MP2 Devoir à la maison n˚3 IPEIB BIZERTE.
Soit n un entier naturel non nul. On note B = (1, X , . . . , X n ) la base canonique de Rn [X ]
et on considère une suite de reéls deux à deux distincts (a n )n∈N .
Partie I
Déterminant de Vondermande.
Pour n ∈ N, on note M n la matrice carrée d’ordre n + 1 dont l’élément d’indice (i , j ) est a n−i
j −1
+1
.
Autrement dit :
a 0n a 1n · · · a nn
n−1
a0 a 1n−1 · · · a nn−1
Mn = .
.. .. ..
. . .
1 1 ... 1
On se propose de calculer Vn = det M n .
On introduit la fonction f : R → R définie par
¯ a 0n a 1n · · · n
a n−1 xn
¯ ¯
¯
¯ n−1
a 1n−1 · · · n−1
x n−1
¯
¯ a a n−1 ¯
¯ 0
¯ .. .. .. ..
¯
f (x) = ¯ . ¯.
¯
¯ . . . ¯
¯ a0 a 1 ··· a n−1 x ¯
¯ ¯
¯ 1 1 ... 1 1 ¯
1. En développant selon l’une des colonnes, vérifier que f est une fonction polynomiale de
degré inférieur ou égal à n et exprimer le coefficient λn de x n dans f (x) à l’aide de l’un des
termes de la suite (Vn )n≥0 .
n−1
2. Montrer que ∀ x ∈ R, f (x) = λn
Y
(x − a i ).
i =0
n−1
3. En déduire que Vn = (−1)n Vn−1
Y
(a n − a i ).
i =0
4. Conclure que pour tout n ∈ N∗ , Vn =
Y
(a i − a j ).
0≤i < j ≤n
Partie II
Commutant du translaté d’un polynôme.
Soit n ∈ N∗ et h ∈ R. On définit une application Th sur Rn [X ] par Th (P )(X ) = P (X + h).
1
1. (a) Justifier que Th est un endomorphisme de Rn [X ].
(b) Donner le déterminant de Th .
On désire déterminer l’ensemble E formé par les endomorphismes ϕ de Rn [X ] satisfaisant
la propriété suivante
∀ h ∈ R, ϕ ◦ Th = Th ◦ ϕ.
2. Montrer que E est une sous-algèbre (i.e: un sous-espace vectoriel+ sous-anneau) de
(L (Rn [X ]), +, ◦, .).
Dans la suite on note D l’endomorphisme de dérivation dans Rn [X ] (i.e D(P ) = P 0 .)
3. (a) Établir que D ∈ E .
(b) Justifier que ∀ k ∈ {0, 1, . . . , n}, D k ∈ E .
(c) Établir que la famille (D k )0≤k≤n est libre.
4. Soit θ : E → Rn [X ] définie par θ(ϕ) = ϕ(X n ).
(a) Montrer que θ est une application linéaire.
(b) Montrer que si ϕ ∈ Ker (θ) alors ∀ j ∈ {0, 1, . . . , n}, ϕ(P j ) = 0.
(c) En déduire que θ est injective et que dim(E ) ≤ n + 1.
(d) Donner alors dim(E ) et une base de E . ( On porra utiliser 3)c). )
Partie III
Polynômes d’interpolation de Lagrange.
On note B0 = (e 0 , e 1 , . . . , e n ) la base canonique de Rn+1 et δi j le symbole de kronecker.
On considère l’application f définie de R[X ] vers Rn+1 par
∀P ∈ R[X ], f (P ) = P (a 0 ), P (a 1 ), . . . , P (a n ) .
¡ ¢
1. Justifier (dire pourquoi) que si deg(P ) ≤ n et f (P ) = 0 alors P = 0.
2. Prouver que f est linéaire et déterminer Ker ( f ).
3. (a) Construire une famille de polynômes (P i )0≤i ≤n vérifiant
deg(P i ) = n, P i (a i ) = 1, P i (a j ) = 0, i 6= j ,
et montrer que cette famille est unique.
(b) Montrer que (P i )0≤i ≤n est une base de Rn [X ].
On note f n la restriction de f n à Rn [X ]
2
4. Montrer que f n est un isomorphisme.
¡ ¢
Soit L i 0≤i ≤n , la famille de polynômes d’interpolation de Lagrange définie par
n
Y X − aj
L i (X ) =
j =0, j 6=i ai − a j
5. (a) Vérifier que ∀0 ≤ i , j ≤ n, L i (a j ) = δi j (c’est à dire L i = P i ).
(b) En déduire que f n−1 (e i ) = L i et que L i 0≤i ≤n est une base de Rn [X ]
¡ ¢
(c) Montrer alors que ∀(b 0 , b 1 , . . . , b n ) ∈ Rn+1
n
f n−1 (b 0 , b 1 , . . . , b n ) =
X
bi L i .
i =0
n
(d) En déduire que ∀P ∈ Rn [X ], P =
X
P (a i )L i .
i =0
6. On note C n la matrice de passage de B = (1, X , . . . , X n ) à B 0 = (L 0 , L 1 . . . , L n ).
n
j
(a) Vérifier que ∀0 ≤ j ≤ n, X j =
X
ai L i .
i =0
j −1
(b) Justifier que C n est inversible et que ∀1 ≤ i , j ≤ n + 1, C n−1 i j = a i −1 .
¡ ¢
(c) Donner une méthode permettant de calculer l’inverse de la matrice de Vondermande
¡ j −1 ¢
A 0n = a i −1 1≤i , j ≤n+1 puis l’appliquer à n = 2.
Partie IV.
Décomposition d’une fonction respectant le racines de l’unité.
On note
¡ (E ¢ , +, .) l’espace vectoriel des fonctions à variable et à valeurs dans C.
0
¡ 0 ¢
Soit D = a i , j 1≤i , j ≤n et D = a i , j 1≤i , j ≤n les matrices de Vondermande définies par
a i , j = ωi j , a i0 , j = ω−i j
où ω ∈ C est une racine n eme de l’unité (ωn = 1). On considère les sous ensembles E j 1≤ j ≤n de E
¡ ¢
donnés par
E j = f ∈ E ; ∀x ∈ C, f (ωx) = ω j f (x)
© ª
1. Montrer que E j est un sous espace vectoriel de E .
2. Montrer que DD 0 = nI n , puis en déduire l’inverse de D.
f 1 (x) f (ωx)
f 2 (x) f (ω2 x)
Soit f ∈ E , f j ∈ E j , 1 ≤ j ≤ n, U = , V =
.. ..
. .
f n (x) f (ωn x)
3
n
X
3. (a) Montrer que si f = f j alors ∀1 ≤ i ≤ n,
j =1
n
i
ωi j f j (x).
X
f (ω x) =
j =1
n
X
(b) Montrer alors que f = f j ⇔ DU = V
j =1
n
M
(c) En déduire que E = E j , puis interpréter le résultat pour n = 2.
j =1
1X n
(d) Montrer à l’aide de 2. que si f ∈ E alors f j (x) = ω−i j f (ωi x), 1 ≤ j ≤ n.
n i =1
Partie IV.
Lien entre matrice compagnon et matrice circulante.
1. (a) Vérifier que ∀ f ∈ L (E ), si deg(π f ) = deg(χ f ) alors π f = χQ
(b) Justifier que si ∀ f ∈ L (E ) alors f et A = M B ( f ) ont les mêmes polynômes annulateurs.
B étant une base de E .
Soit Q(X ) = X n − a n−1 X n−1 − · · · · · · − a 0 ∈ C[X ] et
0 0 0 ··· a0
1 0 0 ··· a1
CQ = 0 1 0 ···
,
.. ..
. . ... 0 a n−2
.
0 0 .. 1 a n−1
la matrice compagnon associée. On veut montrer au départ que πQ = χQ . Soit f l’endomorphisme
canoniquement associée à CQ . On a
n
X
∀1 ≤ k ≤ n − 1, f (e k ) = e k+1 , f (e n ) = a k−1 e k
k=1
2. (a) Montrer que ∀1 ≤ k ≤ n − 1 f k (e 1 ) = e k+1 .
(b) En déduire que Q( f )(e 1 ) = 0
(c) Montrer alors que Q est un polynôme annulateur de CQ .
3. (a) Montrer que (i d , f , . . . , f n−1 ) est une famille libre de C[ f ], (on pourra appliquer e 1 ).
(b) Soit d le degré de π f . Montrer que d = n.
(c) Conclure.
On suppose que Q(X ) = X n − 1. On note J la matrice compagnon associée.
4
4. Montrer que J n est diagonalisable sur C et donner Sp C (J n ).
soit C n la matrice circulante donnée par
a1 a 2 · · · a n−1 a n
an a1 a2 · · · a n−1
a n−1 a n a 1 · · · a n−2 . On note g l’endomorphisme canoniquement associé à C n
. .. .. .. ..
.. . . . .
a2 a3 ··· an a1
5. (a) Montrer que C n = P (J n ), où P = a 1 +a 2 X +· · ·+a n X n−1 .On pourra montrer que g = P ( f ).
n−1
P (ωk ), ω = exp(2i π/n).
Y
(b) En déduire que det(C n ) =
k=0