Introduction à la Convolution et Impulsions
Introduction à la Convolution et Impulsions
1 Concept
1.1 Signaux particuliers
La fonction échelon 1 (
0 si t<0
I(t) =
1 si t≥0
I(t)
0 t
L’impulsion de Dirac (
”∞” si t = 0
δ(t) =
0 sinon
δ(t)
0 t
Attention que le "1" ne désigne pas une ordonnée, mais bien l’aire comprise sous la courbe de
l’impulsion. On peut voir l’impulsion de Dirac comme δ(t) = lim d’un rectangle de hauteur 1ε ,
ε→0
et de largeur ε. Ainsi, l’aire est constante et vaut 1. C’est une propriété de l’impulsion de Dirac
et c’est cette aire que l’on note à côté de la flèche :
Z +∞
δ(t)dt = 1.
−∞
L’impulsion peut être visualisée comme une gaussienne, dont la "largeur" tend vers 0, et l’am-
plitude vers l’infini. Cette distribution est considérée comme une fonction de manière informelle
telle que présentée plus haut.
δ(t)
0 t
Comme tout signal, on peut lui appliquer des transformations (cfr. TP1). Par exemple, le signal
δ(t − 2) se représente comme suit.
1. Elle est parfois aussi notée II ou 1 +
1
δ(t − 2)
0 1 2 t
Une propriété intéressante de ce signal est qu’il est nul pour toute valeur sauf une : celle qui,
pour δ(τ (t)) est telle que τ (t) = 0. Ainsi, si on multiple ce signal par un autre, seule la valeur de
cet autre signal en un seul point sera considérée. Cela permet "d’isoler" une valeur d’un signal.
Mathématiquement et de manière simplifiée, soit f (t) un signal quelconque :
Z +∞ Z +∞
f (t)δ(t)dt = f (0)δ(t)dt car δ(t) est nul partout sauf en t = 0
−∞ −∞
Z +∞
= f (0) δ(t)dt car f (0) est une constante
−∞
= f (0) car l’intégrale est égale à 1 par définition
De même :
Z +∞ Z +∞
f (t)δ(t − 2)dt = f (2)δ(t − 2)dt car δ(t − 2) est nul partout sauf en t = 2
−∞ −∞
Z +∞
= f (2) δ(t − 2)dt car f (2) est une constante
−∞
Z +∞
= f (2) δ(t∗ )dt∗ par un changement de variable t − 2 = t∗
−∞
= f (2) car l’intégrale est égale à 1 par définition
Espace d’états
Représentation entrée-sortie
ẋ1 x1
ẋ x
u 2 2
= A ... y y
... ... u S
ẋn xn
Dès lors, le signal d’entrée u(t) peut donc être décomposé en une somme de signaux simples ui (t) !
N N
Si u = αi ui , alors y =
X X
αi yi
i=1 i=1
L’idée de la représentation entrée-sortie abordée ici va donc être décomposée en trois étapes :
1. Décomposition du signal en signaux aussi simples que possible.
2. Recherche de la sortie du système lorsque l’entrée est un de ces signaux simples.
2. Pour les systèmes non-linéaires, seule la représentation d’états est envisageable en général. Cependant, un système
réel peut souvent être approché localement par une série de systèmes linéaires.
2
3. Conclusion quant à la sortie totale du système (somme de signaux simples → somme des réponses
à ces signaux simples).
En effet, si on connaît la réponse du système à des signaux très simples, par exemple des impulsions,
on peut combiner ces signaux très simples pour construire le signal d’entrée de départ plus complexe
(à priori, n’importe quel signal pourrait être décomposé comme une somme éventuellement infinie
d’impulsions). On en déduit donc facilement la sortie du système pour ce signal d’entrée complexe,
simplement par cette reconstruction. Schématiquement, on décompose le système comme :
On appelle en effet réponse impulsionnelle la réponse à un signal "impulsion". Un système peut donc
être entièrement caractérisé par sa réponse impulsionnelle, au vu de la discussion ci-dessus.
Quel est l’avantage de cette approche ? La représentation entrée-sortie fait abstraction du fonctionne-
ment interne du système.
Comment obtenir une formule satisfaisante pour la décomposition de n’importe quel signal "compliqué"
en signaux simples et la reconstruction de la réponse totale ?
D’une certaine manière 3 , on peut voir le signal u(t) comme une somme de petits bâtonnets :
u(t)
0 t
p(t)
1
ε
− 2ε ε
2 t
Le produit p(t − kε)ε étant simplement un rectangle de hauteur unitaire, la somme représente bien le
signal u(t). ε est la largeur du rectangle et k, l’indice du rectangle.
De plus, (
ε −→ 0 =⇒ p(t) −→ δ(t)
kε −→ τ =⇒ p(t − kε) −→ δ(t − τ ),
et si ε devient infiniment petit, la somme tend vers une intégrale et on a :
Z +∞
u(t) = u(τ )δ(t − τ )dτ
−∞
3. Rappelez-vous la manière dont vous avez défini les intégrales dans le cours d’analyse, c’est assez similaire.
3
♡ Ainsi, pour un système LTI, on décompose l’entrée en une intégrale d’impulsions pondérées par les
valeurs de l’entrée évaluée en τ . La sortie est donc calculée via la même intégrale mais en considérant
la réponse impulsionnelle, pondérée par les valeurs de l’entrée (principe de superposition).
En effet,
est appelée convolution (ou produit de convolution) des signaux u(t) et h(t).
La convolution est commutative, associative et distributive.
Notions clés
4
2 Exercices résolus au tableau
Établir analytiquement la convolution y(t) = f (t) ∗ h(t) des fonctions f (t) = I(t) et h(t) = 2e−t I(t) −
2e2t I(t).
Établir graphiquement la convolution y(t) = f (t)∗g(t) des fonctions f (t) et g(t) représentées ci-dessous.
5
3 Exercices à faire
On souhaite démarrer le calcul du produit de convolution y(t) = f (t) ∗ g(t) de manière graphique.
(i) Calculer y(t) le produit de convolution de f (t) et g(t) via la méthode graphique. Vérifier la
cohérence des solutions aux bornes des différents intervalles de temps.
4 Pour s’exercer
Calculer le produit de convolution de f (t) et h(t) via la méthode graphique. Vérifier la cohérence
des solutions aux bornes des différents intervalles de temps. (Question supplémentaire : Quelle est la
relation entre f (t) et g(t) ?)
6
Exercice 6 = Août 2021- Q3 (i) [Online]
On donne deux signaux dessinés ci-dessous :
On souhaite démarrer le calcul du produit de convolution y(t) = f (t) ∗ g(t) de manière graphique. f (t)
est définie par segment et g(t) est une sinusoïde.
• Donnez les différents intervalles de t sur lesquels le calcul de la convolution va se décomposer.
• Écrivez l’intégrale à effectuer sur chaque intervalle de t en indiquant clairement les bornes et l’expres-
sion des signaux f et g considérées sur chaque intervalle. Il n’est pas demandé de résoudre l’intégrale
mais simplement de mettre en équation avec les données disponibles.
7
5 Sources supplémentaires
Ces deux vidéos illustrent la méthode à suivre pour réaliser une convolution de manière graphique et
sa signification :
•[Link]
•[Link]
html
8
TP6 - Solutions
Exercice 1 = Exercice 3.19 [TXB]
y(t) = (3 − 2 exp −t − exp 2t)I(t)
Résolution complète
1- Formule : Z +∞
y(t) = h(τ )f (t − τ )dτ
−∞
2- Fonctions à convoluer :
f (t) = I(t)
h(t) = 2e−t I(t) − 2e2t I(t)
Pour rappel,
0 si t<0
I(t) =
1 si t≥0
3- Résolution de l’intégrale
Z +∞
y(t) = 2e−τ I(τ ) − 2e2τ I(τ ) I(t − τ )dτ remplacement dans la formule
−∞
Z +∞
= I(τ ) 2e−τ − 2e2τ I(t − τ )dτ
−∞
Z +∞
= 2e−τ − 2e2τ I(t − τ )dτ car I(τ ) = 0 pour τ < 0
0
Or,
0 si
t<τ
I(t − τ ) =
1 si t≥τ
Le premier cas implique que si τ > t, alors y(t) = 0. Cela permet de décomposer l’intégrale :
a. Pour t < 0, on a y(t) = 0 puisque τ ≥ 0
0 si t < -1 ou t > 4
(t+1)2
si − 1 ≤ t ≤ 1
y(t) = 6
2t
3 si 1 < t ≤ 2
2
si 2 ≤ t ≤ 4
−t +2t+8
6
Résolution complète :
1- Formule : Z +∞ Z +∞
y(t) = f (t) ∗ g(t) = f (τ )g(t − τ )dτ = f (t − τ )g(τ )dτ
−∞ −∞
9
2- Expressions analytiques des courbes à convoluer :
1 si t ∈ [−1, 1]
f (t) = I(t + 1) − I(t − 1) =
0 sinon
si t ∈ [0, 3]
t
g(t) = 3
0 sinon
Remarque : La convolution étant commutative, on aurait très bien pu flip and slide f (t) à la place de g(t)
R +∞ R +∞
y(t) = f (t) ∗ g(t) = −∞ g(τ )f (t − τ )dτ = −∞ f (τ )g(t − τ )dτ .
3- Dessiner les deux fonctions, dont une est flipped. Le curseur est en t = 0. Attention, l’axe est bien τ et non t
(car l’intégrale est bien exprimée selon τ !).
f (τ ), g(−τ )
−3 −1 0 1 τ
t
4 - Slide la fonction pour trouver les différents intervalles possibles de recouvrement des deux fonctions : t < −1,
−1 < t < 1, 1 < t < 2, 2 < t < 4, t > 4.
f (τ ), g(t − τ )
−1 0 1 τ
t
• −1 < t < 1
En −1, il s’agit du moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à se recouvrir, et 1 car c’est le moment où
g(t − τ ) et f (τ ) commencent à se recouvrir entièrement.
L’aire de recouvrement vaut dans ce cas (les bornes se trouvent en regardant sur le dessin la partie
commune à f (τ ) et g(t − τ ) : de l’intersection jusqu’à t dans ce cas-ci)
t
t−τ
Z
y(t) = 1 dτ
−1 3
Z t Z t
t τ
= dτ − dτ
−1 3 −1 3
t t 1 h it
= τ −1 − τ 2
3 6 −1
t2 t 1
= + +
6 3 6
1
= (t + 1)2
6
f (τ ), g(t − τ )
−1 0 1 τ
t
10
• 1<t<2
En 1, il s’agit du moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à se recouvrir entièrement, et 2 car c’est le
moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à ne plus se recouvrir entièrement.
L’aire de recouvrement vaut dans ce cas (les bornes se trouvent en regardant sur le dessin la partie com-
mune à f (τ ) et g(t−τ ) : toute la largeur de f (τ ) dans ce cas-ci puisque g(t−τ ) le recouvre complètement)
1
t−τ
Z
y(t) = dτ
1
−1 3
t t 1 1
= + − +
3 3 6 6
2t
=
3
f (τ ), g(t − τ )
−1 0 1 2 τ
t
• 2<t<4
En 2, il s’agit du moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à ne plus se recouvrir entièrement et 4 car c’est
le moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à ne plus se recouvrir du tout.
L’aire de recouvrement vaut dans ce cas (les bornes se trouvent en regardant sur le dessin la partie
commune à f (τ ) et g(t − τ ) : du bord gauche de g(t − τ ) (t − 3) jusqu’à l’intersection en 1)
1
t−τ
Z
y(t) = 1 dτ
t−3 3
t t(t − 3) 1 1
= − − + (t − 3)2
3 3 6 6
t2 t 8
=− + +
6 3 6
f (τ ), g(t − τ )
−1 0 1 2 4 τ
t
• t>4
En 4, il s’agit du moment où g(t − τ ) et f (τ ) commencent à ne plus se recouvrir du tout.
L’aire de recouvrement est nulle → y(t) = 0 dans ce cas.
f (τ ), g(t − τ )
−1 0 1 4 τ
t
0 si t < −1 ou t ≥ 4
1 (t + 1)2
si t ∈ [−1; 1[
y(t) = 6
2t
si t ∈ [1; 2[
3 t2
− 6 + 3t + 86 si t ∈ [2; 4[
11
On peut donc vérifier la continuité aux différentes bornes des intervalles. Autrement dit,
Par définition : y(t) = f (τ ) ∗ g(t − τ ) = f (t − τ ) ∗ g(τ ). Au niveau des intervalles de temps t, on trouve :
— Pas de chevauchements : t < −2 et 3 < t
— Chevauchement partiel : −2 < t < 0 et 1 < t < 3
— Chevauchement complet : 0 < t < 1
Ainsi, la mise en équations est donc la suivante
f (τ ) et g(t − τ ) f (t − τ ) et g(τ )
t < −2 y(t) = 0 y(t) = 0
R t+1 R t+1
−2 < t < 0 y(t) = −1 1[−2(t − τ − 1)]dτ y(t) = −1 1[−2τ + 2)]dτ
R +1 R t+1
0<t<1 y(t) = −1 1[−2(t − τ − 1)]dτ y(t) = t−1 1[−2τ + 2)]dτ
R +1 R2
1<t<3 y(t) = t−2 1[−2(t − τ − 1)]dτ y(t) = t−1 1[−2τ + 2)]dτ
3<t y(t) = 0 y(t) = 0
On peut donc vérifier la continuité aux différentes bornes des intervalles. Autrement dit,
0
t ∈] − ∞; −1[
1 − e−(t+1)
t ∈ [−1; 0[
Récap : y(t) =
2e−t − e−(t+1) − 1 t ∈ [0; 1[
2e − e−(t+1) − e−(t−1) t ∈ [1; +∞[
−t
12
Exercice 5 = Janvier 2019 - Q3 [Online]
Par définition : y(t) = f (τ ) ∗ h(t − τ ) = f (t − τ ) ∗ h(τ ).
Version f (τ ) et h(t − τ ) :
— Pas de chevauchements → t < −2 et 2 < t : y(t) = 0
— Chevauchement partiel où f croît → −2 < t < −1 :
(t + 1)2 1
Z t+1
t2
y(t) = τ + 1dτ = +t+1− +1= + 2t + 2
−1 2 2 2
— Chevauchement partiel où f croît et décroît avec chevauchement complet quand f croît → −1 < t < 0 :
(t2 + 1 + 2t)
Z 0 Z t+1
t2
y(t) = τ + 1dτ + −τ + 1dτ = 1/2 − +t+1=− +1
−1 0 2 2
— Chevauchement partiel où f croît et décroît avec chevauchement complet quand f décroît → 0 < t < 1 :
(t2 + 1 − 2t)
Z 0 Z +1
t2
y(t) = τ + 1dτ + −τ + 1dτ = − − (t − 1) + 1/2 = − + 1
t−1 0 2 2
t2 + 1 − 2t
Z +1
t2
y(t) = −τ + 1dτ = −1/2 + 1 + − (t − 1) = − 2t + 2
t−1 2 2
On peut donc vérifier la continuité aux différentes bornes des intervalles. Autrement dit,
Par définition : y(t) = f (τ ) ∗ g(t − τ ) = f (t − τ ) ∗ g(τ ). Au niveau des intervalles de temps t, on trouve :
— Pas de chevauchements : t < −2 et 3 < t
— Chevauchement partiel sinus négatif : −2 < t < −1
— Chevauchement partiel sinus positif et négatif : −1 < t < 0 et 1 < t < 3
— Chevauchement complet : 0 < t < 1
Ainsi, la mise en équations est donc la suivante
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f (τ ) et g(t − τ ) f (t − τ ) et g(τ )
t < −2 y(t) = 0 y(t) = 0
R t+1 R t+1
−2 < t < −1 y(t) = −1 (τ + 1) sin(π(t − τ ))dτ y(t) = −1 (t − τ + 1) sin(πτ )dτ
R0 Rt R t+1
−1 < t < 0 y(t) = −1 (τ + 1) sin(π(t − τ ))dτ + y(t) = −1 sin(πτ )dτ + t (t − τ +
1) sin(πτ )dτ
R t+1
0 sin(π(t − τ ))dτ
0 t R1
0<t<1 y(t) = t−1 (τ + 1) sin(π(t − τ ))dτ + y(t) = −1 sin(πτ )dτ + (t − τ +
R R
t
1) sin(πτ )dτ
R t+1
0 sin(π(t − τ ))dτ
R2 R1
1<t<3 y(t) = t−1 sin(π(t − τ ))dτ y(t) = t−2 sin(πτ )dτ
(iv)
— Pas de chevauchement (t < 0 et 3 < t) : y(t) = 0
(v) Oui, il est possible de déduire y3 (t) facilement car u3 = I(t) peut
P∞ être obtenu par une combinaison linéaire
de versions décalées de u(t) et le système est LTI. Ainsi, u3 (t) = k=0 u(t − 2k) avec k ∈ N.
Z +∞
R +∞ P∞ P∞ P∞
La réponse y3 (t) = −∞ h(t − τ ) k=0 u(τ − 2k)dτ = k=0 h(t − τ )u(τ − 2k)dτ = k=0 y2 (t − 2k)
−∞
| {z }
y2 (t−2k)
car le système est LTI (donc un shift dans l’entrée donne un même shift dans la sortie).
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