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Procédures Collectives: Conciliation et Redressement

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COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE

Les difficultés sont inhérentes à toutes les entreprises car lorsque les relations entre les
partenaires sont tendues ou lorsque la trésorerie est en sous liquidité, des difficultés peuvent
surgir empêchant l’entreprise de respecter ses engagements.

En droit commun, quand une personne ne respecte pas ses engagements, ses créanciers
disposent de plusieurs moyens pour l’y contraindre ; ce sont parfois les saisies, les sûretés, etc.
Lorsque la difficulté tient à la situation de la trésorerie et que l’entreprise ne peut plus faire face
à ses échéances, on se rend compte que certaines de ces difficultés peuvent être réglées
aisément tandis que d’autres se révèlent très sérieuses soit parce que l’environnement n’est pas
favorable, soit parce que le chef d’entreprise ne bénéficie plus de la confiance de ses créanciers.
Face à une telle situation, que faut-il faire ? Doit-on laisser le débiteur seul face à ses créanciers
ou alors, doit-on imposer à tous les créanciers le même sacrifice.
C’est à cette dernière solution que s’est rallié le législateur OHADA qui manifeste une volonté de
soumettre tous les créanciers à une discipline collective afin d’éviter l’anarchie des poursuites
individuelles. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’acte uniforme organisant les procédures
collectives d'apurement du passif adopté à Libreville (Gabon) le 10 avril 1998 et entré en
vigueur le 1er janvier 1999. Ce texte a récemment a connu une refonte réaliste contenue dans
un nouvel acte uniforme portant Organisation des procédures collectives d’apurement du passif
adopté le 10 septembre 2015 à Grand-Bassam (cote d’ivoire).

En substance, ce présent Acte uniforme a pour objet :


- D’organiser les procédures préventives de conciliation et de règlement préventif ainsi
que les procédures curatives de redressement judiciaire et de liquidation des biens afin
de préserver les activités économiques et les niveaux d’emploi des entreprises
débitrices, de redresser rapidement les entreprises viables et de liquider les entreprises
non viables dans les conditions propres à maximiser la valeur des actifs des débiteurs
pour augmenter les montants recouvrés par les créanciers et d’établir un ordre précis de
paiement des créances garanties ou non garanties ;

- De définir la règlementation applicable aux mandataires judiciaires ;

- De définir les sanctions patrimoniales et professionnelles ainsi que les incriminations


pénales relatives à la défaillance du débiteur, applicables aux dirigeants de toutes
entreprises débitrices et aux personnes intervenant dans la gestion de la procédure.

Ainsi eu égard de ces précisions convient-il d’adopter à l’évidence le plan suivant :

[Texte] Page 1
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE

LA PREVENTION DES DIFFICULTES DES ENTREPRISES (partie I)


 La conciliation (nouveau) (titre 1)
 Les procédures préventives de la cessation des paiements (titre 2)

LE TRAITEMENT CURATIVES DES DIFFICULTES DES ENTREPRISES (partie II)


 Les conditions d’ouverture du redressement judiciaire et de la liquidation des biens
(titre 1)
 Les effets du jugement déclaratif (titre 2)
 La période préparatoire à la solution finale (titre 3)
 Les solutions finales (titre 4)
 Les mesures extrapatrimoniales (titre 5)

PARTIE I- LA PREVENTION DES DIFFICULTES DES ENTREPRISES

[Texte] Page 2
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
MOTS CLES Conciliation – règlement préventif - personnes assujetties- mandataires
judiciaires- conditions d’ouvertures- concordat- suspensions des poursuites individuelles.

Sauf cas exceptionnels, les difficultés de l’entreprise procèdent de signaux dont l’examen et le
traitement permettent de prévenir les pathologies plus graves :
- C’est la comptabilité qui n’est peut-être pas tenue ou qui l’est insuffisamment,
- le personnel est pléthorique et inadapté parce que recruté avec complaisance,
- les rémunérations et les avantages salariaux sont excessifs,
- le patrimoine de la société est confondu avec celui des dirigeants sociaux,
- les dirigeants sociaux sont incapables ou incompétents,
- les fonds propres sont insuffisants,
- la conjoncture économique est globalement défavorable, etc.
La plupart de ces dérèglements peuvent être traités au plan interne. Ainsi, les associés ont un
rôle important mais limité dans la prévention des difficultés de l’entreprise.

TITRE I- LA PROCEDURE DE CONCILIATION (NOUVEAU) ART 5-1 à 5-14 AUPC-AP


La conciliation est une procédure préventive, consensuelle et confidentielle, destinée à éviter la
cessation des paiements de l’entreprise débitrice afin d’effectuer, en tout ou partie, sa
restructuration financière ou opérationnelle pour la sauvegarder.
Cette restructuration s’effectue par le biais de négociations privées et de la conclusion d’un
accord de conciliation négocié entre le débiteur et ses créanciers ou, du moins ses principaux
créanciers, grâce à l’appui d’un tiers neutre, impartial et indépendant dit conciliateur.
La conciliation est une nouvelle procédure dont la mise en place est proposée dans le cadre de la
révision de l’acte uniforme.
Même si elle présente des points communs avec le « concordat » amiable qui peut être réalisé en
dehors de toute intervention judiciaire et avec le règlement préventif, elle s’en distingue
fondamentalement sur certains points. Tout d’abord, cette nouvelle procédure est
confidentielle, à la différence notamment du règlement préventif ce qui permet au débiteur de
conserver une discrétion sur ses difficultés et sur les tentatives d’y remédier. La conciliation se
caractérise également par sa dimension amiable, qui se traduit par le fait que d’une part, le
débiteur peut choisir les créanciers ou partenaires qu’il souhaite inviter à la négociation, étant
précisé qu’aucun effort quel qu’il soit ne pourra leur être imposé ce qui là encore le distingue du
règlement préventif.

CHAPITRE I- L’OUVERTURE DE LA CONCILIATION

[Texte] Page 3
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
SECTION 1- LES REGLES DE FOND
« La conciliation est ouverte aux personnes visées par l’article 1-1 du présent Acte uniforme
(personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante, civile ou commerciale, à
toute personne morale de droit privé, ainsi qu’à toute entreprise publique ayant la forme d’une
personne morale de droit privé ) qui connaissent des difficultés avérées ou prévisibles mais qui
ne sont pas encore en état de cessation des paiements » article 5-1. AUPC
Elle a pour objectif de trouver un accord amiable avec les principaux créanciers et
cocontractants du débiteur en vue de mettre fin à ses difficultés.
Toute personne qui a connaissance de la conciliation est tenue à la confidentialité.
SECTION 2- LES REGLES DE FORME
La procédure de conciliation est ouverte par le président de la juridiction compétente, pour une
période n'excédant pas trois mois mais qu'il peut par une décision spécialement motivée
proroger d'un mois au plus à la demande du débiteur, après avis du conciliateur. (Art 5-3)
Il est proposé d’attribuer compétence au président de la juridiction, pour ouvrir la conciliation,
afin notamment de préserver la confidentialité de cette procédure.
Il est également proposé de limiter strictement la durée de la procédure de conciliation qui
serait au maximum de 4 mois (3 mois avec possibilité de prorogation d’un mois). Il ne faudrait
en effet pas que cette phase de négociations soit d’une trop longue durée, retardant le recours à
un règlement préventif ou encore à une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation
des biens. A cet effet, la prolongation d’un mois ne pourra être décidée que par une décision
spécialement motivée.
Aussi bien, d’une part, l’entreprise ne doit pas être en cessation des paiements au jour de
l’ouverture de la conciliation mais également durant son déroulement et d’autre part,
l’ouverture de la conciliation n’empêche pas une assignation en redressement judiciaire ou en
liquidation des biens. En outre, une durée limitée légalement permet dans le cadre des
négociations d’indiquer une date butoir, ce qui facilite parfois la conclusion de l’accord.
Afin de respecter la confidentialité de cette procédure, la décision d’ouverture comme celle
rejetant la demande ne font l’objet d’aucune publicité. (Art 5-3 alinéa 2).
CHAPITRE 2- L’ISSU DE LA CONCILIATION
SECTION I- LA DESIGNATION D’UN CONCILIATEUR
Dans la décision d’ouverture, le président de la juridiction compétente désigne un conciliateur.
- Statut du conciliateur
Le conciliateur doit avoir le plein exercice de ses droits civils, justifier de sa compétence
professionnelle et demeurer indépendant et impartial vis-à-vis des parties concernées par la
conciliation. Le conciliateur qui accepte sa mission doit porter cette acceptation à la
connaissance du président de la juridiction compétente, sans délai. S’il suppose en sa personne

[Texte] Page 4
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
une cause de récusation, il doit en informer le président de la juridiction et ne peut accepter sa
mission qu’avec l’accord unanime et écrit des parties concernées par la conciliation.
Un magistrat en fonction ou ayant quitté ses fonctions depuis moins de 5 ans ne peut être
désigné en qualité de conciliateur.
- Mission du conciliateur.
Le conciliateur a pour mission de favoriser la conclusion entre le débiteur et ses principaux
créanciers et cocontractants d'un accord amiable destiné à mettre fin aux difficultés de
l'entreprise. Le conciliateur peut, à cette fin, obtenir du débiteur tous renseignements utiles.
La mission du conciliateur est limitée à favoriser la recherche d’un accord.
SECTION-2 L’ACCORD DE CONCILIATION
Si un accord a été trouvé, il peut être déposé au rang des minutes d’un notaire ce qui permet tout
à la fois de préserver son caractère confidentiel et de lui donner date certaine.
Mais l’accord peut également être constaté par le président de la juridiction compétente, ce qui
présente l’avantage de rendre cet accord exécutoire. Il est proposé de prévoir un simple constat
et non une homologation afin de bien mettre en exergue le pouvoir du juge qui se limite à
constater l’existence de cet accord ; il n’a donc pas à porter d’appréciation sur le contenu de
l’accord, et d’ailleurs le texte précise qu’il ne peut refuser ce constat que si l’accord est contraire
à l’ordre public.
Cet accord reste confidentiel, tout comme la conciliation. Enfin, le texte exclut tout recours, là
encore afin de préserver la confidentialité et la souplesse de cette procédure.

TITRE II- LES PROCEDURES PREVENTIVES DE LA CESSATION DES PAIEMENTS

[Texte] Page 5
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
Elles sont destinées à détecter très rapidement les signes annonciateurs des difficultés afin
d’éviter l’évolution vers une situation irrémédiablement compromise. Elles sont de plusieurs
ordres et se trouvent dans différents textes de lois. Certaines de ces mesures ont leurs sièges
dans l’AUSC-GIE ainsi que dans l’AU portant Organisation et Harmonisation de la Comptabilité
des Entreprises. D’autres se trouvent dans l’AUPC/AP.
CHAPITRE 1- LES PROCEDURES D’ALERTE
Elles sont prévues par l’AUSC (Art. 150 à 158) et par l’AU relatif aux Sociétés Coopératives (Art.
119) et ne concernent que les entreprises constituées sous forme de sociétés commerciales ou
coopératives.
SECTION 1- LES DIFFERENTS TYPES DE PROCEDURES PREVUES
Il y a deux types d’alerte, l’alerte déclenchée par :
 le commissaire aux comptes, le commissaire de surveillance ou la commission de
surveillance
 l’alerte déclenchée par les associés
En France, d’autre personnes peuvent déclencher l’alerte, par exemple les comités d’entreprise,
les institutions représentatives du personnel, le Président du tribunal peut lui aussi se saisir en
convoquant le dirigeant de l’entreprise.
SECTION 2- LE DEROULEMENT DES PROCEDURES D’ALERTE
PARAGRAPHE 1- L’ALERTE DECLENCHEE PAR LE COMMISSAIRE AUX COMPTES
Dans les sociétés anonymes, si le commissaire découvre, lors de l’examen des documents qui lui
sont communiqués ou à l’occasion de l’exercice de sa mission, l’existence d’un fait de nature à
compromettre la continuation de l’exploitation, il demande des explications, selon le cas, soit au
Président du Conseil d’Administration ou au Président Directeur Général soit à l’Administrateur
Général.
Le dirigeant qui reçoit cette demande doit répondre dans un délai d’un mois en donnant une
analyse de la situation et en indiquant le cas échéant les mesures envisagées. S’il ne répond pas
dans le délai ou s’il donne une réponse non satisfaisante, le commissaire aux comptes invite le
dirigeant à faire délibérer le conseil.
Dans ce cas, le conseil d’administration est convoqué dans les 15 jours et le commissaire aux
comptes y prend part. Si le dirigeant ne convoque pas le conseil, le commissaire aux comptes
établit un rapport spécial qui va être présenté à la prochaine assemblée ou en cas d’urgence à
une assemblée qu’il convoque.
Dans les sociétés autres qu’une société anonyme, si le commissaire aux comptes découvre
l’existence de ces faits, il demande des explications au gérant qui est tenu de répondre dans un
délai de 2 mois en donnant une analyse de la situation. S’il ne répond pas, ou si la réponse est

[Texte] Page 6
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
peu satisfaisante, le commissaire aux comptes établit un rapport qu’il peut présenter à la
prochaine assemblée ou communiquer aux associés.
PARAGRAPHE 2- L’ALERTE DECLENCHEE PAR LES ASSOCIES
Dans les sociétés anonymes, chaque actionnaire a la possibilité de poser des questions sur tout
fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation. L’actionnaire ne peut poser la
question que deux fois par exercice aux dirigeants. Lorsque ce dernier reçoit la question, il a un
mois pour répondre par écrit et dans le même délai, il transmet une copie de la question et de la
réponse au commissaire aux comptes.
CHAPITRE-2 LA MESURE PREVENTIVE PREVUE PAR L’AUPC/AP
C’est le règlement préventif prévu par l’article 6 du nouvel l’AU/PC « Le règlement préventif est
ouvert au débiteur qui, sans être en état de cessation des paiements, justifie des difficultés
économiques ou financières sérieuses ».
Quel que soit leur forme juridique qui traverse une situation financière difficile mais non
irrémédiablement compromise. Cette procédure ne doit pas être confondue avec les procédures
d’alerte interne. Il y a lieu de dire qu’une procédure de règlement préventif peut être déclenchée
sans au préalable déclencher la procédure d’alerte et inversement. Et toute procédure d’alerte
ne débouche pas nécessairement sur un règlement préventif.

SECTION 1- LES CONDITIONS


PARAGRAPHE 1- LES REGLES DE FOND
Elles sont de deux 2 ordres :
 il y a en premier lieu les conditions liées à la qualité de l’intéressé ou les conditions liées
aux personnes qui peuvent demander le règlement préventif. L’article 1-1 AU/PC vise
les personnes physiques exerçant une activité professionnelle indépendante (ex Avocat,
expert-comptable), civile ou commerciale, à toute personne morale de droit privé, ainsi
qu’à toute entreprise publique ayant la forme d’une personne morale de droit privé.
Il convient d’observer avec la réforme ici que toutes les personnes morales et personnes
physiques sont concernées qu’elles soient ou non commerçantes.
Mais est-il nécessaire que l’immatriculation soit effectuée pour les personnes physiques
commerçantes ? A notre avis, une réponse positive s’impose compte tenu des dispositions de
l’article 39 AUDCG ; il résulte de ce texte que la personne qui exerce une activité commerciale et
qui n’est pas immatriculée est privée des droits des commerçants sans pouvoir invoquer le
défaut d’immatriculation pour échapper à leurs obligations ; or, le bénéfice du règlement
préventif doit être analysé comme un droit des commerçants.
 Il y a en outre la condition liée à la situation économique de l’entreprise ; il faut que cette
situation soit difficile mais sans être irrémédiablement compromise.

[Texte] Page 7
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
- Si la situation est saine, toute demande tendant à obtenir le règlement devra être
considéré comme prématuré.
- Si en revanche la situation est irrémédiablement compromise, la demande devra être
considérée comme tardive et le tribunal devra prononcer le redressement judiciaire ou
la liquidation des biens.

PARAGRAPHE -2 LES REGLES DE FORMES


Pour bénéficier du règlement préventif, l’intéressé doit prendre 3 initiatives :
A- L’INTRODUCTION DE LA REQUETE
La requête doit être adressée au Président du tribunal compétent en matière commerciale du
lieu du principal établissement de la personne ou du lieu du siège social de la personne morale
et si le siège social est à l’étranger, du lieu du principal établissement sur le territoire national.
Cette requête doit contenir une analyse de la situation financière de l’entreprise et une
présentation de perspectives de redressement. Un débiteur qui a déjà demander la suspension
des poursuites et qui lui a été accordé, ne peut plus le faire dans un délai de 5 ans.

B- LE DEPOT D’UN DOSSIER


Il faut aussi le dépôt d’un dossier en même temps que la requête. Ce dossier doit comporter les
éléments visés par l’article 6-1 de l’AU/PC. Il s’agit en fait de documents permettant d’identifier
le requérant et de se faire une idée de la situation économique. Tous les documents doivent être
signés, datés et certifiés sincères par le requérant. En cas d’impossibilité de production totale
des documents, le requérant doit indiquer les motifs de l’empêchement.

C- LA SOUMISSION D’UNE OFFRE DE CONCORDAT


Le débiteur doit enfin, en même temps que le dépôt du dossier ou au plus tard dans les 30 jours,
soumettre une offre de concordat. A défaut, la requête est irrecevable. Dans l’offre de concordat,
le débiteur doit préciser :
- les modalités de continuation de l’entreprise,
- Les garanties d’exécution du concordat et éventuellement
- Les licenciements pour motif économique des salariés ainsi que
- Les remplacements des dirigeants envisagés.

[Texte] Page 8
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
SECTION 2- LE DEROULEMENT DE LA PROCEDURE
C’est une procédure qui comporte 2 phases : la première phase se déroule devant le Président
du tribunal et la deuxième phase devant le tribunal lui-même.

PARAGRAPHE 1- L’INTERVENTION DU PRESIDENT DU TRIBUNAL


Dès que la requête lui est présentée, le Président prend aussitôt deux mesures : la suspension
des poursuites individuelles et la désignation d’un expert.

1- LA SUSPENSION DES POURSUITES INDIVIDUELLES


Dès qu’il est saisi, le Président rend une ordonnance de suspension des poursuites individuelles
qui produit des effets sur la personne du débiteur mais également sur la personne des
créanciers.

A- LES EFFETS A L’EGARD DES CREANCIERS


C’est la suspension ou l’interdiction des actions individuelles contre le débiteur. Sont concernés :
- Les poursuites tendant à obtenir le paiement des créances visées par le débiteur et nées avant
l’ordonnance ainsi que
- Les voies d’exécutions et
- Les mesures conservatoires.
Certaines actions échappent cependant à l’interdiction ou à la suspension : c’est d’abord
L’action tendant à reconnaître un droit contesté, c’est ensuite les actions cambiaires dirigées
contre les signataires d’effets de commerce autres que le bénéficiaire de la suspension.
- Elle entraîne également la suspension des délais de prescription.

B- LES EFFETS A L’EGARD DU DEBITEUR


Le débiteur ne peut accomplir certains actes qu’avec l’autorisation du Président de la juridiction.
En effet, selon l’article 11 de l’AU/PC, le débiteur ne peut, sans autorisation :
- Payer en tout ou en partie les créances nées avant l’ordonnance et visées par celle-ci ;
- Accomplir des actes de disposition étrangers à l’exploitation normale de l’entreprise ;
- Consentir des sûretés ;
- Désintéresser les cautions qui ont acquitté des dettes nées avant la décision.
Les actes accomplis en violation de ces règles sont frappés d’inopposabilité de droit et le
débiteur encourt des sanctions personnelles.

[Texte] Page 9
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
2- LA DESIGNATION D’UN EXPERT
En même temps qu’il rend la décision de suspension, le Président désigne un expert. Celui-ci a
pour mission :
- D’éclairer le Président du tribunal en lui faisant un rapport sur la situation économique et
financière de l’entreprise, les perspectives de redressement et les mesures proposées dans
l’offre de concordat ;
- De favoriser un accord entre le débiteur et ses créanciers ;
- De signaler à la juridiction compétente les manquements à l’article 11 de l’AU/PC ;
- D’apprécier la situation du débiteur.
L’expert doit, dans les 2 mois de sa désignation, déposer son rapport en double exemplaire au
greffe du tribunal sauf autorisation motivée du Président du tribunal ; à défaut, sa responsabilité
pourra être engagée à l’égard du débiteur ou des créanciers.

PARAGRAPHE-2- LA PROCEDURE DEVANT LE TRIBUNAL


C’est le Président qui va saisir le tribunal. A l’audience, vont comparaître le débiteur et l’expert.
Les créanciers ne seront convoqués que si le Président l’estime nécessaire. L’audience n’est pas
publique. Le tribunal rend une décision comportant deux dispositions : l’une sur l’option et
l’autre sur la nomination des organes de la procédure.

1- L’OPTION DU TRIBUNAL
Le tribunal qui est saisi dans les 8 jours du dépôt du rapport a le choix entre 3 possibilités :
 Ouverture d’une procédure collective de redressement judiciaire ou de liquidation des
biens si le débiteur est déjà en état de cessation des paiements (Art. 15-1 de l’AU/PC) ;
 Annulation de l’ordonnance de suspension des poursuites individuelles. Il adopte une
telle solution lorsqu’il estime que la situation du débiteur ne relève d’aucune procédure
collective ou s’il rejette le concordat (Art. 15-3 de l’AU/PC).
 Adoption d’un jugement de règlement préventif et homologation du concordat. Il adopte
une telle solution lorsqu’il estime que la situation du débiteur est difficile mais que le
redressement est possible. Pour homologuer le concordat, le tribunal vérifie :
- que les conditions de validité sont réunies,
- qu’aucun motif tiré de l’intérêt collectif ou de l’ordre public ne paraît de nature à
empêcher le concordat,
- qu’il y a des possibilités sérieuses de redressement de règlement préventif et des
garanties suffisantes d’exécution et enfin
- que les délais consentis n’excèdent pas 3 ans pour l’ensemble des créances et 1 an pour
les créanciers de salaires.

[Texte] Page 10
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
2- LA DESIGNATION DES ORGANES DE LA PROCEDURE
En principe, la décision du tribunal homologuant le concordat met fin à la mission de l’expert. Le
tribunal désigne obligatoirement un juge commissaire. Il peut aussi désigner un syndic et des
contrôleurs chargés de suivre l’exécution du concordat.

PARAGRAPHE-3- LES EFFETS DU CONCORDAT PREVENTIF


Le jugement du règlement préventif doit être publié sous le contrôle de l’expert. Le vice de
constitution peut faire annuler un concordat tout comme une inexécution du concordat peut
entraîner sa résolution. Lorsque le concordat a été homologué ses effets doivent être vus à
l’égard du débiteur, des créanciers et des organes.

1- LES EFFETS DU CONCORDAT A L’EGARD DU DEBITEUR


Dès que le règlement préventif est passé en force de chose jugée c'est-à-dire à partir du moment
où le jugement d’homologation ne pourra plus faire l’objet de recours suspensif, le débiteur
retrouve la libre administration et la libre disposition de ses biens conformément aux termes du
concordat préventif.

2- LES EFFETS DU CONCORDAT A L’EGARD DES CREANCIERS


La procédure de règlement préventif suit son cours normal s’il y a cette homologation. Le
tribunal peut aussi désigner des contrôleurs chargés de suivre l’exécution du concordat. A partir
de ce moment, des effets considérables se produisent :
- Le concordat devient obligatoire pour tous les créanciers antérieurs à la décision de règlement
préventif. Il convient d’observer ici que si le concordat comporte une demande de délai
n’excédant pas 2 ans, le tribunal peut rendre ce délai opposable aux créanciers qui avaient
opposé un refus sauf s’il s’agit des salariés et que les créanciers de salaires ne peuvent consentir
aucune remise.
- Les créanciers munis de sûretés réelles spéciales conservent leurs garanties mais ils ne
pourront les réaliser.
- La prescription est suspendue pour les créanciers qui, par l’effet du concordat, ne peuvent
exercer leurs actions.
- Les cautions et coobligés ne peuvent se prévaloir des délais et remises consentis au débiteur.

[Texte] Page 11
COURS DE PROCEDURE COLLECTIVE
3- LES EFFETS DU CONCORDAT A L’EGARD DES ORGANES

La mission de l’expert ayant pris fin, il doit se retirer et doit rendre au débiteur tous les
documents qui lui ont été donné.
Le syndic désigné doit surveiller l’exécution du concordat et rendre compte de tout manquement
du débiteur au juge commissaire. Il fait à ce dernier un rapport tous les 3 mois du déroulement
du concordat.

[Texte] Page 12

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