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Troisième partie

La vie scolaire :
place et implication
des acteurs
130 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Chapitre 1

Les enseignants :
statut, droits et obligations

Les enseignants ont un statut particulier, bénéficient de droits liés aux


missions qu’ils exercent, mais aussi redevables d’un certain nombre
d’obligations1. Chaque membre de la communauté éducative doit avoir
un comportement et une conduite irréprochable vis-à-vis des élèves, de
ses collègues, et de l’environnement scolaire dans lequel il se trouve.

1.1 Statut et carrière des enseignants


Les enseignants appartiennent au corps des fonctionnaires de l’État
et bénéficient d’un régime de carrière qui leur est propre. Gérer les
enseignants, c’est gérer des dispositions statutaires, des normes,
des procédures, et décider d’une multitude d’actes de gestion :
750 000 personnes à noter chaque année, dont il faut organiser
la mobilité, prévoir l’avancement d’échelon ou la promotion à la
« hors classe ».

Le statut est un texte ou un ensemble de textes fixant les garanties


fondamentales à un corps (celui de la fonction publique en l’occurrence).
Le corps : la fonction publique d’État est divisée en corps
correspondant à des statuts, attributions et grilles de paie précis.
Ces corps sont eux-mêmes divisés en grades ou classes.
Le grade indique le niveau hiérarchique d’un emploi. Le passage
d’un grade à un autre se fait à travers un tableau d’avancement.
Le grade comprend plusieurs échelons (11 pour les certifiés et les
agrégés) de rémunération dont le changement est obligatoirement
acquis par le passage à l’ancienneté. À chaque échelon correspond
un indice de rémunération.
Classe normale et hors classe : passer à la « hors classe » permet
d’aller plus loin dans le tableau des rémunérations.

La fonction publique est caractérisée par l’existence de plusieurs


catégories : les catégories A, B, C, en fonction des différences de

1
Loi dite « loi Le Pors », loi 83-634 du 13 juillet 1983.
Les enseignants : statut, droits et obligations 131

situation, de responsabilité, de niveau de recrutement. L’appartenance


à la fonction publique d’État a le double effet de prémunir contre
la perte d’emploi et d’assurer aux enseignants une progression de
carrière minimale, ainsi que des perspectives de promotion.

Différentes positions statutaires sont envisageables, un enseignant


peut être en activité, en détachement, « hors cadre », en disponibilité,
en congé. De plus, divers types de mobilité existent :
– mobilité géographique ou mutation (soit à la demande de
l’administration soit à la demande de l’intéressé), mais aussi mobilité
fonctionnelle, qui permet d’exercer d’autres fonctions ;
– mobilité fonctionnelle interne : enseigner hors du territoire
métropolitain, changer de modalités d’exercice (postes spécifiques
nationaux, postes spécifiques académiques), changement de discipline,
mais aussi possibilité de répartir son service en obtenant une décharge
partielle ou en faisant des heures supplémentaires en formation
initiale, continue ou en exerçant des missions spécifiques ;
– mobilité statutaire dans l’éducation : devenir personnel de direction,
personnel d’inspection, conseiller de formation continue, occuper des
fonctions administratives ;
– mobilité statutaire hors de l’éducation : accéder à un autre de corps
de la fonction publique d’État, à un corps de la fonction publique
territoriale, à un corps de la fonction publique hospitalière.
Enfin, l’accession à un autre corps peut se réaliser de la manière
suivante : dans le second degré, il s’agit du passage du corps des
professeurs certifiés à celui des agrégés ; dans l’enseignement
supérieur, c’est l’accès au corps de maître de conférences lorsque l’on
est PRAG (professeur agrégé affecté dans l’enseignement supérieur).

Comme pour tout fonctionnaire, la rémunération principale des


enseignants augmente périodiquement au fur et à mesure qu’ils gravissent
les échelons à l’intérieur de leur grade : à chaque échelon correspond un
indice qui détermine le montant de la rémunération principale.
Les changements d’échelon sont plus ou moins rapides en fonction
de la note attribuée après l’inspection et celle attribuée par le chef
d’établissement. Ainsi, selon qu’il avance au grand choix ou à
l’ancienneté, un enseignant atteindra le dernier échelon de la classe
normale en vingt ou trente ans.
132 La vie scolaire : place et implication des acteurs

• Les professeurs des écoles


Le corps des professeurs des écoles est le plus important quantitativement
pour l’ensemble de la fonction publique. Il existe deux corps de
fonctionnaires chargés de l’enseignement dans les écoles maternelles et
élémentaires : celui des instituteurs, régi par le décret du 4 juillet 1972,
et celui des professeurs des écoles, régi par le décret du 1er août 1990.
Depuis la création du corps des professeurs des écoles, le recrutement
des instituteurs a été arrêté. La direction des écoles maternelles et
élémentaires relève du décret du 14 janvier 1991. Les directeurs
d’école ne forment pas un corps : ils occupent une fonction.
Le corps des professeurs des écoles comporte deux classes : une « classe
normale », qui comprend onze échelons et une « hors-classe », qui
comprend sept échelons.
Pour traduire l’importance de ces différences en termes de salaire,
le tableau suivant utilise les notions de « salaire minimum », qui
correspond à l’indice atteint par un enseignant avançant essentiellement
à l’ancienneté dans la classe normale, et celui de « salaire maximum »,
correspondant à l’indice atteint par un enseignant avançant au grand
choix et terminant sa carrière à la hors-classe2.

Tableau des rémunérations


pour les professeurs des écoles, professeurs certifiés et professeurs de lycée
professionnel, conseillers d’orientation-psychologue, conseillers principaux d’éducation

Salaire mensuel net Salaire mensuel net


Situation
minimum* maximum*
Stagiaire 1 310 € 1 310 €
Après 2 ans de carrière 1 562 € 1 562 €
Après 10 ans de carrière 1 753 € 1 859 €
Après 20 ans de carrière 2 298 € 2 471 €
Après 30 ans de carrière 2 471 € 2 931 €

* En fonction de leur notation, les professeurs changent d’échelon selon trois rythmes d’avancement.

Indemnités mensuelles
– Directeur d’école : 92 €
– Indemnité pour les professeurs des écoles spécialisés : 67 €
– Heure supplémentaire année (hors professeurs des écoles) : 104 € à 115 €
– Indemnité ZEP : 93 €
– Indemnité suivi et orientation des élèves (tous les professeurs des lycées et
collèges, hors professeurs des écoles) : 97 €
– Indemnité de professeur principal : 114 €

2
 es salaires nets mensuels indiqués s’entendent hors perception de l’indemnité de résidence, du supplément
L
familial de traitement, éventuellement perçu, et toutes cotisations sociales déduites.
Les enseignants : statut, droits et obligations 133

Exemples
– un professeur des écoles spécialisé, 10 ans de carrière : 1 926 € net mensuel ;
– un professeur des écoles en ZEP, 2 ans de carrière : 1 655 € net mensuel ;
– un directeur d’école de 13 classes, 30 ans de carrière : 3 023 € net mensuel,
auxquels s’ajoutent 216 € de bonifications indiciaires, soit 3 240 € ;
– un professeur certifié, 2 ans de carrière avec une HSA3 : 1 764 € net mensuel ;
– un professeur de lycée professionnel, 20 ans de carrière, professeur principal avec
une HSA : 2 787 € net mensuel ;
– un professeur d’éducation physique et sportive, 30 ans de carrière, professeur
principal en ZEP avec une HSA : 3 340 € net mensuel.

Source : MEN.

Exercer le métier de professeur ne signifie pas nécessairement enseigner


toute sa vie, encore moins enseigner toute sa vie de la même manière. La
liberté que lui laisse l’organisation de son travail, permet à l’enseignant
qui le désire d’exercer ses compétences au-delà de sa classe et de les
élargir. Cela peut se traduire par l’animation d’activités périscolaires,
la création de matériel pédagogique ou de logiciels éducatifs.
Dans un autre registre, un professeur des écoles peut, par exemple,
devenir directeur d’école, maître formateur en IUFM, psychologue
scolaire, inspecteur, enseignant au collège ou au lycée (en passant un
concours interne), ou exercer à l’étranger.

• Les professeurs certifiés et les professeurs agrégés


Les professeurs certifiés sont des enseignants du second degré dans
les collèges et lycées publics. Le corps comporte deux classes : une
« classe normale », qui comprend onze échelons, et une « hors-
classe », qui comprend sept échelons. La rémunération principale
d’un professeur certifié augmente périodiquement au fur et à mesure
qu’il gravit les échelons à l’intérieur de son grade4.
Les professeurs agrégés enseignent dans les classes préparatoires
aux grandes écoles, dans les classes des lycées, dans les universités,
dans les établissements de formation et, exceptionnellement, dans
les classes des collèges. Le corps des professeurs agrégés comporte
deux classes : une « classe normale », qui comprend onze échelons,
et une « hors-classe » qui comprend cinq échelons.

3
Heures supplémentaires années.
4
Même tableau que pour les professeurs des écoles.
134 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Salaire mensuel net Salaire mensuel net


Situation
minimum * maximum *
Stagiaire 1 423 € 1 423 €
Après 2 ans de
1 944 € 1 944 €
carrière
Après 10 ans de
2 226 € 2 384 €
carrière
Après 20 ans de
2 939 € 3 082 €
carrière
Après 30 ans de
3 082 € 3 615 €
carrière

* En fonction de leur notation, les professeurs changent d’échelon selon trois rythmes d’avancement.

Indemnités mensuelles
– Heure supplémentaire année : 150 € à 164 €
– Indemnité ZEP : 94 €
– Indemnité suivi et orientation des élèves : 97 €
– Indemnité de professeur principal : 114 €

Exemples
– un professeur agrégé, 2 ans de carrière en ZEP avec trois HSA : 2 435 € net mensuel ;
– un professeur agrégé, 30 ans de carrière, professeur principal avec trois HSA :
4 264 € net mensuel.
Source : MEN.

Les concours ouverts aux enseignants leur permettent également


d’évoluer vers la spécialisation (l’évaluation, le conseil), en étant
affectés dans l’enseignement supérieur, ou vers l’encadrement, en
devenant chefs d’établissement.
Enfin, le détachement, la mise à disposition ou la disponibilité
permettent à certains, qu’ils soient professeurs des écoles, certifiés
ou agrégés, pendant quelques années, d’exercer un métier différent
de celui qu’ils ont initialement choisi.

• La notation des enseignants


Les personnels enseignants sont soumis à une notation pédagogique, réalisée
par les corps d’inspection, et à une note administrative annuelle, proposée
par le chef d’établissement. Tous ceux qui sont en position d’activité doivent
être notés, y compris les personnels absents pour une longue période (congés
de maladie ordinaire, de longue maladie, de maternité).
Les enseignants : statut, droits et obligations 135

La note administrative n’existe pas chez les enseignants du premier


degré. Ils se voient attribuer une note pédagogique de 0 à 20,
par l’inspecteur d’académie, accompagnée d’une appréciation, sur
proposition de l’IEN qui a assuré l’inspection de l’enseignant. Ces
notes sont arrêtées après avoir été harmonisées au plan départemental,
c’est-à-dire par référence à une grille de notation. La note est, dans
la mesure du possible, communiquée dans le trimestre qui suit
l’inspection, et la notation est prise en compte dans la progression
de la carrière.
Les enseignants du second degré, eux, sont soumis à une double
notation, administrative (40 %) et pédagogique (60 %).

La note administrative est arrêtée par le recteur, sur proposition


du chef d’établissement. Celui-ci doit proposer une note pour tous
les enseignants administrativement rattachés à son établissement, y
compris ceux en congés de longue maladie ou en congés de longue
durée (il peut proposer une appréciation et une note équivalente à celle
de l’année précédente). Les appréciations ne doivent pas faire allusion
à des opinions ou à des activités politiques, syndicales, religieuses
ou à des absences justifiées pour congés de maladie, maternité,
garde d’enfant. L’entretien préparatoire à l’évaluation est de droit,
à la demande de l’intéressé. La notation fait l’objet d’une fiche de
notation comprenant trois critères : l’assiduité et la ponctualité,
l’autorité, et le rayonnement. Une appréciation générale exprime la
valeur professionnelle de l’enseignant, en cohérence avec les critères
mentionnés ci-dessus. Une note est également fixée en référence aux
échelons et aux marges d’évolution réglementaires. Elle est fondée
aussi sur les critères et l’appréciation générale.
Toute proposition de hausse exceptionnelle de la note, ou de notation
supérieure à la note maximale, doit être accompagnée d’un rapport
annexe argumenté établi par le chef d’établissement et faisant état
des mérites de la personne notée. En l’absence de ce rapport, la
proposition de note sera harmonisée conformément à la grille de
référence. De la même manière, toute proposition de baisse de note,
quelle que soit l’amplitude de cette baisse, doit être accompagnée
d’un rapport annexe, qui sera porté au préalable à la connaissance
de l’intéressé. Par ailleurs, seule la note chiffrée est susceptible de
contestation, non les appréciations.
136 La vie scolaire : place et implication des acteurs

La note pédagogique est arrêtée par les inspecteurs, qu’il s’agisse des
inspecteurs de l’Éducation nationale et des inspecteurs d’académie de
l’enseignement technique (IEN-ET), des inspecteurs pédagogiques
régionaux (IA-IPR), pour les certifiés, professeurs d’EPS et professeurs
de lycées professionnels, ou encore des inspecteurs généraux de
l’Éducation nationale (IGEN), pour les professeurs agrégés, dont ceux
de chaires supérieures. Cette note peut être contestée.

1.2 Les droits


Les enseignants bénéficient de droits qui sont extrêmement encadrés
par les textes.

Le droit à rémunération a un caractère « alimentaire »5 : le traitement est


destiné à permettre aux enseignants de subvenir à leurs besoins. Il est pour
partie incessible et insaisissable, et a un caractère statutaire. Sa fixation
procède d’un acte unilatéral et non-contractuel. Il est impersonnel : son
montant est fonction du grade6 et de l’échelon de l’enseignant, et non de la
qualité et de la quantité de travail fourni. Il obéit à la règle du service fait :
lorsqu’un enseignant s’abstient d’effectuer tout ou partie de son service,
ou quand il ne respecte pas ses obligations de service, l’enseignant n’est
pas rémunéré (au prorata du temps qu’il n’a pas effectué).

Le droit syndical est garanti aux enseignants, et ceux qui sont intéressés
par cet engagement peuvent librement créer des organisations syndicales,
y adhérer et y exercer des mandats. L’exercice du mandat syndical est
garanti par l’attribution de décharges de service, d’autorisations spéciales
d’absences et de la mise en place d’un congé de formation syndicale
d’une durée maximum de douze jours7.

Le droit de grève8 s’entend en référence à l’article 10 de la loi du


13 juillet 1983, qui précise que les « fonctionnaires exercent le droit
de grève dans le cadre des lois qui le réglemente ». L’enseignant qui
n’effectue pas son service, pour fait de grève, fait l’objet d’une retenue,
opérée sur sa rémunération (« le trentième indivisible »), ceci n’étant

5
Vocabulaire employé dans le statut de la fonction publique.
6
 e grade des certifiés, par exemple, compte 11 échelons ; il existe d’autres grades, comme celui des agrégés,
L
pourvus également de onze échelons.
7
Loi n°84-16 du 11 janvier 1984, article 34-7.
8
Il est acquis depuis 1946.
Les enseignants : statut, droits et obligations 137

pas une sanction, mais la conséquence du fait qu’il n’a pas travaillé.
L’enseignant n’a pas à être préalablement informé de la décision prise
avant qu’elle soit exécutée ; il s’agit d’une simple mesure comptable.

Le droit à congés9 correspond aux congés annuels du calendrier


établi par le ministère de l’Éducation nationale. Les enseignants sont
dispensés de leur service d’enseignement, durant les périodes de
vacances des classes prévues au calendrier scolaire national triennal,
celui-ci étant arrêté par le ministre, conformément à l’article L. 521-1
du Code de l’éducation. Les congés de maladie sont accordés10 au
vu d’un certificat médical, mais l’administration peut contrôler ce
dernier et demander une contre-expertise. L’enseignant perçoit son
plein traitement pendant trois mois, puis il se trouve ensuite trois
mois à demi-traitement, et ceci chaque année. Le congé de longue
maladie est accordé pour les maladies ne figurant pas sur la liste des
affections ouvrant droit au congé longue durée, et le poste n’est pas
déclaré vacant. Le congé d’accompagnement d’une personne en fin de
vie11 figure parmi les congés pouvant être accordés aux enseignants.

Le droit à la formation joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre


de toutes les politiques académiques. Quelle que soit l’académie, ce
rôle est incontournable : le plan académique de formation (PAF) est
offert à l’ensemble des personnels. Il permet à la fois de répondre au
mieux aux attentes individuelles et collectives des personnels, mais
également de préparer les évolutions souhaitées par l’institution
scolaire. Ce droit se traduit dans les établissements d’enseignement
par l’accès au plan académique de formation.

Le droit à la protection juridique est lié au fait qu’un enseignant


peut être victime de la violence des usagers du service public
d’enseignement, mais aussi qu’il peut lui-même commettre des
fautes dans l’exercice de ses fonctions, qui lui valent d’être traduit
devant les tribunaux. Le ministère de l’Éducation nationale a mis
en place des dispositifs pour protéger ses fonctionnaires, que ceux-
ci soient poursuivis ou victimes. Ce système de protection s’inscrit

9
 ispositions de l’article 34 de la loi du 11 janvier 1984 modifiée, portant dispositions statutaires applicables
D
à la fonction publique d’État.
10
Décret n° 84-446 du 14 mars 1986 : régime des congés de maladie.
11
 ’est un congé qui peut être accordé sur demande de l’enseignant quand un ascendant, un descendant
C
ou encore une personne partageant son domicile fait l’objet de soins palliatifs. Il est d’une durée de trois
mois maximum et est non-rémunéré.
138 La vie scolaire : place et implication des acteurs

dans la logique du régime juridique de la protection fonctionnelle


des fonctionnaires, qui procède des articles 11, 11 bis et 11 bis A de
la loi du 13 juillet 1983. Les modalités de cette protection sont les
suivantes : il s’agit d’actions allant du soutien moral et matériel apporté
par l’administration à l’enseignant, jusqu’à sa réinsertion sociale et
professionnelle. La position du Conseil d’État est claire à ce propos :
il appartient à l’autorité décisionnelle de retenir « compte tenu des
circonstances de chaque espèce, les modalités appropriées à l’objectif
de protection ». L’obligation légale de l’administration est conditionnée
par la nature de la faute : la faute de service entraîne nécessairement
une protection, la faute personnelle peut justifier un refus.

1.3 Les obligations


Suivant la même logique que celle qui prévaut pour celle des droits,
les obligations des enseignants sont très précisément encadrées par
les textes et la jurisprudence.

L’obligation d’obéissance hiérarchique correspond au fait


que l’enseignant doit toujours se conformer aux instructions de
son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est
manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un
intérêt public. Le refus d’obéissance est considéré comme une faute
professionnelle. En outre, l’enseignant se doit de respecter les lois et
règlements de toute nature.

L’obligation d’exercer ses fonctions consiste à exercer son


enseignement conformément aux horaires de service définis pour
chaque corps d’enseignants. Les professeurs doivent effectuer les
tâches qui leur sont confiées : « Tout fonctionnaire, quel que soit son
rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui
lui sont confiées »12. Les enseignants sont également tenus, outre la
préparation de leurs cours, d’apporter une aide au travail personnel
des élèves, d’en assurer le suivi, de procéder à leur évaluation et de les
conseiller dans le choix de leur projet d’orientation, en collaboration
avec les personnels d’éducation et d’orientation. L’enseignant doit
occuper l’emploi auquel il est nommé et affecté : le refus de
rejoindre son poste peut être constitutif d’une faute disciplinaire,

12
Article 28, loi du 13 juillet 1983.
Les enseignants : statut, droits et obligations 139

voire plus grave, d’un abandon de poste. Il doit effectuer son


service de façon continue (obligation de ponctualité et d’assiduité),
mais aussi les activités autres que l’enseignement, définies par les
textes réglementaires ou les instructions du ministère de l’Éducation
nationale. Il est tenu à une obligation de surveillance de prudence et
de vigilance, pendant les sorties et les voyages collectifs, lors de la
pratique d’activités physiques sportives scolaires.

L’obligation de neutralité s’impose à tous les professeurs dans leurs


enseignements.

Le principe de laïcité s’applique également à tous les agents du


service public d’enseignement public, et fait obstacle à ce qu’ils
manifestent leurs croyances religieuses dans le cadre de leurs
enseignements. La neutralité est le devoir de mesurer ses mots et la
forme dans laquelle ils sont exprimés. Un enseignant ne peut se livrer
à des attaques ou à des insultes contre le ministère de l’Éducation
nationale, ou contre ses collègues, en public ou dans la presse.

L’obligation de discrétion professionnelle correspond à l’idée


que nul ne peut faire état de documents « internes » concernant
l’établissement dans lequel il exerce. Un enseignant peut se prêter à une
interview sur une question générale, mais pas sur le fonctionnement
administratif de l’établissement où il enseigne. La méconnaissance
de cette obligation expose l’enseignant à des sanctions disciplinaires.

1.4 Les sanctions


Toute faute commise par un membre de l’enseignement, dans l’exercice
où à l’occasion de ses fonctions, l’expose à une sanction (disciplinaire),
sans préjuger le cas échéant des peines prévues par la loi pénale.

• Faute disciplinaire
Il y a faute disciplinaire chaque fois que le comportement d’un
enseignant entrave le bon fonctionnement du service ou porte atteinte
à la considération du service, ici du service public d’éducation. Les
décisions sont prises en réunion du conseil de discipline13.

13
 ’article 30 de la loi de 1983 permet à l’autorité administrative de suspendre le fonctionnaire en cas de
L
faute grave, dans la perspective de l’engagement d’une procédure disciplinaire à son encontre dans un
délai de quatre mois.
140 La vie scolaire : place et implication des acteurs

La suspension, si elle est décidée, n’est pas une sanction, elle est
prise dans l’intérêt du service, et l’agent ne doit plus se rendre sur
son lieu de travail. L’enseignant suspendu conserve son traitement
pendant quatre mois.
Autorité disciplinaire et juridiction pénale ne sont pas liées par leurs
décisions respectives. La sanction disciplinaire n’est pas un acte de
justice, elle n’est pas un jugement. Les enseignants relèvent de la
section disciplinaire de l’établissement où les faits donnant lieu à
des poursuites ont été commis. La décision rendue est prononcée en
séance publique, elle est motivée, et la sanction ne prend effet qu’à
compter du jour de sa notification. Elle est signifiée, par le président
du conseil de discipline, à la personne contre laquelle les poursuites
ont été intentées, au directeur de l’établissement concerné, au recteur
d’académie. La notification doit mentionner les voies de recours et
les délais selon lesquels la décision peut être contestée.

Les sanctions disciplinaires applicables aux enseignants de


l’enseignement public sont réparties en quatre groupes : tout d’abord
l’avertissement et le blâme, puis la radiation du tableau d’avancement,
l’abaissement d’échelon, l’exclusion temporaire (maximum quinze
jours), puis le déplacement d’office pour le deuxième, la rétrogradation,
l’exclusion temporaire pour une durée de six mois à deux ans, et enfin
la mise à la retraite d’office ou révocation.

Pour aller plus loin


• Sous la présidence de Marcel Pochard, La redéfinition du métier
d’enseignant, le livre vert sur l’évolution du métier d’enseignement,
2008.
• Pierre Bandet, Les obligations des fonctionnaires de trois fonctions
publiques, éd. Berger-Levrault, 2004.
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 141

Chapitre 2

Les enseignants :
obligation de surveillance
et responsabilités

En moyenne�14, au cours des trois dernières années scolaires, le nombre


total des accidents déclarés a été égal à environ 24 000, pour les
écoles, 17 000, pour les collèges et 11 000, pour les lycées, soit en
tout 52 000 par an. La grande majorité de ces accidents surviennent
lors des activités sportives, mais la cour de récréation est également un
des lieux où les accidents se produisent en grand nombre. L’accident
peut se produire au sein de l’établissement, sur le trajet pour aller
faire de l’éducation physique et sportive, ou encore lors d’une sortie
scolaire pour aller visiter tel ou tel site…

2.1 Les principaux textes


Les trois circulaires suivantes sont fondamentales pour saisir l’importance
de l’obligation de surveillance.

• Circulaire n° 96-248 du 25 octobre 1996 « sur la surveillance


des élèves »
« L’institution scolaire assume la responsabilité des élèves qui lui sont
confiés. Elle doit veiller à ce que ces derniers ne soient pas exposés
à subir des dommages, et n’en causent pas à autrui, qu’il s’agisse
d’autres usagers ou de tiers au service […]
Cette responsabilité est susceptible d’être engagée tant que l’élève doit
être regardé comme placé sous la garde de l’établissement. L’obligation
de surveillance qui en résulte ne se limite donc pas nécessairement à
l’enceinte scolaire. Elle vaut pour l’ensemble des activités prises en
charge par l’établissement, qu’elles soient obligatoires ou facultatives,
et en quelque lieu qu’elles se déroulent […]
Si elle est générale dans son principe, elle peut être plus ou moins
contraignante selon les cas et varier notamment en fonction de l’âge
des élèves, selon qu’ils sont en collège ou en lycée. L’établissement
scolaire, de par sa mission de formation et d’éducation, contribue à

14
 bservatoire de la sécurité des établissements scolaires et d’enseignement supérieur, rapport annuel 2008 ;
O
www.ons.education.gouv.fr; Base d’observation des accidents scolaires et universitaires : BAOBAC.
142 La vie scolaire : place et implication des acteurs

l’apprentissage de la responsabilité par les élèves. Les modalités de


surveillance des élèves doivent tendre à la mise en place de conditions
de vie collective satisfaisantes. Elles participent au projet global de
formation de l’établissement […]
Il importe que les modalités de la surveillance se traduisent sous
la forme de règles simples et précises, dont la justification puisse
être facilement perçue par les intéressés, et qui prennent en compte
l’objectif que les élèves assurent eux-mêmes, progressivement, la
prise en charge de certaines de leurs activités, ainsi qu’il est prévu à
l’article 3 du décret du 30 août 1985 relatif aux établissements publics
locaux d’enseignement […]
Ces règles seront retracées de manière claire et exhaustive par le
règlement intérieur de l’établissement. Il est souhaitable que les
responsables légaux de l’élève, ou l’élève lui-même s’il est majeur,
attestent par leur signature en avoir pris connaissance, sans que cette
formalité puisse être considérée comme obligatoire […].
La responsabilité des mesures générales d’aménagement de
l’établissement et d’organisation de la vie scolaire incombe au chef
d’établissement et au conseil d’administration […]
En tant qu’elle concerne l’organisation de l’établissement, au sens
de l’article 16 du décret du 30 août 1985, et trouve sa place dans le
règlement intérieur, elle entre dans le cadre de l’autonomie reconnue
aux EPLE et relève de la compétence du conseil d’administration […]
Le chef d’établissement en est également responsable, au titre des
pouvoirs qui lui sont reconnus pour assurer le bon ordre, la sécurité
des biens et des personnes et l’application du règlement intérieur,
ainsi que pour organiser le service des personnels. […]
Les conseillers principaux d’éducation (CPE) ont un rôle éminent
à jouer dans l’organisation et l’animation de la vie scolaire. Ils
sont chargés d’organiser le service des personnels de surveillance,
et il convient qu’ils soient étroitement associés à l’élaboration des
dispositions qui régissent la vie scolaire. […]
Il faut enfin rappeler que l’organisation de la surveillance est
nécessairement liée aux conditions d’aménagement matériel des
locaux et implique, à cet égard, la collectivité de rattachement. Quant
à la mise en œuvre des règles retenues, elle requiert la vigilance
de l’ensemble des personnels, et tout particulièrement celle des
enseignants. »
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 143

• Circulaire n° 2004-138 du 13 juillet 2004 :


« Risques particuliers à l’enseignement de l’EPS et au sport
scolaire »
« Les programmes d’enseignement publiés confirment la contribution
de l’éducation physique et du sport scolaire aux finalités de l’école.
Toutefois, la spécificité de leur mise en œuvre nécessite des
contraintes particulières d’organisation, pour à la fois garantir la
sécurité des élèves et contribuer à l’éducation à la sécurité. En raison
de cette même spécificité, les enseignants peuvent se trouver dans des
situations où leurs gestes et leurs attitudes, destinés aussi bien à aider
les élèves qu’à prévenir les risques d’accidents, sont susceptibles de
donner lieu à des interprétations erronées et parfois malveillantes. […]
En continuité avec la note de service du 9 mars 1994 et les lettres
ministérielles du 10 janvier 2001, les présentes recommandations ont
pour objet de préciser, voire de rappeler aux différents membres de la
communauté éducative, les fondements de la spécificité de l’action des
enseignants chargés de l’éducation physique et sportive, les risques
qui y sont liés ainsi que les attitudes et interventions permettant d’y
répondre, sans remettre en cause les dispositions qui ont été prises
afin de protéger les élèves contre les maltraitances et agressions de
toute nature. […]
Il convient également de rappeler que la mise en jeu de la responsabilité
des enseignants d’EPS s’exerce dans les mêmes conditions que
celles des autres enseignants. Ce point fait l’objet d’un important
développement en annexe de cette recommandation. »

• Circulaire n° 2004-139 du 13 juillet 2004 :


« Enseignement de la natation dans les établissements
scolaires du premier et du second degré »
« Le cadre général de la surveillance des établissements de bains est
défini par le plan d’organisation de sécurité et de secours (POSS)
prévu par l’arrêté du 16 juin 1998. Dans le cadre scolaire, dans le
premier et dans le second degré, cette surveillance est obligatoire
pendant toute la durée de la présence des classes dans le bassin et sur
les plages. Elle est assurée par du personnel titulaire d’un des diplômes
conférant le titre de maître nageur sauveteur (diplôme d’État de MNS,
brevet d’État d’éducateur sportif des activités de la natation) ou par
un personnel territorial des APS, qui, dans le cadre de son statut, est
144 La vie scolaire : place et implication des acteurs

qualifié pour surveiller les établissements de bains. Ce personnel


est exclusivement affecté à cette tâche et, par conséquent, ne peut
simultanément remplir une mission d’enseignement. […]
Dans le premier degré, et jusqu’à trois classes évoluant dans le même
bassin, une personne chargée de la surveillance sera nécessaire au
bord du bassin ; au-delà de trois classes, deux personnes seront
nécessaires, y compris en cas d’utilisation d’un système informatisé
de surveillance. […]
Dans le second degré, et compte tenu de la qualification des professeurs
d’éducation physique et sportive en matière de sauvetage, cette
tâche de surveillance des scolaires pourra être assurée par une seule
personne, exclusivement affectée à cette tâche, quel que soit le nombre
de classes présentes dans le bassin. Ces dispositions sont également
applicables aux séances d’entraînement effectuées dans le cadre de
l’association sportive de l’établissement. […]
La sécurité ne tient pas uniquement aux conditions externes de
surveillance. Si elles sont indispensables, celles-ci ne suffisent pas
pour engager sous une forme active l’éducation à la sécurité. Aussi
les enseignants veilleront à mettre en place des procédures de travail
propres à limiter les risques et à en faire prendre conscience aux
élèves, notamment à travers :
– les modalités de travail, associant le plus souvent deux élèves afin
que chacun porte attention à son partenaire ;
– le balisage des espaces de travail de chaque groupe ;
– les entrées et les sorties ordonnées du bassin ;
– le déplacement sur les plages et dans les espaces de circulation.
Toutes les formes d’organisation doivent respecter la même exigence de
sécurité avec une vigilance renforcée pour les modifications de tâche, qui
constituent un facteur potentiel d’accident. C’est ainsi que des activités de
réinvestissement, généralement organisées en fin de séance, nécessitent
un niveau accru d’attention. De plus, le comptage régulier des élèves,
ainsi que les signes éventuels de fatigue, feront l’objet d’une attention
toute particulière de la part de l’enseignant responsable du groupe. »

2.2 Les régimes de responsabilité applicables


L’imprégnation juridique croissante de notre société conduit la plupart
des citoyens à exiger une obligation de résultat : « À partir du moment
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 145

où il y a un dysfonctionnement, ils veulent savoir qui est responsable


et ils mélangent responsabilité et culpabilité. »15 Or, si le double
phénomène de judiciarisation et de pénalisation touche l’ensemble
de la société, pourquoi épargnerait-il les établissements scolaires et
les différents membres de leurs communautés éducatives ?
Pour comprendre comment les responsabilités des acteurs sont mises
en jeu, il nous faut donc recourir à diverses branches du droit dans la
mesure où il s’agit d’actions en responsabilité pouvant avoir diverses
origines, le contentieux étant partagé entre trois juges :
– le juge civil, sur attribution de compétence par la loi de 1937 ;
– le juge pénal, qui connaît les délits répréhensibles pénalement (coups
et blessures, homicides involontaires, vols) ;
– le juge administratif, qui a naturellement compétence lorsqu’il s’agit
de problèmes de responsabilité de la puissance publique (mauvaise
organisation du service ou mauvais fonctionnement, dommage dû à
un ouvrage public).
À la suite d’un accident scolaire, il n’est pas rare de constater que
deux actions sont menées en parallèle : devant les tribunaux civils,
d’une part, devant les tribunaux administratifs, d’autre part.

• Les dispositions de la loi du 5 avril 1937 (responsabilité civile)


Le domaine de la responsabilité dans l’enseignement est un domaine
peu connu, mais présentant un certain nombre de spécificités qui
tiennent autant au régime juridique qui s’applique, qu’à la spécificité
de la discipline enseignée.
Le régime de responsabilité, qui repose sur la loi du 5 avril 1937, est
le résultat d’une évolution datant du siècle dernier, dont l’objectif était
d’alléger la responsabilité d’une catégorie d’enseignants. Cette loi, à
l’époque innovante, a modifié les règles du Code civil en supprimant
la présomption de faute pesant sur « les instituteurs »16. La loi de
1937, par la mise en œuvre du principe de substitution, remplace la
responsabilité de l’instituteur par celle de l’État : l’administration
seule peut être condamnée. La substitution est automatique, et le
membre de l’enseignement public disparaît de l’action principale.

C’est le sens de l’article L. 911-4 du Code de l’éducation : « Dans tous les


cas où la responsabilité des membres de l’enseignement public est engagée
à la suite où à l’occasion d’un fait dommageable, commis soit par les

15
Bernard Toulemonde, La Revue du droit scolaire, n° 13, p. 22, janvier-février 1996.
16
Terme issu de la rédaction de 1937, qui couvre maintenant tous les enseignants.
146 La vie scolaire : place et implication des acteurs

enfants, soit à ces enfants ou jeunes gens dans les mêmes conditions,
la responsabilité de l’État sera substituée à celle desdits membres de
l’enseignement, qui ne pourront jamais être mis en cause devant les
tribunaux civils par la victime ou ses représentants. Il en sera ainsi toutes
les fois que, pendant la scolarité ou en dehors de la scolarité dans un
but d’éducation morale ou physique non-interdit par les règlements, les
enfants ou jeunes gens confiés ainsi aux membres de l’enseignement
public se trouveront sous la surveillance de ces derniers ».
Pour que la substitution soit possible, un certain nombre de conditions
doivent être remplies ; il faut :
– que le responsable du dommage ait la qualité d’instituteur public :
le terme d’« instituteur » ou de « membre de l’enseignement
public » s’entend très largement et concerne tous ceux qui, dans la
communauté éducative, « appartiennent à un corps de professeurs
recrutés par l’État »17 et « ceux qui, sans avoir directement la charge
d’un enseignement, ont néanmoins une mission en relation étroite
avec lui ». En ce qui concerne l’enseignement privé, c’est le décret
du 22 avril 1960, pris en application de la loi de 1959 sur les rapports
entre l’État et les établissements d’enseignements privés, qui prévoit
que soient également couverts les maîtres des établissements privés
sous contrat d’association avec l’État ;
– que le dommage ait été causé ou subi par un élève : la réalité du
dommage ne présente aucune difficulté particulière, ce sont les
conséquences de l’accident survenu à un moment où l’élève était sous
la surveillance du professeur : la première tâche consiste à déterminer
si le professeur a commis une faute, puisque la responsabilité de
l’État ne sera engagée que sur ce fondement. En fait, l’analyse du
juge consiste à apprécier la conduite de l’enseignant, à rechercher
si, compte tenu des circonstances, une faute peut lui être reprochée.
La faute civile s’apprécie in abstracto18, le problème étant ici de
déterminer le type normal de conduite que l’auteur de la faute aurait
dû tenir. Dans la comparaison qu’il doit faire entre la conduite de
l’auteur du dommage et celle qu’aurait eu un homme honnête et
diligent, le juge tient compte de la profession exercée.

• L’obligation de surveillance particulière qui pèse sur les


membres de l’enseignement est-elle spécifique ?
Les enseignants sont censés agir en conformité avec l’image que la

17
« Recueil des lois et règlements », n° 560, p. 1, 1971.
18
Par rapport à une situation abstraite.
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 147

conscience collective a d’eux, et c’est parce que leurs missions sont


parfaitement connues et déterminées, qu’ils ont, par hypothèse, les
compétences nécessaires pour s’adapter à toutes les formes de situations.
On posera alors que l’enseignant doit avoir agi comme une personne
avisée dans les mêmes conditions. Tribunaux et cours estiment que
les enseignants d’éducation physique et sportive, par exemple, « sont
tenus à une vigilance constante »19 et doivent prendre les précautions
adaptées aux difficultés et aux dangers des exercices demandés. En
outre, aucune faute ne peut être reprochée aux enseignants, lorsque
l’accident s’est produit avec une telle soudaineté qu’ils ne pouvaient
ni le prévoir ni l’empêcher (encore faut-il que l’acte soudain n’ait pas
été commis à la suite d’une faute antérieure).

L’étude du contentieux20 (148 affaires entre 1980 et 2000) fait


apparaître que dans 60 % des cas la responsabilité de l’État du fait de
ses enseignants est retenue sur la base d’un défaut de surveillance.
Le cas particulier de la matière enseignée, l’éducation physique
et sportive, mérite que l’on s’y attarde du point de vue des fautes
retenues. Ainsi a été considéré comme fautif par les juges :
– de ne pas avoir organisé l’activité sportive de manière à avoir
des garanties suffisantes de surveillance sur tous les élèves21 ;
– d’avoir disposé les tapis de manière incomplète et insuffisante22 ;
– de n’avoir pas vérifié l’état du matériel et du terrain23 ;
– de vouloir surveiller en même temps plusieurs ateliers à risques24 ;
– de ne pas avoir prévu de parade25 ;
– de ne pas avoir été exhaustif sur les consignes de sécurité26 ;
– d’avoir toléré des conflits pendant le cours27.
Ces exemples ne représentent qu’une petite partie du
contentieux, mais confirment l’exigence d’une faute pour retenir
la responsabilité de l’État substituée à celle du professeur. Il
appartient à l’enseignant de choisir, parmi toute la gamme des

19
 ribunal de grande instance (TGI) d’Avranches, 29 avril 1993, ministère de l’Education nationale, « La
T
lettre d’information juridique (LIJ) », 1995.
20
 rédérique Thomas-Bion, « La responsabilité de l’enseignant : le cas du professeur d’éducation physique
F
et sportive », thèse de doctorat, 2001.
21
Cour d’appel (CA) de Toulouse, Affaire Raynaud, 1994, LIJ, 1998.
22
CA de Grenoble, affaire Lardière, 1992, LIJ, 1996.
23
CA de Nancy, affaire Corraza, 1999, LIJ, 2001.
24
TGI de Nice, affaire Pierzchalski, 1995, LIJ 1998.
25
TGI de Soissons, affaire Byrka, 1992, LIJ 1996.
26
TGI de Nancy, affaire Leroy, 1995, LIJ, 1996.
27
TGI de Beauvais, affaire Guilpain, 1989, LIJ, 1996.
148 La vie scolaire : place et implication des acteurs

exercices existants, ceux qui présentent, par rapport aux élèves


auxquels il s’adresse, le moins de danger possible. Il en résulte
qu’il n’y aura pas de faute lorsque la pratique de l’activité ne revêt
pas un caractère dangereux, ou même lors d’aléas normaux d’une
activité pratiquée régulièrement�28.

En résumé, en matière civile, l’examen des fautes de surveillance


retenues par les juges pour établir la responsabilité de l’État, substituée
à celle de l’enseignant, a permis de parvenir à une représentation
précise de l’attitude exigée de l’enseignant dans l’exercice de ses
fonctions�29. D’après la jurisprudence, le professeur diligent est celui
qui respecte les règlements, qui exerce une surveillance constante et
active, fait preuve de prévoyance et de prudence, évite les situations
dangereuses, et tient compte de la situation particulière de ses élèves.
Une surveillance constante et sans faille, telle qu’entendue par
les tribunaux, signifie plus qu’une simple présence, elle implique
que l’enseignant soit toujours susceptible d’intervenir et exerce
un véritable contrôle sur ses élèves : la principale qualité de la
surveillance, c’est son efficacité, et celle-ci ne peut être assurée
qu’au prix d’une attention de tous les instants et d’une intervention
immédiate, en cas de danger.
Pour prévenir les accidents, l’enseignant doit également anticiper
tout ce qui pourrait arriver à ses élèves, autrement dit le devoir de
surveillance se double d’une obligation de prévoyance. Faisant
application de l’idée selon laquelle pour bien surveiller, il faut d’abord
bien prévoir, la jurisprudence considère que la prévoyance est plus
qu’une simple composante de la surveillance, elle est un élément
nécessaire à toute surveillance efficace.

Le cadre légal dans lequel se déroulent les activités d’enseignement


est composé de trois types de référence :
– les textes généraux liés à des décrets d’application de la loi, les
arrêtés ainsi que les circulaires ;
– les règlements établis par certaines fédérations sportives, celles
bénéficiant de la délégation de pouvoir pour organiser les pratiques
sportives dont elles ont la charge et qui disposent de prérogatives de
puissance publique, exercent un réel pouvoir réglementaire. Quand
l’accident scolaire s’est produit, lors d’une pratique sportive pour

28
TGI de Clermont-Ferrand, 1995, LIJ, 1998.
29
Frédérique Thomas-Bion, Cadre juridique en EPS et recueil de jurisprudence, dossier 59, éd. Revue Eps, 2002.
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 149

laquelle une disposition réglementaire fédérale existe, le juge peut


alors y faire référence et en tenir compte pour établir son intime
conviction ;
– le règlement intérieur des établissements scolaires, qui peut
comporter un certain nombre de recommandations et de conduites à tenir.

• Les dispositions de la loi Fauchon (responsabilité pénale)


Les mécanismes de responsabilité usuels, concernant les
enseignants, comme le régime dérogatoire de la loi du 5 avril 1937,
ne satisfont pas toujours les parents des victimes, en raison de l’écran
d’anonymat qu’offre l’usage de ce dispositif. Cette occultation des
responsabilités personnelles empêche une imputation précise du
dommage et les conduits à mettre en cause les enseignants devant
les juridictions répressives.
Un ou deux procès très médiatisés, dont celui de l’affaire du Drac,
avaient conduit à la mise en cause pénale et à la condamnation
d’enseignants, pour aboutir finalement à leur relaxe, après une longue
procédure. Il paraît intéressant ici d’analyser l’application de cette loi
aux enseignants, dans la mesure où son interprétation paraît délicate.

La loi du 10 juillet 2000 modifie la notion de faute pénale d’imprudence


définie à l’article 121-3 du Code pénal. Elle opère une distinction entre
les auteurs directs d’infractions involontaires et les auteurs indirects,
et exige, pour mettre en cause la responsabilité pénale des auteurs
indirects, une faute caractérisée.
La modification principale résulte de l’ajout d’un quatrième alinéa
à l’article 121-3 du Code pénal aux termes duquel « les personnes
physiques qui n’ont pas causé directement le dommage, mais qui ont
créé ou contribué à créé la situation qui a permis la réalisation du
dommage, ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter,
sont responsables pénalement s’il est établi qu’elles ont soit violé de
façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence
ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une
faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière
gravité qu’elles ne pouvaient ignorer ».
La loi nouvelle oblige le juge à modifier son raisonnement : avant
de se pencher sur la faute commise, il devra étudier la causalité.
Autrement dit, les imprudences ou négligences entrant dans le champ
150 La vie scolaire : place et implication des acteurs

de la causalité indirecte n’entraîneront donc plus nécessairement la


responsabilité pénale des personnes physiques, mais elles pourront
engager leur responsabilité civile. Dans ce cas, la réalisation d’une
faute caractérisée est nécessaire pour engager la responsabilité pénale.

Le tribunal correctionnel de La Rochelle, à la suite du décès d’un


garçon de treize ans, en mai 1999, écrasé par la chute d’une cage
mobile à laquelle il s’était suspendu sur le terrain de football
communal, avait poursuivi le maire pour « homicide involontaire ».
Le 7 septembre 2000, le tribunal a cependant jugé que le maire avait
seulement commis une faute de négligence (de nature civile) et non
pas une faute « caractérisée » susceptible d’engager sa responsabilité
pénale, il n’a pas été démontré que son attention avait été attirée de
manière précise et certaine sur le risque encouru par les usagers des
équipements sportifs.

La loi du 10 juillet (loi pénale plus douce) s’applique également


aux infractions commises avant son entrée en vigueur et qui n’ont
pas donné lieu à une condamnation définitive. Ainsi, l’arrêt du Drac
prononce la relaxe de l’institutrice et de la directrice de l’école, car
le « danger pouvait être ignoré » par le décideur public. Ce danger
avait échappé depuis des années à toutes les autorités, il ne pouvait
être soutenu que l’institutrice et la directrice ne pouvaient ignorer le
risque auquel elles se seraient elles-mêmes soumises.
Il n’existe pas de solutions systématiques et il serait vain de tenter
de donner une définition unique et « opérationnelle » de la causalité
indirecte. Les situations concrètes sont trop diverses pour que l’on
puisse prétendre rendre compte en une formule de l’ensemble des
solutions jurisprudentielles.

A été considéré comme un auteur indirect le maire poursuivi du chef


de blessures ou d’homicide involontaire :
– pour ne pas s’être assuré de la stabilité d’une buse ayant, en se
déplaçant, écrasé un enfant dans une aire communale de jeu ;
– pour avoir pris un arrêté d’ouverture d’une station de ski, sans
vérifier le respect des règles de balisage des pistes ;
– pour ne pas s’être assuré de la stabilité d’une cage de buts mobiles
dont la barre transversale avait blessé un enfant.
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 151

De même ont été considérés comme ayant causé indirectement


le dommage :
– le proviseur mis en cause à la suite du décès d’un élève au cours
d’un stage de formation en montagne ;
– la directrice d’école poursuivie pour homicide involontaire à la suite
de la chute d’un élève monté sur le toit des sanitaires, ou pour avoir
participé à l’organisation d’une sortie au cours de laquelle plusieurs
enfants sont décédés ;
– les responsables d’un camp de vacances au cours duquel plusieurs
adolescents ont trouvé la mort lors d’une sortie en mer (affaire dite
de « l’abbé Cottard ») ;
– le professeur d’éducation physique, le directeur d’un centre sportif
et l’accompagnateur en moyenne montagne chargés d’organiser et
d’encadrer une randonnée en raquettes au cours de laquelle plusieurs
enfants sont morts (affaire dite des « Orres »).

La faute délibérée et la faute caractérisée


Il s’agit soit d’une violation manifestement délibérée d’une
obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le
règlement, soit d’une faute caractérisée et qui exposait autrui à un
risque d’une particulière gravité que le prévenu ne pouvait ignorer.
La faute délibérée suppose un élément légal, l’existence
d’une obligation particulière de sécurité prévue par la loi ou
le règlement, et un élément intellectuel, la volonté délibérée
de violer cette obligation. Autrement dit, une faute de cette
nature ne peut être retenue lorsque l’obligation méconnue
présentait un caractère trop général, ou lorsqu’elle n’est pas
contenue dans une loi ou un règlement. Elle n’est pas retenue
non plus lorsqu’il n’est pas démontré que l’auteur du dommage
a méconnu de manière manifestement délibérée l’obligation
qui s’imposait à lui.
La faute caractérisée suppose que la faute soit, comme son nom
l’indique, « caractérisée », c’est-à-dire qu’elle présente un certain
degré de gravité, une particulière évidence. Cela suppose aussi
qu’elle expose autrui à un risque d’une particulière gravité,
c’est-à-dire qu’il faut démontrer qu’en conséquence de la faute
commise il existait objectivement de fortes probabilités qu’une
personne fût exposée à un risque de mort ou de blessures graves.
152 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Enfin, cela suppose que l’auteur du dommage n’ait pu ignorer


le risque. Cette condition est liée au degré de conscience du risque
qu’a le prévenu.

Jurisprudence
n° 2 – Fête de classe

L’accident du 22 décembre 1996 s’est produit dans des circonstances


particulières. C’est la fin de l’année, et la classe prépare son départ en
classe de neige ; l’ambiance est joyeuse (musique, gâteaux, boissons).
Certains enfants dansent, d’autres jouent. Le maître est occupé à organiser
l’aménagement intérieur d’une malle destinée à la classe de neige. Comme
il faut aérer la pièce, celui-ci ouvre le châssis bas de la fenêtre se trouvant
la plus proche de lui. Il ne voit pas l’enfant s’asseoir sur le rebord ce cette
fenêtre ni tomber.
En première instance
1) Le tribunal ne se place pas sur le terrain de la faute de surveillance. Il
retient que la pédagogie moderne implique souplesse et autonomie dans
les mouvements des enfants. Le maître est un éducateur, non un surveillant,
et ne peut « raisonnablement avoir les yeux constamment fixés sur chacun
des élèves ». Il ne peut, par exemple, lorsqu’il écrit au tableau suivre tous
leurs mouvements. Il n’est pas retenu à sa charge d’avoir laissé sa classe
sans surveillance le temps où il rangeait la malle, et cette affirmation
explicite de l’absence de faute de surveillance aurait pu présager de la non-
culpabilité de l’enseignant. Cela n’a pas été le cas, puisque le tribunal, en
première instance, a retenu contre l’instituteur une faute de négligence et
d’imprudence.
2) Il lui appartenait de veiller particulièrement à la sécurité des conditions
d’occupation de la classe. La plus grande liberté laissée aux élèves, engendrée
par le souci pédagogique de leur autonomie, impliquait la nécessité d’une
particulière attention à la sécurité dans l’environnement des enfants. Ce
jour-là, en raison du contexte déjà évoqué, la liberté des enfants était accrue
puisqu’ils pouvaient se déplacer de table en table pour changer de jeu,
écouter de la musique ou danser.
3) L’instituteur aurait dû alors se soucier de ne pas ouvrir, ou de refermer, le
châssis bas de la fenêtre, d’autant que l’aération de la salle pouvait s’effectuer
sans difficulté par l’ouverture du châssis central, et ceci pendant la récréation.
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 153

4) Il lui est particulièrement reproché de ne pas avoir pris cette mesure,


parce qu’il savait que s’asseoir sur le rebord d’une telle fenêtre constituait
un danger. À plusieurs reprises, il avait interdit aux élèves de s’installer
près des fenêtres, même lorsqu’elles étaient fermées. Il avait, au premier
trimestre de l’année scolaire, mimé avec les enfants une scène de chute
en leur expliquant les risques, et dans quelles conditions la chute pouvait
se produire si l’un d’eux, assis au bord, était bousculé. Or, même si tout
se déroulait dans des conditions normales, le fait que les enfants soient
autorisés à circuler plus encore que de coutume pouvait faire apparaître le
risque d’une bousculade.
5) Dans ces conditions, l’instituteur n’a pas accompli les diligences normales
qui lui incombaient compte tenu de sa mission et de ses fonctions, de ses
compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait. Il a commis
une faute d’imprudence ou de négligence caractérisée qui a exposé la jeune
élève à un risque d’une particulière gravité, qu’il ne pouvait ignorer.
En appel, l’instituteur fait valoir :
– que n’était pas rapportée la preuve qu’il ait violé de façon manifestement
délibérée une obligation particulière de prudence et de sécurité prévue par
la loi et le règlement ;
– qu’il n’avait pas conscience d’exposer la jeune élève à un accident, en
laissant une fenêtre ouverte, et ne pouvait penser que l’enfant, à l’encontre
des avertissements répétés, passerait outre, ou les oublierait ;
– qu’il n’a pas commis de faute caractérisée.
La cour, au contraire, souligne que l’instituteur avait à ce point conscience
du risque de chute couru par les enfants qu’il avait, à l’occasion d’activités
scolaires appelées « Quoi de neuf ? », attiré l’attention de ceux-ci quant
à l’existence de ce danger. La surveillance des enfants doit être continue
et leur sécurité constamment assurée « en tenant compte de l’état et de la
distribution des locaux et de la nature des activités proposées ».
Les magistrats rappellent que l’instituteur connaissait la dangerosité
résultant de l’ouverture des fenêtres, et que la probabilité d’un accident
était plus grande encore le 20 décembre 1996 que les autres jours. En outre,
la décision prise par la jeune élève d’aller s’asseoir ne peut être mise sur
le compte d’une désobéissance, mais sur la liberté de mouvement que
l’instituteur avait consenti à ses élèves.
Il doit être rappelé que, au rang des obligations essentielles incombant aux
instituteurs, figure celle d’assurer la sécurité et la surveillance des élèves
qui leur sont confiés. Il ne peut être, à l’évidence, exigé d’eux qu’ils soient
154 La vie scolaire : place et implication des acteurs

présents à tous les instants, encore est-il nécessaire qu’ils exercent une
surveillance effective, vigilante, pendant la totalité du temps scolaire, et
s’assurent que toutes les conditions de sécurité soient réunies.
En omettant de procéder au retour des élèves dans la salle de classe, et en
ne rétablissement pas les conditions de sécurité qui leur avait jusque là
garanties, générant un risque majeur dont il avait conscience, il a commis
une faute caractérisée. C’est bien la connaissance du risque dans cette
espèce, qui constitue le pivot de la faute caractérisée. L’instituteur se
pourvoit en cassation et la chambre criminelle de la Cour de cassation,
dans son arrêt du 6 septembre 2005, confirme la condamnation.

• La responsabilité administrative
La responsabilité administrative reste en règle générale conditionnée
par une faute, la faute d’un fonctionnaire ou faute de service, ou une
faute anonyme, ce que l’on appelle la « mauvaise organisation »
ou le « fonctionnement défectueux du service », ou encore l’« acte
administratif illégal ». Ces fautes administratives peuvent être très
diverses et sont appréciées selon les difficultés de fonctionnement
du service.

Le défaut d’entretien normal d’un ouvrage est susceptible


d’engager la responsabilité de la collectivité propriétaire de l’ouvrage.
Un ouvrage public est un bien immobilier, comme un bâtiment, mais
également les éléments qui s’y attachent : ainsi des biens fixés au sol,
comme les cages de football, ou un toboggan ou encore les éléments
des espaces verts, sont considérés comme des ouvrages publics. La
personne publique responsable est la collectivité propriétaire de
l’ouvrage, c’est-à-dire, dans la majorité des cas, les communes, pour
les écoles, les départements, pour les collèges, et les régions, pour
les lycées. La faute est présumée : il appartient au propriétaire de
l’ouvrage de prouver que l’état de celui-ci ne révélait aucun défaut
d’entretien à la date de l’accident.

La faute dans l’organisation du service : lorsque le défaut


d’organisation du service touche le fonctionnement (mauvaise
organisation de la surveillance) du service public de l’enseignement,
la responsabilité de l’État pourra être engagée. Par contre, si le défaut
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 155

d’organisation concerne un domaine qui relève de la compétence de


la collectivité territoriale de rattachement de l’établissement scolaire,
c’est la responsabilité de la commune, du département ou de la région
qui sera engagée.

La législation relative aux accidents du travail : dans ce cas,


c’est l’article R. 412-4 qui s’applique et, le cas échéant, c’est la
responsabilité de l’État, pour faute inexcusable de l’employeur, qui
peut être engagée.

2.3 Les sorties scolaires


Les sorties scolaires inquiètent, en particulier, celles qui impliquent
des déplacements de plusieurs jours. Tout a basculé à la suite de
l’accident du Drac, en décembre 1995, et de l’avalanche des Orres,
en 1998, qui ont confronté les enseignants à la lourde question de
leur responsabilité pénale dans l’organisation des activités et dans
la surveillance des enfants qui leur sont confiés.
En fait, toutes les occasions de quitter l’enceinte scolaire pour des
besoins d’enseignement ont été regroupées sous la terminologie
de « sorties scolaires ». Or, on peut définir celles-ci comme
des séquences pédagogiques destinées à la mise en œuvre des
programmes scolaires, mais se déroulant en dehors de l’école et
nécessitant un déplacement des élèves sous la surveillance et la
responsabilité de l’enseignant.

La réglementation distingue :
– les sorties régulières inscrites à l’emploi du temps et nécessitant
un déplacement en dehors de l’école ; elles sont autorisées par le
directeur d’école ;
– les sorties occasionnelles sans nuitées, qui correspondent à des
activités d’enseignement sous des formes différentes et dans des
lieux divers offrant des ressources naturelles, culturelles, et qui
peuvent même être organisées sur plusieurs jours consécutifs sans
hébergement : elles sont autorisées par le directeur d’école ;
– les sorties occasionnelles avec nuitées, qui regroupent les voyages
collectifs, les classes de découvertes, les classes culturelles ; elles sont
autorisées par l’inspecteur d’académie.
156 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Rappel des textes


– circulaire n° 99-136 du 21 septembre 1999, modifiée par la circulaire
du 31 mai 2000 ;
– circulaire n° 2005-001 du 5 janvier 2005, relative aux séjours
scolaires courts et aux classes de découvertes dans le premier degré.

Enfin, il est ici utile de rappeler qu’il existe des règles pratiques30
concernant les sorties, que celles-ci soient obligatoires ou facultatives.
Le respect de celles-ci, la préparation, l’organisation précise de
la sortie par les enseignants, évite la plupart des incidents ou des
accidents, tout en restant conscient que le risque zéro n’existe pas.
En outre, une fois toutes les précautions prises, aucun magistrat ne
peut raisonnablement condamner un enseignant se conduisant « en
bon père de famille ».

Jurisprudence
n° 3 – Sortie : Visite d’une station d’épuration des eaux

Les faits
Lors de la visite d’une station d’épuration des eaux, un jeune élève de CE2
a eu les doigts de la main gauche écrasés, alors qu’il s’était appuyé sur un
muret d’un bac épaississeur de boue.
Le tribunal
En application de l’article 2 de la loi du 2 avril 1937 et de l’article 1384-8 du
Code civil, la responsabilité de l’État substituée à celle de l’enseignant ne
peut être retenue, qu’à charge pour la victime d’établir que l’enseignant a,
pendant que les enfants étaient avec lui, commis une faute de surveillance,
c’est-à-dire manqué à une obligation de prudence et de vigilance. Pour
apprécier l’existence d’une éventuelle faute, il convient de tenir compte
de la nature de l’activité au cours de laquelle est intervenu l’accident, des
précautions prises dans l’encadrement des enfants en fonction des dangers
potentiels et du caractère prévisible ou non de l’accident.
La circulaire du ministère de l’Éducation nationale, relative à l’organisation
des sorties scolaires, prévoit que la responsabilité générale de celle-ci
incombe à l’enseignant titulaire de la classe, qui doit diviser celle-ci en
groupes. S’il n’a pas à assurer le contrôle du déroulement de la visite, il
doit préalablement définir l’organisation générale de celle-ci et veiller à ce

30
 es fiches pratiques concernant des cas concrets de responsabilités sont disponibles en ligne sur le site
D
www.cap-concours.fr, rubrique « Autour de l’enseignement », « Fiches responsabilité ».
Les enseignants : obligation de surveillance et responsabilités 157

que les intervenants respectent les dispositions prévues, particulièrement


les conditions dans lesquelles évoluent les élèves.
Il apparaît que les consignes de sécurité relatives à la visite du site avaient
été exposées au début du parcours par le responsable de l’Office central
de la coopération à l’école (OCCE) du Loiret, à l’origine du projet de cette
sortie scolaire. Or, il résulte des procès verbaux établis par la gendarmerie,
que l’élève n’a jamais été clairement affecté, tant dans l’esprit des adultes
concernés (chauffeur du car auquel l’instituteur prétend avoir confié l’élève
en question, deux de ses camarades, parent d’élève accompagnateur) que
dans l’esprit même de l’enfant âgé de neuf ans, à une personne référente
chargée de veiller à sa sécurité, au bon déroulement de la visite et au respect
par cet enfant des consignes de sécurité.
L’enseignant a décidé de confier certains élèves à la surveillance d’un adulte
supplémentaire, en l’occurrence le chauffeur du car, lequel n’était pas
initialement prévu dans les accompagnateurs par l’autorisation de sortie
scolaire. Celle-ci ne faisait référence qu’à l’instituteur et à un seul adulte en
plus, soit, selon la circulaire, deux adultes pour 21 élèves.
Il appartenait par conséquent à l’enseignant de procéder de façon claire à
l’affectation des élèves auprès d’un adulte conscient de sa responsabilité
et à même d’effectuer une surveillance efficace et effective des enfants
qui lui étaient confiés. Ce n’était à l’évidence pas le cas du chauffeur, qui
s’était joint à la visite de la station d’épuration des eaux par simple curiosité
personnelle, et qui avait pris en charge des enfants qui ne suivaient aucun
groupe, en particulier l’élève qui s’est blessé. En outre, il résulte des
circonstances même de l’accident, que ni l’enseignant ni l’autre adulte
ne se sont montrés surpris de l’endroit où était l’enfant. Ils n’avaient pas
remarqué son absence du groupe, occupés à remplir un questionnaire.
Enfin, selon plusieurs témoignages, et en particulier celui de
l’accompagnateur, non- enseignant, il apparaît que le jeune garçon
s’était montré, au cours de la journée, et à plusieurs reprises, turbulent
et indiscipliné. Cet adulte ajoutait que, avant même le départ de l’école,
l’élève s’était vu menacé, s’il ne se calmait pas, d’être privé de sortie, et
enfin qu’il avait été nécessaire d’intervenir auprès de lui dans le car. En
effet, l’enseignant a déclaré, lors de son audition, qu’il avait dû sermonner
à plusieurs reprises ce jeune garçon, qu’il avait surpris assis sur le muret
d’un bac de boue, c’est-à-dire dans des conditions proches de celles dans
lesquelles l’accident est survenu peu de temps après. Cet incident révèle
l’indiscipline et la violation manifeste des consignes de sécurité exigées par
158 La vie scolaire : place et implication des acteurs

la configuration du site par cet élève.


Cela aurait dû donner lieu à une intervention de l’instituteur, par exemple
en menaçant de faire cesser à tout moment la visite, ou à défaut d’en écarter
certains, dont faisait partie l’élève qui s’est blessé.
Ainsi :
– en ne procédant pas à une répartition claire de sa classe auprès d’un
adulte accompagnateur identifié, conscient de sa mission de surveillance
durant la visite du site, à même d’intervenir pour faire respecter les règles
de sécurité ;
– en ne vérifiant pas l’effectivité du respect des consignes par ses élèves,
dont il lui appartenait de surveiller l’évolution ;
– en n’intervenant pas auprès de l’élève indiscipliné qui s’était fait
remarquer à plusieurs reprises le jour des faits,
l’enseignant a incontestablement commis une faute de surveillance,
cause génératrice du dommage subi par son élève. Par conséquent, l’État,
substitué à l’enseignant, est responsable des conséquences dommageables
de cet accident.

Pour aller plus loin


• Yann Buttner, André Maurin, Le professeur des écoles et son
environnement juridique, éd. Edilaix, coll. « Point de droit », 2008.
• Frédérique Thomas-Bion, Jean-Daniel Roque, Enseignement et
responsabilités, éd. Berger-Levrault, 2e édition, 2008.
• www.cap-concours.fr : rubrique « Autour de l’enseignement »,
« Fiches responsabilité ». Une cinquantaine de fiches aborde la
thématique de la responsabilité des professeurs des écoles dans le
cadre de leurs enseignements.
Les élèves : la démocratie lycéenne 159

Chapitre 3

Les élèves :
la démocratie lycéenne

La démocratie lycéenne désigne l’ensemble des instances de


l’Éducation nationale permettant, à tous les échelons du système
scolaire, l’expression des lycéens via des représentants élus. Elle
a été mise en place de façon très progressive à la suite de plusieurs
mouvements lycéens.
Dans la charte du « lycée pour le XXIe siècle » était pointée la mise
en place d’une pratique citoyenne établie sur les droits, mais aussi les
devoirs des lycéens, à travers les instances du lycée, fondements de
la vie démocratique. C’est la raison pour laquelle, et compte tenu des
changements très récents concernant les acteurs de la vie lycéenne,
quelques étapes de cette élaboration seront rappelées.

3.1 Une construction lente, mais opérationnelle


1961 : c’est l’officialisation de la création des foyers socio-éducatifs
(FSE) première forme d’implication des lycéens. Le FSE est organisé
et animé à l’initiative des élèves, les adultes leur apportant aide et
conseils technique. Le FSE ne se limite pas aux loisirs, il tend à
modifier la relation des enseignants et des élèves en renforçant l’esprit
de coopération dans la classe et dans l’établissement. Le foyer socio-
éducatif est une association « loi 1901 ».

1964 : la loi sur la composition du Conseil supérieur de l’éducation


fait entrer trois lycéens dans cette instance : c’est ainsi la première
fois que des élèves du secondaire avaient des représentants au
niveau national.

1968 : sont institués les délégués élus par leurs camarades : le délégué
de classe est chargé de représenter les autres élèves. Il est ainsi le
premier maillon de la pyramide (dans le cas des lycées), le plus connu
des représentants et le plus proche de ses électeurs. Toutefois, il faudra
attendre plusieurs années pour que tous les lycées s’en dotent et que
160 La vie scolaire : place et implication des acteurs

les mentalités évoluent sur ce point, afin qu’il fasse vraiment partie
du paysage du lycée.

1970 : une première circulaire, le 28 avril 1970, précise que « la


vie scolaire ne doit pas tendre à isoler les lycéens de la société dans
laquelle ils sont appelés à vivre, mais à leur permettre progressivement
la recherche de l’information objective et pratique de la tolérance,
conditions nécessaires à l’éducation du citoyen ».

1985 : les délégués de classe pourront siéger, lors de la phase


d’examen individuel, lors du conseil de classe.

1991 : au début des années quatre-vingt-dix, de nombreux mouvements


lycéens éclatent, revendiquant de meilleures conditions d’étude.
L’année 1991 marque la mise en place du plan d’urgence des lycées.
Ce plan prévoit, notamment, de créer trois postes dévolus aux
lycéens au Conseil supérieur de l’éducation (CSE). Ils seront élus
par les conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL), créés pour
l’occasion : « Il est créé dans chaque académie un conseil académique
de la vie lycéenne »31, « ce conseil est présidé par le recteur. Il formule
des avis sur les questions relatives à la vie scolaire et au travail dans
les lycées et les établissements régionaux d’enseignement adapté ».
Dans le cadre du plan d’urgence pour les lycées de 1991, un fonds de
vie lycéenne a été créé, pour soutenir les initiatives des élèves dans
l’animation de leur établissement.

1993-1995 : la France entre dans une récession économique inédite


depuis les chocs pétroliers des années soixante-dix. Pourtant, malgré
les difficultés rencontrées par les élèves dans un grand nombre
d’établissements scolaires, le ministre de l’Éducation nationale,
François Bayrou, annonce qu’il n’y aura pas de réformes importantes
au niveau de l’éducation. Des mouvements de protestation se mettent
en place et rapidement les manifestations prennent de l’ampleur : le
ministre appelle les syndicats lycéens à des négociations à l’issue
desquelles le Conseil national de la vie lycéenne est créé32.

1998-2000 : une nouvelle fois, les lycéens sont dans la rue : Claude
Allègre, alors ministre en charge de l’Éducation nationale, convoque les

31
Décret n° 91-916 modifié du 16 septembre 1991 relatif à la création des conseils académiques de la vie lycéenne.
32
Décret du 18 décembre 1995.
Les élèves : la démocratie lycéenne 161

syndicats lycéens et le Conseil national de la vie lycéenne : ce conseil, créé


à titre expérimental en 1998, sera officialisé par les textes de juillet 2000.

Le système, créé tout au long des années quatre-vingt-dix est


généralisé en mai 2000 par Jack Lang, ministre de l’Education
nationale : il nomme un délégué national à la vie lycéenne, chargé
notamment de faire la « liaison entre l’administration et les élus
lycéens dans les académies ».
Ce délégué « sera lui-même un jeune adulte choisi parce qu’il
a déjà eu une expérience de délégué lycéen ». Le ministre a
aussi annoncé son intention d’organiser, à la rentrée 2001, une
journée de préparation des élections destinée à désigner dans
chaque établissement un conseil de la vie lycéenne (CVL). La
création de cette nouvelle instance paritaire (moitié lycéens, moitié
enseignants et parents) avait été décidée par son prédécesseur,
Claude Allègre. Dix ans auront été nécessaires pour mettre en
place une véritable démocratie lycéenne.

2005 : « À compter de la rentrée 2005-2006, il est demandé à chaque


recteur de nommer auprès de lui un délégué académique à la vie
lycéenne (DAVL). Il participera en particulier à la mise en place et
au suivi éditorial d’un site académique consacré à la vie lycéenne. »
C’est la création des délégués académiques à la vie lycéenne.

2010 : le décret du 27 janvier 2010, présente les nouvelles dispositions


sur les élections et les compétences des lycéens pour le conseil de la
vie lycéenne. Le vice-président voit également son rôle renforcé au
sein de l’établissement. La circulaire du 29 janvier 2010 présente les
nouvelles dispositions sur la Maison des Lycéens, qui, désormais, doit
se substituer aux foyers sociaux-éducatifs (FSE) encore existants. Les
élèves sont maintenant présents dans presque toutes les instances de
l’EPLE : conseil d’administration, commission permanente, conseil
de la vie lycéenne, conseil de discipline.

3.2 Les instances


Elles fonctionnent à plusieurs échelons : dans l’établissement, dans
l’académie, et au niveau national.
162 La vie scolaire : place et implication des acteurs

• Au cœur de l’établissement : le conseil de la vie lycéenne


(CVL)33
Créés en 2000, les conseils de la vie lycéenne représentent aujourd’hui
la base de la pyramide des instances lycéennes. Il est présidé par le chef
d’établissement et est composé de 10 lycéens élus et de 10 adultes qui
représentent la communauté éducative. Les membres du CVL sont :
– 7 lycéens élus pour deux ans par l’ensemble des élèves de
l’établissement, changement 2010 (voir encadré) ;
– 3 lycéens élus pour un an, par l’assemblée générale des délégués
de classe, changement 2010 (voir encadré) ;
– 5 enseignants ou personnels d’éducation (CPE, surveillants) ;
– 3 personnels administratifs, sociaux et de santé, techniques, ouvriers
et de services (ATOSS) ;
– 2 représentants des parents d’élèves.

Une nouveauté en 2010 : le régime électoral change


Désormais, les dix représentants lycéens du conseil de la vie
lycéenne seront tous élus au suffrage universel direct pout une
durée de deux ans. Le renouvellement par moitié des ces dix
élus se fera tous les ans. Ce nouveau système d’une élection
au suffrage électoral direct tous les ans dans les établissements
devrait contribuer à renouveler cette instance, la rendre plus
visible, et susciter peut être un engouement plus grand chez les
lycéens qui veulent s’investir dans la vie du lycée.
À titre transitoire, et uniquement pour la rentrée prochaine,
les dix élus seront désignés au même moment. Néanmoins, un
tirage au sort devra être effectué dans les établissements pour
déterminer les cinq qui ne siègeront qu’un an, et les cinq pour
deux ans. Il n’y aura pas d’incidence sur la liste électorale du
conseil académique de la vie lycéenne, ni sur le calendrier.
Au terme de la semaine d’élection (septième semaine après la
rentrée), les listes électorales seront arrêtées, comme de coutume
pour procéder au scrutin du CAVL, à la fin de la treizième
semaine suivant la rentrée.

Les adultes ont un rôle consultatif et ne participent pas aux votes.


Avant chaque séance du conseil d’administration du lycée, le conseil
de la vie lycéenne se réunit sur convocation du chef d’établissement.

33
 écret n° 85-924 modifié du 30 août 1985 (articles 30, 30-1 et 30-2) relatif aux établissements publics
D
locaux d’enseignement (EPLE), juillet 2000.
Les élèves : la démocratie lycéenne 163

Il peut aussi se réunir en séance extraordinaire, si la moitié des


représentants lycéens le demande.
C’est le chef d’établissement qui fixe l’ordre du jour ; il y inscrit tous
les points demandés par au moins la moitié des membres du conseil,
et qui relèvent de ses attributions. À chaque séance, le conseil de la
vie lycéenne émet des avis et fait des propositions (programme des
associations présentes dans l’établissement : FSE, MDL et UNSS, par
exemple). Il prépare aussi un compte-rendu de séance. L’ensemble
est porté à la connaissance du conseil d’administration et peut être
affiché dans le lycée. Le conseil de la vie lycéenne peut aussi se
doter d’un règlement intérieur, en conformité avec les dispositions
réglementaires en vigueur.
Enfin, à l’initiative de la moitié des représentants des lycéens ou du
chef d’établissement, des personnes extérieures peuvent participer à
une séance du conseil de la vie lycéenne.
Il est obligatoirement consulté sur :
– les principes généraux de l’organisation des études et l’organisation
du temps scolaire ;
– l’élaboration et la modification du projet d’établissement et du
règlement intérieur ;
– les modalités générales de l’organisation du travail personnel et du
soutien des élèves ;
– l’information liée à l’orientation ;
– la santé, l’hygiène et la sécurité ;
– l’aménagement des espaces destinés à la vie lycéenne ;
– l’organisation des activités sportives, culturelles et périscolaires.

Nouveautés 2010 : le CVL est désormais obligatoirement consulté


sur des questions de restauration et d’internat, sur la mise en œuvre de
l’accompagnement personnalisé et des dispositifs d’accompagnement, et
sur les changements d’orientation (exemple, les stages passerelles et de
remise à niveau). Chaque année, les représentants lycéens du conseil de
la vie lycéenne élisent parmi eux un représentant titulaire et un suppléant
au conseil d’administration de l’établissement : le titulaire assure les
fonctions de vice-président du CVL, aux côtés du chef d’établissement.
D’autre part, le vice-président voit son rôle précisé. Désormais, « il
présente au CA les avis et les propositions, ainsi que les comptes-
rendus de séance du CVL, qui sont, le cas échéant, inscrits à l’ordre
164 La vie scolaire : place et implication des acteurs

du jour et peuvent faire l’objet d’un affichage dans les conditions


prévues à l’article R-511-734 du Code de l’éducation ». Son rôle est
plus étoffé, et ses attributions clairement identifiées lui donnent plus
de légitimité. Le CVL est un lieu essentiel dans un lycée. Il permet
à chacun, à des échelles différentes, de participer, de s’investir pour
les autres et ainsi améliorer et rendre plus agréable le lycée.

• La Maison des lycéens


La réforme du lycée a fait de la conquête de l’autonomie des lycéens
l’une de ses missions essentielles, elle est l’occasion de donner à la
Maison des lycéens (MDL) une nouvelle dynamique. Elle se substitue
aux foyers socio-éducatifs qui pourraient encore exister et elle aide au
développement de la vie culturelle au lycée, donne aux élèves l’occasion
de s’engager dans des projets, de faire l’apprentissage de leur autonomie
et de prendre des responsabilités importantes. La MDL est une association
qui rassemble les élèves souhaitant s’engager dans des actions citoyennes
et prendre des responsabilités au sein de l’établissement, dans les
domaines culturel, artistique, sportif et humanitaire.
Ce texte propose, en réalité, une redéfinition de l’objet des MDL, qui
vise désormais à catalyser les projets / initiatives des lycéens au sein de
l’établissement, dans les domaines culturel, artistique, sportif, citoyen
et humanitaire. Il s’agit par conséquent d’un recentrage des conseils
de la vie lycéenne sur des activités pures de représentation des intérêts
des lycéens, sur des sujets plus lourds, comme l’accompagnement
personnalisé, le travail personnel de l’élève, la demi-pension…

Extrait de la circulaire du 29 janvier 201035 :


« La Maison des Lycéens est un lieu d’autonomie, de créativité et
d’apprentissage de la responsabilité mis à disposition des élèves
des lycées en dehors du temps scolaire. Ils peuvent s’y investir
librement pour développer des aptitudes et des compétences dans
le cadre d’activités péri-éducatives complémentaires à celles
acquises au titre du socle commun. Cet engagement associatif est
reconnu et valorisé à titre expérimental par la loi n° 2009-1437
du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation
professionnelle tout au long de la vie. Constituée sous forme
d’association, dont le siège se situe dans l’établissement, la Maison
des Lycéens obéit au régime de droit commun des associations

34
Droit d’affichage des lycéens dans l’établissement.
35
Circulaire n° 2010-009 du 29 janvier 2010.
Les élèves : la démocratie lycéenne 165

défini par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d’association.


En outre, les principes directeurs énoncés à l’article R. 511-9 du
Code de l’éducation dont, notamment, ceux de neutralité politique
et religieuse leur sont pleinement applicables. »

• Au niveau académique, le conseil académique de la vie


lycéenne (CAVL)36
Il est composé de 40 membres au maximum (20 titulaires, 20
suppléants). Présidé par le recteur d’académie, il est l’échelon
intermédiaire entre les conseils de la vie lycéenne et le Conseil
national de la vie lycéenne. Dans chaque académie, 20 élus lycéens
y participent : ils sont élus pour deux ans par l’ensemble des
représentants, titulaires et suppléants, des conseils des délégués pour
la vie lycéenne de l’académie.
Cette instance représente les lycéens auprès du recteur d’académie.
Tous les deux ans, les élus « Conseil vie lycéenne » de chaque
établissement ont la possibilité de se présenter au conseil académique
de la vie lycéenne et votent pour élire leurs vingt représentants
académiques. Ceux-ci auront pour mission de faire remonter, idées,
propositions, auprès du recteur.
Le CALV comprend des représentants de l’Éducation nationale
nommés par le recteur (médecin, chef d’établissement, CPE…). Ont
également la possibilité d’être représentés, des membres d’autres
administrations de l’État (Jeunesse et Sports notamment), des
membres des collectivités territoriales, des parents d’élèves, ainsi que
des acteurs du monde associatif, périscolaire, culturel ou économique.
Les membres adultes sont désignés pour trois ans.

• Le délégué académique à la vie lycéenne (DAVL)37


Depuis la rentrée scolaire 2005-2006, chaque recteur a nommé
auprès de lui un délégué académique à la vie lycéenne. Celui-ci a
pour principale mission d’organiser et de dynamiser la vie lycéenne
au sein de l’académie. Placé directement auprès du recteur, le DAVL
est un interlocuteur privilégié pour les lycéens.
Au-delà des missions d’animation, de gestion et de communication
académique qui lui sont prioritairement confiées, il est également
disponible pour accompagner des lycéens ou des membres de la
communauté éducative d’un établissement dans l’élaboration de

36
Décret n° 91-916 modifié du 16 septembre 1991 relatif à la création des conseils académiques de la vie lycéenne.
37
Circulaire n° 2005-124 du 26 juillet 2005 (point n° 6) relative à la préparation de la rentrée scolaire 2005.
166 La vie scolaire : place et implication des acteurs

projets en lien avec la vie lycéenne. Il cherche à articuler le mieux


possible les initiatives locales prises à l’échelon des établissements
scolaires, les actions partagées au niveau d’un bassin d’animation
par exemple (inter-CVL), et les priorités choisies par le CAVL,
durant son mandat de deux ans. Il doit également associer le plus
possible les acteurs de la vie scolaire (CPE, assistants d’éducation,
personnels enseignants) à l’animation de la vie lycéenne, dans le
prolongement des piliers 6 et 7 du socle commun des compétences
et des connaissances.
Dans le cadre de ses fonctions, le DAVL est notamment responsable de :
– l’animation des réunions du conseil académique à la vie lycéenne et
l’organisation d’une séance préparatoire à chacune de ces réunions ;
– la communication académique sur la vie lycéenne, notamment la
mise en place et le suivi éditorial d’un site académique consacré à
la vie lycéenne38 ;
– l’articulation entre les différentes instances de la vie lycéenne :
conseil académique à la vie lycéenne (CAVL) et conseil des délégués
pour la vie lycéenne (CVL). Le DAVL pourra favoriser l’organisation
de réunions inter-CVL, inter-CAVL, et imaginer des moyens de
communication entre les membres de ces différentes instances ;
– l’accompagnement de la gestion et de l’utilisation des fonds de vie
lycéenne, notamment pour le financement de projets émanant de lycéens.
Pour remplir ces missions, le DAVL est amené à se déplacer dans les
établissements de l’académie.

• Au niveau national, le Conseil national de la vie lycéenne


Créé en 1995, présidé par le ministre, le Conseil national de la vie
lycéenne (CNVL) compte 33 élus lycéens :
– 30 membres élus pour deux ans par les représentants lycéens des
conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL) : chaque CAVL
désigne le représentant de son académie au CNVL ;
– 3 représentants lycéens au sein du Conseil supérieur de l’éducation (CSE).
Le CNVL permet aux lycéens de faire remonter toutes leurs
propositions ou contestations auprès du ministre, et favorise ainsi
l’expression de la démocratie lycéenne. La relation entre le CNVL
et le ministère est réalisée par le délégué national à la vie lycéenne,
nommé par le ministre.
Siègent également au CNVL des représentants des inspections générales,

38
Toujours dans l’académie de Rennes, un site collaboratif consacré à la vie lycéenne : www2.toutatice.fr.
Les élèves : la démocratie lycéenne 167

des chefs d’établissement et des directions de l’administration centrale


du ministère de l’Éducation nationale. En fonction de l’ordre du jour, et
avec l’accord de son président, le CNVL peut entendre toute personne
qui peut contribuer à faire avancer ses travaux.

• Le délégué national à la vie lycéenne


Le ministre de l’Éducation nationale a nommé Mathieu Maraine en
qualité de délégué national à la vie lycéenne (DNVL). Ce juriste,
âgé de vingt-huit ans, titulaire d’une maîtrise en droit public et d’un
DESS en sciences politiques, a auparavant occupé des fonctions
exécutives dans une association d’étudiants européens et dispose
d’une expérience solide auprès des jeunes.
Le DNVL a vocation à intervenir sur toutes les questions relatives aux
droits et aux devoirs des lycéens. Il prépare, anime, assure le suivi et
la communication du CNVL, instance de dialogue entre le ministre et
les lycéens. Ce conseil a d’ailleurs été renouvelé à la fin de l’automne,
au terme d’un processus électoral qui a débuté avec les élections des
délégués aux conseils de la vie lycéenne (CVL).

Pour aller plus loin


• Anne Muxuel, L’expérience politique des jeunes, éd. Presses de
Sciences Po, 2001.
• Sous la direction d’Alain Picquenot et de Christian Vitali, De la vie
scolaire à la vie de l’élève, Dijon, édité par le CRDP (centre régional
de documentation pédagogique) de Bourgogne, 2007.
• Site de la vie lycéenne : www.vie-lyceenne.education.fr.
168 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Chapitre 4

Les élèves : droits et obligations

4.1 Droits et obligations des élèves


Les droits et obligations définis par la loi d’orientation sur l’éducation
du 10 juillet 1989, et par le décret du 18 février 1991, ont été précisés
par les circulaires nos 91-051 et 91-052 du 6 mars 1991. Ils varient
selon qu’il s’agit de collégiens ou de lycéens.

• Les droits
Dans les collèges, les élèves disposent, par l’intermédiaire de leurs délégués,
du droit d’expression collective et du droit de réunion. Dans les lycées,
les élèves disposent des droits d’expression individuelle et collective, de
réunion, d’association et de publication. Ceux-ci s’exercent dans le respect
du pluralisme, des principes de neutralité et du respect d’autrui. Tout propos
diffamatoire ou injurieux peut avoir des conséquences graves. L’exercice
de ces droits ne doit pas porter atteinte aux activités d’enseignement, au
contenu des programmes et à l’obligation d’assiduité. Outre le rappel de
leurs droits spécifiques, le règlement intérieur doit préciser, selon qu’il
s’agit de collégiens ou de lycéens :
– les modalités d’exercice du droit de réunion, et notamment les conditions
auxquelles est subordonnée l’autorisation du chef d’établissement ;
– les conditions d’affichage dans l’établissement en application du
droit d’expression collectif (panneau d’affichage et sa localisation,
texte obligatoirement signé…) ;
– pour les lycéens, la diffusion dans l’établissement de leurs publications,
ainsi que le rôle de conseil et d’aide du chef d’établissement en la matière ;
– les conditions de création et de fonctionnement des associations
déclarées qui ont leur siège dans l’établissement.

• Les obligations
L’obligation d’assiduité : elle consiste à participer au travail scolaire,
à respecter les horaires d’enseignement, ainsi que le contenu des
programmes et les modalités de contrôle des connaissances. Un élève
ne peut en aucun cas refuser d’étudier certaines parties du programme
de sa classe, ni se dispenser de l’assistance à certains cours, sauf
Les élèves : droits et obligations 169

cas de force majeure ou autorisation exceptionnelle. Il est rappelé


que les élèves doivent être informés des modalités de contrôle des
connaissances, les comprendre et les respecter.

Les modalités de contrôle des absences et des retards : elles


doivent être clairement précisées dans le règlement intérieur. Elles
prendront appui sur une responsabilisation des élèves et de leurs
familles : il s’agit de leur faire comprendre l’importance de l’assiduité
et de maintenir le dialogue entre l’établissement et les parents. Le
rôle des enseignants dans le contrôle des absences et des retards
doit être précisément défini. L’absentéisme volontaire constitue
un manquement à l’assiduité et peut, à ce titre, faire l’objet d’une
procédure disciplinaire. C’est également souvent le signe d’un mal
être nécessitant une prise en charge spécifique, ou d’une situation
personnelle familiale et sociale fragilisée. Ces situations doivent faire
l’objet d’un suivi attentif et précoce de l’équipe éducative.

Le respect d’autrui et du cadre de vie : l’établissement est une


communauté humaine à vocation pédagogique et éducative où chacun
doit témoigner une attitude tolérante et respectueuse de la personnalité
d’autrui et de ses convictions. Le respect de l’autre et de tous les
personnels, la politesse, le respect de l’environnement et du matériel
sont autant d’obligations inscrites au règlement intérieur. Les élèves
sont associés aux décisions relatives à l’aménagement des espaces et
des lieux de vie destinés à la vie scolaire.

Le devoir de n’user d’aucune violence : les violences verbales, la


dégradation des biens personnels, les brimades, les vols ou tentatives
de vol, les violences physiques, le bizutage, le racket, les violences
sexuelles, dans l’établissement et à ses abords immédiats, constituent des
comportements qui, selon les cas, font l’objet de sanctions disciplinaires
et/ou d’une saisine de la justice.

4.2 Le règlement intérieur


Le règlement intérieur définit les règles de fonctionnement ainsi que
les droits et les obligations de chacun des membres de la communauté
éducative. La vie dans un établissement repose en grande partie sur
170 La vie scolaire : place et implication des acteurs

ce document qui est un peu l’équivalent d’un code, au sens où l’on


parle du Code de la route… Il présente une dimension éducative et
une dimension juridique.
En effet, d’un point de vue éducatif, son élaboration et son actualisation
se réalisent en concertation avec les acteurs de la communauté
éducative, notamment les élèves, en les plaçant ainsi dans une situation
d’apprentissage de la vie en société. Sur le plan juridique, l’acte a
un caractère réglementaire, c’est un acte administratif unilatéral39 :
il caractérise le pouvoir de réglementation au sein des écoles, des
collèges et des lycées. C’est un acte essentiel de cette société civile
en miniature que représentent les écoles, les collèges et les lycées.

• Dans les écoles : la circulaire du 6 juin 1991


C’est l’inspecteur d’académie qui est chargé de rédiger ce règlement
après avoir consulté le conseil départemental de l’Éducation nationale. Le
règlement type départemental est envoyé à toutes les écoles du département,
et fixe les règles générales pour toutes les écoles, mais laisse cependant une
large autonomie dans la rédaction, afin de permettre une adaptation aux
situations locales. Il est examiné en début d’année, et modifié en conseil des
maîtres, discuté et approuvé en conseil d’école. Il est ensuite communiqué
à tous les parents d’élèves. Par ailleurs, chaque inspection académique est
libre de créer des règles spécifiques à son département.
La circulaire du 6 juin 1991 précise cependant que les inspecteurs
d’académie doivent se reporter aux directives générales pour rédiger
ce document, qui précise les principaux points à respecter.

– L’admission et l’inscription des élèves


École maternelle : l’admission est prononcée dans la limite des places
disponibles au profit des enfants âgés de deux ans au jour de la rentrée
scolaire, et dont le médecin constate que l’état de santé et de maturation
physiologique est compatible avec la vie en milieu scolaire.
École primaire : doivent s’y présenter tous les enfants ayant six ans
révolus au 31 décembre de l’année en cours, et l’admission d’enfants
étrangers à l’école élémentaire ne peut souffrir aucune discrimination.

– La fréquentation et l’obligation scolaires


École maternelle : l’inscription implique l’engagement, pour la
famille, d’une fréquentation constante, préparant l’enfant à intégrer

39
 e règlement intérieur est une décision exécutoire susceptible de recours devant le juge administratif. Le
L
règlement intérieur doit respecter la loi et être conforme aux normes nationales, européennes et internationales.
Les élèves : droits et obligations 171

dans des conditions optimales l’école élémentaire. Si la fréquentation


n’est pas régulière, le jeune élève pourra être rayé des listes par le
directeur de l’école, qui aura préalablement réuni l’équipe éducative.
École primaire : la fréquentation de l’école élémentaire présente
un caractère obligatoire et les absences sont consignées. À la fin de
chaque mois, le directeur de l’école signale à l’inspecteur d’académie
les élèves dont l’assiduité paraît irrégulière.

– La vie scolaire
Les instituteurs, les élèves et leurs parents s’interdisent tout
comportement qui porterait atteinte à la sensibilité de chacun. En
ce qui concerne les récompenses et les sanctions, le règlement type
départemental peut prévoir des mesures d’encouragement au travail
et des récompenses.
École maternelle : si le comportement de l’élève perturbe gravement
et durablement le fonctionnement de la classe, la situation est analysée
par l’équipe éducative et une décision de retrait provisoire peut être
prise par le directeur, après un entretien avec les parents et en accord
avec l’inspecteur d’académie.École primaire : en cas de travail
insuffisant, le maître ou l’équipe pédagogique mettent en place des
mesures appropriées. Quand des difficultés graves affectent l’élève
dans son milieu scolaire, l’équipe éducative examine la situation, et
décide des mesures à prendre.

– L’usage des locaux


Le directeur est responsable de la sécurité des personnes et des biens et
le règlement intérieur fixe les différentes mesures destinées à répondre
à cette exigence. Il s’agit à la fois de l’hygiène et de la sécurité. En ce
qui concerne la sécurité, des exercices ont lieu et les consignes sont
affichées dans l’école. En outre, il existe un registre de sécurité qui
est communiqué au conseil d’école.

– La surveillance
La surveillance s’exerce de manière continue et la sécurité des élèves
est constamment assurée en tenant compte de la nature des activités
proposées. Le service de surveillance à l’accueil, à la sortie et pendant
les récréations fait l’objet d’une répartition entre les maîtres.
Quand des activités nécessitent une forme d’organisation particulière
172 La vie scolaire : place et implication des acteurs

(activités physiques et sportives par exemple), le maître peut faire


participer d’autres personnes à l’enseignement, sous certaines
conditions. Cependant, l’enseignant par sa présence et son action
assume de façon permanente la responsabilité pédagogique de
l’organisation, il sait toujours où sont ses élèves ; les intervenants
extérieurs sont régulièrement autorisés et agréés, et sont placés sous
son autorité. Il arrive que des parents volontaires, agissant à titre
bénévole, aident le maître pour l’encadrement d’activités scolaires
se déroulant à l’extérieur de l’école, mais pendant le temps scolaire.
Le personnel spécialisé de statut communal accompagne, lors des
activités extérieures, les élèves des classes maternelles.

• Dans les établissements du second degré : la circulaire du


11 juillet 2000
Le règlement intérieur permet la régulation de la vie de l’établissement
et des rapports entre ses différents acteurs. Chacun des membres
doit être convaincu à la fois de l’intangibilité de ses dispositions
et de la nécessité d’adhérer à des règles préalablement définies de
manière collective. Le règlement40 intérieur doit contenir les règles
qui s’appliquent à tous les membres de la communauté éducative,
ainsi que les modalités selon lesquelles sont mis en application les
libertés et les droits dont bénéficient les élèves.
Le règlement intérieur a un double objectif : d’une part, il s’agit de
fixer les règles d’organisation qu’aucun autre texte n’a définies et qu’il
incombe à chaque établissement de préciser : les heures d’entrées
et de sorties, les modalités retenues pour l’attente des transports
scolaires devant l’établissement, ou encore les déplacements des
élèves… D’autre part, le règlement intérieur vise à déterminer les
conditions dans lesquelles les droits et les obligations dont peuvent se
prévaloir les membres de la communauté scolaire (en raison des lois
et décrets en vigueur) s’exercent au sein de l’établissement, compte
tenu de sa configuration, de ses moyens et du contexte local. C’est un
document de référence pour l’action éducative, il participe également
à la formation à la citoyenneté des élèves et facilite les rapports entre
les acteurs de la communauté éducative.

Le service public d’éducation repose sur des valeurs et des principes


spécifiques que chacun se doit de respecter dans l’établissement :

40
Article 3 du décret du 30 août 1985.
Les élèves : droits et obligations 173

la gratuité de l’enseignement, la neutralité et la laïcité, le travail,


l’assiduité et la ponctualité, le devoir de tolérance et de respect
d’autrui dans sa personne et ses convictions, l’égalité des chances
et de traitement entre filles et garçons, les garanties de protection
contre toute forme de violence psychologique, physique ou morale
et le devoir qui en découle pour chacun de n’user d’aucune violence.
Le respect mutuel entre adultes et élèves, et des élèves entre eux,
constitue également un des fondements de la vie collective. Ces
principes doivent inspirer tout règlement intérieur, tout comme ceux
relatifs aux droits de l’enfant institués par la Convention internationale
des droits de l’enfant du 20 novembre 1989, ratifiée par la France41. En
ce qui concerne les élèves, le règlement intérieur ne peut se contenter
de procéder à un simple rappel des droits et des devoirs qui s’imposent
à eux et qui figurent déjà dans le décret du 30 août 1985, il convient
qu’il précise les modalités selon lesquelles ces droits et ces obligations
trouvent à s’appliquer dans l’établissement.

La liste ci-dessous concerne toutes les règles de fonctionnement


de l’établissement, d’organisation des études, et celles qui
régissent la vie quotidienne : elle peut être complétée par d’autres
points, en fonction de la situation locale et de la spécificité de
l’établissement. Mais, en général, sont concernés : l’organisation
et le fonctionnement de l’établissement (horaires, usage des locaux
et conditions d’accès, espaces communs, usage des matériels mis à
disposition, modalités de surveillance des élèves, mouvements de
circulation des élèves, modalités de déplacement vers les installations
extérieures, récréation et interclasses, régime des sorties pour les
internes, les demi-pensionnaires et les externes, régime de la demi-
pension et de l’internat, organisation des soins et des urgences),
l’organisation de la vie scolaire et des études (gestion des retards
et des absences, utilisation du carnet de correspondance, évaluation
et bulletins scolaires, organisation des études, conditions d’accès et
fonctionnement du CDI, modalités de contrôle des connaissances,
usage de certains biens personnels (téléphone ou ordinateur portables).
Sont aussi évoquées les questions de sécurité, qui concernent les
tenues incompatibles avec certains enseignements, susceptibles de
mettre en cause la sécurité des personnes ou les règles d’hygiène
ou d’entraîner des troubles de fonctionnement dans l’établissement.

41
Bulletin officiel, hors-série n° 13, 6 novembre 1997.
174 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Toute introduction, tout port d’armes ou d’objets dangereux, quelle


qu’en soit la nature, doivent être strictement prohibés. De même,
l’introduction et la consommation dans l’établissement de produits
stupéfiants sont expressément interdites. Il doit en être de même pour
la consommation d’alcool, excepté pour les personnels, dans les lieux
de restauration. Il est rappelé qu’il est interdit de faire usage du tabac
dans les établissements scolaires.

L’interdiction de fumer
Les règlements intérieurs des EPLE ont dû être modifiés pour
intégrer l’interdiction de fumer dans les établissements42. Il est
clairement exprimé dans la circulaire du 29 novembre 2006 que la
loi s’appliquera même si le règlement intérieur n’a pas été modifié
à temps. En effet, selon le système de la hiérarchie des normes,
le règlement intérieur est un acte administratif qui est inférieur à
la loi. Si une disposition du règlement intérieur est contraire à la
loi, elle ne sera pas appliquée.
Cette circulaire précise que les autorisations de sorties ne peuvent
être justifiées par la possibilité de quitter l’établissement scolaire
pour fumer, de telles autorisations étant contraires aux objectifs
de protection de la santé publique qui ont précisément justifié
l’interdiction de fumer dans les établissements scolaires. Il
est conseillé de rappeler que l’élève qui ne respecte pas la
réglementation relative à l’interdiction de fumer, ou d’autres
dispositions du règlement intérieur, s’expose à des sanctions
et peut être puni pour des retards éventuels après la pause, ou
d’indiscipline lors des entrées-sorties.

4.3 La discipline
La discipline des élèves à l’école constitue un aspect essentiel de la
vie scolaire : se respecter, respecter autrui, respecter son cadre de vie,
être conscient de ses droits et de ses devoirs. Le conseil de discipline
est l’organe de l’établissement scolaire qui décide des sanctions, mais
qui protège les droits des élèves.
Les textes considèrent les « procédures disciplinaires » comme un

42
Décret n° 2006-1386 du 15 novembre 2006 et la circulaire interministérielle cosignée par le ministère de
la Santé et celui de l’Éducation nationale.
Les élèves : droits et obligations 175

moyen d’éducation des élèves à la citoyenneté43. Une circulaire44


précise que « la cohérence, la transparence et l’effectivité du régime
des sanctions sont des conditions indispensables de l’acceptation par
l’élève des conséquences de la transgression qu’il a commise et à
l’instauration d’une valeur formatrice et pédagogique de la sanction,
qui s’inscrit ainsi dans la mission éducatrice de l’école ». Il faut bien
reconnaître que cette conception contemporaine n’a pas toujours
prévalu45. Qu’elle s’applique à un écolier ou à un lycéen, que la faute
soit grave ou bénigne, l’application de la sanction implique le respect
de règles incontournables.

• La discipline dans l’enseignement primaire


L’exercice de la discipline à l’école primaire se traduit à la fois par
une souplesse certaine et par la précision des recommandations
au niveau national46. C’est la circulaire du 6 juin 1991 modifiée
(circulaire du 20 juillet 1992 et celle du 29 juin 1994) qui donne à
l’inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de
l’Éducation nationale, des « directives générales pour l’établissement
du “ règlement type ” départemental des écoles maternelles et
élémentaires ». Ce règlement type laisse toute latitude juridique
aux inspecteurs d’académie, puis à chaque établissement scolaire,
pour adapter aux nécessités locales, la réglementation applicable
en matière disciplinaire. Ce qui anime les professeurs des écoles,
autant en maternelle qu’en primaire, se caractérise par des mesures
destinées à assurer l’ordre et la sécurité, mais surtout le respect de
l’épanouissement individuel de l’enfant et de sa réussite.
Certaines sanctions sont expressément exclues à l’école : ainsi, tout
châtiment corporel est interdit, et, par ailleurs, un élève ne peut être
privé de la totalité de la récréation, à titre de punition.
À l’école maternelle, les enfants de deux à six ans apprécient mal la
véritable portée d’une punition. Aussi la circulaire de 1991 modifiée,
interdit-elle le prononcé de sanctions pour des élèves de ces cycles,
mais n’empêche pas de prendre des mesures dites « d’isolement et de
retrait provisoire de l’école ». L’élève momentanément « difficile » se
trouve seul et surveillé jusqu’à ce qu’il ait retrouvé un comportement

43
Décret n° 2004-412 du 10 mai 2004 et décret n° 2004-885 du 27 août 2004.
44
Circulaire n° 2004-176 du 19 octobre 2004 (actualisation de la circulaire n° 2000-105 du 11 juillet 2000).
45
 ael Henaff, « Lettre d’information juridique du ministère de l’Éducation nationale », n° 95, « La lente
G
disparition du droit de correction ».
46
Décret n° 90-788 du 6 septembre 1990.
176 La vie scolaire : place et implication des acteurs

compatible avec la vie scolaire. Si cette attitude atypique perdure et


perturbe la classe, il traduit une inadaptation au milieu scolaire et implique
le retrait provisoire de l’école. La situation de l’enfant est alors soumise à
l’équipe éducative, à laquelle participent le médecin chargé du contrôle
médical scolaire et un membre du réseau d’aides spécialisées. À l’issue de
la réunion, le directeur d’école, en accord avec l’inspecteur de l’Éducation
nationale, prend une décision après un entretien avec les parents.
La circulaire précise que « des contacts fréquents doivent être maintenus
entre les parents et l’équipe éducative de façon à permettre dans les
meilleurs délais la réintégration de l’élève dans le milieu scolaire ».

Jurisprudence
n° 4 – Agression physique

Un petit garçon avait agressé physiquement à plusieurs reprises d’autres


élèves, dans une école maternelle. La directrice de cet établissement a
estimé, après un incident grave où l’enfant avait encore agressé deux de
ses camarades, qu’il présentait un danger constant pour les autres, et
que la surveillance particulière imposée par son comportement se révélait
incompatible avec le fonctionnement de l’école. Une mesure de retrait
provisoire est alors décidée. Les parents ont porté l’affaire devant le juge
administratif qui considéra :
– « qu’il n’est pas contesté que l’élève avait à plusieurs reprises agressé
physiquement d’autres élèves, d’une manière excédant sensiblement ce qui
est habituel et tolérable de la part d’un enfant de son âge »47 ;
– « qu’un directeur d’école peut retirer provisoirement l’enfant de
l’établissement si le comportement de l’élève est tel, qu’il compromet
gravement la poursuite des activités pédagogiques ou met en danger
la sécurité des autres élèves. La directrice était fondée, ici, à demander
immédiatement aux parents de l’élève en cause à ne plus le présenter à
l’école sans s’en être préalablement entretenu avec eux et sans attendre
l’accord de l’inspecteur de l’Éducation nationale ».

• L’école primaire
Le texte de 1991 modifié aborde avec précision la discipline
des élèves, il envisage avec exactitude les fautes susceptibles de

47
Tribunal administratif de Paris, 1995.
Les élèves : droits et obligations 177

sanctions, les peines et les différents cas de figure. Il est question de


manquements au règlement intérieur, de comportements dangereux
pour l’enfant ou les autres, de difficultés particulièrement graves
affectant le comportement de l’élève dans son milieu scolaire. Lorsque
les circonstances s’avèrent délicates, l’élève peut faire l’objet d’un
changement d’école, selon la procédure suivante :
– la situation est soumise à l’équipe éducative, et dans ce cas, la
participation d’un médecin scolaire et d’un membre d’un réseau
d’aide spécialisée est obligatoire ;
– une période probatoire peut-être arrêtée ;
– si, à l’issue de cette phase, rien ne se modifie dans le comportement
de l’enfant, le changement d’école relève de la compétence de
l’inspecteur de l’Éducation nationale, après avis du conseil d’école
et sur proposition du directeur ;
– la famille, obligatoirement consultée sur le choix de l’établissement
d’accueil, a la possibilité de faire appel de la décision.
En fait, les sanctions prononcées ouvrent droit aux parents d’en
demander l’annulation au tribunal administratif. Les procédures
disciplinaires des élèves du premier degré restent rarissimes. Elles
sont plus nombreuses dans l’enseignement secondaire et n’obéissent
pas aux mêmes procédures.

• La discipline dans l’enseignement secondaire


Inscrit parmi l’ensemble des mesures éducatives, le conseil de discipline
ne doit être ni proscrit ni banalisé, et être utilisé pour conserver son
caractère autant exceptionnel qu’éducatif, quand d’autres actions
alternatives ont antérieurement montré leurs limites.
Il doit participer à l’apprentissage de la citoyenneté, permettre à l’élève
concerné de prendre conscience de sa faute et de se rendre compte de
son comportement, d’accepter les règles dans une société, d’en connaître
les modes d’élaboration, de ressentir la nécessité de les respecter pour
se respecter lui-même. En outre, il doit permettre de retrouver le calme
dans la communauté éducative perturbée par les agissements d’un élève.
Aux termes des décrets du 10 mai 2004 et du 27 août 2004, le chef
d’établissement peut rendre seul un certain nombre de sanctions,
comme l’avertissement, le blâme, l’exclusion temporaire de huit jours
maximum, et appliquer les mesures de prévention, d’accompagnement
et de réparation. En dehors de ces situations, c’est le conseil de
178 La vie scolaire : place et implication des acteurs

discipline qui demeure l’autorité au pouvoir de contrainte décisif


habilitée à exclure définitivement un élève d’un établissement.
Les sanctions sont fixées dans le respect du principe de légalité et
doivent figurer dans le règlement intérieur de l’établissement. L’échelle
des sanctions prononcées par le conseil est la suivante : l’avertissement, le
blâme, l’exclusion temporaire de l’établissement, qui ne peut excéder la
durée d’un mois, assortie ou non d’un sursis total ou partiel, l’exclusion
définitive de l’établissement assortie ou non d’un sursis.
Même si cette instance est la source de toutes les craintes pour les
élèves, elle garantit avec force les droits des élèves. La procédure
à mettre en place est extrêmement formalisée : c’est le principal
ou le proviseur qui demeure seul dans l’appréciation de l’utilité de
poursuivre un élève devant le conseil de discipline. Lorsqu’un membre
de la communauté éducative saisit son autorité hiérarchique d’une
telle demande, cette dernière, si elle décide de ne pas engager de
procédures disciplinaires, doit motiver sa décision.
Le conseil se réunit dans l’établissement scolaire, ou dans les locaux
de l’inspection académique en raison des troubles que pourrait
provoquer la tenue dans l’établissement du conseil de discipline. La
composition du conseil comprend, depuis le décret du 10 mai 2004,
des représentants de tous les membres de l’établissement.
Le respect du principe d’impartialité implique que la composition du
conseil satisfasse à certaines règles : il s’agit de contrôler si tous les
membres peuvent siéger en toute objectivité sur l’élève. Autrement dit,
ni le parent, ni le membre à l’origine de la comparution, ni un élève
déjà sanctionné par une exclusion ne peuvent faire partie du conseil.
En outre, si la nature des accusations le justifie, les délégués de classe
qui ne sont pas majeurs se retirent de l’assemblée. C’est par ailleurs
toujours au chef d’établissement de veiller à son impartialité. Le conseil
prononce toutes les sanctions figurant au règlement intérieur, il décide
seul de l’exclusion de l’élève pour une durée supérieure à huit jours.
Au-delà, la durée n’excédera pas un mois : si la faute mérite une
sanction plus sévère, il prononcera la radiation définitive. Mais le
renvoi définitif oblige l’administration à re-scolariser l’élève.

Avant le conseil
Le dossier disciplinaire de l’élève doit être soigneusement préparé :
cursus scolaire et rapport du chef d’établissement (avec photographies
Les élèves : droits et obligations 179

si des dégradations ont été commises). Ce rapport sera lu en début de


séance par le président, et regroupe les motifs des poursuites. Sont
mentionnés également le nom et la classe de l’élève. Les faits y sont
rapportés de façon précise, et le rapport se termine par la qualification
de la faute reprochée à l’élève.
Le chef d’établissement, après avoir fixé la date, convoque tous
les membres qui vont siéger individuellement et les personnes qui
seront entendues (pour le calcul du délai de convocation, il convient
d’exclure le jour d’envoi et le jour de la séance). Le délai de huit
jours présente un caractère impératif. Sont convoqués obligatoirement
l’élève en cause et ses parents, le défenseur éventuel, celui ou celle
à l’origine de la comparution de l’élève, et les témoins éventuels.
À titre consultatif sont convoqués deux professeurs de la classe de
l’élève et les deux délégués.

Pendant le conseil
La séance s’ouvre par la signature d’une feuille d’émargement par
les membres présents, le quorum48 est vérifié, puis est désigné un
secrétaire de séance. L’élève prend connaissance du rapport et, après
cette lecture de l’« acte d’accusation », le conseil entend l’élève, les
parents, le défenseur, les témoins et les personnes convoquées à titre
consultatif. La décision est prise en seule présence des membres
ayant voix délibérative et le vote a lieu à bulletin secret. Si les voix
se partagent également, la voix du président est prépondérante.

Après le conseil
La décision arrêtée par le conseil de discipline est notifiée et produit
des effets, elle fait l’objet d’un suivi. En réalité le président rappelle
l’élève et ses représentants, et les informe de la décision prise. Celle-
ci sera confirmée par une lettre sous pli recommandé avec accusé de
réception. Un procès-verbal de séance est établi : les noms des membres
du conseil figurent obligatoirement, l’identité de l’élève, les griefs,
la liste des témoins. Ce document rappelle succinctement les divers
témoignages, les réponses de l’élève, ses observations et celles de son
défenseur, la décision des membres du conseil et le résultat du vote. Il
est communicable aux personnes intéressées. Le recteur et l’inspecteur
d’académie doivent le recevoir (ce procès-verbal doit être le plus
complet possible, il peut être utilisé en cas d’appel de la famille) dans

48
Soit la majorité des membres composant le conseil ; si celui-ci n’est pas atteint, le conseil est à nouveau
convoqué dans un délai compris entre huit et quinze jours.
180 La vie scolaire : place et implication des acteurs

les cinq jours qui suivent la réunion du conseil de discipline.


La décision est exécutoire sans délai, ceci même en cas de recours, et
lorsqu’une sanction d’exclusion définitive49� est prononcée, le recteur
ou l’inspecteur d’académie sont informés afin de pouvoir inscrire
l’élève dans un autre établissement, même s’il n’est plus soumis à
l’obligation scolaire. Hormis l’exclusion définitive, les sanctions
s’effacent automatiquement du dossier de l’élève au bout d’un an.

JurisprudenceS
Brèves illustrations

– À Besançon50 : les absences systématiques d’un élève de terminale du


cours de mathématiques, quand bien même ses parents autorisaient ses
absences en lui fournissant des mots d’excuses, justifient le passage devant
le conseil de discipline et l’exclusion définitive.
– À Lyon51 : les injures graves à l’égard du personnel et des élèves de
l’établissement, le refus d’obéir aux ordres donnés, les menaces répétées,
les insultes, ainsi que la provocation à la haine et à la violence, justifient
l’exclusion définitive d’un élève.
– À Montpellier52 : justifie le passage en conseil de discipline, le fait pour
un élève de troisième de faire usage de pistolets à air comprimé, répliques
de véritables armes, pour menacer des élèves de sixième, dont certains ont
été touchés par des projectiles. Il est à remarquer ici que les faits doivent
être imputés à l’élève pris en particulier et en sa qualité d’élève ; dès lors
ne peuvent être imputables à l’élève les situations de tension provoquées
essentiellement par l’attitude agressive des parents53.
– À Rouen : un élève, qui s’est présenté armé d’une hache dans un autre
établissement que le sien, a pu être définitivement exclu, à l’issue d’une
procédure disciplinaire conduite dans son établissement d’origine.
En outre, la réunion du conseil de discipline de l’établissement peut,
dans certains cas, générer un accroissement des actes de violence et
compromettre la sérénité indispensable des débats du conseil, ainsi
que la sécurité dans l’établissement. Pour prévenir ces situations
difficiles et particulières, le chef d’établissement peut saisir de manière

49
Article 5 du décret du 18 décembre 1985 modifié.
50
Tribunal administratif de Besançon, 1989.
51
Tribunal administratif de Lyon, 1999.
52
Tribunal administratif de Montpellier, 1999.
53
Tribunal administratif de Versailles, 1996.
Les élèves : droits et obligations 181

exceptionnelle une nouvelle instance disciplinaire : le conseil de discipline


départemental54.
Pour que ce conseil se réunisse, il faut que :
– l’élève en cause ait déjà fait l’objet d’une sanction définitive dans son
précédent établissement ;
– il fait parallèlement l’objet de poursuites pénales pour les mêmes faits ;
– il a commis une atteinte aux personnes et aux biens ;
– que les circonstances de fait, laissées à l’appréciation du chef
d’établissement, soient suffisamment graves.

Les voies de recours


Il s’agit d’un recours hiérarchique : « Toute sanction d’exclusion
supérieure à huit jours prononcée par le conseil de discipline peut
être déférée dans un délai de huit jours au recteur d’académie. » Le
recteur décide, après avis, d’une commission académique.
La saisine de la commission académique s’analyse en fait comme un
recours administratif préalable. La composition de cette commission,
comme celle du conseil de discipline, s’entend strictement. Nul ne
peut assister aux débats si sa présence n’obéit pas à une prescription
textuelle. En appel, le recteur peut soit confirmer la décision du
conseil de discipline, soit la réformer, soit annuler au fond ou pour
vice de procédure.
À l’issue de cette instance reste la possibilité pour l’élève, ou ses
représentants légaux, s’il est mineur, de porter la décision prise par le
recteur devant le tribunal administratif, dans un délai de deux mois.
Dans un certain nombre de cas, les parents demandent au tribunal
d’annuler la décision de tel ou tel recteur.

JurisprudenceS
Brèves illustrations

– À Strasbourg : les parents demandaient l’annulation de la décision du


recteur, à savoir l’exclusion définitive de leur enfant. Le tribunal a estimé
que, pour prononcer cette exclusion de l’élève, le recteur s’était fondé sur
les absences non justifiées de l’élève et non pas sur le classement sans suite
de la plainte pénale. En outre, il résulte des pièces du dossier que, à la suite

54
Article 8 du décret du 5 juillet 2000.
182 La vie scolaire : place et implication des acteurs

d’un incident l’ayant opposé à un professeur, il s’est, de sa propre initiative,


abstenu d’assister au cours, puis à l’étude mise en place pour combler les
lacunes. Les certificats médicaux produits devant le tribunal ne sont pas
de nature à justifier l’ensemble de ces absences et un tel manquement
à l’obligation d’assiduité présente un caractère fautif. Compte tenu,
notamment des mises en garde adressées par l’administration, la sanction
d’exclusion définitive prononcée à l’égard de l’élève n’est entachée
d’aucune erreur d’appréciation. La décision du recteur est maintenue.
– À Nancy-Metz : un élève a été exclu définitivement de son collège par
décision du recteur qui confirmait la décision de conseil de discipline
de l’établissement. Il ressort des pièces du dossier que cet adolescent a
cumulé au cours de l’année, outre ses absences permanentes au cours
d’éducation physique et sportive, quarante-deux absences représentant
quatre-vingt-treize demi-journées. Sur ce total, seulement six ont été
justifiées par un motif médical, les autres faisant l’objet d’excuses diverses.
Un si grand nombre d’absences n’est pas compatible avec l’obligation
d’assiduité que doit respecter tout collégien, le seul fait que la mère de
l’élève autorise son fils à ne pas assister au cours et lui fournissait des
mots d’excuse ne peut donner aux dites absences le caractère d’absences
justifiées. Le fait qu’elle soit médecin ne donnait pas aux mots d’excuses
qu’elle délivrait le caractère de certificats médicaux, d’autant plus qu’elle
s’est toujours opposée à ce que son fils soit examiné par un médecin
scolaire. Dès lors, la décision attaquée ne repose pas sur une appréciation
erronée des faits. L’affaire a été portée devant le Conseil d’État, dont la
décision est sans ambiguïté : « Si certaines absences ont été justifiées par
des certificats médicaux réguliers, un grand nombre d’entre elles ont été
motivées pour des raisons de convenances personnelles de la mère de
l’élève, en raison notamment de ses difficultés à assurer le transport de
son fils entre son domicile et le collège. Ces divers motifs non médicaux ne
sont pas de nature à justifier l’absentéisme persistant de l’élève. Le conseil
de discipline du collège et le recteur de l’académie ont pu légalement
sanctionner cette méconnaissance de l’obligation d’assiduité scolaire par
une exclusion définitive de l’établissement. »
Il est clair que le contrôle du juge implique la vérification de la qualification
juridique des faits et l’adéquation de la sanction à la faute commise.
Au contraire, en cas d’annulation, l’administration exécutera le jugement
en effaçant toute trace de la procédure dans le dossier scolaire de l’élève.
– A été annulée55, car prise par une autorité incompétente, la décision d’un

55
Tribunal administratif de Besançon, 1995.
Les élèves : droits et obligations 183

proviseur d’exclure de l’établissement un élève déclaré « démissionnaire


de fait » en raison de ses absences injustifiées. Cette décision d’exclusion
définitive ne peut être prise que par le conseil de discipline.
– A été déclarée recevable la requête56 formée par un enseignant à
l’encontre d’une décision du chef d’établissement refusant d’engager, à
l’encontre d’élèves, une procédure disciplinaire susceptible de conduire
à une sanction plus lourde que des sanctions de moins de huit jours
précédemment prononcées.

Qu’elle touche un écolier ou un lycéen, que la faute soit grave ou


bénigne, la sanction implique le respect d’un certain nombre de
conditions incompressibles. La procédure disciplinaire constitue le
moyen d’obtenir des élèves la stricte observation de leurs obligations
et des principes qui fondent l’institution scolaire. Le recours à cette
procédure paraît souvent incontournable, cependant, dans un certain
nombre de situations, il est souhaitable de mettre en place des
formules souples, alternatives au conseil de discipline, notamment
dans le cas d’attitudes ou de conduites perturbatrices répétitives
d’élèves qui finalement manifestent une incompréhension ou un rejet
des règles collectives.
Elles ne peuvent se révéler efficaces que si elles ne constituent pas
une mesure substitutive à l’application d’une sanction indispensable
dans le cas d’une faute lourde, si elles n’excluent pas le recours, en
cas d’échec, à la convocation du conseil de discipline, et si elles sont
inscrites dans le règlement intérieur. Ce peut être un engagement oral
ou écrit de l’élève fixant des objectifs précis et évaluables, accompagné
par des mesures de prévention et d’accompagnement, l’ensemble de
ces mesures plaçant ainsi l’élève en position de responsabilité.
Il y a lieu de mettre en valeur des actions dans lesquelles les élèves
ont pu faire preuve de civisme, d’implication dans le domaine de la
citoyenneté et de la vie du collège ou du lycée, d’esprit de solidarité, de
responsabilité tant vis-à-vis d’eux-mêmes que de leurs camarades. Il peut
s’agir d’encourager des initiatives ou des relations d’entraide, notamment
en matière de travail et de vie scolaire, ainsi que dans les domaines de
la santé et de la prévention des conduites à risque. Dans certains lycées,
par exemple, des « adolescents-relais » facilitent l’information et les
échanges entre les élèves. Ce mode de « sanction positive » sera défini

56
Tribunal administratif de Strasbourg, 1996.
184 La vie scolaire : place et implication des acteurs

par chaque établissement en relation étroite avec son projet pédagogique


et associera l’ensemble des membres de la communauté éducative.
Il devra constituer un élément du règlement intérieur.

Pour aller plus loin


• Alain Bauer, « Mission sur les violences en milieu scolaire, les
sanctions et la place de la famille », rapport remis au ministre de
l’Education nationale, chap. ii, « Règlement intérieur, punitions et
sanctions ».
• Erick Prairat, La sanction en éducation, éd. PUF, 2009.
Les personnels d’encadrement 185

Chapitre 5

Les personnels d’encadrement

Que ce soit dans l’enseignement primaire ou secondaire, les personnels


de direction ont de nombreuses tâches à effectuer tout au long de l’année
scolaire, et leurs responsabilités sont étendues. Il est à remarquer que plus
des trois quarts d’entre eux sont d’anciens enseignants57, que les femmes
sont moins nombreuses que les hommes, que l’accès à ce métier se fait
en moyenne à quarante-trois ans, avec des passés professionnels variés
en fonction de leur corps d’origine. Les directeurs d’école enseignent et
dirigent, les principaux et proviseurs sont déchargés de tout enseignement.

5.1 Le directeur d’école


• Statuts et missions
La direction de l’école est assurée par un directeur qui « veille à
la bonne marche »58 de l’établissement dont il est responsable. Les
charges de travail et les responsabilités qui pèsent sur le directeur
d’école sont très importantes : il a à la fois un rôle pédagogique,
administratif et relationnel.
La direction des écoles de deux classes et plus est assurée par un
directeur d’école qui est un enseignant de l’établissement. Il est
éventuellement déchargé partiellement ou totalement de son service,
selon le nombre de classes. Cet enseignant est nommé après avoir été
inscrit sur une liste d’aptitudes arrêtée par l’inspecteur d’académie, et
après avis de l’inspecteur départemental de l’Éducation nationale et
de la commission administrative paritaire du corps auquel appartient
l’enseignant. Le Code de l’éducation, dans son article L. 411-1,
précise qu’il « assure la coordination entre les maîtres », mais en
réalité, le directeur d’école assure toutes les missions d’organisation
internes à l’établissement.

• Être directeur d’école le jour de la prérentrée et le jour


de la rentrée
La prérentrée débute par l’accueil des nouveaux collègues, se

57
« Qui sont les nouveaux personnels de direction nommés en septembre 2004 ? », note d’évaluation du
ministère de l’Éducation nationale, mars 2007.
58
Article L. 411-1 du Code de l’éducation.
186 La vie scolaire : place et implication des acteurs

poursuit avec la présentation des axes prioritaires de l’année,


avec également des indications sur le fonctionnement pratique de
l’établissement (clés, registre des soins, téléphone), mais aussi sur
la circulation de l’information, les consignes de sécurité, les dates
de réunions, la répartition des classes. En amont, le directeur a reçu
les familles (changement d’écoles pendant les vacances) et prévu
une date de réunion de rentrée pour donner diverses informations
à tous les parents.
Vient ensuite la rentrée, le « jour J ». Le directeur est sur tous les
« fronts » : affichage des listes d’élèves par classe, inscriptions aux
différentes garderies, à la cantine, et résolution de tous les imprévus…
Il effectuera ensuite un compte-rendu de la journée à l’autorité
académique : état des effectifs, réajustements, etc. Cette journée est
l’aboutissement d’un travail qui a débuté dans les dernières semaines
du mois d’août.

• Être directeur d’école au quotidien


Les tâches du personnel de direction des écoles primaires sont
nombreuses :
– l’inscription des élèves : elle se fait sur présentation du certificat
d’inscription délivré par le maire. Il est par ailleurs obligatoire de
scolariser les enfants des familles sans domicile fixe ;
– l’accueil des élèves et la surveillance : la surveillance59 couvre
l’ensemble des activités prises en charge par l’école sur toute la
durée durant laquelle l’élève est confié à l’école. Les enfants sont
accueillis dix minutes avant le début de chaque demi-journée. C’est
le directeur qui autorise la sortie individuelle d’un élève pendant le
temps scolaire, sous réserve que celui-ci soit accompagné. Les études
surveillées sont assimilables à la garde des enfants en dehors des
heures solaires : elles sont, après avis du conseil d’école, organisées
et financées par la commune60 ;
– le service des maîtres : le directeur veille au bon déroulement du
service de surveillance. Ce service (accueil du matin et de l’après-
midi) est défini en conseil des maîtres, et un roulement des présences
est organisé. La surveillance s’exerce en quelque lieu que ce soit,
que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des locaux scolaires, dans
les cours de récréation, les aires de jeux… Cette surveillance doit
être constante ;

59
Note de service n° 90-096 du 24 avril 1990.
60
Circulaire du 25 février 1986.
Les personnels d’encadrement 187

– la fréquentation régulière des enfants : les élèves absents sont


signalés et les familles informées immédiatement, si aucun motif
n’est transmis à l’école ;
– la gestion de la scolarité des élèves et de leur réussite : elle est
assurée en mettant en œuvre une pédagogie par cycles et en aidant les
enfants en difficulté : adaptation et intégration des élèves en échec,
organisation d’un soutien scolaire ;
– l’accueil des enfants handicapés : lors de la première scolarisation,
le plus souvent en école maternelle, avant toute évaluation des besoins
en situation scolaire par l’équipe de suivi de la scolarisation, et avant
toute décision de la commission des droits et de l’autonomie des
personnes handicapées, l’élève handicapé est accueilli dans les mêmes
conditions que les autres élèves, sous réserve des aménagements
spécifiques nécessaires61 ;
– la santé des élèves : l’article L. 3111-17 du Code de la santé
publique précise que « l’admission dans tout établissement d’enfants
à caractère sanitaire ou scolaire est subordonnée à la présentation
soit du carnet de santé de l’enfant, soit des documents attestant la
situation de l’enfant au regard des vaccinations obligatoires ». À
défaut, le directeur procède à une inscription provisoire et conseille
aux parents de produire les documents demandés dans les délais les
plus brefs. Il organise les soins et les urgences : c’est à lui que revient
de mettre en place une organisation qui corresponde le mieux aux
besoins des élèves et des personnels de l’école. Il doit préciser, par
ailleurs, le protocole d’alerte au SAMU, en cas d’urgence. Un registre
spécifique est tenu dans chaque école pour y noter les caractéristiques
des interventions ou soins donnés aux élèves62. De même, le règlement
intérieur établit les différentes mesures quant à l’hygiène quotidienne
(nettoyage des locaux, aération, actions pédagogiques des maîtres
pour sensibiliser les élèves à ce problème) ;
– les rapports d’accidents : les directeurs ont obligation de
communiquer les rapports d’accidents scolaires aux parents d’élèves
en cause, qu’ils soient auteurs ou victimes ;
– les relations avec le procureur de la République : lorsqu’un
élève affirme avoir été victime de violences sexuelles notamment,
le directeur prend un certain nombre de dispositions largement
explicitées par la circulaire du 28 juillet 1997, et il en avertit
l’inspecteur d’académie ;

61
Circulaire n° 2006-126 du 17 août 2006.
62
« Vade-mecum du directeur d’école : la santé des élèves », www.eduscol.fr/direction-ecole, mars 2007.
188 La vie scolaire : place et implication des acteurs

– les sorties scolaires : le directeur d’école devra s’assurer63, quand


une sortie est prévue, que les exigences réglementaires sont respectées ;
– la situation des enfants en cas de grève : le directeur facilite
et organise un service d’accueil pour les enfants que les familles
ne pourraient garder ce jour-là, avec le concours d’enseignants
volontaires, des services municipaux, et des associations de parents
d’élèves. Si aucune solution ne peut être trouvée, il avertit, en temps
utile, que l’école sera fermée. Le maire devra en être informé, afin
de pouvoir assurer la protection des enfants qui se seraient présentés
à l’école.

• Les conseils internes à l’école présidés par le directeur


Le conseil d’école assure les fonctions de président de ce conseil
qui réunit les maîtres d’école, les représentants des parents d’élèves.
Il est composé pour une année et l’inspecteur de l’Éducation
nationale assiste de droit aux réunions qui ont lieu au moins une fois
par trimestre.
Ce conseil vote le règlement intérieur, sur proposition du directeur
de l’école, établit le projet d’organisation de la semaine scolaire et
participe au projet d’école. Il est interrogé sur toutes les questions
qui concernent le fonctionnement et la vie de l’école : restauration,
sorties, utilisation des locaux en dehors des heures d’ouvertures de
l’école. Il est informé sur le choix des manuels scolaires, sur les
conditions dans lesquelles les maîtres organisent des rencontres avec
les parents d’élèves. C’est le directeur qui rédige le procès-verbal de
la séance et qui le transmet à l’inspecteur de l’éducation et au maire
de la commune.

Le conseil des maîtres est constitué par l’équipe pédagogique de


l’école. Il est composé du directeur et des maîtres de l’école. Il se réunit
au moins une fois par trimestre pour donner son avis sur l’organisation
du service et sur tous les problèmes concernant la vie scolaire.

Le conseil des maîtres de cycle est formé par les professeurs des
écoles, au niveau de chaque cycle. Ce conseil fixe les dispositions
du projet pédagogique du cycle. Le directeur étant un enseignant,
il participe à l’un de ces conseils, selon le cycle dans lequel
il intervient.

63
Circulaire n° 2005-001 du 5 janvier 2005.
Les personnels d’encadrement 189

5.2 Le principal de collège et le proviseur de lycée


Un établissement public local d’enseignement (collège ou lycée) est
dirigé par un chef d’établissement64, et cette autorité administrative
exerce des fonctions essentielles. Dans le cadre du protocole d’accord65
relatif aux personnels de direction, sous l’autorité du recteur et de
l’inspecteur d’académie, le chef d’établissement, pour exercer ses
missions, mobilise les compétences des membres de l’équipe de
direction. Il est secondé par son adjoint, qui appartient au corps des
personnels de direction et constitue avec le chef d’établissement la
direction de l’EPLE, et le gestionnaire, qui appartient au corps de
l’administration scolaire et universitaire.

• Statuts et missions
Le statut a subi, à plusieurs reprises, de larges modifications. Ainsi,
avant 1988, le recrutement s’opérait par liste d’aptitudes, dressée
au niveau national, pour les proviseurs et les principaux, au niveau
académique, pour les principaux adjoints. Le texte de 1988 a posé une
unification des statuts des personnels de direction désormais recrutés
et gérés au niveau national. Le statut est défini par le décret n° 2007-
141 du 1er février 2007, qui modernise et valorise le rôle des chefs
d’établissements. Les personnels sont classés dans un corps unique
à trois grades et sont recrutés par concours, par liste d’aptitudes ou
par détachement. Par ailleurs, le nouveau statut reprend le principe
d’une mobilité obligatoire au bout de neuf ans passés au sein du
même établissement. La notation est supprimée et lui est substituée
une procédure d’évaluation périodique du travail et des résultats des
personnels de direction sous la responsabilité du recteur. Enfin, ce
dernier est soumis au pouvoir hiérarchique de l’autorité académique
et du ministre.

Quant aux missions, c’est le décret du 30 août 1985 relatif à


l’organisation administrative et financière des EPLE qui précise les
prérogatives dont le chef d’établissement dispose en tant qu’organe
exécutif de l’établissement, mais aussi en tant que représentant de
l’État. Le proviseur (ou le principal), assure avec son adjoint, le
pilotage pédagogique, éducatif et administratif de l’établissement,

64
Article L. 421-3 du Code de l’éducation.
65
 la suite du travail du recteur René Blanchet, la plupart des aspects du métier de personnel de direction
À
ont été mis en avant et ont permis d’élaborer un protocole qui a débouché sur le statut de 2001, qui définit
les missions des personnels de direction. Ce référentiel comprend trois documents : les missions, les
domaines d’activités, les compétences requises du chef d’établissement.
190 La vie scolaire : place et implication des acteurs

notamment dans le cadre de la lettre de mission que lui adresse le


recteur. À sa prise de fonction, chaque chef d’établissement reçoit
ce document établi pour trois ans, élaboré en fonction du diagnostic
de la situation qu’il a proposé à sa hiérarchie (ou son prédécesseur).
C’est à partir du degré d’atteinte des objectifs impartis dans cette
lettre de mission que son évaluation sera réalisée par le recteur. C’est
l’élément clé d’un dialogue institutionnel entre le chef d’établissement
et sa hiérarchie. La circulaire n° 2005-156 du 30 septembre 200566
a davantage encore précisé les missions du chef d’établissement
pour améliorer le pilotage des établissements, aussi bien par le chef
d’établissement que par le conseil d’administration.

• L’exécutif de l’EPLE
Dans ce cadre, le chef d’établissement :
– assure la représentation juridique du lycée ou du collège, et sur
autorisation du conseil d’administration, représente l’EPLE en justice
ainsi que dans tous les actes de la vie civile. Il signe contrats et
conventions (l’autorisation du CA est ici expresse) ;
– prépare le budget, le soumet au vote du conseil d’administration et
en assure l’exécution : il est ordonnateur des recettes et des dépenses
de l’établissement ;
– veille au bon déroulement des élections, dont il convoque les
membres en séance ordinaire ou extraordinaire, prépare l’ordre du
jour, qui est adopté en début de séance ;
– préside le conseil d’administration et la commission permanente
(chargée de préparer les travaux du conseil d’administration), et préside
les conseils de classe et les conseils de délégués d’élèves, dans les lycées ;
– est responsable de la transmission des actes administratifs et
budgétaires aux différentes autorités (académiques et collectivités
de rattachement), pour les rendre exécutoires67 ;
– recrute les personnels contractuels : la délibération du conseil
d’administration (CA) doit en approuver le principe, mais aussi
en préciser les modalités. S’il n’est nullement tenu de réaliser tous
les recrutements autorisés par la CA, il ne peut embaucher plus de
personnes que prévu ;
– a autorité sur les personnels recrutés par l’établissement : contractuels
de droit public ou de droit privé. Lorsque l’établissement est support

66
 roduite à la suite de la mise en œuvre de la loi du 23 avril 2005 d’orientation et de programme pour
P
l’avenir de l’école et de la loi du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale.
67
Article L. 421-14 du Code de l’éducation.
Les personnels d’encadrement 191

d’un GRETA, il a la même autorité sur les personnels de formation


continue que sur les personnels administratifs.

• Le représentant de l’État dans l’EPLE


Les compétences du principal ou du proviseur s’exercent alors dans
plusieurs domaines.

Le maintien de l’ordre : le chef d’établissement veille au bon


fonctionnement de l’établissement et détient à cet effet des pouvoirs
de police. Il a le pouvoir d’interdire l’accès aux locaux, voire même
de suspendre des enseignements. En cas de difficultés graves dans
le fonctionnement de l’établissement, il peut, pour assurer le bon
fonctionnement du service public, prendre toutes les dispositions
nécessaires. Il en informe le conseil d’administration et rend compte à
l’autorité académique, au maire et au président du département, pour
les collèges, au président de la région pour les lycées.

La sécurité : le chef d’établissement prend toutes les mesures pour


assurer la sécurité des personnes et des biens. Il met en œuvre les
dispositions relatives à la lutte contre l’incendie et les risques de
panique dans les collèges ou les lycées. Il veille par conséquent à ce
que les locaux, les installations et les équipements soient maintenus
et entretenus en conformité avec les dispositions réglementaires. Il
préside la commission d’hygiène et de sécurité. En cas d’urgence, il
prend les dispositions nécessaires à la mise en sécurité des personnes
et des biens.

La discipline : le chef d’établissement dispose d’un pouvoir propre68


pour prononcer les sanctions, de l’avertissement à l’exclusion
temporaire de huit jours maximum. Pour les sanctions plus graves,
il saisit le conseil de discipline, qui se prononce. Par contre il ne
dispose d’aucun pouvoir disciplinaire à l’égard des agents de l’État
affectés dans son établissement.

L’action éducative : le chef d’établissement met en place les


enseignements et veille à leur bon déroulement, conformément aux
objectifs, horaires et programmes définis par les instructions officielles.
Il veille au respect des droits et devoirs de tous les membres de la

68
Décret n° 2000-633 du 6 juillet 2000.
192 La vie scolaire : place et implication des acteurs

communauté éducative et assure l’application du règlement intérieur.


Il organise les élections du conseil de la vie lycéenne69.

L’orientation des élèves : le chef d’établissement facilite les conditions


d’émergence du projet personnel de chaque élève. Il conçoit, en accord
avec le conseil d’administration, la politique d’orientation, en fonction
des dispositions nationales et académiques, et met en œuvre les
procédures en y associant les conseillers d’orientation-psychologues.
Enfin il facilite le dialogue entre l’élève, les parents, les enseignants et
les personnels d’orientation : un programme de rencontre est établi, et
il lui revient de prendre les décisions relatives à l’orientation des élèves.

Les liens avec l’environnement : le chef d’établissement participe à


des réseaux d’établissements, collabore avec d’autres établissements
dans le conseil de zone d’éducation prioritaire, assure, avec le
gestionnaire, les relations indispensables avec la collectivité de
rattachement (maintenance, modernisation et sécurité des locaux).

La gestion du personnel : le chef d’établissement a autorité sur le


personnel d’État affecté ou mis à sa disposition. Personnels enseignants
et non-enseignants doivent se conformer à ses instructions. Il procède
à leur installation et fixe leurs services en fonction de leur statut. Par
contre les services administratifs et ouvriers sont sous l’autorité du
gestionnaire, lui-même sous l’autorité du chef d’établissement.

• Être chef d’établissement au quotidien


Outre les missions ci-dessus évoquées, l’année scolaire d’un chef
d’établissement, qu’il dirige un collège ou un lycée (il n’enseigne
pas contrairement à son collègue du primaire), se caractérise par un
calendrier très précis où chaque période de l’année définit un certain
nombre de tâches.

Fin août, début septembre : organisation de la prérentrée et de la


rentrée, nombreux contacts avec l’inspection académique ou le rectorat
(ajustements et nominations), vérification des emplois du temps des
enseignants, contrôle avec le service de la vie scolaire afin de voir si
tous les documents de rentrée sont prêts, et déjà élaboration du planning
des permanences administratives (pour les « petites vacances »).

69
Circulaire n° 2004-116 du 15 juillet 2004.
Les personnels d’encadrement 193

Septembre, octobre : préparation du premier conseil d’administration,


impliquant l’organisation des élections, la connaissance de la
situation budgétaire et les instances à mettre en place : la commission
permanente, le conseil de discipline, etc. Il est indispensable
d’organiser l’évaluation en sixième et en seconde, ou encore de
s’attacher au fonctionnement de l’association sportive (UNSS) et
du foyer socio-éducatif, enfin penser à la sécurité par l’organisation
d’exercices d’évacuation des locaux.

Octobre, novembre : c’est la période où l’on prépare les dossiers de


la rentrée suivante : création de nouvelles structures, détermination des
futures priorités de l’établissement en accord avec l’équipe éducative.
Il s’agit aussi d’anticiper sur la préparation des dossiers de demande
d’équipement à destination des collectivités territoriales. C’est le
temps des premiers conseils de classe.

Décembre, janvier : c’est le moment, en général, de la mise en place


des semaines de l’orientation, des journées « portes ouvertes », des
déplacements à des forums sur l’orientation.

Janvier, février, mars : commence la phase de demande de mutations


des enseignants, avec également leur notation. Il faut également
penser aux examens blancs, et dans le même temps, préparer le
deuxième conseil d’administration et autres réunions, suites de celles
du premier trimestre.

Avril, mai, juin : comme la période de la rentrée, celle de la fin de


l’année scolaire est chargée. Orientation, conseils de classes de fin
d’année, organisation de conseils d’enseignements pour le choix des
manuels de l’année suivante, propositions de répartition des services
des enseignants, collecte des vœux des enseignants. S’ajoute à cela
l’organisation des examens, lorsque l’établissement en est le lieu :
convocation des élèves, des professeurs, et constitution des jurys. Il
faut aussi préparer le dernier conseil d’administration avec le compte
financier et le rapport annuel du chef d’établissement. Les dernières
régulations sont apportées quant au service de permanence des
grandes vacances (envisagé dès le mois de mars) et il faut penser, à
nouveau, aux emplois du temps… de la rentrée suivante…
194 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Ce calendrier est succinct et concis : il détaille, sans prétendre être


exhaustif, une partie de toutes les tâches accomplies par le chef
d’établissement et son équipe, la répartition du travail pouvant varier,
selon les mois de l’année (peu, les établissements sont tous soumis
aux mêmes directives nationales), d’un établissement à l’autre.

5.3 Les autres acteurs


Que ce soit à l’école, au collège ou au lycée, nombreux sont
les personnels non-enseignants qui organisent la vie scolaire et
contribuent très largement à la cohésion de la communauté scolaire.

• À l’école primaire
Différents personnels autres que les enseignants, et en complémentarité
avec eux, participent au bon fonctionnement des écoles maternelle
et primaire.

Les personnels de santé : un médecin de l’Éducation nationale est


chargé des actions de prévention individuelle et collective, et de la
promotion de la santé (bilan de santé, de croissance, vérification du
carnet de vaccinations).

Les personnels techniques, ouvriers et de services : ils ont en charge


l’entretien et le fonctionnement de l’ensemble des infrastructures. Ils
assistent les professeurs des écoles pour l’hygiène et la préparation
matérielle. Ils exercent des fonctions d’entretien, ils sont chargés
d’assurer le nettoyage et l’entretien courant des locaux, ainsi que des
surfaces non bâties, de veiller au maintien en état des installations,
mais assument des fonctions d’accueil : ils ont la mission de recevoir,
renseigner et orienter les personnels et usagers, de contrôler l’accès
aux locaux et d’assurer la transmission des informations.

Les agents territoriaux spécialisés d’école maternelle (ATSEM) :


l’article R. 412-127 du Code des communes indique que toute classe
maternelle doit bénéficier des services d’un agent communal occupant
l’emploi d’agent spécialisé des écoles maternelles et des classes
enfantines. Les communes ont donc l’obligation de mettre au moins
un ATSEM à disposition de l’école maternelle. Ce sont des agents
Les personnels d’encadrement 195

relevant du statut général de la fonction publique territoriale. Ils sont


chargés de l’assistance au personnel enseignant pour la réception,
l’animation et l’hygiène des très jeunes enfants, ainsi que de la
préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel
servant directement aux jeunes élèves.

• Au collège et au lycée
Les conseillers principaux d’éducation (CPE) : leur fonction
s’exerce sous la responsabilité du chef d’établissement et se situe
dans le cadre général de la vie scolaire. Ils agissent dans l’organisation
de la vie collective quotidienne, en liaison avec la vie pédagogique
dans l’établissement. Ils collaborent avec le personnel enseignant, ce
qui est capital pour assurer le suivi des élèves et la participation aux
conseils de classe. Ils créent les conditions du dialogue dans l’action
éducative, sur le plan collectif et sur le plan individuel, mais aussi dans
l’organisation de la concertation et de la participation des différents
acteurs à la vie scolaire au sein de l’établissement. Ils ont à organiser
et superviser le travail des personnels surveillants.

Les médecins : les médecins de l’Éducation nationale sont chargés


des actions de prévention individuelle et collective, et de promotion
de la santé : ils mènent des actions auprès de l’ensemble des enfants
scolarisés. Ils réalisent les bilans de santé obligatoires et élaborent des
programmes prioritaires prenant en compte les pathologies dominantes
et les facteurs de risques particuliers qu’ils ont identifiés sur leur secteur.

Les conseillers d’orientation-psychologues (COP) : ils exercent


leur activité sous l’autorité du directeur du centre d’information et
d’orientation (CIO), dont ils relèvent, et assurent l’information des
élèves et de leurs familles en matière d’orientation. Ils contribuent
à l’observation continue des élèves, ainsi qu’à la mise en œuvre des
conditions de leur réussite scolaire. Outre cette mission prioritaire,
ils participent à l’action du CIO.

Le centre d’information et d’orientation


Le rôle du CIO consiste à favoriser (entre autres missions)
l’accueil de tous les publics, et en priorité, des jeunes scolarisés
et de leur famille, l’information sur les études, les formations
196 La vie scolaire : place et implication des acteurs

professionnelles, les qualifications et les professions, mais aussi


le conseil individuel. Des documents de synthèse70, à destination
des équipes éducatives ou des élèves, sont élaborés, et l’animation
des échanges et des réflexions entre les partenaires du système
éducatif, les parents, les jeunes, les décideurs locaux et les
responsables économiques sont privilégiés.

Les infirmiers : ils sont principalement affectés dans les établissements


du second degré et peuvent couvrir, dans un secteur d’intervention
donné, les écoles et établissements d’enseignement secondaire ne
disposant pas d’un personnel infirmier en résidence. Le personnel
infirmier a pour mission, sous l’autorité du chef d’établissement, de
promouvoir et de mettre en œuvre la politique de santé en faveur de
tous les élèves scolarisés : prévention, actions sanitaires de portée
générale, hygiène et sécurité, bilans obligatoires, soins. Les infirmiers
sont plus particulièrement chargés de l’accueil et de l’écoute des
élèves et des parents pour des motifs de santé, ils participent aux bilans
et au suivi de l’état de santé des élèves. Ils exercent une surveillance
étroite des jeunes exposés à des nuisances spécifiques, et participent
à la surveillance sanitaire de l’hygiène générale en milieu scolaire, à
l’éducation à la santé et à la sécurité.

L’assistant de service social : il est chargé d’apporter écoute,


conseils et soutien aux élèves et aux personnels, pour favoriser
leur réussite individuelle et sociale. L’assistant de service social
exerce des fonctions visant à aider les personnes, les familles ou les
groupes connaissant des difficultés sociales. Il facilite leur insertion et
recherche les causes qui compromettent leur équilibre psychologique,
économique ou social. Il participe directement aux missions du service
public de l’éducation et exerce souvent un rôle de médiateur. Il est à
la fois le conseiller social de l’élève et de l’institution scolaire : « La
prévention, l’intégration, l’orientation spécialisée, l’insertion scolaire
et sociale, la protection des mineurs en danger ou susceptibles de
l’être, l’information » font partie de ses missions, décrites dans la
circulaire ministérielle du 11 septembre 1991.

Le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté : au sein


de chaque établissement, un comité d’éducation à la santé et à

70
www.onisep.fr.
Les personnels d’encadrement 197

la citoyenneté s’efforce d’inscrire les actions d’éducation et de


prévention dans une perspective globale, en associant enseignants,
éducateurs, personnels spécialisés et en s’ouvrant aux associations
et aux autres services publics. Le CESC constitue une instance de
réflexion, d’observation et de veille, qui conçoit, met en œuvre et
évalue un projet éducatif en matière de prévention, d’éducation à
la citoyenneté et à la santé, intégré au projet d’établissement. Il est
présidé par le chef d’établissement.

Les gestionnaires des établissements scolaires71 : le gestionnaire,


communément appelé « intendant », seconde le chef d’établissement
dans les tâches de gestion matérielle ainsi que dans les tâches de
gestion administrative, qui recouvrent l’administration générale
et la gestion financière. Il participe aux réunions organisées par la
collectivité de rattachement (il peut remplacer le chef d’établissement
à sa demande). La charge de la gestion matérielle lui confère une
responsabilité particulière, en matière de sécurité, aux côtés du chef
d’établissement et sous son autorité. Son action dans l’exécution
des travaux d’entretien des matériels et des locaux, ainsi que dans la
prévention des risques, est essentielle.
Il participe à l’élaboration du projet annuel de sécurité soumis
au conseil d’administration et prépare l’organisation périodique
des exercices d’évacuation, sollicite et prépare les visites de la
commission départementale de sécurité et des organismes de
contrôle réglementaires. En cas de danger, il doit informer le chef
d’établissement, exécuter sans délai les diligences qui lui incombent
et, le cas échéant, prendre toute mesure conservatoire de nature à
éviter la réalisation d’un danger imminent.

Les assistants d’éducation : les assistants d’éducation ont vocation à


servir dans les écoles, collèges et lycées où ils ont pris, dès la rentrée
2003, le relais des maîtres d’internat et des surveillants d’externat,
ainsi que des aides éducateurs. Il est fait appel, en priorité, à des
étudiants auxquels sont proposés de préférence des postes à mi-
temps, pour tenir compte des contraintes liées à la poursuite d’études
supérieures. Ils exercent, dans les établissements scolaires publics du

71
 issions définies par l’article R. 421-13 du Code de l’éducation, qui prévoit que « le chef d’établissement
M
est secondé dans ses tâches de gestion matérielle, financière et administrative par un gestionnaire nommé
par le ministre de l’Éducation nationale ou l’autorité académique habilitée à cet effet. Le gestionnaire
est chargé, sous l’autorité du chef d’établissement, des relations avec les collectivités territoriales, pour
les questions techniques, et il organise le travail des personnels techniciens et ouvriers de services. »
198 La vie scolaire : place et implication des acteurs

second degré, les fonctions suivantes : encadrement et surveillance des


élèves, aide à l’accueil et à l’intégration des élèves handicapés, aide
à l’utilisation des nouvelles technologies, aide à la documentation,
accès aux technologies de l’information et de la documentation,
participation aux activités culturelles, sportives et sociales.
L’assistant d’éducation (surveillance, organisation, accueil…) aide les
élèves à devenir responsables et autonomes, mais conserve autorité
et ascendant éducatif sur les élèves, car il maintient également la
discipline et l’ordre scolaire.

Pour aller plus loin


• Étienne Lefebvre, Daniel Mallet, Pierre Vandevoorde, Collège et
lycée publics : le chef d’établissement dans l’institution, éd. Berger-
Levrault, 2005.
• Yves de Saint-Do, Le rôle pédagogique du chef d’établissement.
Défis d’aujourd’hui : de la théorie à la pratique, éd. Berger-Levrault,
2006.
• Anne Barrère, Sociologie des chefs d’établissement : les managers
de la République, éd. PUF, 2006.
Les parents : situation et implication 199

Chapitre 6

Les parents :
situation et implication

Les parents sont des membres de la communauté éducative. Ils ont,


comme objectifs communs avec l’institution scolaire, de réussir
l’éducation de leurs enfants et de leur transmettre un certain nombre
de valeurs. C’est surtout au niveau local que peut se mettre en place
un dialogue avec les parents d’élèves. La régularité et la qualité de ces
relations constituent un élément déterminant dans l’accomplissement
de la mission confiée au service public de l’éducation.

6.1 Le rôle des parents d’élèves


• Des représentants élus
Dans les établissements scolaires, les parents d’élèves élisent tous
les ans certains d’entre eux pour les représenter dans les différentes
instances du système éducatif. Dans les écoles maternelles et
élémentaires, les parents d’élèves siègent au conseil d’école. Dans
les établissements du second degré, c’est au conseil d’administration
qu’ils sont représentés. Ils ont une voix délibérative. En pratique :
– les élections des représentants de parents d’élèves sont organisées
au plus tard avant la fin de la septième semaine de l’année scolaire ;
– depuis septembre 2004, les deux parents de chaque élève sont
électeurs, qu’ils soient mariés ou non, séparés ou divorcés, sous
réserve pour les parents d’enfant mineur de ne s’être pas vu retirer
l’autorité parentale ;
– tous les parents électeurs sont éligibles, à l’exception des personnels
de l’établissement membres de droit du conseil d’administration.
Il y a autant de représentants de parents d’élèves au conseil d’école
que de classes dans l’école. Les représentants des parents d’élèves sont
cinq dans un lycée ou dans un établissement régional d’enseignement
adapté, six dans un collège de moins de 600 élèves et sept dans les
autres collèges. Ils sont environ 48 000 au niveau national72.
En règle générale, la participation des parents aux élections est
assez faible : 26 % des parents inscrits votent dans le second degré

72
Chiffres Éduscol 2009.
200 La vie scolaire : place et implication des acteurs

et environ 45 % dans le premier degré. Tous les ans le ministère


incite les chefs d’établissement à favoriser le vote des parents, et des
campagnes d’information sont menées73.

• Une place définie


Les parents sont représentés tant au niveau national, dans les services
de l’Éducation nationale, qu’au niveau local, dans les établissements
scolaires74.

Au niveau national, ils sont présents :


– au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) : sur 195 membres, 12
représentent les parents d’élèves (9 issus de l’enseignement public,
proposés par les fédérations, 3 issus de l’enseignement privé, choisis
par le ministre dans les associations les plus représentatives) ;
– au conseil académique de l’Éducation nationale (CAEN) : les
parents disposent de 8 sièges sur 51. Les représentants sont désignés
pour 3 ans par le préfet de région sur proposition des associations ;
– au conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), ils
disposent de 7 sièges sur 30 et sont désignés de la même manière
qu’au CAEN ;
– au conseil académique de la vie lycéenne (CAVL) : celui-ci est présidé
par le recteur75, il formule des avis sur la vie scolaire dans les lycées.
Il est constitué d’élèves délégués issus des conseils de la vie lycéenne
et d’adultes (conseillers régionaux et parents) avec voix consultative.

Les parents d’élèves ont également leur place dans :


– les commissions d’appel des décisions prises en matière d’orientation :
sur les onze membres de la commission, trois représentent les parents et
sont nommés par l’inspecteur d’académie sur proposition des associations ;
– les commissions d’affectation des élèves76 ;
– les commissions départementales et régionales des bourses (les
commissions des bourses interviennent comme instance d’appel et statuent
sur les demandes de bourses, lorsque celles-ci ont fait l’objet d’un refus) ;

73
Chiffres MEN.
74
 ans les services de l’Éducation nationale, les sièges qui leur sont attribués sont répartis entre les
D
fédérations et les groupements de parents, en fonction des résultats obtenus aux élections aux conseils
d’école et aux conseils d’administration
75
 ette instance a été créée à la suite de la consultation lycéenne de 1998 et du rapport du recteur René
C
Blanchet.
76
 ommission préparatoire à l’affectation des élèves ; la commission réalise les travaux préalables à
C
l’affectation des élèves et les propose à la décision de l’inspecteur d’académie, directeur des services
départementaux de l’Éducation nationale.
Les parents : situation et implication 201

– le conseil de discipline départemental : deux représentants des parents


sont nommés par le recteur. La réunion du conseil de discipline de
l’établissement peut, dans certains cas, générer un accroissement des
actes de violence et compromettre la sérénité indispensable des débats
du conseil, voire la sécurité dans l’établissement. Aussi, pour prévenir
ces situations difficiles et particulières, le chef d’établissement peut
désormais saisir, de manière exceptionnelle, une nouvelle instance
disciplinaire : le conseil de discipline départemental ;
– la commission d’appel académique en matière disciplinaire : toute
sanction prononcée par le conseil de discipline, ou par le conseil
de discipline départemental, peut être déférée, dans un délai de
huit jours francs, au recteur d’académie, soit par le représentant
légal de l’élève, ou par ce dernier s’il est majeur, soit par le chef
d’établissement. Le recteur d’académie décide après avis de cette
commission académique.

Les parents ont également une place au niveau local.


Dans le premier degré, les parents siègent au conseil d’école, qui vote le
règlement intérieur et adopte le projet de l’école. Le conseil donne son
avis, fait des suggestions sur le fonctionnement de l’école et sur tout ce
qui concerne la vie scolaire : intégration des enfants handicapés, activités
périscolaires, restauration scolaire, hygiène scolaire, sécurité des enfants.
Dans le second degré, ils siègent au conseil d’administration77, qui
adopte le projet d’établissement, le budget et le règlement intérieur. Le
projet d’établissement intègre le programme de l’association sportive,
les principes du dialogue avec les parents d’élèves, les questions
relatives à l’hygiène, la santé et la sécurité, et donne son avis sur les
principes de choix des manuels et outils pédagogiques, sur la création
d’options et de sections, etc.
Toutes ces décisions sont par conséquent prises avec la participation
et l’accord des parents. Les délégués des parents d’élèves aux conseils
de classe sont proposés par les responsables des listes de candidats
qui ont obtenu des voix lors des élections, et ils sont désignés par
le chef d’établissement, compte tenu des résultats de ces élections.

• Les associations de parents d’élèves


Historiquement, la première association qui a vu le jour (1910) est la
Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP)78.

77
Organe décisionnel.
78
www.peep.asso.fr.
202 La vie scolaire : place et implication des acteurs

Elle a été reconnue en 1926 et se situe à droite de l’échiquier politique ;


son périodique s’appelle La Voix des Parents.
La Fédération des conseils des parents d’élèves de l’enseignement public
(FCPE)79 a été créée en 1946 à l’initiative des instituteurs de la Fédération
de l’Éducation nationale (FEN) et de la Ligue de l’enseignement avec,
pour finalité, « la défense de l’école publique ». Cette Fédération est
proche des milieux laïques et des partis de gauche, elle a pour organe de
communication La Revue des parents.
L’Union nationale des associations autonomes de parents d’élèves
(UNAAPE)80 a été créée en 1968 et a pour mensuel Présence des Parents.
Enfin la Fédération nationale des associations de parents d’élèves de
l’enseignement public (FNAPE), particulièrement représentée dans
les établissements de l’enseignement technologique et professionnel,
publie la revue Parents d’élèves.
Dans l’enseignement privé, l’Union nationale des associations
de parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL)81 a été fondée
en 1934.

6.2 Les droits des parents


Ce droit s’analyse principalement pour les parents d’élèves comme
le droit d’avoir accès aux informations nécessaires, au suivi de la
scolarité de leurs enfants et à celles relatives à l’organisation de la
vie scolaire.

L’article L. 111-4 du Code de l’éducation prévoit que « les


parents d’élèves sont membres de la communauté éducative. Leur
participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants
et les autres personnels sont assurés dans chaque école et dans
chaque établissement. Les parents d’élèves participent par leurs
représentants aux conseils d’école, aux conseils d’administration
des établissements scolaires et aux conseils de classe ».
L’article D. 111-6 du Code de l’éducation82 précise que « les
associations de parents d’élèves regroupent exclusivement des
parents d’élèves, et ont pour objet la défense des intérêts moraux
et matériels communs aux parents d’élèves ».

79
www.fcpe.asso.fr.
80
www.unaape.asso.fr.
81
www.apel.fr.
82
Issu du décret n° 2006-935 du 28 juillet 2006.
Les parents : situation et implication 203

Le droit d’information permet aux parents d’être régulièrement


informés des résultats et du comportement scolaires de leurs enfants,
par le livret scolaire dans le premier degré ou le bulletin scolaire dans
le second degré. Lors de leur première réunion, le conseil d’école
ou le conseil d’administration du collège ou du lycée examinent les
conditions d’organisation du dialogue avec les parents.
Le droit de participation permet aux parents de s’impliquer dans
la vie de l’école ou de l’établissement par l’intermédiaire de leurs
représentants élus, qui participent, en leur nom, aux conseils d’école
et aux conseils d’administration.
Le contrôle de l’obligation scolaire revient également aux parents :
au cours de la réunion de début d’année, les familles doivent être
systématiquement informées des obligations qui leur incombent en matière
d’assiduité de leurs enfants. L’accent est mis sur l’importance de la
fréquentation de chaque heure de cours.
Dans chaque école et établissement, les absences des élèves sont mentionnées
par classe dans un registre d’appel. La famille doit faire connaître au plus vite
le motif de l’absence. Si l’absence était prévisible, l’école ou l’établissement
est prévenu avant l’absence, avec indication du motif.

Les associations de parents d’élèves doivent être en mesure de se faire


connaître auprès de l’ensemble des parents d’élèves et de les informer
sur leur action. C’est la raison pour laquelle un certain nombre de
moyens sont mis à leur disposition. Dans chaque école et établissement
scolaire est affichée, dans un endroit facilement accessible aux parents,
la liste des associations de parents d’élèves représentées dans les
instances de l’école ou de l’établissement, avec les noms et adresses
de leurs responsables.
La connaissance par les familles de la vie de l’école ou de l’établissement
et de l’activité des associations de parents d’élèves nécessite la diffusion
de documents. Identifiés clairement comme émanant des associations
de parents d’élèves, ils sont remis aux responsables d’établissement,
doivent respecter le principe de laïcité, les dispositions relatives à la
vie privée et exclure toute propagande en faveur d’un parti politique
ou d’une entreprise commerciale. La semaine de la rentrée, afin de
garantir l’égalité de traitement entre les associations, les opérations de
distribution de leurs documents se déroulent simultanément et dans les
mêmes conditions.
204 La vie scolaire : place et implication des acteurs

• Les rencontres parents-enseignants


Lors de la première réunion, le conseil d’école ou le conseil
d’administration examine les conditions d’accueil des parents. Ceux-ci
sont informés par écrit des rencontres prévues (réunions d’information,
rencontres parents-professeurs, remises des bulletins…). Il leur est
ainsi précisé le nombre, la date et l’objet de ces rencontres rythmant
l’année scolaire. Le conseil des maîtres, présidé par le directeur
d’école dans le premier degré, le chef d’établissement, dans le second
degré, sont également désormais tenus d’organiser au moins deux fois
par an, et par classe, une rencontre entre les parents et les professeurs.
Ces rencontres n’ont pas toujours le même objet et donc ne revêtent
pas nécessairement la même forme : rencontres individuelles de
chaque parent avec chaque enseignant, ou rencontres collectives…
Les rencontres collectives sont organisées soit pour l’ensemble des
parents (informations de rentrée, parents d’élèves nouvellement
inscrits…) soit pour un groupe de parents d’élèves : par classe, ou
même, selon la question abordée, en sous-groupes.
Les rencontres individuelles avec les enseignants ou les autres
personnels de la communauté scolaire se déroulent dans le cadre le
mieux adapté à la demande, dans le respect de la confidentialité des
propos échangés. Le dialogue avec les parents d’élèves est fondé sur
une confiance réciproque, ainsi que sur le souci commun du respect
de la personnalité de l’élève.
Le directeur d’école ou le chef d’établissement prend, en accord avec
les responsables des associations de parents d’élèves, les mesures
nécessaires pour offrir à ces associations des possibilités de réunion
dans l’enceinte scolaire, tout en préservant le fonctionnement de
l’établissement.

La présence des parents dans l’école est relativement récente. Il faut


attendre 1968 pour qu’ils soient présents dans les conseils d’administration
des lycées et des collèges, puis 1977 dans les conseils d’école. Aujourd’hui,
la situation reste marquée par l’écart entre la représentation officielle et
la participation effective des parents dans l’école.

Textes
– décret n° 2006-935 du 28 juillet 2006 : « Parents d’élèves, associations
de parents d’élèves et représentants des parents d’élèves » ;
Les parents : situation et implication 205

– circulaire n° 2006-137 du 25 août 2006 : « Le rôle et la place des


parents d’élèves » ;
– décret n° 2006-1104 du 1er septembre 2006 : « Contrat de
responsabilité parentale ».

Pour aller plus loin


• Rapport conjoint IGEN-IGAENR, « La place et le rôle des parents
dans l’école », octobre 2006.
• Alain Bauer, « Mission sur les violences en milieu scolaire, les
sanctions et la place de la famille », chap. iv, « Les familles et l’école ».

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