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Contraintes Thermiques dans les Barrages

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ÉTUDE DE CONTRAINTES THERMIQUES DANS UN BARRAGE

On suppose également que ce rectangle représente la section minimale


(en direction x2 ) d’un barrage voute, et qu’elle est bloquée par les renforts
placés régulièrement le long du barrage. La base du barrage ne peut pas
glisser horizontalement, mais on négligera l’effet de «pincement» introduit
par ce blocage. On suppose qu’une section horizontale reste horizontale, et
une section verticale reste verticale, si bien que la déformée du rectangle
initial est un rectangle.
Application numérique :
- module d’Young : E = 40 000 MPa ; coefficient de Poisson : ν = 0.2
- coefficient de dilatation thermique : α = 14.10−6 /◦ C
- température au moment de la construction : T0 = 20◦ C
0
- température côté air : en hiver, T1 = −40◦ C ; en été, T1 = 20◦ C
- température côté eau : T2 = 0◦ C

1. Prévoir, sans calcul, la forme des tenseurs de contraintes et de


Géométrie et gradient thermique déformations, ainsi que les directions principales.
Chacune des composantes des tenseurs de contrainte et de
On veut caractériser les contraintes d’origine thermique dans un
barrage en béton. On ne considère pas pour le moment les contraintes déformation dépend a priori de x1 , x2 et x3 . Le fait que l’on se place
dues à la pression de l’eau retenue, qui peuvent être prises en compte en déformation plane en direction x2 supprime la dépendance en
par superposition. On vérifiera en fin de compte que les valeurs x2 . On négligera aussi la dépendance en x3 , en considérant qu’une
correspondantes sont faibles devant les contraintes thermomécaniques. On section horizontale courante du barrage subit le même gradient
ne considère pas non plus le poids propre du barrage. thermique quelle que soit la valeur de x3 . Ces hypothèses permettent
On étudie le prisme de la figure ci-dessus, d’épaisseur e selon x1 , "infini" d’annuler les composantes 12 et 23, car on a un état de déformation
selon x2 , "long" selon x3 , (hauteur h). La température lors de la fabrication plane en direction 2, et les termes 13 nuls car il y a indépendance en
est uniforme T = T0 , et elle évolue ensuite, pour prendre une valeur T1 en x3 , et une section plane de normale x3 reste plane. Dans le repère
x1 = 0 et T2 en x1 = e, avec un profil que l’on supposera linéaire. x1 , x2 , x3 , les tenseurs de contrainte et de déformation sont donc
respectivement représentés par les matrices : 4. En écrivant la résultante des efforts sur une section courante du
    barrage de normale x3 , trouver σ33 . Calculer la valeur maximale de
σ11 0 0 ε11 0 0
 0 σ22 0  et  0 0 0  σ33 .
(1)
On exprime σ22 en fonction de σ33 dans l’équation 7, et on reporte
0 0 σ33 0 0 ε33
dans l’équation 8, ce qui fournit :
Eε033 = Eα(1 + ν)(T − T0 ) + (1 − ν2 )σ33 (9)
2. Ecrire les relations de Hooke donnant σi j en fonction de εkl , en
prenant en compte une dilatation thermique isotrope en chaque point En exprimant le fait que la résultante des efforts sur une surface
du solide, εth = α(T − T0 ), en utilisant E et ν. normale à l’axe x3 est nulle, il vient :
Z e
Les relations de Hooke s’écrivent :
0 = Eeε033 − Eα(1 + ν) (T − T0 )dx (10)
0
Eε11 =Eα(T − T0 ) + σ11 − νσ22 − νσ33 (2)
d’où
Eε22 =Eα(T − T0 ) − νσ11 + σ22 − νσ33 = 0 (3) α(1 + ν) e
Z
ε033
= (T − T0 )dx (11)
Eε33 =Eα(T − T0 ) − νσ11 − νσ22 + σ33 = Eε033 (4) e 0
On en déduit σ33 , qui s’avère indépendant de T0 :
On a respectivement exprimé les états de déformation plane (éq.3) et Z e e
Z 
déformation plane généralisée (éq.4). Eα Eα Eα T
σ33 = (T −T0 )dx− (T −T0 ) = dx − T
e(1 − ν) 0 1−ν 1−ν 0 e
3. A l’aide des équations d’équilibre et des conditions aux limites en (12)
x1 = 0 et x1 = e, trouver σ11 . Dans le cas d’un profil linéaire :
 
Les contraintes et les déformations ne dépendent que de x1 , la seule Eα T1 + T2
σ33 = −T (13)
équation d’équilibre non triviale s’exprime σ11,1 = 0 ; σ11 est donc 1−ν 2
indépendante de x1 . Comme par ailleurs elle doit être nulle à la fois Dans ce dernier cas, la contrainte est maximale en surface ; elle est
en x1 = 0 et x1 = e, elle est nulle partout : positive du côté froid, et vaut :
∀ M, σ11 = 0 (5) Eα T2 − T1
σ33max = (14)
1−ν 2
Les expressions de la question précédente se réexpriment donc :
Il faut aussi remarquer que le résultat ne dépend pas directement de
Eε11 =Eα(T − T0 ) − νσ22 − νσ33 (6) l’épaisseur du mur. Dans la pratique, pour des conditions d’échanges
0 =Eα(T − T0 ) + σ22 − νσ33 (7) thermiques données, une épaisseur plus importante conduira à des
Eε033 =Eα(T − T0 ) − νσ22 + σ33 (8) gradients plus importants. On en déduit que les parois qui résistent
le mieux aux contraintes thermomécaniques sont les parois les plus
minces.
5. Calculer σ22 .
En remplaçant σ33 par son expression dans l’équation 7, il vient : Soit avec les valeurs numériques proposées :
Eα(T − T0 ) Eαν e T − T0
Z
σ22 = − + dx (15) 40000 × 14.10−6 × 40
1−ν 1−ν 0 e σ33max = = 14MPa
Dans le cas d’un profil linéaire, (1. − 0.2) × 2
40000 × 14.10−6
σ22max = ((20 + 40) + 0.2 × (−20 − 20)) = 36, 4MPa
 
Eα(T − T0 ) Eαν T1 + T2 0.8
σ22 = − + − T0 (16)
1−ν 1−ν 2
On note que : Les valeurs obtenues sont suffisantes pour produire des fissures (le béton
si T1 = T2 σ22 = Eα(T0 − T1 ) résiste à moins de 10 MPa en traction).
(tension en direction x2 si T1 < T0 ) Entre l’hiver et l’été, la variation de déformation verticale ne dépend
T1 + T2 Eα(T − T0 ) que de la variation de température de l’air :
si T0 = σ22 = −
2 1−ν
(1 + ν)
Z e 0
∆ε033 = α (T − T )dx
e 0
Application numérique : 0
T − T1
En hiver, l’air (T1 ) est plus froid (température T1 ) que l’eau (T2 ). Il s’exerce = (1 + ν)α 1
2
une traction biaxiale, dont la valeur maximale est du côté de l’air.
= 1.2 × 14.10−6 × 60/2 = 5.04 × 10−4
Eα T2 − T1
σ33max =
1−ν  2   Sur la hauteur de 200 m, le déplacement vaut donc environ 10 cm ! Il faut
Eα T2 + T1 impérativement tenir compte des dilatations dans la conception de ce type
σ22max = (T0 − T1 ) + ν − T0
1−ν 2 d’ouvrage.

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