1.
Illustration du risque de change
2. Concepts préalables à maitriser
3. Stratégie envisageable face à un risque de change
4. Techniques internes et externes de couvertures contre le risque de change
CHAPITRE 1- LES RISQUES LIES AU COMMERCE INTERNATIONAL
Tout opérateur en commerce international doit être conscient que le métier de
l’internationale comporte des risques considérables. Ces risques sont nombreux et
variés, leur spécificité réside sur la complexité du commerce international, car les deux
parties sont éloignées géographiquement, ils ont des langues différentes et des
législations nationales qui sont souvent divergentes.
Il faut souligner que ces risques sont dus à l’expulsion technologique en matière
de transport et des télécommunications, l’accélération de la mondialisation de
l’économie et de la globalisation financière, de la concurrence et des mutations de
l’environnement commercial.
Pour se couvrir contre les risques, toute entreprise doit disposer d’une stratégie
préventive en informant le personnel sur les méthodes à mettre en place pour
l’identification des risques et le recours optimisé à des techniques de couverture.
Pour mieux comprendre les particularités des risques, il faut distinguer entre les
risques liés à l’export et ceux afférents aux opérations d’import.
I- LES RISQUES LIES A L’EXPORT
L’exportateur est souvent en face de 3 grands axes de risque : le risque
commercial, le risque politique et le risque de change.
1- Le risque commercial :
Ce risque provient de l’insolvabilité de l’acheteur et résulte soit de sa détérioration
financière soit de son refus d’honorer ses engagements, donc la gestion des risques joue
un rôle très important pour l’entreprise car plus l’entreprise est petite, plus cette
nécessité devient impérieuse.
Les causes de défaillance d’entreprise sont multiples. Elles sont liées à l’état de la
conjoncture économique et l’absence d’une politique préventive des risques, il faut
ajouter aussi que la crise de trésorerie est l’une des causes de défaillances pour faire
face à ce type de risque, tout vendeur a le choix entre trois alternatives :
souscrire une assurance-crédit auprès de la SMAEX, ce type d’assurance donne au
bénéficiaire la possibilité de suivre la situation financière de ses clients,
l’indemniser en cas de l’insolvabilité de l’un de ses clients.
Le paiement par le crédit documentaire, ce genre de paiement permet de se
couvrir complètement contre le risque commercial puisque c’est la banque qui
intervient dans le paiement.
2- Le risque politique
Ce risque est lié soit à une décision d’un Etat de suspendre tout transfert à
destination d’un pays tiers à cause de la rupture des relations diplomatiques, la guerre,
coup d’Etat…soit d’une rupture des réserves de change du pays d’acheteur ce qui
empêche la capacité du transfert.
Pour se couvrir contre ce risque, on cite notamment l’assurance-crédit
l’exportation auprès de la SMAEX, le forfaiting, le factoring, et le paiement par le crédit
documentaire.
3- Le risque de change
Le risque de change est lié à toute transaction internationale, surtout pour la
partie qui ne traite pas dans sa propre monnaie. La plupart des exportations marocaines
reçoivent des fonds libellés en monnaies étrangères, ce qui pose pour eux un risque de
change soit à la hausse, soit à la baisse, d’où la nécessité de se couvrir et de se
protéger.
Pour remédier ce problème, plusieurs techniques de protection contre le risque de
change ont été mises en place comme l’instauration dans les salles de marchés qui
donnent la possibilité aux deux parties de négocier le taux de change.
II- LE RISQUE LIE A L’IMPORT
La prévention contre les risques à deux sens, car même l’acheteur doit se couvrir
dont la mesure où il peut effectuer le paiement d’une marchandise non conforme ou il
peut recevoir une commande défectueuse ou invendable, il peut aussi trouver des
difficultés dans la récupération des avances qu’il aura déjà versé à son fournisseur à
cause des législations du gouvernement, donc on remarque que le risque commercial et
le risque politique sont omniprésent même chez l’acheteur. Maintenant, on va essayer
de définir quelques risques que puisse rencontrer l’acheteur.
1- Le risque de fabrication
Ce risque se présente sous la forme de l’incapacité du vendeur d’accomplir ses
engagements, et fabriquer la commande selon les besoins de l’acheteur.
Cette interruption technique peut perturber l’importateur puisqu‘il sera obligé de
trouver un autre vendeur qui répond exactement à ses besoins, et aussi satisfaire les
commandes de la clientèle non satisfaite et éviter le risque de rupture de stocks.
Pour prémunir contre ce risque, l’acheteur peut recourir aux garanties bancaires
qu’on va développer dans un chapitre séparé.
2- Le risque commercial
Dans un contrat commercial, les deux parties peuvent se mettre d’accord sur le
versement d’un acompte surtout s’il s’agit des biens d’équipement qui font l’objet d’un
financement du crédit fournisseur ou acheteur.
Si le vendeur a des problèmes financiers, et il risque de tomber en faillite, donc il
ne peut pas rembourser l’avance dont il a bénéficié.
Pour se couvrir contre ce risque, l’acheteur est tenu de demander une garantie de
restitution d’acompte qui lui permet de récupérer ses avances en cas de problème.
3- Le risque politique
Ce risque provient au cas où le pays du vendeur déciderait de suspendre les
relations avec le pays de l’acheteur, et aussi interdire tout transfert à destination de ce
pays.
Si l’acheteur a déjà versé un acompte à son fournisseur, il risque de ne peut être
remboursé.
Pour résoudre ce problème, il faut souscrire une garantie de restitution d’acompte
par une banque se trouvant dans son propre pays.
4- le risque de change :
La majorité des importations marocaines payent leurs transactions en devises,
donc le risque de change est toujours présent soit à la hausse, soit à la baisse.
Pour éviter ce risque, les importateurs ont la possibilité d’accéder aux salles de
marché pour connaître d’avance la contre-valeur en monnaie locale qu’ils auront payé à
terme et aussi négocier le taux de change.
CHAPITRE 2 - LE RISQUE DE CHANGE.
Comment une entreprise importatrice ou exportatrice peut-elle prendre en compte
le risque de change et se couvrir de manière appropriée afin de ne pas avoir à subir les
conséquences de l’évolution des devises ?
I- LA NOTION DU RISQUE DE CHANGE
1- La notion de devise
La Devise est unité monétaire nationale émise sous le contrôle d’une banque
centrale (BC).
Chaque devise est répertoriée pas un code qui répond à la norme ISO4217 qui
permet d’identifier sans confusion toutes les devises en 3 lettres. Les deux premières
sont les lettres du pays et la 3ème est la lettre de la devise.
Ex : DKK = couronne du Danemark, ISK = couronne Irlandaise, NOK = couronne
Norvégienne.
Toutes les monnaies librement convertibles peuvent faire l’objet d’une transaction
sur le marché au comptant mais seules quelques-unes font l’objet d’une cotation
régulière.
Le taux de change d’une devise représente son cours par rapport à une autre
devise (c’est ce que l’on appelle la parité).
La cotation d’une devise par rapport à une autre peut être :
- Au certain : indique le nombre de devise que l’on peut acheter avec une
autre unité de devise nationale
Ex : 1 € = 1.37 $
- A l’incertain : indique le nombre de devise nationale qu’il faut fournir pour
se procurer une unité de devise étrangère.
Ex : 1 $ = 0.64 €
2- La notion de marché domestique
Le marché monétaire est le marché national où la monnaie est placée et
empruntée.
Le marché de dépôt : on y traite les opérations de trésorerie en devise et les
prêts (seul ceux à court terme)
Le marché des changes : les devises sont échangées au comptant (cours spot)
l’une contre l’autre, le taux varie en fonction de l’offre et de la demande
confrontées.
Sur le marché des changes le court terme présente toujours deux cotations en
fonction de leur achat ou de leur vente [1€ = 1,4499/1,4506]. Le 1er cours est celui
d'achat des euros contre des devises, le second de vente des devises achetées par une
entreprise.
Le marché à terme : c’est le marché où les devises s’échangent à un cours
déterminé mais pour une date future prédéfinie.
3- La position de change
C’est l’inventaire de toutes les opérations comptables d’une entreprise en devise
avec l’étranger. L’objectif de l’exportateur est d’obtenir la contrepartie de sa facture au
cours le plus haut tandis que celui de l’importateur sera de l’obtenir au cours le plus bas.
La position de change est nulle ou fermée si la vente est égale aux achats en
devise.
Elle est ouverte si les ventes et les achats sont différents :
- Longue quand les ventes excèdent les achats ;
- Courte quand les ventes sont inférieures aux achats.
L’entreprise peut décider de :
- Ne pas se couvrir si elle anticipe une évolution favorable du cours.
- Se couvrir si elle anticipe une évolution défavorable du cours.
D’autres facteurs sont à prendre en compte dans la prise de décision :
- Importatrice ou exportatrice ;
- Le montant du contrat,
- La marge qu’elle dégage ;
- Sa trésorerie.
Si l’entreprise décide de se couvrir contre le risque de change elle dispose de trois
(03) techniques : Internes, D’assurances et Bancaires.
II- LES TECHNIQUES INTERNES
1- Le termaillage ou « leads ans lags »
Consiste à accélérer ou retarder les encaissements de devise étrangère selon
l’évolution anticipée du cours des devises.
Cette technique est délicate à mettre en œuvre car elle revient sur les termes de
l’accord initial conclu ; elle ne peut donc être envisagée que dans le cas où les
partenaires commerciaux ont une relation de confiance.
2- La compensation
Consiste à libeller des factures établies dans la même devise que celle à payer.
Cette technique obéit à certaines conditions :
- Les entreprises doivent réaliser des opérations d’achat et de vente dans la même
devise ;
- Il faut l’ouverture d’un compte en devises en France ou à l’étranger ;
- Le suivi régulier et fréquent de la position de change de l’entreprise ;
- Un nombre limité de devises de facturation et d’encaissement.
Ex : Une entreprise achète à HK pour 85 000$ de marchandises ; parallèlement
elle exporte aux Etats unis 100000£ de marchandises. Elle a tout intérêt à payer des
marchandises achetées avec les devises de la vente aux Etats-Unis.
100000 – 85000 =15000$ : le risque de change résiduel est sur 15000$ au lieu de
185000 $.
3- Les techniques contractuelles
Le choix d’une monnaie de facturation:
Chaque contractant préfère utiliser sa devise nationale afin d’éviter de se
retrouver confronté au risque de change.
Le choix du paiement en € reste donc une meilleure solution cependant :
- C’est une solution peu commerciale (qui peut parfois remettre en cause une
collaboration) ;
- Voir le risque d’une perte de compétitivité (à cause de la fluctuation de l’€)
Les clauses de change contractuelles :
Le contrat peut prévoir une clause qui fixe le taux de change, il existe deux types
de clauses :
- la clause de change fixe : elle fige le court déterminé. Ex : 1 € = 1.50 $.
- la clause à seuil : elle permet de limiter le risque de change. Ex : 1€=1.50$ avec
±2.5%
III- LES TECHNIQUES D’ASSURANCE ET DE COUVERTURE (COFACE)
1- La police de change négociation ou négo + :
L’opérateur peut bénéficier d’une évolution favorable du cours de la devise en
échange d’une prime plus élevée.
Le fonctionnement :
Le taux de change peut être fixé à tout moment de la négociation alors que la
conclusion et l’entrée en vigueur du contrat sont aléatoires ; une promesse de garantie
est délivrée (valable 15 jours, renouvelable le cas échéant). La garantie entre en vigueur
après accord définitif sur le cours garanti. La COFACE couvre 100 % du risque de
change.
La prime :
L’exportateur règle la prime dès lors que le contrat commercial est signé. Le
montant de la prime dépend de la devise concernée et de la durée de garantie.
2- La police de change contrat
Permet de figer un cours de change avant la signature d’un contrat commercial ou
au plus tard dans les 15 jours de sa conclusion. Elle est réservée aux contrats ponctuels
d’un montant maximum de 15000000€
Les bénéficiaires :
Toutes les entreprises françaises qui négocient de gré à gré et se voient imposer
une devise autre que l’€.
Le fonctionnement :
Le client peut contracter cette garantie quelques jours avant la signature du
contrat commercial ou juste après dans un délai de 15 jours maximum.
La prime :
Elle varie en fonction de la devise concernée et de la durée à garantir et la
COFACE garantie 100 % du risque de change.
IV- LES TECHNIQUES BANCAIRES DE COUVERTURE
1- La couverture à terme
A l’export : la vente à terme en devise
Le mécanisme : Après la signature de l’accord commercial l’exportateur contacte
sa banque pour solliciter un cours à terme et s’informe des conditions de l’opération
(devise, montant et échéance).
Ensuite la banque emprunte les devises sur le marché de l’eurodevise puis elle
changera ces devises contre des € sur le marché des changes au cours du jour puis elle
placera la contrepartie en € sur le marché domestique.
Dans un second temps l’importateur va régler sa dette à l’échéance convenue ;
l’exportateur livrera les devises à sa banque, qui remboursera l’emprunt qu’elle a fait en
devise puis son placement en euros pour régler son exportateur.
Le cours à terme de l’euro peut être supérieur ou inférieur au cours au comptant :
- s’il est inférieur il est en déport ;
- s’il est supérieur il est en report.
Court à terme de l’€ = cours au comptant + report ou – déport
A l’import : l’achat à terme en devise
Ce principe se déroule en 2 grandes étapes :
- à la signature du contrat commercial l’importateur français sollicite auprès de sa
banque un cours à terme et l’informe des conditions de l’opération
(devise/montant/échéance). La couverture du risque de change est assurée par la
conversion au comptant du montant de la facture en devise.
- à l’échéance l’importateur remet les € à sa banque qui remboursera l’emprunt sur
le marché monétaire. La banque récupère son placement en devise, ce dernier
servira à créditer le compte de l’importateur français afin qu’il puisse régler sa
dette en devise pour régler son exportateur étranger.
Les aspects positifs Les aspects négatifs
- couvre de nombreuses monnaies ; - engagement d’acheter à terme les
- la connaissance du cours garanti dès la devises ;
mise en place de l’achat à terme ; - cours garanti fixé et non négociable ;
- la simplification de la mise en place ; - indisponibilité du bénéfice d’une évolution
- la sécurisation administrative ; favorable du cours ;
- technique inutilisable pour couvrir le risque
de change incertain.
2- Les options de change
Le crédit donnant à son acquéreur le droit d’acheter ou de vendre un montant
déterminé de devise jusqu'à l’échéance convenue et à un coût fixé par avance appelé
prise de risque.
- les avantages : couvre le risque de change certain et incertain, il permet de
bénéficier d’une évolution favorable des cours.
- les inconvénients : ce n’est pas intéressant pour les petites transactions car le
montant de la prime est souvent élevé.
3- Les techniques de couverture et de financement
a- L’avance en devise :
- à l’export : Cette technique consiste à emprunter le montant de la créance
détenue sur un client étranger dans la devise du contrat et de vendre
immédiatement ces devises sur le marché au comptant.
Permet à la fois de couvrir le risque de change et de financer la trésorerie de
l’entreprise exportatrice.
- à l’import : Prêt qu’accorde la banque à l’importateur pour lui permettre de
régler immédiatement une facture d’un fournisseur étranger.
Permet de couvrir le risque de change et de financer les achats.
b- MCNE :
Crédit qui permet aux exportateurs de recevoir le montant des créances à court
terme dès la naissance de celles-ci.
c- Affacturage :
Transfert de créance commerciales à un affactureur qui se charge d’en opérer le
recouvrement et qui en garantie la bonne fin.
Le factor peut régler tout ou partie des créances transférées par anticipation.
C’est donc un moyen de financer ses exportations.