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LA DIPLOMATIQUE NUMÉRIQUE

Définition. Selon le nouveau glossaire de l’archivage de l’archiviste


française Marie-Anne Chabin, la diplomatique représente une
« méthode d’expertise de l’authenticité, de l’intégrité et de la fiabilité
des documents, fondée sur une étude de la forme du document tel
qu’il se présente, des étapes de son élaboration et de sa validation, de
son circuit de diffusion et de conservation » (CHABIN M.-A., 2010).
Dans un contexte archivistique, la diplomatique est une science du
formalisme documentaire qui pose un regard à la fois rétrospectif sur
l’authenticité des documents du passé et prospectif sur les moyens de
création de documents authentiques pérennes. «La diplomatique
numérique propose un examen systématique des traces de création,
modification, versionnage, enregistrement, transmission et
sauvegarde des documents dans les systèmes informatiques.»
(Terminologie de base en archivistique, 2015, p.15)

Historique. Surnommée comme «une vraie science de la gestion


documentaire» par le professeur Vincent Gautrais (Gautrais, V. 2014,
p.17) la diplomatique est une critique analytique et comparative qui a
pour but, à l'origine, de mettre en évidence l'authenticité ou la
fausseté des actes médiévaux (Peccatte 2009). Au début elle était l’art
de déchiffrer les anciens diplômes, tels que les titres des Églises, des
monastères, les chartes authentiques, etc. La diplomatique est née au
XVIIe siècle, dans le contexte d’une solide polémique opposant
l’abbaye Saint-Germain-des-Prés aux Jésuites quant à la propriété de
certaines terres fondée sur des actes contradictoires dont les uns
étaient forcément faux. Elle a été «couronnée comme science grâce à
l'ouvrage de Jean Mabillon De re diplomatica (Diplomatique) publié en
1681 (Gilles de Saint-Exupéry, 2012, p.37). « Prenant du recul par
rapport aux arguments juridiques et historiques, le bénédictin Jean
Mabillon regroupa, disséqua et compara méthodiquement des
centaines d’actes de la période médiévale, d’où il tira des concepts et
un vocabulaire propres à analyser scientifiquement les documents
litigieux et à démontrer ou infirmer leur authenticité : présentation de
l’acte, structure du discours, signes de validation, caractères externes
du document. » (CHABIN M.-A., 2008). « Le De re diplomatica
présente l’avantage de donner pour la première fois un outil pour la
critique des documents, d'actes du passé qui ne sont plus qu’une
source de connaissance historique, mais aussi, et au départ surtout,
titres dont l’effet juridique est toujours valide. La recherche
diplomatique est lancée et Mabillon fait des émules.
Un nouveau traité de diplomatique est publié, en français cette fois,
par les bénédictins dom Tassin et dom Toustain, de 1750 à 1765.
(CHABIN M.-A., 2013)

1
Après la période agitée de la Révolution française où la compétence
de critique des titres de propriété a été recherchée, la critique
diplomatique s’est recentrée sur l’étude du corpus de chartes
médiévales et la connaissance de l’Histoire. Discipline fondatrice de
l’École nationale des chartes en 1821, la diplomatique française va
s’orienter vers la publication de recueils de chartes et catalogues
d’actes relatifs à l’histoire de France, essentiellement de la période
médiévale. Un courant comparable se développe en Allemagne, l’autre
pays de la diplomatique.» (CHABIN M.-A., 2013). Du milieu du XIXe
au milieu du XXe siècle, la diplomatique fut presque exclusivement
une science auxiliaire de l’histoire.

Il est considéré que dans 1987 avec l’ouvrage d’Italienne Paola


Carucci apparaitra une nouvelle diplomatique spéciale concernant
les documents administratifs (DURANTI L., 2003, p.604).

Une époque neuve dans le développement de la diplomatique


contemporaine est connue grâce à « l’article fondateur de Luciana
Duranti : « Diplomatics : new uses for an old science », en 1989 dans
la revue Archivaria. Cet article est doublement important : d’une part,
à une époque où la bibliographie sur la diplomatique en langue
anglaise est quasi inexistante, il porte à la connaissance des
professionnels anglophones des archives et du «records management»
la quintessence de la discipline diplomatique telle que l’ont formulée
Mabillon et ses successeurs, en s’appuyant également sur la vision
plus générale de Georges Tessier; d’autre part, il donne une nouvelle
impulsion à la diplomatique à partir de cette affirmation de Luciana
Duranti selon laquelle « le records management trouve ses racines
dans la diplomatique ». (CHABIN M.-A., 2013). « Ce point de vue a
joué un rôle important dans les travaux du groupe de recherche
InterPARES (International Research on Permanent Authentic Records
in Electronic Systems) qu’elle dirige à l’Université de Colombie
britannique (Vancouver). (…) En même temps, Luciana Duranti a
lancé en 2009 une initiative visant au rapprochement entre la
diplomatique numérique et l’investigation légale numérique (digital
forensics). Le défi est celui de l’identification des documents probants
parmi l’ensemble des objets numériques existants (Duranti, L, 2009).

Confronté à la spontanéité, à la malléabilité, à la fragilité de


l’information numérique, l’archivage électronique (ou le e-records
management) pousse au premier plan l’identification des bons
«records» ou des bonnes informations à archiver, par opposition aux «
non records» ou aux informations non archivables. »(CHABIN M.-A.,
2008). Autrement dit il faut sélectionner, prioriser et discriminer
les documents d’archives. « La forme diplomatique est délibérée et

2
conditionnée par un souci d’efficacité er par l’usage potentiel de
preuve » (GAGNON-ARGUIN L., MAS S. et MAUREL D., 2015, p.12).

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