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Les Ressources en Eau Des Pays de l'OSS Évaluation, Utilisation Et Gestion

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8 2 4 AF'W9!

PROGRAMME HYDROLOG.ÏQUE INTERNATIONAL

Les ressources en eau des pays de l'OSS


évaluation, utilisation et gestion

Mai 1995
UNESCO
Les ressources en eau des pays de l'OSS
évaluation, utilisation et gestion

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Mai 1995
Les appellations employées dans ce document et la présentation des
données qui y figurent n'impliquent de la part de l'Observatoire du
Sahara et du Sahel ou de l'UNESCO aucune prise de position quant au
statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités,
ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.

Photo de couverture réalisée par Jean-Marc LOUVET, OSS.


A la sortie d'une foggara, canal d'acheminement de l'eau vers le parti teur et la palmeraie,
Timimoun, région du Gourara, Algérie.

SC.95/WS.24
-2-
SOMMAIRE

EDITORIAL p. 4

INTRODUCTION p. 5

1 IES RESSOURCES EN EAU : FAITS MAJEURS p. 6

1.1. Place de la région de l'OSS dans le monde p. 6

1.2. Types et géographie des ressources en eau p. 10

1.3. Données quantitatives p. 19

2 LES UTILISATIONS D'EAUPRESENTES :


ETAT DES LIEUX ET CONSEQUENCES p. 24

LES BESOINS ET LES DEMANDES EN EAU FUTURS :


ESSAI DE PROSPECTIVE p. 40

4 LA GESTION DE L'EAU : PROBLEMES ET SOLUTIONS p. 56

4.1. Conflits présents à régler ou futurs à prévenir p. 56

4.2. Solutions techniques p. 60

4.3. Gestion intégrée de l'eau p. 64

5 CONCLUSIONS ET SUGGESTIONS p. 67

BIBLIOGRAPHIE p. 70

TABLE DES FIGURES p. 80

***

-3-
EDITORIAL

De tous temps, les sociétés ont été tributaires de l'eau. De leurs capacités de gérer et de partager cette
ressource rare dépend toujours leur survie. C'est particulièrement le cas dans la zone du Sahara et du
Sahel où l'eau est devenue un bien essentiel qui fait partie de l'histoire des pays et de la vie des hommes.
Cette ressource vitale et symbolique conditionne profondément l'imaginaire collectif des sociétés dans
ces zones arides et semi-arides de l'Afrique.
Les ressources en eau souterraines, véritables "réserves secrètes", longtemps méconnues, sont
aujourd'hui un enjeu considérable pour ces zones considérées, parmi tous les grands ensembles du
monde, comme les plus démunies en ressource en eau naturelle.
L'UNESCO a lancé depuis longtemps des programmes de coopération scientifique internationale dans
ce domaine, la Décennie Hydrologique Internationale (1965-1974), suivie des phases successives du
Programme Hydrologique International (PHI). L'Objectif principal de ces programmes est de développer
les bases scientifiques et technologiques pour une gestion rationnelle des ressources en eau, tant au
niveau de la quantité que de la qualité, tout en tenant compte de la protection de l'environnement.
Dès le début, l'étude de l'hydrologie des régions arides et semi-arides a été abordée et s'est poursuivie
régulièrement dans le PHI. La phase V du PHI (1996-2001) accordera une importance particulière à la
gestion intégrée des ressources en eau dans les régions arides et semi-arides ainsi qu'à l'étude de la
pollution et de protection des eaux souterraines.
L'Observatoire du Sahara et du Sahel -OSS- depuis son lancement, a accordé au domaine de l'eau une
importance particulière. Agent de dégradation des écosystèmes ou indicateur de cette dégradation, l'eau
est un élément dont les mesures quantitatives et qualitatives revêtent une importance capitale pour la
compréhension des phénomènes de désertification. Depuis 1992, l'OSS mène un programme majeur
intitulé AQUIFERES DES GRANDS BASSINS. Ce programme cherche à favoriser la concertation entre les
pays partageant ces vastes bassins naturels sédimentaires contenant des aquifères peu ou pas
renouvelables.
Il s'agit de promouvoir une "conscience de bassin" en travaillant à l'amélioration et à l'échange des
connaissances sur ces ensembles (définition géologique et hydrogéologique mais également
reconsidération des modèles ...), à la mise en place effective de structures de concertation face à une
gestion encore mal maîtrisée, et à l'harmonisation des cadres législatifs.
L'OSS et l'UNESCO ont établi une coopération fructueuse sur ce thème et s'associent naturellement
pour diffuser cette réflexion sur les enjeux que représente dans la zone de l'Observatoire pour les années
futures cette ressource limitée. Cette réflexion de l'OSS a été réalisée avec le concours de Jean
MARGAT. Elle revêt aujourd'hui une importance particulière avec la récente signature de la
Convention Internationale de Lutte contre la Désertification par plus de 87 pays à ce jour.
Si chaque pays parvient à donner corps à cette "conscience" commune, des progrès rapides permettront
à chacun d'être mieux prévoyant et plus efficace.
Nous serons alors à l'aube du 2 1 e m e siècle plus proches et plus respectueux des fonctions vitales de cet
élément précieux.

Le Directeur de la Division Le Directeur Exécutif


des Sciences de l'Eau de l'UNESCO, de l'OSS,
Andràs SZÔLLÔSI-NAGY Chedli FEZZANI

-4-
INTRODUCTION

La partie du continent africain qui forme le champ de l'Observatoire du Sahara et du Sahel est l'une des
régions du monde où la rareté des ressources en eau peut le plus entraver le développement durable.
Dans la plupart des pays de la région, la politique de l'eau et l'économie de l'eau doivent dès à présent et
devront davantage à l'avenir faire face aux problèmes posés par une tension grandissante entre les
ressources en eau limitées et les besoins en eau en croissance. La gestion de l'eau y prend donc une
importance cruciale pour le développement. Cela requiert partout des efforts d'aménagement et de
répartition des eaux, parfois déjà de production d'eau non conventionnelle, des efforts d'organisation et
d'adaptation des utilisations, notamment de modération des demandes et d'économie d'eau, des arbitrages
d'allocation dé ressources et de répartition des charges économiques afférentes, croissant le plus souvent
plus vite que le P.N.B. de chaque pays.

Suivant le degré des tensions entre les ressources en eau et les utilisations dans chaque pays, voire dans
chaque province des pays les plus étendus, suivant aussi les structures et la nature des ressources en
eau, suivant encore les moyens et les politiques socio-économiques de chaque pays, ainsi que les poids
relatifs actuels et futurs des différents secteurs d'utilisation d'eau, donc des demandes, les approches, les
importances relatives et les priorités attachées aux diverses solutions ne sont pas les mêmes :

- intensification des aménagements de maîtrise des eaux et développement de techniques


nouvelles,
- transferts d'eau inter-régionaux,
- exploitation plus ou moins temporaire des ressources non renouvelées,
- production industrielle de l'eau : dessalement,
- réutilisation d'eau usée,
- développement des économies d'eau, du recyclage, des usages d'eau plus efficients par action
sur les demandes,
- redéploiement des utilisations et des demandes.

Cet essai réalisé par l'OSS dresse d'abord un bilan comparatif de situation, puis un inventaire des
problèmes et des conflits que la gestion a pour objet de résoudre, et une revue des solutions techniques,
suivis d'une esquisse des voies et des instruments d'une gestion intégrée de l'eau.

***

-5-
L LES RESSOURCES EN EAU - FAITS MAJEURS

Les ressources en eau de la plupart des pays de la région de l'OSS ont fait l'objet de monographies et
d'évaluations assez récentes, le plus souvent dans le cadre des études de base des schémas directeurs
d'aménagement des eaux liés aux plans de développement. Elles ont fait aussi l'objet de plusieurs
synthèses régionales, illustrées par des cartographies spécifiques, soit des pays compris dans le monde
arabe - à l'initiative de l'ACSAD et de l'UNESCO-ROSTAS (J. KHOURI et al. 1986, J. KHOURI
1990, M. SHAHIN 1989), soit des pays sahéliens d'Afrique de l'Ouest - à l'initiative du CIEH-.

Il sortirait du propos d'exposer, même en abrégé, tous les résultats de ces études d'évaluation, dont on
présentera seulement les chiffrages globaux essentiels. En prélude à une revue des problèmes et des
objectifs de gestion de l'eau, il convient d'abord de mettre en lumière deux faits majeurs :

• de tous les grands espaces géopolitiques du monde, la Région de l'OSS. est la plus démunie en
ressources en eau naturelles, en grandeur absolue aussi bien que par rapport à sa population,
• à l'intérieur de cette Région, les ressources en eau sont différemment et inégalement réparties. Les
types et les structures de ressources en eau des différents pays sont très contrastés et leurs degrés
d'indépendance sont variés, ce qui crée des conditions de gestion très diversifiées.

Quelques données et chiffres essentiels à ces sujets seront rappelés ci-après.

1.1. PLACE DE LA RÉGION DE L 'OSS DANS LE MONDE

Quelques chiffres fondamentaux :

Ressources en eau
Superficie Population 1990 douce naturelles,
Millions de km2 Millions d'habitants renouvelables
Milliards de nrVan
Intérieures : 420
Région de l'OSS 16,57 282 Totales : 510
(avec ressources
externes potentielles)

Monde entier 149 5 292 40 000

La région de l'OSS s'étend sur 11 % des terres émergées et sa population groupe 5,3 % de celle du
monde (en 1990) mais ses ressources en eau intérieures, naturelles et renouvelables, ne s'élèvent qu'à
environ 1 % des ressources mondiales qui équivalent à l'écoulement global : en moyenne 26 500 m3/an
par km2, alors que la moyenne mondiale est d'environ 270 000 mVan par km2. C'est naturellement la
conséquence de la situation de la plus grande partie de la région dans la zone aride ou semi-aride,
comme l'illustre bien la carte régionalisant les productions d'écoulement moyen annuel, de source
UNESCO, présentée figure 1. Les apports locaux, on le voit, n'en sont pas moins très différenciés -d'à
peine 1 000 mVan à plus de 100 000 mVan en année moyenne- et très inégalement répartis dans la
région, ce qui entraîne de fortes disparités des ressources intérieures globalisées par pays. (cf. infra.
1.3). La grande irrégularité saisonnière et pluriannuelle des écoulements aggrave, en outre, la faiblesse
des moyennes.

-6-
Tableau 1 - Ressources en eau naturelles renouvelables dans le monde (chiffrages arrondis)

Ressources Part d'origine Part


totales, internes extérieure à la relativement
Régions géopolitiques (groupes de pays) et externes région régulière
moyennes en (ressources (superficielle et
km3/an externes) en souterraine) en
km3/an km*/an

Région de l'OSS. 520 90 160

Europe de l'Ouest, nordique et 1 800 50 620


méditerranéenne ( C E E . + A.E.L.E.)

Europe de l'Est et ex URSS 5 200 300 1 400

Amérique du Nord (USA et Canada) 5 700 0 1 700

Amérique latine (avec Caraïbes) 11 500 0 4 000

Afrique hors région de l'OSS. (avec 3 650 0 1 350


Madagascar)

Proche et Moyen Orient, sous-continent 8 070 400 1 600


indien et Asie du SE.

Chine (avec Mongolie et Corée N) 2 800 0 1 000

Japon et "4 dragons" 700 0 200

Australie et Océanie 900 0 250

Avec doubles comptes 40 840 840 12 280


TOTAL
Sans double compte 40 000 0 12 000

-7-
Ces ressources intérieures de la région de l'OSS sont un peu accrues (de 20 % globalement) par les
apports externes de fleuves issus de zones plus humides -dans les pays du Sahel d'Afrique de l'Ouest
essentiellement- ce qui ne corrige que faiblement la disparité globale, tout en créant une dépendance en
plusieurs pays receveurs.

La région de l'OSS est à l'évidence la plus pauvre en eau de toutes les régions géopolitiques du monde
(Tableau 1).

Autant d'inégalité affecte les ressources naturelles rapportées au populations : en 1990, 1 560 mVan par
habitant (ressources internes) et 1 870 nvVan (avec les ressources externes) en moyenne pour toute la
région mais moins de 1 000 mVan par habitant en quelques pays, face à une moyenne mondiale de 7 500
mVan (Fig. 2).

Il est généralement considéré que des ressources en eau moyennes par habitant de 1 000 m3 /an, ce qui
correspond à une "densité de population" de 1 000 habitants par million de mVan de ressource, dans des
pays où l'autosuffisance alimentaire nécessite l'irrigation, forment le seuil au dessous duquel des
tensions apparaissent entre les besoins et les ressources, avec des risques de pénurie d'eau locales ou
conjoncture1 les. Dès à présent, six pays de la région de l'OSS ont des ressources en eau naturelles
inférieures à 1 w00 mVan par habitant (Maghreb, essentiellement, plus Kenya), dont un a moins de
500 nrYan (Libye). Leur population s'élève, en 1990, à 63 millions d'habitants (22 % de l'ensemble des
pays de l'OSS). Cette situation s'aggravera sensiblement au XXIè siècle en fonction des accroissements
de population, généralement forts malgré quelques écarts entre pays (Fig. 3) : en 2025, six pays de plus
auront des ressources inférieures à 1 000 m°7an par habitant, ce qui concernera en tout douze pays et
439 millions d'habitants (67 % de la population de l'ensemble des pays de l'OSS).

JJ EJfL -H»

Fig. 1 : Distribution des hauteurs d'écoulement potentiel moyen annuel local dans la région de
l'OSS : géographie de la génération des ressources en eau renouvelables (apports).

-8-
10*

m3/an par capita !-


> 10 000
2000 à 10 000
1000 à 2000
500 à 1000
<500

Fig. 2 : Pays de l'OSS classés suivant leurs ressources en eau renouvelables naturelles ou
potentielles par habitant (rapportées aux populations de 1990).

BISSAU

n»3/«n p*r capita


> 10 000
2000 à 10 000
1000 à 2000
600 à 1000
<soo

Fig. 3 : Pays de l'OSS classés suivant leurs ressources en eau renouvelables naturelles ou
potentielles par habitant (rapportées aux populations projetées en 2025).

-9-
1.2, TYPES ET GÉOGRAPHIE DES RESSOURCES EN EA U

A l'intérieur de la région de l'OSS les ressources en eau sont non seulement inégalement réparties en
quantité, mais elles diffèrent par leur nature et leur structure. Trois grand types de structure de
ressource en eau s'offrent et créent chacun des conditions d'évaluation et de gestion spécifiques. Une
géographie des ressources en eau peut s'esquisser suivant cette typologie (Fig. 4).

(1) Structure complexe très compartimentée à ressources en eau renouvelables internes prédominantes,
principalement superficielles mais à composante souterraine appréciable, facteur essentiel des
ressources régulières permanentes, avec trois conséquences :
• Maîtrisabilité des ressources subordonnée non seulement au régime lié aux conditions
climatiques semi-arides et aux structures hydrographiques et hydrogéologiques, mais aussi aux
sites de barrage régulateur possible, dont les aménagements successifs ont généralement un
rendement décroissant.
• Complexité et pluralité étagée des acteurs de la maîtrise et de l'aménagement des eaux :
puissance publique, collectivités locales et agents individuels, ce qui implique une coexistence et
une complémentarité de la "grande" et de la "moyenne et petite hydraulique", notamment pour
l'exploitation des eaux souterraines, et une gestion des ressources en partie décentralisée.
• Indépendance par rapport aux pays voisins et régionalisation des ressources, dont les inégalités
de répartition intérieure peuvent toutefois être atténuées par des transferts.

Ce type domine au Maghreb (au Nord du Sahara), dans les massifs anciens du Sahara (Hoggar,
Air, Tibesti.) et dans les zones de socle des pays sahéhens (Burkina, Sud du Mali et du Tchad),
en Afrique orientale (Ethiopie et pays riverains de l'Océan Indien).

(2) Structure centralisée par un fleuve majeur (Nil, Niger, Sénégal) à forte composante d'origine
externe, souvent générateur de ressources "secondaires" en eau souterraine (aquifère alluvial
subordonné), notamment du fait de l'utilisation par l'irrigation, avec trois conséquences :
• Rôle majeur de la "grande hydraulique" et de la puissance publique dans la maîtrise,
l'aménagement et la gestion des ressources,
• Effet structurant sur les utilisations, concentrées dans les vallées, et favorisant des
"réutilisations" (au sens où une partie des ressources peut être utilisée plusieurs fois),
• Forte dépendance par rapport aux pays émetteurs de l'amont et astreinte par rapport aux pays
receveurs en aval.

Ce type domine en Egypte, au Soudan, en Mauritanie, au Niger et au Tchad ; il contribue


notablement aux ressources du Mali et du Sénégal.

(3) Structure profonde de grand bassin hydrogéologique à ressources en eau souterraine non
renouvelables très prédominantes et à ressources en eau de surface négligeables, avec trois
conséquences :
• Rôle majeur de la puissance publique dans la reconnaissance et l'exploitation des ressources.
• Nécessité d'une "gestion de stock" à long terme.
• Opportunité de concertation entre pays dans les cas fréquents où les grands réservoirs aquifères
sont transfrontières. C'est l'un des axes majeurs du programme AQUIFERES DES GRANDS BASSINS
développé par l'OSS.

-10-
40*

50Q 1000 km

I II
\M I I I I I I I
I M / NI l Mi
H
\l I

Fig. 4 : Répartition des types de ressource en eau prédominants dans la région de l'OSS.
1. Ressources renouvelables intérieures (superficielles et souterraines) prédominantes
2. Ressources fluviales d'origine externe prédominantes
3. Ressources non renouvelables (eaux souterraines) prédominantes.

Ce type domine au Sahara (désert occidental d'Egypte, Libye, Sahara algérien, marocain et tunisien,
zones sahariennes sédimentaires des pays sahéliens: Mali, Niger, Tchad, Soudan).

Problèmes d'évaluation spécifiques

Les conditions climatiques arides ou semi-arides qui régnent sur la plus grande partie de la région
rendent les ressources renouvelables en eau superficielle des types (1) et (2) non seulement très
irrégulières dans le temps, mais souvent non conservées dans l'espace : beaucoup d'écoulement fluviaux
sont soumis à de fortes déperditions par évaporation notamment dans les deltas intérieurs tels que celui
du Nil au Soudan (pertes du Bahr-El-Ghazal et du delta intérieur du Nil estimées à 31 kmVan) ou celui
du Niger au Mali (pertes estimées à 33 kmVan), ce qui rend les écoulements décroissants d'amont en
aval (Fig. 5 et 6). Dans le bassin du Nil entier, les déperditions totales naturelles (c'est-à-dire hors
irrigations) par évaporation s'élèvent à près de 130 kmVan, soit les 2/3 de la somme des apports locaux
(Fig. 5). Le cas de bassins endoréiques comme celui du Lac Tchad accentue encore ce phénomène
puisque la perte finale par évaporation est alors totale. Les estimations de ressource en eau de surface
sur des bases hydrologiques doivent en tenir compte et se référer aux seuls domaines ou sous-bassins
"productifs" :

- une partie des apports locaux ou affluents de pays voisin échappe aux chiffrages des écoulements
sortants du territoire ce qui minimise l'estimation globale des ressources suivant cette approche.
Pourtant, avant leurs pertes, ces écoulements constituent des ressources locales à prendre en compte.

-11-
écoulement sortont
écoulement produit

Source . UHFSCO 1979

Fig. 5 : Productions et déperditions d'écoulement dans le bassin du Nil.

Les vastes plans d'eau lacustres et les marais du delta intérieur du Nil Blanc, en zone tropicale, forment
des aires de déperdition "consommatrices" d'une grande partie des écoulements produits en amont.
L'extension du bassin en zone aride accentue ces pertes qui rendent les débits des cours d'eau
décroissants.
à gauche : zones productrices et consommatrices d'écoulement
à droite : productions et écoulements sortants des principaux sous-bassins
1 : limite du bassin versant théorique
1' : limite de sous-bassin tributaire principal
2 : zone productrice d'écoulement
3 : zone consommatrice d'écoulement : évaporation réelle locale supérieure aux précipitations
4 : zone "aérique" en pratique, à écoulement potentiel local négligeable, à écoulement régional nul
5 : sous-bassin tributaire principal.

-12-
Pertes par èvaporation - • — / •

moyenne^33 kmVan —r

Frontière a état

Fig. 6 : Variation des débits moyens le long du cours du Niger. Incidence des déperditions
dans le delta intérieur au Mali.

iO

SOO 1 0 0 0 km

-10"

• • '
Va™
CAP- e«"i»_'
VERT

30^- Ecoulement transfrontiére


moyen en km3 / an
0--
10* correspondant aux pertes par évapora
du réservoir d ' Assouan
XI f
to*

Fig. 7 : Principaux échanges d'eau transfrontières (Flux moyens annuels en km3/an)


-13-
Exemple du bassin du Nil (Fig. S)

Apports dans les


hauts bassins Déperditions Ecoulement naturel
Pays productifs naturelles sortant du territoire
(écoulements kmVan
potentiels) kmVan
Kenya et Ouganda 91 54 27

Ethiopie 91 ~1 -90

Soudan :
- Bahr-El-Ghazal 15 14 1
- Autres bassins 5 } 83
39
- Affluences des pays amont -117 84
Total 137 -53 84

Egypte 84 21 naturel théorique :


Affluence de l'amont 63

Une partie de ces pertes est récupérable par des aménagements appropriés, réduisant l'extension ou
la permanence des marécages et par conséquent les quantités d'eau évaporées : elle est donc à
compter comme ressource.

Des problèmes similaires se posent pour estimer les ressources en eau souterraine renouvelables : les
apports locaux par infiltration d'une part des précipitations (recharge des nappes souterraines, hors du
cas particulier de leur alimentation par des eaux de crue...) estimés par diverses méthodes indirectes,
sont généralement supérieurs aux écoulements souterrains collectés par les cours d'eau permanents et
assimilés aux "débits de base" de ceux-ci.

Exemples d'estimations des ressources naturelles en eau souterraine de quelques pays du Sahel suivant
ces deux approches :

Flux d'eau souterraine naturel


Flux d'eau souterraine naturel
calculé d'après le débit de base des
Pays estimé par calcul de l'alimentation
cours d'eau
des aquifères (en 109 m3/an)
(en 109 m3/an)
Mali 65 (1) 16 ^
Sénégal 7,6 } (3)
}
Tchad 2^6 }(2) 11,5

Références : ( 1 ) PNUD, 1990 [ 123]


(2) C1EH-BRGM, 1976 [102J
(3) L'VOVICH, 1974 [551

-14-
Les trois types de ressources sont très inégalement sensibles aux variations conjoncturelles climatiques,
notamment aux sécheresses : les structures de type (1) sont les plus vulnérables, alors que celles de type
(2) sont plus vouées à des aménagements régulateurs centralisés, tandis que celles de type (3) sont
insensibles. Ainsi les domaines où dominent les structures de type (2) sont les plus sensibles aux
sécheresses, surtout en zone semi-aride à ressources pluviales non négligeables (pour l'agriculture dite
"sèche" ou "pluviale") mais à forte irrégularité.

Il est à remarquer encore que les ressources en eau de chacun de ces trois types peuvent être sujettes à
des instabilités, mais très différemment :
• Les ressources de type (1), sous l'effet de la dégradation progressive des capacités de maîtrise des
écoulements irréguliers (envasement des retenues inévitable à long terme) et parfois sous l'effet
des impacts des activités humaines sur le régime et les qualités des eaux (incidences de la
désertification, pollutions), que des mesures conservatoires peuvent toutefois atténuer ou freiner,
sinon neutraliser complètement.
Ces ressources sont aussi les seules directement exposées aux conséquences de la désertification
sur le régime des eaux , tout particulièrement dans les pays du Sahel et du NE de l'Afrique où ces
impacts du déboisement et de l'occupation du sol intensifiée sont le plus prononcés. Des
répercussions hydrologiques de la désertification -bien distinguées et séparées de celles des
sécheresses conjoncturelles- sont toutefois encore peu mise en évidence.
• Les ressources de type (2) sous l'effet de l'évolution des utilisations dans les pays en amont
(croissance des consommations nettes, pertes par évaporation des réservoirs régulateurs, voire des
rejets dégradant les qualités) ; à l'inverse, ces ressources peuvent être accrues dans certains cas
par des aménagements réducteurs de déperdition par évaporation dans des "deltas intérieurs",
comme on l'a déjà indiqué.
• Les ressources de type (3), sous l'effet normal de l'épuisement des réserves, en pratique de la
réduction d'accessibilité (abaissement des niveaux) aggravée parfois par des pertes de qualité
(accroissement de salinité).

Ainsi, pour des raisons différentes, les ressources en eau de chaque type peuvent donner lieu à
prospective. Les démarches classiques des révisionnistes et des études de planification considèrent
encore le plus souvent les ressources en eau naturelles comme une donnée invariante (en moyenne), une
"matière première" qu'il s'agit de transformer par l'aménagement en offre ajustée à des demandes
croissantes... Dans les conditions de la région de l'OSS, il paraît particulièrement opportun de tenir
compte aussi des évolutions possibles des ressources : non seulement des effets normaux des
exploitations et des aménagements qui réduisent les disponibilités restantes, mais aussi des impacts
indirects de l'utilisation des eaux sur la reproduction des ressources (par exemple les impacts
d'aménagements hydrauliques sur l'alimentation de nappes souterraines) et plus généralement des
impacts de diverses activités humaines sur le régime et les qualités des eaux -sans parler ici des
éventuelles incidences à très long terme de changement de climat...

-15-
Inégales exploitabilités

A chacun de ces trois types de ressource en eau correspondent une conception et une démarche
d'évaluation différentes des ressources "exploitables" ou "utilisables", donc des contraintes de gestion
spécifiques.
• Dans le cas de ressources renouvelables intérieures de type (1) les ressources exploitables ou
"mobilisables" dépendent des conditions physiques de maîtrise des eaux (sites de retenue,
productivités des aquifères) et elles sont évaluées d'abord suivant les critères techniques et
économiques des utilisateurs, mais parfois aussi suivant des critères externes ou
"environnementaux" de conservation des eaux. Ces évaluations ne sont donc pas indépendantes des
objectifs socio-économiques et des moyens disponibles à un stade de développement donné, aussi
peuvent-elles évoluer, notamment à mesure de la raréfaction des disponibilités. En fait, évaluer les
ressources en eau exploitables dans un contexte socio-économique donné est déjà un choix de
gestion. Citons par exemple, mis en regard des ressources naturelles, les flux de ressources en eau
mobilisables évalués actuellement dans les pays du Maghreb et en Ethiopie, suivant des critères
propres à chaque pays :

Ressources mobilisables
knvVan
Ressources Référence
en eau En eau de En eau
Pays renouvelables surface souterraine TOTAL (cf.
naturelles Bibliographie)
flux moyen
km3/an

ALGERIE 14,1 5,7 1,75* 7,45 74

MAROC 30 16 5 21 135

TUNISIE 4,18 2,1 1,72 3,8 122

ETHIOPIE 113 54,4 - - 1

* Ressources renouvelables seules. Selon une autre estimation les "potentialités des nappes" compte tenu
de facteurs limitants s'élèveraient à 2,54 knrVan, hors Sahara (Etude "Petite et moyenne hydraulique",
Ministère de 1'. Equipement, 1992).

De telles évaluations n'ont pas été effectuées dans les pays du Sahel et du Nord-Est de l'Afrique où
leur opportunité n'a pas été perçue jusqu'ici du fait des pressions encore faibles, en général des
demandes sur les ressources. Les plans à moyen terme y visent plutôt à programmer des
mobilisations d'eau nécessaires dont les facteurs limitants sont plus les capacités d'investissement
que les ressources physiques. C'est cependant dans ces pays que les "ressources exploitables" en
fonction de critères économiques seraient le plus inférieures aux ressources naturelles, compte tenu
des répartitions très disparates des ressources intérieures.

-16-
Malgré leur relativité et leur révision possible, c'est à ces ressources mobilisables qu'il serait plus
pertinent de comparer les demandes présentes et les besoins projetés, tout en sachant que les
critères d'exploitabilité sont précisément liés aux demandes et aux degrés de tension qu'elles
exercent dès à présent sur les ressources, en somme que les ressources mobilisables et les
demandes évolueront de manière interactive. En se référant plus explicitement que les ressources
naturelles à des critères socio-économiques, les ressources exploitables dans une région et à une
époque données expriment moins une offre que le résultat d'une confrontation offre/demande.
• Dans le cas de ressources externes de type (2), les ressources à définir et à gérer sont moins les
affluences "naturelles" théoriques que les potentialités déterminées par les partages de droit ou de
fait des écoulements fluviaux transfrontières, en tenant compte en outre des réservations de débit
sortant pour un pays aval (cas du Soudan vis-à-vis de l'Egypte). Seules ces ressources réelles
externes sont à ajouter aux ressources intérieures pour définir les ressources totales à comparer aux
demandes (cf. tableau 2).
• Quant aux ressources non renouvelables de type (3), vouées à une gestion de stock, l'évaluation de
leur exploitabilité dépend là encore des conditions physiques (productivité des aquifères et
comportement à long terme des nappes souterraines exploitées) et des critères technico-
économiques des utilisateurs, mais aussi des stratégies d'exploitation choisies, notamment des
durées de production voulues en conservant des coûts de production unitaire inférieurs à un
maximum acceptable. Les critères d'exploitabilité sont donc très soumis aux objectifs d'utilisation
et à la répartition des charges (taux de subvention) fixée par la politique économique.

Cette typologie des ressources en eau permet de classer schématiquement les différents pays de la
Région suivant les structures de ressource prédominantes et les contraintes de gestion spécifiques
qu'elles déterminent, sans minimiser pour autant la place des autres types de ressources dans certaines
zones de ces pays :

(1) (2) (3)


Ressources intérieures renouvelables Ressources fluviales Ressources intérieures
prédominantes extérieures non renouvelables
Sans contrainte de A contrainte de prédominantes (* plus prédominantes
réservation à l'aval réservation à l'aval contrainte aval)
(* sauf localement) (formalisée ou non)

* Algérie Burkina Faso Egypte Libye


Cap Vert Ethiopie Gambie
Djibouti Mali Guinée Bissau
Erythrée Ouganda Mauritanie
* Kenya * Niger
* Maroc * Soudan
* Sénégal Tchad
Somalie
Tunisie

-17-
Les écoulements fluviaux transfrontières dont on a montré l'importance (Fig. 7), tant entre pays de
l'OSS. qu'entre certains de ceux-ci et des pays extérieurs, rendent communes à plusieurs pays la plus
grande partie des ressources en eau renouvelables de la région de l'OSS., celles des sous-régions du
Sahel et du Bassin du Nil-Afrique du NE essentiellement : les plus grands bassins fluviaux de la région,
ceux du Nil, du Niger et du Sénégal, sont en effet partagés. Les ressources communes à partager sont de
l'ordre de 300 kmVan, soit 60 % des ressources totales de la région.

Les ressources non renouvelables offertes par les grands réservoirs aquifères de la région sont elles
aussi en grande partie en partage entre plusieurs pays.

Cet aspect de la géographie des ressources en eau de la région a naturellement des implications
géopolitiques primordiales.

Encadré 1

ESTIMATION DES RESSOURCES EN EAU

Les statistiques disponibles sur les ressources en eau des différents pays de la Région de l'OSS.
présentent quelques divergences qui ne permettent pas de les utiliser toutes sans précaution. Les
principales causes d'écart sont dues :
Aux différences de durée de référence des calculs de moyenne.
Aux différences d'approche de régionalisation des écoulements à partir des données hydrologiques,
dans des bassins imparfaitement conservateurs des écoulements formés localement, donc aux
différents degrés de sous-estimation des écoulements globaux produits.
Aux sommations d'écoulements superficiels et souterrains estimés séparément et non additifs, voire
même parfois à des sommations de débits de sources (comptées comme ressource en eau de
surface) et de flux d'apport aux nappes souterraines dont ces sources sont issues : tous ces doubles-
comptes sont la cause de surestimations.
Aux défauts de concordance des estimations des écoulements moyens des fleuves transfrontières
dans les statistiques des pays émetteurs et receveurs, ainsi qu'aux différentes manières de prendre
en compte les écoulements de fleuves frontières.
A l'agrégation indue, parfois, de "potentialité exploitable" à assez long terme ou de productibilité
d'eau à partir des réserves d'eau souterraine (ressource non renouvelable) avec les écoulements
(ressource renouvelable).
A l'intégration, en certains cas, aux ressources naturelles primaires de ressources "secondaires"
formées par les retours d'eau après usage, notamment des eaux de drainage des périmètres irrigués.
Aux révisions d'estimation, le plus souvent en hausse, dues au progrès des connaissances. Ainsi,
par exemple, pour l'ensemble des trois pays du Maghreb, l'écoulement global moyen estimé s'est
accru de 26% en 20 ans, passant de 38 km3/an en 1970 à 48 km3/an en 1990.

***

Malgré les essais de contrôle de validité et de critique des données disponibles, les tableaux de synthèse
établis ne sont pas à l'abri de défauts d'homogénéité et de comparabilité.

-18-
1.3. DONNEES QUANTITATIVES : DE FORTES INEGALITES

Les chiffrages des flux moyens des ressources naturelles renouvelables, internes et externes, de chaque
pays ne traduisent qu'imparfaitement cette diversité structurale et, par conséquent, les inégalités de
maîtrisabilité et d'exploitabilité de ces ressources physiques, ce qui affaiblit la comparabilité de leurs
estimations absolues ou par habitant. Il est utile de rappeler ici, pour chacun des pays et des sous-
régions de la Région de l'OSS., les principales données macro-hydrologiques sur les ressources en eau
naturelles, sélectionnées en priorité par compilation des sources documentaires nationales les plus
récentes, en les complétant par des données sur les ressources externes potentielles (tableau 2). Il est à
noter que les données de ce tableau diffèrent parfois quelque peu de celles présentées dans certaines
synthèses antérieures dont les sources ne sont pas toutes cohérentes, sans que ces écarts n'affectent
toutefois les ordres de grandeur. Sans développer ici, malgré son importance, la question de l'estimation
quantitative des ressources en eau nationales, quelques observations sont présentées à ce sujet en
encadré 1.

L'analyse de ces données quantitatives globalisées par pays fait ressortir de fortes inégalités :
- Entre les ressources naturelles ou potentielles de chaque pays, échelonnées de quelques centaines
de millions de niVan (Cap Vert, Djibouti, Libye) à 100 milliards (Mali), 3 pays dépassant 50
milliards (Egypte, Soudan, Niger).
- Entre les ressources par habitant, comme on l'a déjà indiqué (Fig. 2), dont la gamme va d'environ
150 nrVan (Libye) à plus de 30 000 (Guinée Bissau).
- Entre les degrés d'indépendance (proportion des ressources intérieures sur les ressources totales)
qui varient de 2 % (Egypte) à 100 %. Six pays ont des ressources extérieures excédant leurs
ressources intérieures parfois de beaucoup (Egypte, Soudan, Mauritanie, Gambie, Niger, Tchad).

Il va de soi que ces chiffrages globaux et moyens d'écoulement par pays décrivent beaucoup trop
sommairement les ressources naturelles, intérieures notamment, en nivelant de fortes différences de
répartition interne, ainsi que de distribution dans le temps -de variations saisonnières et inter annuelles-.
Or la répartition spatio-temporelle des écoulements est à l'évidence aussi importante que leur
globalisation pour caractériser quantitativement les ressources. Les indicateurs globaux réunis dans le
tableau 2, n'en révèlent pas moins des différences significatives entre pays.

Les groupements en "sous-régions", un peu arbitraires, mettent aussi en évidence des contrastes
majeurs :
- Le Maghreb est le plus démuni, avec des ressources en moyenne inférieures à 1 000 mVan par
habitant, mais ses ressources sont intérieures pour l'essentiel, avec une part de ressources non
renouvelables notable en domaine saharien.
- Les pays du Sahel sont globalement beaucoup plus riches en eau (près de 6 000 mVan par
habitant en moyenne, le Cap Vert faisant seul exception), du fait surtout qu'ils sont relativement
peu peuplés mais aussi de l'appartenance de leur partie méridionale à la zone soudanaise plus
humide et des apports de ressources extérieures non négligeables. Mais ces ressources,
concentrées dans quelques vallées majeures (Sénégal, Niger, Chari) sont très mal réparties, aussi
des indicateurs globaux masquent de grandes différenciations intérieures.
- Enfin, les pays du Bassin du Nil et de la "Corne de l'Afrique", beaucoup plus peuplés (63 % de la
population totale de l'ensemble des pays de l'OSS.) ont, malgré le Nil et l'extension de son haut
bassin en zone tropicale humide (Lac Victoria), des ressources par habitant relativement faibles
(1 300 mVan en moyenne). Ces ressources sont globalement autonomes, mais en grande partie

-19-
communes aux pays qui se partagent le bassin du Nil (Ethiopie, Kenya, Oubangui, Soudan,
Egypte), source de conflits potentiels.

Notes du tableau 2

(1) Erythrée et Ethiopie non séparables dans l'état des données disponibles.

(2) Affluences partiellement additives au niveau des sous-régions du fait des transferts entre pays.
Les sommes des sous-régions sont sans double compte.

(3) Ecoulement réel suivant un partage de droit ou de fait, compte tenu en outre de débit à réserver
à un pays aval (cas au Soudan).

(4) Sur la base des statistiques démographiques des Nations Unies. Rapporté aux ressources
potentielles réelles lorsqu'elles diffèrent des ressources naturelles..

(5) Excluant des potentialités d'exploitation de ressources non renouvelables parfois intégrées dans
certaines statistiques nationales.

(6) Dont 55 kmVan d'apport aux nappes souterraines, d'après l'étude du projet PNUD MLI/84/005
(1989). Ce flux moyen calculé parait toutefois surestimé et il est en tout cas supérieur à
l'écoulement souterrain collecté par les cours d'eau estimé à 16 kmVan.

(7) 50% du débit moyen du fleuve Sénégal frontalier (hypothèse arbitraire) : 11 kmVan.

(8) Compte non tenu de la régularisation du Fleuve Sénégal par le barrage de Manantali.

(9) Dont 50 % du débit moyen du fleuve Sénégal frontalier (hypothèse arbitraire), soit 11 kmVan,
plus la Gambie 2 kmVan.

(10) Dont 55,5 km3/an : part du débit du Nil régularisé dévolue à l'Egypte par traité

(11) Compte tenu du Nil régularisé à Assouan.

(12) Différence entre les affluences naturelles et la somme de l'écoulement régularisé du Nil réservé à
l'Egypte (55,5 km3/an) et du flux moyen de pertes par évaporation du réservoir d'Assouan
admises (10 km3/an). Pertes internes par évaporation dans les marais non comprises.

(13) Dont 117,5 dans le bassin du Nil : Nil Bleu et affluents (Ethiopie) 90,5 ; Nil Blanc (Ouganda)
27.

(14) Ces apports totaux naturels comprennent la part vouée aux pertes par évaporation, de l'ordre
d'une cinquantaine de kmVan.

(15) Dont 2,5 d'écoulement souterrain" et 1 d'eaux superficielles d'après le schéma directeur (sept.
1993).

-20-
Ressources en eau renouvelables (écoulement moyen annuel 1
an km'/an Ressources en eau
Part par habitant en
Sou s-régions at coulement total TOTAL relativement 2025 (d'après Indice
pays naturel Interna Ecoulement affluent P : avec régulière Ressources an eau projection* de d'indépendance Référence
(superficie* al de paya voisin ressource comprise dans la par habitant en population (écoulement Icf. bibliographie)
souterrain) externe total 1990 14) m'/an moyenne des N U I interne /écoulement
potentielle {Ecoulement m'Mn total)
superficiel et %
souterrain)
naturel (2) potentiel (3) o
MAGHREB 4B,2 0 48,2 9,1 767 384 100
o
ALGERIE 13.9(6) 0,2 14,1 2,7 563 272 99 57,60,130

LIBYE 0,7 (5) 0 0,7 0,4 154 54 100 57,60,130 I


VI
1196 632 100 57,60,82,130, VI
MAROC 30 0 30 4
135 m"

TUNISIE

SAHEL
3,58 (5>

155
0,6

85
4,18
240
2

- 47
512

5655
311

2220
86

65
132
i
ru
BURKINA FASO 28 0 28 5 3104 1237 100 130 |

CAP VERT 0,2 0 0,2 0,1 540 258 100 130


n
K> n
GAMBIE 3 19 22 3 25287 11733 14 13.0

GUINEE BISSAU 16 - 15 31 4 31633 15672 - 52 130

MALI 62 16) - 40 ? - 100 13 11820 4068 - 62 130


MAURITANIE 0,4 11 (7) ? 11,4 1,5(81 5632 2283 3,5 57,130
NIGER 3,5 (15) 30 33,5 5 4334 1574 10,5 136
SENEGAL 26,4 13 191 39,4 7 5377 2307 67 114,127 ïï
TCHAD 16 27 à 30 42 à 45 8 7658 3370 34 130 1
BASSIN DU NIL et 219 0 219 - 140 (11) 1240 523 100 •o
AFRIQUE OU NE 4
DJIBOUTI 0,3 0 0,3 0,2 696 259 100 57,130
EGYPTE 1,8 85 56,5 (10) P 5B,3 55,8 (111 P 1120 P 623 2 60,130
ERYTHREE (i)
113 0 113 30 2208 865 100 125
ETHIOPIE

KENYA 14,8 E ~ 15 - 5 615 235 - 100 130


S
OUGANDA 66 0 66 29 2880 1437 100 130 a
SOMALIE - 6 - 5,5 -11,5 - 2 1831 491 52 19,130
SOUDAN 17 119,4 (J3I 53,9 (12) (nat 136,4> |14 ~ 20 P 2814 P 1170 nat, 12,5 57,81
P 70,9 P 24 130

Ensemble 422 B5 507 196 1797 777 83


Quelques chiffres-clés résument ces différences régionales : Tableau 3

Sous-régions de l'OSS. Maghreb, Afrique du Sahel, Afrique de Bassin du Nil et


Nord l'Ouest Afrique de l'Est et
Egypte

Superficie 5,015 5,343 6,207


(Millions de km2)

Populations 1990 62,87 (22 %) 42,44(15%) 176,87 (63 %)


(Millions d'hab. et %)

Ressources naturelles 48,2(11%) 155 (38 %) 219(51 %)


renouvelables
intérieures
(km3/an et %)

Ressources extérieures 0 85 0
(knrVan)

Ressources totales par . 767 5 655 1 240


hab. 1990
(nrVan per capita)

Populations 2025 125,6 (19 %) 108,1(17%) 419,1 (64%)


d'après les projections
moyennes des NU.
(Millions d'hab. et %)

Ressources totales par 384 2220 522


hab. 2025
(nrVan per capita)

Par ailleurs, ces chiffrages ne prennent pas en compte les ressources non renouvelables, primordiales
pour les pays où domine le type (3) mais qui ne doivent être estimées en toute rigueur qu'en terme de
stock exploitable et non de flux. Les statistiques de certains pays ajoutent, il est vrai, les productibilités
annuelles prévisibles à assez long terme à partir de ces réserves, aux ressources renouvelables, mais
cette présentation qui amalgame des flux temporaires et des flux permanents n'est pas pertinente et crée
une confusion. Qu'elles soient exprimées en volume de réserve jugée extractible ou en capacité de
production moyenne annuelle relative à une durée fixée, les ressources non renouvelables doivent être
chiffrées séparément. Le tableau 4 rassemble quelques données à ce sujet, tirées de diverses sources,
apparemment non homogènes.

-22-
Tableau 4 : Données sur les ressources en eau non renouvelables

Volume de Potentialité exploitable à assez long


Pays réserve terme (capacité de production Références (cf.
théorique ou moyenne annuelle) Bibliographie)
estimée
"exploitable"1
km3
Horizon de km3/an
référence
Algérie 1500 49
? 5 39,74
Libye 4 000 49
? 2,8 (2) 76
? 3,9 82
Maroc (3) 3 - -
Tunisie 1 700 49
~1 132
Mali (4) 80-190 (5)
- 2 000 - -
~ 2 700 (6) 119
Mauritanie 400 - - 49
Niger 260-550 (5) 124
- 2 000 (7) - -
~ 2 500 (8)
Sénégal (4) 80-180 - - 84
Tchad (4) 170-340 (5) - - 85
Egypte 6 000 - - 49
Soudan 40 - - 49
Notes :
1 Estimations suivant des méthodes et des critères d'exploitabilité non homogènes.
2 Dont 1,6 à 2,2 km3/an jusqu'en 2025 (Great Made Man River Project).
3 Bassin de Laayoune-Dakhla. Calcul avec S d'aquifère captif.
4 Ensemble des aquifères sédimentaires, sauf ceux du Quaternaire ou du Plio-Quaternaire.
5 Calculs basés sur des porosité efficaces (nappes libres) et des rabattements maximaux généralisés
définis : 10 m au Mali, 10 m ou profondeur max. de 100 m au Niger, profondeur max. de 100 m
au Sénégal, rabattement max. de 5 à 10 m au Tchad.
6 Réserve totale théorique.
7 Partie occidentale du bassin sédimentaire seule.
8 Estimation basée sur des porosités efficaces et la généralisation pour 100 m de rabattement des
volumes mobilisables dans chaque réservoir calculés pour 1 m de rabattement.

Enfin, l'irrégularité des écoulements qui accroît les difficultés de maîtrise des eaux, et les défauts de
qualité des eaux aggravent souvent la rareté des ressources dans les pays les plus démunis (zone aride).
L'aridité du climat a une double conséquence sur les qualités : la fréquence relative des eaux salées
superficielles ou souterraines, en particulier des eaux permanentes, et la faiblesse de la part régulière
des écoulements qui la rend d'autant plus sensible aux risques de pollutions. Aussi la gestion des
qualités forme-t-elle une part intégrante de la gestion des ressources en eau.

***

-23-
2. UTILISATIONS PRESENTES : ETAT DES LIEUX ET CONSEQUENCES

La connaissance des utilisations d'eau dans la région de l'OSS., comme dans bien d'autres régions du
monde, est fort approximative, sujette à de larges zones d'ombre et pour le moins inégale suivant les
pays. On en rappelle en encadré 2 les difficultés et les causes d'incertitude.

Sur la base des synthèses déjà citées et des sources documentaires disponibles les plus récentes
mentionnées en références, dont les données numériques macroscopiques essentielles sont réunies dans
le Tableau 5, on s'efforcera là encore de rappeler les faits dominants qui conditionnent la gestion des
eaux dans la Région de l'OSS.

• Quantité globale et géographie des utilisations

Vers la fin de la décennie 80 les quantités d'eau totales utilisées dans l'ensemble de la Région étaient de
l'ordre d'une centaine de milliards de m3/an. Ces quantités sont très inégalement réparties : les 4/5 sont
utilisées dans le bassin du Nil et l'Afrique du NE -70 % dans la seule vallée du Nil : Egypte et Soudan-,
1/4 au Maghreb et seulement 5 % dans les pays du Sahel. Cette disparité traduit à l'évidence le poids
prépondérant des irrigations dans la vallée du Nil.

• Tendances de l'évolution récente

Pour autant que les données historiques permettent de juger la tendance de l'évolution contemporaine des
demandes, la croissance de celles-ci s'est accélérée depuis le milieu du XXème siècle, un peu freinée en
quelques pays toutefois sous l'effet de la raréfaction de l'offre ou de retards d'équipement. Cette
croissance globale est due davantage à celle des populations qu'à une augmentation sensible des
demandes par habitant. Dans les pays nord-sahariens où quelques données historiques sont pu être
collectées (tableau 6), il semble que ces demandes unitaires aient tendu à décroître là où elles sont le
plus élevées (Egypte, Soudan, Maroc), et au contraire à croître là où elles sont relativement basses
(Algérie, Tunisie), la Libye formant un cas à part, avec une forte croissance depuis quelques années
(Fig. 8)

-24-
Encadré 2

Connaissance des utilisations d'eau

La connaissance assez précise et complète des utilisations d'eau présentes, par tous les secteurs
économiques, est la base nécessaire des projections de demandes et une condition de la gestion des
ressources. Cette connaissance est cependant encore imparfaite et elle se heurte à diverses difficultés qui
ne sont pas spécifiques à la Région de l'OSS.
• Les statistiques disponibles sur les demandes et les prélèvements reposent plus sur des estimations
que sur des recensements. Elles sont affectées d'incertitudes variées, fortes surtout dans le secteur
agricole. Elles ne distinguent pas toujours clairement les demandes d'approvisionnement des
usagers et les prélèvements sur les ressources ou "productions" d'eau, dans les pays où les unes et
les autres ne coïncident pas.
• Les historiques sont peu nombreux et manquent de synchronisme. Ils reflètent autant l'évolution du
niveau des connaissances (précision et validité des chiffrages) que celle des variables elles-mêmes,
ce qui nuit à leur comparabilité (cf. tableau 5). De plus, les dates de valeur des statistiques ne sont
pas toujours explicites dans les sources disponibles, qui se réfèrent souvent au "présent" sans
spécifier s'il s'agit de l'année de publication ou d'une date antérieure.
• Les consommations par les aménagements (pertes par évaporation des réservoirs d'accumulation)
non imputables en général à des secteurs d'utilisation spécifiques, sont rarement prises en compte.
Il en est de même des pertes par évaporation dans les systèmes de transport d'eau d'irrigation, qui
sont comptabilisées dans certaines estimations et non en d'autres (Exemple en Egypte).
• II y a parfois confusion entre les quantités d'eau effectivement demandées et utilisées et les
réservations ou allocations de ressource attribuées, notamment dans le secteur agricole. Cela peut
expliquer des divergences entre les statistiques macro-économiques d'un même pays, notables en
certains cas.
• La répartition des demandes sectorielles suivant les sources d'approvisionnement est souvent non
indiquée.
• Les données sur les restitutions et les consommations finales, y compris par les réservoirs, sont
rares.
• Les impacts des utilisations, notamment des rejets, sont incomplètement décrits, quantifiés et
évalués.
• Les statistiques macro-économiques sur le poids du secteur de l'eau (dépenses publiques et privées)
dans les économies nationales sont rarement disponibles.

Des efforts pour parfaire la connaissance des utilisations sont particulièrement opportuns dans les pays
où la gestion des eaux doit et devra de plus en plus allier la gestion des demandes à celle des ressources.

-25-
Tableau 5 : Utilisations d'eau (Années 1985-1990, pour la plupart des pays).

DamandM p»r
Demandai an M U (al caplta (bl

Soui -Régions m3/an


ti Data d* valaur 1 Part» o»« aaciauri d'utiliiition
Pays
Totil 2 3 4
Itm3/an Collectivitéi Agriculture Industriat non
l u u potablal {irrigation} saturvi*» «t
% % aiwgw
%

MAGHREB 1990 24 12 83 5 - 380


ALGERIE 1990 4.5 25 60 15 180

LIBYE 1990 4 76 8.6 90 1.4 1 087


MAROC 1991 11.7 10 87 3 455

TUNISIE 1990 3.0 9 91 t 367


SAHEL 1985-90 5 7 92 1 - 120
BURKINA FASO 1987 0.16 27 68 5 20
CAP VERT - 1980 0.04 8 92 0 150
GAMBIE 1982 0.02 7 93 t 32
GUINEE BISSAU 1987 0.01 30 70 t 20

MALI 1987 1.36 2 98 c 160


MAURITANIE 1985 1.6 6 94 e • 865
NIGER 1988 0.5 15.5 82 (g) 2.5 67
SENEGAL 1987 1.36 5 92 3 200
TCHAD 1990 0.16 15 85 (g) 0 32

BASSIN DU NIL 1985-90 79 7.5 86.5 6 -450


ET AFR. DU NE

DJIBOUTI 1985 0.075 13 87 E 208


EGYPTE 1990 59.4 5.2 87 (d) 7.8 1 141
ERYTHREE 1987 2.21 11 86 3 48
ETHIOPIE

KENYA 1987 1.09 27 62 11 48


OUGANDA 1970 0.2 42 58 0 20
SOMALIE 1987 0.81 3 97 0 167
SOUDAN 1990 15.5 4 96 c 615
EnsambI» • 108 8.5 86 S.5 -380

Notes du tableau 5 :

(a) Y compris, en principe, les pertes d'adduction et de distribution


(b) Rapportées à la population de l'année d'estimation des prélèvements.
(c) Non compris le débit réservé pour la navigation (1,8 kmVan), ni les pertes par évaporation du
réservoir d'Assouan. Y compris les pertes par évaporation du système d'irrigation (2 kirïVan).
(d) Y compris des eaux de drainage déversées en mer.
(e) Y compris les pertes par évaporation du réservoir d'Assouan (10 kmVan en moyenne).
(f) Erythrée et Ethiopie non séparables dans l'état des données disponibles.
(g) Avec alimentation pastorale.

-26-
Tableau 5 : suite.

10 11 12 13
Indice d*
Prélèvement! Auttti taure» d'approvisionnements consommation
Indice d'exploitation Consommation* lirwledea Référencée
d » ressource! finales estimée* ressource! cf. Bibliographie
renouvelables I p i m des quantité renouvelable!
fQV ressources préleva» non 111/Resiource«
naturel)» ou (PI restituées rwtutedei ou (PI
potentielles) km'/an potentielle»!
6 7 8 9 % %
Total Dont : iur des Dénuement d m E»u« u**es ou d *
km3/an ressource* non d* mer drainas* («utilisée*
renouvelant» km3/an km3/an
km3/an

23.6 -4.7 -0.13. 0.23 49 20.3 42 M

4 5 - 0.4 0,03 0 32 3.8 27 39


4.51 -4 - 0.1 0.15 644 4.2 600 76
11.65 e e 10.0005) 0.05 39 9.6 32 136

2.96 -0.3 0.01 0.03 71 2.7 64 122

5 2 3.8 1.5

0.15 0 0 0 0.5 0.1 0.35 130

004 0 0 0 20 0.03 15 130

0.02 0 0 0 0.1 0.01 0.05 130

0.01 0 0 0 0.03 0,005 0.02 130

1.36 0 0 0 1.4 - 1.0 1 130

1.6 0 22 - 1.3 18 82

0.5 c 0 0 1.5 - 0.4 0.01 136


1.36 E (- 0.001) 0 0 4 10 3 130
0.16 E 0 0 0.4 0.1 0.2 130

74 - 34 45.5 le) - 21 -

0.075 0 - 25 0.07 23 49

53.8 E -0.01 5.6 P92 30 P56 4

2.21 0 0 0 2 15 1.3 130

1.09 0 0 0 7.3 0.7 4.7 130


0.2 0 0 0 0.3 0.1 0.15 130
0.81 0 0 0 7 0.7 6 82,130
15.5 0 0 0 P 22 125 P- 18 82,129
102.6 - - 20 -70 - 13.5 -

-27-
m3/an
EGYPTE ( Abu ZeM 1992)

1300-

1000-

SOUDAN

500-
MAROC

TUNISIE

ALGERIE

100-

0 I • i
70 75 80 85 90

Fig. 8 : Evolution approximative des demandes en eau (pour toutes utilisations) par habitant,
entre 1970 et 1990, en quelques pays.

• Inégalités des demandes en eau par habitant

Pour toutes utilisations confondues, les demandes en eau présentes par habitant dans la région sont
globalement bien inférieures à la moyenne mondiale (600 à 700 mVan) : elles seraient de l'ordre de 380
mVan. Mais elles sont très inégales suivant les pays (Fig. 9), dépassant 1 000 mVan en Egypte et en
Libye et s'abaissant en dessous de 50 nWan en plusieurs pays sahéliens (gamme variant dans le rapport
de 1 à 50 ,..), Plus qu'aux différences de niveau de développement socio-économique, cette diversité est
liée à la variété climatique qui ne rend pas partout l'irrigation aussi nécessaire pour les productions
agro-alimentaires, donc aux degrés de développement différents de l'irrigation. Les plus fortes quantités
d'eau utilisées par habitant se trouvent dans les pays à irrigation intensive développée (Egypte, Libye,
Mauritanie, Soudan). La faiblesse relative des demandes en eau par habitant en d'autres pays
correspond à un faible développement de l'irrigation, mais elle peut être due aussi dans certains pays au
retard des équipements hydrauliques (pour l'alimentation en eau potable comme pour l'irrigation) :
Algérie, pays du Sahel, Ethiopie et Afrique du SE.

-28-
Tableau 5 : Evolutions des demandes en eau par habitant au cours des deux dernières décennies
en quelques pays de la région de l'OSS.

Demande en Demande
Date de eau totale en en eau
Pays valeur km3/an per capita Références
en m'/an
ALGERIE 1970 -2 135 NU 1971
1975 -2,5
1980 3,0 161 INRH 1986, Plan bleu 1987, Sém. Alger 1990,
W.R.I. 1992-93
1980 3,38 INRH 1986 cité par J.J. PERENNES 1986
1980-85 3,5 ACSAD 1988
1985 3,34-3,5 160 M. SHAHIN 1989 (prévision)
1990 • 4,5 180 T. HADJI, S. ZEGLACHE. Conf. méd. Rome 1992
EGYPTE 1972 -43 1236 I.Z. KINAWY 1976
1974 51,4 I.C.I.D. 1981 (avec pertes d'irrig.), SAMAHA 1979
1976 -45 K. HEFNY, U.N. 1977
1980-85 59,5 ROSTAS-ACSAD 1988
1985 55,13-59,5 M. SHAHIN 1989 (prévision)
1985 56,4 1202 ABD EL RAHMAN/Plan bleu 1987, W.R.I. 1988-
89 et 1992-93
1985 52,9 Sém. Alger 1990
1987-88 55,5 EL KADY/IWRA Ottawa 1988
1990 59,4 1141 M. ABU-ZEID/IWRA Rabat 1991
1990 59,2 1133 Water Master Plan/ALECSO Cairo 1992, ROSTAS-
ACSAD 1993
LIBYE 1974 1,2 492 GWA 1974
1977-78 1,47 GWA 1978, Ph. PALLAS 1979
1985 2,0-2,11 M. SHAHIN 1989 (prévision)
1985 2,12 589 ROSTAS-ACSAD 1988
1985 2,62 UN-DTCD 1987
1985 2,83 W.R.I. 1992-93 (avec capacité de dessal1.)
1990 4,76 1087 O.M. SALEM, Water Res. Dev. 1992, ALESCO
Cairo 1992, ROSTAS-ACSAD 1993
MAROC 1968 8 M. COMBE 1969
1972 8 Dir. Hydr. 1974, M. COMBE 1974
1975 -9 505
1980 10,05 516 N. DINIA 1980
1985 11,0 501 W.R.I. 1988-89 et 92-93 Sém. Alger 1990
1990 10,9 ALECSO Cairo 1992, ROSTAS-ACSAD 1993
1991 11,7 455 Conf. méd. eau, Rome 1992
MAURITANIE 1978 0,73 A. MOULAYE 1979, W.R.I. 1988-89 et 92-93
1985 1,52-1,66 865 M. SHAHIN 1989 (prévision)
SOUDAN 1970 -18,15 1156 UN Wat. Conf. 1977
1977 18,61 1060 I.Y. BANNAGA 1978, W.R.I. 1988-89 et 92-93
1985 13,96-14,10 ROSTAS-ACSAD 1988, M. SHAHIN 1989
(prévision)
1990 15,5 615 Conf. int. Dublin 1992
1991 17,35 ALECSO Cairo 1992, ROSTAS-ACSAD 1993
TUNISIE 1977 1,07 184 K. ALOUINI 1978
-1980 1,9 297 ACSAD 1988
1985 2,3 W.R.I. 1988-89 et 1992-93 / H. ZEBIDI 1986-87
1985 2,28-2,48 319 M. SHAHIN 1989, Sém. Alger 1990
1990 3,0 367 D.G.R.E. 1990

-29-
*}•

Prgio
CAP- BenjuL;
VERT •-'

m3/an p«r capha V


> 1000
500-1000

m 200-500
100-200
o*.

<100

Fig. 9 : Pays de l'OSS classés suivant leurs demandes en eau actuelles (années 85-90) par habitant,
pour toutes utilisations.

Coltocttritto

Fig. 10 : Proportions des utilisations d'eau sectorielles actuelles dans les pays de l'OSS.

-30-
• Répartition sectorielle

La structure des utilisations est assez uniforme dans la région avec deux secteurs majeurs :
- L'irrigation, très prépondérante partout, le plus" souvent supérieure à 80 % et à 90 % dans près
d'un pays sur deux.
Le volume d'eau total utilisé actuellement dans la région pour l'irrigation serait de l'ordre de 90
milliards de mVan (86 % de toute l'eau utilisée), dont 72 % dans la seule vallée du Nil. Les
irrigations en Egypte et au Soudan utilisent environ 60 % de la quantité d'eau totale utilisée dans
la région de l'OSS.
- L'alimentation en eau potable des collectivités, surtout urbaines, partout en second rang, et dont
la croissance relative est généralement la plus forte.

C'est entre ces deux secteurs que les conflits d'usage risquent le plus de se développer.

Les demandes en eau industrielles sont par contre réduites et peu dissociées des demandes en eau
potable (sauf celles du secteur minier, non négligeable en quelques pays, comme au Niger).

De même, le secteur énergétique (centrales thermoélectriques) fait très peu appel aux eaux douces pour
le refroidissement.

Quant à l'hydroélectricité, qui fut un objectif majeur des aménagements hydrauliques modernes de
"première génération" (Egypte, Maghreb...), elle passe maintenant au second rang des objectifs
d'exploitation des aménagements à but multiple, après l'irrigation.

• Consommations finales

La prédominance de l'irrigation a pour conséquence des taux de consommation finale élevés, amplifiés
en certains cas par les réutilisations possibles dans les structures d'utilisations séquentielles (réutilisation
des eaux de drainage dans la vallée du Nil par exemple) et aussi par la situation littorale de nombreuses
agglomérations dont les eaux usées sont rejetées en mer (littoral méditerranéen surtout mais aussi
atlantique -Dakar- ou de l'océan indien).

• Efficiences

L'efficience des utilisations est variable, le plus souvent faible en agriculture irriguée (de l'ordre de 40 à
50% fréquemment en irrigation gravitaire) ; les rendements des réseaux de distribution urbains sont
rarement supérieurs à 60 à 70%. Une marge de gains d'efficience d'utilisation, à des coûts inférieurs à
ceux de mobilisation ou de production d'eau complémentaires, est appréciable dans la plupart des pays.

• Pressions sur les ressources : variété des indices d'exploitation

La pression des demandes sur les ressources naturelles varie beaucoup suivant les sous-régions et les
pays de l'OSS. Généralement forte au Maghreb et dans le bassin du Nil, elle est encore faible, voire
minime au Sahel et en Afrique de l'Est et en Egypte.

-31-
Le volume global des prélèvements est proche du flux moyen des ressources renouvelables en Egypte et
en Tunisie, il le dépasse de beaucoup en Libye du fait de l'exploitation intensive des ressources non
renouvelables. Des surexploitations locales de nappes souterraines à ressource renouvelable (en Algérie,
en Mauritanie ou au Sénégal) peuvent aussi contribuer à amplifier l'indice d'exploitation apparent, ainsi
que le fait qu'une partie des ressources peut être utilisée plusieurs fois (retours d'eau remobilisés,
notamment en Egypte). Par contre, dans les pays sahéliens ou de la "Corne de l'Afrique" les pressions
sur les ressources sont encore très légères du fait de la faiblesse des prélèvements agricoles et des
dessertes en eau potable des agglomérations.

Les indices d'exploitation (ratio prélèvements totaux / flux moyen de ressources renouvelables) des
pays de l'OSS. s'échelonnent dans une gamme très étendue : d'à peine 1 % à plus de 100 % (tableau 6,
[Link]).

Naturellement cet indice serait plus, élevé si on le rapportait aux seules ressources jugées actuellement
exploitables, dans les pays où dominent les ressources intérieures de type (1), comme ceux du Maghreb:

Pays Indice d'exploitation actuel rapporté


aux ressources renouvelables
naturelles (%) "mobilisables"* (%)
Algérie 32 60,4
Maroc 39 55,5
Tunisie 71 78,2
* Mentionnées au chap. 1 (1.2.)

Tffl I I I I \/.™*
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.KENYA . / „.-

Fig. 11 : Pays de la région de l'OSS classés suivant l'indice d'exploitation actuel de leurs
ressources en eau renouvelables naturelles ou réelles.

-32-
• Développement inégal de l'aménagement des eaux

Comme les différences d'indices d'exploitation le laissent prévoir, l'aménagement des eaux, notamment
pour régulariser les eaux superficielles, est encore très inégalement développé dans les pays à ressource
renouvelable intérieure ou extérieure prédominante. Ces équipements hydrauliques de maîtrise des eaux
dont les barrages d'accumulation sont les pièces essentielles, sont le plus avancés en Egypte, puis au
Maroc et en Tunisie, et à un moindre degré en Algérie, au Soudan et au Mali (aménagement du fleuve
Sénégal).

Dans l'état actuel des aménagements hydrauliques les performances de maîtrise des eaux dans différents
pays de la région de l'OSS peuvent être résumées par les données du tableau 7.

Tableau 7 : Aménagements hydrauliques : barrages-réservoirs

Nombre de Capacité totale Débit moyen Taux de


barrages grands ou des réservoirs régularisé ou régularisation
Pays
moyens km3 mobilisé
%
knrVan
Algérie (1992) 79 (dont 26 grands) 4,3 1,8 14
Libye (1978) 10(1986) 0,23 0,035 17
Maroc (1992) 25 9,6 (1987) 8,02 55 a
Tunisie (1992) 17 1,5 (1980) 1,385 c 66 a / 5 3 b
Mali 4
Fleuve Sénégal 1 11 9,5 43
(Manantali)
Sénégal 1 0,4
Lac de Guiers 1,2
Egypte 2 169 71 d 84 e
dont Assouan 164
Ouganda (Owen 1 120
Fall Dam) g
Soudan 4 91 f

a - Rapporté au potentiel mobilisable


b - Rapporté à l'écoulement naturel
c - y compris petits réservoirs et lacs collinaires
d - Dont 55,5 pour l'Egypte
e - Dont 12 % sacrifié pour l'évaporation de la retenue d'Assouan
f- capacités initiales. Les capacités utiles actuelles sont réduites
g - Régulation du Nil par le réservoir du Lac Victoria

-33-
Dans les pays du Nord les marges de ressources en eau de surface encore maîtrisables sont encore
appréciables, au Maroc et surtout en Algérie. Mais les coûts de leur mobilisation seront croissants du
fait du rendement décroissant des aménagements hydrauliques encore faisables. Ces marges sont
beaucoup larges au Sahel et dans le haut bassin du Nil (Ethiopie, Sud du Soudan.) où des
aménagements peuvent être non seulement régulateurs, mais "producteurs" de ressource en réduisant des
pertes par évaporation, comme on l'a déjà signalé (exemple du Canal de Jongleï en construction, pour
court-circuiter le delta intérieur du Nil dans le Sud du Soudan...).

• Croissance des "ressources en eau usée"

Dans les pays à proportion forte et croissante d'utilisation des ressources naturelles, les quantités d'eau
usée augmentent en parallèle, en offrant des "ressources secondaires" dont les volumes peuvent
approcher parfois les disponibilités en ressources naturelles "primaires" encore subsistantes (et de plus
en plus difficiles à mobiliser). Toutefois les rendements des systèmes d'assainissement laissent encore
beaucoup à désirer : ils dépassent rarement 30 % des quantités d'eau distribuées et sont souvent
inférieurs à 20 %, ce qui limite les volumes d'eau usée réutilisables. A côté des eaux usées urbaines, les
eaux de drainage, particulièrement abondantes en Egypte, sont aussi réutilisables et environ 5 kmVan
sont déjà réutilisés.

Dans les pays nord-sahariens, ces ressources en eau non conventionnelles vont croître à l'avenir, face à
la diminution des disponibilités naturelles exploitables. Par exemple, suivant des projections citées par
N. KHOURI 1991 [51], les productions d'eau usées collectées pourraient atteindre en 2000 :
1800knïYan en Egypte, 555 au Maroc, 227 en Tunisie. Une réutilisation croissante des eaux de
drainage est également prévue par les plans directeurs égyptiens : elle pourrait s'élever à 7,5 à 8 kmVan
après 2000 [134].

• Diversification des sources d'approvisionnement

C'est dans plusieurs pays nord-sahariens de la région de l'OSS. que les sources d'approvisionnement en
eau commencent le plus à se diversifier et que les demandes sont le plus à distinguer des prélèvements
sur les ressources conventionnelles. A la mobilisation des ressources renouvelables, superficielles ou
souterraines, s'ajoutent en proportions variées suivant les pays et déjà notables en plusieurs :
- l'exploitation volontaire des ressources non renouvelables : c'est la source d'approvisionnement
majeure en Libye (84 % en 1990) et une contribution déjà significative (ordre de 10 %) en
Algérie et Tunisie ;
- la réutilisation des eaux de drainage et des eaux usées (Egypte -près de 10 %-, Tunisie) ;
- la production d'eau douce par dessalement d'eau saumâtre ou d'eau de mer, encore très localisée
et plutôt expérimentale (tableau 8 et Fig. 12).

En outre des eaux saumâtres ou salées sont parfois utilisées en plusieurs pays non seulement comme
matière première pour la production d'eau douce, mais aussi directement pour certains usages ou par
mélange avec des eaux plus douces (Tunisie...).

Une partie de la région de l'OSS est dès à présent engagée dans une nouvelle économie de l'eau, tendant
à se déconnecter partiellement du cycle de l'eau naturel, prémices d'une évolution qui s'accentuera
nécessairement dans ce sens à mesure que s'accroîtront les indices d'exploitation et que se raréfieront
corrélativement les ressources naturelles par habitant : le Maghreb, l'Egypte et les pays riverains de
l'Océan indien sont le plus voués à cette évolution au XXIè siècle.

-34-
Tableau 8 : Sources actuelles d'approvisionnement en eau (années 85-90) en %
base 100 : colonne 1 du tableau S.

Exploitation de
Sources conventionnelles réserve d'eau Réutilisation
Mobilisation de ressources renouvelables souterraine d'eau usée ou Dessalement
Pays Ressources non d'eau de drainage d'eau saumâtre
renouvelables ou d'eau de mer
Eau de surface Eau souterraine Total
Algérie 54 36 90 ~9 0 1
Libye 6 11 11 84 3 2
Maroc 73 26,6 99,6 S 0,4 8

Tunisie 42 47 89 10 1 e (0,004)
Burkina Faso 100
Cap Vert 20 80 100
Gambie 100
Guinée Bissau 100
Mali 92 g 100
Mauritanie 53 47 100 - 0 0
Niger 91 9 100
Sénégal 82 18 100 S

Tchad 47 53 100
Djibouti - - 100 0 0 0
Egypte 86,1 4,5 90,6 8 9,4 8

Ethiopie (avec Erythrée) 100


Kenya -86 ~4 100
Ouganda 100
Somalie 96,5 3,5 100 0 0 0
Soudan 98 2 100 0 0 0
ALGERIE

LIBYE

MAROC

TUNISIE

BURKINA FASO

CAP VERT

GAMBIE

GUINEE BISSAU

MALI

MAURITANIE

NIGER
¥:>:•

SENEGAL

TCHAD

DJIBOUTI

EGYPTE

ETHIOPIE
( + ERYTHREE)

KENYA

OUGANDA

SOMALIE

SOUDAN

Eau de surface
ressources renouvelables
Eau souterraine

Eau souterraine / ressources non renouvelables

Réutilisation d ' eau usée ou de drainage

Dessalement

Fig. 12 : Proportions des sources d'approvisionnement en eau actuelles (1985-1990)


des pays de l'OSS (cf. tableau 8)

-36-
• Impacts sur l'environnement

Les impacts négatifs de l'exploitation et de l'utilisation des eaux sur l'environnement et plus
particulièrement les rétroactions sur les ressources, notamment sur les qualités des eaux, sont encore
relativement localisés dans la plupart des pays de la région, mais déjà notables. Il s'agit surtout :

- des invasions d'eau de mer dans les nappes souterraines littorales excessivement exploitées (cas
fréquent sur le littoral méditerranéen) ;

- des effets des défauts d'assainissement de grandes agglomérations ;

- des effets des défauts de drainage de périmètres irrigués : salinisation des eaux et du sol ;

Pourcentages de terres irriguées affectées par la salinisation, cités dans une table de "World Resources
1987" (World Resources Institute) :

Algérie 10 à 15%
Egypte 30 à 40 %
Sénégal 10 à 15 %
Soudan < 20 %

- des pollutions dues aux défauts d'isolement des décharges de déchets urbains, industries ou
• miniers.

Ces divers impacts sont encore inégalement inventoriés et évalués dans la région.

D'autres effets externes de l'exploitation ou de l'utilisation des eaux menacent l'environnement :

- le surpâturage favorisé par la multiplication inconsidérée des points d'eau pastoraux a pu être un
facteur de désertification ;

- des affaissements de terrain locaux peuvent être la conséquence d'exploitation intensive d'eau
souterraine, à fort abaissement des niveaux (dans les bassins sahariens).

• Aspects économiques

Deux faits essentiels caractérisent l'économie de l'eau dans la région de l'OSS., comme dans la plupart
des pays "en développement" :

- Les travaux d'aménagement et d'exploitation des eaux pour approvisionner en eau les différents
secteurs d'utilisation sont pour la plupart hors de systèmes de marché. La plus grande partie des
eaux utilisées -notamment pour l'irrigation- n'est pas marchande, mais directement prélevée par
les usagers ou par des opérateurs publics ou collectifs exploitants et distributeurs. Seule une
partie des eaux potables est marchande.

-37-
Les coûts de ces travaux de maîtrise, de traitement et de distribution (investissement et
fonctionnement) ne sont, le plus souvent, que très partiellement pris en charge par les usagers,
qu'il s'agisse d'eau prélevée directement ou d'eau distribuée marchande, d'eau potable ou d'eau
d'irrigation. De fortes subventions rendent les coûts réellement supportés ou les prix des eaux
marchandes très inférieurs aux coûts réels, comme le montrent quelques chiffres cités -pour des
pays de la région- par N. KHOURI (The World Bank, 1991) :

Evaluations en US$ 1989 par m3

Eau potable distribuée aux Eau d'irrigation


collectivités
Pays
Coût Prix* Coût Prix*
Egypte (zones 0,26 0,05
urbaines)
Maroc 0,5 0,33 0,46 0,04
(Casablanca et
Doukkalas)
Tunisie (pays 0,44 0,31
entier)
* moyenne des tarifs ou des redevances (pour l'eau d'irrigation)
Source : The World Bank

D'autres exemples ont été cités dans une table de "World Resources 1987" (World Resources Institute
1987):

"Production costs andtariffs for drinking water" (early 1980s) en US$/m3

Pays Coût ("opération cost") Prix ("Tariff")

Cap Vert 1,84 0,16


Libye 0,80 0,07
Mali 0,20 0,14
Sénégal 0,40 0,22

Des écarts similaires se rapportent à l'assainissement.

Ces répartitions des charges, assez éloignées d'une économie de marché et de la "vérité des prix",
traduisent d'abord le fait que beaucoup d'usagers ne sont pas en mesure individuellement de supporter
toutes les charges inhérentes aux modes de distribution publics et collectifs d'eau potable ou d'irrigation.

-38-
Les coûts moyens de production d'eau potable, par exemple, ont été comparés par
l'O.M.S. aux PNB par habitant dans différents pays de la région (classés par ordre
de coûts décroissant) :

Ratio
Pays Coût de production PNB per capita Coût unitaire
$/m3 US$ PNB per capita
%
Cap Vert 4,65 317 1,5
Tunisie 0,5 1277 0,04
Djibouti 0,4 480 0,08
Mali 0,33 142 0,23
Maroc 0,14 512 0,03
Source : World Water /WHO 1987 [116]

Ces répartitions des charges résultent de politiques socio-économiques volontaires, parfois facilitées par
les rentes minières ou pétrolières de certains pays, qui font prédominer l'aspect "service public"
subventionné de la fourniture de l'eau. Cependant elles ne favorisent pas la mise en oeuvre de
l'instrument tarifaire pour agir sur les demandes (cf. infra 4.3) là où ce serait opportun, ce qui impose
des conditions particulières à la gestion de l'eau.

En somme, dans le "panachage de politiques de marché et d'intervention directe des pouvoirs publics
pour gérer leurs ressources en eau" évoqué dans le rapport de la F.A.O. sur la situation mondiale de
l'alimentation et de l'agriculture (1993) la part publique est largement prédominante dans la région.

• * * *

-39-
3. LES BESOINS ET LES DEMANDES EN EAU FUTURS : ESSAI DE PROSPECTIVE

Du fait des taux d'utilisation présents des ressources en eau conventionnelles, déjà très élevés en
plusieurs pays, et du recours amorcé aux ressources en eau non conventionnelles, ainsi que des
contraintes qui pèsent déjà sur les demandes, il importe particulièrement dans cette région, surtout en
prospective, de distinguer les besoins et les demandes en eau, de même qu'il importe de distinguer les
demandes d'approvisionnement des usagers et les prélèvements sur les ressources conventionnelles que
celles-ci motivent, (encadré 3). Plus qu'ailleurs, en somme, la projection des besoins a deux objectifs
distincts : programmer et préparer les moyens de les satisfaire ou de les orienter et réguler, pronostiquer
les pressions qui seraient exercées sur les ressources pour apprécier si -et jusqu'à quel horizon- elles
seraient supportables, puis dans le cas où elles ne le seraient pas, pour prévoir les limitations des
demandes qui pourraient en résulter.
Les différentes prévisions ou projections élaborées, le plus souvent dans le cadre des études de plans
directeurs et de schémas de planification nationaux des ressources en eau (le tableau 9 présente une
sélection de projections nationales récentes), ou d'études de synthèse régionale comme celles déjà
citées 1, se rapportent plutôt aux besoins en eau, bien que les terminologies employées ne soient pas
toutes cohérentes ; cf., par exemple, la représentation graphique des "Projected Water Demands"
jusqu'à l'horizon 2030, dans plusieurs pays arabes africains, d'après les estimations publiées par
SHAHIN 1989 [82] (fig. 13). Ces besoins futurs sont bien estimés et projetés en général
indépendamment de l'offre, sur la base des évolutions prévisibles des facteurs d'utilisation d'eau,
essentiellement des populations (en séparant les populations urbaines et rurales) et des superficies
irriguées, déduites surtout des nécessités de production alimentaire (et liées fortement aux objectifs
d'autosuffisance). Ces démarches prévisionnelles, procédant nécessairement par secteur d'utilisation,
sont pertinentes mais elles gagneraient à se baser sur des variables plus nombreuses et sur des
hypothèses d'évolution correspondant à des "scénarios" plus diversifiés et contrastés -seules les
croissances démographiques font l'objet de deux hypothèses, mais parfois aussi les degrés
d'autosuffisance alimentaire visés-. Quelques orientations méthodologiques à ce sujet sont résumées
dans l'encadré 4.
La prise en compte de tous les facteurs déterminants dans chaque secteur d'utilisation, combinée avec
une spatialisation territoriale assez fine, suivant différents scénarios, variant par les contextes de
développement économique et par les priorités d'objectifs, implique une véritable modélisation des
besoins en eau. Exemple d'une telle démarche : le modèle "MADH2O" (Modèle Automatisé de Demande
en eau) appliqué à l'Algérie (ARRUS, GARADI 1991, 1993 [12, 36]). Cette modélisation des besoins
constitue le "premier étage" d'une modélisation des demandes élargie à la prise en compte des
interactions offre/demande, envisagée plus loin. Les projections de "besoins" en eau opérées jusqu'ici ne
doivent donc pas être confondues avec des prévisions de demandes, même s'il semble que certaines
incidences de l'offre soient parfois prises en compte implicitement.

1
Pour les pays arabes, l'étude ACSAD/UNESCO-ROSTAS/IIHEE 1988-1993 : "Future water
requirements" projetés aux horizons 2000, 2010 et 2030 pour chaque pays. M. SHAHIN 1989 :
"projected demands on water" projetées aux horizons 2000 et 2030 pour chaque pays.
[Link] 1990 : "Projection of domestic and industrial water demands" aux horizons 2000,
2010, 2020 et 2030 pour chaque pays et projection globale des "irrigations water requirements".
Plus, pour les pays africains riverains de la Méditerranée, l'exercice de prospective du Plan
Bleu aux horizons 2000 et 2025 (J. MARGAT 1992).

Dans les pays du Sud, notamment au Sahel, où les quantités d'eau utilisées ne représentent
qu'une faible fraction des ressources et où par conséquent la comparaison des besoins futurs
aux ressources n'est pas une préoccupation majeure, les schémas directeurs reposent le plus
souvent directement sur des nécessités d'équipements à programmer -par exemple des points
d'eau villageois en fonction d'objectifs de desserte des populations rurales-, pour chiffrer les
investissements à planifier, plutôt que sur des prévisions de besoins en eau qui ne sont
généralement pas globalisés.

-40-
Encadré 3

Distinguer besoins et demandes en eau

• le besoin en eau est un concept théorique déterminé par les objectifs de l'activité qui l'engendre et
par la relation d'efficacité entre usages de l'eau -en quantité et qualité données- et les résultats. Il est
donc exprimé le plus souvent de manière "unitaire" (par habitant, par hectare irrigué, par tête de
bétail, par unité de produit...). Le besoin en eau a un caractère normatif (référence pour évaluer la
demande présente) et prévisionnel. Il est indépendant de l'offre.

• La demande en eau est un fait réel observable, déterminé non seulement par les nécessités de
l'activité utilisatrice, mais aussi par l'influence de l'offre : celle de la nature -la ressource- aussi bien
que celle d'un secteur intermédiaire de production-distribution. La demande peut alors être
supérieure au besoin (en cas d'offre surabondante et très accessible) ou inférieure (en cas d'offre
rare et coûteuse), en quantité comme en qualité.

La prévision des demandes ne peut donc être indépendante de celle de l'offre, de même
réciproquement que la prévision des ressources exploitables et des productions d'eau non
conventionnelles est liée à celle des demandes.

Distinguer demandes d'approvisionnement des usagers et demandes sollicitant la ressource


(prélèvements).

Tant que toutes les demandes d'approvisionnement en eau des usagers sont couvertes par l'exploitation
des seules ressources en eau conventionnelles, les prélèvements leur sont plus ou moins supérieurs du
fait des pertes de transport.

Au contraire, dès lors qu'une partie des demandes des usagers est satisfaite par d'autres sources
d'approvisionnement, ces demandes peuvent excéder les prélèvements : les unes et les autres sont à
chiffrer et à prévoir séparérnent.

-41-
Encadré 4

Projection des besoins en eau

• Deux démarches inappropriées sont à exclure :


Extrapoler des tendances d'évolution passée observées des demandes, rarement connues avec
assez de fiabilité, que l'analyse "rctroprospective" infirme généralement.
Appliquer des taux de croissance annuels supposés aux demandes présentes globalisées ou
même sectorielles, qui rendent les évolutions futures exponentielles.

• La démarche la plus pertinente consiste en procédant par secteur d'utilisation :


A définir les principales variables exogènes qui constituent des facteurs de besoin en eau, par
exemple :
* Pour les besoins en eau potable des collectivités : la population urbaine et rurale, les taux
de desserte moyens, les besoins per capita, le rendement de distribution moyen.
* Pour les besoins en eau d'irrigation : la superficie irriguée, le coefficient d'intensité
culturale (part récoltée plus d'une fois), le besoin moyen par hectare (divisé éventuellement
suivant les modes d'irrigation si les surfaces respectives sont connues), le rendement de
transport.

A dresser un état initial de ces variables, en moyenne pour chaque unité territoriale de
prospective (bassin, zone), en vérifiant si ces variables déterminantes sont bien cohérentes
avec les demandes actuelles estimées (ou si des écarts sont explicables).
A tenter la prospective d'évolutions respectives de ces variables, plus précisément de leur
valeur probable à un ou plusieurs horizons visés (en se basant autant que possible sur des
prévisions déjà faites : démographie urbaine et rurale, superficies irriguées, production
industrielle, production thermoélectrique), avec au moins deux hypothèses (haute, basse).
Enfin à calculer les besoins futurs projetés pour chaque scénario, aux horizons visés, en
distinguant les besoins d'approvisionnement en eau de chaque secteur et les "productions
d'eau" brutes (prélèvements) induits, compte tenu des rendements de transport et de •
distribution (y compris des pertes par évaporation des réservoirs), dans l'hypothèse où ces
besoins seraient à satisfaire uniquement par les ressources conventionnelles. Puis à procéder à
la sommation des besoins et "prélèvements théoriques" sectoriels.

Il est supposé, dans cette démarche, que les besoins des différents secteurs n'interfèrent pas et qu'ils
sont parfaitement additifs.

Aux projections de besoins d'approvisionnement en eau dont seront déduits en tout ou partie des
pronostics de prélèvements, il conviendrait en outre d'ajouter des projections de retours d'eau et par
conséquent des consommations finales rapportées aux ressources.

-42-
km 3 /an EGYPTE

100-

90-

80-

70-

50

40-

SOUDAN
30-

20-

MAROC
ALGERIE
10-
LIBYE
TUNISIE
MAURITANIE

1935 2000 2030

Fig. 13 : Projection des besoins en eau dans plusieurs pays arabes africains jusqu'à l'horizon 2030
{"projected water demands" basées sur les croissances démographiques moyennes naturelles,
d'après Shahin 1989 [82]).

-43-
Tableau 9 : Sélection de projections de besoins ou "demandes" en eau, sectoriels ou totaux, de
pays de la région de l'OSS., d'après des sources nationales ou internationales récentes
(chiffrés en knvVan).
Secteur Référence
Totalité des
Pays Horizon collectivités Secteur irrigation. (cf.
secteurs
(eau potable) bibliographie)
Algérie (avec industries)
2010 4,2 39
2025 4,8 (a)

2000 1,42 à 1,97 2,91 à 3,71 5,48 à 7,14 36


2010 2,0 à 3,26 3,74 à 5,11 7,11 à 10,24
2025 3,06 à 4,91 (b) 5,20 à 8,35 (b) 9,87 à 15,63 (b)

2030 8,7 à 12,7 (c) 82


Libye 2000 0,65 5,58 à 8,51 9,29 76
2010 1,02 6,58 à 11,98 13,24
2025 1,76 (d) 8,96(e)àl7,21(f) 19,53
2030 6,7 à 8,5 (c) 82
Maroc 2000 1,26 12,07 14,1 128,135
(a) 2010 1,59 15,26 18,2 99
2020 1,98 17 (g)(b) 21,0 (b)(g)

(c) 2030 12,4 à 14,9 82


Tunisie 2000 2,9 à 3,2 82
(c) 2030 5,5 à 6,4 . 82
Mauritanie 2000 2,16 à 2,4 82
(c) 2030 4,5 à 5
Niger (a) 2000 0,16 0,8 1 124,136
Sénégal (a) 2005 0,34 114
Tchad (a) 2000 0,1 0,05 0,22 7
Djibouti 2000 0,10à0,13 82
(c) 2030 0,21 à 0,35
Egypte 2000 5,5 59,9 69,4 3,4,99,134
(a) 2000 64,7 à 72,4 82

(d) 2025 9,6 à 14,6 43,5 à 49,7 53,4 à 64,6 5

(c) 2030 92,3 à 112,8 82


Ethiopie (h) 2000 0,8 3,48 5,185 125
Soudan 2000 21 à 22 (c) 82
2010 28 (i) 129
2030 32 (c) 82
Notes :
a - "Besoins en eau"
b - Résultats de modélisation des demandes sectorielles, suivant plusieurs scénarios, tendanciels ou plus ou moins volontaristes.
c - "Projected Demands" conçues dans le sens de besoins, suivant deux hypothèses de croissance démographique : "naturelle" ou "modifiée"
d - "Water demand"
e - "Water demand with lower limit in food production"
f - "Water requirements for 100 % self sufficiency in food production"
g - Allocation de ressources mobilisées
h - "Needs"
i - "Actual use"

-44-
Une démarche simplifiée de projection des demandes en eau globales dans chaque pays, pourrait se
baser sur les seules projections démographiques et sur l'hypothèse de constance des demandes par
habitant, ce qui privilégierait le facteur population de l'évolution des demandes. Cette hypothèse a sans
doute pour défaut de ne pas prendre en compte les croissances des demandes per capita socialement
souhaitables dans les pays les moins utilisateurs, qui sont les moins développés. Mais elle ne prend pas
non plus en compte les décroissances de ces demandes unitaires prévisibles en d'autres pays, où elles
sont déjà amorcées, sous l'effet de la rareté des ressources.

Cette démarche risque donc de conduire :

- à des projections sous-estimées dans les pays du Sahel et de la corne de l'Afrique à demandes par
habitant actuelles très faibles (cf. supra 2, tableau 6), encore que leurs difficultés économiques ne
garantissent pas partout la croissance, ni même le maintien, des quantités d'eau "consommées" par
habitant dans les grandes agglomérations, non plus qu'une expansion significative des irrigations.

- à des projections surestimées dans les pays du Nord (Maghreb, Egypte) où les demandes unitaires
actuelles sont élevées mais tendent déjà et tendront davantage à décroître, parce que les demandes
globales plafonneront à la hauteur des offres (cf. supra 2, Fig, 8);

Le tableau 10 présente les résultats de projections de demandes en eau à l'horizon 2025 selon cette
hypothèse : il faut n'y voir qu'un exercice théorique de prévision du poids des évolutions
démographiques sur les demandes en eau futures. On observe que suivant cette approche les demandes
s'élèveraient au total en 2025 à plus du double de leur volume actuel. Vraisemblablement, la croissance
un peu plus forte des demandes, supposable dans les pays du Sud (Sahel, Corne de l'Afrique), ne
compensera pas une croissance réelle plus lente des demandes des pays du Nord.

-45-
Tableau 10 : Projection des demandes en eau des pays de la région de l'OSS. à l'horizon 2025, en
fonction des croissances de population, en supposant les demandes actuelles par habitant
conservées, (cf. tableau 5, col. 5)

Population 2025 (projection Demande en eau globale


Pays moyenne des NU.) calculée
M hab. knrVan
Algérie 51,83 9,33
Libye 12,87 14,0
Maroc 47,48 21,6
Tunisie 13,42 4,9
£ Maghreb 125,60 49,83
Burkina Faso 22,63 0,45
Cap Vert 0,774 0,12
Gambie 1,87 0,06
Guinée Bissau 1,98 0,04
Mali 24,58 3,93
Mauritanie 4,99 4,32
Niger 21,29 0,92
Sénégal 17,08 3,42
Tchad 12,91 0,41
ZSahel 108,10 13,67
Djibouti 1,16 0,24
Egypte 93,54 106,7
Erythrée -»
130,67 6,27
Ethiopie /
Kenya 63,83 3,06
Ouganda 45,93 0,92
Somalie 23,40 3,91
Soudan 60,60 37,3
2 Bassin du Nil et Afrique de l'Est 419,1 158,4
Ensemble 652,8 222

-46-
Bien qu'encore trop macroscopique et agrégée, la prospective des demandes en eau des pays riverains de
la Méditerranée, aux horizons 2000 et 2025, a davantage procédé par secteur et tenu compte autant que
possible des effets limitants dus à la rareté des offres. Les résultats, calculés en 1988, pour les pays
africains concernés, sont présentés dans le tableau 11 et la figure 14.

Tableau 11 : Prospective des demandes en eau totales dans les pays africains riverains de la
Méditerranée, d'après les travaux du Plan Bleu (J. MARGAT -1988,1990).

Scénarios : T2 - Tendanciel aggravé (croissance faible ou nulle)


T3 - Tendanciel avec croissance affirmée
A - Alternatif (croissance et politique d'environnement plus volontaire et efficace)

Prélèvements* Consommations finales


knrVan knrVan
Pays Horizon
Scénarios Scénarios
T2 T3 A T2 T3 A
Egypte 2000 58 61,5 59,5 43,5 43,3 44,8
2025 62,5 71,0 69,0 41,5 46,6 51,7
Libye 2000 3,7 3,8 3,0 2,3 2,75 2,4
2025 4,0 4,3 3,2 2,4 2,9 2,5
Tunisie 2000 2,4 3,0 2,7 1,3 1,8 1,9
2025 2,8 3,6 3,0 1,8 2,3 2,3
Algérie 2000 4,0 6,2 5,8 2,0 3,2 3,7
2025 5,3 10,0 8,8 2,8 5,3 5,8
Maroc 2000 11,5 13,0 12,0 5,8 7,7 8,2
2025 13,0 15,0 14,0 7,8 9,0 10,4

* Dans l'hypothèse où la totalité des demandes serait à satisfaire par exploitation de ressources
conventionnelles, donc en intégrant les pertes de transport.

-47-
km3/an
75

50

25-

20-

15-

10-

5-

TUNISIE
1980-85 2000 2025

Figure 14 : Evolutions supputées des demandes en eau totales des pays africains riverains de la
Méditerranée déduites des scénarios du Plan Bleu (1990)

-48-
EGYPTE Sh

TUNISIE Sh

ALGERIE Sh

MAURITANIE Sh

SOUDAN Sh
SOMALIE Sh

1985 2000 2030

Figure 15 : Projection des ratios besoins en eau / ressources renouvelables naturelles


de plusieurs pays
(1) d'après les projections de Shahin (1989)
(2) d'après d'autres projections de sources nationales

-49-
Pressions prévisibles sur les ressources et conséquences

Cette prospective des besoins en eau vise en fait surtout à permettre de les comparer aux ressources
conventionnelles potentielles du territoire de référence, pour estimer à un ou plusieurs horizons visés les
rapports globaux entre les uns et les autres et les éventuelles ' tensions voire les inadéquations
conjecturables en quantité. Plusieurs situations se présentent :
(3) Tant que les besoins restent globalement faibles au regard des ressources naturelles -disons ne
dépassent pas un dixième de celles-ci- ils sont assimilés à des demandes à satisfaire totalement par
l'aménagement des eaux classique et des prélèvements.
(3) Si les besoins sont de l'ordre de plusieurs dixièmes et notamment s'ils dépassent la moitié des
ressources naturelles moyennes, des risques d'inadéquation (c'est-à-dire de pénurie) locale et/ou
conjoncturelle sont probables. L'aménagement des eaux et les prélèvements restent le principal
moyen de répondre à ces besoins encore identifiés en moyenne à des demandes, mais
l'accroissement du rapport besoins/ressources indique l'amplification des efforts requis, compte
tenu des rendements décroissants des équipements nécessaires - y compris des transferts d'eau entre
régions respectivement "excédentaires" et "déficitaires" à l'intérieur d'un pays, voire entre pays...
Aussi un début de disjonction entre besoins et demandes commence à se manifester au moins dans
certaines zones et en années sèches.
(3) Lorsque les besoins approchent et a fortiori dépassent les ressources naturelles, c'est-à-dire que des
inadéquations quantitatives (pénuries chroniques et structurelles) sont pronosticables à des
échéances plus ou moins rapprochées (en sus des cas où elles existent dès à présent), il n'est plus
question de les couvrir seulement par l'exploitation des ressources conventionnelles, donc d'en
déduire directement des prélèvements, ni de les identifier à des demandes futures. La prospective
des besoins vise alors seulement à démontrer les nécessités de développer des offres nouvelles
(transferts à grandes distances, "ressources non conventionnelles"), mais aussi à indiquer les
opportunités d'adapter les demandes.

Les ratios besoins/ressources ou consommations finales/ressources dont les croissances peuvent être
déduites de ces projections de besoins, ont de moins en moins le sens d'indices prévisionnels
d'exploitation ou de consommation finale à mesure qu'ils grandissent (les identifier reviendrait à
supposer implicitement que ces besoins soient incompressibles et qu'ils doivent être satisfaits en totalité
par les ressources conventionnelles renouvelables, alors que ce n'est déjà plus le cas actuellement dans
plusieurs pays, on l'a vu). La prospective de ces indices (exemple : Fig. 15) n'a donc qu'un sens
exploratoire et vise seulement à faciliter des diagnostics et à éclairer des choix de politique de l'eau à
engager à présent.

Dans cette optique, les projections de besoins en eau opérées par pays, comparées aux ressources
potentielles et renouvelables, peuvent donner lieu à une double interprétation prospective :
• estimation des ratios besoins/ressources probables à des horizons donnés, par exemple 2010 et
2025,
• pronostics des échéances auxquelles les ratios besoins/ressources pourraient dépasser des valeurs
significatives telles que 50 et 100% (lorsque ces valeurs ne sont pas encore atteintes actuellement).

Le tableau 12 présente ces résultats, auxquels il convient de n'accorder qu'une valeur exploratoire et
indicative.

-50-
Tableau 12 : Essai de prospective des ratios besoins "/ressources** dans les pays les plus menacés
par des pénuries d'eau structurelles

Ratios besoins/ressources probables Echéances auxquelles les ratios


besoins/ressources pourraient
Pays (en %) aux horizons :
atteindre et dépasser :
2010 2025 50% 100%
Algérie 60 80 2005 2035-2040
Libye 1900 2800 > actuellement
Maroc 60 75 2005 2035-2040
Tunisie 90 120 > actuellement 2015-2020
Mauritanie 40 60 2015 _

Egypte 110-120 160-190 > actuellement -


92-110***
Somalie 30 40 2030-2040 -
Soudan 40 100 2025-2030

* D'après des sources nationales (cf. Tableau 9) ou les données présentées par SHAHIN 1989 [82]
** Ressources potentielles renouvelables indiquées au tableau 2.
*** D'après ABU-ZEID 1992 [5]

L'évolution future des ratios besoins/ressources, plus ou moins convertis en ratio demandes/ressources,
est naturellement très liée à celle des ressources en eau (naturelles et renouvelables) par habitant,
comme sont déjà liés ces deux indicateurs dans leurs états présents : les ratios qui traduisent
globalement la pression sur les ressources sont et seront d'autant plus élevés que les ressources par
habitant sont et seront faibles (Fig. 16) : au dessous du seuil de 500 nWan par habitant de ressource
évoqué plus haut (chap. 1), les "indices d'exploitation" augmentent sensiblement et d'autant plus que les
irrigations sont développées, en approchant ou dépassant 50 %.

En pratique, la prospective des demandes en eau et de leurs conséquences doit prendre en compte non
seulement leS besoins théoriques projetés mais les interactions offre/demande, notamment les réactions
et adaptations des demandes à des offres modifiées par la raréfaction des disponibilités naturelles et par
la croissance des coûts de production d'eau et/ou d'approvisionnement (transport), pour réaliser les
adéquations. Les demandes en eau sont alors moins à prévoir ou à projeter qu'à planifier : elles
deviennent l'objet d'une gestion prévisionnelle autant que les ressources, et conjuguée avec la
planification des offres conventionnelles ou non.

-51 -
Ressources naturelles renouvelables par habitant
m3/ an ,cao

10*-

10*-
• en 1990
O projection 2025

0,1
Ratio--demandes en eau / Q Ressources naturelles renouvelables

Fig. 16 : Relations entre les ressources naturelles renouvelables par habitant et les ratios
demandes en eau / ressources des pays de la région de l'OSS, actuellement et en 2025.

Dans cette prospective conjointe des demandes et des offres, l'allocation prévisionnelle et programmée
des ressources tend à supplanter la projection des demandes dérivée de celle des besoins et elle équivaut
bien à une planification des demandes (par exemple : en Egypte, au Maroc, en Tunisie.) Dans cette
optique les différents secteurs d'utilisation ne font pas l'objet de la même approche :
• pour l'alimentation en eau potable des collectivités, prioritaire et relativement moins flexible
(malgré des projets d'économie d'eau), la projection des demandes l'emporte et la planification vise
à y ajuster l'offre ;
• tandis que pour l'irrigation c'est,' à l'inverse, de l'allocation du "reliquat" de ressource que la
demande est déduite et devra donc se plier à l'offre (par exemple en Algérie, en Egypte...). Ainsi
dans la plupart des pays on prévoit une diminution des parts relatives des "demandes" en eau de
l'irrigation (en fait des allocations de ressource à ce secteur) par rapport aux demandes en eau
totales (exemple : Fig. 17)

-52-
100

MAROC

LIBYE

EGYPTE

50-

1980 1990 2000 2010 2020 2025

Fig. 17 : Projections des proportions des demandes en eau d'irrigation sur les demandes en eau
totales (ou des parts de ressources en eau mobilisées allouées à l'irrigation) en plusieurs pays.
Références : Algérie* [19], Egypte [5], Libye** [76], Maroc [128], Ethiopie [125]
* selon scénarios en 2025
** suivant "Lower limit of Food production"

Dans les pays à irrigation très développée du Nord et du bassin du Nil, les degrés d'autosuffisance
alimentaire visés par les politiques socio-économiques ont naturellement une forte incidence sur les
demandes en eau d'irrigation projetées, mais réciproquement les allocations de ressource possibles pour
l'agriculture irriguée imposent une forte contrainte au choix de ces degrés d'autosuffisance. Par exemple
en Libye on comparera deux projections de demandes en eau d'irrigation jusqu'en 2025 suivant deux
hypothèses (d'après O. SALEM 1992) :

Demandes en eau d'irrigation en km3/an


Horizon avec "lower limit offood "For 100% self-sufficiency in
production" food production"
1990 4,27 5,81
2000 4,80 8,51
2010 5,32 11,98
2020 5,85 15,69
2025 6,64 17,21

On voit, dans cet exemple, que la proportion de la production alimentaire possible dans l'hypothèse de
croissance minimale des irrigations, s'abaisserait progressivement de 73% (en 1990) à 39% (en 2025)
de l'objectif d'autosuffisance, même en tenant compte de progrès d'efficience d'irrigation.

-53-
En conséquence, les incidences de l'évolution -de la croissance- des quantités d'eau utilisées sur les
ressources, ne sont pas directement déductibles de l'évolution des demandes projetées, mais seulement de
la part de ces demandes qui sera (et qui pourra) être couverte par l'exploitation des ressources
naturelles. La prospective des demandes et des offres d'eau devra de plus en plus être intégrée et faire
l'objet d'une modélisation commune dans les pays de la région confrontés à une raréfaction grandissante
des disponibilités en eau, aussi bien que dans les pays non démunis en ressource en eau mais que la
pauvreté rend difficilement capables d'assumer les charges économiques d'une approche par l'offre sans
restriction pour satisfaire les "besoins".

***

Comparer les demandes en eau projetées aux seules ressources moyennes et supposées stables réduit
évidemment la signification des essais de prospective des pressions sur les ressources qui précèdent. Il
faudrait prendre en compte la variabilité et la possible instabilité des ressources.

• La croissance de la proportion exploitée des ressources naturelles moyennes rend les


approvisionnements en eau de plus en plus sensibles aux défaillances, aux sécheresses. De plus
l'évolution de la structure des utilisations amplifie aussi cette sensibilité.

La sécheresse et ses incidences sur les ressources en eau renouvelables est un phénomène naturel et
conjoncturel dont la probabilité d'occurrence dépend seulement du type de climat.
Les conséquences des sécheresses sur la vie des hommes sont par contre largement dépendantes des
types d'utilisation d'eau et de leur sensibilité aux défaillances. Dans les zones à climat aride et semi-
aride de la région la sensibilité aux sécheresses s'est aggravée à l'époque contemporaine et devrait être
grandissante à l'avenir, du fait :

- de la croissance démographique,
- de la récession du nomadisme,
- de l'urbanisation,

qui augmentent l'inadaptation des modes de vie à la variabilité des ressources en eau et amplifient les
désirs de sécurité d'approvisionnement en eau.

• Les ressources en eau du XXIè siècle seront-elles celles d'aujourd'hui ?

Sans développer ici la question, qui commence à être largement médiatisée, du risque d'appauvrissement
des ressources en eau renouvelables (en quantité), sous l'effet du problématique changement de climat
dû à l'effet de serre" additionnel au cours du XXIè siècle, on ne peut exclure cette hypothèse dans une
partie de la région, notamment au Maghreb et au Sahel. Un affaiblissement et une irrégularité accrue
des précipitations y sont pronostiqués par différents modèles. Mais les "prévisions" à ce sujet -leur
amplitude comme leur échéance- sont encore affectées d'énormes incertitudes (encadré 5).

-54-
Encadré 5

Sécheresses et changement de climat :


en sus de leur inconstance et de leur fragilité présentes, les ressources en eau de la région de
l'OSS. sont-elles en voie d'appauvrissement ?

Les sécheresses prolongées et accentuées survenues au cours des deux dernières décennies sont-elles
déjà les prémices d'un changement de climat imputable à l'effet de serre additionnel ? Le rapprochement
entre la réalité des unes et les inquiétudes compréhensibles engendrées par les interrogations sur l'autre
est certes légitime... Pourtant il n'est pas à l'abri de quelques confusions. Il convient de ne pas
confondre sécheresse (conjoncture) et aridité (type de géographie climatique), ni les alternances
historiques de périodes humides et sèches internes au climat présent avec les variations de climat
préhistoriques réelles, à une autre échelle de temps. Il y a déjà eu des périodes de sécheresse au cours
des temps historiques, mais elles furent moins connues (faute de météorologie) et moins ébruitées (faute
de médias) et surtout leurs conséquences sur la vie humaine furent moindres (du fait de populations
plus faibles, moins croissantes et mieux adaptées aux aléas climatiques).

Rien ne permet d'affirmer que l'effet de serre additionnel sur le climat moyen se fait déjà ressentir,
même si quelques recherches récentes sur de longs historiques pluviométriques (Mauritanie, Demarée
1990) ou hydrologiques (Niger, Sénégal, Hubert et al. 1993 [42 bisl ; Olivry 1993 [65 bis]), ont pu
déceler des non-stationnarités dans l'évolution de ces variables, c'est-à-dire des ruptures de tendance
relativement synchrones mais en alternance. Il est vrai toutefois que la tendance déficitaire qui persiste
notamment en Afrique tropicale depuis deux décennies, avec des sécheresses plus marquées au début
des années 70 et en 1983-84, n'a pas de précédent, ni en ampleur ni en durée, dans les chroniques
hydroclimatiques connues depuis un siècle. Ces analyses invitent à tout le moins à réviser en baisse les
estimations de ressource (débits moyens, médians...) basées sur des historiques antérieurs à plus fortes
composantes d'années humides, en tenant compte d'historiques plus actualisés et de ces changements de
tendance à moyen terme. Ces révisions traduisent toutefois une meilleure connaissance des ressources
plutôt que leur transformation. Le suivi des variables hydroclimatiques avec vigilance reste en tout cas,
à long terme, une nécessité primordiale.

***

-55-
4 - LA GESTION DE L'EAU : PROBLEMES ET SOLUTIONS

Dans une grande partie de la région de l'OSS., les tensions à venir et les inadéquations grandissantes
entre les besoins en eau croissants et des ressources conventionnelles limitées seront génératrices de
problèmes aggravés et de conflits d'usage que la gestion des eaux aura pour objectif de résoudre. On
passera d'abord en revue les principaux types de conflit, de natures variées, qui risquent de se
développer, puis les divers moyens d'action et instruments techniques appropriés avant d'évoquer les
voies et les modalités de la gestion conjuguée des offres et des demandes en eau dans les différentes
conditions de la Région.

4.1. LES CONFLITS PRESENTS A REGLER OU FUTURS A PREVENIR

• Les plus classiques et les plus répandus sont les conflits d'usage -c'est-à-dire entre usagers- qui
naissent de l'intensification d'exploitation de systèmes de ressource définis, superficiels ou
souterrains. Bien avant d'atteindre la mobilisation maximale possible des ressources en eau
renouvelables, voire de s'engager dans une "surexploitation" dans le cas d'aquifère, l'intensification
des prélèvements abaisse les rendements et accroît les coûts de production, ce qui crée des
concurrences et des tensions entre anciens et nouveaux utilisateurs, que leurs objectifs soient
similaires ou a fortiori qu'ils diffèrent, surtout lorsque les moyens économiques des uns et des
autres sont inégaux. Ces conflits d'usage ne traduisent pas seulement des concurrences pour le
partage de ressource en eau rare, mais aussi des compétitions pour l'accès aux ressources les moins
coûteuses, les plus facilement mobilisables et celles qui offrent le plus de sécurité (les ressources en
eau internes, permanentes, de bonne qualité).
Ces conflits s'exacerbent naturellement en temps de sécheresse qui accentue la rareté de l'eau dans
les régions à ressource en eau renouvelable prédominante et où la croissance démographique et
l'évolution des modes de vie amplifie la sensibilité aux sécheresses.
Plus généralement il s'agira d'une compétition entre l'utilisation des ressources en eau naturelles et
le recours aux ressources non conventionnelles plus coûteuses.
• Les conflits d'usage prennent parfois la forme de concurrence entre des modalités de mobilisation
de l'eau qui interfèrent bien que cela ne soit pas perceptible immédiatement, notamment entre
l'exploitation d'eau souterraine et d'eau de surface interdépendantes dans un même bassin : des
prélèvements intensifs d'eau souterraine peuvent réduire ou tarir des sources ou des écoulements
d'eau de surface pérennes ; réciproquement des barrages de régulation d'eau de surface peuvent
affaiblir ou supprimer l'alimentation de nappes souterraines par les crues. Les deux cas sont
survenus au Maghreb par exemple.
• Une autre forme de conflit tient aux difficultés de coexistence entre les modes traditionnels et les
procédés modernes d'exploitation, par exemple entre l'exploitation d'une nappe souterraine par
galeries captantes à potentiel imposé (Foggaras du Maghreb) et l'exploitation par pompage qui
entraîne de forts rabattements : le développement des procédés plus productifs permet d'accroître
les volumes d'eau mobilisés globalement et d'améliorer l'adaptation des productions d'eau aux
demandes, mais il n'est pas compatible avec la conservation des modes anciens dans un même
système naturel de ressource, et cela peut opposer différentes catégories d'usagers. Ce problème se
pose partout où fonctionnent encore ces modes d'exploitation gravitaires traditionnels (Oasis
d'Egypte et de Libye, Maghreb et Sahara).

-56-
TF

0*

Fig. 18 : Systèmes de ressource en eau communs à plusieurs pays dans la région de l'OSS.

a - Bassins fluviaux transfrontieres : 1-Nil. 2-Niger. 3-Sénégal. 4-Gambie 5-Volta. 6-Chari. 7-Guir-
Saoura. 8-Mejerdah. 9-Juba-Shebelle.

b - Systèmes aquifères transfrontières : 1-Bassin de Nubie. 2-Sahara Septentrional. 3-Bassin


Sénégalo-Mauritanien. 4-Bassin de Taoudeni. 5-Bassin de Mourzouk-Djado. 6-Bassin Irhazer-
lullemeden. 7-Bassin du Tchad. 8-Bassin d'Errachidia.

-57-
A l'échelle des bassins hydrographiques des antagonismes peuvent survenir entre les collectivités de
l'amont et de l'aval : c'est souvent en amont que se situent les aménagements et en aval que l'on
utilise l'eau -ou que l'on crée plus de sécurité-. Les collectivités d'amont peuvent souhaiter valoriser
des rentes de situation et prendre part indirectement aux bénéfices de l'aménagement. Cette
question se pose d'abord dans le cadre national dans les pays à ressources en eau renouvelables
intérieures prédominantes (type 1 du chap. 1) ; elle prend évidemment plus d'ampleur et une
dimension géopolitique dans le cas de bassins transfrontières, notamment dans les pays à ressource
externe prédominante où le problème de partage de ressource se pose avec acuité (type 2 du chap.
1) : ces cas sont relativement rares au Maghreb (Guir entre Algérie et Maroc, Medjerdah entre
Algérie et Tunisie), tandis qu'ils sont majeurs au Sahel et dans le bassin du Nil (Fig. 7, 18a), où ils
.sont trop connus pour être évoqués ici.
Les grands systèmes aquifères des bassins sédimentaires pluri-nationaux (Fig. 18b) peuvent aussi
donner lieu à des conflits qui restent toutefois actuellement potentiels. Dans ce cas l'objet du
partage à régler est plus complexe qu'un écoulement : il s'agit de répartir équitablement les
influences, notamment dans les plans d'exploitation de ressources non renouvelables.
Plus largement, tout en restant dans des cadres nationaux, des conflits entre provinces ou régions
peuvent contrarier des projets de transferts d'eau qui visent à réaliser une certaine péréquation entre
régions ou bassins respectivement "excédentaires" et "déficitaires" à présent et à moyen terme et
qui sont déjà engagés ou projetés au Maghreb, en Libye, en Egypte... : jusqu'à quel point le
transfert d'eau doit-il l'emporter sur des déplacements d'activité ? Comment comparer les avantages
de transferts d'eau à court terme pour la région receveuse et ceux d'une conservation de ressource
pour une valorisation différée mais supputée plus grande à long terme pour la région émettrice ?
Comment répartir les avantages du transfert : quel bénéfice ou quelle compensation faut-il accorder
à la région "exportatrice" ?
Une autre sorte de conflit peut prendre un caractère înter-générationnel dans les cas particuliers de
gestion de ressources non renouvelables (exploitation "minière" d'eau souterraine) développée
notamment en Algérie, Tunisie et surtout en Libye : entre une mise en valeur plus intensive et plus
assurée à court terme et un développement plus modéré et plus durable, mais dans un contexte
socio-économique plus incertain à long terme. C'est le problème classique de répartition d'une rente
minière dans un "avenir incertain". Cela revient aussi à étendre dans le temps le conflit entre
l'utilisation des ressources naturelles, accaparées par la génération présente, et le recours aux
ressources non conventionnelles laissées à la charge des générations futures.
Les conflits inter-sectoriels peuvent s'élargir à l'échelle régionale ou nationale. Le plus important
est la rivalité entre le secteur de l'agriculture irriguée et celui de l'alimentation des collectivités
urbaines, le second étant généralement prioritaire et sa capacité économique supérieure.
Accessoirement des concurrences peuvent aussi opposer l'industrie et l'agriculture, ou parfois la
production hydroélectrique et l'agriculture. Dans ce dernier cas le conflit est surtout conjoncturel et
il est exacerbé en saison ou année de sécheresse. On a remarqué que les objectifs de production
hydroélectrique, qui ont motivé en priorité les équipements hydrauliques de première génération, au
Maghreb comme en Egypte, sont passés ensuite au second rang, après l'irrigation, dans les buts des
aménagements plus récents. Cependant la faible valeur ajoutée par les utilisations agricoles de l'eau
les handicapera à l'avenir, par rapport aux utilisations urbaines et industrielles.
Aux conflits d'usage proprement dit s'ajoutent les tensions entre utilisateurs d'eau et agents sujets
aux effets externes des utilisations : le cas le plus répandu est celui des pollutions par les retours
d'eau usée dans les systèmes fluviaux, qui constituent encore une forme de conflit amont/aval, y
compris naturellement dans les bassins transfrontières où ils prennent une dimension internationale.
Cela pose le problème de répartition des charges respectives d'épuration en amont ou de traitement
de potabilisation en aval, entre les collectivités concernées.

-58-
Plus largement, lorsque le taux d'exploitation des ressources en eau naturelles est très élevé, la
protection de leurs qualités devient une nécessité accrue et généralisée. Cela impose des contraintes
et des charges croissantes à de nombreux agents occupants du sol, tels que les agriculteurs, en vue
de réduire ou neutraliser les impacts de leurs activités, mais que ceux-ci supportent difficilement.
Il s'agit alors de conflit entre les objectifs de sécurité d'approvisionnement en eau, notamment en
qualité, et des objectifs de développement socio-économique, que la raréfaction des disponibilités
en eau rend mal compatibles.
Au plan économique se pose la question générale de répartition des coûts, entre usagers
bénéficiaires d'une part, pouvoirs publics et collectivités d'autre part, qu'il s'agisse de
l'aménagement des eaux, des productions et des approvisionnements en eau, ou de l'assainissement,
des opérations d'épuration ou de protection des eaux. Les poids relatifs donnés au service public ou
aux mécanismes de marché ne sont pas sans effets sur l'évolution des demandes.
Enfin, au niveau de l'orientation de la politique de l'eau de chaque pays, une certaine compétition
s'instaure entre les voies et moyens propres à assurer l'adéquation offre/demande en eau : entre
l'approche par l'offre (aménagement, production) qui a le plus la faveur des techniciens de
l'équipement, et l'approche par la demande moins coûteuse mais qui relève davantage de mesures
socio-économiques aux efficacités moins assurées et plus différées.

La combinaison des différents types et ordres de grandeur de ressources en eau (revus au chap. 1) et des
différents degrés de tension présents ou projetés entre demandes et ressources (notés au chap. 2)
détermine une géographie de problèmes et de conflits assez contrastée, dans la Région de l'OSS. (cf.
Tableau 13). Les voies et moyens de gestion de l'eau pour résoudre ces problèmes sont donc également
diversifiés et spécifiques à chaque pays.

-59-
Tableau 13 : Problèmes d'eau et conflits majeurs zonaux
dans la Région de l'OSS.

Sous-régions suivant les types de


ressource en eau prédominantes Problèmes et conflits majeurs spécifiques.
(cf. Fig. 4)
Ressources renouvelables intérieures Conflits d'usage amont/aval.
prédominantes Conflits dus aux interférences entre utilisations des eaux
souterraines et superficielles, ou entre techniques traditionnelles
et modernes d'exploitation.
Déséquilibres et compétitions entre régions : problèmes de
transferts.

Compétition entre parachèvement de l'aménagement


hydraulique conventionnel, à coût et impacts environnementaux
croissants, et le recours aux ressources non conventionnelles.

Ressource fluviale d'origine externe Conflits d'usage amont/aval (quantité et qualité), notamment
prédominante dans le cas d'aménagements mobilisateurs de ressource par
réduction de pertes par évaporation, conflits entre bénéficiaires
d'aval et sujets aux impacts de ces aménagements en amont.
Conflits entre modes traditionnels d'usage de l'eau (irrigation ..)
et nécessités d'économie d'eau (liés aux conflits intcrsectoriels).
Contraintes géopolitiques et rivalités.

Ressources non renouvelables Conflits entre objectifs de développement à court et à long


prédominantes terme (pouvant correspondre à des conflits entre usages
inégalement "valorisants").
Compétition entre utilisation des ressources non renouvelables
et recours aux ressources non conventionnelles.
Compétitions entre régions et problèmes de transferts.

4.2. LES SOLUTIONS TECHNIQUES

Pour résoudre les problèmes présents ou en perspective, un éventail de moyens techniques très variés est
disponible, moyens d'action sur l'offre aussi bien que sur les utilisations, qui sont tous déjà mis en
oeuvre mais avec des ampleurs très inégales suivant les pays aux conditions desquels ils sont
diversement adaptés. Ces moyens sont assez connus pour qu'il suffise ici de les rappeler succinctement :

Du côté de l'offre
• Les aménagements hydrauliques classiques de régulation d'eaux superficielles ont une expansion
encore possible dans les pays à ressource en eau renouvelable prédominante, interne ou externe,
(fig. 4), où elle risque néanmoins d'être freinée par le rendement décroissant des ouvrages
constructibles et handicapée par l'envasement des réservoirs qui écourte leur durée de vie. Aux
efforts d'équipement s'ajoutent :
- les progrès des techniques de gestion des réservoirs en temps réel, assistés par l'amélioration des
prévisions hydrométéorologiques ;
- les progrès et l'application plus étendue des techniques de traitement anti-érosion des bassins
versants, qui atténuent la sédimentation et qui, jointes aux opérations de "dévasement"
(notamment par des méthodes dynamiques), contribuent à prolonger les durées de vie des
réservoirs.

-60-
A côté des grands équipements, la "petite hydraulique" peut encore contribuer largement à
amplifier la maîtrise des eaux. Adaptées depuis longtemps à des conditions socio-économiques
relativement stables et en équilibre avec les conditions naturelles, diverses techniques
"traditionnelles" de maîtrise et d'exploitation des eaux (collecte directe de l'eau de pluie, contrôle du
ruissellement local, petites retenues, citernes, galeries drainantes, ...) -cf. l'ouvrage "Traditional
Water System", UNESCO - ACSAD, 1986 [94]- pourraient bénéficier de perfectionnements
modernes facilitant leur mise en oeuvre et améliorant leur efficacité, en conservant les avantages de
ces "micro-aménagements" multipliables sans nécessité d'organisation centralisée. Citons, par
exemple, les réhabilitations engagées en Tunisie (EL AMAMI 1988).
Plus généralement, les techniques et les efforts de conservation des sols et des couvertures
végétales, qui s'inscrivent dans les actions de "lutte contre la désertification" contribuent à
conserver le régime des eaux donc la reproductibilité des ressources renouvelables, et tout
particulièrement leur composante régulière.
Bien que l'exploitation des eaux souterraines soit déjà souvent intensive et parfois excessive dans
certains cas, des potentialités appréciables subsistent en divers pays. Des productions intensifiées
sont possibles, réglées par des modèles de gestion, dans le cas de systèmes aquifères étendus, et
contrôlées.
Une maîtrise des eaux plus complète passera souvent par une gestion plus intégrée des eaux
superficielles et souterraines, amplifiant à la fois les opérations de recharge artificielle des
aquifères et des exploitations plus actives et modulées des capacités régulatrices de ces réservoirs,
notamment pour soutenir le débit d'étiage de cours d'eau. Dans ce cadre des actions sur les sources,
plus amples que leur simple dérivation -relèvement de niveau temporaire, pompage régulateur-
peuvent jouer un rôle appréciable (J. MARGAT 1981).

Les capacités d'accumulation régulatrice d'aquifères alluviaux peuvent aussi être augmentées par la
technique des barrages souterrains : il en a été réalisé au Maghreb par exemple et une prospection
systématique des sites favorables serait sans doute profitable dans d'autres pays.
Dans les pays à ressource fluviale externe dominante (bassins du Nil et du Niger), des
aménagements réduisant des pertes par évaporation de plans d'eau naturels, tels que le projet
engagé au Soudan (Canal de Jonglei), sont un moyen d'accroître les ressources renouvelables
appelé à prendre de l'ampleur, mais dont les impacts environnementaux ne peuvent être négligés,
donc doivent être atténués et compensés.
Les transferts d'eau à longue distance, dont les techniques sont parfaitement maîtrisées, sont
engagés ou projetés dans plusieurs pays de la Région (Maghreb, Libye, Egypte, Sénégal), malgré
des coûts énergétiques de fonctionnement généralement élevés. Ce moyen de compenser des
déséquilibres entre régions -voire entre pays si un commerce international de l'eau prenait corps-
peut soulever néanmoins des problèmes socio-économiques et il doit s'inscrire dans une
planification à long terme indissociable de l'aménagement du territoire.
L'exploitation des ressources non renouvelables offertes par les grands réservoirs aquifères
sédimentaires, bien qu'elle ne soit pas durable, est appelée à s'amplifier dans les pays où elle est
déjà le plus engagée, notamment en Libye où elle pourrait couvrir jusqu'à 95 % des demandes en
eau totales en 2025, dans l'hypothèse de croissance de ces demandes la plus forte [76]. Cette
exploitation visant surtout à retarder le plus possible le recours aux ressources "non
conventionnelles" plus coûteuses, cela implique que son volume et sa durée soient fixés avec
cohérence et inscrits dans un plan à long terme.
La production industrielle d'eau douce par dessalement d'eau de mer ou d'eau saumâtre est amorcée
dans plusieurs pays du Nord, à une échelle encore expérimentale en ne contribuant que faiblement
aux approvisionnements, surtout pour résoudre des cas particuliers. Du fait de ses coûts, c'est la
solution du dernier recours, néanmoins elle pourrait prendre à l'avenir plus d'ampleur dans les pays
à pénurie d'eau douce croissante.

-61-
• Enfin la régénération d'eau usée, ajustée à des réutilisations spécifiées, se développe à son tour,
servie par les perfectionnements des techniques d'épuration et associée aux progrès de
l'assainissement des grandes agglomérations. Dans plusieurs pays la "production d'eau usée", en
croissance, excède dès à présent (Libye) ou est appelée à dépasser dans un avenir prévisible
(Egypte, Tunisie...) les reliquats disponibles de ressources naturelles renouvelables, donc a fortiori
leur part exploitable.

Du côté de l'utilisation et de la demande


• Les techniques de réduction des pertes de stockage et de transport ont un large champ
d'application, on l'a signalé (chap. 2), en particulier pour améliorer le rendement des réseaux de
distribution d'eau potable et d'eau d'irrigation. Ajoutées aux efforts de réduction des fuites des
usagers domestiques et industriels, une compensation de la croissance des demandes
d'approvisionnement urbaines supputées pendant une ou plusieurs décennies peut en être attendue.
• Les techniques modernes d'asservissement des fournitures d'eau aux demandes dans les réseaux
d'irrigation, grâce aux progrès de l'automation et des télécommandes, peuvent aussi contribuer
beaucoup à réduire les prises en tête de réseau.
• Des économies d'eau très appréciables peuvent être escomptées des gains d'efficience tant des
usages industriels (progrès du recyclage) que de l'irrigation (développement de l'aspersion et
surtout de la micro-irrigation), ce qui rend très rentable l'assistance technique et les incitations
financières aux usagers à cette fin.
• Plus généralement le développement d'un comportement économe des usagers relève de techniques
combinées d'éducation, d'information et d'incitations, notamment par les instruments tarifaires
lorsque l'eau est marchande.
• La généralisation de l'assainissement des agglomérations et l'amélioration des rendements des
collectes et des traitements d'épuration contribuent aussi à réduire la pression qualitative sur les
ressources lorsque les eaux usées sont retournées au milieu naturel.
• Le développement de la réutilisation d'eaux usées déconnecte certains usages des prises directes sur
la ressource en substituant à celles-ci une ressource "secondaire", ce qui revient à brancher
plusieurs utilisations en séquence sur un même prélèvement et à amplifier le taux d'utilisation
global de celui-ci. La réutilisation peut notamment contribuer à atténuer la compétition entre les
demandes en eau agricoles et urbaines ; elle peut aussi améliorer la rentabilité d'une production
d'eau primaire ou d'un transport coûteux, en permettant de l'utiliser plusieurs fois. Cette
réutilisation pose néanmoins des problèmes sanitaires et sa faisabilité est subordonnée à une
répartition équitable des charges de traitement entre les usagers primaires (producteurs d'eau usée)
et secondaires (réutilisateurs).
La réutilisation d'eau de drainage, déjà très développée en Egypte (EL GINDY 1986, AMER 1992)
et d'application plus simple, joue un rôle similaire, et c'est un moyen indirect d'améliorer l'efficience
globale de l'usage de l'eau dans un périmètre d'irrigation, qui peut entrer en compétition avec les
améliorations des procédés d'irrigation.
• Enfin les usages d'eau de mer ou d'eau saumâtre en substitut à l'eau douce, pour le refroidissement
industriel (centrales thermo-électriques notamment), ou en mélange avec des eaux douces, sont déjà
largement développés et peuvent encore progresser. En particulier l'irrigation par des eaux
saumâtres, expérimentée depuis 1970 en Tunisie (projet CRUESI, UNESCO) est praticable dans
des conditions bien définies.

-62-
C'est dans les pays les plus en situation de pénurie présente ou prévisible dans un avenir prochain, que
tous ces moyens d'action peuvent le plus être mis en compétition et qu'il convient le plus de conjuguer
leurs aptitudes, encore qu'inégalement suivant les pays. Ils diffèrent toutefois fortement par leur nature
et les conditions de leur mise ne oeuvre : ordres de grandeur des quantités d'eau produite ou économisée
par ouvrage ou unité d'opération, coûts unitaires, rapports investissement/charges de fonctionnement,
divisibilité et possibilité d'échelonnement des investissements, conditions de répartition des charges entre
collectivité publique (état) et bénéficiaires, contraintes de localisation et charges foncières, durée de
réalisation, temps de réponse, durée de vie, coût énergétique, aléas de rendement, impacts sur
l'environnement, acteurs sociaux impliqués et maîtres d'ouvrages appropriés, etc. Aussi est-il difficile
d'évaluer leur faisabilité et leurs rapports coût/avantages suivant des critères uniformes et une échelle de
valeur commune.

Cette diversité ne facilite pas l'intégration de l'ensemble de ces moyens dans les plans ou schémas
directeurs d'aménagement des eaux qui privilégient encore souvent l'approche par l'offre. Toutefois
l'applicabilité et l'étendue du rôle possible de chaque technique dépendent beaucoup des conditions
spécifiques, du contexte physique et socio-économique de chaque pays.

-63-
4.3. LA GESTION INTEGREE DE LfEAU

Satisfaire les différentes demandes en eau dans des conditions supportables par les agents économiques
et par le milieu naturel -c'est-à-dire sans détériorer l'environnement- et dans la perspective d'un
développement durable, impose particulièrement dans la Région de l'OSS. une gestion intégrée de
l'eau, suivant une formule consacrée par les instances internationales^. Cette intégration de la gestion de
l'eau est à concevoir et à mettre en oeuvre à plusieurs niveaux de plus en plus larges :
• gestion intégrée des ressources : eaux superficielles et souterraines, quantité et qualités, amont et
aval des bassins ;
• intégration de l'aménagement des ressources et de l'assainissement-épuration ;
• gestion intégrée des offres : ressources naturelles renouvelables, ressources non renouvelables,
ressources non conventionnelles ;
• gestion intégrée des offres (ressources) et des utilisations qui implique une gestion multisectorielle
de celles-ci (y compris les utilisations in situ, et la gestion des milieux aquatiques).

A mesure que s'élève le niveau et que s'élargit le champs d'intégration, un système socio-économique de
plus en plus complexe et une variété d'agents croissante sont impliqués, en débordant du champ de la
seule économie de l'eau. La gestion intégrée de l'eau est indissociable de la gestion de l'occupation du
sol, de l'aménagement du territoire et de la politique agricole.

Voies et moyens de la gestion intégrée

L'intégration de la gestion de l'eau et la résolution des conflits peuvent être généralement obtenues par là
combinaison de moyens institutionnels, techniques, et économiques et financiers.

Moyens institutionnels
• Adaptation du droit et des législations de l'eau fondant les pouvoirs d'intervention et d'arbitrage de
la puissance publique (par la réglementation des actes d'aménagement et d'exploitation des
ressources comme celle des utilisations, par les incitations financières). Le statut de bien commun
(ou la domanialité publique) des ressources en eau, inscrit dans la plupart des législations, doit être
concilié avec la sauvegarde des droits d'eau et l'appropriation privée de certaines ressources. La
définition légale de la hiérarchie des utilisations de l'eau (en Algérie et Tunisie par exemple) fonde
des différenciations tarifaires suivant les secteurs.
• Institution d'organes ou d'autorités de coordination intersectorielle au niveau gouvernemental
(Conseil national ou supérieur de l'eau...) ou des collectivités territoriales, notamment de bassin. Le
bassin hydrographique, ou parfois le système aquifère, sont l'unité de gestion physique la plus
pertinente et il convient de leur faire correspondre le mieux possible le champ de compétence d'une
autorité de gestion.

2
Notamment : Déclaration de la Conférence Internationale sur l'eau et l'environnement, Dublin,
Janvier 1992.

-64-
Il est souhaitable que ces organes ne soient pas seulement consultatifs mais soient dotés de pouvoir
de décision, et que ces fonctions de coordination soient défîmes à un niveau interministériel phnui
qu'attribuées à une administration à compétence sectorielle. Cette coordination peut être limitée aux
investissements publics, notamment dans le cadre de la planification pluriannuellc des équipements
(Schémas directeurs...), ou s'étendre aux actes d'autres agents économiques semi-publics ou prives,
par le biais des interventions publiques réglementaires ou financières (autorisations, subventions,
crédit...).
• Institutions d'instances de concertation entre les différents agents publics et privés impliqués par la
gestion d'une même unité de ressource (bassin fluvial, nappe souterraine), consultatives ou
délibératives. Leur compétence peut se rapporter aux objectifs des plans ou schémas
d'aménagement des eaux impliquant des investissements de l'Etat, de collectivités territoriales ou de
groupements d'usagers, au choix des "débits réservés" à conserver dans certains cours d'eau ou à
celui des objectifs de qualité, ou encore à la gestion courante en fonction des conjonctures
(répartition de restrictions en temps de sécheresse...).
Il va sans dire que dans le cas de bassin, voire d'aquifère, transfrontière une gestion
"communautaire" en partenariat est tout aussi souhaitable, mais elle relève alors nécessairement
d'accord politique entre les états concernés.

Moyens techniques

Les moyens multiples passés en revue plus haut (4.2.) apportent pour la plupart des solutions partielles,
locales et parfois temporaires, aussi dans l'optique d'une gestion intégrée de l'eau il s'agit d'abord
d'organiser et de coordonner -en somme de planifier- leurs applications de manière optimale, dans
l'espace et aussi dans le temps, pour l'ensemble des utilisations, à commencer par l'harmonisation des
actions sur l'offre et sur les demandes, en coordonnant par exemple :
• les efforts d'économie d'eau et de réduction des pertes dans la desserte des agglomérations et ceux
visant à augmenter les productions et les fournitures d'eau ;
• les efforts pour améliorer l'efficience des irrigations et ceux visant à réutiliser les eaux de drainage,
ou à accroître l'exploitation de nappe souterraine suralimentée par les excédents d'eau d'irrigation ;
• l'amélioration du rendement de l'assainissement et le développement de la réutilisation d'eau usée

Moyens économiques et financiers


• Des critères macro-économiques peuvent guider les choix d'allocation de ressources aux coûts de
mobilisation variés entre les secteurs d'utilisation productifs à valeurs ajoutées différentes
(agriculture, industries.) ou plus largement entre les secteurs d'utilisation productifs et les
utilisations "consommatrices" (alimentation humaine, usages sanitaires et socioculturels).
• Les mécanismes de marché peuvent contribuer jusqu'à un certain point à cette répartition,
notamment sous la forme de marché de location ou de cession de droits d'eau ; toutefois il peut être
nécessaire d'en réguler le jeu dans une mesure qui dépend de la politique socio-économique de
chaque pays. De ce point de vue l'extension de la part marchande des eaux utilisées, via des
structures de distribution, peut être opportune, concurremment avec la recherche de l'équilibre des
comptes d'exploitation des services publics distributeurs.
Dans des circonstances particulières (pénurie d'eau conjoncturelle en période de sécheresse) des
cessions d'eau négociées entre secteurs d'utilisation inégalement sensibles peuvent constituer un
moyen de modifier des répartitions d'eau adaptées à des situations moyennes (cession d'eau du
secteur énergétique ou industriel, à l'agriculture ou à l'alimentation de collectivités, par exemple).
• Les politiques tarifaires applicables à ces eaux et services marchands ou, plus largement, les
politiques fiscales ou parafiscales déterminant les charges répercutées sur les coûts (taxes,
redevances) peuvent être un instrument de répartition des charges communes entre des secteurs
d'utilisation d'eau inégalement valorisants (exemples : les écarts tarifaires entre l'eau distribuée aux
entreprises touristiques, aux industries, aux populations ou à l'agriculture, en Algérie et en
Tunisie), sans préjudice de l'objectif d'équilibre financier global.

-65-
Les tarifications peuvent être aussi un instrument d'incitation aux économies d'eau en accentuant
des progressivités déjà généralisées dans la plupart des pays de la région.
• Le principe "pollueur-payeur", doublé de l'aide aux efforts de réduction des pollutions financée par
son application, a fait ses preuves d'efficacité dans les pays industrialisés. Son application dosée et
évolutive, adaptée aux situations, pourrait utilement compléter et relayer les efforts publics de lutte
contre les pollutions.
Dans la même optique, une certaine péréquation des charges entraînées par les efforts d'économie
d'eau -dont les coûts ne sont pas nécessairement proportionnels aux quantités d'eau économisées
suivant les secteurs- pourrait résulter de l'application d'un principe "gaspilleur-payeur" : imposition
d'une redevance de "surconsommation" par rapport à des normes fixées, finançant des aides aux
économies d'eau.

Moyens éducatifs et informatifs

La sensibilisation et l'information de tous les acteurs de la gestion de l'eau et d'abord des usagers, est
une condition primordiale de l'efficacité d'application des instruments réglementaires, techniques ou
financiers. Cela va de l'éducation à tous les niveaux scolaires, à la communication par tous les moyens
audiovisuels modernes. La "culture de l'eau" qui a de profondes racines dans beaucoup de pays de la
région offre un terrain favorable aux évolutions nécessaires.

Finalement la gestion intégrée de l'eau, au sens le plus large, consiste à conjuguer et "orchestrer" au
mieux l'ensemble de ces moyens, et à harmoniser les pouvoirs de décision en jeu : publics et privés,
centraux et locaux, généraux et sectoriels. Elle consiste aussi à intégrer la gestion de l'eau dans la
politique économique et la politique d'environnement.

En général, plus les demandes en eau approchent et a fortiori excèdent les ressources conventionnelles,
comme c'est déjà le cas dans plusieurs pays de la Région, plus les objectifs de gestion et de politique de
l'eau deviennent indissociables des objectifs de la politique socio-économique et de développement,
notamment de la politique agricole et des degrés d'indépendance alimentaire vises.

-66-
5. CONCLUSIONS ET SUGGESTIONS

Au terme de cette rapide analyse des situations et des problèmes d'eau dans la Région de l'OSS., puis de
la revue des conditions, des voies et des moyens d'une gestion de l'eau capable d'y faire face, on tentera
de conclure par une série de suggestions de divers ordres.

• Malgré un état des connaissances sur les ressources assez avancé globalement, des améliorations
sont possibles et souhaitables dans la plupart des pays, non seulement pour affiner les chiffrages en
quantité mais pour accroître la validité des évaluations d'exploitabilité et pour mieux apprécier les
sensibilités des ressources, de leur régime et de leurs qualités, aux impacts des activités
économiques.
Particulièrement dans les pays à taux d'exploitation déjà élevé et appelé à grandir (Maghreb,
Egypte), ces connaissances devront plus systématiquement être synthétisées sous la forme de
modèles de gestion, qu'il s'agisse de ressources renouvelables ou de ressources non renouvelables,
appliqués non seulement à la conception des projets d'aménagement et des plans d'exploitation,
mais aussi au contrôle de gestion. Cela implique le renforcement du suivi régulier de l'état des
ressources (débits, niveaux, paramètres de qualité) par des réseaux d'observation ajustés, ainsi que
la conservation des résultats dans des banques de données adéquates.
• Un effort parallèle doit s'appliquer à améliorer la connaissance des utilisations d'eau présentes et de
leur évolution passée : statistiques sur les quantités prélevées et consommées -par source
d'approvisionnement, par secteur, par unité de ressource (bassin) et par zone économique-, sur les
rendements d'utilisation, sur les rejets et les rendements de l'assainissement et de l'épuration à
actualiser périodiquement.
• Dans le cas particulier des bassins fluviaux ou des réservoirs aquifères partages entre plusieurs
pays, la réunion des connaissances sur les ressources et les utilisations dans des bases de données
communes, ouvertes et régulièrement actualisées serait opportune pour faciliter une gestion en
partenariat.
• La prospective des demandes en eau devrait davantage s'appuyer sur des modélisations
prévisionnelles interactives des offres et des demandes, suivant différents scénarios de
développement socio-économique.
• Une analyse macro-économique générale des dépenses publiques et privées relatives à l'eau -
maîtrise et productions, approvisionnements, assainissement et drainage - (investissements,
fonctionnement), serait opportune pour permettre d'évaluer leur poids relatif dans l'économie
nationale et de relier leur évolution passée aux prévisions nécessaires à moyen et long terme. Une
croissance de l'ensemble de ces charges plus forte que celle du PNB est probable dans la plupart
des pays.
• Le développement de systèmes de comptabilité nationale de l'eau réunissant, suivant des références
territoriales et sectorielles cohérentes, les données physiques et financières, pourrait largement
éclairer les choix de politique de l'eau et les décisions de gestion.
• Un échange général d'expérience sur les critères de faisabilité et les rendements obtenus des
diverses opérations d'action sur l'offre ou sur les utilisations mises en oeuvre jusqu'ici dans les pays
de la Région (voire en d'autres) pour réaliser l'adéquation offre/demandes en eau (aménagements,
transferts, dessalement, réutilisation, économies d'eau, etc.) aurait une grande utilité comparative et
serait très instructif.
Jusqu'à un certain point, les situations et les solutions pratiquées dans les pays ou les provinces où
le degré de raréfaction des disponibilités en eau naturelles est le plus avancé sont représentatives de
l'avenir pour les pays en état moins critique actuellement. Aussi l'expérience des premiers peut être
éclairante pour les autres. Cette mise en commun d'informations et d'expérience pourrait prendre la
forme d'un "macro-système expert" rassemblant des données techniques et économiques sur les
opérations analysées, et utilisable dans les modélisations offre/demandes envisagées plus haut.

-67-
Il convient d'élargir la planification des seuls aménagements de maîtrise de l'eau et des équipements
d'exploitation et d'approvisionnement en eau, à laquelle s'en tiennent encore trop souvent les "plans
directeurs" (dont la dénomination de "planification des ressources" est d'ailleurs révélatrice d'une
optique unilatérale) à la planification de l'économie de l'eau dans son ensemble, donc y compris les
utilisations et les demandes. Cette planification ne doit pas se limiter au plan conceptuel de
l'élaboration de projets coordonnés, mais s'étendre a leur mise en oeuvre, par des moyens pouvant
marier des doses variées d'interventions dirigistes ou incitatives de la puissance publique, de jeu des
mécanismes de marché, sous diverses contraintes, et de responsabilisation des usagers, en fonction
à la fois de la politique socio-économique de chaque pays et des nécessités spécifiques à la gestion
des ressources en eau "bien commun", inséparable de la gestion du milieu naturel.
Dans les politiques d'allocation de ressource en eau limitée la question se pose partout de la part à
attribuer à l'agriculture, secteur le plus consommateur d'eau mais dont la production apporte le
moins de valeur ajoutée. Cette question est inséparable du degré d'autosuffisance alimentaire visé
par la politique socio-économique de chaque pays, et du niveau de subvention publique consenti à
l'agriculture irriguée.
Quoi qu'il en soit, il sera de moins en moins possible dans une économie de l'eau viable de
maintenir des prix ou tarifs de l'eau d'irrigation très inférieurs à son coût, ce qui n'incite pas aux
efforts d'économie d'eau et d'amélioration d'efficience, comme l'a souligné le rapport de la Banque
Mondiale sur le Développement dans le monde en 1992 [131] :

Cesser de subventionner l'utilisation des ressources

Les subventions qui entraînent des dégradations de l'environnement en encourageant


l'utilisation des ressources sont monnaie courante. Ce serait une bonne chose, tant du point de
vue économique que du point de vue écologique, d'éliminer les subventions qui encouragent la
consommation du charbon, de l'électricité, des pesticides et de l'eau d'irrigation. Ces réformes
exigeront une grande volonté politique, car les subventions profitent généralement à des gens
politiquement influents ou elles visent à atteindre des objectifs tels que l'autosuffisance
alimentaire ou l'industrialisation rapide du pays.

Il peut paraître préférable, en tous cas, de soutenir la production agricole irriguée plutôt par
d'autres moyens d'aide aux revenus des agriculteurs (subventions aux produits, politique fiscale.)
que par la subvention du prix ou du coût de l'eau.
Dans les cas où une partie des ressources en eau utilisée par l'agriculture correspond à des droits
d'eau attribués et reconnus, liés ou non à la propriété privée ou collective du sol, et lorsque ces
droits sont cessibles -autrement dit, qu'il y a un "marché de l'eau", à l'instar de la "Banque de l'eau"
qui fonctionne en Californie, des achats de droits d'eau, à un prix assez élevé, à des agriculteurs
pourraient constituer un moyen de diminuer la part des ressources allouée à l'agriculture sans
utilisation très valorisante, tout en apportant à ceux-ci les moyens d'investir pour améliorer
l'efficience de l'irrigation, donc pour maintenir leur production et leur revenu en utilisant moins
d'eau.
Plus généralement le droit et la législation des eaux doivent être adaptés, en tant que de besoin,
pour faciliter les interventions publiques réglementaires ou financières d'une part, le jeu du marché
éventuel d'autre part.
Enfin la mise en oeuvre des économies d'eau par les usagers doit être encouragée par la
conjugaison à bon escient des assistances techniques, des incitations financières (mesures
tarifaires) et des efforts d'éducation et d'information.

-68-
En conclusion, les "problèmes d'eau" de la région de l'OSS. ne sont pas uniformes : ils diffèrent en
nature et en acuité.

Plusieurs pays de la Région comptent parmi les plus avancés dans le monde vers une nouvelle économie
de l'eau et une gestion de la pénurie tendant vers une croissance 0 de l'utilisation des ressources
naturelles et vers une déconnexion partielle croissante des utilisations d'eau par rapport à ces ressources.

En d'autres pays, le problème principal -commun à beaucoup de pays inter-tropicaux en développement-


est lié non à la rareté des ressources naturelles, mais à celle des ressources que leur faible niveau de
développement socio-économique leur donne les moyens d'exploiter. Une gestion commune des
ressources exploitables et des demandes s'y impose aussi, en vue de minimiser les charges nécessaires
pour assurer un minimum vital d'approvisionnement en eau -notamment en eau potable- à des
populations croissantes, charges à répartir entre les usagers, les contribuables et d'éventuels bailleurs de
fond extérieurs.

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-79-
TABLE DES FIGURES

Figure 1 - Distribution des hauteurs d'écoulement potentiel moyen annuel local dans la région de
l'OSS : géographie de la génération des ressources en eau renouvelables (apports).

Figure 2 - Pays de l'OSS classés suivant leurs ressources en eau renouvelables naturelles ou réelles
par habitant (rapportées aux populations de 1990).

Figure 3 - Pays de la région de l'OSS classés suivant leurs ressources en eau renouvelables naturelles
ou potentielles par habitant (rapportées aux populations projetées en 2025)

Figure 4 - Répartition des types de ressource en eau prédominants dans la région de l'OSS

Figure 5 - Productions et déperditions d'écoulement dans le bassin du Nil.

Figure 6 - Variation des débits moyens le long du cours du Niger.

Figure 7 - Principaux échanges d'eau transfrontières.

Figure 8 - Evolution approximative des demandes en eau (pour toutes utilisations) par habitant
(1970-1990) en quelques pays.

Figure 9 - Pays de la région de l'OSS classés suivant leurs demandes en eau actuelles (années 85-90)
par habitant, pour toutes utilisations.

Figure 10 - Proportions des utilisations d'eau sectorielles dans les pays de la région de l'OSS (années
85-90).

Figure 11 - Pays de la région de l'OSS classés suivant l'indice d'exploitation actuel de leurs ressources
en eau renouvelables naturelles ou réelles.

Figure 12 - Proportions des sources d'approvisionnement en eau actuelles (1985-1990) des pays de la
région de l'OSS (cf. tableau 8).

Figure 13 - Projection des besoins en eau des principaux pays arabes de la région de l'OSS jusqu'à
l'horizon 2030 (d'après SHAHIN 1989).

Figure 14 - Prospective des demandes en eau des pays de l'OSS riverains de la Méditerranée jusqu'à
l'horizon 2025 (d'après le Plan Bleu 1988).

Figure 15 - Projection des ratios besoins en eau / ressources renouvelables naturelles de plusieurs pays.

Figure 16 - Relations entre les ressources naturelles renouvelables par habitant et les ratios demandes
en eau / ressources des pays de la région de l'OSS, actuellement et en 2025.

Figure 17 - Projections des proportions des demandes en eau d'irrigation sur les demandes en eau
totales, en plusieurs pays.

Figure 18 - Systèmes de ressource en eau commun à plusieurs pays dans la région de l'OSS a-Bassins
fluviaux. b-Systèmes aquifères.

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