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Fiabilité - Élève-2011

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LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

I – ANALYSE DE LA FIABILITE PAR LA LOI EXPONENTIELLE :


I-1 Liaison entre le taux de défaillance et la fiabilité :
« Probabilité d’avoir une panne entre t et dt » = « probabilité de survivre à l’instant t » x « probabilité
conditionnelle de défaillance entre t et t+dt ».
Cette expression est identique à : f (t ).dt  R(t ). (t).dt  f(t)=R(t). (t)
Il vient donc l’expression du taux de défaillance en fonction de la loi de fiabilité et la densité de
probabilité :
f(t)
 (t)=
R(t)
I-2 EXPRESSIONS DES LOIS DE FIABILITE :
dF (u )
f (u ) 
du
f (u ) dF (u ) dF (u ) dF (u )
 (u )      (u ).du 
R(u ) R(u ).d (u ) (1  F (u )).du 1  F (u )
Intégrons les 2 membres entre 0 et t :
t t dF (u ) t t dF (u )
  (u ).du       (u ).du  
0 0 1  F (u ) 0 0 1  F (u )

t t
   (u ).du  ln(1  Fu )0  ln(1  F (t ))  ln(1  F (0))
0

A t=0, il n’y a pas de défaillance, donc F(0) = 0, donc ln(1-F(0)) = ln1 = 0


t
t
   (u ).du  ln(1  F (t ))  e 0
 ( u ).du

 1  F ( t )  R (t )
0

On obtient donc les expressions générales des lois de fiabilité :


t

R(t )  e 0
 ( u ).du

F (t )  1  R(t )  1  e 0
 ( u ).du 

t
dF (t )
  (t ).e 0
  ( u ).du
f (t ) 
dt

MTBF  E (T )   t .f (t ).dt
0

La MTBF est définie comme étant l’espérance mathématique de la VA T.

I-3 – Définition de la loi exponentielle :


Rappel sur la durée de vie d’un matériel : On constate que durant la période de maturité d’un
équipement, λ(t) est constant ou sensiblement constant.
C’est le champ d’application de la loi exponentielle qui
repose sur l’hypothèse λ = constante.
La fiabilité - 1
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
tx de défaillance Les défaillances émergent sous l’action de causes
diverses et indépendantes.
Maturité  Si λ=cte, alors MTBF = 1/ λ en fiabilité
 Si μ=cte (taux de réparation), alors MTTR = 1/ μ
en maintenabilité
t

R(t )  e 0
  ( u ).du

t
et comme  (u )  cte  
 R(t )  e   .t
t
R(t )  e 0
 .du
 e   .u   e   .t
0

 Densité de probabilité : f (t )  .e   .t


 Fonction de répartition : F (t )  1  R(t )  1  e   .t
1
 Espérance mathématique : E (t )  MTBF 

I-4 – Durée de vie associée à un seuil de fiabilité :
Il est intéressant de savoir à quel instant la fiabilité atteindra un seuil déterminé.
1 1 1
R(t )  e   .t  ln R(t )  .t  t   .ln R(t )  t  .ln
  R (t )
Ex : un composant a une MTBF de 2000 heures. A quelle date « tj » ce composant aura une
fiabilité de 90% ?
1 1 1 1
tj  .ln  MTBF .ln  2000 x ln  211 heures
 R (t ) R (t ) 0,9
Au bout de 211 heures, on estime donc que 90% des composants survivront.
I-5 – Représentation graphique de la loi exponentielle :
-.t
Si R(t )  e   .t , alors ln R(t )  .t en logarithmes népériens et logR(t)= en logarithmes
2,3
décimaux.
Loi exponentielle sur échelle linéaire Loi exponentielle sur papier semi
logarithmique
R(t) logR(t)

Dr
oit
ed
ep
en
0,1 te
/2
,3
1/e=0,368

m=1/ t ou t
t
2,3/

La fiabilité - 2
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
I-6 – Estimation du taux de défaillance :
 Porter sur papier semi logarithmique les N points formés des couples (ti, Ri)
 Tracer la courbe de régression des N points
 Si les N points sont sensiblement alignés, alors la loi de fiabilité est exponentielle
 Déterminer λ par la pente de la courbe
 En déduire MTBF = 1/ λ
  .t
 En déduire R(t )  e
II– ANALYSE DE LA FIABILITE PAR LA LOI DE WEIBULL :
II-1 – Définition de la loi de Weibüll :
C’est une loi de fiabilité à 3 paramètres qui permet de prendre en compte les périodes où le taux de
défaillance n’est pas constant (jeunesse et vieillesse). Cette loi permet :
 Une estimation de la MTBF
 Les calculs de λ(t) et de R(t) et leurs représentations graphiques
 Grâce au paramètre de forme β d’orienter un diagnostic, car β peut être caractéristique de
certains modes de défaillance
Les 3 paramètres de la loi sont :
β  Paramètre de forme >0 sans dimension:
 Si β>1, le taux de défaillance est croissant, caractéristique de la zone de vieillesse
o 1,5 <  < 2,5 : fatigue
o 3 <  < 4 : usure, corrosion
 Si β=1, le taux de défaillance est constant, caractéristique de la zone de maturité
 Si β<1, le taux de défaillance est décroissant, caractéristique de la zone de jeunesse
f(t) R(t) (t)
=3
1 =3 1
=1
0,5
=0,5 =0,5
=1
t =3 =1 t t
Remarque : pour γ=0 et β=1, on retrouve la
distribution exponentielle, cas particulier de la loi de
1 1 f(t)
Weibüll :    1
 MTBF
avec 2 < 1

η  Paramètre d’échelle >0 qui s’exprime dans 2


l’unité de temps t

γ  paramètre de position, - < γ < +, qui s’exprime dans l’unité de temps :
f(t)

<0 =0 >0


t

La fiabilité - 3
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
 γ>0 : survie totale sur l’intervalle de temps [0, γ]
 γ=0 : les défaillances débutent à l’origine des temps
 γ<0 : les défaillances ont débuté avant l’origine des temps ; ce qui montre que la mise en
service de l’équipement étudié a précédé la mise en historique des TBF
Relations fondamentales :

 1  t  
 t   
  

 Densité de probabilité : f (t )  .  .e avec t  
   

 t  
 
  
 Fonction de répartition : F (t )  1  e

 t  
 
  
 Loi de fiabilité : R ( t )  1  F (t )  e
Taux de défaillance :

 1  t    1
f (t ) f (t )  t   
  
 1  t  
 (t )    .  .e .   (t )  . 
   

R (t ) 1  F ( t )      t  
 
  
e
MTBF et écart type :
E (t )  MTBF  A   Ex : pour β=1,2, γ=0 et η=550
Où A et B sont des paramètres issus de heures.
  B
tables. MTBF =………………………..

La fiabilité - 4
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

II-3 – Durée de vie associée à un seuil de fiabilité :


Il est intéressant de savoir à quel instant la fiabilité atteindra un seuil déterminé, en particulier les
roulements à billes.
 1 1
 t    
 

  
 t   1 t   t   1   1 
R (t )  e  ln R(t )      ln      ln   t  .  ln  
   R (t )      R (t )   R (t ) 
II-4 – Papier Weibüll :
C’est un papier log / log qui comporte 4 axes :

La fiabilité - 5
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

AXE a

AXE b AXE A

AXE B

AXE A

 Axe A : axe des temps sur lequel on porte les valeurs ti des TBF
 Axe B : valeurs des probabilités de défaillance Fi calculées par la méthode des rangs
moyens ou des rangs médians. On estime R(t) par R(t) = 1 – F(t)
 Axe a : axe des temps en logarithmes népériens : ln(t)
 Axe b : axe qui permet l’évaluation de β
II-5 – Détermination graphique des paramètres de la loi :
1. Préparation des données : détermination des couples (ti, Fi) par les rangs moyens ou les
rangs médians
2. Tracé du nuage de points
3. Tracé de la droite de Weibüll
4. Détermination de β, η, γ
5. Détermination des équations de la loi de Weibüll
6. Calcul de la MTBF
7. Exploitation des données issues de la loi

La fiabilité - 6
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

Exemple d’application :
Préparation des données :
Ordre i TBF Fi
1 165 0,11
2 330 0,26
3 515 0,42
4 740 0,58
5 915 0,73
6 1320 0,89
1- tracer le nuage de pointsT :
2- Tracer la droite de Weibüll D1 :
3- Détermination de β, η, γ
4- Equations de la loi :
5- Détermination de la MTBF :

Remarque sur la forme du nuage de points :


 Si le nuage de points approxime une droite, la détermination de γ est instantanée puisque
γ=0.
 Dans le cas où ce n’est pas une droite mais une courbe (concave ou convexe) qui est
approximée, il existe des méthodes de redressement de la courbe pour obtenir une droite et
donc γ. Dans ce cas, l’utilisation de logiciels spécialisés est conseillée.

III – METHODES D’APPROXIMATION DES VALEURS DE LA FONCTION DE REPARTITION :


On dispose pour nos études de fiabilité d’un certain nombre de données expérimentales ou réelles
sur les TBF ; TBF dont on veut étudier la fonction de répartition.
Ces données représentent un échantillon « n » de la population que l’on veut appréhender. Elles
doivent être classées par ordre croissant de durée (en heures, jours, etc), suivant l’unité la plus
adaptée.
i
L’estimation de la fonction de densité pour une durée ti est donnée par : f (ti ) 
n 1
Or, ce n’est pas la fonction de densité qui nous intéresse mais la fonction de répartition F(ti). Cette
fonction de répartition peut être estimée selon plusieurs méthodes dont 2 sont particulièrement
applicables pour les lois de fiabilité (exponentielle et Weibüll) : ce sont les méthodes des rangs
médians et des rangs moyens. Le choix entre l’une ou l’autre des méthodes est fonction de la
taille « n » de l’échantillon.
i  0,3
 Si n  20 , on utilise la méthode des rangs médians et F (ti ) 
n  0,4
i
 Si n  20 , on utilise la méthode des rangs moyens et F (ti ) 
n 1
Des tables donnent les valeurs de F(ti) directement en fonction de la taille n de l’échantillon.

La fiabilité - 7
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

Ex : table des rangs médians :


TAILLE DE L'ECHANTILLON
ordre
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
1 50,0 29,2 20,6 15,9 13,0 10,9 9,5 8,3 7,4 6,7 6,1 5,6 5,2 4,9 4,5 4,3 4,0 3,8 3,6 3,4
2 70,8 50,0 38,6 31,5 26,6 23,0 20,2 18,1 16,3 14,9 13,7 12,7 11,8 11,0 10,4 9,8 9,2 8,8 8,3
3 79,4 61,4 50,0 42,2 36,5 32,1 28,7 26,0 23,7 21,8 20,1 18,8 17,5 16,5 15,5 14,7 13,9 13,2
4 84,1 68,5 57,8 50,0 44,0 39,4 35,6 32,5 29,8 27,6 25,7 24,0 22,6 21,3 20,1 19,1 18,1
5 87,0 73,4 63,5 56,0 50,0 45,2 41,2 37,9 35,1 32,6 30,5 28,7 27,0 25,5 24,2 23,0
6 89,1 77,0 67,9 60,6 54,8 50,0 46,0 42,5 39,6 37,0 34,8 32,8 31,0 29,4 27,9
7 90,5 79,8 71,3 64,4 58,8 54,0 50,0 46,5 43,5 40,9 38,5 36,4 34,5 32,8
8 91,7 81,9 74,0 67,5 62,1 57,5 53,5 50,0 47,0 44,3 41,8 39,7 37,7
9 92,6 83,7 76,3 70,2 64,9 60,4 56,5 53,0 50,0 47,3 44,8 42,6
10 93,3 85,1 78,2 72,4 67,4 63,0 59,1 55,7 52,7 50,0 47,5
11 93,9 86,3 79,9 74,3 69,5 65,2 61,5 58,2 55,2 52,5
12 94,4 87,3 81,3 76,0 71,3 67,2 63,6 60,3 57,4
13 94,8 88,2 82,5 77,4 73,0 69,0 65,5 62,3
14 95,1 89,0 83,5 78,7 74,5 70,6 67,2
15 95,5 89,6 84,5 79,9 75,8 72,1
16 95,7 90,2 85,3 80,9 77,0
17 96,0 90,8 86,1 81,9
18 96,2 91,2 86,8
19 96,4 91,7
20 96,6

VI – APPLICATION DE WEIBULL : OPTIMISATION D’UNE PERIODE D’INTERVENTION


SYSTEMATIQUE :
La question qui revient sans cesse dans un service maintenance pour un équipement est : faut-il
choisir de garder le correctif ou de mettre en œuvre un préventif systématique ? Pour répondre à
cette question, il existe plusieurs outils (abaques de Noiret par exemple) dont l’utilisation de la loi de
Weibüll.
La mise en pratique de cette loi va permettre de répondre aux 2 questions suivantes :
 Existe-t-il une période d’intervention systématique T telle que la maintenance préventive soit
plus économique que la maintenance corrective ?
 Si oui, quelle est cette période optimisée θ ?
Cet outil d’optimisation sera nommé outil « r, β ».
4-1 – Mise en œuvre de la méthode :
Sur un système réparable, dont un constituant « fragile » est interchangeable, comment faire pour
déterminer la période θ de remplacement préventif ?
Il faut en 1er lieu connaître :
 La loi comportementale R(t) du constituant
 Le coût « p » du correctif qui, par hypothèse, est égal au coût de l’intervention préventive liée
au remplacement du constituant défectueux
 Le coût indirect « P » des conséquences de la défaillance
On appellera r=P/p le ratio de « criticité économique » de la défaillance. Domaine de validité : 2
< r < 100.
Evaluation du coût C1 de l’intervention corrective :
Le coût moyen d’une intervention corrective est p + P.
pP
Le coût moyen par unité d’usage devient : C1 
MTBF
La fiabilité - 8
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
Evaluation du coût C2(θ) d’une intervention préventive systématique :
Si θ est la période de remplacement systématique du composant, le coût aura 2 termes :
 Le coût de l’intervention p
 Le coût du correctif résiduel lié au risque de défaillance avant θ et évalué par sa probabilité
F(t) avec t< θ. Ce coût est égal à : P.F (t )  P.(1  R(t )) .
p  P.(1  R(t ))
Le coût moyen par unité d’usage est donc C 2( )  , avec m(θ) la durée de vie
m( )
moyenne des composants ne dépassant pas θ, puisqu’ils ont été changés à cette date.

m( )   R(t )dt .
0

Critère de choix :
Le préventif systématique sera choisi s’il existe une période θ telle que C2(θ)<C1 ou encore
C 2( )
 1.
C1
Principe de l’optimisation de θ :
C 2( )
On étudie les variations de quand θ varie.
C1
C 2( )
 Si  1, alors il n’y a pas de solutions
C1
 Si le rapport à minimum inférieur à 1, la valeur t = θ correspondant au minimum est
optimisée
C 2( ) p  P (1  R( )) MTBF
On forme le rapport :  .
C1 m( ) pP

 
 
 
R(θ) est modélisable par une loi de Weibüll à 2 paramètres (γ=0). R( )  e
 1 
La MTBF est aussi une fonction de η et β : MTBF  .  1   avec    e  t .t a 1.dt qui est une
  0

fonction mathématique complexe.


 P
Si on pose x  et r  , alors
 p
 1
C 2( ) p  P (1  R( )) MTBF
 . devient :
C 2( x )


1  r 1 e x

 .  1  
x
C1 m( ) pP C1 
e  t .dt 1 r
0

La fiabilité - 9
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION
C 2( x )
On constate que le rapport est dépendant de
C1
2 paramètres : β qui caractérise la forme de la
distribution et r, paramètre économique, qui
caractérise le rapport des coûts indirects / directs
(criticité des défaillances).
C 2( x )
Exploitation du rapport :
C1
En plus des 2 paramètres cités précédemment, le
rapport fait aussi intervenir le temps. On trace alors
sur un graphique une série de courbes
C 2( x )
 f ( x ) pour des valeurs successives de θ et
C1
de r. On obtient alors des abaques telles que celle
ci-contre :
4-2 – Méthodes de gestion des matériels :
Gestion individuelle en maintenance préventive
systématique : en cas de défaillance résiduelle, le
remplacement du composant défaillant initialise une
nouvelle période θ pour l’échéancier. C’est la
méthode la plus fréquente.

Défaillance
      

t1 t2 t3 t4 t5 t6 t7
durée
Gestion collective en maintenance préventive systématique : en cas de défaillance résiduelle,
le remplacement du composant défaillant ne modifie pas l’échéancier prévu.
Défaillance
    

t1 t2 t3 t4 t5 t6


Cette notion de gestion des équipements nous intéresse dans le cas de l’optimisation d’une période
de remplacement, puisqu’elle nous conduit à l’obtention de 2 abaques.

La fiabilité - 10
LA FIABILITE DES SYSTEMES DE PRODUCTION

La fiabilité - 11

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