GE 22 MEDIAN G2 le 12 novembre 2012
I) Questions de cours (6 points):
1. Quels facteurs ont accéléré le mouvement de mondialisation économique au
cours des trente dernières années ?
Baisse du coût du transport longue distance (porte-conteneurs), numérisation de
l’information et son transport à coût nul, libéralisation financière, chute du mur de
Berlin.
2. Par quels mécanismes l’échange international affecte-t- il nos niveaux de vie ?
L’échange international met à notre disposition en tant que consommateur des
produits en provenance des quatre coins du monde, permettant par le jeu de la
concurrence quand elle est réelle, plus de variété, plus de qualité à un meilleur
prix. En tant que producteur salarié ou indépendant, nous pouvons soit bénéficier,
soit pâtir de la mondialisation, en fonction de notre position dans l’échelle de la
valeur ajoutée et de notre exposition à la concurrence des travailleurs des pays
émergents.
II) Vous traiterez le sujet d’actualité suivant en 20 lignes maximum (4 points):
Le MES
Voir Moodle
III) Vous commenterez les documents suivants, les capacités d'analyse et de synthèse
étant valorisées (10 points) :
Doc 1 : Solde de la balance chinoise des transactions courantes
Doc 2 : Chine, investissement consommation des ménages et exportations en % du PIB
Doc 3 : Croissance économique chinoise
Doc 4 : Salaire urbain moyen en Chine
Doc 1 :
Il s’agit d’un diagramme en bâtons présentant de 1990 à 2012 le solde des
transactions courantes chinoises c'est-à-dire les entrées ou sorties de capitaux résultant des
mouvements de biens de services, de revenus et de transferts unilatéraux de la Chine avec
le reste du Monde en pourcentage du PIB chinois.
On voit que ce solde est structurellement excédentaire pouvant même atteindre 10%
du PIB chinois, ce qui traduit la puissance exportatrice croissante de la Chine au cours des
dernières années. Initialement en appui sur des coûts salariaux très bas, la compétitivité
des produits chinois s’accommode fort bien de la montée rapide des salaires, grâce à une
montée en gamme et à un taux de change maintenu artificiellement bas par les autorités
monétaires.
Toutefois on voit que ce solde est sensible à la conjoncture internationale, puisqu’à
chaque phase basse du cycle économique, 1993, 2001 et 2009 l’excédent se contacte
brutalement. Cela résulte de la baisse de la demande extérieure des produits chinois quand
la croissance économique mondiale ralentit.
Doc 2 :
Ces courbes décrivent l’évolution des composantes de la demande chinoise de 1990
à 2012 en pourcentage du PIB chinois. La part de la consommation des ménages a tendance a
baisser (achat de biens de consommations par les chinois) tandis que la part des exportations
augmente fortement jusqu’à la crise de 2008, le relais étant pris par la suite par une forte
demande d’investissement (achat de biens d’équipement par les entreprises chinoises). On
peut donc constater l’importance de la demande extérieure dans les sources de la croissance
chinoise : modèle de croissance extravertie. Par ailleurs la demande intérieure fait une très
large place à l’effort d’investissement évoqué dans le document 1, qui permet la montée en
gamme des produits chinois. La partie la moins dynamique de la demande chinoise est la
demande de consommation, traduisant le niveau encore très limité des salaires locaux et
surtout l’effort d’épargne très important consenti par les chinois, peuple déjà vieillissant en
raison de la politique de l’enfant unique menée depuis l’ère Mao, mais pas encore réellement
protégé par un système de retraite.
Doc 3 :
La courbe décrit l’évolution du taux de croissance du PIB chinois de 1991 à 2012 en
volume. Le taux moyen sur la période est exceptionnellement élevé (environ 10% par an), ce
qui donne une croissance globale de 640% en 21 ans, un véritable « miracle économique ».
On peut remarquer un parallélisme entre la courbe du PIB et l’évolution du solde des
transactions courantes : c’est quand l’excédent chinois est très élevé que la croissance
économique est la plus forte, traduisant la dépendance chinoise aux exportations.
Doc 4 :
Ce diagramme en bâtons montre l’évolution des salaires urbains moyens en Chine de
2000 à 2011, convertis en euros. L’information principale est bien entendu le niveau très
faible de ces salaires comparés à ceux pratiqués dans les vieux pays industrialisés : dix fois
moindre qu’en France en début de période. De plus il y a encore en Chine un écart très
important entre les salaires urbains et ceux pratiqués en milieu rural (expliquant l’exode
rural), où les entreprises étrangères sont peu présentes et la main d’œuvre moins qualifiée, ce
qui fait que le salaire moyen chinois est encore certainement inférieur à ces données.
Toutefois on constate que les salaires chinois augmentent très vite, puisqu’ils ont
presque triplé de 2004 à 2011 : un rattrapage salarial s’effectue donc entre la Chine et
l’Occident., ce qui suppose que l’avantage comparatif de la Chine pour les produits
incorporant beaucoup de travail peu qualifié (modèle néo-factoriel) est en train d’évoluer avec
une montée en gamme (cf le doc 1), des investissements de modernisation massifs (cf doc 2),
et une montée de la qualification des travailleurs chinois (investissements dans l’éducation).
La comparaison avec les salaires vietnamiens montre déjà que les multinationales recherchant
la main d’œuvre la moins chère ne vont plus en Chine.
En conclusion, on peut dire que la fantastique croissance chinoise n’a pas encore
réellement profité à de larges couches de la population chinoise, et que l’essor des classes
moyennes est à peine en marche. Le défi auquel devra répondre la Chine dans les années à
venir sera de passer de la production de masse, à la consommation de masse, seule capable de
rendre la croissance chinoise moins dépendante des débouchés extérieurs.