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État fédéral vs État décentralisé en droit international

Distinction entre état fédéral et état unitaire.

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État fédéral vs État décentralisé en droit international

Distinction entre état fédéral et état unitaire.

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INTRODUCTION

« Ubi societas, ibi jus1 », partant de ce principe, l’on peut affirmer que le droit international se
veut être le droit applicable à et dans “une” société internationale. Cette dernière, correspond
à l'ensemble des membres de la communauté internationale et est animé par les relations
qu’ils nouent. En droit, sont considérées comme membres de la communauté internationale
les entités qui ont une personnalité juridique internationale. Tout membre de cette société est
autant un sujet du droit international, qu'un acteur, et inversement.
En tant qu'acteur, ces entités jouent un rôle dans les relations internationales, mais aussi dans
la formation ou l’élaboration du droit international. Mais en tant que sujet, elles demeurent
soumises au droit dont elles sont éditrices et de ce fait, sont tenues à l’obligation de respect
des normes internationales, qui dans les faits, émanent des mêmes entités.
« Subsiste cependant une différence remarquable entre les sujets de droit, qui s’explique par
les conditions historiques de l’apparition du droit international 2 ». À cet effet, les États s’avère
être les sujets originaires et principaux du droit international, étant à la fois les créateurs et les
destinataires.
L’Etat peut être définir comme l' «institutionnalisation de la société politique en une personne
morale de droit public, exerçant son autorité sur un territoire et sur une population, titulaire de
la souveraineté et bénéficiant d’une reconnaissance internationale » 3. Autrement dit, il s’agit
de la personne morale de droit public qui représente une collectivité, un peuple ou une nation,
à l’intérieur ou à l’extérieur d’un territoire déterminé sur lequel elle exerce le pouvoir
suprême, la souveraineté.
Pour ainsi dire, l’Etat est la forme la plus élaborée de la vie commune d’une société humaine.
Il exerce son pouvoir par le biais du gouvernement et dispose d’un certain nombre de
monopoles comme l’utilisation légitimée de la contrainte physique (pour faire respecter le
loi), la collecte des impôts… Sur le plan juridique, il existe deux formes d’Etats,
diamétralement opposées : l’Etat simple ou unitaire et l’Etat composé.
Le premier, est une forme où tous les citoyens sont soumis au même et unique pouvoir et où
dans lequel les pouvoirs politiques se trouvent concentrés à un seul niveau (l’autorité
centrale). Il peut prendre une forme plus ou mois souple selon le degré de décentralisation
mise en place4. Dans ce cadre, il accorde certaines compétences et latitudes d’action aux
collectivités territoriales, considérées comme compatibles avec le principe d’identité de la loi.
Le second, est une forme où l'Etat se décompose en plusieurs entités, qui se présentent comme
des États dépouillés de certains de leurs attributs et entre lesquelles existent des liens
d’union5. Historiquement, plusieurs types de cette forme d’État ont existé (comme les unions

1
Un adage en latin qui signifie : « là où il y a une société, il y a du droit ». L’expression est attribuée à
des auteurs romains, mais n’est attestée qu’à partir du XVIIᵉ siècle. Elle peut résumer l’idée que le
droit est fondé par les pratiques sociales, et donc en dépend.
2
Droit international public, N'guyen Quoc Dinh et Patrick Daillier ; LGDJ, 9e édition. P. 585
3
Lexiques des termes juridique, 2017_2018. P.
4
[Link]
personnelles ou les unions réelles, situations ou deux États étaient placés sous l’autorité du
même souverain), qui aujourd’hui se réduisent à l’État fédéral6.
Ce dernier représente un ensemble d’États qui se sont unis et qui ont une certaine autonomie
(États fédérés) tout en reconnaissant une autorité supérieure commune (État fédéral). Même si
il ressemble en quelques points l’État unitaire décentralisé, il s'y oppose diamétralement 7.
Néanmoins, ils demeurent tous deux des sujets de droit international au même titre.
Sous cet angle, l’intérêt de cette étude pourrait être d'ordre juridique en ce sens qu'il pourrait
nous revenir d'analyser la portée du statut juridique et l'intervention de ces deux formes
d’États sur la scène internationale. Dès lors, l’on se pose la question suivante : Quel lien
existe-t-il entre l’État fédéral et l’État décentralisé en droit international ?
Comme le disait Boutros Boutros-Ghali, Diplomate : « Le droit international est, pour les
Etats, non seulement, un ensemble normatif, mais aussi un langage commun 8 ». En d’autres
termes, le droit international régit les rapports entre les Etats, faisant ainsi d'eux, comme
indiqué plus haut, des sujets de droit international. En l’espèce, nos deux formes d’États mis
en cause ici sont des sujets de droit international qui se distinguent de par leur composition ou
leur constitution (I) mais admettent les mêmes compétences internationales (II).

5
Droit constitutionnel et institutions politiques, Philippe Ardant et Bertrand Mathieu ; 29e édition,
2017_2018. P. 128
6
L’État fédéral se définit comme un groupement d’entités qui n’ont pas de rapports immédiats avec la société
internationale, soit parce qu’elles y ont renoncé (fédéralisme par agrégation), soit parce qu’elles sont issues
d’un mouvement centrifuge qui n’est pas allé jusqu’à son terme, l’ancien État unitaire ayant abandonné
certaines de ses compétences au profit de ses composantes (Belgique). Cf : Droit international public, N’guyen
Quoc Dinh et Patrick Daillier ; LGDJ, 9e édition. P. 683
7
Il faut souligner que la décentralisation n'est pas le propre de l’État unitaire, on retrouve cette
modalité d’organisation administrative, également dans l’administration des États fédérés.
8
[Link]
[Link]#:~:text=Selon%20Boutros%20Boutros%20Ghali%2C
%20un,les%20rapports%20entre%20les%20Etats.
I. Deux sujets de droit international distinctement constitué

Comme l’a rappelé la Cour internationale de justice, « les sujets de droit, dans un système
juridique, ne sont pas nécessairement identiques quant à leur nature ou à l’étendue de leurs
droits »9. Ainsi, cette partie sera dédiée aux éléments caractéristiques desdits États c’est-à-dire
aux principes de base d’un État. Dans notre cas, l’État fédéral et l’État décentralisé sont
foncièrement distincts au regard de leurs éléments de fait (A) ainsi que ceux de droit (B)

A- Au regard des éléments des faits

Juridiquement, lorsqu’on parle d’éléments de fait d'un État, cela renvoie aux éléments
constitutifs d’un État mieux aux caractéristiques d’un État au sens classique du terme. Il s’agit
notamment de la population10 (élément démographique), du territoire11 (élément spécial) et du
gouvernement12 (élément politique).
Ces derniers sont nécessairement cumulatifs pour affirmer qu’un endroit est un État. De ce
fait, il n'est pas étonnant de les retrouver dans l’État fédéral ainsi que dans l'Etat décentralisé,
puisqu'ils sont tout d’abord des “États”, avant de se revêtir d'une forme quelconque.
Néanmoins, ces éléments se révèlent d’une façon différente qu'on soit en présence d'un État
décentralisé ou d'un État fédéral.
Pour ce qui est de l’État décentralisé, il procède d'un État simple ou unitaire en général et se
définit comme un Etat qui ne connaît qu’un unique pouvoir, centrale, qui, dans ses modalités
d’organisation procède à un transfert de certaines compétences à des organes autonomes
soumis à une tutelle du pouvoir central. Du fait de son unicité, cet État n’admet qu'un seul
territoire, qu'une seule population et qu'un seul gouvernement sur lesquels il exerce toute sa
souveraineté, pleine, effective et entière. C'est le cas de la Côte d’Ivoire qui admet un seul
territoire qui s'étend sur 322 462 km², une population estimée à 29 389 150 d'habitants en
202113 sans compter les nationaux vivant à l’étranger et tout ceci soumis à un gouvernement à
la tête duquel il y a Un Président de la République.
Par contre, l’État fédéral avec sa nature d’État composés se veut une association d’États (États
fédérés) qui décident de remettre une partie de leur compétence à un État central (Etat
fédéral). Etant donné que ce dernier admet deux niveaux de pouvoir, ses éléments constitutifs
prennent également cette double nature. En effet, à la différence de l’État décentralisé qui
procède en principe de l’État unitaire, l’État fédéral déteint un territoire qui constitue
l'assemblage de tout les territoires des États fédérés et chaque État fédéré a son propre
territoire. Il y a aussi deux citoyennetés, deux populations du fait de l’appartenance
9
Avis de la cours international de justice du 11 avril 1949
10
Le territoire de l’État est l’espace sur lequel s’exerce la souveraineté de l’État. Il est composé du territoire
terrestre, maritime et aérien. Il est délimité par des frontières.
11
La population est l’ensemble des nationaux de l’État, c’est-à-dire les individus qui lui sont rattachés par un lien
de nationalité.
12
Un gouvernement est une institution politique qui exerce le pouvoir exécutif dans un État, mais dans certains
contextes, c’est l’ensemble des institutions qui ont un pouvoir.
13
ONU-Habitat Côte d’Ivoire _ Rapport pays | 2023
personnelle à la fois, à l’État fédéral (l’ensemble) et à un État fédéré. Il en est de même pour
les gouvernements qui sont divisés en deux groupes, les gouvernements fédérés et le
gouvernement fédéral, suivant les prescriptions de la Constitution.
On peut, à ce niveau, citer14 le cas des États-Unis, le troisième pays le plus grand au monde
avec un territoire d'une superficie de 9 833 517 km² dans lequel chaque subdivision d’État
fédéré a son propre territoire , 334 914 895 d’habitants dans lequel il y a une part appartenant
à chaque État fédéré et un gouvernement fédéral en forme de la démocratie représentative,
situé dans la capitale, à Washington, ainsi que des gouvernements fédérés prévus par la
Constitution. De plus rajoutons que les citoyens américains sont gouvernés à trois échelons :
le niveau fédéral depuis la capitale Washington, D.C., le niveau des États fédérés et le niveau
des autorités locales (comtés, municipalités)15.

Il est donc très évident que bien qu’étant doté des mêmes éléments de fait, la pratique de ces
éléments dans chaque contexte est plus ou moins différente. Mais cette divergences n'est pas
remarquable qu'au seul niveau des éléments de fait, il en est de même pour les éléments de
droits.

14
Aux Etats-Unis et en Suisse par exemple, les constitutions réservent la compétence de droit commun aux
Etats fédérés et l’Etat fédéral se contente de certaines attributions. Mais c’est un peu l’inverse au Canada où les
provinces ont des compétences résiduelles, d’où la permanence du problème québécois. Cf : Droit
constitutionnel 1 : Théorie générale de l’Etat – Histoire constitutionnelle de la France : Leçon 1 : L’Etat et le
pouvoir politique, Michel Verpeaux
15
[Link]
B- Au regard des éléments de droit

Ici, il est question des éléments juridiques nécessaires à la formation d'un État. L'on distingue
deux éléments à savoir la personnalité juridique et la souveraineté qui est une corollaire du
premier éléments. Ainsi donc pour être un État, il faut être dotée d'une personnalité juridique,
dont le fondement est la Constitution, qui débouche sur la souveraineté.
Ainsi, les États décentralisés et fédéraux revêtent eux aussi ces deux éléments juridiquement
indispensables pour avoir la nature d’État. En effet, ce sont tous deux des personnes morales
de droit public disposant d'une souveraineté absolue, pleine et entière. Toutefois, cela ne se
présente pas de la même manière dans les deux formes d’État en présence. En effet, comme
indiqué plus haut, l’État décentralisé avec sa forme unitaire n'admet qu'une seule et unique
personnalité juridique nationale comme internationale, cette dernière aboutit sur l’exercice
légitime d'une souveraineté absolue et toujours unique.
C'est le cas du Bénin, de la France, du Ghana ou encore de la Côte d’Ivoire, où il subsiste une
personnalité juridique unique reconnue à l’État qui lui permet d'exprimer la permanence des
intérêts d’une collectivité à travers les politiques variables de ces dirigeants changeants
permettant de rendre compte à la fois de sa capacité et de sa continuité. C'est ainsi que ces
différents États détiennent des compétences nationales et internationales. Et ces derniers sont
seuls souverains n’étant limités par aucune autre souveraineté.
Quant à l’État fédéral, il fait cas d'une double personnalité juridique et souveraineté. En effet,
ce dernier au regard de ses deux niveaux, présente au niveau supérieure c’est-à-dire au niveau
de l’État fédéral, une personnalité juridique et souveraineté identiques à celles des États
décentralisés, en interne et à l’international. Mais, au niveau inférieure à savoir des États
fédérés, il y a également des personnalité juridique national tout comme pour la collectivité
décentralisée, à l’exclusion de la personnalité internationale. Seulement, la souveraineté qui
est reconnue en interne aux États fédérés ne l'est pas pour les collectivités décentralisées.
Gardant toujours, le cas des États-Unis, il est donné de constater que l’État fédéral est celle
qui a la personnalité juridique interne et externe et la souveraineté nationale et internationale
qui lui confère le titre de sujet de droit international et de pouvoir central au niveau interne.
De même les 50 États fédérés qui la composent détiennent tous une personnalité juridique et
une souveraineté interne moins étendues que celle du pouvoir central. Notons aussi que ces
deux niveaux de souveraineté sont consacrées par les Constitutions : l'une dire fédérale
commune à tous les États fédérés et l’autre propre à chaque État fédéré.

Certes, l’Etat décentralisé et l’Etat fédéral sont deux formes d’État, sujets de droit
international qui au regard de leur éléments constitutifs se distingue en quelques points .
Néanmoins, il ne sont pas que des opposés, ils paravent tous deux presque les mêmes
compétences internationales.
II. Deux sujets de droit international de compétences communes

Il appartient au droit international, à défaut de « créer » l’État, d’en reconnaître les


compétences. Pour ainsi dire, l’État fédéral et l’État décentralisé, en leur qualité d’entité
souveraine, exercent des compétences internationales propres (A). Mais la dimension
internationale prise au cours des dernières décennies par la plupart des activités étatiques a
favorisé et même rendu inévitable l'exercice par plusieurs États fédérés et entités
décentralisées, de compétences (…) réservées aux États souverains16 (B) .

A- Au niveau des compétences propre à l’État

On peut définir la notion de compétence internationale de L’État comme un « pouvoir


juridique conféré ou reconnu par le droit international à un État (…) de connaître d’une
affaire, de prendre une décision, de régler un différend 17 ». Soulignons aussi qu’elle est
l’aptitude légale reconnue par le droit international à l’Etat en vue de régir légalement des
personnes, des biens et d’établir des relations avec d’autres sujet de droit international. La
doctrine fait cas de deux types de compétences internationales : les unes étant “internes” et les
autres, “externe”.
Les premières se rapportent aux compétences territoriale, personnelle et fonctionnelle. Ces
dernières ressortissant de la théorie et de la pratique générale du Droit, et de ce fait,
demeurent l’apanage de tout type d’État, qu’importe sa nature fédérale ou décentralisée.
C’est-à-dire que il est reconnu tant à l’État fédéral, qu’à l’État décentralisé une compétence
territoriale en vertu de laquelle il exerce sur son territoire (assise spatiale 18) des compétences
effectives du fait de sa souveraineté territoriale (assise juridique 19)20 ; une compétence
personnelle qui repose sur lien juridique qui rattache personnellement l’état à un individu ou à
une chose (la nationalité21) ; et une compétence fonctionnelle exercée par l’état dans ses
services publics situés à l’étranger en vue de les organiser, les faire fonctionner et les protéger
sinon les défendre. Ces dernières bien qu’étant indépendantes, se voit souvent limités les unes

16
Les États fédéraux dans les relations internationales : Actes du Colloque de Bruxelles, Institut de sociologie,
26-27 février 1982. Bruxelles, Éditions Bruylant – Éditions de l’Université de Bruxelles, 1984. Coll. « Collection de
droit international », no 13, 1984, 594 p. _ André Patry. P. 183
17
Dictionnaire de la terminologie du droit international, Sirey, 1960, p. 132
18
Le territoire est l’assise spatiale des compétences de l’Etat, et qu’il détermine pour une grande part, le lieu où
s’exerce pleinement sa souveraineté. C'est le cadre de compétence territorial qu’il convient de le délimiter et
d’apprécier la méthode de délimitation.
19
C’est la souveraineté territoriale conférée par le lien de territorialité. Ce lien permet à l’état d’exercer ses
pouvoirs à l’égard de toutes les personnes et de tous les biens du seul fait qu’il se trouve sur son territoire.
20
Cours de Master2 de droit international public approfondie du Dr. Kassi, 2023_2024
21
La nationalité est le lien d’appartenance juridique à une nation déterminée, que ce soit pour une personne
physique ou pour une personne morale (entreprises, associations, navires, etc.). La nationalité confère des
devoirs et des droits politiques, civiques et professionnels. Définis par les législations nationales, les critères
d’acquisition de la nationalité varient d’un État à l’autre. Cf:
[Link]
par les autres à l’exclusion de la compétence fonctionnelle qui limite les deux autres mais
n’est elle-même pas limitée22.
En l’espèce, ces compétences sont effectivement reconnues à la fois aux États décentralisés et
aux États fédéraux, à une différence près : alors que les États décentralisé admettent un seul
niveau de souveraineté, les Etats fédéraux en admettent deux niveaux. Or c’est la souveraineté
qui permet l'expression de compétences. Ainsi, en respect des deux niveaux de pouvoir, il
existe également deux niveaux de compétence quelle qu’elle soit. Il y a par exemple aux
États-Unis, le gouvernement fédéral partage avec les différents gouvernements fédérés les
mêmes compétences territoriale, personnelle et fonctionnelle en fonction des prescriptions de
la Constitution fédérale23. Alors chaque État fédéré a une compétence territoriale qu'il exerce
sur l’ensemble de son territoriale propre, une autre personnelle qui lui donne un droit sur les
personnes et les biens avec lesquels il existe un lien juridique établi, et une dernière
compétence fonctionnelle.
Les secondes formes de compétences internationales, dites « externes » sont de principe
reconnue à tout État souverain, donc tant aux États décentralisés qu’aux États fédéraux. Il
s'agit du droit de représentation24, du droit d'élaborer des normes de droit international 25, du
droit d'ester en justice et de présenter des réclamations internationale. Les compétences, à ce
niveau, sont, comme il se dégage de ce qui précède, d'ordre à autoriser l'action de tout État sur
la scène internationale de sorte à entretenir des rapports avec les autres sujets de droit
international…
Dans le cadre de notre étude, la reconnaissance de compétence propre à l’Etat décentralisé et
à l’État fédéral, ressorti de la reconnaissance de la souveraineté desdits États par d’autres.
Néanmoins, partant du fait que nos deux forme d’États soient organisés avec des subdivisions,
et que ces dernières au fil du temps se sont vue reconnaître certaines compétences
internationales en dépit de leur caractère de « souveraineté non absolue », il serait temps
d’évoquer ces compétences dont elles disposent.

B- Au niveau des compétences des subdivisions de l’État

À ce niveau, la pratique du droit international et du droit constitutionnel, laisse entendre que


ces subdivisions ( collectivité décentralisée dans l’État décentralisé et Etats fédérés dans l’État
fédéral ), bien que n’ayant pas de personnalité juridique internationale reconnue, sont

22
Cours de Master2 de droit international public approfondie du Dr. Kassi, 2023_2024
23
C’est la Constitution fédérale qui assure la répartition des compétences entre les niveaux fédéral et fédéré.
Les compétences qui intéressent la souveraineté internationale restent généralement le monopole de l’État
fédéral (diplomatie, défense, monnaie).
24
Il est l’intermédiaire officiel entre les États, que ce soit dans le cadre bilatéral ou multilatéral. Sa fonction de
base est donc liée à l’existence des entités étatiques. La représentation a des aspects juridiques, symboliques et
matériels. Cf : [Link]
%20l’interm%C3%A9diaire%20officiel,aspects%20juridiques%2C%20symboliques%20et%20mat%C3%A9riels.
25
En l’espèce, il est question des traités, accords internationaux, coutumes internationales et des actes
unilatéraux qui émanent directement de l'action des États.
néanmoins compétentes en certaines matières qui relèvent du droit international public. C'est
le cas de la coopération décentralisée internationale et du « jus tractatuum26 ».
L’expression coopération décentralisée internationale désigne toutes les formes de
coopération et d’échanges que les collectivités territoriales ou leurs groupements peuvent
développer avec des autorités, des entités ou des collectivités territoriales étrangères, et ce,
dans le cadre du respect des engagements internationaux. Elle prend des formes multiples
notamment : les jumelages, la conclusion de conventions ou accords de coopération et
d’échanges, l’adhésion à divers réseaux d’organisations internationales non gouvernementales
des pouvoirs locaux « OING ».
La coopération décentralisée permet de faciliter l’accès à des zones géographiques que la
coopération entre Etats ne permet pas d’atteindre et s’inscrit dans une perspective solidaire
permettant à chaque territoire d’exister à l’international et de s’ouvrir à des pratiques
différentes sur des sujets aussi universels que les Objectifs du Développement Durable, la
bonne gouvernance, l’amélioration des conditions de vie des citoyennes et citoyens, la lutte
contre le réchauffement climatique… Comme son nom l’indique, elle nécessite l'accord
d’entités décentralisée avec d’autres entités externes qui peuvent elles aussi être
décentralisée27, ou fédérés28 …
Même si cela est l’attribution express des collectivités territoriales, il faut retenir que l’État
fédéré est également doté d'une compétence en matière de coopération internationale par le
biais de leur organisation administrative et donc une compétence pourrait être reconnue par la
pratique internationale au regard de cette situation juridique. Il existe des centaines de
jumelages et partenariats entre les collectivités locales et régionales d’Europe et des
Amériques et leurs homologues d’Afrique, Amérique latine, Asie, Caraïbes et du Pacifique.
Dans son rapport publié en 2018 « Reshaping Decentralised Development Co-operation »,
l’Organisation de coopération et de développement économiques présente les principaux pays
actifs en coopération décentralisée qui sont l’Allemagne, l’Espagne (du fait de leur structure
fédérale) ou le Canada et l’Autriche.
Pour ce qui est du « jus tractatuum», les États fédérés , en tant que partie d’un État fédéral
(souverain) , n’ont généralement pas le pouvoir de conclure des traités, ce qui est déterminé
par la constitution fédérale mais il n'en est pas toujours cas 29. On a la conviction, que les États,
provinces ou régions membres d’États composés sont en voie d’acquérir par l’usage des
compétences internationales dont la loi fondamentale régissant leurs pouvoirs et leurs
attributions est censée leur nier l’exercice…
26
Jus tractatuum (ou parfois jus tractandi ) est un latin juridique couramment utilisé endroit international public
et en droit constitutionnel qui fait référence au droit de conclure des traités. Il est lié à la notion de personnalité
juridique internationale.
27
Pontault Combault (France) avec Anyama (Côte d’Ivoire)
28
En tant que président du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, Pierre Mauroy a signé un accord de
coopération entre sa région et l’Etat fédéré du Maryland en 1981 et Gaston Defferre, alors président du conseil
régional de Provence-Alpes-Côte-D’azur a signé en 1980 une convention d’amitié entre les villes d’Alger, de
Marseille et leurs régions. (V. Sur ce point Yves Luchaire, La contribution de l’Europe au droit des actions
extérieures des collectivités territoriales, Revue Lamy des collectivités territoriales, 2007, p. 52 et suiv.)
29
Par exemple, la clause contractuelle de la Constitution américaine interdit explicitement aux États américains
de conclure des traités. La Constitution du Mexique [2] interdit également à ses États de conclure des traités.
D’un autre côté, la Constitution belge accorde par exemple à ses communautés et régions le pouvoir de
conclure des traités. [3] Les Länder d’ Allemagne et d’Autriche ainsi que les cantons suisses peuvent conclure
des traités dans le cadre de leurs compétences respectives.
CONCLUSION

De ce qui précède il convient de retenir que l État fédéral et l Etat décentralisé dont deux
sujets de droit international aussi important l'un que l'autre. Ces derniers mis en relation,
admettent divers points distinctifs dû à la forme qu'ils prennent mais aussi des points
communs du fait de leur nature de sujet de droit international.
Ce que nous pouvons tirer de ce développement , c'est que l’État fédéral et l’État décentralisé
sont des acteurs et participant à la vie internationale de diverses manière et de façon légitime.
Mais cette légitimité n'est que bien claire qu'au niveau du pouvoir nucléaires. Et avec
l’évolution du droit et de la pratique du droit international, ne serait-il pas judicieux d'octroyer
un statut particulier express aux pouvoir subsidiaires décentralisés et fédérés afin de leur
doter de droit et d’obligations sur la scène internationale avec de rendre juridique leur
intervention ?
Correction

Problème : comment peut-on comparer l’État fédéral à l'Etat décentralisé ?

I. Au niveau de leur structure


A- Au niveau de leur fondement
B- Au niveau des éléments constitutifs

II. Au niveau de l’organisation du pouvoir


A- Un niveau supérieur
B- Un niveau inférieur

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