Cours EMC S’engager et débattre en démocratie autour des débats de société.
La liberté d’expression, base de la démocratie
(les mots en gras ont leur définition en deuxième page)
▶ La liberté d’expression a pour socle les lois sur la liberté de la presse de 1881 et sur la liberté
d’association de 1901. Elle est définie comme une loi fondamentale par l’article 19 de la
Déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU de 1948. Pouvoir s’exprimer librement est
une des conditions essentielles d’une démocratie.
▶ La démocratie représentative repose sur le vote et l’élection de représentants par tous les
citoyens. C’est le cas en France depuis l’extension du droit de vote aux femmes en 1944. Les élus
sont ainsi chargés de représenter les citoyens lors des débats à toutes les échelles géographiques :
locales, avec les maires et les conseillers municipaux, régionales, avec les conseillers régionaux, et
nationales, avec les députés et les sénateurs. Cependant, le rôle du citoyen dans les débats ne se
limite pas à élire des représentants.
Démocratie : gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Au départ système direct (à
Athènes au 4ème s avant notre ère) : les citoyens participent directement à l’assemblée et vote les
lois.
Les moyens et les cadres de l’engagement des citoyens
▶ Les lieux des débats démocratiques sont pluriels. Par ailleurs, les discussions sont riches au sein
des assemblées de citoyens, des associations, des partis politiques ou des syndicats. Ainsi
l’assemblée citoyenne sur le climat montre une nouvelle forme d’expression : la démocratie
participative (les citoyens participent directement à la vie démocratique)
▶ Engagement citoyen et élection des représentants assurent l’expression d’un pluralisme
d’opinions essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie. Les élus doivent aussi être les
gardiens des limites de la liberté d’expression : la diffamation, l’appel à la haine ou au meurtre, le
harcèlement n’ont pas leur place en démocratie.
Prendre part aux grands défis contemporains
▶ La liberté d’expression engage la responsabilité individuelle du citoyen tout comme la
participation aux défis de la société contemporaine les engage collectivement. Les débats
permettent de dégager un consensus qui s’exprime dans la loi et s’impose à tous. Le débat peut alors
être clos ou se poursuivre : certains débats s’inscrivent dans la durée.
▶ Les citoyens sont aujourd’hui confrontés à des défis qui demandent de véritables débats de fond
dans la société :
les changements et les risques environnementaux poussent à réfléchir à nos modes de vie ;
les biotechnologies et l’éthique interrogent notre humanité, sa nature et les limites à fixer
(OGM, clonage, lutte contre le veillissement) ;
la révolution numérique entraîne une libéralisation de l’expression publique mais aussi des
dérives qui rendent nécessaire un cadre législatif. La CNIL (commission informatique et
liberté) a pour rôle de réguler l’utilisation de nos données personnelles, le contenu que l’on
met sur internet...(incitation à la haine raciale, au meurtre sont des écrits interdits sur le
numérique type site internet ou réseaux sociaux)
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Notions
Assemblée : réunion de personnes visant à débattre d’affaires communes. Elle est dite
« nationale » lorsque l’on désigne la chambre parlementaire où siègent les députés.
Association : groupe de personnes réunies volontairement autour d’un projet ou d’une
activité.
Démocratie représentative : gouvernement dans lequel les citoyens délèguent par vote leur
pouvoir à des représentants.
Liberté d’expression : possibilité d’exprimer ses opinions sans inciter à la haine ou au
meurtre.
Parti politique : association regroupant des personnes autour d’idées partagées et d’un
projet pour la société.
Pluralisme : diversité d’opinions.
Responsabilité : fait d’accepter les conséquences de ses actes.
Syndicat : association voulant défendre des intérêts communs.
EXERCICE 1
« Nous roulions dans une rue, j’examinai anxieusement les policiers et les agents d’entretien :
c’étaient des robots. Un épicier se retourna avec curiosité : c’était un robot. Je tentai de distinguer
les chauffeurs des voitures qui nous dépassaient : elles n’en avaient pas. Face aux clients, à la
banque, au restaurant, au salon de coiffure, c’étaient des robots, tous, chatbots et androïdes, à
roulettes ou sur des jambes... »
Cette scène imaginaire, inspirée du roman de Pierre Boulle [La Planète des singes], présage-t-elle
du futur qui nous attend ? Depuis quelques années, des chiffres tapageurs font les titres de la presse
au sujet de l’automatisation du travail, susceptible d’être effectué par des machines ou des logiciels.
Selon certaines études, cela concernerait près d’un emploi sur deux dans les dix ou vingt prochaines
années ! Après le plombier polonais, le (ro)bot autonome voleur d’emploi s’invite dans les débats...
Charline Zeitoun, « À l’usine, au bureau, tous remplacés par des robots ? », CNRS Le Journal,
20 juillet 2018.
QUESTIONS
1. Ce récit est-il réel ou fictif ? Soulignez le mot donnant la réponse.
2. Relevez, dans le texte, les activités qui pourraient être accomplies par des intelligences
artificielles (IA).
3. Présentez un avantage / un inconvénient concrets des IA.
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EXERCICE 2
DOC 1 Un débat entre scientifiques
Le maïs génétiquement modifié produit par Monsanto est-il dangereux pour la santé des rats et, par
extrapolation, pour celle des humains ? C’est la grave question à laquelle une étude européenne a
donné une réponse négative fin avril. Dévoilée par Le Figaro ce mercredi 4 juillet, l’étude [...]
indique en effet qu’« aucun risque potentiel pour les humains et les animaux n’a été identifié dans
l’évaluation du maïs génétiquement modifié NK603. »
Ce maïs n’a pas été choisi au hasard : c’est celui qui a été employé par Gilles-Eric Séralini,
professeur de biologie moléculaire de l’université de Caen, sur une batterie de rats. En 2012, celui-
ci avait conclu à la haute dangerosité de ce maïs sur leur santé, révélation qui avait même fait la une
de L’Obs à l’époque, et qui avait effaré le monde entier. On y voyait des rats blancs atrocement
déformés par d’énormes tumeurs.
Les travaux du professeur Séralini seraient-ils donc à mettre à la poubelle ? Voire, relèvent-ils
d’« une manipulation scientifico-médiatique », comme accuse Le Figaro ce mercredi ?
Arnaud Gonzague, « Séralini : On détourne des fonds publics pour discréditer mes travaux sur les
OGM », L’Obs, 4 juillet 2018.
DOC 2 Les conséquences des OGM sur les cultures
Dans la façon dont les humains se nourrissent depuis leur apparition sur cette terre, il y a un avant et
un après la décennie 1990 : il y a l’ère pré-OGM1, puis la révolution de l’agriculture actuellement
en cours. Apparues il y a deux décennies à peine, les plantes génétiquement modifiées occupent
déjà 11 % des surfaces cultivées autour du globe. [...]
Modifier une plante en introduisant dans son patrimoine un gène supplémentaire issu d’une
bactérie, afin de la rendre résistante aux attaques d’insectes ravageurs comme la pyrale et la
chrysomèle, les agriculteurs américains en avait sans doute rêvé jusqu’à ce que les chercheurs de
l’agrochimie réalisent leur souhait. Mieux encore : ces derniers ont aussi mis au point des cultures
capables de tolérer d’être aspergées d’un herbicide, tandis que toute autre « mauvaise herbe » autour
était exterminée. Plus simples, plus sûrs, les OGM séduisent immédiatement : aujourd’hui, sur le sol
américain, 90 % des récoltes de soja, de coton et de maïs sont transgéniques.
Seulement, les exploitants se sont trouvés fort dépourvus quand les contrariétés sont venues, les
rêves de lendemains prospères se sont dissipés. « Pour amortir le coût plus élevé des semis, je me
suis agrandi et les autres aussi », témoigne un agriculteur en casquette, un peu perdu au milieu de
son immense terrain. À des kilomètres à la ronde, pas un arbre n’a subsisté ; ni un voisin d’ailleurs.
Puis le prix des graines a augmenté, tandis que le fournisseur, Monsanto, interdisait formellement
de replanter les graines issues des récoltes de la saison précédente. [...] La firme n’hésite jamais à
attaquer, allant même jusqu’à faire condamner un exploitant canadien qui rejetait le colza
transgénique accidentellement apporté par le vent sur ses terres.
Monsanto poursuit, nie, dénigre à tout va. Qu’il s’agisse des scientifiques du Centre international de
recherche sur le cancer, [...] des consommateurs américains qui réclament un étiquetage sur les
aliments OGM, ou des riverains tombés malades en Argentine.
Cours EMC S’engager et débattre en démocratie autour des débats de société.
Martine Valo, « “OGM, mensonges et vérités” : les fausses promesses d’une révolution agricole »,
Le Monde, 23 juin 2020.
1. Organisme génétiquement modifié.
QUESTIONS :
1. Quel débat présente ce document ? Pourquoi la réponse n’est-elle pas évidente à formuler ? (doc
1)
2. Résumez les idées essentielles de ce document. (doc 2)
3. Quels sont les points communs et les différences entre les deux documents ? Surlignez dans les
documents les passages illustrant votre réponse.
4. Dans un petit texte de synthèse, présentez les informations que vous avez acquises concernant
les OGM grâce à ces deux documents. Puis expliquez pourquoi il est difficile, pour des non-
spécialistes, de se faire un avis personnel sur la question.