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Bitume ?

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Introduction

Le bitume est un héros méconnu de notre monde moderne. Élément essentiel de


l’enrober que nous utilisons pour construire des routes, le bitume maintient les rues de
notre ville et relie les villes et les pays sur de longues distances. Il est la colonne
vertébrale de nos déplacements personnels et professionnels mais aussi du tourisme et
de la logistique.

Mais il n'y a pas que les routes le bitume est vital pour tous les types de projets de
construction et d'infrastructure, qu'ils soient petits ou grands. Sans bitume notre monde
serait très différent nos villes et nos maisons aussi seraient très différentes ; nos
existences seraient moins mobiles et moins connectées. Ce matériau de grande valeur
à d'innombrables utilisations et applications, et on en découvre de nouvelles chaque
année, grâce à la recherche et le développement faits par l'industrie du bitume.

Le bitume n'est pas seulement souple et multifonctionnel, il présente également un


certain nombre d'autres avantages : Il est rapide à mettre en œuvre et sûr à utiliser, mais
aussi durable et résistant à l'usure. Il est facile à entretenir et il est 100% recyclable, ce
qui en fait le choix idéal pour les projets avant-gardistes dans les domaines de la
construction et de l'infrastructure.
1 Généralité :
1.1 Qu'est-ce que le bitume ?
Le bitume est un matériau présent naturellement dans l'environnement ou pouvant
être fabriqué industriellement après distillation de certains pétroles bruts. Il est
composé d'un mélange d'hydrocarbures, peut se trouver à l'état liquide ou solide, et a
une couleur brunâtre å noirâtre. Le bitume est liquéfiable à chaud et adhère aux
supports sur lesquels on l'applique. Il possède un certain nombre de qualités
physicochimiques dont l'Homme a su faire usage depuis la Préhistoire. Dans le langage
courant, on le confond souvent avec la poix, le goudron d'origine houillère, ou l'asphalte
routier dont il n'est qu'un composant.

1.2 Origine :
Le bitume existe à l'état naturel sous forme de résidu d'anciens gisements de pétrole
dont les éléments les plus légers ont été éliminés au cours du temps par une sorte de
distillation naturelle, les éléments légers étant très volatils à température ambiante.
Extrait à ciel ouvert de gisements qui se présentent comme de véritables lacs appelés
fosses à bitume, le bitume peut aussi se présenter sous forme de filons en sous-sol. Le
plus connu de ces bitumes naturels est le bitume de Trinidad qui relève du premier
type de gisement.

Gisement naturel de bitume au bord la mer Morte Pitch Lake Trinidad et Tobago

1.3 L'utilisation au cours de l'histoire :


Le bitume est considéré comme l'un des plus vieux matériaux du monde.

6000 av. J.-C.: Le bitume est utilisé à Sumer pour imperméabiliser les bateaux.

2000 av. J.-C.: Le bitume sert également de tablettes d'écriture et d'œuvres d'art.

• Sculpture

• Colle et adhésif

• Préservation des momies


• Premières photographies

2 Fabrication des bitumes purs :


Les modes de fabrication ont évolué Avant la crise pétrolière des années 1970, on
faisait appel presque exclusivement à des bruts lourds de forte densité, de type,
permettant de fabriquer les différentes classes de bitume par distillation directe, sans
qu'il soit nécessaire d'utiliser une colonne sous-vide de grande efficacité. Actuellement
les bruts å bitume ont des origines diverses mais la plupart d'entre eux proviennent du
Moyen-Orient, le reste venant du Venezuela et du Mexique. Ces bruts sont caractérisés
par des densités moins élevées.

Il existe plusieurs techniques pour fabriquer le bitume, reposant principalement sur la


distillation directe du pétrole Lorsque le choix d'un brut et celui d'une technique ont été
décidés, le fabricant suit rigoureusement le processus et s'y maintient. Ces choix font
l'objet pour chaque fabricant de procédures d'homologation très sévères, dans le souci
de fournir des produits industriels d'une qualité constante et conformes
aux spécification

2.1 Distillation atmosphérique :


Ce mode de raffinage consiste à chauffer en continu par passage dans un four, le brut
préalablement décanté et dessalé. Ce brut, porté à une température voisine de 370 °C,
est envoyé dans une colonne de fractionnement maintenue à la pression
atmosphérique. Le produit récupéré en fond de tour est le brut réduit.
2.2 Distillation sous-vide :
A ce stade, le brut réduit provenant de la distillation atmosphérique est, après
réchauffage aux alentours de 400 °C, envoyé dans une colonne où règne une pression
réduite à quelques dizaines d'hPa. Il est possible, dans ce type d'unité, de fabriquer
directement toutes les classes de bitumes du 20/30 au 160/220.

2.3 Désasphaltage au solvant :


Selon le solvant employé, butane ou propane, on obtient différentes classes de
bitume en faisant varier la nature du fond de distillation sous-vide et les conditions de
fonctionnement de l'unité de dés asphaltage, notamment la température et la pression.
Le bitume ainsi obtenu est appelé bitume PPA (Propan-Precipited-Asphalt).

Selon la façon dont est conduite la fabrication du bitume, par distillation ou


désalphatages au solvant, il est possible d'obtenir des bitumes de pénétrabilité plus ou
moins élevée. Cette propriété fait partie des deux caractéristiques fondamentales de
chaque bitume, avec la température de ramollissement.

S'ajoute à cela la susceptibilité à la température et au vieillissement, la cohésivité et


l'élasticité qui sont mesurées par des tests spécifiques

3 Les types de bitumes :


3.1 Les bitumes purs :
Que l'on définit en plusieurs classes en fonction de leurs différentes caractéristiques
(viscosité, pénétrabilité, point de ramollissement...). Ils sont Les plus communs des
bitumes routiers obtenus en raffinerie par distillation directe, sauf les plus durs pour
lesquels on peut faire appel à la rectification à l'air ou au désasphaltage. La plage de
pénétrabilité, qui caractérise la dureté, varie de 50/70 à 160/220 pour les bitumes
considérés comme mous, et de 10/20 à 35/50 pour les bitumes appelés durs sur les
chantiers.

3.2 Les bitumes oxydés ou bitumes soufrés :


Bitumes dont les propriétés rhéologiques ont été modifiées. Ils sont obtenus par
l'injection d'air dans une charge composée habituellement de distillats et de produits
lourds provenant de la distillation sous-vide. Cette réaction se fait à température élevée
(280 °C en moyenne).
3.3 Les bitumes fluidifiés ou CUT BACK :
Pour faciliter la mise en œuvre, on réduit la viscosité en ajoutant des fluidifiants (par
exemple le kérosène) qui ramollissent le bitume. Certains bitumes fluidifiés peuvent
être appliqués à température ambiante.

On en distingue 3 types selon la fluidité et la vitesse de séchage :

• Lente type SC (slow curing).

• Moyenne type MC (medium curing).

• Rapider type RC (rapid curing).

3.4 Les bitumes fluxés :


Bitumes ramollis par l'addition d'huile de fluxage de faible volatilité (en général,
mélange d'huile d'origine pétrolière ou d'huile végétale : colza). L'ajout d'un fluxant,
ramollit le bitume et permet sa mise en œuvre à une température légèrement supérieure
à 100 °C. La partie la plus légère du fluxant s'évapore tandis que la plus lourde a pour
rôle de plastifier le liant en place.

3.5 Les bitumes modifiés :


Les bitumes modifiés sont des bitumes dont les propriétés rhéologiques ont été
modifiées pendant la fabrication par l'emploi d'un ou de plusieurs agents chimiques.

Les bitumes modifiés par des polymères

Ce sont des bitumes dans lesquels on a incorporé un ou plusieurs polymères


(élastomère ou plastomère), pour en améliorer les performances. Les élastomères sont
les plus utilisés, Ces liants apportent à l’enrober bitumineux de hautes performances
faible susceptibilité à la température et aux temps de charge, bonne résistance au
fluage et à la fatigue, bonne souplesse au froid et comportement élastique. Certains
polymères favorisent la résistance au kérosène (bitumes "anti-K").

3.6 Les bitumes spéciaux :


Les bitumes spéciaux sont fabriqués au moyen de procédés et à partir de bases
choisis afin de leur conférer des propriétés particulières les rendant aptes à certaines
exigences plus rigoureuses imposées pour des applications routières ou industrielles
spécifiques. Parmi ceux- ci, on trouve les bitumes durs et les bitumes multigrades.
-Bitumes multigrades

Ils sont caractérisés par un indice de pénétrabilité IP, compris entre 0 et 2. Leurs
propriétés rhéologiques apportent une réponse au risque d'orniérage des couches de
roulement, tout en assurant une bonne résistance à la fissuration thermique.

Ils sont aptes à la formulation d'enrobés fortement sollicités par un trafic lourd et
canalisé, utilisés dans des régions enregistrant de grand écart de température.

-Les bitumes durs

Les bitumes durs sont définis par leur pénétrabilité, inférieure à 25 x 0.1 mm, et leur
point de ramollissement, compris entre 55 et 76 °C (selon la norme européenne EN
13924). II en existe deux classes principales, les 10/20 et les 15/25. Ils sont fabriqués en
raffinerie, à partir de bases issues de la distillation de pétroles bruts riches en
asphaltènes ou de mélanges incluant des bases semi-soufflées. Un enrobé à base de
bitume dur conserve une meilleure résistance à la déformation permanente conférant
des propriétés anti orniérantes à la chaussée

3.7 Emulsions de bitume :


L'émulsion est une dispersion très fine du bitume dans l'eau. Il en existe deux
catégories : les émulsions anioniques et les émulsions cationiques. La stabilité de la
dispersion est obtenue par l'ajout d'un tensioactif qui réduit la tension interfaciale Cau/
bitume et polarise les globules de bitume soit négativement (émulsion anionique), soit
positivement (émulsion cationique). C'est la nature du tensioactif qui détermine la
polarité de l'émulsion. Les émulsions de bitume peuvent être mises en œuvre à
température modérée (<80 °C), voire å température ambiante

4 Les classes du bitume :


5 Caractéristiques des bitumes purs :
Les qualités physiques et chimiques du bitume qui en ont fait un matériau de
première importance sont ;

-Il adhère à la majorité des matériaux usuels (pierre, béton, bois, métal, verre...)

-C'est un excellent isolant thermique et diélectrique.

-Il est léger, ductile et souple et se comporte comme un matériau plastique ou élastique
du point de vue mécanique.

-Il est insoluble dans l'eau et pratiquement inerte vis-à-vis de la plupart des agents
chimiques usuels.

Les deux caractéristiques fondamentales qui permettent de définir un bitume sont :

-La pénétrabilité : mesure de dureté

-Le point de ramollissement : température maximale d'usage de bitume sur la route. Les
bitumes sont caractérisés par un certain nombre d'essais normalisés dont les plus
pratiqués sont la pénétrabilité à l'aiguille et le point de ramollissement bille et anneau,
qui permettent d'apprécier leur consistance.

5.1 Pénétrabilité à l'aiguille (EN1426) :


Ce test permet de déterminer la consistance des bitumes et des liants bitumineux au
moyen d'une aiguille de référence pénétrant verticalement dans un échantillon de liant.
Suivant des conditions parfaitement définies. La profondeur de pénétration est
exprimée en dixièmes de millimètre.

L’appareillage :

-L'aiguille de pénétration en acier inoxydable Son diamètre compris entre 1 et 1.02 mm.

-Un récipient d'échantillon cylindrique à fond plat sa profondeur interne doit être
supérieur d'au moins 10 mm, son diamètre intérieur comprise entre 55 et 70 mm

-Un bain marie d'une capacité de 10L. Capable d'assurer la stabilité de la température
d'échantillon.

-Un Chronomètre précis-Un Thermomètre


6 Les domaines d’application :
6.1 Application routière :
6.1.1 La couche de surface :
A l'interface entre la couche de base et la couche de roulement ; Le bitume routier est
mis en œuvre pour assurer l'interface entre deux couches c'est-à-dire le collage de la
nouvelle couche de roulement sur la couche de base (ou sur une ancienne couche de
roulement).

Le bitume routier est une couche d'accrochage et/ou d'imprégnation qui assure une
parfaite adhésion des couches entre elles. II assure l'imperméabilité de la couche de
base.

6.1.2 La réalisation de couches de roulement :


Le bitume armé entre dans la composition des enduits superficiels (ESU). Il est mis en
œuvre avant le gravillonnage en lieu et place de l'épandage de bitume traditionnel. Le
dosage d'émulsion de bitume est ajusté en fonction du support, le dosage d'agrégats
n'est pas modifié. Le bitume routier homogénéise le support et assure la parfaite
imperméabilisation de la couche de base.

6.2 Application industrielle :


Les utilisations industrielles du bitume, sont multiples et variées. Elles font souvent
appel à des produits spécifiques bâtiments. Son étanchéité à l'eau et à l'air, son pouvoir
liant et sa souplesse en font un excellent matériau d'étanchéité des toitures et des
ouvrages d'art. Ses propriétés isolantes et sa capacité d'absorption des vibrations lui
permettent de contribuer à l'isolation thermique et acoustique des bâtiments. Sa
souplesse en fait le matériau idéal pour le revêtement des trottoirs.

6.2.1 Etanchéité par membranes bitumineuses :


L'étanchéité des toitures terrasses et des ouvrages d'art (ponts, viaducs...) est souvent
assurée par des membranes d'étanchéité réalisées pour la plupart à base de bitume.
Les membranes ou chapes d'étanchéité sont fabriquées en usine. Elles se composent
d'une armature (voile de verre, feutre polyester) surfacée principalement avec du
bitume-polymère mélangé à une charge minérale très fine (filler).

Les membranes d'étanchéité, conditionnées en rouleaux, permettent de réaliser une


étanchéité monocouche ou multicouche, par collage ou soudage. Le collage est réalisé
à l'aide d'un enduit d'application à chaud (EAC), constitué par du bitume oxydé, livré en
pains et réchauffé sur le chantier. Le soudage est réalisé par chauffage au chalumeau
des faces à assembler.
Le bitume entrant dans la composition de ces produits d'étanchéité doit résister à
l'eau, aux chocs thermiques, aux sollicitations mécaniques et au vieillissement sous
l'effet du soleil et de l'oxygène de l'air. Deux types de bitume répondent à ces exigences
les bitumes soufflés et les bitumes-polymères.

6.2.2 Isolation thermique et phonique des bâtiments :


Incorporé dans certains isolants à base de laine de verre (bitume soufflé) ou dans
certains panneaux de fibres de bois (bitume dur), le bitume participe à l'isolation
phonique et thermique des bâtiments.

6.2.3 Peintures, encres et vernis :


Le bitume, en solution ou en émulsion, peut entrer dans la composition de peintures,
de primaires d'accrochage et de vernis pour assurer la protection contre l'humidité ou la
corrosion. De nombreuses encres noires renferment du bitume.

6.3 Application hydraulique :


Les performances du bitume en matière d'étanchéité sont connues depuis la plus
haute antiquité. On peut voir encore aujourd'hui des ouvrages hydrauliques à base de
bitume vieux de 3 000 ans, telles les digues du Tigre, à Assur, en Mésopotamie, encore
en bon état. Imperméables, insensibles à l'eau, résistant à la plupart des agents
chimiques courants et aux micro-organismes, durables, les bitumes possèdent une
grande aptitude à résoudre de nombreux problèmes d'hydraulique. La souplesse des
étanchéités bitumineuses leur permet de s'adapter aux tassements de leur support
sans se fissurer ou perdre leurs propriétés.

Pour les applications hydrauliques, les bitumes peuvent être utilisés purs ou sous
forme de membranes bitumineuses préfabriquées, d'asphalte coulée ou d'enrobés.

6.3.1 Enrobés étanches pour masques amont de barrage :


Le masque étanche est composé d'une couche support de 10 cm d'épaisseur sur
laquelle sont appliquées une ou deux couches de 6 cm d'épaisseur chacune de béton
bitumineux étanche (teneur en bitume : 7 à 9%, teneur en vide <3%)..

Ce type de masque permet aussi de réaliser l'étanchéité de grands réservoirs d'eau


(centrales nucléaires, bassins de loisirs et d'irrigation) ou de réaliser la carapace
étanche de digues maritimes.

6.3.2 Enrobés étanches pour écran interne de barrage :


L'étanchéité d'un barrage peut être assurée à l'intérieur du barrage lui-même, sous la
forme d'un écran étanche en enrobés bitumineux d'épaisseur comprise entre 0,60 et 1
m, noyé au milieu de la structure du barrage.
6.3.3 Enrobés étanches pour revêtements de canaux :
Les enrobés bitumineux permettent aussi de réaliser l'étanchéité des canaux de
navigation, d'irrigation ou d'amenée d'eau aux chutes hydroélectriques. Un des grands
avantages des géomembranes bitumineuses est que, grâce à leur plasticité, elles
épousent étroitement la structure, même en cas de mouvement de celle-ci, par
exemple en cas de glissement de terrain.

6.3.4 Géo-membranes bitumineuses :


L'excellente résistance du bitume à de nombreux produits chimiques et aux micro-
organismes permet d'utiliser des géomembranes bitumineuses au contact de divers
polluants non-huileux. C'est pourquoi elles sont utilisées pour étancher supports de
ballast, barrages, canaux, réservoirs, bassins de lagunage d'eaux usées, bassins de
stockage de boues industrielles, décharges contrôlées, etc. Les membranes sont
préfabriquées en usine en rouleaux de grande largeur (supérieure ou égale à 4 m). Elles
sont constituées d'un géotextile en fibres de polyester non tissées, imprégné d'un
mélange bitume-polymère fillerisé.

7 Sécurité et environnement :
Le bitume n'est pas classé parmi les substances dangereuses. Son utilisation à chaud

Impose cependant des précautions particulières lors de sa fabrication, de son transport


et de sa mise en œuvre. Par ailleurs, son impact sur l'environnement fait l'objet
d'approches nouvelles, dans un souci de développement durable.

7.1 Risques et sécurité :


A température ambiante, le bitume est quasi solide et inerte. Il est cependant
habituellement fabriqué, stocké, transporté et manipulé à chaud, à l'état fondu, en
circuit fermé.

7.1.1 Risques de brûlure lors de la manipulation de bitume chaud :


Le danger majeur est représenté par le potentiel du bitume chaud de provoquer des
brûlures résultant d'un contact avec la peau. Les risques les plus importants sont
rencontrés au moment du transfert d'une cargaison de bitume du camion de transport à
la cuve de réception, lors des livraisons dans les usines de liant ou dans les centrales
d'enrobage, fixes ou mobiles. Les précautions pour éviter les risques de brûlure
consistent essentiellement à

• Respecter strictement les procédures de livraison sur le site (suivi du protocole de


sécurité, présence d'un responsable de site, etc..).
• Porter les équipements de protection individuels (combinaison de coton fermée,
pantalon par-dessus les chaussures, manches descendant au-dessus des gants, gants
résistant à la chaleur, chaussures hautes, casque avee visière rabattue devant le
visage).

• Transférer le bitume au moyen de la pompe du réceptionnaire et non pas en le


refoulant à l'aide de la pompe du camion.

• Éviter les débordements par un marquage visible des cuves.

• Ne pas vidanger les lignes de bitume à la vapeur mais à l'air sec.

7.1.2 Risques d'inflammation et d’explosion :


Les bitumes présentent un risque d'inflammation et d'explosion au-dessus d'une
certaine température. La température d'inflammation spontanée, qui pour la majorité
des bitumes est supérieure à 350 °C. Pour éviter le risque d'inflammation, il est impératif
de ne jamais chauffer le bitume au-dessus de son point d'éclair et d'éviter le contact
possible entre des vapeurs de bitume et une flamme nue ou un point d'ignition. Le
bitume doit donc demeurer strictement confiné dans des bacs ou des cuves présentant
toutes les conditions de sécurité requises.

7.1.3 Raffineries et usines de liant :


Dans les raffineries et les usines de liants, la maîtrise des risques d'inflammation et
d'explosion repose sur l'observation de règles de sécurité contraignantes auxquelles
sont soumises ces installations industrielles classées, pour prévenir les risques
d'accident dont pourraient être victimes aussi bien les personnes qui travaillent que
celles qui vivent à proximité. Des audits hygiène, sécurité et environnement sont
régulièrement effectués dans les entreprises classées pour s'assurer de la mise en
œuvre des actions de prévention sécurité. avec des objectifs d'amélioration continue.
Leur défaut d'observance, en cas d'incident grave ou d'accident, implique la
responsabilité pénale du directeur de l'établissement.

7.1.4 Transport :
Le transport représente un maillon sensible de la chaîne d'approvisionnement en
bitume. Pour cette raison, les transporteurs sont sélectionnés avec une grande rigueur
et font l'objet d'une homologation spéciale pour le transport de bitume.

7.1.5 Chantiers :
Dans certains équipements, notamment les postes d'enrobage mobiles installés sur
les chantiers, les risques peuvent être plus difficiles à maîtriser. Les producteurs de
bitume sont conscients de cette situation et s'emploient activement à faire en sorte que
la maîtrise des risques liés à l'utilisation du bitume continue à s'améliorer sur tous les
sites d’utilisation :

Présence d'une pompe aspirante fixe, accès bien balisé et sans danger au point de
livraison. Périmètre de sécurité bien délimité, facilité d'évacuation en cas d'accident,
extincteur disposé à proximité et en évidence, douche de secours clairement indiquée,
capacité du bac bien visible et alarme de niveau haut, respect des procédures, port des
équipements de protection individuels

7.2 Préservation de l’environnement :


Le bitume entre dans la composition de matériaux routiers et d'étanchéité largement
présents dans notre environnement. Comme les autres produits industriels bien connus
et reconnus depuis fort longtemps, il n'échappe pas aux nouvelles évaluations en
termes de consommation de ressources non renouvelables, de rejets dans le milieu
naturel et d'impact sur l'environnement alors qu'il est en place dans l'ouvrage. Dans une
perspective de développement durable, cette deuxième préoccupation correspond bien
aux exigences qui figurent dans les textes réglementaires appliqués aux matériaux de
construction, qui recommande de vérifier qu'un produit en place dans l'ouvrage n'émet
aucune substance dangereuse. Parmi les matériaux utilisés pour la construction
d'infrastructures, le bitume se place au premier rang pour diminuer l'impact sur
l'environnement.

7.2.1 Un matériau sans impact sur l’environnement :


A température ambiante, le bitume, on l'a vu, est quasi solide et inerte. Il est insoluble
dans l'eau, non biodégradable et ne réagit pas à la plupart des produits chimiques
courants. Trois études récentes ont démontré que du bitume pur, mis en contact
prolongé avec de l'eau, ne laisse échapper ni hydrocarbures, ni métaux, ni métalloïdes
et que ses constituants ne peuvent donne pas migrer vers les cours d'eau et les nappes
phréatiques, même dans les environnements les plus humides. C'est pourquoi il est
utilisé aussi bien pour la fabrication des routes que pour l'étanchéité des bassins de
recueil des eaux de ruissellement ou de captage d'eau brute.

7.2.2 Un matériau 100% recyclable :


La production de bitume représente environ 3% en masse de la production de pétrole
brut. C'est encore, eu égard à l'existence de gisements de bruts très lourds et de bitume
natif, une matière première relativement abondante, dont les réserves peuvent être
évaluées à plus d'un siècle de consommation. Cette disponibilité n'empêche pas les
professionnels du bitume de chercher des moyens d'économiser cette ressource. Les
progrès dans la connaissance et la maîtrise du matériau ont permis de diminuer
significativement la quantité d'enrobés, donne de bitume nécessaire pour la réalisation
des chaussées. En une vingtaine d'années, les épaisseurs des diverses couches
d'enrobés bitumineux ont été considérablement réduites pour les chaussées neuves,
grâce à l'emploi de plus en plus systématique de bétons bitumineux minces (BBM) et de
bétons bitumineux très minces (BBTM). Grâce au recyclage, il est possible de prolonger
la durée de vie du bitume aussi longtemps qu'on le souhaite. Le bitume ne perd en effet
rien de ses propriétés physico-chimiques après un recyclage bien réalisé. En centrale,

Dans l'état actuel des techniques, les matériaux bitumineux sont recyclables jusqu'à
60%. In situ, ils peuvent être recyclés à 100.
Conclusion
Le bitume est un produit d'origine naturelle utilisé par l'homme depuis l’Antiquité ; il a
permis de nombreuses avancées comme la photographie, la peinture, l'isolation, la
construction des routes, etc.

Aujourd'hui, sur les 100 millions de tonnes de bitume consommées par an dans le
monde, 85% sont utilisés pour la construction de routes. Dans ce contexte, l'industrie
routière a largement contribué à l'avancée des recherches scientifiques sur ce produit,
en termes technologiques ou en termes de santé.

Le bitume est et continuera d'être un matériau difficilement remplaçable, notamment


dans les domaines de la construction, de l'isolation ou de l'étanchéité. De nombreuses
applications dépendent de lui : la construction, l'entretien et la connexion des différents
types infrastructures de mobilité, l'aménagement et l'accessibilité des espaces publics
urbains, l'isolation thermique, l'économie de matières premières. Autant de sujets qui
justifient que les industries concernées continuent d'œuvrer pour faire connaitre et
reconnaître les qualités et le potentiel de ce matériau ancestral.

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