Méthode : recherche d’extrema d’une fonction de plusieurs variables
Théorème 1. Toute fonction réelle f continue sur une partie fermée bornée K Exemple. Déterminer les extrema de la fonction f définie par
de R2 est bornée et atteint ses bornes, i.e. il existe (xm , ym ) et (xM , yM ) dans
f (x, y) = y 2 − yx2 + x2
K tels que, pour tout (x, y) dans K, on a f (xm , ym ) ⩽ f (x, y) ⩽ f (xM , yM ).
sur Ω = (x, y) ∈ R2 | x2 − 1 ⩽ y ⩽ 1 − x2 .
Théorème 2. Soit f une fonction de classe C1 sur un ouvert non vide U
de R2 . Si f admet un extremum ( i.e. minimum ou maximum) local au point
1. La fonction f est polynomiale donc 1 y = 1 − x2
(x0 , y0 ) ∈ U alors (x0 , y0 ) est un point critique de f , i.e. ∇f
⃗ (x0 , y0 ) = ⃗0.
continue sur Ω qui est fermé (car déter-
Remarque. Attention, la réciproque de ce second théorème est fausse : le gra- miné par des inégalités larges) et borné Ω
dient peut s’annuler en un point qui n’est ni un minimum ni un maximum comme le montre le schéma ci-contre.
(voir exemple du cours, on parle de point selle ou de point col). On en déduit donc que f est bornée sur −1 1
Ω et atteint ses bornes. Autrement dit,
f admet un minimum et un maximum
y = x2 − 1
sur Ω.
On considère Ω une partie de non vide, fermée et bornée ainsi qu’une
R2 −1
fonction f : Ω → R de classe C .
1
2. Comme somme de fonctions de classe C 1 , la fonction f est de classe C 1
On cherche les extrema (i.e. minimum et maximum) globaux de f sur Ω. sur l’ouvert U = (x, y) ∈ R2 | x2 − 1 < y < 1 − x2 . Les points critiques
Méthode : de f sont les solutions de ∇f
⃗ = ⃗0, i.e.
1. On vérifie que Ω est une partie fermée et bornée de R2 et que f est ∂f
∂x (x, y) = 0
continue sur Ω. D’après le théorème 1, on en déduit que f admet un
−2xy + 2x = 0 2x(1 − y) = 0
( (
minimum (global) et un maximum (global) sur Ω. ⇐⇒ ⇐⇒ .
∂f 2y − x2 = 0 2y = x2
(x, y) = 0
2. On cherche à appliquer le théorème 2. Pour cela, on considère l’intérieur
∂y
U de Ω et on justifie que f est de classe C 1 sur U . On calcule ensuite le
De la première équation, on tire deux cas : x = 0 ou y = 1. En remplaçant
gradient de f et on cherche les points critiques, i.e. ceux qui annulent le
dans
√ la seconde
√ équation, on obtient ainsi trois points critiques : (0, 0),
gradient.
(− 2, 1) et ( 2, 1).
3. On étudie ce qui se passe sur le bord ∂Ω en se ramenant à des études de √ √ √
Or le point ( 2, 1) n’appartient pas à Ω car√( 2)2 − 1 < 1 < 1 − ( 2)2
fonctions d’une seule variable. n’est pas vérifiée. Il en est de même pour (− 2, 1). (On peut aussi placer
4. On compare les candidats obtenus dans les deux étapes précédentes : ces points sur le schéma ci-dessus pour se convaincre.)
on cherche la valeur minimale et la valeur maximale parmi toutes celles Ainsi (0, 0) est le seul point critique de f dans U et en ce point on a
trouvées. f (0, 0) = 0.
3. On considère maintenant le bord de Ω. Il y a deux cas : celui « du haut »
(au-dessus de l’axe des abscisses) d’équation y = 1 − x2 et celui « du bas »
(en dessous de l’axe des abscisses) d’équation y = x2 − 1.
TSI2 - Les Lombards 1/2 2021–2022
• Commençons par celui du haut. Un point de coordonnées (x, y) appar- Figure 1 : Représentation 3D du graphe de f (on trace z = f (x, y)).
tient à ce bord si et seulement y = 1 − x2 et x ∈ [−1 ; 1]. En injectant Attention à l’orientation des axes : le bord du bas est à gauche et le bord du
dans l’expression de f , on doit étudier la fonction g définie par haut à droite. De plus, le violet-noir en haut sur la moitié gauche devrait être
2 du jaune mais il y a des soucis avec le bord. . .
g(x) = 1 − x2 − 1 − x2 x2 + x2 = 2x4 − 2x2 + 1
sur l’intervalle [−1 ; 1]. Cette fonction est dérivable sur [−1 ; 1] en tant que
fonction polynomiale et on a
∀x ∈ [−1 ; 1], g ′ (x) = 8x3 − 4x = 4x 2x2 − 1 .
√
La dérivée s’annule donc pour x = 0 et x = ±1/ 2 d’où le tableau de
variations :
√ √
x −1 −1/ 2 0 1/ 2 1
4x − − 0 + +
2x2 − 1 + 0 − − 0 +
g ′ (x) − 0 + 0 − 0 +
1 1 1
g
1 1
2 2 Figure 2 : Une vue du dessus où la coloration permet bien de visualiser l’em-
placement des extrema.
On obtient donc comme candidat pour un maximum la valeur 1 atteinte
pour x = −1, 0 ou 1, i.e. via l’équation y = 1 − x2 , pour les points de
coordonnées (−1, 0), (0, 1) et (1,√0). De même pour
√ un minimum, on a la
valeur 1/2 pour les points (−1/ 2, 1/2) et (1/ 2, 1/2).
• On s’intéresse maintenant au bord du bas d’équation y = x2 − 1. En
injectant dans l’expression de f (x, y), on doit étudier la fonction h définie
par 2
h(x) = x2 − 1 − x2 − 1 x2 + x2 = 1
sur l’intervalle [−1 ; 1].
Cette fonction étant constante égale à 1, il n’y a aucune étude à faire.
4. D’après les points 2 et 3, le minimum de f est 0 qui est atteint au
point (0, 0) et le maximum est 1 qui est atteint sur tout le bord du bas (i.e.
la courbe d’équation y = x2 − 1) ainsi qu’en (0, 1). (Les points (−1, 0) et
(1, 0) étant les points de jonction entre les deux bords, on peut considérer
qu’ils appartiennent aussi au bord du bas.)
TSI2 - Les Lombards 2/2 2021–2022