Table des matières
Introduction 3
0.1 Intégration le long d’une courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
0.2 Longueur d’une courbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
0.3 Théorème de Cauchy : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
0.4 Primitives et intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
0.5 Théorème fondamental de l’intégration . . . . . . . . . . . . . . . . 9
0.6 Théorème de Morera . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
0.7 Formule intégrale de Cauchy : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
0.8 Quelques théorèmes importants : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
0.8.1 Inegalite de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
0.8.2 Théorème de Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
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Introduction
L’objectif du module Analyse Complexe est de maîtriser les concepts et les résultats
fondamentauxde la théorie des fonctions complexes de variables complexes de manière a
pouvoir les utiliser dans d’autre cours.
Ces notes de cours donnent les principales dé…nitions et les résultats fondamentaux,
illustrés par des exemples
3
Chapitre 2
Intégration dans le domaine complexe
Dé…nition 0.1 Un chemin ou arc de classe C k de C est dé…ni comme étant une fonc-
tion de classe C k d’un intervalle réel I = [a; b]; a < b, vers le plan complexe C.
[a; b] ! C
t ! z(t) = x(t) + iy(t)
Ses points initial et …nnal sont z0 = z(a) et z1 = z(b).
1. La fonction t ! z(t) est souvent notée t ! (t) ou t ! (t):
2. On note un chemin par (I; )
3. Les points initial z0 = (a) et …nal z1 = (b) sont appelés respectivement l’origine et
l’extrémité de .
Dé…nition 0.2 L’image C = fz(t) 2 C; t 2 [a; b]g s’appelle support de ou courbe dans
le plan complexe C paramétrée par la fonction : t ! z(t) :
1. Si les points initial et …nal d’un chemin coincident, il est appelé chemin fermé
2. On dit qu’un chemin est simple si ne se recoupe pas lui-même i.e. il n’a pas de points
doubles.
3. Toute courbe fermée et simple, est appelée courbe de Jordan.
Dé…nition 0.3 Une courbe de classe C k par morceaux ou un chemin est obtenue en
recollant un nombre …ni de courbes ou chemin ([ai ; bi ]; i ); i = 1; ::; m de classe C k dont
l’extrémité i (bi ) de l’un coincide avec l’origine du suivant i+1 (ai+1 ):
Exemple 0.4 Soit C la courbe paramétrée par le chemin
: !C
2
t 7 ! (t) = eit = cos t + i sin t
Le sens de l’orientation de C induite par est de z0 = (0) vers z1 =
2
4
0.1 Intégration le long d’une courbe
Soit D un domaine non vide du plan complexe C et soit C une courbe paramétrée
par un chemin
: [a; b] ! D
t 7 ! (t) = z(t) = x(t) + iy(t)
Soitf : D ! C une fonction complexe dé…nie sur D et continue en tout point de C:
Partageons [a; b] en n intervalles au moyen des points t0 = a < t1 < ::::: < tn = b,
arbitrairement choisis et posons z0 = (a); z1 = (t1 ); :::; zn = (b):
Sur chaque arc joignant zk 1 a zk [ou k varie de 1 a n] choisissons un point k. Formons
la somme suivante qui s’appelle somme de Riemann de longueur n 2 N associée a
la fonction f et au chemin subdivisé en n portions de chemins pointées par les
k 2 ([tk 1 ; tk ]) :
Sn = f ( 1 )(z1 z0 ) + ::::::f ( k )(zk zk 1 ) + ::: + f ( n )(zn zn 1 )
En posant zk zk 1 = zk , ceci devient
X
n
Sn = f ( k ) zk
k=1
Si l’on fait croître le nombre n des subdivisions de façon que la longueur j zk j de la plus
grande des cordes tende vers zéro, alors la somme Sn tend vers une limite indépendante
du mode de subdivision.
Dé…nition 0.5 La limite de la suite des sommes de Riemann
X
n
lim Sn = lim
n!1
f ( k ) zk
n!1
supj zk j!0 k=1
Z
s’appelle intégrale de la fonction f le long de la courbe C et se note f (z)dz:
C
Remarque 0.6 1. L’intégrale le long d’une courbe est aussi appelée intégrale le long d’un
chemin, ou intégrale curviligne complexe
5
2. Si la courbe est fermée et orientée dans le sens inverse des aiguilles d’une montre on
I Z
note f (z)dz au lieu de f (z)dz
C C
3. Le sens inverse des aiguilles d’une montre est aussi appelé le sens positif ou sens direct.
Proposition 0.7 Soit D un domaine non vide dans C. Si C est une courbe paramétrée
par un chemin
: [a; b] ! D
t 7 ! (t) = z(t) = x(t) + iy(t)
de classe C 1 et f : D ! C est une fonction continue en tout point de C, alors
Z Zb
f (z)dz = f (z(t))z 0 (t)dt
C a
Ce résultat est souvent pris comme dé…nition de l’intégrale de f le long de la courbe C.
3
Exemple 0.8 Soit C l’arc z(t) 2 C tel que z(t) = 2eit ; 0 t
2
Z
Evaluons l’intégrale z 2 dz
C
on a dz = z 0 (t)dt = 2ieit dt:Alors :
3 3
Z Z2 Z2
8 8
z 2 dz = (2eit )2 2ieit dt = 8ie3it dt = +i
3 3
C 0 0
Z
Proposition 0.9 Si f (z) = u(x; y) + iv(x; y) et z(t) = x(t) + iy(t), l’intégrale f (z)dz
C
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peut être exprimée sous la forme suivante
Z Z Z
f (z)dz = (u + iv)(dx + idy) = (udx vdy) + i(vdx + udy)
C C C
Zb
= fu(x(t); y(t))x0 (t) v(x(t); y(t))y 0 (t)g dt
a
Zb
+i fv(x(t); y(t))x0 (t) + u(x(t); y(t))y 0 (t)g dt
a
Z
Calculer f (z)dz ou f (z) = iz = y + ix et C = z(t) = t2 + 23 it 2 C; t 2 [ 1; 2]
C
On a x(t) = t2 ; y(t) = 32 t et dz = dx + idy = (x0(t) + iy0(t))dt = (2t + i 23 )dt
Z Zt=2 Z2
3
Alors f (z)dz = (y(t) + ix(t)) (x0(t) + iy0(t))dt = 2
t + it2 (2t + i 23 )dt = 29 + 87
8
i
C t= 1 1
0.2 Longueur d’une courbe
Soit C une courbe paramétrée par un chemin de classe C 1
z : [a; b] ! C
t 7 ! z(t) = x(t) + iy(t)
La longueur LC de la courbe C est dé…nie comme étant
Zb Zb q
Lc = jz 0 (t)j dt = (x0 (t))2 + (y 0 (t))2 dt
a a
Exemple 0.10 Trouver la longueur du demi-cercle
C = z(t) 2 C où z(t) = 2eit ; t 2 [0; ]
On a z 0 (t) = 2ieit et donc jz 0 (t)j = j2ieit j = 2
7
Z
Donc LC = 2dt = 2 :
0
0.3 Théorème de Cauchy :
Théorème 0.11 Soient f une fonction holomorphe dans un domaine non vide D C
et C une courbe fermée contenue ainsi que son intérieure dans D. Alors
I
f (z)dz = 0
C
Preuve : . Il y a beaucoup de preuves du théorème de Cauchy. Ici, nous donnons une
démonstration basée sur le théorème de Green. Nous supposons (en plus des hypothèses
énoncées) que f possède des dérivées partielles continues Le théorème de Green stipule
ce qui suit : supposons que =@ un chemin fermé délimitant une région ; g; h sont
des fonctions C 1 dé…nie sur un ensemble ouvert contenant ;alors :
Z ZZ
@h @g
g(x; y)dx + h(x; y)dy = dxdy
@y @y
Posons f (z) = f (x + iy) = u(x; y) + iv(x; y) et dz = dx + idy;alors
I Z
f (z)dz = (u + iv)(dx + idy)
Z Z
= udx vdy + i vdx + udy
ZZ ZZ
@v @u @u @v
= dxdy + dxdy
@x @y @x @y
puisque f est une fonction holomorphe ,alors les conditions de Cauchy Riemann sont
véri…ées d’où le résultat.
Théorème 0.12 Soit f une fonction holomorphe dans un domaine connexe limit e par
8
deux courbes fermées simples C et C1 et sur ces courbes. Alors
I I
f (z)dz = f (z)dz
C C1
ou C et C1 sont décrites dans le sens positif relatif à leur intérieur.
Ce résultat montre que si nous désirons intégrerf le long d’une courbe C nous pouvons
remplacer C par toute courbe C1 pourvu que f soit holomorphe dans l’ouvert connexe
compris entre C et C1 :
0.4 Primitives et intégration
Si f et F sont holomorphes dans un domaine connexe D et telles que F 0 (z) = f (z),
alors
Z F est appelée intégrale indé…nie ou anti-dérivée ou primitive de f et est notée F (z) =
f (z)dz:
d
Exemple 0.13 On a (3z 2 4 sin z) = 6z 4 cos z; alors
dz
Z
(6z 4 cos z) dz = 3z 2 4 sin z + c; c 2 C
La fonction z ! 3z 2 4sinz est une primitive de z ! 6z 4cosz:
0.5 Théorème fondamental de l’intégration
Soient f et F deux fonctions holomorphes dans un domaine connexe D telles que
F 0 (z) = f (z). Si z0 et z1 sont deux points quelconques de D ; alors pour toute courbe C
de point initial z0 et de point …nal z1 , on a
Z Zz1
f (z)dz = f (z)dz = [F (z)]zz10 = F (z1 ) F (z0 ):
C z0
9
Ce résultat est conséquence du théorème de Cauchy et signi…e que si f est holomorphe
alors la valeur de l’intégrale est indépendante du chemin suivi pour aller de z0 a z1 .
0.6 Théorème de Morera
Contrairement aux fonctions d’une variable réelle, pas toutes les fonctions continues
d’une variable complexe admettent des primitives holomorphes. Par exemple, la fonction
z ! f (z) = zz est continue dans C mais n’a pas de primitives holomorphes.
Il existe un résultat dû a Morera qui est souvent appelé la réciproque du théorème
de Cauchy
Théorème 0.14 Soit f une fonction continue dans un domaine simplement connexe D,
I
supposons que f (z)dz = 0 pour tout triangle T dans D: Alors f est holomorphe dans
T
D et donc admet une primitive holomorphe dans D
1
Exemple 0.15 On reprend l’exemple de la fonction dé…nie sur C par f (z) = mais
z
sa fonction primitive F (z) = Log z n’est pas holomorphe sur C
.
Les résultats suivants sont des conséquence des théorèmes de Morera et celui de
Cauchy.
Corollaire 0.16 Si f une fonction continue dans un domaine connexe D, alors f admet
une primitive holomorphe dans D si et seulement si
I
f (z)dz = 0
C
pour toute courbe fermée C contenue ainsi que son intérieure dans D.
Corollaire 0.17 Si f une fonction continue dans un domaine connexe D, telle que il
I
existe une courbe fermée C dans D dont l’intégrale f (z)dz est non nulle, alors la
C
fonction f n’admet pas de .primitives holomorphe sur D
10
1
Exemple 0.18 Soit f la fonction dé…nie sur C par f (z) =
z
Si on intègre la fonction f le long du cercle Cr ; r > 0 paramétré par le chemin t !
z(t) = reit avec t 2 [0; 2 ], on trouve
I Z2 Z2
1 1
dz = ireit dt = idt = i2 :
z reit
Cr 0 0
I
1
Exemple 0.19 Puisque l’intégrale z
dz est non nulle, on déduit que la fonction f n’ad-
Cr
met pas de primitive holomorphe sur C malgré elle est holomorphe sur C
0.7 Formule intégrale de Cauchy :
Soient f une fonction holomorphe dans un domaine non vide D C et C une courbe
fermée simple contenue ainsi que son intérieure dans D.Si w est un point intérieur a C,
alors I
1 f (z)
f (w) = dz
2 i z w
C
ou la courbe C est décrite dans le sens direct.
De même la n-ième dérivée de f en w est donnée par
I
(n) n! f (z)
f (w) = dz, n = 1; 2; 3::::
2 i (z w)n+1
C
*La première formule peut être considérée comme un cas particulier de la deuxième si
l’on pose 0! = 1
* Les deux formules précédentes sont appelées formules intégrales de Cauchy et sont trés
remarquables car ils montrent que si une fonction f est connue sur la courbe fermée
simple C; alors ses valeurs et les valeurs de toutes ses dérivées peuvent être calculées en
tout point situé a l’intérieur de C.
*Si une fonction de la variable complexe admet une dérivée première dans un domaine
simplement connexe D, toutes ses dérivées d’ordre supérieur existent dans D.
Ceci n’est pas nécessairement vrai pour les fonctions de la variable réelle.
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Exemple 0.20 Utiliser la formule intégrale de Cauchy pour evaluer
I
1
dz
(z 2) (z + 1)
C
le long du cercle
C = z(t) 2 C; t 2 [0; 2 ] ; où z(t) = 2 + eit
1
La fonction z ! f (z) = est holomorphe a l’intérieur du cercle C et sur C, alors
z+1
d’aprés la formule intégrale de Cauchy avec w = 2, on a
I I
1 f (z) 1 2
dz = dz = 2 if (2) = 2 i = i
(z 2) (z + 1) (z 2) 2+1 3
C C
0.8 Quelques théorèmes importants :
Dans ce qui suit on énonce quelques théorèmes importants qui sont des conséquences
des formules intégrales de Cauchy.
0.8.1 Inegalite de Cauchy
Si f est holomorphe a l’intérieur du cercle C et sur C, où C désigne le
cercle d’equation jz z0 j = r;alors
M n!
jf n (z0 )j ; n = 0; 1; 2::::::::
rn
où M désignant une constante telle que jf (z)j < M sur C, i.e. M est une
borne supérieure de jf (z)jsur C.
Preuve : On a d’aprés les formules intégrales de Cauchy
I
(n) n! f (z)
f (z0 ) = dz, n = 1; 2; 3:::::::
2 i (z w)n+1
C
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Comme jz z0 j = r sur C et la longueur de C est 2 r, alors on a
I
(n) n! f (z) n! M M n!
f (z0 ) = dz 2 r =
2 (z z0 )n+1 2 rn+1 rn
C
qui est le résultat demandé.
0.8.2 Théorème de Liouville
Une fonction f entière [holomorphe dans C] et bornée [jf (z)j < M , où M
désigne une constante] est nécessairement une constante
Preuve : .Soit z0 et z1 deux points quelconques du plan complexe C.Considérons le
cercle C de rayon r centré en z0 et contenant le point z1 . On a d’aprés la formule intégrale
de Cauchy
I I I
1 f (z) f (z) z1 z0 f (z)
f (z1 ) f (z0 ) = dz dz = dz
2 i (z z1 ) (z z0 ) 2 i (z z0 ) (z z1 )
C C C
D’autre part jz z0 j = r sur C et
r
jz1 z0 j = jz z1 j = jz z0 + z0 z1 j jz z0 j jz0 z1 j = r jz0 z1 j
2
r
si l’on choisit r su…samment grand pour que jz0 z1 j < : Alors tenant compte de
2
jf (z)j < M et de ce que la longueur de C est 2 r, on a
I
jz1 z0 j f (z) jz1 z0 j (2 r)M 2 jz1 z0 j M
f (z1 ) f (z0 ) = dz r =
2 (z z0 ) (z z1 ) 2 r2 r
C
Faisant tendre r vers +1 on voit alors quejf (z1 ) f (z0 )j = 0 soit f (z1 ) = f (z0 ) ce qui
montre que f est une constante.
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