LE CONTROLE FISCAL AU MALI
KAREMBE BOUREIMA CHARGE DE COURS A L’ESGIC :
ENSEIGNANT CHERCHEUR A LA FDPRI
KAREMBE BOUREIMA Page 1
Introduction Générale
Procédure du contrôle fiscal au Mali
Chapitre I : le contrôle fiscal
Section 1 : le cadre organisation du contrôle fiscal
1-1 Le contrôle formel
1-2 Le contrôle sur pièces
1-3 La vérification de comptabilité
Section 2 : Cadre juridique du contrôle fiscal
1- Les demandes d’éclaircissement, de justification et de
renseignement
a- Les demandes d’éclaircissement
b- Les demandes de justification
c- Les demandes de renseignement
2- Le droit de communication
3- Le droit de visité et des saisie des documents
Chapitre II : le redressement de l’Impôt
Section 1 : la procédure de redressement contradictoire
Section 2 : la procédure de redressement d’office
Chapitre III : le contentieux fiscal
Section 1 : la réclamation contentieuse ou recours contentieux
Section 2 : recours gracieux
Conclusion Générale
KAREMBE BOUREIMA Page 2
Introduction Générale
Le citoyen doit, au sens de l’article 23 de la Constitution du 25 février
1992, contribuer à la couverture des charges publiques. Cette contribution
se fait généralement par le biais du paiement des impôts, droits et taxes dus
à l’Etat ou à ses démembrements. Quelles sont les causes principales du
contrôle fiscal ?La suite du thème nous édifiera.
La fiscalité joue un rôle capital pour une nation. Elle est un instrument
permettant à l’Etat de se procurer des ressources pour faire face à ses
engagements et à l’exécution de ses dépenses.
Aujourd’hui le système fiscal au Mali repose sur un système déclaratif. Le
contrôle fiscal intervient comme étant la contrepartie logique et nécessaire
du système. L’administration fiscale est libre de contrôler le contribuable
sur la base de ses déclarations. En vertu des dispositions de l’article 511 du
livre de procédures fiscales « Le contrôle fiscal a pour but de permettre au
service de l’administration fiscale de s’assurer, par divers moyens prévus
par la loi que le contribuable a respecté ses obligations fiscales »
La procédure du contrôle fiscal se définit comme l’ensemble des moyens
et formes légaux employés par l’administration fiscale pour s’assurer que
les contribuables ont respecté la règle du droit fiscal en vigueur. C’est un
travail nécessaire pour maintenir l’égalité des citoyens et des entreprises
devant la loi.
La partie est consacrée à la Procédure du contrôle fiscal au Mali. Cette
partie comprend également trois chapitres à savoir :
o Chapitre I : Le contrôle fiscal.
Dans ce chapitre nous verrons le cadre organisationnel et le cadre
juridique du contrôle fiscal.
o Chapitre II : Le redressement fiscal.
Ce chapitre étudiera la procédure de redressement contradictoire et la
procédure de redressement d’office.
KAREMBE BOUREIMA Page 3
Chapitre III : Le contentieux fiscal.
Cette partie concerne d’une part les réclamations contentieuses et d’autre
part les recours gracieux .
PROCEDURE DU CONTRÔLE FISCAL AU MALI
Cette partie concerne le contrôle fiscal ; le redressement fiscal et le
contentieux fiscal.
Chapitre I : Le contrôle fiscal.
Le contrôle fiscal est une opération effectuée par l’administration fiscale
pour s’assurer que le contribuable a respecté ses obligations fiscales. Les
principales cause de contrôle fiscal que nous retenons sont les directives ;
les déclarations divergentes; l’absence de déclaration et le contrôle d’un
tiers. Nous retenons également une finalité budgétaire ; une finalité
répressive et une finalité dissuasive du contrôle fiscal.
Le contrôle se réalise dans un cadre organisationnel d’une part et dans un
cadre juridique d’autre part.
Section 1 : Le cadre organisationnel du contrôle fiscal.
Le cadre organisationnel du contrôle fiscal dépend surtout de la forme du
contrôle.
Les différentes formes de contrôle sont : le contrôle formel, le contrôle
sur pièces et la vérification de comptabilité.
1.1 Le contrôle formel :
C’est un contrôle réalisé par les agents de l’administration fiscale dans le
but de rectifier les erreurs matérielles évidentes constatées dans les
déclarations déposées par les contribuables. Le contrôle formel est aussi le
moyen de s’assurer que toutes les déclarations ont bien été transmises. Ce
contrôle se fait par le gestionnaire du dossier à partir de son bureau.
KAREMBE BOUREIMA Page 4
En cas d’irrégularité constatée sur la déclaration déposée, l’agent des
impôts peut, par appel téléphonique ou par lettre, inviter le contribuable à
venir rectifier sa déclaration. Dans certains cas le contrôle formel peut
aboutir à un contrôle sur pièces.
1.2 Le contrôle sur pièces :
Le contrôle appelé contrôle sur pièces est l’ensemble des travaux au cours
des quels l’administration des impôts procède de ses bureaux à un examen
critique global des déclarations à l’aide de renseignements et documents
figurant au dossier d’un contribuable.
Cette analyse critique a pour objectif :
- d’identifier le contribuable défaillant ;
- de déterminer les erreurs, les omissions, le défaut ou insuffisance
concernant les éléments d’imposition et de les réparer ;
- de déterminer les incohérences dans le dossier.
Lorsqu’à l’issue du contrôle, des redressements sont envisagés, ils sont
portés à la connaissance du contribuable par une notification de
redressement qui accorde un délai de 20 jours au contribuable pour
formuler ses observations.
1.3 La vérification de comptabilité :
La vérification de comptabilité est l’ensemble des opérations effectuées
par l’administration des impôts et ayant pour objet d’examiner sur place la
comptabilité d’un contribuable et de la confronter à certaines données de
fait ou matérielles afin de contrôler l’exactitude et la sincérité des
déclarations souscrites et d’assurer éventuellement les redressements qui
s’imposent au regard des différents impôts et taxes. La vérification de
comptabilité se fait par un Inspecteur Vérificateur.
Le contrôle sur place se déroule dans les locaux du contribuable ; toutefois
sur autorisation écrite du contribuable, le vérificateur peut emporter les
documents à son bureau.
KAREMBE BOUREIMA Page 5
Sous peine de nullité de la procédure, la vérification de comptabilité ne
peut être engagée que si le contribuable en été informé par l’envoi ou la
remise d’un avis de vérification accompagné de la charte du contribuable.
Cet avis doit préciser les années et les impôts et taxes soumis à cette
vérification ; il doit, en outre, expressément mentionner, sous peine de
nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister
par un conseil de son choix, en vertu des dispositions de l’article 564 du
livre de procédures fiscales.
Elle ne peut s’étendre sur une durée supérieure à six (6) mois les
entreprises dont le chiffre d’affaires annuelles est inférieur ou égal à
cinquante millions et à douze (12) mois pour les autres.
Les résultats de la vérification de comptabilité doivent être notifiés par
écrit au contribuable, même en l’absence de rappel de droit.
Lorsque des redressements sont envisagés à l’issue d’une vérification de
comptabilité, l’inspecteur vérificateur doit indiquer dans sa notification
écrite au contribuable les conséquences de son acceptation de l’ensemble
des droits et taxes dont il est ou pouvait devenir débiteur.
Le contribuable dispose conformément à l’article 579 du livre de
procédures fiscales d’un délai de vingt (20) jours pour connaître ses
observations à l’administration fiscale, qui est tenue de donner une suite
aux observations présentées par le contribuable et de lui faire connaître ses
conclusions définitives.
Section2 : Le cadre juridique du contrôle fiscal.
Les moyens de contrôle prévus par le code général des impôts sont les
demandes d’éclaircissement, de justification de renseignement, le droit de
communication, le droit de visite et de saisie des documents, le droit
d’enquête.
1. Les demandes d’éclaircissement, de justification et de
renseignements
KAREMBE BOUREIMA Page 6
Pour l’établissement des différentsimpôts droit et taxes, l’administration
des impôts peut demander aux contribuables tous renseignements,
justifications ou éclaircissements relatifs aux déclarations souscrites, aux
actes déposés ou aux supports.
En vertu des dispositions de l’article 518 du livre de procédures fiscales,
ces demandes doivent être claires, et précises et indiquer de matière
explicite les points sur lesquelles elles portent.
a- Les demandes d’éclaircissements :
L’administration fiscale peut adresser au contribuable une demande
d’éclaircissements lorsqu’elle relève des contradictions ou des
discordances soit entre les différents éléments de la déclaration, soit avec
des déclarations antérieures, soit avec des renseignements qu’elle détient,
soit avec le train de vie du gérant de l’entreprise.
b- Les demandes de justifications
Le service des impôts peut adresser au contribuable une demande de
justifications dans les cas suivants :
- au sujet de la situation ou des charges de famille du redevable ;
- au sujet des charges déduites du revenu imposé ;
- lorsque l’administration a réuni des éléments permettant d’établir
que le contribuable peut avoir un revenu catégoriel plus important
que celui qui fait l’objet de sa déclaration ;
- en matière de TVA lorsque les biens font l’objet d’exclusion de
droit à déduction.
C- Les demandes de renseignements
L’administration des impôts peut demander au contribuable tout
renseignement dont elle a besoin pour l’établissement de l’impôt, des
droits ou des taxes et pour la vérification de ses déclarations.
2 Le droit de communication :
Le droit de communication permet aux agents de l’administration des
impôts de recueillir auprès de tiers des informations que ceux-ci
KAREMBE BOUREIMA Page 7
détiennent notamment sur leurs clients et fournisseurs et ce, en vue
d’effectuer le contrôle de leur situation fiscales.
Ce droit s’exercer sur tous les livres, registre, documents, pièces
quelconques supports d’information notamment information relatives à
l’activité des contribuables.
La personne auprès de laquelle l’administration exerce son droit de
communication droit être préalablement informée par l’envoi ou la remise
d’un avis de passage.
Dans le cadre du droit de communication, les banques et autres
établissements financiers sont tenus d’adresser pour chaque trimestre à la
Direction Générale des Impôts, un état nominatif faisant ressortir les noms
des expéditeurs et des bénéficiaires, des transferts de fonds supérieurs à
5000000FCfa. (Art 529-C LP)
L’administration fiscale est autorisée à installer et à exploiter sur les
réseaux utilisées par les opérateurs de téléphonie installé au Mali, en
collaboration avec l’organisme chargé de la régulation et du contrôle du
secteur des télécommunications tout appareil à appréhender les flux de
communications locales et internationales entrant et sortant des dits
réseaux.
En application des dispositions de l’article 529-E du livre de procédures
fiscales les commissionnaires agrées en douane sont tenus de
communiquer sans demande préalable, à la Direction Générale des Impôts,
dans les 15 jours suivant l’échéance de chaque trimestre, un état de
l’ensemble des dossiers d’importations ou d’exportations sur un support
magnétique ou papier.
Cet état comprend :
-le nom de chaque operateur ;
-le numéro d’identification fiscal ;
-le régime d’imposition ;
KAREMBE BOUREIMA Page 8
-le centre des impôts de rattachement ;
-le numéro de la déclaration de douane ;
-la nature des marchandises ;
-le nombre de colis ;
-la valeur des marchandises ;
-le lieu de livraison.
En vertu des dispositions de l’article 533 du LPF, les agents des impôts des
catégories A et B munis de leur carte de commission d’emploi sont habilité
à exercer le droit de communication.
Le refus ou défaut de communication de renseignements dans un délai de
dix jours est sanctionné par une amande fiscale de 500 000F CFA.
Toute omission ou inexactituderelevée dans les renseignements fournis
donne lieu à l’application d’une amande fiscale de 100 000F CFA.
3 Le droit de visite et de saisie des documents
Le droit de visite et de saisie permet à l’administration fiscale de pénétrer
dans le domicile du contribuable et en tous lieux (publics et privé) afin de
chercher et de saisir des documents qui permettent d’établir une fraude
fiscale présumée. Cette procédure peut concerner des impôts directs ou
TVA, et permet de chercher la preuve d’agissements frauduleux. Lorsqu’il
existe des présomptions qu’un contribuable se soustrait à l’établissement
ou au paiement de l’impôt.
Par exemple les opérations d’achats et ventes sans factures, en utilisant des
factures qui ne se rapportent pas à des opérations réelles, en faisant passer
sciemment des écritures inexactes ou fictives dans les documents
comptables.
La décision de procéder à des visites et saisies appartient à l’autorité
judiciaire sur saisine de l’administration fiscale.
KAREMBE BOUREIMA Page 9
Le juge vérifie le bien-fondé de la demande avant l’autorisation de la
demande de visite.
Cette visite s’effectue sous le contrôle du juge judiciaire. Une foi la visite
et saisie réalisée, un procès-verbal sera dressé qui fera état du déroulement
de la visite et qui comportera le cas échéant une annexe détaillant les
documents saisies permettant une restitution dans un délai de 6 mois
l’issue de la visite.
Chapitre II : du redressement de l’impôt
Le redressement de l’impôt est toute action par laquelle, pour une période
ou une opération donnée, l’administration des impôts rectifie les éléments
qui ont été ou auraient dû être déclarés par un contribuable, et qui se
traduit par une augmentation ou une diminution de l’impôt exigible.
On retient deux procédures redressement : la procédure de redressement
contradictoire et la procédure de redressement d’office.
Section1: La procédure de redressement contradictoire
Cette procédure de redressement suppose que le contribuable souscrit
régulièrement ses déclarations. C’est un système d’échange entre le
contribuable et l’administration des impôts.
Ainsi l’administration doit notifier les redressements envisagés, et
accorder un délai de vingt jours au contribuable pour formuler ses
observations.
Section2 : La Procédure de redressement d’office :
L’orque le contribuable ne fait pas de déclarations, l’administration des
impôts peut établir d’office des impositions à la charge du contribuable.
La procédure de taxation d’office s’opère conformément aux dispositions
de l’article 620 du livre de procédures fiscales dans les cas suivants :
- défaut de communication ;
- défaut de réponse aux demandes d’éclaircissement et de
justifications ;
KAREMBE BOUREIMA Page 10
- défaut de traduction des déclarations en langue officielle ;
- opposition au contrôle fiscal ;
- changement fréquent du lieu de résidence ou de principal
établissement sans en informer l’administration des impôts.
En application des dispositions de l’article 584 du livre de procédures
fiscales, le délai normal de prescription en matière de droit de reprise est
de trois ans. Ce délai de reprise de trois ans est reporté à cinq ans, en cas
de découverte de fraude.
Chapitre III : du contentieux
En vertu de certaines garanties que dispose le contribuable, en cas de
désaccord, il peut contester par la voie hiérarchique et devant les
tribunaux les impositions mises à sa charge par une réclamation
contentieuse. Il peut aussi même en cas d’absence de désaccord demander
la clémence de l’administration des impôts par un recours gracieux.
Section1: La réclamation contentieuse ou recours contentieux
En cas de divergence d’interprétation des textes en vigueurs, le
contribuable peut contester avec des arguments juridiques le bien fondé
des impositions. Cette contestation dite réclamation contentieuse a pour
but la réparation de préjudice posé à l’occasion de l’application des lois
fiscales. Ce recours contentieux doit être présenté au préalable
obligatoirement devant l’administration fiscale.
Un contribuable ne peut donc pas contester directement le bien-fondé de
l’impôt devant un tribunal.
Au sens de l’article 648 du livre de procédures fiscales, pour être
recevables, les réclamations contentieuses doivent être présentées à
l’administration des impôts dans les six mois, selon les cas :
- de la mise en recouvrement ;
- du versement de l’impôt contesté ou d’un avis de mise en
recouvrement ;
KAREMBE BOUREIMA Page 11
- de la date à laquelle des retenues à la source ou des prélèvements
ont été effectués lorsqu’il s’agit de contestations relatives à
l’application de retenues ou prélèvements.
La date d’enregistrement de la réclamation est celle de la réception par le
service des impôts qui a été saisi le premier.
Le service de l’administration statue sur les dossiers de réclamation
contentieuse suivant les niveaux de compétences fixé ainsi qu’il suit :
Le Directeur des grandes entreprises statue en dernier ressort sur les
déclarations dont le montant des droits litigieux ne dépasse pas vingt
millions.
Il statue en premier ressort sur les réclamations dont le montant des droits
litigieux est supérieur à vingt millions (20 000 000 F CFA) mais inférieur
ou égal à cinquante millions (50 000 000F CFA). Il transmet avec avis
motivé au Directeur général des impôts les dossiers de déclaration dont le
montant litigieux dépasse 50 000 000. FCFA. Le Directeur Général statue
en premier ressort sur les demandes dont lemontant de droit litigieux est
supérieur à 50 000 000 FCFA et le Ministre chargé des finances statue en
dernier ressort sur les demandes dont le montant a fait l’objet d’une
décision de premier ressort du Directeur Général des impôts.
Le Directeur des Moyennes Entreprises statue en dernier ressort sur les
réclamations dont le montant des droits litigieux ne dépasse pas
10 000 000F CFA et statue en premier ressort sur les réclamations dont le
montant litigieux est supérieur à 10 000 000F CFA, mais inférieur ou égal
à 30 000 000F CFA.
Il transmet avec avis motivé au Directeur Général des impôts les dossiers
de réclamations dont le montant dépasse 30 000 000F CFA.
Le Directeur Général des impôts statue en dernier ressort sur les demandes
dont le montant de droits litigieux est supérieur à 10 000 000F CFA mais
inférieur ou égal à 30 000 000F CFA, et en premier ressort sur les
demandes dont le montant est supérieur à 30 000 000F CFA.
KAREMBE BOUREIMA Page 12
Le Ministre chargé des finances statue en dernier lieu sur les demandes
dont le montant a fait l’objet d’une décision de premier ressort du
Directeur Général des impôts.
Le Directeur des impôts du district de Bamako statue en dernier ressort sur
les réclamations dont le montant ne dépasse pas 10 000 000F CFA et
statue en premier lieu sur les réclamations dont le montant est supérieur à
10 000 000F CFA mais inférieur ou égal à 20 000 000F CFA. Il transmet
au Directeur Général les dossiers dont le montant dépasse 20 000 000
FCFA.
Le Directeur Général statue en dernier ressort sur les montants supérieurs à
10 000 000F FCA mais inférieur ou égal 20 000 000F CFA, et en premier
lieu sur les demandes dont le montant est supérieur à 20 000 000F CFA
etMinistre des finances statue en dernier ressort sur demandes dont le
montant a fait l’objet de décision de premier ressort du directeur Général
des impôts.
Le Directeur Régional des impôts statue en dernier ressort sur les
réclamations dont le montant ne dépasse pas 5 000 000F CFA et statue en
premier lieu sur les demandes dont le montant est supérieur à 5 000 000F
CFA, mais inférieur ou égal à 10 000 000F CFA. Il transmet les dossiers
dont le montant dépasse 10 000 000F CFA au Directeur Général des
impôts avec avis motivé.
Le Directeur Général des impôts statue en dernier ressort sur les demandes
dont le montant des droits litigieux est supérieur à 5 000 000F CFA, mais
inférieur ou égal à 10 000 000F CFA et Ministre des finances statue en
dernier ressort sur les demandes dont le montant à fait l’objet d’une
décision de premier ressort du Directeur Général des impôts.
Le contribuable a le droit de faire appel devant le Directeur Général des
impôts les décisions prises en premier ressort par le Directeur des grandes
Entreprises, le Directeur des Moyennes Entreprises, le Directeur des
Impôts du district de Bamako ou le Directeur régional des impôts.
KAREMBE BOUREIMA Page 13
Le Directeur Général des Impôts statue en dernier ressort sur ces décisions
et en premier lieu sur les dossiers de déclarations dont le montant des
droits litigieux dépasse 10 000 000F CFA.
Lee contribuable peut faire appel devant le ministre chargé des finances
des décisions prises en premier ressort par le Directeur Général des impôts.
Le Ministre des finances statue en dernier ressort sur ces décisions.
En vertu des dispositions de l’article 653 du livre de procédures fiscales,
seules les décisions prises en dernier ressort sont susceptibles de recours
contentieux devant la juridiction administrative et ce, dans un délai de
deux mois à partir du jour de la réception de l’avis portant notification de
la décision.
Le contribuable qui n’a pas reçu la notification de décision dans les deux
mois du dépôt de sa déclaration peut saisir le Directeur Général qui
dispose alors un délai de deux mois à compter de sa saisine par le
contribuable pour notifier sa décision.
A défaut de notification de décision à l’expiration du délai de deux mois
imparti au Directeur Général des Impôts, le contribuable peut saisir le
Ministre chargé des finances.
Le Ministre chargé des finances dispose d’un délai de deux mois
également à compter de sa saisine par le contribuable pour rendre sa
décision.
Le contribuable qui n’aurait pas reçu notification de décision à l’expiration
de ce délai pourrait saisir la juridiction administrative.
Section2 : Le Recours gracieux :
La réclamation gracieuse est une demande par laquelle un contribuable
sollicite de l’administration la remise ou modération d’une imposition
mais sans en contester le bien-fondé ou le montant.
KAREMBE BOUREIMA Page 14
En application des dispositions de l’article 661 du livre de procédures
fiscales, les demandes gracieuses peuvent être présentées à
l’administration des impôts sans limitation de délai.
Les contribuables qui demandent à titre gracieux une remise ou une
modération d’imposition d’impôt doivent apporter à l’administration des
impôts, toute justification des circonstances qui les mettent dans
l’impossibilité de régler leur dette fiscale.
L’administration des impôts statue sur les dossiers de recours gracieux
suivant les niveaux de compétence et notifié par écrit sa décision.
Cette demande a pour but de bénéficier, en cas de gêne financière, de la
clémence ou de la tolérance de l’administration en vue d’obtenir la
modération ou même l’abandon des sommes dues.
Le contribuable qui n’aurait pas reçu notification de décision dans les six
mois du dépôt de sa demande peut saisir le ministre chargé des finances
dans les neufs mois du dépôt initial.
Il peut aussi faire appel de la décision de l’administration des impôts
devant le ministre chargés des finances dans un délai de trente jours de la
réception de la décision de l’administration des impôts.
En aucun cas, les décisions prises en matière de dégrèvement gracieux ne
peuvent faire l’objet de recours contentieux.
Conclusion générale
Nous pouvons retenir que le système fiscal malien laisse au contribuable la
responsabilité de la détermination, de la déclaration et du paiement de
l’impôt et que toutes ces opérations se déroulent sous le contrôle strict des
agents de l’administration fiscale par le biais des moyens de contrôle et de
procédures bien encadrées.La vérification fiscale est le corollaire
dudéclaratif. Il est aussi important de retenir que la vérification de
comptabilité joue un rôle de premier plan parmi les diverses procédures de
contrôle mises, par le législateur, à la disposition de ces mêmes agents.
Cette procédure tend à rechercher si les résultats que la comptabilité
KAREMBE BOUREIMA Page 15
traduit ont bien été déterminés conformément aux règles comptables et
fiscales régissant l’assiette des impôts, et reflètent exactement les
opérations réalisées.
Outre le respect du principe d’équité devant l’impôt, les contrôles
exercés par les services fiscaux répondent à un double objectif : d’une part,
assurer un équilibre dans les conditions d’exercice de la concurrence et
d’autre part : veiller à la stabilité des finances publiques. En ce qui
concerne le respect des règles de concurrence, les entreprises qui
respectent leurs obligations fiscales se trouvent concurrencées illégalement
du fait qu’elles auront à supporter des charges fiscales supérieures à celles
qui vont en éluder une partie ou la totalité. Le contrôle peut, dans ces
conditions, atténuer ce type de distorsion. S’agissant des finances
publiques, le contrôle fiscale participe directement aux équilibres
budgétaires par le complément de ressources financières procurées au
trésor public à travers les régularisations et rappels de droits opérés ; et
indirectement, par l’effet dissuasif qu’il exerce à l’égard de toute tentation
de minoration et de fraude fiscale.
Le principe du contrôle fiscal repose sur des fondements légaux forts. Au
cours d’une vérification les discussions peuvent être âpres sans pour autant
être traumatisantes. Ainsi dans le cadre de notre étude nous avons constaté
que pour ne pas laisser le contribuable désarmé face au pouvoir des agent
vérificateurs, le législateur a aussi jugé nécessaire d’édicter un certain
nombre de règles constituant, pour certaines d’entre elles des facultés ou
droits offerts au contribuable, pour d’autres, de véritables limitations au
pouvoir des agents chargés de procéder aux opérations de contrôle. Ces
règles sont appelées les droits et les garanties des contribuables dans la
procédure de contrôle fiscal.
Elle importe enfin de souligner que l’administration fiscale ne sera peut-
être jamais suffisamment protégée contre la fraude fiscale. En effet les
moyens dont sont dotés les vérificateurs sont toujours très insuffisants par
rapport à ceux des contribuables véreux. Le législateur devrait donc
continuer à se pencher sur les moyens de renforcer l’administration fiscale
KAREMBE BOUREIMA Page 16
en moyens humains et matériels suffisant pour mener à bien sa mission de
contrôle des déclarations des assujettis et continuer à atteindre ses objectifs
de recettes, pour une bonne continuité du service public et une meilleure
santé de nos finances publiques.
KAREMBE BOUREIMA Page 17