources et notes
et notes page page
XX 84.
111
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 7,3 6,6 4,6 5,4 6,9 6,0 6,5 5,7 4,0 3,5
Hors Nigéria 3,7 4,8 4,7 6,1 6,4 6,0 7,4 7,2 5,0 4,5
Pays importateurs de pétrole 3,6 4,3 3,9 4,1 4,1 4,1 4,8 4,5 4,3 4,2
Hors Afrique du Sud 3,8 4,0 3,5 3,4 3,3 3,3 3,7 3,4 3,3 3,3
Pays à revenu intermédiaire 5,5 5,6 4,4 5,0 5,9 5,5 6,3 5,7 4,6 4,2
Hors Afrique du Sud et Nigéria 4,2 4,7 4,5 5,1 5,3 5,1 6,4 5,9 4,7 4,5
Pays à faible revenu 3,2 3,6 3,0 3,2 2,9 2,8 3,0 2,8 2,6 2,6
Hors États fragiles 4,2 4,3 3,7 3,4 3,3 3,4 3,5 3,3 3,1 3,0
États fragiles 2,2 3,1 3,0 3,7 2,9 2,5 3,1 2,2 2,1 2,3
Zone franc 4,0 5,0 4,3 4,4 4,0 3,9 4,8 3,8 3,4 3,2
CEMAC 4,1 5,3 4,3 4,9 5,1 4,9 6,0 4,2 3,6 3,2
UEMOA 3,8 4,7 4,4 3,8 2,9 3,0 3,7 3,4 3,3 3,2
COMESA (pays membres d'AfSS) 2,5 3,1 2,7 2,8 3,0 3,0 3,3 3,1 2,9 2,8
CAE-5 4,1 4,3 3,7 3,4 4,0 4,1 4,6 4,2 4,3 4,3
CEDEAO 7,7 6,5 4,3 4,7 6,2 5,3 5,6 4,8 3,6 3,2
Union douanière d'Afrique australe 4,0 5,0 4,5 4,9 5,1 5,4 6,5 6,4 6,2 6,1
SADC 3,7 4,5 4,2 4,8 5,0 5,1 6,1 6,0 5,3 5,0
112
APPENDICE STATISTIQUE
Pays exportateurs de pétrole 18,8 28,7 27,2 25,1 27,4 29,0 31,6 71,4
Hors Nigéria 17,2 26,3 26,5 24,4 27,1 28,8 31,8 71,4
Pays importateurs de pétrole 50,1 56,6 60,0 60,9 61,3 63,5 63,5 70,3
Hors Afrique du Sud 48,0 54,6 58,2 59,1 59,6 62,0 61,9 67,9
Pays à revenu intermédiaire 59,1 68,2 70,6 71,6 72,1 74,4 74,7 98,3
Hors Afrique du Sud 55,9 65,3 68,0 69,2 69,8 72,3 72,6 95,7
Pays à faible revenu 30,6 35,8 38,5 37,6 38,6 40,5 40,1 48,6
Hors États fragiles 31,1 38,2 42,0 43,4 45,1 48,3 53,2 62,0
États fragiles 30,9 35,5 37,4 35,9 37,2 38,4 35,7 41,6
Voir sources et notes page 84.
113
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Pays exportateurs de pétrole 59,0 63,4 62,9 57,3 58,3 63,2 63,2 37,4
Hors Nigéria 56,1 60,8 62,8 57,4 58,8 64,0 62,9 37,4
Pays importateurs de pétrole 64,8 65,2 65,7 69,4 69,3 68,4 68,4 66,0
Hors Afrique du Sud 62,8 63,3 63,8 67,9 67,6 66,7 66,7 63,5
Pays à revenu intermédiaire 65,3 66,0 67,4 69,2 69,2 70,4 70,8 69,8
Hors Afrique du Sud 62,1 63,0 64,5 66,8 66,4 67,7 68,2 65,0
Pays à faible revenu 61,9 63,7 62,8 64,4 64,8 64,3 63,6 58,4
Hors États fragiles 62,9 67,5 66,8 68,9 68,1 67,8 64,2 61,5
États fragiles 61,0 61,5 62,9 63,3 62,9 63,0 62,3 57,6
Voir sources et notes page 84.
114
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15/1 13/2
Making Senegal a Hub for West Africa : Reforming the State, Boom, Bust, or Prosperity? Managing Sub-Saharan Africa’s
Building to the Future Natural Resource Wealth
Kireyev, Alexei, Ali M. Mansoor Lundgren, Charlotte J., Alun H. Thomas, Robert C. York
14/4 13/1
Mozambique Rising: Building a New Tomorrow Restoring Sustainability in a Changing Global Environment:
Ross, Doris C., Victor Duarte Lledo, Alex Segura-Ubiergo, Options for Swaziland
Yuan Xiao, Iyabo Masha, Alun H. Thomas, Keiichiro Inui Basdevant, Olivier, Emily Forrest, Borislava Mircheva
14/3 11/07
The Mystery of Missing Real Spillovers in Southern Africa: Macroeconomic Vulnerabilities Stemming from the Global
Some Facts and Possible Explanations Economic Crisis: The Case of Swaziland
Basdevant, Olivier, Andrew W Jonelis, Borislava Mircheva, Basdevant, Olivier, Chikako Baba, Borislava Mircheva
Slavi T. Slavov
11/06
14/2 What Do Fast Job Creators Look Like? Some Stylized Facts and
Issuing International Sovereign Bonds: Opportunities and Perspectives on South Africa
Challenges for Sub-Saharan Africa Zhan, Zaijin
Mecagni, Mauro, Jorge Iván Canales Kriljenko, Cheikh A.
Gueye, Yibin Mu, Masafumi Yabara, Sebastian Weber 11/04
South Africa: Macro Policy Mix and Its Effects on Growth
14/1 and the Real Exchange Rate—Empirical Evidence and GIMF
Managing Volatile Capital Flows: Experiences and Lessons for Simulations
Sub-Saharan African Frontier Markets Canales-Kriljenko, Jorge Iván
Gueye, Cheikh A., Javier Arze del Granado, Rodrigo Garcia-
Verdu, Mumtaz Hussain, B. Jang, Sebastian Weber, 11/02
Juan S Corrales Measuring the Potential Output of South Africa
Klein, Nir
13/8
Mali: Achieving Strong and Inclusive Growth with 11/01
Macroeconomic Stability In the Wake of the Global Economic Crisis: Adjusting to Lower
Josz, Christian Revenue of the Southern African Customs Union in Botswana,
Lesotho, Namibia, and Swaziland
13/7 Mongardini, Joannes, Dalmacio Benicio, Thomson Fontaine,
Responding to Shocks and Maintaining Stability in the West Gonzalo C. Pastor, Geneviève Verdier
African Economic and Monetary Union
Kolerus, Christina, Aleksandra Zdzienicka, Ermal Hitaj, 10/03
Douglas J. Shapiro Zimbabwe: Challenges and Policy Options after Hyperinflation
Kramarenko, Vitaliy, Lars H. Engstrom, Geneviève Verdier,
13/6 Gilda Fernandez, Stefan E. Oppers, Richard Hughes,
West African Economic and Monetary Union: Financial Depth James McHugh, Warren L. Coats
and Macrostability
Imam, Patrick A., Christina Kolerus 10/02
Expenditure Composition and Economic Developments in
13/5 Benin
Senegal: Financial Depth and Macrostability Pani, Marco, Mohamed El Harrak
Imam, Patrick A., Christina Kolerus
10/01
13/4 Wage Policy and Fiscal Sustainability in Benin
Senegal: Achieving High and Inclusive Growth While Lundgren, Charlotte J.
Preserving Fiscal Sustainability
Kireyev, Alexei, Gaston K. Mpatswe 09/04
The Global Financial Crisis and Adjustments to Shocks in
13/3 Kenya, Tanzania, and Uganda: A Balance Sheet Analysis
Banking in Sub-Saharan Africa: The Macroeconomic Context Perspective
Mlachila, Montfort, Seok Gil Park, Masafumi Yabara Masha, Iyabo
13/2 09/03
Energy Subsidy Reform in Sub-Saharan Africa: Experiences Impact of the Global Financial Crisis on Exchange Rates and
and Lessons Policies in Sub-Saharan Africa
Alleyne, Trevor, Mumtaz Hussain Ben Ltaifa, Nabil, Stella Kaendera, Shiv Dixit
120
PUBLICATIONS DU DÉPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 2009–16
121
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
15/99 14/149
How to Improve the Effectiveness of Monetary Policy int he Islamic Finance in Sub-Saharan Africa: Status and Prospects
West African Economic and Monetary Union Gelbard, Enrique, Mumtaz Hussain, Rodolfo Maino,
Kireyev, Alexei Yibin Mu, Etienne B. Yehoue
15/83 14/143
Do Resource Windfalls Improve the Standard of Living in Africa Rising: Harnessing the Demographic Dividend
Sub-Saharan African Countries?: Evidence from a Panel of Drummond, Paulo, Vimal Thakoor, Shu Yu
Countries
Munseob Lee, Cheikh A. Gueye 14/94
Does Openness Matter for Financial Development in Africa?
15/49 David, Antonio, Montfort Mlachila, Ashwin Moheeput
Remittances and Macroeconomic Volatility in African
Countries 14/51
Surging Investment and Declining Aid: Evaluating Debt
Ahmat Jidoud Sustainability in Rwanda
15/25 Clark, Will, Birgir Arnason
Harnessing Resource Wealth for Inclusive Growth in
Fragile States 13/261
Natural Gas, Public Investment and Debt Sustainability in
Delechat, Corinne, Will Clark, Pranav Gupta, Malangu Mozambique
Kabedi-Mbuyi, Mesmin Koulet-Vickot, Carla Macario,
Toomas Orav, Manuel Rosales, Renee Tapsoba, Dmitry Melina, Giovanni, Yi Xiong
Zhdankin, Susan Yang
13/250
15/17 Africa’s Rising Exposure to China: How Large Are Spillovers
Fiscal Policy Implications for Labor Market Outcomes in Through Trade?
Middle-Income Countries Drummond, Paulo, Estelle X. Liu
Stepanyan, Ara, Lamin Leigh
13/239
15/12 Money Targeting in a Modern Forecasting and Policy Analysis
Revisiting teh Concept of Dollarization: The Global Financial System: an Application to Kenya
Crisis and Dollarization in Low-Income Countries Andrle, Michal, Andrew Berg, Enrico Berkes,
Mwase, Nkunde, Francis Y. Kumah Rafael A Portillo, Jan Vlcek, R. Armando Morales
14/241 13/237
Global Financial Transmission into Sub-Saharan Africa– The Investment-Financing-Growth Nexus: The Case of Liberia
A Global Vector Autoregression Analysis Clark, Will, Manuel Rosales
Canales Kriljenko, Jorge Iván, Mehdi Hosseinkouchack,
Alexis Meyer-Cirkel 13/226
Making Monetary Policy More Effective: The Case of the
14/231 Democratic Republic of the Congo
Safe Debt and Uncertainty in Emerging Markets: Fischer, Felix, Charlotte J. Lundgren, Samir Jahjah
An Application to South Africa
Saxegaard, Magnus 13/216
Fiscal Discipline in WAEMU: Rules, Institutions, and Markets
14/172 Hitaj, Ermal, Yasin Kursat Onder
A Quality of Growth Index for Developing Countries:
A Proposal 13/215
Mlachila, Montfort, Rene Tapsoba, Sampawende J.-A. Inclusive Growth and Inequality in Senegal
Tapsoba Kireyev, Alexei
14/159 13/201
Introducing a Semi-Structural Macroeconomic Model for Africa’s Got Work to Do: Employment Prospects in the New
Rwanda Century
Charry, Luisa, Pranav Gupta, Vimal Thakoor Fox, Louise, Cleary Haines, Jorge Huerta Muñoz,
Alun Thomas
14/150
How Solid is Economic Growth in the East African 13/188
Community? Resource Dependence and Fiscal Effort in Sub-Saharan Africa
Gigineishvili, Nikoloz, Paolo Mauro, Ke Wang Thomas, Alun, Juan P. Treviño
122
PUBLICATIONS DU DÉPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 2009–16
13/176 13/31
Benchmarking Structural Transformation Across the World Inward and Outward Spillovers in the SACU Area
Dabla-Norris, Era, Alun H. Thomas, Rodrigo Garcia-Verdu, Canales-Kriljenko, Jorge Iván, Farayi Gwenhamo,
Yingyuan Chen Saji Thomas
13/173 13/12
Tax Administration Reform in the Francophone Countries of Bond Markets in Africa
Sub-Saharan Africa Mu, Yibin, Peter Phelps, Janet Stotsky
Fossat, Patrick, Michel Bua
12/290
13/161 Inequalities and Growth in the Southern African Customs
Financial Depth in the WAEMU: Benchmarking Against Union (SACU) Region
Frontier SSA Countries Basdevant, Olivier, Dalmacio Benicio, Yorbol Yakhshilikov
Ahokpossi, Calixte, Kareem Ismail, Sudipto Karmakar,
Mesmin Koulet-Vickot 12/280
Striking an Appropriate Balance Among Public Investment,
13/147 Growth, and Debt Sustainability in Cape Verde
Investing Volatile Oil Revenues in Capital-Scarce Economies: Mu, Yibin
An Application to Angola
Richmond, Christine, Irene Yackovlev, Shu-Chun Yang 12/272
The East African Community: Prospects for Sustained Growth
13/144 McAuliffe, Catherine, Sweta Saxena, Masafumi Yabara
Fiscal Sustainability, Public Investment, and Growth in
Natural Resource-Rich, Low-Income Countries: The Case of 12/249
Cameroon Financing Growth in the WAEMU through the Regional
Samaké, Issouf, Priscilla Muthoora, Bruno Versailles Securities Market: Past Successes and Current Challenges
Diouf, Mame Astou, Francois Boutin-Dufresne
13/139
Inclusive Growth: An Application of the Social Opportunity 12/208
Function to Selected African Countries Exchange Rate and Foreign Interest Rate Linkages for
Adedeji, Olumuyiwa, Huancheng Du, Maxwell Opoku-Afari Sub-Saharan Africa Floaters
Thomas, Alun
13/116
Inclusive Growth and the Incidence of Fiscal Policy in 12/196
Mauritius — Much Progress, But More Could be Done A Financial Conditions Index for South Africa
David, Antonio, Martin Petri Gumata, Nombulelo, Nir Klein, Eliphas Ndou
13/53 12/177
The Quality of the Recent High-Growth Episode in Estimating the Implicit Inflation Target of the South African
Sub-Saharan Africa Reserve Bank
Mlachila, Montfort, Marcelo Martinez Klein, Nir
13/51 12/160
Benchmarking Banking Sector Efficiency Across Regional Monetization in Low- and Middle-Income Countries
Blocks in Sub-Saharan Africa: What Room for Policy? McLoughlin, Cameron, Noriaki Kinoshita
Boutin-Dufresne, Francois, Santiago Peña, Oral Williams,
12/148
Tomasz A. Zawisza
The Relationship between the Foreign Exchange Regime
13/39 and Macroeconomic Performance in Eastern Africa
Monetary Transmission Mechanism in the East African Stotsky, Janet Gale, Olumuyiwa Adedeji,
Community: An Empirical Investigation Manuk Ghazanchyan, Nils O. Maehle
Davoodi, Hamid, Shiv Dixit, Gabor Pinter
12/141
13/34 Exchange Rate Pass-Through in Sub-Saharan African
Determinants of Bank Interest Margins in Sub-Saharan Africa Economies and its Determinants
Ahokpossi, Calixte Razafimahefa, Ivohasina Fizara
13/32 12/136
Exchange Rate Liberalization in Selected Sub-Saharan African Welfare Effects of Monetary Integration: The Common
Countries: Successes, Failures, and Lessons Monetary Area and Beyond
Mæhle, Nils, Haimanot Teferra, Armine Khachatryan Asonuma, Tamon, Xavier Debrun, Paul R. Masson
123
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
12/127 11/281
As You Sow So Shall You Reap: Public Investment Surges, Effectiveness of Capital Controls in Selected Emerging Markets
Growth, and Debt Sustainability in Togo in the 2000s
Andrle, Michal, Antonio David, Raphael A. Espinoza, Baba, Chikako, Annamaria Kokenyne
Marshall Mills, Luis-Felipe Zanna
11/280
12/119 How Costly Are Debt Crises?
Tracking Short-Term Dynamics of Economic Activity in Furceri, Davide, Aleksandra Zdzienicka
Low-Income Countries in the Absence of High-Frequency
GDP Data 11/275
Opoku-Afari, Maxwell, Shiv Dixit Monetary Policy Transmission in Ghana: Does the Interest
Rate Channel Work?
12/108 Kovanen, Arto
Mobilizing Revenue in Sub-Saharan Africa: Empirical Norms
and Key Determinants 11/274
Drummond, Paulo,Wendell Daal, Nandini Srivastava, Luiz Does Money Matter for Inflation in Ghana?
E. Oliveira Kovanen, Arto
12/94 11/273
Monetary Policy in Low-Income Countries in the Face of the On the Stability of Monetary Demand in Ghana: A Bounds
Global Crisis: The Case of Zambia Testing Approach
Baldini, Alfredo, Jaromir Benes, Andrew Berg, Mai Dao, Dagher, Jihad, Arto Kovanen
and Rafael Portillo
11/268
12/93 Oil-Price Boom and Real Exchange Rate Appreciation: Is There
Fiscal Policies and Rules in the Face of Revenue Volatility Dutch Disease in the CEMAC?
Within Southern Africa Customs Union Countries (SACU) Treviño, Juan Pedro
Basdevant, Olivier 11/266
12/92 The Design of Fiscal Adjustment Strategies in Botswana,
Real Wage, Labor Productivity, and Employment Trends in Lesotho, Namibia, and Swaziland
South Africa: A Closer Look Basdevant, Olivier, Dalmacio Benicio, Borislava Mircheva,
Klein, Nir Joannes Mongardini, Geneviève Verdier, Susan Yang, Luis-
Felipe Zanna
12/73
Exchange Rate Volatility Under Peg: Do Trade Patterns 11/246
Matter? Do Remittances Reduce Aid Dependency?
Lonkeng Ngouana, Constant Kpodar, Kangni, Maelan Le Goff
12/32 11/233
Assessing Bank Competition within the East African Determinants of Non-oil Growth in the CFA-Zone Oil
Community Producing Countries: How Do They Differ?
Sanya, Sarah, Matthew Gaertner Tabova, Alexandra, Carol L. Baker
12/20 11/232
Prudential Liquidity Regulation in Developing Countries: Inflation Dynamics in the CEMAC Region
A Case Study of Rwanda Caceres, Carlos, Marcos Poplawski-Ribeiro,
Sanya, Sarah, Wayne Mitchell, Angelique Kantengwa Darlena Tartari
12/18 11/207
Capital Market Integration: Progress Ahead of the East African External Sustainability of Oil-Producing Sub-Saharan African
Community Monetary Union Countries
Yabara, Masafumi Takebe, Misa, Robert C. York
12/7 11/205
International Reserves in Low-Income Countries: Have They The Cyclicality of Fiscal Policies in the CEMAC Region
Served as Buffers? Mpatswe, Gaston K., Sampawende J. Tapsoba,
Cripolti, Valerio, George Tsibouris Robert C. York
11/294 11/204
Inflation Differentials in the GCC: Does the Oil Cycle Matter? South Africa: The Cyclical Behavior of the Markups and
Its Implications for Monetary Policy
Mohaddes, Kamiar, Oral Williams
Klein, Nir
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11/202 11/69
Burkina Faso—Policies to Protect the Poor from the Impact of Fiscal Sustainability and the Fiscal Reaction Function for
Food and Energy Price Increases South Africa
Arze del Granado, Javier, Isabell Adenauer Burger, Philippe, Alfredo Cuevas, Ian Stuart,
Charl Jooste
11/198
De Jure versus De Facto Exchange Rate Regimes in 11/64
Sub-Saharan Africa Reviving the Competitive Storage Model: A Holistic Approach
Slavov, Slavi T. to Food Commodity Prices
Miao, Yanliang, Weifeng Wu, Norbert Funke
11/196
Financial Deepening, Property Rights and Poverty: Evidence 11/59
from Sub-Saharan Africa Inflation Uncertainty and Relative Price Variability in
Singh, Raju Jan, Yifei Huang WAEMU
Fernandez Valdovinos, Carlos, Kerstin Gerling
11/178
FDI from BRICs to LICs: Emerging Growth Driver? 11/57
Mlachila, Montfort, Misa Takebe Modeling Inflation in Chad
Kinda, Tidiane
11/176
Determinants of Interest Rate Pass-Through: Do 11/48
Macroeconomic Conditions and Financial Market Structure Fiscal Expectations under the Stability and Growth Pact:
Matter? Evidence from Survey Data
Gigineishvili, Nikoloz Poplawski-Ribeiro, Marcos, Jan-Christoph Rulke
11/174 11/40
The Quest for Higher Growth in the WAEMU Region: The Growth in Africa under Peace and Market Reforms
Role of Accelerations and Decelerations Korbut, Olessia, Gonzalo Salinas, Cheikh A. Gueye
Kinda, Tidiane, Montfort Mlachila
11/20
11/172 Feeling the Elephant’s Weight: The Impact of Côte d’Ivoire’s
Fiscal Policy Implementation in Sub-Saharan Africa Crisis on WAEMU Trade
Lledo, Victor Duarte, Marcos Poplawski Ribeiro Egoumé-Bossogo, Philippe, Nayo Ankouvi
11/149 11/9
Post-Conflict Recovery: Institutions, Aid, or Luck? Capital Flows, Exchange Rate Flexibility, and the Real
David, Antonio, Fabiano Rodrigues Bastos, Exchange Rate
Marshall Mills Kinda, Tidiane, Jean-Louis Combes, Patrick Plane
11/104 10/292
Ghana: Will It Be Gifted, or Will It Be Cursed? Weathering the Global Storm: The Benefits of Monetary Policy
Aydin, Burcu Reform in the LA5 Countries
Canales-Kriljenko, Jorge Iván, Luis Ignacio Jácome,
11/102 Ali Alichi, Ivan Luis de Oliveira Lima
Oil Spill(over)s: Linkages in Petroleum Product Pricing Policies
in West African Countries 10/269
David, Antonio, Mohamed El Harrak, Marshall Mills, Export Tax and Pricing Power: Two Hypotheses on the Cocoa
Lorraine Ocampos Market in Côte d’Ivoire
Kireyev, Alexei
11/80
Feeling the Elephant’s Weight: The Impact of Côte d’Ivoire’s 10/225
Crisis on WAEMU Trade What Can International Cricket Teach Us About the Role of
Egoumé-Bossogo, Philippe, Ankouvi Nayo Luck in Labor Markets?
Aiyar, Shekhar, Rodney Ramcharan
11/73
ICT, Financial Inclusion, and Growth Evidence from 10/217
African Countries Performance of Fiscal Accounts in South Africa in a Cross-
Andrianaivo, Mihasonirina, Kangni Kpodar Country Setting
Aydin, Burcu
125
PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE
10/216 10/80
Cyclicality of Revenue and Structural Balances in South Africa Budget Institutions and Fiscal Performance in Low-Income
Aydin, Burcu Countries
Dabla-Norris, Era, Richard Allen, Luis-Felipe Zanna,
10/210 Tej Prakash, Eteri Kvintradze, Victor Duarte Lledo,
Mother, Can I Trust the Government? Sustained Financial Irene Yackovlev, Sophia Gollwitzer
Deepening—A Political Institutions View
Quintyn, Marc, Geneviève Verdier 10/66
ICT Equipment Investment and Growth in Low- and Lower-
10/195 Middle-Income Countries
Islamic Banking: How Has It Diffused? Haacker, Markus
Imam, Patrick A., Kangni Kpodar
10/58
10/191 The Real Exchange Rate and Growth Revisited: The
A Macro Model of the Credit Channel in a Currency Union Washington Consensus Strikes Back?
Member: The Case of Benin Berg, Andrew, Yanliang Miao
Samaké, Issouf
10/49
10/166 Firm Productivity, Innovation, and Financial Development
How Do International Financial Flows to Developing Dabla-Norris, Era, Eramus Kersting, Geneviève Verdier
Countries Respond to Natural Disasters?
David, Antonio 09/274
Cyclical Patterns of Government Expenditures in Sub-
10/162 Saharan Africa: Facts and Factors
Exchange Rate Assessment for Sub-Saharan Economies Lledo, Victor, Irene Yackovlev, Lucie Gadenne
Aydin, Burcu
09/269
10/148 A Framework to Assess the Effectiveness of IMF Technical
Balance Sheet Vulnerabilities of Mauritius during a Decade Assistance in National Accounts
of Shocks Pastor, Gonzalo C.
Imam, Patrick A., Rainer Koehler
09/260
10/140 Improving Surveillance Across the CEMAC Region
Beyond Aid: How Much Should African Countries Pay Iossifov, Plamen, Noriaki Kinoshita, Misa Takebe,
to Borrow? Robert C. York, Zaijin Zhan
Gueye, Cheikh A., Amadou N.R. Sy
09/244
10/136 A Rule Based Medium-Term Fiscal Policy Framework
Banking Efficiency and Financial Development in for Tanzania
Sub-Saharan Africa Kim, Daehaeng, Mika Saito
Kablan, Sandrine
09/227
10/132 Analyzing Fiscal Space Using the MAMS Model: An
FDI Flows to Low-Income Countries: Global Drivers and Application to Burkina Faso
Growth Implications Gottschalk, Jan, Vu Manh Le, Hans Lofgren,
Dabla-Norris, Era, Jiro Honda, Amina Lahrèche-Révil, Kofi Nouve
Geneviève Verdier
09/216
10/118 Determinants and Macroeconomic Impact of Remittances in
The Linkage between the Oil and Nonoil Sectors—A Panel Sub-Saharan Africa
VAR Approach Singh, Raju Jan, Markus Haacker, Kyung-woo Lee
Klein, Nir
09/215
10/115 São Tomé and Príncipe: Domestic Tax System and Tax
Short- versus Long-Term Credit and Economic Performance: Revenue Potential
Evidence from the WAEMU Farhan, Nisreen
Kpodar, Kangni, Kodzo Gbenyo
126
PUBLICATIONS DU DÉPARTEMENT AFRIQUE DU FMI, 2009–16
09/192 09/98
The Gambia: Demand for Broad Money and Implications for Understanding Inflation Inertia in Angola
Monetary Policy Conduct Klein, Nir, Alexander Kyei
Sriram, Subramanian S.
09/75
09/182 Grants, Remittances, and the Equilibrium Real Exchange Rate
Understanding the Growth of African Markets in Sub-Saharan African Countries
Yartey, Charles Amo, Mihasonirina Andrianaivo Mongardini, Joannes, Brett Rayner
09/180 09/37
Credit Growth in Sub-Saharan Africa—Sources, Risks, and Dedollarization in Liberia—Lessons from Cross-Country
Policy Responses Experience
Iossifov, Plamen, May Y. Khamis Erasmus, Lodewyk, Jules Leichter, Jeta Menkulasi
09/155 09/36
Spillovers from the Rest of the World into Sub-Saharan African The Macroeconomic Impact of Scaled-Up Aid: The Case of
Countries Niger
Drummond, Paulo, Flavio Nacif, Gustavo Ramirez Farah, Abdikarim, Emilio Sacerdoti, Gonzalo Salinas
09/148 09/27
In Search of Successful Inflation Targeting: Evidence from an The Value of Institutions for Financial Markets: Evidence from
Inflation Targeting Index Emerging Markets
Miao, Yanliang Akitoby, Bernardin, Thomas Stratmann
09/146 09/25
Introducing the Euro as Legal Tender—Benefits and Costs of Why Isn’t South Africa Growing Faster? A Comparative
Eurorization for Cape Verde Approach
Imam, Patrick A. Eyraud, Luc
09/115 09/15
The Macroeconomics of Scaling Up Aid: The Gleneagles The Determinants of Commercial Bank Profitability in
Initiative for Benin Sub-Saharan Africa
Mongardini, Joannes, Issouf Samaké Flamini, Valentina, Calvin A. McDonald,
Liliane Schumacher
09/114
Sub-Saharan Africa’s Integration in the Global Financial 09/14
Markets Bank Efficiency in Sub-Saharan African Middle-Income
Deléchat, Corinne, Gustavo Ramirez, Smita Wagh, Countries
John Wakeman-Linn Chen, Chuling
09/113 09/11
Financial Deepening in the CFA Franc Zone: The Role of How Can Burundi Raise its Growth Rate? The Impact of
Institutions Civil Conflicts and State Intervention on Burundi’s Growth
Singh, Raju, Kangni Kpodar, Dhaneshwar Ghura Performance
Basdevant, Olivier
09/107
Madagascar: A Competitiveness and Exchange Rate Assessment
Eyraud, Luc
127
Études économiques et financières
Afrique subsaharienne
Un changement de cap s’impose
16
AVR
Regional Economic Outlook
Sub-Saharan Africa, April 2016 (French)
F O N D S M O N É T A I R E I N T E R N A T I O N A L