Problèmes de Mathématiques
Quaternions
Énoncé
Quaternions
On se place dans l’algèbre M4 ( C)
l et on définit les quatre matrices suivantes :
1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 0 1
0 1 0 0 −1 0 0 0 0 0 0 1 0 0 −1 0
I = J = K = L =
0 0 1 0 0 0 0 −1 −1 0 0 0 0 1 0 0
0 0 0 1 0 0 1 0 0 −1 0 0 −1 0 0 0
1. (a) Former le polynôme caractéristique de J.
Cette matrice est-elle diagonalisable dans IR ? dans Cl ? [ S ]
(b) Reprendre la question (a) avec la matrice K. [ S ]
(c) Reprendre la question (a) avec la matrice L. [ S ]
2. Montrer que G = {I, J, K, L, −I, −J, −K, −L} est un sous-groupe non commutatif, pour
le produit des matrices, du groupe GL4 ( IR) des matrices inversibles d’ordre 4. [ S ]
3. Soient a, b, c, d quatre nombres complexes, et A = aJ + bK + cL + dI.
(a) Déduire de ce qui précède une expression de A2 en fonction de A et de I. [ S ]
(b) Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a, b, c, d pour que la
matrice A2 soit diagonale. Quelle est alors son expression en fonction de I ? [ S ]
(c) On note A0 la matrice A obtenue pour d = 0. Calculer det A20 et en déduire det A0 . [ S ]
4. (a) Déterminer le polynôme caractéristique de A en considérant le produit de la matrice
A − λI (avec λ ∈ C)l par sa transposée. [ S ]
(b) En déduire les valeurs propres de A et exprimer det A en fonction de a, b, c, d. [ S ]
(c) Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a, b, c, d pour que A
admette une valeur propre quadruple. [ S ]
(d) Déterminer une condition nécessaire et suffisante portant sur a, b, c, d pour que les
valeurs propres de A soient −i et i. [ S ]
5. Donner une condition nécessaire et suffisante sur a, b, c, d pour que A soit inversible. [ S ]
6. On pose ω = a2 + b2 + c2 + d2 et on suppose que A est inversible.
(a) Calculer det A−1 et déterminer A−1 en effectuant le produit A TA. [ S ]
(b) Déterminer les valeurs propres de A−1 . [ S ]
(c) Calculer le polynôme caractéristique de A−1 . [ S ]
7. Soit E l’ensemble des matrices A, quand (a, b, c, d) décrit Cl 4 .
(a) Montrer que E est une algèbre non commutative possédant des diviseurs de zéro. [ S ]
(b) Donner une condition nécessaire et suffisante pour que A, A0 commutent dans E. [ S ]
8. Soit F l’ensemble des matrices A, quand (a, b, c, d) décrit IR4 .
Montrer que toute matrice non nulle de F est inversible dans F . [ S ]
Page 1 Jean-Michel Ferrard [Link] c EduKlub S.A.
Tous droits de l’auteur des œuvres réservés. Sauf autorisation, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres autre que la consultation
individuelle et privée sont interdites.
Problèmes de Mathématiques
Quaternions
Corrigé
Corrigé du problème
1. (a) On calcule le polynôme caractéristique de J.
−λ 1 0 0
−1 −λ 0 0 −λ 1 −λ 1
χJ (λ) = = = (λ2 + 1)2
0 0 −λ −1 −1 −λ −1 −λ
0 0 1 −λ
Ce polynôme n’est pas scindé dans IR : J n’est donc pas diagonalisable dans IR.
l χJ (λ) = (λ − i)2 (λ + i)2 : J a donc deux valeurs propres doubles : i et −i.
Dans C,
Le sous-espace propre EJ (i) associé à la valeur propre i s’obtient de la façon suivante :
−ix + y = 0
−x − iy = 0 y = ix
n
⇔ ⇔ (x, y, z, t) = x(1, i, 0, 0) + t(0, 0, i, 1)
−iz − t = 0 z = it
z − it = 0
EJ (i) est donc le plan engendré par (1, i, 0, 0) et (0, 0, i, 1).
Puisque J est à coefficients réels, les vecteurs propres pour λ = −i sont conjugués
de ceux pour λ = i : ils forment le plan engendré (1, −i, 0, 0) et (0, 0, −i, 1).
Puisque EJ (i) et EJ (−i) sont de dimension 2 (autant que la multiplicité des valeurs
propres), la matrice J est diagonalisable dans C. l [Q]
(b) On échange les lignes L2 et L3 , puis les colonnes C2 et C3 :
−λ 0 1 0 −λ 0 1 0
0 −λ 0 1 −1 0 −λ 0
χK (λ) = =−
−1 0 −λ 0 0 −λ 0 1
0 −1 0 −λ 0 −1 0 −λ
−λ 1 0 0
−1 −λ 0 0 −λ 1 −λ 1
= = = (λ2 + 1)2
0 0 −λ 1 −1 −λ −1 −λ
0 0 −1 −λ
Pour les mêmes raisons qu’avec J, la matrice K n’est pas diagonalisable dans IR.
l alors i et −i sont encore valeurs propres doubles.
Si on se place dans C,
K − iI4 est de rang 2 donc son noyau est de dimension 2 ; idem pour K + iI4 .
Conclusion : K est diagonalisable dans C.l [Q]
(c) On procède à des permutations circulaires sur L2 , L3 , L4 puis sur C2 , C3 , C4 :
−λ 0 0 1 −λ 0 0 1 −λ 1 0 0
0 −λ −1 0 −1 0 0 −λ −1 −λ 0 0
= = = (λ2 + 1)2
0 1 −λ 0 0 −λ −1 0 0 0 −λ −1
−1 0 0 −λ 0 1 −λ 0 0 0 1 −λ
Comme avec J et K, la matrice L n’est pas diagonalisable dans IR.
Elle est diagonalisable dans Cl car i et −i sont encore valeurs propres doubles et les
matrices L − iI4 et L + iI4 sont de rang 2. [ Q ]
Page 2 Jean-Michel Ferrard [Link] c EduKlub S.A.
Tous droits de l’auteur des œuvres réservés. Sauf autorisation, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres autre que la consultation
individuelle et privée sont interdites.
Problèmes de Mathématiques
Quaternions
Corrigé
2. On calcule les produits deux à deux des matrices de {J, K, L}.
∗ J K L
Les résultats sont consignés dans le tableau suivant : J −I L −K
Par exemple : J 2 = −I, JK = L et JL = −K. K −L −I J
L K −J −I
Chacune des matrices J, K, L est inversible (J = −J, K −1 = −K et L−1 = −L.)
−1
Toutes les matrices de G sont donc inversibles et leur inverse est dans G.
Enfin le tableau précédent montre que les produits deux à deux des matrices de G sont
encore des matrices de G.
G est donc un sous-groupe de GL4 ( IR) (non commutatif : par exemple JK 6= KJ.) [ Q ]
3. (a) On trouve :
A2 = (aJ + bK + cL + dI)2 = (aJ + bK + cL + dI)(aJ + bK + cL + dI)
= a2 J 2 + b2 K 2 + c2 L2 + d2 I 2 + ab(JK + KJ) + ac(JL + LJ) + ad(JI + IJ)
+ bc(KL + LK) + bd(KI + IK) + cd(LI + IL) [Q]
2 2 2 2
= (−a − b − c + d )I + 2adJ + 2bdK + 2cdL
= (−a2 − b2 − c2 + d2 )I + 2d(A − dI) = −(a2 + b2 + c2 + d2 )I + 2dA
(b) Ainsi A2 est diagonale ⇔ A est elle-même diagonale ou d = 0.
d a b c
−a d −c b
Or A = −b c
.
d −a
−c −b a d
La condition s’écrit donc d = 0 ou a = b = c = 0. On obtient alors :
– Si d = 0, A2 = −(a2 + b2 + c2 )I.
– Si a = b = c = 0, alors A = dI et A2 = d2 I.
[Q]
(c) A20 = −(a2 + b2 + c2 )I ⇒ det(A20 ) = (a2 + b2 + c2 )4 ⇒ det(A0 ) = ±(a2 + b2 + c2 )2 .
Mais, après échange des lignes L1 et L2 , et des lignes L3 et L4 :
0 a b c −a 0 −c b
−a 0 −c b 0 a b c
det A0 = =
−b c 0 −a −c −b a 0
−c −b a 0 −b c 0 −a
Le coefficient dominant de det A0 (en tant que fonction de a) est a4 et est obtenu
par le produit des coefficients diagonaux. Ainsi det(A0 ) = (a2 + b2 + c2 )2 . [ Q ]
4. (a) On remarque que la matrice A0 est antisymétrique. Pour tout scalaire λ :
det(A − λI)2 = det(A − λI) det T(A − λI) = det((A − λI) T(A − λI))
= det((A0 + (d − λ)I) T(A0 + (d − λ)I))
= det((A0 + (d − λ)I)(−A0 + (d − λ)I))
= det((d − λ)2 I − A20 )) = det(((d − λ)2 + a2 + b2 + c2 )I)
= (a2 + b2 + c2 + (d − λ)2 )4
Page 3 Jean-Michel Ferrard [Link] c EduKlub S.A.
Tous droits de l’auteur des œuvres réservés. Sauf autorisation, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres autre que la consultation
individuelle et privée sont interdites.
Problèmes de Mathématiques
Quaternions
Corrigé
Mais det(A − λI) est un polynôme unitaire de degré 4.
On en déduit det(A − λI) = (a2 + b2 + c2 + (d − λ)2 )2 . [ Q ]
(b) La matrice A possède deux valeurs propres doubles complexes : λ = d ± r, où r est
une des deux racines carrées de −(a2 + b2 + c2 ).
Le déterminant de A est égal à la valeur en 0 de χA (λ).
On en déduit det A = (a2 + b2 + c2 + d2 )2 . [ Q ]
(c) Cette condition s’écrit ici d − r = d + r, donc r = 0, ou encore a2 + b2 + c2 = 0. [ Q ]
(d) Cette condition s’écrit {d − r, d + r} = {−i, i}, c’est-à-dire :
d=0 d=0
n n
, ou encore [Q]
r2 = −1 a2 + b 2 + c 2 = 1
5. A est inversible ⇔ det A 6= 0, c’est-à-dire a2 + b2 + c2 + d2 6= 0. [ Q ]
1 1
6. (a) On suppose ω 6= 0. Alors det A−1 = = 2.
det A ω
T T
On a A A = (A0 + dI) (A0 + dI) = (A0 + dI)(−A0 + dI)
= d2 I − A20 = (a2 + b2 + c2 + d2 )I = ωI.
1
On en déduit l’égalité : A−1 = TA. [ Q ]
ω
(b) L’égalité précédente montre que les valeurs propres de A−1 sont le quotient par ω de
celles de TA, qui sont celles de A (avec les mêmes multiplicités.)
1
Celles de A−1 sont donc λ = (d ± r), où r2 = −(a2 + b2 + c2 ). [ Q ]
ω
(c) On utilise encore l’expression de A−1 en fonction de la transposée de A :
1T 1 1 1
det(A−1 −λI) = det( A−λI) = 4 det( TA−λωI) = 4 det(A−λωI) = 4 χA (λω)
ω ω ω ω
Puisque det(A − λI) = (a2 + b2 + c2 + (d − λ)2 )2 = (λ2 − 2dλ + ω)2 .
−1 1 2 2 2
2 d 1 2
On en déduit : det(A − λI) = 4 (ω λ − 2dωλ + ω) = λ − 2 λ + [Q]
ω ω ω
7. (a) E est le sous-espace vectoriel de M4 ( C)
l engendré par I, J, K, L et il contient I.
Enfin il est stable pour le produit des matrices : cela résulte de la question (2).
Donc E est une sous-algèbre de M4 ( C),
l non commutative (JL 6= LJ), et qui possède
des diviseurs de zéro, par exemple (J − L)(J + L) = J 2 − L2 = 0, avec J 6= ±L. [ Q ]
(b) Soit A = aJ + bK + cL + dI et A0 = a0 J + b0 K + c0 L + d0 I. Alors :
AA0 = (−aa0 − bb0 − cc0 − dd0 )I + (bc0 − cb0 + ad0 + da0 )J
+(ca0 − ac0 + bd0 + db0 )K + (ab0 − ba0 + cd0 + dc0 )L
Donc AA0 = A0 A ⇔ (ab0 = ba0 , bc0 = cb0 , da0 = ad0 ). [ Q ]
8. Si A = aJ + bK + cL + dI 6= 0, alors det A = (a2 + b2 + c2 + d2 )2 > 0.
1 1
A est donc inversible, et A−1 = TA = (−aJ − bK − cL + dI) est un élément de F . [ Q ]
ω ω
Page 4 Jean-Michel Ferrard [Link] c EduKlub S.A.
Tous droits de l’auteur des œuvres réservés. Sauf autorisation, la reproduction ainsi que toute utilisation des œuvres autre que la consultation
individuelle et privée sont interdites.