Chapitre 0 - Géopolitique et relations internationales : une introduction
Étude de cas : la mafia
La mafia est emblématique de ce qu’est la mondialisation. S’est penché sur les activités à toutes échelles,
les réseaux mafieux et leur habitation avec les états et les territoires.
L’Étude des mafias répond parfaitement à la définition que donne Yves Lacoste de la géopo. Y voit une
synthèse de la géographie et des sciences po, donne cette définition : « En tant qu’étude des relations
internationales, la géopolitique rend compte du phénomène de mondialisation, tout en analysant ses
mécanismes ; c’est l’analyse des rivalités de pouvoir sur des territoires. »
I- Écueils et définitions
A) Des risques de confusions multiples
Les définitions sont multiples à travers les époques : Kjellén= territoire+ espace
Territoire= espace aménagé par l’homme.
Haushofer= théorise le Lebeinsraum pendant WW2.
Notions à ne pas confondre avec la géopolitique :
Géographie politique : Selon Ladis K.D. Kristof : elle se concentre sur des évènements géographique
et leur donne une interprétation politique (vote de population).
Géostratégie : détermination d’une stratégie à partir d’une donnée géographique (contrôle de
détroit pour arriver aux mers chaudes etc). Raymond Aron= conduite d’ensemble des opérations
militaires.
Géoéconomie : Étude des interactions entre la géographie et l’économie d’un territoire.
Pascal Boniface s’interroge pour savoir si la géopolitique ne serait pas « un snobisme consistant à
rebaptiser de façon médiatiquement plus présentable et intellectuellement plus noble le terme de
relations internationales »
B) « Une discipline à la confluence des savoirs » O. Zajec
L’interaction permanente entre conditionnement structurel et volontarisme des acteurs, une
complémentarité entre espace et territoire, entre identité française et la perception que l’on a de son
identité.
L’approche géopolitique peut être résumée en 5 points :
Le monde est un cadre physique
Ce cadre possède des peuples divers, guidé par l’histoire, l’ethnologie, qui renseigne sur l’identité
des peuples, mais aussi sur un processus de constitution des formes politiques.
Ceci débouche sur une perception spécifique qu’ont les états et les environnements sur les aspects
vitaux qu’expriment et défendent politiques nationales. Se décline aussi économiquement :
préserver l’héritage (cinéma), technologiquement ou stratégiquement
Mise en place de stratégie : le général Beauffe= l’art de la dialectique des volontés employant la
force pour résoudre un conflit. Ces états mettent en place des strat pour défendre leurs intérêts, et
atteindre leurs objectifs politiques.
Elle s’insère méthodologiquement entre la destruction des acteurs et la prévision prudente de leur
stratégie. Pour O Zajec, de par sa multidisciplinarité, (transdisciplinarité), la géopolitique est
d’abord une méthode d’approche de toutes les véritables sciences.
« La géopolitique est une méthode d’approche, appartenant au chant interdisciplinaire des relations
internationales. En variant les échelles de l’observation socio-spatiale, elle étudie des inerties physiques et
humaines qui affectent les comportements politiques internes et externes des états. Faisons la part des
coopérations et oppositions entre unité politique, elle éclaire les fondements des actions pacifiques ou
guerrières qui par l’aménagement stratégique d’espace politique approprié, cherche à assurer la pérennité
d’une communauté humaine dans l’histoire. »
C) Quid des relations internationales ?
Les relations internationales succèdent en tant que discipline universitaire à l’étude des relations
interétatique. Ces relations interétatiques ont été mise en place suite au traité de Westphalie (fin de la
guerre de 30 ans).
Acte de naissance de l’état nation, puisque à partir de là, désormais, les relations s’établissaient entre état
souverain, représentait l’étranger par des ambassadeurs permanents doté d’armée permanente, soit
nationale, sans mercenaires.
Pour Alexandra Monnot, la paix de Westphalie peut être considérée comme l’acte de naissance de
relations internationales.
Au congrès de Vienne en 1815 se met en place un véritable ordre internationale= « concert des nations »,
les états œuvrent ensemble.
II- Des disciplines en constante évolution
A) L’impact décisif de la 1ère guerre mondiale sur l’étude des relations internationales
WW2 permet l’émergence d’une véritable discipline consacrée aux relations entre états. Une discipline qui
désormais s’appelle ou se nomme relation internationale, qui s’est d’abord épanoui aux UK dans les
années 20 et après en France dans les années 30 sous l’influence de Pierre Renouvin.
Pour analyser en profondeur les mécanismes qui conduisent au déclenchement de la grande
guerre. Dans les années 30, PR a fondé l’institut d’histoire des relations internationales
contemporaines.
Dans les années 60 le champ d’investigation s’est encore élargi avec l’aide de Jean Baptiste
Duroselle, à la démographie, aux questions culturelles et aux mentalités collectives.
Les années 60-70, influencées par les marxistes, ont été dominé par une approche économique.
Années 80= approche culturelle qui s’impose à nouveau.
Années 90= approche transnationale.
À partir des années 2000 s’impose une espèce de dimension mondiale, on appréhende de façon
globale les choses, tout rentre en ligne de compte.
Les relations internationales existent en tant que discipline à part entière. 3 approches majeures les
dominent : libérale, réaliste, constructiviste.
Réaliste : la guerre est inévitable : les intérêts des états sont supérieurs au désir de paix.
Libérale : les intérêts économiques entremêlés limitent les risques de conflits armés.
Constructiviste : celle qui domine. Perceptions identitaires, se cachent les visions de l’histoire,
guident les actions des états davantage que les considérations économiques. La démarche est
inévitablement multi scalaire, pour une discipline qui invite à se pencher sur la notion de puissance
(la nature, l’émergence, l’influence, la disparition, la hierarchie…)
B) Aux origines de la géopolitique
D’après O Zajec, la discipline née au 199-20ème siècle. Issu de la rencontre entre 3 phénomènes :
Le rationalisme spécifique, le succès du darwinisme social, hiérarchisation des peuples.
Le développement des outils géographiques, analyse de plus en plus dynamique.
La volonté d’expansion des principales puissances industrielles européennes (surtout Allemagne,
nouvel état, a besoin de débouché+ matière première, retard course aux colonies).
Dès lors se pose la question au sein des états de savoir comment faire pour mener une politique
d’expansion en s’appuyant sur la description du territoire effectué par la géographie classique. À ce
moment-là née le concept de frontière naturelle. Naissance de la méthode d’approche géopolitique.
Hervé Couteau Bégarie, dans son traité de géopolitique en 2006 dit que le facteur territorial a été placé au
cœur d’une analyse de puissance qui a d’abord été destructive puis s’est voulu une science pour l’action :
la géopolitique.
La géopolitique étudie l’état comme organisme ou phénomène de la société. En France, celui qui est à
l’origine de l’étude géopolitique c’est Jacques Ancel pour qui la géopolitique est une discipline qui doit
analyser les relations existantes entre les groupes humains et les territoires sur lesquels ils se développent
à partir d’un milieu géographique.
Pour Jacques Ancel, l’homme fabrique les frontières (expansionnisme)
38= Anschluss
39= Tchéco, Pologne
Depuis la naissance de la géopolitique, 3 écoles ont émergé
L’école anglo-saxonnes cf poly
L’école française
L’école allemande= les géopolitiqueurs
Analyse de Pascal Boniface : « Mais ces auteurs classiques ont une approche quelque peu théorique des
questions internationales. Leurs théories sont intellectuellement séduisantes mais ne correspondent que
de façon limitées aux vérités de la vie internationale. Ils ont le mérite de révaluer les critères géopolitiques,
stratégiques mais ils les ont également surévalués négligeant les critères politique, stratégique etc qui sont
également déterminant de leur choix politique. »
C) Diabolisation et réhabilitation de la géopolitique
1- « Diabolisation » (Boniface) et « occulation » (O Zajec) au temps de la guerre froide.
Dans un contexte de guerre froide, « Les griffes de la géopolitique sont repoussées au second plan par
rapport aux idéologies et la géographie n’est qu’une science auxiliaire de l’histoire. La discipline a été
diabolisée ou occultée. » Boniface
Pourtant, certains conflits sont venus rappeler la prédominance de la géopolitique.
Ex : conflit Chine- Union Soviet
Les insurrections hongroises de 56, tchèques de 68 et multiples insurrections polonaise contre le « grand
frère » soviet va remettre au grand jour des querelles importantes et historiques.
Cambodge et Vietnam (78-79)= volonté pour le Vietnam d’aspirer le Cambodge. Paul Claran= À l’heure de
l’équilibre de la terreur : « La géopolitique se réduisait à une géostratégie des arsenaux nucléaires ».
Yves Lacoste : réhabilite la discipline à la fin des années 70. Publie un ouvrage, remet l’importance de la
carte, de l’organisation de l’espace, approprié par les états grâce à la carte, à l’origine un outil conçu pour
les militaires. Redevient une véritable discipline intellectuelle. N’est pas un projet de domination politique
par certains peuples. Avec la guerre froide a disparu « l’illusion que les idéologies gouvernent seules les
hommes et sous-entend exclusivement leur conflit »
2- Géopolitique ou géoéconomie
Cf poli