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Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K.

IV-1

IV. Les comportements reversibles

IV.1. L’élasticité linéaire

IV.1.1. Comportement observé en compression uniaxiale


Tous les matériaux rocheux possèdent un domaine de l’espace des contraintes à l’intérieur
duquel une variation des sollicitations n’entraîne qu’une variation de déformation élastique.
Dans ce sens, le terme élasticité englobe dès lors l’idée de réversibilité et d’instantanéité des
déformations.

Il faut noter que pour les roches il est difficile de séparer les phénomènes de déformation et de
rupture car les microfissures et les cavités initiales qui existent avant toute sollicitation, en se
développant par des mécanismes de rupture fragile engendrent des déformations permanentes.
Ce phénomène est malgré tout peu important en dessous d'une certaine valeur de sollicitation.
La déformation dans cette première phase est le résultat de mouvements quasi réversibles
d'atomes et peut être considérée comme élastique avec une viscosité faible. La figure VI.1
donne les réponses d'un matériau parfaitement élastique aux trois essais caractéristiques.
Le modèle analogique de l'élasticité linéaire est le ressort caractérisé par son module élastique
E, également connu sous le nom de module d’YOUNG:

E
σ σ

Avec la loi de HOOKE pour modéliser le comportement

σ = E.ε (IV-1.)

La réponse du matériau élastique linéaire aux essais caractéristiques est donnée sur la figure
IV.1.

Figure IV-1: Comportement d'un matériau élastique

La réversibilité observée sur la courbe d’écrouissage est instantanée. Si au cours de cet essai
d’écrouissage nous mesurons la déformation axiale εax ainsi que la déformation transversale εt ,
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-2

alors le domaine élastique nous permet de tirer, dans le cas d’un matériau isotrope, trois carac-
téristiques mécaniques qui sont:

• le module d’YOUNG donné par la pente de la courbe contrainte - déformation: E

∆σ
E = (IV-2.)
∆ ε ax

• le coefficient de poisson:

∆ εt
ν = − (IV-3.)
∆ε ax

le signe moins provenant du fait que les deux déformations n’évoluent pas dans le même
sens. Nous avons en effet une compression dans le sens axial alors que le sens
transversal développe une extension.

• la limite élastique σE qui est la contrainte au-delà de laquelle la roche sort du


domaine élastique. Cette caractéristique ne peut pas être considérée comme une
propriété intrinsèque du matériau car les matériaux qui ont été sollicités au-delà de
leur limite élastique présentent des limites élastiques de plus en plus élevées. Cette
propriété dépend donc de l’histoire du chargement du matériau.

D'autres constantes élastiques peuvent être évaluées à partir de E et ν. Il s'agit:

• du module de cisaillement G qui est le rapport entre la contrainte de cisaillement et la distor-


sion correspondante :

E
G = (IV-4.)
2(1 + ν )

• du module d’incompressibilité K qui est donné par le rapport d'une pression hydrostatique à
la déformation volumique correspondante ;

E
K = (IV-5.)
3(1 - 2ν )

• des coefficients de LAME qui sont une conséquence de la théorie de l'élasticité car λ + 2G
lie les contraintes et les déformations dans la même direction, tandis que λ lie les contraintes
et déformations situés dans deux directions perpendiculaires (on verra cela un peu plus loin).
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-3


λ = (IV-6.)
(1+ ν )(1- 2ν )

Remarques

En Mécanique des roches, la réalité montre que les constantes élastiques sont le plus souvent
influencées par un certain nombre de facteurs locaux comme la température, la dimension de
l'ouvrage sollicité, le confinement, la vitesse de mise en charge...
Il convient donc si l'on veut construire un modèle se rapprochant le plus possible de la réalité,
de réajuster la valeur des constantes élastiques dans chaque cas d'espèce afin de tenir compte
des conditions locales.

IV.1.2. Construction de la loi de comportement tridimensionnelle


La schématisation du solide élastique montre que les variables d’état à faire intervenir sont les
seules variables observables T et ε. De plus, si l’on se restreint aux transformations
isothermes, seule la déformation ε intervient comme variable d’état; la température
intervenant comme un paramètre dont dépendent les coefficients d’élasticité.

L’essai uniaxial nous a montré que la courbe contrainte-déformation était linéaire dans le
domaine élastique. Pour obtenir une théorie linéaire générale dans un système d’axes
tridimensionnels, il convient de choisir comme potentiel thermodynamique, une forme
quadratique définie positive des composantes du tenseur des déformations :

soit :
Ψ = 21ρ [ C ] : [ ε ] 2 (IV-7.)

 étant la masse volumique,


 [C] un tenseur du 4ème ordre, dont les composantes sont les coefficients d’élasticité
isotherme.

Dès lors par définition de la variable associée, le tenseur des contraintes [σ] dérive du
potentiel Ψ pour donner la loi d’état suivante, relation linéaire biunivoque entre les
composantes des tenseurs de contrainte et de déformation :

Ψ = [ C] : [ ε ]
[ σ ] = ρ ∂∂ε (IV-8.)

où les 81 composantes Cijkl du tenseur [C ] sont des constantes du matériau rocheux considéré.

De part la symétrie du tenseur des contraintes Cijkl = Cjikl , et la symétrie du tenseur des
déformations entraîne Cijkl = Cijlk , la relation élastique peut s’écrire alors :
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-4

 σ X   C11 C12 C13 C14 C15 C16   ε X 


σ  C C 22 C 23 C 24 C 25

C 26   ε Y 
 Y   21  
 σ Z   C 31 C 32 C 33 C 34 C 35 C 36   ε Z 
 =   (IV-9.)
τ XY   C 41 C 42 C 43 C 44 C 45 C 46  γ XY 
 τ YZ   C51 C 52 C 53 C54 C 55 C56   γ YZ 
    
τ
 XZ   C 61 C 62 C 63 C 64 C 65 C 66  γ XZ 

et ne comporte dès lors plus que 36 coefficients Cij appelés modules de rigidité ou encore
raideurs. De plus, de part la symétrie du tenseur [C ] ( Cij = Cji ), le nombre de coefficients
indépendants peut être réduit à 21.

Si la roche peut être assimilée à un milieu élastique isotrope, le nombre de coefficients


indépendants nécessaires pour décrire son comportement est ramené à 2 (voir cas
unidimensionnelle) et les relations contraintes déformations se réduisent à :

σ X  λ + 2G λ λ 0 0 0 ε X 
σ   λ λ + 2G λ
 
 Y 
0 0 0 εY 
σ Z   λ λ λ + 2G 0 0 0 ε Z 
  =   (IV-10.)
τ XY   0 0 0 G 0 0 γ XY 
τ YZ   0 0 0 0 G 0 γ 
     YZ 
τ XZ   0 0 0 0 0 G  γ XZ 

où λ est le coefficient de LAME et G le module de cisaillement. Pour déterminer


complètement le comportement élastique linéaire d’une roche, il suffira de déterminer deux
coefficients parmi E, ν, G, K et λ. Pour exprimer la relation élastique ci-dessus sous la forme
inverse (déformation en fonction de contrainte), il est plus facile d’exprimer le tenseur des
raideurs en termes de E et ν.

L’identification usuelle des coefficients caractéristiques de l’élasticité repose sur l’évaluation


du module d’Young et du coefficient de Poisson dans des essais statiques de compression ou
dans des essais de propagation d’ondes. Ces deux méthodes ne donnent pas les mêmes
résultats pour une même roche car la méthode dynamique ne prend pas en compte certains
mouvements “ visqueux ” d’atomes ou de molécules et de ce fait, donne des rigidités plus
grandes.

Les relations contraintes-déformations peuvent être inversées (déformations-contraintes) ou


exprimées en termes de contraintes et déformations principales sans difficultés.

Dans le cas des états plans, les formules inverses exprimées par rapport aux axes principaux
se présentent sous la forme simplifiée suivante :

8 Gε 1 = ( χ + 1)σ 1 + ( χ - 3)σ 2
(IV-11.)
8 Gε 1 = ( χ - 3)σ 1 + ( χ + 1)σ 2
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-5

Avec
 χ = 3 - 4ν ) en déformations planes
(3 - 4ν )
 χ = en contraintes planes
(1 + ν )

Prise en compte de l’anisotropie

De nombreuses roches ne peuvent être assimilées à un matériau isotrope (une isotropie


parfaite devrait résulter d’une double distribution aléatoire : d’une part celle de l’orientation
des minéraux, et d’autre part celle de la direction des discontinuités). Elles présentent en effet
très souvent une anisotropie de leurs propriétés mécaniques que l’on peut attribuer soit aux
conditions tectoniques, soit aux conditions de sédimentation dans lesquelles elles se sont
formées.

Pour des roches ayant une structure planaire marquée, dont un exemple est le schiste
ardoisier, le module d’élasticité peut varier du simple au quadruple suivant la direction à
laquelle on s’intéresse. Pour ces roches, si l’on considère la direction perpendiculaire à la
schistosité, les caractéristiques élastiques du milieu sont identiques pour tous les couples de
directions symétriques par rapport à cette direction : la roche est isotrope dans tous les plans
normaux à cette direction (figure IV.2).
σz

σx
σy

Figure IV-2: Matériau présentant un plan de


schistosité

La condition d’isotropie plane ou transversale implique :

ε XX   1 − ν1 − ν2 0 0 0  σ XX 
ε    
 YY   − ν1 1 − ν2 0 0 0  σYY 
 εZZ  1  − ν2 − ν2 E1 E2 0 0 0  σ ZZ  (IV-12.)
 =   
ε XY  E1  0 0 0 2(1 + ν1 ) 0 0  σ XY 
 εYZ   
 0 0 0 0 E1 G2 0  σYZ 
   0  
ε XZ   0 0 0 0 E1 G2  σ XZ 

Le comportement élastique du matériau est défini par cinq caractéristiques indépendantes :


Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-6

• 2 modules d’élasticité E1 et E2 :

σx σy σz
E1 = = , E2 = (IV-13.)
εx εy εz

• 2 coefficients de Poisson ν1 et ν2 :

εy εx εy
ν1 =- , ν2 = - =- (IV-14.)
εx εz εz

• 1 module de cisaillement G2.

τ zy τ zx
G2 = = (IV-15.)
γ zy γ zx

Même pour les roches schisteuses, l’isotropie transversale peut représenter une simplification
du fait de l’existence d’une linéation dans les plans de schistosité. On parlera alors de milieu
élastique orthotrope. Pour caractériser un tel milieu, il faut déterminer 9 coefficients
indépendants :

• 3 modules d’élasticité E1, E2, E3 ;


• 3 coefficients de Poisson ν1, ν2, ν3 ;
• 3 modules de cisaillement G1, G2, G3.

IV.2. La viscoélasticité

IV.2.1. Schématisation du comportement unidimensionnel


Il est impossible de développer une théorie générale valable pour le comportement de tous les
corps à comportement viscoélastique. Le comportement viscoélastique réel des roches ne peut
être simulé que par la mise en œuvre de modèles analogiques assez complexes. Mais, dans un
but de simplification, nous nous contenterons de modéliser le comportement unidimensionnel
par un modèle analogique simple comme celui de Kelvin-Voigt: un ressort et un amortisseur
linéaires en parallèle (voir figure IV.3).

E
σ σ

0 ε
η
Figure IV-3: Modèle de Kelvin-Voigt
La réponse de ce modèle aux essais de caractérisation est donnée sur la figure IV.4.
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-7

Figure IV-4:Comportement d'un matériau viscoélastique

La courbe d'écrouissage n'est plus linéaire et la réversibilité est retardée pour n'intervenir
qu'après un temps infini. La contrainte n’est plus seulement une fonction de la déformation,
mais également de la vitesse de déformation.

σ = f(ε,ε&) (IV-16.)

La réponse de ce modèle au test de fluage σ = σ0 est donnée par une loi exponentielle de forme :

ε=
σ0 1 - (- Eη t) (IV-17.)
E  e 

La fonction de fluage f(t) est donc donnée par :

1 1 - (- Eη t)
f(t)= (IV-18.)
E  e 

Si nous adoptons ce modèle pour le comportement d’une roche, l’ajustement de l’équation


définie ci-dessus aux données expérimentales permettra de trouver les valeurs des paramètres
mécaniques que sont le module élastique E et le coefficient de viscosité η.
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-8

IV.2.2. Généralisation à trois dimensions

(A rédiger)
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-9

IV.2.3. Formulation thermodynamique

Le modèle de Kelvin-Voigt correspond aux considérations suivantes:


• la variable observable est la déformation totale [ε], sa variable associée est la contrainte [σ];
• pour définir la puissance réversible et la puissance dissipée il y a lieu de faire une partition
des contraintes en contrainte « élastique » [σe] et contrainte anélastique [σan]. Cette partition
est une conséquence du montage du ressort et de l’amortisseur en parallèle.

[σ ] = [σ e ] + [σ an ] (IV-19.)

 [σe]:[ ε& ] est la puissance volumique réversible ;


 [σan]:[ ε& ] est la dissipation volumique intrinsèque

Pour le matériau isotrope, la théorie linéaire devant relier la contrainte élastique à la


déformation s’obtient en choisissant le même potentiel thermodynamique que pour l’élasticité
linéaire :

ψ =
1

(
λε 2I + 4Gε II ) (IV-20.)

 est la masse spécifique ;


 εI et εII les premier et deuxième invariants du tenseur de déformation. Le premier
invariant représente la déformation volumique et peut encore se représenter par
Tr(ε), εv ou ∆.

Pour exprimer la contrainte anélastique σan afin de l’additionner à la contrainte élastique σe, il
faut utiliser le potentiel de dissipation ϕ( ε& ). Pour les mêmes raisons que précédemment on
choisit une forme quadratique définie positive des vitesses de déformation:

ϕ =
1
2
(
λθ λ ε& 2I + 4Gθ G ε& II ) (IV-21.)

Dans cette expression les θλ et θG sont deux coefficients supplémentaires caractéristiques de la


viscosité du matériau.
Conformément à la méthode de l’état local, la loi d’état s’obtient par :

∂ψ
[σ e ] = ρ = λ Tr(ε )[1] + 2G[ε ] (IV-22.)
∂ε

et la loi complémentaire par :

∂ϕ
[σ an ] = = λ θ λ Tr(ε& )[1] + 2Gθ G [ε& ] (IV-23.)
∂ε&

La loi de comportement mécanique du modèle de Kelvin-Voigt s’obtient donc par addition des
deux contraintes présentées ci-dessus:
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-10

[σ ] = λ {Tr(ε ) + θ λ Tr(ε& )}[1] + 2G{[ε ] + θ G [ε& ]} (IV-24.)

θλ et θG sont des temps caractéristiques du retard à la déformation dont l’identification peut se


faire d’après des résultats d’essais de fluage en compression ou cisaillement. La loi de fluage de
ce matériau étant de type exponentielle, nous pouvons, selon le mode de sollicitation adoptée
ajuster cette loi à la courbe de fluage expérimentale et obtenir ainsi soit G et θG (cas de
cisaillement), soit λ et θλ (à partir de λ et η obtenus en compression).

IV.2.4. Approche fonctionnelle

Les études rhéologiques en général, et la viscoélasticité en particulier, recourent à l’utilisation


des fonctions du temps comme les fonctions fluage et relaxation définies précédemment. Les
équations de comportement reliant les contraintes, les déformations, ainsi que leurs vitesses
devront donc contenir des fonctions du temps, ce qui alourdit d’avantage les écritures et
complique les calculs. Un moyen de simplifier la démarche consiste à transformer les fonctions
de manière à réaliser une démarche semblable à celle de l’élasticité linéaire; puis à faire une
transformation inverse de la solution afin de retrouver la formulation en fonction du temps.

1. Notion de calcul symbolique.

Soit f(t) une fonction définie pour t ≥ 0. On appelle transformée de LAPLACE de f(t)
l'intégrale :


∫0 e
-pt
f(t)dt (IV-25.)

p peut être un nombre complexe.

On appelle transformée de CARSON de f(t) la fonction :


f (p) = p ∫ e-pt f(t)dt
*
(IV-26.)
0

En viscoélasticité les relations s'expriment, au moyen de la transformation de CARSON plus


simplement qu'au moyen de la transformation de LAPLACE.

La fonction f(t) est appelée l'originale, la fonction f*(p) l'image et l'on exprime la
correspondance entre ces deux fonctions par la notation :

f(t) ⊃ f * (p) (IV-27.)


Nous avons vu aux paragraphes III.3.4 et III.3.5 la construction des réponses en déformation
lorsque la contrainte variait en fonction du temps, ainsi que la réponse en contrainte lorsque la
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-11

déformation dépendait du temps. en appliquant la transformée de CARSON aux relations à ces


relations ε(t) et σ(t) elles prennent la forme :

* * *
ε (p) = f (p) σ (p)

* * *
σ (p) = r (p) ε (p)
(IV-28.)
La deuxième de ces relations a la forme de la loi de HOOKE, r*(p) jouant le rôle du module
d'élasticité.
r*(p) sera nommé module opérationnel.

2. Application à un milieu viscoélastique continu.

Soit un élément viscoélastique isotrope initialement en équilibre. Si à l'instant 0 nous lui


imposons une déformation de tenseur [ε] maintenue ensuite constante, le tenseur de contrainte
[σ] sera, en vertu de l'isotropie :

[σ (t)] = λ (t)Tr(ε )[1] + 2G(t)[ε ] (IV-29.)

λ(t) et G(t) sont deux fonctions de relaxation.

Si au contraire nous imposons un tenseur de contraintes [σ] nous obtiendrons de manière


similaire deux fonctions de fluage α(t) et β(t).

Si maintenant nous supposons que le tenseur appliqué [ε] est fonction du temps t, nous obtenons
d t d t
[σ (t )] = [1] ∫ 0 λ (u)Tr(ε )(t - u)du + 2 ∫ 0 G(u)[ε ](t - u)du (IV-30.)
dt dt
avec u = t - τ.

Par la transformation de CARSON cette équation devient

[σ * ] = λ* (p)Tr (ε * )[1] + 2 G* (p)[ε * ] (IV-31.)

On y reconnaît la loi fondamentale de l'élasticité. Les autres équations se transforment de la


même façon.

En résumé la transformation de Carson ramène les relations entre contraintes et déformations


pour un corps viscoélastique boltzmannien aux relations analogues pour un corps élastique. La
connaissance des fonctions de fluage et de relaxation pour certaines sollicitations permet
moyennant la transformation de Carson de résoudre certains problèmes pratiques de
mécaniques de roches en travaillant comme en élasticité linéaire.
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-12

IV.3. La poroélasticité

IV.3.1. Théorie générale

Dans ce qui suit nous considérons la convention des mécaniciens des roches qui prennent les
contraintes de compression positives tandis que la pression de pore sera prise en valeur
absolue.

Pour écrire les lois de la poroélasticité, on postule l’existence d’un potentiel


thermodynamique défini comme une fonction de la température, de la déformation totale, et
de l’apport de masse fluide :

ψ = ψ (T , ε , m ) (IV-32.)

Les équations d’état s’écrivent alors à partir de ce potentiel selon

∂ψ ∂ψ ∂ψ
S =− [σ ] = gm = (IV-33.)
∂T ∂[ε ] ∂m

 gm : enthalpie libre massique = hm − Ts m


p
 hm : enthalpie massique du fluide = em +
ρ fl
 e : énergie interne massique

Dans les transformations que nous considérerons dans notre démarche, nous supposerons que
la variation d’énergie interne est nulle, ce qui nous permettra de confondre l’enthalpie
massique du fluide avec la pression de pore p. Si de plus nous négligeons les effets de
température, la variable force thermodynamique associée à l’apport de masse fluide devient la
pression de pore divisée par la masse spécifique du fluide.

Nous pouvons alors écrire le potentiel thermodynamique sous la forme quadratique suivante
pour un milieu isotrope :

2
 p  λ m 1  m 
ψ = [σ 0 ]I ε 1 + ψ m0 + 0fl m + I ε21 + 2GI ε 2 + fl MbI ε 1 + M  fl  (IV-34.)
 ρ0  2 ρ0 2  ρ0 

Iε1 et Iε2 sont les premier et deuxième invariants du tenseur des déformations.

Le sens physique de certains paramètres définis dans cette expression sera précisée plus loin.

Le comportement d’un milieu poro-élastique linéaire peut se représenter par les équations
suivantes :

m
[σ ] = [σ 0 ] + λu tr [ε ][. 1] + 2G [ε ] + bM [1] (IV-35.)
ρ 0fl
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-13

 m 
p = p 0 + M b tr[ε ] + fl  (IV-36.)
 ρ0 

avec
[σ] : tenseur de contraintes. L’indice 0 se rapporte à l’état de contrainte initial.
[ε] : tenseur des déformations
[1] : tenseur unitaire
tr[ε] = ε1 + ε2 + ε3
m : apport de masse fluide
b et M: coefficient et module de Biot
p : pression de pore. L’indice 0 se rapporte à la pression de pore initiale.
λu et G : coefficients de Lamé (G étant le module de cisaillement).

Sens physique de certaines constantes scalaires introduites

- λu et G sont les caractéristiques élastiques isothermes et non drainés du matériau


poroélastique. Ils lient linéairement la variation du tenseur des contraintes σ - σ0 et le tenseur
des déformations ε dans une expérience à température maintenue constante et à apport de
masse fluide nul (m=0).

- bM/ρ0fl est un scalaire reliant linéairement la variation du tenseur des contraintes σ - σ0 et


l’apport de masse fluide m dans une expérience où l’on empêche toute déformation (ε = 0).
Par couplage, Mb tr[ε] représente la variation de pression du fluide saturant p-p0 dans une
expérience sans apport de masse fluide (m = 0).

- M/ρ0fl est un scalaire reliant linéairement la variation de pression p - p0 et l’apport de masse


m dans une expérience pour laquelle on empêche toute déformation (ε = 0).

Alternativement les équations (17) et (18) permettent d’écrire:

[σ ] = [σ 0 ]+λλ t[ε ][. 1]+2G[ε ]+b( p-p0 ).[1] (IV-37.)


λ = λu -b 2 M (IV-38.)

On peut remarquer dans cette équation que le coefficient de Biot b permet de relier le tenseur
des contraintes à la pression de pore dans une expérience à déformation nulle.

Les constantes λu et Gu = G, λ et G sont les coefficients de Lamé, respectivement non drainés


et drainés. Le coefficient de Lamé ou module de cisaillement G demeure le même dans une
expérience drainée ou non drainée, ceci du fait que dans ces expériences le fluide ne reprend
en moyenne aucun cisaillement.
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-14

Inversion de la loi de comportement

Les équations (IV-35) et (IV-36) s’inversent explicitement sous la forme :

[ε ]= 1+ν [σ-σ 0 ]- ν tr [σ-σ 0 ][. 1]- b


( p-p0 ).[1] (IV-39.)
E E 3K

m 1  b2M  b
fl
= 1+ ( p-p0 )- tr [σ-σ 0 ] (IV-40.)
ρ0 M  K  3K

Avec
3 λ + 2G λ
E=G ν 3K=3 λ+2G
λ+G 2( λ + G )
(IV-41.)
Eν E E
λ= G= 3K=
(1 + ν )(1 − 2ν ) 2(1+ν ) 1-2ν

On peut écrire les formules (4-39) et (4-40) sous la forme alternative

[ε ]= 1+νu [σ-σ 0 ]- νu tr [σ-σ 0 ][1]- bM m


.[1] (IV-42.)
Eu Eu 3K u ρ0fl

 b2M  m bM
p=p0+M 1-  fl + tr [σ-σ 0 ] (IV-43.)
 Ku  ρ 0 3K u

Les relations entre les différentes caractéristiques s’écrivent comme en (IV-41) mais avec les
indices u.

Dans les équations précédentes E (respectivement Eu) et ν (respectivement νu) sont


respectivement le module d’Young et le coefficient de Poisson drainés (respectivement non
drainés). Par ailleurs K (respectivement Ku) est le module d’incompressibilité drainé
(respectivement non drainé). A partir des relations (IV-41) écrites en termes de
caractéristiques drainés et non drainés et de la relation (IV-38) nous pouvons tirer la relation

K=K u -b 2 M (IV-44.)
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IV.3.2. Contraintes effectives et hypothèses de TERZAGHI

L’équation (IV-37) peut être réécrite sous la forme :

[σ ]-b.p.[1]=([σ 0 ] − b.p0 .[1])+λλ t[ε ][. 1]+2G.[ε ] (IV-45.)

Soit autrement

[σ' ]=[σ 0' ]+λλ t[ε ][. 1]+2G.[ε ] (IV-46.)

avec
[σ' ]=[σ ]-b.p.[1] [σ 0' ]=[σ 0 ]-b.p0 .[1] (IV-47.)

Le tenseur σ’ défini par (IV-47) porte le nom de tenseur des contraintes effectives élastiques.
L’équation (IV-46) est en effet la loi de comportement qui relierait le tenseur des contraintes
σ’ et le tenseur des déformations ε pour un solide ayant un comportement élastique linéaire.
Le tenseur σ’ peut être donc interprété comme le tenseur des contraintes responsable des
déformations (élastiques) du squelette, c’est-à-dire des déformations élastiques observables.
La notion de tenseur σ’ des contraintes effectives est à priori distincte de la notion de tenseur
σint des contraintes dites intergranulaires, définies comme les contraintes dues aux seuls
efforts de contact entre les grains. Pour des contacts ponctuels, on peut par exemple montrer
que l’équilibre mécanique des grains exige qu’indépendamment de tout comportement on ait
σ = σint + p.
λ et G qui sont des caractéristiques drainées peuvent donc être interprétés comme des
caractéristiques élastiques effectives. En effet, c’est ces caractéristiques qui relient le tenseur
des contraintes totales σ à la déformation ε dans des transformations pour lesquelles le fluide
serait constamment en équilibre avec le fluide extérieur au système et que l’on maintiendrait à
la pression p0.

L’hypothèse de TERZAGHI consiste à supposer que le tenseur des contraintes effectives σ’


s’écrit :

[σ' ]=[σ ] - p.[1] (IV-48.)

Ceci suppose que b = 1, ce qui n’est réalisé que si la matrice est incompressible comme nous
le verrons dans la suite (le module d’incompressibilité de la matrice solide Ks tend vers
l’infini). On en déduit donc :

K fl
εs = 0 M= (IV-49.)
φ0

εs est la déformation de la matrice solide, Kfl le module d’incompressibilité du fluide et φ0 la


porosité initiale.

Si nous adoptons l’hypothèse de TERZAGHI et que nous supposons que le fluide est
également incompressible, les équations de comportement poroélastique s’écrivent alors :
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-16

[σ-σ 0 ]=λλ t[ε ][. 1]+2G [ε ]+(p-p0 ).[1] (IV-50.)

m
[ε ]=- soit (1-φ0 ).[ε ] = φ0 − φ (IV-51.)
ρ0fl

Les équations précédentes sont les plus couramment employées en Mécanique des Sols.
L’incompressibilité de la matrice est notamment assurée lorsque la matrice est constituée de
grains incompressibles, comme c’est le cas dans de nombreux problèmes de Mécanique des
Sols. Par ailleurs, dans ces mêmes problèmes de Mécanique des Sols, pour lesquels les
perméabilités des milieux étudiés sont suffisamment importantes, les fluides ont plus tendance
à s’écouler qu’à se comprimer.

IV.3.3. Détermination expérimentale des caractéristiques poroélastiques (coefficient de


Skempton).

Le comportement poroélastique linéaire isotrope nécessite la connaissance de 4 coefficients.


En raison des relations qui lient ces coefficients, ils seront à choisir de la manière suivante: 2
coefficients non drainés parmi les coefficients λu, G, Eu, νu, Ku (ou respectivement 2
coefficients drainés parmi les coefficients λ, G, E, ν, K) et les coefficients b et M; ou
alternativement 2 coefficients non drainés (respectivement drainés), 1 coefficient drainé
(respectivement non drainé) et b ou M.

L’essai triaxial avec contrôle de la pression de pore est le système qui permet de fournir un
maximum de paramètres poroélastiques. En effet, il est aisé de mesurer les composantes du
tenseur de déformation ε, tenseur qui décrit la déformation du squelette, de contrôler les
composantes du tenseur des contraintes totales σ, et dans une moindre mesure la variation de
pression interstitielle p - p0.

Le schéma de la figure 3 permet de visualiser le principe de l'essai triaxial qui permet de faire
des expériences drainées (p = p0) et non drainées (m = 0).

σ1

σ ROCHE
3

Pompe
Figure IV-5: Principe de l'essai triaxial
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-17

Les différentes caractéristiques poroélastiques peuvent être déterminées par la démarche


suivante:

- Paramètres élastiques drainés: module d'Young E, coefficient de Poisson ν et module


d'incompressibilité K. Pour déterminer ces paramètres, les vannes A et B de la figure
IV-5 doivent être ouvertes. Les déformations axiale et radiale sont mesurées par des
jauges de déformation collées sur l'échantillon de roche, les contraintes σ1 et σ3 sont
mesurées par des capteurs de pression ou de force (pour la contrainte axiale), et les
pressions en amont et en aval de l'échantillon de roche sont mesurées par des capteurs
de pression placées sur ces circuits comme illustré sur la figure IV-5.

- Paramètres élastiques non drainés: dans ce cas la mise en charge est effectuée avec
les vannes A et B fermées, ce qui interdit la circulation du fluide dans la roche. Ce
type d'essai permet de déterminer le module d'Young non drainé Eu, le coefficient de
Poisson non drainé νu, le module d'incompressibilité non drainé Ku et le coefficient de
Skempton B.

Les paramètres poroélastiques sont déduits des relations établies précédemment. Des
équations (IV-35), (IV-36) et (IV-37) par exemple, on déduira dans le cas d’un état initial
naturel (σ0 = 0)

tr [σ ]
tr [ε ]= si m = 0 (IV-52.)
3K u
tr [σ ]
tr [ε ]= si p = p0 (IV-53.)
3K

Ainsi dans une expérience effectuée à partir de l’état naturel, tr[ε] et tr[σ]/3 sont reliés
linéairement par les modules d’incompressibilité isothermes Ku et K, suivant que l’expérience
est respectivement non drainée ou drainée.

Dans une expérience de compression uniaxiale, il est possible de mesurer les coefficients Eu et
νu ou E et ν selon que l’essai est non drainé ou drainé.

Il reste donc une constante poroélastique isotherme à mesurer. Cette constante ne peut être
que b ou M. Si l’une est connue, on déduira l’autre de la relation où les constantes Ku et K
sont supposées avoir été préalablement déterminées.
Si dans une expérience isotherme, asservie en déformation et effectuée à partir de l’état
naturel, on maintient les déformations nulles, soit ε = 0, et que l’on mesure par ailleurs les
contraintes σ qu’il faut exercer pour cela, ainsi que la variation de pression interstitielle p -
p0, l’équation (19) montre que dans cette expérience on a la relation :

tr [σ ]=3b ( p-p 0 ) (IV-54.)

Cette expérience donne alors une mesure et une nouvelle interprétation du coefficient de Biot
b.

Remarquons enfin que, dans une expérience effectuée à partir de l’état naturel (σ0 = 0) et non
drainée (m = 0), en raison des relations (IV-40) et (IV-44) on a la relation :
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-18

tr [σ ]
p-p 0=Bs
3
(IV-55.)
M.b
B s=
Ku

Dans une expérience non drainée isotherme (m = 0) la variation de pression interstitielle p - p0


varie donc linéairement en fonction de la variation de la contrainte moyenne tr[σ]/3, le
coefficient de proportionnalité étant le coefficient de SKEMPTON Bs . La mesure de ce
coefficient fournit une mesure directe de la quantité bM/Ku et donc des 2 constantes M et b,
puisqu’en utilisant (IV-44) on a les relations :

 K 
1
b= 1- 
Bs
 Ku 
(IV-56.)
2 K u2
M=Bs
Ku − K

IV.3.4. Relations entre les caractéristiques du milieu poroélastique et celles des


constituants

Dans le cas d’un comportement élastique isotrope, il est possible de développer des relations
reliant les caractéristiques du matériau poreux à celles de la matrice et du fluide. Pour cela
nous supposons que la matrice est constituée d’un matériau homogène, et ayant un
comportement élastique linéaire isotrope.

La seule connaissance des caractéristiques des constituants et de la porosité φ0 ne permet pas


la détermination théorique des caractéristiques poroélastiques du milieu saturé. En ce qui
concerne l’espace poreux, les caractéristiques poroélastiques dépendent en effet, non
seulement de la porosité, mais aussi de la forme des pores.

La détermination exacte des caractéristiques poroélastiques se fera donc soit par voie
purement expérimentale, soit de manière théorique, à l’aide des méthodes d’homogénéisation,
mais ceci alors pour une géométrie donnée du réseau poreux. De la seule connaissance des
caractéristiques des constituants et de la porosité φ0, on peut cependant déterminer des
encadrements des valeurs exactes des caractéristiques poroélastiques K et G.

L’utilisation de la loi de conservation de la masse, la partition du tenseur des contraintes en


une partie affectée au squelette et l’autre au fluide, ainsi que la prise en compte de la loi de
comportement poroélastique permet d’établir certaines relations importantes.

a) Relations de BIOT

K
b=1- (IV-57.)
Ks
Comportement mécanique des géomatériaux : J.P. Tshibangu K. IV-19

et

1 b-φ0 φ0
= + (IV-58.)
M K s K fl

avec Ks le module d’incompressibilité du squelette.

c) Relation de GASSMAN

 
φ0  1 − 1 + 1 - 1
 K s K fl  Ks K
K u= (IV-59.)
   1 -1 
φ0  1 - 1 
 K K fl   K s K 
s
+ 
K Ks

d)
1 - 1
K Ks
B s= (IV-60.)
 
φ0  1 - 1 + 1 - 1 
 K fl K s 
 K K s 

Ces relations montrent que si l’on connaît la porosité φ0 ,les compressibilités Ks et Kfl, il ne
reste d’un point de vue expérimental qu’à déterminer 2 constantes poroélastiques comme par
exemple K et G pour connaître complètement le comportement poroélastique du matériau
étudié.

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